Plan de la Ville ou Bourg et Château de Mauzé 1720

Guillaume BATARD. – Suivant Arcère, la noblesse des anciens seigneurs de Mauzé se perdait dans l'obscurité des temps. (1)  Dom Etiennot dit, avec moins d'emphase, qu'ils descendaient d'un bâtard du duc de Guienne, et que, longtemps possesseurs du château de Mauzé, ils en prirent le nom.(2)  Quel était ce bâtard dont les descendants devaient être puissants en Aunis? Il apparaît pour la première fois en 1047, comme souscripteur du don de l'Ile-de-Vix en bas Poitou (Golfe des Pictons), fait par Agnès, comtesse d'Anjou, à l'abbaye de Notre-Dame de Saintes qu'elle venait de fonder.

« Signum WILLELMI BASTARDI (3). »

 –A partir de cette époque, le nom de ce chevalier revient souvent dans les chartes.

Vers 1063 Guillaume V, comte de Poitou, fils d'Agnès, lui donne la terre de Milescu en Aunis « Cuidam militi nomine WILLELMO BASTARDO quandam portionem terre dedit in Aniensi pago qui vocatur Millia Scuta (4). »

 Dans des actes postérieurs, il est qualifié d'optimus vir (5); enfin, vers 1080, Guillaume Bâtard, GUILLELMUS cognomine  BASTARDUS, se voyant avancé en âge, donne à l'abbaye de Nouaillé la portion du droit de péage qu'il avait à Mauzé « peasgi partem quam Mausiaco habehat (7) »

Puisque Guillaume Bâtard était un vieillard vers 1080, il est évident que sa naissance remontait au commencement du XIe siècle, il est donc permis de penser qu'il devait le jour à Guillaume le Grand, duc d'Aquitaine (8), à moins qu'il ne descendit d'un fils naturel d'un des prédécesseurs de ce prince. Je dois dire cependant que rien n'indique un lien de parenté entre notre Guillaume Bâtard et les autres personnages du même nom cités dans les chartes antérieures (9)

Quoi qu'il en soit, à partir de l'époque de la naissance de Guillaume Bâtard jusqu'en 1080, de grands événements s'étaient accomplis en Aunis, et Mauzé en avait eu sa part.

On sait à quels longs débats donnèrent lieu les prétentions sur la Saintonge de Geoffroi Martel, fils de Foulques Nerra, comte d'Anjou, après son mariage avec Agnès de Bourgogne, veuve de Guillaume le Grand.

Guillaume le Gros, comte de Poitou, vaincu à St-Jouin-de-Marnes (1034), mourut trois ans plus tard, au sortir d'une longue captivité.

Othon son frère voulut venger sa mort; mais, après avoir vainement essayé de s'emparer du château de Germond(10), il vint mettre le siège devant Mauzé, et bientôt, le 10 mars 1039, il y fut atteint d'un coup mortel (11). M. l'abbé Dubois dit qu'il vint avec une armée peu imposante sans doute; les chroniqueurs ne disent rien à l'appui de cette conjecture; il ajoute, d'après Arcère, que le siège fut long; c'est encore une supposition que les textes ne semblent pas justifier (12).

Après avoir embrassé le parti de Geoffroi Martel et d'Agnès, Guillaume Bâtard s'attacha à la fortune de Gui Geoffroi lorsque la prise de Saintes (1062) fit cesser sans retour la domination des comtes d'Anjou sur la Saintonge (13), et c'est alors que le comte de Poitou lui donna la terre de Milescu et le péage de Mauzé.

La femme de ce prince recevait une partie des revenus de cette dernière seigneurie (14)

GUILLAUME Ier de Mauzé. L'abandon du péage de Mauzé à l'abbaye de Nouaillé avait été fait par Guillaume Bâtard du consentement de Guillaume son fils aîné (15), qui le premier prit le titre de seigneur de Mauzé.

tem expugnare cepit ubi inhiando cum cepisset adtendcre occisus est. (Chron. Sti Maixent.  apud Script. rer, gall., t. xt, p. 217.)

Il est nommé avec cette qualification dans une charte du 10 décembre 1096, constatant la restitution par ce Guillaume VII de l'église de Saint-Georges d'Olèron, qu'il avait enlevée aux moines de l'abbaye de Vendôme pour la donner à Eble de Chatelaillon.

L'acte fut passé dans le château de Benon, que le comte de Poitou venait de faire construire, «  apud castellum novum meum Banaum (16).»

Quelques années plus tard (1101), Guillaume VII partait pour la croisade après avoir fait des largesses aux églises, afin de mériter les bénédictions du ciel. Une charte a conservé le souvenir de l'abandon qu'il fit à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély d'une femme nommée Sénégonde (17) et de ses enfants, pour servir dans les métairies des religieux. M. l'abbé Dubois, s'appuyant d'un passage de Besly, dit que ce fut Mathilde, femme du comte, qui lui suggéra cet acte de libéralité. La charte porte que Guillaume VII fit ce don par affection pour un de ses anciens chambellans, nommé Thomas, qui s'était fait religieux, «  pro amore Thome quondam camerarii sui (18) »

 Quant à Mathilde, appelée aussi Mahaut, Besly dit seulement que, « durant l'absence du duc, elle gouvernait ses pays et seigneuries, faisant des vœux et aumosnes pour la prospérité de son voyage, comme lui avant aller (c'est-à-dire avant de partir), estant en son chasteau de Mauzé, » fit la donation dont il s'agit.

 La charte porte en effet qu'elle fut consentie apud Mausiacum. -M. l'abbé Dubois ajoute qu'en 1086 GuillaumeVII y faisait ses préparatifs de départ pour la croisade.

D'abord ce prince ne devint comte du Poitou que l'année suivante (1087) (19) puis, comme il n'était pas nécessaire qu'il se préparât à la croisade quinze ans à l'avance, ce ne fut qu'en l'an 1100 qu'il prit la croix à Limoges. On sait qu'il s'embarqua l'année suivante et revint en 1103, ne rapportant de son voyage, comme le dit l’Art de vérifier les dates, que de la honte et de la misère (20).

Quoi qu'il en soit, dès l'année 1096, Guillaume de Mauzé avait le titre de sénéchal du comte de Poitou,  « dapifer comilis. »

Ces fonctions, nul ne l'ignore, étaient alors d'une haute importance. Maintenir le pays dans l'obéissance, le défendre contre ses ennemis, assurer la perception des revenus, telles étaient, ainsi que le rappelle Dom fonteneau (21),  les attributions des sénéchaux au triple point de vue de l'administration, de la justice et des finances. Le sénéchal, en un mot, était l'homme du comte.

Guillaume de Mauzé était encore investi de ces fonctions en 1136, lorsqu'il assista comme témoin au don que Guillaume VIII, comte de Poitou, fit à saint Bernard, abbé de Clairvaux, d'une partie de la forêt de Benon pour y bâtir l'abbaye de la Grâce-Dieu.

« Testes. .. GUILELMUS DE MAUZE dapifer comitis Pictaviensis (22) » Il en était encore revêtu en 1145, comme le prouvent les lettres de Louis VII, roi de France et duc d'Aquitaine, adjugeant aux religieux l'abbaye de Notre-Dame de Saintes que leur disputait Pierre de Nieul (sur l'Autize)

Au moment de la délivrance de ces lettres, Guillaume de Mauzé était présent « WILLELMUS DE MAUSIACO dapifer in Pictavia noster (23) »

Besly avance que notre sénéchal eut l'insigne honneur de gouverner le Poitou pendant le voyage en Palestine de Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine (24). C'est une erreur qu'Arcère et Massiou n'ont point commise, mais que M. l'abbé Dubois a répétée.

Cette erreur est démontrée par plusieurs documents, et notamment par une lettre de Guillaume de Mauzé lui-même, adressée, en 1147, à Suger, à qui avait été confiée la régence du royaume.

Il écrivait en effet au vénérable abbé de Saint-Denis, qu'il appelait son ami, « Sugerio…. Willelmus de Mausiaco ejus amicus et regis, »  pour le prier d'envoyer à Bordeaux, « ad Burdellum (25) »  un prévôt sage et probe, sous peine de perdre le pays désolé par la guerre civile (26), et en particulier la tour de Talmont (Saint Hilaire), dont Eble de Mauléon accaparait les revenus, et s'il lui adressait cette demande, c'est parce qu'il allait partir pour Jérusalem, « nam Hierosolymam sum iturus (27) »

 Ce n'étaient pas seulement les affaires publiques que Guillaume de Mauzé tenait à mettre en ordre avant son départ; il avait aussi à régler celles de sa conscience, et notamment à réparer les outrages qu'il avait fait subir, quelque temps auparavant à l'abbesse de Notre-Dame de Saintes, Agnès de Barbezieux (28), tante de la reine Aliénor.

Hugues Benoît, seigneur de la Chaume, avait envahi un terrain situé à Pont-1'Abbé et appartenant à l'abbaye. Sur la plainte qu'Agnès de Barbezieux avait portée, Guillaume de Mauzé, alors sénéchal, s'était rendu sur les lieux et avait ordonné de mesurer le terrain mais, pendant qu'on était occupé à ce travail Guillaume, emporté par la passion, « vesanie stimulis agitatus, » se jeta sur l'abbesse et l'outragea odieusement, « me in terram turpissime prostratam multis conviciis lacescivit. »

Avant de partir pour la terre sainte, il reconnut sa faute en présence des religieuses assemblées, et la répara par le don qu'il fit à l'abbaye de la troisième partie du péage du Gua. De plus, pendant son séjour à Jérusalem, il confirma cette donation dans son testament et ordonna à ses fils et à leur mère de la ratifier également, ce qui eut lieu en 1150 (29)  Guillaume de Mauzé revit la France, comme le prouve un don qu'il consentit le 8 septembre de la même année aux Templiers de Beauvais-sur-Matha, pour témoigner sa reconnaissance des soins que les frères de la milice du Temple lui avaient donnés pendant son voyage, » propter beneficium et honorem que michi fratres Templi in transmarinis partibus exibuerunt (30). » Il existait même encore le 23 juin 1154, ainsi que l'établit une pièce annexée au même document.

En sa qualité de sénéchal, Guillaume de Mauzé fut appelé à souscrire un grand nombre d'actes qu'il est inutile d'énumérer (31). Il ne me reste donc plus qu'à donner quelques détails sur sa famille.

Sa femme se nommait Aldéarde, « ALDEARDIS. ». En 1138, elle se désistait avec lui d'une action qu'il avait intentée à l'abbaye de Montierneuf (32), et en 1150 elle signait, sous le nom d'Audéarde,  «  AUDEARDIS, » l'acte de réparation consenti par son mari à l'abbaye de Notre-Dame de Saintes. De leur union naquirent sept fils (33) :

GUILLAUME, qui suivra;

GILBERT, chevalier, dont il n'est plus question après 1138,

GEOFFROI chanoine de l'église Saint-Pierre de Poitiers, qui accompagna son père en Palestine;

PORTECLIE, dont le nom, qui rappelait les fonctions de son père, fut conservé dans la famille, ainsi qu'on le verra plus loin (34);

HUGUES, nommé une seule fois dans les chartes;

 CHARLES, qui fit comme Geoffroi le voyage de Jérusalem (35) et qui vivait encore en 1183 (36)

Enfin GODEFROI, jeune encore en 1150,  « Godefridi minoris, » porte la charte, et dont il n'est plus question après cette époque.

Guillaume Ier de Mauzé avait un frère nommé Othon (37), qui, vers 1137, souscrivit avec lui une donation faite à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély par le comte de Poitou.

C'est cet acte qui fut passé à Mauzé, « in curia Othonis sub umbraculo. » Massiou (38) et M. l'abbé Dubois pensent que la cour d'Othon avait été ainsi appelée en souvenir du duc d'Aquitaine, tué sous les murs de Mauzé. N'est-il pas plus naturel de penser qu'on désignait ainsi la partie du château alors habitée par le frère de Guillaume? Othon fut seigneur de Marans, comme le prouve un acte par lequel il s'engageait (vers 1171) à garder et défendre l'abbaye de Maillezais et ses possessions (39) et cette seigneurie passa plus tard à ses neveux, sans doute à défaut d'héritier direct.

 

GUILLAUME II DE MAUZE.

– Ce seigneur n'est mentionné que dans un petit nombre de chartes. C'est de lui qu'il s'agit dans celle de 1138, où il est qualifié de chevalier (40)

Une lettre de Geoffroi de Rancon à Suger nous apprend qu'en 1148 une somme d'argent lui était payée par ordre de ce dernier. « Nobis mandastis… ul redderemus….. filio W (WILLELMI) de MAUSIACO, mille alio loco decem libras, quod grave est adimplere (41) »

 Plus tard, en 1154, il approuvait le don fait par son père aux Templiers de Beauvais. Il mourut après avoir fait, de 1161 à 1178, entre les mains de l'abbé Aimeri, un don à l'abbaye de Chatellier (42) et mérita d'être appelé « vir bone memorie, » en souvenir de la considération dont il avait été entouré.

De son mariage avec Agnès il eut deux fils, Porteclie et Guillaume, dont le nom fut mêlé aux luttes de l'Angleterre contre la France.

Je parlerai bientôt de Porteclie; quant à Guillaume, chevalier comme lui, il signait, en 1199, un traité conclu entre Jean Sans Terre, roi d'Angleterre, et Renaud, comte de Boulogne (43)  l'année suivante, il signait également une trêve entre ce prince et le roi de France (44).

A la date du 11  août 1201, il assistait comme témoin à l'acte par lequel le roi Jean confirmait une exemption de droits accordée par Aliénor à l'abbaye de Saint-Maixent (45).

Le 6 juillet 1202, le roi d'Angleterre ordonnait à Benoît de Talmont de lui remettre une somme de cinquante livres poitevines : « Sciatis quod quietavimus dilecto et fideli nostro WILLELMO MAUSEIO, quingent. lib. pictav. » (46)

Enfin, en 1203, lorsque Chale de Rochefort promettait à Jean d'envoyer son fils aîné en otage à Chinon, il devait faire tenir au roi des lettres de l'abbé de Saint-Maixent, de Guillaume Maingot et de Guillaume de Mauzé, pour attester qu'il servirait avec fidélité (47)

Guillaume de Mauzé vivait encore en 1217, car à cette date il approuvait une concession faite par son frère Porteclie, et dont je parlerai plus loin. Aucun document ne fait connaître s'il contracta mariage; il y a lieu de le penser toutefois, car l'ordre chronologique semble indiquer qu'il fut père de Constantin de Mauzé, maire de La Rochelle au mois de juin 1223 (48).

 

PORTECLIE DE MAUZÉ.

J'ai dit que le nom donné à ce seigneur paraissait destiné à perpétuer dans la famille le souvenir des fonctions de sénéchal exercées par Guillaume Ier de Mauzé.

PORTECLIE devait avoir dans le langage local de l'époque la même signification que dapifer, et j'en trouve la preuve dans les premiers mots de la charte de 1150, que j'ai déjà citée « Willelmus filius Willelmi de Maussec, POTACLÉE (Porteclee) scilicet Pictavis SENESCALLUS; Porteclie, c'est-à-dire sénéchal (49) M. l'abbé Dubois appelle ce seigneur Porrechie, d'après la citation faite par Arcère d'une charte où ce nom a été défiguré par les copistes.

 (Archéologie à l’abbaye de Maillezais, une église romane poitevine en souvenirs de Saint-Remi de Reims.)

 Porteclie souscrit vers 1170 en qualité de seigneur de Mauzé. « Signum PORTECLIE domino MAUSIACI (50) » Il fut également seigneur de Marans « Ego PORRECLYA (Porteclia) dominus MARANTHI atque Mausiaci, » est-il dit dans le titre de 1216 cité par Arcère, et qui contient la confirmation du don de quelques héritages fait par un prêtre nommé Aimeri Ogers à l'abbaye de Maillezais (51). Porteclie posséda en outre les seigneuries de la Jarrie et de Laleu, au témoignage de Duchêne, qui, par erreur, le désigne sous le nom de Guillaume (52).

Le seigneur de Mauzé n'embrassa que forcément le parti de l'Angleterre.

(TIME TRAVEL 1214 la prise du Château de Mervent et Vouvant de Geoffroy la Grand Dent par John Lackland (JEAN-SANS-TERRE)

Lorsque le roi Jean débarqua sur les côtes de l'Aunis au commencement de l'année 1214, il essaya de lui résister à Milescu.

Mais cette résistance ne dura que deux jours; assiégé le dimanche 8 mars, le château fut forcé de se rendre le mardi suivant (54) : «  Die autem dominica proxima ante mediam quadragesimam obsedimus castrum de Milescu quod PORTECLINUS DE MAUSY, contra nos munierat, et nos die marlis sequentis castrum illud  incepimus (55).  La prise du château de Milescu entraîna la reddition de celui de Mauzé. Porteclie se soumit au vainqueur «Et cum castrum illud cepissemus, venit ad voluntatem et misericordiam nostram. »

 

 Savary de Mauléon suivit son exemple (56). Tous deux étaient cependant de vaillants guerriers. Guillaume Le Breton les réunit dans un même éloge, et je ne puis résister au désir de citer ici le chroniqueur poète :

« Et cum Guillelmo Savericus PORTACLEASQUE  ….

Quorum fama eanit per totum nomina mundum (57)

Lorsque le château de Mauzé fut tombé au pouvoir du roi Jean, on voit par son itinéraire qu'il y séjourna le 20 et le 23 avril 1215, du 2 au 4. mai et du 7 au 8 juillet de la même année. Aussi plusieurs lettres patentes sont-elles datées de Mauzé (58)

 Le 22 décembre suivant, lorsque Jean Sans-Terre accorda à Savary de Mauléon le droit de faire battre monnaie, la charte de concession fut dressée en présence de Porteclie (59)

Je dois citer d'autres actes auxquels il prit part et qui intéressent également notre province; c'est ainsi qu'en 1211 Porteclie rendit aux religieux de Nouaillé l'exemption du péage à Mauzé qui leur avait été accordé par son aïeul, et dont il les avait dépouillés.(60)

 (Fondation de l’Abbaye Royale de l’Absie - Pierre de Bunt ; Giraud de Salle ; Louis VII le Jeune ; Aliénor d’Aquitaine)

En 1217, il autorisa les abbés de Saint-Michel-en-Lherm, de l'Absie, de Saint-Maixent, de Maillezais et de Nieul, à faire creuser, pour dessécher les marais du Langon et de Veuille, un canal qui porte encore le nom de canal des Cinq Abbés (61).

En 1218, il s'obligea à payer à l'abbaye de Fontevraud 80 livres tournois au lieu de 100 livres angevines de rente qu'il leur devait, la monnaie d'Angers étant alors décriée et n'ayant plus cours (62) enfin, dans la même année, il donna diverses rentes à l'abbaye de St-Maixent, et fit pour la construction d'un hôpital au lieu de Poulias une donation sur laquelle j'aurai à revenir quand je m'occuperai du prieuré de Sainte-Croix (63)

 Il semble résulter de ce dernier titre que la femme de Porteclie s'appelait Berthe « BERTHA tunc temporis domina MAUSIACI. » Parti pour la croisade, le seigneur de Mauzé assista au siège de Damiette (64), et il y a lieu de croire qu'il y perdit la vie, car on ne rencontre plus, à partir de cette époque, aucun acte auquel il ait participé. Porteclie laissa en mourant quatre enfants, Geoffroi Guillaume, Agnès et Letice. C'est donc par erreur que le comte de Sainte-Maure (65) annonce que la maison de Mauzé « finit à Guillaume dit Porteclas, et qu'il ne laissa qu'une fille unique, laquelle épousa Renaud de Pressigny. »

GEOFFROI DE MAUZÉ. Il était fils aïne de Porteclie, aux termes d'une charte de 1218, « Gaufrido filio meo primogenito (66) »  et lui succéda comme seigneur de Mauzé

 

et de Marans; mais la mort (67) ne tarda pas à le frapper. Il n'existait plus cinq ans après, ainsi que le prouve une lettre de 1223 portant injonction par Henri III, roi d'Angleterre, à Savary de Mauléon, sénéchal de Poitou et de Gascogne, de saisir en son nom la terre qui avait appartenu à Geoffroi, seigneur de Mauzé, « GALFRIDI domini de MAUSY » et ses châteaux de Mauzé et de Marans, « et castella sua de MAUSY et de MARAON, » pour les garder jusqu'à ce que son héritier se fût acquitté de ce qu'il devait au roi (68)-  L'existence de Geoffroi de Mauzé, dont Duchêne n'a pas parlé est attestée en outre par une enquête faite vers 1268, et dans laquelle un témoin octogénaire parle du temps où vivaient Porteclie et son fils Geoffroi. « Petrus Sutaris octogenarius dicit quod tempore dni PORTECLIE et dni GAUFFREDI filii Sui vidit…. (69) »

GUILLAUME III DE MAUZÉ. Second fils de Porteclie, Guillaume succède à son frère Geoffroi. Il est nommé avec sa femme dans un acte du mois de mars 1221 « Et dons quarters de vigne qui sunt a Parigne (Périgny) on feu que sire W. (Guillaume) de Mause tenet à icet jor de par dame AIGLINE sa femme (70). » Il reparaît en 1234 dans une transaction entre les prieurs de Saint-Pierre et de Sainte-Croix de Mauzé (71) et en 1237, pour faire, du consentement de sa femme, un don à l'abbaye de l'Absie. « WILLELMUS  dominus Mausiaci et Morahanti assensu et voluntate Haeline uxoris nostre. »

plan2

 En 1240, il augmenta cette libéralité (72), et mourut peu de temps après, ainsi que le constate une enquête dressée vers 1245, dans laquelle sa veuve fut entendue en témoignage. « Domina AYNORDIS DE VIRCON relicta defuncti GUILELMI de MAUSE militis (73) »  Il ne me paraît pas douteux qu'Aigline, Aéline et Aynor ou Aliénor de Virson ne soient le même nom écrit de trois manières différentes par des copistes plus ou moins lettrés.

L'existence de Guillaume de Mauzé ne s'écoula pas calme et heureuse au milieu des graves événements qui s'accomplirent alors en Aunis.

A la mort de Philippe-Auguste, la guerre éclata entre Louis VIII et Henri III, et le roi de France, après s'être emparé de Niort, malgré la belle défense de Savary de Mauléon, vit les portes des autres villes de la province, celles même de La Rochelle, s'ouvrir devant lui.

Le château de Mauzé fut mis entre les mains de Hugues X de Lusignan, comte de la Marche, époux d'Isabeau d'Angoulême, veuve de Jean Sans-Terre. Hugues, qui combattait pour le roi de France, fit construire de ses deniers, ainsi que je l'ai déjà dit, la forteresse de cette place.

Il devait jouir pendant dix ans de la terre de Mauzé, pour payer la dot qu'il avait Pièces constituée à sa nièce Agathe; mais Louis VIII ayant reçu à La Rochelle l'hommage de Guillaume d'Apremont, le roi lui laissa la seigneurie de Mauzé, et pour tenir lieu au comte de la Marche des revenus qu'il devait toucher, lui donna en échange, au mois d'août 1224, les régales de l'évêché de Limoges.

Les lettres portaient que si le roi retirait ces régales, il s'en remettrait à ce qui serait décidé par Enguerrand de Coucy, Robert de Courtenay, bouteiller de France, et Matthieu de Montmorency, connétable de France.

Le traité n'était donc que provisoire; aussi, au mois de janvier de l'année suivante (1225), Louis VIII constitua-t-il à Hugues de Lusignan, pour tous ses droits sur Mauzé, une rente de 400 livres tournois, payable chaque année, le jour de Pâques, dans la ville de Poiters (74)

Enceinte féodale de Mauzé

Cet arrangement si simple et si clairement exposé dans les documents que je viens d'analyser ont été singulièrement défigurés par nos historiens de l'Aunis. Arcère (75)  prétend que Hugues de Lusignan répétait contre Guillaume d'Apremont les sommes qu'il avait déboursées, tandis que c'est le roi qui, spontanément, voulut maintenir les droits du comte de la Marche « Carissimus dominus Ludovicus rex volens jus meum illesum confirmari. » –Massiou (76) n'hésite pas à faire d'Agathe, nièce d'Hugues de Lusignan, la femme de Guillaume d'Apremont, et ajoute que le roi de France voulut s'attacher ce dernier en le libérant envers~l'oncle de sa femme. Or Guillaume d'Apremont, comme on le verra bientôt, au lieu d'Agathe, nièce du comte de la Marche, avait épousé Agnès, sœur de Guillaume III de Mauzé.–

Enfin, suivant M. l'abbé Dubois, Hugues de Lusignan avait soumis à l'arbitrage du roi ses prétentions sur Mauzé, et le souverain, en politique habile, avait donné satisfaction à ses deux vassaux, et, un an après, le comte de la Marche remettait une décharge au seigneur de Mauzé.

– Assurément M. l'abbé Dubois n'a pas lu cette quittance, car il aurait reconnu aisément qu'elle était remise au roi de France : « Ego Hugo de Lizegniaco comes notum facio me quitasse carissimo domino meo Ludivico regi Francorum…. Totum illud quod decebam me habere apud Mausiacum. »

En 1229, le château de Mauzé était gardé par Thibaud de Blazon, sénéchal de Poitou, et on voit par une déclaration de Valence, sa veuve, qu'elle promettait, au mois de décembre de la même année, de livrer le château à celui qui se présenterait porteur des ordres du roi « Et MAUSIACUM et omnia castella que tenebat defunctus de Blazon quondam maritus meus quando decessit (77)

château

Massiou donne à Thibaud de Blazon le titre de seigneur de Mauzé (78). Mais le fait d'avoir été chargé de tenir pour le roi le château de cette ville ne pouvait pas avoir eu pour conséquence de le rendre maître de la seigneurie.

L'année suivante, Guillaume de Mauzé promettait son concours au roi d'Angleterre, ainsi que nous l'apprend une lettre du  18 juillet 1230, par laquelle Henri III annonçait à l'évêque de Chicester ses progrès en Poitou :

Vestram cupimus scire paternitatem  quod sanos et incolumes benedictus Dominus nos misit in Pictavia, in quibus partibus quamplures nobiles attraximus ad servicium nostrum, videlicet. … WiLLELMUS DE MAUSIACO (79)

Mais bientôt la paix succéda pour quelques années aux agitations de la guerre, et Guillaume de Mauzé put jouir enfin tranquillement jusqu'à sa mort, arrivée, ainsi que je l'ai dit, vers 1245, des seigneuries de Marans et de Mauzé, qui passèrent alors à ses sœurs.

Ainsi s'éteignit en Guillaume III la descendance mâle de la maison de Mauzé, qui, pendant un siècle et demi, joua un rôle important en Aunis. (80)

Les seigneurs de cette famille portaient d'azur à la croix engreslée d'or, mouvant du canton droite  (81)

 

Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest

 

 

 

Les premiers Seigneurs de Mauzé sur le Mignon, descendants des Ducs d'Aquitaine ?  <==

1214 Jean Sans Terre part d’Angleterre en direction du Poitou, débarque à La Rochelle et marche sur Mauzé<==

Juillet- Aout 1224 - Prise de Niort, Saint Jean-d’Angely et La Rochelle (Louis VIII – Savary de Mauléon)<==

Gisants des ducs d’Aquitaine inhumés à l’abbaye de Maillezais, Guillaume VI – Eudes - Guillaume le Grand<==

Essai historique sur les Monnaies du Poitou et sur quelques autres Monnaies de la période anglo-française <==

 

 

 

 

 


 

(1) Hist de la Rochelle, t. p. 195.

(2) Dom Claude Etiennot de la Serre, bénédictin de Saint-Maur, mort à Rome en 1699, a laissé 4 volumes in-folio manuscrits sur les antiquités bénédictines du diocèse de Poitiers et 16 volumes in-folio des antiquités de l'Aquitaine (Dom Fonteneaut. LXVIII)  Il a fait lui-même un abrégé (in-4°) de ses antiquités bénédictines, dont il reste quelques copies. L'une d'elles m'a été communiquée par M. Trichet, avocat à la cour impériale de Poitiers.

(3) Dom Fonteneau, t. XIV, p. 575. Voir aussi Gallia christiana, t.II, col. 458, ad instrum. En 1058 ou 1059, il signa également la charte de restitution de cette localité à la même abbaye par les enfants de Guillaume de Parthenay. (Dom Fonteneau)

(4) Dom Fonteneau, t . xxi, p. 425. Vers la même Époque, Guillaume Bâtard restitue à l'abbaye de Nouaillé qnelques héritages voisins dont il l'avait dépouillée; il avait même détourné un cours d'eau qui faisait tourner un moulin appartenant à cette abbaye. (Archives du département de la Vienne, abbaye de Nouaillé, n° 93. Dn Fonteneau, t.lxx . –Dom Etiennot, Ant. Bened,  pars tertia, p. 634.)

(5) Archives du département de la Vienne, abbaye de Montierneuf vers 1080,n°4.

(6) Dom Fonteneau, t. xtx, p. 49. – voir aussi une charte vers 1081. (Ibid., p. 67.)

(7) Pièces justificatives, n° I.

(8) Guillaume le Grand était assez jeune lorsqu'il devint comte de Poitou en 990.

(9) Un Rainaud Bâtard, Rainalt Bastart, »  souscrit en 1022. (Dot Fom Fonteneau t.xxi, p. 367.) Vers la même époque (1025 ou 1026), on trouve aussi un Raoul Bâtard, « Radulfus Bastardus. »  ( Ibid., t. vt, p. 597.)

(10) M. l'abbé Dubois (p. 8, note 4) dit que la position de Germond n'a pas été déterminée. Il ne me parait pas douteux qu'il ne s'agisse de la localité de ce nom, chef-lieu d'une commune de l'arrondissement de Parthenay (Deux-Sèvres).

En 1003, Guillaume le Grand avait donné à Germond l'abbaye de Saint-Cyprien, Terram Germundi, ad villam construendam  (Arch. de Part., abb. St-Cyprien, n" 7.)

 

(11)           Arcére donne aussi cette date (t. i, p. 173); celle de 1050 (p. 129 du même volume) est sans doute une faute d'impression. Cette date fautive a été répétée par M. Dupin (Mem. stat. du départ. des Deux-Sèvres, an XII, in-f°, p. 208.) Le même auteur donne à tort au comte de Poitou le nom d'Othon de Provence.

 

(12) Interea Odo comes veniens a Gaconia voluit capere Germundum Cstrum, sed non potuit. Inde reversus, Mausiacum quem pari modo repugnan

 

 

(13) Voir la notice intitutée : De la domination des comtes d’Anjou sur la Saintonge, que j'ai publiée dans la Revue de l'Anjou (année 1855, t. n, p.496).

 

(14) Dans une bulle du pape Alexandre II(vers 1063), confirmant les dons faits à l'église Saint-Nicolas de Poitiers, et adressée à la veuve de Guillaume le Grand et de Geoffroi Martel, «  dilecte filie Agnetis, quondam Aquitam, ducis uxirus nobilissime, «  on lit ce qui suit : « Item Guilemus dux, tuus filius, predicte ecclesie Sti Nicolai (dedit) in fundo Mausiaco discalem redditum quem accipere solebat uxor sua. » Dom Fonteneau, t XII, p.629

 (15) On trouve vers 1088 un autre don fait apr Guillaume, comte de Poitou, à l’abbaye de Saint-Cyprien, et souscrit par Guillaume Batard et son fils, «  Willemo Bastardo, Willelmo ejus filio concedente, » de tous les droits qui pouvaient lui appartenir dans la terre de Doeil). Dom Fonteneau (t. vii, p. 225) dit que cette libéralité fut faite par le nommé Guillaume surnommé Comte; mais je ne pense pas que Comte soit ici un surnom déjà en 1003 la forêt de Doeil avait été donnée à l'abbaye de Saint-Cyprien par le duc d'Aquitaine; il ne me parait donc pas douteux que, dans la charte de 1088, il ne s'agisse du successeur de Guillaume le Grand. Le père de ce dernier avait donné à la même abbaye l'église de Maillezais; mais, son fils ayant fait un monastère de cette église, il remplaça ce don par celui de la forêt de Doeil, des coutumes de cet alleu, « consuetudines alodii de Daolio, » et de toute la terre inculte ou cultivée jusqu'à la forêt. (Arch. du départ. de la Vienne, abbaye de Saint-Cyprien, n° 7. Dom Fonteneau a publié un extrait de cette pièce, t. vi, p. 483.)

(16) BESLY (Hist. des comtes de Poitou, Preuves, p. 412. ) Rer. gall. Script., t. xiv, p. 773, note b. – VIALART (Hist. généal. de la maison de Surgères, p. 41).–M. l'abbé Dubois, en disant (p. 9) « qu'Eble de Chatelaillon était alors en son château de Benon, applique à ce seigneur ce qui, dans la charte, se rapporte au comte de Poitou.

(17) Le texte imprimé dans les Preuves de l'Hist. des comtes de Poitou p. 416, porte : Dedit pro amore Thomae quondam camerarii sui Senegundini cavillam que erat sua villana, et Massiou (Hist. De la Saintonge, t.I,p 475) traduit sans hésiter «  une femme seve appelée Cavilla. » Mais on sait que l'ouvrage de Besly ne fut imprimé qu'après sa mort, et que les chartes de ses Preuves sont remplies de fautes. Au lieu de Senegundini, Cavillam, il y avait évidemment dans l'original Senegundim ancillam. Par ancillae on désignait ordinairement les femmes placées dans la condition de Sénégonde. Aussi Besly, qui avait le texte sous les yeux, a -t-il traduit de cette manière. D'ailleurs Senegundini ne veut rien dire, et Cavilla n'est pas un nom de femme. Du reste la faute que je signale est peut-être une faute de copiste, car elle se retrouve dans une copie du cartulaire de Saint-Jean faite au XVIIe siècle (n° 5451 Bibliothèque impériale, f 161, et dans la copie de Dom Fontencau (t. lxiii p. 495).

(18) En titre était écrit :  Donum quod fecit  Willelmus dux Thome M° (monacho). (DOM Fonteneau , t. lxiii, p. 495.)

(19)  Art de vérifier les dates. - Comtes de Poitou.

(20) Mathitde se sépara de Guillaume en 1116 pour se retirer à Fontevraud, où elle mourut peu de temps après.

(21) T. xxvn ter. Notes sur un titre de l'année 1220, extrait de Rymer. C'est dans ces notes que Massiou (Histoire de la Saintonge t. iii p. -175) a puisé ce qu'il dit des baillis et des sénéchaux.

(22) Dom Fonteneau, t. Il, p. 19. Gallia christiana, t. n, col. 287, ad instrum.

 En 1211, un Pierre de Mauzé était au nombre des moines de l'abbaye de la Grâce-Dieu. (Dom Fonteneau, t. ix, p. 47.)

(23) Ibid, t xxvii ter, p 419

(24) Hist. Des comtes de Poitou, p.136.

(25) Dom Brial a traduit ad Burdellum par Le Bourdet; mais suffit de lire une autre lettre de 1148, écrite à Suger par Geoffroi de Rancon (Script. rer. gall., t. xv, p. 499), pour voir qu'il s'agit ici de Bordeaux, et non du village du Bourdet, situé à peu de distance de Mauzé. Il est difficile de comprendre comment un savant tel que Dom Brial a pu commettre une pareille méprise.

(26) Nam fideles regionis illius mihi hoc scripserunt quod inimici et burgenses in ispa civitate accidebant. (Lettres de Guillaume de Mauzé.)

(27) Rer. Gall. Script, t. xv, p. 186.

(28)           Abbesse de 1157 à 1174.

(29) Pièces justificatives, n° Ill.

(30) Pièces justificatives, n° V.

(31) Voir notamment des titres des années 1131 (Dom Fonteneau, t. XIII, p. 225, et LXII, p. 297); 1140 (ibid., t. xxv, p. 457); 1145 (ibid., t. xxv, p. 469); 1146 (ibid, t. xxv, p. 779), etc.

(32) Pièces justificatives, n° II.

(33) Voir les pièces justificatives, n°' III et V.

(34) Il y a lieu de croire que c'est lui qui signait à Bordeaux, vers 1156, la confirmation par Henri II des dons faits par Gui Geoffroi à l'abbaye de Maillezais. –Testes–Porteclius de Mausiaco. (Dom Fonteneau t. xxv,p.59 ; Preuves de l’histoire de Maillezais)

(35) Ainsi que le prouve un titre daté d'Antioche au mois d'avril 1140, extrait du cartulaire de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. ( DUCHESNE, Hist. généal. Des Chasteigners, p. 79, et Pr., p. 57.)

(36)  Dom Fonteneau, t.II p31

(37) II y a lieu de penser que Guillaume 1er de Mauzé avait en outre une sœur qui, de 1096 à 1115, épousa un des fils de Geoffroi, seigneur de Rochefort. Guillaume de Rochefort ne prit assurément le nom de Guillaume de Mauzé, « Guilelmo de Mausee, » que par suite d'une alliance avec cette maison. –(voir  Dom Fonteneau. xv, p. 69; mes notes sur quelques chartes relatives à Fouras (Bull. de la Soc. des Ant.. de l'Ouest, année 1849, p. 54), et mes nouvelles recherches sur la maison de ChatelailIon (Mém. de la Soc. des Ant. de l'Ouest, année 1855, p. 231 et 239.)

(38) Histoire de la Saintonge, t. i, p. 402.

(39) Don Fonteneau  t. xxv, p. 183 xxvii ter, p.193. - Cette pièce a été imprimée comme pièce justificative dans l'Histoire de l'abbaye de Maillezais, par M. l’abbé Lacurie, p. 272. (Mausec pour Mauzee  est une faute d'impression.)- Othon de Mauzé est aussi nommé dans d'autres titres, notamment vers 1135 (Dom Fonteneau, t. xix, p. 221). –Vers 1073, le seigneur de Marans s'appelait FULCHERIUS et sa femme Pétronille  (Dom Fonteneau  t. xxvn , p. 167). Othon avait peut-être épouse leur fille.

(40) Voir pièces justificatives, n°II

(41) RER. Gall. Script, t. xv, p. 499. Arcère a cité ce document (t. 1, p. 130).

(42) Pièces justificatives, n° V.

(43) THOMAS DUFFUS HARDY. Rotuli chart. in turri Londinensi asservati, t.i,p 30.

(44) RYMER Foedera, t.i, p 141. Autre trêve signée en 1206 (RYMER, nouvelle édition, t. p. 95).

(45) BESLY, Evêque de Potiers, p.119 et 120..

(46) TH. D. HARDY, Rot. litt. patent., p.i4.– Une autre somme d'argent lui fut payée en 1207 (Ibid. Rot. Mt. claus., p. 86).

(47)  Ibid. Rot. litt. patent, p. 31

(49)  Archives imperials, J. 192, n° 2. « Ceu sunt les transcrits, dans chartres Johan de Jard. 1225, on meis de juing….. veianz et oianz Père Raimond adonques arcbeprovère de La Rochelle, sire Constantin de Mause maire de La Rochelle. » Arcère (t. 11, p. 525) indique sire Guillaume de Mauzé comme maire en 1225; mais il ne fournit aucune indication pour les années 1225 et  1224, et il a soin de dire en note que les matricules qu'il a consultées ne s'accordent quelquefois ni sur les noms des maires, ni sur les années de leur mairie, ce qui expliquerait comment il désigne Constantin sous le nom de Guillaume. – D'ailleurs, en 1247, on trouve un Guillaume-Constantin de Mauzé (Archives impériales, J. 491, cahier H, p. 133 et JJ. 507, p. 150). C'était peut-être le même que celui qui exerçait les fonctions de maire en 1223.

(50) On trouve des exemples analogues pour plusieurs familles, celles de Sénéchal de Kerkado et de Parthenay-l'Arcbeveque, par exemple.

(51) Dom Fonteneau t.1 p 269.

(52) Pieces justificatives, n° VII. Dans sa notice historique sur la ville de Marans (p. 6), M. Alfred Etenaud appelle aussi Porteclie, Porrechie; il ajoute qu'il paraît être le plus ancien seigneur de Marans, ce qui est une erreur, ainsi que le prouvent les indications que j'ai fournies en parlant d'Othon de Mauzé. On trouve même en 1002 un don de quelques pêcheries et autres héritages en Aunis, fait à l'abbaye de Nouaillé par Girard de Marans et Gautier son fils (Gerardo de Marethando et Walterii filii sui). (Don Fonteneua, t. xxvii  ter, p. 49.)

(53) Hist. Général. Des Chasteigners, p 170 ; Preuves, p 85 et 86.

(54) En 1214, Pâques tombait le 30 mars.

(55) TH.D. HARDY Rot. litt. patent., p. 111. – RYMER, t. f, p. t82 dit Johannes Porcelinus. Dom Fonteneau (t. xxv, p. 275) n'a pas hésité à le considérer comme étant le même que Porteclie, « dont le nom, dit-il, aura été corrompu par Rymer, comme il a fait de quantité d'autres. » ARCERE (t. p. 206, en note) fait observer que dans la même page Porcelin est aussi appelé Porteclin par Rymer. Il se demande ensuite s'il ne faut pas traduire Mausy par Mauzé. Sur ce dernier point le doute même n'est pas permis.- Le document cité par Rymer est le seul où on trouve le prénom de Jean donné à Porteclie.–MASSIOU (Hist. De la Saintonge. t, p. 204) a parlé du siège de Milescu sans remarquer l'identité qui existe entre Porcelin et Porteclie. – M. l'abbé Dubois n'a rien dit à ce sujet.

(56) RYMER, nouvelle édition, t. I p.118.

(57) GUILELMI BRITONIS armorici Philippidos libro XII. Lib. VIII, vers 294. (Reg. gall. Script, tXVII, p.215)

(58) Rot. litt. pat., p114 bis, 118 bid.--Rot. chart., p. 196-199, etc.

(59) Rot.  chart., p. 201. Cette charte n'est pas citée dans l’Essai sur les monnaies de Poitou de M. Lecointre-Dupont (Mém. Soc. Ant. De l’Ouest, année 1840, p. 203).

(60) Pièces justificatives, n° VI. Massiou a publié cette pièce [t.II, p. ~455), mais d'une manière incomplète.

(61) L'original m'a été communiqué par M. Fillon. Cette charte a été publiée par M. l'abbé Lacurie dans les Preuves de son Hist de l'abbaye de Maillezais, p. 589; mais quelques fautes d'impression s'y sont glissées: ainsi on lit Hugonis de Oraio pour Ozaio ; Gaufredus Jugueaux pour Juqueaus ; N. Libroters pour Aprilis Libroters, etc.

Une charte semblable fut accordée par Pierre de Volvire, seigneur de Chaillé (DUCHENE, loco citalo, p. 24 Arcére,. t, p. 18 LA FONTENELLE Chron. Fontenaisienne, introduction, p. XI).

(62) Ce document a été publié par M. HUCHER dans son Essai sur les monnaies frappées dans le Maine, p. 40.

(63) Pièces justificatives, n XVIII et X.

(64) Pièces justificatives, n" X. La ville de Damiette fut prise le 5 novembre 1219 (Art de vérifier les dates).

(65) Dom Fonteneau, t. XLVI, p. 156.–Ce qui prouve que Porteclie mourut en 1218, c'est qu'à la date de cette année Renaud de Pressigny (Reginaldus de Precygne), qui avait épousé Letice, fille de Porteclie, prenait déjà le titre de seigneur de Marans, Dominus de Maranto, en faisant une remise de quelques rentes à l'abbaye de Maillezais ( ibid., t. xxvn ter, p. 199).

(66) Pièces justificatives, n° IX.

(67) Rot. litt. claus., p.529.

(68) Généalogie des Chasteigners, loco citato.

(69) Inquesta super Portu novo (Portneuf, petite anse entre La Rochelle et Chef-de-Baie) (archives impériales.j 1033, n°1) - Cette enquête était faite à la requête de Renaud de Pressigny. qui prétendait avoir droit de prendre la coutume, à l'exclusion un prévôt de La Rochelle, sur toutes les marchandises embarquées ou débarquées à Portneuf.

(70) Archives impériales, J. 192, n2. Ceu sunt les transcrits dans Chartres Johan de Jars. »

(71) Pièces justificatives,n XII.

(72) Pièces justificatives, n XIII.

(73) Archives imépriales, JJ. 507, p.150- « Querimonie contra Balivos »

(74) MARTENNE, Vetera Scripta, t. f,col.1189 et 1200.–Dom Fonteneau, XXVII,p. 665-667.

(75) Hist. de La Rochelle, t. r, p. 130.

(76) Histoire de Saintonge, t. II, p. 247 et 248.

(77) MARTENNE,  Vetera scripta,t. i,p 1255. – Dom Fontenau,t XXXVII bis, p675.

(78) Hist. De la Saintonge, tII, p 267.

(79) Champollion Figeac, Lettres des rois et reine de France et d’Angleterre, t I, p 36

(80) La dernière branche collatérale de la maison de Mauzé parait ne s’être éteinte qu’a la fin du XIIIe siècle. On rencontre en effet jusqu’à cette époque le nom de quelques héritiers de cette famille, notamment en 1295 un Geoffroi de Mauzé, «  Gaufredus de Mausiaco valetus, » dont les biens furent vendus aux enchères par ordre du sénéchal de Saintonge pour payer une partie de ses dettes, le chiffre de ce qu’il devait dépassant de beaucoup son actif. (Dom Fonteneau, t XXXVIII, p 147)

(81) Dom Fonteneau, t LVIII