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PHystorique- Les Portes du Temps
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5 juin 2026

Historique du Château de Montpipeau - Rochechouart : 18 juin 1429 passage de Jeanne d’Arc

Mons Pippelli, Montpipeau, Monspipiau, Monpipeau

Le Château de Montpipeau est situé sur la commune de Huisseau-sur-Mauves, dans le Loiret (Centre-Val de Loire), en Beauce orléanaise. Il s’agissait autrefois du plus important château de la région.

 

Origines médiévales

La seigneurie de Montpipeau remonte au moins au XIe siècle.

Les premiers seigneurs connus appartiennent à la famille Payen (ou Paganus).

→ Gaufridus Paganus (Geoffroy Payen), chevalier, seigneur de Mont-Pipelli au début du XIVe siècle, est mentionné dans des documents ecclésiastiques. Sa femme était Haovis de Rilliaco, et leur fils Amauricus Pagani était chanoine.

 

Décédé Gaufridus Paganus, chevalier, seigneur de Mont-Pipelli, et Haovis de Rilliaco, son épouse ; pour lesquels Amauricus Pagani, leur fils, chanoine de cette église, a donné soixante sols de rente annuelle, qu’il a acquis de Gervasio Lemayre, de la paroisse d’Ymeré, assis et assignés sur un hébergement avec ses dépendances, situé dans la paroisse de Bonvilla, près de Robin Chape, et sur cinq quarterées de pré situées dans la paroisse de Bluriaco, et sur trois quarterées de vigne situées sur le territoire de Bonvilla, et sur ses cens de Bonvilla, et généralement sur tous ses biens tant meubles qu’immeubles, à payer à la fête de la Toussaint.

Item, il a donné dix sols de rente annuelle, qu’il a acquis de Jaquelot de Mandres, de la mairie de la Chevardière, assis sur un hébergement dans ledit lieu, près de Colin Quoquart et près de la femme de Johannes le Texier, et sur une grange et deux planches de taillis jouxtant ledit hébergement, et aussi sur tous ses biens tant meubles qu’immeubles.

Item, il a donné trente francs à convertir au profit de l’église, comme il plaira aux seigneurs.

Item, il a promis de payer et de donner cela chaque année, tant qu’il vivra.

Et il sera fait un anniversaire chaque année pour son père et sa mère, et pour lui après sa mort.

 

 

Obiit Gaufridus Paganus, miles, dominus Montis-Pipelli, et Haovis de Rilliaco, ejus uxor; pro quibus Amauricus Pagani, filius eorum, canonicus hujus ecclesie, dedit LX solidos annui redditus, quos acquisivit a Gervasio Lemayre, de parrochia d'Ymeré, sitos et assignatos super unum hebergagium cum pertinentiis, in parrochia de Bonvilla, juxta Robin Chape, et super v quarteria prati sita in parrochia de Bluriaco, et super III quarteria vinee sita in territorio de Bonvilla, et super census suos de Bonvillà, et generaliter super omnia bona tam mobilia quam immobilia, solvendos in festo Omnium-Sanctorum.

Item dedit X solidos annui redditus, quos acquisivit a Jaquelot de Mandres, de majoria de la Chevardière, sitos super unum herbergamentum in dicto loco juxta Colinum Quoquart et juxta uxorem Johannis le Texier, et super unam granchiam et duas planchias virgulti juxta dictum herbergamentum, et etiam super omnia bona sua tam mobilia quam immobilia.

Item dedit XXX francos convertendos in utilitatem ecclesie, prout placuerit dominis.

 Item promisit hoc soluturum et daturum, quolibet anno, quamdiu viveret.

 Et fiet anniversarium quolibet anno pro patre et matre et pro eo post mortem suam. Cartulaire de Notre-Dame de Chartres

 

 

La seigneurie passa ensuite par alliances à d’autres familles nobles, notamment les Rochechouart de Mortemart.

 

 

DÎME DE PRAY-LE-FORT. Mars 1235/6.

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, nous Geffroy, sires de Monpipeau, salut.

Saichent tuit que pour dévotion et volenté de fonder une chapellainnerie en l’abbaye des religieuses de Voisins, de l’ordre de Cisteaux, en la diocèse d’Orliens ; en laquelle abbaye dame Héloys, jadis notre chière compaigne, a eu sa sépulture, et nous aussi y entendons avoir la nôtre, et pour chanter en icelle, par trois Jours en la semaine, trois messes à nottes, de mort, et au grand autel de ladite abbaye, c’est assavoir, pour ladite dame Héloys, pour mon père et pour me (sic) mère, pour mes amys et pour moy, après mon déceds ;

et pour être quittes nous, nos heirs et nos biens, de cent sols parisis de rente que ladite abbaye avoit sur nous et sur nos heirs, à tousjoursmès, par donation faitte de nous et de monseigneur Péan d’Orléans, avons baillié, assis et assené toutte amortie, et pour accroissement dou servise Notre Seigneur en ladite abbaye et pour convertir en ladite dotation de ladite chappellainnerie, notre disme de Prey, séeant en la parroisse d’Huisseau-sus-Maulve; promettans en bonne foy et sus l’obligation de nos bians meubles et non meubles, présens et à venir, pour accomplir en ladite abbaye et au devant dit grand autel lesdites messes, comme dessus est dit, à garantir, dellivrer et deffendre entre tous et contre tous, à nous propres couz et despans, dépers et mises, ladite disme, et à en oster tous empeschemens, touttesfois que nous en serons requis, nous et nous successeurs et tous ceux qui auront cause de nous.

Et quant à ce fermement tenir et garder, nous obligeons nous et nos bians, comme dessus est dit, et tous nous heirs etnous successeurs et tous ceux qui pourront ou auront cause de nous, lesdites choses fermement tenir et garder, si comme dessus est dit.

Et à ce faire furent présens et consentans Jehan de Monpipeau, notre fils ainné, Jehanne notre fille, Geoffroy et Bouchart et tous nous enfans.

Donné sous notre seel, au lieu de Monpipeau, l’an de N. S. mil trois cent trente cinq, le vingtième jours de mars. P. de Joy. (Copie de l’Inventaire.)

 

En l'an 1333, au mois d'avril, le roy Philippe de Valois, estant à Montpipeau confirma le dit admortissement par ses patentes scellées en lacs de soye et cire verde.

 

« Geoffroi Payen, deuxième du nom, seigneur de Montpipeau, fut désigné lors du traité de Bretigny, en 1360, comme un des otages qui devaient être remis au roi Edouard III jusqu'à ce que le comte de Ponthieu eût été reconduit en Angleterre.

 

Amaury Payen, sieur de Montpipeau, fil don, en 1380, de sa seigneurie à Jeanne d'Angle, sa nièce, qui peu après épousa Aymeric de Rochechouart, sieur de Mortemart.

Aymeri de Rochecouart Fils d'Aimerv de Rochechouart, seigneur de Mortemart, et d'Ayde de Pierrebuffière; sénéchal du Limousin en 1383; conseiller et chambellan du roi, capitaine général de Poitou et de Saintonge le 19 décembre 1392; marié : à Jeanne d'Archiac ; 20 en 1381, à Jeanne d'Angle, dame de Montpipeau, veuve de Renaud Chenin, sire de Mauzé mort en février 1397.

 

4 avril 1388 Acte par lequel Aimeri de Rochechouart, seigneur de Mortemar, Saint-Germain et Cercigny, consent que l'évêque de Poitiers fasse valoir ses droits sur la, terre de Vivonne et de Cercigny, comme il eût pu faire lors du mariage de ce seigneur avec sa première femme, a. qui ces terres appartenaient

==> Janvier 1373 Confirmation du don fait par Du Guesclin à Alain Saisy, sur les biens de Vivonne pris à Aimery de Rochechouart

 

« Leur fils Louis fut tué à la journée des Harengs, en 1429.

« Jean de Rochechouart, frère de Louis, sieur de Montpipeau, chambellan de Charles VI et de Charles VII, gouverneur de La Rochelle, fut fait prisonnier à la bataille d'Azincourt.

Le 18 juin 1429, après la victoire de Patay (18 juin), les troupes françaises commandées par Jeanne d’Arc et le duc d’Alençon ont libéré plusieurs places fortes anglaises dans la région d’Orléans.

Huisseau-sur-Mauves (et son château principal, Montpipeau) fut l’une de ces places délivrées ce jour-là.

Plusieurs sources locales et historiques indiquent que Jeanne d’Arc s’est arrêtée au château de Montpipeau ou dans la forteresse de Huisseau ce même jour.

 

C’est une halte attestée dans l’itinéraire de la Pucelle après Orléans, pendant la campagne de la Loire qui mena à la libération de la région et au sacre de Charles VII à Reims.

 

JEAN DE ROCHECHOUART, deuxième du nom, seigneur de Mortemart, de Montpipeau, de Vivonne , etc., fit hommage de la terre de Vouillé, le 4 janvier 1476 ; il mourut à Mortemart en 1477.

 

« La terre de Montpipeau fut érigée par Louis XIII en marquisat en faveur de René de Rochechouart, qui en était seigneur.

C'est à Louis XI que le poète François Villon, qui était enfermé dans les prisons au château de Meung et aux cachots de Montpipeau, dut la vie et la liberté.

 

Époques Renaissance et Classique

Au XVIe siècle, le château est remanié. Il devient une résidence de prestige.

En 1572, la reine Catherine de Médicis y séjourne trois jours.

1572, 1 er juin. Charles IX est à Etampes. L’Itinéraire indique Catherine de Médicis au château de Montpipeau (Loiret), du 25 au 28 mai, et au château de Boulogne, près Paris, du 16 au 21 juin. Dans cette lettre du 1 er juin, le roi annonce qu’il sera bientôt « au chasteau de Boullongne, où ceulx de mon conseil et de mes finances me viendront trouver dans peu de jours, estant le lieu où je recevray* l’admirai d’Angleterre [Lord Lincoln].... »

 

La famille Rochechouart en est propriétaire pendant plusieurs générations. René de Rochechouart, proche de Charles IX, en assure l’administration.

« Vers 1764, la terre de Montpipeau passa de la famille de Rochechouart à la famille du Clusel, qui la posséda jusqu'à la Révolution.

Au XVIIIe siècle, le domaine est élevé au rang de marquisat en 1766, après son acquisition par François Pierre du Cluzel.

 

À son apogée, Montpipeau était un vaste et magnifique château, avec un donjon, des bâtiments d’habitation élégants et un grand domaine.

 

Destruction

Le château est entièrement détruit pendant la Révolution française (fin XVIIIe siècle), victime de la fureur révolutionnaire et du pillage des biens nationaux. Il ne reste aujourd’hui aucune trace visible du château lui-même.

 

Aujourd’hui

Le nom « Montpipeau » perdure dans la commune de Huisseau-sur-Mauves. Il existe une propriété moderne qui porte ce nom (chambres d’hôtes, événements, restaurant), mais il ne s’agit pas des ruines de l’ancien château féodal.

Un panneau commémoratif et une poterne du XVe siècle rappellent le passage de Jeanne d’Arc à Huisseau-sur-Mauves.

 

==> 1390 la seigneurie de Mauzé passe à la famille Rochechouart

==> Sur le chemin de Jeanne d’Arc, Château d’ Huisseau-sur-Mauves et l'ancienne église Saint-Pierre-aux-Liens

==> DISCOURS PRONONCÉ A LA CÉRÉMONIE D'INAUGURATION DE LA STATUE DE JEANNE D'ARC, A.PATAY LE DIMANCHE 22 JUIN 1913

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