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10 avril 2021

1224 trêve de Montreuil Bellay d’ Aimery VII vicomte de Thouars, accordée à Louis VIII le Lion, roi des Français

1224 trêve de Montreuil Bellay d’ Aimery VII vicomte de Thouars, accordée à Louis VIII le Lion, roi des Français

Aimery VII vicomte de Thouars, né vers 1152. Il est le fils aîné de Geoffroy IV et de Denise de Lusignan, fille d'Hugues VII le Brun et de Sarrazine de Lezay. . Il fut sénéchal de l'Anjou, puis sénéchal du Poitou.

Il est fait mention de ce vicomte dans l’origine des Poitevins (chap32), et dans le cartulaire de Saint Laon de Thouars.

Il est le 18e vicomte de Thouars, de 1173 à 1226.

Si nous feuilletons l’histoire de nos pays, nous voyons qu’en 1182, le vicomte de Thouars Aimery VII, prit parti pour Richard Cœur de Lion, alors que l’aristocratie poitevine défendait Henri au court-mantel ( Imbert, Histoire de Thouars p.79)

 

En 1200, Aimery VII, vicomte de Thouars, fit hommage lige de sa vicomté au roi Jean d’Angleterre, Raoul III de Mauléon et son frère Guillaume signèrent, comme témoins, la charte.

Le Poitou et l’Aquitaine, domaine d’Aliénor, la Normandie, le Maine et l’Anjou, domaine d’Henri II Plantagenêt, appartenaient alors à la couronne d’Angleterre

 En 1206, Aimeri, aidé du régent de Bretagne, soutint une guerre contre Philippe Auguste.

 Ce dernier ravagea les terres du vicomte, mais n’osa attaquer Thouars.

Octobre 1206, on conclut à Thouars, une trêve de deux ans. (voyez Guillaume le Breton, hist. De Philippe Auguste, page 86 et 87)

Après Thouars, les villes de Parthenay et d'Airvault tombèrent au pouvoir de Philippe-Auguste.

Fatigué de brûler les bourgs et les châteaux et de saccager les récoltes, le vainqueur rentra â Paris, en laissant le Poitou sous la garde, de Guillaume des Roches.

 

En 1207

Dès l'année suivante, le vicomte de Thouars on compagnie de Savary de Mauléon, reprit l'offensive, pillant et dévastant presque sous les yeux des lieutenants du roi

Adam II vicomte de Melun (1) fut envoyé, dans le Poitou par Philippe Auguste contre Aimery et contre Savary de Mauléon, alliés de Jean sans Terre.

Un jour que les deux alliés rentraient à Thouars chargés de butin, ils furent rencontrés par Guillaume des Roches et Clément de Metz. Le maréchal Henri-Clément de Metz gagna la bataille sur Aimeri, prit Hugues de Thouars, Henri de Lusignan, son neveu, et plusieurs autres seigneurs qui furent envoyés sous bonne garde à Paris.

Le roi de France les fit remettre en liberté.

(Retrouvez le roi de France Philippe-Auguste du haut des remparts de la forteresse de Parthenay en 1207)

En 1214, Jean sans Terre débarque à nouveau à La Rochelle, Aimery VII et son frère Hugues le rejoignent avec Savary de Mauléon.

 Le Prince Louis (fils de Philippe Auguste) les met en déroute lors de la bataille de La Roche aux Moines et la région de Thouars est dévastée par l'armée royale Française.

 

 

Aimery n'obtient un accord avec le Roi Philippe Auguste que par l'entremise de son frère Guy de Thouars, l'ancien régent de Bretagne.

Pourtant, en 1216, il se range aux côtés du Roi Henri III d'Angleterre (le fils de Jean sans Terre).

En avril 1220, Aimery, vicomte de Thouars, signa une trêve avec Philippe-Auguste en personne.

Après la mort de celui-ci à Mantes le 14 juillet 1223 (à l'âge de 58 ans), Louis IX, trop jeune, c’est Blanche (2) sa mère qui devient régente du royaume.

Le prestige et la puissance du vicomte de Thouars grandirent encore.

En septembre 1223, la trêve de 1220, se prolongea jusqu'aux octaves de Pâques de l'année suivante, arrêtant encore les conditions de ce traité avec le roi de France en personne.

 

Lorsqu'après l'expiration des trêves avec l'Angleterre, la guerre reprend et le roi Louis VIII (3) marcha contre le Poitou pour en opérer définitivement la conquête en 1224.

Louis VIII le Lion assemble son armée à Tours le 24 juin 1224, se dirige vers Saumur, afin d'envahir la Vicomté de Thouars.

Aimeri, averti de son dessein, appelle autour de lui tous ses vassaux, et vole au-devant du roi de France, qui se trouvait alors à Montreuil Bellay. (4)

Il parait que Louis n’avait qu’un camp volant, puisque l’armée du vicomte de Thouars se trouva plus nombreuse que la sienne.

Le roi aima mieux négocier que de combattre ; il fit une trêve d’un an avec le vicomte.

 

Aimery parlant de ses vassaux en véritable souverain, stipule que le roi de France sera obligé de leur payer chaque année des sommes assez importantes, jusqu'à ce qu'on leur ait rendu les terres perdues par eux au moment où le vicomte quittait le service de Philippe-Auguste.

A ce titre Geffroy d'Argenton-Château devait toucher 140 livres et Geoffroy Bouchart 100 livres.

Le vicomte s'engage à observer cette trêve, « à moins que pendant ce temps-là le roi d'Angleterre ne le puisse libérer de quelque manière envers le roi des Français et ne le, délivre de cet engagement.

 

 

Acte d’Aimeri, vicomte de Thouars, au sujet de la trêve par lui accordée à Louis, roi des Français, en 1224.

« Vous saurez que j'ai accordé au seigneur Louis, roi de France, et à son successeur, en cas qu'il vînt à mourir, et à ses domaines et fiefs, une trêve ferme et stable, de même espèce que celle que j'ai conclue autrefois avec Philippe, d'heureuse mémoire, roi de France, depuis la fête de la naissance de saint Jean-Baptiste, l'an du Seigneur 1224, jusqu'à l'accomplissement de la présente année ; elle est établie en cette forme :

« 1. Quinze jours après le terme fixé, je serai son homme lige contre tout homme et toute femme que ce puisse être. Je tiendrai entièrement de lui mes terres et mes fiefs, comme je les tenais, du roi d'Angleterre en deçà de la mer, et mes vassaux tiendront aussi de lui les fiefs et les revenus qu'ils tenaient du roi d'Angleterre.

« 2. Ledit seigneur roi paiera chaque année à Geoffroy d'Argençon cent quarante livres de Tours, cent livres de Tours à Geoffroy Bouchard, et cent soixante livres de Tours à mes autres vassaux, jusqu'à ce qu'il leur ait rendu leurs terres, qu'ils ont perdues quand j'ai quitté le service du seigneur Philippe, roi des Francs. Mes vassaux feront hommage au seigneur Louis, roi des Français, comme ils l'ont fait au roi d'Angleterre.

« 3. J'observerai, et mes vassaux aussi, ces conventions envers le seigneur roi, et le seigneur roi les observera aussi envers moi et mes vassaux, à moins que pendant ce temps le roi d'Angleterre ne me puisse libérer de quelque manière envers le roi des Français, et ne me fasse rendre l'acte de mon engagement, alors je serais tenu de rendre au seigneur roi l'acte qu'il m'a passé en cette occasion.

« 4. Pour caution de l'exécution fidèle de ces conventions, j'ai donné de mon côté, Hugues de Thouars, mon frère, Gui et Aimeri, mes fils, Geoffroy d'Argençon, mon neveu ; le seigneur Guillaume l’archevêque de Parthenay ; Thibaut de Beaumont, seigneur de Berthier ; Briant de Montaigu, Geoffroy Bouchard, Guillaume, fils d'Auffroy ; le seigneur Pierre, évêque de Sainte-Hermine, Renaud de Maulevrier, Rogon de Montrevel, P. Brûle, Jean de Cambrai, Simon de Chausse-Rouge, mon neveu, Geoffroy, prévôt de Thouars, Aimeri de Lusignan, Thibaut Léger, Renaud de Beurie et Thibaut de Montfaucon ; en sorte que si je m'écartais des dites conventions, ils se rendraient eux-mêmes dans la prison du seigneur roi de France à Saumur ou à Chinon, jusqu'à ce que l'infraction fût amendée, comme il est contenu dans la présente lettre.

« 5. Pendant ladite trêve, les marchands et tous les autres habitants de la terre du seigneur roi des Français pourront aller et venir en sûreté et sans danger dans mon territoire et mes fiefs, et y acheter des vivres et autres choses nécessaires ; et pendant ladite trêve mes vassaux ne marcheront pas contre ledit roi des Français.

« 6. Moi et mes vassaux, dont les noms sont rapportés dans la présente lettre, nous jurons notre foi d'observer fidèlement ces conventions, et pour les confirmer validement, je les munis de mon seing, et mes vassaux ont de même donné audit roi des Français, en confirmation, leurs lettres patentes revêtues de leur sceau.

« 7. Quant à l'hommage que je dois, et aux autres conventions à observer, moi et mes cautions y sommes engagés envers le successeur dudit roi, au cas que le seigneur roi vienne à mourir.

Fait à Thouars l’an du Seigneur 1224, dans le mois de juin. »

 

Pendant la trêve, les marchands et tous les autres habitants de la terre du seigneur roi des Français peuvent aller et venir en sûreté dans le territoire et les fiefs du vicomte.

Le seigneur de Bressuire, en exécution des conventions de paix arrêtées au mois de juin, à Montreuil-Bellay, entre le monarque français et Aimeri, vicomte de Thouars, se soumit au nouveau souverain avec tous les autres barons de la contrée.

Thibaud se rendit même garant de la fidélité du vicomte, en compagnie de Geoffroy d'Argenton, Simon de Chausseraye, Renaud de Maulevrier, Briand de Montaigu, etc., lesquels s'engageaient tous à aller se constituer prisonniers à Saumur ou Chinon, si le vicomte violait le traité.

 

Au mois de Juillet, Aimery fonde un anniversaire dans l’église de saint Hilaire le Grand de Poitiers, dont le chapitre « liberaliter concessit participationem omnium bonorum et orationum quae fiunt in ecclesia sua »

D’après le P.Anselme, Aimery rendit hommage, à Paris, au roi Louis VIII, le 21 juillet 1225, en présence de Romain cardinal de St-Ange, légat, et des ambassadeurs du roi d’Angleterre.

Mort en 1226 enterré dans l'Abbaye de Chambon à Mauzé-Thouarsais

 

Il épousa en premières noces avant 1179 Agnès de Laval (fille du Baron Guy IV de Laval et d'Agathe) avec qui il eut trois filles :

    Adèle (épouse de Renaud du Puy du Fou),

    Alix (épouse de Thibault III de Beaumont, Seigneur de Bressuire),

    Aumur (épouse de Bernard Vicomte de Brosse).

 

En secondes noces il épousa Marie dont il eut quatre fils :

    Geoffroy (v. 1183-1245) époux de Marguerite du Tonnay, puis trésorier de Saint-Hilaire de Poitiers,

    Guy Ier (v. 1183-1242), vicomte de Thouars,

    Aimery VIII (1187-1246), vicomte de Thouars,

    Guillaume de Thouars (?-1245), seigneur du Lion d'Angers et de Candé il épousa en 1237 Isabeau de Châteaubriant dite de La Guerche, fille de Guillaume de Châteaubriant de La Guerche et d'Hersende de Sillé)

 

 

 

5 septembre 1104 : Le château de Thouars est incendié par les comtes d’Anjou <==.... ....==> ESSAIS HISTORIQUES SUR LE TALMONDAIS, Les vicomtes de Thouars

 ==> Juillet- Aout 1224 - Prise de Niort, Saint Jean-d’Angely et La Rochelle (Louis VIII – Savary de Mauléon)

 

 

 


 

SAVARY DE MAULÉON, LE POITOU A SON ÉPOQUE et Maintenant

C'est â la fin du Xe siècle que la famille féodale des Mauléon fait sa première apparition dans les documents historiques. La petite ville de Mauléon, appelée si mal à propos Châtillon-sur-Sèvre en 1736, d'où elle tirait son origine et son nom, possède encore quelques ruines du château de ses vieux seigneurs, situé sur un mamelon escarpé en forme de promontoire, dont le pied plonge dans la rivière de L'Oing (1).

 

(1)   En 1163, le pape Alexandre III avait été reçu par Louis VII à Melun où naquit son fils le 21 août 1165, Philippe-Auguste.

 Louis VII avait laissé Melun en douaire à sa mère, Alix de Champagne, qui fonda, en 1194, l'abbaye du Jard. Il y avait au Jard un château royal qu'elle habitait alternativement avec celui de Melun.

On sait qu'elle fut régente pendant la minorité de Philippe-Auguste qui créa les milices communales pour les adjoindre à sa noble cavalerie de chevaliers bannerets. C'est ce roi qui fit achever, par les religieux de Saint-Père, l'enceinte de Saint-Aspais commencée sous Louis-le-Gros.

Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ramenés d'Orient, à la suite de la première croisade par Philippe I er et installés dans la maison de Guillaume Lefèbvre, reçurent de Philippe-Auguste les terrains sur lesquels ils élevèrent leur commanderie, rue de la Pêcherie. Par contre, le roi avait expulsé les Juifs de Melun.

Le vicomte de Melun d'alors était Adam II, un homme de guerre qui, en 1207, dans la guerre de Normandie. Il se distingua à Bouvines aux côtés du roi (1214) et alla guerroyer contre les Albigeois avec le dauphin Louis qu'il suivit l'année suivante en Angleterre. A Calais, il rédigea son testament où il stipulait divers dons aux églises ou chapelles de Melun, de Saint-Sauveur, de Champeaux, de Blandy, de Châtillon, de Seine-Port et du Jard. Ce testament, daté de 1216, est: à la mairie de Blandy.

Adam II mort la même année à Londres, s'est fait inhumer clans la chapelle du Jard où son fils Guillaume II se fera aussi inhumer en 1223.

Le successeur, Adam III, prit part à la croisade de 1248 avec Saint-Louis dont la mère Blanche de Castille, comtesse douairière de Melun, fonda l'abbaye du Lys à Dammarie-les-Lys, près de Melun.

Louis IX, qui contribua à doter ce monastère par une charte portant la date de 1248, aimait à séjourner à Melun. C'est à Melun qu'il reçut la soumission de Jean Ier le Roux duc de Bretagne qui avait épousé Blanche de Navarre fille de Thibaut IV, comte de Champagne.

 

(2)   Blanche de Castille (née le 4 mars 1188 à Palencia, en Castille ; morte le 27 novembre 1252 à Melun) est reine de France par son mariage avec Louis VIII.

 

Fille du roi Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre (elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et du roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt), elle épouse le 23 mai 1200 le prince Louis de France, fils et héritier du roi Philippe Auguste.

Elle est la mère de Saint Louis, à qui elle donne une éducation très pieuse, et exerce la régence entre la mort de son mari, Louis VIII, et la majorité de son fils.

 

 (3)    Louis VIII dit « le Lion », né le 5 septembre 1187 à Paris et mort le 8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), est roi de France de 1223 à 1226

14 juillet : Son grand-père, le roi Philippe Auguste, 58 ans et 43 ans de règne, meurt à Mantes d'une longue maladie.

Louis, devient roi sous le nom de Louis VIII le Lion.

 

(4)  En 1208, la famille Berlay était très proche de la couronne de France.

Le roi Philippe Auguste décida de tenir sa cour au château de Montreuil-Bellay,  puis le roi Louis VIII fit de même en 1224.


09 avril 2021

1230 Libération de Geoffroy la Grand'Dent et Aimery de Lusignan, faits prisonniers par Pierre de Dreux, Comte de Bretagne

1230 Libération de Geoffroy la Grand'Dent et Aimery de Lusignan, faits prisonniers par Pierre de Dreux, Comte de Bretagne agissant pour Henri III, roi d'Angleterre

En recherchant les documents historiques qui peuvent s'appliquer à Geoffroy la Grand'Dent, nous en avons trouvé plusieurs qui méritent d'être signalés

On voit dans Rymer (Faedera T. 1, p. 313) qu'en 1230, Henri III, roi d'Angleterre, libéra de prison un Geoffroy et un Aimery de Lusignan, tous deux (faits prisonniers par le Comte de Bretagne, agissant pour Henri III) sur la promesse de Geoffroy de livrer ses châteaux de Vouvent et Mervent.

Il ne peut s'agir ici que de Geoffroy la Grand'Dent, puisque son père Geoffroy 1er était mort dès 1224 ; mais Geoffroy II n'avait pas de frère nommé Aimery, ou du moins aucun généalogiste ne l'a signalé.

On lit d'autre part dans l'Histoire ecclésiastique de Jérémie Collier (T. 2, p. 158), qu'un Geoffroy de Lusignan (sire de Jarnac) et un Aymar (ou Athelmar, nommé Evêque de Winchester), tous deux frères, furent expulsés d'Angleterre en 1260 et malgré le Roi, par une décision des Barons réunis en Parlement, qui imposaient alors leurs volontés mais ces deux frères étaient fils de Hugues X, Comte de la Marche, et demi-frères d'Henri III d'Angleterre par leur mère Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean-sans-Terre, remariée Hugues X.

Ce Geoffroy de Lusignan appartenait donc à une autre branche plus jeune, et d'ailleurs il n'était pas seigneur de Vouvent.

 Il parait donc qu'il y a eu erreur sur le nom ou sur le degré de parenté du second prisonnier (Emericus) cité par Rymer, dont voici, du reste, le texte :

(1230), « Sciant pressentes et futuri, quod haec est forma per quam dominus Henricus Rex illustris, filius Regis Johannis deliberavit Galdridum de Lezyniaco, et milites suos cum eo captos a prisona videlicet.

Quod ipse Galfridus, in primis, commisit ipsi Regi castra sua Devonent  (de Vovent) et Mereventer, in tenentiam et securitatem de fideli servitio ; ita quod ipse Rex, quam diu guerra duraverit inter ipsum et Regem Franciae, tenebit castra supradicta in manu sua, ad guerrandum inde inimicos suos.

 Et cum idem Rex habuerit castra praedicta in manu sua, sicut predictum est, tunc faciet idem Galfridus eidem Regi homagium suum de jure suo..

Deliberavit Rex Emericum de Lezyniaco fratrem ipsius Galfridi, et cum eo captum ; ita  quidem quod tota terra sua, quam tenende Emerico de Toarcio, ad opus Regis incurratur ; de voluntate assensu ipsius Emerici de Toarcio, qui hoc manucepit et concessit, si contingat ipsum Emericum de Lezyniaco a fidelitate et servitio Regis aliquando recedere, et inde Cartam suam Domino régi fieri faciet….. etc. »

L'érudit archiviste Paul Marchegay, dans ses Recherches historiques sur la Vendée, a parlé d'un document analogue à celui de Rymer, mais il n'en a donné qu'une traduction incomplète.

 Il dit à ce sujet : Vouvent et Mervent étaient jadis deux noms à peu près inséparables; aujourd'hui ils appartiennent à deux cantons différents Vouvent à la Châtaigneraie, Mervent à Saint-Hilaire-des-Loges.

 

Au commencement du XIIIe siècle, ces deux formidables citadelles avaient pour seigneur un cadet de la maison de  Lusignan, Geoffroy.

Sa fille ainée, Valence «  (erreur, c’était la fille de son second fils Guillaume, P. Marchegay l'a reconnu plus tard » les apporta en 1248 dans la famille de Parthenay.-1'Archevêque, par laquelle elles ont été possédées pendant près de 200 ans.

Geoffroy de Lusignan, a l'exempte de la plupart des autres Barons, combattit alternativement sous les drapeaux du roi d'Angleterre et sous ceux du roi de France.

 

Début mai 1230, le roi d'Angleterre, Henri III Plantagenêt débarque à Saint-Malo

Dès que cette nouvelle fut connue, une profonde agitation se produisit en Poitou.

Les seigneurs se divisèrent : le comte de la Marche resta neutre ; au contraire, le vicomte de Thouars, Savari de Mauléon et beaucoup d'autres coururent au-devant du roi d'Angleterre

Début juillet, Henri III passe la Loire et traverse le Bas-Poitou, le Marais poitevin. Quant à Geoffroy la Grand’dentvicomte de Châtellerault, il prit d'abord parti pour le roi de France, mais il fut fait prisonnier, dans des conditions restées inconnues, par le comte de Bretagne, Pierre Mauclerc, qui le livra à Henri III.

Il arriva en l’Aunis  puis en Saintonge. Le 18 juillet il était à Pons (Lettres Lettres des Rois et Reines, par Champollien-Figeac, I, 36).

Mais l'expédition tourna mal.

 

Le 15 août, il convient d'une trêve de 15 jours avec Hugues de Lusignan, Comte de la Marche, qui avait été force de se soumettre à Louis IX.

Revenu à Nantes avant le 23 septembre, le roi d'Angleterre, malade, dut abandonner son armée.  Henri III ne voulut pas retourner en Angleterre sans laisser des secours, des promesses et des espérances à ses partisans.

 

Il accorda au Duc de Bretagne 400 chevaliers et 100 sergents à cheval (Rymer, I, 198).

 

 

Fait prisonnier par le monarque anglais, il n'obtint sa délivrance et celle de ses chevaliers que par la remise de ses châteaux et en donnant de bonnes garanties de sa fidélité pour l'avenir mais les victoires de Saint-Louis ne tardèrent pas à rendre inutiles les mesures et les précautions consignées dans la charte que nous traduisons ci-dessous et qui figure à Londres parmi les rôles des lettres-patentes de Henri III :

Henri, roi d'Angleterre, à tous ses fidèles sujets.

 « Sachez que nous délivrons Geoffroy de Lusignan de  notre prison sur sa promesse de nous livrer ses châteaux de Vouvent et Mervent; puis cette promesse accomplie, de nous rendre hommage et de donner des garanties suffisantes du fidèle service qu'il doit nous rendre.

Nous délivrons aussi les Chevaliers dudit Geoffroi, à la charge par eux de nous donner les mêmes garanties de leur fidèle service et nous n'exigerons d'eux tous que celles qu'ils pourront et devront raisonnablement fournir.

« Fait en présence du Roi, le 6 juin, XVe année de son règne. Cette année correspond à 1230.

 

Le recueil Royal letters of Henri III (Chronicles of Great Britain during the middle ages, London, 1862, T. p. 378) donne une lettre du 27 Juin 1230, adressée par G. de Wulward à l'Evêque de Chichester, chancelier, dans laquelle il l'informe de ce qu'a fait récemment le Roi, et parle de la libération de Geoffroy de Lusignan (6 Juin 1230) et de tous ceux qui avaient été faits prisonniers avec lui par le Comte de Bretagne (2) mais il ne cite pas Aimeri (Emericus de Lezyniaco) comme le fait Rymer.

Il écrit seulement : Tunc etiam commisit Galfridus de Leziniaco domini regi castra sua de Vevent et Mairevent in Pictavia, tenenda (quam) diu guerra duraverit….. etiam regem franciae, et sub alia quadam conditione, quam longum esset enarrare.

Et sic liberavit ipsum Galfridus dominus Rex a prisona, et milites suos, et alios cum eo captos per Comitem Britanniae, et omnes homagium domino regi fecerunt ....

 

On est donc amené à conclure de l'examen de ces divers textes que le prisonnier libéré par Henri III en 1230 ne saurait être autre que Geoffroy II la Grand'Dent, et que, de plus, s'il n'y a pas d'erreur dans le texte de Rymer, il aurait eu un frère nommé Aymar ou Aimeri dont les généalogistes n'ont pas parlé.

 

 

Le 29 septembre il écrivit de Redon à Geoffroy de Lusignan qu'il allait chercher des secours en Angleterre, mais qu'en attendant il laisse sur le continent le Comte de Chester et le Comte Mareschal qui, avec le Duc de Bretagne, ont mission de continuer la guerre, et auxquels il a enjoint de lui donner le secours dont il aura besoin de même qu'il le supplie de vouloir bien apporter son propre concours à ses lieutenants (Royal Letters of Henri III,  T.1 378).

Quelque temps avant de quitter le continent, il écrivait à Geoffroy qu'il comptait sur sa fidélité, sans se faire sans doute beaucoup d'illusions à cet égard.

En effet, l'expédition ayant échoué lamentablement, Geoffroy de Lusignan s'empressa de faire sa soumission au roi de France, mais Louis IX le punit de la déloyauté de sa conduite, en lui enlevant la vicomté de Châtellerault qu'il garda pendant trois ans, ou même plus longtemps.

Il en confia l'administration à Guillaume de Fougères, et celui-ci étant déjà chargé du Poitou et de la Touraine remit la vicomté entre les mains d'un chevalier nommé Aimeri Landrein.

 

Ceci résulte du témoignage même de ce chevalier qui s'exprime ainsi dans une enquête faite au sujet du péage du pont de Longève :

« ... dixit quod vidit dominum Gaufridum de Lezinen, vicecomitem Castri-Eraudi, et ideo quod redidit Vovant et Merevant regi Anglie... rex Francie qui nunc est, cepit in manu sua tribus annis vel amplius vicecomitatum Castri-Eraudi,... et tunc misit rex dominum Guillelmum de Fogere, qui custodivit vicecomitatum et Pictaviam et Turoniam ex parte regis, et idem Aymericus Lendeins moratus fuit serviens apud Castrum-Eraudi, ad custodiendum vicecomitatum et pertinancias ex parte domini Guillelmi de Fogere, quamdiu rex tenuit in manu sua et post reddidit eidem Gaufrido. »

 Archives Historiques du Poitou, VIII, page 122. La confirmation indirecte de ce fait se trouve dans une autre enquête, ordonnée par St-Louis en 1247.

Lorsque le roi de France eut trouvé la punition suffisante, il rendit la vicomté à Geoffroy de Lusignan.

L’insuccès de Henri III, qui regagna l’Angleterre après avoir signé une trêve de trois années, et la défection de plusieurs seigneurs, ses alliés, forcèrent Savari de Mauléon à enfin déposer définitivement les armes et à se retirer dans ses terres, où il put jouis d’une tranquillité, jusqu’au jour de sa mort survenue à Saint Michel en L'Herme, le 29 juillet 1233. Son corps fut enseveli dans le chœur de la grande église de l’abbaye, près de la mer qu’il avait tant aimée.

 

 

Nous avons dit plus haut que Paul Marchegay avait commis une erreur au sujet de Valence, l'héritière des fiefs de Vouvent et Mervent; mais il l’a rectifiée plus tard dans les documents manuscrits qu'il a laissés à la Bibliothèque Nationale (Nouv. Acq. Françaises, n° 5,040, f° 335 et suiv., Collection Marchegay)

Cette erreur a été reproduite par MM. Beauchet-Filleau dans la 1ére édition de leur Dictionnaire des familles du Poitou et par plusieurs autres.

Valence était la petite-fille et non la fille ainée de Geoffroy Ier de Lusignan, qui n'eût que deux enfants mâles, Geoffroy dit la Grand'Dent, et Guillaume dit de Valence (les deux frères qui persécutèrent les moines de Maillezais).

Valence, appelée par erreur Valérie dans Moreri et La Chenaye des Bois, était fille de Guillaume de Valence et de Marquise de Mauléon, et par conséquent nièce de Geoffroy la Grand'Dent, dont elle hérita, puisque lors de son mariage avec Hugues-l'Archevêque, sire de Parthenay, elle lui apporta Vouvent, Mervent, Mouchamp et Soubise.

Marquise, sa mère était fille du célèbre Savary de Mauléon et de Belle-Assez, de Pareds.

 

 

Un accord pour l'exécution du testament de Geoffroy II fut conclu en Juin 1250 (Coll. Dupuy, Manuscr. Bibl. Nat.) entre-Valence et son mari, d'une part, et les exécuteurs testamentaires G. Fort et Fouque Petit, d'autre part, et la date de cet accord indique bien qu'il s'agit de Geoffroy II la Grand'Dent, décédé en 1248, et non de Geoffroy Ier décédé avant 1224.

Parmi les documents qui prouvent que Valence était bien la nièce et non la fille de Geoffroy II, on peut citer un acte du 6 Juin 1242, imprimé dans les Layettes du Trésor des Chartes, T.II, p 473, où l'on trouve cette indication que Geoffroy n'était que le détenteur, à titre de bail sans doute, et non le possesseur réel de la seigneurie de Soubise, laquelle appartenait à sa nièce (villam de Soubise est neptis meae).

 

 

–Un autre intéressant document, c'est le testament de de Geoffroy la Grand'Dent

 Benjamin Fillon et plusieurs autres auteurs ont répété, après le Père Anselme et Moréri, que Geoffroy était mort sans enfants. C'est une erreur, car nous verrons plus loin, par un extrait de son testament, qu'il eût une seconde femme, nommée Aude, dont il réserva la dot, et trois enfants (Arpin, Aaliz et Borgoigne), à qui il fit des legs; mais ce fut Valence, sa nièce, fille de son frère Guillaume, qui hérita des châteaux de Vouvent et Mervent, qu'elle apporta par mariage à Hugues II l'Archevêque, sire de Parthenay, après la mort de Geoffroy la Grand'Dent en 1248.

Nous avons dit qu'ils furent charges tous deux du règlement de la succession avec les exécuteurs testamentaires (acte de 1250).

Le Père Anselme indique bien Humberge de Limoges comme une seconde femme de Geoffroy Ier ; mais il n'en donne aucune à Geoffroy II.

Moréri dit à tort que Clémence de Châtellerault, décédée en 1239, fut une seconde femme de Geoffroy Ier (3).

 Un document de Mai 1224, conservé aux Archives Nationales (Cartulaire de Saint-Louis), établit péremptoirement que Geoffroy II (la Grand'Dent) eut d'abord pour femme Clémence, Vicomtesse de Châtellerault, qu'il épousa en cette même année 1224.

Ce document que nous croyons devoir reproduire ci-après, parce qu'il redresse de nombreuses erreurs, est un aveu de Geoffroy (II) de Lusignan, seigneur de Vouvant, au roi de France (Louis VIII).

Il reconnaît que le Roi l'a reçu en foi et hommage-lige de la vicomté de Châtellerault, à lui advenue à cause de sa femme Clémence, fille de Hugues, jadis vicomte de Châtellerault.

Il lui fait aussi hommage des autres terres que son père (Geoffroy Ier) tenait du Roi Philippe (Auguste).

Il déclare que, lorsque le Roi est en Poitou, lui, Vicomte de Châtellerault, est obligé de consigner entre ses mains le château de Vouvent pour y mettre la garnison du Roi, et qu'il lui doit être rendu quand le Roi sort de la province ; ce qu'il accorde, du consentement du Comte de la Marche, seigneur dominant dudit Vouvent.

De plus, il a quitté (donné) au roi tout ce que sa femme avait droit de prétendre dans le comté d'Alençon, et il en fera passer acte par sa femme :

« Ego, Gaufridus de Lizegnam (4) notum facio universis tam presentibus quam futuris quod karissimus dominus meus Ludovicus, Rex Francie illustris, salvo rachato suo, recepiet me in hominem de vicecomitatu Castri Eraudi qui provenit michi ex parte Clementie uxoris mee (5), filie Hugonis quondam vicecomitis Castri Eraudi, quando meam ad dominum regem adducam uxorem predictam.

Quam si contigerit sine herede decedere, vicecomitatus ille redibit ad heredes proximioes, salvo rachato domini Régis.

Et sciendam quod nec ego nec alius poterit facere novam fortericiam apud Castrum Eraudi nisi de voluntate domini Regis.

Et de hoc vicecomitatu teneor, ego et heredes mei de uxore mea predicta, facere domino Regi et heredibus suis hommagium ligium contra omnes homines.

Et feci eidem domino Regi hominagium de alia terra quam pater meus (6) tenuit de bone memorie rege Philippo (7) genitore suo, quamdiu fuit in ejus servitio, et similiter tenentur heredes mei facere hominagium de eadem terrâ ,domino Regi et heredibus suis.

Quotiens autem et quando dominus Rex erit in partibus Pictavie, teneor tradere castrum meum de Vovent regi vel mandato suo, ad ponendum in eo garnisionem suam quamdiu erit in partibus Pictavie, et, in recessu suo rehabebo castrum meum de Vovent.

 Et sciendum quod convencionem quam feci de castro de Vovent, sicut dictum est, feci de  voluntate et precepto domini mei comitis Marchie de quo teneo castrum Voventi.

Quitavi etiam domino Regi et heredibus suis in perpetuum quicquid juris clamare et habere possum, ex parte dicte uxoris mee in toto eo quod tenet dominus Rex de toto comitatu Alenconis, et hanc quitacionem fieri faciam a dicta uxore mea.

 In cujus rei memoriam et testimonium presentem paginam sigilli mei appositione confirmo.

Actum anno Domini millesimo ducentesimo vicesimo quarto, mense « Mayo ». (Mai 1224), CARTULAIRE DE SAINT-LOUIS. Archives Nationales,J.J,  31, f°74  au verso) (8).

Cet aveu fut le résultat d'un accord préalable conclu à Bourges entre Louis VIII et Geoffroy de Lusignan.

Le Roi posa les conditions de l'accord dont l'aveu de Geoffroy n'est que la copie presque littérale. L'acte vraiment original est donc la charte de Louis VIII qui se trouve dans Martene (Veter. script, ampl. Collectio, T. I, p. 1186). Il n'en a été fait mention par aucun des historiens qui ont parlé de Geoffroy de Lusignan (dit la Grand'Dent), sire de Vouvent et Mervent, Vicomte de Châtellerault en 1224.

Le testament intégral de Geoffroy la Grand’ Dent ne nous est pas parvenu. Nous n'en avons qu'un extrait et une analyse donnes par Jean Besly, l'historien poitevin, conserves dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale.

Geoffroy y désigne certaines terres comme devant fournir pendant un nombre d'années déterminé, de quoi faire des aumônes et payer ses dettes, une fois qu'on aura payé la dot de sa femme et les legs à ses enfants.

Voici, du reste, l'extrait de Besly, avec la traduction en regard :

janvier 1247.

Item volo et praecipio quod de terra mea de Subizia, cum omnibus fructibus et pertinentiis, usque ad duos annos continuos et completos, de consensu et voluntate Hugonis Archiepiscopi domini Partiniaci, qui de hoc tenendo spontaneus fidem dedit, et de Mairevento et Volvento et Muncantorio cum omnibus pertinentiis, redditibus, proventibus et aliis rebus quas ibi habere debeo, usque ad quatuor annos fiant elemosina meaa et emendae et debita mea persolventur ; salva tamen dote Audae, uxoris meae, quae est C. marcarum annui redditus sicut in carta sua, sibi data et tradita, continetur.

Item, je veux et ordonne que de ma terre de Soubise. avec tous ses revenus et dépendances, pendant deux années continues et complètes, du consentement et de la volonté de Hugues L'Archevêque, seigneur de Parthenay, qui a promis sous la foi du serment et de sa libre volonté de donner son consentement et aussi de mes terres de Mervent, Vouvant et Montcontour, avec toutes leurs appartenances et revenus et des autres choses que je dois y avoir, pendant quatre ans, soient faites mes aumônes et amendes, et que mes dettes soient payées réserve faite de la dot de Aude, ma femme, qui est de cent marcs  (d'argent), de revenu annuel, comme il est contenu dans la charte à elle donnée et livrée.

Item lego C. libras Arpino, filio méo ; et similiter C. libras aaliz, filiae maee ; et similiter Borgoigne C. libr. In pecunia numerata.

Eligit sepultutam in ecclesia B. Mariae de Volvento, coram altare Capellaniae et instituit ibi unam capellaniam cum quodam Presbitero.

Item, je lègue cent livres (9) à Arpin, mon fils, et aussi cent livres à Aaliz, ma fille et aussi cent livres à ma fille Borgoigne, en argent comptant (10).

 

 Il a fixé le lieu de sa sépulture dans l’église Notre-dame de Vouvant devant l’autel de la Chapellenie ; et il y a institué une chapellenie desservie par un prêtre.

Item, il est fait mention de chapelle à Chevefaye, Faymoreau, Puy de Serre, Saint Michel le Cloucq, Pissot, Antigné, Saint Maurice des Noues, la Châtaigneraie, Saint Pierre du Chemin, Monde-Noble.

 

Les deux derniers paragraphes sont une analyse de Jen Besly qui a dû voir le testament.

(Bibl. Nat. Manuscr. Nouv acq. Françaises, n° 5,040, folio 337, collection Marchegay (Poitou). Et Manuscr. Dupuy, T.499, f° 54.

 

 

En résumé,

Geoffroy la Grand’Dent,  né vers 1198 et décédé en 1248, était fils d'Eustache Chabot (surnommée Mélusine), et de Geoffroy Ier de Lusignan (2° fils de Hugues VIII) (11).

Il n'est pas allé aux Croisades comme son père, qui s'y était particulièrement distingué mais il a bénéficié de la célébrité de celui-ci, et tous deux ont été confondus dans l'histoire et dans les romans qui racontent leurs prouesses, ainsi que dans les images qui représentent Geoffroy de Lusignan avec une grande dent, un casque à plumes et un brillant costume de guerre.

Geoffroy fils a sans doute pris part, en Poitou, aux luttes qu'eut à soutenir son cousin Hugues X de Lusignan, comte de la Marche (Vouvent était un fief de ce comté), et il fut même fait prisonnier d'Henri III d'Angleterre mais il est surtout connu par les violences qu'il exerça contre l'abbaye de Maillezais, et que son père avait commencées avant lui.

 Il les redoubla au point d'en expulser les religieux, et même d'incendier l'abbaye.

D'un caractère sauvage et emporté, il n'aimait pas les moines et exigeait leur soumission entière, en vertu d'un droit d'avouerie (protectorat) qu'il prétendait tenir de sa mère, Eustache Chabot.

Les Chabot, précédents seigneurs de Vouvent, avaient toujours eu des contestations avec le monastère à ce sujet, et le roi de France (Louis VII) avait dû, par un arrêt du 2 février 1151,  déclarer Maillezais complètement libre de toute juridiction et de tout protectorat.

 Geoffroy se réconcilia plus tard avec l'abbaye, non sans avoir été d'abord excommunié, puis absous par le Pape à Spolète, le 15 juillet 1232.

Quant à la grande dent, elle a probablement été exagérée, sinon inventée, par les romanciers et les peintres.

On a cependant dit que cette singularité, plus ou moins prononcée, avait été remarquée chez plusieurs descendants de la famille des Lusignan, et cela permettrait de penser que l'un des Geoffroy était en effet porteur d'une de ces dents extraordinaires.

 On en a du reste gratifié Geoffroy Ier dans plusieurs écrits relatifs aux Croisades (12) en le confondant avec son fils qui est plus particulièrement appelé la Grand Dent par les historiens du Poitou et les généalogistes Moréri, le père Anselme et autres.

Quoi qu'il en soit, Jehan d'Arras, dans son roman de Mélusine (1387), a choisi un Geoffroy de Lusignan comme type de cette anomalie, dont il avait pu entendre parler (s'il ne l'a pas inventée), et il l'a accentuée pour rendre son héros plus remarquable dans la guerre et vis-à-vis des moines de Maillezais.

Il a, en même temps, mêlé l'histoire du père à celle du fils d'autant plus facilement qu'ils avaient tous les deux molesté les mêmes religieux.

Rabelais vint ensuite rappeler la Grand Dent en visitant l'abbaye, et plus tard Claude Vignon et d'autres artistes, inspirés par ces récits, l'ont représenté avec cette espèce de défense de sanglier) qui lui sailloit de la bouche plus d’ung pouce, dit le roman.

L’un deux y a même ajouté en légende ce vers de Virgile, applicable à Geoffroy Ier, célèbre, en effet, par ses succés militaires :

Insignis fama et felicibus armis (Eneide, liv. VII, v745.)

 

Les anciens sires de Lusignan, Geoffroy la Grand'Dent et les comtes de La Marche : recherches historiques sur le moyen âge en Poitou / par Charles Farcinet,...

 

 

 

 

 

 ==> Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )

 

 

 


 

(1)   Vouvent, aujourd'hui village dans une vallée très pittoresque, possède une magnifique église romane (monument historique) du commencement du XIe siècle, en partie détruite.

 Sa porte principale, divisée en deux baies est une merveille de sculpture. Elle est divisée par des faisceaux de colonnes en deux baies secondaires en plein cintre, encadrées de la un grand arc orné de feuillages et d'animaux fantastiques. Au sommet de la façade, des sculptures du XVe siècle représentent la Cène et l'Ascension. On remarque également à Vouvant un beau donjon cylindrique du XIIIe siècle, dit Tour de Mélusine, haut de 30 mètres et entouré des ruines d'un remarquable château du moyen âge qui était défendu par une double enceinte dont les traces sont encore visibles.

La ville proprement dite était, également murée et entourée d'une douzaine de tours.

Mervent, On y remarque sur un rocher abrupt dominant la Mére, les ruines du château qu'assiégèrent Jean sans-Terre et Saint-Louis.

Les découvertes archéologiques faites dans la forêt indiquent la haute antiquité de Mervent. Cette forêt, la plus belle du Poitou, dépendait autrefois des baronnies de Vouvent et de Mènent, annexes de la grande baronnie de Parthenay et de la Gâtine du Poitou. Elle passa successivement entre les mains des Chabot, des Lusignan, des Parthenay-l'Archevêque, des Richemond et des d'Orléans-Longueville.

(2)   Pierre de Dreux, surnommé Mauclerc, à cause de sa turbulence et de sa mauvaise foi.Il prit part à diverses révoltes et ligues contre la régente Blanche de castille et Saint-Louis.Par son mariage avec Alix, fille de Guy de Thouars et héritière de la Bretagne, il en devint Comte, puis Duc (1213-1237).

On sait qu'Henri III d'Angleterre fit une nouvelle tentative en 1230 pour ressaisir le Poitou.

Il débarqua le 5 mai à Saint Malo (Royal Lellers of Henri III, I, 363), a la tête d'une armée.

Le 6, il est rejoint par son allié le duc de Bretagne, Pierre 1er Mauclerc.

Deux jours plus tard, il se rend à Dinan pour rencontrer Isabelle d’Angoulême passa à Nantes 16 mai (Rymer, I, 156) où il resta quelque temps. Pendant ce temps, Louis IX travers la Loire à Angers et s’empare de la forteresse de Clisson le 30 mai pour lui couper la route.

(3)   Cette Clémence fut la première femme de Geoffroy II, car, outre le document latin ci-après, Geoffroy confirma par un acte de la même année 1239. le «  don que feue noble dame Clémence, Vicomtesse de Châtellerault, sa femme, avait fait l'abbaye de Saint-Denis de tout ce qu'elle et ses ancêtres avaient possédé dans le prieuré de Vaux ».

 

Et Geoffroy avait, en effet, pris, du chef de sa femme, le titre de Vicomte de Châtellerault, dans un autre acte de 1232, attesté  plus haut, par lequel, avant de partir pour Rome, il fait réparation avaient religieux de l'Absie pour les dommages et les injures que lettres et lui avaient fait éprouver  à l'abbaye : «  A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Geoffroy de Lusignan, Vicomte de Châtellerault, seigneur de Volvent et Mayrevant, salut, etc. » (Dom Fonteneau, I,  309).

Thibeaudeau, hist. Du Poitou, II, 483.Extraits de Gaigniéres (Bib. Nat. Manuscr, fonds Français)

D’après Lalanne (Hist. De Châtellerauld, 1859) Clémence aurait épouse, en 1244, un autre Geoffroy de Lusignan, sire de Jarnac (fils de Hugues X de la Marche) c'est une erreur qui a été reproduite par M. A. de la Porte, dans ses Gens de qualité en Basse-Marche (2e liv. p. 22), de même que, p. 33 il fait de Valence une fille de Geoffroy II : c'était sa nièce.

 (4)   Geoffroy II, de Lusignan, dit la Grand'Dent, seigneur de Vouvent.

(5)    Glémence de Châtellerault, femme seigneur Geoffroy II.

(6) Geoffroy 1er de Lusignan, précédent seigneur de Vouvent.

(7) Philippe-Auguste, que Geoffroy Ier suivit à la 3e Croisade.

(8)   Ce document est imprimé dans les Layelles dit Trésor des Chartes, T.II, p 31. mais c'est par erreur qu'une note indique Geoffroy de Lusignan seigneur de Vouvent (signataire de cette charte et mort en 1248), comme étant un autre Geoffroy de Lusignan, sire de Jarnac, fils de Hugues X de la Marche et d'Isabelle, qui se marièrent en 1220.

 C'est impossible, car ce sire de Jarnac était à peine né en 1224, lorsque Geoffroy la Grand'Deut signa l'acte ou aveu ci-dessus. C'est ainsi que, faute d'attention, les erreurs se propagent et se perpétuent !

(9) Au temps de Saint-Louis, d'après M.deWailIy, la livre tournois valait (valeur intrinsèque) 20 fr. 20cts. Plus tard, elle baissa beaucoup. A la même époque, le marc valait environ 52 fr. en effet, on taillait 58 gros tournois dans un marc, et le gros tournois avait une valeur intrinsèque de20 fr. 90.

(10) Paul Marchegay a écrit dans ses notes manuscrites que ces enfants étaient probablement des bâtards, parce qu'ils n'héritèrent pas de Vouvant et Mervent; mais Geoffroy dit bien uxoris meae, et ces mots ne s'appliquent qu'à une femme légitime.

(11) On peut établir cette généalogie comme suit Geoffroy 1er, second fils de Hugues VIII et de Bourgogne de Rancon, né vers 1145, décédé vers 1220, devint veuf, vers 1202, d'Eustache Chabot, et épousa vers la même époque Humberge de Limoges, qui lui donna son second fils Guillaume, dit de Valence.

Geoffroy II (la Grand'Dent), né de son premier marine vers 1198 et mort en 1248, avait épousé Clémence de Châtellerault après la mort de Geoffroy 1er. il n'en eut pas d'enfants ; mais d'après son testament, une seconde femme, nommée Aude, lui donna enfants, à qui il fit des legs, mais qui n'héritèrent pas de ses fiefs.

Guillaume de Valence, né vers 1203, se maria vers 1225 à Marquise de Mauléon et en ent un fils, mort en bas âge, et une fille, nommée Valence, qui épousa, en 1248, Hugues-L'Archevêque, sire de Parthenay, et fut l'héritière de son onde Geoffroy la Grand'Dent.

On ne peut dresser aucune généalogie offrant plus de certitude; elle est conforme aux anciens documents, et toute autre se heurte à des textes contraires.

(12)M. le Conte de Mas-Latrie, membre de l’institut, a écrit dans son Histoire de l’Ile de Chypre (t. i, p. 8) : « Geoffroy de Lusignan, célèbre depuis sous le nom de Geoffroye à la Grand’Dent, vassal du roi d’Angleterre, à cause de ses seigneuries du Poitou, s’était joint à son frère Guy (1191) au siège de Saint Jean d’Acre. »

Le même auteur (Trésor de chronologie, p, 1631)  indique encore Geoffroy Ier, comte de Jaffa, comme le seigneur à la Grand Dent.

 

08 avril 2021

Le moine Absalon, après avoir soustrait à Tournus les reliques de Saint Florent arrive au village de Rest sous Montsoreau

Le moine Absalon, après avoir soustrait à Tournus les reliques de Saint Florent arrive au village de Rest sous Montsoreau - Les premiers Seigneurs de Montsoreau

Aussitôt que les romains eurent conquis la Gaule, ils installèrent de nombreux centres militaires dans le pays et tout particulièrement sur les auteurs qui avoisinaient les rivières et épousaient leurs contours.

Dans notre région saumuroise, des camps importants créés à Cinais et à Chenehutte furent ainsi reliés par un certain nombre de ces postes et nous en trouvons un placé à Montsoreau, simple villa de pêcheurs, comme son nom l’indique (Restis, filet)

Plus tard, au milieu du Vie siècle, le village appartenait à Hardearde, vicaire d’Innocent, évêque du Mans. C’est à cette époque (541) que saint Maur, accompagné de Flogédaire, arriva dans le pays, demandé par l’évêque du Mans pour fonder un monastère. Hardearde leur offrit de rester à Rest et les assura de la protection de son cousin Florus, vicomte d’Anjou. Mais Florus leur ayant concédé Glanfeuil ils quittèrent Rest et allèrent fonder le monastère de Saint Maur sur Loire.

Trois siècle plus tard, en 832, Louis le Dédonnaire qui avait procédé au partage de son empire (Lothaire, son fils ainé, était devenu empereur, Louis était roi de Germanie et Pépin, le plus jeune, duc d’Aquitaine), se trouvai en Aquitaine chez ce dernier et caressait l’espoir de le faire revenir près de lui. Pépin ayant persisté à demeurer dans ses états, Louis le Débonnaire regagna la France en passant par Rest où il devait traverser la Loire.

A cette époque le village appartenait aux chanoines de Saint Martin de Tours.

Ce fut après que Nomenoë, qui s’était proclamé roi de Bretagne, attaqua le Maine et l’Anjou (849).

Puis à leur tour les Normands dévastèrent le pays et les troubles ne cessèrent qu’avec le traité de Saint Clair sur Epte, signé en 911.

 

 Le moine Absalon, après avoir soustrait à Tournus les reliques de Saint Florent, était arrivé à Rest, d’où il gagna Saumur et fonda avec l’appui du comte de Blois et Tours, Thibault le Tricheur, l’abbaye de saint Florent du Château, dont Réginald de Rest fut nommé prévôt.

Cette abbaye trouva de nombreux protecteurs dans les seigneurs du pays et l’un d’eux, Geoffoy Fulchard (ou Fulcrade), seigneur de Trèves, lui donna l’église de Rest et les maisons du village qui lui appartenaient (1089). Douze ans plus tard le fils de Fulchard y ajouta le même don de l’eau au-dessous de Montsoreau.

L’ancienne villa romaine de Rest était ainsi devenue la propriété de Saint Florent. Les moines la cédèrent à l’abbé de Bourgueil puis la reprirent peu de temps après, et vers 1150 l’abbé de Saint Florent y fonda un prieuré qu’il installa à côté de l’église primitive.

 

Les premiers Seigneurs de Montsoreau.

Mais vers la même époque, sur le coteau voisin, un château féodal, en bois, s’élevait par les soins d’un descendant d’un chevalier nommé Isambert. Ce premier gouverneur du château, appelé Guillaume, eut bientôt étendu son autorité sur tout le pays environnant, utilisant et mettant à profit les principes de féodalité qui étaient en faveur en  se rendant indépendant et il devint le seigneur du pays depuis Parnay jusqu’à la Roche Clermault, et des rivages de la Vienne jusqu’aux paroisses du Loudunais

Son fils, Guillaume II, qu’il avait eu de Mabille sa femme, lui succéda et dès cette époque est qualifié Prince de Montsoreau. De son premier mariage Guillaume II avait eu quatre enfants : Gautier, Aimery, Jocelin et une fille Agnés.

Il épousa en secondes noces Hersende de Champagne, fille d’Hubert de Champagne et d’Agnès de Clairveaux et veuve de Fouques. De cette deuxième union naquit un fils Etienne qui fut plus tard chanoine à Candes.

En 1092 Guillaume donna l’église Saint Pierre de Seuilly à l’abbaye de Saint Etienne des Vaux en Limousin et à la même époque fit construire le fort du Coudray.

 

 Il mourut en 1101 et fut inhumé dit-on à Fontevraud. Restée veuve, Hersende se retira à l’abbaye de Fontevrault dont elle devint ultérieurement la première Grande prieure.

 

 (XI-XIIe siècle)

Gautier I de Montsoreau, seigneur de Montsoreau, vassal du comte d'Anjou, et propriétaire du château de Montsoreau.

Lorsque le comte d'Anjou Foulques Nerra prend la forteresse aux environs de l'an 1000, et afin de fixer les frontières de l'Anjou, il donne la forteresse Montsoreau et les terres alentour à son plus fidèle vassal Gautier de Montsoreau (Galterius de Monte-Sorello).

 

Fils de Guillaume II, lui succéda comme seigneur de Montsoreau. Il remplace le fort en bois par le château primitif placé sur la crête orientale du coteau, puis, englobant successivement tous les terrains qui descendent vers la Loire et même le roc en avancement, il fait élever une défense puissante renfermant les habitations voisines et même coupant les routes.

Cette défense comprenait trois enceintes successives, la première limitée par les douves du château, la seconde constituée par un mur rejoignant la porte ouest au fossé du château et couvrant seulement par conséquent le pont-levis et le chemin d’accès à ce pont-levis, la troisième limitant la ville fortifiée à l’est et à l’ouest et comportant une porte d’entrée à chaque extrémité de la rue principale.

Gautier 1er, après avoir obtenu de l’abbé de saint Etienne la transformation du prieuré de Seuilly en abbaye, prend la croix, part pour la Terre sainte, mais revient avant d’avoir atteint son but. (Galterius de Monte Sorelli, pergens Jerusalem, dedit monachis teloneum aquae et pedagium terrae An. 1096)

 

Les Croisés Tourangeaux à la Première Croisade (M. P. SOUTY).

 

La Touraine participa au grand mouvement qui entraîna à la fin du XIe siècle une partie de l'Occident vers Jérusalem.

Après le fameux Concile de Clermont en novembre 1095, le Pape Urbain II avait parlé à la foule devant le portail de Marmoutier et ses paroles avaient déchaîné l'enthousiasme des chevaliers tourangeaux, au premier rang desquels figurait le comte Foulque le Réchin.

M. Souty a exploré le Cartulaire de l'Abbaye de Noyers pour y trouver les noms des personnages ayant pris part à la grande expédition, et il présente le résultat de sa glane.

 

Bouchard de Marmande, fils du fameux Acharie, avant de partir pour Jérusalem, fit des dons à l'Abbaye (ch. 246) ; il en revint puisque nous le rencontrons au monastère au temps de l'abbé Gaudin, c'est-à-dire bien après la première croisade (ch. 435).

Simon de Nouâtre fut également parmi les croisés qui regagnèrent la terre natale ; en effet après avoir appris son départ (ch. 246) nous retrouvons son nom à côté de celui du même abbé (ch. 432).

Geoffroy Fulcrade, fils de Geoffroy Fulcrade et d'Ameline de Loudun, fit un emprunt à l'abbé avant de partir pour Jérusalem, mais il donna tous ses biens d'Abilly pour le cas où il reviendrait après le décès de sa mère (ch. 243). Comme nous apprenons qu'« après la mort de sa mère » il confirma ses dons, nous pouvons conclure qu'il rentra de Terre Sainte.

Geoffroy et Angelelme, fils d'Amaury de Saint-Savin, firent un don avant de prendre la croix (ch. 252) ; Geoffroy, semble-t-il, revint près des siens (ch. 394).

Mais Hubert le Roux fut de ceux qui moururent à la croisade, peut-être sur le « bon cheval valant bien 200 sols » que lui avait remis l'abbé à la suite de sa générosité (ch. 254). On peut penser que Rainald de Sepmes, surnommé le Superbe (ch. 245), fut aussi parmi les morts de l'expédition.

D'autres croisés encore nous sont révélés par les générosités qu'ils firent alors à l'abbaye : Jean de Draché (ch. 240). Aimery, qui avait des biens à La Haye (ch. 248), Gosbert, fils d'Ervisius Cabruns, seigneur d'Azay-le-Chétif (ch. 250). Hugues de Sainte-Maure (ch. 307).

La charte 251 nous renseigne, non seulement sur l'identité de plusieurs croisés de Touraine et Anjou, mais encore sur l'itinéraire qu'ils suivirent.

En effet, elle nous apprend que Gauthier de Montsoreau, allant à Jérusalem, se trouvait dans une ville d'Apulie nommée Mespha, lorsqu'il donna aux religieux de Noyers, sur la demande du moine Gaultier et de Geoffroy Brisard, la dispense de péage par eau et par terre à Montsoreau ; furent témoins : Raoul Rabaste, Raoul Licei, Gâtineau de Bourgueil, Goldineau de Curzay.

 Le moine regagna Montsoreau et prouva à Grecia, épouse du seigneur, la réalité de cette convention ; Grecia fit alors appeler Etienne, abbé de Noyers et confirma le don.

Il ne faut pas en effet se représenter la première croisade comme la marche d'une armée avançant massivement ; il y eut bien des départs : en octobre 1096 ce fut la colonne dirigée par Etienne de Blois, Robert Courteheuse, comte de Normandie et Robert, comte de Flandre.

Ces croisés rencontrèrent Urbain II à Lucques, visitèrent le tombeau de saint Pierre à Rome, puis s'arrêtèrent dans la Pouille que notre charte nomme l'Apulie ; n'ayant pu traverser l'Adriatique, ils passèrent l'hiver sur place, et c'est ainsi que s'explique la présence des croisés en cette ville italienne.

A ce moment appelé par le comte d’Anjou Foulques Réchin, il rejoint ce dernier, va combattre contre le duc de Normandie, Guillaume le roux, mais est fait prisonnier à Ballon, dans le Maine, en compagnie de nombreux autres barons angevins. Après avoir payé une grosse rançon, il est libéré et repart pour la Syrie.

Avant de partir (1101) il donne à l’abbaye de Fontevraud la terre des Loges, dans la paroisse de La Breille, pour qu’un prieuré y soit établi et en même temps concède à l’abbaye le droit de chasse dans toute sa forêt de Bort (nom primitif de la forêt de Fontevraud)

A Marmoutiers il cède son droit le tonlieu qu’il détient à Candes et Montsoreau pour deux tiers avec ses oncles Guillaume Malastache et Gervais (frères de Guillaume II), l’autre tiers appartenant à Gauscelin Marminat. Il donne enfin l’abbaye de Saint Loup aux moines de Saint Julien.

Mais pendant son absence, un conflit éclate entre les abbayes de Seuilly et de Fontevraud qui se termine par une transaction partageant la forêt de Bort en deux parties. Les moines de Seuilly abandonnent à ceux de Fontevraud tout ce qu’ils possédaient dans la forêt jusqu’à la route de Candes.

 

Rentré à Montsoreau au retour de Palestine, Gautier 1er prit l’habit à Fontevrault et y mourut.

Durant plusieurs siècles le curé de Saint Pierre de Rest fut tenu de se transporter processionnellement le lundi de pâques, jusqu’au tombeau de Gautier, inhumé dans l’église du Grand Moutier, pour y réciter un subvenite et l’oraison des trépassé.

L’abbesse devait ouvrir les portes du cloitre à la procession en hommage à l’ancien seigneur de Montsoreau.

 

 

 

 

Société archéologique de Touraine

Société des lettres sciences et arts du Saumurois.

 

 

 

Les tribulations de Saint Florent du Mont-Glonne (fuyant l'invasion des Normands vers le Berry) <==.... ....==> Translation des reliques de saint Florent, de Roye à Saumur.

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07 avril 2021

1034 Histoire de l’abbaye de Notre dame de Pontlevoy diocèse de Blois par Gelduin seigneur de Saumur, Ansbert, premier abbé.

Abbaye_de_Pontlevoy_dans_Monasticon_Gallicanum

L’abbaye de Pontlevoy est située dans une plaine assez fertile, sur les extrémités de la Sologne, entre les rivières de Loire et du Cher. Elle se trouve sur les confins de trois diocèses : Chartres, à présent Blois, Orléans et Tours. Elle a Blois à l’orient d’été, Montrichard à l'occident et Amboise au septentrion.

Il est parlé de ce lieu dans le testament que firent, sous Louis le Débonnaire, deux religieux de Saint-Martin de Tours; du moins, c’est de ce lieu de Pontlevoy, que l’explique le père Mabillon, dans ses Annales de St- Benoit.

Fredegise était alors abbé de cette ancienne et fameuse abbaye. Ce fut sous son gouvernement que les moines de St-Martin, qui depuis longtemps vivaient en chanoines, renonçants à la règle de St Benoit qu'ils professaient se sécularisèrent. Deux religieux donc de cette abbaye, nommés Aganon et Adjuteur, faisants leur testament l’an cinquième de Louis le Débonnaire, c’est à dire l'an de J.-C. 818, donnent à l'église de St- Martin : mansum suum indominicatum, la terre qui leur appartenait et qui ne relevait d’aucun seigneur, in condita Pontilapidensi, dans  le territoire de Pontlevoy.

Cette plaine de Pontlevoy devint célèbre dans la suite des temps par une victoire signalée que Foulques, comte d’Anjou, surnommé Nerra ou le Noir, gagna sur Odon, comte de Blois (1).

 

Le combat fut donné l'an 1016 de J.-C., le sixième jour du mois de juillet.

Il y a d’apparence que Gelduin (2), fondateur de cette abbaye, se trouva à ce combat.

Les auteurs n’en disent rien cependant; mais attaché comme il était aux intérêts d’Odon, son seigneur, on peut croire qu’il aura pris cette occasion pour signaler son zèle et son attachement pour un prince à qui il devait beaucoup. Son âge y convient assez, comme on le verra plus bas.

 On trouve dans un titre de l’abbaye, q’Hugues de Chaumont, petit fils de Gelduin, fondateur de cette abbaye, en faisant quelques donations aux religieux de la dite abbaye, stipula que l’on chanteroit le lundy de chaque semaine une messe et qu’on nourriroit et entretiendroit à perpétuité un pauvre, pour le repos de Foulques et Geoffroy, comte d’Anjou et de tous ceux qui furent tués à cette bataille de Pontlevoy.

Comme la donation n’a point eu de lieu et que les religieux n’ont jamais jouis des revenus attachés à cette fondation, il ne parait pas qu’elle ait jamais été exécutée.

Odon, comte de Blois, qui perdit la bataille, était Odon, second de ce nom, fis d’Odon premier et petit fis de Thibaut premier, surnommé le Vieux ou le Tricheur à cause de son addresse à faire des traités avantageux. Le comte Odon ou Eudes second avait succédé en la comté de Blois à son frère Thibaut second, mort sans héritier, en 1005.

Odon épousa Mahaut, fille de Richard premier, duc de Normandie; étant morte sans enfants, il épousa en 1020 Ermengarde d’Auvergne. Parmi les seigneurs attachés à la fortune d’Odon, un des plus illustres étoit Gelduin.

C’était un homme d’une naissance illustre et d’un grand courage. On ne trouve point le nom de ses père et mère. Il descendait des Danois, c’est à dire de Normands.

Il faut que ce Gelduin soit né au commencement de ce siècle, ou sur la fin du précédent; comme je suppose qu’il est mort après 1082, suivant la chartre dont il sera parlé en son lieu, on ne peut placer sa naissance plus tard; je ne la place point plus bas, parce que l’histoire le représente comme un homme d’un tempérament robuste, ce qui me fait croire qu’il aura vécu [près] de 80 ans.

 Il fallait qu’il eut déjà signalé son courage puisque Odon, comte de Blois, lui confia la garde du chateau de Saumur, que ses prédécesseurs avoient fait bâtir, afin de mettre une barrière à la puissance des comtes d’Anjou.

On ne pouvait mettre de dépôt en de meilleures mains. Sa fidélité aussi bien que son courage étaient à l’épreuve; toujours suivi et accompagné d’un grand nombre de barons et de chevaliers, il faisait du dégât dans le voisinage de Saumur, sur les terres du comte d’Anjou, et par sa seule renommée, il portait la terreur dans le cœur de ceux qui étaient les plus éloignés.

Foulques lui- même, comte d’Anjou, quelque hardi qu’il fût, ne passait jamais dans le voisinage de Saumur qu’en courant et que saisi de frayeur. — « Fuyons, disait-il, ce démon qui demeure à Saumur : Jugiamus Salmuriense demonium ; il me semble que je le vois sans cesse devant mes yeux. »

Tant la crainte de Gelduin faisait impression sur les plus braves.

Mais les choses ne restèrent pas toujours dans le même état. Foulques eut sa revanche et Gelduin, pour vouloir trop entreprendre, se perdit par sa faute. Le comte d’Anjou, las de souffrir un voisin si belliqueux, pour resserrer Gelduin dans son chateau de Saumur, mit le siège devant Saumur.

Soit que Gelduin manquât des choses nécessaires pour soutenir le siège, il commença à s’adoucir à l’approche de Foulques; il envoya même un exprès pour le prier de vouloir faire une trêve. Foulques, que les historiens représenté comme prince fin et ruse, fit semblant d'accepter les offres de Gelduin.

Il parait même que le siège du château de Saumur fut levé, ou plutôt que le dit château ne fut pas même assiégé, mais se servant du grand nombre de soldats qu’il a voit ramassé dans le dessein de réprimer la férocité de Gelduin, il fit bâtir dans le village de Clemeney un château pour opposer à celui de Saumur.

Il lui donna le nom de Trêves (3), sans doute pour apprendre à Gelduin qu il n’avait d’autres trêves à espérer qu’une vigoureuse résistance.

 Foulques, peu content de cela, sur le haut de Mont du Bel (4), lit bâtir un autre château très fort du côté de Tours. Odon, comte de Blois, prévit que ccs châteaux nouvellement bâtis lui seraient funestes; résolu de s’en emparer, il assiégea Mont du Bel.

A la nouvelle de ce siège, Gelduin ramasse le plus de troupes qu’il peut, et vole au secours de son seigneur. Les troupes du comte Odon étaient nombreuses. Outre les François qui le servaient, les habitants de Chinon et de  l’Ile Bouchard étoient à sa solde.

Foulques était le plus faible; ainsi il usa d’adresse. Ayant appris que Gelduin n’était plus à Saumur et que le château du dit lieu était sans garnisons, il revint sur ses pas, et passant à la hâte la Loire et la Vienne, il se présenta devant le château dans le temps qu’on ne l’attendait point.

Ne trouvant aucune résistance, il s’empare de ce château qui lui avait été si fatal, il le fait brûler, afin que les Angevins n’eussent plus rien à craindre de ce côté-là.

C’est ainsi que Gelduin, en l’an 1026, perdit ce château qu’Odon lui avoir confié. Il parait que l’auteur du livre intitulé : Des actions des seigneurs d’Amboise rapporte dans le tome X du Spicilège, que le château de Saumur appartenait en propre à Gelduin, sans doute sous la souveraineté d’Odon, comte de Blois, au lieu que les modernes prétendent qu'il n’en était que le simple gouverneur.

Aussi Odon résolut de le récompenser amplement de la perte qu'il en avait fait.  Pour cela, Odon lui offrit diverses terres dans la Brie et dans la Champagne. Gelduin les refusa. Il demanda le château de Chaumont. Le comte de Blois ne pouvait se résoudre à lui donner si peu de chose. Cependant il céda à l’importunité de Gelduin, qui par la proximité de ce château aux terres des comtes d’Anjou, méditait de faire la guerre à Foulques et de se venger des pertes que ce puissant adversaire lui avait fait souffrir.

Chaumont est une seigneurie accompagnée d’un château très fort, placé sur la Loire, en une éminence entre Blois et Amboise, à deux lieues de Pontlevoy. Lecomte Odon qui avait fait bâtir ce château, le céda volontiers à Gelduin.

 Outre le chateau de Chaumont que Gelduin fit fortifier et rebâtir, Eudes lui donna d’autres biens à Blois. Il lui accorda la terre de Barolle qu’Odon augmenta considérablement avec un fief appelé le fief des Brellons. Il lui donna aussi divers droits à percevoir à Blois, entre autres, celui de Brennage et du Quartier.

 Le premier était un droit que les seigneurs exigeaient de leurs vassaux, en leur faisant donner du son ou autres espèces pour la nourriture de leurs chiens. Le second se payait aussi en espèces. Gelduin était aussi seigneur de Nanteuil et de Pontlevoy.

On croit que ce dernier s’appelait Pontlevoy, à cause qu'il y avait plusieurs pont-levis tout autour pour y entrer.

 Le lieu de sa résidence la plus ordinaire était le château de Chaumont. Là, dans la solitude, le courage de Gelduin tombant par le défaut d’occasions, les pensées de piété et de dévotion succédèrent à celles que l’exercice presque continuel de la guerre avait fait naître dans son esprit.

Il prit la résolution de bâtir une abbaye en l'honneur de la Sainte Vierge. La chose lui fut facile. Il y avait deux églises à Pontlevoy, l’une paroissiale sous le titre de St Pierre, qui subsiste encore; l'autre sous l’invocation de la Sainte Vierge ou de Notre Dame des Blanches ; ce n’était qu’une chapelle.

J’ai lu dans plusieurs mémoires, tous assez récents, que Gelduin se trouvant sur mer, dans un péril évident, ayant réclamé la protection de Marie, cette Vierge par excellence lui avait apparu revêtue d’un habit plus blanc que la neige, et que de là il avait pris occasion d’appeler Notre Dame des Neiges, la chapelle où l’on invoquait l’assistance de la Vierge.

Mais je croirais plutôt que ce nom lui est attaché à cause de la blancheur de la pierre dont est faite son image. Quoiqu'il en soit, Gelduin choisit cette chapelle pour en faire une abbaye, où de saints religieux loueraient le Seigneur jour et nuit.

Nous avons dans les archives l’original de cette fondation (5). « Personne, dit Gelduin, ne peut comprendre et encore moins exprimer par ses discours combien est grande la bonté du Seigneur à l’égard du genre humain. Il nous invite lui- même à revenir à lui, après les divers crimes que nous avons commis; il nous exhorte à nous servir des biens périssables et passagers, pour gagner les biens célestes et éternels. «

C’est l’avant-propos du titre de la fondation. Gelduin, touché de ces vérités, frappé par la crainte des jugements de Dieu, résolut de donner au Seigneur et à la Sainte Vierge une partie des biens qu’il tenait de ses ancêtres.

Cette donation fut faite conjointement par Adenors, femme de Gelduin, et leur fils Geoffroy, et cela en présence d’Ansbert, choisi pour être abbé de la nouvelle abbaye et des religieux qui étaient avec lui, ou qui, dans la suite, se joindraient a lui et qui suivraient la règle de St Benoît. Il les chargea de prier pour le repos des âmes de ses parents, pour lui Gelduin et toute sa famille.

Afin que la fondation fut stable, il demanda et obtint le consentement d’Odon II, comte de Blois, de son épouse Ermengarde et de leurs fils Thibaud et Etienne, reconnaissant que Pont- levoy était un fief qu’il possédait par la libéralité du comte de Blois.

Or voici ce que Gelduin donna pour l’entretien des nouveaux religieux.

Premièrement, l’église de St-Pierre. Il veut que comme celle-ci était alors le chef ou la matrice de Pontlevoy, caput Pontileviati, elle serait à l’avenir sujette à 1’église de la Sainte Vierge. Il donne tous les esclaves de l’un ou de l’autre sexe qu’il possédait dans la dite paraisse ; toutes les coutumes dont il jouissaif, vicariam, c’est à dire la justice, voierie qu’il exerçait; il donna aussi quatre fiefs possédés par ses vassaux; des biens qu'il possédait à Chaumont; il donna quatre arpents de vigne et la troisième partie du passage à prendre dans sa forêt de Chaumont, et le droit de faire paître des cochons dans la dite forêt; il donna aussi quatre arpents de près sur la rivière de la Cisse.

 Voilà les premiers bienfaits de Gelduin; je dis les premiers, il y en ajouta en effet de nouveaux dans la suite; on les verra suivant les dattes des titres.

 L’acte finit par les formules ordinaires, c’est à dire par un amas de malédictions fulminées contre tous ceux qui s’opposeraient à sa présente donation, soit parents ou étrangers. C’était le style du temps. Les rois même y étaient souvent enveloppés par leurs propres sujets.

 Il y a quelques observations à faire sur ce titre.

Premièrement, Gelduin assure qu’il avait hérité Pontlevoy de ses ancêtres. Il paraît par- là que s’il était Normand ou Danois d’origine, il était lui-même François de naissance.

 Les comtes de Blois avoient gratifié ses ancêtres du fief de Pontlevoy. Il relevait de ces comtes. C’est pour cela que dans le désir de se dessaisir de ce fief en faveur de l’église, il demande le consentement du seigneur du fief et de l’épouse du comte et de leurs enfants Thibaud et Etienne, afin qu’aucun des intéressés ne pût troubler les religieux dans la possession de ce fief.

 C’est pour assurer ces sortes de donations que l’on faisait signer les enfants. S’ils étaient incapables d’écrire, en leur tenant la main, ils formaient le signe de la croix; ensuite une main étrangère ajoute leur nom.

 Adenors, son épouse, et son fils Geoffroy, furent à ce dessein invités par Gelduin à signer la donation. Il est surprenant que sa fille Chane n’aie pas signé; peut-être était-elle absente.

Gelduin donne aux religieux l’église paroissiale de St-Pierre. C’était le malheur des temps qui avait rendu les personnes séculières les maîtres des églises.

Depuis les temps où les rois, pour attacher à leur service les grands du royaume s’étaient vu obligés de leur donner les abbayes, les autres séculiers qui n’étaient pas si puissants s’emparèrent des églises paroissiales. Ils recevaient les dimes, les oblations qui étaient considérables dans ces temps- là, se contentants de donner aux curés qui desservaient une pension annuelle; ainsi lorsque Gelduin donne aux religieux l'église paroissiale de Pontlevoy, il entend par là non seulement la collation de la cure, mais aussi les dimes, les offrandes et tous les autres droits dont il jouissait, suivant l’usage du siècle.

Il remarque que cette église était le chef de Pontlevoy, caput Eontileviati, c'est à dire la première église du lieu. En effet, les paroisses ont le premier rang sur les simples chapelles, celles- ci n’étant regardées que comme succursales de la paroisse. Mais il veut qu'à l’avenir cette église soit assujettie à celle de la Vierge, devenue église abbatiale; parce que celles-ci suivant le droit et un usage universel ont le premier rang sur les églises paroissiales.

Celle de St - Pierre subsiste toujours. Il paraît par un titre de l’an 1347 qu’elle était renfermée dans l’enclos de l’abbaye; à présent elle touche l’enclos ou l’enceinte de l’abbaye du côté du couchant. C'était l’usage de nos abbayes d’avoir dans leur enceinte diverses chapelles ou oratoires, afin que suivant la règle de St Benoit, ceux qui voudraient vaquer plus particulièrement à la prière pussent le faire sans distractions ; et tel était l’usage de l’abbaye de Pontlevoy.

 Il subsiste encore derrière la grande église une chapelle assez grande sous le nom de St Michel.

 A l'entrée de l’abbaye, il y avait autrefois une chapelle dédiée à St Christophle. Elle subsistait sur la fin du quinzième siècle. François de Brilhac, abbé de cette abbaye, la conféra le 20 juin de l’an 1471 à Denys Chastellain. Ainsi c'était un titre qui a été depuis éteint.

Je pense que cette chapelle avait été bâtie dans son origine, afin que les séculiers, du moins les femmes, pussent entendre la messe; d’où j’infère que suivant la coutume de l'Ordre, les femmes n'avoient point d’entrée dans l’église de l'abbaye. Il serait à souboitter que l’on vit revivre le même usage dans nos abbayes.

 Gelduin donne encore aux religieux tous les esclaves de l’un ou de l’autre sexe qu'il possédait à Pontlevoy; dans ces temps- là il y en avait un grand nombre en France. Ce n’est que peu à peu que les roys et les seigneurs ont affranchis leurs vassaux. Eux seuls cultivaient les terres et les faisaient valoir. Les seigneurs avoient de grands droits sur eux et sur leurs biens. C’est pour cela que Gelduin donne à l'abbaye les coutumes, c’est à dire les redevances qu'il exigeait de ses vassaux dans sa terre.

Remarquez que Gelduin appelle le lieu de Pontlevoy burgum, bourg, amas de quelques maisons, qui n’est point environné de murs. Anciennement même on appellait bourg le lieu où il y avait un simple château.

 Que ceci soit dit en passant pour détruire les préjugés de ceux qui prétendent que Pontlevoy était autrefois une grande ville et bien peuplé. On n'en trouve aucune trace dans les titres. Partout Pontlevoy est représenté comme un bourg tel à peu près qu’il l’est encore. Gelduin donne aux religieux vicariam, c'est à dire la voerie, ou comme on dit encore en France, dans le terme de droit, vigerie. On appelait anciennement vicaire celui qui, dans les bourgs et les petites villes, exerçait la justice au nom du comte. La juridiction de ces vicaires était resserrée dans ces commencements ; elle s'étendait dans les affaires de peu de conséquence.

Les affaires criminelles en étaient exceptées. Les vicaires, soit-par usurpation, soit par la concession des comtes étendirent leur juridiction du temps de Gelduin. La voierie renfermait les droits de connaître des homicides, larcins, rapts et incendie. C’est cette justice dont Gelduin se dessaisit en faveur des religieux et dont ils ont toujours jouis.

Dans la terre de Pontlevoy il y avait quatre fiefs, possédés par quatre vassaux de Gelduin. On ne sait où ils sont situés, Gelduin ne les ayant point nommés; il indique seulement les noms de ses écuyers : Aymeric Pyranus, Thibaut leroy, Gautier ou Wauthier Belsarius et Othelin, fis d’Adelelme de Sivray.

Gelduin donne ces quatre fiefs à l’abbaye. J’entends par là que ces écuyers gardant chacun leur terre, payaient un cens et vente à l’abbaye avec l’hommage. Sans doute même que ces fiefs étaient réversibles aux religieux par la mort de leurs possesseurs.

 Il est bon de remarquer que dans ce onzième siècle les surnoms qui distinguent les familles commençaient à s’établir.

Des quatre vassaux que Gelduin nomme, trois ont un surnom. L’autre est appelé fils d’un tel. Tel est le premier usage qu’on peut remarquer dans l’Ecriture Sainte. Pour se distinguer après le nom dont on était appelé, on ajoutait fils d'un tel. On peut voir cela parmi les souscriptions de cet acte même de la fondation de Pontlevoy dont je parle actuellement. La plupart des souscripteurs se disent fils d’un tel ; et quoique le nombre des souscripteurs soit assez .grand, trois seulement des témoins ont un surnom. Ce Thibaut roy qui possédait un fief dépendant de la terre de Pontlevoy, est sans doute le même que celui qui a souscrit l'acte de cette donation.

J’ai dit plus haut que Gelduin était seigneur de Chaumont. Après avoir donné toute la terre de Pontlevoy aux nouveaux religieux, il voulut leur donner quelque portion de sa nouvelle possession. Il leur donna donc quatre arpents de vignes à Chaumont, avec la troisième partie du droit de pasnage. Pasnage est le droit de glandée.

Les seigneurs don noient à leurs vassaux et autres le droit de faire paître dans leurs forêts et bois. Ce pasnage portait un grand revenu aux seigneurs. Gelduin donne la troisième partie à l’abbaye de Pontlevoy. Outre cela il permet aux religieux de faire paître leurs propres cochons durant tout le temps que durerait la dite glandée.

Il ne faut pas être surpris de voir que les religieux de Pont-Levoy eussent à eux des cochons, quoiqu’ils fissent abstinence de viande. Ces sortes d’animaux leur étaient nécessaires, parce qu'à certains temps de l’année, au lieu d’huile et de beurre, ils préparaient les herbes et le poisson avec de la graisse.

Voyez le Concile d’Aix-la-Chapelle, assemblé en 817, par les soins de St Benoît d'Aniane, sous l’autorité de Louis le Débonnaire, qui régla le temps auquel les religieux de St Benoit dévoient s’abstenir de graisse.

Gelduin, outre cela, donne à l’abbaye quatre arpens de près situés sur les bords de la rivière de Scissc ; cette rivière tombe dans la Loire, entre Amboise et Blois.

 Les religieux jouissent encore de plusieurs arpents de près sur les bords de la Scissc à Onzain. Ce n’est là qu’une partie de ce que Gelduin a donné à l’abbaye. Son humeur bienfaisante coula avec le sang dans le cœur de ses descendants. Il y en a peu qui n’ait fait quelque donation à l’abbaye. …..

 

 

Le Directeur-gérant : R. PORCHER Le Loir-et-Cher historique, archéologique, scientifique, artistique et littéraire

 

 

 

  En Mil, Foulques Nerra s'empare de la forteresse du Diable de Saumur <==

Les tribulations de Saint Florent du Mont-Glonne (fuyant l'invasion des Normands vers le Berry) <==

 


 

(1) Eudes II, né vers 983, fils d’Eudes Ier e t de Berthe de Bourgogne.

(2) Ou mieux Gédouin, Gelduinus.

 

(3) Village en face de Saumur (Maine-et-Loire).

(4) Montboel ou Montboyau, château bâti au confluent de la Loire et de la Choisille, sur la hauteur qui domine le pont de la Motte, à une lieue au-dessous de Tours. Il n’en reste plus rien aujourd'hui.

(5) Nous donnerons les chartes, à la fin, dans les pièces justificatives.

Jugement de Dieu Année 1080 environ – Monastère de Saint Pierre des Nobis, Grecie Berlay de Montreuil

Jugement de Dieu Année 1080 environ – Monastère de Saint Pierre des Nobis, Grecie Berlay de Montreuil

A l'ombre du castel féodal qui dut se dresser de bonne heure sur la cime escarpée du coteau, s'installèrent, sur les bords du Thouet, les cabanes des manants et des serfs, groupées autour d’une église sous le vocable de saint Pierre.

Un document du XIe siècle nous apprend que les origines de cette église paroissiale se perdaient dans la nuit du moyen âge.

Dans la suite, une visite à cet antique monument nous fournira plus loin l'occasion d'en esquisser l'histoire; mais pour l'instant, nous restons dans le castrum qui forma, durant de longs siècles, comme le pôle de la vie civile, politique et militaire de la contrée.

La crête de ce promontoire, dont la ligne s'incline du Thouet à la Dive, offrait avec son camp retranché une position trop avantageuse pour être négligée par les comtes d'Anjou.

On admet communément que, vers 1025, Foulques Nerra, après avoir enlevé Saumur à Gelduin, vassal d'Eudes, comte de Blois et de Touraine, comprit ce castrum dans le plan général de ses ouvrages de fortification, le mit en état de défense et le remit à titre de Fief au beau-frère du vaincu, à Berlay ou Bellay, qui devait donner son nom à la localité.

Cette maison des Berlay a-t-elle été la souche de la famille des Bellay d'Allonnes, qui acquit plus tard une si grande célébrité, ou bien est-elle un rejeton détaché de cette souche ? Il est difficile d'élucider ce point de généalogie; mais il semble bien que les uns et les autres se rattachent à une origine commune (1).

Girard I Berlay de Montreuil épouse Adélaïde de Saumur (sœur de Gildouin II de Saumur surnommé le Danois originaire du Danemark)

Enfants : Berlai II de Montreuil et Aénor.

 

Berlay II(980 - 1052) et Grecie Berlay de Montreuil

Avant 1040, donation faite par Berlay II, seigneur de Montreuil, fils de Girard, et par sa femme Grécie à Saint Florent de Saumur, de quatre jeux de prés situés dans le voisinage de l’abbaye, d’un bois dans la paroisse de Saint Georges de Châtelaison, du lieu de triangle et de la Fosse de Tigné.

1040 environ, charte de Grécie, veuve de Berlay, seigneur de Montreuil, contenant confirmation à saint Florent du lieu de Triangle, en Poitou, donné aux moines par son défunt époux.

 

Entre 1044 et 1060, Grécie, veuve du seigneur de Montreuil-Bellay, en fait don aux moines de Saint-Nicolas d'Angers.

Enfants

Grécie de Bellay, donna le jour à Girault Ier, qui périt dans une sédition à Angers, en 1067; à Hugues, et enfin à Rainaud, qui fut plus tard archevêque de Reims.

 

 

Après la mort de son mari, Grécie donna sa main au comte d'Anjou, Geoffroy Martel (2); mais le capricieux suzerain, qui avait répudié pour celle-ci sa femme Agnès de Bourgogne en 1047, pour cause d’affinité de parenté en degré prohibé, et qui, n’ayant pas eu d’enfants de ce lit, ne devait pas tarder à la renvoyer elle-même pour la reprendre et la répudier de nouveau.

1056 environ, charte notice contenant que l’illustre comte Geoffroy Martel, fils et héritier de Foulques Nerra, gardien et protecteur de la sainte église, a ordonné que ceux de ses hommes qui reçoivent seul droit de panage ou de pacage des porcs au port voisin, Port la Vallée »,  et à coutures, ne puissent exiger des moines de Saint Maur, plus de quatre pains, deux setiers de vin, quatre chandelle ou cierges, dont la longueur sera d’une coudée, et une mine d’avoine pour leurs chevaux. Le comte déclare aussi que cette prestation est fournie par les moines à titre de faveur et non pas comme une dette, et il défend de la manière la plus formelle à ses gens de ne rien recevoir de plus.

Grécie, femme de Geoffroy, confirme et signe la susdite charte.

 

Grécie, du consentement de ses deux fils Giraud et Renaud, confirmé par le comte Geoffroy et l’évêque Eusèbe, fit venir deux religieux de l’abbaye Saint Nicolas d’Angers (1056-60), qui furent chargés du service : l’un faisant fonction de curé et, l’autre, de vicaire. Dans l’acte on voit paraitre, outre le doyen Gauslin, le chancelier Renaud, Renaud frère de Grécie, Beringerius, dit grammaticus. Serait-ce le fameux Bérenger qui devint archidiacre d’Angers  et mourut au prierué de Saint Cosme près de Tours (3) ,

Berlay, petit fils de Grécie, accrut cette fondation (1098) de manière que le prieuré eut douze moines, dont le nombre d’ailleurs ne tarda pas à diminuer.

C'est à cette époque qu'apparaît le nom de Montreuil, qui doit son origine à un petit monastère, monasteriolum, fondé sans doute par les seigneurs (4).

 Dans la suite, Montreuil devint Montreuil-Bellay par l'adjonction du nom des seigneurs.

 

 

 

Jugement de Dieu 17 décembre 1080

Que ceux qui viendront après nous sachent comment Ingelbaud, moine de notre abbaye, termina le procès intenté par Guillaume Mainier de Doué au sujet de notre terre d’Asnière-Bellay, donné à Saint Nicolas par Grécie et par Giraud son fils.

L’église de Saint Nicolas l’avait possédée pendant plusieurs années exemptes de toute coutume, lorsque Guillaume Mainier prétendit qu’il possédait, dans le fief du seigneur de Montreuil, la moitié du terrage de ladite terre d’Asnière. C’est pourquoi les moines et Guillaume vinrent pour plaider, en la cour de Montreuil, devant Regnaud (5), trésorier de l’église d’Angers, et Berlay son neveu.

Les religieux d’un côté et Guillaume de l’autre y ayant longuement fait valoir leur cause, Regnaud le trésorier prononça un jugement conçu en ces termes : «  Si les moines peuvent prouver par leur serment, que confirmera le jugement de l’eau chaude, qu’ils ont possédé sans contestation et pendant sept années ce terrage du vivant de Giraud Berlay , il en résultera nécessairement qu’après avoir eu pendant une si longue suite d’années la paisible jouissance, ils devront la conserver à perpétuité. »

Guillaume Mainier approuva cette décision et il s’engagea à s’y soumettre.

Au jour fixé pour le jugement, il vint avec ses gens au monastère de Saint Pierre de Montreuil et il y trouva les moines aussi accompagnés de leurs gens. L’eau fut bénite, suivant la coutume, et l’épreuve judiciaire sanctionna le serment, prononcé au nom des moines, que pendant sept années ils avaient possédé ce terrage sans contestation, du vivant de Giraud fils de Grécie.

Trois jours après, les religieux et les gens de Guillaume Mainier ainsi qu’une foule de personnes des deux sexes, se réunirent sur la place publique pour examiner l’homme qui avait été soumis au jugement de Dieu. Sa main fut trouvée saine et sans aucune brulure ; par conséquent le terrage dut adjuger à l’abbaye.

Les témoins qui ont entendu le procès et vu le jugement sont : Ingelbaud moine, Robert, Guy et Abelin prêtres ; et parmi les chevaliers : Gautier de Colombes, Girard le Viguier et Guy des Roches qui dressèrent la formule du serment.

 

Gauthier de Montsoreau

 

Il eut avec sa femme Grecie Berlay de Montreuil deux enfants:

  • Mathilde de Montsoreau (1091-)
  • Guillaume III de Montsoreau (1095-)

 

 

Vers 1110

Berlai, seigneur de Montreuil, exempte les chanoines de Saint Laon de Thouars de toute redevance sur leur maison du Vaudelnay, à la charge de célébrer un anniversaire pour le repos de l’âme de Galerand son frère.

Vers 1173,

Guillaume de Chaources, du consentement de Berlai de Montreuil, donne à l’abbaye une portion du moulin de Champigny.

 

 

 

 

 

 

Le Prieuré Saint Pierre des Nobis Ruines de l'église Saint-Pierre et restes du cloître

Cet ancien prieuré bénédictin dit « des Nobis » ,édifié au XIIème siècle, avec ses origines très anciennes, en font un des plus vieux établissements monastiques de la vallée de la Loire.

 

Sa construction se serait étalé sur plusieurs siècles, et au XVIIème siècle, un nouvel édifice aurait été bâti en lieu et place de l'ancien, et relié à l'église Saint Pierre, dont il ne reste aujourd'hui que des ruines au milieu d'un beau théâtre de verdure.


L'église Saint-Pierre devait être achevée au milieu du 12e siècle.

Ecroulement d'une partie de l'église au 4e quart du 15e siècle.

Restauration et construction du bas-côté nord à cette même époque. L'église nouvellement reconstruite est consacrée le 31 janvier 1485 (datation par travaux historiques) et devient église paroissiale et priorale en raison de la disparition de la chapelle à la Dauge, entraînée dans la chute de l'église.

Au 15e siècle, construction du bas-côte nord.

Affilié en 1675 à la réforme mauriste, il fut reconstruit dans un style proche de celui de l'abbaye de Saint-Maur-de-Glanfeuil.

Restauration de l'église au 17e siècle après les destructions des guerres de religion.

Les bâtiments conventuels ont été reconstruits en 1710 par les entrepreneurs Jacques Chapillais et René Gasnier (date et attribution par source) pour les mauristes établis depuis 1675. Communs du 18e siècle, avec vestiges du 4e quart 16e siècle.

 Au 18e siècle, reconstruction totale du monastère par les religieux de la congrégation de Saint-Maur.

D'après des travaux historiques, le culte paroissial est transféré à la chapelle du château et destruction de la nef en 1850.

Pendant la Révolution, l'église est abandonnée et commence à s'écrouler à partir du milieu du 19e siècle.

 De l'église Saint-Pierre, il ne reste plus que les murs du chœur et du croisillon, et le mur nord du bas-côté.

 

Le prieuré des Nobis est classé au titre des Monuments Historiques dès 1974 et devient rapidement la propriété de la commune de Monteuil Bellay.

 

 

Archives D'Anjou, Recueil De Documents Et Memories Inedits Paul Alexandre Marchegay

 

Société archéologique de Touraine

 

 

 

 

 


 

(1) Pourtant, il est à propos de remarquer que les armoiries sont différentes. Les Berlay portaient d'azur à la croix d'argent ancrée et trèflée aux extrémités; les du Bellay, d'argent à la bande de fusées accostées et accollées de gueules, accompagnée de six fleurs de lys d'azur en orle.

(2) L’an 1044, le roy Henri 1er (roi des francs) donna à Geoffroy Martel l’investiture du comté de Touraine. Geoffroy assiégea Tours, et les deux comtes Estienne et Thibauld étant venus au secours de la place, Geoffroy les défit dans une bataille et Thibauld fut fait prisonnier avec un grand nombre de chevaliers. Thibauld pour avoir la liberté céda à Geoffroy la ville de Tours, et celui-ci lui en fit hommage.

Geoffroy II Martel épouse  successivement:

-          Agnès de Bourgogne-Comté, fille d'Otte Guillaume et d'Ermentrude de Roucy (1 janvier 1032). Agnès était alors veuve de Guillaume d'Aquitaine. Elle est répudiée vers 1050 probablement car elle n'a pas donné d'enfant à Geoffroy ;

-          Grecia (Gracie, Grécie, Grâce) veuve de Bellay de Montreuil-Bellay qu'il répudia à son tour ;

-          Adèle fille d'Eudes (de Blois ?) ;

-           Grecia qu'il reprend quelques temps ;

-          Adélaïde Theutonice.

 

(3)   Annales ord.s. Bened, IV

 

(4)   Dans les chartes on trouve Castrum monasleriolum (1048-80) ; Mosteroles incolas (1060-80); Mosleriolum (1060); Mosleriolum castrum Berlaii (1090-1100); Berlaicus de Monaslerulo (v. 1086); Willermus monachus de Monsleriolo (v. 1140); Berlaius de Castro quod dicitur Musteriolum (1090-1120); Mosterellum, Musteriolum et Monsteriolum, aux XIIe et XIIIe siècles; Mostereo Bellay; Monslrum Bellecaum.Le rapport de Miromesnil (1699) porte : « Montreuil, nommé ordinairement Montreuil-Bellay. » Voir C. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire.

 

(5)   Regnaud était oncle et tuteur du jeune Berlay, seigneur de Montreuil.


05 avril 2021

En sonnant les cloches de l'abbaye de Fontevrault le lundi de Pâques, les habitants de Montsoreau gagnaient une barrique de vin

En sonnant les cloches de l'abbaye de Fontevrault le lundi de Pâques, les habitants du seigneur de Montsoreau gagnaient une barrique de vin

LES GENS DE MONTSOREAU BOIVENT A CASSER LA CORDE

On dit boire comme un sonneur.

C'est boire à perdre la raison,

Et l'on a, ma foi, bien raison.

Le dicton : boire à tire la rigot, ou plutôt à tire la Rigaude, ne serait pas particulier aux sonneurs de la laineuse cloche la Rigaude.

Par une tradition établie, les habitants de Montsoreau gagnaient une barrique de vin de Fontevrault si, en sonnant les cloches de l'abbaye, le lundi de Pâques, ils réussissaient à casser les cordes.

Ceci était stipulé dans cette même charte de 1216 dont la copie de 1678 établit la survivance à cette époque.

Le droit de couper un mai dans les bois de l'abbaye n'était donc pas la seule petite vexation créée par les seigneurs de Montsoreau.

 La donation de la terre de la Jaquerie comportait encore cette clause :

« L'abbesse doit, chaque année, ouvrir les portes de son cloître, le lundi de Pâques, à la procession de la paroisse de Montsoreau, lors de son pélerinage au tombeau de Gautier, seigneur de Montsoreau, inhumé dans l'église de l'abbaye ».

Le baron de Montsoreau explique ce droit dans un exposé de ses titres au comte d'Anjou :

« ... Est aussi tenu le curé de Rest de se transporter au lieu où est enterré et sépulturé Gautier de Montsoreau, prédécesseur de ma dite baronnie et icelui dire un Subvenite avec l'oraison des trépassés, et pour cela faire, je lui dois à chaque an 10 sols.

« ... Item, j'ai aussi droit de faire mener paroisse de Rest, par manière de procession, au grand moustier de Fontevrault, lendemain de Pâques, par le curé dudit lieu de Rest, et porter croix et bannière, et incontinent quand la dite procession sera à Fontevrault, et nos gens et officiers peuvent visiter et monter sonner les cloches et s'ils [ne] peuvent rompre une des cordes, l'abbesse leur doit un coteret de vin. » (Copie de 1678).

Ce [ne], qui existe dans une transcription et n'existe pas dans une autre, laisse indécis sur l'interprétation ; mais il semble toutefois que le coteret de vin était la récompense pour avoir sonné à toute volée.

Cela comportait bien une vexation de la part du seigneur de Monsoreau et l'exercice d'une prérogative, car, à toute époque, les monastères ont défendu jalousement leurs droits de sonneries de cloches.

 

  (Port Rest sous Montsoreau - Embarcadère de Montsoreau - Quai Philippe De Commines, 49730 Montsoreau)

 

LE MARCHÉ DES VINS DE LOIRE

MONTSOREAU - 11km de Saumur. Ce site troglodytique original propose un parcours insolite et initiatique à la découverte des différentes appellations de la Vallée de la Loire. Le parcours de visite présente 10 étapes œnologiques et se veut un lieu de convivialité propice au partage des goûts et des saveurs.

https://www.ot-saumur.fr/LE-MARCHE-DES-VINS-DE-LOIRE_a43039.html

 

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1229 siège de Bellême dans l'Orne. Blanche de Castille Pierre de Mauclerc (site historique de la croix Feue Reine)

1229 siège de Bellême dans l'Orne

Les suites de la guerre amenèrent l'armée royale dans la province du Perche en plein hiver.

 La reine, assistée de Thibault de Champagne et des autres barons, mit le siège devant le château de Bellême que Mauclerc tenait en fief de la couronne.

Le duc renonça à son hommage envers Louis IX et défia personnellement le roi (il avait quinze ans), janvier 1229.

Il y avait longtemps qu'on n'avait vu un si éclatant exemple de la rupture du lien féodal.

Le plateau sur lequel l'armée était campée est le lieu- dit aujourd'hui, par commémoration, la Croix- feue - Reine, en face de Bellême.

Le siège du château de Bellême ne fut point œuvre facile.

Guillaume de Nangis, historien du roi saint Louis, affirme dans ses chroniques que le château de Bellême  "paraissait inexpugnable tant par son site naturel, qu’à cause de la puissance des murs et des tours".

 Il fallait retenir les troupes sous le drapeau, contrairement aux habitudes militaires qui ne retenaient les combattants que pendant la saison d'été. Aux difficultés obsidionales s'ajoutèrent les obstacles de la saison ; on était en hiver, et le mois de janvier habituellement froid dans le Perche fut cette année d'une rigueur inaccoutumée.

Le plateau de la Croix-feue-Reine est élevé et exposé au vent froid du nord. Soldats, chevaux, bêtes de somme, succombaient à l'intensité de la saison.

On amoindrit cette rigueur par une destruction immense d'arbres dans ce pays naturellement boisé et couvert. Tout y passait indistinctement. Autre obstacle : la guerre d'alors était une dévastation générale des hommes et des choses de la terre; les guerriers de l'un et l'autre parti livraient à la destruction villes, bourgs, chaumières, produits de l'agriculture.

Après ces ravages, les moyens de subsistances devenaient fort difficiles pour les armées suivantes. Le gouverneur du château de Bellême sommé de se rendre, répondit qu'il ne livrerait point ce qui lui apparut tenait : reddere non volebat affirman sillud ad suam jurisdictionem pertinere.

Les premières tentatives d'attaque furent sans résultat.

La forme de l'ancien emplacement du château telle qu'elle subsiste encore, malgré des travaux de déblayement et d'aménagement entrepris à des époques diverses, donne l'idée de l'obstacle de la lutte et du succès momentané de la défense. Nul lieu dans le pays n'est plus élevé, plus circonscrit, plus entouré de pentes abruptes. Le ravin de Saint-Santin, conservé dans son état primitif, donne l'idée des difficultés naturelles qui protégeaient l'asile de Mauclerc.

Au commencement du siècle subsistaient encore de puissantes masses de maçonnerie, des tours, des murs d'enceinte, tous obstacles ajoutés par la main de l'homme à une position que la nature avait admirablement préparée pour la défense.

Les ingénieurs de l'armée de Blanche, habiles dans l'art des sièges, comme on l'était alors, mettant en jeu les machines de sape, de mine et de renversement, employèrent toutes les ressources de la guerre.

Des tentatives successives de brèche étant restées sans succès, de puissantes machines, dites Mangonnaux, qui lançaient des pierres d'une grosseur prodigieuse contre les murailles et d'autres plus petites contre les assiégeants, furent dirigées contre le château et achevèrent ce qu'avaient préparé les efforts précédents. Les défenses d'approche furent forcées, les habitants et les soldats poursuivis d'abri en abri s'avouèrent vaincus et invoquèrent une clémence qui leur fut généreusement accordée.

 

Cette conquête faite, les autres du pays devenaient aisées.

Se rendirent successivement: La Perrière, Saint-Jacques-de-Beuvron, Villeray, Clinchamps, Ceton, Préaux, Le Theil, et autres lieux.

Le roi dAngleterre abandonna le duc de Bretagne vaincu.

En juin 1231, Blanche jugea trop difficile d'accabler Mauclerc, et comprit la nécessité d'une transaction; on convint d'une trêve de trois ans.

Ce fut la fin des troubles de la minorité de Louis IX.

Les Ligueurs avaient échoué dans leurs efforts pour fouler et jeter hors l’étrangère, comme ils disaient, alors que le fils de l'étrangère n'était qu'un enfant des affections, duquel on n'avait point à tenir compte.

 

 

 

 

 

La croix de la Feue Reine, par abréviation Croix-Feue-Reine, Croix-Furène : chronique percheronne / par le Dr Jousset,...

 

 

Le 16 mars 1227, le traité de Vendôme formalise leur soumission. <==....

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Le 16 mars 1227, le traité de Vendôme formalise leur soumission.

Blanche de Castille est magnanime. Loin de punir les traitres, elle récompense leur allégeance, espérant sans doute les faire rentrer dans le rang…

Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, reçoit les villes d'Angers, du Mans, de Baugé et de Beaufort en Vallée. Il est convenu que sa fille Yolande, autrefois promise au roi d'Angleterre, épousera Jean, comte d'Anjou et du Maine, frère cadet de Louis IX.

Hugues X de Lusignan, seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême obtient la somme colossale de 10 000 livres tournois.

Son fils sera marié à Isabelle de France, soeur de Louis IX, et sa fille, à Alphonse de Poitiers, frère du roi.

Mais la soumission de Mauclerc et de Lusignan n'est qu'apparente.

Malgré les concessions faites par Blanche de Castille, le traité de Vendôme ne sera suivi que d'une simple trêve.

 Dès le mois de décembre 1228, Pierre de Dreux, duc de Bretagne, Enguerrand de Coucy, Hugues X et Philippe Hurepel, toujours fortement déçus par la régence de Blanche de Castille, se réunirent secrètement à Corbeil et projetèrent d’enlever le jeune roi lors d’un de ses déplacements.

Ainsi, alors que la reine mère et son fils se dirigeaient vers Orléans, les barons rassemblés à Étampes, Dourdan et Melun, saisirent l’occasion pour leur tendre une embuscade du côté d’Étréchy.

 

Toutefois, avertis par un envoyé du comte de Champagne Thibault, le complot échoua. L'enfant-roi Louis IX, mis en sûreté au château de Montlhéry, échappait à ses ravisseurs. Le traité de Vendôme venait d’être bafoué.

 

Les alliances et les priorités politiques enterrent définitivement ce qui a été acté à Vendôme.

Les projets de mariages, clauses principales du traité, sont remis en cause. Le mariage d’Alphonse de France avec Isabelle de Lusignan avorta. Alphonse devait épouser, en 1234, Jeanne, l’héritière du comté de Toulouse.

Le futur Hugues XI le Brun, celui-là même qui avait été promis à Isabelle de France, épouse en 1236 Yolande de Dreux, fille du duc de Bretagne Pierre Mauclerc.

Isabelle de France, après avoir refusé la main de Conrad fils de l’empereur Frédéric II, fonda le monastère des clarisses à Longchamp près de Paris et resta célibataire sa vie durant.

 

Curçay sur Dive, ses églises, son donjon, le pont de la reine Blanche de Castille et Saint Louis. <==.... ....==> 1229 siège de Bellême dans l'Orne. Blanche de Castille Pierre de Mauclerc (site historique de la croix Feue Reine)

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Chinon 21 février 1227, Blanche de castille reine mère de Louis IX, futur Saint Louis

Chinon 21 février 1227, Blanche de castille reine mère de Louis IX, futur Saint Louis

A la mort de son père le roi Louis VIII, en novembre 1226, Louis IX, futur Saint Louis, n’a que 12 ans.

 Sa mère, Blanche de Castille, dite "La Reine blanche", prend la régence conformément au testament de Louis VIII, exerce la régence du Royaume jusqu'à la majorité du nouveau monarque.

Les grands du royaume, très insoumis de leur nature, complotèrent de se soustraire à l'autorité royale.

Sous prétexte de ne devoir pas reconnaître le pouvoir d'une étrangère, ils se coalisèrent, et commirent même la faute d'invoquer le secours de l'étranger, de l'Anglais.

Un de ces seigneurs, le plus puissant de tous par ses possessions, son habileté militaire, Pierre de Mauclerc (le mauvais clerc), duc de Bretagne, aidé des grandes maisons poitevines, le premier s'agita. Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean Sans Terre, mère du roi d'Angleterre Henry III et épouse d'Hugues de Lusignan qu'elle pousse à la révolte avec acharnement.

Ainsi, Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, Hugues de Lusignan, comte de la Marche et Thibaud, comte de Champagne ont-ils monté une coalition et apporté leur soutien à Henri III, roi d’Angleterre.

Hugues de Thouars, pourtant proche de feu le roi Louis VIII a aussi rejoint les conjurés, sous l’impulsion de Savary de Mauléon.

Thouars est alors choisi comme lieu de rendez-vous pour les seigneurs d’Aquitaine et leurs troupes afin d’accueillir Henri III et de prendre le trône de France.

 Blanche ne s'effraya point de ces difficultés ; douée d'une forte organisation, d'une merveilleuse puissance, ayant la soif et le génie du pouvoir, possédant la force, le courage, la persévérance, toutes les vertus viriles sans rien perdre de l'adresse ni des grâces insinuantes de son sexe, elle résolut de tenir tête à l'orage, de prendre même l'offensive contre Mauclerc.

Alors que les coalisés rassemblent leurs forces à Thouars (Deux Sèvres), Blanche de Castille convoque l'ost royal (armée).

Le 20 février 1227, elle est à Tours.

Le lendemain à Chinon 21 février.

Le 22 février 1227, elle arrive à Curçay sur Dive où se tiennent les pourparlers.

 

 

.Mille ans de l’Histoire de Chinon (tour du Coudray de la forteresse Royale)<==.... ...==> Curçay sur Dive, ses églises, son donjon, le pont de la reine Blanche de Castille et Saint Louis.

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03 avril 2021

Voyage dans le temps au siège de Parthenay en 1419 par M. la Fontenelle de Vaudoré

Voyage dans le temps au siège de Parthenay en 1419 par M

Une copie vidimée d'une charte du mois d'août 1419, qu’on peut considérer comme la charte originale elle-même, parce qu'elle a été faite la même année, en mars (qu'on ne s'étonne pas de cette coïncidence, l'année commençait alors à Pâques), me donne occasion de parler du siège de la ville de Parthenay, de la même année.

Ce fait d'armes important pour la province du Poitou et d'un certain poids dans la balance générale des grands événements de l'époque, et surtout le traité particulier qui le termina, n'avaient jamais été parfaitement connus.

On en savait quelque chose d'après les documents du temps , notamment par une lettre de Charles VI (1) et par Juvénal des Ursins (2) et d'autres écrivains de l'époque; mais c'est la charte dont M. Dorfeuille (3) a fait hommage à la Société, et sur laquelle j'ai rédigé cet article, comme rapport détaillé, qui fait connaître précisément à quelle condition l'armée du Dauphin, depuis Roi sous le nom de Charles VII, et ayant assumé sur sa tête l'autorité royale dans l'Ouest de la France, pendant la démence du Roi Charles VI, son père, consentit à la levée du siège de Parthenay.

 On voit les mesures prises par chacune des parties pour la conservation de ses droits, et les précautions jugées nécessaires pour neutraliser, en quelque sorte, un point important, le château et la ville de Parthenay, et même la contrée qui en dépendait.

On comprendrait difficilement les causes qui amenèrent le siége de Parthenay, à l'encontre d'un grand vassal qui ne s'annonçait pas en rébellion ouverte contre son suzerain le comte de Poitou, et les conditions faites pour la levée de ce siège, si on ne connaissait pas exactement la position réelle des choses d'alors, pour le Dauphin-régent et Poitiers dont il avait fait sa capitale.

Disons donc quelques mots de généralité pour l'intelligence du sujet particulier à traiter ici.

Le Dauphin Charles, troisième fils du Roi Charles VI et de la Reine Isabeau de Bavière, de malheureuse mémoire, était devenu comte de Poitou, à la suite de son grand-oncle Jean, duc de Berry, et du Dauphin Louis; et il avait pris possession de cet apanage, au moment où les troubles, en France, devinrent de la nature la plus inquiétante.

Lorsqu'eut lieu l'entrée des Bourguignons et le massacre des Armagnacs à Paris, le Dauphin Charles fut sauvé de l'hôtel St-Paul par Tanneguy du Châtel qui l'enveloppa dans un linceul, et, monté sur le cheval que lui procura Robert-leMaçon (4), depuis son chancelier, ce prince chercha tout d'abord un asile à Poitiers.

Une des plus belles constructions du duc Jean de Berry, le château de Clain-et-Boivre (Le château triangulaire de Poitiers) dont le savant et vénérable collègue dont nous pleurons la perte, M. l'abbé Gibault, nous a fait un portrait si enchanteur (5), devint alors le Louvre ou les Tuileries du véritable Souverain de la France.

Mais à l'Est, vers Paris, étaient des provinces qui avaient pris parti contre lui, et qu'occupaient les Bourguignons et les guerriers du parti anglais; au Midi, à Bordeaux, se trouvaient les Anglais eux-mêmes; au Nord, c'était la Bretagne, dont le duc flottait entre les deux partis, et qui ne tarda pas, comme on disait alors, à se faire bourguignon.

Le Dauphin-régent devait assurer sa nouvelle capitale, en l'entourant d'un pays, sinon entièrement soumis, du moins dont il n'eût rien à craindre.

Ainsi il avait tout près de lui les possessions de la maison d'Anjou, qui venaient presqu'aux portes de Poitiers, à Mirebeau.

Mais, époux de la belle et vertueuse Marie d'Anjou, et gendre chéri de la reine de Sicile, duchesse d'Anjou, Yolande d'Aragon, le pouvoir de Charles n'avait rien à craindre de ce côté, il ne pouvait en espérer que des secours et de bons conseils.

Or, il était un grand vassal du comté de Poitou, dont les domaines s'avançaient jusqu'à cinq lieues de la capitale de la province, à Cramart, près Ayron. Je veux parler ici de Jean de Parthenay - l'Archevêque, véritable souverain de la Gâtine, comme puîné de la royale maison de Lusignan, et descendant du chef d'une ancienne peuplade fixée et possessionnée dans notre contrée.

Le sire de Parthenay s'était toujours montré attaché au parti bourguignon et prêt à entrer en opposition avec l'autorité royale; il était déjà âgé, sans enfant, et ses héritières naturelles étaient ses deux sœurs, savoir : Jeanne de Parthenay, mariée à Guillaume, comte de Tancarville et de Melun, et Marie de Parthenay, épouse de Louis de Châlons, comte de Tonnerre.

 Sentant l'importance de la réunion de la Gâtine et de Parthenay, qui en est la capitale, au comté du Poitou, Charles VI avait traité avec Jean l'Archevêque pour avoir, à sa mort, ses importantes possessions. Le Dauphin avait fait un pareil acte, mais cette sorte de convention de succéder ne devait avoir d'effet que pour l'avenir.

Or, la possession actuelle de Parthenay et de son territoire par les ennemis du Régent pouvait avoir un résultat désastreux pour la cause de celui-ci, et il était instant, dès-lors, de prendre des mesures à ce sujet.

 

Pont Levis le château de Fouras en état de siège

La guerre civile désolait effectivement la France dans les premiers mois de 1419.

 Le Dauphin s'était emparé de Tours, et, dans un voyage en Limousin, il s'assura que cette province résisterait aux efforts des Anglais, qui pouvaient arriver par la route de Bordeaux.

Mais on savait que Jean l'Archevêque était de plus en plus en relation avec le parti bourguignon. Or, ce seigneur avait nombre de bonnes forteresses au cœur du Poitou (6); et Parthenay, à dix lieues de Poitiers, occupé par l'ennemi, aurait sans doute obligé la Cour et le Parlement de prendre un refuge ailleurs.

C'était, du reste, une position dont il était utile, sous un autre point vue, de ne pas laisser prendre possession à d'autres.

Parthenay, au dire de Juvénal des Ursins, l'un des membres du Parlement de Poitiers dont j'écris l'histoire, après en avoir lu tous les registres; Parthenay était une ville trèsforte et même reputée imprenable, ayant trois paires de fossés et deux paires de murs qui l'entouraient.

 Le château était aussi très-fort, et on n'y craignait pas la famine, car, au dire du même écrivain, il était suffisamment approvisionné de seigle, grain qui se garde dix ans ( je laisse toujours parler l'auteur), tandis que le froment ne se conserve guère.

 De plus, la garnison était nombreuse et composée d'hommes de grand cœur, ou Francs, comme on le disait et comme on le dit encore dans le pays.

 Ils étaient commandés en chef par deux vaillants chevaliers de la contrée et de la même maison , Guischard et Gilles d'Appelvoisin (7); ce dernier était plus connu sous le nom de messire Gilles.

 Sous eux, on remarquait de nobles guerriers du même pays, dont les familles existent encore ou ne se sont éteintes que beaucoup plus tard et après avoir jeté de l'éclat, savoir : Guille ou Guillaume de la Court (8), Guillaume Perceval. Chabot (9), Jean Sauvestre (10), Guillaume Jousseaume (11), Micheau Baudouin (12), Jean de Nuchèze (13) et Jean Chauvereau.

Pour attaquer une place aussi forte et si en position d'être défendue, le Dauphin réunit un bon corps d'armée, composé des guerriers des différentes provinces soumises à l'ennemi qui s'étaient réfugiés près de lui, des contingents des pays en son pouvoir, et surtout de guerriers de la province de Poitou.

Le commandement de l'armée fut donné au prince Philippe d'Orléans, comte de Vertus (14), à qui le Régent concéda le titre de capitaine général du Roi et de lui Dauphin ès pays de Guienne et de Poitou, et au sire de Torsay (15), grand-maître des arbalétriers de France, et ces deux généraux avaient sous eux des capitaines expérimentés.

Parthenay fut donc investi, et on employa d'abord touts les moyens en usage pour arriver à une prompte réduction, sans pouvoir y parvenir.

Mais, plus tard, on usa aussi d'une tactique qui ne fut pas infructueuse, ainsi qu'on le verra bientôt. Il y avait, dans l'intérieur de la ville et au château, plusieurs gentilshommes poitevins, grands propriétaires et très-attachés au sol, dont les maisons et les domaines étaient hors de la ville et dans le surplus de la Gâtine, on leur fit notifier que s'il n'y avait pas capitulation, on confisquerait leurs biens et que tout d'abord on les séquestrerait, en commençant par abattre et détruire les bâtiments.

Pour quelques-uns, et d'abord pour ceux qui passaient pour les plus bourguignons, la menace fut suivie de l'effet.

Pendant ce temps, messire Gilles sortait touts les jours hors de la ville, bien monté et bien armé, invitant chacun des chevaliers dauphinois à venir rompre une lance avec lui.

Souvent le défi était accepté; et toujours vainqueur, tant grande était sa force, tellement supérieure était son adresse, il ne prenait jamais que le cheval de celui qu'il abattait, et un marc d'argent : tel était son taux, dit le chroniqueur ; c'était toute loyauté de sa part.

Il en était autrement de Lévesque, dit le Capitaine-Noir, véritable chef de brigands, qui se tenait le plus souvent dans les bois, et en sortait à la dérobée pour faire grand dommage à l'armée des assiégeants, en empêchant la venue des vivres, et en surprenant et mettant à mort, sans miséricorde, ceux qui s'écartaient.

Aussi les Dauphinois agissaient de la même manière avec les soldats de Lévesque; autant ils en prenaient, autant ils en pendaient. La mort par les armes leur semblait même trop douce et trop honorable pour de tels brigands.

 

 

 

Château de Tennessus - Voyage dans le temps au siège de Parthenay en 1419 par M

Près de Parthenay est un vieux château qui a appartenu longtemps à une famille, l'une des plus anciennes et des plus illustres du Poitou, aux Châtaigner, qu'on a appelés, non sans raison , les Montmorency du Poitou (16).

Le vieux château de Thenessu (Château de Tennessus- Amailloux), était alors un château, bien fortifié et en rase campagne, susceptible de résister longtemps.

 Toujours est-il qu'un détachement de l'armée du comte de Vertus vint l'investir, et que cette petite forteresse, en bon état de défense, bien pourvue de vivres et d'hommes, se trouva en position de résister autant que la ville de Parthenay elle-même.

Mais les négociations et les intrigues, comme plus tard, dès ces temps éloignés, dominaient la politique de cour; on répugnait peut-être aussi, lorsqu'on était français, à se diviser, au lieu de se réunir contre les ennemis nés de cette époque, les Anglais, que la nationalité française devait rejeter en dehors de l'ancien sol des Gaules.

Telle était l'idée fixe et toute naturelle du moment (17).

Puis, il faut le dire, il y avait alors une puissance très-grande, qui avait été et qui était encore envahissante

au-delà de ses limites, mais qui aussi, par contre, dans ces siècles lointains, répondait au principe d'où elle partait, en essayant de rétablir la paix dans la chrétienté.

Je veux parler de la Cour papale d'Avignon ou de Rome, qu'importe, qui si souvent est intervenue dans les guerres anglo-françaises, et qui a, autant qu'elle l'a pu, par exemple, voulu éviter à la France l'échec d'auprès de nous, la défaite de Maupertuis.

Au temps pour lequel j'écris, le Dauphin et le duc de Bourgogne essayèrent d'arriver à une conférence près de Paris, et ce fut surtout à l'instigation d'un légat du Pape, l'évêque de Léon, qui fit, à cette occasion, plus d'un voyage, se portant successivement près des chefs des deux partis, qu'on obtint un résultat quelconque.

Enfin, par suite de ces pourparlers, il y eut, le 15 juillet, une entrevue du Dauphin et du duc de Bourgogne, sur la chaussée d'un étang, à Pouilly-le-Fort, près de Melun, et un traité fut arrêté portant que les deux partis qui divisaient le royaume se réuniraient pour chasser, d'un commun accord, les Anglais de France.

Le 19 du même mois de juillet, Charles VI, ou plutôt la Reine et son conseil, au nom du Roi, donnèrent une ratification du traité de Pouilly, avec des dispositions fort étendues, et ayant toutes pour but le rétablissement de la tranquillité.

Il y avait notamment une clause portant que le siège de Chartres, fait par les Bourguignons, et le siège de Parthenay, entrepris par les Dauphinois, seraient également levés. Mais quant à cette dernière place, il y eut en outre des arrangements spéciaux qui furent négociés particulièrement par Guillaume Cousinot (18), magistrat d'une grande distinction, qui fit divers voyages de la Cour à Parthenay, et de Parthenay à la Cour.

Il eut aussi plusieurs conférences avec Jean l'Archevêque, et avec les chevaliers et officiers de ce haut vassal, et les notables bourgeois de la ville de Parthenay, réunis en conseil.

Outre les chefs dont nous avons parlé, on voyait figurer dans ces assemblées maître Jéhan de la Chaussée (19), homme de robe et bailli de Gâtine, c'était le principal conseiller du sire de Parthenay, et aussi Jean Bazelleau , Pierre Roygne , Loys Moysen (20), Jacques de St-Gelais (21), François Audebaut, Gabriel de Courdaut, Pierre Chusent, André Moriceau et Pierre Chambon.

Les négociations devinrent plus faciles par le rapprochement du Dauphin, qui vint à Poitiers pour faire exécuter la pacification et réunir, comme il était convenu, une armée afin de marcher contre les Anglais.

Il en résulta le traité particulier pour Parthenay, dont les clauses sont inscrites dans la charte qui donne lieu à cet article.

 

Elle est datée de Parthenay-le-Vieil, le dernier jour d'août 1419, et émanée du comte de Vertus seul, agissant comme lieutenant et capitaine-général du Roi et du Dauphin en Poitou et Guienne.

On y voit qu'il a été arrêté entre les contractants que la paix générale du royaume devait être publiée à Parthenay et à l'armée qui assiégeait cette ville, et que cette publication faite, le gouverneur de Parthenay installé, et les serments qu'on va mentionner prêtés, cette même armée devait lever le siége et se retirer.

Aussitôt les seigneurs et autres possesseurs de domaines occupés au nom du Dauphin, devaient en reprendre possession, nonobstant touts dons que celui-ci pouvait en avoir faits, depuis les hostilités.

 Pareillement les ecclésiastiques dépossédés de leurs bénéfices, de la même manière, devaient les reprendre en expulsant les titulaires intrus.

Le sire de Parthenay protestait, du reste, que, nonobstant cet acte et le traité général, son intention était de ne rien préjuger sur l'exécution des contrats faits entre lui et le Roi et le Dauphin.

 Enfin, un point principal était l'établissement dans le château et la ville de Parthenay d'un capitaine nommé par le duc de Bourgogne, agréé par le Dauphin, et auquel le sire de Parthenay devait donner entrée.

Le choix des deux princes s'était porté sur Regnier Pot, chevalier, seigneur de la Périgne, homme de guerre distingué et conseiller habile, que l'on trouve nommé dans des lettres (22) de Charles VI, du 28 avril 1407, comme devant assister, avec les princes du sang et les grands officiers de la couronne, aux grands conseils secrets et privés.

 

Or, Regnier Pot accepta le poste de confiance qui lui était assigné, et, rendu sur les lieux, son installation fut le complément du traité. Mais cette même prise de possession devait être précédée de serments qui contenaient les obligations respectives des parties.

 C'était alors l'usage de prendre Dieu à témoin qu'on voulait exécuter les conventions que l'on faisait souvent sur des points bien minimes. Ici au moins les traités qu'on faisait avaient une grande importance.

Le premier appelé à faire son serment fut le sire de Parthenay qu'on mettait en tutelle, on peut le dire, et qui cessait, par les conventions faites, d'être le maître chez lui. Il promit de tenir et garder la paix, ordonnée par le Roi, de concert avec la Reine, le Régent et le duc de Bourgogne, et jura de se conformer aux dispositions du traité; de ne point faire la guerre aux sujets et pays du Régent, et d'obéir à ce prince comme à son seigneur naturel; de garder la ville et le château de Parthenay en l'obéissance du Régent, sans pouvoir y laisser entrer qu'un nombre d hommes de guerre déterminé et restreint et la compagnie de Regnier Pot, commis à la garde de la place; que nonobstant que les contrats faits entre lui et le Roi et le Régent ne fussent renommés et repris, ce sont les expressions, il ne souffrirait faire guerre dans le pays de Poitou, ou ne s'en mêlerait pas.

En second lieu, les chevaliers, écuyers, officiers et serviteurs du sire de Parthenay, et les manants et habitants de la ville, furent appelés à faire serment.

Ils jurèrent d'être bons, vrais et loyaux sujets et très-obéissants du Régent, comme à leur seigneur naturel, comte de Poitou; de garder loyalement la ville en son obéissance, et de ne pas même souffrir que leur seigneur direct, le sire de Parthenay, levât pennon dorénavant, pour faire la guerre aux sujets et aux pays du Régent.

Ils ajoutèrent à ces promesses celle-ci d'un grand intérêt pour le Dauphin, qu'arrivant le cas du décès du sire de Parthenay, ils ne souffriraient pas que la ville et le château de Parthenay fussent livrés à autres qu'au Roi, au Dauphin ou à officiers députés par eux, suivant les traités faits entre le Roi et le Régent d'une part, et le seigneur de Parthenay de l'autre, et au cas où ces traités seraient renouvelés et maintenus.

 Et au cas de non-renouvellement ou défaut d'effet, les seigneurs, officiers et bourgeois de Parthenay promettaient d'empêcher qu'on ne levât pennon pour faire guerre, par ce motif, dans le pays de Poitou, à moins qu'on ne vînt attaquer Parthenay.

Ce fut en troisième lieu le tour de Regnier Pot, seigneur de la Périgne, de faire son serment. Il promit solennellement de garder la ville et le château de Parthenay au profit de Jean l'Archevêque, durant sa vie, et de le garder et ses sujets de tout dommage. Il jura d'obéir audit seigneur tant qu'il aurait la charge de ladite ville et du château, excepté si celui-ci voulait le mettre dehors et ses gens, ou y introduire au-delà du nombre d'hommes y étant alors ou ordonnés y être par le traité fait avec le duc de Bourgogne, le Régent et le sire de Parthenay, et à moins de conventions contraires arrêtées entre eux.

Pour en finir, c'était le tour des barons, chevaliers et écuyers du Poitou étant au siége de Parthenay. Ils firent serment de garder et observer la paix générale du royaume, en la forme et manière que le Roi l'avait ordonnée, et qu'elle était portée dans le traité; de ne faire guerre au seigneur de Pathenay, ni de souffrir qu'on la lui fît, nonseulement à lui, mais encore à ses pays, à ses sujets, chevaliers, écuyers, officiers et serviteurs.

 Ils ajoutèrent la promesse de ne point agir par voies de fait sur ces mêmes personnes.

Alors, les serments faits, la paix publiée, et le seigneur de la Périgne mis en possession du gouvernement de Parthenay, ce qui fut sans doute assez désagréable pour Jean l'Archevêque, le comte de Vertus et son armée levèrent le siége de Parthenay et du château de Thenessu, et se dirigèrent sur Poitiers où le Dauphin réunit une armée de 20,000 hommes, pour se porter à l'encontre des Anglais, comme on l'avait arrêté à Pouilly-le-Fort.

Mais la France n'était pas encore au moment d'être délivrée d'une domination étrangère, et auparavant elle devait être livrée aux plus grands malheurs.

En effet, peu après eut lieu le néfaste événement du pont de Montereau, grande difficulté historique à résoudre, et plus tard le siége d'Orléans.

Il fallait quelque chose de miraculeux pour arracher le royaume à un océan de maux. On sait ce qu'eurent de merveilleux peut-être, d'héroïque au moins  les faits et gestes de la vierge de Vaucouleurs. ….

 

…. Mais je vais trop loin.

 

 Arrêtons-nous à cet épisode des guerres du commencement du XVe siècle, au siége de Parthenay et à sa levée, par suite d'un traité dont nous devons l'exacte connaissance des clauses à la charte dont on a doté nos archives.

Cette convention fut très-importante pour Poitiers, puisqu'elle conserva au Dauphin-régent sa libre résidence dans cette ville, par l'espèce de neutralité convenue pour Parthenay, dont la possession future était, du reste, assurée à l'autorité royale.

Ainsi notre ville, sans crainte d'avoir une ville ennemie à 10 lieues d'elle, fut maintenue dans sa haute position de capitale de la France non envahie par l'ennemi, et de résidence de la Cour et du Parlement, position dont elle jouit pendant 18 années, de 1418 à 1438.

Il est aussi un autre point de vue sous lequel on doit considérer les conventions consignées dans la charte de 1419. Je veux parler de la singularité, surtout pour le temps, des clauses portées dans le traité pour la levée du siége de Parthenay, et formulées dans les quatre serments distincts prêtés par des parties ayant aussi des intérêts différents.

En premier lieu, c'est le sire de Parthenay qui parle comme un chef humble et résigné, et quelques années avant il était souverain absolu, en quelque sorte, sauf l'hommage à son suzerain le comte de Poitou.

Mais un second serment est fait, il est l'acte d'un autre pouvoir, c'est la classe immédiatement inférieure, celle des chevaliers et écuyers de la Gâtine, réunie à la bourgeoisie de la ville de Parthenay, ou à la classe moyenne. Qu'il y avait loin de ces vilains taillables et corvéables à volonté, choses plutôt qu'hommes aux XIe et Xlle siècles, à ces bourgeois de Parthenay prenant part à des traités politiques au XVe siècle !

Mais les années avaient suivi leur cours.

Alors, le pouvoir féodal s'annihilait, et la société marchait vers un autre ordre de choses; en un mot, le moyen-âge, ce temps si chevaleresque, si riche en détails curieux pour l'histoire, mais en même temps trop peu prodigue de sûretés pour les personnes et les propriétés, s'effaçait insensiblement et cédait la place à une ère nouvelle, qui est celle sous laquelle nous vivons.

 

 

 

 

 

Georges Ier de la Trémoille <==.... .....==> Un compagnon de Jeanne d'Arc à Parthenay ; Arthur III, comte de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne

 

 


 

 

Notice Historique sur le Château Triangulaire de Poitiers - Jean de France, duc de Berry et comte de Poitou -
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, la ville est sous domination de la couronne d'Angleterre après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt en 1152. De cette époque date la construction d'une vaste enceinte, qui remplace l'ancien rempart gallo-romain.

 

Niort le 21 septembre 1418, le dauphin Charles institut par une lettre la translation du Parlement royal à Poitiers
La guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons qui sévissait alors, ne justifiait que trop bien ces précautions. Comme le duc de Berry était un des principaux chefs du parti Armagnac, le roi Charles VI ordonna la confiscation de son comté de Poitou.

 

(1) Insérée dans le Recueil des Ordonnances, t. XII, p. 263.

(2) Histoire de Charles VI.

(3) M. Dorfeuille, né à St-Maixent, d'une ancienne famille du Poitou, qui a marqué surtout dans les derniers siècles, s'est beaucoup occupé de l'histoire de sa province. On lui doit plusieurs notices, entre autres une sur les Taifaliens, sur le Dragon de Niort, etc. M. Dorfeuille a donné à la Société des Antiquaires de l'Ouest des chartes, des manuscrits, etc.  très-précieux pour le pays.

(4) On peut voir, à ce sujet, une ordonnance du 7 novembre 1420 portant concession à Robert-le-Maçon d'un péage en Anjou, à raison de ce service La circonstance relative au cheval y est positivement indiquée.

(5) Dans la Revue anglp-française, t. 1er.

(6) Vouvant, Mervent, Secondigny, le Coudray-Salbart, etc.

(7) La maison d'Appelvoisin a marqué grandement en Poitou, et elle n'est éteinte que depuis peu d'années. Il est ridicule de croire qu'elle vient d'Italie et qu'elle est la même que celle des Pallavicini.

Les Appel voisin sortent de la terre portant ce nom, entre la forêt de Chantemerle et la Châtaigneraye, en Bas-Poitou, vendue depuis peu d'années par Mme la marquise de la Brousse de Verteillac. Or, le nom de celleci est Tiercelin d'Appelvoisin de la Roche du Maine. D'Appelvoisin de la Roche du Maine, général français marquant du XVIe siècle, n'ayant qu'une fille unique, la maria à Tiercelin le lieutenant de sa compagnie d hommes d'armes, à charge d'unir les deux noms.

Des Appel voisin d'une branche cadette, notamment Bodinatière et Brebaudet, des environs de Fontenay-le-Comte, ont marqué dans les guerres de religion.

(8) Cette famille s'est éteinte vers Pouzauges, il y a environ un siècle.

(9) La maison de Chabot, encore existante et l'une des plus illustres du Poitou, remonte par titres à l'époque où a commencé l'usage des noms propres.

(10) Un Sauvestre est cité dans les mémoires du connétable de Richemont. Cette maison possédait la terre de Clisson-en-Boismé, près Bressuire, et c'est une héritière de ce nom qui l'a portée à un Lescure, du Midi de la France, venu en Poitou avec son oncle, l'un des évêques de Luçon.

(11) Les Jousseaume ont possédé les terres de Comméquiers et de la Forêt-sur-Sèvre. Le marquis de la Bretèche, de cette maison, a marqué assez comme officier général pour qu'une médaille ait été frappée en son honneur.

(12) Famille éteinte vers la Roche-sur-Yon, il y a moins d'un siècle, dans les seigneurs de la Lierre, dont la terre a passé à un Gazeau.

(13) Cette maison, encore existante, a fourni un évêque de Châlons.

L'un de ses membres a comparu au procès-verbal de la grande réformation de la coutume du Poitou.

(14) Frère du duc d'Orléans.

(15) Il fut aussi grand-sénéchal du Poitou.

(16) Pour peu qu'on connaisse l'histoire du Poitou, on sait ce que furent les sires de la Roche-Posay et d'Abain. L'évêque de Poitou, de cette maison, était un homme lettré, et il a publié plusieurs ouvrages.

La branche cadette de Thenessu s'est éteinte pendant la révolution.

L'érudit Duchesne a écrit l'Histoire de la maison de Châtaigner, qui a donné son nom à la Châtaigneraie, petite ville du Bas-Poitou.

(17) Aussi, dans la charte sur laquelle on a fait cet article, on voit que l'idée fixe est une paix générale intérieure de la France, pour agir d'un commun accord contre les Angloys enciens ennemys de cest royaulme. La position politique des deux nations l'une envers l'autre, au commencement du XVe siècle et actuellement, semble être tout autre.

(18) Il serait facile ici de faire une note assez curieuse sur Guillaume Cousinot, mais cela mènerait trop loin

(19) Gruel, dans les Mémoires d'Artus de Richemont, parle aussi de Jéhan de la Chaussée qui prenait son nom de la terre de ce nom, près du Thouet et de Gourgé, et ainsi nommée d'une voie romaine dont j'indiquerai la direction plus tard.

(20) Cette famille vient de s'éteindre.

(21) Les St-Gelais étaient une branche de la maison de Lusignan, possessionnée sur les bords de la Sèvre-Niortaise.

Le sire de Parthenay, à cause du Coudray-Salbart, étendait sa domination jusque dans ces parages.

(22) Ord. des Rois de France, t. XII, p. 225.