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PHystorique- Les Portes du Temps
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7 janvier 2026

1216 Défense et siège du château de Berkhampstead par le prince Louis de France (futur Louis VIII)

En 1216, pendant la première guerre des barons, le prince Louis de France (futur Louis VIII), invité par les barons rebelles contre Jean sans Terre, assiégea le château de Berkhampstead pendant deux semaines.

 

Jean sans Terre mort le 19 octobre 1216, fils d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine et frère de Richard Coeur de Lion.

 

Pour provoquer les soumissions, la régence fit usage des mêmes moyens qu’avait employés Jean sans Terre.

 

Dès le commencement du mois de novembre 1216, les Rôles sont remplis de lettres adressées par le nouveau roi aux barons rebelles; des émissaires parcouraient les comtés du sud et les Cinq-Ports pour susciter des défections.

 

Comme auparavant, on punissait sévèrement les résistances partout où on pouvait le faire ; les textes mentionnent des emprisonnements de chevaliers, de clercs et même de femmes et font de fréquentes allusions à des confiscations de manoirs dont on investissait les sujets fidèles.

 

 Mais l’amnistie était accordée à tous ceux qui se soumettaient; ils étaient libérés, remis en possession de leurs biens, absous de l’excommunication, parfois même recevaient une récompense (1).

 

Cette politique n’eut point d’abord le succès qu’on en pouvait attendre.

 

Les soumissions sont en nombre insignifiant pendant les mois de novembre, de décembre et de janvier ; les Patent rolls n’en signalent pas une seule; les Close rolls n’en mentionnent que cinq.

 

Débarquement et conquête du Sud-Est

 Mai–juin 1216

1. Débarquement

Thanet / Sandwich (Kent)
 21 mai 1216

  • Louis débarque avec :
    • chevaliers français
    • contingents baronniaux anglais
  • Accueil favorable des Cinque Ports (sauf Douvres)

Sandwich devient la première base logistique.

 

2. Avancée vers Londres (axe côtier et Tamise)

Sandwich → Canterbury → Rochester → Londres

  • Canterbury : ouvre ses portes
  • Rochester : château tenu par les barons
  • Londres : entrée triomphale (2 juin 1216)

 

Londres devient :

  • capitale politique de Louis
  • centre de propagande
  • base principale jusqu’en novembre

 

III. Phase 2 – Tentative de contrôle des verrous stratégiques

 Juin–septembre 1216

Axe OUEST – vallée de la Tamise

 Londres → Windsor → Oxford → Wallingford

  • Windsor : siège infructueux (forteresse clé)
  • Oxford : soumission
  • Wallingford : résistance

Louis échoue à verrouiller complètement la Tamise

 

Axe NORD-OUEST – Midlands et Watling Street

 Londres → St Albans → Dunstable → Northampton

  • St Albans : base militaire
  • Dunstable : soumission
  • Northampton : prise de la ville

Tentative d’isoler les forces fidèles au roi

 

Axe NORD-EST – Hertfordshire

 Londres → Hertford → Cambridge

  • Hertford : capitule
  • Cambridge : contrôlée

 

Point de blocage majeur

Douvres

  • Château tenu par Hubert de Burgh
  • Siège long et coûteux
  • Échec stratégique majeur

 Sans Douvres, Louis ne contrôle pas la Manche.

 

IV. Phase 3 – Effondrement stratégique après octobre 1216

1. Mort de Jean sans Terre

18 octobre 1216

  • Changement décisif :
    • Henri III (9 ans) couronné
    • William Marshal régent
  • De nombreux barons changent de camp

 

2. Repli de Louis depuis Londres

début novembre 1216

Londres → St Albans

Roger de Wendover : Louis quitte Londres « avec ses machines »

St Albans :

  • lieu de rassemblement des chevaliers
  • centre logistique
  • tentative de réorganisation

 

 

 

Rassemblement des chevaliers de Louis eut lieu à Saint-Albans, dans le Hertfordshire, immédiatement après son départ de Londres en novembre 1216.

En 1213, l’abbé de l’abbaye de Saint-Albans (St Albans Abbey, Hertfordshire) accueillit une réunion organisée par l’archevêque de Canterbury, Stephen Langton, et à laquelle participèrent de nombreux barons opposés au roi Jean sans Terre (King John).

 

Cette assemblée, mentionnée brièvement par le chroniqueur Roger de Wendover (moine de l’abbaye), est considérée par les historiens comme le point de départ effectif des préparatifs qui aboutirent à la signature de la Magna Carta à Runnymede en 1215.

 

L’abbaye et la ville étaient fortifiées comme un vaste château concentrique (fossés profonds, remblais, palissades, portes fortifiées, garnison de mercenaires flamands).

 

Les défenses remontaient aux guerres vikings et s’étaient renforcées pendant l’Anarchie (1135-1153).

 

En cas d’alerte, les barons pouvaient résister ou s’échapper facilement.

 

Au début de novembre 1216, lorsque Louis de France (le futur Louis VIII) quitte Londres en emportant ses machines de guerre, le rassemblement des chevaliers et de l’ost franco-baronnial n’a pas lieu à Londres même, mais dans la région immédiatement au nord-ouest de la ville, sur l’axe stratégique de la Watling Street.

 

    1. Témoignage des chroniques

 

Les sources contemporaines (Roger de Wendover, puis Matthieu Paris, et l’Histoire des ducs de Normandie et des rois d’Angleterre) permettent de préciser le lieu.

Roger de Wendover († 1236), chroniqueur quasi contemporain, écrit que Louis, après avoir quitté Londres :

“se contulit apud Sanctum Albanum, ubi copias suas congregavit”
(« il se rendit à Saint-Albans, où il rassembla ses troupes »)

Saint-Albans est explicitement désignée comme point de concentration de l’armée.

 

2. Raisons stratégiques du choix de St Albans
  • À 32 km au nord de Londres
  • Sur la Watling Street, grande voie romaine
  • Proche des places clés :
    • Berkhamsted
    • Hertford
    • Dunstable

 

  • Possède une abbaye riche et fortifiée, capable :
    • de nourrir l’ost
    • d’héberger chevaliers et machines
    • de servir de centre logistique

 

C’est un lieu classique de rassemblement militaire au Moyen Âge.

 

3. Nature des forces rassemblées

À St Albans se réunissent :

  • Chevaliers français
  • Barons anglais rebelles à Jean sans Terre
  • Ingénieurs et servants des machines de siège
  • Bagages et trains d’artillerie

 

Les machines emportées depuis Londres incluent :

  • mangonneaux
  • perrières
  • béliers

 

4. Objectif du rassemblement

Ce regroupement vise :

  • à consolider l’armée
  • à sécuriser les communications
  • à préparer :
    • soit une reprise de l’offensive contre les partisans du jeune Henri III
    • soit la défense contre l’armée régente de William Marshal

 

 Itinéraire résumé

Londres → St Albans → Hertfordshire / Midlands

St Albans est donc le point principal de rassemblement des chevaliers après le départ de Londres, au début de novembre 1216.

 

Front OUEST – Berkhamsted

Berkhamsted Castle

  • Château stratégique sur la route de l’Ouest
  • Assiégé par Louis
  • Résiste jusqu’à ordre royal de reddition

Montre la difficulté croissante de Louis à progresser

 

 

 

Les succès militaires des Français pendant cette période expliquent l’inanité des efforts du légat.

 

Guillaume le Maréchal, faute sans doute de temps pour élaborer des plans d’attaque et faute aussi de ressources pour prendre l’offensive, avait laissé Louis de France continuer ses conquêtes (3) :

 

Tandis que Henri III et les siens séjournaient dans le Gloucestershire, Louis, dès le commencement du mois de novembre 1216, avait quitté Londres, emportant ses machines de guerre.

 

 Il mit le siège devant Hertford le 12 novembre et en fut maître le 6 décembre.

 

Pendant ce temps d’autres troupes prenaient Ely et le château de Lincoln était assiégé.

 

De Hertford Louis se rendit immédiatement à Berkhampstead qui était défendu par un routier allemand nommé Galeran ; les assiégés firent de vigoureuses sorties et envoyèrent au Tartare nombre d’âmes de Français excommuniés. »

 

Berkhamsted était conçu comme une forteresse redoutable : haute motte, muraille de pierre, douves remplies d'eau (empêchant les mines), et remblais de terre massifs.

 

La motte protégeait la bailey et les attaques du nord.

Il utilisa des engins de siège (trébuchets) pour lancer d'énormes pierres.

Les remblais extérieurs près des douves servaient probablement de plateformes pour ces machines (bien que leur attribution reste débattue).

Le château capitula finalement sur ordre du roi (après la mort de Jean et l'accession d'Henri III).

 

Mais en l’honneur de la Noël qui approchait, la régence sollicita une trêve générale jusqu’au 13janvier; Louis y consentit moyennant la reddition de Berkhampstead (4).

 

Durant cette suspension des hostilités, Louis réunit ses partisans à Cambridge, tandis que ceux de Henri III s’assemblaient à Oxford.

 On parla de faire la paix.

 

Mais les barons rebelles étaient hostiles à ce projet et l’empêchèrent d’aboutir. La guerre recommença.

Louis s’empara de Hedingham et d'Oreford ; on lui demanda alors une seconde trêve qu’il accorda à condition que les châteaux de Norwich et de Colchester lui fussent livrés.

Guillaume Longespée et Guillaume le Maréchal le jeune entrèrent en pourparlers avec la régence au mois de décembre, mais les négociations n’aboutirent pas (2).

 

La nouvelle trêve devait durer jusqu’au 26 avril.

On espérait qu’à cette occasion Louis reviendrait auprès de son père et que cette absence profiterait à la cause de Henri.

 

Le calcul était juste : Louis résolut d’aller passer ce temps en France ; les barons en ayant témoigné du mécontentement, il les assembla et jura sur l’Évangile de revenir en Angleterre à l’expiration de la trêve (5).

 Louis ne s’était point décidé sans de puissants motifs à cette périlleuse absence.

Dès le mois de juillet 1216, la débandade avait commencé parmi ses compagnons et son armée s’était « amoindrie merveilleusement ».

 

 

V. Situation à la fin de 1216 (carte politique)

Territoires encore favorables à Louis :
  • Londres (de plus en plus instable)
  • Est-Anglie
  • Certaines villes du Kent
Territoires perdus ou hostiles :
  • Ouest (Marche galloise)
  • Vallée de la Severn
  • Châteaux royaux majeurs

Louis est militairement étendu, politiquement isolé.

 

Après avoir été repris par les forces royales anglaises l'année suivante, il est donné à Richard, comte de Cornouailles, fils du roi Jean, qui le possède de 1243 à 1272, commençant ainsi une longue association avec le comté puis le duché de Cornouailles.

Richard réaménage le château en résidence palatiale et en fait le centre de l'administration du comté.

 

 

(1). Rymer, I, part, I, 145. —Shirley, Royal Letters, nos 2 et 11. — Litt. Clans., I, 293 et suiv. — Rec. O., Pat. I Henry III, membr. 16, 15, 14, 13, etc...

(2). Litt. Clans., 1, 293b et suiv. — Rymer, 1, part, I, 145.

(3). C’est ce que prouve l’Itinéraire de Henri III; nous désignerons ainsi le tableau des séjours de ce roi, d’après les Close Rolls publiés par Duffus Hardy et d’après le Patent Roll I Henry III ; comme ce Patent Roll a été catalogué pièce par pièce (Annual Reports of the deputy Keeper of the public records, 2bth report, app., p. 66 et suiv.), nous n’avons pas jugé utile de publier un Itinéraire aussi facile à reconstituer. — Henri III se plaint de son dénuement dans une lettre du 2 déc. 1216 {Rec. Off., Pat. I Henry III, membr. 16.)

(4). Barnwell, 234. — Wendover, III. 5 et suiv. — L’existence de cette trêve est confirmée par une lettre de Henri III, datée du 28 déc. 1216 (Rec. Of}'. Pat. I Henry III, membr. 14 dorso) et par une autre du 27 déc. {Roy. Letters, n° 1), où il ordonne aux matelots irlandais de se rendre à Winchelsea pour le 13 janvier, date de la fin de la trêve selon le chanoine de Barnwell. — D’après une lettre envoyée le 15 déc. 1216 {Pat. 1 Henry III, membr. 15), la trêve était déjà conclue à cette date.

(5). Tous ces faits sont omis ou rapportés d’une façon confuse et vague dans la plupart des chroniques (Hist. des ducs de Norm., 182; Ann. de Dunstaple, 47 ; Hist. de Guill. le Mar., v. 15709 et suiv., etc...) Nous avons suivi le récit du chanoine de Barnwell, qui semble très exact (p. 235).

 L’existence de deux trêves distinctes est certaine : Guillaume le Maréchal parle de la première et de la seconde trêve dans une lettre adressée à Louis à la fin du mois de février (Rymer, I, part. 1, 147). Royer de Wendover en parle aussi (t. III, 13).

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