Les fonctions de ces magistrats étaient les mêmes; la seule différence, c'est que, dans le nord de la France, ils portaient, en général, le nom de baillis, et que dans le midi et dans les provinces, qui ont été occupées. par les Anglais, ils portaient celui de sénéchal.

 Loiseau prétend que le mot bailly signifiait, en vieux français, gardien, protecteur. A l'égard de celui de sénéchal, plusieurs auteurs assurent que ce nom a été composé de deux mots corrompus, mi-latins, mi-français ou mi-anglais, que l'on peut traduire par celui de vieux chevalier.

« Cette dénomination de sénéchal prouve donc, d'après l'étymologie que nous croyons devoir adopter, que ces sortes de fonctions n'étaient confiées, dans leur origine, qu'à de nobles chevaliers expérimentés dans l'art de la guerre; ils avaient, ainsi que les baillis, une grande autorité dans les armées et dans l'administration de la justice.

« D'après leurs institutions, les offices de baillis et sénéchaux ne pouvaient être exercés par des légistes et des gens de robe longue.

Le roi Henri II dérogea cependant à cet usage, et permit aux légistes d'être baillis et sénéchaux.

Mais les rois, ses successeurs, ont rejeté cette innovation, par les ordonnances de Moulins et de Blois, à raison de leur incompatibilité. Ces magistrats ont donc cessé de remplir, par eux-mêmes, les fonctions judiciaires, et ils ne les ont plus exercées que par leurs lieutenants ; ils avaient seulement conservé, comme marque de leur dignité, l'ancienne prérogative de l'intitulé et du prononcé de toutes les sentences en leur nom.

« Dans leur qualité de baillis et de sénéchaux d'épée, ils étaient chargés de convoquer la noblesse; ils la présidaient lorsqu'elle était rassemblée, et la conduisaient à la guerre. Ces charges ne leur donnaient cependant plus, depuis quelques siècles, le droit de la commander.

 

 Le grand sénéchal du Poitou exerçait sa juridiction sur toute la province de ce nom : le pays Châtelleraudais n'en faisait cependant plus partie depuis l'époque où Louis XI fit la distraction de son ressort, et créa dans cette vicomté un sénéchal particulier.

« Les droits du sénéchal de Civray et Saint-Maixent, d'une institution plus récente, n'avaient de rapport qu'à l'ordre judiciaire, et se bornaient à l'intitulé des sentences en son nom. A l'égard des sénéchaux de robe longue, leurs fonctions étaient purement judiciaires; ils siégeaient comme premiers magistrats de leurs tribunaux.

Nous parlerons de ces divers offices lorsque nous nous occuperons de la création des établissements judiciaires dans l'ancien de province du Poitou.

« On ne connait pas positivement l'époque de l'institution des baillis et sénéchaux; la plupart des historiens fixent cependant celle de leur création au temps où Hugues-Capet est monté sur le trône.

 Ce prince ayant trouvé, lors de son avènement, que les ducs, les comtes, et autres grands officiers dont les charges, dans leur origine, étaient ou ne devaient être que des offices à vie, les avaient rendus héréditaires, crut devoir chercher un moyen d'arrêter, autant qu'il était possible, les abus dont ce nouvel ordre de choses menaçait ses peuples.

Il parvint d'abord à faire reconnaitre que ces premières dignités seraient tenues en fief de sa couronne; qu'elles lui rendraient foi et hommage; que les juges institués par ces seigneurs, pour rendre la justice à leurs sujets, ne pourraient connaître des droits du domaine du roi, ni de certains crimes à la répression desquels le roi avait le principal intérêt, et qui, par ce motif, furent appelés cas royaux; et, pour prononcer sur lesdits droits du domaine et autres cas royaux, Hugues institua des juges qu'il nomma baillis.

Cette institution avait déjà eu lieu précédemment; car nous voyons dans les capitulaires de Charlemagne, qu'à cette époque où les ducs et les comtes n'étaient que de simples officiers ou juges à vie, destinés à rendre la justice au nom du roi, les souverains étaient dans l'usage d'envoyer dans les provinces, à certaines époques, de grands officiers de leur cour.

Ils étaient alors connus sous le titre de missi dominici, et particulièrement chargés de s'enquérir si les juges ordinaires n'abusaient point des droits que leur donnaient leurs charges, s'ils ne commettaient pas de concussion sur les peuples; et, dans ce cas, ils devaient sur-le-champ réprimer les abus; et leurs chevauchées étant terminées, ils devaient en faire un rapport fidèle au conseil du roi.

« Nous n'avons pu trouver sur les baillis et sénéchaux d'ordonnance plus ancienne, depuis Hugues-Capet, que celle du roi saint Louis en 1254.

Ces officiers étaient alors seulement annuels et non à vie, comme ils l'ont été depuis. Par cette ordonnance il était défendu à ces magistrats d'acheter héritages et de contracter mariage, pour eux ou leurs enfants, dans la province, pendant l'exercice de leurs charges; et par une autre ordonnance rendue par le roi Charles VI, en 1388, il leur fut enjoint de rester 50 jours sur les lieux après que leur charge était finie, sans pouvoir même faire transporter leurs meubles ailleurs, afin de répondre aux plaintes que l'on pourrait porter contre eux.

« Saint Louis avait seulement établi les bailliages; mais la France ayant considérablement reculé ses frontières par la réunion de plusieurs provinces, le nombre des bailliages et sénéchaussées avait été successivement porté à 96, ainsi que nous le voyons dans les arrêts et règlements de Filleau, imprimés en 1631.

 

« Philippe-Auguste inféoda cependant, par une déclaration donnée, à Poitiers, en 1204, au vicomte de Thouars et à son fils, sans avoir égard aux anciens usages, la dignité de sénéchal du Poitou et celle du duché d'Aquitaine au-delà de la Loire, après que ce prince se serait rendu maitre de ces provinces.

C'était un appåt présenté à un seigneur aussi puissant, pour l'attacher à son parti, puisque, par cet acte d'inféodation, ce titre de sénéchal devenait un fief mis au rang des bénéfices militaires.

« Les grands sénéchaux ayant, pendant un grand nombre de siècles, été revêtus de la première dignité de cette province, nous avons cru devoir en donner ici une liste chronologique.

 Nous avons vu avec peine l'omission de plus de 40 noms dans celle qui nous a été donnée par Thibaudeau, tome VI de son Histoire du Poitou.

Afin de compléter cette liste autant qu'il nous a été possible, nous nous sommes aidés d'un ancien manuscrit déposé à la bibliothèque de cette ville ; d'un inventaire des titres de cette commune; des extraits d'archives qui existaient dans divers châteaux et monastères, et qui nous ont été conservés par les soins de D. Fonteneau et de D. Mazet.

Nous avons aussi profité des documents que nous a fournis une liste imprimée en 1780, par les soins de M. le chevalier de Beufvier. Nous ajouterons quelques notes historiques sur ceux de ces dignitaires nés dans la province de Poitou, ou qui ont le plus marqué dans l'exercice de leurs fonctions.

 

 On verra que, pendant plusieurs siècles, les rois de France et d'Angleterre avaient chacun, à la même époque, un grand sénéchal du Poitou.

Nous ferons connaitre, autant qu'il nous sera possible, les noms de ceux chargés de cette honorable mission, par chacune de ces puissances ; nous donnerons aussi les noms de quelques-uns des lieutenants des grands sénéchaux, jusqu'à l'époque mémorable de 1436, où Charles VII établit à Poitiers un siège royal et cour ordinaire.

« Nous devons aussi faire observer que les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine, avaient également créé dans leurs états les grands sénéchaux.

Le plus ancien dont nous trouvions quelques traces est Rotherius, père d'Hugues de la Mothe, cité par Besly dans une charte de l'abbaye de Montiers-Neuf de 1087; il avait rempli les fonctions de sénéchal de feu Guillaume VII, comte de Poitou et duc d'Aquitaine. Nous en citerons encore quelques autres, mais en petit nombre.

 

«  Le plus ancien sénéchal, connu en Poitou et nommé par nos rois, est Hubert Gaisser, chevalier, seigneur de Milly, la Tour et de Lavau-Gaisfer. Il exerçait ces fonctions dès l'année 1127. La Morlière nous assure, dans ses Illustres de Picardie, que c'est de ce grand sénéchal que la maison de Gouffier tire son origine.

Ses descendants, dit-il, ont porté le nom de Gaiffer jusqu'à Jean, seigneur de Milly, qui prit, en 1359, celui de Gouffier.

Cette illustre maison, féconde en grands hommes, a tenu le premier rang, en Poitou, pendant plusieurs siècles.

On le reconnait encore aujourd'hui par le château d'Oiron, par la belle église dont le chapitre avait été fondé par les seigneurs de ce nom ; elle est remarquable par la hardiesse et l'élégance de son architecture. On y voit les restes mutilés des mausolées de cette maison.

On rencontrait, sur la gauche d'Oiron à Poitiers, le superbe château de Bonnivet, dont il ne reste plus que quelques ruines.

Il fut bâti par l'amiral de Bonnivet, qui se signala dans sa jeunesse, en plusieurs occasions importantes, par sa bravoure chevaleresque.

 Il fut comblé des faveurs de François 1er. L'ardeur guerrière de ce jeune seigneur l'entraîna dans cette guerre au-delà des Alpes qui fut si fatale à la France. Ce fut lui qui, contre l'avis des plus anciens capitaines, engagea le roi à donner la bataille de Pavie.

Il y fut tué, et espia, en quelque sorte, par sa mort, la faute impardonnable qu'il avait commise.

 

Les Sénéchaux sous les Plantagenêt

 

 

« II. Mausiaco (Whilelmus de), Dapiser in Pictav. no ster 1145. D. Fonteneau traduit ce mot par celui d'échanson ou grand sénéchal. Guillaume de Mauzé

« III. Hastings (Radulphus de) était, en 1154, sénéchal de la reine Eléonore (Aliénor d’Aquitaine), comtesse du Poitou.

 

 

« IV. Fuye (Raoul de Faye), Radulphus de Faya, était sénéchal du Poitou, vers 1170. Il existait une famille de ce nom très ancienne en Poitou; nous ignorons si elle tire son origine de ce sénéchal.

« V. Forgiis ( Radulphus de ), Raoul de Forges , sénéchal du Poitou en 1174.

«  VI. Mangot (Guillaume), seigneur de Surgères, était grand sénéchal du Poitou en 1177. Son petit-fils a été vicomte de Châtellerault.

«  VII. Chapon (Guillaume), Capone Whilelmus , teste nunc Pictav. senescallo. Il est cité e cette manière dans une charte de Richard, roi d'Angleterre, comme témoin, et comme sénéchal en Poitou en 1181.

« VIII. Montmirail (Robert de), sénéchal du Poitou en 1188.

« IX. Celle (Geoffroy de la), sénéchal du Poitou en 1187, 1196, Gaufridus de Cella. L'imprimé de M. de Beufvier dit qu'il exerça jusqu'en 1203; il y a nécessairement ici une erreur, parce que celui qui suit occupait alors cette place. Thibaudeau lui fait aussi exercer ces fonctions en 1203.

D. Mazet dit qu'il les remplissait alors pour Jean sans Terre, roi d'Angleterre. Cette maison, d'antique chevalerie, et que nous pensons être seigneurs de la terre de Vivône avant 1100, a tenu le premier rang dans cette province, à laquelle elle a donné un autre grand sénéchal en 1309. Elle est éteinte depuis environ trois siècles.

« X. Bertin (Pierre de), Petrus Berlini , était sénéchal du Poitou, pour le roi d'Angleterre, en 1199. Nous ignorons si la maison Bertin de Vaussay, en Poitou, tire son origine de cet ancien sénéchal.

 

« XI. Thouars (Aimery, vicomte de). C'est à ce vicomte que le roi Philippe-Auguste inféoda, en 1204, ainsi qu'à Hugues son fils et son héritier, la dignité de sénéchal du Poitou et du duché d'Aquitaine , lorsque ce souverain aurait conquis ces provinces, Thibaudeau donne en 1204, à Hugues, la qualité de grand-sénéchal.

D'après cela il a succédé de suite à son père. Nous avons déjà parlé de l'antiquité et du rang que tenait en Poitou l'illustre maison de Thouars, ainsi que du nombre considérable de vassaux obligés par la loi des fiefs de marcher à la réquisition de ce vicomte.

« XII. Turnham (Robert de), sénéchal de Poitou et de Gascogne pour le roi d'Angleterre, dont il était aussi le trésorier. Il figure dans un traité avec le roi de France, du 4 février 1201, Collect. de Rymer. Thibaudeau le place en 1204.

« XIII. Thouars (Aimery, vicomte de), frère du duc de Bretagne, sénéchal du Poitou en 1206.

« XIV. Mauleon (Savary de), sénéchal en 1208. Il est issu de cette maison poitevine un grand nombre de vaillants capitaines, dont quelques-uns sont restés attachés à la France, et d'autres aux rois d'Angleterre, qu'ils considéraient comme leurs souverains légitimes. Ces rois leur accordèrent, en récompense de leurs services, de grandes dignités dans leurs armées et dans l'église.

« XV. Du Bourg (Hubert ou Herbert), Herbertus ou Hebertus de BURGO, sénéchal du Poitou, pour le roi d'Angleterre, en 1212 et 1214. Cette antique maison, éteinte depuis plus de trois siècles, habitait le Bas-Poitou.

« XVI. Pons (Regnault de), Reginaldus de Pontibus, de l'illustre maison de Pons en Saintonge, était grand-sénéchal du Poitou et de la Gascogne en 1216.

« XVII. Saint-Denis (Jean de), grand-sénéchal du Poitou en 1219, disent MM. de Beufvier et Thibaudeau. Cette maison était originaire du Poitou.

D'après diverses chartes citées par D. Fonteneau, il était sénéchal des provinces du Poitou et du Limousin, le 31 janvier 1295 et 28 novembre 1299. C'est aussi le sentiment de D. Mazet. Nous ignorons d'après quel motif les premiers auteurs cités le placent en 1219.

«  XVIII. Ulciot (Philippe de), sénéchal du Poitou et de Gascogne, pour le roi d'Angleterre, en 1220.

« XIX. Viven (H. de), senescallus Pictav. et Vasconice dom. sub Henrico, rege Angliæ, 1220. D. Mazet croit que l'on doit lire Vivône; mais il se trompe, ce nom est anglais.

« Rabastein (Raimond de), grand sénéchal en 1219. Thibaubeau a commis une erreur à l'égard de ce sénéchal, à moins qu'il n'y en ait eu deux pourvus de cette place. Nous la prouverons sous l'année 1323.

« XX. Loubert (Jourdain de), sénéchal du Poitou en 1223.

« XXI. Birly (Geoffroy de). D. Mazet dit qu'il était grand sénéchal en 1227. Nous ferons observer que dans l'histoire des chanceliers et gardes des sceaux de France, par Duchesne, on trouve , pag. 473, Gaufridus de Bulli senescallus Pictaviensis , anno 1225. Il est à croire que c'est le même appelé ici Birly, et que l'on doit lire Bulli , traduit par de Bueil.

« XXII. Blason (Thibauld de), sénéchal du Poitou vers 1229. Il était de la même maison que l'évêque de Poitiers, était seigneur de Mirebeau, et pourvu de cette dignité à la même époque où Maurice de Blason occupait le siège épiscopal. C'est donc à tort que le vieux manuscrit le fait exercer en 1243.

« XXIII. Maillé (Hardouin , baron de), sénéchal du Poitou , pour le roi de France, en 1233. Cette maison originaire de Touraine, où elle a possédé de temps immémorial la baronnie de Maillé, érigée en duché sous le nom de Maillé-Luynes, a eu diverses branches qui ont possédé de grandes et belles terres en Poitou.

Ce sénéchal eut pour femme Jeanne de Thouars, dame de la Roche-sur-Yon et de Luçon. Elle était fille d'Aimery, de Thouars, et de Béatrix de Machecoul.

« Le chevalier de Beufvier dit qu'en 1241 , Savary de Vivône était capitaine souverain du Poitou et de la Saintonge, où il servait avec distinction. Comme il est le seul auteur qui fasse mention de cette distinction, qui lui aurait donné le pas sur les grands sénéchaux, nous n'avons pas cru devoir en parler.

« XXIV. Rancon (Geoffroy de), Gaufridus de Ranconio , sénéchal du Poitou, 1242.

« XXV. Pannetier (Adam le), sénéchal du Poitou, 1245.

« XXVI. Mathas (Foulques de), d'une ancienne maison de Saintonge, sénéchal du Poitou, 1252.

« XXVII. Novin (Thibault de), sénéchal du Poitou en 1258. Ce sénéchal est connu ailleurs, dit D. Fonteneau, sous le nom de Noviz, de Nevi, de Novävillä. On trouve dans une charte Theobaldus de Noviz , senescallus domini comilis Pictav. in Pictav. 3 novembre 1289; dans d'autres , Theobaldus de Noviaco, senescallus Pictav. On lit aussi dans un vieux manuscrit en vélin, contenant divers actes de la commune et de l'échevinage de Poitiers,Thibault de Nevin, grand sénéchal. D. Mazet cite des actes où il en est question jusqu'en 1265.

« XXVIII. Chapelle (Herbert de la), de Capella. Maison de très ancienne chevalerie établie en Poitou, auquel elle a donné deux grands sénéchaux; le premier en 1268.

Philippe, fils de saint Louis, lui ordonna de prêter serment entre les mains du maire de Poitiers, de garder les franchises et coutumes de la ville.

Dès 1081, Guy-Geoffroy, comte de Poitou, chargea Adelard de la Chapelle d'assister à un plaid ordonné par ce prince, concernant un fief réclamé par les religieux de Noaillé. Plusieurs de cette maison poitevine sont cités dans les titres de Noaillé et de Saint-Cyprien, jusqu'en 1118; et dans un de l'abbaye de Montiers-Neuf, jusqu'en 1172.

« XXIX. Beaumarchais (Eustache de), de Bellomarchorio, sénéchal du Poitou en 1269—1276.

« XXX. Chapelle (Herbert de la), de la même maison que celui qui exerçait en 1268, et peut-être le même. Il exerçait en 1276, ainsi qu'il résulte des archives de Saint-Hilaire et de Noaillé. Il refusa de prêter serment aux maire et jurés de la Rochelle de garder leurs priviléges; mais i y fut condamné par arrêt du parlement, en 1278.

« XXXI. Roscia ou Rocciâ (Thibault de), sénéchal en 1272. Nous pensons que c'était pour le roi d'Angleterre.

« XXXII. Saint-Venant (Mathieu de), sénéchal du Poitou, sans doute pour le roi d'Angleterre, 17 septembre 1272.

D'après l'inventaire des titres de la ville, Gilles de la Salle était, en 1272, lieutenant ou assesseur du sénéchal du Poitou. L'auteur n'indique pas si c'était pour la France ou l'Angleterre.

« XXXIII. Saint-Venant (Macé de), a succédé à Mathieu, et scella des lettres de son sceau en décembre 1275.

« XXXIV. Segleniaco (Joanes de) était sénéchal de cette province le 5 février 1283.

« Guillelmus de Olerani ou Olerarii était, en 1283, lieutenant du sénéchal de cette province. Il rendit cette même année une ordonnance sur les vivres. (Extrait des archives de la ville.)

« XXXV. Beaumanoir (Philippe de), chevalier, sénéchal du Poitou, 28 février 1285.

« XXXVI. Bouche (Pierre), chevalier du roi de France , était son sénéchal en Poitou en 1281.

« XXXVII. Blanosco ou Blanasco (Petrus de), dom. regis Francorum milite, senescallo pictav. , 23 janvier 1291. Le 22 décembre de la même année, il se qualifiait du titre de sénéchal du Poitou et du Limousin. (Extrait des archives de l'église de Poitiers et du chartrier de l'abbaye de Noaillé.)

« XXXVIII. Saint-Denis (Jean de), famille originaire du Poitou , comme nous l'avons dit sous le no XVII, d'après diverses chartes citées par D. Fonteneau. Il était, le 31 janvier 1295 et le 28 novembre 1299, sénéchal des provinces du Poitou et du Limousin. D. Mazet le place aussi dans celle même année. Nous ignorons les motifs pour lesquels le chevalier de Beufvier et Thibaudeau ont indiqué l'année 1219, lorsque, d'après des titres authentiques, il exerçait de 1298 à 1299.

« Il existe à la bibliothèque copie d'une charte de 1299, dans laquelle Guy Lengel est qualifié du titre de lieutenant de Jean de Saint-Denis, par laquelle il est chargé de régler les dépens cujusdam duelli facti et judicati in curiâ domini regis (à Saint-Maixent).

Il y est dit que Guillelmus Olerarii avait précédemment été arbitre dans cette affaire.

« XXXIX. Lisle (Jean de), chevalier, est élabli, dans le vieux manuscrit déposé à la bibliothèque, comme sénéchal du Poitou vers 1300. Il ajoute qu'il fut aussi grand prévôt de Paris, et qu'il mourut de poison. Cette maison, très ancienne, possédait bien antérieurement la seigneurie de l'Isle-Jourdain en Poitou..

« XL. Villeblouin (Pierre de), chevalier du roi de France, était sénéchal du Poitou et du Limousin, le premier novembre 1301. L'inventaire des titres de la ville lui donne le nom de Villablonini, et nous donne la preuve qu'il exerçait encore les fonctions de sénéchal en 1306. C'est donc à tort que le chevalier de Beufvier et Thibaudeau lui donnent, dans leur liste, Villebon; car Thibaudeau lui-même, pag. 357, 2e vol. de son Histoire du Poitou (1), le désigne sous celui de Villablonini.

« XLI. Ozier (Jean d'), chevalier du roi notre sire et son sénéchal en Poitou, confirma, le 16 mai 1318, une sentence du 21 juin 1309, rendue par Pierre de Villeblouin, son prédécesseur.

« XLII. Guiller (Joannes), senescallus Pictav. pour le roi d'Angleterre, 1307. V. l'inventaire des titres de la ville. Guillaume Lescuyer était à cette même époque, en 1306, lieutenant du sénéchal de Poitou, à Poitiers et à Niort. (Extrait de l'inventaire des litres de la ville.)

« XLIII. Celle (Hugues de la), chevalier, seigneur de Fontaine en Saintonge, était sénéchal du Poitou et de Saintonge pour le roi de France, le 5 septembre 1309. Voyez le chartrier de l'abbaye de Charroux. Le vieux manuscrit dont nous avons parlé lui donne le prénom d'Hilaire, et ajoute que le roi Philippe le Bel, ayant apprécié son mérite et sa fidélité, lui confia le gouvernement des comtés de la Marche et d'Angoulême, et le nomma son sénéchal en Poitou. Il avait en 1309 pour lieutenant Jacques Goboreux. (Histoire du Poitou, par Thibaudeau, tom. Ier) (2).

« XLIV. Mortagne (Pons de), vicomte d'Aunay, sénéchal du Poilou en 1317. Il prenait aussi, en 1328, le titre de capitaine des sénéchaussées de Poitou, Limousin , etc.

« XLV. Rabasteins (Raymond de), chevalier du roi de France, sénéchal du Poitou, avant 1325; ce qui est prouvé par l'inventaire des titres de la ville. C'est sans doute le même que le chevalier de Beufvier et Thibaudeau ont placé par erreur dans l'année 1229.

 « XLVI. Beaucheviller (Renaud de), chevalier du roi de France, sénéchal du Poitou en 1325, ainsi qu'il résulte des titres déposés aux archives de l'hôtel-de-ville de Niort.

« XLVII. Loulet (Jourdain de), chevalier du roi de France, et son sénéchal en Poitou et Limousin, 1338.

« Guillaume du Portal, lieutenant du sénéchal du Poitou, régla, par son ordonnance du 29 juin 1340, les terres imposées à l'arrière-ban. (Extrait de l'inventaire des titres de la ville).

« XLVIII. Maillé (Payen de), fils ou petit-fils d’Hardouin, no XXIII, était, en 1343, sénéchal du Poitou pour le roi de France, et aussi du Limousin et de la Saintonge.

«  XLIX. Aumont (Charles d’), chevalier, issu de l'illustre maison de ce nom, fut , d'après le vieux manuscrit, fait sénéchal en 1346.

« L. Ars (Guichard d'), seigneur de Ranoy, chevalier du roi de France, était son sénéchal en Poitou et Limousin, le 25 novembre 1350. (Extrait des archives du château de la Durbellière).

« LI. Chevredent (Guy), seigneur de Tournay, chevalier du roi notre sire, et son sénéchal en Poitou et en Limousin, 1351.

« Quentin (Pierre), était lieutenant de ce sénéchal du Poitou. Il confirma, par ordonnance du 23 mai 1354 , au chapitre de Notre-Dame la Grande, le privilège de garder les clefs de la ville pendant les trois jours de la solennité des Rogations.

« LII. Coloigne (Perceval de), chevalier. Le vieux manuscrit, déjà cité, dit qu'il fut sénéchal du Poitou en 1360, et qu'il fut aussi connétable du royaume de Chypre. Thibaudeau dit au contraire qu'il n'était sénéchal qu'en 1371. Alors il aurait rempli ces fonctions pendant un grand nombre d'années.

« LII. Souille (Baudouin de), était chevalier, sénéchal du Poitou pour le prince de Galles, en 1367. C'est le titre que lui donne un manuscrit en vélin de l'échevinage de Poitiers, déposé à la bibliothèque. D'autres auteurs lui donnent le nom de Freville ou Fornille.

« Nallandeau ou Naullandeau (Jean), était, en 1367, son lieutenant pour le prince de Galles. Il l'était encore en 1383, sous Jean, duc de Berry, comte de Poitou. On en trouve la preuve dans une concession de trois pieds de terrain en largeur faite par ce prince au chapitre de Notre-Dame. (Extrait des titres de la ville).

« LIV. Felton (Guillaume) était sénéchal du Poitou pour le prince d'Aquitaine et de Galles, en 1363. .

« LV. Andrault (Jean). Il était, d'après une charte de l'abbaye de Charroux, sénéchal du Poitou et de Saintonge pour Thomas Waderstock, fils du roi d'Angleterre, le 6 décembre 1366.

« LVI. Andelée (Jacques d'), moult sage et vaillant chevalier, dit Froissard, issu d'une maison illustre d'Angleterre, se trouva, en 1356, à la bataille de Poitiers.

 Il y donna tant de preuves de courage, que le prince de Galles le signala comme le plus vaillant chevalier de son armée. Ce fut lui qui commença le premier le combat dans cette journée si fatale à la France; et il resta le dernier sur le champ de bataille.

 Le prince de Galles, pour le récompenser de ses hauts faits d'armes, le nomma quelques années après grand sénéchal du Poitou.

 Il termina sa carrière à Fontenay-le-Comte en 1369.

Le prince de Galles témoigna les plus vifs regrets de la perte d'un si grand capitaine. Il fit transporter son corps à Poitiers, où il lui fit faire des obsèques magnifiques dans l'église cathédrale, où sa dépouille mortelle fut inhumée. Le prince honora de sa présence cette lugubre cérémonie.

« LVII. Chandos (Jean), vicomte de Saint-Sauveur, était dès 1361 lieutenant du roi d'Angleterre, ès parlies de France.

Il fut nommé sénéchal du Poitou, en 1369, après la mort de d'Andelée, et d'après la demande, dit Froissard, de tous les barons et chevaliers d'Angleterre et du Poitou.

Il fut tué à l'affaire du pont de Lussac, le 1er janvier 1369, très peu de temps après sa nomination. Il revenait de Saint-Savin qu'il avait espéré enlever aux Français par surprise, et où il avait échoué. Il s'arrêta fort mécontent à Chauvigny, d'où il renvoya les chevaliers et autres hommes d'armes qui l'avaient accompagné, et ne garda que 40 lances de sa compagnie. Instruit, peu d'heures après, que Carlouet le Breton et Louis de Saint-Julien, chiefs français, étaient sortis de Saint-Savin, il résolut de se mettre à leur poursuite, et reconnut que les pas de leurs chevaux se dirigeaient sur Lussac, en suivant le cours de la Vienne, alors débordée. Chandos ordonna de hâter la marche.

 Les Français furent fort surpris de sa subite apparition; mais le terrain inégal que Chandos avait à parcourir obligea ce général, ainsi que sa troupe de mettre pied à terre. Il marcha sa bannière en avant, et le glaive au poing. Une rosée épaisse avait rendu très glissant le sol sur lequel ils marchaient. Il portait aussi, malheureusement pour lui, par-dessus ses armes, un long vêtement sur lequel des armoiries étaient brodées. Ce vêtement fut l'une des causes de sa mort. Il met son pied dessus, trébuche, et Jacques de Saint-Martin, écuyer français, qui se trouvait près de lui, lui porte à la figure un coup de pointe de son glaive; la douleur fait tomber Chandos, et il s'enfonce par sa chute la pointe de l'épée de cet écuyer dans le cerveau. Une autre cause de la mort de ce sénéchal tint à ce qu'il était borgne, et qu'il n'aperçut pas près de lui Jacques de Saint-Martin ; et une troisième, de ce qu'il ne portait jamais de visière à son casque.

Après le combat, Chandos fut transporté à Morthemer, où il mourut le lendemain.

« Nous croyons devoir jeter quelques branches de laurier sur la tombe du brave Jacques de Saint-Martin, qui, dans l'instant même où il venait de frapper le héros anglais, eut lui-même les deux jambes percées d'un coup d'épée par un écuyer de ce sénéchal.

 Cette blessure n'empêcha pas le courageux Saint-Martin de continuer à se battre; mais il mourut peu de jours après à Poitiers des suites du coup d'épée qu'il avait reçu. La maison de Saint-Martin, d'où sortait l'écuyer de ce nom, est d'origine poitevine, et il parait que c'est la même connue aujourd'hui sous le nom de Saint-Martin de Baignac.

 Elle a donné deux grands sénéchaux à la Basse-Marche : 10 Pierre de Saint-Martin, chevalier, seigneur de Baignac, vers 1549; 20 Gabriel de Saint-Martin, chevalier, seigneur de Baignac, pourvu de cet office par le roi Charles IX, en 1563. Hist. de la Marche, Jouilleton, tom. II, pag. 254.

« LVIII. Precy ou Persy (Thomas de), fut, après la mort de Jean Chandos, nommé par le roi d'Angleterre pour remplir les fonctions de sénéchal du Poitou. Le manuscrit de l'échevinage en vélin contient une ordonnance rendue sous sa magistrature, en 1372, dans laquelle il est nommé Thomas de Coisy.

« LIX. Vivonne (Renaud ou René de), 1er du nom, seigneur de Thors, les Essarts , Faye et Aubigny, sénéchal du Poitou, pour le roi de France, dès 1353. L'intégrité de sa conduite, son mérite, et ses services militaires, lui firent donner le surnom de Bon-Sénéchal. Nous pensons que la statue de marbre, déposée au Musée des arts de cette ville, est celle de sa femme ou de sa fille.

« LX. Beaumont (Alain de) fut nommé sénéchal du Poitou, pour le roi de France, par Duguesclin, en 1372.

La maison de Beaumont de Bressuire, originaire de cette province et l'une des plus illustres, est éteinte depuis plusieurs siècles. On croit qu'elle tire son nom du châtel de Beaumont, dans la baronnie de Mortagne, ou dans la vicomté de Tiffauges.

 Son antiquité, comme seigneurs de Bressuire, est attestée par les chartes de 1060 et 1068. Sa fidélité à la couronne est prouvée par la confiance que nos rois ont successivement accordée à quatre seigneurs de cette maison, en les nommant grands sénéchaux de cette province.

« LXI. Felton (Guillaume), IIe du nom, d'après les recherches de D. Fonteneau, rempli ces fonctions, pour le roi d'Angleterre, en 1372.

« Mignot (Pierre) était, en 1372, lieutenant de Fellon, sénéchal du Poitou pour le prince de Galles. Ce magistrat était auteur d'un commentaire sur la coutume de cette province, intitulé: « Mémoire du livre or « donné sur les coutumes, lequel compila Me Jean Mignot. » D. Mazet prétend avoir eu entre les mains un manuscrit de cet ouvrage, qui lui aurait été confié.

LXII. Frandeville (Hugues de), chevalier, était sénéchal du Poitou, pour le prince d'Aquitaine et de Galles, le 1er juillet 1379, et aussi en 1382.

« Perce-Chausses (Pierre) était lieutenant du sénéchal du Poitou à Niort, pour le duc de Berry, comte de Poitou, en 1381.

« LXIII. Vivonne (Renaud de), était lieutenant-général du sénéchal du Poitou, pour le duc de Berry, comte de Poitou , le 25 juin 1387. (Extrait du répertoire des titres de la ville).

« LXIV. Portier de Sainte-Neomaye (Thibault), seigneur de Sainte-Néomaye, en Poitou, sénéchal en 1388.

« LXV. Rouauli (N.), d'une maison illustre de cette province, était sénéchal du Poitou en 1388. (Extrait du répertoire des titres de la ville).

« Graffier ou Gouffier (Étienne) était, en 1398, lieutenant de ce sénéchal. (Extrait des mêmes titres de la ville).

« LXVI. Poussart (Jacques), chevalier, seigneur de Payré, était chambellan du roi et sénéchal du Poitou, le 27 septembre 1399. (Extrait des litres de la ville de Niort).

 La maison Poussart a tenu un rang distingué en Poitou pendant plusieurs siècles. On lit dans Froissard : « Que le duc de Bourbon et le comte de la Marche ayant eu commandement du roi Charles VI de chasser el extirper les Anglais du Poitou et du Limousin, Jacques POUSSART était conduiseur des gens d'armes du duc de Bourbon et de tout l'ost.»

« Chamborant (Guillaume de), lieutenant du roi en Poitou, en 1396, sous le sénéchal Poussart. Nous présumons que ce titre était le même que celui de lieutenant du sénéchal.

« LXVI. Chauveron (Audouin ) était , d'après D. Mazet, sénéchal du Poitou, le 2 juillet 1396. Il est le seul auteur qui en parle.

« LXVIII. Torsay (Jean de), chevalier, seigneur de la Rocheflavin, Lezay, la Mothe-Sainte-Héraye, était sénéchal du Poitou, en 1406-1410. Thibaudeau dit dès 1400. Il fut chambellan du roi et grand maitre des arbalétriers de France.

Il fut du nombre des fidèles qui embrassèrent, en 1418, le parti de Charles, dauphin de Viennois, régent du royaume. Le corps-de-ville de Poitiers faisait célébrer, chaque année, un service solennel pour le repos de son âme, dans l'église collégiale de Notre-Dame la Grande.

Aimery de Torsay, l'un des auteurs de cette maison, d'origine poitevine, assista, en 1081, d'après les ordres de Guy-Geoffroy, comte de Poitou, à la tenue d'un plaid relativement à un fief disputé aux religieux de l'abbaye de Noaillé.

« Chastaing (Guillaume) était lieutenant de ce sénéchal, le 22 août 1400. (Extrait des recherchés de D. Fonteneau).

« LXIX. Vivonne (André de), d'après Thibaudeau, et (René), d'après la liste du chevalier de Beufvier, était sénéchal en 1415. Il s'allia à Marie de Mathas.

« LXX. Frottier (Pierre), seigneur de Malzéart et de Miseré, vicomte de Monbart, baron de Preuilly, du Blanc en Berry, etc., etc., écuyer d'écurie du roi. Il s'attacha au parti de de Charles VII, alors dauphin, et contribua beaucoup à sa sortie de Paris, lorsque les Bourguignons s'emparèrent de cette ville en 1418.

 Sa conduite lui acquit la confiance de ce prince, qui le fit premier écuyer de son corps et grand-maitre de son écurie, et ensuite son sénéchal en Poitou, en 1424. D'après la Thaumassière, cette noble maison serait originaire de Bourgogne, et serait venue se fixer en Poitou, sous le roi Charles VI. Guy-Frottier, et Jeanne de Maillé, sa femme, leurs descendants, fonderent, en 1488, le couvent de la Raslerie.

 

 

Claveurier (Maurice) était, en 1418, lieutenant du sénéchal en Poitou. (Extrait du répertoire précité des titres de la ville).

« LXXI. Raoul , seigneur de Gaucourt , conseiller et chambellan du roi, était sénéchal de cette province le 9 février 1427.

« LXXII. Estissac(Amaury d'), chevalier, conseiller et chambellan du roi, était son sénéchal en Poitou le 29 juillet 1429.

« LXXIII. Roche (Jean de la), seigneur de Barbezieux, écuyer d'écurie, du roi, était, d'après les recherches de D. Fonteneau, grand sénéchal du Poitou, le 27 août 1433, et en 1436. Thibaudeau le met sous la date de 1455.

D'après l'histoire de Touraine, il était non seulement seigneur de Barbezieux, mais aussi de Verteuil; il rendit de grands services à Charles VII contre les Anglais, et soutint la guerre contre eux à ses propres dépens. Il mourut, d'après une épitaphe rapportée par cet auteur, en 1440. Ainsi Thibaudeau a commis une grave erreur en lui faisant remplir la place de sénéchal en 1455.

« LXXIV. Brimeu (Eolard ou Florimond de), chevalier, fut fait sénéchal du Poitou, dit le chevalier de Beufvier, par lettres du 28 juin 1435.

« LXXV. Beaumont (Louis de), chevalier, seigneur du Plessis-Macé et de la Forêt-sur-Sèvre, conseiller et chambellan du roi, son sénéchal en Poitou en 1437.

« LXXVI. Rouault (Joachim), seigneur de Boisménard, de Gamaches et de Fronsac, était grand sénéchal du Poitou en 1440. Il fut aussi sénéchal de Beaucaire, et premier écuyer du corps de monseigneur le dauphin.

Il se signala en plusieurs occasions contre les Anglais, et entre autres aux combats de Creil et de Saint-Denis en 1441, à la prise du fort de Castillon en 1453, où fut tué Jean sire de Talbot, sénéchal d'Irlande. Il reçut, en 1461, le bâton de maréchal de France, et épousa Françoise de Volvire.

« LXXVII. Brezé (Pierre de), chevalier, seigneur de la Varenne et de Brissac, conseiller et chambellan du roi, obtint, le 2 mai 1441, l'office de grand sénéchal du Poitou; il eut ensuite cette même dignité en Normandie.

« LXXVIII. Beaumont (Louis de), Ile du nom, chevalier, seigneur du Plessis-Macé et de la Forêt-sur-Sèvre, conseiller et grand chambellan du roi, était son sénéchal en Poitou en 1450-1455.

« LXXIX. Crussol (Louis de), seigneur de Florensac, chevalier, chambellan du roi, et son sénéchal en Poitou en 1461. D'après l'inventaire des titres de la ville, il l'était en 1467, D. Mazet dit qu'on le retrouve jusqu'en 1472.

« Fou (Yvon ou Yves du), chambellan du roi Louis XI, fut chargé par ce monarque de convoquer, en 1467, le ban et arrière-ban du Poitou; ce qui a sans doute induit en erreur le chevalier de Beufvier, le vieux manuscrit de la bibliothèque, et Thibaudeau, qui n'ont pas fait attention que ce chambellan avait fait cette convocation par ordre du roi, et non en vertu des droits que lui auraient donnés la charge de grand sénéchal. Nous trouverons plus tard un Yves du Fou remplissant ces fonctions.

« LXXX. Fou (Jacques du), grand sénéchal en 1474.

« LXXXI. Commines (Philippe de), chevalier, seigneur d'Argenton et de Talmont, ministre et chambellan du roi Louis XI, et son sénéchal en Poitou, par lettres du 24 novembre 1476.

Il donna des preuves de sa bravoure à la bataille de Montlhéry. Il est à présumer qu'à cette époque les charges des grands sénéchaux des provinces n'étaient accordées par le roi qu'avec cette restriction tant qu'il nous plaira, car le roi Charles VIII le nomma aussi son sénéchal en Poitou en 1483.

Il accompagna ce monarque à la conquête du royaume de Naples, en 1494.

« LXXXII. Amboise (Charles d'), sénéchal en 1483. Nous pensons que Thibaudeau commet ici une erreur, et que jamais ce seigneur n'a été sénéchal de cette province. Il est le seul auteur qui en parle.

« LXXXIII. Rambure (André, sire de), d'une des plus anciennes maisons de Picardie, grand sénéchal du Poitou en 1485.

« LXXXIV. Fou (Yvon du), chevalier, grand veneur de France, chambellan du roi, et son sénéchal en Poitou en 1488, et même, d'après l'inventaire des titres de la ville, dès 1485. C'est ce même Yvon du Fou que Thibaudeau avait placé, par erreur, grand sénéchal en 1467.

« LXXXV. Beaumont (Jacques de), chevalier, seigneur de Bressuire, la Haye en Touraine, Lezay et la Mothe-Sainte-Héraye, conseiller et chambellan du roi, était sénéchal du Poitou en 1494. Il accompagna le roi à la conquête du royaume de Naples.

« LXXXVI. Vivonne (André de), chevalier, seigneur de la Châtaigneraye, et sénéchal du Poitou en 1493. D'après les notes de D. Fonteneau, il parait qu'il exerçait encore en 1499. Thibaudeau dit qu'il fit, à Poitiers, une montre de la noblesse en 1512, et qu'il mourut, en 1532, maréchal de France.

« LXXXVII. Leite (Antoine de), seigneur des Prez et de Monpezat, chevalier de l'ordre du roi, son conseiller et son chambellan, grand sénéchal du Poitou, convoqua, en 1533, par ordre du roi François 1er, le ban et arrière-ban de cette province, fut gouverneur de Châtellerault, et mourut maréchal de France en 1544.

« LXXXVIII. Lette (Melchior de), seigneur de Monpezat, fils ainé du précédent, fut nommé, en 1544, à l'âge de 20 ans, grand sénéchal du Poitou et gouverneur de Châtellerault, au lieu de feu son père. Il fut fait chevalier de l'ordre du roi et son lieutenant-général en Guyenne. D. Mazet prétend qu'il en est fait mention en 1565, et qu'il n'a été reçu grand sénéchal que le 18 mars 1547.

« LXXXIX. Rochechouart (François de), seigneur de Tonnay-Boutonne, Vivonne, etc., chevalier de l'ordre, grand sénéchal du Poitou en 1947. Il conduisit le ban et arrière-ban au siège de Perpignan. Cette illustre et antique maison est originaire du Poitou.

« XC. Beaucaire (Jean de), chevalier de l'ordre du roi, baron de la Forêt-Saint-Mayrant, seigneur du Puiguillon, grand sénéchal du Poitou en 1559. « XCI. Alègre (Gaspard d'), seigneur de Vivens, Beauvoir, etc., chevalier de l'ordre en 1569, grand sénéchal du Poitou en 1574.

« XCII. Tremoille (Georges de la), chevalier de l'ordre, seigneur de Royan , baron d'Olonne, d'Apremont, etc., conseiller du roi, grand sénéchal en Poitou, capitaine du château de Poitiers, mourut en cette ville en 1584.

Cette maison illustre et fidèle à nos rois, a donné cinq grands sénéchaux à celte province. Un grand nombre de ses guerriers ont péri dans les combats en soutenant la gloire de nos armes, d'autres en s'opposant aux progrès des sectateurs de Mahomet, qui menaçaient alors d'envahir l'Europe.

« XCIIL. Tremoille (Gilbert de la), chevalier de l'ordre du Roi, seigneur el marquis de Royan, grand sénéchal du Poitou en 1586, mourut, dans son château d'Apremont, en 1603.

« XCIV. Tremoille (Philippe de la), chevalier de l'ordre du Roi, conseiller en ses conseils, prince de Talmont, marquis de Royan, grand sénéchal du Poitou, conduisit, en 1635, le ban et arrière-ban de cette province à l'armée de Lorraine, commandée par le duc d'Angoulême et le maréchal de la Ferté. Il mourut le 16 août 1670.

« XCV. Tremoille (François de la), chevalier des ordres du Roi, conseiller en ses conseils, seigneur, marquis de Royan, grand sénéchal du Poitou et gouverneur de Poitiers, mort à Paris en 1690.

« XCVI. Tremoille (Antoine-François de la), de la branche de Noirmoutiers, grand sénéchal en 1672. Il était mort vraisemblablement avant 1695, car le commandement du ban  rassemblé, cette année, par ordre du roi, fut donné à Séraphin Beufvier, marquis des Palignies.

Le marquis de Royan précité n'ayant laissé qu'une fille, mariée à Paul Sigismond de Montmorency, ce seigneur, nommé grand sénéchal de cette province, n'a point été installé.

« XCVII. Beufvier (Séraphin), chevalier, seigneur, marquis des Palignies, grand sénéchal du Poitou, reçu en 1697. Mais cet officier ayant eu auparavant la promesse de cette charge, le roi lui confia, en 1695 et 1696, le commandement des bans rassemblés ces mêmes années, d'après la connaissance, est-il dit dans les lettres expédiées à cet effet, de la conduite, fidélité et affection à notre service dudit, etc. Cette maison noble et ancienne, originaire de cette province, a donné au Poitou ses quatre derniers grands sénéchaux.

« XCVIII. Beufvier (Alexis), chevalier, seigneur, marquis des Palignies, fils du précédent, a été reçu en 1715.

«. XCIX. Beufvier (Marc-Antoine), chevalier, seigneur, marquis des Palignies, fils de celui qui précède, a été grand sénéchal en 1755.

« C. Beufvier (Anastase-Alexis-Eulalie, marquis de), capitaine de dragons, fils de Marc-Antoine, a été installé le 7 mars 1789. »

FILLEAU.

 

Histoire du Poitou. Hermine, avec notes, Volume 3 De Antoine René H. Thibaudeau

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Savary de Mauléon - Thibaud de Blason, Seigneur de Blaison, Mirebeau, Sénéchal du Poitou et Valence Mauzé 

La royauté capétienne, engagée dans les embarras d'une régence, pressée de toutes parts par les exigences d'une ligue formidable des grands vassaux qui cherchaient à arrêter ses progrès, se voyait dans l'obligation de se tenir prudemment sur la défensive. Le roi d'Angleterre prodiguait les dons et les promesses.

 

Châtellenie royale de Fontenay-le-Comte pendant la guerre de Cent Ans - Sir James Audley - Jean Chandos

AUDLEY ou AUDELEY (sir Jacques), Il a servi en France en 1346, à Crecy, où, il a combattu dans l'arrière-garde sous Richard Fitzalan, comte d'Arundel. En août 1350, il participe à la bataille navale de Winchelsea.

 

États du Poitou convoqués à Saumur par le dauphin, au mois de juin 1417

Par lettres royales du 13 avril 1417, Charles, duc de Touraine, fut investi du titre de dauphin et du gouvernement du dauphiné. Le 29 avril 1417, Louis II, duc d'Anjou et roi de Sicile, mourut en son château d'Angers.