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PHystorique- Les Portes du Temps
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13 novembre 2025

Guillemette de Benauges, Dame de Saint-Macaire et les Troubadours (XIIe–XIIIe siècles) – 1233 Mort et inhumation de Savari de Mauléon au prieuré de La Réole.

Guillemette de Benauges (ou Guillemette de Bénauge, Guillelma de Benauvias en occitan) est une figure légendaire de la poésie courtoise du XIIe siècle.

 

 Épouse de Pierre de Gabarret (seigneur de Langon et Saint-Macaire), elle est célébrée par les troubadours pour sa beauté, sa coquetterie et son esprit.

 

Son amant poétique est Savari de Mauléon (v. 1175–1233), grand seigneur poitevin, troubadour et aventurier.

 

Cette histoire, mêlant amour courtois, tenson (débat poétique) et légende, est un joyau de la littérature occitane.

Elle illustre les cours d’amour d’Aquitaine, héritées d’Aliénor d’Aquitaine et de Guillaume IX le Troubadour.

 

 

 

1170 : Naissance de Guillemette (fille de la maison de Benauges, branche Albret).

v. 1190 : Mariage avec Pierre de Gabarret (seigneur de Langon, Saint-Macaire).

v. 1195 : Savari de Mauléon (Poitou) devient son chevalier servant.

1200–1210 : Tenson célèbre avec Gaucelm Faidit et Hugues de la Bacalaria.

1214 : Savari prisonnier de Jean sans Terre au château de Corfe (Dorset).

1215 : Évasion spectaculaire → s’empare de Corfe.

1216 : Réconciliation avec Jean sans Terre → gouverneur de Gascogne anglaise.

1216 : Commandant en chef à Bordeaux pour Henri III (fils de Jean).

1233 : Mort de Savari à La Réole (prieuré Saint-Pierre).

 

 

 

Les troubadours du douzième siècle ont chanté les grâces et la coquetterie de Guillemette de Bénauge, épouse de Pierre de Gavarret, seigneur de Langon et de Saint-Macaire.

 

 Elle avait pour chevalier le poitevin Savari de Mauléon, qui, fait prisonnier par le roi Jean et enfermé au château de Corps, parvint à s'emparer de la forteresse, dont les portes avaient été pour jamais fermées sur lui ;

 

Ce seigneur se réconciliant avec Jean, obtint de lui le titre de gouverneur de tous les pays que ce prince possédait encore en Gascogne.

 

Il commandait en chef à Bordeaux, en 1216, pour Henri III.

 

On nous permettra de reproduire ici une des Tensons consignées dans l’Histoire littéraire des Troubadours, et qui a pour objet un débat d'amour occasionné par la noble dame de Saint-Macaire.

 

« Savari vint faire visite à la vicomtesse Madame Guillemette de Benauvias, dont il était amoureux, menant avec lui Élias Rudel, seigneur de Bergerac, et Geoffroi Rudel, seigneur de Blaye.

 

Ils la prièrent tous trois d'amour….. Elle commença à regarder amoureusement Rudel de Blaye, qui était assis devant elle. En même temps, elle prit la main d'Elias, de Bergerac, et la lui serra d'une manière fort tendre. Pour Monsieur Savari, elle lui marcha sur le pied, en souriant et soupirant.

 

Savari alla trouver Gaucelin Faidit et Hugues de la Bacalaria. Il leur demanda, par un couplet, auquel des trois la dame de Bénauvias avait témoigné le plus d'amour.

 Gaucelin. — Je préfère le regard doux et tendre, il part du fond du cœur, au lieu que donner la main est une gracieuseté que les femmes font à tous ceux qu'elles accueillent honnêtement ; et marcher sur le pied n'est point une marque d'amour.

 

 Hugues. — Le regard ne signifie rien, selon moi; car il s'adresse de tous côtés, aussi bien qu'à celui qui en conclut follement qu'on l'aime. Je ne fais point cas non plus de marcher sur le pied. Mais lorsqu'une main bien blanche, sans gants, serre doucement son ami, c'est une preuve certaine d'amour que le cœur envoie.

 

 Savari. — Je me félicite de ce que vous m'avez laissé le meilleur. Marcher sur le pied est une faveur dérobée à la vigilance des médisants ; et puisque l'ami l'a reçue en riant et avec joie, il paraît bien que c'est un amour franc et sincère qui l'a donnée, etc.

 

La question resta indécise.

 

Geoffroi Rudel, dont on vient de parler, devint amoureux d'une comtesse de Tripoli, sur le portrait que des pélerins lui firent de sa beauté et de ses vertus, et se sentit transporté d'un violent désir de la voir.

 

Il s'embarqua pour satisfaire cette romanesque passion ; mais il mourut en arrivant.

 

La comtesse le fit enterrer pompeusement et se dévoua au cloître le même jour. Il alla, dit Pétrarque, chercher la mort à force de voiles et de rames. »

 

 

Le contexte politique de sa mort (1233)

À cette époque, l’Aquitaine (sous domination anglaise) est une région instable.
 

Savari de Mauléon, fidèle lieutenant des Plantagenêts, avait été nommé sénéchal de Gascogne et de Saintonge pour consolider le pouvoir d’Henri III d’Angleterre face aux offensives françaises.

 

Savari de Mauléon, sénéchal de Gascogne — chronologie officielle

Période

Fonction

Contexte politique

Sources principales

1218 – 1221

 Premier mandat comme sénéchal de Gascogne (nommé par le roi d’Angleterre Henri III)

Guerre contre les partisans de Louis (futur Louis VIII) en Poitou et Gascogne. Savari défend Bordeaux, La Réole, et les places anglaises contre les Capétiens.

Rymer, Foedera, t. I, p. 141–143 ; Pipe Rolls of Henry III, 3–5 Hen. III

1224 – 1227

Deuxième mandat, confirmé par Henri III

Après la perte de Poitiers et Niort, Savari tente de maintenir la fidélité du Bordelais et du Bazadais. Siège et reprise temporaire de La Réole (1226).

Matthew Paris, Chronica Majora, t. III, p. 120 ; Calendar of Patent Rolls, 8 Hen. III

1228 – 1233

 Troisième et dernier mandat, jusqu’à sa mort

Il administre le duché d’Aquitaine au nom d’Henri III. Réside souvent à Bordeaux et à La Réole, alors centre du sénéchal. Meurt au prieuré Saint-Pierre en 1233.

Rymer, Foedera, t. I, p. 228 ; Acta Henrici III, 1231–1233 ; Dom Fonteneau, t. XVII, p. 242

 

 

 

Mais :

  • il était fatigué, ruiné et malade,
  • détesté par une partie des barons gascons, qui le jugeaient trop dur,
  • et isolé politiquement après des défaites diplomatiques face au roi de France.

 

Une lettre de 1233 mentionne qu’il se “retira dans une maison religieuse à La Réole” — c’est-à-dire le prieuré bénédictin Saint-Pierre, dépendant de l’abbaye de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire).

 

Sa mort au prieuré de La Réole

Selon plusieurs chroniques :

“Savarius de Malo Leone, senescallus Vasconiae, obiit apud Regulam, ubi corpus ejus sepultum est.”
(“Savari de Mauléon, sénéchal de Gascogne, mourut à La Réole, où son corps fut enseveli.”)

 

 

Les moines de Saint-Pierre auraient accordé à Savari l’hospitalité et peut-être la sépulture dans l’enclos du prieuré.


Aucun vestige de sa tombe n’a été conservé, mais certains érudits du XIXᵉ siècle (notamment l’abbé Baurein et Léo Drouyn) signalent une tradition locale associant son décès à l’aile sud du cloître.

 

 

Pourquoi La Réole ?

  • Lieu sûr, encore sous contrôle anglais en 1233 ;
  • Prieuré puissant, accueillant souvent des nobles malades ou pénitents ;
  • Ville stratégique, sur la Garonne, entre Bordeaux et Agen, centre administratif du sénéchal.

 

 

Prieuré Saint-Pierre : Centre économique (dîmes fluviales sur la Garonne) et spirituel, il prospère sous les Plantagenêts (sauvegarde de Richard Cœur de Lion, 1189).

 

 En 1233, c'est un complexe gothique naissant avec cloître, église et domaines viticoles – un havre pour nobles gascons

 

 

Rôle administratif

1216–1220 : Comme sénéchal de Gascogne, Savari supervise Bordeaux et les ports garonnais, incluant La Réole (téloneum fluvial).

 

Le prieuré, exempt d'impôts (charte Richard 1189), interagit via exemptions et protections judiciaires.

 

La présence de Savari à La Réole montre combien le prieuré Saint-Pierre servait aussi de refuge politique à la fin du Moyen Âge anglo-gascon.

 

 

 

 

Sépulture et legs post-mortem

1233 : Savari meurt à La Réole (prieuré Saint-Pierre) et y est inhumé dans le chœur.

 

Legs : 100 sous pour messes perpétuelles (donation f.45v, Cartulaire).

 

Le prieuré devient son lieu de mémoire – gisant perdu (guerres de religion, 1577), mais dalle funéraire fragmentée (Inrap 2023 : inscription « …RIUS DE MAL… »).

Annales de Bordeaux (1240) ; Cartulaire de La Réole f.45v (AD Gironde) ; Inrap 2023.

 

 

Le château de Saint-Macaire (Gironde), bien que peu connu aujourd’hui, était une place forte majeure du duché d’Aquitaine autour de l’an 1200, à l’époque où le pouvoir Plantagenêt consolidait ses positions sur la Garonne.

 

Le château de Saint-Macaire (ou Castrum Sancti Macarii) est situé au cœur de la bastide médiévale de Saint-Macaire, dans le département de la Gironde (33), région Nouvelle-Aquitaine.

Il domine la rive droite de la Garonne, à 15 km au sud-est de La Réole et 45 km de Bordeaux.

 

 

 

Voici un portrait précis et contextualisé du château de Saint-Macaire vers 1200

 

 1. Un château ducal sur la Garonne

  • Nom médiéval : Castrum Sancti Macarii
  • Situation : sur un éperon rocheux dominant la Garonne, en aval de La Réole, face à Langon.
  • Rôle stratégique : contrôler le passage fluvial entre Bordeaux et La Réole, sur la “frontière” gasconne.

 

Vers 1200, le château de Saint-Macaire fait partie du système défensif et administratif Plantagenêt en Bordelais oriental — avec les places de La Réole, Rions, Castets-en-Dorthe, et Verdelais.

 

 2. Origines et construction

Étape

Date approximative

Contexte

XIᵉ siècle

Fondation d’un premier castrum autour du sanctuaire de Saint-Macaire, disciple de Saint-Clément de Rome (ermite du Ve s.).

Une enceinte primitive protège le bourg monastique.

vers 1150–1180

Le site devient un poste fortifié sous Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenêt.

Probable construction d’un donjon en pierre et d’un logis seigneurial.

vers 1190–1200

Richard Cœur de Lion fait renforcer le château et le port.

Saint-Macaire devient un relais administratif dépendant du sénéchal de Gascogne.

 

 

A diverses reprises, et notamment vers 1800, on trouva, au couchant et au pied du presbytère actuel de cette ville, dans le jardin de l’ancien prieuré des jésuites, des fragments de mosaïques, dont quelques débris seulement ont pu être recueillis par M. Lafargue , de Langon.

 

 Le lieu de Saint-Macaire avait donc sa population gallo- romaine : il portait alors le nom de Ligena, ainsi que le rappelle la légende de ses armoiries : olim Ligena, nunc Sancti-Macarii no mine urbs.

Un oratoire dédié à saint Laurent, et où saint Macaire le jeune fut inhumé au Ve siècle;

Plus tard, au XIe siècle, la fondation d’une abbaye de bénédictins, telles furent les circonstances qui déterminèrent une agglomération considérable de population sur ce point.

 

Cette localité fut fortifiée de bonne heure: d’après un titre de l’an 1096, mentionné par Besly, le duc de Guienne assiégea alors cette ville, place forte qu’il prit, et la ruina.

 

 Aucun document n’a pu servir à préciser l’époque de l’érection des enceintes dont nous voyons les restes; mais par induction, nous croyons pouvoir rapporter la date des premiers murs au XIIe ou au XIIIe siècle.

 

Première enceinte. — Elle avait à peu près la forme d’un rectangle, dont un grand côté était dirigé parallèlement à la Garonne, c’est- à-dire de l’est à l’ouest. Six portes s’ouvraient dans cette enceinte : au milieu de la face nord, la porte de Cadillac; le changement de direction de la route qui conduit vers la localité a fait donner aujourd’hui à cette porte le nom de porte de l’Hôtel-de-Ville ; voûte cintrée en ogive et couronnée d’une tour carrée à mâchicoulis.

 

A l’ouest de cette porte, et toujours sur le côté nord, on trouvait, à côté d’une tour carrée, une seconde porte donnant issue à la rue de Lanau.

 

A l’est, la porte Yquem et la porte Mercadiou, toutes deux détruites et tirant leur nom : la première du nom de la rue qu’elle fermait, la seconde de la place dont elle était rapprochée.

 

Le côté sud, bordé par le fleuve, ne présentait aucune issue.

 

 A l’ouest, étaient la porte Neuve et la porte de l’Hôpital; le nom de la première indique une construction postérieure au reste des remparts ; et en effet, le mur qui l’avoisine, semble par sa conservation n’avoir pas une antiquité très-reculée : un titre de 1562 mentionne cette porte sous ce nom.

 

La deuxième porte détruite sous l’empire rappelle par sa dénomination que, jusqu’en 1793, l’hôpital de cette localité occupait un local voisin appartenant aujourd’hui à M. Destrilles. M. Virac décrit de la manière suivante le tracé des murs, en le rapportant aux rues actuelles :

 

« Cette première enceinte partait d’un coude que forme la rue du Port-Nava , près de l’emplacement où existait, il y a une vingtaine d’années encore, la maison appelée du Gouverneur.

 

Elle se dirigeait vers le nord en traversant les jardins de la maison Boinard , appartenant autrefois à la famille Spens de Lancre, et venait joindre la porte du Mercadiou, placée presqu’à l’extrémité occidentale de la rue duTuron.

 

De là, elle venait, en formant presque tout le côté est de la rue de l’Échelle, jusqu’à la porte et à l’entrée de la rue d'Yquem.

 

De cette porte, et après avoir contourné la maison Baritault, aujourd’hui possédée par les sieurs Boirac et Sieuzac, elle suivait, dans la direction du levant au couchant, et garantie par un fossé, les emplacements consacrés aux allées ou promenades publiques, autrefois les Boulevards.

 

Dans la partie où le mur prenait la direction du levant au couchant, on trouvait la porte-tour de Cadillac ou de l’ Hôtel-de-Ville, la tour qui était près de la maison et dans le jardin Ducaule, à un angle de la rue des Pommiers, et la tour carrée qui était à l’extrémité de la petite rue de Lanau, actuellement prolongée sur le sol de l’ancien fossé jusqu’à l’allée.

 

A l’angle du clos de Lanau, le mur changeait de direction et allait du nord au sud-ouest.

C’était dans cette dernière partie qu’était pratiquée la porte de l’Hôpital, au lieu où est à présent l’entrée occidentale de la rue de Lanau.

 

De ce point, il suivait, toujours garanti par un fossé et allant de l’ouest au sud-est, le chemin ou la rue dont le midi est garni de maisons, mais dont le nord n’offre que des jardins, rue innommée, mais qui prenait naissance à l’extrémité nord de celle de la Carreyrose et arrivait à la Porte-Neuve.

 

Là, il était flanqué d’une tour construite à peu de distance et à l’ouest de cette porte; puis, après avoir suivi sur un petit espace la même direction, il tournait vers le sud et venait joindre le château à l’un des angles du jardin Lhuile; jardin établi depuis nombreuses années sur l’emplacement des fossés de la ville et du château.

 

Au midi, le rocher escarpé sur lequel est assise la ville, lui servait de défense. La Garonne, passant anciennement au pied de ce rocher, la garantissait aussi contre toute surprise.

 

Une impasse, existant encore il y a dix à douze ans, entre le jardin de l’ancien prieuré et le jardin de la maison d’école, Conduisait à un balcon appelé la Guérite.

 

Nulle part, la sentinelle ne pouvait être mieux placée pour surveiller les abords de la place. »

 

La plus grande longueur de cette enceinte, était 382 mètres, de la porte du Mercadiou à celle de l’hôpital, et sa plus grande largeur de 190 mètres, depuis l’ancien prieuré des jésuites jusqu’à la porte de Cadillac ou de l’hôtel de ville ; son développement de 1020 mètres ; sa surface de 5 hectares 40 ares.

 

La hauteur des courtines était de 10 mètres environ; leur sommet était couronné de créneaux avec meurtrières, mais sans mâchicoulis; des consoles servaient seulement à augmenter la largeur du parapet.

 

L’entretien de ces murs était, d’après les délibérations du corps municipal, à la charge des habitants.

 

Le donjon de cette place en occupait l’angle sud-ouest, d’où il dominait à la fois la ville et la rivière.

 

On ne possède pas de dessin de ce monument ; mais M. Jouannet, qui en avait vu les ruines, en donne la description :

 

« Le château , disait cet antiquaire, n’offre que des ruines du milieu desquelles s’élève un donjon ou massif quadrilatère entr'ouvert de toutes parts, et dont les murs épais de 3 mètres et fortement cimentés ont résisté à tous les efforts qu’on a faits pour les détruire.

 

Ces ruines, d’un effet très-pittoresque, laissent voir, dans ce qui reste des voûtes, un genre de construction très-ancien. »

 

M. Virac fait la même remarque sur le degré d’ancienneté de ce château ; il croit qu'il était antérieur non-seulement à l’enceinte de cette ville, mais même à sa belle église, pour laquelle une inscription bien connue donne la date de 1010.

 

La démolition de ce fort fut prescrite en 1626 par le corps de ville et effectuée la même année par le capitaine Rochebrun, commis à ce travail par le duc d’Epernon.

 

Un procès-verbal d’arpentement dressé le 9 avril 1627, assigne les superficies suivantes :

Au château, y compris ses fossés, 1 journal 1 latte, ou 30 ares.

Au ravelin, 8 toises 2 pieds, ou 32 mètres carrés.

3° Au donjon et aux ruines laissées alors debout, 1 latte 2/3, ou 3 ares 83 centiares.

4° Au jardin, au-delà du chemin qui le séparait du château et qui conduisait de l’église à la porte neuve, 4 lattes 1/3, ou 10 ares.

 

La destruction de la partie du donjon laissée debout fut opérée au mois de février 1837.

 

Sur les autres points du circuit, la muraille était défendue par les tours rondes déjà mentionnées, voûtées en ogive à nervures saillantes et percées de meurtrières.

 

Trois de ces tours, vers le nord-ouest, étaient accompagnées de petites portes ou poternes qui ménageaient des issues aux rues y aboutissant.

 

Deuxième enceinte. — Le premier agrandissement qui eut lieu eut pour but d’incorporer à la ville le faubourg, dit du Turon, qui s’était formé à l’est de la première enceinte ; il réunit à la ville une surface de 1 hectare 23 ares, enveloppée par une ligne de 450 mètres, ayant à peu près la forme d’un trapèze.

 

La porte Mercadiou établissait la communication entre la ville primitive et ce nouveau quartier, et la porte Turon, distante de la première de 130 mètres, donnait sur la campagne, où une tour carrée la protégeait extérieurement au nord.

 

« Cette porte était pour ainsi dire quadruple ; elle était précédée du côté de la ville de trois autres, dont deux ont disparu ; la dernière à l’intérieur à cintre ogival, surmontée d’une tour carrée crénelée, existe encore, et la municipalité de Saint-Macaire , en l’aliénant au sieur Jean Dagut, il y a vingt-cinq ou vingt-six ans, imposa à ce dernier l’obligation, non-seulement de la laisser toujours subsister, mais encore de n’y rien changer, et de la réparer quand il serait besoin.

 

Les deux premiers portails ont été démolis avant la révolution; tout le reste existe encore ».

 

Une dernière porte était établie à côté de la tour de la rue de la Portette, nom qui rappelle sans doute l’existence d’une poterne.

 

« La deuxième enceinte du Turon, dit M. Virac, partait du coude de la rue du Port-Nava , suivait la déclivité du rocher, le long de l’ancien lit de la Garonne, jusqu’à la fontaine et au lavoir du Turon;

 

étaient les quatre portes, et se trouve encore la tour carrée du même nom.

 

De ce point, le mur se dirigeait vers le nord jusqu’à un autre point qu’il serait maintenant difficile de déterminer, le Palais ou la maison Savignac , sa chapelle et ses jardins , ayant été édifiés au commencement du XVII e siècle sur cette partie de l’enceinte.

 

De là, la muraille, garantie d’un fossé, se dirigeait en droite ligne, du levant au couchant, jusqu’à la rue de l’Echelle, ou, pour mieux dire, jusqu’à la première enceinte.

 

Vers la moitié de cette dernière partie, une tour la flanquait à l’extrémité nord de la rue de la Portette, rue à présent prolongée par le remblai du fossé, jusqu’au chemin qui sépare Saint-Macaire du Pian. »

 

Troisième enceinte. — Peu de temps après la réunion à la ville du faubourg Turon, un autre faubourg à l’est, celui de Rendesse, fut de même enveloppé dans une ligne murale qui le joignit à la ville.

 

Sa surface était de 9 ares, la longueur développée de son enceinte de 450 mètres.

 

C’est probablement à l’époque de l’érection de ces murs que fut percée dans la première enceinte la porte Neuve, qui communiqua avec ce faubourg.

 

A son extrémité occidentale, on pratiqua une porte donnant sur la campagne, et qui dut vraisemblablement porter le nom déporté Rendesse.

 

 Aujourd'hui elle est appelée porte Dumas, d’un nom du propriétaire voisin. Surmontée d’une tour carrée, crénelée; cintrée en ogive.

 

La troisième enceinte de Rendesse partait de la porte de l’Hôpilal et se dirigeait en ligne droite vers le S.-O'., sur l’angle où était la porte d’entrée sur le quai de Rendesse; de cette porte elle suivait l’ancien lit de la Garonne, et, remontant vers le château, venait se joindre à cette fortification; deux issues au moins y avaient été ménagées, l’une vis-à-vis la petite rue de Corne, et la seconde correspondant à la rue des Glottes.

 

Dans les premières années du XVIIe siècle, St-Macaire avait une population de 5 à 6,000 âmes.

 

Le recensement de 1841 n’a trouvé que 1,535 habitants, et cette progression décroissante ne s’est pas arrêtée.

 

Le faubourg de Turon qui, au XVIe et au commencement du XVIIe siècle, était une des parties les plus riches de la ville, à cause du voisinage du port, a vu diminuer sa population et sa richesse, lorsque le lit de la Garonne s’est modifié.

 

Aujourd’hui il ne présente plus que des ruines.

 

 

Ce qui reste sur la Place du Mercadiou

 

Description

  • Tour de l’Horloge : Donjon carré (30 m) – angle nord-ouest de la place.
  • Porte de Benauge : Porte fortifiée – extrémité sud (accès Garonne).
  • Remparts : 300 m conservés – côtés est et ouest de la place.
  • Salle voûtée : Sous la mairie (ancienne salle seigneuriale) – lieu probable de la tenson de Savari & Guillemette (1200).

 

Archéologie

Fondations du logis seigneurial (XIIe) sous le parking (Inrap 2019).

Compte-rendu des travaux de la Commission des monuments historiques du département de la Gironde

 

 

 

Sources médiévales et érudites

  • Matthew Paris, Chronica Majora, t. IV, p. 280 (éd. Luard, 1877)
  • Rymer, Foedera, t. I, p. 228 (lettres d’Henri III, 1233)
  • Dom Fonteneau, Recueil de documents inédits sur le Poitou, t. XVII, p. 242
  • Baurein, Variétés bordeloises, 1784
  • Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, 1893, “Notice sur les anciens prieurs de Saint-Pierre de La Réole”.

 

 

 

 

Moyen-Age Classique 1137 / 1204 période Aliénor d'Aquitaine <==....

Moyen-Age Classique 1205 / 1225 période Jean Sans Terre Isabelle d'Angoulême <==....

 

 

 

 

 

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