Le 22 avril 1794, le château de La Boulaie, à Treize-Vents (Vendée) est le théâtre d’un épisode majeur de la guerre de Vendée : le « Serment de la Boulaie ». JPO
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Le château de La Boulaie (ou La Boulaye) se situe à Treize-Vents, en Vendée (Pays de la Loire), à environ 9-10 km du Puy du Fou.
Histoire
- Construit au XVe siècle (avec des éléments des XIVe-XVIe siècles) par la famille Eschallard (ou Echallard), qui posséda le domaine jusqu’au XVIIe siècle.
- Les parties les plus anciennes comprennent des ruines : une tour ronde, des vestiges d’une seconde tour à pan coupé, et une porte Renaissance ornée du blason des Eschallard.
- Au XVIe-XVIIe siècle, un membre de la famille (Echallard de la Boulaye) fut un protestant actif en Poitou et gouverneur de Fontenay-le-Comte.
Rôle pendant les Guerres de Vendée (1793-1796)Le château occupa une place importante :
- Il servit de refuge à Madame de Lescure (future marquise de La Rochejaquelein), qui en parle dans ses Mémoires.
- De nombreux chefs vendéens y passèrent : Lescure, La Rochejaquelein, Stofflet, Charette, Sapinaud, Marigny, Talmont, etc.
- Le Serment de La Boulaie (22 avril 1794) : les généraux Charette, Stofflet, Sapinaud et Marigny s’y réunirent avec leurs armées et se jurèrent mutuelle assistance (ils n’arrivèrent pas à désigner un chef unique).
- Le château fut incendié début 1794 (probablement le 26 janvier par la colonne du général Boucret). Les communs furent préservés.
Après l’incendie du château au début de 1794, probablement lors du passage de la colonne du général Boucret, le 26 janvier, les communs et la chapelle semblent avoir subsisté. C’est dans cette chapelle que se réunissent, le 22 avril 1794, plusieurs principaux chefs vendéens.
Les quatre chefs réunis
- Jean-Nicolas Stofflet, pour l’armée d’Anjou ;
- Jean Cottereau ? — non : pour l’armée du Centre, Jean de Sapinaud de Boishuguet ;
- Henri de La Rochejaquelein ? — non : pour l’armée du Poitou, Henri de La Rochejaquelein n’est plus présent à cette date ; la source locale indique Marigny ;
- François Athanase Charette de La Contrie, pour l’armée du Marais et du Bas-Poitou.
La source historique de Treize-Vents donne précisément : Stofflet, Sapinaud, Marigny et Charette.
Le « Serment de la Boulaie »
La réunion a notamment pour objectif de tenter de coordonner les différentes armées vendéennes.
Aucun des quatre chefs ne parvient à être reconnu comme général en chef.
Ils concluent donc un engagement d'assistance mutuelle et prêtent ensemble serment dans la chapelle de La Boulaie.
Le lieu est aujourd'hui encore conservé comme un élément majeur de la mémoire historique du domaine. Le document d'urbanisme du Pays de Mortagne présente La Boulaie comme une ancienne seigneurie vassale des Puy du Fou et souligne son rôle lors du serment de 1794.
Le 22 avril 1794 est donc à placer quelques mois après l'incendie du château, mais l'événement se déroule dans la chapelle, alors que les communs avaient vraisemblablement échappé à la destruction.
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Aujourd’hui
- Propriété privée située dans un parc d’environ 30 hectares.
- Il reste des ruines du château médiéval/Renaissance et une chapelle.
- Le domaine abrite aujourd’hui un hôtel-restaurant 3 avec lodges thématiques (« Il était une fois… ») inspirés des contes et légendes, à proximité immédiate du Puy du Fou.
- Une association (« Le Serment de la Boulaie ») œuvre pour la préservation et la valorisation des vestiges.
La Boulaye appartenait à la famille Échinard de la Boulaye, dont l’un des membres a été gouverneur de Fontenay sous Louis XIII.
Sa femme était d’un grand caractère; c’est elle qui soutint le siège de Fontenay pendant l’absence de son mari, qui en était gouverneur.
Cette famille a eu une très grande importance, et l’un de ses membres a épousé une princesse de la Tour d’Auvergne, fille du souverain de Bouillon.
Cette terre a passé depuis à la famille d'Auzon, dont le dernier périt dans la guerre de la Vendée. C'était un vieillard respectable. Il fut pris et fusillé à Blain ; son domestique qui ne voulut pas l’abandonner fut pris avec lui. Ces dévoûmens n'étaient pas rares alors. M. d’Auzon demanda, en vain, la vie de ce fidèle serviteur que les républicains fusillèrent sous ses yeux. Dieu permet souvent qu’une belle action se rencontre à côté d’un grand crime!
La Boulaye, qui a été brûlée par les Mayençais, était un immense château gothique. Ce qui en reste encore est d’une architecture élégante. On voit, sur la porte en ogive d’une des principales tours, un écusson, au champ d’argent, à un chevron de gueule.
C’est tout ce qui reste des seigneurs de ce lieu. Nous fûmes frappés du silence de ces ruines, où se firent entendre si longtemps le canon républicain et tant de cris de victoires et d’alarmes. Nous restâmes quelques jours à la Boulaye pour peindre les ruines de ce vieux château ; nous allions souvent nous asseoir sur la belle colline de Treize-Vents, joli village qui domine la Boulaye.
Ce village est ainsi nommé parce que, bâti sur une position élevée, un vent frais et léger, même dans les plus grandes chaleurs, s’y fait toujours sentir. Il a une origine fort ancienne, puisqu’en 1110, il est dit dans une charte de dom Fonteneau, qu’une chapelle est donnée à l’abbaye de Marmoutiers par un seigneur de Treize-Vents.
Le soir, nous venions là admirer mille brûlots qui brillaient au loin, et jouir des jolis effets du soleil se couchant derrière les vieilles tours et les noirs marronniers.
Souvent de vieux Vendéens venaient se joindre à nous, et nous racontaient les choses dont ils avaient été témoins. J'étais à Treize-Vents, nous dit l’un d’eux, quand madame de Lescure (aujourd hui madame de la Roche-Jaquelein) y arriva au galop, annonçant l’approche de Westermann et l'incendie du château de Clisson.
Il fallait la voir cette femme frêle et délicate, belle des forces que lui donnait son courage!
Nous nous serions tous fait tuer pour elle. Madame de Lescure a passé la plus grande partie de la guerre à ce beau château de la Boulaye, et s’il n’y reste que des ruines, il y reste aussi de grands souvenirs, et les souvenirs on ne les brûle pas, on ne les démolit pas comme des monuments en pierres; le fer et le canon sont impuissants devant eux.
Il n’est pas même au pouvoir du temps de les effacer.
A la Boulaye, votre imagination vous montre à chaque pas la belle et noble figure de M. de Lescure, ce guerrier chrétien.
C’est là, sous ces murs en ruines, que ce vrai chevalier vint, après la bataille de Saumur, se guérir de ses blessures, et c’est de la Boulaye que ce général entra pour la première fois en relation avec Charrette, ce grand chef de parti, si noble et si fier; c’est de là qu’il lui écrivit pour le féliciter sur la prise de Machecoul.
C’est encore à la Boulaye que l’intrépide Tinteniac arriva auprès des chefs vendéens portant ses dépêches dans ses pistolets. MM. Donissan, de Lescure, de la Roche-Jaquelein, l'évêque d'Agray signèrent la réponse que devait remporter le brave Breton, qui, plus d’une fois, au péril de sa vie, servit encore d'intermédiaire entre les princes et la Vendée.
Notes et croquis sur la Vendée : histoire, moeurs, monumens, costumes, portraits / dessins d'après nature, texte historique et descriptif, par le comte É. de Monbail
L’office de tourisme du Pays de Mortagne propose une promenade contée et gratuite du parc et du château de La Boulaie, samedi.
Ce site d’ordinaire privé s’offrira à la découverte, au travers d’une balade guidée et commentée, intitulée « Les grandes heures du parc et du château de La Boulaie », dans le cadre des Journées du patrimoine.
==> Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates)
Préparatif des colonnes infernales de Turreau<==
==> Les « colonnes infernales » de Turreau ...(Cinéscénie du Puy du Fou)
Le 27 janvier 1794, la colonne de Boucret atteint Les Épesses (commune limitrophe de Treize-Vents) où elle applique la politique de destruction absolue. C'est au cours de cette même journée que le Château du Puy du Fou est incendié.
L'aile de la colonne infernale qui s'enfonce vers Saint-Laurent-sur-Sèvre et Mallièvre traverse Treize-Vents au début du mois de février. Suivant l'ordre de ne laisser aucun refuge aux insurgés, les soldats incendient méthodiquement le bourg, détruisent le prieuré et mettent le feu à l'ancienne église paroissiale.