PHystorique- Les Portes du Temps

28 octobre 2020

1147 Partant pour la croisade, donation à l'Absie de Sébrand Ier Chabot, seigneur du petit château de Vouvant et de Mervent

1147 Partant pour la croisade, donation à l'Absie de Sébrand Ier Chabot, seigneur du petit château de Vouvant et de Mervent

 

Donation à l'Absie de Sebrand I Chabot, partant pour la croisade.

(Vers 1147) (p. 25.)

Bibl. nation. —F. franc. 17048, f. 33.

Sebrandus Chabot, volens ire in Jherusalem, coram Deo et reliquiis Sanctorum, accepto baculo et pera, in ecclesia beati Nicolai, reconcessit Rainerio (l) abbati et monachis Absie, terragia de Macinee, sicut vice prima dederat et concesserat, et terram Hugonis Rufi (2), et omnes terras à feodatis suis illis datas. Reconcessit etiam se servaturum et defensurum domum supradictam, cum possessionibus suis, osculans ipsum Rainerium et fratres qui cum eo aderant, et deprecans eos ut se in orationibus suis Domino Deo commendarent.

Testibus Sal. de Brolio, Goffrido de Logefogerosa (3), in domo de la Jaudoneria, et multis aliis circumstantibus.

 — Hec supradicta et omnia dona Sebrandi Chabot, Tebaudus filius (4) ejus concessit supradicto abbati Rainerio et fratribus Absie, in ecclesia sancti Nicolai, audientibus supradictis testibus. (Circà 1147).

 

 

 

Autre donation du même, après son retour de la Croisade

(p. 25.) Bibl. nation. — Coll. Decamps, t. 103.

Nous avions dit dans notre histoire que nous ne connaissions pas de document qui établît que Sebrand I eût réellement pris part à la Croisade ; celui-ci prouve qu'il avait fait le voyage de Jérusalem. Nous le devons à l'obligeance de M. l'abbé Drochon qui nous l'a indiqué; nous n'en connaissons pas la date.

 

Ego Sebrandus dedi et concessi monachis Absie, in presentia Willelmi abbatis in Capitulo, anno scilicet quo perrexi in Jherusalem, meam partem terragii de terris de Macineas, quas tum possidebam, et de omnibus aliis quas in futuro adquisituri sunt, ut libéré habeant in perpetuum et possideant.

Testibus Airaudo de Niolo (5), Briantio de la Mota (6), Atho Chabirand, Aimerico Bodino.

 

 

 

Sebrand, évêque de Limoges (p. 28.) second fils de Sebran I Chabot

Sébran, qui fut archidiacre de Thouars, puis doyen de l'église de Poitiers. Il fut élu évêque de Limoges en février 1178.

Ex antiq. exempl. Speculi Sanctoralis Lemovicensis, anni 1320, apud Labbe, Bibliot. nov., II, p. 269.

 

DE SEBRANDO.

 

Domnus Sebrandus Chabot, Pictavensis dioecesis, archidiaconus de Thoars, electus fuit anno 1177, 4 Idus Februarii.

Displicuit Henrico regi Angliae, quoniam oderat les Chabots. Unde canonici electionem ejus non fuerunt ausi Lemovicis, et proinde apud S. Aredium publicarunt. Quare suis bonis privati dijecti fuerunt à propriis domibus, et Ecclesia Cathedralis divi Stephani uno et viginti mensibus divinorum caruit administratione et exercitio mysteriorum. Verum die Paschae, anno Domini 1186, cum populus sacra percepisset, invocato nomine Dei, Sebrandus, Vicecomes, milites et populus pugnaverunt contra sex millia Barbansonum Ecclesiam Dei vastantium, totamque patriam depopulantium, eosque per totam Combralliam persequentes fere omnes peremerunt. Hic majus cymbalum Cathedralis S. Stephani fieri misit, unde sequens versus in cymbalo scriptus habetur :

Me dedit Antistes Sebrandus, et hoc mihi nomen.

Sed vita functus anno Domini 1197, sepultus est in monasterio S. Augustini.

 

 

 

Lettre de Sebrand, évêque de Limoges (p. 30.) Bibl. nat. mss. — Pièces origin., 643, f. 202.

Sebrandus, Dei gracia, Lemovicensis episcopus, omnibus tam presentibus, quam futuris, in perpetuum. Notum fieri volumus, quod cum Aimericus de Rupecavardi propter dampna et gravamina et indebitas consuetudines et exacciones, quas pluribus ecclesiis et ville sancti Augustini de Forges intulerat, sepultura careret, Aimericus de Rupecavardi (7), filius ejusdem Aimerici et Aimericus Bruni, qui terram et filium ejusdem mortui balliabat, ante nos apud Rupemcavardi constituti, prestita fide in manu nostra firmaverunt, et post illos Aimericus de Castellonovo et P. filius ejus et Geraldus Vigers et P. de Lajaon, Gerardus Lobisenz et Radulfus et alii prepositi, bajuli et servientes prefati A. de Rupecavardi, super sanctum evangelium in presentia nostra juraverunt, quod ipsi de cetera villam et terras et homines de Forges ab omni exaccione, inquietacione et consuetudine liberè penitus emancipatam absolvebant, et quod illi in tota villa de Forges et pertinenciis ejus, in blado et denariis et omni rerum servicio, preter lo Forestatia et viginti solidos, quos feodales prenominati A. de Rupecavardi super villam de Forges et homines ejus exactorie et per violentiam posuerunt, et quibus eandem villam cum omnibus pertinentiis suis manutenere et ab omni malignantium defensare tenentur incursione, per se vel per alios non requirerent nec eam gravarent, et quod pedagium de villa de Forges non requirerent, sed eam à pedagio solutam et liberam esse concedebant.

Ipse vero Aimericus de Rupecavardi et A. Bruni jam predicti, post acceptum inter se consilium ante nos aperte recognoverunt quod ipsi in villa de Forges et hominibus et pertinenciis suis, preter lo Forestatia et viginti solidos, ut supra dictum est, nichil penitus habebant nec querere debebant ; his presentibus testibus ; J. decano Lemovicensi et P. de Veirac, archipresbytero, magistro Geraldo archipresbitero de Ronconio, B. priore Castaliensi, Guidone priore Salensi, Helia Aimerici canonico Lemovicensi, R. abbate sancti Martini, Bartholomeo et Bartholomeo monachis sancti Augustini, et P. Capellano nostro et multis aliis. Quod factum, ut firmum semper et memoriale permaneat et inconcussum perseveret, sigilli nostri auctoritate confirmari fecimus et consignari. (Circà 1192.)

 

 

Donation à l'abbaye de l'Absie, par Thibaud II Chabot (fils de Sébrand Ier Chabot)

né vers 1100, seigneur de Vouvent, d'Oulmes, de la Roche-Servière, de la Grève et autres lieux.

(p. 31.) Dupuy, Mss. 828, f. 108.

 

Vers 1185, « Thibaud Chabot, sentant sa fin approcher, légua, pour assurer le service divin dans la chapelle de Saint-Thomas qui allait être construite à l'Absie, le quart des biens que les seigneurs de Chantemerle lui avaient donnés dans le Candais.

Thibaud son fils et Marguerite sa femme consentirent à cette donation. » C'est ainsi que s'exprime l'Inventaire des donations de l'abbaye de l'Absie.

Il nous semble pouvoir en conclure que cette Marguerite, femme de Thibaud II, était de l'ancienne maison de Chantemerle, et que ces seigneurs de Chantemerle, Pierre, Guy et Aimery, qui avaient doté leur soeur étaient les trois frères de celle-ci.

En outre, le titre de seigneur de Chantemerle commence dans la personne de Thibaud III, fils de Thibaud II, à être réuni aux autres titres des Chabot.

 

Theobaudus Chabot, jam morti contiguus, quartam partem de omnibus boscis, quam Domini de Cantamerula donaverant in Candaisio, (donat. Absie) ad serviendam capellam sancti Thome edificandam tune apud Absiam, presente Rainerio abbate. Concesserunt ibidem Theobaudus filius et Margareta uxor sua, MCXXXV. (1135).

 

 

 

 

 

 


 

(1). L'abbé de l'Absie, Rainier, était un Chabot, si nous en croyons D. Fonteneau (T. LII), dont le témoignage nous a été communiqué par le savant abbé Drochon, curé actuel de l'Absie. Nous ne savons à quelle descendance appartenait ce Rainier.

(2). Hugues de Lusignan.

(3)- Goffridus Meschinus de Logefalgerose ; Loge Fougeureuse, Lobga –Faugerosa, Saint Gilles, prieuré de Clunistes, uni à Saint Paul en Gâtine, diocèse de Maillezais.

(4) Thibaud, fils de Sebrand et Hadellie (Hadellia), fille de Hugues du Puy du Fou,

(5) Airaud Chabot , troisième fils de Pierre I, abbé l 'abbaye Saint-Vincent de Nieul sur l’Autize.

(6) Briantio de la Mota (Motte de Nieul)

(7) Aimery de Rochechouard, le château de ses vicomtes, on sait que Rochechouart, qui appartenait au diocèse de Limoges, était en terre poitevine et dépendit, jusqu’en 1790, de la généralité de Poitiers.

La maison de Rochechouart est issue d’Aimery 1er de Limoges, surnommée Ostrofrancus, cinquième fils de Giraud, vicomte de Limoges. Il fut le premier vicomte de Rochechouart. Geoffroy, prieur de Vigeois, parle de lui dans le chapitre de sa chronique. Il vivait en 1018. Son fils, Aimery II, est nommé dans un titre de 1037.

Aimery III ?

 

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27 octobre 2020

THIBAUD Chabot, seigneur de la Grève et du petit château de Vouvant part rejoindre les troupes de Charles VII à Chinon

THIBAUD Chabot, seigneur de la Grève et du petit château de Vouvant part rejoindre les troupes de Charles VII à Chinon

Avec Louis 1er Chabot, fils de Thibault Chabot et d'Amicie de Sainte-Maure, commence la quatrième maison.

Louis Ier Chabot (vers 1370 – 1422), seigneur de la Grève, de Chantemerle et du petit château de Vouvent

épousa en 1404 Marie de Craon (vers 1375 – mars 1420), fille de Guillaume de Craon, vicomte de Châteaudin, laquelle lui apporta en dot les seigneuries et terres de Moncontour, Marnes, Montsoreau, Colombiers, Savonnière, Jarnac, Précigny, Verneuil et Ferrières.

 

Louis Chabot mourut en 1422,  laissant de son mariage :

 

Thibault Chabot IV, qui continue la descendance des seigneurs de la Grève ; Renaud Chabot, tige des seigneurs de Jarnac, Jean et Anne Chabot, morts sans alliances.

Thibaut Chabot, chevalier, seigneur de la Grève, de Chantemerle, du Petit-Château de Vouvant, obtint encore du chef de sa mère les terres de Montcontour, de Marnes, de Ferrières, de Verneuil, de Précigny, de Colombiers, de Savonnières, de Monsoreau, Ferrières-Larçon etc.

Le 17 mars 1422 il rendit hommage au roi pour sa terre de Pressigny.

Dans la même année, par contrat du 21 juin, il épousa Brunissente, fille aînée de Guillaume de l'ancienne et noble famille d'Argenton, en Poitou, depuis gouverneur de Louis, Dauphin, fils aîné de Charles VII et de Jeanne de Naillac,

Il eut pour gouverneur et administrateur de ses affaires, Jean l'Orson, prieur d'Angles aux Chanoines.

Il avait le bail (1) de ses frères et soeurs en 1427, et il fut tué en soutenant la cause de son pays et de son roi, à la journée des Harengs, contre les Anglais, en 1429, pendant le fameux siège d'Orléans.

 

Ce combat, où le duc de Bourbon fut défait en voulant s'emparer d'un convoi qui venait au camp des Anglais, devant Orléans, dont ils faisaient le siège, fut appelé la journée des Harengs, parce que dans le convoi il y avait une grande quantité de caques de ce poisson.

A ce moment sa situation de fortune était très obérée et sa veuve dut vendre ses terres de Pressigny et de Verneuil, la première à Bertrand de Beauvau, la seconde à Jean d'Oiron.

 Elle sauva ainsi Montsoreau en même temps qu'elle pouvait rembourser le duc d'Alençon, principal créancier de son défunt époux.

 

 

 

ILS EURENT POUR ENFANTS :

 1° Louis Chabot (IIe du nom), qui suit.

Catherine Chabot, , Dame de Moncontour, mariée par contrat passé à Saumur, le 6 mars 1445, à Charles de Châtillon-sur-Marne, seigneur de Sourvilliers, de Marigny, de Bouville et Farcheville , fils de Charles de Châtillon , seigneur des mêmes terres, et de Marie des Essarts, qui elle-même était fille aînée d'Isabelle de Vendôme (2).

 

 « Entre autres choses (dit André Duchesne), " elle eut en mariage la somme de deux mille six  cents écus d'or au coin du roi Charles VII,  ayant cours pour vingt-deux sols parisis pièce,  dont une partie seulement fut versée comptant; pour le reste, son mari, après la mort de Catherine, arrivée en 1466, intenta un procès à sa belle-mère et à son beau-frère, et un arrêt du Parlement du 15 mai 1467 ordonna que la terre de Montsoreau fût mise en gage entre les mains du demandeur jusqu'à complet paiement de la somme réclamée.

Jeanne Chabot, Dame de Montsoreau et d'Argenton épousa par contrat du 17 mars 1445 Jean de Chambes, seigneur de Fauguernon et de Vilhonneur, premier maître d'hôtel du roi, qui acquit la terre de Montsoreau de son beau-frère.

Son contrat de mariage fut passé en présence de Prégent de Coitivi, amiral de France, de Perceval Chabot, seigneur de Gonnor, et autres seigneurs.

Elle était première dame d'honneur de la reine Charlotte de Savoie, deuxième femme de Louis XI, en 1473 et les années suivantes, avec deux mille francs de pension ; elle en donna quittance de demi-année, le 1er juin 1478, à Guillaume de Nève, trésorier et receveur général des finances en Languedoc, où se voit son sceau en cire rouge sur queue de parchemin, où il paraît encore en partie. Au premier, un lion couronné ; au deuxième, trois chabots ; pour légende : Scel Jehanne... Dame.... de Montsoreau.

Montsoreau. reconnut avec Jehan, son fils, le 26 septembre 1493 , avoir reçu d'Antoine Bayart, receveur général des finances de Languedoc, trois milles livres en déduction de trente-sept mille sept cents livres à eux dues par composition faite en récompense des biens meubles de Colette de Chambes, femme du vicomte de Thouars, dont ils étaient héritiers.

 

Louis Chabot, IIe du nom,

Chev., sgr de la Grève, Montsoreau, n'avait que 6 ans à la mort de son père et eut pour tuteur Guillaume d'Argenton, son aïeul maternel, qui se montra très peu scrupuleux dans l'administration de la fortune de son pupille; il vendit plusieurs de ses terres et rentes à Pierre Goullart, Chev.

En nov. 1438, après avoir pris la précaution de faire émanciper son pupille, alors âgé de 15 ans, il lui fit vendre à Jean d'Oiron, Ec., moyennant 1115 écus d'or, le château et terre de Verneuil, sis dans la chàtellenie de Loches.

Le 26 déc. 1440, Louis paya au Chapitre de Nantes 2,000 écus d'or vieux, en acquit du capital d'une rente constituée par son père en 1426, au profit de ce Chapitre.

A sa majorité, Louis se trouva, par suite de ces remboursements et de la mauvaise gestion de son tuteur, privé de plus de 500 l. de rente, et dépouillé du château de Précigné. Il avait à peine 19 ans, le 19 mars 1441, quand il reçut de Charles, duc d'Orléans, l'ordre du Camail ou du Porc-Epic

 Il épousa, le 3 juin 1444, Jeanne DE COURCILLON, fille de Guillaume, Chev., capitaine de Chartres, et de Thomine de l'Espine. Il reçut, le 18 oct. 1448, comme sgr de Montsoreau, hommage de Louis de Bournan, Chev., sgr du Coudray, pour la sgrie du Coudray.

Le 9 janv. 1453, il fit donation au prieuré de Savonnières en Anjou, de toutes les dimes en blé, vin, lin, chanvre, etc., qu'il percevait entre le Cher et la Loire.

Il fit son testament le 5 mai 1453, voulant aller au commandement et service du roy, en la conqueste de Guienne, contre ses anciens ennemis les Anglais, etc., etc., dans lequel il ordonne le paiement de ses dettes, sur le revenu de ses terres, confirme la donation mutuelle faite par lui à Jeanne de Courcillon, sa femme, nomme ses exécuteurs testamentaires, Regnaud Chabot et Jean de Chambes, et élit pour sa sépulture l'église de Moncontour.

Le 20 juil. 1458, il fit hommage pour la sgrie de la Grève au Vicomte de Thouars. Il eut des démêlés avec Antoine d'Argenton, fils de Guillaume, son tuteur, au sujet de la reddition de son compte de tutelle.

Le procès durait depuis 3 ans, lorsqu'un arrangement, homologué par le Parlement, eut lieu entre les parties, le 27 juill. 1460.

Cet accord attribuait à Louis Chabot le château et la terre d'Argenton, mais il craignit, sans doute, d'être inquiété dans sa possession, car il demanda et obtint du roi Louis XI des lettres du 19 avril 1461, qui le reconnaissaient comme sgr d'Argenton.

 Néanmoins Antoinette d'Argenton, femme de Jean de Montenay, se portant héritière de son frère Antoine, réclama le tiers des biens cédés par la transaction de 1460, mais Louis fut maintenu dans sa possession.

 Pour récompenser ses services, Louis XI le nomma son conseiller et chambellan. Louis Chabot commandait, dans une montre de 1467, 30 hommes d'armes, et en 1468, il assista, à Tours, à l'assemblée des Etats, où il y prit séance parmi les principaux sgrs du Poitou.

Etant devenu veuf de Jeanne de Courcillon, qui fit son testament le 26 août 1412, il épousa en secondes noces Hesceliue ou Gosceline CHAPERON, comme il appert d'un appointement daté de 1480, entre Jeanne Chabot, Dame de Montsoreau, veuve de Jean de Chambes, d'une part, et Gosceline Chaperon, veuve de Louis Chabot, d'autre part.

 

 

 

 

Notice historique et généalogique sur la maison de Chabot, et autres pièces concernant cette maison

 

 

 

 

 


 

(1) Il avait le bail de ses frères et soeurs, c'est-à-dire que leurs partages n'étaient pas faits, qu'il jouissait de la gestion de tous les biens, sur lesquels il leur payait annuellement leur part.

 

(2) Cette illustre maison de Châtillon-sur-Marne a produit un pape, un saint, des vidames de Reims, des comtes de Saint-Paul, de Dunois, de Soissons, de Guise, de Penthièvre, et un duc souverain de Bretagne (Charles de Blois), des comtes de Périgord, vicomtes de Limoges, seigneurs de Mayence, d'Avaugour, etc.

26 octobre 2020

Thibaud Chabot, seigneur de la Grève, donnait à l’abbaye de Saint Jean d’Orbesier, son domaine de la Sébrandière

Thibaud III Chabot, chevalier, seigneur de Rocheservière et de la Grève, donnait à l’abbaye de Saint Jean d’Orbesier, son domaine de la Sébrandière près de Fontenay-le-Comte

THIBAUD III Chabot, fils unique de Thibaud II et de Marguerite de Chantemerle, chevalier, seigneur de la Roche-Cervière et de Chantemerle.

En 1184, Thibaud III témoigna sa charité envers le monastère d'Orbestier, près des Sables-d'Olonne, par un acte de donation où nous trouvons des détails intéressants.

« Pour le salut de son âme, de l'âme de son fils Sebrand, de sa femme, mère de celui-ci, il donne à Dieu et à l'abbaye de Saint-Jean d'Orbestier le lieu appelé la Sebrandière, dans la paroisse du Gué de Velluire, près de Fontenay-le-Comte. »

 

Fondation du prieuré de la Sebrandiere, par T. Chabot.

Quoniam per diuturnitatem temporis multociens labitur hominum memoria ideireo velabantur ex tempore que geruntur ab homine, ad majorem confirmacionem scripture testimonio sunt traddenda. Innotescat igitur tam presentibus quam futuris presentem cartulam inspecturis qnod ego T. Chaboz, pro salute anime mee et filii mei Seibrandi, ipso tamen ex parte sua dante et concedente, et pro salute uxoris mee, matris ejus, ac pro redempcione omnium parentum meorum, dedi in puram et perpetuam helemosinam Deo et abbacie Sti Johannis de Orbisterio ac fratribus ibidem Deo servientibus locum meum qui dicitur Seibrandere cum pertinenciis suis, terras scilicet et prata et nemus, sicut eisdem fratribus percalcando monstravi, ut libere, quiete et pacifice in perpetuum habeant et possideant. Dedi eciam monachis ibidem manentibus licenciam et concessi habere canes ad domum suam vel ad animalia sua et peccora custodienda. Ipsi vero receperunt me in fratrem et filium meum et participes fieri tanquam unum ex ipsis in totis beneficiis ecclesie sue. Concesserunt etenim michi me et filium meum et uxorem meam et matrem Seibrandi ad obitum nostrum esse conscritos in kalendario suo, et anniversaria nostra et parentum nostrorum annuatim in abbacia sua celebrari, et oratorium ad honorem beate Marie perpetue virginis in predicto loco construere in quo divina duo fratres celebrarent. Hoc vero donum dedi et concessi libere et absotute custodiri in manu domini Guillelmi episcopi Pictavensis cum, interventu meo, descenderet ad benedicendum locum quo oratorium prescriptum debebat construi, qui ammonicione sua ibidem coram se me fecit Stephanum abbatem et fratres suos de elemosina hac revestiri. Concessit autem dominus Seibrandus patruus meus, Lemoviceiisis episcopus, hoc donum, qui eciam adtestatus est, Saildebroil presente et aliis pluribus, ipsum locum nomine Seibrandere esse de legitimo jure patrimonii mei et sui. Ut ad majorem et firmiorem custodiam hec présens cartula permaneat, sigilli mei munimine roboravi, anno Verbi (Incarnati) M° Co LXXX° IIII.

 Testes hujus rei :  P. Achardi decanus Marolii, Girardus de Borg, Ugo de Fontanis, Gullelmus Boez, quos ipsi monachi in fraternitate sua receperunt, et plures alii.

 

Guillaume Tempier, évêque de Poitiers, du consentement de Sébrand Chabot, évêque de Limoges et oncle de Thibaud, fit renouveler en sa présence cette même donation, en faveur d’Etienne abbé de Saint Jean d’Orbestiers, et bénit l’emplacement où l’on allait construire la chapelle près du marais Gargouillaud.

 

 

Au mois de mars 1258, un autre Thibaud Chabot, petit Fils du fondateur du prieuré, fait au prieur l’abandon du bois de chauffage, que son aïeul s’était réservé.

Nous citons cette charte d’après une copie de 1454. C’est un monument curieux du langage bas-poitevin, au milieu du treizième siècle.

« Ge Thibaut Chabot, chevalier, sire de chasteau Nou et dau chasteau de Voluyre, foys assavoir à tous ceulx qui ceste présente chartre verront et orront, que cum je oguisse mon chaufage en tretouz les boys qui appartènent et appartenir povent et dèvent à la maison de la Sainbrandière, qui moet (qui meut) de l’abbaye de Monsieur sainct Jehan d’Orbestier, je foys assver à tous, que le devant dit eschauffage, je, de ma pleine volunté, ay donné et lessé et quipté et octroyé pour le salut de l’arme (âme) de mo, père et de touz mes ancestres, en pure et pardurable aumosne à Dieu et à Nostre-Dame saincte Marie, et à l’abbé et au couvent de la devantdite abbaye de Monsieur sainct Jeahan…

« Ce fut en l’an de l’Incarnation Jhésu Crist, mil CC cincquante et huyt, en mys de mars »

 

Douze ans plus tard, le prieuré de la Sébrandière était possédé par un nommé Hugues Monéer. Atteint d’une maladie grave, Hugues fit, le 9 décembre 1270, son testament, par lequel il donnait à l’abbaye de Saint Jean d’Orbestiers, une vigne situé à Sainte Soule en Aunis, avec ses bâtiments et son mobilier, plus ses meubles, immeubles et acquêts, à André, moine de la Sébrandière.

Voici, d’après une copie de 1454, la teneur de ce testament dans ses points principaux :

« En nom du Père, du filz de feu Aymeri Monéer de Niort, posez en l’einfermetez de mon corps, disposze et ordonne mon testament en yceste manère.

Je, Hugues dessus nommez…., pour le salut de mon âme et de mon père et de ma mère et de mes antécesseurs, qui trépassez sunt, done à Dieu et à Madame saincte Marie, à l’abbé et au couvent de Monsiegneur sainct Jehan d’Orbestier trestout mon truyl, lequel je conquis et édiffiay en Aunis, et est assis en la parroche Saincte Sole.

Et en considération des dons dessus nomméz, l’abbé et le couvent…. M’ont doné et octroyé et establi ung chapellain qui chantera et célèbrera à tous jours, en leur abbaye, la messe pour l’erme (lâme) de moy, et pour tous mes amys deffuns…..

Et à la maison de Saynbrandère, en laquelle je ay longtemps conversé, et à frère André, moyne de Sainct Jehan d’Orbestier, pour le bien et pour l’enour (l’honneur) qu’il m’a fait en ma santé et en ma maladie, done tous mes meubles et non meubles et toutes mes conquestes.

Et afin que mes successeurs n’en puissent rappeler dès ores mays aux dons dessus nommez…., je Hugues…y appose mon propre seyau… en testimoine de vérité.

Encore commant (commande) requier et pri que le testament soit séellez de seya au prieur de Leçon (Lesson) et dau seyau au chapelain de Vis (Vix).

Ycest testament fut fait le madi emprès la Conception Nostre Dame saincte Marie, l’an de  l’Incarnation Jhésu Crist, mil deux cens soixante et diz. »

Hugues mourut peu après cette date. Son testament fut attaqué par ses neveux, et modifié par une charte du mois de juin suivant. Les héritiers gardèrent le vignoble et l’herbergement de Sainte Soule, moyennant une rente annuelle de 12 livres, payable par moitiè « à la feste Nostre Dame saincte Marie, me aougst, et à Pâques seguans. »

Ce modeste établissement monastique n’eut pas la bonne fortune des petites gens. Son obscurité ne la protégea pas contre le vandalisme des huguenots.

La chapelle fut ruinée par les calvinistes, et reconstruite.

Le prieuré survécut aux affreux ravages dont les guerres religieuses épouvantèrent le Bas Poitou, et jusqu’au dix-huitième siècle, l’abbé d’Orbestier percevait encore un revenu de 500 livres sur le prieuré de Saint Jean de la Sébrandière.

On conservait jadis dans la chapelle Sainte Marie du marais Gargouillaud une statue de la Vierge en pierre noire. Chaque année, le jour du Vendredi Saint, dit une pieuse légende, la Vierge Mère pleurait en présence des fidèles.

On dit que sous François 1er, un délégué de l’évêque de Maillezais se présentait dans la chapelle, pour recueillir les larmes de la statue miraculeuse.

 

 

L’ancien prieuré fut complètement réaménagé et deviendra le Château de la Sebrandière construit sous le second Empire.

 

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1182, Don de Richard Cœur de Lion, comte de Poitou et seigneur de Talmont à l’abbaye Saint-Jean d'Orbestier

1182, Don de Richard Cœur de Lion, comte de Poitou et seigneur de Talmont à l’abbaye Saint-Jean d'Orbestier

La seigneurie de Talmont, d'abord confondue dans le comté de Poitou, en devint cependant distincte vers 1025 en faveur de Guillaume-le-Vieux ou le Chauve qui fonda l'abbaye de Talmont vers 1040.

Ensuite, nous trouvons le titre de seigneur de Talmont porté tant par les successeurs et ayant-droit de Guillaume-le-Chauve que par les comtes de Poitou eux-mêmes.

C'est ainsi que nous voyons Richard Cœur-de-Lion, alors comte de Poitou et non encore roi d'Angleterre, confirmer la fondation, du monastère d'Orbestier, par une charte, datée de 1182, dans laquelle il prend les titres de comte de Poitou et seigneur de Talmont.

Cette charte fut donnée en présence d'Aimery vicomte de Thouars, de Geoffroy de Lusignan, de Guillaume de Lezay, de Pierre de la Garnache, de Pierre de Bulhon (ou de Bouille), Raoul de Mauléon qui s'étaient rassemblés, dans un but de chasse, à la maison de plaisance que Richard avait fait bâtir au bord de l'étang de Port-Juré, appartenant aux moines d'Orbestier.

Par cette charte, qui fait partie du cartulaire d'Orbestier, le domaine et les droits du monastère sont sensiblement accrus. Richard accorde notamment aux moines le droit d'avoir deux navires marchands dans le port d'Olonne, d'avoir des vasières à poissons, d'avoir le droit de coutume, c'est-à-dire de péage pour tous les poissons à pêcher sur le rivage de leurs terres; et il leur fait remise de son propre droit à cet égard.

 

 

(Richard et sa mère Aliénor d'Aquitaine - château de Talmond Saint Hilaire)

 

 

Don fait par Richard Cœur de Lion, comte de Poitou, à l'abbé Brient. (Cart'n° 150.)

Omnibus in Christo fidelibus ad quos presens scriptum patebit R. comes Pictavensis, filius regis Anglie, salutem in Vero Salutari.

Ad noticiam universorum perveniat quod ego R. comes Pictavensis, cum essem apud Pictavim in aula mea, abbas Briencius, dilectus meus, michi representavit cartulas abbacie sue Orbisterii in quibus vero cartulis coram me lectis didici quod ad fondamentum ecclesie Sti Johannis de Orbisterio antecessores mei dederant totam terram cultam et incultam, a torrente Illicum usque ad Portum Juratum, liberam et absolutam in perpetuum possidendam, et totam landam maritimam similiter liberam; dederant quoque in elemosinam et concesserant omnia illius ecclesie monachis necessaria per totum nemus Orbisterii tam in domibus quam in aliis rebus, et pascua quorumlibet animalium ut libere et quiete boves, oves, capre, porci et quecumque animalia quicquid ad esum eorum in nemore esset haberent. Ad quod ego R. intendens, divina inspiracione compunctus, qui multas injurias, multas vexaciones per famulos meos de Thalemundo antea eidem ecclesie injeceram,Omnia jura sua in nemore, in landis et in terries reddidi, et non solum reddidi sed eciam sicut antecessores mei dederant dedi et concessi eidem abbacie. Hoc sub scripto servari precepi et sigilli mei munimine roboravi. Res enim suas tamquam meas in deffensione mea suscepi. Sciendum est quod abbas Briencius a me peciit grangias suas transferri in landa maritima, quod benigniter concessi et ipsam landam ad cultum sive ad pascuum animalium quiete et pacifice in perpetuum possidere, presente R. de Maleonio, qui ex parte sua eidem abbacie hec omnia suprascripta mecum ibi dedit et teneri concessit.

Testes Guillelmus episcopus Pictavensis, G. de Leziniaco, Guillemus de St  Laurencio, Guillelmus. …..Arbertus Rnffi et plures alii. Anno Verbi gracie millesimo centesimo LXXX° I°.

4. Confirmation et ampliation de la charte de fondation par Richard Cœur de Lion, comte de Poitou. (Carte n° 388, et n° 54, vidimus donné le 3 septembre 1398 par Jean Champaigno, notaire des cours de Poitou.)

 

Droit d'amirauté c'est-à-dire d'épaves et de naufrage, des seigneurs de Talmont, est compris dans la charte de 1182, déjà citée, ou Richard Cœur-de-Lion confirme et étend la fondation de l'abbaye d'Orbestier.

« Si les hommes des moines, y est-il dit, retirent quelque chose des navires échoués et submergés par la mer, sur quoi je puisse avoir quelque droit, je donne aux dits moines tout ce droit et domaine ».

Les noms d'amiral et d'amirauté n'étaient pas encore usités Richard concéda le droit d'épaves et de naufrage dans la proportion des droits qu'il y pouvait avoir.

 

 

 

1182.

In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti. Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris presens scriptum inspecturis quod ego Richardus, filius Anrici regis Anglie, comes Pictavensis et dominus de Thalemundo, do et concedo Deo et abbacie et monachis Sti Johannis de Orbisterio, pro salute anime mee, patris et matris mee et parentum meorum, locum in quo abbacia Sti Johannis de Orbisterio est fundata, cum omnibus pertinenciis suis, quibuscumque et ubicumque sint in dominio meo de Thalemundo, terris cultis et incultis, pratis, vineis, nemoribus, silvis et aquis, domibus, possessionibus quibuscumque à torrente IIIicum usque ad Portum Juratum et tocius Portus Jurati ingressum, hinc et inde, usque ad recessum maris, et stagnum de Portu Jurato usque ad prata Ogerii et a pratis Ogerii usque ad Quercum Croux, et totas landas maritimas usque ad Quercum Crous et a Quercu Crous usque ad pratum Ascelini, et medietatem prati Ascelini sicut dividitur certis metis, et a prato Ascelini usque ad exitum foreste mee de Orbisterio, usque ad viam que ducit viatores qui de portu Olone ambulant apud Thalemundum, et a via que ducit viatores de portu apud Thalemundum usque ad torrentem IIIicum, qui defluit per gulam de Doctis in mare, et usque ad recessum maris, et omne nemus quod includitur infra metas superius nominatas, ad faciendam suam plenariam voluntatem.

 Item, dono et concedo predictis monachis usagium plenarium et eciam liberum per totam forestam meam de Orbisterio, ad quocumque opus voluerint faciendum et ubicamque votuerint ad opus eorum deportare per totum territorium Thalemondi, ad quelibet edificia facienda, reedificanda, construenda vel eciam reparanda, sine deffensione aliqua quam in predicto usagio ego Richardus predictus vel heredes sive successores vel battivi sive forestarii mei vel successores eorumdem possimus imponere vel inferre, et pascua plenaria et libéra ad omnia animalia predictorum monachorum nutrienda vel eciam depascenda cujuscumque sint generis, sive sint predictis monachis propria animalia sive sint parcionaria et lecterias ad eorumdem opus animalium per totam forestam meam Orbisterii.

Hec sunt dona, concessiones et libertates quas ego Richardus, comes Pictavensis et dominus de Thalemundo, pro salute anime mee, patris et matris mee et parentum meorum, do et concedo monachis et abbacie Sti Johannis de Orbisterio, sciticet villam de la Biretere cum omnibus pertinenciis suis, villam de la Lavendere prope Thalemundum cum pertinenciis suis, villam de la Grandetere cum pertinenciis suis, villam de la Pironere cum omnibus pertinenciis suis; et omnes homines habitantes vel habitaturos presentes et futuros infra metas superius nominatas et successores predictorum hominum predictis monachis manumisi et quicquid jurissive dominii quod habebam vel habere poteram in hiis et super aliis superius nominatis nichil omnino michi vel heredibus meis neque successoribus meis retineo. Prefati vero monachi dederunt michi prata Ogerii in quibus pratis stagnum construxi. Et propter hoc donum ego do predictis monachis furnum meum proprium de Thalemondo et quicquid juris et dominii habebam vel habere poteram in predicto furno, et hoc volo et concedo quod dictum furnum dictorum monachorum calefaciatur de foresta Orbisterii de feodo forestarii et de branda. Dedi eciam feras quascumque quocumque modo, ad opus infirmorum et hospitum, infra metas corum ipsi monachi vel servientes eorum poterunt comprehendere vel eciam detinere. Et in recompensacionem malorum que aliquociens eisdem abbacie et monachis feceram et intuteram, vel mei nomine meo, et in augmentactone dictorum abbacie et monachorum et specialiter pro salute anime mee, patris et matris mee et parentum meorum preteritorum, presencium et futurorum volo et concedo et confirmo et dispono quod si dicti monachi de quibustibet successoribus meis dictam forestam meam ultra plus quam medietatem cognoverint devastari, et hoc significent ad dominum regem Francie et dominum episcopum Pictavensem qui pro tempore erunt; et ipsi provideant et disponant fideliter et observant ne dicti monachi possint amictere sua jura que habent et in predicta foresta possident et sua usagia sicut superius sunt expressa.

Et si terre foreste devastate remanserint et inculte, volo et concedo de terris vastate foreste dicti monachi ex dono meo perpetuo percipiant et habeant et explectent libere, pacifice et quirte tantum et quantum potuerint et excolere voluerint de foresta devastata et de dictis terris, quas ego Richardus predictus dono predictis monachis, ipsi monachi possint omnino facere suam plenariam voluntatem : ita tamen quod illas terras cultas et incultas dicti monachi possint tradere ad colendum quibuscumque colonis et quocienscumque et ad quantoscumque colonos viderint expedire. Volo et concedo quod coloni predictarum terrarum [et heredes] predictorum colonum sint immunes et lberi per totam forestam meam Orbisterii ab omni costuma et servicio, preter illa que a dictis monachis exhibentur; et habeant dicti coloni usagium in dicta foresta Orbisterii ad sua edificia facienda et ad quadrigas et quadrugas et ad alias circumstancias ad opus culture necessarias, et caufagium predictum in dicta foresta ad opus predictorum colonum de feodo forestarii et de branda, et pascua universis animalibus predictorum colonum et lecterias per totam forestam meam Orbisterii. Insuper volo et concedo ut dicti abbacia et monachi habeant duas naves mercatorias in portu Olone proprias sive parcionarias, que possint per totos portus meos navigare et transire libere, pacifice et quiete et asportare que sunt necessaria monachis supradictis. Volo eciam et concedo quod dicti monachi vel homines eorumdem monachorum habeant vayssellab piscatoria, propria sive parcionaria, quantacumque voluerint vel potuerint habere in portu Olone ; de quibus vaissellis propriis seu parcionariis dicti monachi habeant et percipient totam costumam piscium de quolibet genere pisces fuerint. Et si aliquid juris vel dominii habuero in dictis piscibus, quolibet tempore fuerint deprehensi, totum illud jus et dominium de illis piscibus dono predictis monachis et concedo. Et si homines dictorum monachorum secum actulerint de naufragio navium in mare mersarum in quibus habere debeam aliquid juris et dominii, totum illud jus et dominium dono monachis memoratis. Dono eciam et concedo ut quo cumque predicti monachi potuerint acquirere in tota mea provincia Pictavensi quolibet titulo vel a me vel a meis successoribus sive hominibus meis legiis vel planis seu costumariis, volo et concedo ut dicti monachi omnia dona et eisdem monachis facta habeant et possideant et explectent libere, pacifice et quiete, sine contradicione aliqua quam in predictis donis ego Richardus vel successores mei possimus imponere vel inferre. Et si aliqua dona a me vel a meis antecessoribus declaranda seu specificanda vel exprimenda in istis licteris pretermisi, volo et concedo quod hoc non obstante omnes alie lictere a me vel a meis antecessoribus concesse predictis monachis super quibuscumque donis nichilominus robur obtineant firmitatis. Et hec autem universa supradicta dona dicti monachi habeant a me et possideant et explectent libere, pacifice et quiete, et acquisita omnia et acquirenda de cetero habeant ex concessione mea et antecessorum meorum, libera, pacifica et quieta sine contradicione aliqua quam ego Richardus vel heredes sive successores mei in hujusmodi donis, acquisitis vel acquirendis, possimus imponere vel inferre. Et quia valde timeo quod in futuris temporibus a meis successoribus super donis meis, concessionibus et largicionibus dicta abbatia et monachi perturbantur, volo et concedo quod omnia dona, concessiones et largiciones a me et a meis antecessoribus facte predictis monachis sint in manu et custodia domini regis Francie et domini episcopi Pictavensis qui pro tempore erunt; et ipsi, Deo dante, dona predicta fideliter observabunt monachis memoratis. Et ad hec autem universa et singula dicte abbacie et monachis perpetuo prosequenda et integranda ac fideliter observanda, obligo me et mea et terram meam et heredes meos et successores presentes et futuros, in manu domini regis Francie et domini episcopi Pictavensis qui pro tempore erunt.

Concesserunt michi abbas Briencius cum suis monachis sui monasterii in vita et in morte beneficium spirituate, et unum sacerdotem qui pro me et meis antecessoribus et pro cunctis fidetibus defunctis missam diebus singulis celebrabit. Et ne predietis donis dicti abbacia et monachi a meis heredibus et successoribus valeant defraudari, de jurisperitorum consilio huic cartule sigillum meum proprium apposui, in testimonium veritatis, meis heredibus et successoribus imponendo silencium sempiternum.

Hujus rei testes sunt qui convenerant in aula mea, quam edificavi super stangnum monachorum de Portu Jurato Aimericus vicecomes Thoarcii, Goffridus de Liziniaco, Guillelmus de Lezayo, Radulphus de Maleonio, Petrus de Ganaspia, Petrus de Bulio, milites, et plures alii qui venerant ad me causa venandi. Datum et actum publice, anno Dominimillesimo centesimo octogesimo secundo.

 

Après Richard nous trouvons Talmont devenu le fief de la famille de Mauléon, d'où cette terre passa, par mariages, aux familles de Thouars et d'Amboise.

 Louis XI confisqua Talmont sur Louis d'Amboise et le donna à Philippe de Commines. Mais, après la mort de Louis XI, la terre fut honorablement remise à Louis II de la Trémoille qui ajouta ainsi aux titres déjà si nombreux de sa famille ceux de vicomte de Thouars, prince de Talmont, seigneur de Marans et de l'Ile-de-Ré.

La puissante famille de la Trémoille fut, en outre, titulaire des seigneuries de Royan, Taillebourg, Sainte-Hermine, Olonne, Noirmoutier, sans compter les domaines immenses qu'elle possédait hors du Poitou.

Presque tout le littoral de l'Océan, depuis l'embouchure de la Loire jusqu'à celle de la Gironde, relevait de ses seigneuries diverses. Aussi prétendait-elle au droit d'amirauté sur toute l'étendue de ces côtes.

Elle l'a exercé au nom de ses suzerainetés de Royan, de Marans, d'Olonne, de Thouars, de Noirmoutier et surtout de Talmont, pour laquelle elle s'attribuait le titre d'Amiral patrimonial.

Un volumineux dossier est aux archives de la Vendée, tout consacré aux prétentions et aux contestations élevées pour cet objet.

Ces prétentions se formèrent d'un mélange indigeste de droit primitif et barbare usité sur les côtes de l'Europe et du monde entier droit dont l'amirauté royale elle-même subit l'influence. Les seigneurs de Talmont et autres empruntèrent leurs droits de l'amirauté de France, comme ils calquèrent leur puissance féodale sur celle de la monarchie centrale.

 

 

 

 

 

Société d'émulation de la Vendée

 

 

 

==> Richard Cœur de Lion, seigneur de Talmont; des Lois Maritimes (Rôles d'Oléron) au droit d'amirauté

L'abbaye du bout du monde de Saint Jean d’Orbestier Fondée par Guillaume IX, duc d'Aquitaine et comte de Poitou

L'abbaye du bout du monde (orbis terminus) de Saint Jean d’Orbestier

C’est en juillet 1107 que Guillaume IX, duc d’Aquitaine, comte de Poitou et seigneur de Talmont autorise les moines bénédictins menés par un certain Foucher à s’installer dans la vaste forêt d’Orbestier «  silva Orbisterii » ou «  Orbisterri  foresta »

L’abbaye est dédiée à Saint Jean Baptiste et Saint Marie et prend le nom d’Orbestier, (orbis terminus », qui signifie le « bout du monde », le domaine concédé s’étend sur plus de 800 hectares limités à l’est par le ruisseau de Tanchet et à l’ouest par le ruisseau de Coyala. Tout au long des XIIe et XIIIe siècles, l’abbaye est à son apogée, tant sur le plan temporel que spirituel. Outre le domaine concédé par Guillaume IX, les moines acquièrent tout un ensemble de biens composé de prieurés, moulins, vignes, marais salants acquis successivement par dons ou par legs.

 

In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. Notum sit omnibus fidelibus tam presentibus quam futuris presens scriptum inspecturis quod ego Guillelmus, dux Acquitanorum et comes Pictavensium dominusque Thalemundi, dedi et concessi Deo et Fucherio servo Christi, relinquenti seculum et eidem Christo adherenti indigentique tune cella oracionis, et successoribus suis locum Orbisterii, qui desertus erat, ad edificandum locum oracionis et agende penitencie et ad faciendam abbbaciam, ob parentum meorum et omnium fidelium absotucionem et pro obtinenda regni nostri pace et pro filii mei incolumitate et pace ac eciam pro salute, et omnia que dicto loco Orbisterii pertinent, quibuscumque et ubicumque sint in dominio meo de Thallernundo, tam in terris cultis et incultis, pratis, vineis, nemoribus, silvis, aquis quam in domibus et possessionibus quibuscumque, a torrente Illicum usque ad torrentem qui defluit per prata Ogerii, et tocius torrentis illius disgressus, hinc et inde, usque ad recessum maris et a pratis Ogerii usque ad Quercum Croulx, et totas landas maritimas usque ad Quercum Croulx et a Quercu Croulx usque ad pratum Asselini, et medietatem prati Asselini sicut dividitur certis metis, et a prato Asselini usque ad exitum foreste mee de Orbisterio et usque ad viam que ducit viatores qui de portu Olone ambulant apud Thallemundum, et a via que ducit viatores de portu Olone apud Thallemundum usque ad torrentem Illicum qui defluit per gulam de Doetis in mare et usque ad recessum maris, hinc et inde, et omne nemus quod includitur infra metas superius nominatas, ad faciendam suam plenariam votuntatem. Item, volo et concedo quod dictus Fulcherius et successores ejusdem possint predictum nemus colligere, vendere vel devastare facere et eam traddere quibuscumque colonis ad colendum et quociescumque et ad quantoscumque colonos viderint expedire. Et si ita sit quod predicti coloni ibi edificent domos pro habitando, volo et concedo quod in predictis locis, nemoribus, metis nullus presumat decimam habere sive aliud jus imponere vel inferre, et quod eciam prefati coloni sint liberi et immunes ab omnibus costumis, decimis et serviciis, tam in suis personis quam in frugibus vel eciam in animalibus, preter illa que a dictis Fulcherio successorihusque suis exhibeantur. Item, do et concedo supradicto Fulcherio successoribusque suis quemdam feodum meum proprium, situm inter Stum Benedictum de Angliis et Cursonium, in pratis, terris cultis et incultis ac in vineis, cum omni jure, dominio et districtu, et medietatem cujusdam alterius feodi, siti in eisdem circumstanciis, vulgafiter appellati Feodus Chabotz, qui feodus Chabotz sub me Guillelmo predicto ab antiquo tenetur integre cum omnibus pertinenciis suis, et sub precepte meo et licencia semper colliguntur ejusdem feodi fructus, cum omni dominio et districtu : et hujus modi dominio volo et precipio quod dictus Fulcherius et ejusdem successores in dicto feodo perfruantur. Item do et concedo eisdem Fulcherio et successoribus suis villam meam de la Biretere cum pertinenciis suis et cum omni jure, dominio et districtu; et volo quod omnes homines habitantes et habitaturi in dicta villa vel in ejus pertinenciis postquam per annum et diem ibidem permanserint, possint deinde habitare ubicumque voluerint per totum territorium meum de Calma, et sint immunes et liberi ab omnibus costumis et taleis et serviciis, prêter, illa que a dicto Futcherio successoribusque suis exhibeantur. Item, dono et concedo eisdem Futcherio successoribusque suis usagium plenarium et eciam liberum per totam forestam meam de Orbisterio, ad quocumque opus voluerint faciendum et ubicumque voluerint ad opus eorumdem deportare per totum territorium Thalemondi, ad quelibet edificia facienda, reedificanda, construenda vel recuperanda, sine defensione aliqua quam in predicto usagio ego Guillelmus predictus vel heredes sive successores vel baillivi sive forestarii mei vel successores eorumdem possimus imponere vel inferre, et pascua plenaria et libera ad omnia animalia predictorum Futcherii et successorum suorum et meditariorum eorumdem, si quos habuerint, nutrienda vel eciam depascenda, cujuscumque sint generis, sive sint predictis Fulcherio et successoribus suis propria animalia sive meditariis suis porcionaria, et lecterias ad opus eorumdem animalium per totam forestam meam Orbisterii. Item, volo et concedo quod dicti meditarii, si aliqui sint, habeant usagium per totam forestam predictam de Orbisterio ad sua edilicia facienda, ad quadrigas et carrugas et alias circumstancias ad opus culture necessarias, et calefagium plenarium de feodo forestarii et de branda. Item, do et concedo predicto Futcherio successoribusque suis terras meas quas habebam in parrochia Ste Vincenctii super. Grahon, sitas in Podio de Calma,.cum omni jure, dominio et districtu. Et ad hec universa et singula dicte abbacie et Fulcherio successoribusque suis perpetuo prosequenda et integranda ac fideliter observanda, obligo me et mea et terram meam et heredes meos et successores présentes et futuros. Et, ne dictus Fulcherius et successores ejusdem in futuris temporibus a meis successoribus super donis et largicionibus eidem Fulcherio et successoribus suis a me factis ab aliquo perturbentur, volo et concedo quod predicta dona et largiciones a me facte sint in manu et custodia domini regis Francie et domini episcopi Pictavensis qui pro tempore erunt. Et hec omnia dedi ego Guillelmus predictus, domino Gosselino de Leziaco présente et ipso ex sua parte dante, qui tunc sub me et mecum hujus provincie particeps erat. Et, ne predictis donis dicta abbacia et Fulcherius successoresque ejusdem a meis beredibus et successoribus valeant defraudari, de jurisperitorum consilio huic chartute sigillum meum apposui, in testimonium veritatis, heredibus successoribusque meis imponendo silencium sempiternum. Hiis autem donis presentes fuerunt pretatus Gosselinus, Gillebertus de Voluyre, Guillelmus de Aspero-Monte, Girardus Dabyre et alii quamplures quorum nomina recensere longum est. Datum et actum publice, anno ab Incarnacione Domini millesimo VIL mense Julii.

 

 

(Cartulaire, n° 53, vidimus donné le 3 septembre 1398 par Jean Champaigno, notaire des cours de Poitou, et n 386, vidimus donné le 7 mai 1431 par Guillaume Le Blanc, notaire de la châtellenie d'Olonne.)

L’acte de fondation fut approuvé par son vassal, Goscelin de Lezay, coseigneur de Talmont, Gilbert de Velluire, Guillaume Apremont

 

 

 

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire

GUILLAUME LE CHAUVE (1020-1049) On se le rappelle, le premier seigneur de Talmont fut installé " dans son honneur (1) " par le comte de Poitou, vers l'an 1020. Il avait nom Guillaume, comme son suzerain, et fut surnommé le Chauve, sans doute pour de bonnes raisons, connues de son temps et supposées du nôtre.

 


24 octobre 2020

L’histoire en 360 - Eglise Saint Nicolas et les Vestiges du château de Chaize le Vicomte, Aimery IV, vicomte de Thouars

L’histoire en 360 - Eglise Saint Nicolas et les Vestiges du château de Chaize le Vicomte, Aimery IV, vicomte de Thouars

Bâtie sur un rocher, cette église en granit de style roman poitevin fut construite par Aimery IV, vicomte de Thouars entre 1080 et 1099 et donné aux moines de Saumur.

 Pour l’époque c’est un chantier colossal. Maîtres d’œuvres carriers, maçons, charpentiers et sculpteurs manient le granit de La Chaize pour réaliser cet édifice, long de plus de 60 mètres.

En 1087, l’église est agrémentée d’un prieuré ; elle est dédiée à Saint Nicolas en 1091.

Le nom « La Chaize-le-Vicomte » (« Casa Vicecomitis » en latin) apparaît essentiellement au XIe siècle et signifie « la demeure du vicomte ».

Circuit Cœur de Vendée L’histoire en 360 - Eglise Saint Nicolas et les Vestiges du château de Chaize le Vicomte, Aimery IV, vicomte de Thouars (2)

Circuit Cœur de Vendée

 

 

Point de départ des droits des moines de Saumur sur les églises de la Chaize

« L’an de l’incarnation 1069, du temps que le seigneur abbé Sigon, d’heureuse mémoire, remplissait les fonctions de pasteur dans l’abbaye de St Florent près de Saumur, Aimeri, vicomte de Thouars, demanda un missel aux moines du susdit saint ; et, ainsi qu’il l’avait demandé, effrayé cependant par ses menaces, ils lui en envoyèrent un très beau, qui fut porté par dom Aimeri, religieux de leur monastère, jusqu’au château de Thouars.

 Y étant arrivé, le moine entra dans une petite chambre, ou le vicomte était alors étendu sur son lit, et il lui présenta le livre qui lui était offert par les religieux de St Florent.

Dans la conversation qui s’établit entre eux, le moine s’enquit pourquoi, en exigeant d’eux un cadeau de si grande valeur, Aimeri n’avait pas tenu compte de leur pauvreté et du dommage qu’ils en éprouveraient ; car, faute de ce livre, beaucoup de messes ne pourraient plus être dites. Le vicomte ayant répondu qu’il l’avait demandé pour une église dont il avait commencé la construction dans un de ses domaines, c’est-à-dire au château de la Chaise, le moine répliqua sur le champ : « Si vous l’avez demandé dans ce but, et si vous voulez livrer à des moines l’église à laquelle vous destinez notre missel, sachez qu’il vaudra mieux disposer de celle-ci en faveur de l’abbaye de St Florent, par laquelle elle est ornée d’un présent si beau.

Après avoir accueilli ces paroles avec faveur, et pris à témoin le martyre de Dieu, le vicomte s’obligea, par serment, à ne jamais donner cette église à aucune autre congrégation religieuse qu’à celle de St Florent. Furent seuls témoins de ce qui précède la femme du vicomte, appelée Orengarde, qui était assise à ses pieds sur un escabeau, et Gelduin surnommé le Vassal.

Ce livre, de grande dimension et bien enluminé, dont les deux fermoirs d’argent étaient élégamment gravés, provenait de la chapelle de l’abbé Frédéric. On nous a rapporté plus tard que, faute d’argent, il fut vendu et son prix dépensé à la construction de l’église de St jean l’Evangéliste, situé dans le château de la Chaise, et pour laquelle il avait été donné.

Ainsi la chaise, ou plutôt la Case, comme l’indique son nom latin, était alors un simple pied-à-terre, construit depuis peu d’années, et servant de demeure au vicomte de Thouars lorsqu’il venait à la chasse dans la partie de son vaste fief la plus boisée et la plus giboyeuse.

 

Aimeri remplaça cette Casa par un Castrum, lorsqu’il eut reconnu l’importance féodale de sa position.

L’adjonction d’une église était le complément indispensable d’un château.

Circuit Cœur de Vendée L’histoire en 360 - Eglise Saint Nicolas et les Vestiges du château de Chaize le Vicomte, Aimery IV, vicomte de Thouars

 Elle concourait à attirer, dans son enceinte et autour des murailles, des habitants dont le nombre et la richesse s’augmentaient, grâce aux concessions de privilèges, domaines et revenus. Conférées par le seigneur aux chanoines ou moines avec lesquels il partageait ainsi ses droits de propriété et de souveraineté, ces concessions devinrent bientôt entre eu l’objet de vifs débats.

 Le château de la Chaise venait d’étre bâti sous la direction d’un nommé Ingelbert ; le chanoine, ou clerc, Jean, se chargea de la construction de l’église.

La délivrance de celle-ci aux moins de St Florent de Saumur n’eut lieu qu’une vingtaine d’années plus tard, et non sans débats.

 

Installés dès le milieu du siècle, par les vicomtes de Thouars, dans plusieurs église du Bas-Poitou, ainsi qu’on le verra ci-après, les religieux de Marmoutiers, près de Tours, convoitèrent celle de la Chaise dès qu’il en virent jeter les fondations. A plusieurs reprises ils en firent la demande, notamment  lors du second voyage d’Aimeri en Angleterre, pays à la conquête duquel il avait accompagné Guillaume le Batârd, duc de Normandie ; et, comme le vicomte ne leur avait pas opposé un refus positif, deux des principaux prieurs du monastère de Tours, ceux de Chemillé en Anjou et de Fontaines près de Talmond, entreprirent de faire passer pour un consentement formel des réponses évasives. La loyauté de leur abbé, nommé Bernard, et la persistance du vicomte finirent par l’emporter sur de très coupables prétentions ; et , après qu’une transaction eut été passée entre les deux abbayes, les religieux de St Florent furent enfin solennellement et définitivement installé à la Chaise le 13 décembre 1088.

 Par charte dudit jour, avec l’assentiment de sa seconde femme Ameline, et de ses fils, Herbert et Aimeri, le vicomte donne aux moines de Saumur : 1e l’église du château avec ses dépendances, le tout inféodé par lui au chanoine Jean ; 2e les deux masures ou métairies de la Chevrolière et de la Gouelle : 3e le droit de prendre du bois de chauffage et de construction de ses forêts, et d’y faire paitre tous les bestiaux ; 4e celui de faire un bourg, ou le vicomte n’aura que la redevance sur les ventes faites au marché du samedi, et dont les bourgeois auront les mêmes privilèges que les siens ; 5e la dime de tous les grains apporté à ses greniers ; 6e l’autorisation d’acquérir, par don ou par achat, dans toute l’étendue de son fief. Si les religieux veulent lui faire des cadeaux, il les recevra volontiers ; et il ne permettra jamais que leurs terres soient ravagées ou leurs biens ravis par ses vassaux.

A ces droits et dons, le vicomte ajoute : 1e les terre qu’avaient possédées sa Gognor entre Marillet et l’Oriou, et son frère Savary ou Chatenay ; 2e la terre d’Amblard et de son fils, pous y recevoir des hôtes, avec les deux villains qui y sont déjà ; 3e l’étang et le moulin de Ricourdeau ; 4e trois hommes avec la terre, maison et coutume de chacun d’eux ; 5e le pré et la terre des Loges, dans la forêt, le pré de la la Font Savari, les terres tenues du vicomte par Amé, David, Jean, Morin de Palluau et Brachieul, plus la borderie de la Pellissonnière.

Il en résulte que, commençant à bâtir un château à la Chaise, le vicomte avait confié la construction de l’église qu’il annexait au susdit clerc Jean, et que jusqu’à ce qu’il eut placé des chanoines ou moines, pour servir Dieu, il en laissait à celui-ci la jouissance et celle de ses revenus.

Quelques temps après, il y mit des religieux de St Florent auxquels, outre beaucoup de biens, il donnait l’église de St Jean, avec ce qu’y tenait le susdit clerc ; disposition confirmée par celui-ci, moyennant la jouissance viagère de tout ce qui lui avait été cédé précédemment.

Après la mort de Jean, ses neveux Pierre, Aimery et Guillaume se plaignent de n’avoir tiré aucun profit de son travail. Pour éviter un procès, Guillame, abbé de St Florent, accorde la chappellenie du défunt, c’est-à-dire la cure de St Jean, avec trois terres et divers droits, au susdit  Pierre, puis après la mort à Aimeri s’il se fait prêtre. Ensuite, ceux des susdits biens qui ne sont pas ecclésiastiques doivent être possédés viagèrement par Guillaume, qui est chevalier.

18 février 1092, Etienne de Blois souscrivit, le 18 kalendes de Février 1092, les donations faites, en 1088, en faveur de l’abbaye de Saint Florent de Saumur par Aimery, vicomte de Thouars, du consentement d’Ameline, sa femme, de Herbert et Geoffroy, leurs fils ; les témoins, outre Etienne de Blois, furent le comte de Poitiers et plusieurs prélats, Savary, fils de Telmer, Thibaud de Beaumont, Aimery de la Tillé, Robert-le-Bourguignon, Geoffroy de Brion, Hugues de Lusignan, Ebles de Parthenay, Hugues de Doué, Maingon de Melle, Cadelon de Saint-Maixent, et beaucoup d’autres.

Aimeri venait de mourir, cette année 1093, lorsque le pape Urbain II confirmait au prieuré de Saint Nicolas ses possessions, et l’affranchissant de tout interdit, accorda des indulgences au défunt, qui y était inhumé, et aux autres bienfaiteurs des moines.

Le nouveau vicomte, appelé Herbert, entrainé par de mauvais conseils, laissa dépouiller les religieux de plusieurs dimes, dans les paroisses de Saint Michel en l’Herm, Ste Pezanne ou Pexine, St Cécile et Châteaumur.

Revenu à de meilleurs dès 1094, après avoir confirmé à St Nicolas tout ce que Auboin, fils d’Auboin d’Apremont, lui avait légué, tant à Mareuil qu’à la Chaise, il fait renoncer son frère Guillaume à son droit d’usufruit sur la moitié desdits biens, ajoutant lui-même un noue et quelques chênes près de la terre du défunt.

Par respect pour la mémoire de son excellent père, le vicomte Aimeri, Herbert continuait la construction de l’église de Saint Nicolas.

 

6 décembre 1095, Etienne de Blois est du nombre des souscripteurs de la charte, par laquelle Herbert, vicomte de Thouars, se charge du soin d’achever et de doter l’église de Saint Nicolas de Chaize le Vicomte, commencée du vivant de son père Aimery, vicomte de Thouars. Cette charte fut donnée le jour de Saint Nicolas, 1095, et dans l’église de ce nom.

Les 6 et 7 décembre 1099, jour de la Saint Nicolas, l'église monacale de Saint-Nicolas de la Chaize et son prieuré sont consacrés par l’évêque de Poitiers Pierre II en présence du vicomte de Thouars HERBERT et de son frère GEOFFROI, l'année même où Godefroy de Bouillon prenait possession de Jérusalem et du Saint-Sépulcre.

A cette occasion s’est déplacé à La Chaize le plus puissant de tous les vassaux du roi de France, le duc d’Aquitaine GUILLAUME IX le Troubadour, grand-père de la future ALIENOR d’Aquitaine.

C’est d’ailleurs dans l’église Saint Nicolas que le duc décide de partir en croisade pour la Terre Sainte.

La fête fut d'une incomparable splendeur, nous dit la charte qui contient le procès-verbal officiel de la dédicace. La nature elle-même, en pleine saison d'hiver, semblait prodiguer ses sourires, «et le limpide éclat du firmament, dit le vieux texte, manifestait hautement par beaucoup d'autres signes, que le ciel était de la fête et partageait toute la joie de cette grande solennité.

 II y eut à la Chaize un concours si prodigieux de peuple, que beaucoup de vieux chevaliers déclaraient n'en avoir jamais vu de semblable depuis la dédicace du monastère de Charroux.

 

 

Assistaient à la cérémonie Guillaume, abbé de Saint-Florent de Saumur, Brictius, abbé de Saint-Jouin, Geoffroy, abbé de Maillezais, Rainalde, abbé de Saint-Cyprien de Poitiers, Rainalde, abbé de Luçon, Guérin, abbé de Saint-Michel en-l’Herm, Alexandre, abbé de Sainte-Croix de Talmont;

Guillaume, duc d'Aquitaine et sa mère Hildegarde, avec un cortège innombrable de personnages distingués de Poitiers, de Thouars, et d'étrangers accourus des provinces éloignées. »

« L'autel de matines, altare matutinale (1), fut consacré sous le vocable de Saint-Nicolas, de Saint-Hilaire de Saint-Benoit et d'autres confesseurs; l'autel de droite, sous les vocables de Saint-Pierre, de Saint-Paul et des autres apôtres.

L'autel du Crucifix (2), altare ad crucifixum, fut dédié à la Sainte-Croix, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, à saint Etienne, premier martyr, à saint Laurent et à tous les martyrs du Christ.

» Ces cérémonies achevées, l'évêque célébra la messe pontificale, missam dominicam (3), à l'autel de matines.

» Le lendemain, qui était la quatrième férie, on fit la consécration du maître-autel (4); il fut dédié, comme l'église elle-même, à tous les saints qu'on a ci-dessus mentionnés.

» L'autel de gauche fut consacré à la Sainte Mère de Notre-Seigneur, à sainte Marie-Madeleine, et à toutes les autres vierges du Christ. »

 

Mort d'un pèlerin et croisé poitevin, bienfaiteur du prieuré de la Chaize-le-Vicomte.

A cette vieille église de Saint-Nicolas de la Chaize-le-Vicomce, un des chefs-d'oeuvre de l'architecture romane dans le Bas-Poitou, se rattache un souvenir des croisades, souvenir plein d'édification, de poésie et de grandeur.

Nous traduisons les principaux passages du précieux document qui nous l'a conservé (5).

L'an de l'Incarnation 1101, la seconde semaine de Carême, Herbert, vicomte de Thouars, (fils d'Aiméri, fondateur de l'église de la Chaize), se mit en route pour faire le pèlerinage de Jérusalem, avec son frère Geoffroy, Guillaume comte de Poitiers, et une incroyable multitude d'autres pèlerins.

Nous devons dire un mot de la dévotion avec laquelle le vicomte Herbert entreprit ce pieux voyage.

Sur le point de quitter son château de Thouars, il fil venir l'abbé de Saint-Florent de Saumur et ses barons, confirma les donations déjà faites aux moines de Saint-Florent, installés dans l'église de Saint-Nicolas de la Chaize, où il choisit sa sépulture, et se recommanda aux prières des religieux, auxquels il confiait les plus chers intérêts de son âme.

Dire l'explosion de sanglots qui se produisit alors dans l'assemblée, n'est pas chose facile.

Comme il voulait recevoir à Poitiers, des mains du seigneur évêque Pierre, l'habit du pèlerinage, il se rendit dans cette ville et pria le pontife de le bénir, afin que le saint voyage fut profitable à son père Aimeri comme à lui-même. Là encore, l'évêque, les assistants et le vicomte eurent bien de la peine à retenir leurs larmes.

Enfin toute la pieuse caravane, sur le point de se mettre en marche, s'était réunie en pleine campagne, près de Poitiers, dans une prairie appelée prairie royale, quand un moine de Saint-Aubin d'Angers se présenta devant le vicomte, et lui demanda de vouloir bien rendre à l'église de Saint-Aubin une chape qu'on lui avait donnée en gage, pour l'emprunt d'une somme de 300 sous.

Le vicomte ne voulut y consentir qu'à une condition: c'est que les 800 sous lui seraient rendus.

Le pauvre moine, tout marri, tournait les talons pour s'en aller.

Touché de compassion, le vicomte s'adressant à ceux qui l'accompagnaient :

 « Voici, leur dit-il, que nous nous mettons en route pour suivre les pas du Sauveur; et 300 sous, c'est richesse peu durable; il vaut mieux rendre la chape, pour mériter le secours des prières de saint Aubin et de ses moines. »

Et aux applaudissements de la foule, il rappela le religieux. On lui remit la chape, qu'il remporta tout joyeux, bénissant Dieu, le vicomte et tous ces charitables pèlerins.

Dans le cours du voyage, Herbert avait sans cesse dans le coeur et sur les lèvres, les louanges de saint Nicolas.

Le pieux chevalier passa par Constantinople et traversa les plaines arides de l'Asie-Mineure, où la plus grande partie de ses compagnons furent victimes des perfidies de l'empereur Alexis, et des païens qui infestaient ces contrées.

D'une armée de plus de 100,000 hommes, dit notre chroniqueur, il ne resta qu'un petit nombre de malheureux pèlerins qui avaient perdu tout leur avoir, et qui arrivèrent à Jérusalem pour les fêtes pascales.

Le jour de Pâques, Baudoin, seigneur de Jérusalem et successeur de Godefroy de Bouillon, pria le vicomte à diner.

— Non, répondit Herbert ; j'ai ici avec moi un grand nombre de mes hommes qui sont pauvres; je reste avec eux, et veux aujourd'hui les assister dans leur misère.

C'est en effet ce qu'il fil ce jour-là et les jours suivants, en public et en particulier.

Quoiqu'il eut perdu, dans cette guerre, tout ce qu'il possédait, il était riche encore de la générosité de ses amis, qui avaient conquis, en Terre Sainte, les armes à la main, des portions de territoire où ils s'étaient fixés.

Quand il eut visité les Saints Lieux, il se remit en route avec ses compagnons, après l'Ascension du Sauveur, et reprit le chemin de la patrie. Embarqués à Jaffa, ils avaient quitté le port ; mais, le troisième jour, le vent les y ramena.

Le lendemain, le preux chevalier dut prendre les armes contre les infidèles qui ravageaient la contrée. Il sortit vainqueur de ce combat ; mais une fausse nouvelle lui ayant annoncé que son frère Geoffroy venait d'être mis à mort par les ennemis, le vicomte en ressentit une douleur si profonde qu'il s'évanouit. On le descendit de cheval à demi-mort, et on lui fil des aspersions d'eau froide. Il reprit ses sens et fut transporté dans la ville de Jaffa.

Herbert, en pleine possession de lui-même, disposa de tous ses biens, en présence de son frère Geoffroy, qui s'engageait à faire exécuter ses suprêmes volontés.

Les dernières pensées du pieux croisé mourant, se portèrent vers le Bas-Poitou, vers celle chère église de Saint-Nicolas de la Chaize-le-Vicomte, et il dit à son frère :

« Nous avons à la Chaize une église, que notre père avait commencée, et que nous avons pu mener a fin. Je voulais en augmenter les revenus, pour la mettre à même d'entretenir à perpétuité quinze moines, au lieu de sept ou huit qu'elle avait dans le principe. »

Geoffroy son frère, les barons et les serviteurs qui étaient rangés autour de son lit, témoignèrent hautement leur approbation et leur assentiment à ces intentions généreuses.

Etaient présents Pierre de la Garnache, Berlay de Passavant, Guillaume d'Apremont, le médecin Geoffroy de Nantes, et le vicomte Légêrius.

Après avoir pris, en pleine connaissance, ces dispositions testamentaires, « le cinquième jour des calendes de juin, la quatrième férie de la semaine de la Pentecôte, vers trois heures, Herbert rendit son Ame à Dieu, et ce même jour, il fut inhumé à Jaffa, sur le rivage de la mer, non loin d'une église de Saint-Nicolas. »

Ce pieux et noble croisé poitevin, qui après avoir traversé tant de périls et de sanglantes mêlées, retourne de Jérusalem, toujours poursuivi par les infidèles et combattant toujours ; qui vient mourir au port de Jaffa, les yeux tournés vers le chemin de la patrie tracé devant lui par la ligne bleue de la Méditerranée, portant ses dernières pensées vers cet humble et lointain monastère de la Chaize-le-Vicomte, où il fonde à perpétuité les prières et les chants de quinze religieux,

— c'est assurément une des scènes les plus touchantes que nous offre l'histoire du Poitou au moyen Age. C'est un tableau d'une grande et mélancolique beauté, qui rappelle la douce mort de Monique sur le rivage d'Ostie, ou du prince de tous les croisés, saint Louis, expirant sur le rivage de Tunis.

En 1533, le prieuré de la Chaize comptait encore dix prêtres et quatre moines, et Dom Fonteneau nous dit qu'au dix-huitième siècle, l'abbé de Saint-Florent acquittait, pour ce même prieuré, une messe chaque dimanche et fête, une messe chaque lundi, et devait faire célébrer les offices à toutes les fêtes annuelles.

 

 

Pendant les Guerres de Religion, l’église est brûlée et le clocher, le chœur et 3 grands arcs s’effondrent.

Au cours de la Révolution, la commune porte les noms de Basse-Chaize et de Haute-Chaize puis La Chaize-le-Peuple, l’église désaffectée a été utilisée comme abattoir.

 

Une restauration des lieux débute à partir de 1890 ; les 3 grands arcs de l’ancienne croisée des transepts, à l’air libre depuis presque 400 ans, sont murés et constituent le chœur actuel.

Le 9 septembre 1908, l’église Saint Nicolas est classée monument historique

 

 

Tour d'angle des Basses-Prisons

Les remparts qui longent la rue des Basses Prisons sont les vestiges du château des vicomtes de Thouars. Ils sont formés de murs reliant trois tours engagées, deux en fer à cheval et une plus importante en angle. Les parties défensives, créneaux, mâchicoulis, qui les surmontaient ont été détruites au XVIIe siècle pendant la Fronde.

Sur le cadastre de 1810, on retrouve des bâtiments allant de la tour d’angle au portail : il s’agirait des prisons dites « basses » ou «  vieilles » prisons qui ont donné leur nom à la rue. Elles auraient été utilisées pendant la Révolution et pendant les Guerres de Vendée.

Au pied des remparts, un espace vert, lieu de pique-nique, occupe les anciennes douves.

 

 

 

Rue du Pont Boisseau

 

La place Saint-Jean et la place du Champ de Foire

 La Place du Champ de Foire correspondait à la Basse Cour du Château.

A l’angle de la place du Champ de Foire et de la place Saint Jan, on peut admirer une maison «Bonnet Rouge»de 1537, de style gothique flamboyant, avec flammèches encadrant les fenêtres, têtes de personnages sur le linteau et à l’angle de la maison. A l’intérieur, donc non visible, une cheminée monumentale porte les mêmes décors, et le lettres PP, sans doute les initiales de Pierre Prévôt, sénéchal du vicomte de Thouars en cette première partie du XVIe siècle.

 

La place Saint-Jean et la place du Champ de Foire Eglise Saint Nicolas et les Vestiges du château de Chaize le Vicomte,

Au fond de la place du Champ de Foire, la « Maison Jeanneton » a été bâtie en 1825 en partie sur l’emplacement de l’ancienne Eglise Saint Jean, démolie en 1821.

La maison possède une toiture carénée à l’impériale (coque de navire inversée). Elle a pu être fabriquée par des artisans de chantiers navals venus dans les terres durant l’hiver pour chercher du travail. Elle a été restaurée en 2017 par les actuels propriétaires.

 

Armoiries Eglise Saint Nicolas et les Vestiges du château de Chaize le Vicomte, Aimery IV, vicomte de Thouars

 

Armoiries : De gueules aux trois écussons ovales, celui en pointe couché, le premier cousu d'azur à l'arbre arraché d'argent, accosté de deux croissants affrontés du même, surmonté d'une fleur de lys d'or ; le deuxième gironné de sable et d'argent de huit pièces ; le troisième cousu d'azur à la croix de Saint Louis d'or

 

 

 

 

 

La Vendée avant 1793 : légendes et récits / P.-L. P. [Pierre-L. Prunier]

Cartulaires du Bas Poitou (Département de la Vendée) / publiés par Paul Marchegay

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU ) -

En lisant l'histoire du Poitou , les faits qui appartiennent à celle de France et d'Angleterre y reviennent si souvent, qu'il faut absolument recourir à l'une et à l'autre si l'on veut vraiment comprendre ce qu'on lit Les Gaulois habitant le Poitou s'appelaient les Pictons; de là le nom de Poitou, Poitiers.

 

Chevaliers du Poitou - Les Vicomtes de Thouars

Geoffroy est le premier vicomte de Thouars dont les chartes font mention. GEOFFROY Ier de Thouars, 876-903. En août 876 il signe une donation de biens sis à Rigné, viguerie de Thouars, et à Faye, faite par un nommé Rabaldus, au profit de l'abbaye de Saint-Jouin-lès-Marnes. (Cartulaire de Saint-Jouin, publié par M.

 

14 octobre 1066 - Les Chevaliers du Poitou à la conquête de l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant. -
Guillaume le Conquérant (en ancien normand Williame le Conquereor, en anglais William the Conqueror), roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume Ier, duc de Normandie sous le nom de Guillaume II, appelé également Guillaume le Bâtard, né à Falaise en 1027 ou 1028 et mort à Rouen le 9 septembre 1087, fut roi d'Angleterre de 1066 jusqu'à sa mort en 1087 et duc de Normandie de 1035 à sa mort.

 

5 septembre 1104 : Le château de Thouars est incendié par les comtes d'Anjou

GEOFFROY III de Thouars, 1104-1123. 13e vicomte de Thouars C'est le fils d'Aimery IV et d'Ameline. Il est d'abord Châtelain de Tiffauges. Lorsque Geoffroy revint de la croisade, après la mort de son frère Herbert, pour gouverner la vicomté de Thouars, la guerre allumée depuis plus d'un demi-siècle entre les comtes d'Anjou et les ducs d'Aquitaine n'était pas encore terminée.




(l) C'est l'autel où se célébrait la première messe du jour, après matines ; V. Dutangt.

(2) V.Ducange, au mot Crucifixum.

(3) V. Ducange, au mot Missa : la missa dominica est la messe solennelle.

(4) Altare dominicium. V. Ducange, au mot Altare.

(5) Cartulaire du Bas-Poitou. Cette charte, d'un si grand intérêt, avait été employée à faire un sac, dans lequel étaient enfermés plusieurs titres du dix-septième siècle.

 

23 octobre 2020

La colline Saint-André, l'îlot Saint-Vaize de Niort

La colline Saint-André, l'îlot Saint-Vaize de Niort

Alors que la mer se déroulait en un golfe immense au travers du Bas-Poitou et de l'Aunis, alors qu'elle recélait dans son sein le cours de la Sèvre inférieure, la montagne ou plutôt le promontoire de Saint-André s'élevait inaccessible de toutes parts et entouré d'eau au nord-ouest, au sud et à l'est.

Malgré les travaux de nivellement qui ont eu lieu depuis la fondation de la ville, l'inclinaison des pentes est encore si rapide que, dans un grand nombre de rues, les voitures et les chevaux, ne sauraient circuler. La partie nord-ouest du promontoire n'a jamais été nivelée. Là, le rocher est à pic et domine la vallée a une hauteur de 30 mètres les maisons bâties sur le bord de ces rocs escarpés semblent être suspendues entre le ciel et la terre.

Le rocher stérile de Saint-André, promontoire jeté à l'extrémité du Poitou était la limite naturelle et la clef de cette province aussi dût-on bientôt pourvoir avec soin à la défense de cette station militaire.

 

Révolte des Taïfales à l'ouest du Poitou contre les exactions du duc Austrapius.

Lorsque les empereurs romains furent obligés d'échelonner dans les Gaules, des hordes de barbares alliés à l'empire pour résister aux invasions des hommes du nord qui se ruaient sur les régions de l'ouest à des époques fréquentes et imprévues, ils établirent sur la rive gauche de la Loire et dans le Poitou, des colonies de Sarmates et de Teïfales peuples originaires de la Scythie.

Un préfet des Sarmates et des Teïfales résidait à Poitiers. C'est ce que nous apprend la notice des dignités de l'empire que l'on croit avoir été rédigée dans le cinquième siècle de notre ère, sous le règne de VaIentinien III.

 Thibaudeau dit, dans son Histoire du Poitou, que « les Poitevins furent nommés Teïfaliens vers le cinquième siècle, par « la confusion qu'on faisait des peuples de ce nom avec ceux du Poitou.

On lit dans Grégoire de Tours que vers 557 le duc Austrapius fut tué par les Teïfales, dans une émeute qui eut lieu dans la ville de Celles.

C'est aux Teïfales qu'on attribue la fondation de Tiffauges. D. Ruinart, dans ses notes sur Grégoire de Tours a avancé qu'il y eut quelques cantons du Poitou où les Teïfales vécurent longtemps seuls et isolés.

 

  Une localité située sur les confins du Poitou et de l'Aunis était, dit-il, encore habitée au onzième siècle par des Teïfales. Je n'ose rapporter au rocher de Saint-André le passage de D. Ruinart, quoique ce promontoire fut réellement placé sur les frontières du Poitou et de l'Aunis; toutefois, puisque les Teïfales occupaient les confins de ces deux provinces, Tiffauges et Celles, il est hors de doute qu'ils occupèrent aussi le pays de Gâtine et le rocher de Saint-André, limité extrême du Poitou.

Procope nous apprend que les Teïfales conservèrent les mœurs de leurs ancêtres et les transmirent à leurs enfants.

Ainsi les Romains tolérants par politique, n'imposèrent point leurs usages aux barbares qu'ils tenaient à leur solde; les Visigoths, maîtres du Poitou de 419 à 507, ne changèrent rien aux habitudes des Teïfales, et les Francs eux-mêmes, laissèrent vivre ces peuples conquis selon leurs lois et leurs coutumes.

 Ce ne fut donc qu'à la suite des temps et par leur mélange avec les races indigènes que les Teïfales modifièrent leurs mœurs et se fondirent lentement avec les peuples qui les entouraient. Ainsi s'explique cette longue persistance à former une nation distincte par le nom et par les mœurs, au milieu des habitants de nos contrées.

 

Nous sommes donc conduits à dater du quatrième siècle l'occupation du promontoire de Saint-André par les Teïfals.

A cette époque remonterait le nom de Lapis in Pictonibus, c'est-à-dire, la Pierre ou le Rocher dans le Poitou, que l'on aurait imposé à cette montagne inculte et escarpée, dont la défense avait été confiée aux Teïfales.

(Niort a été longtemps connu sous le nom de Lapis in Pictonibus, on y ajouta dans la suite, celui de Niortum : Lapis in Pictonibus su Niortum)

Mais c'est l'histoire que j'écris, et la saine critique est sévère, quand il s'agit d'admettre un nom dont l'origine n'est pas authentiquement prouvée. Je me trouve heureux de n'être pas forcé d'abandonner ce nom, le Rocher dans le Poitou, qui précise avec tant d'énergie la nature du sol et la position du promontoire de Saint-André, cette ville des Teïfales qui, primitivement n'avait rien de commun avec le village bâti de l'autre côte du golfe dans une province étrangère au Poitou.

 

Dans les murs de l'église de Saint-Jacques de Châtellerault était incrustée une épitaphe que l'on trouve citée par Jouyneau Desloges et par M. Beauchet-Filleau. Cette inscription tumulaire commence par ces mots :

Hic jacet Jacobus Berthelin, scutifer, dominus de Romaigné, ex Motâ Berthelini in Afro, primo à Niorto in Pictavibus lapide genus et nomen trahens.

Ci-git Jacques Berthin, écuyer, seigneur de Romaigné, tirant son nom et son origine de la Mothe Berthelin, dans le territoire d’Aiffres et primitivement de Niort, le rocher dans le Poitou, Jacques Berthelin mourut en 1586. »

 

Ainsi, à la fin du seizième siècle, il existait encore des titres qui relataient le double nom de notre cité, et on le burinait sur la pierre d'un tombeau, pour démontrer l'ancienneté d'une famille. Il n'y a plus à en douter le rédacteur du rapport présenté par l'intendant vers 1730 avait réellement lu d'anciennes épitaphes qui portaient ce double nom Niortum in Pictavibus Lapis. Mon système repose donc maintenant sur un document authentique. On a essayé de traduire cette inscription mais on n'était pas sur la voie aussi la traduction est-elle infidèle. Elle devient impossible si l'on n'adopte pas mon système.

La population de cette ville naissante occupait au nord le point le plus éloigné du golfe, et vivait agglomérée sur un plateau dont la longueur, du nord au sud, était de 270 mètres, et de l'ouest à l'est, de 320 mètres environ; à l'extrémité nord du plateau fut établie la place du marché et à l'extrémité sud-ouest on construisit, plus tard l'église de Saint-André, après la conversion des Teïfales au christianisme.

Autour de la place du marché, puis autour de l'église, les habitations se groupèrent en désordre. A la fin du dix-huitième siècle, avant qu'on eût ouvert des rues nouvelles et qu'on eut élargi les rues anciennes qui existaient déjà dans ce quartier presque sans issues, les maisons entassées laissaient à peine circuler l'air et la lumière.

 Le rocher sur lequel s'étaient fixés les Teifales est entièrement formé de pierre calcaire, dont les bancs immenses et profonds apparaissent à la surface du sol aussi les cinq rues étroites et tortueuses qui sillonnaient de leurs détours cette antique cité, portaient toutes le nom de Pierrière ou Perrière.

Dès que la population s'accrut, les habitations atteignirent bientôt les limites sud-est du plateau. La ville présentait alors la figure d'un rectangle dont les angles auraient été arrondis et les cotes un peu courbés elle comprenait tout le terrain qu'elle couvre de nos jours à l'ouest, au nord et à l'est. Au sud, elle était bornée par une ligne qui semble partir de l'extrémité de la rue Neuve, puis longer la rue Vieille-Rose au nord, traverser l'enclos des Ursulines et se rattacher à la ligne circulaire de rochers qui enveloppait, au sud-ouest, l'église de Saint-André mais cet espace devint bientôt insuffisant.

Les habitants commencèrent à s'établir sur les pentes méridionales, et se rapprochèrent ainsi peu à peu du golfe qui baignait de ses eaux profondes le pied des rochers escarpés qui bordaient la montagne au sud et au sud-ouest à ces rochers sont adossés aujourd'hui les maisons construites sur l'emplacement du golfe, le long des rues du Soleil et du Faisan.

Comment pourrait-on expliquer d'une manière satisfaisante la fondation simultanée de la ville de Niort sur ses deux collines, après avoir vu cette barrière de rochers qui n'a jamais été renversée et au milieu de laquelle, dans des temps rapprochés de notre époque, a été ouvert un étroit passage situé à l'extrémité de la rue Saint-Gelais, passage qui n'était, il y a cinquante ans, qu'un long escalier à l'aide duquel on montait des halles à l'hôtel-de-ville.

Les habitants de la presqu'ile de Saint-André durent se livrer d'abord exclusivement à la pèche, et leurs premiers travaux furent de se frayer un chemin facile vers la mer. Ils atteignirent aisément les bords du golfe, en suivant la route indiquée par les rues du Vieux-Marché et de Souché, tant que ce golfe s'étendit jusqu'à la place actuelle de la Brèche et dans la partie orientale nommée aujourd'hui le Paradis puis à la limite sud de la presqu'ile, ils trouvèrent un port sûr et d'un accès facile, en longeant les rochers de l'est par la pente douce de la rue Babinot : cette rue était encore au dix-huitième siècle, la plus large de toutes les rues de la ville.

 Bientôt la rue Saint-Gelais vint déboucher par les rues Rochette et du Faisan à l'extrémité de la rue Babinot plus tard on ouvrit la rue Saint-François, et alors, la rue Saint-Gelais aboutit en ligne droite au carrefour du port. A l'aide de la rue du Faisan et de la rue Saint-François, les habitants de l'intérieur de la ville obtinrent une communication aisée avec ce port primitif dont je fixe l'emplacement sur notre place de la Brèche.

Les masses d'eau qui avaient anciennement envahi le littoral de la Saintonge et de l'Aunis et dont une branche se prolongeait sur les deux rives de la Sèvre, jusqu'au pied de la montagne de Saint-André, se retirèrent tout-a-coup au commencement du sixième siècle et mirent à découvert une étendue immense de terrain.

 On vit se dessiner le cours de la Sèvre inférieure qui, depuis tant de siècles, était perdu dans les profondeurs de la mer, et le golfe de Niort se transforma en un marais profond et insalubre.

Le port fut détruit, et pour gagner les rives du fleuve, les Teïfales furent obligés d'abandonner les routes du sud et de se frayer de nouveaux passages au sud-ouest et à l'ouest. Ils en versèrent alors le rocher qui limitait au sud la rue Crémeau, creusèrent la rue Basse et arrivèrent ainsi directement à l'endroit où la tradition indique l'emplacement de l'ancien port de Niort.

Un autre passage fut ouvert au sud-ouest de l'église de Saint-André et a pris de nos jours le nom de rue de Saint-André. Cette rue, en tournant au sud-est dans la rue du Pont, vint aboutir à l'extrémité de la rue Basse mais les habitants du plateau seuls communiquaient facilement avec le nouveau port afin de faire participer à cet avantage les habitants des autres quartiers de la ville, on creusa la rue Vieille-Rose qui joignit la rue Saint-Gelais à la rue Basse et à la rue Crémeau puis à l'entrée de la rue Rochette, on couda la rue Saint-Gelais pour arriver sur la place alors déserte de l'hôtel-de-ville, on suivit le bord des rochers de la rue du Soleil et l'on creusa la rue Cloche-Perse, qui déboucha vis-a-vis la rue du Pont et enfin la rue du Faisan vint faire jonction avec la rue du Soleil.

Après ces travaux les différentes parties de la ville furent liées par des routes qui toutes conduisaient, par le chemin le plus court au nouveau port de la ville. Il est à remarquer que l'on ne prit point la peine de niveler les terrains adjacents aux passages que l'on venait d'ouvrir et que la plupart des rues que j'ai nommées sont encaissées entre deux lignes de rochers taillés à pic, qui ont quelquefois jusqu'à 20 mètres d'élévation.

La pèche était encore la principale et peut-être la seule occupation d'un grand nombre d'habitants mais les produits de cette industrie avaient nécessairement diminué de beaucoup après le retrait des eaux de la mer, et la population s'était progressivement accrue.

A cette époque, sans doute, les Teïfales commencèrent à se livrer à l'agriculture et ils plantèrent la vigne dans les campagnes accidentées qui s'étendent au nord-est de la ville.

Leurs travaux furent couronnés de succès. Le sol calcaire du pays s'imprégnant aisément des feux du soleil devint d'une grande fertilité et produisit des fruits savoureux et précoces. Les vins du Rocher dans le Poitou, furent recherchés et ils soutinrent leur réputation pendant une longue suite de siècles. Les habitants exportèrent alors le produit de leurs vignes et de leurs terres ainsi prit naissance le commerce que favorisait, à un si haut degré, le beau fleuve de la Sèvre commerce qui fut la source des richesses de nos aïeux.

Les marchés acquirent de l'importance; les peuplades voisines accoururent en foule, attirées par la bonté des vins que l'on récoltait dans le pays. Plus tard, une foire annuelle fut instituée; elle se tenait le jour de la fête de Saint-André.

La foire de la Saint-André a toujours été florissante et elle existe encore maintenant dans tout son éclat. Là, on trouvait réunis les bestiaux de toute espèce et les produits divers de l'industrie naissante.

L'affluence des étrangers était si grande que l'on désignait cette foire dans le douzième siècle, sous le nom de COHUA, cohue.

Tandis que le bourg fondé sur la colline nord-est acquérait l'importance d'une ville par sa population et par son commerce, un autre établissement qui devait exercer une haute influence sur les destinées de la ville dont j'écris l'histoire, se formait de l'autre côté du marais. Mais avant tout, il me faut réunir les éléments nécessaires pour fixer la position, l'origine et les progrès du bourg qui prit naissance sur la colline sud-ouest et qui porta, seul, pendant longtemps le nom de Niort.

L'Aunis, resserré entre l'Océan, la Charente, la Boutonne et la Sèvre n'était, dans les temps reculés, qu'une vaste mer parsemée d'îles nombreuses ces îles devinrent les collines du continent; lorsque les eaux eurent en partie abandonné ce pays.

Les Romains et les Barbares, qui envahirent successivement le Poitou et la Saintonge, n'étendirent point leurs conquêtes sur les marécages de l'Aunis. Ils s'arrêtèrent sur les rives méridionales de la Charente et sur les rives orientâtes de la Boutonne.

Au-delà, vivait dans la misère et dans l'obscurité une population indigène qui, sans doute refoulée par les envahisseurs de la Gaule, s'était réfugiée dans ces marais inaccessibles.

Les points les plus élevés se couvrirent de huttes. Les îles rapprochées de Niort se transformèrent bientôt en continent et furent incontestablement habitées à une époque fort ancienne.

La vérité de cette assertion est prouvée par les monuments celtiques que l'on rencontre dans les champs de Bessines, et par la désinence des noms des villages qui avoisinent la ville de Niort au sud.

 

Dans L'Aunis, étaient compris le village de Saint-Florent le village de Niort (villa Niortensis), et l'île de Foucault, où fut construit plus tard le fort Foucault il n'est donc pas douteux que l'Aunis avait pour limite septentrionale le golfe qui séparait les deux collines qu'occupe la ville actuelle de Niort.

 

 

L'un des plus anciens établissements religieux fondés sur la colline sud-ouest, fut la chapelle ou l'église de Saint-Vaize.

Vaize vivait près de Saintes, dans le cinquième siècle, du temps d'Alaric, roi des Visigoths. (Vasius riche propriétaire qui serait né vers 465)

Les parents de Vaize, irrités de voir ce saint homme dépenser tous ses biens en aumônes, l'assassinèrent : les meurtriers furent miraculeusement punis de leur crime, et un homme pieux, nommé Francus, enterra le corps du martyr sur les bords de la Charente.

 Le tombeau de saint Vaize opéra de nombreux miracles.

 

Vers 587, Palladius, évêque de Saintes, fit construire une église et un monastère sur le lieu où gisait ce tombeau sacré. Bientôt des habitants vinrent se grouper autour de l'église et fondèrent vers la fin du sixième siècle le bourg de Saint-Vaize que l'on rencontre sur la rive droite de la Charente, entre Saintes et Taillebourg.

Voilà la légende de saint Vaize telle que la rapportent les Bollandistes.

 

 Je ferai cependant observer que l'on a trouvé dans cette localité plusieurs débris de constructions romaines, ce qui tendrait à prouver que le bourg de Saint-Vaize est plus ancien que le saint dont il porte nom. Il ne faut pas croire que les Normands abandonnèrent entièrement les divers établissements qu'ils formèrent sur les côtes de la France.

L'histoire nous apprend, au contraire, qu'un grand nombre de ces pirates, attirés par la douceur du climat et par la fertilité du sol, ne quittèrent plus quelques-unes des retraites qu'ils s'étaient ménagées sur les rives de !a mer et des fleuves. Ils y vivaient tranquilles, mais à la condition de se faire baptiser.

Cette mesure offrait un double avantage : des payens étaient convertis à la foi chrétienne, puis ils remplaçaient la population indigène qu'eux-mêmes avaient détruite.

 Il est donc vraisemblable que ce fut par les soins de l'évêque de Saintes que les Normands de Niort furent baptisés, et que la chapelle de Saint-Vaize fut élevée pour servir de point de réunion à la petite peuplade qui s'était fixée à l'extrémité ouest de la colline de Notre-Dame.

En 799 au milieu des évêques et des nobles assemblés dans son palais d'Aix-la-Chapelle, Charlemagne, assisté du pape Léon III, ratifia la fondation de l'abbaye de Charroux créée sur les bords de la Charente par Roger, comte de Limoges, et par sa femme Euphrasie. Le 18 des calendes de juillet (14 juin), eût lieu la dédicace de cette abbaye, sous l'invocation du saint Sauveur et de sainte Marie.

Je ne m'occuperai point de la prétendue charte de 785, reconnue fausse par tous les historiens, charte dans laquelle on lit, avec surprise qu'à cette époque Charlemagne avait concédé à l'abbaye de Charroux la viguerie du château de Niort tandis que Charlemagne n'avait pas encore ratifié la fondation de cette abbaye, et que le château de Niort devait s'élever 150 ans plus tard.

Le nom du village ou du château de Niort n'est inséré dans aucune charte relative aux propriétés de l'abbaye de Charroux.

 

Dans les actes du concile de Verberie, tenu en 869, on trouve que Charles-le-Chauve confirma à cette abbaye la possession de trois monastères celui de Coulon dans l'Aunis, celui de Saint-Saturnin dans l'Anjou, et celui de Saint-Florent dans la Saintonge.

Il résulterait de là que le prieuré de Notre-Dame était bâti sur les terres de Saint-Florent, que le territoire de Saint-Florent s'étendait jusqu'au plateau de Notre-Dame, dont il est, de nos jours fort peu éloigné, et que le village de Niort, localité encore indépendante, était situé sur les bords escarpés de la Sèvre, à l'ouest des domaines du prieuré de Saint-Florent, et se groupait autour de l'église de Saint Vaize.

Toujours est-il qu'une partie du territoire où s'étend aujourd'hui la paroisse de Notre-Dame fut concédée à l'abbaye de Charroux avant 869 et que les moines fondèrent en ce lieu un prieuré qui fut dédié ainsi que l'abbaye, au saint Sauveur et à la vierge Marie.

L'apparition des Normands mit les moines en fuite. Le prieuré de Saint-Florent subit le même sort que les autres établissements religieux du Poitou : il fut pillé, dévasté, détruit de fond en comble.

Les monastères de l'Aquitaine renversés dans le neuvième siècle étaient tous relevés avant 950, et les moines, depuis si longtemps dispersés, avaient déjà repeuplé les abbayes.

Alors, pour opposer une digue aux irruptions des barbares, on construisit des forts, soit près des abbayes pour les protéger contre les invasions, soit près des rivières pour arrêter les courses audacieuses des pirates qui, à l'aide de leurs barques légères, s'emparaient par surprise des villes et des monastères.

 

 C'est donc à cette époque que nous devons fixer la fondation sur les bords de la Sèvre des châteaux de Salbart, de Niort, de Thelouse, de Magné, etc.

Du texte de quelques chartes il semble résulter que le château de Niort fut élevé vers l'an 940. Il fut bâti sur le territoire du village de Niort l'église de Saint-Vaize et ses dépendances se trouvèrent enclavées dans l'enceinte de cette citadelle.

En effet, dans une charte de 989, on dit que l'église de Saint-Vaize était située dans l'intérieur du château (intus castrum) et dans une charte de 1096 cette église est cédée à l'abbaye de Charroux avec tout ce qu'elle possédait dans l'intérieur du château.

Ce fort, éloigné de la montagne nord-ouest, n'avait point été construit pour en défendre les habitants; il avait été bâti pour servir de refuge aux moines du prieuré de Saint-Sauveur et à la petite peuplade dispersée sur la colline sud-est.

La construction de tant de forteresses échelonnées sur les bords de la Sèvre prouve évidemment que les pirates-du nord avaient remonté cette rivière que, par cette voie, ils s'étaient répandus dans l'intérieur du pays et l'avaient couvert de ruines.

 

Si le souvenir des anciennes invasions n'avait pas fait redouter une nouvelle irruption de barbares, certes, dans ce siècle d'ignorance et d'imprévoyance, on n'aurait pas élevé avec tant de sollicitude ces tours et ces châteaux, sentinelles avancées qui gardaient avec soin les abords de la Sèvre.

Les seigneurs de l'Aquitaine s'empressèrent, au dixième siècle, de réparer les pertes immenses que les Normands avaient fait éprouver aux abbayes.

Pour activer ces pieuses libéralités, les moines, à l'aide d'une fausse interprétation d'un passage de l'Apocalypse, prédirent que la fin du monde aurait lieu en l'an 1000 alors, princes barons, simples particuliers, tous frappés de terreur et détachés des biens de ce monde qu'ils devaient bientôt quitter, enrichirent les monastères pour assurer le salut de leur âme et le repos des âmes de leurs ancêtres.

La plupart des chartes souscrites à la fin du dixième siècle commencent ainsi :

« Comme déjà des signes certains annoncent que la fin du monde approche, etc. »

puis, lorsque l'année 1000 eut terminé son cours sans avoir entraîné avec elle la destruction de notre globe et le bouleversement de l'univers, les princes et les seigneurs pensèrent que leurs libéralités et les prières des moines avaient éloigné le terme fatal aussi, quoiqu'ils se fussent déjà dépouillés de la plus grande partie de leurs biens en faveur des abbayes cependant, saisis d'un nouvel enthousiasme religieux, ils rivalisèrent de munificence, et l'on vit s'élever ces églises et ces monastères dont la construction est encore pour nous un objet d'admiration.

En peu de temps un tiers du Poitou devint la propriété des moines et les barons poitevins les plus puissants reconnurent des abbés pour suzerains.

Afin que les seigneurs arrêtés par la crainte de commettre un sacrilège n'osassent s'emparer de ces domaines consacrés à l'entretien des serviteurs de Dieu, chaque abbaye mit les terres qui lui appartenaient sous l'invocation du saint auquel l'abbaye elle-même était dédiée ainsi les possessions du prieuré de Niort portaient le nom de terres de Saint-Sauveur et de Sainte-Marie ainsi la terre de Saint-Vincent indiquait le domaine de l'abbaye de Saint-Liguaire connue alors sous le nom d'Abbaye de Saint-Vincent.

Les moines de Charroux construisirent près de leur prieuré une église qui fut consacrée à Sainte-Marie que le peuple nommait Notre-Dame. C'était un moyen certain d'attirer des habitants autour de leur demeure car, dans ces temps reculés aux lieux où s'élevait une église, grandissait bientôt un village, un bourg, une ville.

Des terres furent affectées à l'église de Notre-Dame, et les possessions du prieuré se divisèrent alors en terre de Saint-Sauveur et en terre de Sainte-Marie.

C'est en 1096, après la prise de possession de l'église de Saint-Vaize et d'une partie de l'emplacement du château que le prieuré du Saint-Sauveur devint réellement le prieuré de Niort.

Jusque-là, l'abbaye de Charroux n'avait eu aucun droit ni aucune propriété dans l'étendue du château et du village de Niort.

L'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, entièrement détruite par les Normands, devint l'objet d'immenses libéralités. Dans notre pays, cette abbaye fut dotée de vignes situées près du château de Niort, de terres à Saint-Florent, à Piédefont, à Frontenay et à Sansais au onzième siècle, ses propriétés s'étendirent à Saint-Remi, à Villiers-en-Plaine et à Saint-Maxire, dont les églises lui furent données.

 

 

L'abbaye de Saint-Maixent qui tenait sous sa dépendance l'abbaye de Saint-Liguaire possédait, vers 1120, onze arpens de terres et de vignes autour du château de Niort et même dans l'intérieur du champ-clos de plus quinze deniers de cens sur certaines maisons du village de Niort; mais le présent le plus important que reçut cette abbaye sur la colline de Notre-Dame fut, sans contredit, l'église de Saint-Gaudent qui, plus tard, se trouva comprise dans l'enceinte du nouveau château. Geoffroy, fils de Hugues de Saint-Maixent, fondateur de cette église vers 1074, la donna aux moines de Saint-Maixent, le 24 février 1081.

L'abbaye de Saint-Jean-d'Angély posséda l'église de Saint-Vaize et ses dépendances jusqu'en 1096, époque à laquelle cette église fut cédée aux moines de Charroux.

Ainsi au dixième et au onzième siècle, quatre abbayes et le seigneur du château se partageaient l'entière propriété de la colline de Notre-Dame au sud-ouest, s'élevaient l'église de Saint-Vaize, le château et le village de Niort; au sud-est, le prieuré de Saint-Sauveur et l'église de Notre-Dame au nord-ouest du château était située l'église de Saint-Gaudent.

Sur ces trois points, bientôt des habitations s'agglomérèrent mais ces diverses localités ne composaient pas un tout compact chacune d'elles était la propriété particulière d'une abbaye.

Elles ne se réunirent que lorsque le château, construit par le comte de Poitou dans le fief de l'église de Saint-Vaize et sur le territoire de Niort, eut absorbé dans sa juridiction tous ces membres épars qui, plus tard, enfermés d'une même muraille, concoururent à former la ville de Niort.

 

 

Les Églises

En 1280, Gauthier de Bruges, évêque de Poitiers, dans ses instructions à son successeur sur l'état du diocèse (1), cite, outre Saint-Maurice-de-Mairé, quatre églises dans l'officialité de Niort Saint-André, Saint-Vaize, Saint-Gaudent et une église «  in castro spectantem » à l'usage du château, à la présentation de l'abbé de Saint-Liguaire. Point n'est question de Notre-Dame, qui n'est encore que la chapelle du prieuré.

De ces quatre édifices religieux, le plus important est certainement Saint- André, qui dresse depuis le XIe siècle ses énormes piliers romans, mais dont le vocable ne date que du XIIIe siècle (2).

 Auparavant, si l'on s'en rapporte à un ancien pouillé de Charroux, l'église portait le nom de Sainte Foi « Ecclesia parrochialis sanctae Foi (3) ».

En 1096, la bulle du pape Urbain II, et en 1200 celle du pape Innocent Ill, confirmant à l'abbaye de Charroux ses possessions et privilèges, désignent une Sainte-Sophie de Niort (4) qui pourrait bien être la même église, si l'on admet que le vocable de sainte Foi ait été synonyme, au moyen âge, de celui de sa mère sainte Sophie (5).

Peut-être aussi s'agit-il de deux édifices successifs, et Saint-André a-t-il remplacé un sanctuaire plus ancien, car les historiographes Niortais, jaloux de l'origine reculée de Notre-Dame, ne craignent pas de faire remonter sa fondation à l'empereur Constantin (6).

Notre-Dame, en effet, n'est autre que la chapelle du Prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, fondé, au moins au Xe siècle, par l'abbaye de Charroux (7).

Mais la population sur ce coteau n'est pas encore assez dense pour nécessiter une église de grandes dimensions. L'édifice roman suffira au culte jusqu'à la construction de la belle nef gothique, à la fin du XIVe siècle (8).

Les Niortais, pleins d'admiration pour le nouveau monument l'attribueront à Charlemagne (9).

Très ancienne également, l'église de Saint-Vaize, cédée en 1096 à l'abbaye de Charroux par les moines de Saint Jean-d'Angély (10), va disparaître sans même laisser de traces de son emplacement (11).

Elle jouit des libéralités des comtes de Poitou, qui ont fondé une rente de vingt livres tournois pour y dire des messes.

Cette fondation va se transporter à l'église Saint-Gaudent – Saint-Gaudent on chastel de Niort

– la troisième église paroissiale de Niort, bien qu'elle se trouve enclavée dans l'enceinte du Château (12).

Les quittances du receveur du roi au XVe siècle mentionneront « la somme de vingt livres tournois laquelle…. le chapellain de lad. chapellenye de Sainct-Vaize a acoustumé avoir et prandre. …pour dire par chacun an dans lad. chapelle certaines messes pour lesd. feuz comtes de Poitou que Dieu absouilhe (12) ».

L'église Saint-Gaudent existe déjà en 1280, au temps de Gauthier de Bruges, concurremment avec Saint-Vaize, ce qui empêche d'en faire un seul et même édifice.

 

Société des antiquaires de l'Ouest.

 

 

 

 

Légendes des Marais, Pézenne, Colombe, Gargantua et Macrine Patronne du Marais Poitevin.<== .... ....==>Origine du pagus niortensis ( Niort )

 


 

 Sculpture en  bronze de Richard Texier mise en place en 2005, lors de la rénovation de l’espace de l'îlot Saint-Vaize a pour titre « Cosmos »

 

(1) Publ. Beauchet-Filleau. Pouillé, p. 138. Il semble s'être glissé une confusion dans la lettre de Gauthier de Bruges. C'est évidemment Saint Gaudent qui est l'église « l'usage du château » On verra cependant plus loin que seul le prieuré de Saint-Gaudent avait l'abbé de Saint-Liguaire pour patron l'église Saint-Gaudent était une possession de Charroux.

 (2) L'église S. André, art. 6. Les dessins relevés par Baugier en 1840, et que nous avons eus sous les yeux, permettent de juger de l'importance de l'édifice roman, malgré les remaniements du XVIIe  siècle.

Mais il est impossible, faute de documents, de vérifier les assertions des archéologues d'alors qui ont reconnu l'architecture anglaise dans le mur droit, sans abside, qui fermait le choeur. Mém. Soc. stat. 1er série, II, p. 56. Notes et dessins inédits de Baugier (Famille Baugier, à Sainte-Pezenne).

 (3) Dom Fonteneau, t. IV, fol. 264.

(4) Dora Fonteneau, t. IV, fol. 90 et 270.

(5) Papiers Taury. Bibl. Soc. de statistique.

(6) Mémoire de Thibault de Boutteville en 1742. Mèm. Soc. slat.,3e série, III, p. 204. Peut-être l'église romane avait-elle sur sa façade une de ces statues équestres où le vulgaire voyait une représentation de Constantin. Peut-être la dédicace à sainte Sophie a-t-elle fait songer, par analogie, à Sainte-Sophie de Constantinople.

(7) Notre Dame, art. 38, 170. La plus ancienne mention de Notre-Dame se trouve dans la charte d'Urbain Il Ecclesia Sanctœ Mariae )). Dom Fonteneau, loc. cit. « Domum cappellani Nostre Domine. » 12O0. Hommages d'Alphonse, p. 54.

(8) Tout porte à croire que la construction de Notre-Dame fut commencée sous l'administration du duc de Berry. H. Briquet [Histoire de Niort, I, p. 223) dit, sans autre indication: « La reconstruction de l'église et du clocher de Notre-Dame fut commencée en 1386"; elle ne fut achevée que vers 1411 » Quelques matériaux du XI siècle ont été réemployés dans la nouvelle église notamment dans le mur au-dessus du grand autel. Les fouilles de 1883 ont mis à jour un chapiteau roman. Largeault. Notes archéologiques. Bull. Soc. stat., V, p. 476.

(9) Depuis longtemps on considère comme fausse la prétendue charte de 785 par laquelle Charlemagne concède à l'abbaye de Charroux les églises de Niort.

(10) « Donavit quoque Carrofensi ecclesiae ecclesïam Sancti Vasii de Niorto et quidquid in ipso castro habebat vel in circuitu ejus, scilicet vineas et cellarium quod est in villa Bassinas. » Cart. de Saint-Jean d'Angely. Arch. hist. de Saintonge, XXX, p. 130. A. Briquet écrit, sans citer de sources « Dans une charte de 989 on dit que l'église Saint-Vaize était située dans l'intérieur du château, intus castrum. » Mém. Soc. stat., 1re série, VIII, p. 248- Mais « castrum » peut s'entendre aussi bien de la ville que du château.

(11) Le pouillé de Gauthier de Bruges est le dernier document qui mentionne Saint-Vaize, en 1295 la taxe des décimes de1326 n'en fait plus mention.

Il y avait un fief Saint-Vaize, au bas de la rue Saint-André, à l'endroit où se tient la Loge maçonnique.

(12) Le terme de « Sainct-Gaudent ou chastel de Niort » 1474 (Areh. Deux-Sèvres, G. 23) ne laisse pas de doute sur sa situation. L'incertitude commence lorsqu'on se demande si l'église existait avant la construction de l'enceinte du château, car les donations de 1081 aux moines de Saint-Maixent, si souvent citées, s'appliquent à Saint-Gaudens de Fouras. Arch. hist.du. Poitou, XVI, p. 179.

Dans tous les cas, l'église résista au pillage des protestants en 1569, et les murs au moins restèrent debout. En 1587, Catherine de Médicis, pendant ses entrevues avec Henri de Navarre, la fit réparer et lui rendit des vitraux. Arch. hist. du Poitou, XXVII, p. 340. Si, comme il est probable, les gouverneurs du château en firent leur chapelle, après la réunion de la paroisse à celle de Notre Dame, en 1600, c'est elle qui devint en 1798 l'orangerie du Jardin botanique, et figure sur le plan dressé par Thénadey en 1800. Almanach des muses de l'Ecole centrale, an IX. Un chapiteau roman et un fragment de moulure, déterrés près du palais de justice et quai de la Préfecture, semblent avoir appartenu à cette église

22 octobre 2020

Légendes des Marais, Pézenne, Colombe, Gargantua et Macrine Patronne du Marais Poitevin.

La naissance du marais mouillé par le géant Gargantua

Ne pas savoir où l'on est, ne pas savoir où l'on va ; craindre une dent, craindre une flèche, craindre la faim, craindre la soif, craindre, de s'égarer pour toujours à travers les savanes ou les forêts vierges et persister quand même, dans la volonté d'atteindre le but rêvé, et vivre dans l'espoir d'entendre un jour la douce voix de l'homme, il parait que c'est terrible et délicieux.

— En vous écrivant, je me sens l'âme d'un Stanley; j'éprouve une émotion d'anxiété espérante. — A part le petit coin que j'habite, et les minces événements auxquels je suis forcément mêlé, le Poitou m'est aussi inconnu que le sol mystérieux d'Afrique peut l'être à l'explorateur, en dehors de son campement. Je ne connais pas le premier mot de ce que j'ai à dire. Qu'est-ce que je vais vous dire?... C'est terriblement délicieux... A l'aventure!...

Le joueur et le chasseur ont ....

L'origine des Poitevins se perd dans l'antiquité la plus reculée. Cette province fut longtemps sous la domination des Gaulois.

Jules César la soumit à l'empire Romain. Les Goths, Vandales et Visigoths s'en rendirent maîtres et la possédèrent jusqu'au règne de Clovis….. Eh ! eh ! me voilà parti : je savais bien que je m'en tirerai.

— Figurez-vous qu'au moment, où j'étais arrêté aux bagatelles de la porte, j'avise un énorme in-folio couché sur mon bureau : Dictionnaire historique et géographique.

Je l'ouvre à la lettre P : Poitou, et je lis ce que vous venez de lire. C'est de l'histoire, cela, Madame, de la véritable science! Cette science-là est à la portée de tout le monde? Oui, Madame, et de tous les savants. Croyez-vous que nos érudits opèrent autrement dans leurs dissertations étonnantes? Ils feuillettent et extraient, mais moins ingénus que moi, ils se gardent bien d'indiquer les sources de leurs renseignements. Dans tous les cas, avoir remué pour vous cette machine pesante, par la température actuelle, n'est pas d'un petit mérite, avouez-le.

Bon ! voilà une pile de journaux à terre ! Je n'en fais jamais d'autres. Quel encombrement sur ma table! Il ne reste juste que la place de mon encrier, de ma plume et de mon papier.

Dans mon ardeur à rétorquer vos objections supposables j'ai esquissé un mouvement d'éloquence préjudiciable à ce tas de gazettes de par ici... Tiens ! une idée... voulez-vous me permettre de les ramasser et d'y jeter un rapide coup d'oeil?

On peut y découvrir quelque chose de plus récent que l'origine des Poitevins et de plus intéressant pour vous qui me disiez, l'autre jour, « C'est très beau, les choses anciennes, mais c'est si vieux ! surtout parlez-moi de mon voisin ».

Vous êtes servie à souhait, Fêtes de ta Saint-Jean! C'est jeune puisque le journal qui les mentionne est daté du 21 juin 1898 et c'est vieux aussi:

ces fêtes-là nous ont été léguées par nos ancêtres, de père en fils. Elles sont aussi âgées que l'établissement de la chamoiserie, une industrie qui remonte à je ne sais quelle époque. On dit que le plus ancien registre que possèdent nos archives municipales sur ce chapitre est du mois de janvier 1543. Fêtes de la Saint-Jean ! Mais je tiens un succès..

 Je suis certain de vous intéresser maintenant : vous y étiez. Oui, Madame, je vous ai vue deux fois ! une fois à l'illumination du soir, le 23, et le lendemain, à la messe des chamoiseurs. Vous ne m'avez pas aperçu, je crois du moins : la foule était trop compacte. Et cependant, comme je ne vous perdais pas des yeux, vous vous êtes retournée de mon côté mais... savez-vous que vous étiez splendide, enveloppée des lueurs du feu de joie ; vous aviez l'air d'une salamandre  

Pour ma part, j'ai goûté une soirée de prédilection, debout, immobile, les sens seuls en mouvement, sollicités par les figures qui passaient, par les sons qui cascadaient, par les couleurs qui éclataient. Qu'il suffirait de peu pour faire d'une fêle semblable une fête magique, une fête de rêve. Il suffirait de répandre des lanternes vénitiennes à profusion sur l'eau, au bas, et sur la verdure en amphithéâtre du jardin public.

Avez-vous été photographiée, le jour de la Saint-Jean, à l'issue de la messe des chamoiseurs? J'ai examiné le cliché de M. Ménard, mais je n'ai pas pu vous y distinguer. Vous avez dû être objectivée, cependant, car vous n'étiez, pas loin du petit saint Jean, du petit mouton et de la corporation étages sur les marchés de l'église, dans un groupe à effet.

 Par contre, vous n'avez pu assurément entendre le discours de M. Noirot qui présidait le vin d'honneur. On ne peut avoir tout. Une photographie vaut bien un discours. Saviez-vous que M. Noirot descend des Main, célèbres dans les annales de la chamoiserie niortaise? Un de ses ancêtres, Thomas-Jean Main, en 1764, à l'âge de vingt ans, entreprit un voyage en Angleterre pour s'approprier un secret de fabrication peaussière, appartenant à nos voisins d'outre-Manche. C'éiait de bonne guerre : il risquait sa vie. Reconnu, il aurait été pendu haut et court. Il est mort dans son lit, en France, après avoir doté notre industrie d'un avantage nouveau. Un tel citoyen mériterait une statue sur une de nos places publiques : il n'en a pas !

Vous avez eu tort de ne pas venir à la soirée de la Croix Rouge, le 28 juin — Voyons, avec un peu de bonne volonté!... Vous aviez la migraine?... Raison de plus.

Je mets en fait qu'une migraine ne tient pas devant un spectacle attrayant ; et puis votre toilette beige aurait joué si bien sa partie avec les toilettes élégantes que les dames avaient arborées pour la circonstance.

La pièce de Cyrano de Bergerac est une souricière qui prend tout de suite la petite souris ; j'entends, par souris, l'âme française.

L'âme française ne résiste jamais à l'appât de l'esprit, de l'originalité et de la bravoure, trempé dans de la mélancolie. Oh là. là ! on en raffole... Vous avez lu la pièce, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas que j'ai bien fait de préférer la fête de Ligugé à la fête du 11 juillet, à Niort ?

Une fête banale qui se présente sous le même aspect dans toutes les villes: coups de canon, revue des troupes, jeux de village, courses de bicyclettes, drapeaux, lampions, fusées. Je ne suis pas allé directement à Ligugé, j'avais affaire à Poitiers d'où j'ai ramené un de mes amis. Nous avons stationné à Saint-Benoist, attendant le train de Niort de midi cinq, qui nous amenait un autre ami. Ayant assisté, avant son départ, à la revue sur la place de la Brèche, il devait en avoir une impression toute fraîche. Je me suis empressé de l'interwiever.

— Nos hussards ont-ils été brillants? Très brillants, m'a-t-il répondu, mais pas si brillants que les pompiers. Demandez plutôt à monsieur mon fils (un gamin de 3 ans), j'avais beau lui dire : « Regarde donc les chevaux comme ils vont vite ! Tiens! voilà le colonel... le général !... C'est ce monsieur qui a une culotte blanche et un chapeau de gendarme... Mon fils, le drapeau !... ah bien oui !... pompiers! veux voir pompiers, papa, beau, beau, pompiers... Toujours les pompiers ». Le fait est que notre compagnie est superbe... le soleil est éblouissant sur les casques d'or.

Ligugé était rempli d'étrangers, de Niortais et de Poitevins de Poitiers, quelques Parisiens (en signe des temps). On se dirigeait vers les bords du Clain. Nous avons suivi le mouvement et nous avons atteint une prairie où se donnait la représentation en plein air.

Le décor était joli : Au fond, des peupliers devant lesquels on avait construit un rocher artificiel et, derrière les spectateurs, debout, assis ou couchés sur l'herbe, courait la ligne de chemin de fer que dominaient le clocher et les bâtiments de l'abbaye. La foule bigarrée était pointée de distance eu distance des robes noires de bénédictins empressés.

 

Après une agréable causerie de M. Gustave Boucher, le spectacle a commencé: un acte extrait du Mystère de Saint Martin, par Dom Chauvin, le 1« tableau, qui a trait au séjour du Saint à Ligugé.

C'est une nouvelle tentative du théâtre en plein air. Elle n'est pas heureuse, nullement comparable à ce que nous avons vu à Salbart et à la Mothe.

La lecture du mystère en entier est intéressante mais la représentation ne donne pas grand'chose. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Je constate. Le théâtre en plein air exige un mouvement particulier. Il s'agit, de le trouver. Quoi qu'il en soit, le Mystère de Saint Martin a été l'occasion pour moi d'une séance à l'ombre, à mon aise, en face d'un site pittoresque, au milieu des senteurs des champs, des prés et des bois.

 Ne pensez-vous pas que c'est appréciable. Je ne regrette nullement ma journée, loin de là. Vous n'auriez pas pu en dire autant, le soir des Courses de Niort. Etiez-vous assez fatiguée ce soir-là. Votre bonne humeur habituelle était absente, au point de juger la mienne intempestive. Vous auriez partagé ma gaité si vous aviez, comme moi, en dehors du soleil, de la poussière et du bruit, contemplé, du haut d'une fenêtre, les revenants de la prairie de Nauron, en considérant les courses par leur seul côté réellement original et amusant. Il m'a semblé que le défilé était moins chic que d'ordinaire, beaucoup de piétons, de bicyclettes, de véhicules d'aspect hétéroclite, très peu d'équipages.

La poésie des moyens de transport s'en va. On vend ses chevaux, on se défait de sa carrosserie et on achète une machine quelconque. Ceci tuera cela, on pourrait bien dire aussi cela tuera ceci.

On reviendra à la plus noble conquête de l'homme, vous verrez, ou vous ne verrez pas, mais on verra. L'éclosion de cet aphorisme, est provoquée chez moi par la lecture d'un journal qui communique le résultat des fouilles que l'on vient de pratiquer à Louin, dans les environs d'Airvault.

On a mis à découvert un hypogée d'époque très lointaine et deux sarcophages dans lesquels habitaient deux squelettes maigres et inoffensifs. Voici des malheureux que l'on avait soigneusement enterrés au IVe siècle et que l'on déterre non moins soigneusement au XIXe.

Je ne puis m’empêcher de songer que, dans une quinzaine de cents ans, on nous jouera peut-être le même tour.

Nous passerons à l'état de curiosités dans un musée des Antiques. Je vous demande pardon de cette plaisanterie macabre et d'un goût douteux, conséquence, je crois, de l'usage trop prolongé de ma plume. Elle commence à s'énerver et à dire des absurdités. Je l'arrête à temps. Qu'elle me permette seulement de signer :

Votre dévoué et respectueux,

JAN DUC

 

 

 

 

 

P.-S. — Oublier sainte Macrine, après avoir promis de ne pas le faire ! c'est impardonnable !

Heureusement qu'à la minute de vous envoyer cette lettre, je m'en aperçois, je peux encore réparer ma faute.

Je ne vous parlerai pas du dernier pèlerinage, le 6 juillet. En qualité de fidèle de la Sainte, vous y avez pris part. Je n'y assistais pas. Vous en savez donc plus long que moi à ce sujet. J'ai recueilli pour vous quelques renseignements historiques et légendaires.

(Mon fameux dictionnaire n'y est pour rien, il est muet en la matière.) Je les dois à la bibliothèque de Niort et à l'obligeance d'amis compétents, les voici :

Comme toujours, les savants ne sont pas d'accord ; les uns font naitre sainte Macrine en Espagne, les autres aux bords de la Sèvre. Dom Chamard prétend qu'elle vécut au IVe siècle, les Bollandistes au IXe. L'abbé Largeault suppose qu'elle n'est jamais venue en France de son vivant, mais que les reliques rapportées dans notre pays ont pu être l'origine des légendes.

 Si vous avez une autre opinion, dites-la, j'enregistrerai. J'ai lu les légendes, elles sont d'une grâce toute spéciale. Cette lecture repose des journaux de mode et des romans épicés où s'oblitère le sens délicat du goût.

Les légendes diffèrent entre elles sur plusieurs points, elles ne se retrouvent que sur un seul : La Sainte est en butte à des entreprises criminelles, elle les évite par une fuite que protège le miracle.

Pour échapper aux poursuites, elle quitte l'Espagne, traverse la France, et après une marche de sept jours, avec sa soeur Colombo et leur compagne sainte Pezenne, elle atteint le pagus du Poitou.

Au moment où l'on va s'emparer d'elle, un champ d'avoine pousse subitement; les épis hauts et droits la dérobent à la vue des poursuivants.

Dans une autre légende, son persécuteur est le terrible Salbart, seigneur du château dont on voit encore les ruines, près d'Echiré. La chasse commence à l'endroit que l'on appelle actuellement Saint-Maxire et se continue le long de la Sèvre. Sainte Macrine, épuisée, va tomber au pouvoir du chasseur, mais les eaux de la rivière s'enflent, montent et retombent sur ses bords, en s'avançant à la rencontre de Salbart et des siens. La Sainte est sauvée. Depuis ce temps, la Sèvre possède un nouveau lit, l'ancien s'est desséché, l'herbe y croit et les moissons s'étalent au grand soleil.

Un détail archéologique :

Près de la fontaine située sur le point culminant de l'Ile de Magné, non loin de la chapelle, se trouve le champ des Idoles, et, tout autour, on rencontre des fragments de tuiles romaines.

 C'est là que passait la voie romaine de Saintes à Angers, traversant les gués de Mennevault et de Maurepas. L'une des fontaines est nommée la fontaine des Horteaux (hortorum des jardins) dans un site ravissant, dit la gravée des Horteaux. .

Août 1898. Lettres poitevines  Jan Duc

 

 Sainte Macrine et le Marais de l'Ile de Magné

Le marais de Magné passés les derniers faubourgs de la ville de Niort (saint-Liguaire et la Tiffardière), le lit de la Sèvre se divise en deux bras encore étroits qui ceignent l’ile de Magné.

La vallée s’élargit ensuite rapidement en direction de l’océan : l’ancien golfe des Pictons prend forme au-delà de Coulon et La Garette.

Plateau calcaire culminant à 40 mètres, l’ile de Magné a très tôt constitué un point stratégique éminent : elle a été fortifiée en 862, sur ordre de Charles le Chauve, pour prévenir les incursions normandes remontant le fleuve.

Dès le Moyen Age, le village s’est développé au rythme d’un commerce fluvial très actif et du pèlerinage de sainte Macrine : jusqu’au début du XXe siècle, les Maraichins venaient nombreux sur les hauteurs de de l’ile invoquer la patronne du marais.

La chapelle qui abritait les reliques de la Sainte, fut reconstruite au 13 ou 14 e siècle est bâtie sur un terrain nommé le Champ des Idoles.

Chapelle Saint Macrine - Louis XI, roi de France hôtes du sire de Malicorne au château de Maigné en 1469

 Au nombre des pèlerins qui s’y rendaient, on comptera Louis XI, roi de France hôtes du sire de Malicorne au château de Maigné en 1469.

 

 

 


LES SAINTES MACRINE PÉZENNE ET COLOMBE, Vierges A MAGNÉ, AU DIOCÈSE DE POITIERS (IXe siècle).

Macrine, appelée fort souvent Magrine, Matrine, Materne, et mieux encore, dans le langage populaire surtout, Maigrine, avait pour sœur sainte Colombe. Issues d'une noble race et vouées, dès leur plus tendre jeunesse, aux œuvres de la piété, les deux saintes filles avaient formé le projet de se consacrer tout entières au Seigneur, lorsqu'elles virent arriver près d'elles une compagne animée des mêmes sentiments.

C'était Pécine ou Pexine, appelée aussi Péchinne et Persévérande, dont on a fait aujourd'hui Pézenne. Elle était originaire d'Espagne, et c'est ce qui a fait penser que les deux saintes sœurs qu'elle vint rejoindre, pouvaient être sorties du même pays.

Elles se rendirent en Aquitaine et vinrent s'établir sur les confins du Poitou, à quelques journées de la ville de Niort. Le bruit de leurs vertus ayant attiré près d'elles de saintes compagnes, elles se firent construire un monastère.

Troublées dans leur solitude par les vexations de seigneurs turbulents, dont sainte Colombe fut même victime, les deux autres vierges prirent la fuite. Après sept jours de marche au travers des forets et des lieux déserts, accablées de fatigue, elles s'arrêtèrent pour prendre quelque repos mais tout à coup Macrine vit sa compagne pâlir et expirer presque sur-le-champ dans ses bras. Aidée par de généreux chrétiens, elle fit transporter les restes de Pécine dans un village tout près de Niort, sur la rive droite de la Sèvre.

Ce village, appelé alors Tauvinicus prit plus tard le nom de la Bienheureuse, et c'est aujourd'hui Sainte-Pézenne (Deux-Sèvres).

Cependant Macrine finit par découvrir une retraite profonde elle s'y établir. Le nom de la Sainte, que portent encore aujourd'hui ces lieux, l'existence des restes d'une antique chapelle, tout confirme sur ce point la tradition populaire.

 

 

Mais cette retraite n'étant point encore assez sure, la sainte fille traversa de nouveau la Sèvre, aborda dans la petite île de Magné, et se plaça derrière la ceinture de marais qui formait comme un rempart inaccessible au monde.

 Ce fut là, sur un plateau sauvage, que Macrine fixa son séjour et qu'elle vécut dans la pratique des plus sublimes vertus. Elle mourut en paix dans sa chère solitude vers l'an 850.

 

Les populations qu'elle avait édifiées accoururent aussitôt sur sa tombe. Leur reconnaissance éleva des autels à Macrine, nomma de son nom Butte de Sainte Macrine, le plateau qu'elle avait habité, et ce nom, qu'il porte encore, témoigne de la persévérance d'un culte mérité.

Bientôt une chapelle fut construite en l'honneur de la Sainte, et fut desservie par des prêtres que des fondations successives attachèrent à cette œuvre de piété, qui fut l'origine de la collégiale de Magné, établie en 1508.

Puis, quand les mauvais jours dispersèrent les ministres de l'autel et les pierres de l'autel lui-même, la tradition survécut à tout ce que la main de l'homme avait détruit les ruines se virent honorées, dans leur triste nudité, par de pieux pèlerins qui vénéraient encore le souvenir de ce qu'ils ne pouvaient plus voir ni toucher comme autrefois.

 Cependant, le calme ayant succédé à l'orage, un heureux hasard fit trouver, il y a une quarantaine d'années, un sarcophage-renfermant un squelette de femme dont les précieux restes furent déposés avec soin dans le massif même de l'autel de la chapelle.

Les populations empressées affluent en certains jours, au 6 juillet surtout, pour invoquer cette vertu puissante dont elles ont maintes fois ressenti les effets. Des attestations dignes de toute confiance portent au nombre de quatre mille le nombre des pèlerins qui visitent annuellement l'ermitage de Macrine, et des hommes graves estiment que cette dévotion a contribué pour beaucoup à conserver un reste de foi au sein des populations des environs, si tourmentées par l'esprit d'indifférence et d'incrédulité.

Parmi les images populaires qui représentent sainte Macrine, il en est deux qui semblent plus que toutes les autres donner la raison de ce culte persévérant des campagnes. L'une reproduit un miracle de charité opéré par Macrine a la prière d'un laboureur dont le bœuf est guéri d'une affreuse blessure.

La Sainte est représentée tenant à la main la corne qu'elle va sonder au front mutile du pauvre animal. Dans une autre page, Macrine, sous la forme d'un ange, plane au milieu des airs à genoux à la porte de sa chaumière, une laborieuse famille invoque la Sainte en faveur de la moisson que prépare dans le lointain la charrue du laboureur, et Macrine, tirant de son tablier des grains féconds, les jette du haut du ciel dans le sillon qu'elle bénit.

 François Rabelais et L' évêque de Maillezais Geoffroy Madaillan d'Estissac protecteur de François Rabelais

Sainte Macrine et Gargantua en Poitou de Maître François Rabelais

(Abrégé de la biographie qu'on a  donnée M. Ch. de Chergé, dans Les Vies des Saints du Poitou. )

De toutes les légendes concernant Macrine et ses soeurs, il apparaît qu'elles sont poursuivies. Apparemment, seule Macrine échappe à ses poursuivants et se réfugie sur le tertre de Magné.

 D'après M. Guy Pillard dans sa "Mythologie des Deux-Sèvres", Macrine et ses sœurs fuyaient devant Gargantua sur une mule ferrée à l'envers.

Gargantua abandonna sa poursuite quand un laboureur lui eut appris que l'avoine était juste semée lors du passage de la fugitive. L'avoine était mûre. Elle avait donc poussé et mûri en une nuit. Gargantua, très en colère, dépité, secoua ses sabots. Une dépatture forma le tertre de Sainte Macrine et une autre le tertre de La Garette.

 

Gargantua en Poitou de Maître François Rabelais

Dans la Revue de l'Aunis, de la Saintonge et du Poitou (25 juin 1869) un article intitulé Gargantua en Poitou, où l'auteur, M. L. Desaivre, a rassemblé les traditions gargantuines du Poitou.

 La plus intéressante est celle-ci :

« Une légende chère au maraichins nous montre sainte Macrine fuyant devant Gargantua, montée sur une mule ferrée à l'envers.

La bête, harassée de fatigue, s'arrête dans l'île de Magné, près d'un champ où des paysans sèment de l'avoine. Se fiant en la miséricorde divine, Macrine les prie de dire à tout venant qu'elle a passé le jour où ils mettaient leur grain en terre.

 Grand étonnement des laboureurs en trouvant le lendemain leur avoine mûre; ils reconnaissent à ses œuvres l'envoyée du Seigneur; et quand survient Gargantua, ils se hâtent de lui apprendre que l'avoine n'était pas née lors du passage de sainte Macrine.

Le géant abandonne sa poursuite; mais avant de revenir sur ses pas, il nettoie ses sabots; alors, le tertre de la Garette et celui où s'éleva depuis la chapelle de sainte Macrine, apparurent pour la première fois au-dessus de la vallée. »

Mais ces grandes marches incessantes aiguisait son appétit légendaire, et surtout l’assoiffaient au point d’en avaler les rivières avec leurs bateaux et leurs mariniers.

Un jour, il advint que le géant Gargantua, venant de La Rochelle et se dirigeant vers Niort, à la suite d’une beuverie prolongée, se vit contraint de s’arrêter. Epuisé, il s’assit sur le clocher de l’église Notre-Dame de Niort, un pied sur celui de Fontenay-le-Comte, l’autre sur celui de Luçon.

Sa soif était telle qu’il engloutit toute l’eau de la Sèvre et ses affluents, asséchant ainsi le Marais jusqu’à la mer.

Mais après avoir tant bu, une envie pressante ne tarda pas à se faire sentir, et Gargantua se soulagea dans les plaines occidentales de Niort, donnant naissance aux Marais Mouillés.

Une autre légende citée par l'Abbé Largeault : "En ces temps barbares, le bienheureux Massire vivait dans une cabane de rouches, solitaire, servant Dieu sur les bords de la Sèvre au lieu-dit "Milan".

Les peuplades chrétiennes des environs vénéraient Massire comme un Saint et le consultaient comme un oracle. Plus haut sur la rive opposée vivaient deux jeunes soeurs, Macrine et Pezenne (il n'est pas question de Colombe), dans le feuillage et la verdure.

Un matin d'été, Massire agenouillé priait. Tout à coup une immense clameur partie du cours supérieur de la Sèvre éclata dans l'air comme un sinistre signal : "Salbart, Salbart !".

C'est lui, c'est Salbart à la tête des mécréants, pillards, tueurs d'hommes et d'enfants, ravisseurs de femmes. Colons, bêtes de somme, marchands, voyageurs en chariots se sauvent en désordre. Les deux jeunes soeurs Macrine et Pezenne fuient en toute hâte en se donnant la main. Alors Massire, plein de force, inspiré, et comme autrefois Moïse au bord de la mer Rouge, lève son bâton sur le fleuve qui coule à ses pieds.

Aussitôt, les eaux dociles à son commandement s'accumulent en forme de montagne, puis, changeant brusquement de direction, elles se jettent à gauche et prennent leur route vers le midi, barrant la route à Salbart et sa troupe.

Le fleuve alors sépare Salbart des deux soeurs qui, sauvées par ce prodige, tombent à genoux et rendent grâce à Dieu.

Depuis ce temps, la Sèvre, au lieu de se diriger, comme aux temps primitifs, par la vallée de Puysac vers Villiers-en-Plaine et Lesson, est passée par Ste-Pezenne et Niort.

Fin de la citation du texte de l'Abbé Largeault, reprise par de Saint Marc dans le bulletin de la société historique parue en 1908.

Autre détail se rapportant cette fois-ci à la légende de Ste-Pezenne citée par M. Guy Pillard : "Ste-Pezenne aurait fait jaillir une source.  "

Devant ce prodige, un berger païen, Rémy, se convertit et se fit ermite sur le bord de la Sèvre. Il a laissé son nom à une paroisse près de Niort.

Ces deux légendes sont intéressantes parce qu'il y est question de noms de lieux précis et de personnages que nous connaissons bien.

 La fuite de Macrine et Pezenne pouvant se résumer ainsi : partant de Milan lieu-dit du bord de Sèvre près d'Echiré où les deux soeurs vivaient selon les lois des églises chrétiennes primitives, avec l'aide de Massire ou Maxire, autre ermite vivant en bord de Sèvre, elles échappent à Salbart.

Dans leur fuite, elle suivent le cours de la Sèvre.

Elles passent dans un lieu où, par la suite, Massire a donné son nom (St-Maxire). Elle passent ensuite en un autre lieu où sans doute Pezenne épuisée mourut, lieu qui plus tard prit son nom (Ste-Pezenne). Macrine désormais seule continue à descendre la Sèvre, passe à Niort (mais Niort, petite bourgade à l'époque si insignifiante que la légende ne la mentionne même pas).

Elle continue, arrive à Thorigné, lieu-dit situé à Coulon (lieu chargé d'histoire). Elle remonte ensuite la Sèvre, la traverse et se fixe sur le tertre de Magné dans les ruines d'un ancien temple païen dédié à on ne sait quel ancien Dieu.

Les trois sources du tertre sans doute déjà guérisseuses depuis longtemps, la présence de Macrine, sa vie exemplaire, son rayonnement, firent sans doute de la butte de Magné un haut lieu de la chrétienté primitive. Telle pourrait être la vie de sainte Macrine selon les légendes, légendes que je n'ai pas toutes rapportées.

Le pèlerinage, quant à lui, laisse des souvenirs précis. Tout ce que l'on sait sur ce pèlerinage au cours des siècles, le frère Etienne Puységur l'a méticuleusement noté dans son "répertoire chronologique de documents historiques se rapportant à Sainte Macrine de Magné".

Cependant, on peut supposer que le tertre de Magné et surtout les trois sources qui coulent à mi-côte du tertre : fontaine de la Gravée des Horteaux, fontaine du Bec de grue, fontaine de l'Ormeau, devaient être déjà un lieu de culte et de rencontre bien avant l'arrivée de la sainte.

M. Guy Pillard nous dit : "Il ne semble faire aucun doute que nous sommes ici en présence d'un lieu de culte néolithique, agricole, guérisseur et peut-être solaire". Disons que l'origine de ce pèlerinage est inconnue. Elle se perd dans la nuit des temps.

Je cite encore M. Pillard : "Dès le Moyen Age, un pèlerinage est lié à ces sources miraculeuses. Des pèlerins y venaient tremper leurs membres malades. Quelques-uns emportaient en outre un peu d'eau dans des flacons afin d'en avoir à leur disposition en cas de besoin.

D'autres y apportaient des chemises, des bas, des bonnets. Ils trempaient ces vêtements dans l'eau des sources, les faisaient bénir à la Chapelle puis sécher au soleil. Revenus chez eux, ils en revêtaient les malades pour obtenir leur guérison".

M. de Saint-Marc nous dit encore : "Entre toutes les paroisses voisines, celle de Benet se fit longtemps remarquer par sa dévotion et chaque année, le six juillet, elle venait toute entière au pèlerinage à la chapelle"

 Il dit encore : "Les gens de Frontenay se rendant en pèlerinage à sainte Macrine disaient jadis : Nous allons aux saints". Peut-être honorait-on, outre sainte Macrine, saint Massire et saint Rémy. Pris encore dans le texte de M. de Saint Marc : "Il n'est pas rare de voir, à la grande fête de sainte Macrine, le protestant confondu avec le catholique dans les mêmes voeux à l'illustre sainte".

M. le pasteur Rivière confirme dans son livre "La main dans la main" qu'à la fin du Moyen Age, le pèlerinage de Magné était un grand espoir pour les malades du Niortais. M. Pillard nous apprend que les gens de Niort se rendaient pieds nus en procession à la chapelle, le jour du pèlerinage.

J'ai retrouvé tout récemment dans les archives de Notre-Dame de Niort, la trace du pèlerinage de sainte Macrine au sujet d'une querelle entre François Prugnier, curé de Notre-Dame, et un autre ecclésiastique, probablement son supérieur.

Le curé Prugnier était accusé, en 1667, d'avoir supprimé certaines processions, entre autre celle de sainte Macrine ; Prugnier se défend en ces termes : "Il n'y a pas d'obligation d'aller à Ste Macrine à deux lieues de Niort, dans le diocèse de Saintes, où encore il faut traverser la rivière par bateaux et peu s'en est fallu qu'à deux ou trois fois n'ayent enfoncés et par ce moyen causé la perte de la plus part de ceux qui suivaient la procession en allant ; car au retour, les prêtres étaient seuls, la plus part restant au dit lieu, à la balade et autres divertissements qu'on y prend".

1667, c'est le début du règne de Louis XIV. Au pèlerinage s'ajoutait déjà une balade.

En 1672, Pierre Bastard, dans ses mémoires, nous dit : "J'ay assisté aux processions quy allaient à Ste Macrine jusqu'au temps qu'elles ont cessé. Celle de St André cessa d'aller joindre celle de Notre-Dame et d'aller à Ste Macrine. L'année 1672, celle de Notre-Dame y alla seule ou j'assistay et l'année suivante elle cessa d'y aller. Nous partions dès deux heures du matin. Il s'y rendait aussi les processions de St-Liguaire, de Bessines, de Sensay, Amuré et Frontenay. A présent, il s'y est estably une foire".

Deux siècles plus tard (1830), la balade et quelle balade ! complétait encore le pèlerinage. Rousseau nous dit que le pèlerinage, momentanément interdit pendant la Révolution, reprit sous l'Empire.

Mais le mérite de M. Rousseau est d'avoir fait ressortir un témoignage remarquable, celui d'un auteur bien oublié, François Mussat, né à Coulon, qui fut professeur de philosophie à Tours vers 1880. Voilà ce témoignage :

 "Bon ! nous sommes arrivés, commençons notre revue. Ce qui frappe tout d'abord un étranger dans le spectacle que nous avons sous les yeux, c'est la variété des costumes. Les femmes surtout se font remarquer par leur coiffure. Voici le bonnet monumental des ouvrières de la ville ; cet autre qui a des dimensions plus modestes, mais qui est orné de dentelles d'un grand prix est celui des riches saintongeaises.

Voilà la simple coiffe en organdi des bords de la Sèvre et du bocage : elle ne manque pas de grâce lorsqu'elle est bien posée sur des bandeaux de cheveux lissés qui en font ressortir la blancheur. La seule disgracieuse est celle des environs de Melle, attachée sous le menton par un cordon qui serre fortement la gorge et gonfle les joues ; elle a fait donner aux femmes qui la portent l'épithète de "bridées" (s'il y a des dames de Melle qui lisent ces quelques lignes, je souhaite qu'elle ne soient pas vexées de cette appréciation).

Quant aux hommes, les citadins et les villageois se reconnaissent au premier coup d'oeil. Les premiers ont le costume banal à la mode du jour : chapeau à haute forme, habit ou redingote, rien de pittoresque.

Les seconds portent généralement des chapeaux de feutre noir à larges bords, ornés d'une chenille retenue autour par une boucle en acier, des vestes et des pantalons en étoffe plus ou moins fine du pays, appelée "tiretaine" ; leur chemise est fermée sur la poitrine et aux poignets par une épingle et des boutons en argent.

On reconnaît aussi à leur physionomie un peu sauvage, leur barbe inculte, leur mise plus négligée, "les cabaniers" qui naguère encore habitaient dans les marais de la Sèvre niortaise des cabanes de roseaux.

Ils sont, dit-on, les descendants des anciens "Colliberts" race à peu près disparue et dont les savants recherchent les débris. Qu'ils se hâtent s'ils veulent en trouver des échantillons, car on a récemment opéré le dessèchement de ces marais, et, sur ces terrains jadis mouvants et souvent sous l'eau, dont la valeur a décuplé, s'élèvent, çà et là, des maisons de pierre ; les possesseurs enrichis s'humanisent ; bientôt il ne restera plus dans la vallée de la Sèvre aucun vestige du passé et cette race autrefois proscrite, mêlée désormais et confondue avec le reste de la population, n'offrira plus à l'observateur aucun caractère distinctif.

La foule continue de grossir, et avant le coucher du soleil, il y aura au moins vingt mille personnes réunies dans cette vaste prairie. La plupart sont venus à pied, le plus petit nombre à cheval, en chars à bancs ou en charrettes.

 Les riverains de la Sèvre, depuis Marans, près de l'embouchure de cette rivière, en ont remonté le cours dans leurs bateaux plats, tellement chargés d'êtres vivants que les bords n'ont que quelques centimètres au-dessus de l'eau. On est étonné qu'il n'arrive pas plus d'accidents.

 Rarement, et toujours au retour, quand les têtes ont été exaltées par la joie et les libations, un bateau coule ; comme personne ne sait nager parmi ce peuple aquatique, si d'autres bateaux ne suivent pas d'assez près pour porter secours, toute la cargaison humaine périt !

Laissons de côté les parades étourdissantes, les saltimbanques, les chevaux de bois, les diseuses de bonne aventure, les loteries où "à tout coup l'on gagne" et en général ce que l'on trouve partout aux foires et aux fêtes patronales des autres pays. Enfilons cette large allée où la circulation commence pourtant à être difficile et deviendra plus tard une véritable bousculade.

A droite sont dressées de longues tables composées de planches mal jointes, supportées par des tréteaux et abritées par des tentes de toile qui protègent contre les rayons du soleil, mais ne pourraient garantir de la pluie ; à l'extrémité de chacune s'alignent des barriques de vin couvertes d'un feuillage qui ne réussit guère à les tenir au frais.

Chaque cabaretier a son enseigne arborée au bout d'un mât, ou plutôt d'une perche ; s'il cumule, ce qui est le cas le plus ordinaire, une autre profession avec celle qu'il exerce ici, c'est un sabot, une roue de charrue, une scie, un fer à cheval, un petit bateau ou quelque autre emblème de son industrie. On distingue aussi la tente sous laquelle on se propose de fêter sainte Macrine.

 

 

 

Société d'ethnologie et de folklore du Centre-Ouest.

 

Léo Desaivre, « Gargantua en Poitou avant Rabelais », Revue de l’Aunis, de la Saintonge et du Poitou, vol. 9, l er semestre 1896, pp. 344-361.

 

 

 

 

 

 

 


(Photo de couverture promontoire de Saint-André à Niort, l'îlot Saint-Vaize)

 

Le Mystère de Saint Martin

ANDRIEU DE LA VIGNE, né à LA ROCHELLE en Saintonge entre 1457 et 1470, écrit une Ballade sur la prise de Fougieres (1488), sert Marie d'Orléans jusqu'en 1493, se rend à Paris, visite la Bourgogne puis gagne Chambéry où il remplit successivement les fonctions de Secrétaire des Ducs de Savoie Amédée, Philippe 1er, mort en 1497 et Philibert II le Beau qui règne jusqu'en 1504. D'Août 1494 à Octobre 1495 il accompagne le Roi Charles VIII en Italie, rédige le Journal de l'Expédition de Naples et reçoit le titre de «facteur» du souverain.

Il accompagne la Cour à Amboise et à Tours en Février 1496, à Lyon et à Paris en Mai ; il rencontre le 9 Mai 1496 les édiles de SEURRE pour qui il compose le Mystère de Saint Martin, la Farce du munyer et la Moralité de l'aveugle et du boiteux ; ces trois pièces devaient être jouées à partir du 4 Juillet 1496, mais le furent du 9 au 12 Octobre.

En 1498, il écrit Epitapbe du Roy Charles huytiesme de ce nom. En 1501, il rédige les Complaintes et Epitaphes du Roy de la Bazoche et gagne en 1504 un procès contre Michel le Noir, éditeur de son Vergier d'honneur où estrassemblé l'essentiel de sa production poétique. Secrétaire, dès 1504, d'Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII, il compose deux oeuvres polémiques : la Sottise a huit personnaiges (1507) et la Moralité du nouveau monde avec l'estrif du pourveu et de l'ellectif (1508). On lui doit également le libelle des cinq villes d'Ytallie contre Venise, le Blason de la guerre et les Ballades du Bruyt commun (15 10). Il rend hommage à sa défunte protectrice en rimant les Epitaphes en rondeaux de la royne et la Deploration du chasteau de Bloys (1514). François 1er le charge d'écrire une chronique de son règne ; celle-ci ne connaît qu'un début de réalisation. Il meurt probablement vers 1515 et en tout cas avant 1527.

Les sources du Mystère de Saint-Martin

L'auteur s'est essentiellement inspiré de la Vita sancti Martini rédigée en 397 par SULPICE SEVERE et des trois lettres de SULPICE à Eusèbe, Aurèle et Bassula, mais il retranche, modifie ou ajoute des épisodes. Exemples d'anachronismes. La théâtralisation peut déterminer une modification des attitudes, le développement du merveilleux, l'idéalisation des personnages, l'ommission des miracles sans valeur dramatique et l'amplification des données spectaculaires de la Vita.

https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1978_num_8_1_1083

 

Conférence proposée par les Amis du musée de Cluny : La croix du Valasse. Une relique Plantagenêt ? de Nicolas Hatot

La croix du Valasse, une relique Plantagenêt de Nicolas Hatot chez Silvana Editoriale

Conservée au musée des Antiquités de Rouen, la croix-reliquaire du Valasse, trésor de l'orfèvrerie du XIIe siècle, abrite une croix plus petite en or provenant d'un objet plus ancien. En lien avec la récente publication dédiée, cette intervention propose d'explorer les origines de ce joyau, ses spécificités techniques et artistiques, sa fonction, sa signification et ses liens avec la dynastie Plantagenêt, qui a pour origine l'union de Mathilde l'Emperesse et Geoffroy Plantagenêt.

Par Nicolas Hatot, conservateur du patrimoine, en charge des collections médiévales et Renaissance du musée des Antiquités de Rouen. Il enseigne l'histoire de l'art du Moyen Âge et de Byzance à l'École du Louvre. Une conférence des Amis du musée de Cluny

 

Donc je tiens tout d'abord à remercier Martin les amis du musée de Cluny pour leur amicale invitation mais aussi notre hôte l'école nationale des chartes je suis avec vous ce soir pour parler d'une croix reliquaire très certainement en lien avec la dynastie des Plantagenêt.

Cet objet d'orfèvrerie médiévale provient de l'abbaye cistercienne du Valasse en Seine-Maritime verte Normandie qui n'est pourtant comme nous le verrons que le point d'aboutissement de cette croix ou plutôt ces croix à l'histoire matériel complexe mais travaux sur ce reliquaire vient d'être publié chez Silvana sous la forme d'une monographie dédié dans le cadre du lancement d'une collection consacrée aux chefs-d'oeuvre des musées de Rouen Métropole.

Je tiens également à remercier les institutions qui m'ont accompagné dans ce projet à savoir le centre de recherche et de restauration des musées de France internationaux centers médiévaux à de New York mais aussi la Samo Cross Foundation ainsi que la British Psychological association donc acquise par le conservateur Achille de ville que vous voyez à l'écran pour le musée des activités de roue en 1843.

La croix du Valasse tient son nom d'une ancienne abbaye cistercienne de Seine Maritime,  ornée de gemmes que nous proposons de dater de la fin du XII ème siècle

 Cette croix est une star au tec puisqu'elle sert d'écrin à une relique supposée de la vraie croix la plus sacrée d'herlies chrétienne, cet objet remploi son avers nous le verrons une croix plus petit en or qui provient d'un objet plus anciens.

La croix est véritablement un objet miraculée puisqu'elle est parvenue jusqu'à nous en dépit de la conquête des territoires normands par le roi de France Philippe Auguste au début du XIIe e siècle. En dépit des affres de la guerre de cent ans et des guerres de religion et les chats pas en outre aux tourmente révolutionnaire à la cupidité et à la faute.

 

C'est sans doute le respect inspiré par sa relique et ses liens avec la dynastie des Plantagenêts qui nous assurait sa conservation, cette maison royale des Plantagenêts est issu comme vous le savez de l'union de Mathilde de l'Emperesse, d'Henri 1er d'Angleterre et de Geoffroy

5, Comte d'Anjou et du Maine.

 

Les membres de cette maison furent roi de Jérusalem 1131 à 1205, roi d'Angleterre 1154 à 1485, mais aussi ducs de Normandie et d'Aquitaine, Comte du Poitou et de Nantes.

 

Geoffroy aurait été surnommé « Plantes Genêts » et en raison de son amour pour la chasse, passion qui le conduisit à convertir certaines de ses terres en landes espaces naturels ou plus les jeunes et il convient en introduction de rappeler brièvement ce que sont les reliques très rapidement véritable par celle du sacré.

 

Les reliques sont depuis le début du moyen-âge vénéré dans un contenant appelé reliquaire un

reliquaire peut adopter une grande diversité de formes pourquoi pas adopté l'aspect d'une image renvoyée à son contenu en adoptant la forme d'un drap d'une tête fin d'un chef d'une sandale d'une croix c'est le cas de la croix du Valasse ou encore laisser voir dans le cas par exemple des monstres ans reliquaire les reliques qui s'y trouvent abrité dans une optique chrétienne les reliques de Jésus de Nazareth et dessins sont capables d'accomplir des miracles en vertu d'un pouvoir venue de dieu.

Les reliques de Jésus Christ étaient les plus recherchées notamment les instruments de sa passion à commencer par la croix en bois dit vraie croix sur laquelle il fut crucifié. A l'image de la croix du Valasse, ces objets complexes, des objets entre art et dévotion laisse rarement indifférent.

C'est pour la croix de Coronado, un objet fictive toutefois comparable sur le plan typologique à la croix du Valasse, qu’Idiana Jones,  archétype de l'universitaire aventuriers dans la culture populaire, nous entraîne à plusieurs reprises dans de palpitantes aventures.

 

A l'inverse, les reliquaires, parfois perçus comme des instruments de manipulation des fidèles catholiques, furent longtemps mise à l'écart des recherches érudite, on pense bien sûr au traité des reliques Jean Calvin qui note en 1543, a propos des reliques de la vraie croix, dans un passage bien connu que si on voulait ramasser tout ce qui s'en est trouvé, il lui en aurait la charge d'un beau grand bateau pourrait même dire d'une armada mais n'oublions pas au- delà de la question de la croyance et de la religion, que les reliques et le reliquaire, et nous verrons que c'est bien le cas pour la croix du Valasse, nous éclaire sur la propension humaine à vénérer et à chérir des éléments de culture matérielle.

 

La présente communication va reprendre l'organisation de l'ouvrage qui vient d'être édité, l'objectif étant sur une heure dédiée, de tenter d'exploiter la polysémie de cette croix reliquaire.

Nous verrons donc en quoi, cette croix reliquaire est un reliquaire de la vraie croix.

Nous aborderons ensuite l'histoire matériel de cette croix, nous nous pencherons sur la dimension, gemmée, la symbolique des pierres des gemmes, de leur provenance avant d'aborder justement les liens existants entre l'abbaye cistercienne du Valasse et la croix puisque en termes de provenances tout ne va pas de soi par rapport à cette croix et nous terminerons par les possibles connexions entre Mathilde de l'Emperesse , les Plantagenêts et la croix du Valasse.

 

Commençons donc par cette croix reliquaire qui est un reliquaire de la vraie croix, l'aspect cruciforme du reliquaire du musée des antiquités et la relique qui l'abritent renvoie à la vraie croix. C'est l'apôtre Paul de Tarse, qui aux premiers siècles de notre ère développe en premier la portée et de sens de la croix. Dans ces lettres, l'apôtre prêche en son nom et précise que c'est par elle que le christ aboli le péché originel.

Au cinquième siècle, dans son « dea de rationner preciosa écrou keith ? », l'archevêque de Constantinople,  jean Chrysostome distingue bien la croix de sa représentation matérielle, représentation matérielle qui peut être un objet de convoitise.

Cette dissociation n'est pas systématique sur le plan théologique puisque Jean Damascène, trois siècles plus tard, dans son défilé Orthodoxa, emprunte à l'évangéliste Matthieu, l'idée selon laquelle le christ se trouve nécessairement là où est présent le signe de la croix.

 

Les théologiens du 12e siècle, citons par exemple Hugues de Saint-Victor ou encore Alain de Lille, considèrent toujours la croix comme un instrument de salut, permettant d'accéder au paradis et donc d'échapper à la mort.

Depuis le quatrième siècle et l'époque constantinienne, cette image de la croix est liée au pouvoir impérial en fonction d'une rhétorique politique devenue traditionnelle et à ce titre reprises par les hommes et les femmes de pouvoir au moyen-âge. L'évêque Eusèbe de Césarée, précise dans un passage célèbre de sa vie de Constantin, que l'empereur aurait été témoin d'une apparition divine, à savoir une croix flamboyante dans le ciel assortie des mots « ἐν τούτῳ νίκα» par ce signe tu vaincras.  

L'empereur Constantin remporta ensuite la victoire du pont Milvius au nord de Rome sur les troupes de son opposant Maxence et obtient ainsi, la maîtrise de l'occident.

 Il demanda par ailleurs à des orfèvres de faire porter sur son étendard le Labarum, le signe de la croix en or et avec des pierres précieuses.

Au 4e siècle, Cyril avec de Jérusalem puis Ambroise, évêque de Milan, nous rapporte les circonstances de la découverte de la vraie croix par la mère de l'empereur Hélène.

Grâce aux « Titulus» c'est à dire l'inscription roi des juifs porté au sommet de la croix, celle-ci reconnu la sainte relique dans la cavité supposée du Golgotha colline ou fut crucifié Jésus de Nazareth.

Ce Titulus prendra parfois sur les croix du moyen-âge, nous en reparlerons tout à l'heure, la forme d'une seconde traverse verticale. Cette découverte fut rapidement suivie de la diffusion des fragments de la relique, notamment via la politique menée par l'évêque Cyril. Au siècle suivant, l'évêque de Noël Paulin précise qu'en raison de son imprégnation avec le sang du christ, le bois de la vraie croix est animée d'une énergie vivante et qu'il ne peut souffrir aucun dommage en dépit bien sûr des fragments qui en sont régulièrement prélevés pour en assurer la diffusion.

 

 Avec la prise de Jérusalem par les troupes de l'empereur Sassanide Khosro II an 612, la vraie croix fut un temps en 1 perce. Une dizaine d'années plus tard, l'empereur byzantin Héraclius la récupérera et la retourna, en partie seulement, au saint sépulcre de Jérusalem, tombeau où le corps du christ comme vous le savez, fut déposé après sa mort par crucifixion et qui devint par la suite un important lieu de pèlerinage.

Au cours du haut moyen-âge, Rome et ses Papes reçurent des évêques de Jérusalem, des patriarches de Constantinople et des empereurs byzantins, de nombreux fragments venus d'orient.

La prise de Jérusalem par les croiser en 1099, intensifia en contexte anglo- normand comme dans le reste du monde occidental, la ferveur pour la sainte relique.

Deux manuscrits, l'un conserver à la Guilde old Library de Londres et l'autre à la British Library de Londres,  nous informe qu'au début du 12e siècle, le roi d'Angleterre Henry premier, envoya une ambassade à Constantinople pour y recueillir de nombreuses reliques et qu'il acquis directement auprès de l'empereur byzantin un fragment de la vraie croix pour l'abbaye anglaise de Reading.

D'après un inventaire des reliques de l'abbaye normande Notre Dame du Bec Hellouin, on va pas mal parlé du Bec Hellouin ce soir, documents connus par une copie du XVIIe siècle conservées à la BNF, sa fille Mathilde de  l'Emperesse offrit à l'établissement religieux huit fragments de la vraie croix, ce qui n'est pas rien, reliques répartis entre une croix

reliquaire et 7 phylactères.

 La princesse avait sans doute acquis ces reliques à Rome avec son premier époux l'empereur germanique henry 5 à l'occasion d'échanges diplomatiques avec la papauté, mais nous reviendrons sur la vie assez tumultueuse de cette princesse itinérante.

 

Les croix gênés en or et aux extrémités pathé était non seulement à dont princier fréquemment offert aux établissements religieux, mais appartiennent aussi à une tradition qui remonte à l'époque constantinienne.

Le libère pentifie calice compilation de notices biographiques papale jusqu'au neuvième siècle, relève pléthore de croix donné par les papes. Aujourd'hui conservé dans le trésor de la basilique Saint Pierre du Vatican et offerte au 6e siècle par l'empereur byzantin Justin 2 et son épouse Sophie, la Crux vaticana, est l'une des plus anciennes croit reliquaire parvenus jusqu'à nous, là malheureusement, je n'ai pu procurer qu'une photo avant restauration.

 

La Normandie bien sûr du 12e siècle, sacrifia également à cet engouement pour les précieuses croix Gemmés mais outre la croix du musée des antiquités, citons trois autres croient connu par la documentation, à savoir celles citées dans l'inventaire du prieuré saint Gabriel, document conservées à la BNF, celle inventoriés dans le trésor de la cathédrale de Rouen, d'après un document conservé à la bibliothèque patrimoniale de Rouen, ou encore, celle offerte par Mathilde au Bec Hellouin.

A l'image de tout autres reliquaires, la croix du Valasse est également un objet utilitaire, permettant aux fidèles d'engager un dialogue spirituel avec la relique, reliques et reliquaire forment une même unité.

Au début du 12e siècle,  tuyaux fried (j'espère que tout le monde est bien accroché dans son siège parce que voilà on peut ne pas aimer ce genre de photos)

au début du 12e siècle qui offrit d' abbey des schoenaerts considère que la beauté du reliquaire permet souvent de compenser le caractère bien souvent repoussant d'une relique, voilà je crois que vous avez compris l'idée, destinée à susciter la vénération de par leur ingénuité les reliquaires sont pourtant dépourvu d'intégrité et d'uniformité matériel puisqu'ils étaient

susceptibles d'être constamment modifiées selon des modalités fréquemment renouvelé Leurs emplois et la transformation des reliquaires permettait souvent de servir le prestige politique et la légitimité spirituel des sanctuaires qui en étaient détenteurs

 

Deux manuscrits, l'un à la British Library, l'autre à la bibliothèque patrimoniale Rouen,  nous décrivent comme « no wa », les crois offerte au 12e siècle à leur cathédrale respectives par Henri de Blois, élèves de winchester et Rotrou de Warwick, évêque de Rouen

Cet adjectif « no wa » nous indique certainement que celle- ci, était issue d'objets plus anciens.

A l'image de la croix du Valasse, unissant une petite croix plus ancienne à une croix plus grande, une croix reliquaire, inscrite à l'inventaire du trésor de la cathédrale de Rouen, donc

rédigé à la fin du 12e siècle, en fait cet inventaire correspond aux manuscrits que j’ai évoqué à l'instant conservé à la bibliothèque de Rouen. ……..

 

 

 

19 octobre 2020

Le Bois Sacré du Petit Luc et Les mottes féodales où coule aux pieds la Boulogne (Historial de la Vendée vues du ciel 360°)

Le Bois Sacré du Petit Luc et Les mottes féodales où coule aux pieds la Boulogne (Historial de la Vendée vues du ciel 360°)

La Boulogne, La longueur de son cours est de 81,6 km.

 Elle prend sa source en Vendée, sur la commune de Saint-Martin-des-Noyers, trace son cours à la limite des communes des Essarts et de La Merlatière, puis remonte vers le nord. Elle arrose notamment les communes de Boulogne, Les Lucs-sur-Boulogne et Rocheservière en Vendée, puis entre en Loire-Atlantique, où elle arrose Corcoué-sur-Logne, Saint-Colomban et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, avant de se jeter dans le lac de Grand-Lieu.


Avant le bourg de Saint-Philbert, elle reçoit un affluent de rive gauche, la Logne. Vedonia au 1er siècle, Bidonia au VIIe et Bolonia au XIVe.

La commune a pris le nom :  Les Lucs-sur-Boulogne en juillet 1891. L’origine du nom est incertaine. On estime que l'on a affaire à une composition du mot gaulois onna (rivière) devenu onia et de ved (gué). Dans le cas de la Logne, le mot onia donne Ogne, puis l'Ogne et la Logne. L'Ognon est un dérivé de Ogne.

Carte Bois Sacré du Petit Luc et Les mottes féodales ou coule aux pieds la Boulogne (vues du ciel 360°)

 

Point 1

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Point 3

Point 4

Point 5

Point 6

Point 7

Point 8

Point 9

 

 

 

Association de Recherches et d'Etudes pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Lucquois

http://www.lucus.asso.fr/index2.php?id=8

 

 

Histoire Le site du Petit luc - Chapelle du Petit-Luc - Les Lucs-sur-Boulogne<==

La légende de Saint Philbert et les Vikings ou la véritable histoire des 1200 ans de l’abbaye de Déas <==