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PHystorique- Les Portes du Temps
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22 septembre 2026

15 février 1794 — Partie de La Garnache, la Colonne infernale de Rouget, incendie la commanderie de Coudrie (Challans)

Général Louis-Marie Turreau : Il est le commandant en chef de l'Armée de l'Ouest.

C'est lui qui conçoit et ordonne le plan des « colonnes infernales » au début de l'année 1794 pour ravager la Vendée militaire.

 

C'est sous son commandement global que la population de Coudrie est massacrée et le site incendié.

 

Appliquant la politique de la terre brûlée décidée par la Convention, elles ravagent la zone.

 

 

15 février 1794 — Colonne de Rouget, partie de La Garnache (souvent rattaché aux mouvements de la colonne du général Huché ou Dutruy dans cette zone du Nord-Ouest).

Il s'agit de Jean-Baptiste Rouget, chef de brigade, qui est également attesté comme commandant de la force armée de Challans dans les fonds des Archives départementales de la Vendée signalés par la BnF.

Commandant républicain Rouget, chef du 4e bataillon de volontaires des Deux-Sèvres. Lors de la guerre de Vendée en 1794, il opérait sous les ordres directs du général de brigade Jean-Baptiste Haxo.

 

 

C'est donc une source contemporaine particulièrement précieuse : Coudrie est explicitement nommée parmi les communes incendiées.

La chronologie devient ainsi :

  • 14 février 1794 : l'administration alerte Haxo sur les conséquences des incendies ordonnés dans le secteur : destruction des fourrages, des blés et des moyens de transport.

 

  • 15 février 1794 : elle lui signale que la colonne stationnée à La Garnache, commandée par Rouget, est partie en incendiant notamment La Garnache, Coudrie, Challans et Le Ligneron.

 

 

  • La lettre précise que les incendies ont été extrêmement rapides : en moins de quatre heures, les fermes et métairies remplies de blé et de fourrage étaient en flammes.

 

  • L'administration dénonce explicitement ces destructions comme contraires à la nécessité de préserver les subsistances destinées à l'armée.

 

 

Dutruy toujours disposé à grossir son rôle, prétendit avoir poursuivi la colonne de Charette dans des conditions invraisemblables :

« Quant à MM. Charette, Savin et compagnie, las de les attendre, je les ai été chercher et les ai conduits jusqu'auprès d'Aizenay. » (Dutruy à Turreau. Challans, 12 avril 1794. Arch. hist. de la Guerre, armée de l'Ouest, avril 1794.)

 

Général Jacques Dutruy : Il est le gouverneur et commandant militaire de Challans durant une grande partie de l'année 1794. C’est lui qui organise la défense de la ville, coordonne les expéditions de ratissage dans les campagnes environnantes et repousse avec succès les assauts vendéens de Charette lors de la deuxième bataille de Challans le 7 avril 1794.

 

 

 

 

Première lettre de l'administration au général Haxo. ( 14 février. )

« L'ordre que tu as donné d'après des ordres supérieurs de brûler les villages, a été exécuté dans une grande étendue de terrain, et partout les fourrages ont été incendiés ainsi que les blés.

Il doit résulter de cette opération que les voitures à boeufs vont devenir extrêmement rares, pour ne pas dire nulles et cela dans le temps où l'on en a le plus pressant besoin pour les charrois militaires de toute espèce les ambulances ne pouvant passer par les routes de traverse et bientôt même elles ne pourront se rendre à la route de Machecoul.

 Que deviendra la troupe si on ne lui porte pas des vivres ? et comment lui en faire parvenir, si on continue d'ôter le seul moyen dont on puisse se servir pour cela dans ce moment-ci ?

Nous croyons général devoir te donner connaissance de l'inconvénient de ces incendies sur lesquels nous ne nous permettrons aucune réflexion; mais il est plus que temps de veiller au transport des munitions, si on veut que la troupe puisse faire ses mouvemens suivant la nécessité des circonstences. »

 

Deuxième lettre au même. ( 15 février.)

« Par ta lettre d'hier, général tu nous mandes, 1°. que tu fais exécuter les ordres du général en chef Turreau, dont tu envoies copie au commandant du cantonnement pour s'y conformer lui-même 2°. tu nous dis que les expéditions sont subordonnées aux enlèvemens de grains, fourrages bestiaux, qui doivent être portés sur les derrières de l'armée. Eh bien, rien de tout cela n'a été fait.

En vertu de tes ordres bien ou mal exécutés, la colonne qui se trouvait à la Garnache, sous le commandement du citoyen Rouget, partit de ce même endroit en, mettant le feu dans les communes de la Garnache, Coudrie, Challans, le Ligneron, etc. etc., brûlant impitoyablement fourrages blés et au très subsistances.

Dans moins de quatre heures toutes les fermes, ou corps de métairies remplies de blés, fourrages pour la subsistance des cultivateurs et des bestiaux destinés à l'agriculture ont été en proie aux flammes et cette administration n'a été avertie d'un incendie aussi barbare que quand elle a vu le feu à sa porte, et sans savoir si le lieu de ses séances n'allait pas avoir le même sort.

 Comment se peut-il faire que le général en chef semble vouloir que l'on préserver des flammes les subsistances et qu'ensuite ces subsistances soient dévorées par le feu, sans que l'on prenne des mesures convenables pour les faire enlever, surtout dans un moment où nous en avons un si grand besoin?

Nous ne pouvons te le cacher, et nous te le disons hautement, il faut que des esprits destructeurs soient répandus dans nos contrées pour y faire tous les maux imaginables et pour y réduire, s'ils le pouvaient, leur mère patrie à la famine.

Il n'a jamais pu entrer dans l'intention du comité du salut public de la Convention, de faire incendier dans ce pays-ci les subsistances si nécessaires a nos armées et aux grandes communes qui nous environnent et ceux qui le font ou le font faire, doivent tôt ou tard en rendre compte à la nation entière (1).

 Quoique tu nous dises que nous devons si nous avons quelque réclamation à faire, nous adresser directement au général Turreau ou au général Dutruy, nous nous adressons directement à toi au contraire parce que la troupe qui a fait le mal que nous te dénonçons est partie par tes ordres et se trouve sous ton commandement. »

 

 

 

 

Trace historique :

Massacres de la population : Les rapports historiques et mémoriaux soulignent que la quasi-totalité de la population civile de la paroisse de Coudrie présente sur place est passée par le fil de l'épée.

Des plaintes et documents administratifs concernant le « citoyen Rouget » à la tête de ce bataillon sont conservés aux Archives départementales des Deux-Sèvres.

Divers membres de la famille Rouget à Niort ont également joué des rôles civils ou militaires notables durant cette époque troublée.

 

 

 

Le bilan des destructions

  • La chapelle romane du XIIe siècle est immédiatement incendiée (les flammes ont détruit sa charpente et ses superstructures).
  • Les habitations environnantes, la cure et les bâtiments agricoles de l'ancienne commanderie sont en partie détruits ou rasés.
  • La population locale est pourchassée ou dispersée

 

 

Bien que l'incendie ait porté un coup fatal au site, les épais murs de pierre de la chapelle ont résisté, permettant sa sauvegarde et sa restauration bien plus tard par la commune de Challans

La destruction de 1794 explique en grande partie pourquoi la chapelle médiévale est aujourd'hui le principal vestige visible de la commanderie.

Après les événements révolutionnaires, Coudrie fut vendue comme bien national en 1795 et transformée en exploitation agricole. La chapelle fut ensuite utilisée comme grange, cave et grenier, ce qui a paradoxalement contribué à sa conservation.

 

Aujourd'hui, la chapelle romane restaurée de Coudrie est le dernier vestige visible témoignant de l'existence de cette commanderie médiévale et des outrages qu'elle a traversés en 1794.

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