PHystorique- Les Portes du Temps

15 octobre 2019

Patrimoine: Restauration du donjon de Pouzauges

Patrimoine Rénovation du donjon de Pouzauges (1)

Peu à peu abandonné après le Moyen-âge, le château tombe en ruine. Pourtant, il acquiert une place importante dans la vie des Pouzaugeais, du  XIX siècle à nos jours.

Un constat de la dégradation du troisième étage du donjon au vieux château avait été fait, courant avril 2015, par la Ville. En mai, les services de l’État, la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), sont intervenus en demandant une sécurisation en urgence. L’étage a d’ailleurs été fermé pour la saison estivale.

Si le château noue est parvenu en si triste état, ce n’est pas à cause d’un siège ou d’une attaque, mais simplement l’œuvre du temps. Après le Moyen-âge, il n’est plus habité ni entretenu. Commence alors une lente dégradation. Comme bien d’autres constructions abandonnées, il a aussi servi de carrière de pierre aux habitants des environs. Dès 1862, le château est classé Monument Historique mais cette reconnaissance précoce ne le sauve pas de la ruine.

Patrimoine Rénovation du donjon de Pouzauges (2)

Le château, site emblématique de Pouzauges :

Au XIX e siècle, le donjon en ruines avec ses murs envahis par la végétation constitue un sujet pittoresque, immortalisé par les dessinateurs et les photographes. Les Pouzaugeais, quant à eux,  investissent le site.

En 1871, l’abbé Brouard passe un bail avec le propriétaire, qui met l’enceinte à la disposition des membres de la paroisse. Il fonde le « Cercle catholique », une association avec laquelle il défriche et aménage le par cet construit un bâtiment servant de salles de réunions. Le château se transforme alors en aire de loisirs avec terrain de sport, jeux de boules, parc de verdure…. Des kermesses et des foires y ont même été organisées.

Ce regain d’animation au château e certainement contribué à en faire un lieu emblématique aux yeux des Pouzaugeais, qui y sont fortement attaché. Aujourd’hui, l’enceinte est accessible toute l’année, et la salle municipale, au centre, peut être louée.

 

Le patrimoine et les Monuments Historiques :

 La notion de patrimoine nait des suites de la Révolution française. De nombreux actes de vandalisme ayant mené à la destruction ou à la dégradation d’œuvre et de monuments, une prise de conscience a lieu : ces églises, ces châteaux, ces œuvres, ne sont pas simplement des témoins de notre histoire et de notre passé. A ce titre, il nous appartient de les préserver et de les transmettre aux générations futures. Le service des Monuments Historiques a été créé dès le début du XIXe siècle afin de recenser les édifices et objets méritant d’être préservés, et de veiller à leur conservation effective. Depuis, sa législation a beaucoup évolué, mais le principe reste le même : le propriétaire doit assurer la conservation du monument classé, sous le contrôle de l’Etat.

 Patrimoine Rénovation du donjon de Pouzauges (3)

Une restauration indispensable :

Malgré les opérations de restauration passées, le donjon est encore menacé. L’absence de toiture rend les arases (sommets des murs) vulnérables aux intempéries. Le deuxième étage a dû être fermé à la visite pour des raisons de sécurité en 2015, le risque de chute de pierres étant devenus manifeste.

Des travaux d’urgence ont donc été décidés en accord avec les organismes d’Etat concernés (DRAC), pour les parties hautes du donjon , visant à leur stabilisation et à leur conservation.

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Guerre de Vendée : Bataille de Châtillon-sur-Sèvre le 5 juillet 1793

Châtillon-sur-Sèvre 1793 Mauléon

La grande armée catholique était rentrée dans la Vendée après sa retraite de Nantes et se reformait à Cholet ; la division d'Anjou, accourue sous les ordres de d'Elbée et de Stofflet, se joignait le 5 juillet  à La Rochejaquelein et à Lescure, dont les paroisses s'étaient enfin rassemblées. Les Vendéens étaient pleins d'ardeur; ils désiraient vivement venger leurs compatriotes massacrés, délivrer le pays, et montrer aux Républicains qu'on ne brûlait pas impunément leurs villages et leurs châteaux.

Le rendez-vous est à Cholet : vingt mille hommes s'y trouvent et partent aussitôt pour Châtillon.

La division républicaine réorganisée à Tours se réunissait.à Saumur elle était commandée par le général Labarolière en l'absence du général Duhoux retenu par sa blessure.

L’avant-garde était commandée par le général Menou, ayant sous ses ordres les généraux de brigade Fabrefonds, Dutruy, Barbazan et Gauvillier, et les adjudants-généraux Chibert, Muller, Talot et Boivin. La force de l'avant-garde était d'environ quatre mille hommes, dont moitié de troupes de ligne.

Le général Santerre commandait la première brigade composée de cinq bataillons de Paris > formant quatre mille cent soixante hommes. Il avait pour adjudants-généraux Viot et Cadey.

Le général Joly commandait la deuxième brigade, forte de dix-sept cent cinquante hommes, dont cinq cents de troupes de ligne. Caffin était son adjudant-général. Le général Chabot commandait la troisième brigade, forte de deux mille deux cent cinquante hommes, dont six cents de troupes de ligne. Il avait pour adjudant-général Carpentier. La force de la cavalerie attachée à cette division active était de seize cents hommes des huitième et neuvième de hussards, seizième et dix-neuvième de dragons, vingt-quatrième de chasseurs et cavalerie de la Mayenne.

Ainsi la forcé totale était, en infanterie, de douze mille cent soixante hommes, et en cavalerie, de seize cents.

Il y avait en outre quatre cents artilleurs et cent quatre-vingts travailleurs.

La division de Niort comptait quinze mille six cents hommes d'infanterie et treize cent quatre-vingts de cavalerie.

Dix bataillons de la formation d'Orléans faisaient partie de l'infanterie et présentaient une force de quatre mille deux cents hommes auxquels on avait ajouté deux mille hommes provenant du recrutement, sans armes et sans instruction.

Les grenadiers de la Convention n'étaient qu'au nombre de cent quatre-vingts.

Le général Biron n'avait, pour commander cette division, qu'un général de division, Chalbos, et un général de brigade, Westermann. Le général. Dayat avait obtenu une autre destination.

Le général Boulard, qui commandait aux Sables, n'avait que quatre mille deux cent soixante hommes d'infanterie, deux cent quarante-six cavaliers et trois cents canonniers.

Telle était, au 1er. juillet 1793, la force de l'armée des côtes de La Rochelle destinée à couvrir avec environ quarante mille hommes de toutes armes, une ligne de soixante lieues autour de la Vendée, et à pénétrer en même temps au milieu d'un pays inaccessible à des troupes nouvellement organisées la plupart sans discipline et sans expérience.

Rossignol, l'ami de Ronsin, devait trouver une protection puissante dans les bureaux du ministère de la guerre; aussi sa détention dans les prisons de Niort ne fut-elle pas de longue durée.

Le 2 juillet, il lui fut expédié directement un ordre ministériel ainsi conçu « Il est ordonné au citoyen Rossignol, -lieutenant-colonel de la trente-cinquième division de gendarmerie, de se rendre sans délai près du ministre de la guerre pour lui rendre compte de sa conduite. « On se contenta d'en informer le général Biron.

Le 4, Rossignol requit l'officier de police militaire de le mettre à même d'exécuter l'ordre du ministre, dont il lui transmit une copie. Il subit un interrogatoire qui fut adressé au ministre de la guerre, avec les pièces de la procédure. Cet événement contribua à la fortune militaire de Rossignol et à la perte de Biron.

Le général Boulard, ainsi qu'on l'a vu, avait donné sa démission, mécontent des menaces de Ronsin et de ses agents. Biron lui écrivit, le 1er juillet, pour l'inviter à retirer cette démission. Il lui annonçait que le comité de salut public avait désapprouvé la conduite de Ronsin et de ses agents qui étaient rappelés; qu'il allait continuer son plan de rétablir la communication entre Nantes et La Rochelle, de concert avec le général Canclaux. Il ajoutait « Les plaintes portées contre Sandoz, pour sa retraite précipitée à Luçon, me déterminent à le faire remplacer par Tuncq qui sera sous vos ordres. »,  

Les commissaires de la Convention et les administrateurs réunis aux Sables, invitèrent également Boulard et les bataillons de Bordeaux à rester à leur poste.

Le mouvement de Westermann sur Parthenay avait d'abord pour but de seconder celui de la division de Tours, qui devait se porter au secours de la ville de Nantes; il devenait inutile par l'évacuation de Saumur, et Westermann aurait dû attendre de nouveaux ordres du général en chef; mais, ne prenant conseil que de lui-même, il se porta, le 1er juillet, sur le village d'Amaillou qui fut évacué à son approche, et qu'il livra au pillage par forme de représailles de celui qu'avait ordonné ou autorisé Lescure. Westermann fit plus, il fit mettre le feu à Amaillou, ainsi qu'au château de Clisson appartenant à M. de Lescure.

Ici commencent les atrocités que l'on nomme représailles.

Lescure, qui considérait la ville de Parthenay comme pays conquis et soumis à sa domination, réalisa les menaces faites dans la proclamation du11 mai; il livra la ville au pillage, et, ne pouvant exercer sa vengeance sur les administrateurs absents, il fit enlever leurs familles, qui furent jetées dans les prisons de Châtillon.

De son côté Westermann effectua les menaces qu'il avait faites dans son rapport du 26 juin. Un crime, d'ordinaire, enfante un autre crime.

 Le 2 Westermann rendit compte au général Biron de sa marche sur Bressuire d'où il annonça, le même jour, qu'il irait le lendemain à Châtillon, après avoir fait brûler le château de la Rochejaquelein, comme il avait fait-de celui de Lescure que de Châtillon il irait à Chollet, et de là partout où se porteraient les rebelles. Cependant il invitait le général à le faire appuyer, dans la crainte d'être coupé par l'ennemi.

Biron s'empressa de transmettre au ministre les lettres de Westermann. « Il ne parait pas, écrivait-il, que l'ennemi fasse aucune disposition pour couper Westermann. Je serai instruit de tous ses mouvements, et prêt à le seconder dans tous les cas où il aurait à craindre. » Il ajoutait qu'il avait envoyé deux bataillons à Parthenay, pour assurer la communication, et douze cents hommes d'infanterie avec cent cinquante chevaux à Coulonges. Il finissait par informer le ministre que, malgré l'invitation du conseil exécutif, les batailIons de Bordeaux persistaient dans l'intention de retourner chez eux.

Cependant Biron n'était pas sans inquiétude sur la marche et les projets de Westermann dans l'intérieur du pays insurgé; il témoignait ses craintes à Boulard en lui faisant part de ses dispositions. Il envoyait en même temps un aide-de-camp porter l'ordre aux généraux à Saumur, de faire marcher trois mille hommes pour faire leur jonction avec Westermann. Il leur annonçait aussi qu'il n'approuvait point l'incendie d'une partie d'Amaillou, dans la crainte de représailles sur Chollet.

Jusqu'à ce moment il n'était parvenu à Niort aucune nouvelle de Nantes. On ignorait le sort de cette ville, ce qui semblait autoriser la marche de Westermann.

Enfin, la lettre du général Canclaux, adressée au général Boulard, le 30, étant parvenue au général Biron, le 3 juillet, il changea les dispositions qu'il venait de prendre. Il informa le ministre qu'il envoyait un de ses aides-de-camp à Saumur, porter l'ordre au général commandant cette division de faire marcher au secours de Nantes, par Angers, huit ou dix mille hommes de bonnes troupes, et de garder le surplus pour couvrir Saumur et Tours. Il ajoutait qu'il partirait le lendemain matin pour aller prendre lui-même le commandement de cette division.

Il écrivit également à Westermann de finir sa course aussitôt qu'il .croirait pouvoir le faire, afin de rendre son corps disponible. Il lui faisait part de ses nouvelles dispositions.

Il en donna aussi connaissance au général Boulard. « La force de ma division, ajoutait-il, est d'un peu plus de seize mille hommes, dont trois mille deux cents sans armes; reste treize mille hommes disponibles. Westermann a trois mille hommes, trois mille sont à Parthenay et Coulonges, reste sept mille. Sur ce nombre, trois mille du contingent sont sans instruction; ainsi il ne m'en reste que quatre mille de disponibles. »

Biron partit, ainsi qu'il l'avait annoncé, dans la matinée du 4 juillet, pour se rendre à Angers. Cependant Westermann poursuivait ses premiers succès.

Le 5, il rendit compte au général Biron qu'après un combat de deux heures il avait forcé la position du Moulin-aux-Chèvres, occupée par huit à dix mille Vendéens, et dix pièces de canon; que, se voyant cerné par les rebelles, il avait fait une trouée, et s'était porté sur les derrières de l'ennemi qui avait pris la fuite, et qu'il avait poursuivi au pas de charge pendant une heure de chemin enfin, qu'il était entré à sept heures du soir dans Châtillon.  

Il avait enlevé à l'ennemi trois pièces de canon, et délivré six cents prisonniers, ainsi que les épouses des administrateurs et juges de Parthenay, emmenés en otages. « Voilà donc assurément, ajoutait Westermann, une journée bien victorieuse pour l'armée républicaine française. »

Malgré ce succès, Westermann sentit un instant les difficultés de sa position. Sa troupe, disait-il, commençait à manquer de munitions; toutes les forces de l'ennemi pouvaient se porter sur lui; il craindrait de s'exposer en allant à Chollet.

Il se contentera de brûler Le château de la Durbelière de la Rochejaquelein le 4, et fera sa retraite sur Bressuire, en attendant du secours. Il finissait par témoigner le regret de rétrograder il avait l'intention de marcher droit sur Nantes, et il espérait encore pouvoir réaliser son projet, s'il recevait de bonnes nouvelles.

Chalbos, chargé du commandement de la division de Niort en l'absence de Biron, reçut le rapport de Westermann dans la journée du 4, et le transmit de suite au ministre et à la Convention. Il informait en même temps le ministre qu'il avait fait partir un renfort des meilleures troupes de la division pour joindre Westermann à Bressuire. Westermann dut recevoir le même jour l'avis des nouvelles dispositions prises par le général en chef avant son départ; la prudence- exigeait qu'il se repliât promptement sur Bressuire, et au besoin sur Parthenay; mais ses premiers succès et l'arrivée d'environ deux mille patriotes, accourus de Parthenay avec l'espoir de tirer vengeance du traitement qu'avait éprouvé cette cité, lui firent penser qu'il pourrait résister à toutes les forces de la Vendée.

 Il s'endormit dans cette confiance, sans s'occuper beaucoup de prendre les mesures de surveillance nécessaires dans sa position.

 Le 5, il fut surpris et attaqué vigoureusement par les Vendéens. Le désordre se mit bientôt dans sa troupe, et la déroute suivit de près.

La victoire de l'armée catholique fut célébrée par la proclamation suivante du conseil supérieur aux habitants du pays conquis

« Français catholiques, sujets fidèles du plus infortuné des rois le ciel vient d'exaucer vos vœux vos ennemis sont terrassés la religion triomphe, l'impiété frémit, et la victoire n'a pour un instant quitté nos drapeaux que pour revenir avec plus d'éclat couronner nos généreux efforts.

» Une horde d'assassins, forte de sept à huit mille hommes, sous les ordres de Westerimann, s'était avancée jusqu'à Châtillon; elle avait signalé son passage au milieu de vos campagnes par le vol, l'assassinat, l'incendie, le pillage et la dévastation. Vos femmes, vos enfants fuyaient à son approche; vos bras engourdis ne s'opposaient que faiblement à ses progrès rapides. On eût dit que la frayeur, l'intérêt, ou l'indifférence la plus coupable, avaient fait disparaître ce courage invincible que la religion vous avait d'abord inspiré.

» Poursuivis des environs de Bressuire jusqu'à Châtillon, vos soldats ne s'étaient un instant ralliés que pour se disperser lâchement à l'approche de l'ennemi. Cet ennemi féroce était entré un instant dans le lieu de nos séances. Les maisons, les meubles et les propriétés des vrais et seuls amis du roi et de la religion désignés nommément par des êtres perfides que notre clémence avait épargnés, étaient indistinctement ravagés et pillés. »

Un cri d'alarme s'est fait entendre de toutes parts les restes fumants de vos moissons brûlées ont ranimé votre courage. L'aspect du danger vous a tous rassemblés un seul jour a suffi pour former une armée tout est devenu soldat pour combattre un ennemi qui ne respecte rien.

« L'armée catholique et royale partie de Chollet le 5 de juillet, et dirigée sur Châtillon par le chemin de Mortagne, a rencontré l'ennemi sur les hauteurs de Château-Gaillard. Là s'est engagé le combat le plus vif.

L'artillerie ennemie a fait feu de toutes parts; la nôtre a répondu avec vigueur à toutes ses décharges et, dans le court espace d'une heure, l'impétuosité de nos soldats a vaincu les obstacles. Ils se sont portés sur l'ennemi par différents endroits, ont rompu ses rangs, dispersé ses forces, tué trois cents soldats sur le champ de bataille, et contraint le reste à chercher son salut dans la fuite.

» C'est alors que ceux qui, coupés par l'ennemi, n'avaient pu se réunir à nous, se sont ralliés subitement. Ils ont suivi avec chaleur et célérité l'ennemi dans sa fuite. Six cents républicains ont péri sur le chemin de Rorthais, trois cents vers le Pin, grand nombre d'autres au milieu des champs, des bois et des prairies le total se monte à plus de deux mille hommes.

La cavalerie ennemie coupée dans sa retraite, à Amaillou que le féroce Westermann avait incendié, a été partie prise, partie taillée en pièces. Le nombre des prisonniers se monte à plus de trois mille; chaque jour en fournit encore de nouveaux qui, cachés dans les bois, sont ou ramenés par la faim, ou découverts par nos soldats. Des femmes mêmes, s'élevant au- dessus de leur sexe; ont désarmé des cavaliers ennemis, et les ont conduits dans les prisons de Châtillon.

» L'armée républicaine a perdu, tant dans le combat que dans la retraite, quatorze pièces de canon formant toute son artillerie, un plus grand nombre de caissons, trois forges de campagne, toutes ses provisions de bouche, toutes ses munitions de guerre; en un mot, jamais victoire ne fut plus belle, jamais déroute plus complète et nous pouvons assurer sans crainte que, de cette armée qui paraissait d'abord si formidable, cent hommes se sont à peine sauvés. -̃

» Rendez donc grâces à l'Éternel d'un succès si flatteur; mais qu'il ne vous serve pas à vous aveugler sur les démarches de vos ennemis. Vous connaissez leur perfidie et leur scélératesse ils attendent le moment de la moisson pour fondre de nouveau sur vous. Ils pensent qu'occupés alors aux travaux utiles de la campagne, vous négligerez de vous rassembler; et qu'étant divisés, vos faibles efforts ne les arrêteront pas. Trompez leur attente perfide; s'ils osent encore paraître marchez dès que vous en serez requis, et montrez-leur qu'un Français qui combat pour Dieu et son roi, ne connaît ni temps, ni saisons, ni travaux, quand il s'agit de voler à l'ennemi.

 

Fait à Châtillone-sur-Sèvre ce 6 juillet 1793 l'an premier du règne de Louis XVII.

Signé GABRIEL, évêque d’Agra, président; De la Rochefoucaud,  Brin, doyen de Saint-Laurent; BERNIER, curé de Saint-Laud d'Angers; BOURASSEAU DE LA Renollière,  Boutillier des Hommelles, Bobi, Carrière, procureur-général du roi.

Par le conseil supérieur,

 P. JUHAULT, secrétaire-général.

» A Châtillon-sur-Sèvre, de l'imprimerie royale du conseil supérieur, 1793. »

 

La défaite que venait d'éprouver Westermann fut annoncée de Saint-Maixent, le 7, au ministre de la guerre, par le général Chalbos « J'arrive de Parthenay, disait-il ; j'y ai trouvé les débris de la colonne de Westermann. Il a été attaqué avant-hier par les rebelles qui lui ont enlevé toute son artillerie, et écrasé son infanterie. Sa cavalerie s'est repliée sur Parthenay avec très-peu de perte. Biron est parti depuis trois jours pour se mettre à la tête de l'armée qu'il dirige sur Nantes il m'a laissé le commandement de cette division, etc. » Cette lettre fut transmise au président de la Convention.

 

 

Le chef d'état-major Nouvion informait en même temps le général Boulard que la légion de Westermann était presque totalement perdue; que les rebelles se rassemblaient à Bressuire pour attaquer Saint-Maixent et Niort, et qu'il ne restait plus dans la division qu'environ cinq mille hommes armés.

Le même jour, les représentants Goupilleau de Fontenay et Bourdon de l'Oise, annoncèrent au comité de salut public la défaite de Westermann à Châtillon, avec perte de onze pièces de canon.

« Westermann, disaient-il, attribue cet échec aux bataillons de volontaires, et surtout à ceux organises à Orléans. On a peine à concevoir qu'un homme qui sait son métier se soit laissé surprendre, malgré le bruit du canon qui annonçait l'approche des rebelles. Chalbos a fait replier sur Saint-Maixent les débris de la colonne, qu'il va réorganiser. »

La Convention, instruite de cet événement, décréta, le 10 juillet, que Westermann serait traduit à sa barre, et qu'il ne lui serait plus accordé de service militaire.

Le ministre, dans sa réponse à Chalbos, lui annonçait ce décret. Il finissait par une réflexion bien propre à faire connaître l'esprit de cette époque, et à expliquer un grand nombre de faits applicables aux individus. La seule défense, disait-il, qu'un officier puisse avoir dans la bonne ou mauvaise fortune, est un patriotisme connu, parce que, avec une telle réputation, on n'est jamais un sujet d'inquiétude pour ses semblables; on n'est accuse ni soupçonné par eux, si les événements sont malheureux. »

Westermann n'avait pas encore eu connaissance de ce décret lorsqu'il écrivait le 12 au comité de salut public qu'en annonçant sa perte, il avait cru que le pur hasard avait fait marcher l'ennemi sur lui, mais qu'il devait sa défaite à la trahison de Caire, lieutenant-colonel de son infanterie, ancien page d'Artois, ancien ami de la Rochejaquelein et de Lescure qu'il avait fait arrêter et conduire à Niort, les fers aux pieds et aux mains. Westermann ajoutait que, sa légion étant réduite à huit ou neuf cents hommes, il demandait d'être autorisé à la compléter dans les trois armes, au nombre de quatre mille hommes. Il assurait que ce corps, bien discipliné, vaudrait plus de dix mille hommes.

Un décret, rendu dans la séance du 3o juillet, renvoya Westermann devant les tribunaux militaires à Niort où il fut déchargé de l'accusation dans les premiers jours de septembre. Voici le dispositif du jugement du tribunal militaire: « Il a été dit, à l'unanimité, qu'il n'y a lieu à accusation contre le général Westermann, attendu que la conduite de ce général à Châtillon, dans la journée du 5 juillet, est digne des plus grands éloges que les dispositions par lui prises pour s'assurer la victoire, annoncent un général consommé dans l'art de la guerre, tant à cause de sa fermeté que par les principes d'humanité qu'il a manifestés. En conséquence renvoyé à ses fonctions. »

Pour couvrir sa défaite Westermann avait accusé les onzième et quatorzième bataillons de la formation d'Orléans d'avoir abandonné leur poste, et d'avoir pris la fuite en criant à la trahison, ce qui avait entraîné la déroute.

Le lieutenant-colonel du quatorzième bataillon, Friederichs, adressa aux représentants du peuple, au nom de son corps, des réclamations à ce, sujet.

« Westermann, disait-il, est accusé; la justice nationale va le condamner ou l'absoudre ; il est, à nos yeux, sacré comme le malheur, mais il inculpe le brave quatorzième bataillon de la formation d'Orléans nous allons répondre à ses calomnies. Qu'il se reproche, à lui seul, le mal que vont lui faire les vérités que nous allons révéler :

» Le quatorzième bataillon était composé de quatre cent soixante-neuf hommes, officiers compris après la désastreuse affaire de Châtillon, il a été réduit à dix-sept hommes, officiers compris. Sur ces dix-sept, treize ont été blessés; quatre seulement ne le sont pas. Comment ce bataillon a-t-il pu être inculpé ?

» L'armée victorieuse arrivée à Châtillon y fut laissée sans avant-postes, sans patrouilles, sans vedettes, comme au milieu de la paix et dans un pays ami.

 » Le quatorzième bataillon gardait trois canons; les rebelles s'avancèrent, sans être aperçus, jusqu'au onzième bataillon.

Un coup de canon, dont le boulet vint frapper à mes pieds nous avertit qu'ils étaient là. Je fis battre la générale. Le quatorzième bataillon, réuni au onzième, soutint pendant plus d'une heure le feu de l'ennemi. Ne voyant paraître ni général, ni porteur d'ordre, accablés par le nombre, nous nous repliâmes. Le premier chef du bataillon avait été tué; ce bataillon était réduit à une centaine d'hommes. Nous nous battîmes en retraite, et nous fûmes forcés d'abandonner nos canons. (À 10 heures du matin, le canon la Marie-Jeanne donna le signal du combat)

C'est ce bataillon, qui a péri à peu près tout entier, que Westermann accuse nos camarades morts pour la patrie qu'il outrage------  Il dit que le quatorzième bataillon a, dans sa fuite, entraîné une partie du onzième cette inculpation est absurde et atroce le onzième était en avant de nous et c'est en nous portant en avant que nous l'avons rejoint. Ce onzième bataillon, qui s'est battu, saura nous rendre justice, et démentira Westermann. Tous les officiers étaient à leur poste, et presque tous ont été tués. » Nous ne blâmons pas sa tactique militaire mais la marche rapide d'une armée, dont la sécurité repose seulement dans la terreur qu'elle inspire peut-elle convenir dans un pays coupé et couvert comme celui de la Vendée ?

 Nous ne blâmons pas cette incroyable confiance en, son génie, qui lui a fait négliger ou dédaigner même tout moyen d'assurer sa retraite et d'éclairer sa marche mais alors que les choses heureuses l'abandonnent, quand une funeste expérience lui reproche ses torts et ses fautes est-ce le quatorzième bataillon qu'il doit accuser ? Westermann sait que, lorsqu'il fuyait, le quatorzième bataillon se battait à outrance;  il sait que le bataillon a péri, il a voulu rejeter son crime sur un mort. Il en existe un faible reste. Blessé, comme le peu de mes frères d'armes qui vivent encore nous nous adressons à vous, représentants du peuple et c'est de vous que nous attendons avec confiance une réparation aussi éclatante que l'insulte que, Westermann a voulu faire au brave et irréprochable quatorzième bataillon. »

Il ne paraît pas que cette pièce adressée au ministre le 3 septembre et transmise au comité de salut public le 15, ait été produite au tribunal militaire de Niort avant le renvoi de Westermann à ses fonctions……

 

Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République française, ou Annales des départemens de l'Ouest pendant ces guerres.... T. 1 / par un officier supérieur des armées de la République habitant dans la Vendée avant les troubles
Auteur : 
 Savary, Jean Julien Michel
==> Mauléon, le sentier des guerres de Vendée du Mont-Gaillard

Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates) -

l'historien de l'association du Souvenir Vendéen, Pierre Gréau retrace l'histoire du Soulèvement Vendéen de mars 1793 -24 Août 1792 Bressuire -10 mars 1793 : levée en masse et création du Tribunal révolutionnaire . Le 10 mars 1793, l'insurrection commence dans le district de Clisson..



14 octobre 2019

14 Octobre 1066 : Bataille de Hastings, la mort du roi Harold et la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant !

La Tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de tapisserie de la reine Mathilde, et plus anciennement « telle du Conquest » (pour « toile de la Conquête ») semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant. Elle décrit les faits relatifs à la conquête de l'Angleterre en 1066. Elle détaille les événements clés de cette conquête, notamment la bataille de Hastings. Il faut toutefois noter que près de la moitié des images relatent des faits antérieurs à l'invasion elle-même. Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant, la Tapisserie de Bayeux a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XIe siècle normand et anglais : elle nous renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires, les conditions de vie de cette époque. Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans le trésor de la cathédrale de Bayeux, elle est aujourd'hui présentée au public dans un musée[1] qui lui est entièrement dédié
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tapisserie_de_bayeux

 

 

 

14 octobre 1066 - Les Chevaliers du Poitou à la conquête de l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant. -
Guillaume le Conquérant (en ancien normand Williame le Conquereor, en anglais William the Conqueror), roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume Ier, duc de Normandie sous le nom de Guillaume II, appelé également Guillaume le Bâtard, né à Falaise en 1027 ou 1028 et mort à Rouen le 9 septembre 1087, fut roi d'Angleterre de 1066 jusqu'à sa mort en 1087 et duc de Normandie de 1035 à sa mort.......

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Histoire de la Tapisserie de Bayeux, la conquête de l'Angleterre, faite en 1066 par Guillaume le Conquérant -

Alors que les terribles vikings norvégiens avaient débarqué près de York, l'armée d'Harold allait à leur contact. Le 25 septembre 1066, lors de la bataille de Stamford Bridge, la défaite fut pour les Vikings et elle fut grande puisque leur roi Harald y perdit la vie lors des combats......

 

L'#Almanach du jour
Le 14 octobre 1066 a eu lieu la bataille de #Hastings, entre le duc de Normandie Guillaume II le bâtard (1028-1087), au commandement des envahisseurs franco-Normands, pour un total d'environ 7.500 hommes, des Comme 2.000 Cavaliers, et l'armée anglo-saxonne du roi d'#Angleterre Harold II Godwinson (1022-1066), qui possédait environ 7.500 hommes.

Le scénario
En janvier de cette même année, à la mort sans descendance du précédent souverain, Saint-Édouard III le confesseur (1002-1066), le parlement des nobles anglo-Saxons, le witan, avait élu roi d'Angleterre le comte du #wessex, Harold Godwinson, beau-frère de Saint Edward en tant que frère de sa femme.
Il y avait trois autres prétendants à la couronne.
L'un était edgardo (1051-1126), fils du prince Édouard l'exilé (1016-1057), à son tour fils du frère aîné de Saint-Édouard, Roi Edmondo II Fiancodiferro (988-1016). À la mort de ce dernier, lorsque les danois s'étaient Pris en possession de l'Angleterre, le nouveau-né Edward L'exilé avait été envoyé avec son jumeau en Suède pour être tué, mais le roi local avait envoyé les deux petits frères en exil en Russie, où l'un des deux était mort. Après la mort du dernier roi danois, la monarchie anglo-saxonne avait été restaurée et la couronne avait été attribuée à Saint Edward, en tant que frère de Edmondo II. Des années plus tard, la vie d'Edward L'exilé, appelé donc en Angleterre par son oncle roi et nommé héritier du trône. Cependant, il était premorto à Saint Edward, mais il a laissé un fils, edgardo.
Le Witan, en janvier 1066, avait estimé que le jeune ado de 1066 ans était trop jeune et avait attribué la couronne à Harold.
Un autre prétendant au trône était le roi de Norvège, Harold iii l'impitoyable, mieux connu sous le nom Harald III #Hardråde (1015-1066), de la lignée des bellachioma. Il avait des droits sur le trône anglais, qui étaient des accords successeurs entre les rois danois et son prédécesseur sur le trône norvégien.
Le troisième prétendant était le duc de Normandie Guillaume II le bâtard, dont Saint Edward était parent, car sa mère Emma (985-1052) était grand-tante de Guillaume. N'ayant pas eu d'enfants, Saint-Edward avait nommé son successeur le duc de Normandie, mais cela s'était produit avant la découverte de l'existence en vie d'Edward L'exilé.
À Funestare, ce scénario complexe avait contribué au passage d'une comète au printemps : la comète de Halley.

PONT Stamford
Quelques jours plus tôt, le roi Harold I avait gagné à #Stamford Bridge, dans le Yorkshire, l'un des prétendants : le roi de Norvège Harald Hardrada, qui avait envahi en forces la northumbrie. La bataille a été résolue par la mort tragique du roi norvégien, tué par une flèche pendant la mêlée sur le pont de stamford.
Appris du débarquement du duc de Normandie sur la côte sud, le roi anglais, pour arriver sur la côte sud avant que Guillaume N'occupe #Londres, était descendu de York à des marches forcées, laissant des armures lourdes et convoi.

Le déploiement
Guillaume A divisé ses forces en trois groupes :
- la gauche - composée de forces de Bretagne, Anjou, Maine et Poitou - était sous le commandement de dogue le rouge (1040-1093), un cadet breton parent avec le même Guillaume ;
- au centre, il y avait les normands conduits par Guillaume et son demi-frère, l'évêque eudes de Bayeux (1036-1097), qui, en tant que clerc, se battaient avec la batte d'armes, pour ne pas répandre de sang ;
- L'aile droite, sous le commandement du comte de Boulogne, Eustache II le moustachu (1015-1087), - Père, entre autres, de Godefroy de bouillon (1060-1100) - rassemblait des forces recrutés en Picardie et en Flandre.
Bien Attestation sur colline de #caldbec avec ses 2.000 #Uscarli (#huskarls) au centre et avec l'infanterie (#Fyrdmen) sur les hanches, Harold décida pour une formation compacte, afin de résister aux charges de cavalerie et aux tirs de Flèches de Guillaume.

La bataille
Guillaume a commencé avec un tir de flèches depuis le bas de la colline, mais il n'y avait pas de gros dégâts. Il décida donc d'attaquer avec l'infanterie, mais soudain, parmi les normands, la rumeur dit que Guillaume était mort et commença une retraite chaotique que le duc Normand ne retint à peine, en se montrant indemne à ses hommes. En rejetant ses forces près de la colline de senlac, Guillaume réussit même à repousser l'aile droite de Harold, qui, ignorant les ordres du roi, avait quitté la colline de caldbec pour se lancer à la poursuite des normands en fuite : il s'est éloigné de la colline Et en formation chaotique, les soldats saxons ont été décimés. Guillaume décida alors de provoquer à nouveau les forces de Harold, faisant semblant d'une retraite, entraînant ainsi un retrait progressif des rangs saxons, dont les soldats furent submergés par la cavalerie tenue à l'écart dans la brousse.
Malgré cela, le déploiement des experts uscay de Harold aurait tenu longtemps si, après quelques heures de bataille, le roi lui-même n'avait pas été tué par une flèche qui l'a frappé dans l'œil, provoquant le cap définitif des forces anglo-Saxons et l' Sacrifice extrême du dernier groupe de uscarli, enfermé dans un carré au sommet de la colline de caldbec, où leur roi était mort.

Conséquences
Après avoir gagné cette bataille, le duc de Normandie aurait marché sur Londres, où le witan, appris de la mort du Roi Harold, aurait élu roi d'Angleterre le jeune edgardo, âgé de ans, mais celui-ci, resté sans force, se serait rendu au Duc Normand.
Ainsi, Guillaume II le bâtard serait passé à l'histoire comme Guillaume I le conquérant, premier roi d'Angleterre de la lignée de Normandie.
Une partie des nobles anglo-Saxons aurait continué pendant des années à s'opposer à la nouvelle élite franco-Normande, mais - divisés et désorganisés - auraient fini par succomber.
-------
[dans l'image : en haut à gauche, carte géographique de l'Angleterre, avec évidence des étapes les plus dramatiques de 1066 ; en haut au centre, carte tactique de la bataille de Hastings ; en haut à droite, schéma tactique qui montre comme la plupart Des combats se sont produits non pas sur Senlac Hill, mais sur Caldbec Hill ; au centre en haut, la li scène de la tapisserie de Bayeux (fin xi siècle), qui montre l'attaque de cavalerie et archers menée par les normands, avec la mention " hic willelm Dux Alloquitur suis militibus vous prepararent si vous viriliter "; au centre en bas, la résistance de la formation anglo-saxonne aux attaques normands ; en bas à gauche, Guillaume S'enlève son casque pour se montrer vivant ; en bas au centre, la mort de Harold, avec L'inscription " Hic Harold Rex interfectus est "; en bas à droite, le cap définitif des anglo-Saxons, avec l'inscription " et évasion verterunt angles "]

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37 tapisseries de Saumur en exposition à l'abbaye de Fontevraud

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Les collections de tapisseries de Saumur forment un ensemble exceptionnel. Classées au titre des monuments historiques, elles ont été l’objet, pendant 25 ans, de restaurations attentives grâce à l’action concertée de la Ville de Saumur, de l’État et du Département de Maine-et-Loire. L’Abbaye Royale de Fontevraud expose pour la première fois dans un même lieu 37 de ces œuvres, dont la plupart sont uniques. 

Réalisée par l’Abbaye Royale de Fontevraud en partenariat avec la Ville de Saumur et le Département de Maine-et-Loire, cette exposition, placée sous le commissariat scientifique de la Conservation départementale du patrimoine de Maine-et-Loire, invite à découvrir cet art majeur encore trop méconnu.

Etienne Wacquet , conservateur du Patrimoine , explique d'où vient ce patrimoine municipal , et quelles en sont les sources d'inspiration:
littéraires ; religieuses ou historiques sur https://rcf.fr

 

https://www.maine-et-loire.fr/no_cache/fr/actualites/evenements/event/detail/parures-de-fete-splendeurs-des-tapisseries-de-saumur/

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Chapelle Notre-Dame du château des Ducs de la Trémoïlle (Time Travel 1500)

Time Travel Chapelle Notre-Dame du château des Ducs de la Trémoïlle

 Appelée également Collégiale Sainte Chapelle Notre-Dame, elle est rattachée au château des Ducs de la Trémoïlle. Elle fut bâtie par Louis II de La Trémoïlle et Gabrielle de Bourbon. Datant du début du XVIe siècle, cette collégiale possède une magnifique loggia de style Renaissance Italienne. La collégiale surmonte une chapelle basse, construite à la même époque, qui accueillait dans un premier temps la paroisse Notre-Dame. Entièrement voûtée, cette chapelle abrite aujourd’hui des restes et des vestiges des descendants des Ducs de la Trémoïlle. Ses façades allient le Gothique flamboyant à la Renaissance. Accessible uniquement en visite guidée sur réservation.

 Le chapitre de Notre-Dame-du-Château fut fondé, en 1500, par Gabrielle de Bourbon, femme de Louis II, duc de la Trimouille. Elle eut quelques obstacles à vaincre de la part du prieur de St.-Nicolas. Ce dernier se rendit enfin, à condition qu'il conserverait le droit de prendre la seconde place au chœur, après le trésorier, avec celui de réciter à matines la dernière leçon, et de dire la messe de minuit le jour de Noël. C'était à ces misérables prérogatives que tenait alors la petite vanité de nos devanciers.

Gabrielle fit bâtir, en 1503, l'église du Château, telle qu'elle existe aujourd'hui; j'en ai déjà donné la description. Il est inutile de me répéter.

Quand l'édifice fut bâti, la duchesse obtint du pape Léon X, une bulle sous la date du 18 janvier 1515, par laquelle cette église fut érigée en collégiale et en corps de chapitre, à l'instar de celle de St.-Martin de Tours et de la sainte chapelle de Paris. Le pape, dans cette bulle, donne au trésorier et au chapitre le droit de préséance dans toutes les assemblées publiques; ils n'ont jamais joui de ces privilèges, parce qu'ils n'ont pu justifier de l'enregistrement et de la vérification de ce titre.

Le chapitre n'était composé, dans le principe, que de quatre chanoines, outre le trésorier et trois hebdomadiers; mais, quelques années après, Gabrielle y ajouta trois autres chanoines et quelques chapelains.

Avant la révolution, on voyait dans cette église, trois mausolées en marbre noir avec des figures en relief en marbre blanc. Le premier était celui de Gabrielle et du duc de la Trimouille, son mari; le second du jeune prince de Talmont et de Louise de Coëtivi sa femme; le troisième du cardinal de la Trimouille.

Les revenus de ce chapitre étaient très-médiocres.

Le Trésorier (revenu 1000 liv. ), (1791), M. de la Haye.

Chanoines (revenu 380 liv. ) , MM. de la Sorinière; de la Chassée; Marillet; Dallais; Brion; Pommier; Villeneau.

Il est vrai que tous les chanoines joignaient, à leurs canonicats, des bénéfices simples que les ducs de Thouars leur conféraient. L'un d'eux prenait la qualité de chantre, mais cette prétention ne paraît jamais avoir été fondée en titre.

Les trois chapitres de Thouars ont souvent eu des procès pour la préséance ; enfin par un concordat passé en 1536, il fut convenu 1.° que l'abbé de St.-Laon et le doyen de Thouars fermeraient les rangs dans les processions publiques, l'abbé à droite, et le doyen à gauche ; 2.° que chaque chapitre aurait la préséance à son tour; 3.° qu'ils s'assembleraient et feraient l'office dans l'église de St.-Médard.

Depuis 1791, l'église du château est abandonnée; chaque jour ajoute à la dégradation de ce beau monument. Les mausolées ont été brisés en 1793, au même moment que les tombeaux furent profanés.

Elle a été bâtie dans la forme de la sainte chapelle de Paris, mais elle a plus de largeur. Le style de son architecture est gothique, ses proportions sont parfaites, et toute délabrée qu'elle est, elle fait encore l'admiration des connaisseurs. Le marteau du temps va, dans quelques années, consommer la ruine de ce bel édifice que la hache du vandalisme avait épargné: on ne fait plus de mal en France, mais on ne peut pas encore réparer celui qu'on a fait.

 Chapelle Notre-Dame du château des Ducs de la Trémoïlle (Time Travel)

Dans la Chapelle, les trois tombeaux de Louis II et de Gabrielle, de leur fils Charles et de son
épouse, du cardinal Jean de La Trémoïlle, évêque d’Auch, ont été détruits à la Révolution. Il en reste
quelques fragments au musée Henri Barré de Thouars. Ils étaient l’œuvre du sculpteur Martin
Claustre.          

 

 

 

LOUIS II DE LA TREMOILLE

Louis II de La Trémoille, fils aîné de Louis I et de Marguerite d'Amboise, naquit le 20 septembre 1460. Sa haute valeur, ses vertus politiques et privées lui ont mérité de ses contemporains et de la postérité le glorieux surnom de Chevalier sans reproches. Guichardin lui donne le titre de premier capitaine du monde et Paul Jove dit qu'il fut la gloire de son siècle et l'ornement de la monarchie française. II se signala particulièrement à l'âge de vingt-huit ans, en 1488, en battant les troupes du duc d'Orléans, futur Louis XII, et des princes ligués contre Charles VIII, à Saint-Aubin-du-Cormier.

Mon intention n'est pas de retracer ici la vie de Louis II de La Trémoille. C'est un sujet trop connu. Je me contenterai de résumer en quelques lignes les événements qui sont mentionnés dans les documents publiés au chapitre II de ce présent volume.

Le Chevalier sans reproches possédait comme ses ancêtres une fortune territoriale considérable qu'il dépensait facilement, même au jeu où d'ailleurs il perdait presque toujours. On rencontre souvent des mandements signés de sa main dans le genre de celui-ci : « Gens de noz comptes, allouhez à Jehan Billard, nostre appoticaire, la somme de cincquante escuz soulail qu'il a baillée à Estampes pour nous apporter, qu'avons receuz pour jouer avec le roy à Ardre, le premier jour de juing cincq cens vingt, et n'y faictes difficulté (1). »

Au mois de décembre 1518, une ambassade d'Angleterre arriva à Paris. Les ambassadeurs anglais furent festoyés par le roi, la reine, les princes, les grands seigneurs et les échevins de l'Hôtel-de-Ville. Louis II de La Trémoille ouvrit aux étrangers les portes de son hôtel des Créneaux à Paris et leur donna à dîner le 1er janvier 1519. La dépense totale du repas s'éleva à la somme de 676 livres tournois (2), plus de 12,000 francs en monnaie moderne.

II est inutile d'insister longuement sur ces dépenses, un coup d'oeil jeté sur le § II du chapitre II de ce volume indiquera suffisamment les nombreuses occasions qui sollicitaient le seigneur de La Trémoille et sa femme d'ouvrir leur bourse. Tantôt, c'était un vaisseau à équiper (3), tantôt c'était un pauvre métayer ruiné par la grêle qu'il fallait secourir (4). Quand il s'agissait surtout d'une oeuvre charitable, jamais le Chevalier sans reproches et sa femme, la bonne Gabrielle de Bourbon, ne se récusaient. Ils y mettaient autant de coeur que pour la confection d'accoutrements pour le tournoi d’Ardres (5).

Louis II de La Trémoille épousa, par contrat de mariage du 28 juillet 1484, noble damoiselle Gabrielle de Bourbon, fille de Louis de Bourbon, comte de Montpensier, et de Gabrielle de La Tour (6), dont il eut Charles de La Trémoille, prince de Talmont.

Après la mort de Gabrielle, arrivée en 1516, il prit en secondes noces par contrat du 17 avril 1517, damoiselle Louise de Borgia, duchesse de Valentinois, fille de César Borgia, duc d'Urbin, gonfalonier de l'Eglise, et de Charlotte d'Albret, soeur de Jean, roi de Navarre (7).

Le seigneur de La Trémoille fut nommé lieutenant-général du roi en Bretagne le 11 mars 1487 (v. s.) (8); capitaine de Fougères, 20 septembre 1488 (9); lieutenant-général sur le fait de la guerre en Poitou, Saintonge, Angoumois et Anjou, 5 octobre 1490 (10); capitaine de Nantes, 25 juillet 1491 (11); premier chambellan du roi Charles VIII, 9 novembre 1495 (12); confirmé capitaine de Fougères et de Nantes en 1498, par Louis XII (13); institué lieutenant-général de la gendarmerie dans le duché de Milan, en 1499 (14); amiral de Guyenne et de Bretagne, 26 avril 1502 (15), 7 janvier 1514 (v. s.) (16); et capitaine du château de Vergy en Bourgogne, 28 octobre 1515 (17).

Une mort glorieuse devait couronner la carrière de celui qui avait servi fidèlement Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier.

Louis II de La Trémoille fut tué sous les yeux de son roi à la bataille de Pavie, le 24 février 1525.

Son corps fut transporté en France et inhumé dans l'église collégiale de Notre-Dame-de Thouars. Les frais de cette translation s'élevèrent, paraît-il, à la somme incroyable de 10,000 livres au moins (18).

Louis II laissait un petit-fils, François, sire de La Trémoille, vicomte de Thouars. Son fils Charles, prince de Talmont, avait péri à la bataille de Marignan livrée contre les Suisses, le 14 septembre 1515; la veuve de ce dernier, Louise de Coetivy, ne mourut qu'en 1553.

Louise Borgia, duchesse de Valentinois, n'eut pas d'enfants de Louis II de La Trémoille. Elle se remaria le 3 février 1530, avec Philippe de Bourbon, seigneur et baron de Busset (19).

 

LE CARDINAL JEAN DE LA TRÉMOILLE

JEAN de La Trémoille était le second fils de Louis I et de Marguerite d'Amboise. II devint protonotaire du Saint-Siège (20), archevêque d'Auch en 1490 (21) malgré son jeune âge, évêque de Poitiers en 1505 (22) et cardinal du titre de Saint-Martin-aux-Monts par bulle de Jules II, donnée à Boulogne le 4 janvier 1506. Dès le 9 novembre 1505, le pape assurait Louis II de La Trémoille de ses bonnes dispositions pour le cardinalat de son frère Jean (23).

II ressort d'un document du Chartrier de Thouars que Jean de La Trémoille eut successivement ou simultanément de nombreux bénéfices. II posséda les abbayes de Noirmoutier (400 livres tournois de revenu), de Celles (340 liv. tour.), de Saint-Benoît-sur Loire (3ooo liv. tour.), de Jard (1200 liv. tour.), de Saint-Michel-en-l'Herm (1500 liv. tour.), de Tallemont (800 liv. tour.), de la Grenetière (600 liv. tour.), de Saint-Laon de Thouars (400 liv. tour.), le prieuré de La Riole, membre de Saint-Benoît (2000 liv. tourn.), et la moitié de l'évêché d'Agen (2500 liv.) pendant deux années avant d'être pourvu de l'archevêché d'Auch.

Au moment de sa plus haute fortune, le cardinal eut dans ses écuries jusqu'à cinquante chevaux alors qu'au début de sa carrière il n'en possédait que trois. Comme tous les grands seigneurs, il avait des fauconniers parmi lesquels on distinguait Grand-Jehan, avec qui il fit un marché le 31 mars 1506 (v. s.), au sujet de ses faucons (24).

Jean de La Trémoille accompagna Louis XII dans son expédition d'Italie contre les Génois, avec le cardinal d'Amboise, son oncle, les cardinaux de Ferrare et de Saint-Sever, et assista à l'entrée solennelle que le roi de France fit à Milan. II mourut dans cette ville chez « dame Marie de Pusterre, vefve de feu noble homme Bourgonce Botte », dans la maison de laquelle il logeait, après avoir fait son testament le 16 juin 1507. Son corps fut d'abord déposé dans l'église des frères mineurs de Milan, devant l'autel de Saint-Bernardin « ouquel lieu le dit testateur avoit acoustumé de ouyr messe (25) ».

Dans la suite on le ramena en France dans l'église collégiale de Notre-Dame du château de Thouars où on lisait cette épitaphe :

« Cy gist le corps de très haut et illustre prince Jean de La Trémoille, cardinal du S. Siège apostolicque, archevesque d'Auch qui mourut à Milan, Tan 1507. Priez Dieu pour le repos de son âme. »

En 1514, Louis II de La Trémoille était en procès, au sujet des biens de l'archevêché d'Auch, contre « très révérend père en Dieu messire Francoys de Clermont, archevesque d'Aulx », successeur du cardinal Jean (26).

 

 

 

 

 

 

François-Roger de Gaignières (1642-1715), un antiquaire pas comme les autres a fait l'histoire

Pendant un demi-siècle, ce passionné d'histoire de la monarchie française et de la noblesse a collectionné une documentation textuelle et graphique considérable des époques médiévale et moderne : tombeaux, épitaphes, vitraux, sceaux, tapisseries, plaques de fondation... Ces documents sont des sources d'une richesse incroyable puisque la plupart des monuments cités sont en grande partie détruits aujourd'hui !
👀 Les 24 portefeuilles de Modes de François-Roger de Gaignières rassemblent plus de 1 720 planches (dessinées par Louis Boudan) et sont à l'origine de sa célébrité. Ces planches représentent des portraits de personnages historiques (de Clovis à Louis XIV), vêtus de costumes témoignant de leur fonction, de leur statut mais aussi de la mode selon les époques. Nous y trouvons également des dessins de vitraux, des copies de tableaux de chevalet ou de miniatures.

Avant sa mort, François-Roger de Gaignières fait don de sa collection à Louis XIV afin d'éviter qu'elle ne soit dispersée !

Fondation pour les Monuments Historiques

https://www.facebook.com/FondationpourlesMonumentsHistoriques

Histoire de la ville de Thouars, depuis l'an 759 jusqu'en 1815 , avec un supplément qui renferme la conspiration du général Berton et les détails de son entreprise sur cette ville, le 24 février 1822... par P.-V.-J. Berthre de Bourniseaux,...

 

Les La Trémoïlle pendant cinq siècles. Charles-Louis-Bretagne, Charles-Armand-René, Jean-Bretagne-Charles-Godefroy et Charles-Bretagne-Marie-Joseph de La Trémoïlle / [par le duc L.-C. de La Trémoïlle]

 

 

Contact :

Rond point du 19 mars 1962
79100, Thouars
05 49 68 16 25
service.patrimoine@ville-thouars.fr
Site Web

 

 

 

Guerre de Cent Ans, Juin 1372 - siège de Thouars pendant la Campagnes du Dogue noir de Brocéliande (Du Guesclin) dans le Poitou <==.... .... ==> Thouars - Le pont des chouans (Guerre de Vendée 5 mai 1793)


 

1. Voir. p. 93, mandement du 27 janvier 1520 (v.s.).

2. Voir, pp. 81 à 90.

3. Pp. 45, 59, 62, 65.

4. P. 51.

5. Pp. 91 et 92.

 

6. P. 107, n° II.

7. P. 130, n° XXIII.

8. P. 110, n° IV.

9. P. n 3, n° VI.

10. P. 114, n° VIII.

11. P. 115, n°X.

12. P. 124, n° XIII.

13. P. 127, n°s XV et XVI.

14. P. 128, n° XVII.

15. P. 128, n°s XVIII et XIX. n. P. 129, n°s XX et XXI. 12. P. 130, n° XXII.

16. P.129, n° XXX et XXI

17. p 130, n° XXII

18. P. 103.

19. Pour les sources à consulter sur Louis II de La Trémoille, voir Répertoire des sources historiques du moyen âge, par Ulysse Chevalier.

20. P. 149, n° I.

21. P. 149, n° II.

22. P. 151, n° IV.

23. P. 152, n° V.

24. P. 143.

25. Pp. 153, 155, nos VI et VII.

26. Chartrier de Thouars, ms.. — Voir Chartrier de Thouars, pp. 215 3217. Sainte-Marthe, Histoire généalogique de la maison de La Trémoille, etc.

 

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13 octobre 2019

Barrage de saint Luc dans la forêt de Mervent et Mélusine

Barrage de saint Luc dans la forêt de Mervent et Mélusine (2)

Au sud de la Vendée du côté de Vouvant célèbre pour sa Tour Mélusine, les frères Martel avaient réalisé pour le monument du barrage de Mervent une monumentale fée Mélusine agitant sa queue de poisson et peignant ses longs cheveux blonds. Inaugurée en 1958, cette sculpture en pierre reconstituée est aujourd’hui détruite.

Une belle randonnée pédestre le long de la rivière Vendée et dans la forêt de Mervent. Cette boucle vous mènera jusqu'au barrage de Mervent en empruntant une partie du GRP® de Mélusine.

 Le barrage de Mervent (aussi appelé barrage de Saint Luc) est un barrage pénétrateur mis en eau en 1956, situé sur les communes de Mervent et Pissotte en Vendée sur le cours de la Vendée. La construction s'est étalée du 14 mai 1955 pour la pause de la première pierre à 1958 pour la fin de la construction et mise en service

14-sept-1958 archives

En 1960, des pluies torrentielles ont fait monter l’eau à 1,80 mètre aux portes de Fontenay-le-Comte.  Des travaux de renforcement et de transformation de l’édifice actuel ont débuté fin 2015
 

Barrage de saint Luc dans la forêt de Mervent et Mélusine (1)

C’est mardi 18 décembre 2018 que la phase de réception provisoire des travaux effectués sur le barrage de Mervent, a été livrée et présentée à la presse en présence de Jerôme Bortoli, directeur de Vendée Eau.

La phase génie civile des travaux vient de s’achever. Elle va permettre au barrage d’évacuer la crue décamillénale alors qu’auparavant le barrage pouvait supporter une crue centenaire. Concrètement, le barrage va pouvoir supporter un débit de 700 à 750 m³, contre 350 m³ avant la phase de travaux. Il s’agit de protéger le barrage d’une éventuelle rupture et donc les habitants situés en aval de l’installation, en particulier ceux de Fontenay-le-Comte.

 

 

https://freresmartel.blogspot.com/2000/02/la-fee-melusine.html
D'autres œuvres des frères Martel et de leur ami l'architecte Robert Mallet-Stevens sont en danger comme le Chalet des Gets et la fresque de l'école du centre de Luçon.
L'association Eugénies qui gère les pages facebook et les blogs consacrés aux jumeaux sculpteurs et à plusieurs architectes, essayent de sensibiliser à la sauvegarde de notre patrimoine artistique et architectural.

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13 octobre 1307 arrestation des templiers, le Grand Maître Jacques de Molay et 4 dignitaires sont emprisonnés à Chinon

13 octobre 1307 arrestation des templiers, le Grand Maître Jacques de Molay et 4 dignitaires sont emprisonnés dans la forteresse de Chinon 2

Le 13 octobre 1307, les Templiers sont arrêtés sur ordre du roi Philippe le Bel. L’ordre du Temple est notamment accusé d’hérésie et de simonie.  Philippe-le-Bel enferme des captifs de marque dans une tour dite du Coudray, la partie du château la plus difficilement accessible….==>Mille ans de l’Histoire de Chinon (tour du Coudray de la forteresse Royale)

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12 octobre 2019

Bourneau ; Sur les pas de saint Louis-Marie Grignion de Montfort – découverte de la Chapelle funéraire des Puy du Fou

Bourneau ; Sur les pas de saint Louis-Marie Grignion de Montfort – découverte de la Chapelle funéraire des Puy du Fou

A l'époque féodale, Bourneau localisé en Bas-Poitou était un fief dépendant de la seigneurie de Vouvant – Mervent. La commune de Bourneau est exceptionnellement riche en lieux-dits archéologiques. Il suffit, pour s'en convaincre, de citer les tènements de Château-Gaillard, de la Bastille, du Châtelier, du Champ du Camp, de la Chaussée, du Grand-Chemin, du Champ de la Garne, de la Pierre, du Champ de la Fée, qui ne laissent aucun doute sur l'occupation de cette contrée aux époques celtique et gallo-romaine.

(Bourneau statue Louis-Marie Grignion de Montfort Rue du Petit Moulin, 85200 Bourneau - Visite Virtuelle)

  En 1260, Olive de Cerizay, épouse de Jean Chasteigner, déclare que, pour récompenser son mari des grands frais qu'il avait employés à la réparation et à l'entretien de ses héritages, elle lui donne sa ville nommée vulgairement Bourneau.

Le mariage de Jacquette de la Ramée, dame de Bourneau, avec Jean du Puy du Fou, en 1439, fit passer la terre de Bourneau dans cette dernière famille. Elle paraît y être restée jusqu'au XVIIIe siècle.

Un procès engagé, en 1774, entre le curé et le seigneur de Bourneau, à l'occasion du payement des dixmes, nous apprend que ce dernier était alors M. de la Haye de la Duberie (1). L'issue du procès porté en Conseil d'État n'ayant pas été favorable à M. de la Haye, il vendit par dépit la terre de Bourneau à M. de Saint-Denis.

Comme le prouvent non seulement la date de 1445 gravée sur l'un de ses piliers, mais encore le très curieux portail, l'église de Bourneau a été construite au XVe siècle.

 Saccagée par les protestants pendant les guerres de religion, elle fut relevée au XVIIe siècle, ainsi qu'en témoigne l'inscription suivante, placée à l'intérieur, au-dessus de la petite porte méridionale :

CETTE ÉGLISE A ESTÉ RÉTABLIE PAR LES ORDRES DE MONSEIGNEUR FOUCAULT CONer DU ROY EN SES CONSEILS, M re DES REQUESTES ORDINAIRES DE SON HOTEL, INTENDANT DE LA JUSTICE, POLICE ET FINANCES DU POITOU ET PAR LES SOINS DE Mre JEAN COURTIN, CONSer DU ROY JUGE MAGISTRAT CIVIL ET CRIMINEL AU SIÈGE ROYAL DE FONTENAY-LE-COMTE COMMRE SUBDÉLÉGUÉ DE MONDLT SEIGr L'INTENDANT. CE 19e JOUR DU MOIS DE DÉCEMBRE 1686.

 

 En 1886, M. le curé de Bourneau, désireux d'apporter de nouveaux embellissements à son intéressante église, avait résolu de faire ouvrir une grande baie à meneaux du XVe siècle dans le mur de la nef, du côté de l'évangile.

Quelle ne fut pas la surprise des ouvriers chargés de ce travail, lorsqu'après avoir fait tomber la couche épaisse de plâtre jaune sur laquelle on avait simulé des refends de grand appareil, ils aperçurent l'archivolte d'un grand plein cintre de près de quatre mètres de diamètre, décoré des plus exquis motifs de la Renaissance, et donnant accès dans une chapelle funéraire consacrée à Marie du Puy du Fou, propriétaire du château de Bourneau, vers 1530.

La gracieuse image de la défunte est représentée sur l'un des remarquables chapiteaux à volutes qui supportent cette archivolte. L'autre chapiteau présente, à travers de nombreux décors d'une irréprochable facture, un génie ailé tenant en main l'écusson losangé des Puy du Fou.

Chapelle funéraire des Puy du Fou début du XVIe siècle

Avant sa découverte fortuite en septembre 1886 grâce au comte de Jenoville, cette chapelle funéraire était jusqu’alors murée. C’était ici la sépulture de Bonaventure du Puy du Fou, épouse de Guillaume Gouffier, amiral de France et constructeur du château Renaissance de Bonnivet.

Edifiée peu avant 1525, cette chapelle adopte un répertoire décoratif qui rappelle l’Antiquité : chute d’ornements, feuilles d’acanthe, rosaces et médaillons dont celui de Samson luttant contre le lion.

Le bénitier, remonté sur le mur Ouest, adopte le même vocabulaire et n’est pas sans rappeler les lucarnes du château de Bonnivet.

Des armoiries, dont celles des Puy du Fou, meublent l’arc, le bénitier et l’ensemble des belles clefs de voûtes.

 

 

Vitrail et statue du père de Montfort XIXe siècle

Ce vitrail et cette statue du père de Montfort rappellent son passage dans la région, où il prêcha plusieurs missions à Mervent, Vouvant et Fontenay le Comte. Né en 1673 à Montfort sur Meu, en Bretagne, cet infatigable pèlerin donne un souffle nouveau à la réforme catholique et ouvre la voie à la reconstruction religieuse de la Vendée du XIXe siècle. Ses missions, ses processions et ses cantiques résonnent encore dans le cœur des milliers de fidèles rassemblés dans de nombreuses paroisses de l’Ouest de la France. Jeune prêtre, il est épris de l’amour et de la sagesse pour délaissés de la société.

En 1703, Montfort crée une congrégation de femmes consacrées à la Sagesse, qu’il confie à Marie-Louise Trichet.

En 1715, il établit un ermitage en forêt de Mervent, où il séjourne à plusieurs reprises, prêchant plusieurs missions. C’est dans une grotte de la forêt que la Vierge lui serait apparue. Louis-Marie Grignion de Montfort meurt le 28 avril 1716 à Saint Laurent sur Sèvres, là où aujourd’hui est élevée la basilique qui porte son nom.

 

 On trouve aussi le château de Bourneau château qui est la réplique du château d'Azay-le-Rideau.  (Il est depuis 2018 la propriété d'un couple trentenaire, Jean-Baptiste et Erin Gois)

Bourneau château qui est la réplique du château d'Azay-le-Rideau

Mme Edmond Moller, née de Fontaines, propriétaire du château de Bourneau, a eu la pieuse pensée de conserver intact ce délicieux spécimen de notre architecture poitevine de la Renaissance, et elle a confié le soin de la restauration de ce curieux enfeu à M. Métivier, ornemaniste et sculpteur distingué de Fontenay, qui s'est acquitté de cette délicate besogne avec un réel talent.

En même temps, il a exécuté, sur les dessins de M. O. de Rochebrune, un grand autel qui fait également honneur au maître graveur de Terre-Neuve et à l'artiste qui s'est fait son interprète.

Enfin on a placé dans le mur de droite le joli bénitier également restauré dont l'héliogravure ci-contre donne une fidèle reproduction (2).

Derrière l'église, au centre d'un riant paysage qu'abrite contre les vents du nord un rideau de chênes séculaires, s'élève le beau château moderne de M. Môller, construit en 1869-70 sur les plans de M. Charier, architecte à Fontenay). De l'ancienne gentilhommière, sur les ruines de laquelle ce château a été bàti, il n'existe plus aucun vestige. M. Mar- chegay a publié, dans l'Annuaire de la Société d'Émulation (3), les lettres patentes par lesquelles le roi Louis XI accorde à Jacquette de la Ramée, dame de Bourneau, veuve de Jehan du Puy du Fou, la permission de « clore et fortifier ledit hôtel et place de Bourneau de murs, tours, fossés, portes et canaux. »

BOURSEGUIN. — Village faisant partie de la commune de Bourneau et renommé pour ses tuileries dont l'ancienne origine est consacrée par les registres paroissiaux. Dès le XVIIe siècle, il y existait, paraît-il, une corporation de chaulniers et de tuiliers, dont les intérêts étaient régis par une sénéchaussée particulière.

LA VAUDIEU. — La maison de la Vaudieu,  dépendait de l'abbaye de Nieul, ainsi qu'il ressort d'une déclaration faite par Pierre Guillon, abbé de ce monastère, en date du 29 octobre 1492. Plus tard, un prieuré y fut fondé par les seigneurs du petit château de Vouvent, « à charge par les moines de l'Absie d'y donner l'aumône trois fois par semaine. » Benjamin-Jacques-Jean-Armand Palliot en était fermier en 1775.

C'est ce qui explique sans doute la présence à Vouvent, dans la propriété de Mme Palliot du Plessis, d'un assez joli bas-relief qu'on nous a dit venir de la chapelle de la Vaudieu. Les restes de cette chapelle, renferment un intéressant tombeau du XIVe siècle.

 

D'autres manoirs existaient sur le territoire de cette commune : la Simonière, qui a fait place à une jolie construction moderne habitée par M. Charles de Tinguy, la Chabossière, la Foye, la Jaubretière, la Bastille et- Germon, perdu au fond d'une pittoresque gorge arrosée par le ruisseau du Fougeray qui traverse la vallée de Baguenard.

 

 

 

 

Histoires de Vendée : Le Château de Bourneau

1000 mètres carrés à restaurer

Le château n'est pas classé mais le lieu, avec son domaine de 16 hectares, est classé notamment parce que l'église du village, qui date du XIe siècle, est classée. Pour l'instant, les jeunes propriétaires font les travaux tout seuls. L'intérieur est en lino et moquette sur les murs, vestige de l'époque où le domaine était une maison de retraite. Il y a 1000 mètres carrés à restaurer. Ils vont faire appel à des artisans et le faire petit à petit.

 

 

 

Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France. 11 / publiés par Paul Guérin,...

 https://www.francebleu.fr/infos/culture-loisirs/journees-du-patrimoine-un-couple-achete-un-chateau-a-30-ans-et-le-restaure-en-vendee-1568960027

 Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon.... Tome XI

 

 

 


 

(1) Anciens registres paroissiaux de Bourneau communiques par M. Raymond de Fontaines.

(2) Ces détails sont empruntés à la savante notice publiée récemment par M. O. de Rochebrune dans la Galette des Beaux-Arts. (La Chapelle funéraire de l'église de Bourneau, no du 1er avril 1890 p. 327 et suiv.)

(3) Année 1867, p. 241 et suiv.

(4) Paysages et Monuments du Poitou, art. Vouvent.


 

Permission de fortifier Bourneau près Fontenay-le-Comte, accordée à Jacquette de La Ramée, veuve de Jean du Puy-du-Fou, chevalier, dame du lieu. (JJ. 199, n° 492, fol. 310 v°.)

Janvier 1465.

Loys, par la grace de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous, presens et avenir, nous avoir receu l'umble supplicacion de Jaquete de La Ramée, dame de Bourneau, veufve de feu Jehan du Puy du Fou (1), en son vivant chevalier, contenant que ledit lieu et place de Bourneau est assiz ou pays de Poictou près Fontenay le Conte, pays marchissant et en frontière de la mer, et à ceste cause est souventes foiz fort foullé et endommagé par gens d'armes et autres passans, retournans et sejournans par ledit pays, et pour ce feroit ladicte suppliant, affin de y garder et sauver soy et ses biens et ceulx de ses hommes, subgetz et pays d'environ, volentiers clourre et fortiffier lesdiz hostel et place de Bourneau, qui sont à ce faire bien avantageux, se sur ce il nous plaisoit leur donner noz congié et licence, humblement requerant que, attendu ce que dit est, que…….(2)

 les moiens soubz nous dudit hostel est d'accord que icelluy hostel et place soit close et fortifiée et que ce sera le prouflit de nous, desdiz habitans et dudit pays d'environ, nous lui vueillons sur ce pourveoir de nostre grace et octroyer nos diz congié [et licence]. Pour ce est il [que nous] à icelle suppliante, ses hoirs, successeurs et ayans cause ou cas dessus dit, avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grace special, par ces presentes, puissance et auctorité, congié et licence de clorre et faire clorre et fortiffier lesdiz hostel et place de Bourneau de murs, tours, foussez, portes, carneaulx et autrement ainsi que bon lui semblera, pourveu toutes voyes que ce ne nous tourne à préjudice ne au pays d'environ, et que, nonobstant ladicte fortifficacion, les habitans dudit lieu facent le guet où ilz sont tenuz le faire et ainsi qu'ilz ont acoustumé.

Si donnons en mandement, par ces presentes, au seneschal de Poictou et à tous noz autres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenans, et à chacun d'eulx, que, se appeliez les nobles dudit pays d'environ et autres gens en ce congnoissans, qui pour ce feront à appeller, il leur appert de ce que dit est, ilz facent, seuffrent et laissent ladicte suppliante, ses hoirs, successeurs et ayans cause joir et user plainement et paisiblement de noz presens grace, congié et licence, sans sur ce lui faire ou donner, ne souffrir estre fait ou donné, ores ne pour le temps avenir, aucun destourbier ou empeschementau contraire, nonobstant quelzconques ordonnances,mandemens ou deffences à ce contraires. Et affin, etc. Sauf, etc.

Donné à Chinon, ou mois de janvier l'an de grace mil IIIIe LXIIII, et de nostre règne le quatriesme.

 

 

  1. La famille de La Ramée était établie dans cette partie du Poitou au milieu du XIVe siècle nous avons publié, dans un précédent volume, le don que fit Charles V à André de La Ramée, écuyer, de la terre et seigneurie d'Ardenne, non loin de Fontenay-le-Comte, en récompense des services qu'il avait rendus au roi comme compagnon d'armes d'Olivier de Clisson et de Jean de Bueil, par lettres du 12 août 1372. (Arch. hist. du Poitou, t. XIX, p. 129.) Yvonnet Sauvage, seigneur du Plessis-Guerry et de la Salle-de-Fenioux, avait épousé, avant 1430, une Marguerite de La Ramée. (Id., t. XXIV, p. 364, note.)

Les deux frères Jean et Louis de La Ramée étaient en procès au Parlement de Poitiers contre Jacques Boussart, appelant des juges commis à connaître des causes des sujets de la vicomté de Thouars, qui l'avaient condamné à payer aux demandeurs les arrérages d'une rente de blé et à rendre à Louis un « harnais d'armes w. La cour confirma la sentence de première instance, le 4 avril 1425. (Arch. nat., X 9190, fol. 335 v.)

Louis de La Ramée, le même sans doute, qualifié écuyer, seigneur de Bourneau, rendit au comte de Richemont, seigneur de Parthenay, le 29 mai 1428, aveu de l'hôtel et hébergement dudit Bourneau, mouvant de Mervent, tenu à foi et hommage lige et au devoir de rachat, quand le cas y advient. (Arch. nat., R1er 204, fol. 47 v°.) Jacquette de La Ramée était très probablement sa fille.

Quant à Jean du Puy-du-Fou, mari de celle-ci, il est assez difficile de déterminer ce qui se rapporte particulièrement à lui dans les textes de l'époque, car il y eut, vivant au même temps, deux personnages de la même famille au moins qui portaient le même prénom. Peut-être est-ce le nôtre dont il est question dans un acte émanant de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, en juillet 1438, comme devant à celui-ci trente réaux de la ferme du rachat de la terre de Saint-Vincent-de-Jard. (Cartulaire d’Orbestier, publié par M. de La Boutetière, Arch. hist. du Poitou, t. V), p. 466 et suiv.)

Il est qualifié chevalier, capitaine de Surgères, dans une quittance de trente livres à lui ordonnées par le roi, datée du 8 avril 1443. Charles vu lui fit don aussi de quatre cents livres, pour avoir aidé à recouvrer la place forte de la Roquette en Guyenne, occupée par les Anglais il en donna quittance le 22 juin 1451. (Bibt. nat., ms. fr. 28.888, pièces 18 et 19.)

Nous ne parlerons pas ici de deux procès criminels qui se rapportent certainement à l'autre Jean du Puy-du-Fou, dont la femme se nommait Jeanne des Serqueux.

Un fils de Jean du Puy-du-Fou et de Jacquette de La Ramée, Pierre, écuyer, seigneur de Bourneau, avait épousé Aliénor de Juch et vivait encore le 19 mai 1492, date d'un paiement de cent vingt livres qui lui fut fait par le receveur des tailles de Poitou, pour sa pension de cette année (Bibl. nat id pièces 20 et 22.)

  1. Sic. Le scribe parait avoir omis en cet endroit tout un membre de phrase.

 

 

Panoramas Historique sur le Château de Mervent (360°)

Panoramas Historique sur le Château de Mervent (360°)

A Mervent, on remarque sur un rocher abrupt dominant la Mère, les ruines du château qu’assiégèrent Jean Sans Terre et saint Louis. Les plus anciennes mentions du château de Mervent remontent au premier quart du XIe siècle. Deux chartes, datées de 1018 et 1022, évoquant des dons faits à l'abbaye de Maillezais, mentionnent la présence d'un château à Mervent, de sa chapelle et de ses moulins. A une date aussi reculée, il ne peut s'agir de la forteresse que nous connaissons par les lithographies du XIXe siècle. La présence d'une motte castrale à Mervent est à privilégier pour cette période. Sa traditionnelle attribution à Eustache Chabot s'avère donc tout à fait plausible, mais seulement si l'on considère que son mari, Geoffroy Ier de Lusignan participe à ce projet.

Les découvertes archéologiques faites dans la forêt indiquent la haute antiquité de Mervent. Cette forêt, la plus belle du Poitou, dépendait autrefois des baronnies de Vouvent et de Mervent, annexes de la grande baronnie de Parthenay et de la Gâtine du Poitou. Elle passa successivement entre les mains des Chabots, des Lusignan, des Parthenay- l’Archevèque, des Richemond, des d’Orléans-Longueville (Dunois).

 

Mervent pendant la Guerre de Cent Ans

Le comte de Richemont qui, dès la fin du mai, avait envoyé en avant à Poitiers, Guillaume de la Forest son maréchal, et le sire de Barbazan, entra en campagne au mois d’aout 1415. Il s’empara successivement, tan par siège que par composition, de châtelaillon, Coudray-Salbart, Secondigny, Vouvent et Mervent.

Vers le milieu de l’année 1432, le connétable, qui résidait toujours à Parthenay, apprit tout à coup qu’un capitaine, Pierre Regnault, frère de la Hire, s’était emparé par surprise de Mervent le jour de la Pentecôte. Cette agression inattendue, que rien ne justifiait et à laquelle la Trémouille n’était peut-être pas étranger, irrita profondément Richemont. Sur le champ, il rassemble ses arbalétriers, convoque tous ses vassaux de Gâtine, met en réquisition les gens de sa maison et les dirige sur Vouvent sous la conduite de son leiutenant Prégent de Coètivy et de deux capitaines, le bâtard Chapelle et Pennemare. Huit jours après, Mervent assiégé capitulait et rentrait sous la domination du sire de Parthenay (1)

Dunois qui avait séjourné si longtemps en Poitou avec Charles VII s'attacha d'autant plus aux possessions qu'il avait obtenues dans la province. Il dédaigna Parthenay, capitale de la Gâtine lieu où Richemont avait passé ses plus belles années (2); Vouvent, la patrie de la Merlusine ne lui convint pas non plus, et à cause de la beauté du site, il se fixa sur Mervent et en fit sa résidence habituelle pour le temps qu'il donnait à ses terres de l'ouest du royaume.

 Le château de cette localité fut dès-lors réparé et embelli pour recevoir son chevaleresque possesseur une partie même de ses constructions, comme les ruines l'attestent datent de cette époque. Ce qui attacha d'autant plus Dunois à Mervent fut qu'il y perdit Jeanne, sa fille chérie, qui fut inhumée dans la modeste église de cette localité. Pour perpétuer sa douleur il fit une fondation pour que le service divin fût fait là tous les jours pour le repos éternel de l'être qui lui devait le jour et sur lequel se reportaient ses pensées même après la mort.

 Mais à la perte d'une fille chérie vinrent se joindre d'autres chagrins pour le vaillant bâtard d'Orléans et sa vertueuse épouse. Une autre de leurs filles, Marie contre leur gré était entrée en religion, et s'était faite religieuse de l'ordre de Sainte-Claire. Ne voilà-t-il pas que cette vocation qui paraissait si positive, s'évanouit bientôt entièrement. Lorsqu'on voulait marier Marie elle ne respirait que pour vivre dans un monastère; entrée sous les verrous, ayant voué à Dieu sa virginité et sa vie son cœur lui battit de désir de revenir à la vie commune et d'avoir un époux terrestre au lieu de l'époux qu'elle avait aux cieux.

Or, précisément un beau jour de grande fête à l'Assomption de la Vierge pendant les chaleurs du mois d'août, Marie sortit de son couvent, sous prétexte de se confesser à un prêtre du dehors en qui elle disait avoir toute sa confiance. Au lieu d'aller conter à cet ecclésiastique tous ses méfaits elle se fit marier secrètement par lui à Loys, bâtard de Bourbon et nos deux époux bien vite gagnèrent les champs et on ne les vit plus de longtemps. Cette conduite courrouça tellement Dunois tout illégitime qu'il était, et de même la comtesse son épouse qui ni l'un ni l'autre ne savaient rien de l'intrigue, qu'ils exhérédèrent, dans leur testament commun, cette fille de conduite si légère. Les propres paroles du bâtard d'Orléans qui voulait donner une leçon à sa fille et même à celles qui seraient tentées de l'imiter, ne laisseront pas que d'avoir de l'intérêt ici :

« Item veulent. …(Jehan , comte Dunois et de Longueville seigneur de Parthenay,et Marie de Harnourt, sa femme ) Être achetée la somme de 40fr. de rente au pays du Poitou, pour fondation d’une basse messe, laquelle ont fondée et ordonné estre dicte et célébrée chacun jour en l’église de Mervent, pour le salut de l’âme de leur fille Jehanne, enterrée en icelle église. » Testament du 4 octobre 1463, passé devant un notaire d’Arles en Provence et des témoins.

 « Item, pour ce que leur fille nommée Marie, n'a voulu tenir les vœux: et promesses par elle faits à notre Créateur d'estre religieuse toute sa vie en l'ordre de religion de Sainte- Claire, et que depuis, par mauvaise et dampnable volonté, elle estant en leur compagnie doucement et honnêtement traitée, sous couleur et ombre de confession, le jour de  l'Assomption Notre-Dame, occulteraient et clandestinement s'est liée et promise par mariage à Loys,  soy-disant bastard de Borbon sans le voloir sceu, ne consentement d'eux ne autres leurs parens; en quoi grandement a méprises et » offenses premièrement envers Dieu notre rédempteur » en tant qu'elle n'a observés ne gardés les vœux et promesses » par elle faits esté contre l'ordonnance de Dieu et la coustume ordonnée par l'église en l'ordre de mariage de céant, et fraude iceux sous couleur de dévotion, et n'a gardé  l'amour et l'obéissance que enfans sont tenus de garder envers leurs père et mère et contre le commandement de Notre-Seigneur pour laquelle cause et afin de donner exemple à toutes filles et mesmement à filles de haultes et nobles maisons, que vœux faits à Nostre-Seigneur es propos délibérés doibvent observer et tenir sans soy en départir ne prendre autres voyes layes, premièrement en avoir licence et congié, pour ce faire, de nostre Saint-Père le Pape ou autre ayant de ce faire et puissance, en rendant l'obéissance à nostre mère la Sainte-Eglise comme faire se doibt en après que l'honneur et l'obéissance telle que par les enfans doibt estre faicte à père et mère soit gardée et observée, les dessus Comte et comtesse de Dunois, ladite Marie, leur fille ont privée et déshéritée privent et déshéritent, elle et les siens, que elle pourrait venir et essir, à toujours de toutes successions qu'elle et les siens pourraient prétendre avoir d'eux, tant des terres qu'ils ont et possèdent du présent que de celles qui à venir pourraient à eux et à leurs enfans, tant par lignée collatérale comme autre, avecques ceux et de tous leurs acquêts faits et à faire ensemble de tous leurs meubles présents et à venir. »

Lithographie du château de Mervent issue de la revue Anglo-française, vol

(Lithographie du château de Mervent issue de la revue Anglo-française, vol. 1, F.-A. Saurin, 1833)

Que de réflexions à faire sur ces leçons de morale, tracées si rudement à une fille, par un père qui s'honorait de signer le bâtard d'Orléans ! N 'était-ce pas établir tout naturellement un contraste marqué entre la faute de la belle de Cany ou enfin de celle à qui le  héros de naissance illégitime devait le jour, et la sévérité du jugement porté par l'enfant dû à ce si tendre attachement ! Mais pourtant qu'on ne prenne pas ici le change ce qui exaspérait tant Dunois et sa compagne était que leur fille eût formé des vœux terrestres, après avoir pris des engagemens vers le ciel. Entrée en religion, elle s'était mariée sans avoir eu permission du pape. C'était là évidemment le point culminant de la colère paternelle.

Les affections de Dunois et de sa compagne ne se portaient donc presque plus que sur leur fils François, destiné à perpétuer un sang dont le valeureux bâtard avait effacé la tâche en se couvrant d'une gloire immortelle.

Mais une autre fille leur demeurait c'était, Catherine ou Kathelline comme ou prononce encore ce nom dans le Bas-Poitou. Ils lui donnèrent quarante mille écus d'or ( valeur dans laquelle entrait la baronnie de Geay, près Genève, en Savoie. En cas de mort de François sans enfans Kathelline était même appelée à hériter de toute la fortune de la maison et ses enfans au cas prévus étaient institués pour la suppléer.

François se maria avec Agnès de Savoie, dont il eut trois garçons et la postérité de Dunois fut continuée. Catherine épousa un vaillant capitaine du nord de la France, Jean de Sarrebruck et il n'y eut pas jusqu'à Marie qui, devenue veuve sans doute du bâtard de Bourbon, et relevée de ses vœux de religion par le pape, s'unit en légitime mariage avec Louis de la Haye seigneur de la Haye et de Passavant.

Dans cette nouvelle position toute honorable Marie d'Orléans vit cesser l'exhérédation prononcée contre elle par les auteurs de ses jours, et rentra dans leurs bonnes grâces. Le vaillant bâtard d'Orléans mourut le 28 novembre 1468 sous le règne de Louis XI, et au moment où une nouvelle contestation éclatait entre ce monarque et Charles-le-Téméraire duc de Bourgogne.

Dans le principe, Mervent et les autres terres de la maison de Parthenay allaient plaider par appel à la tour de Maubergeon de Poitiers, chef-lieu judiciaire du comté de Poitou; mais Jean duc de Berry et comte de Poitou, pour favoriser la ville de St-Maixent, dont il était seigneur, faisait juger là les appels de la Gâtine.

Lorsque le comte du Maine eut momentanément Parthenay, Mervent et les terres y annexées il en fit porter les appels à Niort. Mais St-Maixent étant retourné au roi à la mort du comte du Maine, le chef-lieu des appels du pays de Gâtine retourna dans cette ville.

Le comte de Dunois ayant demandé le rétablissement du plus ancien ordre de choses, Louis XI ordonna, en 1482, que les trois baronnies de Parthenay, Vouvent et Mervent, pays de Gâtine et dépendances, ressortiraient du siège ordinaire de Poitiers et plus tard cet état de choses fut maintenu (3).

La descendance mâle de Dunois jouit longues années de Mervent, baronnie jumelée, comme par le passé, avec celle de Vouvent (4).

A l'extinction de cette noble lignée, arrivée le 4 février 1694 par la mort de l'abbé d'Orléans-Longueville, Mervent et les autres terres provenant originairement de la maison de Parthenay devinrent domaines de la couronne par droit de réversion et à raison des donations successivement faites à Dunois et aux siens, par divers rois de France. En vain dit-on pour la ligne féminine du bâtard d'Orléans, que celui-ci avait un droit aux terres du Poitou, venant de la maison de Parthenay à cause de la descendance de sa femme de cette même famille le parlement n'en tint aucun compte pas plus que de la cession de droits que le duc de Longueville avait obtenue de Louis XIII en 1641.  On considéra que Charles VII avait acquis et avait donné et que dès-lors il y avait lieu au retour du don primitif fait à Dunois, stipulé formellement dans l'enregistrement au parlement.

Alors plus rien d'important sous le rapport historique ne se rattacha à cette localité de Mervent, sauf que deux siéges royaux allant par appel à la sénéchaussée et au présidial de Poitiers, furent établis, en 1698 l'un pour Parthenay, et l'autre pour Vouvent et Mervent; on plaça aussi deux grueries ou juridictions des eaux et forêts dans les mêmes localités. PIus tard le siège royal de Vouvent fut transféré à la Châtaigneraie.

Ruines Château_de_Mervent

 

Classement du site et démantèlement des ruines du château de  Mervent

« Dans sa séance du 20 avril 1911, la Commission départementale des sites et monuments naturels de caractère artistique de la Vendée a émis un avis tendant au classement, en vertu de la loi du 21 avril 1906, parmi les sites et monuments dont la conservation présente au point de vue artistique et pittoresque un intérêt général, du site et du château de Mervent.

« Cette proposition était motivée par un projet de destruction des ruines du château dont avaient été saisis M. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts et l'Office national du Tourisme.

« Conformément à l'article 3 de la loi du 21 avril 1906, M. le Préfet a sollicité du propriétaire, M. Emile Guillet, directeur de l'Enregistrement, des Domaines et du Timbre du département des Deux-Sèvres, l'engagement de ne détruire ni modifier l'état des lieux ou leur aspect sauf autorisation spéciale de la Commission des sites et monuments et approbation-du Ministre des Beaux-Arts.

« Par une lettre du 24 mai dernier, annexée au dossier, M. Guillet, tout en se défendant de vouloir porter atteinte, sur sa propriété, au site de Mervent, se refuse à prendre l'engagement sollicité : les travaux qu'il projette, n'auraient, selon lui, d’autre bût que de faire disparaître une masse informe de pierres constituée par les ruines d'une tour, qui offre, par surcroit, en raison des éboulements susceptibles de se produire, un danger réel pour les habitants et les promeneurs.

« Il est facile de répondre à M. Guillet que s'il est vrai que la ruine - qu'il veut faire disparaître n'offre réellement aucun intérêt artistique, si en outre elle présente des dangers pour la sécurité publique, la Commission des sites et le Ministère ne manqueront pas de donner l'autorisation d'effectuer ce travail. Il n'y a donc là rien qui puisse empêcher le propriétaire de prendre l'engagement qu'on lui demande.

« M. Guillet ajoute, d'autre part, que sa propriété est close et destinée à l'habitation, qu'elle a un caractère inviolable et que la loi du 21 avril '1906 ne lui semble pas applicable. Nous, croyons pouvoir répondre que l'engagement sollicité vise, non pas les habitations édifiées sur l'emplacement de l'ancien château, mais les remparts démantelés et inhabitables de ce vieux manoir.

« Votre Commission estime qu'il serait regrettable, tant au point de vue pittoresque qu'au point de vue historique, d'abandonner à la pioche des démolisseurs ce qui reste de la forteresse féodale qui abrita naguère Saint-Louis, Dunois et Arthur de Richemond.

Il est de notre devoir de sauver les ruines qui couronnent si majestueusement l'imposant panorama du confluent de la Mère et de la Vendée, cher à tous les vendéens épris des beautés de leur pays natal.

« En conséquence, ne pouvant obtenir du propriétaire l'engagement prévu par l'article 3 de la loi du 21 avril 1906, nous vous proposons, Messieurs, en application de l'article 4 de cette même loi, de charger M. le Préfet de poursuivre, au nom du Département, l'expropriation des ruines du château de Mervent.

... « Le Rapporteur,  PARENTEAU. »

 

 

 

M. PACAUD : On pourrait confier la mission dont parle M. le Rapporteur au-président de la Commission des économies. (Rires).

M. CONSTANTIN : Messieurs, j'appuie formellement, les conclusions de la Commission. La plupart d'entre vous connaissent ce joli coin de Vendée qu'est la forêt de Mervent, dans laquelle se trouve le château décrit par M. Parenteau en termes si pittoresques; il y aurait un intérêt artistique de premier ordre à ne pas laisser continuer la démolition de ces ruines qui attirent clans la contrée un grand nombre de touristes.

M, Guillet, le propriétaire, dit bien qu'il ne les jettera pas à bas; cependant, à juger de l'avenir par le passé, nos craintes sont justifiées car il a déjà commencé à démolir. Il y a donc lieu de nous mettre le plus rapidement possible en mesure de sauver ce qui en subsiste encore. Un seul moyen nous reste à défaut d'entente avec, le propriétaire, c'est l'expropriation. Je demande donc que le Conseil général, adoptant les conclusions de la Commission, charge M. le Préfet d'engager la procédure et je ne doute pas qu'en raison de l'intérêt artistique qui s'attache à cette construction, le département n'obtienne de la direction des Beaux-Arts et aussi du Touring-Club les subventions nécessaires pour l'aider à faire face à la dépense.

 

 

 

L'ancienne famille de Lusignan : recherches historiques sur le moyen âge en Poitou (2e éd.) / par Charles Farcinet,...

Rapports et délibérations / Vendée, Conseil général

  Revue anglo-française : destinée à recueillir toutes les données historiques et autres, se rattachant aux points de contact entre la France, l'Aquitaine et la Normandie, la Grande-Bretagne et l'Irlande / rédigée par une société de savans et de littérateurs, et publiée... sous la direction de M. de La Fontenelle de Vaudoré,...

 http://www.mervent.fr/decouvrir-mervent/historique/

 

 

 


 

La forêt de Mélusine, Le massif forestier de Mervent-Vouvant
La forêt de Mervent- Vouvant est la plus grande de Vendée. Elle est composée de hêtres, de châtaigniers et est traversée par deux rivières : la Mère et la Vendée Pour certains, Mervent serait l'abréviation des cours d'eau qui l'entourent : la Mère et le Vent.....

 

Mervent, Vouvant Jean de Dunois (Les Compagnons d'Armes de Jeanne d'Arc ) et château des Lusignan -

Jean de Dunois () avait fait de Mervent sa résidence ordinaire lors de ses séjours dans la région. Il avait fortifié et embelli le château en y renforçant les défenses de la Grosse Tour et en y élevant une chapelle, construite sur le modèle de la Sainte-Chapelle de son château de Châteaudun (Eure-et-Loir).....

 

TIME TRAVEL 1214 la prise du Château de Mervent et Vouvant de Geoffroy la Grand Dent par John Lackland (JEAN-SANS-TERRE)
Un fait bien remarquable de l'histoire du XIIIe siècle est la résignation avec laquelle la Normandie , une fois conquise par Philippe-Auguste après la résistance la plus opiniâtre , accepta sa réunion à la couronne de France , pendant que , plus loin de l'Angleterre, le Poitou, qui avait, presque sans coup férir, ouvert au roi vainqueur les portes de ses villes et de ses châteaux, resta pendant trente-huit années le théâtre de soulèvements continuels en faveur du fils et du petit-fils d'Eléonore d'Aquitaine.....

 

Les Compagnons d'Armes de Jeanne d'Arc : Jean, Bâtard d'Orléans
Jean de Dunois Bâtard d'Orléans, comte de Dunois et de Longueville, était le fils de Louis d'Orléans (frère de Charles VI) et de sa maitresse Mariette d'Enghien. Compagnon de Jeanne d'Arc, il contribue à la victoire de Patay en 1429, réduit Chartres en 1432 et prend Paris en 1436.......




(1)   Mémoire de Gruel.

(2)   Dans les mémoires de Gruel, un trouve la mention de plus vingt voyages ou séjours qu’Artus de Richemont fit à Parthenay.

(3)   Sous François Ier.

(4)   Les héritiers de la maison de Parthenay avaient, à diverses reprises, renouvelé leurs prétentions primitives, et ce fut pour les faire cesser que le roi Henri II acquit les droits de Louise de Clermont, comtesse de Tancarville, et eu fit cession à la maison de Longueville, toujours à la charge de réversion, à défaut d’hoirs mâles.

 

10 octobre 2019

Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe de Bourgogne

Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe de Bourgogne

Chartres, comme beaucoup de villes de la Normandie, de la Picardie, de l'Ile-de-France, possède encore bon nombre de maisons de bois, dont les portiques sculptés, les étages en encorbellement, les poutres en saillies, les colombages losanges, curieux spécimens de l'architecture civile aux quinzième et seizième siècles, plaisent à l'observateur et intéressent l'archéologue. Mais, entre toutes ces constructions, se fait remarquer un petit monument de l'art gothique, une cage d'escalier en hélice, formée de colonnettes et de spirales assez élégamment sculptées, désignée vulgairement sous 1 ; nom d'Escalier de la reine Berthe, bien que, jusqu'à ce jour, aucune pièce authentique ne vienne à l'appui de cette dénomination.

Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe de Bourgogne (3)

Presque tous les historiens du pays chartrain racontent qu'Eudes ou Odon, qui succéda, en 974, à Thibault-le-Tricheur, son père, dans les comtés de Chartres, Blois et Tours, avait épousé, en secondes noces selon les uns, en troisièmes selon les autres, Berthe, fille de Conrad Ier, roi d'Arles, nièce du roi Lothaire et petite-fille du roi Louis d'Outremer ; qu’Eudes étant mort vers 994, la comtesse épousa, en 995, Robert de France, fils de Hugues Capet, et que ce mariage fut déclaré nul par le pape Grégoire V, attendu que les conjoints étaient parents, et que Robert avait tenu sur les fonts de baptême un enfant de Berthe. (1)

Saint Louis, Chartres rue des Ecuyers

Nous voulons bien croire qu'après la répudiation de la reine, celle-ci, en sa qualité de douairière, continua de jouir du comté de Chartres et vint habiter le château que Thibault-le-Tricheur, l'ancien geôlier de Louis d'Outremer, avait fait construire sur le point le plus élevé de la colline.

 

Nous voulons bien croire qu'on ne pouvait aborder à cet antique palais ayant « son assiete dans la ville, et au milieu d'icelle, sur  le heurt et bord de la montaigne 2 » que par une grande porte et un pont-levis du côté de la rue des Changes, et par une poterne d'où partait un escalier serpentant qui facilitait la descente hors la ville et communiquait aux écuries du comte, « qui étaient au bas du rempart, où se trouve aujourd'hui la rue qui, pour cette raison, s'appelle rue des Ecuyers (3). »

Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe de Bourgogne (2)

 

Le petit monument qui nous occupe ici se trouve, en effet, dans la cour d'une maison ouvrant sur la rue des Ècuyers et adossée aux murs de l'ancien château. Mais cet escalier dont les sculptures, parmi lesquelles on remarque une salamandre, rappellent le style du commencement du seizième siècle, ne remonte point à l'époque où vivait ladite reine.

Il est plus probable qu'il a remplacé une construction de même sorte, communiquant avec les bas jardins du château, ou qu'il a été apporté là, de quelque domaine royal, pour servir tout simplement de cage d'escalier à une construction peu en rapport avec lui, et qui cache à peu près la moitié de son contour extérieur.

 Revenons donc au but principal de cet article.

Cet escalier à hélice, souvent reproduit par la peinture, la gravure, la lithographie, est construit en encorbellement et divisé en quatre tournants, dont les poutres rampantes sont ornées de zigzags, de cœurs de lys et de fleurs de lys, semblables aux anciennes armoiries de la ville d'Orléans. (Ce qui nous fait émettre l'opinion que cet escalier pouvait provenir d'un domaine royal.)

Ces poutres sont reliées entre elles par des montants en spirale, terminés, en bas, par des culs-de-lampe à figures grotesques; en haut, par un socle soutenant une statue. Ces statues ainsi disposées au sommet du dernier tournant, sont au nombre de neuf.

On distingue entre autres:–Un homme à longue barbe, vêtu d'une robe et d'un manteau, tenant une clef d'une main, et de l'autre un étau qu'il presse contre sa poitrine. Un autre à peu près semblable, tenant une épée au lieu d'une clef. Ne serait-ce pas saint Pierre et saint Paul ou saint Barthélemy? Un homme vêtu d'une longue tunique retenue à la ceinture par un cordon auquel est attachée une aumônière ; il est coiffé d'un bonnet pointu orné de deux cornes ou longues oreilles.- Ces statues paraissent supporter les bois cannelés qui composent l'entablement circulaire de l'escalier.

Il est vrai que les espaces compris entre les montants, remplis par des baies en ogives quittaient jadis à claire-voie, sont noyés aujourd'hui dans la maçonnerie.

Mais il existe encore sous l'escalier une porte dont les montants, moulés en cannelés, ont, au sommet, un génie tenant une légende déroulée et pendante sur les poteaux, dont le chambranle, décoré de deux génies soutenant un écusson aux armes de France et une couronne royale, est sur- monté de quatre statues, dont trois paraissent, à cause de leurs emblèmes, représenter les vertus théologales.

Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe de Bourgogne (4)

Henri III Plantagenêt (roi d'Angleterre)

On en était à regretter les altérations que le temps et la main des hommes avaient infligées aux sculptures de ce petit monument, quand, il y a quelques jours, au milieu de travaux d'appropriation que le nouveau propriétaire de cette maison y faisait exécuter, un coup de marteau a fait sauter une couche de plâtre couvrant un lattis sous lequel se trouvaient quinze panneaux en bois, sculptés el très-bien conservés, décorant le contour intérieur de l'escalier jusqu'à la hauteur du premier étage.

Ces panneaux, hauts de 95 centimètres sur 20 de large, sont décorés de rinceaux, d'ornements et de figures. L'un d'eux représente vin homme armé d'une lance de la main droite, et cherchant à arracher une flèche qui lui traverse la jambe gauche.- Un autre, un serpent disputé par deux oiseaux. Un autre, et toujours accompagné de rinceaux, deux femmes nues.

Saint Louis Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe (2)

Saint Louis Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe

Un autre, celui qui paraît le mieux conservé, un homme coiffé d'un chapeau à bords retroussés, velu d'une espèce de robe courte, chaussé de bottes, tient à la main un martinet dont les lanières se mêlent aux zig-zags que décrivent les branches d'un arbre sans feuilles garnissant le fond de ce panneau. Sur le socle d'un de ces panneaux, on retrouve encore la salamandre.

Saint Louis Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe (1)

La porte citée plus haut est également sculptée à l'intérieur; seulement les génies tenant les légendes sont remplacés, au sommet intérieur, par des écus 5 sur l'un sont représentées trois tours en gerbes, posées deux, un, et sur l'autre, deux épées en sautoir, accompagnées de croissants, eu tète, en pointe, à dextre et à senestre.

On ignore depuis quand et pourquoi ces panneaux, entrecoupés de colonnes également sculptées, ont été cachés sous ce lattis, auquel, du reste, nous devons leur conservation. Espérons que les études qui seront faites à propos de ces panneaux jetteront quelque jour sur l'histoire de cet antique escalier, ou sur la construction qui, précédemment, se trouvait en cet endroit.

 

 l'escalier est accolé à une maison qui faisait office de l’hôtel des consuls (tribunal de commerce) de 1560 à 1792.

Adresse : Ecuyers (rue des) 35
Informations : Escalier (cad. AI 378) : classement par liste de 1889

Saint Louis Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe (4)

Saint Louis - Chartres - À l'angle de la rue aux Cois, une maison à pans de bois forme proue.

  Chartres, Rue Des Ecuyers – l’escalier de la Reine Berthe de Bourgogne 5

 


 

1  Souchet, Doyen, Chevard, de l'Epinois.

2 Rouillard. Parthènie, p 206.

3 Chevard, Histoire de Chartres, t. 1er,