PHystorique- Les Portes du Temps

29 novembre 2020

Itinéraire d’Aliénor d’Aquitaine après les funérailles de Richard Cœur de Lion à Fontevraud par Alfred Richard

Aliénor d’Aquitaine assiste aux funérailles de Richard Cœur de Lion à Fontevraud

6 avril 1199 : Mort de Richard à Châlus.

11 avril 1199 : Aliénor assiste aux funérailles de Richard à Fontevraud, abbaye angevine où elle s’est retirée depuis une dizaine d’années.

A la mort de Richard se pose le problème de sa succession.

Aliénor soutient son fils Jean en dépit des droits de son petit-fils Arthur, duc de Bretagne, et l'aide à son accession au trône d'Angleterre.

Elle partit donc de Fontevrault, emmenant les barons et autres grands personnages du Poitou qui étaient venus se grouper autour d'elle, sous la protection des routiers que commandait Merca­dier, le terrible agent de Richard, qu'elle attachait désormais à sa personne.

Le 29 avril, huit jours après le départ de Jean Sans-Terre, elle était à Loudun

 Là, se présenta devant elle un des plus puissants seigneurs du Poitou, Raoul de Mauléon.

Ce personnage habile se proposait de tenter sur la reine le coup qui, près d'un siècle auparavant, avait si bien réussi à son ancêtre.

Eble de Châtelaillon. Jugeant nettement la situation, il venait offrir son appui à celui des compétiteurs à la succession de Richard qui lui ferait le plus d'avantages. Voyant qu'Aliénor penchait pour Jean Sans-Terre, il se déclara pour celui-ci, non sans se faire payer cher.

En effet, il demanda qu'on lui abandonnât Talmond et la Rochelle, en donnant, pour semblant de raison, que les deux domaines devaient lui appartenir en vertu d'un droit héréditaire qu'il se faisait fort de pouvoir faire attester par le serment de cent chevaliers.

Il n'était réellement que co-seigneur de la Rochelle en vertu de l'accord conclu par le roi Louis le Jeune avec son père Eble, et que co-seigneur du Talmondais de par sa mère Eustachie de Lezay, dont les ancêtres, depuis de longues années, partageaient la domination de ce pays avec les comtes de Poitou.

Ce qu'il voulait donc c'était ce Talmondais que les comtes donnaient eu douaire à leurs femmes, ce pays qui était un de leurs principaux territoires de chasse et où Richard faisait sa résidence favorite.

 Le coup porté était dur, mais Aliénor se rendit bien vite compte que le château de Talmond allait cesser de devenir une résidence royale du jour où Jean passerait roi d'Angleterre; que désor­mais il n'y aurait plus de comte de Poitou et que, quant à elle, il lui importait assez peu de posséder les plus belles chasses de l'Aquitaine.

 De ce côté elle céda donc et renonça aux droits sécu­laires des comtes de Poitou sur le Talmondais; mais il en était autrement de la Rochelle, et sur ce point elle se montra intraita­ble.

 C'était le port du Poitou; elle l'avait en quelque sorte vu nai­tre; elle avait assisté à son développement, elle prévoyait l'exten­sion qu'il était encore appelé à prendre; c'était un joyau dont elle connaissait tout le prix.

Elle résista donc. Sans nier les droits de Raoul, elle lui offrit une compensation, et cela encore au détriment des plaisirs des comtes de Poitou; elle lui abandonnerait le château de Benon avec toutes ses dépen­dances, à l'exception de ce qu'elle avait précédemment donné à Hugues de Thouars.

  En outre, n'oubliant jamais dans ses actes l'idée religieuse qui la dominait, elle spécifia le maintien de toutes les donations, qu'elle et ses prédécesseurs avaient faites aux établissements religieux, de domaines situés sur les territoires qu'elle cédait à Raoul.

Celui-ci consentit à tout; il renonça à tous ses droits sur la Rochelle, à l'exception d'une rente de 500 sous sur la monnaie du lieu, et s'engagea spécialement à garantir à la reine la possession intégrale de la ville ; mais Aliénor, presque honteuse de se laisser dépouiller ainsi, tint à en donner publiquement le motif et elle fit insérer dans l'acte une phrase par laquelle elle disait qu'elle n'avait agi de cette sorte qu'afin de s'assurer les services de Raoul de Mauléon, services qui étaient nécessaires aussi bien à elle-même qu'à son fils Jean (1).

Bien que, par ces paroles, Aliénor ne se fût pas prononcée caté­goriquement en faveur des prétentions de Jean Sans-Terre à la totalité de l'héritage de son frère, cependant elle semblait recon­naitre en lui le futur maître de l'Aquitaine, où elle voulait lui ménager des partisans; mais elle ne dut pas tarder à sentir que son désir d'être utile à son fils l'avait entrainée trop loin et on ne voit pas qu'elle ait payé par d'autres faveurs exceptionnelles le con­cours des personnages qui se trouvaient à Loudun et qui furent les témoins de ses générosités, à savoir: Aimery, vicomte de Thouars, Hugues, vicomte de Châtellerault, Hugues et Raymond de Thouars, Eble de Rochefort, Guillaume de l'Etang et autres.

De Loudun elle gagna Poitiers.

 Mercadier, qui n'avait pas à dissimuler ses sentiments, traita en ennemi le pays qu'il traver­sait; c'était une portion de l'Anjou, c'est-à-dire une contrée hostile à Jean Sans-Terre dont il avait embrassé la cause, et il la pilla (2).

A Poitiers, où elle séjourna pendant quelques jours, la reine organisa sa maison, dont le personnel se modifia peu pendant le restant de sa vie. Il se composait de quatre chevaliers : Raoul et Guillaume de Faye, ses cousins, Amelin du Breuil et Pierre, le chevecier de Chauvigny, et de plus, accidentellement, Laon Ogier et Chalon de Rochefort, de trois sergents : Geoffroy de Chauvi­gny, Geoffroy de Jaunay et Guillaume Vigier, de trois clercs : maitres Richard de Gnowsale, Geoffroy de Chinon et Guillaume de Saint-Maixent, de trois chapelains: Roger, religieux de Fon­tevrault, Joscelin et Renoul (3).

Le 4 mai, lendemain de l’invention de la Sainte-Croix, l'abbé et les religieux de Montierneuf vinrent la trouver quand elle tenait sa cour au milieu de ses barons, et lui présentèrent les chartes de son père, de son aïeul el du père de celui-ci, qui avaient fondé et doté leur monastère.

 La reine, après un mûr examen des pièces, et sur le conseil de ses barons et des assistants, déclara qu'elle maintenait l'abbaye dans la possession de tous les biens qui lui avaient été attribués et qu'énuméra la charte que rédigea sur-le-champ son clerc Roger (4).

Aliénor avait en ce moment auprès d'elle les abbés de Saint-Maixent et de Saint-Cyprien, Raoul de Lusi­gnan, comte d'Eu, et Geoffroy, son oncle, Simon de Lezay, Guil­laume de Beaumont, Joubert de la Guerche, Raoul et Guillaume de Faye, Guillaume de Lezay, prévôt de Poitiers, et autres (5).

Le même jour, 4 mai, Roger obtint d'elle qu'elle fondât à Fon­tevrault une chapellenie de Saint-Laurent, dont il aurait la desserte, sa vie durant, et à laquelle elle assurait une rente de 10 livres de monnaie poitevine, assise sur les recettes de sa prévôté de l'ile d'Oléron.

 

  Outre les gens de sa maison assistaient à cet acte les évêques de Poitiers et de Saintes, les trois archi­diacres du diocèse de Poitiers, le doyen et le sous-doyen de la cathédrale, et Mathilde, vicomtesse d'Aunay, qui était venue pré­senter ses devoirs à la reine (6).

Pendant qu'Aliénor était ainsi en train d'aliéner les revenus de la prévôté de l'ile d'Oléron, elle disposa encore sur cette pré­vôté d'une autre rente de 10 livres de monnaie poitevine en faveur de sa petite-fille, Aelizie, fille de la comtesse de Blois pour lors dé­cédée, avec faculté de les employer sa vie durant pour son usage personnel.

 Après sa mort, cette rente devait faire retour à l'ab­baye de Fontevrault et être affectée à la dotation d'un anniver­saire qui serait célébré annuellement pour l'âme de la comtesse de Blois et de sa fille (7).

C'est sans doute en ce moment qu'elle délivra des lettres de sauvegarde aux abbayes de Sablonceaux et de Fontaine-le-Comte et qu'elle interdit spécialement au prévôt de Montreuil de porter atteinte aux propriétés de cette dernière abbaye (8).

 

 Le lendemain. 5 mai, Aliénor était à Montreuil-Bonnin, le château des comtes, situé au milieu des domaines de l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers.

Les religieuses ne laissèrent pas échapper l'occasion de réclamer contre les entreprises de Richard qui, pour étendre ses chasses, leur avait enlevé les bois dépendant de leur terre de Vâles.

Elles pro­duisirent à l'appui de leurs dires plusieurs témoins, habitants du pays, à savoir les chevaliers Pierre el Guillaume de Frozes.et Gro­leau, le sergent Pierre Pasdeloup et autres.

Chalon de Rochefort et Laon Ogier, chevaliers de la reine, chargés de recevoir le ser­ment des témoins et leurs dépositions, et quelques autres membres de l'escorte, reconnurent la justesse des réclamations des reli­gieuses de Sainte-Croix et conseillèrent à Aliénor d'accueillir leur demande, ce qu'elle fit volontiers, en présence de nombreux témoins, et particulièrement d'Elie, frère d'Anne, abbesse de Sainte-Croix (9).

 On retrouve ensuite la reine à Niort.

Dans cette ville elle reçut une nombreuse députation de gens de la Rochelle qui venaient lui apporter leurs témoignages de fidélité comme à leur unique mai­tresse; toutefois ils ne se contentèrent pas de celle démarche gra­cieuse, ils sollicitèrent d'elle une grande faveur, celle de consti­tuer leur communauté en commune jurée.

Aliénor se rendit à leur demande et elle leur accorda une charte solennelle qui établissait une commune dans leur ville; elle spécifiait que cette concession avait pour but de faciliter aux  habitants les moyens de défendre ses droits aussi bien que les leurs, qu'ils engageaient leur foi envers elle et envers ses successeurs, tant pour le maintien de ses droits que de ceux de l'Église.

Elle confirma en même temps tous les libres usages en vigueur dans la ville et reconnus tant par ses prédécesseurs que par elle-même.

Ce fut sans nul doute le séné­chal, Pierre Berlin, le voisin et l'ami des Rochelais, qui présenta à la reine la députation composée de David de Puilboreau, de Guillaume Téaud, de Pierre et Philippe de Faye, de Guillaume Salomon, d'Amaury de Caours, de Sanche de Beaulieu et de Pas­caud de la Rochelle.

A la délivrance de la charte assistèrent, en outre, Raymond de Rex, lsembert, maitre des écoles de Saintes, Pierre de Vouvant, Eudes, abbé d'Angles, et autres (10),

 En favorisant uniquement la Rochelle, Aliénor risquait de mé­contenter les autres villes de ses états qui avaient tout autant droit que celle-ci à posséder les privilèges dont elle allait jouir et qui ne s'étaient point départies de leur fidélité à son égard.

Evidemment, quelques-uns de ses conseillers le lui firent sentir; elle comprit leurs raisons et la concession de la charte de la Ro­chelle devint le point de départ d'actes de même nature qui mar­quèrent les diverses étapes de son voyage.

La première ville qui devait profiter de ces bonnes dispositions ne pouvait être autre que Poitiers, la capitale du duché. Cette cité, pourvue de certains privilèges par les comtes de Poitou et par­ticulièrement par le père et l'aïeul d'Aliénor, se les était vus retirer lorsqu'elle avait tenté de se constituer en commune, en 1137; depuis ce jour, elle avait été gouvernée, au nom des rois de France et d'Angleterre, par un prévôt.

Elle était par suite rentrée dans la règle commune et ses habitants se trouvaient privés de certains droits civils dont la Rochelle et Oléron avaient été postérieurement gratifiés.

La reine décida que Poitiers serait mis sur le pied de ces localités privilégiées et elle lui concéda d'a­bord une première charte, par laquelle elle déclarait qu'elle res­tituait à ses fidèles habitants les libertés et les droits dont ils avaient joui du temps de son père, de son aïeul, et d'autres ses prédécesseurs, à savoir qu'ils pourraient marier librement leurs filles, que toute femme libre aurait la faculté de prendre l'époux qui lui conviendrait, en quelque lieu que ce fût, soit dans la ville de Poitiers, soit en dehors; qu'ils auraient le droit de tester librement en plaçant leurs dispositions dernières sous la protection du seigneur de leur ville ; que toute personne serait admise à donner caution pour quelque délit qu'elle aurait pu com­mettre dans l'intérieur de la cité et ne pourrait être mise en pri­son que pour les cas de meurtre, de trahison ou de vol; enfin, pour attirer les étrangers dans la ville, la charte stipulait que ceux qui viendraient y fixer leur demeure jouiraient des mêmes privilèges que les autres habitants (11).

Ayant, par cet acte, délivré les citoyens de Poitiers de ces droits abusifs, de ces mauvaises coutumes qui se rattachaient étroitement aux liens du servage, Aliénor accorda ensuite à ces hommes libres la faculté de pouvoir défendre leur liberté en se constituant en commune jurée, telle à peu près que celle qu'elle venait d'établir à la Rochelle.

Ce qui semble bien indiquer que celte dernière concession est toute spontanée et qu'elle est une conséquence de la précédente, c'est qu'en ce jour elle n'avait pas auprès d'elle de Poitevins qui auraient pu venir la solliciter; on ne voit parmi les témoins de la charte de Poitiers que les per­sonnages qui venaient d'assister à la délivrance de celle de la Rochelle : le sénéchal Pierre Bertin, les chevaliers de la reine, Laon Ogier et Chalon de Rochefort, les abbés de Saint-Maixent et de Saint-Cyprien, et les Rochelais qui n 'étaient pas encore partis porter la bonne nouvelle à leurs concitoyens (12).

Pendant son séjour à Niort, Aliénor reçut la visite de sa fille Jeanne, l'ancienne reine de Sicile, qui avait épousé, au mois d'octobre 1196, Raimond VI, comte de Toulouse, et qui, trahie par les siens dans une campagne qu'elle avait entreprise pour soutenir les droits de son mari, était venue demander secours à Richard, mais elle n'était arrivée qu'après la mort de son frère. Jeanne accompagna sa mère dans son voyage ou à tout le moins jusqu'à la Rochelle (13).

C'est vers cette ville qu'Aliénor se dirigea en quittant Niort, mais en route elle s'arrêta à Andilly et prit son logement chez son fidèle Pierre Bertin.

Là elle trouva des jurés de l'Ile d'Oléron, conduits par Humbert de Fors, qui venaient demander leur part du gâteau qui se distribuait.

 La reine recommença en leur faveur ce qu'elle venait de faire pour les bourgeois de Poitiers; elle con­firma et renouvela toutes les dispositions de la charte de franchise qu'ils avaient obtenue du comte Othon, et déclara qu'elle abolis­sait à tout jamais les mauvaises coutumes qui avaient pu être établies dans l'Ile à partir du jour de son mariage avec le roi Henri d'Angleterre.

A la suite de celte concession d'Othon, les habitants d'Oléron semblent avoir constitué une organisation communale à laquelle manquait toutefois la sanction de l'autorité supérieure. Aliénor la lui donna et assura aux jurés de l'Ile, par une seconde charte, la perpétuité de leur commune jurée, faveur qu'elle accompagna de privilèges identiques à ceux qu'elle venait d'accorder aux com­munes de la Rochelle et de Poitiers.

L'évêque Henri de Saintes se trouva à Andilly et fut, avec les gens de l'entourage ordinaire de la reine, témoin de ses nouvelles libéralités; du reste, comme elle était entrée sur le territoire de son diocèse, il était naturel qu'il vînt se joindre à son escorte (14).

Enfin Aliénor arriva à La Rochelle.

 Il ne nous est resté aucun témoignage de l'accueil enthousiaste qu'elle dut y recevoir de la part des habitants, et sa présence en celle ville n'est connue que par ses générosités.

Elle y séjourna toutefois et probablement assista à l'élection du premier maire de la ville, qui fut Guillaume de Montmirail (15), sans doute un parent de ce Robert, qui avait été sénéchal de Poitou en 1185.

Il est au reste à remarquer que les communes nouvellement établies choisirent leurs premiers maires parmi les personnes les plus notables de leur cité et à Poitiers, entre autres, où l'élection du maire dut se faire en même temps qu'à la Rochelle, le choix des bourgeois se porta sur Savary, maitre de la monnaie de celle ville et seigneur de la Tour-Savary (16).

Aliénor avait dans son entourage un défenseur attitré des intérêts de Fontevrault, son chapelain Roger; celui-ci profila du séjour de la reine à la Rochelle pour lui faire accroitre les faveurs dont elle avait déjà gratifié son monastère.

  Elle avait à se louer d'un habitant de la ville, nommé Pierre Foucher; suivant un usage assez fréquent à cette époque (17), elle affranchit ce parti­culier et ses héritiers, de toutes tailles, quêtes et exactions, de l'ost et de la chevauchée et autres coutumes, et, quand par cet acte il fut devenu absolument quitte de toutes les charges dont il pou­vait être tenu envers le comte de Poitou, elle le donna à l'abbaye de Fontevrault (18).

La comtesse de Toulouse était encore auprès de sa mère quand celle-ci reçut les doléances du prieur de la maison de Puyravault, dépendance de la Trinité de Vendôme.

  Elle-même et Richard avaient autrefois  concédé à Guillaume Maingot le domaine de Surgères, dont il portait le nom, en vertu de quoi il prétendait à certains droits sur les terres des prieurs. La reine déclara que lorsqu’elle fit ce don elle n’avait nullement entendu y comprendre quelque charge que ce fut imposable sur le prieuré, lequel continuerait à joui d’une pleine et entière liberté (19).

 

 A cet acte, ainsi qu’aux précédents, on constate la présence de Sanche de Beaulieu, de David de Puilboreau, de Bernard de Ruffec, d’Isembert, le maitre des écoles de Saintes, et autres.

De la Rochelle, Aliénor se dirigea sur Saint-Jean-d’Angély, évidemment pour faire un pèlerinage au chef du Précurseur. Dans cette ville elle trouva le comte d’Eu et Hugues le Brun, qui venaient se joindre à son cortège.

Pendant son séjour à la Rochelle, elle avait reçu des chevaliers du Temple d’importantes demandes, qui avaient évidemment pour but de contrebalancer les concessions qu’elle avait faites aux bourgeois de la ville et qui auraient permis à ceux-ci d’élever autorité contre autorité.

Mais le temps lui manqua pour examiner cette requête et c’est seulement à Saint-Jean-d’Angely qu’elle délivra la charte qui devait amplement y satisfaire. Elle déclara que désormais les hommes des Templiers seraient affranchis de toute obligation d’ost, de chevauchée, de bians et de gardes, et, en outre, que les maisons possédées par ces hommes seraient à l’avenir quittes de tous cens et de toutes les coutumes qu’elle pourrait posséder sur elles. Elle confirmait aussi tous les dons de maisons ou places que ces chevaliers avaient pu recevoir en don dans la ville de la Rochelle, celui de 100 sous de rente annuelle que leur avait fait Eble de Mauléon en perpétuelle aumône, et enfin elle leur donnait la chaussée du Perrot, avec les moulins qu’ils pourraient édifier sur chacun de ses côtés, jusqu’à la limite de la terre des Frères de l’Hôpital (20).

Pendant qu’elle résidait à Saint -Jean, la reine fit aussi délivrer aux religieux de Saint-Eutrope de Saintes, qui étaient venus en suppliants auprès d’elle, une charte par laquelle elle reconnaissait tous les droits de franchise que son père et son aïeul, les précédents ducs d’Aquitaine, avaient autrefois concédés au Puy-Saint-Eutrope, droits dont ils avaient été dépouillés par Richard, ce qui les avait laissés sans défense contre les entreprises et les vexations des agents du comte.

 15-20 Juillet 1199 : Aliénor est à Tours où elle rencontre avec Philippe-Auguste, roi de France.

 

 

Histoire des Comtes de Poitou (Tome 4 : 1189-1204) Alfred Richard

 

 

De Chalus à Fontevraud, le cortège de la dépouille royale de Richard Cœur de Lion (avril 1199) <==.... ....==> Aliénor d’Aquitaine la concession des priviléges de franche-commune

 

 


(1) Arcères, Hist. de la Rochelle, Il, p. 647, preuves. Giry (Elabl. de Rouen, I,p. 63, n° 3) donne à cet acte la date de 24 décembre, mais cette indication est inexacte, elle est démentie par le texte même de la charte, qui porte qu'elle fut délivrée le 29 avril, le lendemain de la fête de saint Vital, martyr, que l'on célèbre le 28 avril, «  crastino Vitalia martyris ».

(2)    Rec. Des Hist. de France, XVII, p. 597, R. de Hoveden. La plupart des historiens qui se sont occupés de cette époque n’ont pas compris le sens du passage de l’annaliste ; ils ont cru que le mot « Andegavia », qu’il emploie, signifiait Angers, et ils en ont conclu qu’Aliénor et Mercardier avaient fait la conquête de cette ville dans le courant d’avril. Or « Andegavia » a ici le sens d’Anjou ; Loudun faisait partie de ce comté qui, s’étendait jusqu’aux portes de Poitiers, et ce fut le Loudunais qui, lors du passage des routiers de Mercardier, a été l’objet de leurs déprédations.

(3)    Les noms de ces divers personnages se rencontrent parmi ceux des témoins de nombreux actes émanés d’Aliénor ; ce qui les distingue et spécifie leur caractère, c’est qu’à la mention de leur qualité est joint le pronom « nostris » employé par la reine pour indiquer qu’ils sont spécialement attachés à sa personne.

(4)    De cette longue liste de biens nous n’en retiendrons que deux, qui intéressent la topographie de la ville de Poitiers à cette époque, l’un est l’étang, contigu à la cité, que la comtesse Agnès avati fait édifier pour sa défense, l’autre les tranchées qui allaient de cet étang au Clain ainsi que la tour placée au-dessous de l’étang et que l’aïeul d’Aliénor avait autrefois confiée à la garde des religieux de l’abbaye.

(5)    Arch. De la Vienne, orig., Montierneuf, n°63 ; Teulet, Layettes du Trésor des chartes, I, p202.

(6)    Marchegay, Notices et pièces hist., p257. En accroissement de cette fondation, la reine donna à Fontevrault une maison et un four qu’elle avait fait construire à Poitiers et dont Roger et ses successeurs devaient spécialement jouir.

(7)    Marchegay, Notices et pièces hist., p 258. Cette pièce n’est pas datée, mais comme on y rencontre les mêmes témoins que dans la précédente, elle est évidemment su même jour.

(8) Arch. De la Vienne, Fontaine-le-Comte, I. Dans le fonds de cet établissement on trouve aussi une charte (orig, n°12), par laquelle Aliénor enjoignait au prévôt de Poitiers de veiller à ce que l’abbaye fut remise en possession d’une aumômerie que lui avait ravie Guillaume Ballon et que celui-ci avait été condamné à lui restituer en vertu de jugement de la cour du roi, des bourgeois et des clercs de la ville. Cette dernière indication nous parait attester que cet acte est antérieur à l’établissement de la commune de Poitiers, autrement il porterait que la sentence émane non des bourgeois, mais bien de la commune ou du maire

(9) Arch. de la Vienne, orig., Sainte-Croix, n° 5.

(10) Arcère, Hist. de la Rochelle, II, p660, preuves. Le mot de commune jurée n’était pas employé dans la charte d’Henri II, on ne le trouve que dans celle d’Aliénor, et, d’autre part, comme c’est seulement après la concession de la reine que l’on rencontre le nom d’un maire de la rochelle, il est à croire que la commune d’Henri II avait pour chef le prévôt royal. A ce propos, nous nous éloignons de l’opinion que  Giry a émise dans ses établissements de Rouen ; il en sera pareillement pour quelques autres points de détails, sur lesquels nous n’insisterons que lorsqu’ils présenteront un véritable intérêt historique.

(11) Arch. comm.de Poitiers, orig., A. I ; Etablissements de Rouen, II, p 143.

(12) Arch. Comm. De Poitiers, copie de 1298, A 13 : Giry, Etablissements de Rouens II, p 145.

(13) Métais, Cartul. Saint. De la Trinité de Vendôme, p 117.

(14) (2) Rymer, Fœdera; 1, p. III ; Arcère, Hist. de la Rochelle, preuves, n, pp. 639 et 640. C'est au contenu de ces deux actes que se bornèrent les faveurs accordées par Aliénor à l'ile d'Oléron.

Pour notre part, nous n'hésitons pas à déclarer qu'elle n’a eu aucune participation dans la rédaction, voire même dans la compilation des Rôles d'Oléron, le célèbre code maritime du Moyen-Age, dont presque tous les his­toriens lui font honneur. L'opinion commune en France, comme le dit M. Pardessus  (Collection de lois maritimes, 1, p. 283), en place la composition au temps où Alié­nor était encore reine de France, c'est-à-dire avant 1153; cet auteur combat cette attribution, mais il ne se prononce pas sur l'époque où s'est fait ce recueil (p. 3o8).

Quand à M. de la Fontenelle de Vaudoré, qui a spécialement étudié cette question (Lois et usages maritimes de l’Aquitaine du Nord, p.1337), tout en attribuant les Rôles à Aliénor, il les date seulement du règne de Jean Sans-Terre, alors que ce prince avait reconnu à sa mère toute autorité en Poitou (1199-1204). Cette spécification ne repose sur aucun  fondement sérieux; non seulement il n'est fait aucune allusion aux Rôles d’Oléron dans les textes du XIIe siècle, mais ils restent tout aussi inconnus au XIIIe siècle; c'est seulement à partir du XIVe siècle qu'il est fréquemment fait appel à leur jurisprudence. Au lieu d'être une œuvre personnelle, codifiée en vertu de mande­ments royaux, les Rôles ne nous paraissent être qu'un recueil de sentences rendues par la cour du maire d'Oléron lorsque quelque débat touchant les choses maritimes était porté devant elle. C'est ce qui nous parait devoir être déduit de la formule qui suit chacun des articles de ce code et qui, plus ou moins variée, se résume en celle-ci : « Et tel est le jugement en cest cas »

Un de ces articles, le vingt-sixième dans certains manuscrits, se termine ainsi « C’est le jugement donné tesmoingn le seel de lisle de Leon, establi aulx contrats de la dicte isle le jour du mardi prochain, après la feste saint André apostre, l’an de grâce mil deux cens IIII et seix ans ». cette date, qui répond au 3décembre 1286, dans laquelle M. Fontenelle (p.114) ne voit que cette de la délivrance d’une copie des rôles, nous paraît être au contraire celle du jugement qui forme l’objet de ce vingt-sixième article et qui, pour plus d’authenticité, fut enregistré en la cour du scel aux contrats. Dans le manuscrit du temps qui est en notre possession et qui a pour titre : Ensuite le rolle Dauleron qui est pour la mer, les rôles s’arrêtent à cet article vingt-six, car ce qui suit porte ce nouveau titre : Ce sont les noblesses et coustumes aux comptes de Bretaigne. Dans le manuscrit, placé à la suite des Rôles d’Oléron, mais le vingt-sixième article, daté de 1286, est suivi de plusieurs autres qui sont évidemment des adjonctions à la codification primitive.

(15) Marchegay, Notices et pièces hist., p204

(16) Arch. De la Vienne, G. 488, acte de l’an 1200

(17) Voy. Arch. Hist. du Poitou, I, p 79, Dons d’hommes au XIII en Bas-Poitou, par de La Boutetière.

(18) Marchegay, Notices et pièces Hist. p203 ; Teulet, Layettes du Trésor des Chartes, I, p208. Ce personnage, évidemment un riche bourgeois, se rendit à Fontevrault, ou en présence de la reine Aliénor, il fit d’importantes donations au monastère ; il en déposa le titre sur le grand autel de l’église abbatiale et le confirma plus tard par son testament (Arc. De Maine et Loire, Fontevrault, titres anciens, n°19)

(19) Métais, Cartul. Saint. De la Trinité de Vendôme, pp. 117, 118 et 122. Malgré la charte d’Aliénor, Maingot, qui était un des plus zélés partisans des rois anglais, n’abandonna la poursuite des droits auxquels il prétendait sur Puyravault  qu’au temps de Henri III, roi d’Angleterre, en 1217, et non avant 1189, comme l’a imprimé l’abbé Métais, p 116.

(20) Arc. Hist de la Saintonge , I, p30, Voy. Musset, La Rochelle et ses ports.

(21) Cf. nos 46 et 48, ainsi que les passages relatifs à ce cours dans le discours de M. Alfred Barbier (Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. IV (1886-88), p. 408).

(22) Nous ne mentionnons pas, dans cette nomenclature, les « Rapports » annuels sur le service des archives, adressés au Préfet de la Vienne, publiés dans les Rapports du Préfet et procès-verbaux des séances du Conseil général et tirés à part.

(23) « Les dix commandemens de la loy de Diev » du temple d'Exoudun.

(24) Cf. n° 72.

(25) Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 3e série, t. III (1913-15), p. 246.

(26) Des origines de la commune de Poitiers (Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. v (1882), p. III XXVII. - Reproduit dans le Courrier de la Vienne et tiré à part : Poitiers, impr. de H. Oudin, 1883. In-12, 30 p.

 

La Rochelle - Itinéraire d’Aliénor d’Aquitaine après les funérailles de Richard Cœur de Lion par Alfred Richard

La présente Bibliographie a été communiquée à la Société historique et scientifique dis Deux Sèvres dans sa séance du 6 octobre 1915 et était à l'impression quand a paru, dans le Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 3e série, t. III (1913- 15), p. 356394, le travail de M. Emile Ginot : M. Alfred Richard, archiviste honoraire du département de la Vienne et ses publications. Notice bio-bibliographique, avec un portrait.

 

RICHARD (Guy-Alfred), né à Saint-Maixent, le 4 février 1839, — fils de Auguste-Anselme Richard, avocat, et de Marie-Delphine Bordier, marié à Laure Bordier, — est décédé à Poitiers le 19 décembre 1914.

Archiviste paléographe (promotion du 11 janvier 1864), licencié en droit, archiviste du département de la Creuse (1864), Alfred Richard fut nommé archiviste du département de la Vienne, en septembre 1868, en remplacement de Rédet, admis à la retraite, et conserva ces fonctions jusqu'en 1913 ; il obtint ensuite l'honorariat.

Alfred Richard fit partie de la Société des antiquaires de l'Ouest dès 1862 et de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres (1863) ; il fut membre fondateur de la Société des archives historiques du Poitou (1871), membre de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis (1874) et membre fondateur de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres (1905).

Il était correspondant du Ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques et correspondant du Comité des sociétés des beaux-arts des départements (1875), inspecteur de la Société française d'archéologie pour le département de la Vienne (1875), membre non résidant du Comité des travaux historiques et scientifiques (1901). Il fut désigné par M. le Recteur de l'Académie de Poitiers pour faire, à la Faculté des lettres, pendant les années 1887 et 1888, un cours sur l'histoire du Poitou (21).

Alfred Richard était un érudit par excellence, ainsi qu'en témoigne le grand nombre d'ouvrages qu'il a composé sur le Poitou et dont nous donnons plus loin la liste aussi complète qu'il nous a été possible de la dresser (22).

 Il s'est beaucoup occupé de l'histoire de Saint-Maixent, sa ville natale ; il en a traité plusieurs points, sans cependant donner une étude complète. Coïncidence assez curieuse, la première et la dernière de ses publications — à 51 ans d'intervalle — concernent l'histoire de Saint-Maixent : Inventaire-sommaire des archives communales de Saint-Maixent (1863) ; Villon à Saint-Maixent (1914).

Il obtint de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, au concours des antiquités nationales, une mention honorable pour son étude sur les Colliberts (1877). Son œuvre capitale est l'Histoire des comtes de Poitou (778-1204), publiée en 1903, qui lui valut le second prix Gobert (histoire), 1.000 fr., décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Par testament reçu par Me Baranger, notaire à Poitiers, le 25 février 1914, Alfred Richard a légué à la Société des antiquaires de l'Ouest toutes ses collections archéologiques à la charge de compléter l'inventaire et de le publier. « Ne feront pas partie de ce don, est-il dit, les tables de la loi (23) que j'ai publiées dans les poésies de Jean Babu (24), et qui depuis plus de deux siècles sont conservées dans ma famille, et mes médailles. » (25)

Il était officier de l'Instruction publique (1887) et chevalier de la Légion d'honneur (décret du 31 mars 1909).

Alfred Richard, archiviste de la Vienne de 1868 à 1913, lègue ses collections à la bibliothèque municipale où elles entrent en 1915 et 1916. Elles comportent près de 3000 imprimés poitevins (livres et brochures), plusieurs centaines d’estampes, dessins et cartes et 147 manuscrits :

 

1. Inventaire-sommaire des archives communales antérieures à 1790, de Saint Maixent, publié par M. A. Richard,... — Paris, impr. de P. Dupont, 1863. In-4°, iv-1-3-2-2-1-2-5-1-1 et 6 p.

(Collection des inventaires-sommaires des archives communales antérieures à 1790.)

2. Recherches sur la condition des personnes et des terres en Poitou au Xe siècle (935-1030).

Ecole impériale des chartes. Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion 1862-1863, pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe, 1863, p. 33-34. « Un fragment seulement de ce travail a été publié : Les Colliberts... [cf. n°23]. » (Revue poit. et saint., t VIII (1891), p. 350.)

3. Remarques sur l'ouvrage intitulé : « Essai historique sur l'abbaye de Saint-Maixent et sur ses abbés depuis 459 jusqu'à 1791. » (Signé : Alfred Richard.) — Saint-Maixent, impr. de C. Reversé, 1864. In-8°, 14 p. (La couverture imprimée sert de titre.)

4. De l'origine de Celles-sur-Belle. (Signé : Alfred Richard.) — Melle, impr. de C. Mureau (1865). ln-8°, 4 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, n° du 29 octobre 1865 )

5. Vérification de privilèges par l'élection de Niort, de 1627 à 1638. [Première partie.] (Signé : Alfred Richard.) — Melle, impr. de C. Moreau (1805). In-8°, 12 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, nos des 19 et 26 novembre 1865.) - Cf. n° 13.

6. Acte d'affranchissement d'une serve par son seigneur [Louis de Montrognon], au XVe siècle. (Signé : Alfred Richard.) — Guéret, Dugenest (1866). ln-8°, 5p. (Extrait de la Société française d'archéologie. Institut des provinces de France. Compte rendu du Congrès archéologique et des Assises scientifiques de Guéret, 1866, p. 188-192.)

7. La vie de saint Maixent, abbé, patron de la ville qui porte son nom. (Signé : Alfred Richard.) — Saint-Maixent, impr. de C. Reversé, 1866. In-12, 36 p., avec une eau-forte de Varin. (Publication faite d'après le manuscrit de dom Boniface Devallée, sous prieur de l'abbaye de Saint-Maixent.)

8. Mémoire statistique sur la paroisse des Alleuds, fourni à l'élection de Saint-Maixent, vers 1735. (Signé : Alfred Richard.) — Melle, impr. de C. Moreau (1866). In-8°, 4 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, n° du 8 juillet 1866.)

9. Lettres patentes de Louis XIV en faveur des bénédictines de la Mothe-Saint-Héraye. (Signé : Alfred Richard.) — Melle, impr. de C. Moreau (1866). ln-8°, 3 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, n° du 10 juin 1866.)

10. Bibliographie. Armorial du Poitou... publié par A. Gouget. (Signé: Alfred Richard.) - Melle, impr. de C. Moreau (1866). In-8°, 5 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, n" du 8 juillet 1866.)

11. Célébration à Niort de la paix de Ryswick, le 2 février 1698. (Signé : Alfred Richard.) — M elle, impr. de C. Moreau (1866). In-8°, 8 p.  (Le titre de départ porte : Relation des réjouissances qui accompagnèrent la publication à Niort de la paix de Ryswick en 1698. - Extrait non spécifié de le Mellois, n° du 18 novembre 1866.)

12. Sur un tabernacle du XVIIe siècle sculpté par Le Pilleur et Périer pour l'église de Guéret. Institut des provinces de France. Assises scientifiques de Limoges, 1867, p. 165-169.

13. Vérification de privilèges par l'élection de Niort, de 1627 à 1638. Seconde partie. (Signé : Alfred Richard.) — Melle, impr. de C. Moreau (1867). ln-8°, 18 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, nos des 17, 24 mars et 14 avril 1867.) — Cf. n° 5.

14. Archives seigneuriales du Poitou. Inventaire analytique des archives du château de la Barre, par Alfred Richard,... — Saint-Maixent, impr. de C. Reversé ; Paris, Dumoulin ; Niort, Clouzot, 1868, 2 vol. in-8°, ccv-287 et 504 p. (Le château de la Barre est situé dans la commune de Menigoute [Deux-Sèvres].)

15. La mairie de Saint-Maixent procurait-elle la noblesse ?  Revue de l'Aunis, de la Saintonge et du Poitou, t. VII (1er semestre 1868), p. 19-24.

16. Notice biographique et bibliographique sur Jouyneau-Desloges, premier journaliste du Poitou [1736-1816], par M. Alfred Richard,... — s. I. (1870). Tn-8°, 18 p.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1re série, t. XII (1868-70) p. 425-442.

17. Recherches sur l'organisation communale de la ville de Saint-Maixent jusqu'en 1790, suivies de la liste authentique des maires et échevins et accompagnées des pièces justificatives, par M. Alfred. Richard,... — Poitiers, impr. de A. Dupré, 1870. ln-8°, 248 p., pl.

(Le faux-titre porte : Etudes Saint-Maixentaires. 7. — Extrait des Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1" série, t. XXXIV (1869), p. 267-507.) - Cf. nos 29 et 30.

Compte rendu par Louis LÉVESQUE, la Sèvre. nos des 19, 26 avril. 3 et 10 mai 1873.

18. Quelques mots au sujet des armoiries de la ville de Melle. (Signé : Alfred Richard.) - Melle, impr. de E. Lacuve (1871). In-8°, 7 p. (Extrait non spécifié de le Mellois, no du 9 juillet 1871.)

19. Notice sur Jehan Du Cezier, écrivain moraliste du XVIIe siècle, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de A. Dupré, 1873. In-8°, 12 p.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1" série, t. XIII (1871-1873), p. 410 419. Compte rendu par Henri de FONBRUNE, la Sèvre, n° du 29 novembre 1873.

20. [Allocution prononcée à la séance du 21 janvier 1875, de la Société des antiquaires de l'Ouest, en prenant possession du fauteuil de la présidence.]  Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1" série, t. xiv (1874-76), p. 150-153.

21. Note sur quelques enseignes de pèlerinages, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de A. Dupré, 1875. In-8°, 7 p., fig.  (Extrait du Bull, de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1er série, t. XIV (1874-76), p. 185-190.)

22. Mémoire statistique sur l'élection de Saint-Maixent, dressé en 1698, par Samuel Lévesque, et complété par les rapports des receveurs des tailles, Antoine et Jean Garran, de 1728 à 1766, publié par Alfred Richard,... — Niort, L. Clouzot, 1875. In-8°, 190 p.  (Extrait des Mém. de la Société de statistique, belles lettres, sciences et arts du département des Deux-Sèvres, 2e série, t. XIII (1873-74), p. 1-190.)

23. Les Colliberts. Etude lue à la séance publique annuelle de la Société des antiquaires de l'Ouest, le 7 janvier 1876, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de A. Dupré, 1876 In-8°, 45 p.  (Extrait des Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1" série, t. xxxix (1875), p. 3-45.)

24. Rapport sur la découverte d'une crypte dans l'église de Saint-Léger de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), par A. Richard,... — Tours, impr. de P. Bouserez, 1877. In-8°, 22 p., pl. et fig.  (Extrait du Bull. mon., 5e série, t. iv (1876), p. 845.)

25. Livre de prières attribué à Anne de Bretagne. Bibliothèque de l'Ecole des chartes, t. XXXVIII (1877), p. 39 393.)

26. Les œuvres de Jean Drouhet, maître apothicaire à Saint-Maixent... (1660-1673). Nouvelle édition, avec notice et commentaires par M. Alfred Richard,... — Poitiers, E. Druincaud, 1878. In-8°, 215 p.

27. Cartulaire de la Châtille [Vienne, commune de Béthines], 1234-1239, publié par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de H. Oudin frères, 1878. ln-8°, 72 p. (Extrait des Ai ch. hist. du Poitou, t. VII (1878), p. 1-72.)

28. Note sur trois gardes de la librairie du roi du nom de Sauzay (vers 1420-1522), par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de A. Dupré, 1878. In-8°, 15 p.  (Extrait du Bull, de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t Ier (1877-79), p. 329-341.)

29. Etude critique sur les origines du monastère de Saint-Maixent. En quel lieu il a été édifié ; son premier nom, par M. Alfred Richard,... — Saint-Maixent, impr. de C. Reversé, 1880. In-8°, 47 p. (Le faux titre porte Etudes Saint-Maixentaises. II - Cf nos 17 et 30.  

Compte rendu ANONYME. Revue historique, t. xv (1881), p. 505-506 ; - Reproduit dans la Revue de l'Ouest, n° du 2 mars 1881.

30. Le château de Saint-Maixent, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, imprimerie générale de l'Ouest, 1881. ln-8°, 32 p., pl. (Le faux-titre porte : Etudes Saint-Maixentaises. III. - Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série. t.II (1880-82), p. t74 201.) - Cf. nos 17 et 29.

31. Note sur deux monnaies mérovingiennes et autres pièces données au musée [de la Société] des antiquaires de l'Ouest, par le R. P. de la Croix : par M. Alfred Richard,... — Poitiers, imprimerie générale de l'Ouest (1881). In-8°, 5 p., fig.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2" série, t. II (1880-82), p. 286 290.)

32. Du nom de la ville de Bressuire, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, imprimerie générale de l'Ouest, 1881. In-8°, 9 p.  (Extrait du Bull, de la Société des antiquaires de l'Ouest, 21 série, t. II (1880-82), p. 307-315.)

33. Note sur un denier inédit de Charenton et quelques autres monnaies du XIIIe siècle, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, imprimerie générale de l'Ouest, 1882. ln-8°, 12 p., fig.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. JI (1880-82), p. 409-420.)

34. Notice sur M. Rédet [1807-1881]. (Signé: A. Richard.)  — Poitiers, imprimerie de Oudin (1881). ln-8°, I l p.  (Extrait des Arch. hist. du Poitou, t. x (1881), p XI-XXI.)

35. Nécrologie : M. Apollin Briquet [1801-1881]. (Signé : A. R. ) — Poitiers, impr. de Oudin (1881) In-8°, 4 p.  (Extrait du Courrier de la Vienne. n° du 6 octobre 1881.)

36. Inventaire des archives de la ville de Poitiers, partie antérieure à 1790, dressé en 1842, par feu M. L. Rédet,... et publié en 1883 par la Société des antiquaires de l'Ouest, avec le concours du Conseil municipal de Poitiers, et par les soins de M. Richard,... et de M. Ch. Barbier,... — Poitiers, impr. de Tolmer, 1883. ln-8°, 385 p.  (Extrait des Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. v (1882), en entier.) — «  Le discours de M. Ledain (26) peut être considéré comme l'Introduction la plus utile qui put être placée en tête de l'œuvre de Alfred Richard et Barbier » (Revue poitevine et saintongeaise, t. I (1884-85), p. 79.)

37. Dom Chamard. La victoire de Clovis en Poitou et les légendes de saint Maixent. — Paris (1883). ln-8°, 35 p.  (Extrait de la Revue des Questions historiques, 1883, p. 5-25. — A la suite : Réponse de Alfred Richard [extrait ibid., p. 609623] ; — Réplique de dom Chamard [extrait ibid., p. 624-627].

38. Inventaire-sommaire des, archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Louis Rédet et Alfred Richard,... Archives ecclésiastiques. Série G. Tome Ier. — Poitiers, impr. de Tolmer, 1883. In-P, XV-266 p.

39. Le manuscrit n° 51 de la Bibliothèque de Poitiers a-t-il eu un caractère officiel ? par M. Alfred Richard. — Poitiers, impr. de Tolmer, 1884. In-8°, 10 p.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. III (1883-85), p. 297-306.)

40. [Les fouilles de Nanteuil, près de Saint-Maixent. Compte rendu des découvertes faites jusqu'au 29 mai.] Courrier de la Vienne, n° du 4 juin 1885.

41. Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Creuse. Archives civiles. Séries C complément, D et E (première partie), par MM. A. Bosvieux, A. Richard, L. Duval et F. Autorde. — Paris, P. Dupont, 1885. In-4°.  (Collection des inventaires-sommaires des archives départementales antérieures à 1790.)

42. Chartes et documents pour servir à l'histoire de l'abbaye de Saint-Maixent, publiés par M. Alfred Richard. — Poitiers, impr. de Oudin, 1886. 2 vol. in-80, CXXIII-384 et 627 p., 2 plans et une carte hors texte

(Extrait des Arch. hist du Poitou, t. XVI et XVIII (1886) en entier.) Comptes rendus de cet ouvrage : P. GUÉRIN, Bibliothèque de l 'Ecole des chartes, t. L (1889), p 126-127 ; — Louis LÉVESQUE, Revue poit. et saint., t. IV (1887-88), p. 310-313 et t. v (188Q-89), p. 112-114, ; — Henri STEIN, Revue historique, t. XLI (1889), p. 416 417.

43. Note sur quatre abbés poitevins du nom de Billy. Rectification du Gallia Christiana, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, imprimerie générale de l'Ouest, 1886. ln-8°, 21 p.  (Extrait du Bull, de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série t. iv (1886-1888), p. 118-138.)

44. L'inscription des Chaillé aux Cordeliers de Poitiers par M. Alfred Richard,... — Poitiers, imprimerie générale de l'Ouest, 1887. In-8°, 5 p.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. IV (1886-88), p. 293-299.)

45. Note sur une trouvaille de monnaies baronnales [des XIIe et XIIIe siècles faite à Gençay, en 1885].  Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. IV (1886-88). p. 521-524.

46. Conférence d'histoire du Poitou. [Leçon d'ouverture, le mercredi 7 décembre 1887.]  Bull. mensuel de la Faculté des lettres de Poitiers, 1887, p. 365373 — Cette conférence a été analysée dans la Revue poit. et saint., t. IV (1887-88), p. 251 256.

47. Molière à Poitiers en 1648 et les comédiens dans cette ville de 1646 à 1658, par M. E. Bricauld de Verneuil,... Publié par M. Alfred Richard,... avec une notice biographique sur l'auteur. — Paris, H. Lecène et Il. Oudin, 1887. In-8°, 60 p.  (La notice biographique sur E. Bricauld de Verneuil, écrite par Alfred Richard, comprend les pages 5 à 13.)

48. [Résumé de la leçon du cours d'histoire du Poitou de M. Alfred Richard, consacrée à la bataille de Vouilé.] Bull, mensuel de la Faculté des lettres de Poitiers, 1888, p. 62 66. — Cf. nos 77 et 93.

49. Notes pour servir à la bibliographie des Etats généraux de 1789 en Poitou, par M. Alfred Richard.... — Melle, impr. de E. Lacuve, 1888. In-8°, 31 p.  (Extrait de la Recup poit. et saint., t. v (1888-89), p. 257 282. — Cette bibliographie a été complétée par MM. H. et P. Beauchet-Filleau : Nouvelles notes pour servir à la bibligraphie des Etats généraux de 1789 en Poitou, dans la Revue poit. et saint., t. VII (1890), p. 33-36.)

50. Les chartes de la commanderie du Sauze [Deux-Sèvres, commune de Clavé], 1208-1538. Arch. hist. du Poitou, t. xx (1889), p. 220-232.

51. M. G. Lecointre-Dupont [1809-1888]. (Signé : Alfred Richard.) — Mâcon, impr. de Protat frères (1889). ln-8°, 6 p.  (Extrait de la Revue numismatique, 1889, p. 147-153.)

52. Epigraphie poitevine. Marques de potiers et petites inscriptions gallo-romaines, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Biais, Roy et Cie, 1890. ln-8°, 77 p., pl.  (Extrait des Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2" série t. XII (1889), p. 1-78.)

53. Allocution prononcée par M. Alfred Richard, président de la Société des antiquaires de l'Ouest, à la séance du 15 janvier 1891. — Poitiers, impr. de Biais, Roy et Cie, 1891. ïn-8°, 7 p.  (Extrait du Bull, de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2" série, t. v (1889 91), p. 403-409.)

54. [La Préfecture et l'Hôtel de ville de Poitiers.] Paysages et Monuments du Poitou photographiés par Jule: Robuchon. Vienne, t. 1er (1890), p. 172 176, pl.

55. Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par Louis Rédet et Alfred Richard,... Vienne. Archives civiles, séries A. B. C. D. Tome 1er. — Poitiers, impr. de filais Boy et fie, 1891. In-4°, CLVI-2-90- 158-35 et v p.

(Collection des inventaires-sommaires des archives départementales antérieures à 1790.)

56. Notice sur les archives du département de la Vienne, 1790-1890, par M. Alfred Richard,.. — Poitiers, impr. de Biais, Roy et Cie, 1891. In-4°, CXLVII p.  (Extrait de l'Inventaire-sommaire des archives départementales de la Vienne antérieures à 1790. Archives civiles, tome 1er.) - Cf. n°

Compte rendu par II. CARRÉ, La Résolution française, t. XXI (1891), p. 556.

57. Notice historique et archéologique sur l'église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, par M. A. de la Bouralière. (Extrait des Paysages el Monuments du Poitou.) Deuxième édition, augmentée d'une lettre de M. Alfred Richard. — Fontenay-le-Comte, impr. de Baud, 1891. In-4°, 3e p., pl. et fig.

L'appendice est formé par une lettre de Alfred Richard, qui comprend les p. 31 à 38, sur la question suivante : A quelle époque vivait Gantier Coorland ? (Cf. Jos. Berthélé, L'église Saint-Hilaire de Poiturs et sa restauration au XIIe siècle, dans la Revue poit. et saint., t. x (1893), p. 390-392.)

58. Notes sur les rapports du duc de Berry avec le Poitou, de 1374 à 1377. Revue poit. t saint., t. x (1892), p. 136-144.

59. Saint-Maixent, La Villedieu-de-Comblé et Cherveux.  Paysages et Monuments du Poitou photographiés par Jules Rotuchon. Deux-Sèvres, t. VI (1892), p. 1 42, pl. et grav.

60. Un passeport protestant [délivré] en 1681 [par les ministres et les anciens du consistoire de Saint-Maixent. (Signé : Alfred Richard.) — Poitiers, impr. de Biais, Roy et Cie (1893). In-8°, 3 p.

(Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest 2e série, t vi (1892 94), p. 1:29-130.)

61. Critique littéraire. Remarques sur les Souvenirs de Mme de Caylus. (Signé ; Alfred Richard.) — Poitiers, impr. de Millet et Pain (1893). In- 8°, 13 p.

(Extrait du Bull. mensuel de la-Faculté des lettres de-Poitiers, n° d'octobre 1893.)

62. Alfred Richard. Observations sur les mines d'argent et l'atelier monétaire de Melle. — Paris, C. Rollin et Feuardent, 1893. In-8°, 32 p., fig.

(La couverture imprimée sert de titre. - Extrait de la Revue numismatique, année 1893.)

63. Compte rendu du Catalogue des monnaies françaises de la Bibliothèque nationale. Les monnaies mérovingiennes, par M. Maurice Prou. Revue numismatique, 1893, p. 435-443.

64. Abrégé de ce qui s'est passé touchant la réformation de la royale abbaye de Saint-Maixent. Le Saint-Maixentais, n° du 25 août 1894.

65. Les armoiries du comté de Poitou, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Blais, Roy et Cie, 1895. ln-8°, 29 p., pl.

(Extrait des Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2"- série, t. XVII (1894), p. 432-458.)

66. Bibliographie. La maison de Craon, 1050-1480. Etude historique accompagnée du Cartulaire de Craon, par Bertrand de Broussillon. (Signé : Alfred Richard.) Saint Maixent, impr. de C. Reversé, 1894. ln-8°, 8 p.

(Extrait de la Revue poit. et saint., t. xi (1894), p. 180-187.)

67. L'inscription du reliquaire de la Chapelle Saint-Sixte à la cathédrale de Poitiers. Courrier de la Vienne, n° du 5 décembre 1894. - Reproduit dans la Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 1894, p. 787-788. 68. Saint-Maixent.

Annuaire administratif, judiciaire, religieux, militaire. commercial et industriel des Deux-Sèvres pour l'année 4895, p. 587-590. — Reproduit dans le même Annuaire pour Tannée 1896, p. 616-619.

69. Les Taifales, la Theifalie et le pays de Tiffauge, par M. Alfred Richard,... —Poitiers, impr. de Blais et Roy (1896). In-8°, 23 p. et une carte.

(Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. vu (1895-97), p. 419-441.) Cf. np 71,

70. Les armoiries de l'Université de Poitiers, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Blais et Roy, 1897. In-8°, 23 p., pl.

(Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. VII (1895-97), p. 518-536.)

71. Chantoceaux et les Tiffailles. Réfutation de récrit de M. Lièvre, intitulé : Austrapius et les Taifales du Poitou, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Blais et Roy, 1898. In-8°, 39 p.

(Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. VII (1895-97). p. 670-706.) - Cf. n° 69.

72. Poésies de Jean Babu, curé de Soudan, sur la ruine des temples protestants de Champdeniers, d'Exoudun, de la Mothe-Saint-Héray (1663-1682), publiées avec notices, commentaires et pièces justificatives, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, P. Blanchier, 1896. ln-8°, 149 p., pl.

Dans sa notice sur Jean Babu, p. 19, Alfred Richard, parlant de la Doleonce d'in huguenot [d'Exoudun] sur le pidou estat de lou Tomple, dit : « Celle-ci avait jusqu'à ce jour échappé à tous les regards, quand nous l'avons rencontrée par hasard en feuilletant le bel exemplaire de la Gente Poitevin'rie que possède M. Arthur Labbé... » Cette assertion est inexacte; la Doléonce e-t rarissime, mais elle a été signalée par Charles Nodier, en 1844. (Cf. Compte rendu par Alphonse FARAULT, Revue poitevine et des confins de la Touraine et de l'Anjou, t. XIII (1896), p. 344-345.)

73. Les armoiries de l'Université de Poitiers. Lettre de M. Richard,... à M. Deméré, président du tribunal civil de Montmorillon.  L'Avenir de la Vienne, n° du 28 mars 1897.

74. Note sur une trouvaille de pièces de billon, des XVe et XVIe siècles. Revue numismatique, 1897, p. 74-77.

75. Les maires de Poitiers, par M. Bélisaire Ledain ; publié par M. Alfred Richard, avec une introduction.  Mém. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. xx (1897), p. 215-774.

76. Notice sur Bélisaire Ledain [1832-1897], lue à la Société des archives historiques du Poitou, séance du 18 novembre 1897, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Oudin et Cie, 1898. In-8°, 19 p.  (Extrait des Arch. hit. du Poitou, t. XXVIII (1898), p. v-xxi.)

77. La bataille de Vouillé en 507, réponse au mémoire de M. Lièvre, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Biais et.Roy, 1898. In-8°, -50 p. et une carte.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t VIII (1898-1900), p 20-67. — Cf. Le lieu de la rencontre des Francs et des Wisigoths, sur les bords du Clain, en 507, par M. Lièvre, dans la Revue historique, t. LXVI (1898), p. 90 104, arec une carte.) — Cf. nos 48 et 93.

78. Trouvaille de pièces d'or à Brigueil-le-Chantre.  Rapport adressé à M. le Préfet de la Vienne par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Biais et Roy, 1900. In—8°, 10 p.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. vin (1898-1900), p. 536-539.)

79. Note sur un Album amicorum du XVIe siècle. (Signé : • Alfred Richard.) —Paris, Plon-Nourrit et Cie. 1901.  In-8°. 3 p., pl.  (Extrait de la Réunion des Société des beaux-arts des départements, du 28 mai au 1er juin 1901, 25e cession, p. 496-498.)

80. Le psautier et les heures de Claude Gouffier.  Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. IX (1901-03), p. 142-144.

81. Relation de la découverte de la Minerve de Poitiers le 20 janvier 1902, par M. Alfred Richard,... — Poitiers, impr. de Biais et Roy, 1902. In-8°, 29 p., 2 planches et un plan.  (Extrait du Bull. de la Sociéte des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. ix (1901-03), p 302-328.)

82. Le livre d'heures de l'abbaye de Charroux, par Mgr X. Barbier de Montault, avec notes de M. Alfred Richard. — Poitiers, impr. de Blais et Roy, 1903. ln-8°, 26 p.  (Extrait du Bull, de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. ix (1901-03), p. 400 423.).

83. Note sur une inscription du XIe siècle (trouvée à Vouhé), par M. Alfred Richard,... - Poitiers, impr. de Biais et Roy, 1903. ln-8°, 2 p.  (Extrait du Bull. de la Société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, t. ix (1901-03). p. 470-471.)

84. Histoire des comtes de Poitou (778-12 04), par M. Alfred Richard,... — Paris, A. Picard et fils, 19)3. 2 vol. gr. in-8°, ix-507 et 597 p. ……………………………..

 

 

 

 

 

 

 

 


26 novembre 2020

L’abbaye Sainte Croix de Talmond - Les Monastères, les Cures et Paroisses du Talmondais.

Aliénor d'Aquitaine et Richard Coeur de Lion abbaye Sainte Croix de Talmond - Les Monastères, les Cures et Paroisses du Talmondais

On ne saurait faire une étude quelconque sur le Moyen- Age, sans parler en première ligne de la religion et de ceux par les mains desquels elle fut administrée. Dire quelques mots de ce qui se passa dans le Talmondais, c'est rappeler ce qui existait en France et particulièrement dans le Bas-Poitou, soumis tout d'abord à la direction de l'évêque de Poitiers, et plus tard, en 1317, à celle de l'évêque de Luçon (2).

Aux premières époques du christianisme, qui n'apparut guère dans notre contrée qu'au IIIe siècle, les évêques étaient à peu près seuls à distribuer les secours de la religion, et comme ils s'installèrent naturellement dans les villes un peu importantes, les habitants des campagnes furent longtemps tenus éloignés des progrès accomplis par la voix des successeurs des apôtres.

Ces prélats craignirent même, pendant deux ou trois siècles,

de déléguer leurs clercs à travers le pays pour prêcher et faire de nouveaux prosélytes, et ce fut au ve siècle seulement, que ceux qui prirent alors le nom de diacre, archidiacre ou curé, purent distribuer les sacrements, et célébrer les cérémonies du culte. On avait peur que l'isolement de ces vicaires abandonnés à eux-mêmes, au milieu d'une population ignorante et presque barbare, leur fit oublier leur mission et les devoirs sévères et austères qu'ils avaient à remplir. La nécessité des choses l'emporta cependant sur ces craintes si bien fondées, et la réalité fit voir bien vite que la nature humaine se laisse, malgré tout, toujours influencer très vivement, par tout ce qui l'entoure et lui touche de près.

A côté de cette institution et de cette administration directe des évêques, qui .prirent le nom de séculières, s'éleva un autre pouvoir, non moins puissant ni redoutable, même pour le premier, celui des moines réguliers. S'inspirant des textes des évangiles, des fidèles pleins de foi, pieux et recommandables pour la pureté de leurs mœurs, se réunirent à la voix d'hommes de bien, habiles à stimuler leurs idées religieuses, et fondèrent des monastères, afin de vivre en commun et de suivre des règles fixes et régulières, à l'abri de la dissolution qui les environnait.

Sans entrer dans de trop grands détails, qui nous entraîneraient fort loin de notre sujet, nous devons dire toutefois, qu'au XIe siècle, il existait déjà dans les campagnes du Talmondais, beaucoup d'églises fondées par les fidèles, et que celles-ci étaient administrées, par un clergé rien moins qu'irréprochable, entouré d'une société assez dissolue, dans laquelle régnaient en maîtres une incroyable confusion des pouvoirs et la plus profonde anarchie.

Les envahissements continuels de l'esprit laïque et les usurpations du pouvoir temporel sur le spirituel, avaient fait naître, jusque dans le sanctuaire, pendant l'époque qui précéda le régime féodal, des abus et des scandales inouïs.

C'est à ce moment que le clergé régulier, représenté par les moines de l'ordre de st Benoit, vint s'installer dans la contrée et combattre le concubinage des prêtres, la simonie et l'investiture temporelle des bénéfices ecclésiastiques, créés par les fidèles pour l'entretien du culte et des églises.

Les évêques de Poitiers furent les premiers à favoriser cette réforme, et à prêter leur autorité, pour remplacer dans les paroisses, le presbytère par le prieuré, car il leur était bien difficile, à une époque où la bourgeoisie n'existait pas, de trouver des vocations et de l'instruction au milieu des populations de la campagne.

Dans certaines contrées de la France, les moines s'étaient établis beaucoup plus tôt, et tous les historiens de cette époque disent que, déjà au IXe siècle, les prieurés à charge d'âmes, administrés par des moines et annexés aux grandes abbayes, absorbaient la plus grande partie des paroisses rurales. La réforme n'était pas aussi avancée sur cette partie des côtes de « la mer océane ».

Les premiers moines qui apparurent, disions-nous, dans le pays qui nous occupe, furent les Bénédictins, qui, appelés par le sire de Talmond, Guillaume le Chauve, vers 1049, vinrent habiter l'abbaye de Sainte-Croix, que celui-ci avait fait bâtir dans l'entourage de son château (3).

 

Cependant on doit dire que, dès 1042, Vital, abbé bénédictin, chassé de l’abbaye de Saint-Gildas-de-Ruys, en Bretagne, posséda l'église Sainte-Marie d'Olonne, à la suite d'un don fait par le même seigneur, sur la foi de sa bonne réputation dans les pays environnants.

Probablement même avant cette époque, l'abbaye de Saint- Michel-en-l'Herm avait-elle fondé des prieurés à Saint- Benoit et à Curzon, au sud de la contrée, mais ce ne sont là que des faits isolés, et il est certain qu'il n'existait presque pas de moines réguliers dans le Talmondais avant la fondation de l'abbaye de Sainte-Croix de Talmond.

Château et l'Abbaye Sainte Croix de Talmond Saint Hilaire

Aussi ce fût-il avec une rapidité prodigieuse, que l'on vit s'élever la puissance de ce monastère, resté sans rival pendant de longues années. Son fondateur lui octroya tout d'abord les églises de Saint-Pierre et Saint-Hilaire de Talmond avec toutes leurs dépendances, et ce n'était que justice, car d'après les règles canoniques anciennes, « le don d'une église ou d'une chapelle renferme celui du « bien même de l'église ou de la chapelle, à charge de la « desservir ou faire desservir. »

Celle de Saint-Hilaire était de beaucoup la plus riche des deux, et de fondation un peu plus ancienne, car elle était appelée : « parochie mater ecclesia. » (4)

Guillaume le Jeune, fils du précédent seigneur de Talmond, plaça Vital à la tête de l'abbaye de Sainte-Croix et lui permit d'apporter, comme don de joyeux avènement, l'église d'Olonne.

Nous parlerons plus loin des bénéfices énormes qui ont été alloués aux Bénédictins, ainsi qu'à leurs rivaux : il n'est question ici que des paroisses dont la direction leur a été confiée, et nous remarquerons, que Guillaume le Jeune parlait bien de presbiteri mei, et qu'il considérait comme sa propriété personnelle les biens du presbytère d'Olonne.

 Il avait également en propre la chapelle de Saint-Hilaire (5), élevée par son père dans l'enceinte de la forêt d'Orbestier, lorsqu'il en fit don à Sainte-Croix.

Vinrent ensuite s'ajouter aux possessions de l'abbaye, du temps du seigneur Cadelon, les églises de St-Vincent en Jard, Saint-Hilaire de la Forêt, Saint-Nicolas de Grosbreuil, qui étaient dans son domaine, et celle de Sainte- Marie de la Peyrate, bâtie près du Thouet, dans le pays de Thouars, et qu'il tenait du vicomte Aimery.

Il ne fallut pas un long temps aux abbés, pour réunir ainsi, sous leur crosse protectrice et puissante, la plupart des fondations religieuses de la contrée, et à la liste des églises déjà citées, nous ajouterons les paroisses de Saint-Pierre de Lande- vieille (6), Saint-Jean de Beaulieu, Notre-Dame de la Boissière, Notre-Dame de la Chapelle-Girouard (7), Sainte- Marie et Saint-Nicolas de Grosbreuil, Saint-Martin de la Jonchère, Notre-Dame de Landeronde, Sainte-Marie et Saint-Pierre du Luc, Saint-Pierre de Nesmy, Saint-Pierre de Nieul-le-Dolent, Sainte-Marie, Saint-Pierre et Saint- Gilles de Palluau, Saint-Georges de Pointindoux. Saint- Julien des Landes, Sainte-Madeleine et Saint-Pierre de Vairé, St-Pierre de Venansault, Lamayré (8), Saint-Laurent d'Aubigny, Saint-Martin du Bernard, Saint-Sauveur de Chaillé, Saint-Martin de l'Ile-d'Olonne, Sainte-Marie de Longeville, Saint-Eutrope de Poiroux, Saint-Pierre d'Avrillé, Saint-Nicolas de la Chaume, Saint-Généreux de Girouard, Sainte-Radégonde de Jard.

Les Bénédictins ne conservèrent pas jusqu'à la Réforme, toutes les églises que nous avons énumérées, mais elles leur furent toutes données, dans le cours du XIe et les premières années du XIIe siècle.

Dans presque toutes ces localités furent installés deux ou trois moines, quelquefois davantage, ayant le droit de percevoir des aumônes, et de lever les dimes payées par les vassaux. Ces religieux envoyés ainsi par l'abbé, avaient toujours au moins parmi eux un prêtre pour célébrer le service divin ; le presbytère, habité auparavant par un seul pasteur séculier, devenait prieuré, et tout cela avec l'autorisation de l'évêque, très heureux de pouvoir assurer aux paroisses de dignes recteurs. Car, il est bon de dire pour être impartial, qu'il y a lieu de ne pas confondre les premiers moines de Talmond, dont nous parlons ici, avec leurs descendants dégénérés, qui attirèrent plus tard sur leur tête une réforme semblable à celle que l'on était en train de faire subir au clergé séculier ; en ce temps d 'ignorance très grande, de violence inouïe, de superstition ridicule, ils ont rendu, avec leurs frères répandus dans tout le pays, un service signalé à la religion et à la société.

Ces diverses paroisses avaient eu presque toutes la même origine. Il arrivait fréquemment, en effet, qu'un seul propriétaire possédait une grande étendue de terre, appelée Villa, aussi spacieuse que beaucoup de nos communes ; dans ce domaine, il élevait le plus souvent un oratoire, pour les besoins religieux des serviteurs, des paysans et du seigneur lui-même, alors tenu d’affecter un terrain et des revenus suffisants pour l’entretien d'un prêtre pris, d'ordinaire, parmi les hommes de son domaine.

 Ce sont ces oratoires ruraux, qui ont donné naissance aux trois quarts de nos cures de villages. « De même que le village moderne est dérivé le plus souvent d'un ancien domaine, de même l'église paroissiale est dérivée très souvent de la chapelle privée du grand  propriétaire (9). »

Cette allocation constitue, pour chaque cure, une dotation foncière, exempte de charges, appelée Mansus (10) : de là le nom de mense paroissiale.

Pour accroitre leur puissance, les moines de Talmond ne craignirent pas, dans bien des cas, d'aller au- devant des donations et d'acquérir certaines paroisses à prix d'argent, pour les enlever ainsi aux laïques usurpateurs. Il n'est donc pas étonnant de voir, qu'après un temps relativement restreint, l'abbé de Sainte-Croix était devenu aussi puissant que son seigneur, qu'il avait su contenir à peu près dans ses attributions, et reléguer derrière les tours de son château, ou envoyer conquérir les lieux saints en Palestine.

Dans la suite, si les monastères ne purent toujours placer des religieux à la tête de la paroisse, ils ne négligèrent pas pour cela de remplir les engagements qu'ils avaient contractés, et de fournir des ministres à la religion. Ils prirent dans les localités soumises à leur influence les enfants les plus intelligents, spécialement les orphelins, ou d'autres qui leur étaient confiés par leur famille, et ils les élevèrent selon les usages ecclésiastiques, pour les présenter à la consécration de l'évêque, qui n'y faisait pas faute, lorsqu'il les trouvait dignes de remplir leurs fonctions. Ces prêtres, formés par les moines, administraient alors les paroisses sous la direction des religieux, tout en restant soumis à leur chef hiérarchique unique, qui était l'évêque. Il en fut ainsi, tant que l'observance régulière se maintint dans les monastères, et que le relâchement n’eût point fait déchoir les moines des hauteurs de la perfection convenable à leur état.

Mais, nous n'avons parlé jusqu'ici que de Sainte-Croix de Talmond, parce que ce fut cette abbaye qui eut les plus riches dépendances dans la petite région qui nous occupe : cependant Saint-Michel-en-l'Herm, sa puissante rivale, avait déjà depuis longtemps mis la main sur les rives du Lay, où elle avait fondé les prieurés de Saint- Benoît, Curzon, Lairoux, et, plus récemment, sur la partie septentrionale du Brandois, ceux de la Chaize-Giraud et Landevieille. Marmoutiers de Tours, Saint-Cyprien de Poitiers, Nieul-sur-l'Autise, Luçon, Maillezais possédaient aussi quelques paroisses dans le pays relevant de la seigneurie de Talmond ; mais ces succursales étaient en petit nombre, et l'on peut dire, sans crainte, que la grande majorité des églises de la contrée appartenait aux Bénédictins de Sainte-Croix.

Cela ne veut pas dire, qu'aux XIe et XIIe siècles, il ne se soit fondé dans le Talmondais d'autre abbaye que celle de Talmond. Quoique la fièvre religieuse du Xe siècle se fût un peu calmée, les fondations pieuses se multiplièrent encore d'une façon incroyable pendant les premiers siècles du Moyen-Age.

En effet, quelques années après la consécration de l'abbaye de Talmond, vers 1050, fut créé, par Guillaume le Jeune, le prieuré de Fontaines, dans l'église qui, dédiée alors à la Trinité, adopta dès lors le vocable de saint Jean, patron du prieuré. Le prieur n'a auprès de lui que trois ou quatre compagnons, et il dépend de Marmoutiers, près de Tours : il n'a sous sa dépendance que l'église de Saint-Jean, mais il sait se remuer en conséquence, et sa modeste maison voit bien vite s'accroître ses jolis revenus.

Non loin de là vint se construire l'abbaye de Jard, car nous sommes loin de considérer celle qui fut érigée par Richard Cœur-de-Lion, comme la première installation des Prémontrés dans cette contrée.

Nous savons, en effet, que ceux-ci s'établirent tout d’abord dans la forêt de la Roche-sur-Yon, près de la Genétouze, et que là ils commencèrent à élever des constructions et une chapelle sur la terre de la Comtesse, qu'ils appelèrent le Lieu-Dieu (11).

Probablement mécontents de l'aridité de ce pays couvert de landes et de genets, ils demandèrent au comte de Poitou un autre domaine, sur lequel ils puissent fonder une nouvelle colonie.

Ce fut donc là que vint les trouver la charte rédigée par Richard, datée de Talmond, le 4e jour de novembre, la 8e année de son règne, c'est-à-dire en 1197 (12).

 

Puis encore, en 1107, la fondation dans la forêt d'Orbestier de l'abbaye de Saint-Jean, au profit des Bénédictins, par Guillaume, duc d'Aquitaine; en 1110, celle de l'abbaye de Bois-Groland, près Poiroux, sous Aimeri du Bouil, seigneur de cette baronnie, par vénérable homme Meschin, abbé de Moreilles.

 

 Quand toutes ces maisons religieuses prirent naissance, elles trouvèrent Sainte-Croix de Talmond déjà maîtresse de la contrée, et à la tête de la plupart des bénéfices.

Leurs abbés en furent donc réduits à exercer une influence beaucoup plus restreinte sur les populations des campagnes, qui ne tardèrent pas à les regarder d'un œil beaucoup moins bienveillant et à ne les connaître que par suite des droits qu'ils percevaient sur leurs revenus; leur rôle fut, par suite, excessivement limité.

L'union des paroisses au monastère ne souleva pas de grosses difficultés, tant que les moines restèrent soumis à la juridiction épiscopale, et tant que l'évêque put présider à l'élection des abbés et la casser même, si elle n'était pas faite régulièrement ; car les monastères dépendaient alors des évêques, comme aujourd'hui les séminaires.

Mais aux XIIIe et XIVe siècles, les religieux relâchés de cette époque, peu soucieux d'exercer les fonctions pastorales qu'ils trouvaient trop pénibles, les abandonnèrent peu à peu aux clercs séculiers ; ils partagèrent avec ceux-ci les revenus de la paroisse et gardèrent, pour eux, la plus grosse part qu'ils purent retrancher du traitement du clerc desservant, alors réduit à la portion congrue. « Autant, dit  la chronique du Langon, que le prieur n'était tenu à l'administration d'aucun sacrement, fut baillé les biens à un prêtre, pour iceux desservir et avoir cure et administration des sacrements et prédications, et furent appelés les dits biens, la cure, à qui depuis il a été baillé d'autres biens, ainsi qu'elle est. »

Les moines donc abandonnent peu à peu le prieuré ou la maison paroissiale, tout en conservant le droit de nomination du clerc ; si, parfois, ils continuent à y résider, c'est pour y mener une vie oisive et plus libre qu'elle ne serait au monastère.

 Les évêques, auparavant si favorables à l'union des paroisses aux monastères, voient désormais avec une certaine défaveur cet ordre de choses, qui leur soustrait le droit de nommer des pasteurs, et enlève aux paroisses elles-mêmes la meilleure partie des revenus. Les prêtres, de leur côté, ressentent peu à peu de l'éloignement pour les moines qui leur retirent le profit de leurs charges, et supportent avec peine, le patronage de ces abbés qui leur paraît un embarras, sans aucune compensation.

Cette lutte fut peut-être un peu moins ardente dans le Talmondais que dans beaucoup d'autres parties de la France, car l'abbaye de Sainte-Croix fut tellement éprouvée par les guerres religieuses du XVIIe siècle, que les curés purent plus facilement se séparer d'elle, et conquérir une indépendance relative.

On les vit cependant s’allier à leurs voisins, aux approches de la Révolution, et s’unir à eux pour renverser les institutions religieuses que leur avait léguées le Moyen-Age. Longtemps muets, par respect pour la discipline, lorsqu’ils se décidèrent à faite entendre leurs plaintes, ce fut pour en faire retentir les échos de la chrétienté.

 

 

 

Voyage dans le Temps des Chevaliers du Poitou ; DESCRIPTION DE LA VILLE DE TALMONT SES CHATEAUX <==.... ....==>

 

 


 (Photos Cie Capalle Talmont)

(1) Cet article n'est que le premier chapitre d'une étude complète qui sera publiée sur l'abbaye de Talmond et le Talmondais.

(2) L'évêché de Luçon ne fut créé qu'en 131. au profit de l'abbé de Luçon, Pierre de Véré.

(3) Cartulaire de Talmond, ch. 1.

(4) Cartulaire de Talmond, ch. m.

(5) Saint-Hilaire-du-Château-d'Olonne.

(6) Cartulaire de Talmond, ch. XXIII. La moitié des bénéfices de cette église avait été donnée à l'abbaye par Geoffroy de Poitiers; elle devint bientôt la propriété de Saint-Michel-en-l'Herm.

(7) Aujourd'hui la Chapelle-Achard.

(8) Les églises de Lamayré et d'Aubigny, dont il est question ici, se trouvaient dans le vicomté de Thouars, aujourd'hui cantons de Saint-Loup et de Thenezay.

(9) Fustel de Coulanges. Histoire des institutions politiques de l'ancienne France.

(10) Mansus, étendue de terrain suffisante pour fournir au travail d'une paire de bœufs et nourrir une famille.

(11) Cette propriété a toujours conservé le nom de Lieu Dieu, et se trouve appartenir actuellement à la famille Benoit de Talmond. La charte de fondation, datée de Luçon, est du 5 mai 1189.

(12) Charte de Richard dans le Trésor des Chartes, p. 409.

24 novembre 2020

Liste des seigneurs de la Roche sur Yon - Abbaye des Fontenelles

Ruines du château de la Roche sur Yon

On est fondé à croire, mais sans preuves bien positives, les titres s'étant perdus dans les incendies des guerres civiles, qu'au commencement du XIIe siècle, les seigneurs de la Roche-sur-Yon fondèrent l'abbaye de Notre-Dame-de-Belle-Fontaine, appartenant au diocèse d'Angers, et alors à celui de Poitiers, qui renfermait tout le territoire dont on fit en 1317 les diocèses de Maillezais et de Luçon.

 Cette maison reçut de grands bienfaits des seigneurs de Maulévriers (mala lepora). Après avoir été soumise quelque temps à Marmoutiers, elle devint enfin immédiatement dépendante du prieuré de St-Lienne : les moines y suivaient donc la règle de St-Benoît; ils furent remplacés en 1642 par les feuillants (1).

En 1771, elle était en commande, avait un revenu de 4,000 liv. et relevait du diocèse de la Rochelle (2). Des trappistes l'habitèrent depuis.

Nous savons aussi , par d'autres parchemins tirés du cartulaire de St-Lienne, plusieurs autres actes de concessions, de transactions, d'échanges ou de restitutions passés entre les seigneurs de la Roche et les prieurs du monastère pendant le cours du XIe siècle. Mais cette longue et uniforme série de documents conçus presque tous dans les mêmes termes est moins intéressante que monotone.

Les évêques de Poitiers, Guillaume IV, Grimoard, Jean III, Maurice de Blason, y figurent parfois comme autorité première; les doyens du chapitre Aimery et Gosbert, ce dernier surtout, devenu célèbre par son opposition ardente à St Bernard, y souscrivirent avec l'archidiacre Guillaume Airic.

Mais parmi ces noms il en est qui se rattachent à notre histoire et qui peuvent établir une suite des seigneurs de la Roche et des prieurs de St-Lienne.

 Je les recueille ici avec la date des pièces qui me les fournissent (3); et par occasion j'y ajouterai, à partir de 1369, les noms des princes qui possédèrent successivement et à divers titres, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le vieil héritage d'Ingelenus.

DATE SEIGNEURS PRIEUR
987 INGELENUS  
1035 Geoffroy, vicomte de Thouars  
1092 Bernard (Bernardus de Rocha) Guillaume
1100 Idem Geoffroy et Odon
1111 Idem Herley
1120 idem Idem
  Joscelin Gourmil
  Garat Pierre
  Idem Guillaume
1166 idem Geoffroy 
1170 Chévrier  
1180 Hergard Haimeric
1190 Hugues Pierre Moren
1208 Bernard de Machecoul  
  Guillaume de Mauléon Willelmus Rufus
av 1212 Bernard Chales Guillaume (4) 1215
1213   Gilbert
1217 Aimery de Thouars Willemus Roselli
1218 Brienne de Montaigu (dernier prieur que nous connaissons des documents écrits)
1228 Herbé de Volure  
1256 Maurice de Belleville  
1258 Alphonse, comte de Poitou  
1292 Challes (Karolus), comte de Valois et d'Anjou  
1369 Louis Ier, comte d'Anjou  
1370 Le prince de Galles, le duc de Lancastre, son frère  
1384 Olivier de Clisson  
     
  Maison d'Anjou
1388 Louis II, duc d'Anjou, et Yolande d'Aragon  
1410 Marguerite de Clisson  
  Isabelle de Bourgogne  
1417 Louis III, duc d'Anjou  
     
  Maison de Beauvau
1423 Pierre de Beauvau  
1434 Bertrand de Beauvau  
1454 Louis de Beauvau  
     
  Maison de Bourbon-Vendôme
1477 Jeanne de Bourbon-Vendôme et Louis de Joyeuse
  Ducs de Montpensier, prince de la Roche sur Yon
V. 1484 Louis Ier de Bourbon  
  louis, II du nom, son fils  
V.1539 Charles de Bourbon  
  Henri de Bourbon  
1569 François de Bourbon  
1593 Henri de Bourbon  
1608 Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans
     
     
  Maison de Bourbon-Conti
A. 1666 Armand de Bourbon-Conti  
1684 François-Louis de Bourbon-Conti  
1694 N. Second fils de François-Louis  
1698 N. troisième fils de François-Louis  
Après 1698 Louise-Adélaïde, Mademoiselle de la Roche-sur-Yon
  Louis-François, son neveu  
1776 Louis-François-Joseph  

....

 

De 1208 à 1246.

Bernard de Machecoul, seigneur de la Roche. Guillaume de Mauléon et Béatrice.

 

La Roche appartenait, au commencement du XIIIe siècle, à Bernard de Machecoul, qui la donna en dot à sa fille Béatrice en lui faisant épouser Guillaume de Mauléon, seigneur de Talmont.

Les deux époux, voulant donner à St-Lienne une marque de leur vénération, accordèrent en faveur du prieuré liberté pleine et entière à un de leurs serfs nommé Daniel Breton, en l'obligeant à prendre soin par lui et ses successeurs d'une lampe qui devait brûler nuit et jour dans l'église où reposaient les reliques. Ceci dut se passer avant 1208 (5).

Plus tard et à différentes reprises, ils ajoutèrent quelques autres dons à celui-là, tant pour le prieuré que pour d'autres églises de leur dépendance. Ils eurent un fils nommé Éblouin, qui figure, à cette même année 1208, comme participant à la donation de cent sous de rente annuelle pour l'entretien de quatre cierges qu'on devait allumer à toutes les messes célébrées dans l'église prieuriale.

Mais la légende fabuleuse du moyen âge va jeter sur notre histoire l'empreinte de ses merveilleux souvenirs. A en croire une vieille tradition, cette Béatrice qu'on vient de voir mariée au seigneur de Talmont, et qui par cette union était devenue dame de la Roche, aurait pris goût pour la chair humaine jusqu'à faire enlever chaque jour par ses gens, dans les environs de sa terrible demeure, un enfant dont on alimentait sa table.

Son maître d'hôtel, dont ces hideux repas inquiétaient sans doute la conscience, finit par substituer aux enfants de jeunes chiens. L'anthropophage n'y vit d'abord aucune différence; mais, instruite bientôt de cet heureux stratagème, elle admira le bon naturel de l'ingénieux cuisinier, et au lieu de le manger lui-même, ce que bien d'autres en ce temps

auraient fait à sa place, elle fit un retour sur sa gourmandise, puis son repentir la conduisit dans la forêt de la Roche-sur-Yon, où, renfermée dans une étroite cellule, elle pleura jusqu'à la fin de sa vie «  L'abominable erreur de ses goûts dépravés»,  et voulut les expier en y fondant une abbaye.

Cavoleau, à qui j'emprunte cette légende, la traite de conte populaire très-absurde (6). Il a eu le malheur de ne pas deviner le côté poétique des naïfs récits de nos campagnes. Mais, de son temps, on ne savait pas encore qu'il y a toujours quelques faits obscurcis par le laps des années sous ces étonnantes fictions.

Comme lui, nous ignorons, il est vrai, la source de cette croyance des bonnes gens de la contrée; mais qui ne sait combien d'actes de la vie féodale ont pu accréditer en des intelligences bornées, et d'autant plus avides de choses surprenantes, l'opinion si défavorable à la dame de ces lieux ? Souvent il suffisait, à ces époques d'arbitraire et de violences, qu'un seigneur fondât un monastère pour lui supposer quelque grave motif de pénitence; et il faut bien avouer aussi que telle fut souvent la cause réelle de ces pieuses libéralités. Pour peu que l'imagination populaire y cherchât une raison secrète qu'elle ne pouvait pas toujours deviner, il lui devenait facile de s'en faire une; la moindre circonstance spécieuse était exploitée dans ce sens, et ainsi se fondaient le pouvoir des fées et les prodiges redoutables du sombre manoir des châtelains.

Après le conte, voici la vérité réduite à ses proportions naturelles. 1210. Béatrice devint veuve de Guillaume de Mauléon peu de temps après son mariage, et dans une charte que M. Marchegay a un peu trop reculée en l'attribuant à l'année 1215, et qui doit avoir précédé 1210, on la voit renouveler la donation faite en 1208 pour le luminaire de St-Lienne (7).

Bientôt elle se remarie à Aimery, vicomte de Thouars, et lui apporte entre autres seigneuries celle de la Roche. Les historiens, éclairés par les titres écrits que possédait autrefois le prieuré de la petite ville, ou le monastère de Marmoutiers, ne peuvent signaler dans la vie de la noble dame que l'établissement de plusieurs maisons religieuses, auquel elle concourut avec ses deux époux pour ce qui regardait son douaire.

Au nombre de ces fondations, et comme la plus célèbre, il faut compter l'abbaye de Fontenelle ( de Fontenellis).

Non loin de la Roche était une vaste forêt de son nom que j'ai déjà signalée. C'est au milieu de cette solitude, dont les mystérieuses profondeurs auront probablement surexcité l'imagination du peuple, qu'avec le consentement de Béatrice et de ses enfants, le seigneur de Talmont établit l'abbaye de Fontenelle par une charte datée de 1210.

Ce lieu, ainsi nommé de plusieurs sources d'eau vive qui y surgissaient, n'était distant du château que d'une lieue. L'église fut dédiée sous le vocable de Notre-Dame. Les fondateurs y appelèrent des chanoines réguliers de la Chancelade, autre monastère d'augustins créé un siècle auparavant en Périgord, et que l'évêque Guillaume d’Auberoche venait d'ériger en abbaye (8).

Ils leur donnèrent le droit de minage sur la seigneurie, un bois et des terres dans la forêt, toutes leurs redevances sur les marchés de la Roche, un terrain vague à Payré (9), proche l'église St-Michel, et d'autres produits annuels de moindre valeur; enfin ils ajoutèrent le cens sur les boucheries de Payré (10); pour tout quoi les chanoines devaient entretenir à perpétuité dans l'église abbatiale une lampe qui y brulât nuit et jour, et allumer deux cierges de plus pendant toutes les messes (11).

Un autre don de quelques héritages dans la terre de Talmont et ailleurs fut encore fait par le même en 1212 (12); et en 1215 Savary de Mauléon, neveu de Guillaume, en donna confirmation après la mort de son oncle, dont il avait hérité.

Enfin, l'année suivante, 1216, Brienne de Montaigu voulant s'assurer après sa mort un anniversaire de prières dans la communauté, l’y fonda à perpétuité par une concession de terres et rentes diverses, plus un setier de froment et un de farine, à prendre sur un moulin que l'Yon faisait tourner au bas du château, et que D. Fonteneau appelle dans une note le moulin de Beçons (13).

Béatrice s'était-elle menagé près de l'abbaye un lieu de repos, un oratoire solitaire où elle pût aller vaquer en liberté à la prière et à la méditation ? y faisait-elle d'assez fréquentes visites pour accréditer les bruits, répandus peut-être dès lors, d'une retraite absolue ? L'histoire ne permet à cet égard que des conjectures, unique moyen de concilier son silence avec le conte cité par Cavoleau.

Ce monastère reçut, dans la suite, d'un grand nombre de seigneurs de la Roche, de grandes libéralités.

Vers 1490 il tomba en commande; les hérétiques le brûlèrent en 1562, détruisirent l'église et massacrèrent les moines (14).

Après cette catastrophe, il n'y resta plus que l'ombre de son ancienne splendeur. Il languit dans une existence précaire qui amena bientôt l'oubli de la règle, et le relâchement qui en est l'infaillible conséquence. Les fondations étaient négligées, et, quoiqu'on en trouvât un motif trop valable dans l'extinction des renies et des biens-fonds devenus la proie des spoliateurs du XVIe siècle, il paraît que certaines obligations auraient pu encore se remplir, puisque l'abbé fut condamné en 1612 à pourvoir à l'entretien de la lampe et de la cire pour le grand autel.

 Ce triste dénûment durait encore en 1615, lorsque le prieur clausiral Jean Rousseau, de concert avec ses religieux, obtint que la réforme y serait introduite. L'arrêt qui fit droit à leur requête est du 24 juillet 1614. Le 13 octobre suivant, Jacques de Flavigny et Antonin Frollaud, l’un chanoine et grand vicaire, l'autre curé de Luçon, s'y rendirent, assistés de plusieurs supérieurs des monastères du voisinage. Ils confirmèrent le prieur dans sa charge, remirent en vigueur la règle de Saint-Augustin, firent procéder devant eux à l'élection aux emplois, et réglèrent les comptes. La régularité fut ainsi ramenée dans cette maison. Dès lors les religieux reprirent l'usage de chanter matines à 4 heures du matin depuis Pâques jusqu'à l'Exaltation de la sainte Croix (14 septembre), et à cinq heures le reste de l'année. On devait tenir chapitre tous les vendredis après matine, coucher dans un dortoir commun; il ne fallait jamais manger hors de la communauté, ni omettre la lecture publique pendant les repas (15).

L'abbaye de Fontenelle se maintint dans sa nouvelle serveur jusqu'à la fin du dernier siècle. Son revenu n'était alors que de 2,500 à 3,000 liv. (16). Comme tant d'autres, elle succomba sous les efforts de nos grands orages politiques. On ne retrouve maintenant que ses ruines, qui attirent parfois le voyageur dans les agrestes environs de Venansault; au milieu des débris des cloîtres est une fontaine d'eau minérale ferrugineuse.

Dans l'église, devenue paroissiale, on montre encore les tombeaux de Guillaume de Talmont, de Béatrice qui y fut inhumée en 1235, et de Jeanne sa fille, qui apporta en dot la terre de la Roche-sur-Yon à Maurice de Belleville, et mourut plus de vingt ans après sa mère.

Ce qui prouve que l'union de Guillaume de Talmont et de 1214. Béatrice fut de courte durée, c'est que des pièces de l'an 1214 parlent d'elle comme étant déjà remariée à Aimery de Thouars, qui devint ainsi seigneur de la Roche.

Le sceau d'Aimery, décrit par le P. Anselme (17), était d'or semé de fleurs de lis d'azur au franc quartier de gueules.

On y lisail S. AIMERICY. DOM. DE MACHECO. Au contre-scel, un poisson (18), et pour légende † Aymerici de THOARCIO. DOM. DE M.

 

 Il figure encore, en 1229, reconnaissant à l'abbaye de la Chaise, près Saumur, le droit d'usage dans ses bois (19).

Dom Estiennot nous a conservé une charte dont il dit avoir vu l'original (20), par laquelle Brienne de Montaigu et Agnès, sa femme, donnaient, en 1218, aux religieux de St-Lienne, vingt sous de rente en pure aumône, pour l'entretien d'une lampe à faire brûler sans interruption devant le corps du saint.

Ce Brienne portait de gueules au lion rampant d'hermine. Il y avait donc dès lors entre le prieuré et la famille de Montaigu des relations d'amitié qui devaient bientôt se fortifier par une alliance entre cette famille et celle des seigneurs de la Roche.

Aimery de Thouars ajouta, cette même année, à ses précédentes générosités, une donation de bois de chauffage dans sa forêt, une rente de 60 sous qu'il percevait dans la terre de Château-Fromage (21), et quelques autres droits en faveur du prieuré.

En reconnaissance, les religieux accordèrent un des leurs pour aumônier à la famille (22) Il n'est de si bons voisins qui puissent rester toujours d'accord.

Le monastère des Fontenelles et celui de la Roche étaient trop rapprochés l'un de l'autre pour que les intérêts communs ne se trouvassent pas confondus parfois, et ne vinssent troubler quelque peu la paix de ces pieuses solitudes.

Une contestation s'étant élevée, dont on ne voit pas clairement le sujet, quoiqu'il paraisse suffisamment qu'il s'agissait de possessions territoriales, on se débattit longtemps de part et d'autres, et il fallut que des commissaires fussent délégués par le pape Honorius III pour vider le procès en dernier ressort. Ils y parvinrent, grâce au bon vouloir de Maurice et de Béatrice, qui, « pour rétablir la paix et bonne union, et en vue de Dieu, » donnèrent au couvent de Marmoutiers et à sa maison de la Roche-sur-Yon tous les droits sur les eyrauds y attenant au Peu-de-Gay (23), à Avrillé (Avrillosa, Avrilose), et ailleurs; moyennant quoi l'abbaye de St-Martin abandonna à celle des Fontenelles toutes ses appartenances qu'elle avait eues sur elle et sur la paroisse de St-André d'Ornay.

 De leur côté, les religieux augustins donnèrent cinquante sous de rente annuelle sur le moulin et l'étang de Biote, payables par moitié à Pâques et à Noël; faute duquel payement le prieur de la Roche pourrait faire saisir l'étang et le moulin.

Cet acte se passa au mois de juin 1225. Nous ne voyons pas que la paix ait été troublée dans la suite entre les deux maisons (24).

On conserve dans les archives du département de la Vendée une charte de 1228, qui renouvelle et continue l'obligation de la lampe à entretenir devant les saintes reliques du prieuré, moyennant une rente de 20 sous, faite par Hervé de Volure (25) sur des biens qu'il avait à Challans et autres lieux.

En 1239, Guiberte, femme de Maurice, sire de Belleville, donna, du consentement de son mari, à l'abbaye de Fontenelle, la terre de la Maleterre (Maletariam) et toutes ses dépendances, situées dans la paroisse de St-Flaive, entre le ruisseau de ce nom et le bois de Gemelo, appartenant au seigneur de la Roche.

Un certain Gérard Chevrairs et sa femme firent aussi, l'année suivante, abandon de ce qui pouvait leur revenir sur cet enclave, et les moines s'obligèrent à prier pour les nouveaux bienfaiteurs et leurs parents (26).

 

 

 

Origine du Bourg-sous-la-Roche-sur-Yon <==.... ....==>

 

 


 

(1) Du Tems, Clergé de France, t. II, p. 531.
(2) D. Beaunier , Bénéfices oyaux, t. I, p. 193.
(3) Cartular. , passim.

(4)  Testes sunt Vuillelmus prior de Rocha, et Peregrinus socius ejus; Rogerius prior ejusdem loci, etc. » Ce texte ferait supposer que Pellerin ( Peregrinus), aurait pu être sous-prieur, socius ; mais quel est ce Rogier qui signe prieur du même lieu ?

(5) Cartular., appendix , n° 1.

(6) Description du département de Vendée , in-40 , 1818, p. 293.


(7) Cartular., appendix, no III.

(8) Du Tems, t. 11, p. 585 et 609.

(9) Unum airaudum apud Pereium , juxta ecclesiam Sti Michaelis. L'eiraud, qu’on a nommé dans quelques coutumes de France eiral, est défini par Ducange : ager qui nec colitur nec aratur ; et il cite pour exemple de l'emploi de ce mot la charte que je traduis ici.

(10) Census carnificium de Pereïo. C'était le droit perçu sur l'abatage ou la vente des animaux de boucherie. Ce lieu de Perečo est aujourd'hui le Poiré, chef-lieu de canton à 8 ou 10 kilom. de la ville. Une charte de 1092 le nomme Petrætum.

(11) Gallia Christiana, t. II col. 1432.-V. etiam Instrumenta, ad calcem, col. 420.

(12) D. Fonteneau, t. VIII, p. 413.

(13) Dom Fonteneau, t. VIII , p. 419, 420.

(14) L'abbé était alors Jean de Bar ( et non pas de Barre, comme l'écrit Thibaudeau), gentilhomme courageux qui se trouva sept ans après en bon équipage à la défense de Poitiers, et s'y battit contre Coligny. (V. le Siege de Poitiers, par Liberge.)

(15) D. Font., VIII, 489.
(16) Hesselin , Dict. de la France, vo Fontenellos. - Du Tems, loc. cit.
(17) Histoire généalogique de la maison de France, t. iv, p. 193.

(18) Ce poisson s'explique, je crois, par la seigneurie de Luçon, que possédait le vicomte de Thouars. On sait que le mot latin lucius est le nom du brochet. Le chapitre de Luçon en portait trois sur ses armoiries, et on les voyait encore à la dernière clef de voûte du bas-côté nord de la cathédrale, avant que la flèche dont la ruine a endommagé cette partie de l'église ne fût frappée de la foudre en 1846.

(19) P. Anselme , loco cil.
(20) Antiquitates Benedictinæ , ive parts, fo 165. – Cartular., appendix, no 5.

(21) Castrum Casei et Castrum Fromage. Ce fut après 1791 une commune réunie depuis à celle du Bourg-sous-Bourbon.

(22) Cartular., no XXVI.

(23) Poi-de-Jai dans la charte de Béatrice, et à Peu-de-Gay dans celle de son mari.

(24) Cartular., nos XXVIII, XXIX , xxx et XXXI.

(25) M. de Ste-Hermine , ubi suprà , dit de Veluire. La charte porte réellement de Volure. On a dit depuis, et on dit encore de Volvire. - V. Cartular., append.no VI.

(26) Le Dictionnaire des familles du Poitou date cet acte de 1230. L'assentiment donné en 1240 par Gérard se serait donc fait attendre dix ans, ce qui n'est pas probable. C'est donc bien 1239 qu'il faut lire, comme D. Fonteneau l'a écrit i Mss. t. xiv, p. 279 et 281.) Je crois aussi que le Maurice de Belleville qu'avait épousé Guiberte est le même qui va se remarier avec Jeanne de Thouars, et dont le Dictionnaire fait un personnage différent.

 

23 novembre 2020

Origine du Bourg-sous-la-Roche-sur-Yon

La Roche sur Yon, à l'époque ou l'Empereur en fit le chef-lieu du département

A peine les moines étaient-ils assis dans leur nouveau prieuré, qu'ils devinrent l'objet de générosités nouvelles. Bernard de la Roche, seigneur du lieu, voulant pourvoir à son salut et à celui de ses parents, confirma la donation précédente, et y ajouta de sa part l'église de St-Hilaire, bâtie en dehors de la Roche (de foris Rocha), avec toute la paroisse, la faculté d'y établir un cimetière, et le droit de bâtir un bourg où et quand ils le jugeraient à propos.

 C'est l'origine du Bourg-sous-la-Roche (1).

 De plus, il leur abandonne par don l'église renfermée dans l'enceinte du château du Luc (2), et celle du Poiré, avec les terres qui en dépendent.

L'évêque de Poitiers sanctionna cet acte par une charte datée de 1104. On voit que celle sanction a toujours été nécessaire dans la discipline de l'Eglise pour autoriser la vente, l'acquisition ou la commutation des bénéfices.

Quant à Bernard, il fut reçu pour ces bienfaits en participation des prières et bonnes oeuvres des religieux, et, pour resserrer ces liens de charité, D. Hilgod (domnus Hilgodus), qui dirigeait alors le prieuré voisin d'Ornay (de Oreniaco), lui donna cent livres en monnaie, en pur témoignage de gratitude (3).

Ce ne fut pas tout. Aimery, fils de Joscelin de la Roche, et sans doute neveu de Bernard, donna encore à Saint-Martin tous ses droits sur l'église de Saint-Lienne, et reçut du même Hilgod, en marque de sainte amitié, trois cents sous et une coupe d'argent.

Parmi les témoins de cet acte, on remarque un Chevrier de la Roche (Caprarius de Rocha), un Guillaume Mauclou (Willelmus Malus Clavus), un Taveau de Mareuil ( Tavellus de Marolio), el plusieurs autres dont les noms se sont perpétués jusqu'à nous.

Ce prieuré de Saint-André d’Ornay dépendait aussi de Saint- Lienne. Il lui avait été donné par un de ses chanoines, Pierre Leroux (4).

Celui-ci en se faisant moine à Marmoutiers, et laissant à son frère Robert toutes ses richesses, n'en avait excepté que cette église, plus les dimes qui devaient être prises sur la laine, les agneaux et les pourceaux de ses anciennes possessions. Robert étant mort, Simon, son fils, sanctionna ces pieuses libéralités, les reconnut libres de toutes redevances, et se réserva seulement une rente annuelle de XII deniers, qu'on lui payerait à la Saint-Jean-Baptiste, pour service de chevauchage (5).

Il parait d'après cette clause, dont nous verrons d'autres exemples, que les héritiers des donateurs avaient coutume de prendre sur les donataires dont ils confirmaient la possession certains droits qui semblaient tenir ceux-ci à leur égard dans une sorte de dépendance (6).

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Vers 1100.

Le bourg de Venansault (7) avait, dès ce même temps, une église dédiée à saint Pierre, où les chanoines de Saint-Lienne possédaient certaines redevances. J'y vois aussi un droit de baptistère et de sépulture (8).

Le premier de ces droits tenait à la coutume où l'on était alors de ne baptiser qu'à certaines époques de l'année, dans un petit nombre d'églises uniquement destinées à l'administration du sacrement, et disséminées à d'assez longues distances. Les fidèles pourvoyaient à l'entretien de ces édifices par des offrandes volontaires. Quant au droit de sépulture, il était beaucoup plus répandu, et se trouvait attaché surtout à des monastères, vers lesquels se portait de préférence la dévotion des peuples.

Là était un cimetière protégé par les moines, où venaient dormir du dernier repos, dans des sépulcres de pierre creusés de leurs mains, ceux qu'inspirait une fervente confiance en leurs prières.

Nous avons dans ce fait l'explication des nombreux sarcophages de Civeaux, de Saint-Pierre-des-Églises, et nous voyons ici un exemple de plus du soin que l'on avait de mettre ces cimetières sous la tutelle significative de l'apôtre qui dispose des clefs du ciel.

 

 

Vers 1110 Si les frères de Saint-Lienne trouvaient de zélés protecteurs dont la générosité favorisait leur naissante entreprise, ils n'étaient pas exempts non plus des vexations trop communes alors de la part des gens de guerre.

Un de leurs voisins, Pierre, qui n'est pas désigné autrement, trouva les Moutiers à sa convenance, et, plus fort que les pacifiques possesseurs, il mit la main dessus.

Ceux-ci recoururent à l'évêque de Poitiers, Pierre II, qui, embarrassé d'une foule d'affaires du même genre, et se voyant peut-être d'ailleurs en face d'un ennemi difficile, ne se pressa pas autant qu'ils l'auraient voulu. Ils recoururent donc au Saint-Siège, ressource ordinaire des faibles opprimés. Pascal II écrivit au pontife, s'étonnant de sa longue tolérance, et lui ordonna de forcer l'usurpateur à vider les lieux, et de le traiter, s'il s'y refusait, comme un ravisseur des biens de l'Église et un contempteur de la justice. Celle lettre est écrite vers 1110 environ (9).

Rien ne nous dit qu’elle fut la suite de ces menaces; mais elles produisirent sans doute leur effet ordinaire : après quelque résistance, l'homme d'armes cédait, et l'Église rentrait dans ses biens, à moins que l'exacteur, s'étourdissant sur les suites éternelles de ses méfaits, n'attendit, pour restituer, les sévères avertissements de la mort.

C'est ce qui arriva vers 1120 à Bernard, seigneur de la Roche, le fils sans doute de ce Bernard que nous avons vu permettre aux moines d'édifier un bourg au pied du château, et qui depuis lors (20 octobre 1111) leur avait encore cédé une place contiguë à leur monastère.

Quelques désaccords étaient survenus entre lui et les religieux. Peut-être avait-il contesté, après la mort de son père, les bienfaits de celui-ci, quelque bien donnés et acceptés qu'ils fussent. Mais une grave maladie survint; la mort s'approcha, et le remords avec elle.

En témoignage de son repentir, Bernard légua à Saint-Lienne la terre du Bugnon (de Bunio), sise dans la paroisse du Poiré (10). - De tels faits se renouvelèrent encore peu après. Un Joscelin de la Roche avait gratifié le prieuré d'une terre à lui appartenant, nommée la Maumilonière.

Après la mort de Bernard dont je viens de parler, Garath, fils de Joscelin s'en empare de force, et la garde. Dieu permet que bientôt après sa femme accouche malheureusement, et que de graves accidents fassent craindre pour sa vie. Elle supplie son mari avec larmes de pourvoir à son salut, et le ravisseur se hâte de remettre en possession le prieur Gourmil, à qui par une grande générosité il donne encore un livre qu'il ne lui devait pas (11).

 

L'histoire de ces temps où la force tenait souvent lieu des lois, et où ses abus ne pouvaient céder qu'à la religion, est pleine de semblables exemples.

 

 

 Castrum de Rocha super Oyonem (la Roche sur Yon) prieuré saint Lienne <==..... .....==> Liste des seigneurs de la Roche sur Yon - Abbaye des Fontenelles

 

 


 

(1) Ce bourg est devenu une commune qui compte maintenant 2,000 habitants, et une cure de seconde classe. ( Cavoleau, annoté par M. de la Fontenelle, p. 743.)

(2) Le Luc est le nom de deux petites villes fort rapprochées l'une de l'autre, distantes de 15 à 20 kilo de la Roche, sur la route de Nantes aux Sables.

(3) D. Estiennot , Antiq. Bened., 4e part., Po 76.

(4) M. Marchegay s'est trompé en assignant à la charte qui constate cette donation environ 1090. Elle se rapproche plus de 1095, car elle est postérieure à la prise de possession de St-Lienne par les moines de Marmoutiers, laquelle est certainement de 1092.

(5) In servicium caballi. Ducange ne s'explique pas sur cette expression assez obscure. Je pense que ce devait être un impôt levé par le seigneur sur tous les lieux féodaux de sa dépendance pour l'entretien d'un certain nombre de cavaliers qui faisaient sous lui le service militaire.

(6) Cartular.,p. 3 et 4.

(7) De Vanalceo, aujourd'hui chef-lieu d'une commune à quelques kilom. de Bourbon; a 1,600 habitants.

(8) Cartular., p. 7.

(9) Cartular., p. 9, no x.
(10) Ibid., p. 11, no XIV.
(11) Cartular., no sv.

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22 novembre 2020

INSCRIPTIONS. MÉTRIQUES Composées par ALCUIN pour les monastères de Saint-Hilaire de Poitiers et de Nouaillé

INSCRIPTIONS MÉTRIQUES Composées par ALCUIN pour les monastères de Saint-Hilaire de Poitiers et de Nouaillé

Alchwin, ou Alcuin, descendait d'une noble famille saxonne: Il naquit, vers 735, dans la ville d'York, en Northumbrie. Ses premières années s'écoulèrent, sinon près du vénérable Bède, le docte historien de l'Angleterre, du moins aux côtés de son meilleur disciple, Ecgbrighl ou Égberct, qui devint archevêque d'York.

Le Northumbrien fit dans les lettres et dans les sciences des progrès si rapides que, à sa mort arrivée vers 768, Egberet laissa à son disciple bien-aimé le soin de la bibliothèque épiscopale ; on y voyait, outre les Pères et les écrivains ecclésiastiques, les oeuvres d'Aristote, de Pline, de Cicéron, de Lucain et de Virgile, qui fut toujours l'auteur préféré d'Alcuin.

Le jeune moine, déjà rénommé professeur, jouit de la même faveur auprès d'Elbert, et le nouvel archevêque d'York l'emmena avec lui dans un voyage qu'il fit à Rome. A son tour, Eambald, successeur d'Elbert, le chargea vers 780 d'aller recevoir du pape le pallium, insigne de la dignité archiépiscopale. Ces deux voyages furent pour Alcuin une véritable révélation, dont nous retrouverons l'empreinte profonde dans le caractère et dans les procédés qu'il transmit à l'Ecole de Tours. Son esprit délié s'enthousiasma pour toutes les oeuvres d'art qu'il avait sous les yeux. Caressés par le radieux soleil d'Italie, les monuments des anciens firent sur son imagination une impression bien autrement vive que les édifices du Nord, trop souvent enveloppés dans une buée morne et grisâtre. Il se réjouissait de voir, de parcourir et d'interroger les lieux chantés par ses auteurs favoris, dont les poèmes, à ce contact, s'illuminaient pour lui d'un éclat tout nouveau. Enfin ses relations avec les maîtres de l'éloquence, en particulier avec Pierre de Pise, achevèrent de doter son entendement de ce je ne sais quoi d'affiné que le Nord, quoi qu'il fasse, enviera toujours au Midi.

Alcuin revenait de sa seconde mission en 780, selon les uns, en 782, selon les autres, lorsqu'il rencontra à Parme, l'empereur d'Occident. Ces deux hommes, faits l'un pour l'autre, se comprirent dès la première entrevue, et ce fut le principe d'une amitié qui ne finit qu'à la tombe.

Charlemagne avait trop à coeur la cause des lettres pour ne pas s'attacher le brillant saxon.

Une fois de retour dans son pays, Alcuin, qui avait deviné du premier coup les services qu'il pourrait rendre à la France avec le patronage d'un pareil Mécène, sollicita vivement un congé, au moins temporaire, des deux supérieurs dont il relevait. Le roi de Northumbrie et l'archevêque d'York lui accordèrent un congé limité; mais quelle joie pour lui que la perspective de ce séjour dans une contrée que son climat, ses productions et ses moeurs font participer à la fois des avantages du nord et du midi de l'Europe !

Dès son arrivée sur le continent, Alcuin s'installa à la cour de Charlemagne, où il devait demeurer environ huit années. Il prit la direction de l'école du Palais qu'il restaura, organisa et étendit considérablement. Maîtres et élèves reçurent bien vite quelque chose du feu sacré qu'il était si habile à communiquer autour de lui.

Aussi, non content de favoriser les études à Aix-la-Chapelle, sa résidence de prédilection, Charlemagne s'occupa de créer de semblables écoles à Thionville, à Worms, à Mayence, à Paris et dans les autres villes, où il résidait parfois en compagnie de ses professeurs en titre, dont il aimait à se faire suivre.

 A la demande de l'empereur, Alcuin fonda à la cour une Académie littéraire, dont les membres se proposaient de traiter des sujets empruntés à l'antiquité judaïque, grecque on latine. Les académiciens, suivant le goût de l'époque, s'étaient choisi des surnoms conformes à leurs préférences personnelles; ainsi Théodule se nommait Pindare ; Eginhard, Calliopée, et Charlemagne, David; Alcuin s'appelait Flaccus, en souvenir du bon Horace.

Ajoutons que déjà l'Académie s'entendait à merveille à pratiquer la courtoisie française, et qu'un de ses membres les plus assidus était la soeur de l'empereur, Ghisèle, qui avait pris le surnom de Lucia.

 C'est sans doute à cette époque, que le brillant maître, pour rendre son nom d'une prononciation plus facile, le transforma d'Alchwinus, ou Alchwin, en Albinus ou Albin, d'où son titre de Flaccus Albinus. Alcuin était l'âme de l'école aussi bien que de l'Académie. Mieux que tout autre, Eginhard, l'historien de Charlemagne, est en mesure de nous faire le tableau de l'école impériale. « Passionné pour les arts libéraux, écrit-il, le roi révérait eeux qui se distinguaient par leur savoir et les comblait d'honneur.

 Le diacre Pierre, originaire de Pise, enseignait la grammaire. Dans les autres sciences, Charles eut pour maître Albin, diacre breton et saxon d'origine, l'homme le plus savant de son époque. Sous sa direction, le prince s'adonna à l'étude de la rhétorique, de la dialectique et surtout de l'astronomie ; il essaya même d'écrire, mais il réussit peu dans cette étude, commencée tard et à un âge avancé. » Il s'agit ici sans doute d'essais en l'art de la calligraphie, avec les ornements qu'elle comporte, dans laquelle Alcuin fut un maître; en effet l'historien nous apprend ailleurs que Charlemagne « écrivait et copiait des vers ».

Malgré tous les charmes qui l'enchaînaient à la cour, Alcuin fût pris, vers 790, d'un vague désir de revoir son pays : au milieu même des plus suaves délices, le matelot soupire après les plages de la mer, remplies d'un perpétuel mouvement et d'un mélancolique murmure, et l'enfant des montagnes appelle ses pentes sauvages et, silencieuses. Charlemagne lui fit promettre de revenir ; il le chargea même d'une mission pour le roi Offa et de présents pour les églises d'Angleterre.

La vue de la cathédrale d'York, qui venait d'être achevée, produisit sur l'âme d'Alcuin une impression presque aussi profonde que celle des merveilles de l'Italie. « Elle est, dit-il, fort élevée et appuyée sur de solides colonnes qui supportent des arcs recourbés ; de beaux lambris et de nombreuses fenêtres la font resplendir du plus vif éclat ; sa magnificence est encore rehaussée par des portiques, par des terrasses et par trente autels, décorés avec une rare variété. »

De retour sur le continent, Alcuin promit à l'archevêque d'York de lui envoyer cent livres d'étain, pour l'aider à couvrir le clocher de cette belle cathédrale, encore toute parée des grâces de la jeunesse.

C'est en l'année 793 qu'Alcuin revint en France.

Afin de le rappeler plus sûrement, Charlemagne lui avait signalé la nécessité de réfuter les erreurs de deux espagnols, Elipand et Félix, qui propageaient une sorte nestorianisme mitigé, mais tendant néanmoins à établir dans le Christ une double personnalité.

Pour le retenir, il lui donna l'administration de quelques couvents, comme ceux de Saint-Loup, à Troyes, de Ferrière, dans le diocèse de Sens, et surtout de Saint-Martin, à Tours.

 En 795, Alcuin devint abbé de Saint-Martin et prieur de Cormery, « membre » dépendant de l'abbaye et situé sur la rive gauche de l'Indre; non loin de Loches.

Dès cette époque, la collégiale martinienne avait de nombreuses possessions non seulement en Touraine, mais encore en Normandie, en Bretagne et en Bourgogne. Alcuin, dont la bonté du coeur égalait.la distinction de l'esprit, profita de cette situation aisée pour verser d'abondantes aumônes dans la main des pauvres, ainsi que pour fonder et développer des écoles littéraires et scientifiques .

Le renom du grand apôtre l'avait fait préférer Tours à Fulda ; les merveilles dont il fut témoin et les services qu'il rendit à la basilique, le fixèrent en cette ville, qu'il allait élèvera la dignité de seconde métropole des lettres et des arts.

Alcuin s'attacha d'abord à réformer ce qui pouvait laisser à désirer dans la vie des moines, en lesrappelant à la règle et aux exemples de saint Martin et de saint Benoit, les deux patriarches de la vie cénobitique en Occident.

- Cette première partie de sa tâche réalisée, Alcuin tourna tous ses soins et toutes les aptitudes de ses religieux vers les sciences sacrées, sans négliger d'ailleurs les sciences humaines.

De tout temps, la copie des manuscrits avait été dans les monastères et en particulier à Tours, nous l'avons vu, une des principales occupalions des religieux. Mais que de défectuosités, de mauvaises habitudes prises, de routine sans élan et sans fécondité entachaient trop souvent l'oeuvre des scribes !

Alcuin résolut de sortir l'École de l'ornière en rompant ouvertement avec les traditions incorrectes, pour l'engager hardiment dans la voie de la régénération et du progrès. Le génie a seul de ces coups d'ailes et de ces envolées, qui souvent renouvellent un art, une époque, un pays. Le Maître, mesurant d'un coup d'oeil la grandeur de la difficulté et aussi la certitude du succès, se mit résolument à l'oeuvre. Au bout de quelque temps, il arriva à un résultat sérieux, grâce aux excellents modèles qu'il plaça sous les yeux de ses disciples, grâce surtout à l'habileté d'interprétation et d'imitation qu'il sut leur inculquer, avec le talent de persuasion qui le distinguait.

Dans les commencements Charlemagne, enflammé comme tous les néophytes d'une intempérante ardeur pour la propagation du Vrai et du Beau, put croire à un progrès encore plus rapide. Mais Alcuin, mieux au courant des difficultés, répondit à l'empereur : « Il ne dépend ni de vous ni de moi, de faire de la France une Athènes chrétienne ; » et à ce propos, il souligne la Rusticité de ses disciples. S'il avait raison pour le temps où il parlait, il faut bien avouer qu'Alcuin eut ressenti un très vif contentement s'il eût pu prévoir alors ce que la Touraine, formée par ses préceptes, réaliserait dans l'avenir, s'il lui eut été donné d'entrevoir le merveilleux épanouissement des arts sur le sol tourangeau. D'ailleurs n'y avait-il pas là un peu de la boutade du maître, désireux de voir les progrès de ses élèves s'affirmer plus nettement?

Quoi qu'il en soit, encore un peu et grâce aux leçons d'Alcuin, Tours sera entre toutes les cités des Gaules cette « Athènes chrétienne » que le savant et le prince appelaient également de leurs voeux et caressaient de leurs rêves.

Ce jour-là Alcuin, rendant compte avec une égale sincérité des résultats obtenus, écrira à l'empereur : « Suivant votre désir, à l'ombre du couvent martinien, je nourris les uns du miel de l'Écriture, et je donne aux autres le vin fortifiant des sciences anciennes et de l'histoire ; à ceux-ci je présente les fruits de la grammaire; je dirige vers les astres du firmament les regards de ceux-là; en un mot je m'efforce d'être utile à tous, pour le plus grand profit de l'Église de Dieu et l'éclat de votre empire».

Nous n'avons à nous occuper ici, que de la section calligraphique de l'école de Tours, ou scriptorium, et certes elle n'a pas été la moins éclatante; c'est à elle, en grande partie, que l'école martinienne doit sa renommée assise sur les chefs-d'oeuvre que nous aurons à étudier. Alcuin, qui se connaissait en élèves, choisit et mit à part ceux dont l'habileté de main promettait davantage. Il les installa dans un de ces ateliers dont les miniatures du moyen âge nous dépeignent naïvement l'intérieur : des bancs, quelques tables, un certain nombre d'outils et de rouleaux de parchemins, tel était le mobilier de ces salles où, comme dans un sanctuaire, le travail s'effectuait avec un recueillement tout religieux. C'était à l'ombre de la basilique, peut-être dans les bâtiments où l'on voit plus tard la maîtrise et « l'escole capitulaire » ; je veux dire dans les maisons qui forment l'angle des rues Rapin et Julien Leroy, un lettré et un artiste de Touraine.

A l'arrivée d'Alcuin, le monastère martinien possédait un certain nombre de livres copiés par les religieux ; mais nous l'avons dit, ils manquaient de correction et présentaient une écriture pauvre et défectueuse, sans grâce et sans netteté, image véritable de l'incohérence des âges qui avaient précédé.

La pensée d'Alcuin se tourna de suite vers l'Angleterre, et il songea à sa riche bibliothèque d'York. Sans tarder, il demande à « son bien cher David » l'autorisation de choisir quelques-uns des clercs, qu'il avait amenés de son pays et qui vivaient avec lui à Tours, pour les envoyer chercher outre-Manche les livres, les modèles dont il a besoin. « Ils rapporteront en France, dit-il, les fleurs de la Bretagne; York cessera d'être un jardin fermé, la Touraine se transformera en un paradis rempli de fruits, et l'auster, en soufflant sur les rives de la Loire, emportera sur ses ailes les parfums embaumés de notre nouveau jardin. »

Lorsque Alcuin eut formé ses disciples à une bonne écriture, et qu'il fut parvenu à leur faire exécuter à leur tour de beaux manuscrits, renvoya-t’il tous les ouvrages empruntés ou plutôt ne fut-il pas autorisé à en conserver au moins un? Cette dernière hypothèse nous paraît plus vraisemblable.

 

Parmi les œuvres diverses laissées par le célèbre Alcuin (1), on remarque des poésies nombreuses. Pièces en général très courtes, elles roulent sur toutes sortes de sujets : Prières de la nuit, Inscriptions, Epîtres adressées à différents personnages, Epitaphes, Epigrammes, Enigmes, etc. N'ayant pas à m'occuper du mérite littéraire de ces compositions, j'estime rapidement que, sous une forme peu parfaite, elles renferment presque toujours une pensée juste, ingénieuse, vive et imagée.

Ce qui, à mes yeux, fait leur prix c'est qu'elles constituent une riche source de renseignements historiques elles abondent en détails curieux sur les églises et les saints sur les monastères et les personnes marquantes d'Angleterre, de France et d'Allemagne, et sur l'état intellectuel et social de ces pays, à la fin du VIIIe et au commencement du IXe siècle (2).

En parcourant avec attention les trois cent vingt-cinq poèmes qui composent l'oeuvre poétique d'Alcuin, j'ai fait une découverte par une heureuse chance, j'ai trouvé, au milieu de cette foule de morceaux variés une suite de vingt-huit pièces qui intéressent l'histoire du Poitou.

Ce sont des inscriptions qu'Alcuin a vraisemblablement composées à la demande de l'abbé Aton qui gouvernait alors le monastère de Saint-Hilaire de Poitiers et celui de Nouaillé près de Poitiers; façonnées dans le goût du moyen âge (3), elles étaient destinées, comme cela se pratiquait alors, à décorerdes églises et des oratoires, à orner des autels et des tombeaux, à désigner des hôpitaux et des lieux claustraux, dans les deux abbayes qui viennent d'être nommées. Hormis quatre seulement, que j'indiquerai en leur temps, aucune d'elles n'a été reproduite nulle part, que je sache, en sorte qu'elles peuvent passer pour inédites encore.

Avant de produire mes textes épigraphiques, je veux très sommairement : 1° déterminer ceux qui appartiennent au monastère de Saint-Hilaire, et ceux qui appartiennent au monastère de Nouaillé; 2° montrer leur importance historique 3° fixer la date de leur composition.

Il s'agit d'abord de faire à chacun des deux monastères la part des inscriptions qui leur reviennent. Le recueil des poésies d'Alcuin rangées sous deux cent soixante-douze numéros, a été publié pour la première fois par André Duchesne (4), qui ne s'est nullement occupé de la question d'attribution. Il les a données même dans un ordre un peu confus et, de plus, sans titre ni autre indication propre à faire reconnaître les personnes et les lieux auxquels elles se rapportent.

Dom Froben Forster, voulant faire une édition plus correcte, plus savante et plus compendieuse, prit de la peine pour approprier convenablement ces nombreuses pièces. A cet effet, il mit des titres à chacune d'elles, et il les accompagna de courtes annotations, quand besoin était (5).

Mais s'il n'a pas éclairci tous les doutes, si même il a fait erreur quelquefois, cela était immanquable, et n'a pas lieu de surprendre, vu la difficulté du sujet.

Ainsi, il est clair que le second éditeur d'Alcuin s'est complètement trompé à l'endroit de nos inscriptions. Se guidant d'après une interprétation très juste, fournie par Mabillon touchant l'une d'elles, qu'on doit évidemment rapporter au monastère de Nouaillé, il a proposé de les attribuer toutes au même monastère, en les classant, d'une main hésitante, sous la rubrique dubitative In quodam monasterio, forte Nobiliacensi. Cette attribution fautive était faite pour égarer le lecteur, et c'est ce qui explique pourquoi ces inscriptions sont restées ignorées

Cependant, avec un peu d'attention, il est facile de voir bientôt que plusieurs sont propres au monastère Saint-Hilaire, et ne peuvent être attribuées en aucune manière à celui de Nouaillé lequel d'ailleurs, il faut le remarquer, était à cette époque un tout petit établissement, qui sortait de ses ruines et ne comportait pas un grand nombre d'églises et d'oratoires.

Telle est la dix-huitième inscription, qui contient l'Epitaphe de saint Fortunat on sait, en effet, que l'évêque-poète avait son tombeau dans la basilique de Saint-Hilaire.

De même, l'Epitaphe de l'évêque Jean et de l'abbé Aper, qui est la quatorzième inscription se doit référer à la même basilique, où ces deux personnages étaient inhumés ainsi que l'indiquent les premiers vers.

Hujus hic pausat praeclarus Episcopus urbis

Nomine Johannes, vir pius atque bonus.

Hic requiescit Aper, hujus venerabilis abbas

Ecclesiae …..

Dans la douzième inscription destinée à orner l'oratoire de Saint-Martin et de Saint-Gelais, on a la preuve que l'oratoire en question était situé dans la ville même de Poitiers :

Hac quoque jam pausat prœsul Gelasius almus,

Clarus in urbe pater praesente …..

La neuvième inscription, relative à l'oratoire de Saint-Elidius et de Saint-Lienne, doit être forcément adjugée au monastère de Saint-Hilaire, car jamais personne n'a prétendu que saint Lienne, disciple de saint Hilaire avait été enterré à Nouaillé.

Enfin, un coup d'œil jeté sur la dixième et sur la onzième inscription suffit pour y reconnaître sans peine l'église de Saint-Pierre l'Houstault, qui s'élevait non loin de la basilique hilarienne.

J'ai assez parlé de dom Froben Forster.

Récemment, une nouvelle et spéciale édition des poésies d'Alcuin à vu le jour encore en Allemagne, par les soins de l'érudit professeur Ernest Dümmler (6). Bien supérieure aux deux précédentes pour l'exécution paléographique, elle présente un texte pur et correct que je reproduirai de préférence. Très complète, elle contient toutes les pièces parues jusque-là et quelques-unes qui étaient inédites et le nombre total des poèmes réunis par l'éditeur s'élève à trois cent vingt-cinq.

Quant à des éclaircissements historiques, à des renseignements sur les lieux et les personnes, les titres et les notes n'en apportent aucun qui soit nouveau.

Maintenant, et sans attendre une plus ample discussion, il est temps de régler la question d'attribution, et de donner, par anticipation, les conclusions auxquelles je suis arrivé.

Des vingt-huit inscriptions qui font l'objet de mon étude, j'en attribue vingt-trois au monastère de Saint-Hilaire, et cinq seulement au monastère de Nouaillé.

Parmi celles qui se rapportent au premier de ces deux monastères, j'en compte d'abord cinq pour la basilique elle-même de Saint-Hilaire une pour les portes refaites par l'ordre de l'abbé Aton ; une pour le chœur des religieux ; trois pour des tombeaux placés dans la basilique, qui sont celui de saint Fortunat, ceux de l'évêque Jean et de l'abbé Aper, et celui du moine Gunduinus.

 En second lieu, j'en trouve sept composées pour des églises et des oratoires contigus à la basilique de Saint-Hilaire, ou situés à quelque distance d'elle c'est-à-dire pour l'oratoire de Saint-Lambert et de Sainte-Cécile, pour l'église de Saint-Michel pour l'oratoire de Saint-Laurent, pour l'oratoire de Saint-Elidius et de Saint-Lienne, pour l'église de Saint-Pierre-l’Houstault pour l'oratoire de Saint-Martin et de Saint-Gelais, pour l'oratoire de Saint-André (7).

Troisièmement, il y en a dix pour des autels dédiés à différents saints, et placés tous, pensons-nous, dans la basilique de Saint-Hilaire (8).

Enfin, la dernière des inscriptions appartenant au monastère de Saint-Hilaire est relative à l'hôpital de Saint-Pierre.

Les cinq inscriptions propres au monastère de Nouaillé sont les suivantes une pour l'église dédiée à la Sainte Vierge; deux pour des lieux claustraux, le réfectoire et le dortoir; une pour l'hôtellerie, et une pour l'hôpital des pauvres (9).

On devine par l'énumération qui précède l'intérêt historique que présentent mes inscriptions.

Elles nous découvrent tout un travail de restauration accompli dans le monastère de Saint-Hilaire et dans celui de Nouaillé, à la fin du VIIIe siècle, sous l'abbatiat d'Aton, successeur d'Aper, à la suite des guerres acharnées et désastreuses que se firent pendant huit ans Pepin le Bref et Waifre, duc des Aquitains (10).

Aton, qui devint ensuite évêque de Saintes, tenait par les liens de la parenté à Charlemagne lui-même, et était un de ces abbés de race franque que la politique carlovingienne, dans un but de pacification et d'unification, mit à la tête des monastères de l'Aquitaine, qui venait d'être érigée en royaume sous l'autorité du jeune Louis, dit plus tard le Débonnaire (11).

On savait par deux chartes bien connues que cet abbé avait relevé de ses ruines le monastère de Nouaillé, et y avait rétabli l'ordre et la discipline monastique, en l'année 799. Cinq de mes inscriptions, celles-ci déjà signalées par Mabillon, confirment le fait, et nous apprennent qu'il bâtit l'église, la maison abbatiale et un hôpital pour recevoir les pauvres.

Mes inscriptions le montrent restaurant également le monastère de Saint-Hilaire; elles sont particulièrement instructives en ce point qui n'avait pas été remarqué. S'il n'est pas dit qu'il rebâtit en entier la basilique elle-même, on voit du moins qu'il exécute à l'intérieur d'importants ouvrages. Il refait les portes, répare le chœur des moines, élève de nombreux autels; il entoure d'une balustrade en pierre les tombeaux de l'évêque Jean et de l'abbé Aper, pour les mettre à l'abri de la profanation (12).

Auprès de la basilique, il construit un nouvel oratoire qu'il dédie à saint Lambert et à sainte Cécile saint Lambert, évêque de Maëstricht, et originaire comme lui du pays franc.

Deux moines do Saint-Hilaire, Arnulfus et Gunduinus, imitent le zèle de leur abbé, et relèvent à l'envi les églises et les oratoires en ruine.

On trouve avec étonnement la basilique hilarienne entourée, dès le VIIIe siècle, de deux églises, de cinq oratoires et d'un hôpital, tous monuments que l'on connaissait pour avoir existé, mais que l'on ne savait pas aussi anciens. Mes inscriptions sont autant de textes qui prouvent l'antiquité de leur fondation.

Pour toutes ces constructions et restaurations, Alcuin compose les inscriptions présentes, à la demande d'Aton.

Il est vrai que la venue d'Alcuin en Poitou se suppose et s'admet sans peine. Car l'abbé de Saint-Martin de Tours a dû visiter Poitiers et entretenir des relations avec les personnages importants qui y vivaient à cette époque. Un endroit de ses œuvres semble faire allusion à son passage en cette ville. « Le Poitou riche et fertile, dit-il dans une de ses homélies, est plus heureux et plus fier de posséder les reliques du bienheureux Hilaire que de voir flerir son commerce à l'occasion duquel se commettent bien souvent des injustices (13). »

Mes inscriptions sont la preuve péremptoire qu'Alcuin est venu à Poitiers elles font même soupçonner des rapports plus intimes qu'une étude approfondie pourra déterminer.

Enfin mes inscriptions sont importantes pour l'hagiographie. Parmi les saints nombreux qu'elles citent, elles nous révèlent un Elidius, évéque du pays des Pictes, inconnu présentement en Poitou et même ailleurs.

Elles contiennent deux autres mentions excellentes l'une sur saint Lienne, disciple de saint Hilaire, dont le lieu de sépulture, contesté jusque-là, est fixé auprès de la basilique; l'autre sur saint Gelais, évêque de Poitiers au Ve siècle.

En somme, comme on le voit, mes inscriptions font connaître des faits inédits; elles ajoutent une page nouvelle à l'histoire monastique et hagiographique du Poitou.

Une question reste à traiter ; Quand est-ce qu'Alcuin a composé les poèmes qui ont trait à nos monuments religieux et à nos saints?

Alcuin fut nommé par Charlemagne, en 796, abbé du monastère de Saint-Martin de Tours. C'est là qu'il passa les dernières années de sa vie, terminée en 804 là qu'il fut enterré.

Il faudrait donc placer dans cette intervalle de huit ans et sa venue en Poitou et la composition de mes vingt-huit inscriptions. La dédicace du monastère de Nouaillé ayant eu lieu en 799, dédicace à laquelle Alcuin a pu même assister, il s'ensuit que cette année doit être regardée comme la date des cinq inscriptions qui relatent ce fait.

On aime à se représenter ce moine anglo-saxon, cet étranger devenu si puissant à la cour de Charlemagne et établi par ce prince comme son ministre de l'instruction publique dans ses vastes États on aime, dis-je, à se représenter le grand Alcuin enveloppé dans les plis de sa coule noire, parcourant les rues et les places de la vieille cité des Poitevins, interrogeant du regard chaque objet, visitant avec une pieuse curiosité les églises et les monastères où se conservaient encore intacts et vivants les souvenirs de tant et de si glorieux personnages, baisant avec amour leurs tombeaux sacrés et célébrant leurs louanges dans ses poésies émues (14).

Je donnerai les vingt-huit inscriptions dans l'ordre offert, en général, par les Mss., et suivi par les éditions de Duchesne et de Froben; je ferai seulement exception pour celles de Nouaillé que je rejetterai à la fin, à l'exemple du savant paléographe Dummler.

 

INSCRIPTION I. Pour l'oratoire de saint Lambert et de sainte Cécile.

Egregius martyr, praesul Christique fidelis

Haec loca Lambertus iuclyta sanctus habet.

Jungitur huic patri pariter Caecilia virgo,

Virginitate potens martyrieque simul.

Ecclesiae fuerat magnus nam pastor et ille ;

Haec Christi Regis sponsa perennis erat.

Hanc humilis abbas Ato jam construxerataeedem,

Dona cui Christus donet in arce poli.

 

Dom Froben est tombé dans l'erreur en croyant qu'il fallait forcément attribuer cette inscription au monastère de Nouaillé, à cause du nom d'Aton qui y figure.

Or, malgré que j'aie fait des recherches nombreuses, je n'ai trouvé en ce lieu jusqu'à présent aucune trace de culte relatif à saint Lambert et à sainte Cécile, ni aucun vestige d'un édifice quelconque à eux consacré. Leur nom n'est nulle part mentionné aux pages de l'Histoire manuscrite de l'ancienne abbaye (15), et des quarante-six reliques que possédait autrefois le trésor, aucune d'elles ne leur est attribuée (16).

Mais je constate que les honneurs d'un culte tout particulier étaient très anciennement rendus à saint Lambert dans l'abbaye de Saint-Hilaire. Depuis plus de deux cents ans, les livres liturgiques de cette église, lesquels ne font que reproduire un texte beaucoup plus vieux, portent tous son nom inscrit au calendrier, à la date du 17 septembre, jour de sa fête; ils marquent son office sous le rite semi-double, et ils indiquent des chants à exécuter en son honneur, à certains jours de procession (17).

En outre, des titres du chartrier de Saint-Hilaire, dont un de 1461, et les pouillés du diocèse signalent deux chapellenies vicariales, dites de Saint-Lambert, à la collation du chapitre elles étaient desservies dans l'église collégiale, au XVIIe et au XVIIIe siècle (18).

Si maintenant je recherche l'endroit déterminé où s'élevait l'oratoire de Saint-Lambert et de Sainte-Cécile, je rencontre ceci, à la page 18 de l'ancien Processionnal de l'église de St-Hilaire de Poitiers « La Croix reste à la porte collatérale du côté du Cloitre, où etoit autrefois la Chapelle St Lambert, et on dit… » Voilà trouvé, si je ne me trompe, l'emplacement de l'oratoire en question; il était contigu à la basilique hilarienne, de même que celui de Saint-Laurent, dont nous parlerons plus loin.

C'est bien là l'édicule bàti primitivement par Aton et illustré par les vers d'Alcuin; car je le vois mentionné en 1127, à propos d'une restitution faite à l'église de Saint-Hilaire par un certain Geoffroi de Branteio, au sujet des droits qu'il avait usurpés dans la terre de Luzai.

L'acte a lieu dans l'oratoire même de Saint-Lambert, en présence du trésorier et des autres membres du chapitre, et de plusieurs personnages de distinction, ecclésiastiques et laïques. Excommunié par le pape et par l'évêque de Poitiers, puis venu à résipiscence, l'usurpateur déclare renoncer à tout jamais à ses empiètements et rendre ce qu'il a pris; pour donner plus de force à son serment et le rendre plus irrévocable, il jure à la vue de tous, la main étendue sur l'autel du saint et tenue, dit la charte, par Guillaume, doyen du chapitre «… Quod ut indissolubilius perseveret, ego ipse propria manu juravi, his videntibus, super altare sancti Lamberti : S. Willelmi decani, qui manum ejus ad juramenturn tenuit (19). »

Je dois consigner, à présent, sans pouvoir en donner aucune explication, la découverte suivante, faite en 1756, lors des réparations qu'on exécuta à l'intérieur de l'église de Saint-Hilaire.

 «. On a descouvert trois caveaux, l'un au milieu de la Carolle et deux plus bas à chaque costé; dans celuy du milieu pouvant contenir sept à huit personnes, il c'est trouvé un hautel soubs l'invocation de St Lambert: il paroist que l'on y a célébré quelque foys la Ste messe; dans le caveau sur la droite; pas tout à fait de la mesme grandeur, on y a trouvé une boite en plombs, en forme de cœur, où reposoit le cœur de Mr Sinblins (Saint-Belin), évesque de Poitiers et auparavant chanoine de l'église de St-Hillaire; l'autre caveau c'est trouvé rempli d'ossements humains (20). »

Saint Lambert, évêque de Maëstricht, martyrisé pour la cause de la justice, reçut le coup de mort en 709, plus probablement; en 721 ou 722, son corps fut apporté très solennellement à Liège par son successeur, saint Hubert, qui transféra en même temps le siège épiscopal dans cette localité (21).

L'abbé Aton, en bâtissant auprès de la basilique de Saint-Hilaire un oratoire pour y déposer des reliques de cet illustre martyr, me semble avoir introduit son culte chez nous, lequel, du reste, ne s'est guère propagé (22).

Sainte Cécile, associée à saint Lambert dans notre inscription, est bien connue. Jeune et riche patricienne de Rome, au II° siècle, racontent ses Actes, elle fut exécutée comme chrétienne, et mérita par sa mort héroïque d'être mise au nombre des plus célèbres martyres. Elle est honorée dans l'Église universelle, le 22 novembre, et, on le sait, les musiciens partout l'ont choisie pour patronne (23).

 

INSCRIPTION II. Pour l'autel de saint Quentin et de saint Denys, martyrs.

Quintinus martyr, pater et Dionysius aram

Hanc servent precibus semper ab hoste suis,

Doctores vitae meritis vivacibus ambo,

Sanguine qui roseo regna beata tenent.

Le martyr Quintinus placé ici avant le premier évêque de Paris, Dionysius, et qualifié comme lui du titre de doctor, ne peut être que le célèbre saint Quentin, citoyen romain et fils de sénateur, qui fut arrêté comme propagateur de la religion chrétienne, pendant la persécution de Rictius Varus, préfet du prétoire dans les Gaules, et qui fut exécuté, l'an 287, à Augusta Veromanduorum, ville municipe de la Belgique deuxième.

Son tombeau, très vénéré pendant des siècles, a donné naissance à la ville importante de Saint-Quentin (24).

 Un saint Quentin, martyrisé en Touraine, au milieu du VIe siècle, et honoré le 4 octobre, est peu connu, et n'a pas assez de lustre pour pouvoir prendre le pas sur saint Denys (25).

Saint Denys, qui fut l'un des premiers apôtres de la Gaule et dont le culte est devenu national chez nous, comptait dans notre province plusieurs églises paroissiales et prieurales, et plusieurs chapelles placées sous son vocable (26).

L'autel consacré, au temps d'Alcuin, à saint Quentin et à saint Denys, devait exister encore à l'époque de la Révolution, sur un point quelconque de la basilique de Saint-Hilaire de Poitiers car dans la liste des chapelles de la collégiale, je trouve une Capellania S. Dionysii, ad collationem Thesaurarii (27).

Et ce qui m'induit davantage à croire à l'existence de cet autel, c'est que l'ancien Propre marque, au 9 octobre, l'office de saint Denys et de ses compagnons, martyrs, sous le rite semi-double, et au 31 octobre, la commémoraison de saint Quentin, martyr (28).

 

INSCRIPTION III. Pour l'autel de saint Filibert et de sainte Agathe.

Hanc pater egregins aram Filibertus habebit,

Plurima construxit qui loca sancta Deo.

Huic quoque conjuncta est clarissima martyr Agatha,

Venerat in thalamum sanguine virgo poli.

 

 Si je n'ai pu retrouver dans la basilique de Saint-Hilaire certains autels dont mes inscriptions font foi, comme celui dont il est question en ce moment, il n'y a pas lieu de s'en étonner.

Certes, au milieu des ruines et des reconstructions qui se sont succédées durant le cours des siècles, ce n'est pas miracle si la mémoire de quelque saint a péri au sein de l'édifice sacré, tant de fois abattu et tant de fois relevé.

Cependant, comme on verra, je suis parvenu à constater l'existence de beaucoup de ces autels, au moyen de textes même très anciens.

Filibert, le Père des moines, nous appartient. Né au centre de l'Aquitaine, dans le territoire d'Elusa, ancienne ville épiscopale, aujourd'hui Eauze, dans le département du Gers, il vint, sur la fin de ses jours, chercher un refuge contre les colères du terrible Ebroïn auprès d'Ansoald, évêque de Poitiers.

Il mourut entre les bras de ses disciples, à Noirmoutiers, vers l'an 684. On conserve encore dans l'ancienne crypte de l'église le vieux sépulcre de pierre où il fut déposé après sa mort.

Ainsi que le remarque Alcuin, Filibert fut un grand bâtisseur d'églises et de monastères, et, à ce titre, je recommande l'étude de ses Actes aux archéologues. C'est sous son action puissante que des maisons de moines ou de religieuses furent fondées à Jumièges, à Pavilly et à Montivilliers, dans la Normandie; à Noirmoutiers, à Saint-Benoît-de-Quinçay, à Saint-Michel-en-l'Herm et à Luçon, dans le Poitou. Le seul monastère de Jumièges compta, dès son début, jusqu'à neuf cents moines (29).

Le nom de Filibert, composé de deux mots germaniques qui correspondent, en latin, à multum clarus ou mieux à multum dignus, doit s'orthographier, vu son origine, avec la lettre simple F, comme a écrit Alcuin, et non pas, ainsi que l'ont fait un grand nombre d'hagiographes, avec la lettre double PH, inconnue dans les idiomes du Nord (30).

Quant à la vierge Agathe, présente par ses reliques en cet autel, elle est une des plus illustres vierges martyres qui jouissent d'un culte officiel dans l'Église universelle; son nom est inscrit au canon de la messe, en tête de ceux de Lucie, Agnès et Cécile.

Elle perdit la vie sous le persécuteur Dèce, l'an 251, pour avoir préféré le lit sans tache de l'Agneau divin à la couche nuptiale de Quintien, prêteur de la Sicile (31).

L'inscription que je viens de commenter a été reproduite par dom Mabillon et par les Bollandistes, locis citatis.

 

Inscription IV. Pour l'église de saint Michel, archange.

Magnus ab arce poli (32) Michael Archangclus aulam

Hanc precibus semper servet ah hoste piis.

Quisque legas versus, pro quo exorare memento,

Pro sudore brevi ut praemia longa legat.

 

La petite église de Saint-Michel était située au milieu du cimetière qui s'étendait autrefois sur le côté nord de l'église de Saint-Hilaire, dans l'emplacement occupé actuellement par une place plantée d'arbres (33). Elle est signalée par les chartes de l'abbaye, dès l'an 913 (34) le titre paroissial qu'elle possédait très anciennement lui fut supprimé par le chapitre, le 28 juin 1315 (35).

L'archange Michel recevait aussi les honneurs du culte au sein de la basilique de Saint-Hilaire. Là, il avait un autel, qui était le siège d'une chapellenie (36), et où on allait en procession tous les dimanches du temps pascal et le dimanche dans l'octave de l'Ascension (37). En outre, il figurait parmi les douze saints dont les noms étaient inscrits dans les Laudes ou Acclamations qu'on avait coutume de chanter pendant la messe canoniale, les jours de fêtes solennelles (38).

Chef de la milice céleste, le plus puissant des anges, ces premiers protecteurs des hommes auprès de Dieu, l'archange Michel est représenté, par l'Écriture, luttant contre le diable et lui disputant le corps de Moïse (39). De là, sans doute, l'usage de l'invoquer dans les prières liturgiques de la sépulture, pour qu'il prenne sous sa sauvegarde les âmes des fidèles au sortir de leurs corps, et pour qu'il les introduise dans le séjour de la lumière éternelle (40). De là, sans doute, l'usage très ancien de construire sous son vocable des oratoires, des églises, au milieu des cimetières (41).

Pour preuve, sans aller bien loin, je trouve une autre inscription d'Alcuin, composée pour une église bâtie dans le cimetière du monastère d'Elnon, en l'honneur de saint Michel, de saint Pierre et de saint Amand; elle est intitulée : In cimiterio Sancti Amandi (42).

Et encore, les œuvres de Raban Maur, évêque de Mayence, l'un des plus illustres disciples d'Alcuin, nous offrent trois inscriptions métriques, relatives à une église de Saint-Michel, qui s'élevait au centre du cimetière du monastère de Fulde, en Allemagne; dans les imprimés, elles portent ces titres : In cœmeterlo fratrum in ecclesia sancti Michaelis, in primo altare; In sinistro altare; In dextro altare (43).

L'église de Saint-Michel, placée auprès de la basilique de Saint-Hilaire, à Poitiers, n'était pas, en Poitou, la seule de ce nom qui fut bâtie au milieu des sépultures, pour mettre les cendres des morts sous la protection du prince de l'armée angélique, vainqueur du dragon infernal.

Je constate que l'usage chrétien indiqué ici a été en vigueur en plusieurs endroits; je citerai notamment Charroux (44), Lussac- les -Châteaux (45), dans le département de la Vienne, Thouars (46), Fors, canton de Prahecq (47), dans le département des Deux-Sèvres.

 

Inscription V. Pour l'autel de saint Sulpice évêque et de sainte Colombe, vierge martyre.

Sulpitius praesul, pastor, patriarcha fidelis,

Auxilium nobis hic ferat iste pium.

Inclyta martyrio pariter hic virgo Columba

Defendat precibus tecta sacrata Deo.

 

Deux évêques de Bourges, tous deux couronnés de l'auréole de la sainteté, ont porté le nom de Sulpice (48).

Sulpice Ier, le Sévère, placé dans la liste le vingt-cinquième, siégea de l'an 584 à l'an 591 (49). Sorti d'une des premières familles sénatoriales de la Gaule, «  il s'est rendu remarquable, dit le Martyrologe romain, par ses vertus et par sa doctrine. » Son jour natal tombe le 29 janvier.

On l'a confondu longtemps avec Sulpice Sévère, l'historien célèbre du Ve siècle.

Sulpice II, le Pieux, dont l'épiscopat court de l'an 624 à l'an 644, est le vingt-neuvième évêque de Bourges (50). Ce fut l'un des plus saints pontifes de l'église primatiale de l'Aquitaine. « Sa vie et sa mort précieuses, dit encore le Martyrologe de l'Église universelle, furent illustrées par des miracles éclatants ». Il est honoré le 17 janvier.

Son culte a toujours été plus répandu que celui de Sulpice le Sévère. Actuellement, il est encore titulaire de plusieurs églises paroissiales dans les diocèses de Poitiers et de Luçon (51).

A cause de cela, je pense que c'est lui qu'a en vue notre inscription. Et la chose est rendue presque certaine, si on fait attention à la qualification de patriarcha, accolée ici par Alcuin au nom de Sulpitius. Sans doute, Alcuin ne fait que répéter saint Didier, vulgairement saint Géry, évêque de Cahors, qui, en tête d'une de ses lettres (52), donne à Sulpice le Pieux, son métropolitain, le titre de patriarche, en sa qualité de primat de l'Aquitaine (53).

Parmi plusieurs vierges martyres du nom de Colombe, inscrites dans les Martyrologes, deux sont plus distinguées, et l'une ou l'autre doit s'identifier avec celle de notre inscription.

La première, jouissant d'une immense célébrité, fut martyrisée à Sens dans les Gaules, la veille des calendes de janvier, l'an 273, Aurélien étant empereur (54).

L'autre, honorée le 17 septembre, souffrit la mort pour Jésus-Christ à Cordoue, en Espagne, pendant la persécution suscitée par les Arabes mahométans contre les chrétiens, sous le califat de Mohammed Ier, en l'année 853 (55).

Vu cette dernière date, postérieure à Alcuin, il est clair que notre inscription se réfère forcément à la vierge martyre de Sens.

 

Inscription VI. Pour l'autel de saint Amand et de sainte Agathe.

Hac honor ecce tuus, praesul Amandus, in ara

Jam colitur, nobis tu auxiliare pater.

Virgo sacrata Deo nec non veneratur Agatha ;

Hic simul haec nobis auxiliumque ferat.

 

Les recueils hagiographiques mentionnent plusieurs évêques nommés Amand, Amandus.

Un des plus connus, grand ami de saint Paulin de Nole, était évêque de Bordeaux, et vivait encore au commencement du second quart du  Ve siècle (56).

Mais le plus célèbre est celui qui fut évêque de Maëstricht, et que nous pouvons regarder un peu comme nôtre.

Car Amand, fils de Genesius et d'Amantia, personnes riches et nobles, naquit dans le pagus Herbatilicus ou, selon Grégoire de Tours, Arbalilicus pays d'Herbauge formant, au temps des Mérovingiens, la partie occidentale du Poitou (57).

Une île voisine, l'île d'Yeu où, tout jeune, il fit sa profession monastique, fut le théâtre de ses premiers miracles.

Après être resté assis sur le siège de Maëstricht pendant près de quarante ans, il mourut nonagénaire, en 679, d'après les uns, en 684, d'après les autres, plein d'œuvres et de vertus. On l'enterra, suivant sa volonté, dans le monastère qu'il avait fondé à Elnon, lieu où s'élève aujourd'hui la ville populeuse de Saint-Amand-les-Eaux, dans le département du Nord (58).

Alcuin avait une prédilection spéciale pour notre saint nous remarquons qu'il se plut à orner son tombeau et son église d'inscriptions en vers, analogues à celles de Saint-Hilaire et de Nouaillé (59).

J'admettrais donc que cet Amand, évêque de Maastricht, d'origine poitevine plus illustre que les autres saints du même nom, est celui dont parle notre sixième inscription. Je suis d'autant plus porté à le croire, que je vois les chanoines de Saint-Hilaire célébrer solennellement sa fête chaque année, le 6 février (60).

Saint Amand de Maëstricht était aussi honoré sur quelques autres points du Poitou (61).

 

INSCRIPTION VII. Pour le chœur des moines.

Quam dilecta, Deus, mihi sunt tua templa, Sabaoth,

Virtutum Dominus, rex meus atque Deus!

Te, Pater aime, meum cor, te caro quœrit ubiquc

Tuque Deus vivus gaudia magna mihi.

Quique tuis tectis habitant, sunt valde beati,

Et resonant laudes hi tibi perpetuas.

Hic mihi, quaeso, domum tribue, mitissime Pastor,

Utque tuas laudes hic sine fine canam.

 

Au-dessus de ces quatre distiques, dom Froben a inscrit ces mots : Desiderium habitandi in domo Dei. Titre vague, n'indiquant ni l'objet précis des vers d'Alcuin ni la place qu'ils occupaient dans la basilique de Saint-Hilaire.

Je propose d'y voir une inscription faite pour le chœur des religieux, lequel, on le sait, formait, dans les anciennes églises monastiques, une partie distincte et tout-à-fait séparée de la partie réservée aux fidèles; c'est là qu'ils s'assemblaient, et le jour et la nuit, pour prier et célébrer ensemble l'office canonial. Les poésies de Raban Maur contiennent deux inscriptions qu'on voyait autrefois tracées sur les murs de chacun de ces chœurs dans la basilique du monastère d'Hersfeld, en Allemagne; l'une a pour titre : In fronte chori inferioris, quem laicorum appellabant l'autre In vestibulo chori superioris (62).

Au reste, Alcuin lui-même a composé pour le monastère de Saint-Martin de Tours une autre inscription destinée également au choeur des religieux. Elle est intitulée dans l'édition do Froben In via ad ehorum; c'est le LXXII» poème du recueil.

L'inscription métrique de Saint-Hilaire renferme un sens qui me, semble clair; on ne pourrait convenablement lui trouver une autre interprétation, ni lui donner une autre destination que celles que j'imagine.

Les érudits, ceux qui préfèrentlireles textes originaux eux-mêmes, me pardonneront de placer ici une traduction qui pourra plaire à d'autres.

Que tes temples me sont chers, Dieu des armées,

Seigneur des vertus, mon Roi et mon Dieu !

Père bienfaisant, mon cœur, mon être tout entier te cherche partout;

0 toi, le Dieu vivant, tu es toute ma joie.

Qu'ils sont heureux ceux qui habitent sous tes toits,

Et qui font sans cesse retentir tes louanges.

Très doux Pasteur, accorde-moi ici, je te prie, une place,

Afin que j'y chante sans fin tes louanges.

 

Inscription VIII. – Pour l'oratoire de saint Laurent, martyr.

Hanc levita Dei meritis Laurentius aedem

Inclytus exornet, Domini jam plenus amore;

Quem nec flamma vorax vicit, nec vincula, ferrum;

Per gladios, ignes cselum conscendit in altum.

Ecce Dei famulis faciens suffragia semper,

Adjuvat atque suos cultores, credimus, inde.

 

L'oratoire de Saint-Laurent, pour lequel Alcuin a fait ces vers qui ne manquent ni de force ni d'harmonie, est très reconnaissable dans la chapelle de Saint-Laurent, qui était attenante au cloître de la basilique de Saint-Hilaire, et dont parlent, à plusieurs reprises, les documents de cette abbaye.

Cette chapelle existait encore à la fin du siècle dernier, et on y allait faire des stations, à certains jours « Le II. Novembre, Tierce étant finie, la Procession se fait dans les Cloîtres et dans l'Église. On commence, en sortant du Chœur, les sept Psaumes de la Pénitence. On dit les deux premiers jusqu'à la Chapelle de saint Laurent, qu'on termine par Requiem aeternam, etc. (63) »

Ayant beaucoup souffert, lors des guerres de religion, elle fut comprise dans les grands travaux de réparation que nécessita, à la fin du xvi° siècle, l'état ruineux de la collégiale.

Voici, en effet, ce que porte le Devis des réparalions à faire à l'église de St-Hilaire, daté du 21 août 1377 « Avons veu et visité la cherpente et couverture de la chapelle sainct Laurent joignant ledict vieux chappitre; laquelle cherpente est entièrement ruinée et s'en va par terre en brief, par le moyen de ce que les murailles de ladicte chapelle s'imbrèvent tellement qu'il convient refaire tout à neuf la cherpente de ladicte chapelle et couverture d'icelle; ce qui coustera mille livres tournois (64). »

Un acte du 14 mai 1476 appelle notre oratoire indifféremment : Capella beati Laurencii et Ecclesia beati Laurencii (65). C'était sans doute le siège des deux chapellenies vicariales, dites de Saint-Laurent, qui relevaient directement du chapitre, et dont les titulaires étaient tenus, d'après le livrede la Chambre Apostolique, d'assister à toutes les Heures canoniales (66).

Le nom de saint Laurent figurait dans les Laudes qui se chantaient, comme nous avons dit, aux messes solennelles de l'église collégiale.

 

Inscription IX. -Pour l'oratoire de saint Elidius, évêque, et de saint Lienne, prêtre.

Hic quoque sanctorum pausant duo corpora patrum,

Elidius praesul Pictensis gloria plebis,

Inclaususque pater meritis Leonius almis.

Arnulfus frater templum renovaverat istud,

Pramia cui Christus tribuat per secla salutis.

 

On peut traduire ainsi :

Ici repose également le corps de deux saints Pères :

De l'evêque Elidins, gloire de la nation Picte,

Et du Père Leonius, tout rempli de mérites.

Le frère Arnulfus a restaure cet oratoire;

Que le Christ lui accorde pendant l'éternité la récompeuse du salut.

 

Cet évêque Elidius, picte de nation, dont le corps était gardé avec vénération dans le monastère de Saint-Hilaire, à la fin du VIIIe siècle, est un saint qu'aucun de nos monuments hagiographiques ne mentionne, et qui apparaît à nous pour la première fois.

Hors du Poitou, on connaissait déjà un Elidius qui fut martyrisé en 674, en compagnie de saint Prix, évêque de Clermont, et de saint Marin ou Amarin, abbé, et dont les reliques sont honorées encore de nos jours à Volvic, en Auvergne (67).

 Un autre Elidius ou Elydius, évêque d'un siège indéterminé, est désigné dans une légende tirée par Mabillon du monastère de Saint-Savin, comme ayant été à Rome le maître et le précepteur d'un autre saint Marin, moine, qui fut mis à morten Maurienne, par les Sarrasins, vers 731, et dont les reliques ont été longtemps conservées dans le monastère que je viens de nommer (68). Il s'agirait donc de rechercher si notre Elidius n'a pas quelque chose de commun avec l'un de ces deux autres Elidius, surtout avec le second, à cause de la présence des reliques de saint Marin, son disciple, à Saint-Savin.

Mais cet examen exige certains développements; je remets à le faire plus tard, dans mon Hagiographie Poitevine que je prépare, et où je traiterai de tous les saints appartenant au Poitou, à un titre quelconque. Je noterai seulement, au regard de la nationalité de notre saint, désignée par l'épithète Pictensis, que, s'il est question ici de l'ancien pays des Pictes, situé au nord de l'Ecosse, nos archives poitevines possèdent un document authentique de la fin du IIe siècle, qui signale, vers ce temps, une immigration de prêtres et de moines Scots en Poitou (69).

Le chef de la colonie, nommé Ronanus ou Romanus, fut placé à la tête du petit monastère de Mazerolles, et il serait actuellement honoré en qualité de patron dans l'église paroissiale de cette localité, d'après le docte Mabillon (70).

Même, bien avant cette époque, on constate que des communications ont existé entre les Iles Britanniques et notre pays. Les légendes cambriennes disent qu'un noble jeune homme, du nom de Kébius ou Kuby, vénéré maintenant comme un saint sur toutes les côtes occidentales de la Grande-Bretagne, se fixa à Poitiers au V° siècle, et demeura durant cinquante ans, auprès du tombeau de saint Hilaire, opérant toutes sortes de miracles. Après quoi, il fut élevé à la dignité épiscopale par l'évêque puis, sur un ordre du ciel, il retourna dans sa patrie (71).

Saint Fridolin qui devint abbé du monastère de Saint-Hilaire, au commencement du VIe siècle, et qui fit la translation du corps du grand évèque, venait aussi de ces îles fameuses dont les habitants étaient fort portés pour les voyages pieux et les pèlerinages. Sa présence à Poitiers y attira même deux de ses parents, bretons comme lui, qui, paraît-il, restèrent après lui dans le monastère de Saint-Hilaire et y furent enterrés (72).

M. Ch. de Sourdeval, dans l'Ancienne navigation sur le littoral septentronal de la Vendée n'a pas manqué de relever ces faits et de les utiliser pour sa thèse (73).

Ainsi, et je reviens à Elidius, il ne serait pas étonnant qu'un évêque, originaire de la Grande-Bretagne, fût venu dans nos contrée, et y eût trouvé avec la mort une sépulture honorée.

Le second personnage, cité par notre inscription, est plus connu. C'est Lienne, Leonius, que la liturgie poitevine nous dépeint comme le disciple préféré de saint Hilaire, son compagnon dans l'exil, celui qui l'assista à sa mort et qui reçut son dernier soupir (74).

Une charte, sans date précise, maintenant perdue, charte que le chanoine Rapaillon avait vue, ce et qu'il croyoit de Guillaume 3, duc de Guyenne, comte de Poitou et abbé de St-Hilaire (75), aprenoit que Ingelelinus, son féal et vassal, seigneur de la Roche-sur-Yon, à qui ce comte avoit donné l'église qui estoit dans le bourg dudit lieu, employa le crédit dudit comte de Poitou auprès des chanoines de St-Hilaire pour luj faire bailler, par présent, le précieux corps de St Lienne (76). »

C'était jusqu'à présent la plus ancienne mention que nous eussions de ce saint. Mon inscription que personne n'a encore signalée, nous reporte à deux cents ans plus haut.

Elle a une autre importance : elle fixe auprès de la basilique de Saint-Hilaire-le-Grand le lieu d'inhumation de saint Lienne, que l'on plaçait communément, à la suite de l'annaliste Bouchet (77), dans l'église même de Saint-Ililaire-de-la-Celle.

je ne m'explique pas comment cette opinion a pu prévaloir en l'absence même de tout texte positif, elle est inacceptable.

Le titre de disciple de saint Hitaire est ce qui illustre et ce qui recommande saint Lienne aux yeux de la postérité. Or, si on place sa sépulture dans l'église de Saint-Hilaire-de-Ia-Celle, église dont l'emplacement, au dire des savants (78), était sis intra muros, on ne peut plus admettre son discipulat, et on est forcé de voir en lui un saint étranger, dont on aurait apporté d'ailleurs les reliques, à une époque donnée. Car, selon la juste remarque de dom Fonteneau en cet endroit des Mémoires du chanoine Rapaillon (79), la loi romaine qui défendait les inhumations à l'intérieur des villes était, au IVe siècle, en pleine rigueur, et, si Hilaire lui-même a dû recevoir la sépulture au milieu du cimetière commun, hors de l'enceinte urbaine, peut-on supposer qu'un simple prêtre, comme était Lienne, ait pu jouir d'un privilège qui semble avoir été refusé à l'évêque?

Mon inscription tranche la question jusque-là controversée, en plaçant auprès de la basilique de Saint-Hitaire-le -Grand l'oratoire où fut enterré et où reposait encore, au VIIIe siècle, pausat, le corps de saint Lienne.

il y aurait donc lieu de corriger la légende du Propre Poitevin en ce sens, et, à la place de « sepultus in sacello sancti Hilarii aedibus adjuncto »

Saint Lienne était très honoré dans la basilique de Saint-Hilaire on y faisait son office le 1er février, sous le rit semi-double ; il était mentionné dans les laudes chantées aux messes solennelles (80), et je conjecture que le nom de Lionet donné à une des principales cloches de la collégiale, au XVIe siècle, désignait notre saint (81).

Le frère Arnulfus, qui restaura l'oratoire de Saint-Elidius et de Saint-Lienne, était un moine de Saint-Hilaire, que nous retrouvons deux autres fois dans l'histoire de l'abbaye : en juillet 780, il signe un échange de terres et de serfs, consenti entre l'abbé Aper et Hermenbert, prieur de Nouaillé (82) ; il assiste, en 799, à la dédicace de ce dernier monastère, rétabli par Aton, et signe l'acte solennel qui en fut dressé (83), en compagnie de Madatfredus, autre moine de Saint-Hilaire, dont le musée de la Société des Antiquaires de l'Ouest possède l'inscriptiou tumulaire (84).

 

INSCRIPTION X. Pour l'église de saint. Pierre, apôtre.

Petrus apostolicus princeps pius adjuvet hic nos,

Cujus honore sacro constant haec tecta dicata.

Qui sibi commissum pastor conservet ovile,

Protegat atque regat donis eaelestibus illud,

Perpetuas nobis portas et pandat Olympi.

 

INSCRIPTION  XI. Pour l'hôpital.

Hic locus hospitibus pateat venientibus (85) ultro,

Semper erit quoniam susceptus in hospite Christus.

Sitque minister ovans fesso servire vianti,

Et lavare pedes peregrinis gaudeat ille.

Haec exempla dedit Christus pietatis amator :

Ille prior plantas lavavit discipulorum.

Haec faciens frater speret sibi praemia magna

In eaelis tribui, Christi praecepta secutus.

Semper amate Deum, fratres, et vosmet amate :

Diligit ille Deum, verus qui est fratris amator.

 

Je traduis ces vers tout simples qui respirent l'amour le plus pur pour les pauvres, et d'où s'exhalent les plus exquis parfums de la charité chrétienne. On fera aussi la remarque qu'au VIIIe siècle, comme de nos jours, l'office de portier du ciel était dévolu à saint Pierre.

Que le bienheureux Pierre, prince des apôtres, nous vienne ici en aide,

Sous ces toits sacrés élevés en son honneur.

Que, bon pasteur, il conserve le troupeau confie à ses soins,

Qu'il le protège et le gouverne par la grâce divine,

Et qu'il nous ouvre pour l'éternité les portes du ciel.

 

Que ce lieu soit ouvert à tous les hôtes qui viendront;

Car c'est toujours le Christ qu'on reçoit dans la personne des hôtes.

Que le frère ministre s'empresse avec joie de servir le voyageur fatigué,

Et de laver les pieds aux pelerins.

Le Christ, plein d'amour, nous a donné l'exemple de la charité :

Le premier il a lavé les pieds à ses disciples.

Qu'ainsi faisant, le frère espère qu'une grande récompense

Lui sera accordée dans le ciel, pour avoir suivi les préceptes du Christ.

Aimez toujours Dieu, mes frères, et aimez-vous les uns les autres :

Celui-ci aime Dieu, qui aime vraiment ses frères.

 

Il est impossible de ue pas reconnaître dans cette double inscription l'église de Saint-Pierre-l'Houstault, qui s'élevait à quelques pas de la basilique de Saint-Hilaire, et à laquelle était adjoint, à l'origine, un hôpital d'où elle a pris son surnom. Elle est mentionnée dans les chartes de la collégiale, dès 967 (86).

Je trouve chez l'historien Dufour, au sujet de cette église, une confusion inexplicable (87). L'église de Saint-Jean-1'Houstault dont il parle m'est complètement inconnue. Une chose est rendue évidente et certaine par nos inscriptions c'est que l'établissement hospitalier de Saint-Pierre existait à la fin du VIIIe siècle; il ne faudrait donc pas croire qu'il est dû à Guillaume-Fier-à-Bras, duc d'Aquitaine et abbé de Saint-Hilaire, qui, par sa charte de janvier 989, a fondé auprès de Saint-Hilaire un hôpital nouveau, ou a peut-être rétabli simplement l'ancien qui pouvait être ruiné (88).

Saint-Pierre-l'Houstault était église paroissiale dès le temps d'Alcuin, si l'on veut bien donner à ces deux vers un sens favorable.

Qui sibi commissum pastor conservet ovile,

Protegat atque regat donis caelestibus illud.

Elle le fut jusqu'à la Révolution. Le dernier édifice ayant servi au culte, bâtiment en forme de carré long, de fort triste apparence, subsiste encore, et se voit au centre de la rue, appelée comme l'église, et à cause d'elle, Saint-Pierre-l'Hospitalier il sert parfois aux usages religieux de la paroisse (89).

L'apôtre saint Pierre recevait aussi les honneurs du culte au sein de la basilique de Saint-Hilaire; son nom venait dans les Laudes après ceux de la sainte Vierge et de saint Michel (90), et deux fois l'an au moins, le mercredi des Cendres et le quatrième dimanche après Pâques, le chapitre visitait processionnellement l'eglise paroissiale de Saint-Pierre-l'Houstault (91).

 

INSCRIPTION XII. Pour l'oratoire de saint Martin et de saint Gelais, évêques.

Pontificalis apex, praeclarus in orbe sacerdos,

Virtutum meritis Martinus maximus auctor,

Haec sacrata sibi defendat tecta patronus,

Adjuvet atque preces nostras pietatis amore,

Ut Deus omnipotens famulorum vota suorum

Impleat, et donis eaetestibus augeat illos.

Sit pius et clemens nobis rex optimus ille.

Hac quoque jam pausat praesul Gelasius almus,

Clarus in urbe pater praesente, et doctor honestus,

Praecipuus meritis, vivax sermone salutis.

Hanc renovavit enim jam Gunduin presbyter (92) aulam,

Ductus amore patrum, tribuat cui praemia Christus

Mitis in aeternum felici in sede polorum.

 

Voici la plus intéressante de mes inscriptions. Les sept premiers vers regardent saint Martin, évêque de Tours, que le Poitou a le droit de revendiquer comme l'un de ses propres patrons, et dont le culte, au dire d'Alcuin, était, dès le temps, répandu dans le monde entier.

 La seconde partie de l'inscription nous occupera davantage. Elle est relative à l'un des premiers évêques de Poitiers, à saint Gelasius ou Gelais, qui vient dans la liste le troisième après saint Hilaire, et qu'on fait vivre vers le commencement du V° siècle.

Célèbre par le culte spécial qui lui a été rendu autrefois à Poitiers, et dont il jouit encore dans la paroisse qui porte son nom, aux environs de Niort, on ne sait rien sur lui, et il n'est connu que par les listes épiscopales plus ou moins anciennes que nous possédons. « Pour saint Gelais, disent les auteurs du Gallia christiana, nous ignorons quel il fut; nous lisons seulement que son corps reposait dans la basilique de Saint-Hilaire de Poitiers (93). » L'historien Dufour va jusqu'à émettre des doutes sur son épiscopat (94).

Au milieu de l'incertitude et de l'obscurité de l'histoire, le chercheur est heureux quand il peut mettre la main sur un document ancien, lumineux, authentique, qui éclaire, qui précise et qui fixe les faits d'une façon positive. Aussi j'éprouvai une véritable joie, lorsque je lus pour la première fois les vers d'Alcuin que je traduis littéralement :

 

Ici repose également le grand évëque Gelasius,

Père celèbre dans cette ville et docteur illustre,

Remarquable par ses mérites, zélé prédicateur de la parole du salut.

Le prêtre Gunduinus a rétabli cet oratoire,

Par amour pour ces deux Pères. Que le doux Christ

Lui accorde pour l'éternité sa récompense dans l'heureux séjour.

 

 Texte précieux, qui établit d'une manière certaine l'existence historique et l'épiscopat d'un de nos plus anciens pontifes, qui fournit sur un de nos saints les plus honorés un très bel éloge, bon à être inséré dans la liturgie, si jamais on compose pour saint Gelais un office propre.

A quelques exceptions près, on sait peu de choses sur la vie des premiers évêques poitevins, et l'existence historique du grand nombre n'a d'autre preuve que l'insertion de leurs noms dans tes catalogues manuscrits du XIIe siècle.

D'autre part, les documents écrits relatifs à l'histoire civile et ecclésiastique du Poitou, au Ve siècle, sont extrêmement rares. Hommes et choses de ce temps demeurent à peu près complètement ignorés, et le récit authentique qu'on en ferait tiendrait en moins d'une page.

Désormais, on pourra inscrire avec certitude soit dans les listes épiscopales, soit dans les annales de la province, le nom de l'évêque Gelasius et l'on devra relater le rôle civilisateur qu'il a joué.

A l'aide de mon inscription, je le vois, à l'entrée de ce V siècle si profondément bouleversé (95) poursuivant avec ardeur sur tous les points de son vaste diocèse, au milieu des irruptions des Barbares, l'œuvre essentielle de l’évangélisation, commencée par Nectaire, premier évêque des Poitevins, et continuée par Libère, Agon, Justin, et surtout par l'illustre Hitaire.

Après de longs travaux, l'évêque Gelasius s'endort en paix, ayant mérité, au témoignage d'Alcuin, le titre glorieux de prédicateur zélé de l'Évangile.

Mon inscription n'avait pas été signalée encore (96); elle peut être considérée comme tout à fait inédite.

Il ne reste plus trace de l'oratoire qui abritait les reliques de saint Martin et les restes vénérés de saint.Gelais. Je croirais qu'il était situé très près de la basilique de Saint-Hilaire, et qu'il aura été englobé dans la grande construction de 1049, comme celui de Saint-Lienne. Une ancienne chapelle de Saint-Martin, siège d'une chapellenie qui était à la collation du trésorier, existait dans l'église collégiale avant la Révolution (97) c'était peut-être un souvenir de l'oratoire disparu.

Le pieux Gunduinus, qui mit tant de zèle à relever l'habitation des deux saints, était un moine de Saint-Hilaire; car je retrouve sa signature à côté de celle d'Arnulfus, au bas de la charte de 780 que j'ai citée (98). Il dut mourir avant la fin du siècle, et Alcuin traça son épitaphe très louangeuse qui forme la vingt-troisième de mes inscriptions.

 

INSCRIPTION XIII. Pour l'autel de saint Côme et de saint Damien, martyrs.

Hac duo germani Cosmas, Damianus in ara

Jungnntur siquidem semper honore pari.

Quos terris genuit uno de viscere mater,

Par genuit fratres martyrinmque polo.

 

Le souvenir de ces saints s'est perdu dans la basilique de Saint-Hilaire; on ne les trouve mentionnés nulle part.

Je suppose plus loin qu'ils étaient honorés primitivement à un même autel, conjointement avec saint Gervais et saint Protais; en ce cas, le culte de ces derniers aura prévalu aux dépens du culte des premiers.

Saint Côme et saint Damien étaient deux frères nés en Arabie, qui pratiquaient ia médecine à Égée, ville maritime de la Cilicie il; subirent un glorieux martyre, sous l'empereur Dioclétien, l'an 287, plus probablement (99).

Ils ont joui dans toute l'Église, dès les premiers siècles, d'un culte célèbre. L'une des stations des fidèles, à Rome, se faisait à leur église. Les livres de la liturgie romaine contiennent leur office et leur messe propres, à la date du 27 septembre; et, ce qui est particulier à un petit nombre de saints, leurs noms sont insérés dans le canon de la messe.

Disons encore que les médecins et les chirurgiens les ont pris pour patrons, et que les Grecs leur donnent le surnom de ????, parce qu'on prétend qu'ils exerçaient leur art gratuitement.

Grégoire de Tours n'a pas manqué de constater le pouvoir surnaturel, attribué à saint Côme et saint Damien, de rendre la santé aux malades il parle de guérisons sans nombre obtenues de son temps par leur intercession; il marque qu'il plaça lui-même de leurs reliques, à Tours, dans la cellule qu'avait habitée saint Martin, auprès de l'église cathédrale (100).

Ces saints martyrs étaient honorés sur plusieurs points du pays poitevin (101).

 

INSCRIPTION XIV. – Épitaphe de Jean, évêque de Poitiers, et d'Aper, abbé de Saint-Hilaire.

Hujus hic pausat praeclarus episcopus urbis

Nomine Johannes, vir pins atque honus.

Hic requiescit Aper, hujus venerabilis abbas

Ecclesiae, pastor promptus in omne bonum.

Sed pedibus populi fuerant calcata sepulchra,

Nec paries cinxit, ut decuit patribus.

Hoc Ato non suffert, Aperi successor honoris,

Corpora calcari sacra patrum pedibus ;

Sed monumenta brevi placuit concingere muro,

Pervia ne populi busta forent pedibus;

Addidit et nostrae statuit pia signa salutis,

In quo Salvator victor ab hoste redit.

insuper altare statuit venerabile Christo,

In quo pro patribus hostia sacra foret,

Ut Deus omnipotens requiem concederet illis,

Cum sanctis pariter semper in arce poli.

 

 

C'est la plus connue de mes inscriptions; elle a été indiquée et citée par les auteurs à plusieurs fois (102). La restitution du texte, publié par Duchesne d'une manière inexacte, est due à dom Mabillon. Je prends plaisir à redonner en français ce poème curieux.

Ici repose l'illustre évêque de cette ville

Nomme Jean : homme pieux et bon.

Ici repose Aper, vénérable abbé de cette église,

Pasteur zélé pour toute sorte de bien.

Les tombeaux de ces Pères étaient foulés aux pieds par le peuple,

Faute d'une balustrade pour les protéger, comme il convenait.

Aton, le successeur d'Aper dans la dignité abbatiale, ne put souffrir

Que les corps sacrés de ces Pères soient ainsi foulés aux pieds :

Il s'empressa d'entourer les monuments d'une balustrade en pierre,

Pour les mettre à l'abri de la profanation des passants.

Il plaça là, en outre, le signe sacré de notre salut,

Sur lequel le Sauveur est demeuré vainqueur de l'Ennemi.

Il y a aussi élevé au Christ un autel,

Où la victime sainte puisse être immolée pour ces Pères,

Afin que Dieu tout-puissant leur accorde le repos éternel

Avec les saints, dans la demeure céleste.

 

Jean II, évêque de Poitiers, ligure sur les listes épiscopales, immédiatement avant Bertrand, qui est mentionné dans la charte de fondation de l'abbaye de Charroux, charte datée de l'année 785 (103).

 On ne sait rien de ses actes, et, en dehors des catalogues, il n'est connu que par notre inscription.

Alcuin dit simplement de lui : Vir pius atque bonus. Ces quatre mots valent le meilleur des panégyriques. Que peut-on dire, en effet, de plus beau, à la louange d'un évêque, que ceci « Il fut pieux et bon. Après cela, Jean II a le droit de prendre place parmi les pontifes qui ont le plus illustré, par leurs vertus, le siège épiscopal de Poitiers. Aper est rangé au nombre des abbés de Saint-Hilaire entre Abbon, qui paraît en 775 (104), et Aton, qui vient en 794.

On pense qu'il est le même personnage que Jepro ou AEpro, désigné dans deux chartes de l'année 780, comme abbé de Saint-Hilaire (105). Outre qu'il y aurait lieu d'invoquer, à l'appui de ce sentiment, la similitude approchante des formes onomastiques Aper et Jepro, AEpro, l'inscription d'Alcuin dit en termes clairs qu'Aton est le successeur d'Aper : Hoc Aton non suffert, Aperi successor honoris. Jepro ne peut donc être différent d’Aper.

L'abbé Aper se montre la première fois, en 780, à propos d'un échange de terres et de serfs, qu'il conclut avec Hermenbert, alors préposé au gouvernement du petit monastère de Nouaillé. Le précieux parchemin qui contient le texte original du contrat se conserve dans les Archives départementales de la Vienne; il est malheureusement un peu rongé par le temps.

 Au bas de l'acte, s'étalent les signatures autographes de l'abbé Aper et de dix-huit de ses moines, toutes accompagnées de notes tironniennes et de paraphes très compliqués. Nous y retrouvons celles d'Arnulfus et Gunduinus, deux personnages dont il a été question dans les inscriptions précédentes (106).

Un fait plus important a mis davantage en lumière le nom de l'abbé Aper.

Paul Warnefrid, plus connu sous le nom de Paul Diacre, avait été attiré en France par Charlemagne, pour son profond savoir dans lit littérature grecque et la littérature latine (107). Après plusieurs années passées à la cour, enseignant le grec aux clercs du roi franc, revisant les livres liturgiques, compilant les ouvrages des anciens grammairiens, le moine lombard voulut visiter la France. A Metz, où il séjourna quelque temps, il rédigea, à la demande de l'évêque Angelramne, l'Histoire des Evêques de cette ville.  

Il vint à Poitiers, ainsi qu'il le raconte lui-même au livre n, chapitre 13 de ses Gesta Longobardorum. Là, il s'empressa d'aller prier au tombeau de l'évêque Fortunat, dont il se glorifiait, c'est tout à croire, d'être le compatriote. Car tous les deux étaient originaires de la Haute-Italie, et avaient vu le jour dans des pays voisins, situés, l'un aux environs de Trévise, l'autre quelque distance d'Aquilée (108).

L'abbé Apcr, profitant de l'occasion, pria t'illustre visiteur, dont le renom littéraire avait pénétré jusqu'en Aquitaine, de laisser, en souvenir de son passage, quelques vcrs pour orner la sépulture de l'évoque, poète comme lui.

Alors Warnefrid, invoquant sa muse, composa une épitaphe en douze vers, restée célèbre; c'est le plus ancien monument connu, qui établisse la sainteté de Fortunat, et qui constate l'existence de son culte, à cette époque reculée.

 J'aurai soin de reproduire ce texte précieux, plus loin, en un lieu où il sera plus à sa place. Ceci devait se passer vers 785 (109) on aurait, dans cette hypothèse, un nouvel argument én faveur de l'identité d'Aper et de Jepro. Le soin qu'Aton mit à enclore d'une balustrade les tombeaux de Jean et d'Aper donne à penser que, tout en agissant pour un motif de religion et par un pieux respect pour les morts, l'abbé de Saint-Hilaire avait à cœur aussi de veiller à la conservation matérielle de ces monuments funéraires, monttmenta, comme dit Alcuin, qui devaient être construits avec art et ornés de riches sculptures.

Il faut dire que des auteurs poitevins (110), se trouvant en présence d'une inscription unique pour deux sépultures, ont cru que nos morts n'avaient pas eu chacun un tombeau séparé ils ont prétendu «  qu'ils avaient été inhumés, tous les deux, dans un bisome,  espèce de tombeau où chaque mort a sa place particulière ».

Cette opinion me sourirait assez, si les expressions employées par Alcuin n'avaient l'air d'y contredire.

Toutefois, le fait des deux sépultures rapprochées l'une de l'autre, comme à dessein, pourrait faire supposer qu'un lien intime, soit d'étroite amitié, soit même de parenté, a dù unir pendant leur vie ceux que l'on a cherché à réunir après leur mort.

C'est pourquoi, je croirais volontiers que c'est à l'autel élevé par Aton près de leurs tombeaux que se rapportent l'inscription qui précède et l'inscription qui suit celle de Jean et d'Aper, c'est-à-dire l'inscription de saint Côme et de saint Damien, frères et martyrs, et l'inscription de saint Gervais et de saint Protais, également frères et martyrs. Dans ma conjecture, Aton, en dédiant le nouvel autel à ces sortes de saints, aurait voulu faire allusion aux rapports qui avaient existé entre les illustres défunts.

A propos des derniers vers de notre épitaphe, je ferai remarquer aussi, avec dom Frobcn Forster, que nous trouvons là une belle preuve en faveur de la coutume, immémoriale dans l'Église chrétienne, de prier pour les morts et d'offrir pour eux le saint sacrifice.

 

INSCRIPTION XV. Pour l'autel de saint Gervais et de saint Protais, martyrs.

Gervasius martyr simul atque Protasius almus

Hac duo germani pariter venerantur in ara;

Quos tulit una dies terris simul unaque caelo,

Martyrio similes, similes fervore fidei.

La basilique de Saint-Hilaire possédait un autel de Saint-Gervais et de Saint-Protais, auquel une et même deux chapellenies étaient attachées, si on en croit les pouillés « Capellania fundata ad altare sanctorum Geruasii et prothasii, per defunctum Dominum Petrum de Gammara » ; « Capellania Duchafaut, ad altare dictorum Geruasii et Prothasii (111) »

D’après Actes, qui remontent à une haute antiquité, saint Gervais et saint Protais, frères jumeaux, furent martyrisés à Milan, sous l'empereur Néron, premier persécuteur des chrétiens (112). Ce fut par suite d'une révélation divine que saint Ambroise découvrit leurs corps profondément enterrés, mais parfaitement conservés. Le fait de cette intention merveilleuse et les miracles qui l'accompagnèrent répandirent le culte de ces saints dans tout le monde chrétien et surtout dans les Gaules. Tout près de nous, à Tours, en particulier, une église était bâtie en leur honneur, dès le V siècle (113).

Les reliques de saint Gervais et de saint Protais, de nouveau perdues durant le cours du moyen âge, ont été de nouveau retrouvées, le 9 août 1871, avec celles de saint Ambroise, sous le grand autel de la basilique Ambroisienne, à Milan (114).

De bonne lieure, les deux martyrs ont été classés parmi les saints qui doivent être honorés d'une manière spéciale dans t'Eglise universelle. Le bréviaire et le missel romains contiennent leur office et la messe de leur fête, qui se célèbre le 19 juin.

L'ancien Poitou comptait, à ma connaissance, sans parler des chapelles, cinq églises paroissiales placées sous leur vocable : celle de Saint-Gervais, canton et arrondissement de Ruffec, département de la Charente; celle de Saint-Gervais, canton de Beauvoir-sur-Mer, département de la Vendée; celle de Civaux, canton de Lussac-les-Chateaux; celle de Saint-Gervais, canton de Leigné-sur-Usseau; et celle de Saint-Gervais de Curcay, canton des Trois-Mouticrs, département de la Vienne (115).

Plus haut, j'ai dit que l'autel élevé par l'abbé Aton auprès des tombeaux de Jean et d'Aper pourrait bien être celui de Saint-Gervais et de Saint-Protais, dont l'inscription nous occupe en ce moment. On verra si ma conjecture a de la vraisemblance.

 

INSCRIPTION  XVI. Pour la porte de la basilique de Saint-Hilaire.

Porta domus Domini haec est et regia caeli,

Haec tibi pandit iter sancti et sacraria templi,

Quo (116) mox invenies magnos requiescere Patres.

Sit tibi spes precibus horum praeclara salutis :

Si tu corde pio, prostrato et corpore poscis,

A Christo scelerum veniam, peccator, habebis.

Nullatenus dubius sacri tere limina templi :

Omnia credenti praestat pia gratia Christi.

Fecerat has valvas arae pius abba minister,

Ut mandavit Ato fratrum venerabilis abbas.

Ingrediens templum pro quo intercede, viator,

Ut Deus omnipotens illum conservet ubique.

 

Le troisième et le quatrième vers démontrent clairement qu'il ne convient pas d'attribuer cette inscription à l'église de Nouaillé, comme a fait le second éditeur d'Alcuin.

Elle venait d'être relevée de ses ruines par Aton, et, malgré les généreux efforts de celui-ci, elle n'avait pu être rebâtie avec toute la splendeur désirable, puisque, trente ans plus tard, une nouvelle construction fut jugée nécessaire pour être plus en rapport avec l'accroissance du monastère.

Sa crypte ne possédait pas encore le corps de saint Junien, et aucun autre saint n'avait été enterré sous les dalles neuves (117).

 Mais vieille et auguste était déjà, au temps d'Alcuin, la basilique de Saint-Hilaire. Bâtie au milieu du cimetière chrétien primitif (118), elle garde dans son sein et elle abrite de son ombre séculaire les restes sacrés de nos pères dans la foi. Nulle part, en Poitou, la terre n'est aussi sainte en aucun lieu, autant de saints n'ont laissé avec leurs ossements vénérés leur nom et leur souvenir glorieux. Elle est la nécropole sacrée de la cité épiscopale.

C'est là que dorment en paix, au nord et au midi de la basilique, groupés autour des cellae (119) sépulcrales des évêques Nectaire (120) et Agon (121), ces premiers chrétiens, qui eurent le courage d'abjurer le culte national des idoles, et qui se séparèrent de leurs concitoyens pour embrasser la religion du Christ.

Dans la basilique, Hilaire repose glorieusement entre sa sainte femme et sa pieuse fille Apra, ayant non loin de lui son disciple bien aimé, saint Lienne, et la vierge Triaise (122), qui reçut de ses mains bénies le voile des diaconesses.

 

Saint Libère, saint Justin, saint Gelais, saint Quintien (123), saint Fortunat, Jean II, presque tous les évêques de Poitiers jusqu'au IXe siècle, viennent mêler leurs dépouilles sanctifiées par la vertu et la religion à cette terre trois fois sainte (124) : exceptons saint Anthème, regardé comme martyr par quelques-uns, lequel mourut et fut enterré à Jonzac, près de Saintes, et saint Pient, mort, dit-on, à Melle et inhumé dans cette ville.

Des évêques étrangers, Thaumaste, dont parle avec éloge Grégoire de Tours (125), et Elidius y élisent leur sépulture, sur laquelle les peuples viennent bientôt en foule s'agenouiller et prier des abbés et des moines vénérables, comme Aper et Gauduinus, y sont inhumés avec pompe sans compter la foule des fidèles, morts dans les âges de foi, qui se presse, nombreuse, sous le sol, au dedans et au dehors de la grande basilique poitevine.

Alcuin qui, de ses yeux, voyait encore debout et en place, et ces édicules funéraires, et ces tombeaux, et ces inscriptions toutes choses depuis longtemps à jamais disparues, hélas ! Alcuin pouvait les signaler l'admiration et à la vénération du pieux visiteur, il pouvait évoquer les ombres de tous ces grands personnages enterrés là :

Quo mox invenies magnos requiescere Patres.

Sit tibi spes precibus horum paeclara salutis

D'après l'inscription, ces portes (126), qui pouvaient être quelque ouvrage remarquable, avaient été exécutées, sur l'ordre d'Aton, par l’abbé-ministre (127) : ce qui marque peut-être qu'Aton était, pour lors, monté sur le siège épiscopal de Saintes, et qu'il avait établi un administrateur pour gouverner le monastère en son absence et à sa place, mais sous son autorité et sous sa direction. Ainsi, il est le premier, d'après les textes, qui joignit à la charge d'évêque celle d'abbé de Saint-Hilaire.

Dans le cours du IXe siècle, trois évêques de Poitiers possèdent l'abbatiat Fridebestus, qui siègea en 834, Ebroin son successeur, et Egfredus, mort en 900.

Après cela, le titre d'abbé de Saint-Hilaire, titre devenu dans la suite purement honorifique, passa abusivement aux comtes de Poitou, et de ceux-ci aux rois de France (128).

Les derniers vers de cette inscription, gravée à l'entrée de la basilique, exposée à tous les regards, sont une marque de l'affection qu'Alcuin portait à Aton, et une preuve de leur amitié commune le bon abbé de Saint-Martin de Tours invite le pieux voyageur, le pèlerin, viator, venant pour visiter le tombeau de saint Hilaire, à prier pour le vénérable abbé Aton, afin que Dieu, dans sa toute puissance, le conserve où qu'il soit, ubique.

 

INSCRIPTION  XVII. Pour l'oratoire de saint André, apôtre.

Discipnlus Christi verus primusque secutor

Haec regat Andreas tecta sacrata sibi.

Adferat auxilium nobis habitator Olympi,

Ut nostrae ad Christum perveniant lacrymae,

Exaudire pius caetesti Christus ab arce

Dignetur famulos semper ut ille suos.

 

Je crois pouvoir très justement identifier l'oratoire de Saint-André, célébré par Alcuin, avec la chapelle ou église de Saint-André qui s'élevait autrefois un peu eu avant de la basilique de Saint-Hilaire (129), et dont la démolition fut ordonnée par le chapitre, en 1772, à cause de l'état de ruine où elle se trouvait (130). La double inscription suivante, gravée sur les deux faces d'une plaque de plomb (haut. 08 c. 003 millim. et larg. 12 c. 005 millim.), a été trouvée, à cette époque, sous la table de l'autel (131).

Face supérieure.

HEC SVNT RELIQViE SCOR MRM

VRBANI PAPE ET  MRIS

CRISANTI ET DARIE MRM

SCI HIRENEI MARTIRIS

ANNO AB INCARNACIONE   DNI M C LX II

IN HOC ALTARI REPOSITE IIII KL SEPT

Revers.

HEC RELIQVIE IN HOC ALTA

RI FVERVNT IN DEDICACI0

NE ECCLIE  REPOSITE

PETRVS AVRIENSIS EPS CANONI

CVS SCT HILARII  COSECRAVIT  ECCEIA

 

En cette année 1162, un acte important, consenti entre divers nobles personnages, est dressé en présence de Gervais, trésorier de Saint-Hilaire, apud Pictavim juxta ecclesiam beati Andree  (132).

Maître Jean de Coussai, chanoine de la collégiale, par son testament du 29 novembre 1263, laisse un legs en faveur de Pierre chapelain de Saint-André : «  Item do lego prebendam meam futuram bladi et vini…domino Petro capellano sancti Andree (133) »

 C'est à cette même chapelle, sans nul doute, qu'un autre chanoine, Giraud de Farges, fait une donation plus importante, vers la fin du XIVe siècle. Une maison ou hôtel dit de Saint-André, situé dans la rue de la Tranchée, est indiqué par plusieurs titres du chartrier de la collégiale comme dépendant de la chapelle fondée par lui, et appelée de son nom (134).

Toujours est-il que des deux chapellenies de Saint-André mentionnées par les pouillés à Saint-Hilaire, il y en avait une sûrement qui était encore desservie, au dernier siècle, en notre oratoire (135). Lorsqu'on le démolit, en 1772, on transporta le service à l'intérieur de la collégiale, à l'autel de Saint-Fortuné (136).

J'ajouterai que saint André jouissait d'un certain culte dans l'église de Saint-Hilaire. Il est à croire qu'aucun autel ne lui était spécialement consacré mais les Laudes solennelles (137) faisaient mention de lui, et le clocher, au XVIe siècle, possédait une cloche du poids de trois mille, qui portait son nom (138).

 

INSCRIPTION XVIII. Épitaphe de Fortunat, poète chrétien.

Hac qunque praesenti praesul requiescit in aula

Fortunatus enim vir, decus ecclesiae,

Plurima qui fecit sanctorum carmina metro,

Concelebrans sanctos laudibus hymnicidis.

Qui sermone fuit nitidus sensuque fidelis,

Ingenio calidus, promptus et ore suo.

 

En regard des vers d'Alcuin, mettons ceux que l'enthousiasme et l'admiration pour un compatriote, évêque et poète renommé en son temps, a inspiré à Paul Warnefrid, qui se piquait, lui aussi, de cultiver avec succès les muses latines.

En ces siècles de barbarie, Paul Warnefrid, en effet, passait pour un Virgile, aux yeux de ses contemporains. On sait qu'il est l'auteur de l'hymne « Ut queant laxis », adoptée par l'église pour l'office de saint Jean-Baptiste, et devenue fameuse dans l'histoire de la musique c'est de la première strophe que le moine Gui d'Arezzo a tiré les syllabes qui servent à dénommer les notes de la gamme.

Voici l'épitaphe métrique, dictée par la muse du poète lombard, en l'honneur de Fortunat :

Ingenio clarus, sensu celer, ore suavis,

Cujus dulce melos pagina multa canit,

Fortunatus, apex vatum, venerabilis actu,

Ausonia genitus hac tumutatur humo.

Cujus ab ore sacro sanctorum gesta priorum

Discimus : haec monstrant carpere lucis iter.

Felix, quae tantis decoraris, Gallia, gemmis,

Lumine de quarum nox tibi tetra fugit.

Hos modicos prompsi plebeio carmine versus,

Ne tuus in populis, sancte, lateret honor.

Redde vicem misero ne judice spernar ab aequo,

Eximiis meritis posce, beate precor (139).

 

On voit par tes termes « hactumulatur humo », que les vers de Paul Diacre étaient destinés à être placés sur le tombeau même de Fortunat.

L'inscription d'Alcuin, composée sur le vu de la précédente, plus courte qu'elle de moitié, concise à dessein, faisant effort pour ne pas répéter sa devancière, ne me semble pas avoir eu la même destination ; d'après l'expression : « Hac….praesent….in aula », je présume qu'elle devait être fixée sur les murs de la chapelle où était renfermée la sépulture de l'évoque, dans le but de l'indiquer aux yeux du pèlerin et du visiteur.

Cependant, la poésie d'Alcuin a cela de remarquable qu'elle est, par ordre de date, le troisième document qui accorde à Fortunat le titre d'évêque, titre que des auteurs modernes lui ont contesté bien à tort (l40).

On relèvera aussi d'expression : «  decus ecclesiae la gloire de l'Église. »

Par ses hymnes sacrées, que chante encore l'Église universelle, par ses poésies inspirées et brillantes, en l'honneur de Dieu et des saints, le dernier des poetes latins a jeté sur son nom et sur la ville qui l'a accueilli dans son sein une illustration impérissable. L'épitaphe tracée par la main d'Alcuin a été peu citée; je la trouve reproduite seulement par le cardinal Luchi (141).

 

Après saint Hilaire et sainte Radégonde, saint Fortunat est le plus illustre des saints de l'Église de Poitiers, et il a toujours été l'un des plus honorés d'entre eux.

Dans la basilique de Saint-Hilaire, l'office de sa fête se célébrait solennellement chaque année à son jour propre, le 14 décembre ; son nom était inscrit à côté de celui de saint Hilaire, dans les Laudes ou Acclamations que l'on chantait avant l'épitre, à certaines fêtes, ainsi que je l'ai déjà dit plusieurs fois (142). Une des quatre cloches était placée sous son vocable (143). Une très riche châsse contenait ses restes précieux (144). Une chapelle située du côté du nord, auprès du clocher (145), lui était dédiée, et était le siège de deux chapellenies (146). On y conservait encore son tombeau, vide sans doute, en 1562, époque où il fut violé et brisé par les protestants, ainsi qu'il est établi dans les Faits et moyens articulés par les chanoines de la collégiale contre les auteurs du pillage de leur église, pour obtenir réparation du dommage qu'ils avaient éprouvé « ….tous lesdicts huguenots et séditieux. ….arrachèrent et ouvrirent et bruslèrent les tumbeaux des corps saincts de ladicte église, et mesmement les tumbeaux de sainct Hilaire, sainct Fortuné, sainct Fridolin, et d'aultres chrestiens et grands personnages….. (147) »

Dreux du Radier, qui écrivait en 1734, dit que, « vers le Chevet de l'Eglise, il a vu les restes de son Tombeau (148). »

J'ajouterai encore que le culte de saint Fortunat, aujourd'hui fort diminué, semble avoir été très répandu autrefois dans l'Aquitaine.

Pour le sûr, trois paroisses de l'ancien diocèse de Saintes et plusieurs chapelles du diocèse de Poitiers, portant le nom de Saint-Fort, avaient pour patron liturgique l'évêque de Poitiers (149). D'après cela, on serait amené naturellement à se demander si le nom de Fort ne résulte pas par apocope de celui de Fortunat, et, par suite, si le saint Fort de Bordeaux, évêque et martyr, dont les actes demeurent tout à fait inconnus, mais dont le culte reste très populaire entre la Loire et, la Garonne, et même au delà de ces deux fleuves (150), n'est pas le même que notre saint Fortunat de Poitiers.

Question grave et importante que l'hagiographe bordelais devra étudier aussi bien que l'hagiographe poitevin, et qui réclame de leur part, non une solution complète, difficile à obtenir quant à présent, mais une certaine élucidation, possible, à mon avis, au moyen de recherches sérieuses et impartiales.

 

INSCRIPTION XIX. Pour l'autel de saint Étienne protomartyr.

Nobilis hac Stephanus colitur protomartyr in ara,

Vim faciens caelo, dum prior astra petit.

A terra ad caelum lapidum sibi grandine scala

Haec erat, ut Christum cerneret arce poli.

 

La basilique de Saint-Hilaire contenait un autel de Saint-Etienne où le chapitre allait en procession tous les dimanches de l'année, excepté pendant le temps pascal.

Voici l'ordre de cette procession : Après l'aspersion, on se rendait successivement à l'autel de la Trinité, à l'autel de la sainte Vierge, à l'autel de Saint-Etienne, à l'autel de Saint-Jean et à l'autel de Tous-les-Saints à chaque station, on chantait l'antienne, le verset, le répons et l'oraison propres; puis on rentrait dans le chœur où on chantait également un répons, un verset et une oraison en l'honneur de saint Hilaire (151).

Une chapellenie, à la collation du trésorier du chapitre, était desservie à l'autel de Saint-Etienne (152). Enfin, saint Etienne était un des douze saints que comprenaient les Laudes de Saint-Hilaire (153).

Ce petit poème contient une image pittoresque qu'il ne faut pas laisser passer inaperçue. « La grêle de pierres qu'on fit pleuvoir sur le premier des martyrs, dit heureusement le poète, lui servit comme d'une échelle pour monter au ciel. »

 

 

INSCRIPTION XX. Pour l'autel de saint Jean, évangéliste.

Hoc altare tenet Christi symmista (154) Johannes,

Qui super in caena pectora sancta cubat.

Qui secreta poli sacro de fonte bibebat,

Hanc totam precibus protegat ille domum.

 

Cet autel de Saint-Jean-l'Evangétiste, orné par Alcuin d'une inscription en quatre vers, je le trouve existant dans la basilique de Saint-Hilaire, au mois de mai 988-996.

Par un bail à complant, Rainon, sous-doyen de la collégiale, concède à Salomon, chantre de la même église, deux pièces de terre d'égale contenance, sous certaines conditions, et l'acte est dit souscrit dans la basilique de Saint-Hilaire, près de l'autel de Saint-Jean-l'Évangéliste « Jam nominatus Raino et Arbertus hanc chartam firmaverunt in ecclesia domni Hylarii justa altare sancti Johannis evangeliste (155). »

Le présent texte, ancien comme l'on voit, confirme pleinement ce que j'ai avancé, à savoir que les dix autels dont Alcuin donne ici les inscriptions avaient leur place au sein de la basilique de SaintHilaire.

Un titre du 8-27 juillet 1577 nous montre l'autel de Saint-Jean-l'Evangéliste s'élevant dans une chapelle de ladite basilique (156).

La procession, qui avait lieu avant la messe, y faisait une station tous les dimanches de l'année, hors ceux du temps pascal (157).

La chapelle de Saint-Jeau-l'Evangéliste était aussi le siège d'une chapellenie, à la collation du trésorier (158).

  

INSCRITION XXI. Pour l'autel des saintes Vierges-Martyres.

Virginibus sacris hoc est altare dicatum,

Corpora nam quarum templa fuere Dei.

Sanguine vel roseo caeli quae regna tenebunt,

In fragili sexu fortia bella gerunt.

 

Les pouillés et les documents de Saint-Hilaire sont muets sur cet autel ; du moins mes recherches n'ont pu me faire rien découvrir.

 

INSCRIPTION  XXIL Pour l'autel de tous les saints Martyrs.

Martyribus, mundum quinam vicere triumphis,

Omnibus haec praesens ara dicata micat.

Per gladios, ignes, et per tormenta, flagella

Mentibus intrepidis regna beata petunt.

 

Dans cet autel de tous les Saints-Martyrs, je crois reconnaître l'autel que les pouillés et les titres de saint Hilaire désignent sous le vocable de Tous-les-Saints; uue chapellenie du même nom, à la collation du maître-école, y était desservie: « Capellania omnium Sanctorum est ad collationem Domini Scholostici (159) »

De plus, on allait en procession à cet autel, tous les dimanches de l'année qui tombaient en dehors du temps pascal; les formules liturgiques qu'on chantait à cette station ont trait absolument aux saints martyrs (160).

On sait que la fête instituée, en 835, en l'honneur de tous les Saints, par le pape Grégoire IV, et célébrée le 1er novembre, chez les Latins, n'a fait que remplacer la fête de tous les Martyr, établie, en 609, par Boniface IV, lors de la dédicace du Pantheon de Rome, converti en église, sous le nom de Sainte-Marie-aux-Martyrs, dite vulgairement Notre-Dame-de-la-Rotonde.

 

 

INSCRITPION XXIII. Épitaphe de Gunduinus, moine.

Haec diruta quidem renovavit templa sacerdos

Gunduinus magno ductus amore Dei,

Justitiae cultor, vitœ melioris amator,

Providus ingénie, cautus in eloquio.

Reddat in aeternum mitis (161) cui praemia Christus:

Illius hic corpus pausat in hoc tumulo.

 

Dom Froben Forster se demande si se prêtre nommé ici Gunduinus est le même que celui qui est appelé Gunduin dans l'inscription de l'oratoire de Saint-Martin et de Saint-Gelais.

Il est hors de doute pour moi que c'est le même personnage. Représenté par Alcuin, en ces deux endroits, comme un zélé reconstructeur d'églises, les mêmes expressions à peu près sont employées, ici et là, pour louer ses généreuses entreprises, exécutées par amour pour Dieu, et pour lui souhaiter la récompense du ciel, seule digne de ses travaux.

Gunduinus était moine à Saint-Hilaire, ai-je dit plus haut; en effet, nous le voyons, dès l'année 780, au mois de juillet, apposant, le troisième, sa signature orthographiée Gundoenus, au bas de l'acte d'échange consenti entre Aper et Hermenbert (162).

Ce n'était pas seulement un homme habile en l'art de la construction il se distinguait encore par sa haute vertu

Aimant et pratiquant la justice, soupirant après une vie meilleure; Prudent en ses actions, sage en ses paroles.

Pour tout cela, il fut inhumé avec honneur dans la basilique de Saint-Hilaire, et il mérita une épitaphe en vers et l'éloge d'Alcuin.

 

INSCRIPTION  XXIV. Pour l'église du monastère de Nouaillé, dédiée à la sainte Vierge.

Haec loca quae cernis, lector, venerabilis aulae

Partibus ecclesiae, fuerant ecclesia quondam.

Sed pater et pastor supplex Ato sustulit ista

E terris (163), quoniam nimio dilexit amore,

Virgo Maria, Dei genitrix tu intacta Tonantis,

Tu regina poli, vitae spes maxima nostrae :

Ut tibi cultus, honor fieret memorabilis isthic,

Tu quoque respiceres solita pietate precantes

Hic famulas famulosque Dei, mitissima Virgo.

Tu precibus nostris semper clementer adesto,

Atque dies nostros precibus rege semper ubique,

Ut nos conservet Jesu pia gratia Christi.

 

Une petite celle, dépendante du monastère de Saint-Hilaire, existait à Nouaillé, dès le VIIe siècle au moins, puisque l'évêque Ansoald est cité au nombre de ses bienfaiteurs.

Ruinée sans doute, ainsi que tant d'autres établissements religieux, pendant la guerre d'Aquitaine, le pieux et zélé Aton entreprit de la relever et de l'ériger en monastère.

Les travaux achevés et la dédicace célébrée solennellement, Alcuin composa, à la demande du noble fondateur, son ami, cinq inscriptions, restées comme un faible souvenir d'événements lointains, à demi oubliés. Mabillon, tout le premier (164), a reconnu que ces inscriptions intéressantes se rapportent au monastère de Nouaillé, et qu'elles ont trait à la restauration accomplie par Aton.

Il y faut attacher d'autant plus de prix qu'en dehors d'elles, deux chartes, que je dois faire connaître, sont les seuls documents capables de nous renseigner sur ce fait important qui fut, pour le monastère en question, le point de départ d'une existence nouvelle et plus florissante.

La première est un diplôme de Louis, roi d'Aquitaine, donné le 3 août 794, par lequel il prend sous sa protection la nouvelle fondation.

Le prince, dans un haut et noble langage, dit « Qu'il lui semble juste que le pouvoir royal accorde son appu iaux bons catholiques, aux prêtres, aux clercs et aux pauvres, qui ont recours à sa clémence; car il est persuadé que le Christ, dans sa divine miséricorde, l'écoutera d'autant plus favorablement qu'il aura mieux accueilli les légitimes demandes de ceux-ci. Que le seigneur Aton, diacre et abbé du monastère de Saint Hilaire, homme magnifique et son parent, lui a présenté les edits du très glorieux roi Charles, son père, qui prescrivaient d'établir des moines, devant vivre selon la règle de Saint-Benoît, dans la petite celle de Nouaillé, dépendante de Saint-Hilaire et située en un lieu, très propice pour loger les serviteurs de Dieu et pour recevoir les pauvres.

 Que ledit abbé Aton, homme vénérable, son parent, très fidèle sujet du seigneur son père et de lui, l'a suplié de confirmer la nouvelle fondation et les biens qui en dépendent, biens donnés soit par Aton lui-même, soit par Hermenbert, préposé au gouvernement de ladite celle, soit même antérieurement par les évêques de Poitiers, Ansoald, Eparchius et Gausbertus, ou bien par de pieux fidèles. Qu'il confirme de grand cœur, toutes ces possessions, par révérence pour le bienheureux patron Saint-Hilaire, qu'il exempte les moines des charges publiques et de la juridiction de ses envoyés, ministres et employés, et cela, dans l'espérance qu'ils seront plus empressés de prier Dieu pour la conservation de son royaume (165). »

 

 

Le rescrit royal est souscrit par l'évêque Regimpertus (166), chapelain de Louis, et par plusieurs seigneurs de sa cour; il fut donné dans le palais royal de Jocondiac (167), en Limousin, le 3 des nones d'août, la XXVe année du règne de Charlemagne, et la XIV année du règne de Louis d'Aquitaine.

On voit là que l'abbé Aton est diacre, personnage distingué, de noble extraction, puisque le roi Louis, par deux fois, l'appelle son parent. Mabillon suppose que l'abbé Aton se rattachait par les liens du sang à la reine Hildegarde, mère de Louis le Débonnaire, et que, par conséquent, il était parent du jeune prince par alliance (168).

Les édits, statuta, invoqués ici, nous paraissent être les lois capitulaires édictées par Charlemagne pour le rétablissement des églises et des monastères ruinés par les dernières guerres.

En 768, Pépin, rendu définitivement maître de l'Aquitaine par la mort de Waifre, s'était empressé, en politique sage et avisé, de publier une sorte d'édit de pacification élaboré, l'année précédente, dans le synode tenu à Bourges.

Ce fut pour longtemps comme la loi constitutive du pays Aquitain les premiers articles ont trait à la restauration des églises et des monastères et au rétablissement de la discipline ecclésiastique, car l'Église avait beaucoup souffert, au milieu de luttes prolongées, qui avaient jeté partout le désordre (169).

Charlemagne rappela plusieurs fois la loi de son père, et en recommanda fortement l'observation, notamment, en 779, dans le capitulaire donné à Héristal, en Belgique (170) ; et nous voyons encore qu'en 789, il charge spécialement ses Missi Dominici de s'assurer avec soin si elle était mise à exécution (171).

C'est sous l'influence de cette loi fondamentale qu'une ère heureuse de renovation religieuse et sociale s'ouvre pour le nouveau royaume d'Aquitaine c'est en vertu de prescriptions toujours en rigueur, qu'en Poitou, par exemple, nombre d'églises et plusieurs monastères furent rebâtis, et que des établissements nouveaux furent créés (172).

Enfin c'est, à mon avis, l'exécution rigoureuse de cette loi, qui, plus que toutes les libéralités royales, a fait que le nom de Chalemagne est resté attaché à tant de fondations religieuses (173).

Muni du diplôme royal, dont je viens de donner un bref commentaire, Aton met aussitôt la main à l'œuvre de la reconstruction projetée. Il est activement aidé par Hermenbert, placé à la tête de la nouvelle congrégation, et en moins de cinq ans l'entreprise semble achevée.

Un titre heureusement conservé, daté de mars 799; est comme l'acte de dédicace du nouveau monastère.

Document curieux au commencement, Aton informe, en termes solennels, la postérité du fait important qui vient d'avoir lieu.

« Au nom de Dieu, dit-il, moi, Aton, humble et dernier serviteur des serviteurs de Dieu, évêque de l'église cathédrale et collégiale de Saint-Pierre de Saintes, abbé du monastère de Saint-Hilaire de Poitiers, sur l'ordre du glorieux roi Charles (174), et après avoir soumis mon projet au noble roi Louis, aux grands de son palais et aux bons catholiques, j'ai reconstruit le monastère de Nouaillé, placé sous le vocable de Saint-Hilaire, et j'y ai établi des moines.

 Pour l'entretien de ceux-ci et pour les besoins des pauvres, j'ai rendu à ce monastère les petites localités qui lui avaient été enlevées il y a longtemps, c'est-à-dire : Jouarenne (175), située entre Alonne et le ruisseau de la Clouère, et Caunay (176), situé dans le pagus de Brioux. Je supplie humblement le Seigneur d’augmenter dans la suite ces biens en faveur de ses fidèles serviteurs, et ke conjure tous mes successeurs de n’y jamais toucher, ni d’en distraire quoi que ce soit. »

Après cela, Hermenbert prend la parole en disant « Que lui et ses moines promettent au noble et très pieux pontife Aton, leur père et leur pasteur, que chaque jour, tant qu'ils vivront, ils célébreront une messe pour lui, et qu'à toutes les heures de l'office divin ils réciteront, à son intention, un psaume suivi d'une oraison, et qu'après eux leurs successeurs en feront autant. »

Suivent, dans la transcription du texte, incomplet en cet endroit, dix-sept signatures seulement, parmi lesquelles nous relevons celles d'Arnulfus et de Madalfredus, moines de Saint-Hilaire, plusieurs fois cités. La charte est datée du mois de mars XXXIe année du règne du roi Charles (177).

Aton s'intitule ici évêque de la ville de Saintes, et se dit toujours abbé de Saint-Hilaire.

Des auteurs ont mal entendu ce passage. Coupant le texte en deux, ils font de l'évêque de l'église cathédrale et canoniale de Saint-Pierre de la ville de Saintes un chanoine de Saint-Pierre de Poitiers (178).

On s'étonne, à bon droit, que les monuments écrits de l'église de Saintes soient absolument muets à l'égard d'un personnage tel qu'était Aton, dont le zèle a dû se montrer aussi actif chez les Santons que chez les Poitevins.

Je hasarderai une idée pour donner à croire que son influence n'a pas été complètement nulle. Si les souvenirs historiques et légendaires relatifs à Charlemagne sont demeurés plus persistants en Saintonge qu'en d'autres pays, si la tradition, sans doute véritable, qui proclame Pépin et son fils comme les bienfaiteurs et même les fondateurs de l'église cathédrale de Saint-Pierre, s'est conservée vivace dans le cours des siècles (179), cela ne serait-il pas dû à la présence de l'évêque franc sur le siège de Saintes?

 Celui-ci aura tout fait pour conserver la mémoire des rois de la dynastie franque auxquels il était apparenté.

Il est marqué que deux localités, soustraites longtemps avant, ont été rendues à Nouaillé par Aton signe évident de l'état de ruine et de pauvreté où était tombée l'humble celle. Du reste, les biens avaient dit être envahis au temps de Waifre; on le voit par certaines revendications exercées de la part du prêtre Hermenbert dans trois plaids (180).

La fondation de Nouaillé, accomplie par Aton, marque une phase nouvelle dans l'existence de l'abbaye de Saint-Hilaire.

 A ce moment, l'antique maison de moines, bâtie sur le tombeau de celui qui fut l'initiateur de la vie monastique en Gaule, se sécularise et se transforme en une collégiale de chanoines, comme firent, à la même époque, beaucoup d'autres monastères, notamment celui de Saint Martin de Tours (181).

 Cependant, au milieu du relâchement général, des âmes zélées veillent à la conservation de l'institution monastique, et, dans un style grave, Mabillon nous représente Nouaillé comme une arche de salut préparée pour sauver du naufrage les derniers restes du monachisme prêt à sombrer.

Les cinq inscriptions d'Alcuin, qu'il faut à présent passer en revue, confirment de tout point le contenu des deux chartes que j'ai analysées. Elles parlent clairement d'un monastère fondé par l'abbé Aton; elles signalent une église, des bâtiments claustraux pour loger les moines, une hôtellerie pour recevoir les étrangers et les voyageurs, et un hôpital pour garder et nourrir les pauvres (182). Le sens général qui ressort de la première inscription transcrite plus haut n'est pas douteux une humble et petite église existait autrefois à Nouaillé; l'abbé Aton éleva à la place une autre église plus spacieuse, plus belle, pour en faire un sanctuaire renommé en l'honneur de la sainte Vierge.

Les deux premiers vers présentent quelque difficulté pour une interprétation littérale (183) :

Haec loca quae cernis, lector, venerabilis aulae

Partibus ecclesiae, fuerant ecclesia quondam.

Le mot aula, d'après Du Cange (184), comporte trois sens, et signifie, selon les cas, église, nef, atrium. Il est remarquable qu'Alcuin, qui s'en sert fréquemment, l'emploie presque toujours dans le premier sens. Comme ici ce mot aula se rencontre avec le mot ecclesia, il est de toute évidence qu'il ne peut désigner le corps entier de l'église, mais une partie de l'église seulement, la partie intérieure et centrale, la nef, croyons-nous.

Je traduirai donc de la façon suivante, en attendant qu'un autre trouve mieux :

Ces lieux que tu vois, lecteur, dans l'emplacement de la nef vénérable De cette église, étaient autrefois une église ;

C'est le Père et le Pasteur Aton, pieux et zélé, qui les a relevés,

A cause de l'ardent amour qu'il a eu pour toi,

0 Vierge Marie, Mère sans tache du Dieu qui porte le tonnerre,

Reine du monde, la plus grande espérance de notre vie,

Afin qu'un culte et des honneurs mémorables te soient rendus ici,

Et afin que, toi, de ton coté, très douce Vierge, tu écoutes avec ta bonté

accoutumée

Les serviteurs et les servantes de Dieu qui viendront te prier.

0 toi, sois toujours favorable à nos prières,

Et par tes propres prières dirige notre vie toujours et partout,

Afin que la sainte grâce de Jésus-Christ nous conserve.

 

D'après la charte d'Aton, le monastère de Nouaillé était placé sous l'invocation de Saint-Hilaire; mais d'autres chartes anciennes lui donnent pour patrons Notre-Dame et Saint-Hilaire, et, dans la suite, saint Junien, quand le corps de ce dernier saint y fut transporté de l'abbaye de Maire, en 830 (185).

L'inscription qui précède a été reproduite en entier par dom Mabillon, qui l'avait tirée de l'édition de Duchesne.

 

INSCRITPION  XXV. Pour le réfectoire des moines (186).

Christe Deus, nostrae benedic convivia mensae,

Quaeque tuis servis mitissime dona dedisti,

Per te sint benedicta quidem. Tu largitor almus,

Omnia tut dederas nobis; jam q[iicquid habemus,

Sunt bona quippe tua, quia tu bonus omnia condis.

Vos quoque convivae laudes, rogo, dicite Christo :

Semper in ore sonent pacis vel verba salutis.

Semper amat pacem Christus, qui dixerat ipse :

Do vobisque meam pacem, pacemque relinquo.

Sit quoque nostra manus miseris largissima semper,

Pauperihus tribuens panes partemque ciborum.

Accipiet Christus, dederis tu pauperi quicquid,

Et tibi non tardat mercedem reddere magnam.

 

Si ces vers pêchent sous le rapport de la forme littéraire, si la pureté et l'élégance y font défaut, en revanche, les pensées nobles et supérieures qui s'y pressent contiennent plus de vraie poésie et élèvent plus haut l'âme que toutes les odes savantes de l'antiquité profane.

Traduisons :

0 Christ Dieu bénis les mets de notre table,

Et que tous les dons que dans ta bonté tu as faits à tes serviteurs,

Soient également bénis par toi. Toi le dispensateur souverain,

Tu nous as tout donné; tout ce que nous possédons

Est ton bien, car c'est toi qui dans ta bonté a fait toutes les choses.

Vous aussi, ô convives, adressez des louanges au Christ, je vous prie;

Que toujours des paroles de paix et de salut résonnent sur vos lèvres;

Le Christ aime toujours la paix, lui qui a dit :

Je vous donne la paix, je vous laisse la paix.

Que notre main soit aussi toujours largement ouverte aux malheureux,

Leur distribuant le pain et les mets.

C'est le Christ qui recevra tout ce que tu donnes aux pauvres,

Et il ne tardera pas à te donner en échange une grande récompense.

 

 

 

INSCRITION  Pour le dortoir.

Ad requiem noctem (l87) dederas, lucemque labori,

Prospera conservans famutis noctesque diesque.

Ad te cor vigilet, somnus si claudat ocellos,

Te labor et requies conlaudent omnibus horis.

0 Dieu, tu as donné la nuit pour le repos et le jour pour le travail

Conservant avec bonté à tes serviteurs et les jours et tes nuits.

Que le cœur veille pour toi, si les yeux se ferment sous le poids du sommeil.

Qu'ensemble le travail et le repos te louent à toutes les heures.

 

Selon Dûmmler, les manuscrits donnent à cette pièce le titre suivant, qui sent son ancienneté : Ad caminalam ubi abbas dormit.

 Le Musée de la Société des Antiquaires de l'Ouest possède une inscription en vers, du Xe siècle, qui a du rapport avec la nôtre; elle était placée à la porte du dortoir du chapitre de Sainte-Radégonde de Poitiers.

Voici ce texte lapidaire, tel qu'il a été lu et interprété il est bon de le mettre en regard de celui d'Alcuin :

….  Quies praeclara dies nos, Christe, guberna.

….. Ibus omnibus introjacentibus esto lucerna (188).

 

 

INSCRIPTION . Pour l'hôtellerie.

Frigidus hiberno veniens de monte viator

Non mea despiciat hospita tecta, rege.

Si mea dona tibi cupias, nimbose viator,

Da prior ecce tua, sic tibi prende mea (189).

 

Dans l'édition de Duchesne, ce poème et le suivant sont joints l'un à l'autre, et ne font qu'une seule et même inscription.

 

Dom Mabillon n'a pas cherché à les séparer; il y voit, lui aussi, une composition unique, désignant l'hôpital du monastère de Nouaillé.

Mais il est clair qu'il y a là deux inscriptions distinctes la différence qui se remarque dans la mesure des vers suffirait seule, croyons-nous, pour le démontrer.

Dom Froben a mis pour titre à la première inscription :  Ad hypocaustum, Pour le chauffoir.  Cela ne rend pas tout le sens de la pièce, où il est parlé de toits hospitaliers destinés à recevoir !e voyageur qui arrive du fond de la montagne.

Au moyen âge, tout monastère possédait, outre un hôpital affecté aux pauvres, des bâtiments destinés à loger les étrangers et les voyageurs c'est ce qu'on appelait l'hôtellerie.

Précisément, ces explications nous sont fournies par le Fasciculus antiquitatum Nobiliacensium, et surtout par un codex (190), transcrit au XIIe siècle, pour l'usage de l'abbaye de Nouaillé, et contenant les anciennes Coutumes de Cluny, rédigées par le moine saint Udalric, vers 1086 (191).

J'ai donc intitulé la présente inscription .Pour l’hôtellerie, tout en reconnaissant qu'elle a bien pu avoir sa place dans la salle qui servait de chauffoir.

Le troisième et le quatrième vers sont conçus sous une forme quelque peu énigmatique. Par le pronom tua, il faut apparemment entendre le bois qui est l'aliment du feu. Le pronom mea  signifie évidemment la chaleur du foyer.

Que le voyageur, qui arrive de la montagne, transi par le froid,

Ne dédaigne pas mon toit hospitalier, je l'en prie de grâce.

Si tu désires d'avoir part à mes dons, ô voyageur couvert de frimas,

Donne d'abord ce qui est à toi, puis prends, en retour, ce qui est à moi.

 

 

INSCRITPION  XXVIII Pour l'hôpital.

Haec est sancta domus, pacis locus, aula salutis,

Quam super o semper maneat benedictio Christi.

In qua multiplicet fratrum convivia largus,

Qui quondam populi, caelesti munere dives,

Panibus ex quinque satiavit millia quinque.

 

On a dû remarquer que le diplôme de Louis d'Aquitaine et la charte d'Aton font allusion à la création d'un hôpital pour les pauvres, à Nouaillé.

Par la présente inscription, nous voyons que le projet fut réalisé.

La Regula monasterii Nobiliacensis, dont toutes les prescriptions étaient rigoureusement observées, donne les détails les plus curieux sur la manière dont l'aumône était pratiquée dans le monastère en question, à une époque assez rapprochée de son origine.

Le Fasciculus antiquitatum, de son côté, ne fait que répéter le texte officiel il énumère avec le plus grand soin ces coutumes charitables du passé, aux pages 70 et 75 (192).

« On distribuait tous les jours aux pauvres douze pains de trois livres, ce qui restait du pain et du vin des portions des moines, et les portions entières qui étaient servies pendant un mois à la place des religieux qui mouraient….

 On nourrissait douze pauvres de pain et de viande, les jours anniversaires de la mort de tous les bienfaiteurs et le jour de la fête des morts. L'aumône la plus abondante se faisait à l'époque des jours gras ;  il se trouvait quelquefois au monastère un nombre de six à sept mille personnes. ….

Dans l'hôpital, on logeait et on nourrissait annuellement dix-huit pauvres ; ils avaient par jour chacun une livre de pain, une juste de vin, des légumes, et les jours de fête de la viande ; ils étaient habillés à neuf tous les ans. …..

 

« Tous les voyageurs étaient reçus dans le monastère; ceux de basse condition étaient logés dans l'hôpital; ceux de condition plus honorable étaient reçus dans l'hôtellerie. »

 

En terminant, traduisons notre inscription

C'est ici la sainte demeure, le lieu de paix, l'arche de salut;

Que la bénédiction du Christ y demeure à jamais.

Que le Christ y multiplie avec abondance la nourriture distribuée par les frères,

Lui qui autrefois, par un don de son pouvoir céleste,

A rassasié cinq mille hommes avec cinq pains.

 

 

 

Société archéologique de Touraine

Société des antiquaires de l'Ouest.

 

 

 

 

 


 

Hilarius Pictaviensis (Saint Hilaire de Poitiers) évêque de Pictavium (Poitiers)

Hilarius Pictaviensis (Saint Hilaire de Poitiers) évêque de Pictavium (Poitiers) parfois appelé "marteau Arianorum" et "Athanase de l'Ouest" , Italie; évêque et père de l'église ; † ca 368 . Fête 13 (jour de la mort) & 14 & 20 (avec tous les saints et les évêques bénis de Poitiers) Janvier & 26 (récupération et transfert des reliques) Juin [318p: 56].

 

Georgius Florentius Gregorius, Père de l'Histoire de France (Grégoire de Tours)

(le baptême de Clovis, selon Grégoire de Tours ) Grégoire de Tours " Père de l'Histoire de France ", ou Georgius Florentius Gregorius, né dans la cité des arvernes en 538 ou 539 à Clermont-Ferrand ou Riom, est évêque de Tours, historien de l'Église et des Francs avec son Histoire des Francs.

 

LA LÉGENDE DE SAINT LIENNE, disciple de saint Hilaire (Rocca Super Oyonem)

En 994, la seigneurie de Rocca Super Oyonem (la Roche-sur-Yon) ne possédait guère que son château, fièrement campé sur la colline: les premiers arbres de la forêt l'isolaient du reste du pays. Quelques toits de chaume se groupaient à l'intérieur des hautes murailles, abritant les habitants malheureux, dont la vie tout entière se consumait en plaintes sur les calamités passées et en craintes pour celles à venir.

 

Le poète Venantius Honorius Clementianus Fortunatus (Venance Fortunat)

La plupart des voyageurs ne sont guère que des passants ; ils s'éloignent bientôt, après avoir glané leur gerbe souvent légère de souvenirs. Bien rares ceux sur lesquels une contrée acquiert un ascendant véritable, assez fort pour les déterminer à interrompre quelque long périple et pour les retenir à jamais.



(1)   Quel que soit le jugement qu'on porte sur la valeur des écrits et sur l'étendue des connaissances de ce grand homme, il faudra toujours lui reconnaître la gloire incomparable d'avoir, plus que tout autre et sans relâche, travaillé à la restauration des études dans les États francs de Charlemagne, d'avoir puissamment aidé ce prince à établir des écoles publiques auprès de chaque église cathédrale et de chaque monastère, en provoquant la publication de la célèbre circulaire de 787, qui, dit Ampère, fonda en France tout l'avenir de l'instruction publique et des lettres » c'est là ce qui lui a valu à juste titre, de la part de la postérité, les beaux surnoms de précepteur des Gaules, de restaurateur des lettres.

Maître Alcuin est vraiment admirable pour le zèle qu'il mit à propager l'amour des études, à seconder les efforts des clercs de bonne volonté, à faire doter des emplois les plus recherches les meilleurs élèves des nouvelles écoles.

Un autre fait le recommande au monde savant, fait qui n'a pas été assez remarque, et qui pourtant a joué un rôle considérable dans la renaissance des lettres au VIIIe siècle Alcuin s'est employé constamment à corriger et à restituer les textes manuscrits des Livres saints et même ceux des ouvrages de la littérature profane. – Lire, a ce sujet : Commentatio de vita B. Alcumi, par dom Froben, en tête des B. Alcuini Opera Histoire de la civilisation en France, par Guizot, 3e édit. Paris, Didier, 1843, t. Il, 22e leçon, p. 176-208 Alcuin et Charlemagne, par Francis Monnier, 2e édit. Paris, Plon, 1863, in-16, etc. – Les œuvres d' Alcuin ont été publiées, en corps, deux fois; d'abord, par André Duchesne « B. Flacci Albini sive Alchunnt Abbatis, ….Opera quae hactenus reperiri patuerunt :  nonnvila avetivs et emendativs ; pleraque nunc primum ex Codd. Mss. Edita….. ; omnia studio et diligentia Andreae Qvercetani Turonensis, Lvtetiae Parisiorvm, ex officina Nivelliana sumpt. Sebastiani Cramoisy, M DC.XVII, in-fol. »; puis, d'une manière plus complète et plus exacte, par dom Froben Forster, prince-abbé de l'abbaye bénédictine de Saint-Emmeran de Ratisbonne « Beati Flacci Albini sev Alevini, Abbatis, Caroli Magni, Regis ac Imperatoris, Magistri, Opera post primam editionem a viro elarissimo D. Andrea Qvercetano evratam, de novo collecta, multis locis emendata, et oprscvlis primum repertis plurimum aucta, varusque modis illustrata, cura et studio Frobenii, S. R. I. Principis et Abbatis ad S Emmeramum, Ratisbonse. Literis Joannis Michaelis Englerth, Aulico-episcopalis et monasterii S. Emmerami Typographi, MDCCLXXVII, 2 vol. in-fol. » Cette dernière et excellente édition a été reproduite par M. l'abbe Migne, avec de légères additions, dans sa Patrolog. lat., t. C et CI. Paris, 1851, in-4°.

(2) Voici l'énumération détaillée des poésies d'Alcuin, d'après l'édition de Froben, t. H, p. 201-262 1° Preces noclurua (1 poème) 2° Inscriptiones sacri codicis (5 poèmes) 3° Historiae variae veteris et novi Testamenti (21 poèmes) – 4° Inscriptiones varia ecclesiarum, allarum, sepulerorurn, etc. (103 poèmes) – 5° Inscriptiones aliae locorum sacrorum (80 poèmes) 6° Adhortationes seu versus morales (5 poèmes) – 7° Inscriptiones variorum locorum (7 poèmes) – 8° Versus ad varias (45 poèmes) – 9° Epitaphia (6 poèmes) 10° Epigrammata et aenigmata (9 poèmes) – 11° De rerum humanarum vicissitudine et clade Lindisfarnensis monasterii de conversione Saxonum (pillé par les Vikings le 8 juin 793 -2 poèmes) – 12e Poema de pontificibus et sanctis ecclesiae Eboracensis (1 poème, 1657 vers) – 13° Ad Friducinum; ad quemdam (2 poèmes). En tout, 287 poèmes. Si, à ce nombre, on ajoute la Vita S. Willibrordi, Trajectens. Episc, et quelques autres pièces rangées par l'éditeur parmi les dubia, on aura à peu près intégralement les œuvres poétiques du précepteur de Charlemagne.

(3) L'épigraphie métrique fut fort en vogue au moyen âge on pourra aisément s'en convaincre eu parcourant la Patrologie latine, publiée par M. l'abbe Migne. Paris, 1811-64 221 vol. in-4°. M. Edmond Le Blant a observé  « que dans ses procédés de composition, Alcuin n'a fait que suivre la tradition des siècles précédents et qu'il a imité les vieux poètes chrétiens dans leurs formes, leurs pensées et même leurs négligences. Des hémistiches qu'on retrouve dans saint Damase, Fortunat, Ennodius, chez des anonymes de leur temps, dans les légendes murales des basiliques de Tours reparaissent fréquemment sous sa plume, et font de ses vers, pour ainsi dire, un monument de la tradition épigraphique ». (Inscript, chrét. de la Gaule, antérieures au VIIIe' siècle, t. I, Préf. p. cxxxm.)

(4) B. Alchwini Opera, éd. Duchesne, col. 1673-1760.

(5) B. Alcuini Opera, éd. Froben, t. II, Monitum praevium in carmina, p. 201. Il faut noter cependant que les Mss. eux-mêmes ont fourni un certain nombre de titres, comme en fait foi l'édition révisée de Dummler. Mais ces titres ne sont pas toujours très explicites; et d'ailleurs ils manquent à une foule de poèmes qui se trouvent par là sans désignation possible, et ne peuvent être rattachées à aucun personnage, à aucune église, à aucun monastère. On n'arrive à donner à beaucoup de pièces une détermination certaine qu'au moyen de la place qu'elles occupent à côté d'autres pièces suffisamment désignées. C'est ce qui a lieu pour les inscriptions de Saint-Hilaire et de Nouaillé.

(6) Monumenta Germaniae historica. Poetae latini aeoi Carolini, recensut Ernestus Duemmler. Tomi I Pars prior. Berolini, apud Weidmannos, MDCCCLXXX, m-4. Les compositions d'Alcuin sont comprises entre les pages 160-351.

(7) Les monastères importants étaient entourés généralement de plusieurs églises et oratoires. Tels : Elnon ou Saint-Amand-les-Eaux (Dummler, Op. citat., p. 305 à 308); - Saint-Riquier (Bolland., Act. Sanct., die XVIII Februar., de S. Angilberto, Abbat. Centulens.); - Glanfeuil ou Saint-Maur (Bolland., Act. Sanct., die XV Januar., de S. Mauro, Abbal. Glannafoliem.), - et, plus près de nous, Charroux (Brouillet, Indicateur archêolog.de l'arrond. de Ciorai. Civrai, Ferriol, 1863, in-4-, p. 179).

(8) Très anciennement, on élevait dans les églises de nombreux autels en l'honneur des saints. Ainsi, le pape saint Grégoire le Grand envoie des reliques à saint l'allais, évêque de Saintes (373-397), pour quatre des treize autels que contenait l'église de Saint-Pierre nouvellement construite. (S. Gregorii Magni papae Epistolarum lib. VI, epist. XLIX.)- Alcuin, lui aussi, nous apprend que l'église cathédrale d'York ne comptait pas moins de trente autels: il a donné en vers la description de cette basilique, dont il avait dirigé la construction, de concert avec le prêtre Eaubaldiis, qui fut évêque après AElbert. (Dummler, Op. citat., Versus de patribus regibus et sanctis Euboricensis ecclesiae, p. 203, vers. 1306.)

Ast nova basilicae mirae structura dicbus

Praesuhs hujus (Elbertus) erat jam coepta, pet acta, sacrata.

Haec nimi alta domus solidis suffulta columnis,

Suppositae quae stant curvatis arcubus, intus

Emicat egregus laquearibus atque fenestris,

Pulchiaque poi ticibus fulget circumdata multis,

Plurima diversis retinems solaria tectis,

Quae triginta tenet variis ornatibus aras.

Hoc duo discipuls templum, docore jubente,

Aedificaverunt eanbaldus et Alcuinus, ambo

Concordes operi de vota mente studentes.

 

 (9) On peut regretter que le tempus edax rerum du poète n'ait pas épargné quelques-unes de nos inscriptions. Du reste, il ne faut pas s'étonner de leur complète destruction, si on songe qu'elles n'étaient pas peut-être toujours gravées dans la pierre, mais simplement tracées en couleur, comme le font supposer ces titres tires des Mss. In ecclesia sancti Vedasti in pariste scribendum; In ecclesia sancti Petri in pariete scribendum. (Dummler, Op. citat., p. 308 et 311)- Je ferai remarquer que pas un des saints nommés par Alcuin n'est honoré présentement aux autels de l'église de Saint-Hilaire. Les six chapelles de l'abside et du transept, a l'exception de celle de la Vierge, sont occupées par des saints tout nouveaux.

(10) An DCCLXIV.- «  ….Videns praedictus Waifarius, princeps Aquitanicus, quod catrum Claremontis rx bellando cperat, et Bitororicas caput aquitabiae, munitissimam urbem, cum machinis cepisset, et impetum ejus ferre non potuisset ; omnes civitates, quae in Aquitania provincia ditionis suae erant, id est Pectavis, Lemodicas, Santonis, Petrecors, Equolisma, et reliqua quamplures civitates et castella, omnes muros eorum interram prostavit…. »

An DCCLXV. « … Postea Ligere transacto Aquitaniam pergens (Rex Pippinus), usque ad Lemodicas accessit, totam regionem illam vastans, villas publicas, quae ditionis Waifarii erant, totas igne concremare praecepit. Tota regione illa paene vastata, monasteriis multis depopulatis ; usque Hisandonem veniens, unde maximam partem Aquitaniae, ubi plusrimum vinearum erat, cepit ac vastavit…. »

An DCCLXVI.- « …Iterum Ligere transacto, totam Aquitaniam pergens (rex Pippinus), usque ad Aginnum veniens, totam regionem illam devastavit…. Ita omni Aquitania provincia nimium vastat, cum multa praeda ac spoliis… cum omni exercitu Francorum iterum eo anno reversus est in Franciam cum suis omnibus. » (Fredegar. Scholastic. Chronic. Contin., part. IV, cap. 129-131, dans les Rerum gallic et francie. Scriptor…, t. V, p.6)

(11) « Ordinavit autem (Rex Carolus) per totam Aquitaniam Comites Abbatesque, necnon alios plurimos, quos Vassos vulgo vocant, ex gente Francorum ; quorum prudentiae et fortitudini nulla calliditate, nulla vi abviare fuerit tutum, villarumque regiarum ruralem provisionem. Et Biturigae civitati primo Humbertum, paulopost Sturbrum praefecit Comitem : porro Picatis Abbonem, Petragoricis autem Widbedum, sed et Avernis iterium, necnon Vallagiae Bullum, seb et Tholosae Chorsonem, Burdegalis Signuinum, Albigensibus vero Haimonem, porro Lemovicis Rothgarium. » (l’Astronome, Vita Ludovici Pii imper. Caroli Magni fihi, dans les revum gallie. Et francie. Scriptor, t. VI, p88.)- Ainsi, en Poitou, l’élément germanique se substitue à l’élément aquitain beaucoup plus tôt que certains auteurs l’ont cru. (De Longuemae, Essai Hist.sur l’église collégiale de Saint-Hilaire le Grand de Poitiers, dans les Mém. De la Soc.des Antiq.de l’Ouest, t XXIII, p.86.)

(12) Le fait seul de la composition de ces inscriptions, relatives à la basilique de Saint Hilaire, décèlerait pourtant quelque restauration importante qu'on y aurait exécutée vers cette époque. Ne voit-on pas que les inscriptions des oratoires de Saint-Lambert, de Saint-Lienne et de Saint-Gelais marquent justement qu'elles ont été faites à l'occasion de la construction et de la réédification de ceux-ci ? Je me contente d'indiquer aux archéologues cette reconstruction possible de l'église de Saint-Hilaire de Poitiers, sans demander si on peut faire remonter jusqu'à l'abbatiat d'Aton la construction de son antique clocher qu'on a tant admire, lors du congrès archéologique de Poitiers, en 1884, et dont le style archaïque a, de l'aveu de tous, un grand rapport avec celui de l'architecture carolingienne. (De Longuemar, Essai hist. sur l'église de Saint-Hilaire p. 58; De Cougny, Lettre à M. de Caumont sur une excursion en Poitou, dans le Bullet. monument. an. 1868, p 166; Ed. Aubert, Architecture carolingienne, Etude sur l'ancien clocher de l’église de  Saint Hilaire le Grand, à Poitiers, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. De France, t.XLII, p.45-70)

(13) « Beatius fecunda Pictavia beati Hilarii pontificis reliquiis exsultat, quam venditionum et emptionum alteratione, in quibus saepe versatur iniquitas, (B. Alcuint Opera éd. Froben., t. Il, Homilia de natals sancti Willibrords Trajectens. Epise., p. 194.)

(14) Francis Monnier s'est inspiré d'une ancienne et belle peinture, précieusement conservée dans le monastere bénédictin d Einsiedlen, en Suisse, ainsi que des renseignements des écrivains du IXe siècle, pour esquisser le portrait d'Alcuin :

« Il avait la taille mediocre, les membres parfaitement proportionnes, les yeux grands, creusés par le travail et bien fendus, les sourcils epais et descendant légèrement sur les tempes, ce qui eût rendu sa physionomie trop severe, si elle n'eût été adoucie par un sourire imperceptible de bonté qui lui était habituel. L'harmonieux ovale de sa figure, limite par la barbe du cenobite, était brusquement interrompu en haut par son voile monacal qui lui couvrait une partie du front et retombait sur ses epaules, pour s'y confondre avec les plis nombreux de sa robe noire. Son nez droit et sans courbure s'unissait sans effort à la légère courbure des narines. Ses lèvres étaient un peu fortes, mais pures et doucement arquées. Dans l'intervalle qui separait les sourcils, on voyait se briser les unes sur les autres ces rides que la reflexion depose bien vite sur le front des hommes à la fois énergiques et impressionables. Un rayon d'intelligence se jouait, comme la pensée érrante, dans tous ses traits, surtout dans son regard fixe et prolongé, où l'on sentait et le reflet de la conscience qui s'observe, et la flamme ardente de l'âme qui s'échappe du foyer ou elle s'alimente, pour s'emparer d'une pensée à l'extérieur » (Alcuin et Charlemagne, p. 190.)

(15) Fasciculus antiquitatum Nobiliacensium, ms. du XVIIe siècle, in-4° pap., 620 p. (Bibliothèque de la Societe des Antiquaires de l'Ouest), qui contient, en deux parties séparées, l'histoire et les chartes de ce monastère, et dont la redaction est due à dom Bernard Lucas, religieux de Nouaille, et non À dom Estiennot, comme on l'avait cru jusqu'en ces derniers temps.

(16) Mgr Barbier de Montault a publié dernièrement, d'après le précédent ms., l'Inventaire des reliques de Nouaillé (Vienne), au XVIIe siècle, encore existantes en partie dans l'eglise paroissiale. (Bullet. du Comité des travaux historiques et scientifiques, section d'archéologie, an. 1884, n" 2, p. 93-98.)

(17) Officium proprium Beat™  Hilarii Majoris Pictaviensis….. Augustoriti Pictonum, ex typis Petri Amassard, 1667, in-8°, p xx. Officia propria ad usum Ecclesiae Hilarii Majoris Pictaviensis. Pictavii, apud Faulcon et Barbier, 1782, in-8°, p. 46. Processional de l'Eglise insigne, royale, séculière et collégiale de S. Hilaire de Poitiers. Poitiers, chez Faulcon et Barbier, 1782, in-8', p. 18.

(18) Documents pour l'histoire de l'église de Saint-Hilaire de Poitiers (t. II) dans les Mém. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. XV, 1° série, p. 131. Inventaire-sommaire des Arch. départ, de la Vienne, série G. 1017. Povillié de l'archevesche de Bordeaux. Paris, Alliot, 1648, in-4°, p. 96 et 98. Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers. Niort, Clouzot, 1868, in-4° p. 165.

(19) Documents pour l'histoire de l'église de Saini-Hilaire de Poitiers (t. I), dans les Mêm. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. XIV, 1e série, p. 127.

(20) Dom Fonteneau, Collection manuscrite de chartes, mémoires et documents divers, pour servir à l'histoire du Poitou, t. LXI, p. 412. – De Longuemar, Essai hist. sur l'église collégiale de Samt-Hilaire-le-Grand de Poitiers, dans les Mem. de la Soc. des Antiq.de l'Ouest, t. XXIII, p. 373.

(21) Bolland. Ad. Sanct., die -îvii Septemb., de S. Lamberto, Epise. Trajectens. Et Mart.

(22) Un prieuré de Saint-Lambert, dépendant de l'abbaye d'Orbestiers. commune du Chateau-d'Olonne, canton des Sables-d'Olonne (Vendée), existait avant la Revolution dans la commune de Saint-Amand-sur-Sevre, canton de Chatillon-sur-Sevre (Deux-Sèvres). (Beauchet-Filleau, Fouille du dioc. de Poitiers, p. 373.)

(23) Une confrérie de Saint-Lambert était établie au XVIe siècle dans la paroisse de Saint-Benoit-sur-Mer, canton de Moutiers-les-Mauxfaits (Vendée). (Aillery, Pomllc de l'cvéché de Luron. Fontenay-le-Comte, Robuchon, 1860, in-4-, p. H2.) Un ancien fief de Saint-Lambert, relevant du comte de Givray, existait dans la commune de Queaux, canton de l'Isle-Jourdain (Vienne). (Redet, Dict. topograph. du départ. de la Vienne. Paris, Impr. nationale, 1881, in-4°, p. 378.)-Un inventaire des reliques du monastère de Charroux, dresse en 1045, comprend la rubrique suivante : Digilus sancti Lamberti. (Dom Fonteneau, Collect. mss.,t. t. LV, p. 193; –Brouillet, Indicateur archéolog. de l'arrond. de Civrai, p. 154.) (3) Dom Guéranger a publié une étude savante et artistique sur l'illustre vierge-martyre et sur son époque Sainte Cecile et la société romaine aux deux premiers siècles. Paris, Firmin Didot, 1873, in-4°. -Sainte Cécile est titulaire de l'église paroissiale de Sainte-Cécile, canton des Essarts (Vendee).

(24) Le Nain de Tillemont, Mém. pour servir à l'hist. eccles., t. IV, p. 433 et 700.

(25) Officia propr. eccles. metropolitan. Turonensis RR. in Christo Patrus DD. Felicis Pétri Fruchaud auctoritate édita. Turonibus, typis A. Marne, MM.CCG.LXXIV, in-12, die v Octobr.

(26) Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 213, 341, 358, 373, 378, 426; Aillery, Pouillé de l'eveché de Luçon, p. 40 et 62.

(27) Pouillé du dioc. de Poitiers. Poitiers, Chevrier, 1782, in-8, p. 190; Pooillié de l'archevesché de Bordeaux, p. 97; – Invent.-som. des Arch. départ, de la Vienne, série G. 519, S97, 982.

(28) Offic. propr. Beat Hilarii Maioris Pictaviensis, Calendar,

(29) Aillery, Pouillé de l’évêché de Luçon, p. vm, ivi, xxn, xxiv; – Bolland., Act. Sanct., die xx August., de S. Filiberto, Abbat.; Mabillon, Act. Sanct. ord. S. Dened., ssc. II, p. 816.

(30) Mabillon et les Bollandistes, Opp. citat.

(31) Bolland., Act. Sanct., die v Februar., de S. Agatha, Virg. Mari.

(32) Les éditions de Duchesne et de Froben manquent de ce mot.

(33) Thibaudeau, Abrégé de l'hist. du Poitou, t. I, p. 77 Dufour, De l'ancien Poitou,p. 414; – Ch. de Chergé, Le Guide du voyageur à Poitiers, 2° édit. Poitiers, 1868, in-12, p. 299.

(34) Documents de Saint-Hilaire, t. I, p. 26, 27, 65, 67, i6, 82, 105, 107, 290, 314.

(35) Ibid., t. II, p. 19.

(36) Ibid., t. H, p, 3, 6, 131; Invent.-som. des Arch. depart. de la Vienne, série G. 520, 646; – Povillte de l'archevesche de Bordeaux, p. 96.

 (37) Processional de l'Eglise de Saint-Hilaire de Poitiers, p. 16, 17, 53.

 (38) Offic. propr. Bea. Hilarii Maioris Pictaviensis p. 214.

(39) Biblia Sacra, Epist. cathol. B. Judœ apost., vers. 9 « Quum Michael archangelus cum diabolo disputans altercaretur de Moyst corpore non est ausus judicium inferre blasphemiae, sed dixit : Imperet tibi Dominus. »

(40) Missal. Roman., Offert. Missœ deflinctorum :« Domine Jesu Christe, Rex gloriae, libera animas omnium fidelium defunctorum de pœnis inferni, et de profundo lacu : libera eas de ore leonis ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum sed signifer sanctus Michael reprœsentet eas in lucem sauctam :quam olim Abrahae promisisti, et semini ejus »

(41) Lebeuf, Dissert, sur l'hist. ecclés. et av. de Paris, t. I, p. 303. L'art chretien a symbolise le patronage de saint Michel sur les âmes des fideles au sortir de leurs corps, dans la scène légendaire du pesement des âmes, sujet si souvent représenté au moyen âge.

(42) Dummler, Poetœ latini mvi Carolini, t. I, p. 338.

(43) Patrolog. lat. Migne, B. Rabam Olauri Opera omnia(tom. sext.), t. CXII, col. 1624.

(44) Ch. de Chergé, Notice sur l'abbaye de Charroux, dans les Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. 1 p. 281 ; Brouillet, Indicateur archéolog. de l'arrond. de Civrai, p. 179.

(45) Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 299.

(46) Hugues Imbert, Hist. de Thouars, dans les Mem. de la Soc. de Statistique des Deux-Sèvres, t. X, 2* série, p. 104.

(47) Invent.-som. des Arch. départ, des Deux-Sévres série B. i93.

(48) Proprium Bituncens., de mandato Hluslr. et Révérend, an Chrhto Pains DD. Caroli Amabihs de la Tour d'Auvergne Lauraguais.

(49) Gallia christ., t. II, col. 14.

(50) Op. citat., t. II, col. 18.

(51) Aillery, Pouillé de l’êvêché de Luçon, p. 58, 80 et 184 – Beauehrt-Filleau, Fouillé du dioc. de Poitiers p. 236 et 339.

(52) Duchesne, Histor. Franc. Scriptores caelanei, t, I, p. 880.

(53) S. Greqor. Turon. Episc. Opéra omma,edit. Ruimart, col. 232 ;– Du Cange, Glossar. Medive et infimae latinitatis au mot Patriarcha.

(54) Le Nain de Tillemont, Mem.pour servir à llust. eccles., t. IV, p. 347 et 681.

(55) Bolland., Act. Sanct., die xvn Sept., de S. Columba, Vtrgine Sanctimomal) et Martyre.

(56) Gallia christ., t. II, col. 789.

(57) Fillon, Poitou et Vendée, 3e et 4e livraisons, Baciate et le pays de Rais, p. 4.

(58) Mabillon, Act. Sanct. ord S. Bened., sœc. II, p. 709; Bolland., Ad. Sanct., die vi Februar., de S. Amando, Epise. Trajeciens.

(59) B. Flacci Albim seu Alcuim abbahs Opera, cura et studio Frobenii, t. II, p. 208 et 209.

(60) Offie. propr. Beat Hilari Majoris Pictaviensis, Calendar.

(61) Beauchet-Filleau, Pouille du dioc. de Poitiers, p. 373; Rédet, Dict. topograph. de la Vienne p. 370.

(62) Patrolog. lat. Migne, B. Rabani Mauri Opera omnia (tom. sext.), t. CXII, col. 1680 et 1682.

(63) Processianal de l'Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p. 267.

(64) Documents de Saint-Hilaire, t. II, p. 264.

(65) Ibid., t. II, p. 163. On a allegué, en faveur de notre oratoire, un titre beaucoup plus ancien, qui, par malheur, ne vaut pas (Dom Chamard, Hist. eccles. du Poitou (t. 1), dans les Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. xxxvn, 1er série, p. 116). L'autel de Saint-Laurent, dont parle incidemment la charte de 1214, était place dans l'eglise cathédrale et non ailleurs. Voici le texte « Philippus decanus et capitulum Ecclesiae Pictav. universis Christi fidelibus presentes litteris inspecturis salutem in Domino. Cum quedam controversia mota esset coram nobis inter abbatem Nobiliacensem ex una parte et Hugonem Dobois nepotem suum ex alia super sirventia de Chabanes…. Actum est hoc in Ecclesia Pictav. videntibns et audientibus Raerio abbate Nobiliacensi, magistro Airaudo capellano beatae Mariae inter Ecclesias et Philippo sacerdote altaris sancti Laurentii, clericis Ecclesie nostre, Guidone monacho Nobiliac…. (Dom Fonteneau, Collect. mss., t. XXII, p. 27.)

(66) Documents de Saint-Hilaire, t. II, p. 1.31 et 163. Invent.-som. des Arch. départ, de la Vienne, série G 519, 1066. Vovdlii de l'archevesché de Bordeavx, p. 96 et 97. Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. de Poitiers, p. 163.

(67) L'abbé Paul Guérin, Vies des Saints, 6e édit. Paris, Palmé, 1866-69, 13 vol. in-8°, t. I, p. 618.

(68) Mabillon, Acl. Sanct. ord. S. Bened., saje. III, part. II  p. 534-538. – L'abbé Truchet, Hist. hagiol. du dzoc. de Maurienne Chambéry, F. Puthod, 1867, in-8, p. 170. L'abbe Auber, Vies des Saints de l'eghse de Poitiers. Poitiers, OudiD, 1858, in-18, p. 490.

(69) Ce document, conservé par dom Fouteneau (Collect.., t XXI, p. 11), est date de lers 696; il relate l'union du petit monastère de Mazerolles à l'abbaye de Nouaillé et la fondation d'un hôpital dans la ville de Poitiers, par Ansoald, évêque de cette ville et peut-être abbe de Saint-Hilaire. Publie d'abord par Dufour, dans son hist. gen. du Poitou, p. 429, il a ete reproduit dans les Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, t. XXXV11, p. 35, et dans les Diplomaia charte, epistolae leges, ahaque instrumenta ad res gallo-francicas spectantia, éd. Pardessus. Paris, 1813-49, 2 vol. in-fol t. II, p. 239.

(70) Mabillon, Annal, ord. S. Bened., t. I, p. 474.

(71) Lives of the Cambra British saints, by the Rev. W. J. Rees. Lundovery, 1853, iu-8 p. 183.

(72) Bouchet, dans Les Annalles Dacquitaine…. nouvellement corrigées (2e édit., 1525), in-fol goth., II"' part., chap III, fol. verso, raconte ceci « Ainsi quon reedifioit ladicte église (sainct Hylaire, deux des nepueuz de sainct Fridolin vindrent vers luy a Poictiers et tantost apres leur venue par inspiration divine sen partit dudit lieu et alla en Bourgongne…. Ses deux nepueuz, apres avoir vescu long temps religieux en ladicte abbaye sainct Hylaire, y décédèrent, et furent mis soubz terre en leglise en deux sépultures de pierre, ou puis peu de temps ont este trouvez les corps asséchez et entiers, et tenoient leurs membres lun a lautre, en sorte quon leur haulsoit et baissoit les bras comme dun corps mort puis quatre jours, comme chascun peut veoir en ladicte eglise sainct Hilaire, ou ilz furent venz et regardez de plusieurs personnes puis douze ou treze ans en ça. » Des auteurs donnent à l'un des neveux de saint Fridolin le nom de Scvttgènc. (Thibamleau, Abroge de l’hist. du Poitou, t. 1, p. 58 )

(73) « Sous les rois mérovingiens, dit cet auteur, l'histoire religieuse surtout nous demontra que des relations fréquentes existaient avec l'Angleterre et l'Irlande. Ces rapports de monastère à monastère n'auraient pu se soutenir, s'ils n'eussent été facilités par un commerce établi entre la France et les Iles Britanniques. » (Mem. de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, L. XXXV, p. 133.)

(74) Breviarmm Pictavense, ms. XVe siècle, Offic, S. Leonzi, die 1 Februar. et 12 Jun. (Biblioth. publ. de Poitiers, n° 40.) Brectarium Ecclesiae Pictavensis, ex decreto Capituh restitutum. Pictavii, apud Andream Citoys, 1591, in-8°, fol. LVII. Officia propria ad usum dioicesis Pictaviensis a Reverenditsimo D. Ludovico Eduardo Pie Episcopo Pictaviensi confecta, et a Sanctissimo Domino Nostro Pio IX approbata, Pictavii, Oudin, 1856, in-18, p. 73.

(75) Thibaudeau (Abrégé de l'hist. du Poitou, t. I, p. 50) date cette charte de vers l'an 994.

(76) Mémoires pour servir à l’histoire du chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, par M. Gilles Rapaillon, conseiller au présidial de Poitiers et chanoine de Saint-Hilaire, ms. XVIIe siècle, p. 194. (Biblioth. publ. de Poitiers, n' 124.) de Saint-Hilaire, ms. XVIIe siècle, p. 194. (Bibliot.pub), de Poitiers, n124)

(77) Bouchet, Les Annalles Dacqmtaine, nouvellement corrijées, 1er part., chap. XIV, fol. ix verso.

(78) B. Ledain, Mém. Sur l’enceinte gallo-romaine de Poitiers, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l'Ouest, t. XXXV, p, 137.- Père de C. de la Croix, Determination de deux points d’une enceinte de circonvallation de la ville de Poitiers, aux IIe et IIIe siècles, dans les Bullet. De la Soc. Des antiq. De l’Ouest, tI. 2e seris, p 172.

(79) Dom fonteneau, Collect, mss, t. XXXC, p58.

(80) Offic. Propr, Beat. Hilaris Majoris Pictaviensis, p.213.

(81) Documents de saint Hilaire, t. II,p. 273, note 3.

(82)Voir l’Inscript XIVe

(83) Voir l’Inscript XVIVe

(84) Il est intéressant de reproduire ici le texte de cette épitaphe contemporaine des insriptions d’Alcuin :

+ IN ANNO XLVII + REGNANTE

DOMNO HHOLO IMP III IDS APL

SIC OBBIIT MADALFREDUS CLS

+ IN NOMINE….

La 47e année de Charlemagne ne peut dater que de son sacre, en 754, et répond à l’année 801. (Catalogue explicatif du Musée des antiquités de l’Ouest. de Poitiers, Dupre, avril 1834, in 8° , P 67. SUPPLEM. – MUS2E DE LA Soc. Des Antiq. De l’Ouest, catalogue de la Galerie lapidaire, par B.Ledain. Poitiers, Tolmer, 1884, in-8°, p42)- Le fac simile a été publié par M. de longuemar, dans son Essai hist. sur l’église de Saint-Hilaire, p76 et pl. v, et dans son Epigraphe du Haut Poitou, Mem. De la Soc. Des Antiq. De l’Ouest, t XXVIII, p.171 et pl.II

(85) Duchesne et Froben 

(86) Documets de Saint-Hilaire, t.I, p.38,39,70,290,314,315,317 ; t.II, p.19,163,230,233,297,298,350.

(87) Dufour, De l’ancien Poitou, p.415.

(88) Documents de Saint-Hilaire, t.I, p, 54.

(89) E.V. Foucart, Poitiers et ses monuments, dans les Mém. De la Soc. Des Antiqu. De l’Ouest, t. VII, p.139 ; CH. De Chergé, le Guide du voyageur à Poitiers, 2e édit. Poitiers, 1868, in-12, p.297.

(90) Offic. Propr. Beat. Hilaris majoris Pictaviensis, p.214.

(91) Processional de l’Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p.103 et 179.

(92) Duchesne : Gundunmepribus ; Froben : Gundun me prius.

(93) « Haud minus nos latet quisnam fuerit S. Gelasius, nisi quod legitur jacere in basilica S. Hilarii Pictaviensi. (Gall. christ., t. II, col. 1142.)

(94) Dufour, Hist. générale du Poitou, p.123.

(95) L'an 406, les Vandales, les Alains, les Suèves passent le Rhin, le 31 décembre, et entrent dans les Gaules, qui, depuis cette année jusqu'en 416, furent désolées par les ravages de ces Barbares. (Rerum gallic. Et francis. Scriptor, t.I,p.627 et 744 ; Le Nain de Tillement, Hist. des empereurs, t.V, p. 547 et 807 ; L’art de verif. Les dates, tI, p.531) – On pourra se rendre compte du cataclysme qu'à dû subir Poitiers, vers cette époque, eu lisant l'important travail archéologique et historique de M. B. Ledain: Mem. sur l’enceinte gallo-romaine de Poitiers, dans les Mem. De la Société des Antiq. de l’Ouest, t.XXXV, p. 157-224.

(96) On ne la trouve citée, en effet, ni par les Bollandistes, d'ordinaire si bien renseignés (Act. Sanct., die xxvt August.). ni par les Benedictins, auteurs du Gallia christiana, loc. citat. Elle n'a pas été connue de nos historiens locaux, tels que Mgr de la Roche-Pozay Notae ad Litanias pictonicas, dans Labbe, Nov, Biblioth. Manuscript., t.II, p.728) ; Besly (Evesques de Poitiers, p 5) ; Dreux du radier manuscript, (Biblioth. Hist et crit. Du Poitou, t.I, p.13) ; Thibaudeau (Abregé de l’hist. du Poitou, t.I, p53) ; Dufou (Hist. génér. Du poitou, p.125) ; et autres, qui ont écrit sur les evêques de Poitiers.

(97) Invent-som. Des Arch. Depart de la Vienne, serie G.520, 613, 1002. – Documents de Saint-Hialire, t II, p.259- Povillié de l’archeresche de Bordeaux, p.97.

(98) Voy. Les Inscript. IXe XIVe

(99) Bolland, Act. Sanet, die XXVII Septembre, de SS Cosma et Domiano, Mart.

(100) Gregor. Turon., Miraeul, lib.I, De Glor. Mart. Cap. XCVIII ; Hist. Franc, lib. X, cap. XXXI, n.19.

(101) Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. De Poitiers,. 228, 280, 388, 390,402.

(102) Mabillon, Annal.ord.S. Bened., t.II.p. 240 et 307: - Gallia Christ., t.II col. 1155 et1224; Dreux du radier, Biblioth. Hist. et crit. Du Poitou, t.I, p. 17 ;- De la Fontenelle de Vaudoré, hist. Des rois et des ducs d’Aquitaine, p. 64 et 531.

(103) Mabillon, op, cit., t.II, 271 et 711 ; - Gallia christ, t. II, col. 1133.

(104) Les auteurs du Gallia christiana, t.II, col. 1224, s’appuient pour inscrire le nom d'Abbon dans la liste des abbés de Saint-Hilaire, sur la simple cote d'une charte de l'abbaye de Nouaille, fournie par Besly, dans l'Hist. des comtes de Poitiers, p. 149, note marginale. Mais ces auteurs se sont mépris, en renvoyant encore à la page 30 du même ouvrage. Là, il n'est pas question d'Abbon, abbé de Saint-Hilaire de Poitiers; Il s'agit d'Abbon, moine de Saint-Germain-des-Près, qui écrivit la relation du siège de Paris par les Normands, en 896, et d'Ebles, comte de Poitou et abbé de Saint-Hilaire, mort eu 893.- Dom Mabillon (Op. citat., t. II, p. 213 et 239) n'a pas connu cet abbé Abbon. Il est fort à croire que la charte indiquée par Besly en ces termes : «  ch. Corabu facta inter ipsum et Hermenbertum Abbat. Nobihart in mens. Juho, anno 7. regn Carolo R. »  est celle-même que je citerai bientôt, et qui commence et se termine ainsi : «  In christi nomen, venerabilis ver Aper, abba, rector ex monastirio sancti Hilarii…. Facta conmutacion in mense julio, anno XII regnante Carolo rege ».

 

(105) Fasciculus antiquit. Nobiliacens., p. 385 ; Dom Fonteneau, Collect, mss. L.XXI, p. 31 et 35. L’une de ces chartes a été publiée par Besly, Hist. des comtes de poictou, p.149, et par dom Mabillon, Op, t.II, p.710 et 716.- L’identité d’Aper et de Jepro est soutenue par Le Cointe, Annal eccl. Franc. T. VIII, p. 158 ; par dom Mabillon. Op. cit, t, II, p. 239 et 307 ; par le Gallia christ. T.II, col 1224 ; par dom Fonteneua, Collect. Mss,t.XXXI, p.33.

(106) On lira avec plaisir tous ces noms, qui sont ceux des plus anciens habitants du monsatère de Saint-Hilaire que l’on connaisse. «  …Ego Aper, Agomarus ac si indignus. Gundoenus Godefredus presbyter. Natalis clericus, Ansfredus, arnulfus clericus, Alexander presbyter. Dum fraxinnus. Ag…. Bertefredus….Bernulfus. abbo. Bob… Sigradus… Edenus clericus. Brunicos…Agomarus clericus….. Bettholinus »

Le document en question trancrit dans la Collect. Des mss hist. de dom Fonteneau, t.XXI, p.19 a été publié par le savant paléographe M. Rédet, dans la Biblioth. De l’Ecole des chartes, 1er série, t. II, p. 77 et dans les documents de Saint-Hilaire, t.I, p.2.

(107) L’abbé Lebeuf (Dissert. Sur l’hist. eccle et civ. De Paris, tI, p.370-431) a publié, en 1739, diverses poèsies inédites de Paul diacre et de Pierre de Pise, autre savant venu également d’Italie, lesquelles renferment des particularités curieuses concernant l’histoire littéraire du règne de Charlemagne. On y voit, entre autres choses, que Paul Diacre a été, après Alcuin, un de ceux qui a peut-être le plus contribué à la restauration des lettres dans notre pays. Des travaux accomplis par lui en France, il nous reste ; un Homiliaire des Pères, en deux vol…, pour servir a la recitation de l’office divin ; un Vocabulaire, extrait du grand ouvrage de Festus de Verborum significatione, pour l’usage de charlemagne ; le Libelluse de ordine episcoporum Metensium ; quelques pieces de poèsie.

(108) Duplavilis, le lieu natal de Fortunat, est placé par les uns à Sans-Salvadore, localité située entre Trevise et Ceneda, et par les autres , plus probablement, à Valdebradena, autre localité très rapprochée de Trevise (Luchi, Ven. Hon, Clem. Fortunant Opera omnia, t.I, Proleromen. P.XXXIII et)- Paul Diacre, lui, est né à ferum Julu, maintenant Cividale, dans le Frioul, tout près de la ville archiépiscopale d’Udine. (Paul. Diacon, de Gesta langobar, I.IV, c. 39)

(109) Il est difficile de préciser cette date. Cependant, d'après les meilleurs calculs, il est clair, d'abord, que Paul Diacre n'a pu venir en France dès l'année 774, comme on l'a dit. En cette année, ou Pavie fut prise, Il occupait un emploi élevé aupres de Didier, roi des Lombards,et il n'avait pas encore pris l'habit monastique. Or, il est certain qu'il était religieux de Mont-Cassin, lorsqu'il vint à la cour de Charlemagne, ainsi que le prouve sa Lettre à l'abbe Théodemar, qui gouverna ce monastère de l'an 777 à 796. D'autre part, on sait sûrement qu'en 781, Paul Diacre, qui ne parait pas avoir ete connu plus tôt du roi des Francs, adressa à ce prince, alors à Rome, une supplique en vers dans laquelle il reclamait la liberté de son frère, qui, fait prisonnier, lors de la prise de Pavie, languissait en France depuis sept ans, dans une triste captivité. C'est sans doute à cette occasion, que Charlemagne se l'attacha et l'emmena avec lui. Enfin, il est incontestable que Paul Diacre écrivit à Metz son Libellus de ordine episcoporum Metensium, après le mariage de Fastrade avec Charlemagne, mariage célébré en 783 et avant la mort de l'évêque Engelramme, qui arriva en 791. Comme, d'ailleurs, il ne parait pas être reste éloigné de son monastère un très long temps, six ou sept ans au plus, on est amené à conclure qu'il a pu séjourner en France de 781 a 787 environ. (Oudin, Commentar. de Scriptor. Eccles. Antiq.t.I, col. 1923 : Liruti, Notimie delle vite ed opere seritte da letterati del Friula. Venezia, 1760-80, 3 vol.in 4, tI p163- Tiraboschi, Storia della letteratura italiana. Milano, tip. De Classici ital., 1822-26, 16 vol, in8, t.III, p339)

 (110) De la Fontenelle de Vaudoré et Dufour, Hist. des rois et des ducs d’Aquitaine, p. 64.- Les mêmes auteurs sont moins vraisemblables, quand ils ajoutent que c'est l'inscription primitive du tombeau d'Aper qui se lit sur trois pierres enclavées autrefois dans le rempartde St-Cyprien. Un fac-simile de cette inscription, qni se compose de quatre fragments et non de trois, existe dans les Inscriptions et Monuments, recueil gr. in-fot. de dessins relatifs au Poitou, faisant suite à la Collect. des mss. de dom Fonteneau. La régularite des caractères semblerait faire remonter à l'epoque romaine ce texte epigraphique malheureusement incomplet. Du reste, la présence seule du nom d'APER sur l'un des fragments ne suffit pas pour nous autoriser à y voir l’epitaphe de l'abbé de Saint-Hilaire-le-Grand.

(111) Porillie de l’archevesche de Bordeaux, p. 96. ; -Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. De Poitiers, p. 163.

(112) Bolland, Act. Sanct. Die Junii, de SS. Genasio et Protasio, Mart- Papebrock pense plutôt que leur martyr a eu liue dans la seconde persecution, sou Domitien.

(113) Grégor. Turo, ; Miracul, lib.I De Glor. Mart., cap. XLVII ; Hist. franc, lib.X, cap XX.n5 et 12.

(114) Le pape Pie IX ? par une constitution apostilique, en date du 19 décembre 1873, a confirmé le jugement de l’archevêque de Milan sur l’identité des corps de ces trois saints.

(115) Beauchet-Filleau, Pouillé du Dioc. De Poitiers, p, 36, 60, 254, 263, 381.

(116) Duchesne et Dom Froben ont édité Quam.

(117] Labbe, Nova Bibliofh. manuscript., t. II,Sancti  mmaxentii Chronic, p195 : «  Anno ab Incarnatione Domini DCCC XXX Basilica sancti Hilaire Nobiliaco dedicatur, et corpus sancti Juniani illuc transfertur a Mariaco villa. Quam translationem fecerunt Abbas Godolenus, adjuvante Sigibranno Episcopo, et Fulcone Abbate sancti Hilarii…. »

 (118) L'existence de ce cimetière chrétien, le plus ancien de Poitiers, s'étendant hors de la ville, sur tout le plateau occidental, a eté rappelée maintes fois; mais il n'est pas inutile de citer ici les auteurs qui en ont parlé: Bouchet, LesAnnalles Dacquitaine, …nouvellement corrigées (2e edit, 1525), in fol, goth, Ier part, chap XIV ? fol XIX verso ; -Routh Recherches sur la manière d’inhumer des anciens. Poitiers, J. faulcon, 1738, in 12, p93.- Mgr de Beauregard, Mémoire sur l’église collegiale de Saint Hilaire de Poitiers, ms.- Leconitre Dupon, rapport sur un mémoire de M. Nouveau, relatid à divers champs de sépulture, dans les Bullet. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, tI, p.195. ; Dom Chamard, Hist eccle. Du Poitou, tI, p90.

(119) Greg. Turon., Hist. Franc., lib I, cap. 14; Lib. de Glor. Coonfesse.,

(120)L'épitaphe de saint Nectaire, decouverte en 1840, dans l'ancienne chapelle de Saint-BarthéIemy, situee rue Saint-Hilaire, n° 1, et démolie en juin 1851, annonce que là devait être la sépulture du premier evêque des Poitevins. Cette précieuse inscription mmutaire, un des ornements du musée lapidaire de la Societe des Antiquaires de l'Ouest, porte, graves en caracteres du V siècle, ces mots

IC REQVIESCIT NECTARIVS ANTITES

Elle a été reproduite plusieurs fois; mais M. Ed. Le Blant a omis de lui donner place dans ses Inscrip. Chret. De la Gaule, antérieures aux VIIIe siècle (E.V. Foucart, Poitiers et ses monuments, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, t VII, p139 ; catalogue explicatif du Musée des antiquités de l’Ouest, p. 68, Supplem. ; - de Longuemar, Essai hist. sur l’église de Saint –Hilaire, p72 etpl. V. ; -Même auteur, Epigraphe du Haut Poitou, p. 163 et plus. II ; - l’Abbé Auber, Histoire de l’Eglise et de la province de Poitiers, Origines dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, t XXX, p 481 et pl. XXVI. – Dom Chamard, Hist eccles du Poitou, t I, p79 et pl ; - B. Ledain, Musée de la Soc. Des Antiq.de l’Ouest, catalogue de la galerie Lapidaire. Poitiers, Tolmer, 1884, in 8, p14)

(121) A l’opposite de la chapelle de Saint-Barthelemy et aussi tout près de l’église de Saint Hilaire, sélevait, avant la révolution, dans la rue de Sainte-Triaise, la chapelle de Saint-Agon, batîe très probablement sur la sépulture du quatrième évêque de Poitiers. (Dom Chamard, Hist. eccle. Du Poitou, tI, p85)

(122) L’église de Saint Triase, dont on voit encore les restes dans la rue de ce nom, était une des quatre paroisses du bourg de Saint Hilaire. Elle se trouve mentionnée pour la première fois, en mai 963. (Doc. De Saint Hilaire, tI, p36)- on conserve au musée de la ville de Poitiers un haut relief en pierre, du XIe siècle, provenant de cette église et représentatn saint Hilaire donnant le voile à sainte Triaise ; les figures étaient autrefois revêtues de peintures et de dorures. Le nom de la sainte est gravé horizontalement, au-dessus de sa tête :

SA TROECIA

Le nom de l’évêque est gravé, à sa gauche, d’une façon verticale :

S ILARIUS

 

(catalogue du Musée, dans les Mém. De ma Soc. Des Antiq. de l’Ouest, tX, p.36 ; - De Longuemar, Essai Hist. sur l’église de Saint Hilaire, p. XXXI ; - Brouillet, Notice des tableaux, dessins, gravurfes statues, objets d’art anciens et modernes de la ville de Poitiers. Poitiers, Marcireau, 1884, in 8, n° 895)

 

 

(123) Sur l’un des pilastres de la nef principale de l’église de saint Hilaire, on a découvert, vers 1856, sa fresque peinte, croit-on, au XIe siècle ; elle représente un évêque, la tête ceinte du nimbe circulaire, symbole de la sainteté. A la hauteur de la tête, on lit :

QUITIAN EPS

Saint Quintien est le deuxième successeur de Saint Hilaire. (De Longuemar, Essai hist. sur l’église de Saint Hilaire, p 71 et pl ; - Même autueru, Notes sur les fresques récemment découvertes dans l’église de Saint Hilaire, dans les Bullet. De la Soc. Des Antiq de l’Ouest, tXIII, p379)

 

(124) Durant les siècles suivants, l’église de Saint Hilaire cessa d’être le lieu exclusif de la sépulture des évêques de Poitiers. Plusieurs d’entre eux furent inhumés dans l’abbaye de Saint Cyprien. Ce n’est qu’assez tard que l’église cathédrale de Saint Pierre eut le privilège de recevoir, seul, leurs dépouilles mortelles.- a Tours également, tous les évêques ont été entérrés, pendant longtemps, dans la basilique batîe sut la sépulture de saint Martin, au milieu du cimetière commun ; un monastère a été fondé auprès, comme à Poitiers, et a donné naissance, dans la suite, a un centre de population considérable. (Gregor. De Tours, Hist. Franc.,li X, cap 31)

- A Clermont, au temps de Grégoire de Tours, le cimetière chretien comptait plusieurs oratoires et église élevés en l’honnuer des saints qui y avaient été entérerrés ; on remarquait, entre autres, la basilique de l’évêque de saint Allyre. (Gregor. Turon, lib de Glor. Confess, cap XXXIV-XXXVII ; hist. Franc., lib I vap 31)- l’abbé Lebeuf, à propos de la basilique éfifiés par Clovis sur le tombeau de sainte Geneviève, à Paris, a fait remarquer aussi les transformations qu’ont subies les champs de sépultures chretienne, sous l’influence de l’idée religieuse. (Hist. de la ville de Paris, nouv.edit, par H. Cocheris, tII, p570-72)

-Ainsi, on observe ce fait curieux dans presque toutes les villes épiscopales des premiers siècles : Les cimetières chrétiens se couvrent, dès le principe, d’oratoires et d’églises construits sur les tombeaux des saints ; la plus part du temps, des monastères se forment auprès. Ces monastères s’entourent bientôt d’autres oratoires, d’autres églises, d’hôpitaux, d’habitaions destinées aux colons. La population s’agglomère autour, plus nombreuse de siècle en siècle, et à la fin, c’est comme une ville nouvelle a côté de l’ancienne.

 

(125) Gregoir. Turon, Lib. De Glor. Confess., cap. LIII :  « Thaumastus quoque, juxta expositionem nominis sui, admirabilis sanctitate, Momociacensis urbis fuisse fertur episcopus ; de qua urbe nescio qua causa demotus, Pictavum opidum petiit ; ibique praesentem vitam, in bona perdurans condessione, finit. Cui quae sit merces in coelo, ad ejus ostenditur tumulem :eumque inhabitare pardisum prodit virtus egrediens de sepulcro :…. Hic ergo super terram sepucrum habet ante ipsum atrium beati Hialrii. De quoi tumulo erasus a multis pulvis, et haustus, ita benediction assidue ecpetitur, ut jam in uno loco sarcophagus ad paread tranforatus.”

-          Du temps de Bouchet, les Analles Dacquitaine,…. Nouvellement corrigées Ier part, chap, XV ?fol XXIV°, et encore au siècle dernier, on croyait reconnaitre le tombeau de notre saint dans l’un des trois sarcophages en pierre qui se voyaient dans un caveau de la chapelle de Saint Barthelemy. Les inscriptions et Monuments du Poitou contiennent un dessin à l’encre de la Chine de ce tombeau, qui peut aller de pair, pour l’ornementation et pour ‘lantiquité, avec les trois autres plus remarquables tombeaux de saint Hilaire ; celui dit de la Pierre qui pue, celui dit de Gilbert de la Porée, et celui dit de Sainte Abre.

 

 

(126) Les portes d'Aton font songer naturellement aux fabuleuses portes de bronze que, selon les chroniques, Dagobert Ier, dans une expedition en Poitou, aurait enlevées à la basilique de Saint-Hilaire, pour en enrichir celle de Saint-Denys. (Grandes Chroniques, éd. P. Paris, t. t, p. 351 et 362; Bibliot. de l'Ecole des Chartes, an. 1877, 5e livraison, p. 466 et 467; –Nicias Gaillard, Dissertation sur le pillage et la destruction de Poitiers, attibuer à Dagobert Ier, dans les Bullet. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, tI, p 225-242)

 (127) On pourrait conjecturer que ce pius abba minister, exécuteur des ordres de l'abbe, n'est autre que Bodosindus, qui souscrit le premier après Aton dans la charte de mars 799, avec le titre de sustos sepichra sancti Hilarii, et qu’on place la t^te de la liste des trésoriers de Saint Hilaire. (De Longuemar, Essai hist. sur l’église de saint Hilaire, p 328) –Dummler écrit le mot abba avec une majuscule et en fait un nom porpre ; ce système ne me semble pas satisfaisant et je ne trouve mon interprétation préférable.

(128) Lire sur la creation des abbés-évêques et des abbés-comtes et sur la manière dont l'abbaye etait administré sous leur gouvernement :Besly. Histoire des comtes de Poitou, p. 3;-Dom Mabillon, annal. ord. S. Bened., t. II, p. 128, 183, 197, 263 et 323 ; – Dom Fonteneau, Collect. mss XXI, p. 60; -De Longuemar, Essai hist. sur l’église de Saint Hialire, p 83. On verra que l'institution de la commende est chose fort ancienne.

(129) De Longuemar, Essai hist. sur l’église de saint Hilaire le Grand de Poitiers, dans les Mem, de la Soc.de l’Ouest, t XXIII, p80-  M. Redet, très versé, comme on sait, dans la connaissacce de la topographie poitevine, n'avait pu retrouver l'emplacement de notre oratoire appelé église dans un titre de 1162, que je citerai tout à l'heure. « On ne connaît point, dit-il, d'église qui fût specialement sous le vocable de Saint-André, à Poitiers. (doc. De saint Hilaire, tII, p 376)

 (130) Invent. Som. Des arch. Départ. De la Vienne, série G. 568.

(131) Cette instription parait maintenant perdue. Le fac-similé de grandeur naturelle en est conserrvé dans les Inscriptions et Monusment du Poitou. (de Longuemar, Epigraphie du Haut Poitou, dans les Mém. De la Soc des Antiq. de l’Ouest, t. XXVIII, p 203)

(132) Doc. De Saint Hilaire, t I, p 172

(133) Ibid, tI, p 315.

(134) Invent. Som. Des Arch. Départ. De la Vienne, série G. 519, ,600, 610, 623, 626, 1026, 1028,- Documents de Saint Hilaire, t II, p44 et 152, 267 et 270.

(135) Pouillé de l’archevesché de Bordeaux, p 96 et 98.- pouillé du dioc. De Poitiers, par Beauchet-Filleau, p. 166.- de Longuemar, essai hist. sur l’église collégiale de Saint Hilaire, t XXIII, p 371 et 372.

(136) Inscriptions et Monuments du Poitou, note placée au-dessous du fac-similé de l’inscriptio qui a été donnée plus haut.

(137) Offic. Propr. Beat. Hilarii Majoris Pictaviensis, p 215.

(138) Doc. De saint Hilaires, tII, p 275, note 3.

(139)  Il faut placer ici le passage ou Paul Diacre raconte son voyage à Poitiers, et ou il fait la biographie de Fortunat (De Geslis Longobar, I c 13) :

«  Qui (Fortunaus) postquam Turonum juxta votum proprium advenit, Pictavis pertransiens illic habitavit, multorum ibidem sanctorum gesta, partim porsa, partim metrali oratione conscripsit. Novissomeque in eadem civitate primum presbyter, de inde episcopus ordinatis est, atque in eodem loco digno tumulatus honore quiescit. Hic beati Martin Vitam quatuor in hibris heroico versu contexuit, et multa alia, maximeque hymnos singularum festivitatum, et praecipue ad singulos amiscos versiculos, nulli paetaum secundus, suavi et diserto sermone composuit. Ad cejus ego tumulum, cum illuc orationis gratia adventassem, hoc epitaphium rogatus av Apro, ejustem loci abbate scribendum contexui : Ingenio clarus……

Haec paucis de tanto viro, ne ejus vitam sui cives funditus ignorarent, delibavimus.” – Dom Mabillon (Annal. Ord. S Rened.t I, p258= d’après la fin de la citation, juge que le nom et le souvenir de Fortunat étaient alors presque ignorés à Poitiers. Mais une telle interprétation ne peut être tirée des dernières expressions du poéte lombart, qui lui-même dit quelques lignes plus haut : …. Atque Fortunaatus in eodem loco digno tumulatus hinore quiescit. D’Autres part, le fait de l’abbé Aper demandant des vers à la louange de Fortunat montre clairement que les Poitevins n’avaient pas oublié leur évêque.

(140) Baudonavie, contemporaine de Fortunat (Bolland. Act. Sanct. Die XIII August, Vita st Radegundus, prolog), et Paul Diacre, ainsi que nous venons de le voir, lui donnent expressement cette qualificatio. On doit s’étonner, après cela,que Dufour se soit montré hésitant, au sujet de l’épiscopat de Fortunat (His. Génér. De poitou, t I, p131)

(141) Ven. Hon, Clem. Fortunati Opera omnia, tI, prolegomen, p LXI

(142) Office, proper Beat. Hilarii Majoris Pictaviensis, p. 215.

 (143) Invent-som des Arch depart. De la Vienne, série G 529, 557,1082:- Doc. De Saint Hilaires, t II, p 275, note 3.

(144) L’Inventaire des reliques et des vases sacrés de l’église de saint Hialire, dressé le 8 février 1549, contient la mention suivante (Documents de Saint Hilaire, tII, p220) : «  Item la châsse nouvellement faicte de monsr seinet Fortune, pour laquelle furent prius ondiet tresor, comme appert par registre capitulaire du XVIIe may mil Ve XXXIII, signe L. Denys, ung vaisseau drapeau paisant six marcs deux onces, troys cahces d’argent doré pausaint sept marcs troys onces, et und autre calice doré vallant XXII livres X solz, ung bassin d’argent que donna fue le sieur des Maisons, paisnat six marcs et XV onces, une petite croix double dorée, paisant six marcs, avec feust ou troncq. » - Cette châsse à laquelle porter falloit deux hommes, qui en estoeint bien chargés », fut pillée par les protestants, en 152 (Ibid, tII, p 229).

(145) Invent. Som. Des Arch. Dap. De la Vienne, série G538 (2 pièces) – Besly, dans ses Evesques de Poictiers, p. 101, indique ainsi la situationde cette chapelle, à propos de sa sépulture de l’évêque Gilbert de la porée : «  Gist à S. Hylaire de Poictiers sous un tombeau de Marbre blanc historié, dans la muraille du coste du septentrion au bout de la chapelle de S. Fortuné. »

(146) Pouillé de l’archevesche de Bordeaux, p 97 ; - Beauchet-Filleau, Pouillé du doc. De Poitiers, p 163.

(147) Pouillé de Saint Hilaire, TII, p 230.

(148) Dreux du Radier, Bib. Hist. du Poitou, TI, p129.

(149) Chastelain, vocabulaire hagioloque, dans le Dic. Etymolog. De la langue drançoise, par M. Menage, nous. Edit. Paris, Briasson, 1730, tI, p LXI, au mot S. Fortunatus.- Du Saussay, Martyrol. Gallican., XIII kal. Januar. – PD Rainguet, Du Patronage de saintVenance Fortunat, évêque de Poitiers, sur trois anciennes paroisses du diocèse de Saintes, Jonzac, imp. De louis Ollière, 1873, in 8, 16p.

(150) L’abbé Cirot de la Ville, Origines chrétienne de Bordeaux, Bordeaux, Ve Justin Dupuy et Comp. 1867, in 4, p 159-184.

(151) Processional de l’Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p9.

(152) «  Capellania S. Stephani, ad collationem Thesaurarii. » (Pouillé de l’archevesché de Bordeaux, p97)- Invent. Som. Des Arch. Dép. de la Vienne, série G 519, 982.

(153) Offic. Propr. Beat, Hilaris Majoris Pictaviensis, p 215.

(154) Duchesne et Froben : Christo sinistra

(155) Doc. De Saint Hilaire, TI, p 67.

(156) Ibid, t II, p256

(157) Processional de l’Eglise de S. Hilaire de Poitiers, p12.

(158) « Capellania S Ioannis Evangeliste, ad collationem Thesauraii » ( Pouillé de l’archevesche de Bordeaux, p97) – Beauchet-Filleau, Pouillé dui Dioc. De Poitiers, p 163.

(159) Pouillé de l’archevesché de Bordeaux, p97- Beauchet-Filleau, Pouillé du dioc. De poitiers, p 164.- Invent. Som. Des arch. Dép. de la Vienne, série G 520, 1037.

(160) Processional de l’eglise de S. hilaire de Poitiers, p 13 : «  Ant. Gaudent in coelis animae Sanctorum, qui Christi vestigia sunt secuti ; et quia pro ejus amore sanguinem suum fuderun, ideo cum Christo exultant sine fine, laeamini in Domino et exultat justi, et gloriamini omnes recti corde.

OREMUS

Infirmatatem nostram, quaesumus, Domine, propistius respice, et mala omnia quae uste meremur omnium Sanctorum tuorum intercessione avert ; Per christum, etc. »

 

(161) Duchesne et Froben : amori.

(162) Voy. L’Inscript XIVe.

(163) Duchesne et Froben Et terris.

(164) Act. Sanct. ord. S. Bened., saec. IV, part. t, p. 431; et Annal. ord. S. Bened., t. Il, p. 307.

(165) Ce diplôme, mal daté de 793, a été publié pour la première fois par dom Mabillon, Annal. Ord. S Bened. TII, p 715 ; et ensuite, par les auteurs du Gallia christ, t II inst., col. 346. On le trouve trancrit dna le Fasiculus antiquait. Nobiliacens, p- 374 ; et dans la collect. Des mms hist. de dom Fontenau, t XXI, p45. –

Voici en partie essentielle du texte : « ….. Denique ostensum est un consepctu nostro per magnifico viro et parente nostro Atone diacono atque abbate statuta, quam ipse ex ore gloriosissimi et genitoris mei redis Caroli summumque catholicum sumpsit, qualiter celloal, cujus vocabulum est Novahacus, de ratione sancti Hilarii, sita in loco quieto, et valde congra ad habitionem sevorum Dei et pauperum, juxta possibilitatem loci illius monachos, qui secudum sancti Benedicti regulam degere deberent, instituit. Et venerabilis vir jam memoratus domnus Ato abba, parens noster, fidelissimus domino et genitorc meo et noster, nobis subtiliter suggesit, ut ipsa cella vel reiculas, quas ipse ibidem detilit, necnon et hoc quod Hermenbertus sacerdos rector ipsiue cellolae ibidem condirmavit, et illas conjouctiones, quas anteriori pontifici Pictavensis, quem nos recognovimus, Ansaldus, Ebarcius, et Guozbertus, ad ipsam cellam detulerunt, vel dei timentes et viri catholoco onantea conderre volueint, per nostram munificentiam semper sit conjunctum, et numquam sit interruptum. Praecipiendo praecipimus… »

 

 

(166) Trente et unième évêque de Limoges, cité suelement à la date de 817, par le Gallia christ, tII, col 507.

(167) On croit reconnaitre dans ce lieu dit alors Jacondiac, aujourd’hui Le Palais, canton et arrondissement de Limoges, l’une des quatre résidences royales ou, selon l’Astronome, le jeune roi d’Aquitaine devait demeurer allternativement tous les quatre ans (Reg. gallic. Et francis. Scriptor. T VI, p90.)

 (168) S’il en était ainsi, j’aurais eu tort précédemment d’attrivuer à Aton la nationalité franque, car la reine Hildegarde, d’après Eginhard, était issue des Suéves, un des nombreux peuples de la Germanie (rer galiic. Et francis. Scriptor, Vita Caroli Magni impertoris per equihardum scripta, tV, p96)

(169) L’archéologie pouvant tirer des rensiegnements utiles de ce texte et de ceux qui suivent, je les reproduis : «  Pippini regis Capitulare Aquitanicum (An. 768. Sanctonis) Incipiunt capitula quas bone memoiae genitor Pipinus siaodaliter, et nos ab hominibus conservare volumus. 1. Ut illas ecclesias Dei qui deserti sunt, restarentur tam episcopi quam abates, vel illi laici homines qui ecitude benefilium habent. 2. Ut illi episcopi, abbates, abbatissas, sub ordine sancto vivant. 3. Ut quicquid episcopi, abbates vel abbatissas, vel reliqui sacerdotes, de rebus ecclesuarum ad eorum opus habent, quieto ordine possideant, siccut in nostra sinodo (Bituricensi, zn. 767) jam constitutim fuit ; et si quis exinde postea aliquid abtraxit, sub integrita reddat…. » (perts, Monumenta German. Historic., tIV (Leges, tII), p.13 ; Patrolog, lat. Migne, t XCVI, col 1319)

(170)  Capitulaire Francisum. (An. 779. Mart. Haristallio.) 12. Capitula vero qum bonae memoriae genitor noster in sua placita constituit et in synodis, conservare columus. «  (Perts, Op. eccl. T III (Leges, tI) p 37 ; Patrolog. Lat., Migne, t XCVII, col 129)

(171) Karoli Magni Capitulare missorum Aquitanorum (An. 789. Mart Aquis.) Incipit breviarium de illi capitula quae domnus rex in equitania Mancione et Eugerio missis suis explere sacramentum fidelitati einrae (fidelitatis unjunxit). 1. De illo edicto quod domnus ex genitor noster Pipinus instuit, et nos in postmodum pro nostro missos conservare et implere jussimus, vel de nostros edictos quomodo fuerint custoditi. 2. De illa resauratione ecclesiarum illi qui res erorum habent per istos 20 annos, qui egere inde, aut quare non sunt. 3. Ut si aliquis de illas res ecclesiae, qua sec tempore possidebant  quando illa patria Deux sub nostris manibus posuit, postea minimatum vel abstractum fuit exinde. 4. Yt episcopi, abbatis vel coenobie sanctorum sub ordine sancto esse redebuissent, propter qui non sunt…. «  ( Pertz, Op, citat, t. IV (Leges, t II), p 14 ; -Patrolog, lat, Migne, t XCVII, col. 671)

(172) Le Gallia chrit, t IIet t XIV, passim, et la Vita Ludivici Pu Imperatoris par l’Astronome, dans les rerum gallic, et francis. Scriptor. T VI, p95, placent, sous le règne de Charlemagne, la restauration des monastères de Saint Florent, de Noirmoutiers, de Saint Croix de Poitiers et même de Saint Maixent, et la fondation de ceux de Charroux, de Nouaillé, de Saint Savin et de Nanteuil en Vallée.

(173) L’historien Egnihard fait la remarque que le génie de Charlemagne ne travailla pas seulement à agrandir l’Empire franc, mais qu’il s’occupa encore à l’empbellir de monuments de toutes sortes, surtout d’édifices religieux.

« Qui cum tantus in ampliande regne et subidendis exteris nationibus existeret, et in ejusinodi occupationibus assue versaretur, opera tamen plurima ad regni decorem et commoditatem pertinentia, diversis in locis inchoavit ; quaedam etiam consummavit….. Praecipue tamen Aedes sacras ubicunque in toto regno sue vetustate collapsas comperit, Pontificibus et Patribus, ad quorum curam pertinebant, ut restaurarentur, imperavit, adhibens curam per legatos ut imperata perticerent…. » (Rerum gallie.et francie. Scriptor, tV. V 93)

 

 

(174) D’accord avec Le Cointe (Annal. Eccle. Franc., t VIII, p 160), et dom Mabillon (Act. Sanct. Ord. S. Bened, saec. IV, part I, p 431 ; Annal. Ord. S. Bened, tII, p 308), je traduis comme s’il y avait : momente summo catholico domno rege Carolo, L’abbé Briand (Hist. de l’eglise Santone, tI, p233) n’a pas ainsi le veritable sens.

(175) Village faisant partie des communes d’Aslonnes et de Cha^teau Larcher, près de Poitiers. (Redetn Dic. Topograph. De la Vienne, p 218)

(176) Probablement Caunay, canton de Sauze-Vaussais (Deux- Sèvres). ( Redet, op.citat, p 103, au mot Chaunay.)

(177) La Collection des mss. Hist. de dom Fontenau, t XXI.,p 57, et le Fasciculus antiqit. Nobiliacens. P372, contiennent la copie manuscrite de cette charte qu’ontrouve imprimée dans le Gallia christ. , tII Instr. Col 345 ; je vais en donner un extrait :

….. « Igitur in Dei nomen ego Ato humilis, et servus severum Dei ultimus, pontifex urbis Santonicae sancti Petri ecclesiae senioris canonicae, necnon et rector monsasterii sancti Hilarii, situm propr Pictavis, ubi ipse scntissimus humatus esse videtur, momente summum catholicum domnnum regem Carolium gloriosum ; ut unusquisque pastor curam gerat super gregem sibi commissum vigilanti animo, notumque et magnifico nobile domno Hlodoico rege, et suis optimatis et viris catholicis, quod aliquo monaterium, cujus vocabulum est Nobiliacus, ubi a nobis pater ibidem praeesse cidetur Hermentarius sacerdos, de ratione sancti Hilarii, et in suo sancto nomine editum, situmque in loco quieto, et valde congruum ad habitandos monachos, ispum renovavimus, et monachos ibidem instituimus, ad mercedem eumulandam dominorum regum et nostram. Locella quae a longo tempore ex ipso fuerant ablata, protper necessitates monachorum et pauperum supplendas, necnon et nostra facinora ablenda, reddendo conjunximus vel adhaerere decintus,  quarum sunt vocabula : una qui dicitur Jouarinna, et est inter Alona et alveum Cludra, et alia Colnago, qui est Briolense pago…..

…..

S. ego Ato indignus episcopus Sanctonicae urbis eccelsiae, hanc conjunctionem libentissomo animo fiero vel adfirmare rogavi.

Bodosindu ac si indignus presbyter sue custo sepulchri sancti Hilarii, jubente pinssimo pontifice domno Atone. Arnulphus, Aigobertus presbyter, Frotbertus, Lonnaldus…. Florentius, Ibbo, Abbo, Betdenus diaconu, Ragadeus presbyter, Dodo clericus, Madalfredus, Ingobertus, Abbo clericu, Gundolaicus, Aldebertus. Data in anno XXXI, regnante domno Karolo rege in mense Martio…. Bertramnus scripsit.”

(178) Fasciculus antiquatatum Nobiliacensium, p8- Thibeaudeau, Abrégé de l’hist.de Poitou, tI, p272.- l’abbé Auber, hsit. De la cathédrale de Poitiers, tI, p13.

(179) L. Audiat, Charlemagne et Saint-Pierre de Saintes, dans le Bulletin reliqueux du diocèse de la Rochelle, an 1867, p54 ; - cartulaire de l’abbaye de Saint-Etienne de Baigne, publié par l’abbé Chollet. Niort, clouzot, 1868, in 4, préface, p XI-XVI.

 

 (180) Mabillon Annal. Ord. S. Bened, tII, p 716 ;- Dom Fonteneau, Collect mss, T XXI, p 31, 35 et41.

(181) Par un diplôme de Louis, roi d’Aquitaine, délivré en mai 808, il appert que la règle de Saint-Benoit était alors abolie dans le monastère de Saint Hilaire (doc. De Saint Hilaire, tI, p3 ; -Dom Chamard hist. eccle. Du Poitou tI, p 467)

 

 (182) Les restes  encore omportants de l’ancienne abbaye de Nouaillé ont été décrit par M. de Longuemar dans des notes archéologiques intéressante, livrées à La semaine bturg. De Poitiers, an. 1879, p 253, 292 etc.

 

(183) Dummler suppose que le texte est corrompu en cet endroit.

 

(184) Glossar. Mediae et infimae latinitaits, au mot Aula.

 

(185) Besly, hist des Comtes de poictou, p 221 et 223.- redet, Dict. topogra. De la Vienne p 294.

 

(186) Dummler a trouvé des Mss ou ce poème est intitulé : Versus Alquini ad mensam.

 

(187) Duchesne At requiem nocti; Froben Et requiem nocti

(188) B. Ledain, Musée de la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, Catalog de la galerie lapidaire, p 40.

(189) Ce même poème se rencontre ailleurs, comlété par deux autres distiques. (Dummeler, op, citat, p282)

Ext mibi venter edax, calido qui pascitur igue,

Vertice sub quadro fumidus exit odor.

Ad me mex hospea gelido fugit imbre Decembre,

A me qui Auguste florida in arva fugit.

 

 

(190) Ce manuscrit, conservé à la Bibliothèque publique de Poitiers, est connu sous le titre de regula monasterii Nobiliacensis, vel, haut. 182 millim ; lar. 123 millim. N°79 (anc. 78). Sur la première feuille se trouve l’inventaire des vases sacrés de l’abbaye de Nouaillé, au XIIe siècle (Paul de Fleury, Inventaire analytique et descriptif des manuscrits de la bibliothèque de Poitiers, dans les Mém. De la Soc. Des Antiq. de l’Ouest, t XXXII, p 157)

(191) D’Achery, Spicileg, nos edit, tI, p 639.

(192)  Thibandeau, qui a eu entre les mains ce dernier ms. Appelé par lui cartulaire a tiré des chapitres relatids à notre sujet une analyse étendue qu’on ne lira pas sans plaisir (Abrégé de l’Histo. Du Poitou, tI, p 231)

 


20 novembre 2020

Les Moutiers sur le Lay (Bas-Poitou) – Légende de Brice de Tours, évêque de Tours

Les Moutiers sur le Lay (Bas-Poitou) - Brice de Tours, évêque de Tours

Non loin des Moutiers-sur-le-Lay, sur la commune limitrophe de Sainte-Péxine. Se trouve une grotte modeste, dite de Saint-Bris ou Saint-Brice, qui n'a guère d'inté­ressant que son nom, et qui, à cause de ce nom même, a intrigué et intrigue encore les curieux d'histoire régionale. Constatons d'abord qu'il n'y a rien de commun entre Saint-Brice et Sainte-Pexine, que troissiècles séparent vraisemblablement, Sainte-Péxine, peu connue et identifiée par la plupart des hagiographes avec Sainte-Pazanne et Sainte-Pezenne, aurait vécu au VIIe siècle, disent les Bollandistes., Dom Chamard, qui a tout droit d'émettre une opinion personnelle dans une question douteuse la fait mourir au contraire au commencernent du IVe siècle, plus de cent ans avant Saint-Brice, puisqu'il la croit victime de la persécution de Dioclétien (an 303) ; quoi qu'il en soit, Sainte-Pexine et Saint-Brice ne se sont pas connus.

Le culte de la sainte, dans la pa­roisse qui porte son nom, pourrait bien avoir pour ori­gine une chapelle privée qui lui aurait été consacrée peut-­être dans l'importante villa gallo-romaine dont les débris se retrouvent à chaque pas.

Des arguments philologiques, qu'il serait hors de propos de développer ici, nous font croire que Sainte-Pazanne (Loire-Inférieure) et Sainte-Pe­zenne (Deux-Sèvres) sont des lieux de culte ancien et populaire de la sainte, et que Sainte-Pexine représente une fondation moins ancienne et plus savante, pour em­ployer une expression technique en la circonstance.

Nous restons donc en face de Saint-Brice seul, et c'est, en cherchant, après beaucoup d'autres, la raison d'être de son nom en ce lieu, que nous avons vu s'étendre d'une façon imprévue le champ des investigations, et que le chemin de la grotte nous a conduit au berceau de la paroisse elle-même.

On ne connait qu'un saint du nom de Brice dans le calendrier liturgique romain.

Ce saint, originaire du Poi­tou, y a passé une partie de sa vie. Sulpice Sévère, qui fut son compagnon, saint-Fortunat et Grégoire de Tours, qui vécurent au siècle suivant, sont ses répondants dans l'histoire.

Sa carrière fut longue et accidentée ; il monta, quatrième sur le siège épiscopal de Tours, où il succéda à Saint-Martin, et où il siégea quarante-six ans, de 397 à 443, non sans quelques vicissitudes.

Sa vie n'est pas une des moins curieuses à connaître des temps mérovin­giens, de cette période de transition, où sous les auspices tutélaires et novateurs de la religion nouvelle, s'opérait, non sans heurt et sans secousses dans le sein du chris­tianisme vainqueur, la fusion- des Romains, conquérants et païens, avec les Barbares idolâtres, autonomes ou envahisseurs.

L'apostrophe de Saint-Rémi à Clovis : « Baisse la tête, fier Sicambre !. ... » ne rappelle pas seulement un grand événement religieux : elle caractérise en outre un système et une évolution historique.

C'était l'époque où Martin, fils d'un tribun de Panno­nie, romain de culture et de nom (Martin, diminutif de Mars), après avoir quitté l'armée venait s'initier près de Saint-Hilaire, évêque de Poitiers, à la vie religieuse, fondait à Ligugé le premier monastère de l'Occident

Après Ligugé, il lui fallut faire plus grand, et il s'éta­blit près de Tours, à Marmoutier (majus monasterium). Ce fut là qu'il fut élu évêque de Tours et de là qu'il adminis­tra son vaste diocèse.

En Poitou comme en Touraine, l'ardeur de la foi nouvelle et le prosélytisme des premiers convertis lui amenè­rent de nombreux disciples surtout de la classe aisée et instruite élevée à la romaine.

Parmi eux, Saint Paulin de Mole et Sulpice Sévère brillent au premier rang.

Martin savait qu'on ne fonde pas œuvre qui dure avec les repré­sentants même les moins dégénérés d'une race épuisée; aux fils décadents de l'aristocratie gallo-romaine, il vou­lut infuser le sang jeune et ardent des derniers venus, des Barbares, et il attira auprès de lui ceux des enfants aux cheveux blonds qui lui parurent capables de plier sous le joug du Christ leur fière et sauvage nature.

Brice (en latin Brictio), de race barbare, comme la physionomie de son nom ne permet pas d'en douter, était de famille pauvre : ses parents le confièrent avec joie à Martin pour l'élever et en faire un prêtre. Le tempéra­ment impétueux et indiscipliné de Brice dut donner fort à faire à son éducateur; Martin y employa une angélique patience, et finit par élever aux saints ordres son indocile disciple, comptant surtout sur la grâce de Dieu et du sacrement.

A dire vrai, la rudesse de Brice, jointe à l'humilité de sa naissance, ne lui concilia guère les sympathies de se confrères, de plus fine éducation et d'origine plus relevée. Dans le récit de Sulpice Sévère, que nous allons transcrire, pour laisser parler aussi un contemporain perce le mépris du Gallo-Romain instruit et policé pour le Barbare pauvre, fils de pauvres, et rebelle par instinct à la disci­pline de la règle monastique.

Voici le portrait tracé par Sulpice Sévère et reproduit plus tard par saint Fortunat.

La scène se passe à Ligugé ou à Marmoutier, alors que Brice était prêtre depuis quel­que temps:

« Un jour que dans la petite cour qui entourait sa cellule Martin était assis sur l'escabeau connu de nous tous, il vit deux démons se poser sur un rocher escarpé qui dominait le monastère, et de là, faire entendre ce paroles d'encouragement: « Ha ! toi, Brice ; ha ! toi, Brice ! »

« Ils voyaient, je pense, venir de loin le malheureux et savaient quelle rage le mauvais esprit avait excitée en lui. Bientôt Brice accourt furieux, et dans son délire, il vomit contre Martin mille injures.

C'est que le bienheu­reux, la veille, avait réprimandé ce prêtre (lequel ne possédait rien étant laïque, et avait été élevé dans le monas­tère par Martin lui-même) de ce qu'il acquérait des che­vaux et des esclaves, car dès lors, on lui reprochait d'acheter à grand prix non seulement des jeunes garçons barbares, mais même de belle jeunes filles.

Pour cela, le misérable, la bile en émoi, et je pense, l'esprit troublé par les deux démons, s'emporta contre Martin à ce point qu'il faillit frapper ce saint évêque qui, le front serein, l'âme impassible, s'efforçait de calmer par de douces paro­les le délire du malheureux.

« Mais Brice, en proie au démon, n'était plus dans son bon sens, encore qu'il en eût bien peu. Les lèvres trem­blantes: la physionomie agitée, pâle de fureur, il profé­rait des paroles de péché : » Je suis meilleur chrétien que toi, puisque dès le bas-âge j'ai reçu de toi-même dans le monastère une éducation toute ecclésiastique ; tandis que toi, Martin, qui, dès ton enfance, et tu ne peux le nier, as vécu au milieu de toute la licence des camps, tu es tombé, en ta vieillesse, dans la folie des vaines pratiques de dé­votion et de visions chimériques. »

Après avoir vomi ces injures et beaucoup d'autres qu'il vaut mieux ne pas citer, Brice sortit enfin, sa fureur as­souvie, persuadé qu'il s'était pleinement vengé ; il reprit la route par laquelle il était venu, en marchant à grands pas. »

«  Cependant les prières de Martin, je suppose, chassè­rent les démons du cœur de Briec. Revenu à résipiscence, il retourne sur ses pas, se jette aux pieds du saint pon­tife, confesse sa faute et, rentrant enfin en lui-même, avoue qu'il a cédé aux instigations du démon. »

« Rien n'était plus facile à Martin que de pardonner à un suppliant. Après quoi, le saint homme exposa à Brice, ainsi qu'à nous tous, comment il avait vu les démons agi­ter ce malheureux et ajouta qu'il ne s'était point senti ému par ses injures, lesquelles n'atteignaient rien que celui qui les avait proférées. »

« Dans la suite, ce même Brice fut plus d'une fois convaincu de grandes fautes, mais jamais le bienheureux ne put se résoudre à déposer ce prêtre, pour ne point parai­tre venger une offense personnelle, et souvent il répétait : « Si le Christ a supporté Judas, pourquoi moi ne suppor­terais-je pas Brice ? »

On peut dire que Sulpice, qu'on a appelé avec une cer­taine indulgence le « Salluste Chrétien », se montre bien sévère pour son bouillant confrère ; on devine sans peine dans ce récit l'antipathie des races, l'éternelle rivalité du midi contre le nord, et cette inconsciente jalousie des fa­veurs du maître qui hante souvent les âmes vivant en commun, dernière forme de l'égoïsme et de l'envie réduits par la vie du cloître à leur plus intime expression.

Il faut faire quelque effort d'imagination et se bien re­présenter la dureté et les nécessités de ces temps barbare pour arriver à comprendre que ce même Brice fut un grand évêque, de plus un grand saint, et que les défauts, signalés par Sulpice Sévère, qui vivait avec lui, et rap­pelés plus tard par saint Fortunat, évêque de Poitiers, n'étaient alors incompatibles, sauf repentir et pénitence bien entendu, ni avec les plus hautes fonctions religieuses ni avec l'honneur suprême de la canonisation.

Les Gallo-Romains du midi de la Gaule, civilisés depuis trois siècles déjà par l'occupation romaine, s'étonnaient à bon droit de ces caractères impulsifs et toujours en révolte. Plus perspicace, Martin y voyait un précieux ins­trument de conquête religieuse, et il devançait hardiment, à la surprise et parfois au mécontentement de ceux qui l'entouraient, la politique de saint Rémi : « Baisse la tête, fier Sicambre !... »,

Nous n'avons pas à raconter ici la vie de saint Brice, sur laquelle Grégoire de Tours, son quinzième successeur sur le siège épiscopal de saint Martin, donne des détails moins édifiants encore que ceux rapportés par Sulpice Sévère.

Ainsi, dans la 33e année de son épiscopat, Brice, déjà plus que sexagénaire, fut accusé d'adultère.

L'opinion publique se montra tellement ardente contre lui qu'il fut déposé, qu'on lui donna un successeur et qu'il dut prendre la fuite. Sept années durant, il disparut, avant d'en appeler à Rome même, au Souverain Pontife. Confirmé par le pape dans ses fonctions, il revint à Tours, chassa de la ville le second successeur qui venait d'être élu à la mort du premier, et y exerça, pendant sept ans encore, la charge épiscopale.

Sans rien dissimuler de ces accidents divers, Grégoire de Tours l'appelle « un homme éminent, incomparable, dont les miracles remplissent plusieurs volumes. »

Grégoire de Tours rappelle ailleurs que Brice fonda des églises à Clion, Brèches, Ruan, Chinon, etc ...

Cette énu­mération n'est pas limitative et témoigne surtout que a fondations de paroisses furent dans les préoccupations ha­bituelles de l'évêque de Tours.

Il meurt en 444 et est enterré près de saint Martin, à Tours !

En 580, Grégoire de Tours l’éloigne définitivement et transfère ses reliques à Clermont, en Auvergne. Brice est le patron des juges.

Les historiens ne nous ont rien laissé de plus sur saint Brice, et nous ne pouvons que tirer, des documents con­servés, les conséquences qu'ils comportent au point de vue particulier de cette étude.

Il apparaît très nettement d'abord qu'avant l'épiscopat de saint Brice, Clion, Chinon, et les agglomérations d'habitants citées plus haut n'avaient pas d'églises.

 A fortiori, combien de villages moins importants n'étaient pas plus favorisés, entre autres notamment le vicus dont le nom gaulois effacé fut remplacé plus tard par la déno­mination chrétienne des Moutiers-sur-le-Lay.

La légende populaire qui prouve l'antiquité du lieu-dit, assure que saint Brice habita la grotte qui a gardé son nom ; et s'il ne l'avait pas habitée, pourquoi l'appellerait-on la grotte de saint Brice plutôt que de tout autre saint ?

Il faudrait des preuves contraires bien décisives pour infirmer cette naturelle conclusion. C'est donc au-delà de ce fait acquis que commence l'hy­pothèse.

 Nous pensons, en attendant une interprétation meilleure, que ce fut en l'an 430, lorsque Brice dut quit­ter précipitamment Tours sous le coup de la terrible accusation d'adultère, qu'il se réfugia à la hâte en Bas-­Poitou, dans la grotte des Moutiers-sur-le-Lay, hors de son diocèse, tout en restant à portée, loin aussi de Poi­tiers, où l'indignation publique qui le poursuivait lui eût réservé sans doute un fort mauvais accueil auprès de l'évêque.

Les graves événements religieux qui venaient de se passer à Tours n'avaient point eu d'écho dans ce coin re­culé de la région ; le voisinage d'un viens y assurait la possibilité de vivre, Brice prenait le temps de réfléchir et de mûrir une décision ; non coupable, il se ménageait la possibilité d'une justification ; il ne dut se résigner à entreprendre le dur voyage de Rome que lorsqu'il vit le successeur, qu'on avait élu à sa place, jouir paisiblement et sans conteste du bénéfice de son élection.

 Plus tard, après sa réhabilitation et sa réinstallation sur le siège de saint Martin, ce successeur et le suivant furent tenus pour intrus, et rayés de la liste officielle des évêques de Tours ; mais la situation était loin d'être rassurante, quand Brice se cachait dans la grotte des Moutiers, et  qu’'il y sanctifiait ses malheurs par la pénitence et par la prière.

Le bourg voisin de la grotte n'avait pas encore d'é­glise, Brice put donc donner carrière à son zèle organi­sateur, et nous ne doutons pas que les habitants du bourg, lui durent leur premier sanctuaire. Le vocable de Saint, Pierre, patron de la paroisse, indique déjà une très ancienne fondation ; en outre, l'église de Marmoutier, où Brice avait été ordonné prêtre, était dédiée à Saint Pierre et à Saint Paul, et il est bien naturel et très humain que dans la détresse morale de l'heure présente, il ait tenu à honorer avant tout autre le saint qui avait béni son en­trée dans le sacerdoce, et devant qui il devait aller bien­tôt crier justice en la personne de son successeur direct, le pontife romain.

S'il n'évangélisa peut-être pas le pays, et cette opinion n'a rien d'improbable, il y éleva du moins le premier monument du culte chrétien.

N'oublions pas que les marais de la Sèvre Niortaise ne furent évangélisés que cent cinquante ans plus tard, par saint Pien, évêque de Poitiers, dont un lieu-dit, près de Maillé rappelle éga­lement le souvenir.

Parmi tant de paroisses fondées par lui, saint Brice, remonté dans la chaire de saint Martin, oublia l'église éloignée, placée hors de sa juridiction, qu'il avait créée sur les bords du Lay. Dès sa fondation, au VII siècle, croit-on, l'abbaye bénédictine de Luçon rattacha à son domaine spirituel cette église détachée, et y entretint par ses moines la régularité et la continuité du culte.

Après les ravages des Normands, les moines furent les premiers à repeupler le désert fait par les hommes du Nord.

Quelques bénédictins relevèrent les ruines de l'égli­se de Saint-Pierre fondée par saint Brice, conservèrent le vocable de la fondation primitive et prirent complète­ment possession temporelle du lieu en le baptisant, du nom générique de leur propre occupation, le ou les Mou­tiers-sur-le-Lay » (1 ). (1) De E. Bourloton.

 

Légende populaire de Saint-Bris ou Saint­ Brice.

La tradition veut qu'au Xe siècle un moine de l'abbaye de Trizay, obtenant tous les ans à une certaine époque de ses supérieurs, la permission de se retirer dans les bois pour y faire une retraite, vint à mourir en route au lieu- dit déjà la grotte de Saint-Brice.

Les religieux ne voyant pas revenir le frère Brice, se mirent à sa recherche ; ils par­vinrent à trouver son corps auprès d'une petite fontaine, au bord de laquelle se trouvait une aubépine ; dans les branches se trouvait une statue de la Vierge. Les bons religieux emportèrent le corps de leur frère défunt, ainsi que la statue. Arrivés au couvent ils déposèrent le corps dans l'église, la statue sur l'autel, puis ils firent la garde du corps.

Le lendemain matin, leur surprise fut grande de ne plus voir la statue là où ils l'avaient mise ; grand émoi parmi les religieux présents. Deux d'entre eux retour­nèrent à l'endroit où ils l'avaient trouvée ; ils la virent posée à la place qu'elle occupait la veille. Ils l'emportè­rent encore à l'abbaye, la placèrent de nouveau sur l'au­tel, fermèrent les portes à clef et firent bonne garde. Le lendemain, elle était encore disparue. Quelques reli­gieux retournèrent et constatèrent qu'elle était encore dans l'aubépine, mais cette fois-ci ils l'y laissèrent.

Quelques années après un petit monument y fut élevé pour recevoir la statue.

Les siècles ont détruit ce pieux monument, mais le souvenir néanmoins, s'en est perpé­tué d'année en année.

Il n'y a rien d'étonnant à ce fait d'un religieux cher­chant l'ombrage et une source à l'eau claire et limpide, si nous nous rappelons que pour les races primitive, et plus particulièrement pour les Gaulois, adorateurs de forces naturelles, l'eau fut trois fois sacrée.

 Nos ancêtres vénéraient les sources à régal du gui, comme un don manifeste de la divinité. Strabon nous apprend qu'ils confiaient aux étangs et aux marais leurs objets les plus précieux.

L'Eglise, obligée de compter avec cette idolâ­trie spéciale, la sanctionna très habilement en baptisant les fontaines, en les plaçant sous le patronnage d'un saint local, en substituant aux statuettes, souvent auda­cieuses du paganisme, les images pieuses de la Vierge chrétienne. De là les innombrables sources curatives auxquelles accourent des pèlerins à certains jours de l'année.

Saint-Bris ou Saint-Brice le 15 Août.

Aujourd'hui encore il existe au-dessous de la fontaine une piscine dans laquelle se lavent les incurables pendant les solennités du pèlerinage.

Réparée pendant la Révolu­tion par les soins des sieurs Régnier et Bonnin, maçons aux Moutiers sur l'invitation de nombreuses personnes, la grotte renferme un grand nombre d'ex-voto.

« Dans la nuit, veille de l'Assomption, le 15 Août, c'est un coup d'œil curieux que de voir dans une vaste prairie, à l'extrémité de laquelle sont la grotte et la fontaine, douze à quinze mille fidèles, une petite bougie ou lampe allu­mée à la main, priant tous avec expression et soupirs. Les uns tendent leurs bras vers le ciel, d'autres se frap­pent la poitrine de componction, ceux-ci prient le visage prosterné dans la poussière, ceux-là appellent d'une voix suppliante le Dieu de miséricorde à leur secours.

Plus loin, la piscine ne cesse de se remplir d'infirmes, d'incu­rables de tout âge, de toute condition. Les uns pieds nus, la tête couverte d'un sac et de cendre accomplissent des vœux promis au ciel dans une maladie ou dans un danger, d'autres se promènent silencieusement tenant une petite croix à la main, et faisant l'aumône à tous ceux qui leur demandent ».

« A travers la rumeur de cette foule se perçoit très bien l'invocation à saint Bris, sous la formule consacrée :

 

 

« Bienheureux saint Bris, guérissez-nous du mal de tête, du mal de reins, du mal de dents, etc... » cela s'ap­pelle « virer ses voyages » et le coût habituel est de deux sous ».

Saint Bris fut pendant plusieurs siècles le lieu de pèleri­nages les plus fréquentés du Bas-Poitou.

On y venait de l'Orléanais, de la Touraine, du Berry; depuis plusieurs années déjà l'enthousiasme baisse de par le fait que d'au­tres lieux attirent davantage la curiosité des masses:

Forêt de Mervent, Saint-Anne d' Auray, la Salette, Lour­des, etc ... et les voyages sont si faciles maintenant.

 

Une chapelle envisagée de longue date.

Au XIXe, les pèlerinages déclinèrent peu à peu, jusqu'à disparaître dans les années 1960. Aujourd'hui, plus de procession des flambeaux à l'occasion du « petit Saint-Brice » , d'exposition des plus belles compositions florales pour le « grand Saint-Brice » (8 septembre), ou de cérémonies de prières durant le mois de la Vierge Marie, en mai. Mais une messe y est toujours célébrée pour l'Assomption, le 15 août, à la chapelle.

Le projet de chapelle à Saint Brice resta longtemps dans les cartons. Ceux de l'abbé Chacun en 1866, ou encore de l'abbé Marsaud en 1943, jusqu'à sa réalisation, à partir de décembre 1954.

L'église de Sainte-Pexine, dans le bourg, avait disparu depuis déjà 160 ans, quand les bénévoles se mirent à la tâche, sous l'impulsion de l'abbé Armand Bethys (« un grand bricoleur », selon Mgr Cazaux, alors évêque de Luçon).

Dans les années 60, le site connut son « grand bond en avant », avec la fonte de la cloche à partir de métaux récupérés par les écoliers. Le don par testament de l'abbé Pierre Huvelin, décédé en 2001, permit de la draper, dignement et simplement. « Elle sourit, m'offrit un rayon de lumière » (abbé Gilles Hybert, dernier vers de son poème « Pèlerinage »).

Une partie de la chapelle construite en 1954 a fait l’objet de travaux de crépissage en 2005. Ces travaux ont été financés grâce à un don testamentaire de l’abbé HUVELIN, curé de la commune voisine.

Il conviendrait de terminer de crépir certaines façades afin d’éviter que le lierre ne se propage. Egalement, des travaux de consolidation de l’ouvrage sont nécessaires là où des fissures apparaissent. Le clocher laisse actuellement entrer les oiseaux, entrainant des dégradations importantes.

 Des grilles doivent donc être posées. Une grille en fer forgé (selon les mêmes dessins que les grilles déjà présentes sur les abords de la chapelle) permettra de protéger l’autel. Enfin, si nous voulons organiser des évènements sur place, l’électrification du lieu est un préalable indispensable.

 

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/chapelle-saint-brice-a-sainte-pexine

 

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/sainte-pexine-85320/dun-rite-paien-la-chapelle-lhistoire-du-site-de-saint-brice-2764236

 

 

 

 


 

 

Hilarius Pictaviensis (Saint Hilaire de Poitiers) évêque de Pictavium (Poitiers)

Hilarius Pictaviensis (Saint Hilaire de Poitiers) évêque de Pictavium (Poitiers) parfois appelé "marteau Arianorum" et "Athanase de l'Ouest" , Italie; évêque et père de l'église ; † ca 368 . Fête 13 (jour de la mort) & 14 & 20 (avec tous les saints et les évêques bénis de Poitiers) Janvier & 26 (récupération et transfert des reliques) Juin [318p: 56].

 

8 Novembre 397: Mort de Saint Martin de Tours à Candes, les Tourangeaux dérobent le corps aux Poitevins -

Les lieux doivent généralement leur naissance et leur histoire à la spécificité de leur site. C'est le cas de Candes St Martin. Dès le Vème siècle le village s'appelle Candata : Cela signifie confluent. Le nom évolue en Canda (1205), Cande (1479), Candes (XVIIème siècle) pour devenir Candes St Martin en 1949.



19 novembre 2020

Castrum de Rocha super Oyonem (la Roche sur Yon) prieuré saint Lienne

Castrum de Rocha super Oyonem (la Roche sur Yon) prieuré saint Lienne

A l’Age du Fer, probablement dès l’époque gauloise, le rocher La roche devint une Enceinte, cultuelle ou défensive même, puisqu’un véritable souterrain-refuge existe à Aiguebouille, au niveau du côté à pic qui surplombe la rivière. Mais il est probable qu’il n’a été creusé  qu’à l’époque des invasions normandes, c’est-à-dire vers le VIIIe ou le IXe siècle.

Les Gallo-Romain ne semblent pas avoir séjourné à La Roche, ni avoir fréquenté la haute vallée de l’Yon. Cependant, au Nord de la Ville, et des souterrains du Moulin-Neuf et de La Brunetière, il y eut une importance station romaine, vers Dompierre ; car une nécropole très considérable a été découverte et fouillée à la Créancière.

Plus au Sud, il y a eu, d’autre part, un centre romain aussi intéressant ; celui de Mareuil sur Lay.

Un affutoir, soit gaulois, soit plus ancien, en porphyrite augitique, avec trou de suspension, en forme de hache polie, a été trouvé au Moulin-Neuf. Il pourrait être aussi bien mérovingien que plus ancien ; en réalité, il est impossible de le dater.

 

Moyen-Age — Mais, dès le IXe siècle, et surtout au Xe, quelques Bas-Poitevins, des Picti,. (Pictons) c'est-à-dire des Hommes tatoués, étaient rassemblés sur la Rocha de 1035, puisque la première chapelle date de 944 et correspond au transport de Saint Lienne de Poitiers à La Roche.

Les premières maisons se groupèrent autour d'un Rocher des bords de l'Yon, au niveau d'Ecquebouille (l'eau bouillonnante) ; rocher' qui n'est connu que depuis 982, sous le terme latin Rupes.

Au XIe siècle, Guillaume le Grand, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, entreprend de réorganiser la défense du Bas-Poitou, choisissant comme principal point d'appui le site de Talmont et comme base arrière et La Roche-sur-Yon, deux forteresses qu'il confie à son fidèle Guillaume le Chauve

Dès l'arrivée des Anglo-Saxons ou Normands, il fallut donc que les habitants creusent des Souterrains au niveau de la Ville pour se protéger.

Souterrains. — C'est ainsi que furent construits les Refuges suivants :

1° Souterrains d'Ecquebouille (ou Aiguebouille). La véritable dénomination est, en réalité, Aiguebouille ; et il faut s'y tenir.

D'après l'Abbé Auber, on aurait trouvé là, jadis, deux petites cuillers à pied de biche ; des pointes de flèche et des fers de lance en bronze ; cela vers 1853 (Ann. S. V., 1858, p. 58).

Mais ces vestiges précieux sont —hélas ! — perdus pour la Science, car ils ne sont pas au Musée.

2° Souterrain du nord de la caserne. On n'y trouva qu'un charnier et des armes assez récentes.

3° Souterrain du passage du Commerce (Monthulet, 1921).

4° Souterrain du Haras actuel (1875).

5°-6° Peut-être existe-t-il un vrai souterrain à La Sainbrandière ? De même au Moulin Papon.

7° et 8° Mais ces refuges n'ont jamais été explorés, à l'inverse de ceux du Moulin-Neuf et de La Brunetière, que nous avons fouillés nous-mêmes et restaurés. On trouvera leurs complètes descriptions dans les deux Mémoires importants, que nous avons consacrés à ces monuments (Fig. 2).

Le terme de Sébrandière est connu dès 1333 ; il était devenu Saibrandière en 1338.

A l'époque où il fut visité par le géologue Rivière, vers 1836, on disait déjà : Sainbrandière. Mais il est très peu probable que Saint Yon, en réalité, ait habité dans les environs, non pas certes un souterrain-refuge, bien entendu, puisqu'à son époque il n'y en avait pas ; mais une simple Grotte naturelle.

Au XXe siècle, on a mis au jour au quartier d'Aiguebouille, une vaste Voûte, murée d'une salle souterraine, très bien comprise, mais qui ne peut dater que du Ier Empire, c'est-à- dire de la construction de la ville moderne par Napoléon Ier.

Ce monument, que nous avons jadis pu voir, ne peut pas, par conséquent, être rapproché des vrais souterrains-refuges moyenâgeux et n'a qu'un intérêt purement historique (Réserves de poudres ou poudrière, sans doute)

Première Eglise (1)

 – On connait dès 1092. En effet, on lit, dans les Chartres N°s 4, 5, 6, du Cartulaire de La Roche-sur-Yon, ces mots « Ecclesia rochœ, de foris Rocha ; Caprarius de Rocha. — Ecclesia Rupe ».

A cette époque, la ville s'appelait Rocca ou Rocha super Oium Hou encore Rupes.

Mais le vrai Castrum n'apparaît qu'en 1028, si Oion, nom de la rivière, est connu depuis 1035. Le territoire du Bourg, la Terra Rochœ ; n'est citée qu'en 1208 (2)

Le mot français « Roche-sur-Yon » se trouve dès 1268, à propos du Chatel, c'est-à-dire du Castellum ou Castrum.

Mais l'orthographe moderne ne date que de 1333 en réalité (3).

 

Origines:

CHAPITRE 1er

De 987 à 994.

 

La Roche-sur-Yon doit son importance primitive à une fondation religieuse, comme tant d'autres localités qui se sont accrues dans la suite, et qui, ayant commencé par les murs d'un monastère, sont devenues des villes florissantes ou des centres plus ou moins considérables de population.

On peut remonter jusqu'au Xe siècle et y trouver des traces de ses origines : elle y est désignée sous le nom de Roca super Oion, qu'on lui voit encore au XIVe.

Ce nom a tellement varié jusqu'à nous, qu'il devient curieux de suivre ses transformations multipliées, et d'y voir comment, après sept ou huit siècles d'une orthographe arbitrairement remaniée, nous l'avons définitivement aujourd'hui tel qu'on le trouve déjà en 1216.

Variantes des noms latins de la Roche au moyen âge

Voici, d'après de nombreuses chartes que j'ai examinées pour ce travail, les variantes que j'ai recueillies, et dont plusieurs, par une bizarrerie assez remarquable, se trouvent parfois dans les mêmes pièces :

En 987. Rupes.

1035. Rocha super Oionis fluvium.

1092. De Rocha. De Rupe super Oium. - Rocca super Oium.

1096. Rocha super Oium.

1104. De Raucâ.

1122. Apud Rocham castrum quod vulgariter dicitur super Hohium.

1125. De Rocha super Oium.

1128. Rocham castrum quod vulgariter dicitur super Hobium.

1203. Rocha super Eonam.

Avant 1208. Terra Rocha.

En 1210. Rocha super Oyonem.

1212. De Rupe.

1216. Castrum de Rocha super Oyonem.

1220. super Oeon Rocha

1225. Rocha super Eium et super Eum. Super lum et sur Jum.

1255. Rocha super Oyon.

1256 et 57. Rocha super Yon. Super Eonium, et Rocha super Yom.

1270. Rocha super Oyon.

1294. La Roche-sur-Yon.

1296. Rupes super Yon.

1321. De Rocha.

1346. Apud Rocham super Oyn.

1408. Roca super Oyon.

1502. Roca ad Oyonam.

Depuis le XVIe siècle, les actes publics ayant dû être écrits en français, cette nomenclature n'a plus varié, et c'est la Roche-sur-Yon irrévocablement. Le lecteur aura observé d'ailleurs que ce mot est le même en 1294 que de nos jours.

 

— Description du site.

 

En 1210, on disait Rocha super Oyonem, comme nos géographes d'il y a cent ans, qui tous se sont accordés, comme nous l'avons dit, à traduire ainsi le nom français dans les dictionnaires assez bienveillants pour lui consacrer deux ou trois lignes de souvenir.

Quoi qu'il en soit, ce nom exprime très-bien la position de notre petite ville.

C'est sur une colline, à égale distance à peu près de Luçon, des Sables, de Montaigu et de Challans, que s'éleva, on ne sait plus quand, sur un rocher escarpé, une forteresse dont la position militaire eut jadis son importance. C'est surtout du côté sud, en arrivant de Luçon, qu'on est ravi du pittoresque de ses perspectives.

A ses pieds, et la défendant du côté oriental, la petite rivière d'Yon, qui baigne la ville, épanche ses eaux depuis l'étang de la Chevillonnière, au S.-O. de la forêt des Essarts, jusqu'au Grand-Lay, où elle se confond avec le marais de la Claye, et coule dans un bassin le plus souvent resserré par des coteaux élevés, de nature granitique et schisteuse.

Non loin de la forteresse, au sud-ouest, apparaissait une vaste forêt dont on rencontre à peine de notre temps quelques vestiges, et qui semble avoir toujours porté ce même nom.

- Premiers faits militaires.

 

vers 987.  Les premiers faits militaires consommés sur cette terre féodale y apparaissent, selon les chroniques.

En ce temps Guillaume le Grand, comte de Poitiers, eut un démêlé avec Geoffroy Grisegonelle, comte d'Anjou. L'affaire dut se vider par les armes.

 Les deux contendants se rencontrèrent près de la Roche-sur-Yon, et Guillaume, vaincu en bataille rangée, fut poursuivi par le comte jusqu'à Mirebeau. Là des conventions se firent par suite desquelles le premier abandonnait au second et à ses successeurs la ville de Loudun et quelques autres terres, à la charge de l'hommage envers les comtes de Poitiers (4).

Les historiens contemporains qui racontent ce fait s'exprimeraient en termes douteux quant au théâtre de cet événement, si la géographie n'autorisait à penser qu'il est bien réellement question ici de notre petite ville.

Les uns disent que Guillaume fut battu près d'un lieu nommé les Roches (5) ; d'autres ne nomment pas le lieu du combat (6); mais l'Art de vérifier les dates (7), en citant le texte de D. Luc d'Achery : In praelio campestri superavit eum super Rupes, traduit ce dernier mot par la Roche-sur-Yon.

L'inspection de la carte a dû suffire effectivement pour faire reconnaître le champ de bataille, qui devait se trouver au nord de Mirebeau et de Loudun, du côté de l'Anjou.

Les savants bénédictins que je cite disent, au reste, que l'action se donna près d'un château : je soupçonne que Grisegonelle, à qui il appartenait dès ce temps, s'y était renfermé pour attendre Guillaume, à qui son surnom de Fier-à-Bras convient assez mal, il faut l'avouer, en celle rencontre.

 

CHAPITRE II.

De 994 à 1094.

 

Autour du château fort n'était pas encore, en 994, un nombre d'habitations très-considérable, quoiqu'une charte de cette année y mentionne une église dans laquelle furent transportées les reliques de St Lienne ou Léonius.

 Ce saint prêtre, disciple de notre grand Hilaire qui l'honora de son intimité, était mort à Poitiers vers la fin du IVe siècle, peu de temps après son maitre et son ami. On l'avait enseveli dans une chapelle édifiée proche de l'église connue sous le vocable du saint docteur.

De nombreux miracles, illustrés par saint Fortunat (8), avaient fait de ses reliques l'objet de la vénération des fidèles, et ces témoignages de sainteté duraient sans doute encore cinq siècles plus tard, lorsque Ingelenus, seigneur de la Roche, fil transporter ces précieux restes dans son domaine.

Mais les chanoines de Saint-Hilaire de Poitiers, dit Thibaudeau, n'y consentirent qu'en faisant de l'église de la Roche-sur-Yon un prieuré de leur collégiale, avec droit sur soules ses acquisitions à venir, et un cens de dix sous qu'elle payerait annuellement au chapitre, à la fête de Saint-Hilaire, célébrée aux calendes de novembre (9).

Guillaume III, comte de Poitou, qui, d'après le même auteur, approuva cette convention, y statua, de son côté, que les seigneurs de la Roche ne pourraient établir de chanoines dans cette église sans le consentement du chapitre, et que celui-ci s'obligeant d'aller tous les ans célébrer à la Roche, le 12 juin, la fête de la

 

Translation de saint Lienne, les prêtres de la Roche viendraient aussi à Poitiers solenniser la translation de saint Hilaire (10).

Ces termes semblent indiquer que les prêtres d'abord placés dans le prieuré n'appartenaient pas au chapitre, mais qu'il se réservait d'y en établir tôt ou tard. J'aurai à revenir sur ce fait. Quoi qu'il en soit, c'est à ces bonnes relations que la seigneurie dut ensuite l'église qu'on trouve dès le XIe siècle, sous le vocable de St Hilaire, en dehors de la Roche.

Une autre église de St-Michel, non moins ancienne, lui fut réunie en 1642, et conservée au culte jusqu'en 1829. C'est un édifice roman aujourd'hui abandonné, et qu'on aperçoit près du boulevard de la nouvelle ville, sur la route de Saumur (11)

Vers 1035

Le prieuré de Saint-Lienne possédait non loin des bords de l'Yon deux églises, dont le territoire formait une paroisse appelée dès lors les Moutiers ( monasteria ), et dont nos cartes signalent encore la position précise à quatre ou cinq kilomètres d'Avrillé. Plusieurs titres fort anciens écrivent les Mustiers.

On voit par une charte de cette époque, éditée avec beaucoup d'autres par M. Marchegay, que Geoffroy, vicomte de Thouars, Adenor sa femme, et leurs fils Aimery et Savary, donnèrent à St-Martin de Marmoutiers des terres labourables qui s'étendaient Vers le long de la petite rivière (12).

Plus tard, sur un alleu 1040 qu'ils possèdent dans cette même paroisse des Moutiers, ils lui donnent encore une rente de C sous (13). Il faut conclure de là, d'abord, que la célèbre abbaye avait déjà des rapports avec ce pays, où bientôt elle acquerrait des possessions plus considérables, et que le vicomte de Thouars était sans doute seigneur de la Roche-sur-Yon.

On remarque parmi les signataires de celle charte un certain Martin Malmouche (Mala Musca), dont le nom est encore connu aujourd'hui dans la Touraine.

Nous touchons à l'une des époques les plus intéressantes de notre histoire.

La Roche va s'animer, et prendre pour ainsi dire une physionomie du moyen âge.

 

1092 Les chanoines de Marmoutiers avaient eu, de très-ancienne date, un canonicat dans l'église de St-Hilaire de Poitiers. Nous ne savons comment cette possession était tombée en désuétude ; mais il paraît qu'à la fin du XIe siècle il n'en restait plus de traces. L'idée vint à Bernard, abbé de Marmoutiers, de renouer cette vieille liaison.

Il se rendit donc en 1092 à Poitiers avec onze de ses moines, parmi lesquels figurait Helgod, qui avait quitté le siège épiscopal de Soissons pour la vie monastique. Il réclama des chanoines de Saint-Hilaire-le-Grand que le canonicat anciennement possédé dans leur église par les moines tourangeaux fût rendu à ceux-ci, et qu'on y ajoutât la desserte de l'église de Saint-Lienne, dont le culte recevrait ainsi plus d'extension.

Le chapitre poitevin accorda l'un et l'autre. Les frères de Marmoutiers furent pourvus d'une prébende; le prieuré de la Roche sut leur donné à perpétuité, avec toutes ses appartenances, à la seule condition de la rente perpétuelle de X sous, monnaie de Poitiers, payable chaque année aux calendes de novembre. En reconnaissance de ce bienfait, les enfants de St-Martin offrirent à ceux de St-Hilaire une belle chape ornée d'insignes et de symboles qui rappelaient les deux grands confesseurs du IVe siècle (14).

Le saint évêque Pierre II, alors sur le siège de Poitiers, confirma celle donation, et y ajouta pour condition expresse que les religieux du prieuré payeraient aussi à son église cathédrale une redevance de X sous, dans le chapitre assemblé le jour de la fête de tous les saints (15).

Il est remarquable que cette convention répète textuellement l'obligation de X sous de rente et du terme de la Toussaint imposée à la communauté de Saint-Lienne dès sa fondation. Serait-ce le simple rétablissement d'un usage oublié avec le canonicat que Marmoutiers est venu réclamer à Saint-Hilaire, ou bien Thibaudeau se sera-t-il trompé, comme il y est sujet, en attribuant à la fin du Xe siècle un fait que des preuves authentiques ne révèlent que plus de cent ans après ? L'une et l'autre de ces conjectures à ses probabilités, selon moi.

L'obscurité qui nous cache l'existence du prieuré de Saint-Lienne, de la fin du Xe siècle à la fin du suivant, laisse croire que, par suite des secousses sociales si fréquentes dans ces temps de guerre et de destruction, le monastère aura pu souffrir la famille se disperser, les titres disparaître: de là cette réclamation des moines de Saint-Martin, qui semblent se raviser tout à coup après un long désistement de leur prébende de Saint-Hilaire, et demander comme une grâce qu'elle leur soit rendue.

Mais, quant à la possession du prieuré, les termes de la charte de 1092 sont trop explicites pour laisser croire que ces mêmes moines l'aient jamais possédé antérieurement. Pourquoi, en effet, n'y serait-il aucunement question de cette possession antérieure ? Il faut donc regarder comme déplacés, quant à leur date, les détails donnés par Thibaudeau, qui a d'ailleurs le grand tort de ne citer aucune source.

 

 

 

 

LA LÉGENDE DE SAINT LIENNE, disciple de saint Hilaire (Rocca Super Oyonem)<==.... ....==> Origine du Bourg-sous-la-Roche-sur-Yon

 


 

(1) Les Eglises de la Ville ont été citées dans le Chroniques du Bas- Poitou (1929, t. III, p. 48).

Le Prieuré de La Roche est mentionné dans une charte de 1035. Il y avait une Paroisse du Prieuré au début. (Cf. super Oionis, fluvium mansuras) (Ar. de La Roche).

(2) Des vues de l'ancien château féodal ayant succédé au Castrum et au Castellum, ont été publiées en particulier dans les Echos du Bocage Vendéen.

(3) Ne pas oublier qu'Ambroise Paré exécuta une saignée de la temporale (Artériotomie) sur Louis de Bourbon-Vendôme seigneur le Prince de La Roche-sur-Yon, était le fils cadet de Jean II de Bourbon, comte de Vendôme et de La Marche, et d'Isabelle de Beauvau.. (Cf. Anc. Seig. (Marchegay, 1853).

(4) Art de véritier les dates, t. X, p. 95.
(5) D'Achery, Spicil., t. II, p. 232.
(6) Adhémar Chaban. , apud Labbe, Nov. biblioth. Ms. t. 11.
(7) T, XIII, p. 49.

(8) Vita Sti Hilarii, passim. De Dono Ecclesie Oren

Omnibus hoc presen scriptum legentibus, notificamus quod Petrus, Arnaudi filius et sancti Léonii canonicus, relicta mortalis vite rubigine, deelegit sibi Majus Monasterium, quod primi parentis facinora ablueret et in secundi vestigiis se informaret, sagax memor evangelii dicti : «  Qui seduitur me non ambulat in tenebris » et cetera. Iste, préoccupatus honoribus multis modis, Roberto fratri suo omnia dereliquid, excepta ecclesia Orenaii et decima, quam ecclesiam et decimam sancto Martino in elemoosinma secum obtulit et dedit. Decima de lana et de agnellis et de porcis erat et a Petro Rufo procedebat. Tali pacto Petrus sua fratri suo dereliquit quatinus, omnibus vite sue dicbus omnesque successores fiscum summ possidentes, elemosinam ejus, sine auro ve argents aut alicujus rei donacione, monachis sancti Martini plenarie muniret.

Roberto supradicto mortuo, Simon, filius ejus, in hereditatem successit, Petro Rufo elemosinam avuneuli sui adhuc viventis relavarit et.. monachum, qui tunc prior erat, sine contradicionne, sine ullo munusulo, restivit.

Testes hujus revastionis a Symone facte sunt isti : Willemus frater ejus, Budicus Fulcherii filius, Martinus de Casnapia, Bricius de Lucho, Anterius chamerarius, Martinus clericus.

Iterum, in festivate sancti Johannis Baptiste, debent servitores sancti Leonii XII. Denarios in cervicuim caballi.

(9)   Je suppose que cette fête est celle de la Translation de St Hilaire, qui se fit vers 507, après la victoire de Clovis sur Alaric, lorsque St Fridolin eut reconstruit, sous l'épiscopat d'Adelphius, l'église et le monastère. Dom Fonteneau prétend, dans une note de ses manuscrits, que l'office du 1er novembre se faisait à Saint-Hilaire partie de la Toussaint et partie de la Dédicace de cette église, qui aurait été faite antérieurement ce même jour. Mais je crois qu'on pourrait apporter une autre raison de cette coïncidence apparente d'une fête patronale et de la Toussaint.

En effet, quoique cette dernière fût établie généralement dès le IXe siècle, il est probable qu'elle n'avait pas encore, à la fin du Xe, toute la solennité qu'on lui a donnée par la suite, et qu'on se croyait permis de lui préférer celle d'un fondateur et patron spécial. Rapaillon, chanoine de St-Hilaire, parait avoir eu avant moi cette persuasion, et c'est pour la réfuter que D. Fonteneau allègue l'office de la Dédicace. Mais, outre que notre bénédictin ne dit pas quand a commencé la simultanéité des deux offices, dédicace n'aurait-elle pas été l'application même, faite pour la première fois, du nom de St-Hilaire à l'église nommée d'abord St-Jean et St-Paul, ou à celle que St Fridolin fit reconstruire? Rien de plus croyable, et cela concilierait très bien l'opinion de Rapaillon et la mienne avec la remarque de D. Fonteneau.

(10) Thibaudeau, Hist. du Poitou, t. I, ch. 4.
(11) M. de Ste-Hermine, note de la nouv. édit. de Thibaudeau , t. 1, p. 448.
(12) Cartularium prioratus Roche super Oionem , in-8°, p. 1.

Carta Gausfridi, Toarcensium Vicecomitis, de Dono Terrae Areabilis, sepulture et complanti in Parochia de Monasteriis
(13) Ibid., p. 2.

(14) Cartular., p. 5.-D. Font., X, 409.

(15) Cartularium prioratus, p. 7. - Cette particularité a échappé à l'attention des annotateurs de Thibaudeau. Elle est cependant exprimée en termes formels : « Reddant X solidos per singulos annos in capitulo Pictaviensis ecclesie CANONICIS. Il est vrai que l'exemplaire publié par M. Marchegay ne contient pas ce dernier mot; mais ce ne peut être qu'une inadvertance de copiste, puisqu'on le retrouve dans D. Fonten., t. XVII, p. 393 , et dans D. Estiennot , Antiq. Benedict. , 4e partie, fo 762.

 

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17 novembre 2020

Les Normands et la Bataille de Brillac 852 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay

Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay (4)

C’est particulièrement sur les bords des rivières que vécurent nos premiers pères dans un état de profonde misère. La demeure est une cavité naturelle, un abri sous roche, une caverne dont on défend l’entrée avec quelques blocs volumineux déplacés et remplacés en guise de porte. Dans de telles conditions, ils doivent soutenir des luttes terribles contre les animaux sauvages, contre les puissants de l’époque et contre un climat beaucoup plus froid qu’il ne l’est de nos jours.

Une époque arrive ou la hache n’est plus un caillou, mais un silex poli avec soin.

La grotte des Fartadets (près du Petit-Lay) atteste la présence des premiers hommes aux Moutiers, au vicus gaulois. Située dans un bois dépendant de la ferme de la Pitardière, l’allée commence à 10 mètres du pré, elle mesure 9 mètres de longueurs sur  1m 40 de largeur à l’entrée de la grotte et 1m. au commencement du couloir. Hauteur à l’entrée de la caverne : 2 mètres ; au milieu, 1m.80 ; dans le fond 1m 60. A l’entrée, il existe deux petits encastrements piqués dans le roc, celui de droite mesure 0m 15, celui de gauche 0m 40. Elle est située à l’ouest et très bien creusée dans un schiste assez tendre, mélangé de veines de quartz. La voûte forme un beau cintre, le fond est arrondi.

Dans toute sa longueur (9m), ainsi que dans la longueur du couloir, le fond d’une paroi, il existe une petite rigole afin de faciliter l’écoulement de l’eau qui suinte du rocher.

Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay (2)

A l’habitation de la caverne succède la demeure lacustres.  Des fouilles dans l’ile formée par le Lay amèneraient sans doute de curieuses découvertes sous ce rapport.

Des peuples d’Asie franchissent le Rhin (1500 avant J.C°, l’histoire les connait sous le nom de Gaël, Galles ou Celtes, d’où est dérivé plus tard le nom générique de Gaulois. Notre commune était alors couverte de bois.

Les Cimbres ou Kymris envahirent notre pays.

Les Pictons habitaient la Vendée à l’époque gauloise. Ils formaient trois tribus allées ; les Ambiliates au nord, les Agnanutes, Agnutes ou Agnotes au centre, et enfin les Agésinates Cambolectri qui tenaient les bords de la mer et s’avançaient jusqu’ici.

Avec les Cimbres apparaissaient les Druides dont les volontés étaient regardées comme des lois, leurs paroles comme des oracles. Ils immolaient des prisonniers à leur dieu Teutatès.

Les Romains, conduit par César, firent la conquête de la Gaule. Des voies romaines sillonnent alors la Vendée ; la plus rapprochée était celle qui reliait Niort, Fontenay, Mareuil et Jard (l’antique Bel-Esbat).

De Magnifiques villas se fondent : à Sainte Pexine, à l’Oucherie des Moutiers.

Le Poitou fut soumis aux Wisigoths, dans le Ve siècle, aux Francs dans le Vie et suivit le sort de l’Aquitaine.

Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay

Les Normands mirent à feu et à sang Luçon, les Herbiers, Fontenay et il est tout probable qu’ils sont passés aux Moutiers, car ils suivaient les cours d’eau, rançonnant impitoyablement les riverains. Ils aimaient surtout à verser le sang des prêtres et des moines :

 

12 mai 841: Les Vikings, avec à leur tête Oscherus (en Norrois Asgéir) et qui commencent à faire de fréquentes incursions dans la vallée de la Seine, prennent Rouen, incendie la ville ainsi que Jumièges.

Asgéir quitte la vallée de la Seine, ou il avait hiverné durant 237 jours  pour la première fois, et s’en retourne en Charente, pour débarquer au passage sur le littoral bas-poitevin.

«  Nous leur avons chanté la messe des épées, disaient-ils » Renaud et son cousin Ranulfe, comte de Fontenay, vainquirent les Normands au port de Brillac, près de Coulon, Deux Sèvres.

Ramnulf 1er, comte de Poitiers et Ragenold comte d’Herbauges, sont parent, n’ayant put l’en empêcher le poursuivent et  le 4 novembre, livrent un combat et battent les Normands à Brillac.

Alors que dans la chronique d’Adhémar de Chabannes (1), ce sont les Francs qui furent mis en fuite en 852 :( Rannou, comte de Poitou, et son cousin Rainon, comte d’Herbauge, sont mis en déroute par les païens à Brillac (4 novembre). L’année suivante, les païens livrent aux flammes les monastères de Luçon et de Mont-Glonne (Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire) ; puis ils entrent sans trouver de résistance, dans Nantes que Nominoé avait fait démanteler)

Aujourd'hui, les historiens s'accordent pour situer la bataille au Port-de-Brillac (BROUILLAC), à Coulon, sur la Sèvre Niortaise.

Ranulfe vécu plus de dix après cette bataille, et Adon de Vienne lors vivant, et Guillaume de Malmesbury, qui doit la note empruntant de lui, assurent que le Comte Ranulfe combattit les Danois avec Robert le Fort l’an 867.

Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay (3)

 Au Moyen Age, six seigneuries sont présentes sur la paroisse : Brillac, La Forêt-Nesdeau, La Roussière, La Seigneurie, Les Champs et Le Lugre.

Aux Xe et XIe siècles, les seigneurs couvrirent la Vendée d’églises et d’abbayes entre autres celle de Trizay,  dans Saint Vincent.  Elles eurent bientôt une puissance rivale de celle des plus grands seigneurs.

 

Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay (5)

Vers 1030 ou 1035, Geoffroi, vicomte de Thouars, donne à l'abbaye de Marmoutiers du consentement de sa femme Adenor, d'Aimery et Savary, ses enfants, quelques héritages, deux mesures de terre arable à Monasteria supra Ledum, la moitié du droit de sépulture au même endroit et toute sa part du vin de complant dans ladite paroisse de Moutiers-sur-le-Lay.

 (D. Fonteneau, t. X, p. 315. Cartulaires du bas Poitou, publiés par M. Paul Marchegay, p. 149. – Cartulaire manus. de Marmoutiers, f° 357. Bib. Imp., Fonds Cattu, n° 5441 .)

 

Carta Gausfridi, Toarcensium Viccecomitis, de dono terreae Arabillis, sepulture et complanti in parochia de monasteriis

Verae pietatis atque religionis est inditium ut, qui summi regis meruere christiani recenseri vocabulo, ipsi sanctorum, intuitu jam divino fruentium loca dignantur honorare eorumque necessitatibus qui locis in hisdem supernae majestati sedulo famulantur, prout copia suppetit, clementer obviare procurent; quatenus quorum locis veneratio servulisque misericordiae defertur in terris exhibitio, per ipsos semper placatus, in cȩlis intercedentes Christus sentiatur et pius. Notum igitur fiat omnibus veri Dei cultoribus prȩcipueque successoribus nostris, quoniam ego GAUSFRIDUS Toarcensium, munificentia Dei, vicecomes et Adenors conjunx mea, faventibus etiam filiis meis Haimerico scilicet ac Savarico, pro redemptione animarum nostrarum et pro salute corporum, largimur beato MARTINO Majoris Monasterii, in usum videlicet  fratrum ibidem omnipotenti Deo militantium, duas arabilis terrae, cum omni consuetudine, mansuras super Oionis fluvium existentes, scilicet in parochia quae propter basilicas geminas in eadem sitas, nuncupatur Monasteria.


Concedimus etiam praefato sancto medietatem sepulturae ipsius parochiae totius necnon et totam partem nostram vini ex complanto exeuntis; quod videlicet vinum moris est ut collectum ipsi rusticani in cellarium usque deferant cujus erit complantum senioris. Si quis autem hȩredum vel pro heredibus meis hanc donationem quam, libera mente ac propria voluntate faciens, ex jure proprio in dominium beatissimi Martini transfero, manu presumptionis avidae, inquietare temtaverit sese non cum homine qualicumque sed cum Martino, confessorum omnium maximo, sumpsisse certamen sentiat et quod, aestu avariciae captus, concupiverit, ad effectum non pertrahat; sed insuper, divino percussus judicio, ad poenitudinis remedium abhinc emendandus confugiat.

Ut vero donationis hujus testamentum firmitatem tenere credatur in perpetuum  ampliorem manu illud mea firmavi atque conjugi supradictae filiisque meis, deinde quibusdam qui aderant fidelium meorum annuendum atque corroborandum tradidi.


Signum Gausfredi vicecomitis, S. Adenoris uxoris ejus, S. Haimerici, S. Savarici, S. Arnaldi de Salmuro. S. Durandi clerici de Talamonte, S. Odilardi, S. Archenbaldi, S. Ademari monachi.

 

Geoffroy Guy II de Thouars 990 Thouars(79) +1055 St Michel en l'Herm(85), Adenor,  Agnès,  Aldéarde de Blois (fille de Eudes I de Blois et de Berthe de Bourgogne), Aimery IV, Savary, vicomte de Fontenay,

 

Histoire du Bas-Poitou, les Normands et la Bataille de Brillac 853 – 1035 charte de Geoffroy, vicomte de Thouars don de terre à Moutiers-sur-le-Lay (1)

Origine

Les Moutiers sur le Lay, coquet petit bourg, au milieu d’une riche vallée, baignée par le Lay, doivent leur nom à un antique monastère, construit aux abords de l’église actuelle et dont on voit encore quelques ruines.

Mais bien antérieurement à la fondation de cet établissement religieux, et à une époque qu’il est impossible de  fixer même approximativement, les bords du Lay furent habités par des populations de chasseurs et de pêcheurs.

« Nous sommes convaincu que des fouilles intelligemment faites dans l’ilot formé par les deux bras du Lay, amèneraient sur ce point la découverte, sinon d’habitation lacustres, du moins de vestiges remontant à l’époque celtico-gauloise, et notre opinion s’appuie notamment sur ce fait que dernièrement encore des engins de pêche de la plus haute antiquité qui ornent aujourd’hui la collection de M. de Rochebrune ont été trouvés non loin de là dans le lit de la rivière » (2)

 

Les fouilles faites par M. Mandin de Mareuil dans et autour de la grotte du Bois-Charrias ont permis de constater qu’elle avait servi de refuge à la race celtico-gauloise.

Il en a été extrait divers fragments de silex dont une hache taillée par éclats et d’une fabrication très grossière, ainsi que de nombreux petits tessons de poterie primitive.

Près de la demeure féodale de Brédurière existait un oppidum ou camp gaulois. Les romains y établirent leurs demeurent. M. Mandin a découvert plusieurs villas gallo-romaines sur les rives du Lay, entre autre celle de l’Oucherie, de cette commune, modèle de goût et de luxe, qui donnaient asile à une population d’élite.

En remuant la terre, les cultivateurs de la Corbinière ont trouvé des traces certaines de dallages romains. M. Gautreau de l’Oucherie en creusant les fondations de sa maison est arrivé à des constructions anciennes qui lui ont fourni la plus grande partie de la pierre employée. Il a même trouvé un amas considérable de chaux enfoui il y a des siècles.

Je rappelle que l’église de sainte Pexine (Sancta Pecina à 2km des Moutiers) a été bâtie sur une antique villa romaine, dont les restes ont été retrouvés en 1864-65 et années suivantes.

 

 

 

L’histoire de la Vendée - TIME TRAVEL<==.... ....==>

 


 (Photos Vikings Puy du Fou - Cie Capalle Tiffauges)

 

Etude des voies de communication en Bas Poitou 

Quels étaient donc ces chemins ? Le Guide de Charles Estienne mentionne parmi " les plus notables chemins " du Bas Poitou deux routes allant du port des Sables vers l'intérieur du royaume, une troisième qui, reliant les deux grands ports de la Rochelle et de Nantes, coupait les deux précédentes à Luçon et à Montaigu, et enfin une voie, par deux itinéraires assez rapprochés, reliant la Rochelle, Luçon, Loudun et Tours.

 

(1) Eodem anno, mense septembri, Carolus quinta vice Britannia devastavit, et Pipinum nepotem suum, quem insidiis Britanni coeperant, adquisivit et, occiso Erispoio, Britanniam sibi subjugavit, Rannulfus quoqe, comes Picatensis, et raino, comes Arbatilicensis, consanguineis ejus, cum Nortmannis in Briliaco villa dimicaverunt et victi, fuga liberantur ; tunc Gauzbertus, comes Cenomannensis, insidiis Mannetensium circumventus, occisus est.

853 Lucionnus mense maio a Northmannis exuritur, et mense junio Sanctii Florentii monasterium et Namnetis civitas, Turonis, quoque exuruntur.

(2)    M. de Brochet.

 

16 novembre 2020

LA LÉGENDE DE SAINT LIENNE, disciple de saint Hilaire (Rocca Super Oyonem)

Rocca super Oium Portail de l'ancienne chapelle de Saint Lienne à la Roche sur Yon

En 994, la seigneurie de  Rocca Super Oyonem (la Roche-sur-Yon) ne possédait guère que son château, fièrement campé sur la colline: les premiers arbres de la forêt l'isolaient du reste du pays. Quelques toits de chaume se groupaient à l'intérieur des hautes murailles, abritant les habitants malheureux, dont la vie tout entière se consumait en plaintes sur les calamités passées et en craintes pour celles à venir.

C'est alors qu'Ingélénus obtint les reliques de saint Lienne, en grande vénération dans la ville de Poitiers. Près de la chapelle qui fut construite en l'honneur du saint, s'éleva un monastère et la chétive bourgade devint florissante ; les glorieuses couleurs de France brillaient sur sa bannière, elles flottaient superbes au sommet de ses murailles, semblant attendre l'ennemi et lui dire : « Tu n'iras pas plus loin. »

 

Ecoulez maintenant, habitants de la cité yonnaise, la légende du grand saint Lienne.

 

Saint Lienne naquit, au IVe siècle : nous ne connaissons pas le lieu de sa naissance; tel un ruisseau bienfaisant dont on ignore la source.

Il fut un des disciples de saint Hilaire, le grand évêque de Poitiers, et fit sous sa conduite de tels progrès dans la vertu que le maître, pour récompenser la pureté des moeurs de son élève et les connaissances qu'il avait acquises dans les sciences sacrées lui conféra la dignité sacerdotale. Les belles qualités qu'il montra, dans l'accomplissement des fonctions ecclésiastiques, lui méritèrent l'affection toute particulière de son saint protecteur qui lui ouvrait familièrement son âme et lui confiait ses plus intimes pensées.

C'était le temps où l'empereur Constance persécutait les catholiques par la terreur, la confiscation des biens, l'exil et des cruautés de tout genre, s'ils refusaient d'embrasser l'arianisme.

Hilaire se dressa contre l'erreur, comme un rempart inébranlable, et attira sur lui toute la fureur de l'hérésie. On lui tendit mille embûches, et il fut exilé en Phrygie.

Lienne accompagna le confesseur héroïque, partageant toutes les persécutions qu'il eut à endurer pour la défense de la foi. Il le suivit à Séleucie, ville d'Isaurie, où saint Hilaire fut convoqué à un concile, puis à Constantinople, où le vaillant évêque demanda audience à l'empereur, par trois requêtes publiques, pour y défendre la vérité contre ses adversaires.

Ceux-ci, craignant d'être vaincus, sollicitèrent l'empereur de renvoyer en Gaule l'ennemi de leurs doctrines ; et Hilaire, victorieux, revint dans sa ville épiscopale, avec son disciple Lienne, qui recueillit au passage sa part des transports avec lesquels saint Jérôme embrassa le confesseur du Christ.

Après le retour de son maître dans les Gaules, Lienne l'aida beaucoup à combattre et à déjouer la perfidie des Ariens.

Lienne reprit alors sa place dans le clergé de la ville épiscopale, où il était honoré de la dignité d'archiprêtre, toujours prêt à rendre au saint évêque les services qu'il attendait de son affection.

Le souvenir de saint Lienne étant mêlé intimement aux derniers instants de saint Hilaire, nous allons en traduire le récit d'après le précieux manuscrit du XIe siècle, n° 196, de la Bibliothèque nationale, auquel il faut ajouter les manuscrits 5.296, 5.316 et 14.654, tous des XIIe et XIIIe siècles, reproduisant des auteurs de cette époque, et enfin Vincent de Beauvais (Hist. lib. XIV, c. LXI.)

A peine rentré dans la ville de Poitiers, l'admirable pontife se retira, pour se préparer à la mort, dans la maison où sa femme et sa fille avaient rendu le dernier soupir.

Cette demeure lui était chère. Il y transforma en oratoire le lieu même où sa fille expira entre ses bras. Au milieu de disciples choisis, il aimait à y passer de tranquilles heures, devisant des choses divines ; et c'est là qu'il voulut mourir. Sentant sa fin prochaine, il manda près de lui Lienne, archiprêtre de Poitiers, le confident de toutes ses pensées.

Le soleil avait disparu, depuis longtemps, derrière les collines, et la nuit étendait sur la ville le manteau argenté des étoiles. Hilaire pria son fidèle ami de sortir et de prêter l'oreille, pour savoir si l'on entendait, du bruit dans la cité. Lienne obéit et revint, disant qu'on distinguait le murmure d'une foule immense. Alors, le bienheureux pontife commença avec lui un entretien suprême sur les joies de l'éternelle patrie ; il semblait y puiser de douces consolations et des forces nouvelles, comme avant le combat, le guerrier anime son courage en regardant la couronne promise à la victoire. Une seconde fois, il ordonne à Lienne d'écouter si le calme règne enfin dans la ville. Le disciple docile ouvre la porte, et annonce que tout bruit a cessé. C'était l'heure marquée sans doute par une vision céleste ; car, peu d'instants après, une lumière éblouissante pénètre dans la petite chapelle, et enveloppe, de sa splendeur, l'autel devant lequel gisait le mourant, étendu sur la cendre. Un parfum d'une suavité incomparable remplit ce lieu, mettant au coeur de saint Lienne, de saint Just et des autres clercs, accourus près du lit de leur père, une joie toute céleste.

Puis, la lumière miraculeuse s'éteint, et Hilaire apparaît mort sur le pavé du temple. C’était la nuit du 12 au 13 janvier de l’an 368.

Dès l'aurore, la nouvelle se répandit dans la cité en pleurs Pendant trois jours, le peuple vint contempler, sur le lit funèbre, la figure rayonnante de son évoque. Lienne ne quitta la mortelle dépouille du maître, qu'au moment où elle fut caché sous le sanctuaire de l'église Saint-Jean et Saint-Paul, dans la crypte creusée par les soins d'Hilaire, entre les tombeaux d'Abra, sa fille aimée, et de son épouse, dont la tradition ne nous a pas conservé le nom.

Saint Lienne, privé de son père et de son maître, embrassa alors la profession monastique, et devint le premier abbé de Saint-Hilaire-le-Grand. Nous ne savons pas combien d'années il gouverna sa communauté ; mais, d'après un bréviaire manuscrit de Saint-Hilaire-de-la-Celle, nous sommes certain qu'il ne se borna pas à former à la vertu les religieux soumis à sa paternelle autorité.

A l'exemple de saint Hilaire et de saint Martin, il évangélisa les peuples délaissés de la campagne. Enfin, cédant à l'attrait qui, depuis longtemps, lui faisait désirer une solitude plus profonde, il se relira dans le petit couvent de Saint-Hilaire-de-la-Celle, qu'il avait probablement fondé. Il voulait rendre le dernier soupir dans ce lieu béni, où le sublime docteur, qu'il regardait comme un père, Abra, la fille du saint Pontife, fleur virginale dont le parfum embaumait encore l'humble sanctuaire, dans les murs duquel elle s'était épanouie dans la mort pour le jardin du ciel, où l'épouse vénérée de saint Hilaire, avaient pris leur vol vers la demeure éternelle.

Saint Lienne fit plus encore par ses admirables vertus que par sa parole.

Depuis l'enfance, sa vie n'avait été qu'un chant d'amour envers Dieu. Ainsi l'oiseau, qui doucement abrité sous l'aile de la Providence, dit aux bois et aux vallons la chanson matinale et l'hymne du soir. Sa gracieuse innocence captiva le coeur d'Hilaire ; son humilité, son abnégation, son dévouement à toute épreuve, lui attirèrent l'estime et l'affection de tous. Il avait quitté, pour le service de Dieu un avenir brillant dans le monde ; c'est pourquoi sa retraite dans le cloître produisit une sensation profonde. Il se fit alors autour de la cellule du bienheureux un concours pieux de fidèles, qui venaient lui demander le secours de ses prières et de sa puissance miraculeuse; car d'éclatants prodiges avaient porté au loin la renommée de ses vertus.

Un ange ayant annoncé à saint Hilaire sa fin prochaine, un messager céleste apprit aussi à saint Lienne, de la part de Dieu, le terme de son pèlerinage ici-bas et lui révéla qu'une fièvre violente serait le signal de l'appel divin.

Le docile apôtre attendit le jour de l'épreuve, il la supporta avec une ferveur si pleine amour, qu'il fut, depuis ce temps, invoqué par tous ceux qui souffrent de la fièvre, que Dieu lui donna le pouvoir de guérir. Il s'endormit, un soir, souriant à son rêve, qu'il acheva dans les joies de l'immortalité, le premier jour de février, vers l'an 380.

Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Hilaire-de-la-Celle, non loin du lieu où avait reposé, avant et après la mort, son père et maître vénéré. Il fut aussi le premier, qui eût la dévotion de choisir sa sépulture, près du lit de saint Hilaire selon l'expression usitée dans ces siècles de foi naïve, où l'on considérait.la mort comme un sommeil.

Gy-finict la légende très véritable du grand saint Lienne ; chrestïens, faictes l'aumône d'une prière à celui qui l'escrivit.

 

La ville de Poitiers, qui conserve encore de chers et nombreux vestiges du pontife qui fut sa gloire, a vu disparaître, au contraire, tous ceux de son fidèle disciple.

C’est ainsi  que cinq siècles après la mort de Saint Lienne, un seigneur de la Roche sur Yon obtint la permission de faire transporter sur ses terres, les restes dans un prieuré. La charte de fondation du prieuré Saint Lienne, datant de 1090, est l’un des documents les plus anciens conservés aux Archives départementales.

Nous espérons faire revivre, à la Roche-sur-Yon, son culte jadis florissant ; puissent ces humbles lignes ressusciter aussi son souvenir vénéré, dans la capitale du Poitou.

 

Que devint le corps de saint Lienne ? Fut-il détruit avec le tombeau ou la châsse qui le renfermait pendant la guerre de Cent Ans ? Fut-il partagé entre différentes églises ? Autant de questions dont nous n’avons pas de réponse satisfaisante.

Toutefois il semblerait que, vers la fin du XVIIIème siècle, on conservait encore à La Roche un ossement assez important d’un bras de saint Lienne et chaque année, le 12 juin, en souvenir de la translation, on y célébrait solennellement la fête du saint confesseur.

Une foire dite "assemblée de Saint Lienne" se maintint au XIXe siècle le dimanche suivant la fête du saint après la disparition du culte et du sanctuaire.

 Cette fête attirait une foule considérable de pèlerins qui venaient demander, par l’intercession de saint Lienne, la guérison de la fièvre, de la goutte et principalement des écrouelles. Ce qui est certain, c’est que l’église saint Lienne resta debout jusqu’à la révolution qui l’a ruinée en partie.

A la Roche, le vieux château qui donnait asile, eu son enceinte, au petit sanctuaire de saint Lienne a été renversé ; les pierres de la chapelle dispersées ; à leur place des casernes sont construites, et un soldat, accomplissant aussi un devoir sacré, poursuit sa marche régulière et monotone, là où jadis le moine priait dans les grands cloîtres sombres.

Après la destruction de l’église on alla encore prier sur ses ruines, mais la plupart des pèlerins se rendit à l’église saint Pierre des Moutiers (aujourd’hui l’église du Bourg sous La Roche) où l’on avait érigé une statue de saint Lienne.

 

Découverte sarcophage Saint Lienne l'Hermenault

Découverte Archéologique

 Au printemps 2011, un propriétaire récoltant a effectué un labour de la parcelle afin de planter du tournesol. Il a heurté deux sarcophages dont l’un avait son couvercle partiellement conservé. Il a dégagé le pourtour de l’un et a constaté le remplissage par des éléments squelettiques humains. Il a prévenu un ami agriculteur qui fait partie du Groupe Vendéen d’Etudes Préhistoriques et qui es passionné d’histoire.

Lors de cette découverte fortuite, deux sarcophages d’époque médiévale ont été dégagés. ils sont encore en place dans un espace dédié, selon la tradition, à une chapelle Saint Lienne (Fief de Saint L’Hienne proche de l’Hermenault)

Le retable de la chapelle du Bois-Vert fut transporté dans la chapelle de la maison que les comtes Savary de Beauregard possédaient à l'Hermenault. La chapelle fut offerte aux soeurs de Momaison, puis détruite en 1960 pour construire une cantine.

Les Eglises de Poitiers et de Luçon ont toujours célébré la fête de saint Lienne.

 

 

 

 

La légende de saint Lienne : hagiographie vendéenne / par l'abbé L. Rousseau

 

Les Archives départementales de la Vendée ARCHIVES ANTÉRIEURES A 1790.  <==..... .... ==> Castrum de Rocha super Oyonem (la Roche sur Yon) prieuré saint Lienne

 

 


 

1 Au moment où l'on vient, clans le but d'y restaurer son culte, de placer dans l'une des chapelles de l'église de la Roche-sur-Yon la statue de son ancien patron saint Lienne, nous ayons pensé faire oeuvre d'actualité en empruntant ce joli chapitre au tout récent ouvrage de notre distingué collaborateur, M. l'abbé Rousseau, dont nous signalons d'autre part le très vif intérêt. N. D. L. D.

 

15 novembre 2020

Les Archives départementales de la Vendée ARCHIVES ANTÉRIEURES A 1790.

Les Archives départementales de la Vendée ARCHIVES ANTÉRIEURES A 1790 Charte de donation au prieuré Saint-Lienne

Les Archives départementales de la Vendée, comme celles des autres départements de France, sont créées par la loi du 5 brumaire an V (26 octobre 1796). Cette loi prescrit le dépôt, au chef-lieu de département, des archives jusqu'alors rassemblées dans les chefs-lieux des districts, eux-mêmes supprimés le 5 fructidor an III (22 août 1795). Elle représente l'histoire de la Vendée sur plus de 900 ans.

Leur rôle est de classer, inventorier, rénover, valoriser et communiquer celles-ci.

 

Louis-Marie Filaudeau , archiviste de la Préfecture, bachelier des lettre, nommé le 20 septembre 1837, confirmé le 7 juillet 1840.

Arthur du Chêne, Il obtient en 1873 son diplôme d'archiviste paléographe et est nommé archiviste départemental de la Vendée, Il démissionne en 1874.

Gabriel Barbaud, archiviste de la Vendée de 1873 à 1905.

Ancien élève de l'école des Chartes, d'où il est sorti avec le titre d'archiviste paléographe, M. Gabriel Barbaud fut nommé archiviste de la Vendée, par arrêté préfectoral du 30 décembre 1873 et il a exercé ses fonctions jusqu'au 23 février dernier avec un zèle, une intelligence et un dévouement que nous ne saurions trop louer.

Président de la Société d'émulation de la Vendée depuis 1889, correspondant du Ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques, le 15 décembre 1894, Officier de l'Instruction publique depuis 1895, M. Barbaud a obtenu, la consécration la plus flatteuse de ses travaux.

 

BIBLIOTHÈQUE DE LA PRÉFECTURE. (1)

L'inventaire des livres est fait par ordre de matières.

Dans la rédaction des inventaires, l'archiviste suit l'ordre tracé par le Ministre de l'intérieur, relatif au classement général des archives départementales.

Dans son rapport, M. le Préfet donne un aperçu des travaux de l'archiviste, dont les résultats peuvent offrir de l'intérêt à beaucoup de propriétaires.

Le Conseil décide que cette partie du rapport sera transcrite ci-après :

«Les archives du département, depuis votre dernière session, ont, comme par le passé, été l'objet des soins de l'employé auquel elles sont confiées.

Comme les années précédentes, l'archiviste a continué la vérification et le classement des documents administratifs des premières années de la révolution ; il s'est en même temps occupé de faire le dépouillement des dossiers qui ont été versés par les bureaux, et de les classer avec ceux de même nature qu'il a vus antérieurement.

Ces travaux terminés, il s'est remis à l'examen des titres antérieurs à 1790.

« À l'époque où les biens du clergé furent déclarés propriétés nationales, et où l'Etat se chargea du traitement des ecclésiastiques, il fut enjoint à ceux-ci de fournir l'état des revenus des différentes cures, chapelles, etc., qu'ils desservaient, et d'appuyer leurs états des titres de propriété de ces mêmes établissements.

« Conservés avec peu de soin, dispersés et brouillés, soit à l'époque des troubles de la Vendée, soit dans les transports successifs des archives, beaucoup de ces titres ont disparu.

L'archiviste est cependant parvenu à réunir ceux de 70 à 80 paroisses, presque toutes de l'arrondissement de Fontenay, ce qui porterait à croire que ceux des autres arrondissements ont péri pendant l'insurrection Vendéenne, dont ils ont été plus particulièrement le théâtre.

« Les titres du chapitre de Luçon ont ensuite appelé l'attention de l'archiviste.

 Ces titres sont en grand nombre et ont rapport aux propriétés qui dépendaient de cet établissement. Ils fournissent des renseignements sur les desséchements qui ont été faits dans les marais de Triaize, de Champagné, etc.

La pièce la plus importante de ce dossier est sans contredit un registre d'actes passés entre l'évêque et le chapitre de Luçon, d'une part, et les propriétaires voisins, de l'autre, soit pour les marais, soit pour le canal de Luçon,

 «  On n'a trouvé dans les titres qui ont été inventoriés aucun document relatif à la fondation de l'évêché de Luçon, à la cathédrale, au séminaire, etc. Les seuls renseignements que l'archiviste ait à cet égard, lui ont été fournis par la bibliothèque de Poitiers, où il a trouvé dans les manuscrits de dom Fonteneau, de nombreuses copies de pièces que celui-ci avait prises aux archives de l'évêché de Luçon, qui sans doute, en possède encore les originaux, cette ville n'ayant jamais été occupée par les insurgés, et n'ayant point eu à déplorer les troubles qui, dans d'autres vides, causèrent la ruine des papiers et autres litre.

«  L'archiviste, dans l'examen et l'inventaire de ces titres de propriété, a apporté une attention plus particulière à ceux qui concernent les marais de Triaize et de Laiguillon, il a cru devoir placer parmi les papiers de Saint-Michel-en-l'Herm, les titres qui ont rapport aux marais du Vignean en Triaize, et à ceux de Tangon, Benon, la Ronde, etc., en Aunis , afin de réunir en un même dossier les pièces de même nature, et de rendre par- là les recherches plus faciles.

« L'abbaye de S'-Michel-en-l'Herm avait eu des rapports continuels avec l'évêché et le chapitre de Luçon. Le classement et l'inventaire des titres de cet établissement religieux ont semblé la suite du travail dont il vient d'être parlé.

« Il n'existe aux archives aucune pièce historique sur l'abbaye de S'-Michel.

La bibliothèque de Poitiers a supplée en partie à ce défaut; elle a fourni les renseignements d'où l'on a extrait le précis historique qui précède l'inventaire.

« Cette abbaye possédait de vastes domaines.

Ceux dont il est fait mention dans l'inventaire étaient situés dans les communes de S'-Michel-en-l'Herm, S'-Denis-du-Payré, Curzon, S'-Benoist, Mouzeuil, le Langon, Grues, Chasnais. Le prieuré de S'-Sauveur, dont le siège principal était à Mareuil (les Vieilles-Tours), et dont relevait la seigneurie du lieu, avait de nombreuses possessions dans la paroisse d'Ars, et aux environs, dans l'Ile-de-Ré.

« Les pièces les plus importantes de ce fonds sont celles qui concernent les marais desséchés du bassin de la Sèvre et de la Vendée. Les principaux étaient ceux de Chupeau, Tangon, la Ronde et Benon, en Aunis, au sujet desquels les religieux de S'-Michel eurent de nombreuses et fréquentes contestations avec les évêques et le chapitre de Luçon, ceux de Cosse, Bernay, S'-Léonard, Nuaillé, Grues, S'-Michel, Payré, Maillezais, Moreilles, Nieul, du prieuré de Sainte-Radégonde, de la Brie et de la Penissière.

« Les dossiers contiennent également des détails sur les nombreux desséchements des terres inondées des provinces de Poitou, d'Aunis et de Saintonge.

« Toutes ces pièces, rapprochées de celles de Moreilles, dont il va être parlé  et des documents qui ont été puisés aux archives de Poitiers, pourront être d'une grande utilité à l'administration, en ce qui concerne les sociétés syndicales des marais desséchés de ce département.

« Les propriétés de l'abbaye de Moreilles étaient limitrophes de celles du chapitre et de l'évêché de Luçon, ainsi que celles de l'abbaye de S'-Michel.

L'ensemble du travail semblait exiger que l'archiviste s'occupât immédiatement de ce fonds : il a donc fait le dépouillement des titres qui s'y rattachent.

« Ici, comme pour les établissements religieux qui précédent, point de renseignements historiques : à peine, dans les nombreux documents qui ont été mis à la disposition de l'archiviste, soit à la bibliothèque, soit aux archives de Poitiers, est-il question de l'abbaye de Moreilles.

« Les propriétés dont les titres font mention étaient situées dans les communes de Ste-Radégonde-des-Noyers , où était l'abbaye ; de Chaillé-les-Marais, de S'-Jean-de-Beugué pour ce qui concerne la métairie et le moulin de la Fontelière, de Bessay, de S'-Hermant, de Nalliers et de Champagne, dans lesquelles les religieux de Moreilles avaient consenti de nombreux baux à rente.

Ce qui concerne les marais est fort important.

 

On y trouve :

- 1° un arpentement de ces marais, avant qu'on en eût commencé le dessèchement; la contenance de ces marais, détaillée par articles, se trouva être de 14,371 arpents ou journaux, et 35 carreaux. (Le carreau était de 18 pieds carrés, et l'arpent, de 100 carreaux.)

- 2° Des détails sur les conditions du dessèchement opéré de 1642 à 1646, par les sieurs de Strada et Fillastre.

- 3° Le partage qui fut fait, après le dessèchement, en 1646, entre tous les intéressés, avec la consistance et les confrontations de ce qui échut à chacun d'eux ;

- 4° Les statuts des marais du petit Poitou, dont les marais de Moreilles constituent la majeure partie ;

- 5° Un procès-verbal, fait à la requête de l'abbé de Moreilles, des marais desséchés, pièce d'autant plus intéressante qu'elle fait connaître le nom et l'importance des 67 cabanes, qui, en quatorze années , furent établies sur ce terrain , inculte et impraticable quelques années auparavant.

 

« Dans votre dernière session, vous avez décidé que l'archiviste ferait le voyage de Poitiers, et y séjournerait pendant un mois, pour prendre connaissance, aux archives de la Vienne, de tout ce qui pourrait intéresser le département de la Vendée.

Ce voyage a eu lieu, et je crois pouvoir vous donner l'assurance que l'archiviste a mis à profit le temps qu'il a passé dans cette ville, où son collègue s'est empressé de mettre à sa disposition tous les dossiers qu'il avait classés et tous les documents qu'il avait recueillis.

Par son intermédiaire, la bibliothèque de Poitiers a aussi été mise à sa disposition. Le temps qu'il ne lui était pas permis de passer aux archives, était utilement employé à la bibliothèque , à consulter ce qui pouvait intéresser le pays sous le rapport de l'histoire, et surtout, de celle des nombreux établissements religieux, dont il s'est déjà occupé, et dont il aura à s'occuper ultérieurement.

Ses premiers soins ont été de recueillir les documents qui intéressent l'administration et peuvent la faciliter. Sous ce rapport, ses intentions n'ont pas été remplies comme il l'eût désiré.

Ces documents faisaient partis des papiers de l'ancienne intendance de Poitou, dont les archives furent pillées et incendiées en grande partie en 1793.

« Les titres relatifs aux anciens domaines de la Couronne, sont peu nombreux, ce qui en reste a été examiné avec soin, et il a été possible d'en retirer quelques renseignements sur des concessions de lais de mer et autres domaines dans les communes de Bouin , Beauvoir, Bois-de-Cené , la Barre-de-Mont, et dans l'ile de Noirmoutier.

Les papiers qui concernent les ponts et chaussées ont également péri en 93 ; tout ce qui a rapport à cette branche de l'administration, dans l'ancienne province de Poitou, est contenu dans une dizaine de liasses dont les pièces sont sans liaisons entr'elles.

Il a donc été impossible d'en faire un travail suivi. Les notes qui ont été prises, sont plutôt des renseignements historiques, que des documents utiles à l'administration. La pièce la plus intéressante de ce fonds, est, sans contredit, un rapport fait à l'assemblée provinciale, auquel est due l'ouverture de plusieurs routes de ce département, que l'administration a fait terminer depuis quelques années, ou dont elle poursuit l'achèvement.

Rien de plus propre que ce rapport, dont il a été fait une analyse, à donner une idée de la voirie dans ce département, en 1787, et de l'importance des routes qui existaient, ou qui étaient projetées.

« Les renseignements qui touchent à la question des marais, sont également peu nombreux, soit qu'ils aient été détruits avec les papiers de l'intendance, soient qu'ils aient été envoyés dans les départements, à l'époque de la nouvelle division de la France, et qu'ils aient été détruits ou perdus depuis cette époque.

« On trouve cependant aux archives de Poitiers, des pièces qui ont rapport au marais communal de Vouillé, dont elles assurent la propriété aux habitants, et dont elles font connaître l'étendue et l'importance;

Des pièces relatives à la navigation du canal de Luçon, en 1650 ;

D'autres qui intéressent les marais, au nombre de 50, situés entre le Poitou et l'Aunis ; Ceux de la Claie ; Les marais et le port de Moricq;

  

Divers cananx, tels que ceux de l'Achenal, le Roi, le Bot de l'Anglée, le chenal navigable du Langon, celui de la Vendée, le chenal de Luçon, de l'Hounneau, de la Pironnièrc, le Bot-Neuf, le canal des Cinq-Abbés, etc.

« L'archiviste a ensuite recherché les renseignements qui intéressent le pays en général : tels sont ceux qui concernent le commerce et l'agriculture, dans le département ; un rapport sur l'élection de Fontenay; documents d'où l'on pourrait tirer une excellente statistique de l'importance de cette partie du département, sous le rapport des produits agricoles et des fabriques en 1729 ; une table des communes de la Vendée, qui en fait connaître l'ancienne division religieuse, administrative et judiciaire.

Cette table peut être d'une grande utilité aux personnes qui auraient des recherches à faire sur d'anciens procès terminés en appel à Poitiers, antérieurement à 1790.

« De fréquents procès ont lieu pour des buissons, des cours d'eau, etc. L'archiviste a pensé qu'il serait utile aux particuliers, de connaître les sources où ils pourraient trouver des renseignements pour appuyer leurs droits, ou reconnaître leurs torts.

 C'est dans ce but qu'il a recueilli avec exactitude tout ce qui concerne les domaines de la Vendée. Les anciens aveux rendus aux seigneuries contiennent des détails très circonstanciés sur toutes les parties dont se composaient les domaines pour lesquels on rendait ces aveux.

La nomenclature des fiefs qui relevaient des anciens châteaux de Fontenay, de Vouvant et de Mervant, facilitera le moyen de retrouver la trace des biens pour lesquels on voudrait avoir des renseignements.

« Une autre espèce de document manquait aux archives de la préfecture ; c'était ce qui a rapport aux domaines de l'ancien ordre de Malte.

Ces domaines ont, pour la plupart, été vendus par les districts, et, si les actes de vente n'ont pas disparu entièrement avec les archives de ces districts, du moins il n'existe plus de traces des procès-verbaux d'estimation et de consistance. On a cru suppléer à cette perte, en faisant un relevé exact de tous les domaines qui dépendaient ou relevaient des cinq commanderies qui se trouvaient en ce département.

 

Ces commanderies étaient celles,

1° De Coudrie, dont les domaines étaient répandus dans les communes de Sallertaine, Challans, la Garnache, Dompierre, S'-Denis-la-Chevasse, les Sables, Froidfond, Bois-de-Cené , S'-Christophe-du-Ligneron, Soullans, Apremont, Falleron, le Perrier, Aizenay, la Mothe-Achard, Notre-Dame-de-Riez, S'-Urbain, les Essarts, le Poiré, les Lues, Givrand, Olonne et Vairé ;

Celle de Féolette, dont les domaines étaient dans les communes de S'-Etienne-de-Brillouet, la Réorlhe, Nalliers, S'-Vincent-Puymaufrais et Lairoux ;

Celle des Fossés-Châlons, dont les domaines étaient situés dans les communes de Nieul-le-Dolent, S'-Vincent-sur-Graon, Ste-Flaive, Girouard, Poiroux, S'-Vincent-sur-Jard et Longeville;

 

Celle de Champgillon ou de Billy, qui avait des domaines dans les communes de Champgillon, S'Juire , la Réorthe , S'-Philbert-du-Pont-Charrault, Péault, Dissais, Corbaon, S'-André-sur-Mareuil, Corps, les Pineaux et Château-Guibert ;

5° Enfin celle de Puyravault. »

 

 

LE CONSEIL vote pour les dépenses de ce sous-chapitre, les sommes ci-après :

ART. Ier. Appointements d'un conservateur des archives 1500 »

ART. 2. Indemnité au conservateur des archives pour dépouillement extraordinaire des archives …. 150

Frais d'un nouveau voyage à faire à Poitiers, de séjour dans cette ville pendant un mois, pour recherches et dépouillement d'archives intéressant le département…. 150

ART. 3. Frais de vente de papiers de rebut.... 10 »

 TOTAL du sous-chapitre XIII... 1810 »

M. le Préfet a exposé qu'il existe dans les archives une certaine quantité de vieux livres, dont il présente le catalogue. Il demande l'autorisation de les vendre ou de les échanger. Le Conseil, considérant que la vente ou l'échange produirait peu d'avantage; considérant que le collège royal de Bourbon-Vendée n'a pas de livres anciens, et que la bibliothèque de la ville peut ne pas posséder quelques-uns des ouvrages dont on veut disposer, autorise M. le Préfet à faire au collège royal et à la ville de Bourbon, la remise gratuite des livres énoncés dans le catalogue, et qui leur conviendront respectivement, et l'invite à soumettre au Conseil, dans la prochaine session , la liste des livres qu'il aura donnés à chacun de ces établissements.

Rapports et délibérations / Vendée, Conseil général

 

 

 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )<==.... .... ==>LA LÉGENDE DE SAINT LIENNE, disciple de saint Hilaire (Rocca Super Oyonem)

 


 

L’histoire du découpage cantonal de la Vendée, embrayée le 26 février 1790 avec le décret royal instituant le département de la Vendée ainsi que ses cantons, se constitue de différentes réformes territoriales qui ont conduit à une redéfinition progressive des limites territoriales des cantons de 1790 jusqu’à nos jours.

 

Charte de donation au prieuré Saint-Lienne (photo couverture)

Cet acte de 1090 en faveur du prieuré de La Roche-sur-Yon est l’un des plus anciens conservés aux Archives départementales.

Il témoigne avec quelques autres du nouveau développement de la région : à l’écart des routes et aux confins disputés de trois grandes provinces, elle se trouvait encore bordée de vastes marais insalubres, mal dégagés de l’Océan d’où les Normands avaient longtemps procédé à des incursions ravageuses.

Pour leur échapper, une grande abbaye comme celle de Noirmoutier avait déménagé, depuis deux siècles déjà, jusque sur les bords de la Saône. 

 

 

 

 

 

(1)   Titres concernant :

La principauté de Talmont. — L'inventaire est rédigé en 7 cahiers.

L'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm. idem.

Le chapitre de Luçon. idem.

L'abbaye de Moreilles. idem.

Le prieuré de Saint-Lienne, à la Roche-sur-Yon. idem.

de Sigournais. idem.

de Puybelliard. idem.

de Sallartaine. idem.

de Commequiers. idem.

de S'-Martin-de-Brem. idem.

de S'-Sornin. idem.

de Fontaines, à Angles. En 2 cahiers.

diverses cures. idem.

L'abbaye de Bois-Grolland, de Saint-Jean-d'Orbestier, de Sainte Croix de Talmont

La rédaction de l'inventaire de ces trois établissements est cours d'exécution.

Missionnaires et jésuites de Collège de Fontenay, Collège de Fontenay, Divers prieurés et établissement religieux, la baronnie de Riez

Dont l’inventaire sera fait après ceux dont il vient d’être parlé plus haut.

Les papiers de diverses familles, saisis à l'époque de la révolution (qu'on ne classera que lorsque tout le reste des archives sera en ordre.)