Juillet 1374 Lettre de rémission accordée par Charles V en faveur de Bertrand de Maumont, au sujet de la livraison du château de Maumont au duc de Lancastre Jean de Gand lors de sa chevauchée en Bas-Limousin en 1373 (Maumont, Gimel, Tulle, Favars, Sainte-Ferréole, Brive).
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Novembre–décembre 1373 – Chevauchée de Jean de Gand dans le Bas-Limousin
Jean de Gand (John of Gaunt, duc de Lancastre, fils d’Édouard III d’Angleterre) mène une grande chevauchée dévastatrice de Calais à Bordeaux pour affaiblir Charles V.
Il traverse le Bas-Limousin par l’itinéraire :
Maumont → Gimel → Tulle → Favars → Sainte-Ferréole → Brive.
Maumont (près de Gimel) : Bertrand de Maumont, seigneur local, craint d’être capturé. Il se retire à Turenne et laisse des gardiens au château. Par peur, ceux-ci arborent le pennon anglais (croix de saint Georges) et ravitaillent les Anglais (nourriture gratuite ou payante).
Sainte-Ferréole (près de Tulle) : le capitaine livre la place aux Anglais malgré l’arrivée de Jacques de Pencoëdic, envoyé par le connétable Bertrand du Guesclin avec des troupes pour défendre le lieu.
Les Anglais entrent et occupent la forteresse.
Le duc de Lancastre séjourna quelque temps à Brive.
Le résultat de sa chevauchée ne le satisfaisait guère. Il eut volontiers accepté la paix, il la désirait.
Il manda Bertrand de Maumont qui était toujours à Turenne et l'invita à venir le trouver à Brive.
Malgré le voisinage, l'invité n'obéit pas à l'appel.
Le duc lui dépêcha alors le capitaine anglais Bernard de la Salle, avec une recommandation plus pressante et des lettres de sauf-conduit qui lui garantissaient sa sûreté à l'aller et au retour.
Bertrand de Maumont se rendit alors à Brive.
Le duc voulait l'entretenir, principalement pour le charger de prier le pape Grégoire XI ne ménager un arrangement entre l'Angleterre et la France.
Ainsi le raconte Bertrand de Maumont qui assure s'être retiré de Brive sans avoir traité d aucun autre sujet.
Il était du reste qualifié pour faire entendre sa voix auprès du Pape. Les Roger étaient originaires de la châtellenie de Maumont et anciennement de son vasselage.
La dame de Maumont, fille du capitaine des gardes du palais papal, était soeur du cardinal Hugues de Saint-Martial et de l'archevêque de Toulouse.
Quant à Jean de Maumont, fils aîné de Bertrand, par son alliance avec Hélène d'Aigrefeuille, il était parent de Grégoire XI.
Bertrand de Maumont put apprendre à Brive les événements qui venaient de se dérouler en Bas-Limousin.
Craignant pour la sécurité de sa femme et de ses enfants restés à Sainte-Ferréole, il s'y rendit pour les voir et les retirer des mains des Anglais.
A cet effet, il écrivit à Bernard de la Salle, le priant de les faire conduire en un lieu plus tranquille ou de leur donner un sauf-conduit pour s'éloigner.
Bertrand de la Salle se montra galant chevalier et ramena lui-même la dame de Maumont avec ses enfants dans son château de Maumont.
Lancastre quitta Brive y laissant une petite garnison, 25 hommes d’armes et 25 archers, traversa le Périgord et arriva à Bordeaux vers la fin de l'année.
Il avait piteusement mené cette campagne, faisant beaucoup de mal sur son passage, mais sacrifiant une belle armée sans gloire ni profit, la soumettant à des fatigues outrées, aux plus cruelles misères, même aux souffrances de la faim.
La région est rude en hiver : forêt dense, pluie torrentielle, chemins transformés en marécages, froid glacial.
Les chevaux meurent de faim en masse ; les cavaliers de Sancerre harcèlent les flancs de la colonne anglaise, qui laisse derrière elle un sillage de bêtes mortes.
Fin décembre 1373 – Arrivée à Bordeaux
Jean de Gand atteint Bordeaux avec une armée exsangue : sur 30 000 chevaux au départ, la moitié est perdue ; beaucoup d’hommes (dont près de 300 chevaliers) marchent à pied ; les deux tiers des chariots sont abandonnés.
De nombreux chevaliers meurent de froid, maladie, faim ou blessures.
Le connétable Édouard le Despenser décède peu après.
Chronologie du château et de la famille de Maumont
XIe siècle : Première mention d’un seigneur de Maumont. Un certain Guy de Maumont est cité sous le règne de Philippe Ier (1059–1108).
Son petit-fils Hugues de Maumont participe à la première croisade (1096–1099).
XIVe siècle :
- 1345 : Jean de Maumont épouse Marie Faure. Le mariage est accordé par Guillaume II Roger de Beaufort, frère du pape Clément VI.
- 1361 : Bertrand de Maumont prête serment de fidélité à Jean Chandos, connétable de Guyenne, représentant d’Édouard III d’Angleterre (pendant la Guerre de Cent Ans).
- 1373 : Pendant la chevauchée de Jean de Gand (duc de Lancastre), Bertrand de Maumont livre son château aux Anglais (par peur ou par prudence). Il se retire à Turenne et laisse des gardiens qui arborent le pennon de saint Georges et ravitaillent les troupes anglaises.
- 1374 : En représailles, Charles V confisque tous ses biens. Grâce à de puissantes interventions (notamment d’Adémar d’Agrifolio, parent par alliance), la confiscation est révoquée la même année (lettre de rémission de juillet 1374, Archives nationales JJ 105, n° 420).
XVIe siècle :
- 2 décembre 1500 : Charles de Maumont épouse Anne de Bourdeilles, sœur du père de Pierre de Bourdeilles, seigneur de Brantôme (l’écrivain et mémorialiste).
- 1530 : Jean de Maumont accompagne le vicomte de Turenne à Madrid pour signer le contrat de mariage de François Ier avec Éléonore d’Autriche, sœur de Charles Quint (traité de Madrid).
- Charlotte de Maumont, fille de Charles et Anne, devient dame d’honneur de la reine Éléonore, seconde épouse de François Ier.
XVe–XVIe siècles – Architecture et évolutions :
- Château-fort attesté au Moyen Âge.
- Reconstruit en grande partie au XVIe siècle.
- Chapelle construite vraisemblablement à la fin du XVe siècle (voûtes effondrées ; subsistent le portail et trois clés de voûte aux armes de Maumont, partitionnées avec Bourdeilles, et d’autres armes non identifiées).
- Tour carrée d’escalier du XVe siècle avec belles ouvertures sculptées en arcs en accolade, chemin de ronde à créneaux au-dessus des mâchicoulis.
- Bâtiment carré à l’angle nord avec tourelle en échauguette.
- Façade sud avec bretèche en encorbellement.
XVIIIe–XIXe siècles :
Dépendances partiellement reprises en 1772 (date portée sur la grange-étable).
Écuries construites vers 1900.
Restauration majeure dans les années 1900 : adjonction d’une aile au sud, réfection des toitures, pignon est refait.
XXe siècle :
Site inscrit aux Monuments Historiques en 1946.
En 1904, le château est acheté par la famille Lafarge de Villeneuve à la famille Filhoulaud. Il appartient toujours aux héritiers Lafarge de Villeneuve.
Situation actuelle (2025–2026)
Adresse : Château de Maumont, 19300 Rosiers-d’Égletons (Corrèze).
Le château est une propriété privée.
Possibilité de faire le tour de la propriété sur demande (pas de visite intérieure systématique).
Résumé architectural
Château-fort médiéval avec tours et tourelles dominant la vallée du Doustre (rivière à 800 m).
Éléments remarquables :
Tour d’escalier XVe s. (arcs en accolade, mâchicoulis, chemin de ronde).
Tourelle en échauguette à l’angle nord.
Bretèche sud en encorbellement.
Chapelle XVe s. (portail et clés de voûte armoriées conservés).
Aile sud ajoutée ~1900.
Site inscrit MH depuis 1946.
Le château de Maumont est un bel exemple de résidence seigneuriale limousine qui a traversé la Guerre de Cent Ans, la Renaissance et les restaurations modernes, tout en restant dans la même famille depuis plus de 120 ans.
Juillet 1374 – Lettre de rémission royale en faveur de Bertrand de Maumont
Charles V adresse une lettre de rémission complète en pardonnant à Bertrand de Maumont toutes ses actions de 1373.
Ce document est une lettre de rémission classique : le roi pardonne, restitue les biens et exige soumission et serment de fidélité.
« Charles, par la grâce de Dieu roi des Francs, faisons savoir à tous, présents et à venir, que nous avons entendu la supplique présentée par notre cher et fidèle seigneur de Maumont, du diocèse de Limoges.
Il affirme que, récemment, lorsque le duc de Lancastre passa par le Limousin avec sa compagnie, lui, suppliant, qui venait tout juste de revenir à notre obéissance, craignait pour sa vie s’il était capturé par les ennemis à ce moment-là.
N’osant rester en sécurité dans son lieu de Maumont, qu’il doutait pouvoir défendre contre la puissance du dit duc, il se retira à Turenne et laissa sur place plusieurs de ses familiers pour garder le château.
Avant l’arrivée du duc, qui passa devant le dit lieu, ces gardiens, pour éviter que le duc ne puisse leur causer un dommage avec toute la force qu’il avait, placèrent sur le lieu un signe anglais, à savoir le pennon de saint Georges, et leur fournirent gratuitement certaines victuailles et d’autres contre paiement – le suppliant étant toujours absent et ignorant de cela.
Sa femme, ses enfants et d’autres familiers se trouvaient alors au lieu de Sainte-Ferréole, qui appartient à l’église de Tulle.
Le capitaine du dit lieu de Sainte-Ferréole, où un pennon similaire avait été placé, refusa non seulement l’entrée au dit lieu au cher et fidèle chevalier notre Jacques de Pencoëdic, que nous avions envoyé avec un certain nombre de gens d’armes pour défendre ce lieu et ses habitants, mais permit et reçut les Anglais de la compagnie du dit duc.
On rapporte même qu’un valet de la compagnie du dit Jacques fut tué dans cette affaire – le suppliant étant absent au dit lieu de Turenne et ignorant de ce qui précède.
Par la suite, le dit duc de Lancastre, étant au lieu de Brive, écrivit deux fois au suppliant pour qu’il vienne à lui.
Comme il refusait de venir, il envoya Bernard dit de la Sales, capitaine en ces parties pour notre adversaire d’Angleterre, avec des lettres de sauf-conduit, ordonnant au suppliant de venir à lui en sécurité.
Ce qu’il fit. Une fois sur place, le duc lui demanda de prier le Saint-Père, le souverain pontife, de sa part, pour qu’il veuille bien faire traiter de la paix – ce que le suppliant affirme avoir fait et rien d’autre.
Enfin, ayant appris ce qui s’était passé dans les dits lieux, le suppliant, craignant le danger pour sa femme et ses enfants restés au dit lieu de Sainte-Ferréole, s’y rendit et, désirant faire sortir sa femme, ses enfants et ses familiers de la puissance de nos dits ennemis, écrivit au dit Bernard de la Sales pour qu’il les conduise par lui-même ou par ses gens en un lieu plus sûr, ou leur accorde un sauf-conduit.
À la demande du suppliant, Bernard les conduisit au lieu de Maumont.
Nous, sur le rapport de plusieurs qui affirment que le suppliant s’était attaché à nos ennemis et leur avait donné conseil et aide, au dommage et préjudice de nous et de nos sujets, et avait commis d’autres graves offenses contre nous : nous aurions donné la terre dite de Fouez (1) avec ses appartenances, valant deux cents livres de terre ou de rente annuelle et perpétuelle (que le suppliant avait légitimement achetée du défunt seigneur de La Borna), au seigneur de La Borna actuel, fils du défunt vendeur, ainsi que d’autres terres et possessions du suppliant, comme confisquées, à lui et à d’autres.
Le suppliant, qui, comme il est dit, ayant pris connaissance de notre droit et de notre justice dans la présente guerre que notre adversaire nous a suscitée, s’est soumis à notre obéissance et nous a fidèlement et volontiers servi, et offre de nouveau de nous soumettre réellement et de fait ses châteaux, forteresses et lieux, et de jurer qu’il nous servira, nous et nos successeurs rois de France, contre tous ceux qui peuvent vivre et mourir : nous daignons lui faire grâce sur ces faits.
Nous, attentif à cela et à la considération de notre cher et fidèle chevalier et conseiller Adémar d’Agrifolio, dont le fils du suppliant a épousé la fille : nous remettons audit suppliant, de notre autorité royale, certaine science et grâce spéciale, toutes les peines criminelles et civiles qu’il a pu encourir contre nous à cause de cela ou autrement ; nous lui remettons et quittons par les présentes, et lui restituons sa renommée et ses biens prédits et autres, quels qu’ils soient, qui ont été donnés ou concédés par nous au dit seigneur de La Borna ou à quiconque, pour quelque raison ou cause que ce soit.
Nous voulons qu’il en use et jouisse paisiblement et tranquillement, comme avant nos concessions et donations prédites, sauf le droit de la partie civile à poursuivre.
Cela à condition que le suppliant fasse la soumission et le serment ci-dessus exprimés.
C’est pourquoi nous ordonnons par les présentes à tous nos justiciers et officiers du royaume, présents et futurs, ou leurs lieutenants, et à chacun d’eux selon son ressort, de restituer ou faire restituer au suppliant la dite terre de Fouez et autres possessions et terres qui lui ont été données ou concédées par nous, de quelque manière ou pour quelque cause que ce soit ; et de le laisser, lui, ses héritiers et successeurs ou ayants cause, user et jouir paisiblement des dites terres, possessions et de notre présente grâce, nonobstant nos donations et concessions prédites et les lettres faites sur elles, que nous voulons n’avoir aucune force ni validité une fois la soumission et le serment prédits effectués.
Pour que cela demeure ferme et stable à perpétuité, nous avons fait apposer notre sceau à ces présentes, sauf notre droit en autres choses et celui de tout tiers.
Donné à Saint-Germain-en-Laye, l’an du Seigneur 1374 et de notre règne le onzième, au mois de juillet.
Par le roi : Yvo. »
Ce que l’on sait
- Bertrand de Maumont est actif militairement dans les années 1360–1380
- Il apparaît comme chevalier confirmé et homme de guerre expérimenté au début des années 1370
- En 1373, il combat dans le contexte des campagnes de Charles V et de Du Guesclin
- Il n’est plus un jeune écuyer, mais pas non plus un très vieil homme
Dans la société chevaleresque du XIVᵉ siècle :
- adoubement : vers 20–22 ans
- pleine maturité militaire : 30–45 ans
- au-delà de 55–60 ans : activité plus rare en campagne
Âge probable de Bertrand de Maumont en 1373
Les historiens retiennent généralement une naissance vers 1330–1340.
➡ En 1373, Bertrand de Maumont a donc environ 35 à 45 ans,
avec un âge le plus vraisemblable autour de 40 ans.
Pourquoi cet âge est cohérent
- À ~40 ans, un chevalier :
- porte une armure complète de plates
- commande ou encadre des hommes
- combat encore activement (contrairement à un sexagénaire)
- Son équipement en 1373 correspond exactement à celui d’un chevalier en pleine force
- Cela cadre aussi avec le profil de ses contemporains :
- Du Guesclin a ~53 ans en 1373
- beaucoup de ses capitaines ont entre 35 et 50 ans
Conclusion
Bertrand de Maumont a très probablement entre 38 et 42 ans en 1373
(et, plus largement, entre 35 et 45 ans).
On ne possède pas l’armure conservée de Bertrand de Maumont, ni une description contemporaine détaillée pièce par pièce. En revanche, pour 1373, on peut reconstituer avec une assez grande précision à quoi ressemblait son équipement réel, car il correspond exactement à l’armement d’un chevalier français de haut rang sous Charles V, dans l’entourage de Du Guesclin.
Voici donc une reconstitution historique fiable, fondée sur les usages militaires des années 1370–1375.
L’armure de Bertrand de Maumont vers 1373
1 Type général
Bertrand de Maumont portait une armure de transition, dite :
armure de plates sur fond de mailles
C’est l’étape juste avant l’armure « blanche » du XVe siècle.
Éléments principaux
Corps
- Haubergeon de mailles (fer riveté)
- Par-dessus : cotte de plates
- Veste de tissu ou cuir épais
- Plaques métalliques rivetées à l’intérieur
- Jupon d’armes (armoirié ou uni), couvrant les hanches
La cotte de plates est typique des capitaines français vers 1360–1380.
Tête
Deux possibilités selon le contexte :
En bataille :
- Bassinet pointu (forme conique)
- Avec :
- Camail de mailles cousu au casque
- parfois visière pivotante (encore rare mais attestée en 1373)
En tournoi ou cérémonie :
- Grand heaume cylindrique, porté par-dessus le bassinet
Épaules et bras
- Spallières (plaques d’épaules)
- Brassards articulés
- Coudières en aile
- Gantelets à doigts articulés (déjà bien développés)
Jambes
- Cuissots (plaques sur les cuisses)
- Genouillères à ailettes
- Grèves (tibias)
- Solerets à bouts courts (pas encore exagérément pointus)
Armes associées
Bertrand de Maumont, homme de guerre expérimenté, portait probablement :
- Épée longue (à une main et demie)
- Dague à rouelles (très typique des années 1370)
- En campagne :
- Lance
- ou hache d’armes (de plus en plus utilisée)
Couleurs et apparence
- Métal bruni ou poli, rarement décoré
- Tissus :
- laine ou soie épaisse
- couleurs sobres : rouge sombre, bleu foncé, noir
- Armoiries visibles surtout :
- sur le bouclier
- le jupon d’armes
Contexte militaire (1373)
1373 correspond :
- aux campagnes de Du Guesclin contre les Anglais
- à une guerre de mouvement, embuscades, sièges
L’armure devait être :
- solide
- fonctionnelle
- moins ostentatoire que sous Philippe VI
En résumé
|
Élément |
Type |
|
Casque |
Bassinet à camail |
|
Torse |
Cotte de plates + mailles |
|
Bras |
Plaques articulées |
|
Jambes |
Cuissots, grèves, genouillères |
|
Arme principale |
Épée longue |
|
Dague |
À rouelles |
|
Style |
Sobre, martial, fonctionnel |
La tupture du traité de Brétigny et ses conséquences en Limousin : de l'appel des seigneurs gascons à la trêve de Bruges (1368-1377) d'après des documents inédits, par Gve Clément-Simon
KAROLUS Dei gracia Francorum Rex. Notum facimus universis presentibus et futurts quod, audita supplicacione nobis exhibita pro parte dilecti et fidelis nostri domini de Malomonte, Lemovicensis dyocesis, asserentis quod, cum nuper dum deux Lencastrie per Lemovicinium, cum sua comitiva, transiret, idem supplicans, qui de novo venerat ad nostram obedienciam, et ob hoc timens de vita si tunc captus fuisset ab hostibus, secure morari timens in loco suo de Malomonte, quem de suo dubitabat se custodire posse contra dicti ducis potentiam, ad locum de Turenna se transtulerit et in loco suo de Malomonte nonnullos suos familiares ad ipsius custodiam reliquerit, ante cujus ducis adventum, qui coram dicto loco suum transitum fecit ; gentesque dictum locum pro dicto supplicante custodiebant ut evitarent dampnum quod ipse dux touta (sic) potentia quam habebat potuisset eisdem infere in eodem loco intersignum Anglicorum, penuncellum videlicet sancti Georgii posuerint et eis aliqua victualia gratis et aliqua pro pecunia ministraverint, dicto supplicante semper absente et hec ignorante, et uxoresua et suis liberis ae aliis suis familiaribus in loco de Sancta Ferreola qui est ecclesie Tutellensis existentibus, capitaneusque dicti loci de Sancta Ferreola in quo etiam positus fuerat similis penuncellus, ingressum ejusdem loci dilecto et fideli militi nostro, Jacobo de Pencoedit, qui ingressum hujusmodi, pro parte nostra et dilecti et fidelis connestabulara nostri, qui ipsum cum certo numero gentium armorumad locum predictum,ad ipsius et habitatorum ejusdem deffensionem, destinaverat, quique Jacobus nonnullos Anglicos de commitiva dicti dueis insequebatur, réquirebat, nedum recusavit, verum etiam dictos Anglicos locum predictum intrare permisit et recepit ibidem : in quo etiam facto quidem (sic) famulus de commitivia dicti Jacobi occisis fuisse testatur, dicto supplicante absente in dicto loco de Turenna et ignorante premissa ; successu vero temporis, predictus dux Lencastrie existens in loco de Briva, eidem supplicantî bis scripserit ut veniret ad ipsum, et, dum veniro recusaret, Bernardum dictum de la Sales, capitaneum in illis partibus, pro adversario nostro Anglie, cum litteris de salvo conductu eidem destinaverit, mandans eidem supplicantî ut ad ipsum secure veniret, quod et feeit, et dum ibi fuisset, dictus dux rogaverit eumdom quatenus Sanctissimum Patrem, summum pontificem, pro parte sua rogaret ut vellet facere tractari de pace, quod etiam dictus supplicans asserit et nichil alud (sic) fie fecisse.
Demum, hiis que facta fuerunt in predictis locis delatis ad noticiam dicti supplicantis, idem timens periculum in quo erant dicti uxor et liberi sui in dicto loco de Sancta Ferreola, ad eundem locum se transtulerit et, desiderans se uxorem, liberos et familiares suos, qui erant in dicto loco, dictorum hostium nostrorum exire potentiam, scripserit dicto Bernardo de la Sales ut ipsos per se vel gentes suas duceret ad locum magis tutum, vel eis salvum conductum concedere vellet; quos idem Bernardus ad dicti supplicantis instantiam ad locum suum de Malomonte duxit : nosque nonnullorum innixi relatibus asserencium ipsum supplicantem nostris hostibus adhesisse eisque consilium et auxilium, in nostri et subditorum nostrorum dampnum et prejudicium, prestitisse et alia gravia contra nos commisisse : terram que dicitur de Fouez (1) cum suis pertinence, sub valore ducantarum (sic) libratarum terre seu annui et perpetui redditus, quas a deffuncto domino de la Borna légitime et justo titulo emerat, domino de la Borna, qui nune est, dicti deffuncti venditoris filio, aliasque terras ae possessiones dicti supplicantis eidem de la Borna et aliis, tanquam confiscatas nobis propter premissa, concesisse dicimur et donasse ; idemque supplicans, qui, ut dictum est, habita noticia juris et justicio nostre, in guerra presenti, quam nobis dictus noster adversarius suscitavit, nostre se submisent obedioncie nobisque servierit fideliter et gratantur (sic), seque offerat iterato suaque castra, fortalicia atque loca nostre obediencie submissurum realiter et de facto, et juraturum quod nobis et successoribus nostris Francie regibus serviet contra quoscunque qui possint vivere et mori, nos eidem super hiis de gracia providere dignemur; nos, hiis attentis et contemplacione dilecti et fidelis militis et consiliarii nostri Ademari de Agrifolio, cujus filiam filius dicti supplicantis habet uxorem, premissa omnia et singula et alia quecunque que probari seu dioî possent dictum supplicantem contra nos vel regnum nostrum et subditos exactis fecisse temporibus et egisse, omnem insuper penam criminalem et civilem quas propter hoc vel aliter potuit erga nos incurrisse, eidem supplicanti remisimus de nostris auctoritate regia, certa sciencia et speciali gracia, et tenore presencium remittimus et quittamus, ipsumque ad famam et bona sua predicta et alia quecunque per nos dicto domino de la Borna seu quibusvis aliis data seu concessa, quacumque occasione vel causa, restituimus per présentes, quibus etiam ipsum supplicantem et suos uti et gaudere volumus, prout ante concessiones et donaciones nostras predictas faciebat, pacifiée et quiète, salvo jure partis civiliter prosequendo, per hoc tamen quod dictus supplicans predictam submissionem et juramentum nobis faciet modo superius expressato.
Quapropter damus presentibus in mandalis universis justiciariis et officiariis nostri regni, presentibus et futuris, vel corum locumtenentibus et eorum cuilibet ut ad eum pertinuerit, quatenus dictam terram de Fouez alias que possessiones et terras dicti supplicantis per nos datas, ut premittitur, et concesses quibusvis modis vel causis eidem supplicanti restituant seu liberari et restituri (sic) faciant, ipsum que et suos heredes etsuccessores seu causam ab eo habituros terris et possessionibus supradictis et nostra presenti gracia uti faciant pacifice et gaudere, nonobstantibus donis et concessionibus nostris predictis et litteris super eis confectis, quas exhibitas nobis submisstone et juramento predictis nullius volumus roboris firmitate potiri.
Quod ut firmum et stabile perpetuo perseveret, hiis presentibus nostrum fecimus apponi sigillum, salvo in aliis jure nostro et in omnibus quolibet alieno.
Datum apud sanctum Germanum in Alaya, anno Domini millesimo trescentesimo sepluagesimo quarto et regni nostri undecimo, mense juliî.
Per regem : Yvo.
(Archives Nationales, JJ 105, n° 420, fol. 215 v° – Trésor des Chartes).
(1) Nous ignorons la situation de cette terre qui devait se trouver dans la Marche.