Ce jour de 1373 à Niort, où Bertrand Du Guesclin a recouvré la ville pour le Royaume de France, date historique que les Niortais ont longtemps célébrée.
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A Niort, en 1367, toute activité commerciale et industrielle, avait cessé ; la misère et le dépeuplement étaient à ce point qu'il ne se trouvait pas assez d’hommes valides pour assurer le service du guet.
Niort en 1372-1373
En 1372, les Anglais occupent encore Niort. La ville subit alors de graves violences et est pillée et incendiée par les Anglais.
Cette situation intervient dans le contexte de la reconquête du Poitou menée par Bertrand du Guesclin pour le compte du roi Charles V.
Le 21 mars 1373, Du Guesclin remporte la bataille de Chizé, puis se dirige vers Niort.
Le 27 mars 1373, Niort passe aux mains des Français. Les sources indiquent que la ville est alors prise par surprise, selon une ruse attribuée à Du Guesclin : ses hommes se présentent devant les portes en ayant revêtu des vêtements pris aux Anglais.
C'est dans ce contexte qu'apparaît Guillaume Bonnyot, personnage important de la municipalité niortaise. Il est mentionné en 1373 comme juré de la commune et maire de Niort. Il sera de nouveau maire en 1397
En 1373, Maître Guillaume Bonnyot, juré de la commune, recevant dans sa ville, après le massacre des habitants et le pillage des maisons par les Anglais, le prince apanagiste, n'a pas de peine à lui tracer le tableau navrant de la détresse de ses concitoyens.
Le « prince apanagiste » désigne ici Jean de Berry, frère du roi Charles V et comte de Poitou.
Le duc ordonne divers travaux concernant la réfection du port, des routes, des halles et le creusement de la Sèvre.
Tout cela se fait, sans doute, mais lentement, faute d'argent, de main d'œuvre, de confiance dans l'avenir, et aussi par manque de direction intelligente et méthodique, si bien qu'en 1415, au moment où la guerre se rallume, on n'a pas réalisé grand progrès, sauf dans le port, et tout s'arrête encore une fois pour une vingtaine d'années (1).
Ainsi il convient d'être très prudent lorsqu'on parle de la reprise de la vie économique dans les centres urbains au temps de Jean de Berry.
Il faut l'être encore davantage lorsqu'il s'agit de la renaissance de la prospérité dans les campagnes, et peut-être feu le doyen Boissonnade, pourtant bien informé, a-t-il péché par excès d'optimisme lorsqu'il a écrit :
« Le tiers état urbain et rural fut la classe qui profita le plus de cette accalmie de quarante ans. Les campagnes se repeuplèrent peu à peu. Les paysans remirent en valeur les terres. L'agriculture paraît avoir recouvré en Poitou avant 1422 une partie de son ancienne prospérité » J.
Pour les villes, on vient de le voir, quelques réserves s'imposent. Voyons pour la campagne.
Ce qui a été dit plus haut à propos de violences commises un peu partout peut déjà faire réfléchir ; mais poursuivons l'enquête.
Voici un document qui, dans sa simplicité, en dit long : les notaires font si peu d'affaires que leur « boutique », comme on dit alors, ne suffit pas à les faire vivre, et ils sont dans l'obligation d’exercer un autre métier.
Une ordonnance royale du mois de juillet 1384 leur interdit formellement le cumul de leur fonction avec l'exercice du métier de barbier ou de celui de boucher (3) !
En 1392, les Anglais assiègent le château de Noirmoutier, brûlent les maisons, et emportent tout ce qu'ils trouvent, « tellement que lesditz habitans sont si grevéz et apovriz que grand nombre d'iceulx s'en sont partiz et partent chacun jour par povreté. »
En 1404, c'est le tour de l'île d'Yeu. Et n'oublions pas que nous sommes en période de trêve (4) !
Dans le Bocage, les paroisses d'Antigny, Cezais, Saint-Maurice-des-Nouhes, Saint-Maurice-le -Girard, la Chapelle-aux-Lys ont tant souffert qu'en 1420 le Dauphin, pourtant bien désargenté, accorde quelques soulagements d'impôts pour trois ans.
Ce fut sans doute dans un de ces moments terribles que furent cachés sous les pavés d'une église quelques pièces d'or, qui furent trouvées près d'un demi-millénaire plus tard, probablement le pécule de quelque curé contraint de fuir devant l'ennemi, et qui n'est jamais revenu (5).
L'abbaye de Saint Michel-en-Lherm a renoncé à poursuivre ses travaux de dessèchement dans le marais de Luçon, après avoir, à deux reprises, payé aux troupes du Prince Noir d'énormes rançons.
Société des antiquaires de l'Ouest
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==>Jean de Berry comte de Poitou, mécène de l’art au Moyen Age
(1). L. Favre, op. cit., p. 85 et sq.
(2). P. Boissonnade, op. cil., u. 148.
(3). Revue du Bas Poitou, 1898, p. 45.
(4). Loquet, Baronnies., in Soc. Em. Vendéé, 1906, p. 29, 35.
(5). B. Fillon et O. de Rocheboune, Poitou et Vendée, art. La Châtaigneraie, p 15.