PHystorique- Les Portes du Temps

13 août 2020

Collégiale Sainte Catherine de Magné - Catherine de Coëtivy grande dame poitevine et petite-fille d'Agnés Sorel

Collégiale Sainte Catherine de Magné - Catherine de Coëtivy grande dame poitevine et petite-fille d'Agnés Sorel

L’église actuelle, de style gothique tardif, date du début du XVIe siècle et fut terminée vers 1521 grâce à un don de Dame Catherine de Coetivy, veuve du seigneur de Magné. Le portail renaissance est l’œuvre du célèbre architecte Mathurin Berthomé qui édifia le « pilori », l’ancien Hôtel de Ville de Niort.

En 1508, un chapitre de six chanoines sous le nom de Sainte-Catherine est fondé par Catherine de Coëtivy, nièce du roi et épouse du seigneur de Magné. L’église est élevée en 1521 par l’architecte Mathurin Berthomé.

Les voûtes s’écroulent en 1568 suite au pillage et incendie des Huguenots

A la Révolution, l’église paroissiale fut désaffectée. Elle échappa à la démolition en servant d’entrepôt de fourrage, et sans doute d’hôpital militaire pour les « galeux ». Un bel ensemble de vitraux a été mis en place en 1875 et 1899/1900. Ils mettent en scène plusieurs saints, le Christ et le couronnement de la vierge

Restaurée au XIXème siècle et classée Monument historique en 1913.

 

 

Catherine, ou Katherine, suivant l'orthographe du XVe siècle, l'aînée des enfants d'Olivier de Coëtivy et de Marie de Valois, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel, avait épousé Antoine de Chourses Malicorne, seigneur de Maigné.

Antoine de Chources, qui se qualifiait en 1476, « écuyer, seigneur de Maigné, du Bois de Maine et du Boullay », fut conseiller et chambellan de Charles VIII et capitaine d'Angers.

Mariée par Louis XI, en 1478, avec Antoine de Chourses,  il acquit en 1484  la terre et seigneurie d'Averton, et mourut le 5 septembre 1485.

Catherine avait eu un fils unique, Guy, âgé de six ans au moment de la mort de son père.

 En 1494, elle perdit son fils unique, de la succession duquel elle eut la terre et seigneurie de Maigné ou Magné.

Louise de Coëtivy, comtesse de Taillebourg, princesse de Mortagne, femme de Charles de la Tremoille, prince de Talmond s'arrêta en revenant de Thouars, le 17 février 1502, chez Catherine de Coëtivy.

La tristesse de dame Catherine, seule, sur l'ile de Magné au milieu des marais de la Sèvre, la rendit habitante de Niort.

Après son décès, deux grands coffres contenant du linge, des bijoux et autres objets précieux furent transportés à Magné. Il en fut dressé un inventaire, qui a été retrouvé dans le chartrier de Thouars et que nous reproduisons dans son entier, à cause des détails qu'il donne sur une partie du mobilier d'une grande dame poitevine, au commencement du XVIe siècle.

 

 Catherine de Coëtivy avait poursuivit à la fin du XVe siècle et au début du XVIe, une collection de manuscrits enluminés du XIIe au XVe commencée du vivant de son époux. Elle l’enrichit largement et s’inspire du plan de la bibliothèque idéale composée pour le roi.

Dame Licorne de la librairie médiévale collection Chourses Coetivy(Dame Licorne de la librairie médiévale collection Chourses Coetivy)

Les initiales enlacées des prénoms de ces deux époux A. K. se rencontrent, accompagnées d'armoiries, sur une série de très beaux livres.

Copie littérale du Tite-Live "Paris, Assemblée nationale, ms. 1265" enluminé vers 1455 par le Maître de Coëtivy. Armoiries, monogramme 'AK' et emblèmes (roses et licorne) d'Antoine de Chourses et de Catherine de Coëtivy

Dans certains cas, les armoiries, disposées en mi-parti, sont celles des deux époux réunis; mais la plupart du temps, le blason, d'après sa disposition, héraldique spéciale et sa forme en rectangle ou en losange, est le blason propre à Catherine de Coëtivy, devenue dame de Maigné.

 Il en résulte que c'est cette petite-fille d'Agnés Sorel qui a été la véritable instigatrice de la formation de la bibliothèque des Chourses-Malicorne.

La bibliothèque des Chourses-Malicorne passa par héritage aux La Trémoille; de ceux-ci aux Condé; enfin, du dernier prince de Condé au duc d'Aumale, et par suite de la donation du duc d'Aumale, et sous la garde de l'Institut de France, au Musée Condé de Chantilly.

Parmi les manuscrits à peintures qui la composaient et qui sont maintenant à Chantilly, se distinguent particulièrement, pour leur somptuosité, une compilation historique sur Les faits des Romains, un magnifique Tite-Live, traduit en français, un splendide exemplaire de la traduction de Flavius Josèphe, par Guillaume Coquillart 2.

Je citerai encore le traité de Boccace, mis en français par Laurent de Premier fait : Des cas des nobles hommes et femmes, qui était arrivé à Catherine de Coëtivy, venant de son oncle, celui qui avait élevé sa mère à Taillebourg, l'amiral Présent de Coëtivy

Cependant les manuscrits peints pour la dame de Maigné ne sont pas tous entrés à Chantilly. La Bibliothèque nationale en possède un, qui compte parmi les plus remarquables une Légende dorée en français dont les miniatures sortent indubitablement du pinceau de ce maître à l'identité encore mystérieuse qu'un contemporain, l'écrivain Robert Gaguin, appelait « l'excellent peintre François Egregius pictor Franciscus »

 

Plusieurs articles établissent que la défunte excellait dans les travaux à l'aiguille, surtout aux broderies de soie et d'or.

11 mars 1527

 

INVENTOIRE DES MEUBLES QUI ONT ESTÉ TROUVEZ ÈS COFFRES APPORTEZ DE NYORT , LE Xje JOUR DE MARS MIL NC XXVIJ , BE LA SUCCESSION DE FEUE MADAMOISELLE DE MAIGNY.

Premièrement en ung grant coffre de bahuz estant en la grant garde robe, où il y a une petite boueste ferrée de cuir rouge en laquelle y a esté trouvé ce qui s'ensuyt, c'est assavoir

Deux branches de coural ;

Item une petite chesne d'argent où pend une langue de serpent au bout ;

Plus une autre petite chesne d'argent où pend une pièce de licorne au bout ;

Plus une autre petite chesne d'argent où pend une langue de serpent ; Item une autre petite chesne d'argent;

Item une pathenostre d'agate attachée à une petite boucle d'argent; Plus une agulle d'argent, à faire des rezeurs ;

Item une petite pierre ronde noyre et ung petit lopin de yvière, le tout enveloppé en du riban. ……..

 

 

Signé TROTEREAU, par commandement de Madame. et R. DES ROCHES.

Documents inédits sur le département des Deux-Sèvres (un par canton) / publiés et annotés par H. Imbert,... et P. Marchegay

 

 

 

 

 

 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )<==

 


12 août 2020

Description de Fontenay le Comte par Pierre Brisson, historien des guerres de Religion conseiller du roi et sénéchal à Fontenay

Description de Fontenay le Comte par Pierre Brisson, historien des guerres de Religion conseiller du roi et sénéchal à Fontenay-le-Comte

Pierre Brisson fut l’historien des guerres de Religion conseiller du roi et sénéchal à Fontenay-le-Comte

Il nous apprend dans quel état les protestants avaient mis la ville pour la protéger contre le duc de Montpensier.

 

« Fontenay est une petite ville, la clef et entrée du bas pays de Poitou, frontière de la Rochelle, de Nantes et de Niort, située au vallon d'un tertre ou colline. A un bout et le plus éminent endroit de cette colline, à main droite du côté de Niort, y a un château qui commande la ville.

Au bas de la colline passe une petite rivière, laquelle est sujette, l'hiver, à déborder, et l'été elle demeure presque tarie, mêmement auprès des murailles. Par- delà le canal de la rivière, devant l'entrée de la ville, du côté de Niort, est situé le faubourg des Loges, lequel ne contient qu'une rue droite et longue, et, par le derrière des maisons, y a des jardins qui sont, tout autour, fossoyés de larges et profonds fossés, par lesquels l'eau de la rivière s'écoule l'hiver, lorsqu'elle s'enfle, et submergerait les faubourgs, si elle ne s'écoulait.

 Par -delà la rivière, à l'autre entrée de la ville, du côté du bas Poitou et de Nantes, y a un portail, appelé le portail Saint-Michel. Ce portail était d'ancienneté la seule défense de ce côté, la couverture duquel ils (les protestants) avaient ôté et mis au lieu d'icelle des barricades, pour s'en servir comme d'une plate-forme, pour d'icelui empêcher qu'on ne s'approchât du boulevart des Dames et d'un ravelin qu'ils avaient construit devant le portail.

Auprès duquel portail y a un clocher fort haut (la flèche de N.-D.) qui découvre fort loin autour de la ville et lui servait de chaugnette.

Et, d'autant que ce portail n'était suffisant pour défendre les courtines et les deux pans de murailles, d'un côté, depuis ce portail jusqu'à Ja rivière, et de l'autre, jusqu'au château, ils avaient fait devant icelui, comme j'ai dit ci-dessus, un ravelin contretatué de pierres de taille, garni de canonnières et fossoyé, la contre-escarpe duquel ils avaient rehaussée et fortifiée de terre et de fascines, la longueur de dix à douze pas, et dans les fossés d'icelui, comme en tous les autres fossés de la ville de ce côté, fait aussi des casemates et démoli toutes les maisons qui étaient devant et à côté d'icelui.

Outre cette fortification, pour encore rendre plus fort tout ce quartier, d'autant que par- delà la rivière le plan de ces faubourgs, comme les ennemis avaient très-bien remarqué, est un petit tertre qui commande la ville, ils avaient construit, aux deux extrémités de la colline, deux grands et forts boulevarts, l'un d'iceux en un lieu appelé Guinefolle (le petit Quinefolle), qui défendait non-seulement le portail et la courtine d'icelui, mais aussi un coin du château.

» Ils avaient construit l'autre boulevart au lieu où il y a deux couvents de religieuses de l'Ordre de Saint-François, qu'ils avaient pour cette raison appelé le boulevart des Dames, et avaient aussi esplanadé tout autour les lieux voisins, et, pour ce faire, démoli un grand nombre de beaux bâtiments que l'on ne saurait remettre pour 500,000 livres.

Au bout du vallon, près le canal de la rivière, y a une fort belle et forte tour qu'ils avaient à demi abattue et remplie de terre, et là, devant, fait un bordeau pour arrêter l'eau. » - -

Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay, par Benjamin Fillon,

 

 

 

 

Prise et Siège de Fontenay-le-Comte durant la cinquième guerre de Religion (1574)<==

11 août 2020

Le château de Saint-Mesmin accueille Jean Ier de Sérent, fauconnier de France, garde des oiseaux au XIVe siècle à la cour royale

Le château de Saint-Mesmin accueille Jean Ier de Sérent, fauconnier de France « garde des oiseaux » au XIVe siècle à la cour royale (3)

Jean (Jehan ou Jehannot), seigneur de Sérent, fils d'Alain (vivant en 1328) et de Gillette de Malestroit qui, l'an 1351 fut l'un des 30 champions choisis par Jean IV de Beaumanoir pour combattre contre un pareil nombre de chevaliers et écuyers anglais, fait d'armes célèbre dans les annales bretonnes sous le nom de combat des Trente.

Les Anglais, dont le chef était Richard Bembrok, chevalier, occupaient la ville de Ploermel pour Jean de Montfort, et exerçaient des brigandages dans les chemins et sur les champs, sans épargner laboureurs ni marchands. Le maréchal de Beaumanoir, qui commandait dans Josselin pour Charles de Blois, demanda une entrevue à Bembrok, dans laquelle il lui fit de vifs reproches sur les vexations que commettaient ses gens et qui n’étaient pas de bonne guerre, outre qu’elles étaient contraire à la trêve publiée par ordre même du roi d’Angleterre. La querelle s’étant échauffée, l’un proposa à l’autre un combat de trente contre trente, ou l’on verrait laquelle des deux nations était la plus brave.

Le défi fut accepté, et le rendez-vous donnée au chêne de Mivoye, ainsi appelé, parce qu’il est à moitié chemin de Josselin à Ploermel, pour le 17 de mars, était le quatrième dimanche de carême de cette année. Une foule innombrable de noblesse et de spectateurs s’y rendit au jour marqué. Les champions se présentèrent dans le champ de bataille, armés de pied-en-cap. Ils étaient rangés sur deux lignes, et chaque combattant avait affaire à celui qui lui était opposé. Leurs armes étaient inégales, chacun ayant eu la liberté de choisir celles qui lui convenaient le mieux.

Parmi les Anglais, il y en avait un qui frappait d’un maillet pesant vingt-cinq livres ; un autre se servait d’un fauchard crochu et tranchant des deux côtés. D’autres frappaient à coups de mail, quelques-uns se servaient de marteau.

Le château de Saint-Mesmin accueille Jean Ier de Sérent, fauconnier de France « garde des oiseaux » au XIVe siècle à la cour royale (4)

Les Bretons n’avaient guère que des lances et des épées. Le combat s’engagea, et on se chargea avec tant de fureur de part et d’autre, que tous les assistants en furent saisis d’étonnement. Les Anglais eurent d’abord l’avantage ; mais les deux partis s’étant retirés de concert, pour prendre haleine et se rafraichir, les Bretons, dans le second choc, se ranimèrent et prirent le dessus, quoique le combat fût plus sérieux qu’il n’avait encore été. Bembrok qui était aux prises avec Beaumanoir, fut percé de part et d’autre par un des chevaliers Bretons. La plupart des Anglais furent tués ; le reste fait prisonnier et conduit au château de Josselin.

Cette journée fut si glorieuse à la nation Bretonne, a été célébrée par tous les historiens, et il est même passé comme en proverbe de dire lorsqu’on veut faire l’éloge de quelque belle action, qu’après la bataille des trente il n’a pas été mieux combattu.

Toutes les circonstances de ce combat singulier sont rapportées au long par M.d’Argentré, qui, en rendant le tribut de louange qui était dû à ces trente héros, fait remarquer qu’ils étaient tous de maisons distinguées et des premières de la province, parce qu’il était tout naturel de penser, ajoute un autre auteur, que le sang le plus noble devait être aussi le plus généreux. Ils étaient d’ailleurs aguerris depuis longtemps, puisqu’ils commandaient la plupart des compagnies de gentilshommes.

 

Le château de Saint-Mesmin accueille Jean Ier de Sérent, fauconnier de France « garde des oiseaux » au XIVe siècle à la cour royale (1)

En 1356, Jean, seigneur de Sérent, commandait une compagnie d'écuyers, servant sous les ordres de Thibault III sire de Rochefort, capitaine de 1000 hommes d'armes et de 500 archers, comme on le voit par une quittance de 80 écus d'or que Jean de Sérent donna, le 26 novembre de cette année, au trésorier des guerres, sous son sceau, représentant un écu chargé de 3 quintefeuilles. Rapportée dans le premier volume des Actes de Bretagne, p. 1506, laquelle est conçue en ces termes :

Sçachent tuit que je Jehan de Sérent, et ai eu et reçu de Jehan Chauvel, trésorier des guerres du roi notre sire, en prest sur les gages de moi et trois écuyers de ma compagnie à déservir en ces présentes guerres ès parties de Bretagne, la sommes de quatre-vingt écus d’or, à moi baillés par mandement de M. le duc de Bretagne, pour acheter chevaux et moi mettre en arroi pour servir esdites guerres, etc. en témoing de ce j’ai mis mon scel à ces présentes lettres, le 26 jour de novembre 1356 : scellé d’un sceau chargé de trois quintefeuilles qui sont les armes des seigneur de Sérent

Jean de Sérent fut toujours attaché au parti de Charles de Blois, qui en faisait un cas particulier, comme il parait par le mandement cité ci-dessus, en date du 24 novembre 1356, contresigné de la Chapelle, et scellé des armes de Bretagne.  Ce prince, après y avoir fait mention du courage, bon comportement et loyauté de Jean de Sérent, ajoute encore, et pour ce que nous connaissons bien sa personne, nous faisons fort qu’il y déservira bien. Donné, et sous notre signet de secret.

Le château de Saint-Mesmin accueille Jean Ier de Sérent, fauconnier de France « garde des oiseaux » au XIVe siècle à la cour royale (5)

On apprend d’un ancien monument, que Jean de Sérent fut fait chevalier au siège de Becherel, par Charles de Blois. Il avait épousé Péronnelle de Sérent, fille ainée et héritière de Raoul de Sérent, et d’Osseline ou Ursule de Château-Neuf, laquelle lui porta en dot la seigneurie de la Rivière, qui par alliance, rentra dans la maison d’où elle était sortie près d’un siècle auparavant.

Le nom de Jean, est fréquemment cité dans les Montres d'Olivier de Clisson de 1375 et années suivantes.

 

 Avec La Passion de Roy, basée à Plaudren (Morbihan) fait voler au leurre le faucon Lannier dans l’enceinte du château, permettant de retracer l’histoire de la fauconnerie, les différentes espèces de rapaces et les types de vol.

Armes : d'or à 3 quintefeuilles de sable. (Sceau de 1356).

 

Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane. par Mre Louis Moreri,

 

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Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois

Retour sur le week-end Merci aux Gaulois d'Esse d'être venus nous faire découvrir l'artisanat et les techniques expérimentales en agriculture ancienne.

Tino, le boeuf, a eu du mérite à pousser le vallus (moissonneuse, exemplaire unique en France) avec cette chaleur

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (5)

Moisson avec un bœuf vosgien et le vallus, moissonner l’épeautre. 

 

L'agriculture et l'élevage Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois

L’épeautre (Triticum spelta) appelé aussi « blé des Gaulois », est une céréale proche du blé mais vêtue (le grain reste couvert de sa balle lors de la récolte).

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (6)

Pour faire avancer l’engin, Tino, un jeune bœuf vosgien

L'emploi de la moissonneuse gauloise est attesté par les écrits de Pline l'ancien (23-74 après J. C.) dans son Histoire naturelle et ceux de Palladius (365-430 après J. C.) dans son livre Les Agronomes romains.

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois

A une époque où les moissons se faisaient à la main et à la faucille, cette invention est tout à fait révolutionnaire.

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (7)

Si les descriptions des auteurs latins sont techniques, pour ne pas dire obscures, les bas-reliefs sont en revanche très évocateurs.

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (3)

 Le vallus est d’une conception fort simple finalement. Elle est formée d’une caisse montée sur deux roues, ouverte sur un côté, où dépasse une sorte de grand peigne en bois qui vient cueillir les épis d’épeautre.  De l’autre côté, elle se prolonge par deux brancards qui permettent d’atteler un bœuf ou une mule.

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (1)

Les outils de la moisson : Homère parle d’une faucille lisse, vraisemblablement métallique, Varron d’une faucille en fer dentée. Pline décrit le vallus, la moissonneuse gauloise, poussé par un animal de trait, un mulet sur le segment de Trèves, François Si gaut pensait que l’apparition du vallus a découlé de la mise en culture de l’épeautre (Triticum spelta L.) en Europe occidentale dont l’épi se détache plus aisément de la tige et cultivé dès l’Âge du Fer en Europe occidentale.

 

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (8)

Les hauteurs de coupe: Pour Xénophon, la coupe se fait en fonction de la hauteur du chaume. Si le chaume est court, on le coupe à ras de terre pour avoir plus de paille. S’il est long, au milieu pour pouvoir bruler dans le champ pour amender le champ. Pour Varron, la hauteur de coupe est fonction de la région d’Italie. Il n’y donc pas de règle; chacun fait selon ses besoins et ses habitudes.

 

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (9)

Les acteurs de la moisson: C’est Homère qui nous dépeint une moisson. Sont présents dans le champ

: des ouvriers, vraisemblablement des tâcherons payés à la journée, des enfants, le roi ou plus simplement le propriétaire de l’exploitation, et des femmes et des serviteurs pour préparer le repas.

 

Reconstitution historique d’une moisson au vallus dans le village Gaulois de Saint Saturnin du Bois (4)

L’organisation de la moisson : Les journaliers sont répartis entre les moissonneurs et les botteleurs. Les moissonneurs coupent les javelles à la faucille ; les enfants apportent les javelles aux botteleurs

; les botteleurs lient les gerbes. Le roi surveille l’avancement des travaux et s’en réjouit. Femmes et serviteurs préparent le repas à l’ombre des arbres.

 

 

Le vallus a été réalisé par Patrick Boos d’après des sculptures, et de deux textes antiques de Pline et de Columelle.

 Vous pouvez les rencontrer de nouveau dans leur village à Coriobona village-gaulois du 13 au 16 août !

http://www.coriobona-village-gaulois.fr/

 

 

http://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/2019/12/01/moisson-avec-un-boeuf-vosgien-et-le-vallus-fete-de-grannos-11-au-18-aout-2019-par-emmanuel-fleurentdidier/

Moisson, battage, vannage, stockage des céréales aux périodes protohistorique et antique dans le monde égéen : Histoire des techniques.

 

 

 

Voyage archéologique d’une Villa Gallo-Romaine à Saint Saturnin du Bois (Golfe des Pictons)<==

 

10 août 2020

Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans.

Abbaye de Maillezais sentinelle des Marais - Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans

Nous venons de passer en revue l'histoire des dessèchements opérés dans les marais de la Sèvre et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle. Cette esquisse rapide demande à être complétée par quelques détails sur les dessiccateurs eux-mêmes, et sur les conditions de groupement ou d'entreprise individuelle qui ont présidé à leurs travaux.

Pour concevoir et mener à bien une œuvre aussi vaste que celle des dessèchements, il fallait une association puissamment organisée, et disposant de capitaux considérables. Au XIIIe siècle, les seigneurs ne s'intéressaient guère aux travaux agricoles, et les paysans n'étaient ni assez riches, ni assez indépendants pour se permettre des spéculations aussi risquées.

L'Église seule remplissait les conditions requises et pouvait assumer les difficultés d'une pareille tâche.

C'est en effet au clergé régulier, bénédictins, cisterciens et templiers, que sont dus en grande partie les premiers travaux d'ensemble. De leur propre initiative, les religieux élevèrent des digues, creusèrent des canaux et mirent le marais en exploitation.

Nul doute qu'au début, durant le cours du XIIe siècle, lorsque les règles ascétiques de saint Bernard gardaient toute leur rigueur, ils n'aient eux-mêmes manié la pioche et la pelle comme faisaient dans le même temps leurs confrères de Roussillon (1) et de Flandre (2).

Pendant tout le XIIIe siècle, ils ne cessèrent de multiplier et de perfectionner leurs travaux d'art. Enumérer leurs entreprises serait reprendre presque complètement l'histoire des premiers dessèchements. Un mot suffit d'ailleurs pour expliquer leur réussite : ils s'entr'aidaient.

L'ouverture d'un canal, la construction d'une digue, nécessitaient de longs et coûteux efforts. Les communautés assez riches et assez puissantes pour en supporter la charge, ou assez hardies pour risquer un capital dans une spéculation aussi hasardée, étaient relativement peu nombreuses.

Une dizaine d'abbayes, tout au plus, se partageaient les travaux. Leurs rivales, moins fortunées ou moins industrieuses, s'adressaient à elles et, moyennant rétribution, obtenaient de se servir de leurs canaux pour dessécher leurs propres marais.

Le plus souvent des associations se formaient entre deux, trois, quatre et même cinq communautés, pour ouvrir un achenal comme celui des Cinq-Abbés ou celui de la Brune.

 

Ces associations, très rudimentaires, n'avaient ni statuts ni règlements. Les membres qui les composaient agissaient à leur guise, et ne s'occupaient que des complications d'ordre physique qui pouvaient surgir au cours de leurs travaux.

Avec une organisation aussi primitive, des contestations se produisaient à tout propos, pour l'entretien d'un achenal ou pour la propriété d'un bot. Des transactions y mettaient fin, et l'on prenait des dispositions nouvelles pour que le cas litigieux ne se reproduisît plus. Bientôt un autre point se trouvait contesté et l'on réglait encore la question à l'amiable. Chaque conflit nouveau engendrait de nouveaux usages. Peu à peu s'élaborait un droit des marais.

Lorsqu'un achenal, par exemple, desséchait plusieurs marais à la fois, chaque associé prenait l'engagement de n'y envoyer que la quantité d'eau à laquelle il avait droit (3) : celui qui y possédait une porte était contraint de l'ouvrir toute grande à la première réquisition pour que les eaux, s'accumulant en amont, n'allassent point submerger les marais d'autrui (4). Quand un bot se trouvait mitoyen à deux achenaux appartenant à différents propriétaires, on y jetait d'un côté comme de l'autre les boues provenant du curage sans qu'il y eût pour cela d'époque déterminée.

Chacun veillait seulement à ne pas projeter trop violemment la terre de peur qu'elle n'allât tomber dans l'achenal du voisin. Si le cas se produisait, c'était au maladroit ou au malveillant

A réparer les dégâts qu'il avait causés (5) ; mais s'il s'agissait de réparations normales ou d'amendements nécessaires, les associés se partageaient les frais (6). Peut-être même dans certaines sociétés y avait-il une cotisation périodique à payer (7).

Les dernières traces de ces associations disparurent avec le XIIIe siècle, une fois les desséchements achevés.

Dès le début du XIVe siècle, les religieux donnèrent les marais à bail à des particuliers, à l'instar des cisterciens de Flandre, qui, à la fin des défrichements, renvoyaient leurs frères convers, et louaient un bon prix à des laïcs les polders mis en valeur (8).

Peu à peu, les abbayes poitevines et aunisiennes se désintéressèrent du dessèchement : on en vit, au XIVe siècle, invoquer le retrait de la mer, qui avait fait leur fortune, pour excuser le délabrement de leurs domaines et se dispenser d'en payer les redevances (9).

Aux XVe et XVIe siècles, prieurs et abbés s'en remettaient pour la plupart à leurs fermiers du soin d'entretenir les œuvres de dessèchement; ce n'est que contraints par l'autorité judiciaire qu'ils consentaient de temps à autre à effectuer quelques travaux.

Si le clergé régulier peut être considéré comme le promoteur des grands dessèchements, on ne doit accorder qu'un rôle bien secondaire à la noblesse bas-poitevine.

Alors qu'en Flandre, au XIIIe siècle, de grands seigneurs faisaient exécuter à leurs frais des endiguements considérables (10), les sires de Velluire, de Marans, de Luçon se contentaient, à la même époque, d'autoriser les entreprises sans y prendre une part directe. Parfois même, leur indifférence se changeait en hostilité à l'égard des industrieux abbés, témoin l'acte incroyable du chevalier Maurice de Velluire, brisant par pur caprice la levée de Bot-Neuf, appartenant aux religieux de Moreilles (11).

Ces procédés, hâtons-nous de le dire, étaient exceptionnels. Plus d'un seigneur, sans vouloir intervenir personnellement dans le dessèchement, en comprenait les avantages et en favorisait le développement. Sa protection s'exerçait de plusieurs façons : tantôt il se bornait à autoriser les travaux dans l'étendue de son domaine ; tantôt il concédait une portion de marais à dessécher suivant des conditions variant avec chaque traité; enfin, mais plus rarement, il faisait exécuter à ses frais, seul ou de concert avec d'autres personnages, des œuvres plus ou moins importantes.

Le premier cas se rencontre surtout à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, c'est-à-dire au moment où les entreprises se multiplient, où les grandes transformations se dessinent le mieux. La concession portait sur deux points : le droit de construire des bots, abbotamentum (12), et le droit de creuser des achenaux, exaium (13).

C'était parfois pour dessécher un marais hors du domaine que la demande était présentée; il fallait alors s'adresser à deux seigneurs différents. Les termes de l'autorisation, généralement assez vagues, laissaient toute latitude à l'entrepreneur ; parfois cependant ils indiquaient la direction approximative à donner au canal, moins pour formuler une condition que pour rappeler une convention (14).

Le second cas qui pouvait amener un seigneur à participer au dessèchement était la concession d'un marais moyennant sa mise en culture. Quand la valeur des marais était encore mal connue, lorsque le pacage des bestiaux semblait en constituer la meilleure, presque l'unique ressource, les concessions étaient souvent gratuites, mais, avec les progrès de l'exploitation, elles changèrent vite de caractère.

Nous n'en voulons pour exemple que Pierre de Velluire, premier du nom, seigneur de Chaillé : fort habilement il sut répartir ses marécages entre plusieurs communautés et en tirer des rentes.

 De l'abbé de Moreilles (15), il recevait des redevances en nature, des abbés de l'Absie (16) et de Maillezais (17), chacun cinquante sols, de celui de Nieul-sur-l'Autize, soixante. Mais un des plus curieux fermages est celui qu'il passa en 1211 avec ses hommes de Chaillé.

Il leur concéda à titre héréditaire les marais situés à l'ouest de leur île, entre ceux de la Grâce-Dieu, de Saint-Maixent et de Guillaume Chasteigner, moyennant le payement d'un cens annuel. Comme le marais n'était pas encore desséché, on ne pouvait déterminer à l'avance la quantité de terrain qui pourrait être livrée à la culture.

Aussi Pierre de Velluire se garda bien de demander une somme fixe pour toute la concession ; il se fit payer une redevance pour chaque brasse de terrain desséché. En principe, il donnait quatorze cents brasses, mais s'il s'en trouvait davantage une fois l'exploitation commencée, il s'engageait à comprendre ce supplément dans les termes du traité. La redevance consistait en trois sols par cent brasses « jusqu'à ce que la terre du marais portât moisson » ; à ce moment le payement en nature devait se substituer au payement en argent, et les trois sols faire place à un setier de froment (18).

Dans le cas que nous venons d'examiner, le seigneur avait aliéné ses marais par une série de contrats successifs indépendants les uns des autres ; il pouvait le faire aussi suivant une méthode un peu mieux réglée.

Au début du XIIIe siècle, Guillaume de Mauléon, sire de Talmont, distribua par fractions à plusieurs concessionnaires ses marais de Curzon pour les clore et les mettre en culture. Il les divisa en cinq parts, en donna quatre, et se réserva la cinquième. Les preneurs des quatre premières parts s'engagèrent à les exploiter et à y établir, chacun dans leur lot, une étable, un jardin, une aire et une habitation. Ils devaient payer au seigneur la dime et le terrage et lui offrir chaque année un bélier à cause de leur étable (19).

Dans ce contrat, la cinquième part, celle du seigneur, devait rester inculte et servir au pacage des bestiaux.

Rarement, on le voit, le seigneur s'occupait directement de culture.

C'est à peine si, de loin en loin, certains textes laissent à penser qu'un chevalier ait fait exploiter à ses propres frais quelque coin de marais (20.) Le caractère même du noble y répugnait. Un seigneur avait-il dans son domaine des biens qu'il voulût mettre en rapport, tout en en gardant la jouissance, il s'adressait à un abbé voisin qui, moyennant la cession d'une partie de ses marais, cultivait le reste (21), ou lui permettait d'user de ses canaux.

C'est ainsi qu'en 1274 Pierre de Velluire, troisième du nom, voulant dessécher un pré situé dans la paroisse de Chaillé, sans faire de frais inutiles, pria l'abbé de Moreilles, frère Aymeri, de lui prêter pour cinq ans son achenal de Bot-Neuf. Comme il obtint gratuitement l'autorisation demandée, n'ayant donné en échange que de vagues promesses d'appui et de protection, ses dépenses se limitèrent à l'ouverture de quelques fossés d'écoulement (22).

Les seuls canaux qu'on puisse attribuer à l'initiative seigneuriale sont peut-être l'achenal du Langon dont nous avons montré le peu d'importance, et l'achenal de la Pironnière, « ung fossé seulement, mesme qu'il n'y a bateau si petit qui y puisse entrer (23) ». Encore pensons-nous, pour ce dernier, que le sire de la Pironnière avait dû être de moitié avec l'abbé de Trizay (24).

Dans tous les cas, si les travaux de dessèchement furent conçus et dirigés par les religieux, et, pour une faible part, par les seigneurs, la partie matérielle de l'entreprise fut l'œuvre des paysans, du  « povre peuple » de la Chronique du Langon.

Les textes relatifs aux populations rurales sont extrêmement rares, surtout dans la région qui nous occupe. Si pourtant l'on joint à ceux que l'on connaît quelques renseignements épars, on arrive à pressentir le rôle important joué par les manants dans l'histoire des dessèchements.

D'abord, leur activité avait sur bien des points précédé les religieux dans leur tâche. Si, dès le XIIIe siècle, on trouve certains cultivateurs recevant des abbayes des marais déjà desséchés (25), par contre, on remarque que plusieurs des marais appartenant aux communautés avaient été mis en valeur par de simples particuliers (26).

Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans

De plus, en exécutant tant de travaux, soit pour leur compte, soit pour celui d'autrui, les paysans avaient acquis à la longue, en matière de dessèchement, une compétence qui ne le cédait en rien à celle des religieux. Aussi, dans bien des circonstances, voyons-nous ces derniers demander conseil aux « prud'hommes », soit qu'il s'agisse d'opérer un dessèchement ou de régler la méthode à suivre dans les réparations (27), soit qu'il faille trancher des différends comme il en surgissait à tout moment au sujet du droit de propriété (28).

Bien mieux, à plusieurs reprises, nous voyons des manants entreprendre eux-mêmes des desséchements sur le même pied que leurs seigneurs « spirituels et temporels ».

L'abbé de Saint-Léonard-des-Chaumes prend des associés laïques aussi bien au nord qu'au sud de la Sèvre, et ces associés sont, à n'en pas douter, d'une humble condition (29).

A Champagné, le rôle des paysans se dessine : de leur propre initiative, on les voit élever les bots de garde, échelonnés vers la mer, et canaliser, ou peut-être creuser entièrement, les achenaux de l'Houmeau, de Champagné et du Bourdeau (30).

Une véritable méthode présidait à leurs opérations. Pour assurer l'entretien de l'achenal de Champagné, les hommes valides de la paroisse étaient répartis en onze équipes de dix travailleurs. Chaque équipe ou dizaine travaillait à son touraux réparations, sous les ordres d'un dizainier. Le dizainier avait charge de réunir ses hommes en temps et lieux, et était responsable de leurs actes. Quand la nécessité s'en faisait sentir, le notaire de l'endroit dressait une nouvelle liste, et comblait les vides occasionnés par les décès dans la première (31).

 

Rappelons enfin que l'Achenal-le-Roi fut entrepris sur la demande des habitants de cinq paroisses, association assez rare en Bas-Poitou pour qu'on la fasse remarquer. (32)

 

Alors, en effet, qu'en Flandre s'étaient constituées des wateringues ou communautés de travailleurs, qu'en Provence des levadiers veillaient constamment à la solidité des digues et au bon état des canaux, comme les « maîtres de la mer » hollandais (33), il n'existait sur les bords de la Sèvre et du Lay aucune institution équivalente.

Dans ces conditions, une autorité supérieure pouvait seule suppléer au défaut d'entente entre les intéressés, religieux et paysans, et réunir par la contrainte ces éléments dissociés. Seul le roi pouvait efficacement intervenir dans les questions relatives au dessèchement, soit par lettres patentes, soit par des intermédiaires, procureurs ou commissaires spéciaux.

Les commissaires royaux apparaissent pour la première fois au XIIIe siècle.

A cette époque, ils conduisent des travaux de création comme le bot de l'Anglée ou l'Achenal-le-Roi, et probablement l'achenal Traversain (34).

Au XIVe siècle, aucun témoignage n'atteste leur intervention ; mais au début du XVe siècle, ils reparaissent, et ne cessent plusieurs fonctions jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Ils sont alors « comis à faire visiter et reparer les achenaux », ou, « commissaires sur le fait de la réparation des marais (35) » : leur rôle se dessine, et devient prépondérant dans l'histoire des tentatives de restauration opérées dans le cours de ces deux derniers siècles.

 

Ces agents du roi avaient des attributions assez complexes : ils devaient dresser la liste des contribuables, les contraindre à payer leur quote-part, visiter les marais, déterminer les travaux à entreprendre, en surveiller l'exécution.

Pour remplir des fonctions aussi spéciales, on choisissait de préférence des gens du pays ayant déjà une certaine expérience. Au début, les commissaires étaient des personnages importants, puis on les recruta parmi des gens de condition plus humble.

D'un seigneur ou d'un évêque on passa à de simples particuliers.

A la fin du XVIe siècle, c'était le plus souvent un fonctionnaire du roi qui recevait la commission (36).

La tâche la plus difficile de cette charge, toujours essentiellement temporaire, résidait dans l'établissement des responsabilités. Pour chaque achenal, il fallait rechercher les personnes auxquelles incombait l'entretien : bien entendu, celles-ci n'allaient pas au -devant des recherches, mais au contraire s'efforçaient d'y échapper. Les commissaires se voyaient contraints de s'aider, pour accomplir leur mission, des procès-verbaux antérieurs (37.), et surtout des dénonciations réciproques des intéressés (38).

Sitôt qu'un seigneur ou un abbé se trouvait assigné en raison de sa négligence-, il rejetait la faute sur ses voisins. Il objectait que toutes les réparations qu'il pourrait faire, en admettant qu'il s'y reconnût obligé, n'auraient aucun résultat si elles n'étaient précédées d'opérations plus urgentes.

Certains allaient jusqu'à prétendre qu'une tentative isolée « non « seulement seroit inutile, mais beaucoup dommagable et prejudiciable parce que ce seroit attirer les eaux douces et sallees sur les terres y adjassantes et faire submerger toutes lesdictes terres (39) ».

 Chacun s'empressait de désigner aux commissaires les autres achenaux en ruines, et de nommer les personnes qu'il jugeait tenues de les réparer.

Pour les bots, la difficulté était moindre. Tout le monde devant redresser le bot et curer le contrebot « au droit soi » 1 il suffisait de rechercher les propriétaires des domaines riverains.

Mais la question se compliquait quand le bot ou l'achenal servait de voie de communication.

La Coutume de Poitou, qui reste muette en ce qui concerne les marais, n'est même pas catégorique à propos de l'entretien des chaussées : « Le seigneur qui a droit de péage « doibt tenir en réparation les ponts, ports et passages sur les chemins, rivières et ruisseaux du grand chemin, sinon qu'autres par devoir y fussent venus (40). »

Ces quatre lignes de l'article XII suffiraient à expliquer à elles seules les nombreuses contestations auxquelles donnait lieu l'entretien d'un achenal, par exemple celui de Luçon (41).

D'ailleurs, quand bien même les commissaires s'acquittaient en conscience de leurs fonctions, réussissaient à dresser la liste des personnes responsables, leur activité s'exerçait en vain. Pendant le temps que duraient les procédures, les canaux s'envasaient, l'eau envahissait les marais, et les chanoines de Luçon, effrayés pour leurs métairies de Triaise, pouvaient soutenir avec raison « que la nécessité des reparations est parfois si pressive et le danger si eminent que le remede de justice seroit trop lent pour y mettre ordre (42) »

Ainsi s'évertuèrent, sans résultat appréciable, ces commissaires du roi dont le rôle aurait pu être si important pour grouper les trois classes de dessiccateurs, religieux, seigneurs et paysans. A une autre époque, avec des pouvoirs de contrainte plus considérables, leur intervention saura concilier tous ces intérêts souvent opposés, et les fera concourir, sous une direction unique, à l'œuvre du dessèchement. Il appartiendra à l'autorité royale, enfin maîtresse de toutes les forces de la France, de reprendre l'entreprise et de la faire aboutir définitivement.

Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle / Étienne Clouzot

 

 

 

 

 

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(1) Cf. Brutails, Conditions des populations rurales en Roussillon, pp. 3-5.

(2) Cf. Pirenne, op. cit., p. 274.

(3) V. pièces just. III et VI.

(4) 1249, février (n. si.). Accord entre les abbés de la Grâce-Dieu et de Saint-Léonard. — V. ci-dessus, p. 40.

(5) 1241, mars (n. si.). Accord au sujet du bot de l'Alouette. Arch. hist. Saintonge et Aunis, t. XI, p. 26.

(6) Ib. — V. aussi pièce just. VI.

(7) 1294, 8 mars (n. st.). Guillaume, abbé de Saint-Maixent, concède les marais de Vouillé au prieur de Marsais, « ea conditione et missionibus super [eis] certam pensionem solveret ». Bibl. Nat., ms. lat. 13818, fol. 284.

— Cf. Arch. hist. Poitou, t. XVI, p. LXXXIV.

(8) Cf. Pirenne, op. cit., pp. 274, 275.

(9) 1374, 14 août. « Dictum pratum ad tantam sterilitatem devenerat propter recessum maris, quod a dicto prato longe retrocesserat, quod dictum pratum penitus inutile factum extiterat, adeo quod, a longo tempore citra, nihil commodi affere potuerat nec sperabatur quod afferet in futurum. »

Arrêt du Parlement condamnant les religieux de Moreilles sur le vu d'une charte de 1276 (v. ci-dessus p. 46, no 1), à acquitter une redevance. Arch.

Nat., X1 23, fol. 450.

(10) Cf. Pirenne, op. cit., p. 280.

(11) V. pièce just. IX.

(12) Arcère (t. 1, p. 25) traduit abotamenium par batardeau « qu'on nomme aboteau dans l'Aunis ». Aboteau est un terme encore usité, avec cette signification qui ne peut venir d'abotamentum ni avoir le même sens.

P. Marchegay. le premier (Ann. Soc. émulation de la Vendée, 1898,p. 142 n. 1) a donné la véritable traduction.

(13) P. Marchegay (loc. cit.) ayant lu excursum, il n'y a pas lieu de tenir compte de sa traduction. Exaium est nettement opposé à abbotçzmentum.

Plus tard « essai » a pris un autre sens. V. ci-dessus, p. QCI, n. 5.

(14) V. pièces just. i et II, VII et VIII, et ci-dessus, chap. II, passim.

(15) V. pièce just. II.

(16) V. pièce just. III.

(17) 1207. Don par Pierre de Velluire aux abbayes de Maillezais et de Nieul du marais d'Aimeri de Reisse moyennant un cens de soixante sols ainsi réparti : cinquante dus par la première, dix par la seconde. — V. cidessus, p. 28, n. 4, et p. 31, n. 2.

(18) V. pièce just. V.

(19) 1205 (?).P. Marchegay, Cartalaires du Bas-Poitou, p. 272. - Masse a écrit à propos de ce marais (ge partie) : « Marais pouvant être desséché ».

(20) V. ci-dessus, p. 28, n. 5, ci-dessous, p. 92, n. 3, et pièce just. III : « Exaquarium meum » dit Pierre de Velluire.

(21) 1275, novembre. Cession de quelques terres incultes à l'abbaye de Maillezais par Aimeri du Verger, à condition qu'il lui en reviendra une -partie après la culture. D. Fonteneau, t. XXV, fol. n5. Lacurie, p. 335.

(22) V. pièce just. X.

(23) 1599, 28 janvier. Visite des achenaux. Arch. Nat., O 1597, fol. i3.

(24) V. pièce just. XVII.

(25) V. entre autres (1241) Arch. hist. Saintonge et Anis, t. XXVII, p. 155.

 (26) Concessions de 1002 (V. ci-dessus, p. 21,n. 2, et p. 22, n. 1), de 1200 (Cartulaires du Bas-Poitou, p. 2 61), de 1231 (Arch. hist. Saintonge et Aunis, t. XXVII, p. 150), de 1277 (V. ci-dessus, p. 46, n. 1).

(27) V. pièces just. II, XIV et XVIII.

28) Actes de 1210 (Cartulaires du Bas-Poitou, p. 262), 1211 (Archive hist. Poitou t. XXV, p. 110), 1249 (Arch. hist. Saintonge et Aunis, t. XXVII, p. 162), 1314 (ib., t. XII, p. 124). — V. pièces just. IV, VIII, IX.

(29) V. pièce just. VI et acte de 1249 (Ãrch. hist. Saintonge et Aunis, loc. cit.).

(30) V. pièce just. XVII et XVIII. Pour les achenaux nous n'avons pas de données bien certaines. Les conjectures que nous avançons sont fondées sur le régime suivi dans les réparations.

(31) V. pièces just. XVI et XVII.

(32) Le rôle de Maillezais dans la gestion et l'entretien des marais

 Ayant œuvré à la mise en place des réseaux de canaux, l'abbé (puis l'évêque) de Maillezais s'est imposé comme l'une des autorités majeures de la région dans les décisions à prendre quant à l'aménagement et à l'entretien des marais.

En 1283, il est présent, en compagnie des abbés de Moreilles, Saint-Michel-en-l'Herm, Saint-Maixent et l'Absie, lorsque les commissaires du roi Philippe III décident d'ouvrir un long canal de ceinture, l'Achenal-le-Roi, afin de prévenir les inondations qui affectaient le faubourg des Loges à Fontenay-le-Comte et recouvraient les prés des paysans de plusieurs paroisses de la Plaine https://books.openedition.org/pur/18546

 

(33) Cf. Pirenne, op. cit., p. 135, et de Dienne, p. 2G2.

(34) V. ci-dessus, pp. 29, 36 et 55.

(35) Actes de 1409 et 14^9, ci-dessus pp. 49, n. 2, et 50, n. 1.

(36) Liste chronologique des commissaires royaux sur le fait des marais:

Jean de Masle, évêque de Maillezais. 1409

Guillaume Taveau, seigneur de Mortemer. 1409

Guillaume de Bonnessay. av. 1439

Jehan Besuchet, secrétaire du roi  1442

Jean Angelet. écuyer 1455

Geoffroy Vassal. 1455

Estienne Choppin. 1527

 Colas Siméon, fermier de la Billaudère, à Champagné. 1527

Mathurin Paradis. 1527

Micheau Barbier 1527

François Brisson, lieutenant particulier à Fontenay. 1560

 Nicolas Gaudineau, sergent royal à Fontenay. 1568

Pierre Brisson, sénéchal à Fontenay. 1598

(37) V. pièce just. XVI.

(38) V., entre autres, pièce just. XVII et la visite de 1599. Arch. Nat., Qi 1597-

(39) 1599, 28 janvier. Visite des achenaux. Arch. Nat, Qi 1597, fol. 14 v.

(40) Coutumes du pays et comté de Poitou. Poitiers,Marnef, 1606, in-4°, pp. 7-8. — L'article XII est invoqué en 1598 par la dame de la Coudraye contre le sire de Champagné. Procès-verbal du 28 janvier 1599. Arch. Nat.Q1 1597,fol. 15.

(41) V. ci-dessus, pp. 64-65.

(42) 1599,28 janvier. Visite des achenaux. Arch. Nat., Qi 1597, fol. 5.

 


09 août 2020

L’ingénieur Ferdinand Arnodin, le père du Transbordeur de Rochefort sur mer

L’ingénieur Ferdinand Arnodin, le père du Transbordeur de Rochefort sur mer

Né à Sainte-Foy-lès-Lyon, Ferdinand Arnodin grandit à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret) ou son père est chef de travaux de la Maison Seguin-Frères. Devenu inspecteur d’ouvrage de la Société Générale des Ponts à Péage, qui a pris la suite de la Maison Seguin, Ferdinand acquiert une expérience des ponts suspendus et crée sa propre entreprise de construction métallique en 18727.

Passionné par les innovations technique, Arnodin dépose et expérimente de nombreux brevets : le câble à torsion alternative (1874), la poutrelle armée en acier pour les ponts suspendus (1886), une grue roulante et pivotante à portée variable (1887).

plan L’ingénieur Ferdinand Arnodin, le père du Transbordeur de Rochefort sur mer

Sa rencontre avec l’architecte espagnol Alberto de Palacio conduit Arnodin à mettre en œuvre un pont transbordeur, sa plus belle invention. Il en a déposé le brevet le 5 novembre 1887.

Le premier transbordeur au monde est inauguré le 28 juillet 1893 près de Bilbao, reliant les villes de Portugalète et de Las Arenas.

A la demande des autorités de Rochefort, Arnodin présente en avril 1888 son nouveau  système de pont qui répond à toutes les contraintes du site. Le projet définitif est déposé en 1894. Les travaux démarrent en mars 1898 et le pont est ouvert au public en juillet 1900.

 

A l’entrée de la Maison du transbordeur, à Échillais, le portrait de pierre de Ferdinand Arnodin fait fièrement face à sa création de 1900, le transbordeur, ce pont qui reliait autrefois Échillais à Rochefort.

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08 août 2020

Après la Guerre de Cent-Ans, le Marais Poitevin redevient Sauvage

Après la Guerre de Cent-Ans, le Marais Poitevin redevient Sauvage (Puy du Fou)

La guerre de Cent ans amena la ruine dans le marais desséché; les achenaux s'envasèrent, les digues furent rompues, les écluses détruites.

Un demi-siècle après l'expulsion des Anglais, nous retrouvons les marais de la Sèvre et du Lay dans l'état où la guerre de Cent ans les avait laissés. Les marais de Champagné eux-mêmes, qui semblaient avoir un moment retrouvé leur ancienne prospérité, étaient redevenus sauvages.

Quand les hostilités eurent cessé, les rois de France tentèrent de réparer les ouvrages détériorés.

La Sèvre était, depuis quelques années, dans un état complet d'abandon.

Après la Guerre de Cent-Ans, le Marais Poitevin redevient Sauvage

 La navigation ne pouvait s'exécuter que pendant l'hiver et était totalement interrompue en été, au moment des basses eaux. Les droits d'ayde continuaient cependant à être perçus, mais ils n'étaient plus consacrés au port de Niort et à la Sèvre.

Louis XI venait de succéder à son père Charles VII.

Louis XI fit cesser cet abus et, le 19 avril 1468, il rendit une ordonnance pour que les droits d'ayde fussent perçus par le receveur ordinaire de Poitou ou par son commis.

 « Pour les deniers qui en proviendront estre convertiz, et employez en la réparation et entretenement des dites rivières navigables (la Sèvre et la Vendée) et des porz et havres d'icelles. »

« Considérant, dit Louis XI dans cette ordonnance, que nostre pays de Poictou est fertile et fort abondant en bléz, vin et autres fruits, dont la traite n'en povoit et ne peut être bonnement faicte, sinon par navire, veu la grant estendue du pays et la grant quantité et multitude des fruits qui croissent chacun an, et attendu que en mettant la rivière la Sèvre en estat navigable depuis nostre ville de Nyort, qui est la principale en icelle marche jusques à l'Isle de Marans, qui est prouchain et contigue de la mer, la délivrance de blez, vins et autres fruits croissant dans notre pays de Poictou se pourrait aisément faire. »

Louis XI rappelle dans cette même ordonnance que des droits pour l'entretien de la navigation de la Sèvre avaient été établis par le duc de Berry et qu'ils se levaient au gué de Velluyre, au bos de Langlée, au passage de Moreilles de Champagné et autres ports qui sont sur la rivière la Vendée, au lieu de la Pichonnière et Maillé et autres localités situées dans l'île de Maillezais, excepté sur les hommes de l'évêque et sur ceux qui allaient à son marché de Maillé.

 

 

Ces droits se percevaient aussi sur la Sèvre, à Coulon, à Courdault, à Bouillé et dans les autres ports de la châtellenie de Benet, au lieu de la Neyvoyre et dans les autres ports de la châtellenie d'Arçay, et aux ports de Niort, Sevreau, Bessines, Port-Nau, Péglan, la Tiffardière et la Boussille.

Tous les deniers et revenus provenant de ces aydes avaient été consacrés à l'entretien de la Sèvre, jusqu'au moment où le duc d'Alençon, qui avait vu ses terres occupées par les Anglais, reçut de Charles VII, en dédommagement, la seigneurie de Niort

 « pour en joir, ensemble des revenus et prouffits, lequel la tint pas longtemps, pendant lequel il s'appropria le revenu du péage qui avoient esté ordonné pour entretenir la dite rivière en estat navigable et par ce moyen fut interrompu et discontinué l'entretien et icelle rivière devint tellement comblée de sablons et empeschée de bois, que les porz et havres sont rompus et y est discontinué ledit fait de marchandise espéciamment en temps d'été. »

Cette ordonnance produisit d'excellents résultats.

Les droits perçus furent employés à creuser le lit de la Sèvre, à le débarrasser des sables, des troncs d'arbres qui entravaient la marche des bateaux et à réparer les ports. La navigation reprit son ancienne activité.

« La commune de Niort, dit M. Gouget (1), après la « longue tyrannie d'Alençon et le coup dont le roi (Charles VII) l'a frappée pour sa révolte en 1440, est rétablie : elle « refait son sceau, recompose le rôle de ses bourgeois, « rebâtit son hôtel de ville, son aumônerie de Beauchamp, abattue par le canon de l'armée royale, sa maladrerie, ruinée par le temps; fixe pour un instant ses « finances, réorganise ses écoles; éprouvée enfin par la peste, paie à ses frais des médecins venus de Poitiers. »

 

 

Depuis la mort du duc de Berry, les seigneurs voisins s'étaient affranchis de ses péages, elle les rétablit ; depuis la praguerie, les officiers royaux s'étaient substitués à ceux du comte d'Alençon dans l'exercice des droits de commune, elle provoque un procès qui en interrompra entre leurs mains l'usage puisque la question se traite par le droit civil, et retournant contre eux les mêmes armes elle proclame dans le droit des communes une règle du droit féodal qu'au fief du Roy doit avoir plus de liberté que es autres.  

Elle se mêle à tous les intérêts généraux de la province; envoie ses hommes à la députation des trois « Ordres du Poitou, qui va demander au roi l'établissement à Poitiers d'un parlement en même temps que Poitiers demandera que le siège royal ne soit pas maintenu à Niort; se ligue avec Saint-Jean-d'Angély pour protester contre les traites foraines d'Angoumois et de Saintonge ; provoque à Poitiers, Saint-Jean, La Rochelle, un concert de plaintes contre de nouveaux droits imposés sur le commerce; et, ville dont la moitié s'est révoltée pour le Dauphin, dont l'autre est demeurée obstinément fidèle au Prince, s'autorise à la fois du passé et de l'avenir vis-à-vis du dauphin Louis et du roi Louis XI. »

 

 

 

 

Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans.<==.... ....==>


 

(1) Mémoire sur le commerce de Niort, pages 33 et 34.

 

07 août 2020

Le Marais Poitevin sous les Plantagenêt (Time Travel - Golfe des Pictons)

Le Marais Poitevin sous les Plantagenêt

En face de l'île de Ré, s'étendait jadis un large golfe d'une ouverture d'environ trente kilomètres et dont il est facile de suivre les contours dans les trois départements de la Vendée, des Deux-Sèvres et de la Charente- Inférieure (Charente- Maritime)

D'une forme allongée, découpé par une quantité de petites baies étroites, il avait son sommet près de la ville de Niort, à l'embouchure de la Sèvre. D'autres fleuves côtiers l'alimentaient, l'Autise, la Vendée, le Mignon et le Lay (1) ; deux promontoires, celui de Saint Denis du Payré à l'ouest, celui du Gué de Velluire (36 mètres) à l'est, et un archipel composé d'une vingtaine d'îles, lui donnaient une physionomie particulière (2).

 

 Les ports de Luçon et de Niort (Portus Niortensis) eurent longtemps, surtout ce dernier, une réelle importance.

On suppose que c'est au VIe siècle que la mer commença à se retirer; elle abandonna d'abord la partie nord du golfe; mais les inondations de la Sèvre Niortaise, le cours d'eau le plus important qui s'y déversait, le maintinrent longtemps, au sud, dans sa situation primitive, et, sur les cartes du XVIe siècle, on voit encore l'île de Marans, occupant le centre d'une sorte de bras de mer qui s'avance en pointe vers Niort en remontant le cours de la Sèvre (3).

Les dépôts limoneux des fleuves côtiers, les apports de la Loire et de la Gironde, entraînés par les courants (4), venant en aide au soulèvement du sol et couvrant l'ancien lit de la mer d'une épaisse couche de glaise bleuâtre (5), le comblèrent peu à peu, de telle sorte que le primitif état des lieux n'est représenté aujourd'hui que par une petite baie, nommée l'anse de l'Aiguillon, d'une ouverture de sept kilomètres et d'une surface de dix mille hectares, dont trente, chaque année, par suite d'un dessèchement naturel et ininterrompu, s'ajoutent au continent.

Les cours d'eau, qui se jetaient directement dans l'Océan, se frayant un chemin sur les vases molles laissées à découvert, ont, comme le Lay, continué leur course vers lui, ou bien, comme la Vendée, l'Autise et le Mignon, été attirés vers la Sèvre qu'ils ont grossie de leurs eaux.

Les îles, dominant le marais nouvellement formé, virent s'augmenter leur population de pêcheurs, qui, pendant quelques mois de l'année, purent se livrer à la culture pastorale; sur quelques-unes d'entre elles, Saint Michel-en-l'Herm, Moreilles, Maillezais (6), de courageux bénédictins élevèrent des monastères et s'occupèrent d'assainir et de rendre productifs ces terrains de nouvelle formation (7); en même temps, ils s'efforcèrent d'adoucir les mœurs des habitants primitifs de cette région que les anciens chroniqueurs nous représentent comme des barbares (8) et que l'opinion publique considéra longtemps à tort comme le dernier débris d'un peuple vaincu (9).

L'aspect de l'ancien golfe du Poitou ne semblait pas changé l'hiver, lorsque les inondations l'avaient ramené à son premier état; il était alors sillonné par des barques chargées de poissons, de gibiers d'eau, et dirigées vers les îles où de nombreuses familles habitaient des cabanes faites de roseaux ; mais, en été, lors de la décroissance des rivières, on voyait quelques vaches descendre des terres hautes, et, ayant de l'eau jusqu'au jarret, se nourrir en liberté de ces plantes nombreuses que la chaleur du soleil fait croître, avec vigueur, au milieu des sols humides.

 

 

 Outre les abbayes bénédictines insulaires, d'autres s'échelonnaient sur le rivage primitif, à Nieul sur l'Autise (10), à Jard (11), à Luçon (12).

C'est à ce dernier monastère que fut faite, au XIIe siècle, la première concession de marais que nous connaissions.

Henri II Plantagenet, roi d'Angleterre, et Eléonore de Guienne (Aliénor d’Aquitaine), sa femme, lui donnèrent un domaine appelé la Paludeuse, situé dans le marais du Comte (13), et le droit de percevoir la redevance payée pour le pacage des brebis et des porcs (14).

 

En 1197, Richard Cœur-de-Lion détacha, en faveur de l'abbaye de Jard, un palus du fief de Marans, exempt de servitudes et particulièrement du pacage (15).

 Dans les marais du nord de la Sèvre, les religieux de Moreilles ouvrirent l'achenal du Bot-Neuf (av. 1199), nom qui laisse entrevoir des tentatives antérieures, le bot de Vendée (1199-1210), le canal de la Grenetière (av. 1210), et des canaux secondaires dans la même région.

 Les religieux de l'Absie établirent l'achenal et le bot de l'Anglée (av. 1217), les abbayes associées de la Grâce-Dieu, de la Grâce-Notre-Dame-de-Charron, de Saint-Léonard-des-Chaumes, le bot de l'Alouette (av. 1217)  

En 1217, Pierre de Volvire, seigneur de Chaillé permit aux abbés de St-Michel-en-l'Herm, de l'Absie, de St Maixent, de Maillezais et de Nieul sur l’Autize, de faire creuser un canal pour le desséchement des marais de Langon et de Vouillé. ==> 1217 Eglise Saint-Etienne de Marans - Charte Canal des Cinq Abbés - Saint-Michel, l’Absie, Saint Maixent, Maillezais, Nieul.

Le canal qui prend naissance auprès de l'île de Vouillé en partant des porte du Sableau et se jette dans la Sèvre à l'Anse du Braud à la cabane de la Folie, après avoir décrit une large courbe vers l'ouest; on l'appelle, aujourd'hui encore, le Canal des Cinq-Abbés.  (16)

L'étier de Morillon et le bot de l'œuvre-Neuf ont été créés par l'abbaye de Maillezais.

 En cette même année, Béatrix de Machecoul, dame de Luçon, transigea avec divers particuliers au sujet d'un marais qu'un juif avait acquis de Raoul de Tonnay-le-Vieux, son aïeul, et que Jean d'Aulnis avait racheté.

 En 1244, dans le marais du sud de la Sèvre, les religieux de la Grâce-Dieu creusèrent l'Achenal d'Andilly et le Bot de Brie dont le prolongement reçut, au XVIe siècle, le nom de Bot de Barbecanne.

 

 Nous voyons Pierre Boson, commandeur du temple de la Rochelle, autoriser Guillaume, abbé de la Grâce- Dieu, à travailler à un canal de dessèchement (17);

Les religieux de Saint-Léonard-des-Chaumes et leurs associés ouvrirent l'Achenal-le-Roi (av. 1244) — qu'il ne faut pas confondre avec l’Achenal-le-Roi ouvert au nord de la Sèvre, par les soins de Philippe III, en 1283 — et le Bot de l'Angle (av. 1246).

En 1270, Les abbayes de Maillezais, de Saint-Michel- en-l'Herm, de Saint-Léonard-des-Chaumes, et la Commanderie du Temple de La Rochelle conviennent de  faire exécuter l'Achenal de la Brune pour l'asséchement des terres mouillées qu'ils possèdent dans la châtellenie de Marans (18).

C'est, sans doute, vers cette époque que fut creusé le bot ou achenaut de l'Anglée (19).

Dans le marais du Lay, les religieux de Talmont Saint Hilaire, d'Angles et de Fontaine, desséchèrent, sur la rive droite, et les religieux de Bois-Grolland, de Luçon et de Saint-Michel-en-l'Herm, sur la rive gauche.

  Sa levée était, paraît-il, suffisante pour garantir une certaine quantité de marais de l'inondation de la Vendée dont elle suivait une partie du cours ; mais la chaussée construite, en même temps, pour aller à pied sec de Poiré à Velluire, eut pour effet d'enfermer si étroitement la rivière dans son lit qu'à la première inondation, ses eaux refluèrent avec violence sur Fontenay dont elles inondèrent le faubourg des Loges.

 

 

Les habitants, effrayés, allèrent nuitamment rompre les levées ; le faubourg fut sauvé, mais les terres desséchées retombèrent dans leur état primitif.

Cela donnant lieu aux récriminations des communautés voisines qui tiraient leurs fourrages de ces marais, le roi Philippe le Hardi envoya des commissaires pour examiner comment on pourrait concilier leurs intérêts et ceux de la ville de Fontenay.

Ces derniers conseillèrent de renoncer à la réparation du bot de l'Anglée, et au lieu de resserrer les eaux de la Vendée, firent creuser un nouvel écours dit Canal Le Roi, qui devait faire communiquer cette rivière à celle de Luçon déjà canalisée (20).

L'origine du canal de Luçon, qui se jette dans l'Anse de l'Aiguillon, ne peut pas être établie avec précision. Cavoleau le classe au nombre « des premières tentatives qui furent faites pour le dessèchement de nos marais ». La Fontenelle de Vaudoré le considère « comme étant creusé naturellement par suite du retrait des eaux ». E. Clouzot se rallie à cette dernière opinion.

Les associations prirent fin avec le XIIIe siècle.

 Dans le marais occidental, les marécages avaient fait place à des terres fécondes. Au XIVe siècle, on y récoltait du foin, du blé, du vin et des fèves.

Les moines dessicateurs des marais ont complété l'oeuvre de leurs devanciers, les moines défricheurs des forêts. Les uns et les autres ont bien mérité de l'humanité.

C'est sur les relais, dans le voisinage des côtes, auprès des cours d'eau naturels, que furent tentés les premiers essais d'exploitation. Dans les atterrissements les plus solides, on entoura d'un fossé le terrain à dessécher. La terre, élevée en forme de talus à l'intérieur, opposait une barrière à l'inondation résultant des crues de rivières. Au pied du talus, dans le marais clos, on creusa un second fossé destiné à recevoir les eaux de pluie du terrain cultivable ; la terre provenant de ce fossé intérieur vint grossir le talus. Le fossé extérieur prit le nom d'achenal, le talus le nom de bot, et le fossé intérieur le nom de contrebot.

 

Il arriva que le nom de bot désigna, tout à la fois, et l'achenal et le bot, ou l'achenal seulement ; il arriva encore que le terme de contrebot désigna le fossé intérieur et le talus ensemble. Ces ouvrages, créés pour le dessèchement, servirent aussi de voies de communication à travers le hiarais. L'achenal était la voie d'eau, le bot la voie de terre. Le bot devint même « ung chemyn charrault » (21).

 

Trois autres canaux semblent à M. Cavoleau dater du XIIIe siècle: ce sont les étiers de Chaillé et de Morillon et l'achenaut de la Tranchée, qui se dirigeaient tous trois vers la partie inférieure de la Sèvre, non loin de l'Anse de l'Aiguillon.

L’œuvre des abbayes médiévales se poursuit pendant des siècles, sous la conduite notamment du maître des digues d’Henri IV et les ingénieurs du Second Empire.

 

 

 

 

 L' histoire du Marais-Poitevin, les premiers dessèchement du Bas Poitou. (Moyen-Age)<==.... ....==> Après la Guerre de Cent-Ans, le Marais Poitevin redevient Sauvage

 

 

 


 

MAILLIZIACUS (Maillezais en Vendée) Golfe des Pictons

Le golfe des Pictons est un ancien golfe de l'océan Atlantique qui se trouvait dans les départements actuels de la Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et de la Vendée, en France. an 700 ans avant JC : Les Pictes ou Pictons, tribu celte originaire du nord de l'Ecosse, s'installent sur les diverses îles calcaires du Golfe qui devient ainsi le golfe des PICTONS.

 

Les greniers Plantagenêt, l'importance capitale du sel dans la vie économique du Moyen âge

Autour de Maillezais, les marais poitevins sont une grande étendue de terre et d'eau, de la Charente Maritime à la Vendée. Un espace unique en Europe qui possède une faune et une flore incroyable.

 

L'île de Ré, avant-garde de l'Aunis et du Poitou contre les Vikings - L'érection en commune par les SIRES DE MAULÉON

Au XIIe et XIIIe siècle la seigneurie de l'Ile de Ré appartint à de puissants seigneurs, les sires de Mauléon, dont l'un d'eux, Savary, fut un des personnages de son époque qui eurent le plus d'influence dans les guerres entre la France et l'Angleterre.

 

La vie d'Aliénor d'Aquitaine

Depuis deux siècles, on appelait habituellement Éléonore cette princesse que les historiens antérieurs nommaient Aliénor (autrement dit Alia Aenor, "l'autre Aénor", puisque Aénor est le prénom de sa mère.), Aanor, Alienordis, Aenordis, Alernoia, Helienordis; on trouve ces différents noms dans les Tables de dom Bouquet, de Duchesne, de Martène.

 

Le port d'Aliénor d'Aquitaine : Voyage dans le temps des Templiers et Hospitaliers de la Rochelle. -

Sixième port de France, La Rochelle affiche désormais près de huit millions de tonnes de trafic. Et la plaisance est devenue l'une de ses vitrines. Au Moyen Age, la ville se démarque surtout par son indépendance vis-à-vis de tout pouvoir religieux.

 

Aliénor d'Aquitaine, Lois Maritimes les Rôles d'Oléron, appelés aussi Jugements d'Oléron

Aliénor d'Aquitaine, Lois Maritimes les Rôles d'Oléron, appelés aussi Jugements d'Oléron Les Rôles d'Oléron, sont un recueil de jugements compilés en un code à la fin du XIIe siècle par décision d'Aliénor d'Aquitaine, et qui ont été utilisés comme code maritime dans toute l'Europe. Ils sont à l'origine de la Loi de l'Amirauté britannique.

 

Histoire du Golfe du Poitou - Paddle back in time - Castle Richard Cœur de Lion Talmont Saint Hilaire -

Au début du Xe siècle, une vaste baie marécageuse, couverte la plus grande partie de l'année par une eau saumâtre, se découpait dans le continent en face de l'île de Ré.



(1) Les trois premiers ne sont plus que des rivières, affluents de la Sèvre Niortaise.

(2) Le département de la Vendée, dans lequel est comprise la plus grande étendue de l'ancien golfe, comprend seize de ces îles. On les distingue en îles hautes, ayant existé à une époque très éloignée, et îles basses, ces dernières ne datant que de l'époque où les eaux commencèrent à se retirer, (Note de M. de la Fontenelle, Statistique du département de la Vendée, par Cavoleau.)

 

(3) Les limites du golfe du Poitou peuvent être déterminées par les terres hautes que couronnent les villages dont les noms suivent : pour le département de la Vendée, Jard, Longueville, le Port de Moricq, embouchure du ruisseau de Troussepoil, descendu des collines des Moutiers, les Maufaits, Angles, Saint-Benoît-sur-Mer, Curzon, le Port-de-Claye, où débouchait le Lay, les Magnils, Luçon, encore port de mer au XIIIe siècle, la Croisée, Nalliers, où l'on trouve un banc d'huîtres fossiles, Mouzeuil le Langon, Poiré-sur-Velluire, Montreuil-sur-mer, Fontaines, Nieul-sur-l'Autise, où le petit fleuve se jetait dans l'Océan ;

— pour les Deux-Sèvres, Coulon et Saint-Liguaire aux portes de Niort (embouchure de la Sèvre), Magné, le Vanneau, Arçais, Saint-Hilaire-la-Pallud ; — pour la Charente-Inférieure, Saint-Martin-de- Villeneuve, Courson, Nuaillé, Andilly-les-Marais, Villedoux et Esnandes.

(4) Les Côtes de France, par J.Girard. Paris, Société Bibliographique, 1881.

(5) On l'appelle, dans le pays, terre de bri.

(6) L'abbaye de Maillezais, fondée par le comte de Poitiers, Guillaume IV, en 1010, fut érigée, en 1347, en évêché, par Jean XXII.

(7) Le département de la Vendée, dans lequel est comprise la plus grande partie de l'antique golfe, contient seize des anciennes îles : elles portent encore cette dénomination.

On les appelle les îles de la Bretonnière, de la Dive, de Grues (19 mètres), de Saint-Michel-en-l'Herm, de Triaize, de la Dune, du Regnault, de Champagné-Puyravault et Sainte-Radegonde, de Moreilles, de Chaillé (19 mètres), du Tableau, de Nerves, de Vouillé (9 mètres), de Vix (34 mètres), de Maillezais (17 mètres), de l'île d'Elle.

—Les flots venaient encore, il y a à peine 125 ans, se briser contre les falaises de l'île de la Dive, située entre Saint-Michel et l'anse de l'Aiguillon, et le P. Arcère écrivait, dans son histoire de la Rochelle (1750), qu'elle se réunirait à la terre « par le moyen de la vase qui fait déjà retirer les eaux. »

Cette île est aujourd'hui éloignée de la plage de quelques centaines de mètres, et son histoire est identique à celle de toutes les terres qui dominent le marais et qui, les unes après les autres, ont vu l'océan découvrir leurs bases.

(8) Pierre de Maillezais, moine de l'abbaye de ce nom, les appelait crudeles, implacabiles, indociles.

(9) Voir ce qui est dit de cette population dans le chapitre relatif à l'histoire de la Société générale de Dessèchement. 

 (10) L'abbaye de Nieul fut fondée en 1168. On voit, par une charte de Louis VII, datée de Niort, en 1141, que la mère (Emma) d'Eléonore de Guienne y était enterrée. (Statistique de la Vendée, par Cavoleau, p. 770.)

(11) On montre, près du village actuel de Jard, de vastes souterrains dépendant dit-on, d'un château des ducs d'Aquitaine.

(12) L'abbaye de Luçon aurait été créée en l'année 508. Luçon fut érigé en évêché par Jean XXII, en 1317. (Statistique de Cavoleau, (op. cit. p. 771.)

(13) C'est au milieu de ce marais qui fut bâtie la villa de Chouppeau.

(14) Les Eveques de Luçon, par M. de la Fontenelle de Vaudore.

(15) Histoire de la Rochelle et du pays d'Aunis, par le P. Arcère (de l'Oratoire), p. 18.

(16) Bien que cette charte ait été publiée, nous en reproduisons ici les termes, à cause de l'intérêt qu'elle présente :

« Ego, Petrus de Volviro, dominus de Chaillec, dedi et concessi in puram et perpetuam eleemosynam (franche aumône) Sancti Michaelis in Heremo, de Absià, de S. Maxentio, Malleacensi, Niolensi, abbatibus et conventibus liberam potestatem et licentiam faciendi, et habendi in dominio meo et feudo de Chaillec, quemdam excursum liberum et immunem ab omni costumâ et exactione ad excurrendas aquas de maresiis de Langun et de Voillec et de mediate maresiorum de Nioloso et de maresio de Anglezia ». (Statistique de Cavoleau, p. 65, note.)

(17) Histoire de la Rochelle, par le P. Arcère, op. cit.

(18) Id.

(19) Nous employons ici le mot bot dans le sens de canal, pour nous conformer à l'usage des habitants du pays. Voir sur son véritable sens, donné par M. G. Musset, bibliothécaire de la ville de la Rochelle: Vocabulaire, V° Bot.

(20) Le canal fut creusé aux frais des communautés d'Auzais, Pelouse, l'Hermerault, Pouillé, Poiré, Langon, Mouzeuil, Nalliers, Sainte-Gemme, ce qui montre l'intérêt que les voisins des marais avaient à un desséchement, même partiel, qui, à défaut des céréales, fournissait du fourrage en abondance.

(21) Clouzot, op. cit., p. 162.

 

 

ZOOM sur les fouilles 2019 de l'abbaye médiévale de Maillezais en Vendée

ZOOM sur les fouilles 2019 de l'abbaye médiévale de Maillezais en Vendée

Campagne de fouille du 20 mai au 12 juillet de l'abbaye de Maillezais sous la direction de Teddy Bethus

Il s'agit de la première campagne récente. En effet, une dizaine de campagnes ont été réalisées entre 1990 et l'an 2000. Les fouilles sont réalisées en partenariat avec le Centre d'études supérieures de civilisation médiévale de l'Université de Paris ainsi que le Service Régional de l'Archéologie des Pays de la Loire. Le propriétaire du site est le Conseil Départemental de la Vendée

 

Dans le réfectoire, daté du XIIIe siècle, apparaissent clairement, après fouilles, trois pièces similaires, dont l’exécution fait penser à une résidence de luxe, à l’échelle moyenâgeuse : murs enduits, cheminée, latrines, baies à coussiège, grand volume, etc. Cela ne ressemble pas à un réfectoire, mais plutôt à un lieu de résidence d’hôtes privilégiés. De même, la grande pièce (200m²) située à l’étage, et qui était considérée jusqu’ici comme un dortoir, doit avoir eu une tout autre destination : salle de réception, salle d’apparat ou de justice, on ne peut encore rien affirmer, mais la cheminée monumentale, la charpente, des restes de décoration, l’absence de cloisonnement, plaide pour continuer les recherches différemment......

https://larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-maillezais.-nouvelles-fouilles-archeologiques-a-l-abbaye_15-3775040_actu.Htm

 

 

Histoire de l'abbaye de Maillezais, plan des fouilles archéologiques exécutées sous la direction d’Apollon Briquet en 1834 <==

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06 août 2020

Sur les chemins des Colliberts du Marais Poitevin

Sur les chemins des Colliberts du Marais Poitevin

Parmi les anciens habitants du marais on cite souvent les Colliberts.

 Si nous en croyons le chroniqueur Pierre de Maillezais, la race des Colliberts avait presque disparu au IXe siècle, la plus grande partie ayant été massacrée par les Normands, et ce qui subsistait constituait une population barbare et farouche.

Les Colliberts auraient rendu, autrefois, un culte à la pluie qui, enflant les cours d'eau, favorisait leur pêche; on fit même dériver leur nom de cultus imbrium, étymologie assez fantaisiste, il faut en convenir.

Le mot colliberts paraît signifier tout simplement une réunion d'hommes libres, conliberti.

Comment cette population n'avait-elle pas été asservie par les Romains ? Comment était-elle restée libre ? L'histoire ne le dit pas.

Aujourd'hui les Colliberts sont à l'état de souvenir ; on ne les distingue plus d'entre les autres habitants du marais.

Certains auteurs ont eu le tort de confondre les Colliberts avec les Huttiers, ou plutôt de faire descendre les Huttiers des Colliberts.

Les Huttiers n'étaient pas, comme les Colliberts, les indigènes du marais ; c'étaient des « survenants », comme on dit dans le pays, de pauvres gens des régions d'alentour qui étaient venus s'installer sur les « levées », à différentes époques.

 

 (Chemin des Colliberts Maillé)

 Un jour une famille décidait d'aller chercher fortune dans le marais. A la nuit, elle s'embarquait sur un bateau plat. Arrivé au lieu choisi, on piquait des pieux, on dressait une hutte de roseaux. Mais il fallait que la hutte fumât au lever du jour. Cette fumée était comme le signe rituel qui consacrait la prise de possession du terrain.

Le nom de Huttiers donné, autrefois, aux habitants du marais, est dû aux huttes qui leur servaient de demeures. On trouvait encore de ces huttes au siècle dernier. Savary, chef de bataillon du génie, nous a laissé, dans une lettre, écrite en 1838, la description de deux huttes du marais :

« La dernière case de nos paysans, dit-il, est un Louvre en comparaison : deux lits haut montés, sans rideaux, un vieux coffre, deux ou trois débris de plats profonds en terre brune, une bouteille privée de goulot, une grosse gourde ou calebasse, voilà tout le détail. Mais ce qu'il y avait de spécial, c'était le milieu de la chambre occupé par le foyer : deux bois fourchus plantés en terre, avec un autre bois en travers, auquel était suspendue une crémaillère ; du reste point de moyen d'évacuation pour la fumée qui, se concentrant sans cesse sur les parois des perches placées sous le toit, les avait recouvertes d'une couche vernie, absolument comme ces pieux qu'on noircit au four (1).

 Je fis le tour de la hutte. Je la vis construite de gros paquets de roseaux, liés entre eux par des branches flexibles ; je m'étonnais, en même temps, de la voir couverte de tuiles :

« Autrefois, me dit la bonne femme, nous faisions une couverture bien plus chaude avec de grande joncs ; les travaux du génie les ont tous détruits. »

La deuxième hutte est plus perfectionnée, elle a une cheminée. « Je reconnus, dit Savary, qu'un vieux bateau avait été dressé debout et formait véritablement la cheminée. La fumée en avait vitrifié le fond ; la crémaillère était suspendue dans le haut, une grosse pierre au bas formait le foyer » (2).

 

Maillé Sur les chemins des Colliberts du Marais Poitevin

Avec le temps, les Huttiers se taillèrent tout un domaine autour de leurs habitations. Inondée une partie de l'année, la terre des marais se boursouflait ; les couches alluviales les plus récentes montaient à la surface des eaux, et formaient des îlots flottants que les Huttiers harponnaient, puis remorquaient, avec leurs bateaux, jusque dans le voisinage des huttes, formant ainsi des « mottes » très fertiles.

Par ce procédé et aussi par les empiétements successifs, ils arrondirent si bien leur propriété que, dans la suite, les vrais propriétaires du marais, se trouvant lésés, eurent, plusieurs fois, recours aux tribunaux pour récupérer leur bien.

Autrefois, le marais était réputé fort insalubre.

Dans un Mémoire statistique du département des Deux-Sèvres (an XII) (3), adressé, par M. Dupin, préfet, au Ministre de l'Intérieur, nous trouvons des observations fort intéressantes sur l'état sanitaire des habitants du marais :

« La totalité des habitants du marais, écrit M. le Préfet, est plus ou moins affectée d'un vice scorbutique qui se contracte par une assez courte habitation dans ce pays ; ceux qui en sortent encore jeunes, non seulement ne s'en débarrassent pas, mais le transmettent jusqu'à des générations très reculées, même à travers plusieurs mélanges avec des sangs purs ; ce vice dispose singulièrement ceux qui en sont affectés aux douleurs rhumatismales, aux érésipèles, aux hémorroïdes, aux cancers des jambes, à la dyssenterie, à l'hydropisie, etc.. ».

M. le Préfet écrivait encore :

« Ceux qui habitent les marais de l'ouest (de Niort) ont le visage décharné, le corps maigre, le ventre dur, la rate fort grosse et obstruée ; ils sont sujets à des fièvres quartes très longues, aux fièvres ardentes, aux inflammations des poumons, aux pleurésies, aux dyssenteries, à des hydropisies mortelles. Les femmes sont surchargées de pituites ; les enfants ont des hernies, les hommes des varices... Niort, observe M. le Préfet, Niort, par sa situation avantageuse, seroit une des villes les plus saines de la république, sans le voisinage des marais de Bessine, de Magné, de Coulon, de Jumeau, qui durant l'été et l'automne sont la cause des fièvres d'accès si fréquentes alors parmi les ouvriers et les habitans des campagnes. » Et M. le Préfet ajoute cette réflexion qui montre en quelle pitié il tient ses malheureux administrés : « On remarque aussi que les habitans de cette ville sont totalement dépourvus de gras de jambe. »

A en croire M. le Préfet, ce n'était pas intéressant d'habiter, il y a 120 ans, la ville de Niort, et encore, moins d'habiter le marais.

Les temps sont changés. Aujourd'hui, Niort, par sa situation avantageuse, est devenue une des villes les plus saines de la République et le marais un pays où l'on se porte à merveille.

 

 

Olivier LOTH, Curé de Coulon.

Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres

 

 

 

 

 

 


 

(1) Soc. de Stat. des Deux-Sèvres, 1" série, t. III (1838-39), p. 116, 117, 118.

(2) Ibid., p. 121.

 

(3) 168, 173.