Abbaye Royale Notre-Dame de l'Absie Plan et Histoire

Quand vers 1095 l'ermite Pierre de Bunt arriva à l'Absie, il découvrit les débris écroulés d'une antique église. C'était une église paroissiale. Les anciens du pays lui affirmèrent qu'elle ne dépendait d'aucune des paroisses voisines. A sa grande joie, l'enquête à laquelle il se livra confirma leurs dires.

Quand, en effet, les habitants de l'Absie se rendaient à la Chapelle Seguin ou à Vernoux, pour entendre la messe et faire baptiser leurs enfants, un seigneur nommé Jacquelin, qui avait été propriétaire de l'église de l'Absie, faisait percevoir les oblations par Audouin Abhorret, son sergent. Ces témoignages prouvent l'antiquité des paroisses de l'Absie, de la Chapelle-Seguin et de Vernoux.

On est également fondé à faire remonter à une date très ancienne, l'existence dans leur ressort de villages et d'habitats isolés parmi les bois et les friches.

Un évènement considérable, souhaité en vain depuis longtemps, donna une vive impulsion à l'occupation du sol gâtineau déjà non négligeable aux époques Gallo-Romaine et Franque. C'est le retour de la paix et d'une sécurité relative dans le comté de Poitou sous le Gouvernement des Comtes indépendants. L'état social favorisa l'accroissement de la population. Il fallut plus de terres aux paysans devenus plus nombreux et l'essor démographique facilita les progrès de l'agriculture qui était alors la forme essentielle de l'activité économique. Enfin ces progrès furent d'autant plus importants que la technique agricole s'était perfectionnée. On avait amélioré l'instrument aratoire et trouvé un meilleur procédé d'utilisation de la force animale en modifiant le mode d'attelage en vigueur dans le passé. A la faveur de ces circonstances le sol de la Gâtine fut l'objet d'un défrichement intensif inconnu jusqu'alors.

Il est difficile de préciser à quel moment les défrichements ont commencé à se multiplier et à s'étendre en Gâtine au Moyen-Age à cause de l'indigence des sources antérieures au XIIe siècle. Elles consistent, en effet, essentiellement dans des débris et des extraits de quelques cartulaires, surtout de ceux de l'Absie. D'un autre côté, pour ce motif même, la décontraction de l'économie rurale ne se laisse pas apercevoir en Gâtine, comme parfois ailleurs, d'une manière spectaculaire. Il n'est pas question d'hôtes venant s'établir sur des terres récemment défrichées. On ne voit pas des seigneurs inviter des communautés religieuses à en recevoir autant qu'elles le pourront sur des parcelles de leur domaine dont elles se dépouillent en leur faveur.

Aux défrichements exécutés en Gâtine par les paysans avec l'agrément de leurs seigneurs, s'ajoutèrent les initiatives des communautés religieuses. On a cru longtemps que les moines avaient été les grands artisans des défrichements médiévaux. De nos jours des historiens font des réserves ou le contestent. « En fait, écrit G. Duby, les seuls hommes de Dieu qui, de leurs propres mains aient participé efficacement à l'attaque des zônes incultes, qui aient abattu des arbres et ouvert de nouveaux labours furent les ermites qui vivaient si nombreux aux XIe et XIIe siècles, aux lisières des forêts d'Europe ».

Une documentation très pauvre ne permet guère de préciser la part qui revient aux ordres religieux dans le défrichement du sol gâtineau.

On sait que Giraud de Salles envoya en Gâtine deux ermites : Pierre de Vars et Pierre de Bunt. Le premier fonda vers 1120, avec l'approbation de son maître, la célèbre abbaye des Châtelliers dans une vaste solitude, entourée d'un côté de forêts et de l'autre présentant de riches vallons arrosés par des ruisseaux et des étangs. On ignore les travaux qu'il accomplit. Le titre primordial de la fondation des Châtelliers est perdu et on manque de renseignements sur les libéralités faites au monastère par ses premiers bienfaiteurs à l'exception de celles des seigneurs de Rochefort.

On est un peu mieux informé sur l'œuvre du second ermite.

A l'Absie, Pierre de Bunt découvrit vers 1096 les ruines d'une antique église. Il établit dans ce lieu son ermitage rebâtit l'église et vingt cinq ans plus tard Giraud de Salles l'érigea en abbaye. La toponymie et le cadastre montrent que le premier soin de l'ermite et de ses moines fut de dégager les abords de la future abbaye et de mettre en culture les terres conquises sur la forêt. Ils construisirent à quelques pas de l'enceinte projetée du monastère, a écrit Edouard Raison qui connaissait admirablement les lieux, les bâtiments nécessaires à leur exploitation ; une grange entre deux ruisseaux descendant vers la Sèvre et ils établirent une bergerie sur un petit plateau dominant les sources dont les eaux dévalent à travers les prairies longeant à l'est l'enceinte de l'abbaye. Plus tard la grange et la bergerie devinrent les métairies de la Grange et de la petite Bergerie. « Attaquant de plus en plus la forêt, Pierre de Bunt et ses disciples créèrent une autre exploitation agricole qui, dans la suite, constitua la métairie de l'Audonerie ».

Les Origines de l'Absie et de son Abbaye

Leur œuvre ne paraît pas avoir été plus considérable. Le terroir environnant l'Absie à plusieurs lieues à la ronde avait été défriché, en tout ou en partie, depuis assez longtemps. On le trouve, en effet, occupé au XIIe siècle, par toute une petite noblesse dont les fragments des cartulaires de l'Absie révèlent l'existence et qui fut la principale bienfaitrice de l'abbaye à sa naissance. Ce n'est pas par des essartages et la mise en valeur de terres incultes que le monastère, jeta les bases de son patrimoine foncier. C'est grâce aux libéralités de l'aristocratie, aux dons de Airaud Jocquelin Seigneur de l'Absie, des Seigneurs du Freigné, de la Chapelle-Seguin, de Vernoux, de la Chapelle-Tireuil, de Chantemerle, de Loge-Fongereuse et de combien d'autres dont il serait fastidieux d'épuiser la liste, sans parler des générosités des vicomtes de Thouars et des Sires de Parthenay.

Faut-il conclure de ces observations que les successeurs de Pierre de Bunt n'ont pas contribué à défricher le sol de la Gâtine par ce qu'ils reçurent beaucoup de terres plus ou moins aménagées et déjà mises en culture ? Nous ne le croyons pas. Ils en obtenaient aussi de mauvaises. C'étaient souvent des terres en friche, comme la froste donnée à Massigny par Thibaud Chabot sous l'abbatiat de Pierre de Bunt.

L'une des principales granges de l'Abbaye de l'Absie, porte un nom significatif qui perpétue le souvenir de l'état primitif des terres, qui entrèrent dans sa composition. C'est la métairie des Freaux. Celle du Fouilloux-Rousseau ne porte-t-elle pas aussi un nom évocateur du lieu de sa constitution ? A vrai dire, presque toutes les granges du monastère paraissent avoir été des centres de défrichements. En définitive l'opinion des historiens qui inclinent à attribuer aux ermites tout le mérite des défrichements nous parait exagérée.

Les créations de bourgs contribuèrent aussi au défrichement et à la mise en culture du sol de la Gâtine. Plus d'une dizaine, constitués par des immigrants venus de seigneuries plus ou moins éloignées et attirés par la concession de privilèges firent leur apparition entre 1040 et le début du XIe siècle.

Saint Giraud de Salles avait imposé aux moines de l'Absie la règle de saint Benoît, telle que saint Robert de Molesme venait de la rétablir dans son austérité primitive pour les moines de Cîteaux.

Dans la réforme qu'il avait édictée en 1098 et qui avait été approuvée en 1119 par le pape Calixte II, saint Robert, dit un auteur anonyme, « suivit la règle de saint Benoît à la lettre, sans aucune addition, rétablissant le travail des mains, le silence plus exact et la solitude, et renonçant à toutes sortes de dispenses et de privilèges. Il prit l'habit blanc et le nom de Moines blancs fut principalement donné à Cîteaux, comme le nom de Moines noirs à ceux de Cluni ».

 

L'une des vies manuscrites de saint Giraud le représente agissant de même à l'égard des monastères qu'il fondait « In omnibus monasteriis. instituit in victu et in vestitu  modum utuent ad unguem secundum regulam sanctt Benedicti, nihil desuper addi, nihil minui, nihi iterari, nihil « omitti prseceptorum, nihil committi vetitorum, nec supra cogi, nec citra cohiberi.».

La vie cénobitique, telle que la concevaient saint Giraud et les autres réformateurs de son époque, devait entraîner le moine à progresser dans la pratique de plus en plus parfaite de toutes les vertus chrétiennes, spécialement de la pauvreté et de l'humilité, comportant de sa part le renoncement non seulement aux biens terrestres, mais aussi à sa volonté propre, l'obéissance exacte, l'abnégation absolue de soi-même et aussi la charité dans le sens le plus élevé du mot. « Dans un monastère bien réglé tous conspirent à une même fin, qui est la perfection de leur état aussi les communications d'amitié particulière ne doivent pas y être tolérées, de peur que, cherchant en particulier ce qui est commun à tous, on ne passe des particularités aux partialités».

Le récit de l’arrivée de Pierre de Bunt à l’Absie, celui de la fondation de l’abbaye, figuraient au cartulaire des donations. Dans celui-ci, une charte mentionne incidemment la présence, en 1151, de Louis VII, roi de France et duc d’Aquitaine, à Saint-Hilaire des Loges. ==> Saint-Hilaire-des-Loges : chef-lieu de canton du département de la Vendée.

C’est une donation faite aux moines de l’Absie par ce roi, du consentement et sur la prière de la reine Aliénor « ad capul pontis sancti Hilarii super Altiziam ».

Le monastère de Notre-Dame de l’Absie reçoit de la reine Aliénor d’Aquitaine le titre d’Abbaye Royale en 1182.

L’Absie s’allie avec les abbayes de Nieul-sur-l’Autize, Maillezais, st Michel-en-l’Herm et st Maixent pour défricher et mettre en valeur le Marais Poitevin et l’ancien golfe des Pictons. Le canal des cinq Abbés existe toujours en Vendée.

 

 

Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de PoitiersBulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers

Les Origines de l'Absie et de son Abbaye. (L'ABSIE détruite par les Normands)<==.........==> GEOFFROY LA GRAND'DENT ET LES RELIGIEUX DE L'ABSIE.

....==> LE MONACHISME EN POITOU AU Xe SIÈCLE

==> Légendes et notes folkloriques sur l'Absie ; Les revenants, les galipotes, la chasse Gallery, le cheval malet, les sorciers....

La vie d’Aliénor d’Aquitaine <==

 

 

 

 


 

Restauration des peintures murales de l'église Notre-Dame de L'Absie

L'église de l'abbaye Notre-Dame de L'Absie, dans les Deux-Sèvres, conserve des vestiges exceptionnels de peintures murales du 15e siècle, qui font aujourd'hui l'objet d'un programme de restauration, conduit par la Commune de L’Absie avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Après la destruction de l'abbaye lors de la guerre de Cent Ans, l'église abbatiale est reconstruite par les abbés Bernard d'Appelvoisin (1442-1468) et son neveu François (1472-1482), dont les armoiries sont visibles sur les clefs de voûte. Ce sont ces ecclésiastiques qui ont commandité, au 15e siècle, une grande partie des peintures murales que l'on peut voir dans l'église.

https://inventaire.poitou-charentes.fr

 

La restauration des peintures de l’église Notre-Dame de L’Absie

Histoire de Nieul-sur-l'Autize et de l'abbaye royale Saint Vincent dans le Bas Poitou

Abbatia Sancti Vincentii de Niolio super Altisiam, Ordinis Sancti Augustini prioratus Sancti Vincentii de Niolio super Altisiam; Niolium; Nioeil; Nioeuil; Nieuil-sur-l'Autise. L'origine du nom de Nieul remonte à l'époque gauloise : " Novioialos " qui est composé de novio (nouveau) et ialo (endroit) sur la rivière de l'Autize Le onzième siècle a été parmi les périodes religieuses l'une des plus remarquables sous le rapport de l'art.....