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PHystorique- Les Portes du Temps
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30 juillet 2026

LES ANCIENS BATEAUX A VAPEUR SUR LA CHARENTE DE 1822 A 1866 (Port de LA Rochelle)

Le service de bateaux à vapeur sur la Charente fut inauguré le jeudi 22 août 1822 par l'Hirondelle qui devait assurer le transport des voyageurs entre Saintes et Rochefort.

« Cet objet de curiosité générale avait attiré beaucoup de monde » écrit un témoin, « car c'est le premier qu'on ait vu à Saintes depuis l'invention récente de cet ingénieux mécanisme » (1)

On possède quelques détails sur l'aménagement du lieu de débarquement et d'embarquement à Rochefort (2).

Neuf ans après la mise en service, l'Hirondelle vit paraître sur la Charente un concurrent sérieux, le Mercure (3), qui assura la navigation jusqu'en 1835 (4). Il appartenait à une « compagnie de la Charente » fondée le 1er juin 1830 (5).

La violente rivalité qui opposait les propriétaires des deux navires semble avoir été à l'origine d'un grave accident survenu le 17 juillet 1831 à Saint-Savinien (6).

Le préfet sanctionna alors les deux entreprises en les obligeant à mouiller chacune leur bâtiment respectif pendant un mois, en août et septembre 1831.

 

Les deux bâtiments furent ensuite relayés, pour accomplir le trajet entre Saintes et Rochefort, par l'Hirondelle (7) et la Charente n° 1 (8).

Le premier transportait annuellement 21.000 passagers et accomplissait en cinq heures la navigation de Rochefort à Saintes, en mouillant à Tonnay-Charente, Saint-Savinien et Taillebourg.

A partir de 1848, le service fut assuré par deux nouveaux navires, la Charente n° 2 et 3 (9).

Mais les trajets étaient longs, non seulement en raison des arrêts, mais aussi de la vitesse très réduite des transports : 9 kilomètres à l'heure en remontant le courant ; dix-huit en le descendant avec la marée. Aussi l'activité de la navigation fluviale déclina-t-elle rapidement sous le Second Empire en raison de la concurrence du chemin de fer.

 Un article de L'indépendant de Saintes, en date du 16 avril 1867 montre bien où allaient désormais les préférences des voyageurs : « Hier lundi les trains ont commencé à circuler entre Saintes et Rochefort.

Le premier train partant de Saintes à 7 h. 50 a emporté plus de 150 personnes. On faisait la queue au guichet des billets.

A 9 h. 50 est arrivé le train de Rochefort amenant aussi beaucoup de monde. Il y avait parmi eux des voyageurs partis de Saintes qui se sont contentés d'aller à Taillebourg ou Saint-Savinien et qui sont revenus presque aussitôt par le train de Rochefort ».

La rapidité et la commodité offertes par la voie ferrée, et bientôt par la route, réservèrent de plus en plus — mais qui s'en plaindra aujourd'hui ? — aux pêcheurs, aux plaisanciers et aux touristes la navigation sur la Charente.

 

Recueil de la Société d'archéologie et d'histoire de la Charente-Maritime et Groupe de recherches archéologiques de Saintes

 

(1). Cité dans Revue de Saintonge et d'Aunis, XXX, 1901, p. 169s. Cet événement fut célébré par une ou plusieurs chansons dont la première serait l'oeuvre du Dr. Viollaud. L'Hirondelle, construite à Bordeaux par Latus frères, était équipée de machines fabriquées à Liverpool par Fawcet et Preston. Sa longueur était de 21,25 m, sa largeur au maître ban de 3,57 m, son creux de 2,41 m, son tirant d'eau de 1m ; ces détails sont donnés par C.A. TREMTSUK, Etat des bateaux à vapeur qui depuis 1818 jusqu'en 1842 ont été construits à Bordeaux ou ont fait la navigation sur la Garonne, la Gironde et la Dordogne.

(2). Arch. dép. Charente-Maritime, 4 S, 1re liasse, dossier 2 : lettre de Morton de la Rochelle (3 septembre 1822) demandant au préfet de la Charente-Inférieure qui lui soit désigné, à Rochefort, un emplacement pour embarquer et débarquer les voyageurs avec sûreté et commodité » ; arrêté préfectoral du 12 novembre 1822 donnait à Morton l'autorisation demandée et lui fixait un cahier des charges.

(3). Construit à Bordeaux-Lormont par Chaigneau et Bichon, il était équipé de machines fabriquées à Bordeaux par Fol aîné et Durieux. (Longueur : 35 m, largeur au maître-ban : 5,66 m, creux : 2 m,). Dans Tremptsuk, op. cit.

(4). De 1835 à 1841, il servit au curage de l'étang de Cazeaux et des passes du bassin d'Arcachon (d'après Tremptsuk, op. cit.).

(5). Les statuts de cette compagnie furent déposés par devant Me Baudry, notaire à Saintes. On trouve parmi les premiers actionnaires des membres d'illustres familles saintaises : le comte de Brémond d'Ars, le baron Lemercier, le Docteur Pierre Alexandre Viollaud, etc.

(6). Il y eut un mort et plusieurs blessés. Sur le Mercure et son histoire, voir Arch. dép. Charente-Maritime, ref. cit.

(7). Ici encore la construction fut bordelaise et les marchés fournis par la maison Facwet de Liverpool. Longueur : 23 m; largeur : 4,27 m; creux : 1,95 m ; tirant d'eau : 0,97 m. Ce bateau remplace le Mercure et était, comme le suivant la propriété de la maison qui exploitait désormais la navigation, Boucheron, Villars et Cie.

(8). Longueur : 32 m ; largeur : 4 m ; creux : 1,94 m ; tirant d'eau : 0,97 m.

(9). Les dernières Charente furent construites par la maison Louis Jollet de Nantes.

 

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