1226 GUERRE MARITIME en Angleterre - Les attaques de Savary de Mauléon bloquent le commerce et les communications, ce qui inquiète fortement le jeune roi Henri III.
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1226 GUERRE MARITIME en Angleterre - Les attaques de Savary de Mauléon bloquent le commerce et les communications, ce qui inquiète fortement le jeune roi Henri III.
Ce texte est un ordre royal d’Henri III d’Angleterre, daté du 23 mars 1226, adressé aux barons des Cinq-Ports (Dover, Sandwich, Hythe, Romney et Hastings – et parfois Winchelsea et Rye).
Que se passe-t-il ?
- Savary de Mauléon (Savaricus de Malo Leone), seigneur poitevin, est un ancien allié puis ennemi de l’Angleterre.
En 1226, il agit comme pirate / corsaire au service des intérêts français (ou du moins contre les Anglais).
- Avec d’autres marins d’outre-mer (surtout du Poitou et de la côte atlantique française), il attaque les navires anglais et neutralise le trafic maritime entre le continent et l’Angleterre.
- Ces attaques bloquent le commerce et les communications, ce qui inquiète fortement le jeune roi Henri III (alors âgé de 19 ans).
Pourquoi s’adresser aux Cinq-Ports ?
Les Cinq-Ports étaient le principal corps de marine anglais au XIIIe siècle.
En échange de privilèges importants, ils devaient fournir des navires et des hommes au roi en cas de besoin.
Henri III leur demande donc de se concerter et de trouver un moyen de protéger la mer (escorte de convois, patrouilles, représailles, etc.).
Contexte plus large
- Nous sommes en pleine période de tensions anglo-françaises après la perte de la Normandie et d’une grande partie de l’Aquitaine.
- Louis VIII de France (père de saint Louis) mène une politique agressive contre les possessions anglaises sur le continent.
- Savary de Mauléon, qui avait longtemps servi Jean sans Terre puis Henri III, a changé de camp et harcèle désormais le commerce anglais.
Le roi aux barons des Cinq-Ports, salut.
Il nous a été donné à entendre que Savary de Mauléon et certains autres des pays d’outre-mer, malveillants et ennemis à notre égard, infligent de nombreux et graves dommages et préjudices à nos sujets et à d’autres qui naviguent en mer, de telle sorte que, à cause de leurs embuscades, ceux-ci sont empêchés de venir librement et sans grave perte sur notre terre d’Angleterre.
C’est pourquoi nous vous mandons et vous prions, en vertu de la fidélité que vous nous devez, de vouloir bien prendre entre vous un conseil mûrement réfléchi à ce sujet, et de pourvoir, d’un commun accord, à ce que désormais tant nos sujets que les autres puissent traverser la mer librement et sans empêchement, à l’abri des embuscades de nos ennemis.
Faites-nous connaître votre avis à ce sujet sans délai.
Témoin comme ci-dessus.
Rex baronibus de v portubus salutem. Datum est nobis intelligi quod Savaricus de Malo Leone et quidam alii de partibus transmarinis, nobis malivoli et inimici, nostris et aliis per mare navigantibus plura et gravia dampna inferunt et gravamina, ita quod propter eorum insidias impediuntur quod libéré et sine gravi jactura ad terrain nostram Anglie venire non possint.
Et ideo vobis mandamus rogantes quatinus, in fide qua nobis tenemini, super hoc maturum consilium inter vos capere velitis, providentes de communi consilio vestro qualiter libéré et sine impedimento tam nostri quam alii immunes ab insidiis inimicorum nostrorum per mare de cetero transitum facere possint.
Consilium autem vestrum (sine dilatione) nobis inde sine dilatione scire faciatis. Teste ut supra.
Record Office, Patent X Henry III, membr. 6.
En résumé :
Ce document montre qu’en mars 1226, l’Angleterre subit une guerre de course (piraterie organisée) menée par Savary de Mauléon et ses alliés, et que le roi demande aux Cinq-Ports de trouver une solution pour rétablir la sécurité des mers.
Pour Savary de Mauléon (v. 1170–1233), il faut privilégier le témoignage de son sceau de 1225, qui est beaucoup plus solide que les armoriaux tardifs.
De gueules, au lion rampant couronné, à la bordure besantée.
Autrement dit :
- champ : gueules → rouge ;
- lion : rampant, tourné vers la droite héraldique ;
- lion couronné ;
- bordure besantée → une bordure chargée de besants, c'est-à-dire de petits disques.
La base scientifique Sigilla de l'IRHT-CNRS décrit explicitement son sceau de 1225 comme : « un lion rampant couronné, à la bordure besantée ».
Son contre-sceau de la même année confirme l'écu : lion rampant couronné, bordure besantée, avec deux roses et une croix autour de l'écu.
On rencontre des versions contradictoires dans les armoriaux modernes :
- gueules, au lion d'argent ;
- or, au lion de gueules ;
- gueules, au lion d'or.
Ces variantes proviennent notamment d'armoriaux beaucoup plus tardifs.
Pour Savary lui-même au XIIIe siècle, le sceau de 1225 est la pièce à privilégier pour la composition des armes, mais la couleur du lion ne peut évidemment pas être lue directement sur un sceau de cire. Il serait donc imprudent de présenter « gueules au lion d'argent » comme une certitude tirée du sceau.
==> 1211 Croisade des Albigeois, Savari de Mauléon à la rescousse du comte de Toulouse Raimond VI
==> 1213 Savary de Mauléon commande la flotte de Philippe Auguste (bataille navale de Damme)
==> 1218 Charte de Savary de Mauléon, prince et seigneur de Talmont, avant de partir en croisade