PHystorique- Les Portes du Temps

24 septembre 2020

Premières Journées du patrimoine au château fort de l'Ebaupinay

Premières Journées du patrimoine au château fort de l'Ebaupinay (1)

À l'occasion des journées du patrimoine, découverte du château de l'Ébaupinay (Deux-Sèvres). Sauvé grâce à une plateforme internet qui a vendu des parts du monuments, il appartient aujourd'hui à plus de 10.000 co-propriétaires qui assistent à la renaissance du château.

Premières Journées du patrimoine au château fort de l'Ebaupinay (2)

LAMHE des Mauges

Premières Journées du patrimoine au château fort de l'Ebaupinay (3)Etude et mise en pratique de traditions martiales européennes éteintes, depuis l'Antiquité jusqu'au début du XXème siècle, dans un but de préservation du patrimoine.

Premières Journées du patrimoine au château fort de l'Ebaupinay (4)

La Cour Intérieure en 360 du château fort de l'Ebaupinay

 Le pîgeonnier

Premières Journées du patrimoine au château fort de l'Ebaupinay (5)

J'ai acheté un château fort pour 50 euros ! le début de l'aventure<==

 

Posté par thierryequinoxe à 22:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


22 septembre 2020

Pâques le 5 avril 1170, au château de Niort, Aliénor présente aux barons Poitevins, Richard comte de Poitou âgé de douze ans.

Pâques le 5 avril 1170, au château de Niort, Aliénor présente aux barons Poitevins, Richard comte de Poitou âgé de douze ans

Une des premières préoccupations de la reine Aliénor fut de faire reconnaitre son Richard par ses vassaux ; dans ce but, elle l’emmena, lors des fêtes de Pâques 1170 à Niort, dans cette place, clé du Bas-Poitou, qu'Henry II a tenu à armer solidement en en reconstruisant le donjon.

Lors de la cour plénière permettant de régler les litiges et d’apaiser les discordes, Aliénor au nom de son fils, annula toutes les confiscations par Henri II dans les comtés d’Angoulême et de la Marche et d’autres seigneuries en Aquitaine.

 

Des seigneurs  concédèrent des marais de la Sèvre entre Damvix et Maillé dont ils ne possédaient plus sur iceux, que des droits féodaux, et n'en n'avaient plus la propriété totale, ainsi que le justifie le titre suivant :

In nomme domini nostri Jesu-Christi, notum sit omnibus hominibus tam praesentibus quam futuris quod ego Burgona, domina Leziniaci et Gaufridus, fîlius meus, et Guido et Aimericus et Wuillelmus de Valencia, quidquid habebam de matrimonio meo in terra et in insulis et in aqua quœ vocatur de Benaico, quœ est inter Dumvix et Malliacum, id est, census et consuetudines quœ sunt in clausis et in exclusis, quœ sunt in aqua quœ vocatur Severis et in maresiis qui census et consuetudines colliguntur apud Malliacum et Dumvix, concessimus et dedimus, ego et filii mei, Raymundo de Ressiâ et successoribus suis in chesamento et in dono, undè Raymundus et successores sut debent reddere annuaulm, in die osannae vel subsequenti die; duo calcaria aurata domino Leziniaci vel servientibus suis.

Apud Frontiniacum concessit etiam Raymundus quod ipse traderet hœredem suum in hominio domino Leziniaci.

Hujus autem rei sunt testes Willelmus Capellanus de Mosgon , Hugo de Ressia , Bernardus, prior de Sancto Gelasio, Hugo Chatiporex, Gaufridus Choeta , Hugo de Pictavia, Gaufridus Bault, Raymundus de Mosgon, et Lambertus de Ressiâ et Constantinus Gihonius, et Guillelmus, monachus de Mosgon, et Raymundus de Benet et multi alii. Hoc antem factum est, regnante Ludovico, rege Francorum et Henrico, rege Anglorum, et Ricardo, comite Pictavorum , anno illo, quo ipse rexit primam curiam suam apud Niortum, in pascha domini ( 1170).

J'enverrai les esclaves de mon seigneur de Jésus-Christ, qu’il sache à tous les hommes, aux présents et à venir que moi Bourgogne dame de Lusignan et Geoffroy de Lusignan, Guy et Aimery et Guillaume II dit de Valence, tout ce que j'ai eu, de mon mariage à la terre, et dans les îles et dans les eaux, les choses qui s'appellent du Benet, qui est entre Damvix et Maillé, c'est-à-dire le recensement, et les coutumes des choses qui sont dans le clos et à l'exclusion des autres, des choses qui sont dans l'eau que l’on appelle la Sèvre, et dans les marais, qui sont l'enrôlement, et les coutumes sont enlevées, avec Maillé et Damvix, nous avons accordé et donné Moi et mes fils, Raymondin Enlevant les successeurs au chesamento le point actuel de Ramon et ses successeurs doivent payer sul annuaulm, SAVE le jour ou le lendemain; Elle a deux morceaux du Lusignan ou le leur Frontenay a également convenu avec Raymond de se mettre en hommage à l'héritier de Lusignan.

 

De cet homme et encore une chose sont témoins de William l'aumônier du Mosgon, Hugo ils ont voyagé de Rissah, Saint-Bernard, prieur du Saint de

 

Gelasius, Hugh Chatiporex, Geoffrey Choeta, Hugo de Poitiers, Geoffrey Baule, Raymond du Mosgon, et Lambert ils ont voyagé de Rissah, et Constantin côté de Gihon, et William, un moine Mosgon et Raymondin de Benet et bien d'autres.

Cela s'est produit auparavant, pendant Louis, roi de France, Henri, roi d'Angleterre, et Richard, comte de Poitiers, la même année où il présidait la première cour de Niort, à Pâques (1170).

(Les Derniers Trouvères d'Aliénor Chevalier Vert du Roi arthur)

Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers

 

 

 

25 décembre 1169 : Henri II Plantagenêt tient sa cour de Noël à Nantes où il célèbre les fiançailles de son fils Geoffroy II<==.... ....==>

 

21 septembre 2020

25 décembre 1169 : Henri II Plantagenêt tient sa cour de Noël à Nantes où il célèbre les fiançailles de son fils Geoffroy II

25 décembre 1169 Henri II Plantagenêt tient sa cour de Noël à Nantes où il célèbre les fiançailles de son fils Geoffroy II

En janvier 1168, sur le point de retourner en Angleterre, Henry II confie la défense de ses intérêts en Aquitaine à Aliénor qui gardera le duché jusqu'en 1173 mais en plaçant toutefois auprès d’elle, en guise de conseil et de surveillant, un guerrier éprouvé, Patrice, comte de Salisbury ainsi que Raoul de Faye sénéchal de Poitou.

janvier 1168, sur le point de retourner en Angleterre, Henry II confie la défense de ses intérêts en Aquitaine à Aliénor

Henri vient d'y mater pas mal de rébellions, de raser le château Lusignan et, comme le dit très bien Alfred Richard, il lui faut maintenant « donner quelque satisfaction à l'esprit public ».

On va lui montrer sans tarder, d'ailleurs, qu'on entend en Poitou ne pas se laisser gouverner par les Anglais.

Après que Henri eut confié le gouvernement du pays à Salisbury, celui-ci, tenant sans doute un engagement ancien, s’en fut en pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle.

A son retour, ayant été sollicité par a reine, vers les octaves de Pâques, 6 ou 7 avril, 1168, de la conduire dans un de ses châteaux.

Le comte de Patrice de Salisbury, qui escorte la reine, tombe mortellement blessé dans une embuscade que lui ont tendue les Lusignans (Geoffroy).

Dans l’escorte se trouve Guillaume le Maréchal, neveu de Patrice de Salisbury. Ce dernier fait ici preuve de son premier acte de bravoure, en tentant de venger son oncle, il est lui aussi frappé par derrière et resta quelque temps en captivité, mais la reine, aussitôt qu’elle le put, donna des otages pour obtenir sa délivrance et, en reconnaissance de ce qu’il avait fait pour elle, lui fit cadeau de chevaux, d’armes, de deniers et de « beles robes »

Aliénor fit faire des obsèques solennelles Patrice fut enseveli à Saint Hilaire de Poitiers, la reine Aliénor y fonda un service anniversaire pour le repos de son âme.

(Aliénor d’Aquitaine, accorde aux chanoines de Saint Hilaires le Grand de Poitiers tous les droits et coutumes qu’elle levait à Benassay, à condition qu’ils célébreraient tous les ans après sa mort son anniversaire et celui d’un comte à qui elle donne la qualité de patrice. (chap de St Hilaires T.11, p.63 et 67)

 Ainsi se révèle, une fois encore, l'impossibilité où se trouve un maître étranger à l'Aquitaine de gouverner cet ensemble anarchique de fiefs, dont l'insubordination est la règle ; c'est sans doute à considérer cela qu'Henry II, en vertu des accords de Montmirail avec le roi Louis, s'est résigné aux grandes réformes de structure dynastique qui s'accomplissent en 1169-1170, et dont Aliénor est appelée à largement bénéficier.

A la sollicitation du roi de France, il accorda leur pardon aux Poitevins et aux Bretons contre qui il avait pris des mesures de rigueur à la suite de leur révolte, et parmi ceux-ci dut être compris Geoffroy de Thouars, qui nous parait n’être rentré en possession de son château qu’à cette époque, mais il s’était réservé d’agir contre ses autres vassaux d’Aquitaine.

Dès le temps de carême 1169, il commença cette nouvelle expédition ; les comtes de la Marche et d’Angoulême furent successivement contraints de se soumettre, et le roi anglais vint pareillement à bout d’une foule de barons de moindre importance.

Ces grandes besognes l’occupèrent tout l’été et il ne retourna en Normandie qu’au mois d’aout.

Comme les légats et le roi de France ne cessaient d’insister pour amener une réconciliation entre lui et Thomas Becket, et qu’il désirait se maintenir dans les meilleurs termes avec le pape, il se rendit à la mi-novembre à Montmartre, puis à Saint-Germain en Laye, ou il se rencontra avec l’archevêque de Canterbury ; cédant aux sollicitations pressantes de son entourage, Henri consentit à un rapprochement

 

Le couronnement ducal de Geoffroy à Rennes ou il reçut le serment de fidélité des Bretons.

En l'été 1169, le jeune Geoffroy - il a dix ans - va être couronné duc à Rennes. La traditionnelle cérémonie va se dérouler. Accompagné de son père il se présente aux Portes Mordelaises dont le pont-levis ne s'abaisse qu'une fois prêté le serment à l'évêque, en présence du chapitre :

"Vous jurés à Dieu la foy catholique, et l'église de Bretaigne en ses libertés défendre et garder; les barons et les nobles de Bretaigne et leurs libertés observer et à peuple de Bretaigne vraie justice à votre povair exhiber."

Ayant répondu "Ainsi le jure",

Ma porte s'ouvre au ducale alors s’ouvrit et le duc entra dans la ville avec son cortège. L'évêque Alain, le bienfaiteur de Saint-Melaine conduit le duc à la cathédrale Saint-Pierre où il reste toute la nuit.

Au matin, après les matines, le duc fut conduit au château ducal, près de la porte Chatelière, où il se reposa jusqu'au moment où une procession en chappes vint le quérir pour se rendre à la grand-messe.

Derrière l'évêque suivaient les barons, les nobles et le peuple. Après diverses prières en la cathédrale, deux chanoines chargés de l'épée et du cercle ducal entourèrent le duc agenouillé à son accoudouer, en compagnie de deux évêques, et l'évêque de Rennes entonna le Veni Creator suivi de diverses oraisons puis bailla au duc l'épée bénite et lui posa le cercle ducal sur la tête qui lui est " baillé au nom de Dieu et de Monseigneur Saint Pierre, lui" faisant devoir par bon gouvernement de voustre seigneurie à la exaltation de la foy, protection de l'église et deffense de vos subgets..."

Le duc prêta serment puis il reçut à son accoudouer l'hommage de chaque baron s'agenouillant et mettant une main dans la sienne et répondant au duc "je le jure" qui leur demandait de reconnaître qu'il était son homme lige, chacun recevant ensuite le baiser ducal sur la bouche.

Après la messe, le duc fut conduit au palais épiscopal proche de la cathédrale et un homme cria : "Le duc tiendra cour ouverte et ceux qui voudront assister à son dîner n'en seront pas empêchés."

L’invitation fut sans doute acceptée par un grand nombre de curieux qui ne manquent jamais là où il y a des fêtes.  Le jeune duc fit à son tour hommage à son frère Henri, duc de Normandie.
Rennes qui fut d’une importance capitale pour l’avenir de la Bretagne. C’était le duc, en effet, qui avait pouvoir pour constituer la barrière militaire et féodale du côté de l’Est ; si les places des frontières étaient confiées à des hommes de sang breton, le sort du pays était assuré ; si, au contraire, ces postes périlleux étaient mollement défendus, l’indépendance nationale courait de grands dangers. Or, rennes a toujours été plus breton que Nantes. Par sa situation géographique entre trois autres provinces, par son fleuve qui la met en communication avec l’intérieur de la France, en un mot, par la force des choses, Nantes est plus accessible que Rennes aux influences du dehors ; aussi a-t-elle accepté fréquemment au cours du moyen-âge la domination des comtes d’Anjou ou de Poitou. Rennes est toujours resté jusqu’à la fin résolument breton.

Comme Geoffroy n’avait que onze ans, ce fut le roi d’Angleterre qui continua à administrer la Bretagne, comme il administrait la Normandie et l’Anjou pour Henri, qui n’en avait que quatorze.

 (Nantes, quai du Château et le Port Maillard)

25 décembre 1169 : Henri II Plantagenêt tient sa cour de Noël à Nantes où il célèbre les fiançailles de son fils Geoffroy II, avec Constance de Bretagne, héritière du duc de Bretagne, Conan IV le Petit.

C’est là que fut jugé Eudon de Porhoët, comme vassal félon.

La description des festivités, de Chrétien de Troyes offre l'occasion de présenter une image, sans doute idéalisée, de la vie à la cour.

Voyons comment Chrétien fait vivre la scène, aux noces des deux protagonistes :

 

L’arcevesque de Quantorbire,

Qui a la cort venuz estoit,

La beneï, si com il doit.

Quant la corz fu tote asanblee,

n'ot ménestrel an la contrée

qui rien seùst de nul déduit

qui a la cort ne fussent tuit.

An la sale molt grant joie ot;

chascuns servi de ce qu'il sot :

cil saut, cil tunbe, cil anchante,

li uns conte, li autres chante,

li uns sifle, li autres note,

cil sert de harpe, cil de rote ;

cil flaûte, cil chalemele,

cil gigue, li autres vïele ;

puceles querolent et dancent :

trestuit de joie fere tancent.

Riens n'est qui joie puisse fere

ne cuer d'orne a leesce trere,

qui as noces ne fust le jor.

Sonent tinbre, sonent tabor,

muses, estives et freteles,

et buisines et chalemeles.

Enfin, au temps de carême 1170, Henry II retourna en Angleterre, où il n’avait pas paru depuis plusieurs années, et aborda à Portsmouth le 3 mars, après avoir essuyé une horrible tempête, dans laquelle sombra le plus beau de ses navires et les quatre cents personnes de tout sexe de sa suite.

 

 

 

 

 

Le Cotentin et l'Avranchin (département de la Manche) sous les ducs de Normandie (911-1204) : institutions et état social de la Normandie / P. Chesnel

La Bretagne aux grands siècles du moyen âge (938-1364) : résumé du cours d'histoire professé à la Faculté des lettres de Rennes, en 1891-1892 / par Arthur de La Borderie.

Histoire de Rennes De Émile Ducrest de Villeneuve, Dominique Maillet

 

 

 

 6 janvier 1169. Paix de Montmirail entre Henri II Plantagenêt et Louis VII roi de France médiateur de Thomas Becket. <==..... .....==>Pâques le 5 avril 1170, au château de Niort, Aliénor présente aux barons Poitevins, Richard comte de Poitou âgé de douze ans.

 


 

Raoul de Faye, oncle d’Aliénor d’aquitaine qui était frère de Guillaume seigneur de Chatellerault

 

Le 16 août 1158 Henri II roi d'Angleterre rasa les murailles et le château de Thouars, l'église Saint-Médard fut brûlée.

Henri II, roi d'Angleterre (Henricus Rex Anglorum), qui avait juré d'exécuter le testament de Geoffroy Plantagenêt, son père, obtint du pape Adrien IV, son compatriote, la honteuse autorisation de se parjurer, et marcha contre son frère Geoffroy d'Anjou, pour lui disputer les domaines de la maison d'Anjou.

 

Le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt à la conquête de la Bretagne, il s'empare du château de Fougères en 1166. 

Fougères, autrefois chef-lieu du Fougerais et d'une baronnie, remonte à une très-haute antiquité. C'était jadis une place forte très importante, et l'une des clefs de la Bretagne, avant la réunion de cette province à la couronne.

 

1168 - Révolte Poitevine - Henri II Plantagenêt fait raser le château de Lusignan. 

Vers l'an 1168, l'activité guerrière de l'Aquitaine se réveillant, plusieurs seigneurs de nos contrées se révoltèrent contre la puissance de Henri II roi d'Angleterre.



Les vestiges des fortifications du vieux Nantes mis au jour lors des fouilles menées par le chanoine Durville -

Si Gérard Mellier, qui fut maire de Nantes au commencement du XVIIIe siècle, revenait en ce monde, il n'est pas bien sûr qu'il reconnaîtrait aujourd'hui la cité bretonne à laquelle il avait consacré sa rare intelligence et son dévouement inépuisable.



Posté par thierryequinoxe à 23:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 septembre 2020

La Collégiale Saint-André de Chartres - Thomas Becket - Guillaume aux Blanches Mains - Jean de Salisbury

La Collégiale Saint-André de Chartres - Thomas Becket - Guillaume aux Blanches Mains - Jean de Salisbury

Becket était né à Londres en 1117. Fils de Gilbert Becket de Rouen et de Mathilde de Caen (un seul chroniqueur l'appelle Rose), il était de pur-sang normand, et c'est une légende postérieure qui lui donne une origine à moitié sarrasine.

Il fut d'abord élevé comme un gentilhomme dans la maison de Richard de Laigle à Pevensey; mais son père, riche marchand de la Cité, ayant perdu sa fortune, Thomas se fit clerc et entra dans les bureaux de son parent Osbern Huit-Deniers, puis dans ceux du chancelier Thibaud, archevêque de Cantorbéry.

Il avait alors vingt-deux ans; il était mince et pâle, avec les cheveux noirs, le nez long et les lignes du visage très fermes; sa contenance modeste et sa parole séduisante pouvaient tromper sur sa vraie nature : c'était un passionné. Quoi qu'il fît, il s'y donnait tout entier; il servit plusieurs maîtres, mais un seul à la fois : d'abord son archevêque, puis le roi, puis Dieu.

Thibaud attirait et retenait auprès de lui l'élite du clergé; son secrétaire était le fameux Jean de Salisbury, le futur évêque de Chartres et biographe de Thomas Becket; il avait introduit en Angleterre l'étude du droit canonique, et le fit enseigner à Oxford par Vacarius, le plus ancien professeur connu de la célèbre université. Le jeune clerc s'y appliqua de toute son ardeur; il alla même à Bologne entendre Gratien, qui, à ce moment, publiait son « Décret ».

De cet enseignement, Thomas retint surtout la partie politique, car il ne fut jamais un profond canoniste, non plus qu'un lettré exercé ; il s'arma pour l'action. Ses études achevées, il devint un des favoris du prélat; en 1152, il fut envoyé à Rome pour décider le pape à empêcher Etienne de faire sacrer roi son fils Eustache, et il réussit.

Par là il assurait le trône à Henri Plantagenet et préparait sa propre fortune. Il fut nommé archidiacre de Cantorbéry et prévôt de Beverley; à l'avènement de Henri II, il devint chancelier d'Angleterre. Dans ce poste éminent, il se signala comme juge, comme financier et comme diplomate, défendant les droits du roi, même contre l'Église : quand Henri II leva un écuage sur les terres du clergé (1158), l'archevêque Thibaud protesta, mais le chancelier applaudit.

Comblé des faveurs royales, Becket devint orgueilleux et hautain, « mordant comme le loup quand il a pris l'agneau » ; il vécut dans le faste, entouré d'un brillant cortège de chevaliers qu'il entretenait dans sa maison des revenus fournis par ses nombreux bénéfices. Il aimait la chasse et la guerre; un de ses biographes, le poète Gautier, le vit plusieurs fois en Normandie « chevaucher sur les Français ».

Thomas Becket était donc vraiment un ministre selon le coeur de Henri II; c'est pourquoi le roi voulut le mettre à la tête du clergé, de ce corps qui donnait à l'administration les agents les plus instruits, les plus honnêtes et les moins dangereux, puisqu'ils ne pouvaient ni porter les armes, ni rendre leurs charges héréditaires.

Il espérait trouver en lui un autre Lanfranc ; mais les temps avaient changé. Parmi les membres les plus austères du clergé, l'opinion avait prévalu que l'Église, pour vivre honnêtement, devait s'abstenir des affaires laïques, cesser de fournir à l'Etat ses ministres et ses juges. Ces idées, Thomas avait appris à les connaître auprès de ses maîtres, à Bologne et à Cantorbéry; il y avait jusqu'ici prêté peu d'attention parce qu'il n'appartenait guère au clergé que par ses grands biens ; mais le poste de primat, que Henri lui offrait, lui enseignait d'autres devoirs.

Il prévit que leur amitié y périrait : « Il faut, dit-il, que l'archevêque de Cantorbéry offense Dieu ou le roi. » Henri II n'en voulut rien croire; malgré les conseils de sa mère, les protestations des grands, les plaintes de l'Eglise, il imposa son candidat au choix des électeurs. Thomas, qui n'avait encore reçu que les ordres mineurs, fut ordonné prêtre le 2 juin 1162, consacré archevêque le lendemain, revêtu deux mois après du pallium. A voir le roi presser avec une telle instance l'élévation de son ministre et Becket se résigner si vite à la subir, qui eût pu croire qu'une irréconciliable inimitié allait tout à l'heure les séparer?

Brusquement Becket changea de vie ; le luxe fut banni de sa maison ; il prit l'habit de ses moines et leur donna l'exemple de l'austérité ; il s'entoura de clercs renommés pour leur science, surtout dans le droit, consacra tout son temps à l'étude, à la prière, aux oeuvres pies. Chose plus grave, il donna sa démission de chancelier, après avoir pris soin d'ailleurs de se faire donner par le justicier quittance entière de toutes les sommes dont il avait eu le maniement durant sa charge; sans doute c'était l'usage en Angleterre, mais Henri II n'avait pas comblé d'honneurs un aussi bon serviteur pour le perdre, et il s'irrita de cette démission comme d'une injure personnelle.

Ce fut bien pis quand, à la grande assemblée de Woodstock (1er juillet 1163), le prélat refusa d'autoriser la levée du danegeld sur : les terres du clergé ; c'était la première fois depuis la conquête qu'on refusait l'impôt au roi. On ne sait ce que fit Henri II, mais il est certain que, depuis lors, il ne fut plus question de l'argent pour les Danois.

 

Becket et les articles de Clarendon.

— Trois mois plus tard, à Westminster (1er octobre), le roi se plaignit de l'indulgence des tribunaux ecclésiastiques, de leurs exactions, des facilités qu'ils offraient aux criminels pour échapper au châtiment. Il suffisait en réalité de se dire clerc, et l'on pouvait être clerc sans même avoir pris les ordres mineurs, pour échapper à la justice civile. Henri demanda que les clercs accusés de vol ou de meurtre, après avoir été punis selon les lois de leur ordre, fussent remis aux mains des juges séculiers et punis selon les coutumes du royaume. Thomas s'y refusa : il était injuste, disait-il non sans raison, d'infliger un double châtiment pour un seul crime.

Le roi invoqua en vain les coutumes du royaume; la loi de l'Eglise avait, aux yeux du prélat, plus d'autorité que la loi laïque, et Thomas ne consentait à obéir à celle-ci qu'autant qu'elle ne porterait pas atteinte à celle-là. C'était s'engager dans une impasse. Les coutumes du royaume n'étaient encore ni écrites ni fixées; l'eussent-elles été, l'Eglise ne les eût pas subies volontiers, puisqu'elle invoquait la justice contre le droit; d'ailleurs, il faut se rappeler qu'à cette époque la procédure ecclésiastique était tout de même moins oppressive et les peines moins barbares que devant les tribunaux laïques. En réservant les privilèges de son ordre, Becket défendait donc, jusqu'à un certain point, la cause de la dignité humaine contre Henri II qui, en invoquant le souvenir de son aïeul, déclarait son intention de régner en despote.

 Le roi mit fin brusquement à l'assemblée, et quitta Londres en fureur, suivi de la foule tremblante des prélats qui craignaient pour leurs sièges. Thomas demeura presque seul de son opinion.

Peu après Noël, la cour s'assembla dans un hameau isolé au milieu d'une chasse royale, à Clarendon. Là, circonvenu par les évêques, ébranlé par les menaces de mort qu'on lui prodigua, Thomas céda : il promit de respecter les « coutumes du royaume ».

Aussitôt les conseillers du roi (Thomas prétendit plus tard que c'étaient uniquement le justicier Richard de Lucy et un légiste français, Jocelin de Bailleul) se retirèrent dans une chambre voisine pour consigner par écrit le texte même de ces coutumes. Ce sont les « seize articles de Clarendon » qui furent approuvés, dit l'acte de cette constitution, par les évêques et les grands du royaume (30 janv. 1164).

Ils décidaient que les clercs accusés pour une cause quelconque devaient comparaître et devant la cour du roi et devant le tribunal ecclésiastique; s'ils étaient convaincus ou s'ils avouaient, l'Église les abandonnait au bras séculier (art. 3). En matière ecclésiastique, les appels devaient être portés de l'archidiacre à l'évêque, et de celui-ci à l'archevêque, mais sans pouvoir aller plus loin (art. 8). Les archevêques et les évêques, comme tous les vassaux directs du roi, étaient tenus d'obéir aux fonctionnaires royaux, d'acquitter toutes les obligations de leurs fiefs, d'assister aux jugements de la cour du roi, sauf quand il y avait lieu de prononcer la mutilation ou la peine capitale (art. 11).

Ils ne pouvaient quitter le royaume sans l'autorisation royale, ni sans prêter serment de rien faire qui pût nuire au roi et au royaume (art. 4). Les autres articles se rapportaient au droit de régale, au droit d'avouerie et de présentation aux églises, aux excommuniés, à la procédure, etc.

Si telles étaient les coutumes du royaume au temps de Henri Ier, ce qui n'est pas sûr, il est certain qu'elles précisaient les devoirs de l'Église en matière féodale et politique avec une netteté gênante pour le présent et menaçante pour l'avenir.

Comme au temps du Conquérant, l'Église d'Angleterre était très clairement soumise à l'État; mais depuis Grégoire VII l'idée catholique avait fait de grands progrès. L'Église admettait comme indiscutable la théorie de la monarchie universelle où le pape régnait souverainement sur les âmes de tous les chrétiens et les gouvernait par le clergé. Le pouvoir laïque pouvait-il prétendre à limiter le pouvoir divin?

Thomas, qui avait repris son assurance, ne chercha même pas à discuter. Persuadé qu'avec Henri II tout compromis était impossible, il refusa d'apposer son sceau à l'acte, quitta la cour et se retira à Winchester où, revêtu de l'habit de pénitent, il attendit que le pape l'eût absous d'avoir pendant un moment trahi son devoir.

 

Fuite de Becket.

 — Dès lors Henri II jura de se venger. Becket ayant refusé de comparaître comme défendeur dans un procès que lui intentait Jean le Maréchal, le roi assembla sa cour à Northampton pour juger le prélat inculpé du crime de forfaiture (7 oct.).

Les barons, les grands officiers de la couronne, les évêques, contraints à siéger par la constitution de Clarendon, se réunirent dans la chambre haute du château ; les moindres barons et les fonctionnaires royaux, qui avaient été aussi appelés, se tinrent en bas, dans la grande salle que chauffait un vaste brasier allumé au milieu. On délibéra longtemps ; enfin Henri de Winchester vint, à contre-coeur, déclarer Becket coupable de n'avoir pas obéi à un bref royal.

 Le prélat fut mis à l'amende; puis, malgré la quittance générale qu'il s'était fait donner à sa sortie de charge, on lui demanda un compte rigoureux de certaines sommes qu'il avait reçues ou dépensées étant chancelier. Thomas offrit 2000 marcs; le roi refusa : il voulait pousser à bout son adversaire et le dégrader; on allait jusqu'à dire qu'il méditait la mort du prélat et la ruine de ses partisans.

Quatre jours se passèrent au milieu de ces alarmes; puis Thomas, méprisant les conseils de tous ceux qui l'engageaient à céder, interdit aux évêques de prendre part au jugement et déclara qu'il en appelait à Rome, double violation des articles de Clarendon; enfin, revêtu de ses habits pontificaux, crosse en main, il se rendit au tribunal ; ses plus fidèles serviteurs l'avaient abandonné, mais une foule immense le suivit, en l'accompagnant de ses voeux.

Les évêques n'osaient désobéir ni au roi ni à l'archevêque ; ils sortirent de ce mauvais pas en demandant au roi l'autorisation d'en appeler au pape contre la défense que Becket leur avait intimée de siéger avec les barons, et ils se retirèrent. La cour fut complétée au moyen de fonctionnaires et de moindres barons ; elle déclara l'archevêque coupable de trahison, mais, quand les comtes de Leicester et de Cornouailles vinrent pour prononcer la sentence, Becket se leva et prit la parole, affirmant hautement l'indépendance du clergé : « Comme l'or vaut mieux que le plomb, ainsi l'autorité spirituelle est supérieure au pouvoir temporel. » Puis, après avoir interdit aux comtes de parler, il quitta le château pontificalement.

La nuit suivante, il s'enfuit au milieu d'une horrible tempête qui le protégea, parvint sous un déguisement à la côte flamande et se rendit en France auprès du pape.

 L'exil volontaire de Thomas Becket était un échec personnel pour Henri II plutôt qu'un revers pour sa politique. A l'intérieur, il continua ses réformes. Au retour d'une nouvelle expédition inutile contre les Gallois (1165), il promulgua l' «Assise de Clarendon », sorte de code criminel en 22 articles qui proscrivait les hérétiques, instituait de grands jurys d'enquête dans les comtés et centaines pour déférer aux juges les voleurs, les meurtriers et leurs complices, étendait l'autorité des shériffs en matière de police et de franc-piège au détriment des justices et immunités féodales (1166).

La même année, il leva une aide pour le mariage de sa fille aînée Mathilde avec Henri le Lion, duc de Saxe. Cette union le rapprocha de Frédéric Barberousse, mais il refusa de se laisser entraîner par l'empereur dans sa lutte contre le pape Alexandre III; de son côté Alexandre avait intérêt à ménager le chef du puissant empire angevin, et il soutint mollement la cause de Thomas Becket.

Le prélat, encouragé à la résistance par les rares amis qui l'avaient suivi dans l'exil, s'exaltant lui-même par le jeûne, les macérations, l'étude fiévreuse des écrits théologiques, aigri par les persécutions que Henri II dirigeait même contre les personnes de sa famille, continua presque seul le combat.

Il refusa d'instituer les évêques élus depuis son départ; il excommunia les principaux conseillers de Henri II.

 

Quand le roi eut fait couronner son fils aîné, Henri Courtmantel, par l'archevêque d'York au mépris des droits de l'archevêque de Cantorbéry (14 juin 1170), il arracha au pape la promesse d'envoyer des légats pour mettre l'Angleterre en interdit.

 En même temps Louis VII, irrité de ce que sa fille Marguerite n'avait pas été couronnée avec le jeune roi son époux, prit les armes.

Pour détourner l'orage, Henri II vint en Normandie : à Fréteval il se réconcilia avec Louis VII (20 juillet), puis avec le prélat (21 juillet).

Il consentit à ne plus exiger de Becket qu'il reconnût les « coutumes du royaume » ; il promit de le prendre sous sa protection, de lui restituer tous ses biens, de faire sacrer de nouveau le jeune Henri et cette fois avec sa femme.

Le roi et le prélat se séparèrent en se donnant l'accolade, mais non le baiser de paix, et sans avoir au fond rien abdiqué, de leurs ressentiments ou de leurs rancunes.

 

Rappel des dates :

-          Le 7 janvier 1169, Thomas rencontre Henri II, roi d’Angleterre, à Montmirail ;

-          Le 18 novembre 1169, Thomas a une entrevue avec Louis VII, roi de France, à Saint-Denis, suivie d’une autre avec Henri II à Montmartre ;

-          Le 21 juillet 1170 à Fréteval en Touraine, Thomas accompagné de Guillaume de Champagne, l’évêque de Chartres et archevêque de Sens, et Henri II trouvent un accord permettant à Thomas de rentrer en Angleterre.

-          A la toussaint 1170, Thomas quitte Sainte-Colombe-lès-Sens et débarque à Sandwich, accompagné de l’archidiacre de Sens. Ce dernier refuse de prêter serment de fidélité au roi d’Angleterre.

-          Le 2 décembre, Thomas rentre à Canterbury, reçoit un accueil triomphal et célèbre l’office de Noël dans sa cathédrale. …..

 

 

 

 

Jean de Salisbury, moine Anglais né vers 1110 à Salisbury était le conseiller et secrétaire de Thomas Becket. Il étudia à Chartres, de 1137 à 1140 environs et devint l’évêque de cette ville jusqu’à sa mort (1176-1180).

Parmi les hommes de son temps, c’était un de ceux qui connaissaient le mieux l’antiquité. Ses ouvrages étaient célèbres et recherchés au moyen-âge. Les principaux sont : le Polycraticus, sorte d’encyclopédie morale en VIII livres, ou aux frivolités du monde il oppose les enseignements de la philosophie ; le Metalogicus en VI livres, dans lequel il s’attache à défendre la philosophie, ou plutôt les lettres anciennes contre les sceptiques. Il faut ajouter ses lettres, très importantes pour l’histoire contemporaine. Tous les ouvrages de Jean de Salisbury ont été réunis et publiés à Oxford par M. Gile.

Les vestiges recueillant le tombeau de Jean Salisbury, secrétaire de Thomas Becket sont visibles dans L'abbaye Notre-Dame de Josaphat (Beata Maria de Josaphat), fondée en 1117 par Geoffroy de Lèves évêque de Chartres et son frère Goslein, seigneur de Lèves, sur leurs terres ancestrales.

 

 

eglise paroissiale et collégiale de saint André et chapelle de Saint Nicolas de Chartres

La Collégiale Saint-André de Chartres , 2 Rue Saint-André

 

L'église primitive aurait été construite, selon la tradition par saint Aignan, à l'emplacement d'un amphithéâtre gallo-romain dont on retrouve des vestiges dans les murs de l'une des cryptes.

 Un second édifice datant du Xe siècle fut détruit par un incendie en 1134, ne laissant que les cryptes. Reconstruite, l'église Saint-André est terminée dans la seconde moitié du XIIe siècle.

 

 

 

 

Dictionnaire des noms propres, ou Encyclopédie illustrée de biographie, de géographie, d'histoire et de mythologie.... F-M / par B. Dupiney de Vorepierre,...

 

 

 

6 janvier 1169. Paix de Montmirail entre Henri II Plantagenêt et Louis VII roi de France médiateur de Thomas Becket.<==.... ....==>25 décembre 1169 : Henri II Plantagenêt tient sa cour de Noël à Nantes où il célèbre les fiançailles de son fils Geoffroy II

Posté par thierryequinoxe à 12:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

18 septembre 2020

23 mai 1490, droit d'épaves de la ville de Royan dépendant de Charles François de Coëtivy, comte de Taillebourg

23 mai 1490, droit d'épaves de la ville de Royan dépendant de Charles François de Coëtivy, comte de Taillebourg

1490, 23 mai. – Transaction entre le comte de Taillebourg, d'une part, et Jean Esmes et Michel Mosnier, d'autre part, au sujet d'une nef de 200 tonneaux, abandonnée en mer et que les susnommés et autres habitants de Royan avaient amenée au port dudit lieu, l'ayant trouvée près de la côte de Soullac.

 Après en avoir prévenu le comte, pour qu'il vînt, en vertu du droit d'épaves, prendre sa part dans ce que valait la nef, et ayant été nommés par lui à la garde de celle-ci, Esmes et Mosnier en livrent frauduleusement les appareils, et permettent ainsi de la faire sortir clandestinement du port  (1).

Arrêtés et conduits dans les prisons de Taillebourg, ils recouvrent la liberté, moyennant cautions, après avoir promis au comte de lui payer la somme à laquelle serait évaluée sa part dans ladite nef et de lui donner par écrit les noms de leurs complices dans le départ de celle-ci. - Ch. de Thouars ; copie contemporaine sur papier.

Comme ainsi soit que, despuys et environ la feste derrenière passée (2), par plusieurs des habitans de la ville de Royan eust esté trouvée en la mer, près la coste de Soullac, une nef du port de deux cens thonneaux ou environ , où il n'y avoit  personne et estoit seulle et habandonnée; laquelle lesdits habitans eussent prinse et amenée au port et hâvre de ladicte ville de Royan et, ce fait, incontinent eusse envoyé en ceste ville de Taillebourg, par devers hault et puissant seigneur mon-seigneur le comte dudit Taillebourg, pour savoir que son plaisir seroit qu'il fust fait de Iadicte nef et choses es tans en icelle; lequel, à toute diligence, eust envoyé audit Royan Prégent de Coectivy, escuyer, son cappitaine audit lieu, pour pourveoir au fait de ladite nef, comme il trouveroyt et verroit estre affaire; et lequel cappitaine , par le conseil et consentement desdits habitans qui avoient amené audit port ladicte nef, eut pris et mis en la main de monseigneur le comte ladicte nef, ensemble tous ses appareilz et choses estans en icelle, lesqueulx apareilz il fit mectre par inventoire et bailla .en garde, soubz ladicte main, à Jehannot Esmes et Micheau Mousnier, de ladicte ville de Royan, lesqueulx promisdrent les garder soubz ladicte main et en respondre et rendre bon et loyal compte à mondit seigneur ou autres de par luy, et de ne les bailler, rendre ne délivrer à personne quelcomque sans son bon vouloir, plaisir et consentement et que premièrement il ne les eust mises à plaine délivrance.    

 

Et que depuis certains navires de Bretons ou autres, en armes, eussent voulu prandre et emmener ladicte nef hors dudit port de Royan, à la deffance de laquelle furent emploiez plusieurs pièces d'artillerie, arbalestes, brigandines et autres bastons estans on chasteau dudit Royan et appartenans à mondit seigneur, à quoy fut emploié et perdu grant nombre de pouldre et de traict, où mondit seigneur avoit esté fort intéressé et endommagé; par quoy, derrechief et par plusieurs fois, eust mandé, par Pierre de Valent, son procureur audit Royan, et autres, ausdits Jehannot Esmes et Micheau Mousnier qu'ilz ne fussent si ozez ne hardiz de bailler ou délivrer à quelque personne que ce fust, sans son congié, vouloir et conscentement et sans de luy ou autres de par luy commis expresséement quant ad ce avoir délivrance, lesdicts apareilz de ladicte nef prins et saisiz, à eulx baillez en garde soubz sa main, comme dit est.       

Et non obstant les choses dessus dites, depuys douze ou quinze jours en czà , lesdicts Jehannot Esmes et Micheaus Mousnier, de leur autorité, sans le congié ne le consentement de mondit seigneur le comte, et sans délivrance qu'il ou autre ad ce commis de par luy en eust fait, à cachaictez et ..... (3), et sans y avoir appellé aucun de ses officiers, ne aussi plusieurs des habitans de Iadicte ville qui avoient esté à la prinse de Ladicte nef, qui prétendoient avoir intérestz à la délivrance d'icelle nef, ont baillé et délivré à qui bon leur a semblé les appareils d'icelle nef, à eulx baillé em garde comme dit est, en brisant et rompant la main de mondit seigneur et oultrepassens ses commandemens et deffances, encourant les paynes sur ce indictes ; au moyen de quoy ladicte nef en a esté menée et mise hors dudit port de Royan et de la jurisdiction et pouvoir de mondit seigneur le comte.

Lequel de ce très mal content et couroussé contre lesdicts Jehannot Esme et Micheau Mousnier et autres qui avecques eulx pourroîent avoir esté cause, par conseil, confort, aide ou autrement, de enmener ladicte nef et apareilz que mondit seigneur prétend à lui appartenir par plusieurs raisons et coustumes anciennes, depuys quatre ou cinq jours en czà envoya audit lieu de Royan Relies du Reffuge, escuyer, seigneur des Bordes, son serviteur, pour prandre et enmener devers luy lesdicts Jehannot Es me et Micheau Mousnier ; ce qu'il fit et les amena prisonniers ès prisons de mondit seigneur en ceste ville de Taillebourg, assavoir est ledict Jehannot en la tour de Melle, et ledict Micheau en la tour des pontz dudit lieu , pour illecques ester et fournir à droit touschant la délivrance par eulx faicte desdicts apareils au moyen desqueulx ladicte nef s'en estoist allée, les amandes par eulx encourues du brisement de la main et commandement de mondit seigneur et aussi du droyt que les compagnons qui a voient esté à la prinse de ladicte nef y prétendoient avoir. Es quelles prisons ils ayent esté jusques au jour de hyer, que Pierre Vallent, procureur de mondit seigneur audit Royan, et Jehan Le Palludier, dit de Brethaigne, demeurant à MescHiers, vindrent par devers mondit seigneur, en le suppliant et requérant que son plaisir fust d'avoir pitié desdicts prisonniers et que de toutes les chouses dessus dictes par eux faictes en son préjudice et contre son vouloir et conscentement, ilz seroient contens d'en faire du tout en tout ce que par mondit seigneur, ou tel personnage de son conseil ou autre qu'il lui plaira ordonner, en sera ordonné et approuvé; et que pour ce faire et tenir prison jucques à plain paiement de ce qui seroit ordonné, ils estoyent contens, et chacun d'eulx, de plèger lesdictes personnes.

 Par quoy mondit seigneur, voiant leur humilité et la recongnoissance qu'ilz faisoient d'avoir griefvement mespris envers luy, et aussi à la requeste de plusieurs gens de bien de sa maison, fut contant que lesdicts Jehannot Esmes et Micheau Mousnier, Pierre Valent et Jehan Le Paludier et chacun d'eulx (4); les queulx recognoissans et confessans les choses dessus dictes et chacune d'elles estres vrayes, en la présence de mondit seigneur le comte et des notaires et tesmoings cy dessoulz escriptz, ont fait, passé, promys et accordé les articles, soubzmissions et choses cy emprès déclairées.

Assavoir est que lesdits Jehannot Esmes et Micheau Mosnier, et chacun d'eulx pour soi et pour le tout, ont promys et juré de faire envers mondit seigneur, et autres qu'il appartiendra, telle repparacion, satisfaction, restitucion et amande des choses susdictes et chacune d'icelles que mondit seigneur ou tel personnage de son conseil, ou autre tel qu'il luy plaira ordonner, sera appointé et ordonné, soit de la restitucion de ladicte nef et appareilz ou autre droit que mondit seigneur y pourroit avoir, des amandes qu'ilz pourront avoir encourues pour avoir brisé sa main et fait contre ses commandemens et deffances, dudroyt que les compaignons qui ont esté à la prinse de ladicte nef pourroit prétendre, ou autres choses queulxconques; et ont volu et consenti , veulent et consentent que par ledict appointement donné par mondit seigneur ou qu'il plaira commectre, ilz puissent estre contrainctz, et chacun d'eulx pour soy et pour le tout, à icelluy appointement tenir et accomplir de point en point par emprisonnement de leurs personnes et autrement, ainsi qu'il plaira à mondit seigneur, sans ce que d'icellui appointement ne l'emprisonnent de leurs personnes pour l'accomplissement d'icelluy, ils puissent aucunement appeller; et s'ilz en appelloient, voulent et consentent que leur appel ou appeaulx, et tous autres qu'ilz pourroient avoir faitz ou feroient pour ceste matière et ses deppendences, et tous autres manières de lettres royaulx qu'ilz pourroient obtenir soient nulles; et que non obstant icelles mondit seigneur les puisse contraindre à tenir et accomplir ledict appointement, qui ainsi sera donné par luy ou tel homme qu'il luy plaira, comme dit est, comme s'il estoit donné par arrest de la court de parlement.

Et d'abondant, pour icelles choses ainsi faire, tenir et accomplir par lesdicts Jehannot Esmes et Micheau Mousnier, lesdicts Pierre Valent et Jehan le Paludier, et chacun d'eulx pour soy et pour le tout, se sont constituez pièges et principaulx paieurs pour iceulx Jehannot et Micheau, soubz pareilles et semblables soubzmissions et contrainctes que dessus; et à ce faire lesdicts Jehannot et Esmes, Micheau Mosnier, Pierre Valent et Jehan Je Paludier, et chacun d'eulx, ont obligé et obligent à mondit seigneur le comte tous et chacuns leurs biens meubles et inmeubles, présens et à venir quelxconques et à tenir prison, comme dit est devant, jucques et plain paiement et satisfaction de ce qui sera appointé et ordonné; renonciant, etc., etc. Et en oultre ont promys et juré, sont et seront tenuz Iesdicts Jehannot et Micheau, et chacun d'eulx, de nommer et bailler par escript à mondit seigneur tous et chacuns les noms et surnoms de ceulx qui ont esté conscentent ou qui leur ont conseillé, donné confort et ayde à bailler et délivrer lesdicts apareils de ladicte nef; et feront serment sollempnel que ilz n'en recelleront aucun.

Et moyennant les choses dessusdictes, monseigneur le comte a voulu et consenti que lesdicts Jehannot et Mousnier s'en puissent aller à leurs maisons ou ailleurs où bon leur semblera faire leurs besoignes , jucques à ce que l'appointement sera ordonné par luy ou tel personnage qu'il luy plaira cormmectre, comme dessus est dit; auquel appointement oyr [et entendre seront appeliez, par unesfois seullement, et seront tenuz .y respondre en leurs personnes; et seront oïz sormmèrement et de plain et sans figure de procès en leurs justificacions et deffances, et en leur deffault et constumace sera procédé à la congnoissance et décision desdictes matières comme dessus est déclairé contre eulx et lesdictes parties, leur absence non obstant.

Et ont promys lesdits Esmes et Micheau garder et garentir de tous- intérestz et dommages lesdits Valent et Le Paludier; et pource ont obligéet obligent tous et chacuns leurs biens et choses. quelxconques , etc., renoncé, etc.; juré, etc., jugé et condempné, etc.

Fait et passé on chastel dudit Taillebourg, présens  tesmoings: noble homme Christofle de Coectivy, maistre d'oustel de mondit seigneur, honorables homes maistres Jehan Galet, licencié en loix, et Denys Guischart, et Guillem du Teillet, argentier de mondit seigneur, le vingt troisiesme jour de may, l'an mil quatre cens quatre vings et dix.

 

 

 


 

Marie Marguerite de Valois (1444-1473), dame de Royan et de Mornac, comtesse de Taillebourg, est la fille naturelle du roi de France Charles VII et de sa favorite Agnès Sorel.

Elle épouse, le 27 décembre 1458, à Vendôme, Olivier de Coëtivy (1418-1480), seigneur et comte de Taillebourg, conseiller et chambellan du roi, sénéchal de Guyenne en 1451.

De ce mariage sont issus :

    Charles François de Coëtivy, comte de Taillebourg (1486), prince de Mortagne, prince de Gironde, baron de Coëtivy, baron du Menant, baron de Forestic, baron de Tregouroy marié en 1481 à Jeanne d'Orléans (1462-1520), duchesse usufruitière de Valois(1516),

dont :

        Louise de Coëtivy, princesse de Talmond, comtesse de Taillebourg mariée à Charles de La Trémoïlle, prince de Talmond et parrain du roi de France Charles VIII, dont :

            François de La Trémoïlle, prince de Talmond, vicomte de Thouars, comte de Taillebourg 1505-1541.

        Marguerite de Coëtivy, mariée à François de Pons le 15 novembre 1483, dont :

            Jacques II de Pons, Baron de Mirambeau, Seigneur de Brouage, de Plassac et de Verneuil.

 

1. Il est probable que la nef fut livrée aux Bretons qui, s'en prétendant propriétaires, avaient, ainsi que le rapporte la transaction, tenté de l'enlever par force du port de Royan.

2. C'est-à-dire de Pâques, le 11 avril précédent.

3 Mot illisible.

4. Ici le copiste paraît avoir sauté une ligne dont le sens est eussent pris le susdit engagement.

 

 

 

 

Posté par thierryequinoxe à 15:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


17 septembre 2020

Éléonore d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion et Le prieuré de Saint-Bibien d'Argenson - Chartes de l’abbaye de Fontevraud

Éléonore d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion et Le prieuré de Saint-Bibien d'Argenson - Chartes de l’abbaye de Fontevraud concernant l'Aunis et La Rochelle

Avec l'établissement du régime féodal, un lien de plus en plus serré s'établit entre les seigneurs et la forêt, à tel point qu'il suffisait d'être un justicier de certaine classe pour avoir droit à la forêt; à tel point aussi que les seigneurs confisquèrent même parfois à leur profit les droits d'usage, et que, quand ils venaient à les confirmer entre les mains des usagers, ils semblaient octroyer de nouveaux droits.

Détenteurs de tout le domaine public dans le sud-ouest de la France, les ducs d'Aquitaine eurent dès les temps les plus reculés la directe de forêts de leur territoire.

 Aussi les voit-on dans tous les titres faire acte de maître à leur égard. C'est d'eux en effet que le clergé et la plupart des maisons religieuses en reçurent des parts plus ou moins grandes.

La forêt d'Argençon, plus connue aujourd'hui sous le nom de Benon, faisait partie du domaine des ducs d'Aquitaine, comtes de Poitou.

On la trouve indiquée dans les chartes sous le nom de Argencum, Argenchum, de Argenconio, de Argentonio, de Arcenconi, d'Argenton et d'Argençon, nemus Argenti (1069), Argenzum (1107), nemus Arjacum (1134), Arranzurn (1135), Ariarzum (1136), Arjachum (1165) etc.

 

 Le château de Benon aurait été construit quelque temps avant 1096 par Guillaume IX, duc d'Aquitaine. Mais, bien longtemps auparavant, les maisons religieuses avaient reçu leur part d'un démembrement des contours de la forêt.

 

 

 A l'abbaye de Maillezais avait été donné Courçon. Les prieurs de Mauzé étaient titulaires des églises de La Laigne et de Cram; l'abbaye de Montierneuf de Poitiers possédait Bouhet ; l'abbaye de Nouaillé en Poitou, Saint-Sauveur de Nuaillé aux approches de l'an 1000.

La maison de Fontevrault s'était enrichie du prieuré de Saint-Bibien d'Argençon au centre de la forêt.

 

Le prieuré de Saint-Bibien d'Argenson.

 

Dans une partie de la forêt de Benon, un prieuré d’hommes et de femme fut établi sous le nom de Saint Bibien d’Argenson.

Saint Bibien est le saint le plus connu en Saintonge, sa patrie. Il florissait au 3e siècle, saint Bibien d’Argenson est aujourd’hui une propriété particulière qui a conservé son ancien nom, proche du bois de Poléon et dans la commune de Vouhé.

 

Éléonore, mère de Richard, concéda, en 1200, aux religieuses de Fontevraud à Saint-Bibien d'Argenconio leur chauffage dans la même forêt. »

 Tels sont les renseignements donnés par le P. Arcère A pour un des principaux prieurés de l'Aunis, à l'égard duquel M. Massiou (1) garde un silence encore plus complet.

Avec les chartes du département de Maine-et-Loire on pourrait faire une histoire complète de cette maison, et mettre en relief divers faits importants pour l'histoire générale de l'Aunis et de la Saintonge.

Comme pour le prieuré de Sainte-Catherine de la Rochelle, nous parlerons seulement des titres les plus anciens de Saint- Bibien d'Argenson.

Fontevraud le reçut d'un personnage appelé Girbertus Jalcellus, dont la charte est citée dans l'inventaire général des archives de cette abbaye, fait par le P. Lardier, mais dont nous n'avons pu retrouver le texte. Cette donation fut longtemps et vivement contestée par un monastère saintongeois, celui de N.-D. de Fonte-Douce. L'abbé et les religieux prétendaient en être propriétaires par un acte régulier, et antérieur à la donation de Girbert, accusant celui-ci d'avoir voulu racheter son âme par des prières dont il n'était pas juste de leur faire payer les frais.

Cependant ils finirent par reconnaître le droit des religieuses de Fontevraud, avec la seule réserve que si elles aliénaient jamais Saint-Bibien, Font-Douce pourrait faire valoir les prétentions dont il voulait bien se départir en leur faveur.

Voici le texte complet de la charte relatant ces conventions, dont le P. de la Mainferme n'a imprimé que quelques lignes dans les Selecta Testimonia du Clypeus Fontebraldensis, page 48.

  1. Notum (2) fieri volo tam presentibus quam futuris fidelibus quod ego Gaufridus, abbas Fontis Dulcis, communi consensu capituli nostri, locum Sancti Viviani abbatiae Fontis Ebraudi , ad cultum et servicium divinum inibi in perpetuum celebrandum, concessimus ut liberum eum et quietum, eum terra ei adjacente, deinceps habeant et possideant.

Quod si quandoque ilium locum aliis dare voluerint, quicquid juris in eo in presenti habemus retinemus. Ut autem bec concessio firmius teneretur, cartuiam eis inde scripsimus et sigillo aecclesiae nostrae munivimus. Facta est bec concessio in capitulo Fontis Dulcis, anno ab incarnatione Domini MCXL, indicione III, régnante Laudovico rege Francorum et duce Aquitanorum.

Un magnifique cyrographe (3) permet de faire remonter à une époque antérieure à l'année 1140 l’établissement des dames de Fontevraud dans le petit monastère de Saint-Bibien ; autrement il serait difficile d'expliquer comment elles ont pu percevoir le droit d'herbage de la forêt à'Arjacium, aujourd'hui Benon, donné à l'abbaye, le 19 avril 1134, par Guillaume IX, duc d'Aquitaine, qui en avait affecté spécialement le produit à l'achat de pain de froment pour les religieuses et pour les frères qui les assistaient.

 

 Nous publions le texte de la charte originale (4), conservée, à Angers, dans le chartrier de Fontevraud, Titres anciens, n° 121.

II.

In nomine sancta; et individu Trinitatis. Ego Wuillelmus,, Dei gratia dux Aquitanorum, per presentem paginam trado posteritatis memoriae me dédisse monasterio sanctae Mariae de Fonte Hevradi, ut Deus anime patris mei misericordiam faciat et me ad veram penitentiam conducat, consuetudinem que erbarium dicitur de toto nemore meo quod Arjacium vocatur, de equabus videlicet et bobus et vaccis; que consuetudo redditur ebdomada inter Ramos Palmarum et Pascha, de unaquaque equa duodecim denarii , de unoquoque bove sex denarii, de unaquaque vacca quatuor denarii. Volo autem et présentes et posteros certissime scire quod de hac consuetudine nullus prorsus homo feodatus, nulla penitus ecclesia a me vel a patre meo feodata est. Quapropter ego ipse de propriis patris mei vaccis et meis, his qui assunt cernentibus, de bursa mea elemosinaria pascuarium reddo, in manu ipsius ecclesiae abbatisse primée Petronillae; et quisquis prefatam consuetudinem fideliter non reddiderit, iram Dei omnipotentis incurrat et tanquam elemosinae nostrae fraudator judicetur. Congregati vero de predicta consuetudine denarii non in alios usus expendantur nisi ad emendum panem de frumento, ad refectionem earum sanctimonialium quae in claustro Deo et Beatae Marias semper virgini deserviunt, et fratrum qui earum necessitatibus invigilant.

Hoc autem donum precipio, constituo, confirmo ut firmum et inviolatum permaneat amodo et usque in sempiternum. Interfuerunt huic nostrae donationi multi venerabiles viri, quorum nomina subscribuntur :

Almericus vicecomes de Castro Airaudi (Aymeric Ier vicomte de Châtellerault), Boso frater ejus, Exchivardus de Pruliaco, Engelelmus de Morta Mare (Engel de Mortemar), Rannulfus Senebaudi (Ralph Sendebaud fils de Agnès, Sendebaud Chauvigny), Helias de Vico Veone, Hugo Claretus. Guillelmus de Camera, Ademarus  vicarius, Hugo Tirolius, Pelrus Helias, amicus comitis.

Signum Wuillelmi ducis Aquitanorum.

Quod factura est in aula Niortensis castri (Fait à la salle du château Niort), anno ab incarríatione Domini MCXXIIII, XIII kalendas maii, indictione XII, epacta XXIII, féliciter, amen.

 

Cette donation du duc Guillaume fut confirmée, une quarantaine d'années plus tard, par son petit -fils, Richard Cœur de Lion, après que son père, Henri II lui eut donné le comté de Poitou.

1180 environ, Charte de Richard Cœur de Lion, comte de Poitou, second fils de Henri II, roi d’Angleterre et d’Eléonore, duchesse d’Aquitaine, datée de Saintes, et contenant confirmation aux religieuses de Fontevraud pour leur prieuré de saint Bibien d’Argençon, du droit d’herbage sur tous les bœufs, vaches, chevaux et juments qu’on fait paccager dans la forêt dudit, Argenson (1) Archives de Maine et Loire, abbaye de Fontevraud ; copie de la seconde moitié du XIIIe siècle.

 

 

Ricardus, comes Pictavensis, justiciaris et prepositis et ballivis et forestariis suis de Arjaçum, salutem.

Sciatis me concessisse et presenti carta confirmasse donacionem quam Willelmus, avus meus, et regina mater mea fecerunt sanctimoniabilibus de Fontebraldi in foresta mea de Arjaçum (1) : scilicet herbagium de bobus et vaccis, de equis et equabus ; de qua consuetudine nullus homo feodatus est nec aliqua ecclesia feodata est.  Quare firmiter precipio quod sanctimoniales consuetudines et libertates suas libere et quiet tenenant in predicta foresta : ita quod nulli liceat manum mittere in bestias euntes vel redeuntes ad pascua vel pascentes, sed ne aliquis eas impediat custodiatis ; et si quis de cetero istas consuerudines et libertates impedire presumpserit, vel animalia disturbare voluerit, vel herbagium eis reddere noluerit, eis sine dilatione districtam justiciam faciatis.

His testibus : Fulcone de Mastac et Willelmo Maingoti, senescallis (Guillaume III MAINGOT,  seigneur de Surgères), et Gaufrido de Taunai et Gaufrido de Ranconio (Geoffroy II de RANCON, seigneur de Taillebourg ) ; apd Sanctenis.

 

 En 1196 elle reçut aussi la confirmation d'Othon de Brunswic, auquel, avant sa promotion à la dignité de roi des Romains, Richard, son oncle maternel, avait conféré le duché d'Aquitaine, dont il eut la jouissance durant deux années.

Les chartes délivrées par Othon, comme duc d'Aquitaine, sont peu nombreuses.

 Dans les manuscrits de dom Fonteneau, volumineux et important recueil historique conservé à la bibliothèque de Poitiers, et dont notre confrère, M. Redet, a pris la peine de dresser et de faire imprimer la table chronologique (5), on ne trouve que quatre actes du duc d'Aquitaine, neveu du roi Richard.

Fontevraud nous en donne trois datés de Saint-Remy, le 1er août. Deux existent en original à Angers : celui dont nous venons de parler, et un autre par lequel Othon confirme une rente de 100 sous poitevins, donnée par Girard de Fournival sur la terre de Belleville, en Aunis. Par sa troisième charte, dont Gaignières nous a transmis une très-bonne copie (6), ce prince confirme aux religieuses une rente de 1 ,000 sous sur la prévôté de Poitiers.

Fontevraud eut dès le milieu du douzième siècle, et encore dans la seconde moitié du treizième (7) de nombreux procès à soutenir pour conserver son droit d'herbage dans la forêt d'Argenson ou de Benon.

Par jalousie contre un ordre puissant et étranger à leur diocèse, ou par tout autre motif, les évêques de Saintes fermèrent souvent l'oreille aux réclamations des religieuses.

Aussi firent-elles adresser, vers 1165, à l'évêque Bernard et à son clergé, par l'évêque de Chartres, légat du Saint-Siège, un mandement conservé en original parmi les chartes anciennes de Fontevraud, n° 94, et conçu en ces termes :

III. G. Dei gratia Carnotensis episcopus, apostolice sedis legalus, B. dilecto fratri, eadem gratia venerabili Xantonensi episcopo, et venerabilibus archidiaconis, archipresbiteris et presbiteris per Xantonensem episcopatum constitutis, salutem et dilectionem in Domino. Fraternitati vestre, per presentia scripta, mandamus et mandando precipimus quatinus pasquerium quod vir illustris Willelmus, bone memorie, dux Aquitanorum et comes Pictavorum, in elemosina dedit sanctimonialibus Fontis Evraldi, pro salute anime patris sui et sua, in bosco qui dicitur Arjachun, firmiter manutenere et conservare, ad usum earundem sanctimonialium, procuretis. Si qui vero, quod absit, pretauxatas religiosas sanctimoniales de predicto pasquerio molestare presumpserint, mandando sollicitudini vestre, precipimus quatinus eos conveniatis ; et tercio vocatos, si non emendaverint, a liminibus sancte Dei ecclesie sequestretis et postea excommunicetis. Hoc autem vobis dicimus de parrochianis vestris.

 

 Une charte du célèbre guerrier et troubadour Savary de Mauléon, prince de Talmont, en bas Poitou, et lieutenant général du roi d'Angleterre, établit, comme nous l'avons dit plus haut, que le droit de pacage dans la forêt de Benon était perçu par les religieuses de Saint-Bibien, auxquelles il en assure la jouissance, interrompue par les excès et les violences du monarque anglais.

Parmi les anciens titres de ce prieuré, nous signalerons d'abord celui qui est intitulé : Ice est la chartre feu Petrus de Vovent, par laquelle, en 1209, de concert avec sa sœur, domina Bona, il confirme et délivre une rente de 30 sous, léguée par leur père Jean de Vouvant à Fontevraud, sur une maison située à la Rochelle, in tendis, c'est-à-dire près des halles ou de la place où on faisait sécher le linge.

La clause suivante prouve que Pierre chercha à faire tourner cette confirmation au profit de son âme : Conventus vero Sancti Viviani predictum Petrum de Vovent suorum beneficiorum participem fecerunt; et insuper, post decessum suum, annuatim facere promiserunt.

 

 

 

La charte fut scellée, au nom de Pierre de Vouvent, par l'archiprêtre de la Rochelle, et pour le susdit couvent, par la prieure de Saint-Bibien, nommée Pétronille, en présence d'un grand nombre de religieuses et religieux, chevaliers, clercs et laïques.

Au dos d'une autre charte latine, de 1219, et d'une main contemporaine, a été écrite l'analyse suivante : Ice est la chartre sire Guido de Rochefort, de XX soz de cens de l'aumône sa mère. Dans le texte de l'acte, elle est nommée domina Eschive.

 En 1239, Hugues de Surgères donne, sur son revenu du grand fief d'Aunis, quinze sous de rente, pour le salut de son âme et de celles de ses parents, pour la célébration de son anniversaire, et, ajoute-t-il, ut una lampas ardeat coram tumulo patris mei.

Ces quatre dernières chartes sont conservées en original dans la quatrième fenêtre de Fontevraud, sacs 3, 13, 16 et 17.

 

Au prieuré de Saint-Bibien d'Argenson se rapportent encore :

1° Quatre titres originaux, non cotés, concernant la terre de Belleville en Aunis, Bella villa in Alnesio.

Par le premier, Hugue, abbé de Saint-Cyprien, de Poitiers, et Gilie, abbesse de Fontevraud, procèdent, en 1183, au partage de ladite terre, en présence des juges -arbitres nommés par le pape afin de mettre un terme aux débats causés par leurs prétentions respectives.

Fontevraud obtient la maison de Belleville et la moitié de la superficie des terres, bois et autres dépendances, avec une minée en sus, et una insvper minata.

Les deux suivants concernent les 100 sous de rente donnés par Girard de Fournival, et confirmés par Othon, duc d'Aquitaine.

D'après le quatrième, juin 1220, Aeliz, humilis comitissa Augi, in viduitate et in libéra potestate comtituta, et son fils Raoul, pour le salut de leurs âmes et de celle de leur défunt époux et père, noble homme Raoul d'Exoudun, jadis comte d'Eu (8), et de tous leurs ancêtres et successeurs, donnent à Fontevraud une rente de 10 livres, en monnaie ayant cours dans la terre de Belleville.

2° Deux pièces relatives à un procès avec les chanoines réguliers de Notre-Dame de Châtres, diocèse de Saintes, pour la propriété de l'emplacement sur lequel ce dernier monastère avait été construit, par un personnage appelé Roger.

Fontevraud prétendait que celui-ci, étant frère-profès de l'ordre de Robert d'Arbrissel, et ayant en outre bâti Notre-Dame de Châtres sur un terrain que lui avait concédé l'abbaye angevine, la maison des chanoines devait, sinon lui appartenir, du moins être soumise à sa juridiction; et les chanoines, non contents de repousser cette prétention, niaient obstinément les deux faits sur lesquels elle était, fondée.

 Le procès fut porté en cour de Rome, puis renvoyé par le pape Eugène HT devant Geoffroy, archevêque de Bordeaux, et Bernard, évêque de Saintes.

Leur jugement 2 (février 1168) donna gain de cause aux chanoines; mais ceux-ci durent néanmoins abandonner aux religieuses une terre nommée le Puy-Airouard, plus une maison située à Matha, Mastatium avec leurs dépendances.

La charte-notice, dont nous publions le texte, et dont la formule appartient plutôt au onzième siècle qu'à la fin du douzième, résume les faits contenus dans l'acte dressé par le métropolitain de Bordeaux et son suffragant de Saintes. Elle indique aussi les conditions auxquelles le Puy- Airouard fut confirmé à Fontevraud par l'héritier de ceux qui l'avaient donné à Notre-Dame de Châtres (par l'investiture solennelle d'une paire de gants remise à Huguette, prieure de Saint- Bibien d'Argenson), puis donné en fief par la prieure au susdit héritier.

 

 

IV. ICE EST lui CHARTE LA FRANCHISE DE POEZ HAEROART.

Per hoc scriptum pateat omnibus, tam presentibus quam futuris, quod Wilermus Polens locum in quo villa de Puteo Airoardi sita est concessit, in vita sua et in sanitate sua, Deo et ecclesie Sancte Marie de Castris ; ibique Roigerius, quem sanctimoniales Fontis Ebraudi fratrem suum esse dicebant, ecelesiam fundavit. Fratres vero de Castris hoc contradieebant. Unde inter sanctimoniales Fontis Ebraudi et, fratres de Castris orta fuit controversial que tandem ad aures domini pape, id est Eugenii, fuit perlata; qui eandem controversiam G. Burdegalensi archiepiscopo et Bernardo Xanctonensi episcopo cognoscendam et terminandam commisit. Et ut predicta querela in perpetuum sopiretur, idem fratres de Castris supranominatum locum, scilicet de Puteo Airoardi, sanctimonialibus Fontis Ebraudi libère et quiète in perpetuum habendum concesserunt.

Defuncto autem supranominato viro, scilicet Wilermo Polen, qui hunc locum, immunem a vigeria et omni debito servitio et a dominio, predictis fratribus de Castris dederat, successit ei in hereditatem nep- tîs sua Beatrix, uxor A. de Ford; que sepedictum locum, scilicet Puteum Airoardi, pro salute anime sue et parentum suorum, sancti- monialibus Fontis Ebraudi, in orrmem eundemque modum quo Wilermus Polens dederat, dédit et concessit; eu jus modi donum A. de Ford, suus vir, quantum in eo erat, voluit et concessit, conservavit et augmentavit.Quo defuncto, A. de Ford, fílius suus, predictum locum, scilicet Puteum Airoardi, eisdem sanctimonialibus, in omnem eundemque modum quo et mater sua dederat, concessit, scilicet sine vigeria et servitio et dominio. Sanctimoniales vero hoc in feodo dede- runt A. de Ford. Quod si aliquis manens in villa predicta tam turpe crimen fecerit unde corporalem debeat subire penam, sicut aut in membro ant in vita, in potestate A. de Ford puniendus justo judieio tradetur; et latrocinum erit sanctimonialium. Sed si latro extraneus in villam invenerit (sic), et de latrocinio illo.convictus fuerit de quo accusatus erit, homo qui eum deprehenderit notiflcet ministris A. de Ford, et ejectum eum a villa si voluerint accipiant; et latrocinium erit sanctimonialium. Hoc donum fecit A. de Ford in ecclesia Sancti Laurentii de Forgis; et investivit Ugam, tune priorissam, in ecclesia Sancti Bibiani, cum gantis magistri Simonis Garatini. Pro quo dono A. de Ford charitative habuit trecentos solidos et marcam argenti. Quod donum et quain concessionem audierunt et viderunt : prefata priorissa Uga, Aelina celleraria, Gumbaudus, Arnaudus de Lobilec, Wilermus Maunegres, Johannes de Sancto Michaele, Arnaudus sutor, fratres Sancti Bibiani; Gaufridus capellanus Sancti Laurentii de Forgis, magister Aimericus de Lolaio, magister Simon Garatinus, Tancretus, Petrus Jordanus, Wilermus Jolens, milites ; Johannes Vopillais, Aleardus de Forgis, Wilermus Brito, Petrus Faber et plures alii.

Factum autem fuit hoc anno ab incarnatione Domini MCLXXXVIII, Philippo rege Francorum régnante, Richardo comite Pictavie, Ademaro Xanctonensi episcopo (9) .

 

La dernière pièce que nous empruntons au chartrier de Saint- Bibien est une charte de la reine Aliénor d'Aquitaine, contenant :

1° Confirmation d'une donation faite par un nommé Guillot Board à l'abbaye de Fontevraud; 2°. don à l'abbaye du droit de prendre du bois de construction et de chauffage dans la forêt de Benon, ou tout au moins dans la partie qui était appelée alors Argathum.

Cet acte est peut-être celui dont parle le P. Arcère; mais on ne saurait lui assigner pour date l'année 1200, les deux évêques d'Angoulême et de Périgueux, dont l'initiale indique le nom de Pierre étant morts en 1182.

La route royale, via regia, conduisant de Belleville à Chizé, doit avoir disparu depuis longtemps, puisqu'elle ne figure même pas à l'état de simple chemin de traverse sur la carte de Cassini.

La maison conventuelle, nommée ici de Subsidiis, et ailleurs Sumsiz, Sossiz, existait encore en l'année 1183, époque à laquelle elle avait un prieur nommé Guillaume. Il est probable que l'exiguïté de son revenu, ou la destruction de ses bâtiments, pendant les guerres de la fin du douzième et du commencement du treizième siècle, l'auront fait réunir an prieuré de Saint-Bibien d'Àrgenson.

 

V. A. , regina Anglie et ducissa Aquitanie etNormannie et comitissa Andegavie, archiepiscopis, episcopis, comitibus, baronibus, justiciis, prepositis, ballivis, ministris et omnibus fidelibus régis et suis totius Aquitanise, salutem.

Sciatis quod ego, pro salute domini mei regis et mea filiorumque nostrorum atque patris mei et antecessorum meorum, necnon pro remedio nostrarum animarum, dedi et concessi et presenti carta confirmavi Domino Deo et aecclesiae Beatse Mariae de Fonte Ebraudi, atque domui suae de Subsidiis, totam terram illam quam Guillotus Boardi in territorio Belleville sibi adquisierat et eidem aecclesise jam dudum donare disposuerat; quam videlicet terram ilia via regia quae ducit de Bella Villa ad Chesecum dividit et déterminat. Concessi etiam domui predicte de Subsidiis, et fratribus atque sororibus ibidem Deo famulantibus, calfagium et usagium suum ad domos suas faciendas in bosco de Argathum , sicut habuerunt tempore patris mei ac postea et sicut debent habere. Quare mando et firmiter precipio quod aecclesia de Fonte Ebraudi et domus ejus de Subsidiis, et fratres atque sorores ibidem Deo servientes, habeant in perpetuum et teneant prenominata bene et in pace et honorifice et quiète, et prohibeo ne quis ballivorum vel prepositorum aut aliquorum aliorum aliquam inferat eis inde injuriam vel contumeliam.

Testibus : P. Engolismensi, P. Petragoricensi episcopis ; R. de Faia, tunc senescallo Aquitaniae, Willelmo Maingot (Guillaume Maingot de Surgères), Gaufrido de Taunaio (Geoffroy de Tonnay Charente), Salde- broil constabulario, Petro capellano, Jordano clerico et notario; apud Sanctum Johannem Angeliacensem. (Saint Jean d‘Angély)

 

 

Troisième série. Rentes sur le domaine du roi.

Les revenus donnés, légués ou confirmés au monastère de Robert d'Arbrissel en Aunis par les ducs d'Aquitaine rois d'Angleterre, puis confirmés par les rois de France après les conquêtes de Louis VIII, étaient assignés sur les domaines de la Rochelle, de Marans et de l'île d'Oléron.

 

 

 I. La Rochelle.

Les chartes relatives aux; rentes dues à Fontevraud sur le domaine royal dans cette ville sont beaucoup moins nombreuses et moins importantes que celles du prieuré de Sainte-Catherine ; il suffira d'en imprimer deux.

De la prévôté de la Rochelle (10) dépendaient les vinages de Benon, spécialement ceux de arcilly, sur lesquels, vers l'an 1185, Henri II et sa femme Àliénor, par lettres datées d'Alençon, donnèrent à Fontevraud une rente de 50 livres, confirmée depuis par leur fils Richard.

Eleanor, avec le consentement de son mari et de ses fils, dote l'abbaye de Fontevrault et les religieuses de cent livres par an pour les âmes de ses parents et elle-même de la prévoyance et du vignoble de Benon.

Elle ordonne aussi que les religieuses en reçoivent la moitié de la vigne et l'autre moitié de la prévôtée par l'intermédiaire des ministres du comte. Marchegay date la charte vers 1185 car elle ne nomme pas parmi les fils d'Aliénor, Henry, décédé plus tôt.

 Pareille somme fut aussi donnée aux religieuses sur la prévôté de Poitiers.

 

Voici la charte ď Aliénor :

  1. Alienor, Dei gratia regina Anglie, ducissa Normannie et Aquitanie, comitissa Andegavie, archiepiscopo Burdegalensi, episcopis, abbatibns, comitibus, baronibus, vicecomitibus, prepositis et aliis baillivis et fidelibus suis tocius Aquitanie, salutem.

Sciatis me, assensu et voluntate domini mei Henrici, régis Anglie, et Ricardi, Galfridi et Johaimis, filiorum meorum (11), dédisse et presenti carta mea confirmasse abbacie Fontis Ebraudi et monialibus ibidem Deo servientibus redditum centum librarum, in perpetuam elemosinam, in prepositura Pictavis, et in vineiam de Banaon, in ea precipue que recipitur apud Marcileium. Hanc donacionem et elemosinam feci pro salute anime domini mei régis, et pro salute anime mee et Ricardi filii mei et aliorum filiorum meorum et filiarum mearum et predecessorum meorum. Precipio itaque quod prefate moniales medietatem prescripte elemosine, scilicet mille solidos, libere et sine omni disturbatione quiète annuatim percipient in vineia de Banaun, in ea videlicet que recipitur apud Marcileium in festo beati Martini hyemalis, et aliam medietatem, scilicet mille solidos in prepositura Pictavensi predicto termino, per manus ministrorum comitis qui vineiam et minagium annuatim sunt recepturi. Quare volo et firrniter precipio quod memorata abbacia Fontis Ebraudi et moniales in ea Deo servientes predictum redditum centum librarum habeant in libera et perpétua elemosina, et annuatim percipiant bene et in pace, libere et quiete, integre et plenarie et honorifice, sicut in hac carta mea determinatum est.

Hiis testibus : Gaufrido de Taunay, Radulfo de Taunay, Chalone de Rocaforti, Herveo de Marulio, Roberto de Monte Mirailo, senescallo Pictavensi, Johanne de Resse., Renmone de Resse, Petro filio Guidonis, Emerico filio Ivonis, Stephano senescallo Andegavensi, Hugone vicecomite de Castroduni , Hugone de Treissi (sic), Thoma Bardulfî , Rogerio elemosinario domini regis, Josberto de Precigne, Herveo preposito de Montbason; apud Alençon (12).

 

Aliénor, par la grâce de Dieu reine d'Angleterre, duchesse de Normandie et d'Aquitaine, comtesse d'Anjou, à l'archevêque de Bordeaux, aux évêques, abbés, comtes, vicomtes, prévôts et autres baillis, et fidèles de toute l'Aquitaine, salutations.
Sachez que moi, avec l'assentiment et la volonté de mon seigneur Henry, roi d'Angleterre, et de Richard, Geoffrey et John, mes fils, j'ai donné et confirmé par cette charte actuelle, à l'abbaye de Fontevrault et aux moniales qui y servent Dieu, la rente de cent livres, en aumône perpétuelle, de la prévôture de Poitiers et du vignoble de Benon, notamment ce qui est reçu de Marcilly.

 J'ai fait ce don et cette aumône pour le salut de l'âme de mon seigneur roi et le salut de mon âme et de mon fils Richard et de mes autres fils et de mes filles et de mes ancêtres. Je commande aussi que les dites religieuses reçoivent la moitié des aumônes prescrites, soit mille sous, gratuitement et sans problème annuellement avec immunité de la vigne de Benon, à savoir ce qui est reçu à Marcilly lors de la fête d'hiver de Saint-Martin, et le L'autre moitié,mille sous de la prévôture de Poitiers à l'époque dite, par les mains des ministres du comte qui les collecteront annuellement à la vigne et au péage de blé. C'est pourquoi je souhaite et j'ordonne fermement que ladite abbaye de Fontevrault et les moniales qui y servent Dieu aient ladite rente de cent livres en aumône gratuite et perpétuelle, et la reçoivent annuellement en paix, librement et avec immunité, pleinement, complètement et honorablement, comme cela est déterminé dans ma charte.


Avec ceux-ci comme témoin: Geoffroy de Taunay, Ralph de Taunay, Chalon de Rochefort, Herveus de Marolles (? Marulio), Robert de Montmirail, sénéchal du Poitou, Jean de Resse, Renmon de Resse, Peter fils de Guido, fils Emeric d'Ivo , Stephen sénéchal d'Anjou, Hugo vicomte de Châteaudun, Hugo de Treissi [sic], Thomas Bardulf, Roger élémosinaire du seigneur roi, Josbert de Presigne, Herveus prévôt de Montbazon; à Alençon.

 

 

 

Les 50 livres tournois de rente sur les vignes de Marcilly furent, en janvier 1242, assignées par l'abbesse Alix de Blois à son couvent, à cause de l'irrégularité avec laquelle étaient payées les 100 livres du domaine de Dijon, destinées à l'achat de chemises pour les religieuses (13).

Sur cette même prévôté de la Rochelle, Fontevraud acquit plus tard des rentes dues à diverses personnes, entre autres à Guillaume Maingot, chevalier, seigneur de Surgères.

  Celles qu'il y possédait se montaient à 200 livres. Pour payer des dettes pressantes, il en avait engagé 150 à son frère Hugue; puis, afin de satisfaire plus complètement ses créanciers, por mon besoing, et por le grand estoueir que ge en aveie , dit-il lui-même , avec le consentement de sondit frère, il vend le tiers de ce gage, c'est- à-dire 50 livres de rente, à Jeanne de Brenne, abbesse de Fontevraud, à raison de 1,000 livres.

La régularisation de cette vente nécessita un assez grand nombre d'actes. Gaignières nous en a conservé des extraits et des copies : c'est d'après lui que nous publions la requête adressée en cette circonstance (14), au mois de février 1260, nouveau style, par Guillaume et Hugue de Surgères à leur suzerain le comte de Poitou, Alphonse, frère de saint- Louis.

 

II A lor excellent seignor Alfonz, filz le rei de France, conte de Peitiers et de Tholose, Guillelmes Maengoz, sires de Surgeres, et Hugues de Surgeres, sis frères, li vostre feau chevaler en totes choses et par toz luecs, saluz ob grant acreissement d'onor et de valor.

Sire, cum je, Hugues de Surgeres, aie vendu et otreié a perpetuauté a la religiose dame a l’abbasse et au convent de Font Ebraut L livres de rende, de CL livres de rende que ge aveie on gariment a mon davant dit frère en vostre prevosté de la Rochele, si cum il est contenu et devisé en la chartre d'icelle vende, qui est saielée dau saiau a vostre seneschau de Saintonge et dau saiau a mon davant dit frère et dau mien saiau ; et iceste chouse ge aie fait ob l'assentement a mon davant dit frère, por ceu que il conoisseit et vaeit le grant estoueir que ge en aveie, dont ge ne poeie muer que, de ce ou d'autre chouse, ne me convenist a vendre, por mei délivrer; ge Willelmes Mengouz et ge Hugues de Surgeres, dessus nommé, suppleiom et requerom la vostre seignorie et la vostre bénignité, en tant com nos plus poom, que a vos placet de otreier iceste vende a la dite abbasse et au convent de Font Ebraut, et de la lor approver et confermer perpetuaument. Et, sire, [por ceu] que vos en seiez plus certains, et que nos somes désirant moût forment que la chose se facet, nos vos entrametom cestes lettres pendanz, saielées de nos saiaus.

Ceu fut fait l'an de l'Incarnation Jhesu Crist mcclix, en meis de fevrer.

 

 

 

 

II. Marans.

Soit par précaution contre les projets du roi de France, soit par défiance contre ses propres vassaux, Richard Cœur de Lion avait saisi plusieurs châteaux et fiefs importants du Poitou et de l'Aunis, peu de temps après être sorti des prisons du duc d'Autriche et de l'empereur d'Allemagne ; et ils étaient encore entre ses mains lorsqu'il fut blessé au siège de Chalus.

 Après sa mort les seigneurs dépossédés sollicitèrent de la reine-mère la restitution de leurs places.

Leurs demandes furent généralement suivies d'effet, parce qu'Aliénor voulait rendre les réclamants favorables au dernier de ses quatre fils, Jean sans Terre, au préjudice des droits de son petit-fils, Arthur de Bretagne.

Ces restitutions ne furent cependant pas tout à fait gratuites (15) .

 La conduite de la reine vis-à-vis de Guillaume de Mauzé nous en offre un exemple. Pour recouvrer Marans et ses dépendances, il dut constituer sur cette terre une rente perpétuelle de 100 livres, en monnaie angevine, à l'abbaye dans laquelle le corps de Richard Cœur-de- Lion était inhumé.

La charte de Guillaume de Mauzé et celle de la reine Aliénor, constatant que les 100 livres seront exclusivement employées à l'achat de robes pour les religieuses, sont datées de Fontevraud, le jour même des funérailles de Richard (16).

Elles nous ont été conservées par un vidimus de Jean, évêque de Poitiers (mars 1247), lequel appartient aux archives de Maine- et-Loire.

  1. Sciant tarn présentes quam futuriquod ego Willelmus de Mause, defuncto rege Richardo, karissimo domino meo, fultus consilio amicorum meorum, accessi ad dominam meam reginam Alienor, supplicans ei ut redderet michi Marand cum omnibus pertinentiis suis, quod erat jus meum, unde dissessierat me predictus dominus meus rex Richardus. Domina vero regina, habito consilio cum viris prudentibus, eadem die qua sepultus fuit karissimus filius ejus dominus rex, reddidit michi prefatam terram integre et plenarie, michi et heredibus meis in perpetuum jure hereditario possidendam. Ego autem, ad voluntatem et petitionem domine mee regine, pro salute anime karissimi domini mei régis Richardi, ut citius a Domino misericordiam obtineret, dedi et concessi et hac presenti carta mea confirmavi Deo et beate Marie Fontis Ebraudi et monialibus ibidem Deo servientibus, in liberam, puram et perpetuam elemosinam, centum libras Andegavensis monete super totam terram de Marand, reddendas a me et ab heredibus meis annuatim eidem ecclesie : mille solidos in nativitate beati Johannis Baptiste, et mille solidos in nativitate Domini. Concessi autem et promisi Deo et domine regine, et propria manu juravi, quod si ego vel heredes mei deficeremus in solutione dictarum centum librarum eidem ecclesie Fontis Ebraudi, liceret domine mee regine et heredibus suis ex integro saisire totam terram de Marand, et tenere quousque predicte ecclesie congrue satisfaceremus. Et conventus ejusdem ecclesie concessit michi et uxori mee et heredibus meis spirituale benefitium totius ordinis Fontis Ebraudi. Hoc autem donum tenendum feci in ecclesia Fontis Ebraudi, in manu domine regine Alienor; et super sancta juravi a me et heredibus meis perpétua libertate tenendum, ad honorem et profectum ecclesie Fontis Ebraudi et salutem anime karissimi domini mei regis Richardi, coram istis testibus : Mauritio episcopo Pictavensi, Willelmo episcopo Andegavensi, Milone abbate de Pinu, Lucha abbate Torpiniaci, Aimerico vicecomite Thoarcii, Guidone Thoarcii, Petro de Monte Rabeio, Petro Bertini senescallo Pictavensi, Willelmo de Rupibus, Gaufrido de Cella, et multis aliis ; anno ab incarnatione Domini MCXCIX.

 

II Alienor, Dei gratia humilis Anglie regina, ducissa Normannie, Aquitanie, et comitissa Andegavie, omnibus episcopis, abbatibus, comitibus, baronibus, prepositis et ballivis et omnibus fidelibus suis, tarn presentibus quam futuris, totius Aquitanie, salutem in vero salutari.

 Noverit universitas vestra quod Willelmus de Mause, ad voluntatem et petitionem nostram, et pro salute anime karissimi domini sui regis Richardi, fílii nostri, ut citius a Domino misericordiam obtineret, dedit et concessit, et sua carta et suo sigillo confirmavit, Deo et ecclesie beate Marie Fontis Ebraudi et monialibus ibidem Deo servientibus, in liberam, puram et perpetuam elemosinam, centum libras Andegavensis monete, ad tunicas dominarum et non ad alium usum, super totam terram suam de Marant, reddendas a se et ab heredibus suis annuatim eidem ecclesie: mil le solidos in festivitate beati Johannis Baptiste et mille solidos in nativitate Domini. Concessit autem et promisit Deo et nobis, et propria manu sua super sancta juravit, quod si ipse vel heredes sui deficerent in solutione dicíarum cen- . tum librarum eidem ecclesie Fontis Ebraudi, liceret nobís et heredibus sive successoribus nostris ex integro saisire totam terram de Maraant, et tenere quousque predicte ecclesie congrue satisfacerent. Conventus vero ejusdem ecclesie concessit ei et uxori sue et heredibus eorum spirituale benefitium totius ordinis Fontis Ebraudi. Hoc autem donum tenendum fecit in ecclesia Fontis Ebraudi in manu nostra, die quo sepultus fuit karissimus filius noster rex Richardus; et super sancta juravit a se et heredibus suis perpétua Hbertate tenenďum, ad honorem et profectum eeclesie Fontis Ebraudi, et salutem anime karissimi domini sni regis Richardi, coram his testibus : Mauritio episcopo Pictavensi, Willelmo episcopo Andegavensi, Hugone episcopo Linconensi, Milone abbate de Pinu, Luca abbate Torpeniaci, Aymerico vicecomite Toarcii, Guidonefratre suo, Willelmo de Rupibus, Petro Saveri. Actum anno Verbi incarnati MCXCIX.

 

La donation qui précède fut confirmée, vers 1212, par le fils de Guillaume, Porteclie, seigneur de Mauzé et de Marans (17), lequel a joué un rôle assez notable dans les guerres dont l'Aunis et le Poitou furent alors le théâtre.

Porteclie assigna même le payement de cette rente sur les premiers revenus provenant de ses droits de rivage et de péage à Marans.

 

Six ans plus tard, un procès éclate entre lui et Fontevraud, qui voulait être payé, non pas en livres angevines, mais en livres tournois. La charte originale des juges nommés par le pape constate que les religieuses, par ce changement de monnaie, exigeaient un cinquième eu sus de ce qui leur était du. Elle prouve aussi combien la monnaie angevine, soit ancienne, soit nouvelle, était de mauvais aloi, moneta reproba, puisqu'elle n'avait pas un cours régulier a Angers même.

Ш. Willeimus Sancte Radegundis et S. Sancti Hylarii de Cella priores Pictavenses, universis présentes litteras inspecturis, salutem et pacem. Devotioni vestre discretionis significamus quod, auctoritate apostolica, vertebatur causa corarn nobis inter abbatissam et conventum Fontis Ebraudi, ex una parte, et nobilem virum Porteclie, dominum Mausiaci et Maraandi, ex altera: super eo videlicet quod cum, ex donatione Willelmi de Mausiaco, patris sui, dictus vir nobiiis, et ex concessione propria, ipse teneretur dictis monialibus in centum libris Andegavensis monete annuatim reddendis, nolebat eisdem reddere nisi Andegavos, predictis monialibus ab eo petentibus centum libras Turonorum; cum videlicet Turoni currerent apud Andegavirn, et Andegavi non currebant in eadem civitate vel eadem diocesi, et esset moneta reproba moneta Andegavorum. Que causa cum diu fuisset coram nobis ventilata, ad pacem sic est reducta, sicut nobis plenarie constitit per instrumentum pupiicum dicti nobilis et per voluntatem et concessionem magistri Willelmi, sindici abbatisse et conventus Fontis Ebraudi et potentis pacem facere super causa illa : ita tamen quod , de cetero , persolvet vir nobilis dictus Porteclie annuatim abbatisse et conventui Fontis Ebraudi octoginta libras Turonorum in rivagio et pedagio suo de Maraant, de primis denariis ibi provenientibus. Si vero contigerit quod apud Andegavim currant Andegavi, sive veteres sive novi, ipse tunc reddet annuatim abbatisse et conventui Fontis Ebraudi centum libras Andegavorum currentium, omni contradictione sublata. Hanc autem pacem auctoritate apostolica, qua fungimur in hac parte, confirmamus ; et presentibus litteris, in robur et testimonium, sigilla nostra apposuimus. Actum est hoc, de assensu parcium, anno gracie MCCXVIII, mense augusto (18).

 

 

III. L'île d'Oléron.

Pour cette ile, la plus vaste et la plus importante des côtes de notre Océan, et qui a été définitivement acquise à la France par la conquête de l'Aquitaine sur les Anglais, les archives de Maine- et-Loire possèdent un volumineux carton de titres originaux et de procédures. Il y manque peu de pièces.

 La plus ancienne et la plus importante, n° 1 , est récemment entrée à la Bibliothèque impériale.

C'est une charte de la reine Aliénor, datée de l'an 1199, à Fontevraud, et par laquelle elle constitue à l'abbaye une rente de 100 livres, en monnaie poitevine, pour le salut de son âme, de celles de son mari et de leurs enfants, et pour la célébration de son anniversaire et de celui de ses fils.

Tous les autres documents dont nous imprimons le texte appartiennent encore au dépôt d'Angers.

№ 2. La même reine donne sur la prévôté de l'île d'Oléron, 10 livres de rente à sa chère Alizé ou Alix, prieure de Fontevraud, qu'elle avait élevée.

Après la mort de la donataire, le couvent héritera de cette rente, à la charge de célébrer solennellement l'anniversaire de la prieure.

Comme tous les autres actes émanés de la royale duchesse d'Aquitaine, celui-ci, daté de la capitale du Poitou, offre une curieuse liste de témoins, parmi lesquels on trouve Soronetus major Pictavis. Ce personnage est probablement le premier chef delà commune instituée en 1199, à Poitiers, par la reine Aliénor.

II a été inconnu à Thibaudeau et aux savants de la Société des Antiquaires de l'Ouest qui ont publié une nouvelle édition de son Histoire du Poitou(19) . Le plus ancien maire nommé par eux est Robert Regnault, en 1213.

№ 3. Dans la même ville, et par une charte datée de 1199, la reine assigne une nouvelle rente de 10 livres sur la prévôté de l'île d'Oléron, et l'affecte spécialement à la chapelle de Saint- Laurent de Fontevraud, dont elle est la fondatrice.

Le seigneur Roger, frère dudit ordre, en jouira sa vie durant, et après sa mort ceux qui seront nommés par l'abbesse pour desservir ladite chapelle.

№ 4. Une dernière rente de 10 livres, aussi en monnaie poitevine, fut encore donnée (à Poitiers en 1199) sur le même prévôté de l'île d'Oléron à l'abbaye de Fontevraud, avec réserve d'usufruit en faveur d'une religieuse appelée Aelizie ou Alix.

Ce nom rappelle la prieure dont il est parlé dans la seconde charte ; cependant on ne doit pas confondre en une seule personne les protégées de la reine Aliénor, et voir dans notre 4e charte une simple confirmation de la 2e, d'autant plus que cette confusion pourrait avoir pour résultat de propager une erreur commise dans le Nova Gallia Christiana, mais qui n'a pas échappé à la savante critique de notre confrère M. Leopold Delisle (20)  Alix , qui était prieure en 1199, paraît n'avoir été qu'une damoiselle ou suivante, alumpna, nourrie dans la maison de la reine. Alix, nommée dans notre dernière charte, encore simple religieuse en 1223 (21), était de haute naissance. Elle devait être l'objet d'une prédilection toute particulière de la part d'Aliénor d'Aquitaine.

 Sa défunte mère, appelée aussi Alix, et qui avait épousé Thibaut V, comte de Blois, était l'une des filles nées du mariage d'Aliénor avec Louis VII. Elle fut nommée abbesse vers 1228, ainsi que l'a constaté M. L. Delisle, et non on 1209, comme il est porté au catalogue des abbesses de Fontevraud (22).

I. Alienor, Dei gracia regina Anglie, ducissa Normannie, Aquitanie, comitissa Andegavie, archiepiscopis, episcopis, abbatibus, comitibus, vicecomitibus, baronibus, senescallis, prepositis, baillivis, et omnibus sancte matris Ecclesie filiis, salutem in vero salutari. Noverit universitas vestra quod nos, pro salute anime nostre et venerabilis viri nostri pie recordationis Henrici regis, et bone memorie regis Henrici, filii nostri, et potentis viri regis Ricardi ceterorumque filiorum ac filiarum nostrarum, dedimus et concessimus, cum assensu et voluntate karissimi filii nostri Johannis, illustris regis Anglie, Deo et béate Marie et sanctimonialibus Fontis Ebraldi, ad faciendum anniversarium nostrum et predictorum filiorum nostrorum, centum libras Pictavenses, percipiendas singulis annis in prepositura nostra de Olerone , de primo proventu antequam rex vel princeps vel aliquis alius quicquam inde percipiat : videlicet ad festum Sancti Johannis Baptiste quinquaginta libras, et ad Nathale Domini alias L libras; sine contradictione, dilatíone, omni occasione cessante. Ut autem donatio ista firma et stabilis in perpetuum perseveret, scripto eam commendari et sigilli nostri munimine fecimus roborari.

Testibus hiis : Bartholomeo Turonensi archiepiscopo, Helya Burdegalensi archiepiscopo , Mauritio Pictavensi episcopo, Henrico Sanctonensi episcopo, Willelmo de Rupibus senescallo Andegavie , Gaufrido de Cella senescallo Pictavie, Brandino senescallo Gasconie, Petro Bertini, Petro Foscher et multis aliis.

Datum per manum Willelmi de Sancto Maxentio, clerici nostri, apud Fontem Ebraudi, anno incarnati Verbi millesimo c° LXXXX nono, anno regni regis Johannis primo (23) .

II. Alienor (24), Dei gratia regina Anglie, ducissa Normanníe, Áquita- nie, comitissa Andegavie, archiepiscopis, episcopis, comitibus, baro- nibus, senescallo Pictavie et probis hommibus de Olerone et omnibus ad quos presens carta pervenerit, tampresentibusquam futuris, salutem. Noverit universitas vestra quod dedimus et concessimus et hac presenti carta nostra confirmavimus, pro salute anime nostre, dilecte alumpne nostre Alize, priorisse Fontis Ebraudi, decem libras Pictavensis monete annui redditus, singulis annis percipiendas de redditibus prepositure nostre Oleronis, ad festum sancti Micahelis : ita quod, qui cumque sit prepositus Oleronis, ei predictas decem libras, sine aliqua difficultate, bene et pacifiée singulis annis reddat; post decessum

vero predicte priorisse, volumus et statuimus firmiter quod conventus Fontis Ebraudi habeat et percipiat in perpetuum predictas decem libras annuatim, ad anniversarium predicte priorisse faciendum. Et ut hec donatio nostra robur habeat perpetuum, eam sigillo nostro communivimus. Hiis testibus : Helia Burdegalensi archiepiscopo, M. Pictavensi episcopo, Roberto de Torneham senescallo Pictavie, M. abbatissa Fontis Ebraudi, A. ducissa Borbonie, M. comitissa Tornodori, Radulfo de Faia, Willelmo de Faia, Hamelino de Brolio, Soroneto majore Pictavis, Galfrido de Cavilniaco., magistro Ricardo clerico nostro, Savarico juniore., Rogero capellano nostro. Data per manum ipsius, apud Pictavim.

II Alienor (25), Dei gratia regina Anglie, ducissa Normannie, Aquitannie, comitissa Andegavie, omnibus Christi fidelibus ad quos presens scriptum pervenerit, salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod nos, pro salute et remedio anime nestre et antecessorum et successorum nostrorum, donavimus Deo et ecclesie Fontis Ebraudi decem libras annui redditus, Pictavensis monete, in prepositura reddituum nostrorum Oleronis, ad festum sancti Michaelis singulis annis percipiendas : ita tamen quod dominus Rogerus, capellanus noster et frater Fontis Ebraudi, qui divina celebrabit in capella nostra quam apud Fontem Ebraudi, in honore beati Laurentii, fundavimus, dictas decem libras annuatim percipiet quamdiu vixerit ; post decessum vero predicti Rogerii, abbatissa Fontis Ebraudi capellanum in eandem capellam institui faciet quem voluerit, de ordine suo, qui prenominatas decem libras ad sustentationem suam habebit, ad vitam suam ; et omnes successores sui eundem redditum similiter habebunt et possidebunt imperpetuum. Et ut hec nostra donatio, quam in puram elemosinam prefate ecclesie et capellanie beati Laurentii donavimus, inconcussa permaneat in posterum, presentem cartam sigilli nostri appositione roboravimus ; eamque sub protectione Dei et beate Marie et sancte ecclesie et summi pontificis et Burdegalensis archiepiscopi et Pictavensis atque Xanctonensis episcoporum ponimus et commendamus, ne in posterum ab aliquibus successoribus hec nostra donatio calumpniari attemptari, valeat vel infringi.

Hiis testibus : Mauricio Pictavensi episcopo, Henrico Xanctonensi episcopo, quorum consilio hec donatio facta fuit; Gaufrido decano, Hugone subdecano, Guillelmo de Rupe, Willelmo de Sancto Laurentio, Willelmo Vimario archidiacono Pictavensi ; Hadulfo de Faia cognato nostro, Hamelino de Brolio et Petro Capicerio,, militibus nostris; Matildi vicecomitissa Oenaici; Rogero, Joscelino et Rannulfo, capellanis nostris ; magistro Richardo et Gaufrido de Chinone, clericis nostris; Gaufrido de Calviniaco, Gaufrido de Jaunaio et Willelmo servientibus nostris. Data apud Pictavim, per mamum Willelmi de Sancto Maxentio, clerici nostri, anno gratie MCLXXXX  nono.

10    Alienor (26), Dei gratia regina Anglie, ducissa Normannie, Aquitannie, comitissa Andegavie, omnibus Christi fidelibus ad quos presens scriptum pervenerit, salutem in Domino. Quicquid volumus esse stabile et firmum, ut stabilius et firmius sit, commendamus testimonio litterarum. Noverit igitur universitas vestra nos, pro amore Dei et intuitu pietatis, dilecte nepti nostre Aelizie, filie felicis memorie Aaelizie quondam comitisse Blesensis karissime filie nostre, dédisse et hас presenti carta nostra confirmasse decem libras redditus Pictavensium monete, annuatim percipiendas in redditu nostro Oleronis, ad terminum sancti Micahelis, quamdiu vixerit in proprios usus libère et quiete tenendas et habendas. Post decessum vero predicte neptis nostre, supradictas decem libratas redditus dedimus, et hac presenti carta nostra, confirmavimus Deo et Beate Marie et ecclesie Fontis Ebraldi, pro amore Dei et pro redemptione anime nostre et omnium antecessorum nostrorum et successorum nostrorum in puram et perpetuam elemosinam, libere et quiete jure perpetuo possidendas et singulis annis ad prefatum terminum sancti Micahelis in predicto redditu nostro Oleronis percipiendas, ad anniversarios jam dicte neptis nostre et matris ejus in eadem ecclesia fatiendos. Et ut hec nostra donatio inconcussa permaneat in posterum, presentera cartam sigilli nostri appositione roboravimus ; eamque sub protectione Dei et beate Marie et sancte ecclesie et summi pontificis et episcoporum Pictavensis et Xanctonensis ponimus et commendamus, ne in posterum ab aliquibus successoribus nostris hec nostra donatio calumpniari, attemptari valeat vel infringi.

 Hiis testibus : Mauritio Pictavensi episcopo, Henrico Xanctonensi episcopo, quorum consilio et auctoritate hec donatio facta fuit et confirmata ; Gaufrido decano, Hugone subdecano ; Willelmo de Rupe, Willelmo de Sancto Laurentio, Willelmo Vimario, archidiaconis Pictavensibus ; Radulfo de Faia, cognato nostro; Hamelino de Brolio et Petro Capiceri, militibus nos-

Iris; Matildi vicecomitissa Oenaici; Rogero, Joscelino, Rannulpho capellanis nostris ; magistro Ricardo de Gnowesale et Gaufrido de Chinone, clericis nostris; Gaufrido de Calviniaco, Gaufrido de Jauneio, Willelmo, servientibus nostris. Data apud Pictavira, per manum Rogeri predicti, capellani nostri.

 

La première de ces quatre donations d'Aliénor a été sanctionnée à Chinon, le 25 juin 1200, par son fils Jean sans Terre.

Depuis, toutes les chartes de la reine furent confirmées et vidimées par son petit-fils Henri III, par le célèbre prince Noir, et même par Philippe de Valois, roi de France.

Dès l’année 1220, Fontevraud éprouva des difficultés sérieuses pour se faire payer les 130 livres de rente. Un long procès fut soutenu à cette occasion contre Savary de Mauléon, sénéchal de Poitou.

Les ordres réitérés du roi d'Angleterre, son maître, et les menaces d'excommunication du pape Honoré III, le contraignirent enfin à donner l'argent, et à délivrer la charte suivante :

V. Savaricus de Malleone, senescallus Pictavie et Wasconie, omnibus présentes litteras inspectons, salutem. Gum abbatissam etconventum Fontis Ebraudi pro certo didicerirn, et per cartas bone memorie Aienordis regine Anglie et domini Johannis filii sui régis Anglie, quas propriis oculis inspexi et propriis auribus audivi , plenarie cognoverim sexcies viginti et decem libras annui redditus habere in prepositura Oleronis , ego , auctoritate et mandato karissimi domini mei Henrici régis Anglie , predicte abbatisse et conventui dictum redditum assignavi in hune modum, in tempore senescallie mee , quod in omnibus redditibus et exitibus Oleronis , predicto domino régi et michi senescallo suo pertinentibus , omnem medietatem percipient usque dum ad plenum fuerint pagate de supradictis sexcies viginti et decem libris. Et si ad solutionem dicte pecunie prenominata pars raldituum et proventuum Oleronis non poterit sufficere , de altera medietate reddituum et proventuum dicta solutio perfîcietur. Et in presentiamea et domine Alize Blesensis, sanctimonialis Fontis Ebraudi, dicte abbatisse et conventus procuratricis, Pagani Larcher, tune temporis ballivi Oleronis , super sacrosancta evangelia juramentum accepi quod ipse, bona fide, sepedictis abbatisse et conventui, quamdiu illius insuie fuerit ballivus, jam dictum redditum annuatim persolvet, sicut superius est dictum. Noverint etiam universi quod prefate abbatissa et conventus erant in possessions dicti redditus dum, ex parte domini Johannis régis Anglie, ego Pictavie et Wasconie existerem senescallus. Et in hujus rei testimonium, presentibus litteris sigillum meum apposui. Actum anno gratie м°сс° хх°ш°, mense junio.

 

Quelques années plus tard, l'île d'Oléron passe entre les mains de Hugues de Lusignan, second mari d'Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean sans Terre, et par conséquent beau-père de Henri III.

Vers 1230, non -seulement Hugue refuse de payer la rente, mais encore il cherche à se soustraire à un examen judiciaire de ses droits et de ceux des religieuses, par des motifs résultant de l'attitude hostile dans laquelle il s'est placé vis-à-vis du roi de France, saint Louis. (27)

Les deux prieurs poitevins devant lesquels le pape a renvoyé l'affaire ne se laissent pas toucher par des périls résultant de ses actes mêmes, suis mentis. Ils démasquent avec une grande perspicacité la mauvaise foi du comte de la Marche, qui ne craignait pas de se rendre en France pour un tournoi, et trouvait dangereux d'y comparaître devant des juges élus par le Saint-Siège.

Voici le texte de leur sentence,

VI. S. beati Hylarii de Cella, Willelmus sancte Radegundis priores, archipresbitero, prioribus, capellanis et subcapellanis omnibus in terra nobilis viri Hugonis de Leseigniaco de Olerone constituas, salutem in Domino et pacem. Pro querela venerabilis abbatisse et conventus Fontis Ebraudi, petentium sexcies viginti libras et decem Pictavenses in prepositura de Olerone, per bone memorie Alienor, quondam reginam Anglie, ipsis in helemosinam assignatas, vir nobilis Hugo de Lesigniaco, a nobis auctoritate apostolica pluries citatus, tandem nunciům ad nos cum litteris destinavit, continentibus excusationem quod, propter metum periculi proprii corporis, ad nos in terra régis Francie accedere non audebat ; propter quod postulabat tutum locum sibi provideri vel auditores sibi in tuto loco concedi. Cui ex adverso responsum est nullam esse hujusmodi exeusationem, cum pari facilitate potuisset procuratorem misisse quam potuit excusatorem destinare; et hujusmodi graves personas equum est et solitum per procuratores, non personaliter litigare, quia per multipliées eorum occupationes, vel per metum in quem suis meritis incidunt, non convenit juris executionem differri et aliène justicie prejudicium generari. Denique non verum metum videbatur ad sui exeusationem assumere, cum pro causa illicita et prohibita, pro torneamentis scilicet, infra diem sibi a nobis assignatum in regno eodem multo longius non trepidasset proficisci, uncle per contrarium actum excusationem hujusmodi anullabat. Quas utique allegaciones ejus nuncius sub dissimulacione pertransiens instanter postulavit sibi dari in tuto loco auditores ; sed, contra postulacionem suam, cum tandem convenisset cum adversario in locum et personas auditorii, in nostrum et juris elusionem, recusans implere quod placuit sibi, contrarius et contumax a nobis recessit. Et quoniam malicie cujusquam non est indulgendum, ut de fruslratoria elusione commodum debeat reportare, vobis singulis et universis, auctoritate apostolica, districte precipiendo mandamus quatinus eundem virum nobilem, et totam terrain ipsius de Olerone, sub districto teneatis interdicto et teneri faciatis, donee de elusione et defectu tarn nobis quam parti competenter fuerit satisfactum.

 Reddite litteras (28).

 

L'établissement par Aliénor et Jean sans Terre d'une commune dans l'île ďOléron, en 1199, y avait eu des conséquences inattendues : la commune s'était enrichie d'une partie des revenus de la prévôté. Ce résultat était reconnu et constaté dès le temps du procès contre Savary de Mauléon.

Henri III dut aviser à ce que Fontevraud n'en souffrit pas, et il donna des ordres à son sénéchal de Gascogne pour que la somme à payer fût prise sur les autres revenus de l'île, si le produit de la prévôté était insuffisant.

La charte du roi d'Angleterre, 10 juillet 1234, nous est parvenue dans un vidimus délivré en 1252 par Michel de Villoiseau, évêque d'Angers. Nous l'imprimons en la faisant suivre de celle des maire et prud'hommes de l'île d'Oleron, qui donne des détails intéressants snr la manière dont elle fut exécutée, en présence de l'abbesse de Fontevraud elle-même.

Vil. H.(29), Dei gratia rex Anglie, dominus Hibernie, dux Normannie, Aquitanie, et comes Andegavie, dilecto et fideli suo senescallo suo Wasconie, salutem. Mandamus vobis quod, si exitus prepositure nostre de Olerum qui, sieut dicitur, diminuti šunt occasione commune que allevata fuit tempore domini .J. regis, patris nostri, in predicta insula de Oleron, non sufficiant ad solutionem sexcies viginti et decem librarum Pictavensium faciendam abbatisse et sanctimonialibus Fontis Ebroldi, que singulis annis eis debentur de predicta prepositura, tune de redditibus et aliis proventibus ejusdem insule predictis abbatisse et sanctimonialibus singulis annis suppleri et reddi faeiatis id quod defuerit in eadem prepositura ad predictas sexcies viginti et decem libras Pictavenses eis perficiendas.

In cujus rei testimonium has litteras nostras fieri fecimus patentes.

 Teste me ipso, apud Westmonasterium, x  die julii, anno regni nostri XVIII.

VIII. G. de Hastingis, major, et probi homines de communia Oleronis, salutem in Domino. Noveritis universi quod cum dominus H. , rex Anglie illustris, dedisset in mandatis domino Henrico de Trubbevilla, senescalo Vasconie, [ut] solvi faceret abbatisse et conventui Fontis Ebraudi, super omnes proventus insule Oleronis, sexcies viginti et decem libras annui redditus, ab antecessoribus ipsius regis eis dudum collatas et ab eodem rege confirmatas, dictus senescalus, juxta mandatum regium, nuncios dictorum abbatisse et conventus de predicto redditu seisivit apud Sanctum Nicholaum, prope castrum Oleronis. Postmodum autem prefata abbatissa, in propria persona ad eamdem insulam aceedens, corporalem possession emprenominati redditus, nomine ecclesie sue, propriis manibus apprehendit, videntibus et audientibus : priore Sancti Petri de Olerone, Willelmo de Xanctonis, commonaco-suo; magistro Laurentio Bormaudi, magistro Helia Sorin, Osmundo Monnerii, clericis; Willelmo de Brolio, Johanne Raherii, militibus; Thoma de Maaurit[ania], ipsius insule preposito, Willelmo de Feravilla, castellano ; Johanne Bidau, Johanne Willelmi , Fulcone Ricardi , Johanne Villain, Petro Roberti, Haimerico Muler, Andrea Ricardi, Joscelino Osmundi, Helia Osmundi, Michael Monnerii, Willelmo Gilbo, Arnulfo Gilbo, Petro Marescot , Willelmo Giraudi, Haimerico Bertoil, et aliis pluribus.

Datum apud Sanctum Nicholaum, die mercurii proxima ante Nativitatem beate Marie, anno Domini м° ducentesimo tricesimo quinto(30).

 

Ce dernier acte, le plus ancien peut-être qui soit émané du maire et des prud'hommes de l'île d'Oléron, est aussi l'un des plus importants qui existent sur cette commune. Le texte nous en a été conservé par un vidimus du 13 novembre 1361.

 Gaignières a eu l'original sous les yeux, il s'est borné à en prendre un extrait ; mais il n'a pas négligé de faire dessiner  le curieux sceau, que sans lui nous n'aurions peut être jamais connu.

Il est rond et grand et représente d'un côté, sur un champ semé d'étoiles, un cavalier galoppant à gauche, la tête nue, vêtu d'une longue tunique, chaussé de mailles, éperonné et tenant un oiseau sur son poing droit.

Sur l'autre face est, à droite, une tour crénelée, de laquelle s'éloigne une baxque à quatre rameurs, ayant en guise de mâts quatre lances à banderoles. Des poissons nagent à côté de la barque.

La légende, incomplète pour les deux côtés, est SIGILLVM MAIORIS DE VLERVM.

 

Les chartes de Fontevraud offrent des renseignements précieux sur l'histoire de cette île et de sa commune; cependant on devra surtout recourir aux diverses collections historiques de Londres, conservées à la Tour, à la Secrétairerie d'État, State Papers Office, ou au Musée Britannique.

 En faisant des recherches d'une autre nature dans ce dernier dépôt, nous y avons recueilli les deux faits suivants :

Le 26 septembre 1236, le pape Grégoire IX. dispensa les habitants de l'île d'Oléron de comparaître devait les tribunaux où ils ne pourraient se rendre sans traverser les terres de leurs ennemis, et il ordonna en outre de ne jamais mettre l'île en interdit à cause de ce défaut de comparution de ses habitants.

De ce privilège, réclamé par le monarque anglais et accordé par le souverain pontife, il ne faudrait pas tirer des conclusions trop favorables à ceux qui en furent investis. M. Massiou (31) veut que ces insulaires aient été les instigateurs des lois maritimes connues sous le titre de Rôles d'Oléron, et les fidèles observateurs de l'article portant abolition du droit de bris et naufrage, dès qu'un seul des mariniers échappait à la mort. Cette prétention est fort patriotique assurément, mais très-peu fondée : les appétits des habitants de l'île d'Oléron étaient aussi sauvages pour le moins que ceux des autres riverains de l'Océan.

En 1233, Gérard de Pexarnmo et son frère, citoyens de Gênes, dont le commerce s'étendait non-seulement sur les côtes occidentales de la France, mais encore sur celles d'Angleterre, sont assaillis par une violente tempête en vue des côtes de la Saintonge.

Leur navire, soulevé et battu par les flots, parvient à grand' peine à tenir tête à la tourmente ; mais le sénéchal, son fils, les habitants de l'île d'Oléron et quelques Saintongeois ne veulent pas renoncer aux profits que leur promettait l'imminence du péril.

Montés sur de nombreuses barques, ils assaillent le navire, qui suit de très-près la côte afin d'aller chercher dans le port de la Rochelle un abri et un remède à ses avaries. Leur violence arrache aux malheureux Génois une somme d'argent et divers objets de leur cargaison, sous prétexte qu'ils ont éprouvé un naufrage.

Ces détails sont constatés par une bulle du même pape, Grégoire IX (32), adressée, le 15 décembre 1233, à l'archiprêtre de la Rochelle, pour faire constater s'il y a eu naufrage réel ou simplement péril. Dans ce dernier cas, le sénéchal et ses complices devront rendre ce qu'ils ont extorqué aux marchands génois, à peine d'y être contraints par la censure ecclésiastique. C'est une « chose indigne, » ajoute le souverain pontife, « de voir ceux que la main du Sauveur a soutenus pour qu'ils ne fussent pas engloutis, éprouver de la part de méchantes gens des vexations contraires à la justice. »

P. MARCHEGAY.

 

 

 

 

 

Le Château de Benon : est construit vers 1096 et fortifié contre les Normands sur l'ordre de Guillaume IX, dit Le Troubadour.<==.... .....==> Aliénor d’Aquitaine, Lois Maritimes les Rôles d'Oléron, appelés aussi Jugements d'Oléron

 

Recherche dans les textes en latin du saint fondateur de l’abbaye de Fontevraud et examen des reliques du bienheureux Robert<==.... .... ==> Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )

 


 

  1. Histoire de la Saintonge et de l'Aunis, 6 vol. iu-8. IV. (Quatrième série.)
  2. Archives de Maine-et-Loire, Fontevraud : Fen. 4, Sac 2, pièce I. Orig. jadis scellé sur cuir blanc.
  3. L'inscription placée entre les deux exemplaires de cet acte, et couple par le ciseau lorsqu'ils furent délivrés l'un au duc d'Aquitaine et l'autre à l'abbesse de Fontevraud, porte : ....DATUM OPTIMUM ET OMNE DONUM….
  4. Le P. de la Mainferme, Clypem nascentis FontebraldensIs ordinis, vol II. p. 198, en a imprime un extrait qui la fait très-imparfaitement connaître, et reproduit inexactement les noms de lieux. Par exemple, il met Artucum et Mortensis castri, pour Arjacium et Niortensis. A la suite de cet extrait, il a publié le texte de la bulle d'Alexandre III, contenant confirmation de la charte du duc d'Aquitaine. Elle est datée de Tusculum, le 5 des ides d’avril.
  5. Un volume grand in-8°, Poitiers, 1839. Voir pages 169 et 176.
  6. Bibl. Imp., anc. fonds latin, n° 5480, vol. I, p. 434.
  7. Notamment le 12 novembre 1233, contre le prieuré de Saint-Pierre de Surgères (chartes anciennes, n° 92) ; et au mois de juin 1235, contre l'aumônerie de Chizé (fenêtre 4, sac. 17).
  8. Voir dans la Bibliothèque de l'École des chartes, IV série, vol. 2, p. 545, la Chronologie des comtes d'Eu, issus de la maison de Lusignan, publiée par M. Delisle.

?.. Titres anciens, n° R

9. ibid., fenêtre 4, sac 8, pièce 1lř, Cyrog.orig. jadis scellé

11    Sur cette prévôté, dont le revenu était considérable, Jean sans Terre assigna au célèbre Savary de Mauléon et à son oncle Guillaume 10,000 sous de rente, le 30 septembre 1199, p о jure suo quod ipsi et antecessores sui (les seigneurs de Chatelaillon) habuerunt et tenuerunt in Ruppella. Voy. Rotuli chartarura Turris Londinen- sis, p. 24.

— En 1201, les mêmes Savary et Guillaume donnèrent à Fontevraud une rente de XVII libras andegavenses in rivagio de Rupella, videlicet in sigillo; probablement le droit de sceau des briefs ou passe-ports délivrés à chaque navire V. Cartulaire des sires de Rays, n° 147 et 148.

11. L'omission du nom de Henri, fils aîné d'Aliénor, prouve que la charte est postérieure à la mort de ce jeune prince.

12. Archives de Maine-et-Loire, Fontevraud, fen 2, sac. 2, rôle des chartes, pièce 4e.

13. Ibid., orig. jadis sceIlé.

14. Bibl. Imp., anc. fonds latin, n° 5480, vol. T, p. 479.

15. Alienor, etc., etc. Noverit universitas vestra quod Radulphus de Maleone, post mortem karissimi filii nostri régis Richardi, venit ad nos apud Loudunurn, et requisivit ajuobis ut reddamusei Talamundum (Talmond en bas Poitou) cum pertinentiis suis,etc.

Nos quoque voluimus habere sermentum suum, quod nobis erat necessarium et fîlio nostro Johanni . . . (Charte de l'an 1199).

16. Et fu enfouis a Frontevaut, la boine abbeye de nonnains que il avoit tant arnee. Histoire des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre  publiée par M. Francisque Michel, p. 90-

17. Dans une notice historique sur la ville et le canton de Marans, par M. Alfred Etenaud, travail intéressant et assez exact pour les faits postérieurs au quatorzième siècle, deux erreurs ont été commises au sujet de Porteclie : la première consiste à l'avoir appelé Porrechie, la seconde à avoir dit qu'il parait être le plus ancien seigneur de Marans.

18 . Orig- jadis scellé de deux sceaux sur cordons de soie rouge.

19. A Niort en 1839-40, 3 vol- in-8°. Voy. vol. Ill, p. 369.

20. V. Bibliothèque de l'École des chartes, IVe série, vol. 11, p. 518 et suiv.

21. V. ci-après la charte de Savari de Mauléon.

22. V. Nova Gallia vol. col. 1322

23. Original n'ayant plus ni sceau ni cordons Bibl.Imp., chartes orig., Poitiers, n° 9. Cette pièce, donnée par M. Deville, était conservée à Fontevraud dans la Fenêtre des Domaines, sac 1, n° 1.

24. Fontevraud : Ile d'Oléron, sac 1, n° 2. Orig. jadis scellé.

25. Ibid., n° 3. Orig. jadis scellé.

26. Ibid., n° 4. Orig jadis scellé.

27. Orig. jadis scellé sur simple queue. Arch. de Maine-et-Loire.

28. Ibid., sac 2,, n° 12.

29. Ibid., sac l,n° 10.

30. Ibid., sac 2, n° 10.

31. Histoire de Saintonge, toI, II, p. 60-02.

32 . Les deux bulles sont contenues dans le grand Bullaire anglais du musée britannique, Additionnai Manuscripts, n° 15353. La dernière est imprimée dans la Revue des provinces de l'Ouest, 2e année, page 310.

 

 

16 septembre 2020

6 janvier 1169. Paix de Montmirail entre Henri II Plantagenêt et Louis VII roi de France médiateur de Thomas Becket.

Le roi Henri II et Thomas Becket, extrait de Chronicle of England, de Peter of Langtoft

Après le soulèvement en 1168 des barons de l’aquitaine et de la Bretagne contre Henri II Plantagenêt, le 6 janvier 1169 s’est tenue une entrevue entre Henri II et le roi de France Louis VII afin de tenter une réconciliation entre le roi d’Angleterre et Thomas Becket, l’archevêque de Canterbury qui lui contestait son autorité.

Il était plus convenable, que l’entrevue se fit dans les confins de la Normandie, dont Henry était Seigneur. Montmirail, que les uns placent au Maine, d’autres au Perche Gouët, est assez de ces côtés-là. Ainsi la raison de  convenance est pour ce Montmirail.

Mais si nous ouvrons les écrivains du temps même de l’évènement, que nous apprennent-ils ?

Henri II Plantagenêt - Vitraux cathédrales de Chartres

Jean de Sarisbery, Evêque d’Oxford, dit que ce fut à Montmirail, au Pays Chartrain, que Henry se rendit le jour de l’Epiphanie, et y prêta hommage au Roi de France.

Henri II Plantagenêt prête hommage au roi Louis VII et Adèle de Champagne avec leurs fils Philippe II Auguste

(Henri II Plantagenêt prête hommage au roi Louis VII et Adèle de Champagne avec leurs fils Philippe II Auguste - Cathédrale de Chartres)

Illustri rex Angliae, licet saepe salemniter et publice jurasset, se in homunium christianissimi Regis ulterius quoad viveret non rediturum, saniori concilio acquiescens propositum mutavit et in proximo Epiphaniorum dic apud Montem mirabilem in Pago Carnotensi ad memoratum Regem supplex accessit, se, liberos, terras, vires, et thesauros exponens, universa contulit in arbitrium ejus.

Jean parle ensuite de ce qui regardait Saint Thomas.

Le témoignage d’Heribert, de Bosaham, Clerc du saint Prélat, n’est guère moins formel pour ce qui regarde la détermination du Montmirail.

Après avoir rapporté ce qui se passa dans la Conférence qui y fut tenue, il dit que le lendemain Saint Thomas Becket partit de ce château, et qu’étant arrivé le même jour à Chartres.

 

De cet entrevue, il y eu le partage du patrimoine d’Henri Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine entre leurs fils :

-          Henri, dit le jeune, obtiendra la couronne d’Angleterre et les terre venant du côté paternel : Normandie et l’Anjou

-          Richard (Cœur de Lion), aura les possessions de sa mère : Le Poitou, l’Aquitaine et est fiancé à Adèle de France, fille du roi Louis VII de France.

-          Geoffroy les nouvelles terre acquises

-          Jean, quand à lui, doit se contenter de promesses, d’où son surnom de « sans terre »

 

« Dans ce démêlé célèbre où les intérêts de l'Eglise ont, « engagé saint Thomas contre un grand monarque (1) »

Guillaume aux Blanches-Mains joua un rôle très actif parmi les membres du clergé français qui prirent en main la cause de Thomas Becket.

Son rôle, pour religieux qu'il ait été, ne laissât pas toutefois que d'être teinté d'esprit politique. Louis VII avait fait sienne la cause de l'archevêque de Cantorbéry, pour susciter des embarras politiques à son ennemi Henri II.

Aussi bien, parmi les nombreuses lettres qui nous sont restées de l'archevêque de Sens sur la question, beaucoup furent écrites au nom de Louis VII pour appuyer auprès de la Papauté les justes demandes du roi de France. Il s'était formé à cet égard un véritable parti en France contre le roi et l'Eglise d'Angleterre. Ce n'est pas seulement le métropolitain de Sens, ce sont encore les suffragants de Nevers et de Paris, de Chartres, de Troyes, de Meaux, d'Auxerre qui ont « laissé des documents écrits de leur dévouement à Becket.

 Toutefois le rôle et l'influence de chacun d'eux ne furent pas d'une égale importance. Deux surtout, l'archevêque de Sens, Guillaume de Champagne et l'évêque de Nevers se signalèrent par leur fréquente intervention auprès du Pape (2) ».

C'est ce rôle de Guillaume aux Blanches-Mains que nous voudrions essayer de dégager, ce que nul des historiens de Thomas Becket n'a fait jusqu'ici, occupés qu'ils ont été du point de vue religieux ou philosophique de la question (3).

Vers l'année 1166, le pape Alexandre III était au plus fort de sa lutte avec l'empereur d'Allemagne. Il voulait éviter les complications avec Henri II qui ne l'avait reconnu en 1162 que dans un but intéressé.

Il voulait éviter que le roi d'Angleterre s'associât avec Frédéric pour reconnaître le pape Pascal III (4). Aussi bien, mena-t-il les débuts de l'affaire assez mollement, et en temporisant

. Ce fut la cause d'une des premières démarches de Guillaume aux Blanches-Mains. Celui-ci adressa au Pape une lettre (5) très vive, pleine de remontrances, dans laquelle il s'exprimait ainsi : « Le siège de Cantorbéry est la tête de l'Eglise d'Angleterre. Cette église doit être respectée par toutes les autres. Le roi d'Angleterre s'efforce de la bouleverser de façon à être maître dans son royaume et de façon à n'avoir plus à compter avec le pouvoir du Pape. Cela est d'un mauvais exemple pour les rois et les autres puissances de la Terre.

« Le roi d'Angleterre a exilé chez nous un homme en faveur de qui témoignent tous les hommes sages et qui, pour le respect qui lui est dû, est agréable au roi, à l'Eglise et à toutes les puissances de France... l'archevêque de Cantorbery s'est opposé à cette iniquité, il s'est élevé contre elle, a gardé sa foi à la Papauté. Sa cause est donc la vôtre. Cette injure aussi présomptueuse que coupable rejaillit sur vous. Vaincre une semblable tyrannie est une gloire réservée à votre apostolat. Si le roi d 'Angleterre réussit dans son entreprise, l'Eglise anglaise et celle de France peuvent courir des dangers.

 Le roi de France, l'Eglise et les grands du royaume attendent de vous au nom de la justice un secours contre le tyran en faveur de l'exilé et de ses compagnons...

« Nous vous supplions donc que vous ouvriez les oreilles aux prières et aux vœux du peuple, que vous jetiez un regard sur les nécessités de l'Eglise de Cantorbery, celles de l'archevêque, et que vous écoutiez les prières dignes de pitié de ceux qui s'exilèrent avec lui pour l’honneur de Dieu et les libertés de l'Eglise. »

Le Pape Alexandre III restait sourd à ces avertissements. Thomas Becket errait de monastère en monastère (6). Cette année même, à la Saint-Martin il dut quitter Pontigny. Alexandre III temporisait.

L’année suivante Louis VII et la cour de France avaient été émus par les paroles de Jean d'Oxford (7) qui s’était prévalu à son retour de Rome d'avoir obtenu du Pape de nombreux privilèges et notamment la confirmation du mariage du fils de Henri II avec la fille du comte de Bretagne, sa parente au troisième degré. Le roi de France avait même voulu envoyer des messagers pour interdire sur son domaine l'entrée des légats apostoliques.

Alexandre III était pressé par l'Eglise de France de mettre fin aux dissensions de l'Eglise anglaise et de Thomas Becket. Le roi, le sénéchal Thibault écrivaient lettres sur lettres au chef de l'Eglise.

 

En 1168, Guillaume aux Blanches-Mains écrivit à nouveau et dans le même sens que la première fois (8).

« Il n'y a pas, disait-il, d'Eglise plus fidèle que l'Eglise « de France, et sur qui le Pape puisse compter d'une « façon plus formelle.

« L'Eglise, le Roi, le royaume tout entier vous supplient d'agir en faveur du prélat de Cantorbéry qui lutte et est exilé depuis quatre ans pour la liberté de l'Eglise et la dignité de Votre Majesté.

« Le roi d'Angleterre agit contre vous... son iniquité « est pourtant reconnue. Dans une réunion où le comte de Flandre avait amené le prélat de Cantorbéry pour supplier le roi d'Angleterre de mettre un terme aux discordes de l'Eglise, il a fait lire des lettres apostoliques dans lesquelles il était dit que le prélat ne pour-« rait sévir contre lui ni contre le royaume tant qu'il ne serait pas rentré en grâce auprès du roi. »

Guillaume condamnait dans cette lettre la conduite politique du Pape. Le roi de France, disait-il, se plaint de ce que les menaces et les injures de l'Angleterre font plus d'effet sur votre esprit que sa fidélité; et faisant allusion aux événements passés, il craignait qu'un scandale nouveau n'éclatât dans le genre de celui qu'avait causé Jean d'Oxford lors de son retour à Rome (9).

L'année 1169 devait marquer la période la plus aiguë de la lutte. Maintes tentatives de réconciliation furent faites. Guillaume aux Blanches-Mains devait déployer pour la cause de l'archevêque une grande activité. Depuis l'année précédente, Alexandre III l'avait élevé à la dignité de légat en France, et l'avait chargé de conduire à bien cette affaire. Il n'avait plus de ménagements à avoir pour Henri II qui avait en 1168 adhéré aux statuts de la diète de Wurtzbourg.

Le 6 janvier 1169, Guillaume aux Blanches-Mains assista à la conférence de Montmirail (10), qui ne devait aboutir à aucun résultat.

Nous possédons une lettre de lui (11) dans laquelle il rend compte au Pape de ce qui se passa durant cette entrevue. « Le roi d'Angleterre assura qu'il n'avait pas chassé de son royaume l'archevêque de Cantorbéry.

Il était libre d'y revenir en paix, d'y posséder les biens que ses prédécesseurs possédaient, et d'en jouir librement ainsi que de ceux qu'il lui avait promis... Mais les réponses du roi, dit Guillaume aux Blanches-Mains, se combattaient, n'étaient pas nettes, et les légats de Votre Sainteté avaient peine à saisir et à enchaîner le Protée qui se dérobait. Nous leur avons alors conseillé de prier le roi de répondre à Votre Sainteté par lettres patentes et d'y marquer ses intentions...

On interrogea ensuite le roi, pour savoir s'il permettait aux innocents qu'il avait persécutés de rentrer dans leurs biens. Par aucune raison on ne put l'amener à donner à ceux-ci la moindre satisfaction et consolation.

De son côté Thomas disait qu'il ferait tout ce qui lui était possible pour recouvrer sa faveur, mais « en toutes choses l'honneur de Dieu et de son ordre étant saufs ».

Ces mots étaient ceux qui avaient exaspéré le roi à Oxford et à Clarendon. Il se mit alors en fureur, et on en resta là (12).

D'après la lettre de Guillaume, Henri II envoya des messagers au Pape. « Le Roi, dit-il, vous a envoyé des messagers dont il attend le retour, si comme il est juste vous les renvoyez pleins de confusion, nous croyons que l'Eglise de Cantorbéry aura la paix et reconquerra sa grande renommée. Ce que nous disons contre le roi d'Angleterre ne part pas d'un sentiment de rancune, puisque nous venons de faire avec lui une paix véritable (13).

Trois mois après, le dimanche des Rameaux (14), du haut de l'autel de Clairvaux, Thomas excommuniait dix évêques et dignitaires de l'Eglise d'Angleterre qui lui faisaient opposition (15).

Ce fut probablement vers cette époque que Guillaume écrivit à Alexandre III une lettre des plus sévères à l'égard de Gilbert Folliot, évêque de Londres, et dans laquelle il demandait sa déposition.

Il (16) est la cause de tous les maux de l'Eglise d'Angleterre. C'est par lui que l'unité de l'Eglise anglaise a été détruite. Il se flatte qu'en n'obéissant plus au siège archiépiscopal de Cantorbéry, en le ruinant, grâce à l'appui du roi, il verra le siège de Londres élevé à la dignité de siège archiépiscopal C'est un antéchrist. Il s'efforce de briser l'unité de l'Eglise anglaise. Il faut que l'Eglise soit une, sans quoi qui pourra empêcher les hérésies de pulluler (17).

Le roi d'Angleterre n'en prit pas son parti. Il essaya de négocier avec les légats du Saint-Siège, les deux cardinaux Gratien, et Vivien.

Une réunion eut lieu à Bayeux le 31 août 1169 (18), dans laquelle il leur demanda d'absoudre ceux que Thomas avait excommuniés. Ce fut à ce moment que le roi d'Angleterre s'adressa à Guillaume pour obtenir qu'il permît aux Cardinaux légats Vivien et Gratien d'absoudre ceux que l'archevêque de Cantorbéry avait excommuniés (19).

Les légats, disait le Roi, veulent avoir votre avis, car vous êtes archevêque et légat, Henri II le flattait dans l'espérance d'un avis favorable. « J'ai confiance en celui que j'embrasse comme un très grand ami, car, vous avez montré dans cette affaire, comme dans toutes les autres négociations une grande ferveur, une vigilante diligence et une très ferme fidélité.

Mais la réponse ne fut pas conforme aux vœux de Henri II.

Je n'ai, répondit l'archevêque de Sens, aucun droit d'absoudre sans caution juratoire les excommuniés. Le souverain Pontife ne m'a pas donné ce droit, et nous n'oserions conseiller à personne de transgresser sur ce point les ordres du Pape (20).

Et en même temps il écrivait aux légats, Gratien et Vivien, une lettre (21), d'un ton plutôt ironique, dans laquelle il affirmait vouloir s'en tenir sur ce point aux ordres du Pape, à la tradition de l'Eglise, et déclarait qu'il ne laisserait pas absoudre ceux que le prélat de Cantorbéry avait excommuniés. A la fin de l'année, vers le milieu du mois de novembre, Guillaume se trouvait à Rome où il s'était rendu pour s'occuper avec Alexandre III de la cause de Thomas Becket pour laquelle il déployait une activité si grande, afin d'obtenir du Pape le droit de jeter l'anathème et l'interdit sur le roi d'Angleterre s'il se refusait à faire une paix définitive (22).

Le roi d'Angleterre intriguait de son côté pour que le Pape ne confiât point à l'archevêque de Sens cette mission (23). Thomas Becket l'en informa par lettre.

Il lui annonçait que l'entrevue de Montmartre avait eu lieu, mais que Henri II, au lieu de traiter directement avec lui, avait promis de s'en référer au jugement de la Cour du Roi, ou de l'Eglise de France, ou de l'Université de Paris. Thomas joignait à cette lettre la pétition qu'il avait adressée au roi Henri II et dans laquelle il avait dressé le tableau des demandes qu'il faisait. Le roi du reste ne répondit pas à cette pétition, il partit pour Mantes.

En même temps, il annonçait à son défenseur que le roi avait envoyé à Rome Jean d'Oxford, l'évêque de Séez, Jean, pour empêcher le Pape de confier quelque mission à celui dont il craignait que le voyage à Rome ne lui fut néfaste.

Thomas Becket suivait les instructions du Pape Alexandre III qui lui avait recommandé de se conformer en tous points aux conseils que l'archevêque de Sens lui donnerait ainsi qu'à ceux de l'archevêque de Rouen et de l'évêque de Nevers (24).

 

 

 

Mercure de France : dédié au Roy

Guillaume aux Blanches-Mains, évêque de Chartres  par Jules Mathorez

Guillaume de Champagne ou blanches mains, prince de sang et oncle de Philippe Auguste, soixante-huitième Evêque de Chartres en 1164, il tint le siège pendant 13 ans. Remplacé en 1177 par l’anglais Jean de Salisbury qui fut secrétaire de l'évêque de Canterbury, Thomas Becket.

 

 

 

 

La verrière de la cathédrale a été exécutée entre 1215 et 1225, elle est contemporaine de la cathédrale actuelle reconstruite après l'incendie de 1194. Elle a été classée aux monuments historiques dans le premier inventaire de 1840. La verrière a été restaurée par Gaudin en 1921, et par l'atelier Lorin en 1996

 

 

 

 

 1168 - Révolte Poitevine - Henri II Plantagenêt fait raser le château de Lusignan.<==.... ....==> La Collégiale Saint-André de Chartres - Thomas Becket - Guillaume aux Blanches Mains - Jean de Salisbury

 

 

 


 

(1) Bossuet, Panégyrique de 8t Thomas Becket, 2,1 point.

(2) Victor Mortet, Maurice de Sully, p. 128 et suiv.

(3) Miss Kate Norgate: England under the angevin Kings. Darboy, St Thomas Becket, 1859 Morris, Lire and martyrdom of SI T. B. 1886.

(4) Funk. Trad. Hemmer, Histoire de l'Eglise, t. i,r.

(5) Juin 1166, Materials for thé history of 81 T. B. t. v, p. 373-374-375.

(6) He left Pontigny on St. Martin's day 1166 and took up his above as the guest of Louis in the abbey of St. Columba at Sens. M. Kate Norgate, II. 68.

(7) Lettre de Lombard ci Alexandre III, Migne, Patrol, CC. Col. 1445.

(8) Materials, t. VI, p. 478.

(9) Cette lettre est de 1168.

(10) Materials, t. III p. 96.

(11) Migne, CC. Col. 1426.

(12) Miss Kate Normale, t. II, p. 69.

(13) Cette lettre se trouve aussi dans Dom Bouquet, t. xvi, p. 337.

(14) Miss Kate Norgate, t. il, p. 70.

(15) Le 13 avril 1169. Pâques le 20 avril 1169.

(16) Le roi de France avait écrit au Pape une lettre dans le même sens, et c'était pour appuyer sa demande que Guillaume demandait le maintien de l'excommunication prononcée par Thomas Becket contre l'évêque de Londres et l'évêque de Salisbury, Raoul de Broi.

(17) Migne, Patrol, latine CC. 1425.

(18) Diceto, éd. Stubbs. 1. 335

« Cum agitur tractatum de pace. [G. et V.] se conspectui regio prae-sentassent apud Baiocas in Normania post que tractatus immensos pax esse in januis crederetur ab omnibus, litteras illis direxit Seno-nensis archiepiscopus in quibus continebatur ne sine conscientia ip-sius sicut in mandatis a domino papa susceperant, in reconciliatione facienda procederent. Sic infecto negotio duo legati S. P. a regis curia recesserunt.

(19) Dom Bouq. XVI, 372. La lettre n'est pas datée du mois, mais d'après les événements auxquels elle fait allusion, les réponses de Guillaume au Roi et aux cardinaux, la mention de R. de Dicet, on ne peut que la rapporter, ainsi que les deux suivantes à cette affaire.

(20) Dom Bouq., XVI, p. 372.

(21) Dom Bouq., XVI, p. 372.

(22) Sed et Willelmus Senonensium venerandus antistes qui Anglicanae ecclesiae miseratus sedem apostolicam adierat, presens et petens ut rex Anglorum anathemati, regnum interdicto subjacerentur nisi Canthuaniensi pax ecclesie redderetur.

Ex Willelmo Cantuaniensi. Materials I.

(23) Lettre de Thomas Becket à Guillaume. Dom Bouquet, t. xvi,p. 398.Cette lettre fut écrite après le 20 novembre. Il y est fait mention des réunions de Montmartre et de 5t Denys, du 18 et du 19 novembre 1169.

(24)Migne, CC. 649. Cette lettre n’est pas datée. Il faut la reporter sans doute à la fin de l’année 1169 ou au début de l’année 1170

 

14 septembre 2020

Ancienne abbaye Notre-Dame de Ré, dite des Châteliers - Fouille Emile Atgier

Ancienne abbaye Notre-Dame de Ré, dite des Châteliers - Fouille Emile Atgier

Mr le Dr Emile Atgier, profondément attaché à son pays natal, a publié une notice historique sur l’abbaye des châteliers à l’ile de Ré, ou se trouvent reproduits tous les documents pouvant concerner cette importante demeure abbatiale

« Malgré l’impitoyable injure des siècles- dit M. Le Dr Atgier,  malgré l’incendie, la dévastation et le pillage dont elle fut mainte fois l’objet, une ruine imposante reste toujours debout à l’Ile de ré, dominant la falaise la plus élevée de sa côte nord, faisant face au Pertuis Breton et rappelant au voyageur cette époque féodale et religieuse pendant laquelle la France avait son territoire partagé entre les châteaux et les monastères.

« Sa façade gothique peinte en noir et blanc, comme tous les hauts clochers ou clochetons de l’Ile, sert d’amers aux voyageurs. »

Quelle que soit la description fort bien faite du monument qu’en donne M. Atgier, rien ne vaut la reproduction par l’image qui en montre et en précise la forme dans son aspect pittoresque.

Aussi M. Atgier a-t-il demandé à son compatriote et ami, M. Emile Couneau, d’agrémenter son ouvrage d’eaux-fortes, finement gravées, qui donnent une saveur toute particulière à cette intéressante monographie.

En outre du mérite littéraire de l’ouvrage et de la valeur artistique que lui donnent les eaux Fortes de M. Couneau, se trouve intercalé, dans le texte, une série de clichés reproduisant des sceaux et cachets des abbés de l’abbaye, des pierres tombales et notamment celle que nous possédons au Musée de la ville.

 

 Au XIIe siècle, les Mauléon, seigneur de Ré, octroient des terres à l’ordre de Cîteaux, afin de fonder l’abbaye des Châteliers dont les vestiges perdurent sur la commune de la Flotte. Cet établissement, conformément à l’ordre cistercien, mettra en avant le retour à la pauvreté et l’importance du travail manuel, ce qui aura pour conséquence d’influencer considérablement les actions de défrichement sur le territoire rétais. L’abbaye centrera sa production sur la culture de la vigne.

Depuis le Moyen-Age, l’activité agricole sur l’île de Ré est dominée par deux productions majeurs : le sel et le vin, tous deux destinés à l’exportation.

 Cette époque est celle de la fondation de tous nos grands monuments religieux de l'île, abbaye de Ré, églises fortifiées de Sainte-Marie, de Saint-Martin et d'Ars, églises ogivalo-romanes primitives, aujourd'hui disparues, de La Flotte et de la Couarde.

Il fallait ensuite étayer cette opinion or, le grand musée des sarcophages de la Gaule et de la France, situé dans la collégiale du musée national de Saint-Germain, nous révèle des sarcophages en tout point identiques à ceux de l'île de Ré. D'autre part, le précieux ouvrage archéologique, dont le musée Ernest Cognacq à Saint-Martin possède un exemplaire, corrobore complètement cette assertion (1).

Ces sépultures sont donc de la seconde moitié de l'ère romane, et, pour préciser, de la seconde moitié du XIIe siècle, époque où fleurissait de toutes parts l'architecture ogivalo-romane dont le portail de l'église d'Ars, la tour du clocher de Sainte-Marie et la façade de l'abbaye de Ré, sont des témoins toujours debout.

A cette époque, l'île de Ré, seigneurie d'Aquitaine, appartenait à l'Angleterre par le mariage de la duchesse Aliénor d'Aquitaine avec Henry II Plantagenet, comte d'Anjou, devenu roi d'Angleterre en 1154, et sous ses successeurs Richard Cœur de Lion (1189) et Jean-Sans-Terre (1204), mais elle conservait ses seigneurs français, Ebles de Mauléon (1137), Raoul de Mauléon (1180) et Savary de Mauléon (1200).

Enfin, la chrétienté tout entière s'agitait pour les croisades, sous l'influence du pape Ebles de Mauléon fondait l'église Saint-Barthélemy de La Rochelle, et l'abbaye Notre-Dame de Ré, au lieu dit « Les Chatelliers » (1178)

 Raoul de Mauléon, son successeur à la seigneurie de Ré, se distinguait, à la troisième croisade, au siège d'Acre avec son souverain anglais Richard Cœur de Lion, dont il était un des fidèles partisans (1191), et qui, au combat de Joppé, le délivra lui-même des mains des Sarrazins.

Le célèbre Savary de Mauléon, son successeur à son tour à la seigneurie de Ré (1200) se distinguait un peu plus tard à la cinquième croisade, en sauvant les chrétiens au siège de Damiette (2).

Les destructions des guerres de cent Ans puis les guerres de religion au XVIe siècle entrainent sa ruine. Dès lors, l’abbaye est abandonnée par les cisterciens et revient aux oratoires en 1623. Les bâtiments conventuels sont détruits et les matériaux setvent à construire le Fort de la Prée.

Après cette rapide digression sur la mémoire des siècles de l'ile de Ré, revenons à nos sarcophages de la rue Sully, pour ajouter qu'ils ne sont pas les seuls en ce quartier qui en est garni et qui en a révélé bien davantage au XVIe siècle lors des fondations et du creusement des caves des maisons de la Grand' rue et de la rue du Four, construites sur l'emplacement de ce cimetière, lors des années 1592-94-96 et 97 (Manuscrit Bourru). La place de la Mothe située en haut de la rue du marché, en recouvre également.

En 1867, en effet, lors du pavage de cette place, nous fûmes témoins de la découverte de sarcophages semblables en tous points, rangés parallèlement du nord au sud et orientés vers l'est.

Ceux-ci n'avaient sans doute pas été tous fouillés, car certains conservaient encore leur crucifix en terre cuite ainsi que d'autres emblèmes catholiques qui avaient échappé à la fureur des guerres religieuses des XVIe et XVIIe siècles.

Insuffisamment étudiés alors, ils furent considérés comme gallo-romains par erreur on les attribua ensuite aux moines de l'abbaye de Ré parce que ceux-ci eurent un four banal sur cette place or, le cimetière de ces moines était situé autour de leur église abbatiale, comme l'ont prouvé les anciennes fouilles faites aux alentours de ce monument et dont nous parlerons plus loin.

Nous croirions volontiers que le cimetière situé dans la rue Sully et environs était adossé à l'ancienne chapellenie Saint-Martin qui existait au XIIe siècle (3) et fut l'origine de l'église actuelle dont les fortifications (murs, tours et douves) avaient encore au XVe siècle à peu près pour limites celles des places qui l'entourent encore aujourd'hui.

Là ne se bornent pas les découvertes funéraires récentes faites à l'île de Ré l'année dernière, des sépultures semblables de forme et de disposition furent trouvées aux environs de l'ancien prieuré Saint-Sauveur, aujourd'hui simple petite chapelle de pèlerinage, au village de La Noue.

Cette découverte eût gagné à être connue et décrite, car elle a mis à découvert une trentaine de sépultures en pierre, dont quatre seulement consistaient en sarcophages semblables à ceux du la rue Sully et servent d'auges aujourd'hui.

Que devait faire la ville de Saint-Martin des deux sarcophages de la rue Sully ? Deux opinions furent émises, la première voulait les laisser en place, la seconde voulait les conserver comme monuments locaux du passé qu'une utilité publique obligeait à déplacer.

La seconde opinion prévalut (après envoi au cimetière actuel des ossements décemment recueillis). Ces sarcophages, en effet, étaient destinés à être brisés par l'entrepreneur des travaux du gaz qui devait placer ses tuyaux à cinquante centimètres de profondeur alors que l'arête des couvercles apparaissait déjà à quarante centimètres au -dessous du niveau de la rue.

D'autre part, ces sarcophages étaient destinés à être brisés dans toute leur longueur, tôt ou tard, lors de la pose des branchements de gaz chez les particuliers. Ils furent donc conservés et placés dans la cour de l'ancienne mairie, à côté d'un sarcophage semblable en tous points, de la même époque, propriété du musée et dont l'origine est la suivante (4).

En 1849, M. Th. Phelippot, fouillant le sol d'une de ses vignes, au lieu- dit « Les Plumées », situé à trois cents mètres environ au nord de la commune du Bois, découvrit une dizaine de sépultures semblables à celles décrites plus haut, les unes en chaux et moellons plats, les autres consistant en sarcophages d'une seule pierre avec couvercle prismatique, d'une seule pierre également.

L'un d'eux avait à l'intérieur une entaille arrondie destinée à maintenir la tête du mort, particularité signalée aussi dans les tombeaux de cette époque par M. de Caumont.

Un second renfermait un crucifix en faïence un troisième trois bagues en os sans inscription visible les autres offraient à leur intérieur un désordre prouvant qu'ils avaient été déjà fouillés. Tels sont les monuments funéraires du XIIe siècle retrouvés jusqu'à ce jour dans l'île.

dalle

Du siècle suivant, XIIIe siècle, une belle dalle funéraire fut trouvée en 1880 dans le cimetière de l'abbaye de Ré, elle représente un abbé en pied, la crosse à la main droite, bénissant de la main gauche et placé sous un portique gothique (5).

Une inscription latine, marginale, en lettres gothiques, montre que cet abbé, dont le nom n'existe pas, est mort en 1289.

Cette dalle est actuellement conservée au musée de La Rochelle, où elle a échappé à l'injure du temps, et à la destruction humaine, grâce à notre savant compatriote, M. Couneau mais aujourd'hui que notre musée peut l'abriter et la conserver, nous ne perdons pas espoir que le musée de La Rochelle veuille bien un jour lui en faire don.

Enfin, pour n'omettre aucune de nos découvertes récentes, signalons qu'au XVIe siècle la place d'armes actuelle de Saint-Martin était un vaste cimetière réservé aux catholiques ayant à son milieu un grand calvaire (6).

Ses limites s'étendaient même au- delà des limites actuelles de ladite place qui n'était pas alors encadrée comme aujourd'hui de vastes monuments, tels que l'ancien hôtel des gouverneurs aujourd'hui école communale, le couvent des capucins aujourd'hui théâtre et ancienne mairie, l'hôtel des cadets gentilshommes sous Louis XVI, aujourd'hui musée et nouvelle mairie.

Ce grand cimetière du XVIe siècle et sans doute de siècles antérieurs, successeur probablement du cimetière du quartier Sully, nous est révélé par un beau plan manuscrit, colorié, dû au célèbre ingénieur Masse, contemporain de Vauban. Nous avons pu l'étudier et l'admirer dans les archives du génie militaire, à Paris où il est conservé.

Des sépultures de ce cimetière ont été retrouvées aussi dernièrement, lors du déracinement des grands ormeaux bi-séculaires de la place d'armes et si les squelettes ont été trouvés mêlés au sol, c'est que l'usage de nos simples cercueils de bois était déjà en vigueur et que le bois, réduit lui-même en poussière par sa décomposition et la pression des terres juxtaposées, ne protège pas longtemps des injures du temps le cadavre qu'il renferme, comme l'ont fait les sarcophages de pierre de la rue Sully, etc., malgré les huit siècles qui ont passé sur ces antiques sépultures.

Dr Atgier

 

Ancienne abbaye Notre-Dame de Ré, dite des Châteliers

L’église Notre-Dame un important monument Gothique

De la première construction qui devait être d’esprit roman, il ne subsiste que quelques chapiteaux. Les ruines actuelles sont celles d’une grande église gothique, construite au XIIIe siècle et transformée au XVe siècle.

Le plan à nef 1 unique, chœur 2 à chevet 3 plat et chapelles 4 rectangulaires alignées sur le transept 5 est conforme aux schémas des églises cisterciennes aux XIIe et XIIIe siècles dans l’ouest de la France. Les deux types de fenêtres latérales de la nef et du chœur, les moulures des voûtes ainsi que les chapiteaux 6 ornés de motifs végétaux stylisés en « crochets » vont dans le sens d’une datation de la construction dans la première moitié du XIIIe siècle. La grande fenêtre du chevet témoigne des réparations effectuées au XVe siècle, à l’issue de la guerre de Cent Ans.

Les vestiges des bâtiments disparus permettent d’imaginer le monastère.

Autour du cloitre 7, occupé par un jardin et peut-être une fontaine, lieu de médiation des moines, s’organisent les bâtiments monastiques distribués par des galeries couvertes 8. Dans le réfectoire, la communauté prend ses repas en silence en écoutant la lecture des évangiles. Tous les matins, dans la salle capitulaire 9 aussi nommées salle du chapitre, les moines, assis sur la banquette qui en fait le tour et, sous la présidence de l’abbé ou du prieur, écoutent la lecture d’un chapitre de la Règle bénédictine, « battent leur coulpe » en confessant leurs fautes, puis règlent les affaires courantes.

Contrairement aux moines de chœur, les frères convers, entrés tard au monastère, souvent illettrés et cantonnés aux tâches matérielles, n’ont pas « voix au chapitre ». LA salle capitulaire précédait en général un parloir ou un porche, et, éventuellement, un chauffoir, un scriptorium ou une bibliothèque.

A l’étage se trouvait le dortoir des moines. Devant l’église, un escalier 10 s’enfonce dans une ancienne cave, probablement à l’emplacement du cellier qui fermait le cloitre à l’ouest. Entre le cellier et le réfectoire se trouvait sans doute la cuisine.

 

 

Émile Atgier

Médecin militaire à la Rochelle, puis à Alger, il mourra au champ d’honneur lors de la bataille de Flandres en 1915. Ce lettré s’intéresse à l’histoire, publie des monographies dont celles sur les hôpitaux de la Rochelle et de Saint-Martin de Ré font encore référence. Archéologue, il est Président de la Société préhistorique française et vice-Président de la société d’Anthropologie de Paris. C’est dans le cadre de la Société des Rétais de Paris, fondée à son initiative qu’il côtoie Ernest Cognacq, président d’honneur. Navré à l’idée de la dispersion des trésors de Phelippot, Émile Atgier va s’adresser à Ernest Cognacq.

 

 

 

 

 

https://www.realahune.fr/musee-ancre-histoire-retaise/

Musée Ernest Cognacq – Le musée de l'île de Ré

Le Courrier de la Rochelle : journal politique, littéraire et d'annonces,

 

 

 

L'île de , avant-garde de l'Aunis et du Poitou contre les Vikings - L'érection en commune par les SIRES DE MAULÉON <==

 


 

(1) Rudiment d'archéologie (architecture religieuse) par M. de Caumont, in-8°,1854.

(2) Les sires de Mauléon, seigneurs de l’Ile de Ré (1137-1268), in-8° br. 1898. Librairie Eclercy, à Saint-Martin de Ré. Les vicomtes de Thouars, seigneurs de l'ile de Ré (1268-1555), in-8° br. Librairie Eclercy, Saint-Martin de Ré.

(3) Charte latine de 1178. (Chartrier de Ré).

(4) Bull. Société des antiquaires de l’Ouest, 1863, Poitiers, p. 205.

(5) L'abbaye de Ré, notice historique, par Emile Atgier, illustration d'Emile Couneau, 1906, in-8° br. Librairie Eclercy et librairie Berton, Saint-Martin de Ré.

(6) Le cimetière réserve aux protestants était alors dans le grand enclos situé en face de l'hôpital, au coin de la place.

 

11 septembre 2020

La veuve de Simon de Parthenay fait don des revenues des moulins de Secondigny chez le seigneur de Vouvant Geoffroy de Rancon

Empéria, la veuve de Simon II Seigneur de Parthenay chez le seigneur de Vouvant Geoffroy de RANCON donne la moitié des revenues des moulins de Secondigny à Pétronille de Chemillé, l’abbesse de Fontevraud

Guillaume IX le Troubadour eut pendant tout le cours de sa vie des guerres à soutenir contre les seigneurs de Parthenay ses vassaux et ne les soumit qu’avec beaucoup de peine.

Après le décès de Simon l'archevêque, le comte de Poitou se porta subitement avec son armée devant les murs de Parthenay, et le 28 mars 1122 il se rendit maître de cette place.

(Tour de la Porte Saint Jacques de Parthenay)

Le jeune Guillaume Larchevêque, pris à l'improviste, eut pourtant le bonheur de s'échapper, et trouva un refuge chez les seigneurs de Bressuire, tandis que sa mère Emperia cherchait un asile à Vouvant chez Aimery de Rançon.

La prise de Parthenay par le comte de Poitou porta le dernier coup à la résistance opiniâtre des seigneurs de Gâtine.

 Trop heureux de recouvrer le fief de ses ancêtres dès l'année suivante (1123), Guillaume Larchevêque ne songea nullement depuis à s'insurger contre son suzerain.

Il abandonna même l'ancienne politique de sa famille à l'égard de la maison d'Anjou, cette rivale perpétuelle de la maison de Poitiers, et, loin de maintenir les bonnes relations qui existaient jadis entre ses ancêtres et les comtes d'Anjou, il leur devint tout à coup hostile.

 

Empéria, la veuve de Simon II Seigneur de Parthenay, pour le salut de son âme, donne la moitié des revenues des moulins de Secondigny à Pétronille de Chemillé, l’abbesse de Fontevraud.

 

 (Poterne Saint Louis Vouvant)

 

 

Carta Emperie, Uxoris Simonis dePartiniaco, de dono molendinorum de Secundiniaco

Notum si omnibus, et presentibus et futuris, quod ego Emperia, defuncti Simonis de Parthanaico uxor, pro anima ejusdem Simonis et pro animae mae omniumque meorum salute, dono cum omni integritate Deo et Beatae Mariae et sanctimonialibus Fontis Ebraudi medietatem molendinorum de Secumdigniaco, de quo Petronilla abbatissa dedit michi unum scifum unius marce argenti, de caritate.

Hoc donum fecit Emperia predicta apud Voventium, in camera Gaufridi de rancum, cum uno cultello quod misit in manu Rainaldi de Meduana, fratis aecclesia Fontis Ebraudi ; testibus : Gaufredo de rancum ; Beraudo Adorreth, Guillelmo Clarembaut.

Hoc donum concessit postea et ex parte sua donavit apud Bercerium, in aula Johannis de Bello Monte, Guillelmus filius jam dicti Simonis et praedictae emperiae. Hujus rei sunt teste : Johannes de Bello Monte et Guillemus frater ejus, Oliverius de Parthanaico, Briencus Chabot, Raginaudus de Flabé, Josbertus Paneth, Gerardus de Borno, Garinus de Rochis. Supradictus vero Rainaudus de Meduana dedit eidem Guillelmo X solidos Andegavensis monetae, pro ipso marsupio, pro recognitione ; videntibus prescriptis testibus.

Acta carta Lucdovico rege fracorum, Guillelmo Aquitanorum duce, Guillelmo Pictavorum pontifice.

 

 

 «  Qu’il soit connu de tous présents et avenir que moi Empérie, femme de défunt Simon de Parthenay, pour le salut de son âme, de la mienne et de celles de tous mes parents, je donne entièrement à Dieu, à Notre-Dame et aux religieuses de Fontevraud, la moitié des moulins de Secondigny; en considération de quoi l’abbesse Pétronille m’a fait cadeau d’une coupe d’argent, pesant un marc, fait à Vouvent, dans la chambre de Geoffroy Ier de RANCON, seigneur de Marcillac,  Taillebourg  et Gençay, en remettant un couteau à Rainaud de Mayenne, religieux de Fontevraud ; en présence dudit Geoffroi, de Béraud Adorreth et de Guillaume Clarembaut. (Seigneur de Saint Pompain).

 

« Nous lisons que le jeûne vaut beaucoup réuni à l’aumône, c’est pourquoi il faut faire l’aumône à ceux qui jeûnent. Ayant donc confiance dans cette largesse de l’aumône, moi Raoul de Tonnay, pour la rédemption de mon âme et de celles de mes parents, ainsi que pour le salut commun de tous les vivants et le repos des morts, je donne et cède à l’église de Fontevraud la moitié des moulins de Secondigny, avec l’assentiment de mon frère Simon de Parthenay.

Sont témoins de ce don : Guillaume Aleaume, archidiacre de Poitiers, Guillaume de Mirebeau, Guillaume des Pineaux, Geoffroi Gilbert, Rainaud le Bouvier.

Fait à Fontevraud, Louis étant roi de France, Guillaume duc d’Aquitaine et Guillaume évêque de Poitiers»

 

Quelque temps après, à Bressuire et dans la Cour de Jean de Beaumont, ce don fut confirmé par Guillaume, fils desdits Simon et Empérie.

L’acte fut ratifié par le seigneur de Parthenay, de Briant Chabot, Guérin des Roches et Guillaume de Clérembaut. Sur le monopole des droits de pêche du seigneur de Parthenay, vérifier dans les archives de Hautes Loires 1 H 185, n° 2 et 3, cartulaire de l’abbaye de Cormery.

Ont été témoins : Jean de Beaumont et Guillaume son frère, Olivier de Parthenay, Briant Chabot, Rainaud de Flaix, Jobert Paneth, Gérard de Born, Guérin des Roches. Le susnommé Rainaud de Mayenne, pour la bourse de Guillaume de Parthenay lui avait donnée, en signe d’investiture, lui compta 10 sous de monnaie angevine, à la vue des mêmes témoins.

Cette charte fut faite Louis étant roi de France, Guillaume duc d’Aquitaine et Guillaume évêque de Poitiers

Carta Radulfi de Taunaico, de molendino de Secundiniaco

Legimus quia multum valet jejunium cum elemosina ; danda est ergo jejunantibus elemosina. In hac ergo largicione confisus aelemosinae, Radulfus de Taunaico do et in perpetuum concedo, pro animae me redempcione parentumque meorum et pro salute communi omnium vivorum et requie defunctorum, ecclesiae Fontis Ebraudi di midium molendinorum de Secumdigniaco, concedente Simone fratre meo. Hujus rei sunt testes : Guillelmus Aleelmi, archidiaconus, Guillelmus de Mirebello, Willemus de Pinellis, Gaufridus Gisleberti, Reginaudus Bubuleus.

Actum Fonti Ebraudi, Ludovico francorum rege, Willelmo Aquitanorum duce, Guillelmo Pictavorum pontifice.

 

 

Mémoires de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres

10 septembre 2020

1136 Ordalie entre deux abbayes concernant les monastères de l’Absie en Gâtine et Pétronille l’abbesse de Fontevraud

1136 Ordalie entre deux abbayes concernant les monastères de l’Absie en Gâtine et Pétronille l’abbesse de Fontevraud

Antérieurement au milieu du XIIIe siècle, l’histoire provinciale de l’ouest n’a guère à sa disposition que des documents tirés des archives ecclésiastiques. Dans les plus importants et les plus nombreux, les chanoines, moines, religieux et religieuses se montrent surtout des propriétaires cherchant à conserver, et aussi à augmenter, leurs biens et richesse par tous les moyens usités, même par les épreuves du fer rouge et de l’Eau bouillante, ainsi que par le Duel judiciaire, appelés si mal à propos le Jugement de Dieu.

A partir du XIIe siècle l’autorité des papes et des évêques parvient à terminer d’une manière plus pacifique et plus régulière les contestations survenues entre les gens d’Eglise des deux sexes.

 

 

En voici un premier exemple, concernant les monastères de l’Absie en Gâtine et de Fontevraud. Une belle et curieuse charte-partie, ou chirographe, ayant pour légende intermédiaire Genus elctum, gens sancta, fut à cette occasion délivrée par l’évêque de Poitiers à chacun des monastères.

Le seul exemplaire qui éxise aujourd’hui, aux archives de Maine et Loire, est celui de Fontevraud, se rapportant à son prieuré de Valette, liasse 1er, n°36

 

Au nom de la Sainte Trinité, moi Guillaume second, par la grâce de Dieu évêque des Poitevins, à Guillaume, par la même grâce abbé de l'Absie, et à Pétronille vénérable abbesse de l'ordre de Fontevraud, et à leurs successeurs à perpétuité.

« A l'exemple des saints Pères, quoique indignes, nous nous appliquons à résister à l'insatiable voracité de l'ancien ennemi [c'est-à-dire le Diable], qui mange du foin comme le bœuf, du quel c'est la nourriture choisie, et à l'inextinguible soif qui, lui faisant avaler sans difficulté un fleuve lui donne l'espoir d'absorber le Jourdain dans sa gueule; et de peur que, arrêtées par le mur de la discorde, les saintes oraisons des susdites personnes ne parviennent pas à l'oreille de Dieu, nous avons mis fin .comme il suit à la discorde existant entre les églises susnommées.

« La terre à propos de laquelle le débat avait éclaté, était réclamée par les moines de l'Absie comme une dépendance de leurs maisons d'Escozai. Les frères et les sœurs de Fontevraud ne mettaient pas moins d'énergie à affirmer qu'elle leur appartenait, en appelant au témoignage de Raoul Mauclaveus et des hommes qu'ils avaient-fait descendre sur les lieux.

Après examen, il est décidé qu'un jeu de ladite terre sera donné en propre à Fontevraud puis que le reste sera partagé également entre les deux églises, l'Absie ayant la moitié la plus rapprochée des maisons et de la terre d'Escozai, et Fontevraud la moitié contigue aux maisons et à la terre de Valettes.

Pour que cette transaction demeure ferme et inébranlable, nous l'avons fait écrire sur la présente page et ordonné d'y apposer notre sceau (4), en témoignage de confirmation. Et si quelque personne, séculière ou ecclésiastique, cherche à enfreindre notre présent écrit, dans le cas où, après une seconde ou troisième admonestation, elle ne viendrait pas à résipiscence, qu'elle soit déchue de son rang et qu'elle soit éliminée de l'église jusqu'à amende et satisfaction convenables.

« Ont été médiateurs de cet accord Maître Arnaud archidiacre de Briou, Aimeri de Luviis prêtre et chanoine de Parthenay, Pierre Letard et Gosselin Ubert, chevaliers de Loudun.

En ont été auditeurs Robert abbé de Turpenay et Etienne son moine, Raoul sous-prieur et Pierre frère de Guillaume, qui étaient avec l'abbé de l'Absie, Agnès prieuresse des Cerisiers, Aois et Hélène [religieuses], Renaud prieur, Giraud prêtre, Geoffroi de Chebrous, Aimeri de Tusson.

L'ont approuvé les donateurs de l'une et l'autre partie de la terre Raoul Mausclaveus, Pierre Ascelin, Maingot Girard, Aimeri Ascelin, Aimeri Gormed, Simon Juget, Artuis et beaucoup d'autres qui ont loué cette transaction.

« A propos du même débat, deux religieux de l'Absie, Raoul sous-prieur et Bernard moine, vinrent dans le chapitre de Fontevraud.

L'accord susdit y fut confirmé avec empressement et par l'ordre de l'abbesse Pétronille, le chapitre accorda à l'abbé Guillaume et aux moines de l'Absie la terre de Vilers, que Raoul Bonet avait donnée aux religieuses pour l'amour de Dieu et de sa fille.

 

« Fait l'an de l'Incarnation du Seigneur 1136, épacte 15° indiction 14

 

Mémoires de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres

 

 

 

 


 

(1)   Ce sceau, qui était fixé sur une tresse en cuir blanc, n’existe plus.