Savary de Mauléon - Thibaud de Blason, Seigneur de Blaison, Mirebeau, Sénéchal du Poitou et Valence Mauzé

La royauté capétienne, engagée dans les embarras d’une régence, pressée de toutes parts par les exigences d’une ligue formidable des grands vassaux qui cherchaient à arrêter ses progrès, se voyait dans l’obligation de se tenir prudemment sur la défensive.

Le roi d’Angleterre prodiguait les dons et les promesses. Au comte de la Marche il promettait Niort après sa conquête, concédait Saintes, l’île d’Oléron, Merpins et Cognac.

Au vicomte de Thouars, il promettait des secours en hommes et en argent ainsi que le château de Loudun quand il l’aurait enlevé au roi de France.

Au seigneur de Parthenay, il promettait aussi des subsides et des soldats pour fortifier ses places (décembre 1226) (1).

Mais la régente Blanche de Castille, douée d’un grand sens politique et d’une habileté consommée, était de taille à tenir tête à l’orage.

Elle s’avança avec le jeune roi Louis IX et une armée jusqu’à Loudun, tout en négociant avec le duc de Bretagne et le comte de la Marche (fin de février 1227).

Les confédérés dirigés par Savary de Mauléon et le comte Richard de Cornouailles (2), qui s’intitulait comte de Poitou, se tenaient à Thouars.

 Des conférences s’ouvrirent entre eux et le gouvernement à la Charriere de Curçay. Les comtes de Champagne et de Bar se laissèrent gagner par l’habile régente sans rompre toutefois avec les confédérés.

Savary et le comte Richard soupçonnèrent ce double jeu. Las d’attendre l’issue des négociations qui duraient depuis vingt jours, ils essayèrent de mettre la main sur les deux traîtres. Mais les comtes de Champagne et de Bar, dont la défiance était en éveil, se tenaient hors des murs de Thouars. Flairant un piège ils purent s’échapper et allèrent se soumettre au roi.

Une trêve intervint et le roi se retira, ajournant les barons à Vendôme pour traiter (3). Décontenancés par cette défection, le duc de Bretagne et Hugues de Lusignan comte de la Marche, de concert avec son épouse Isabelle, traitèrent avec le roi à Vendôme le 16 mars 1227.

Le vicomte de Thouars se soumit bientôt à son tour (avril) (4).

Seul, Savary de Mauléon demeurait ferme dans l’alliance avec le comte Richard. Mais la lutte n’était plus possible.

 Louis IX qui, en quittant Loudun, leur avait envoyé des ambassadeurs, négocia avec eux une trêve jusqu’à la Saint-Jean (avril 1227) (5).

 Richard se retira en Gascogne et de là en Angleterre. La ligue féodale dissoute sans combat se réveilla bientôt ailleurs.

 

Mais pour le moment personne ne remua en Poitou.

Savary y demeura dans ses domaines sans que rien décèle quelle fut son attitude politique. Il venait de contracter une seconde union avec une certaine Amabilis du Bois et, par une donation de 1226, il avait concédé aux enfants qui en naîtraient sa seigneurie de Chatelaillon, stipulant qu’ils auraient en outre l’île de Ré, Benon, Saint-Michel-en-l’Herm et le minage de Niort, mais avec réserve de l’usufruit pour leur mère (6).

 Mais Amabilis n’était en réalité, du moins â cette époque, que sa concubine.

 La précaution peu ordinaire prise par Savary dans un acte de 1227, scellé au château d’Olonne, de constater la célébration de son mariage â Saint-Nicolas de la Tranche (7) devant l’abbé d’Orbestier et d’enjoindre en même temps à tous ses vassaux de reconnaître comme son héritier le jeune Raoul son fils, issu de cette union, inspire les plus grands soupçons non seulement sur la légitimité du mariage, mais aussi sur l’authenticité de l’acte.

 Il y a lieu de croire, en effet, qu’il fut fabriqué lors du procès des héritiers de Raoul avec Alphonse comte de Poitou. La légitimation de cet enfant, faite plus tard, le 10 mai 1232, par le roi d’Angleterre et par l’archevêque de Bordeaux, en vertu d’un ordre du pape, achève de dissiper les doutes à cet égard (8).

Malgré les nombreuses chartes accordées par Savary aux moines du prieuré de Fontaines en Talmondais, relevant de Marmoutiers, ceux-ci ne cessaient de se plaindre des dommages de toutes sortes dont ils étaient victimes de la part de leur seigneur ou de ses agents.

Reconnaissant enfin qu’il avait violé les anciennes conventions, il leur accorda, en 1228, un dédommagement de trois mille sous et 15 livres tournois (9).

Vers la même époque, il fonda à Fontenay un couvent de Dominicains (10).

L’abbaye de la Trinité de Mauléon avait reçu de Savary, à une époque inconnue, soit pendant la guerre de 1224, soit même pendant qu’il était à la croisade, le dépôt très précieux de son chartrier.

En 1229, il en réclama la restitution par l’abbé d’Orbestier et Bernard le Bouteiller, châtelain de la tour de Talmond, délégués spécialement à cet effet.

Le 7 mai, l’abbé de Mauléon leur remit l’écrin scellé d’un sceau inconnu, contenant les chartes, et après qu’ils y eurent apposé tous trois leurs sceaux, procès-verbal de la livraison fut dressé en présence de témoins (11).

 Savary résidait peut-être alors dans ses domaines des côtes de l’Océan. On le trouve, en effet, à Olonne, en 1229, accordant une donation de quelques droits féodaux à l’abbaye d’Orbestier (12).

 De 1227 à 1230, Savary de Mauléon ne semble avoir pris aucune part aux événements généraux. Le Poitou jouissait alors d’une tranquillité relative.

Mais il était un des barons qui subissait avec le plus d’impatience la domination du roi de France. Une curieuse anecdote montrera jusqu’à quel point il l’avait prise en haine.

Une contestation très vive avait éclaté autrefois entre lui et Porteclie, seigneur de Mauzé et de Marans, à l’occasion d’un hôpital fondé par ce dernier, en 1217, sans son autorisation, dans les bois de Poulias, dépendant de la seigneurie de Benon en Aunis.

Il était en Orient lorsque la construction fut commencée. De retour en Aunis, il prétendit que l’hôpital était situé sur ses terres, et, poussé par sa violence ordinaire, il l’aurait fait raser sans l’intervention de l’évêque de Saintes et d’autres seigneurs du pays. Savary toléra donc la fondation, mais il renouvela plus tard ses revendications.

 Un jour, en 1228 ou 1229, pendant les discussions occasionnées par cette affaire, le sénéchal de Poitou, Thibaud de Blazon, beau- père du seigneur de Mauzé s’était transporté à Poulias pour régler la contestation.

Savary comme seigneur de Benon, y vint également, mais dans un appareil belliqueux et menaçant. Mille hommes l’accompagnaient.

 Quand il aperçut le sénéchal il lui lança cette apostrophe insolente : « Le roi de France peut bien me dépouiller de mon domaine, mais il ne pourra pas du moins m’enlever la mer. »

Puis il ordonna à un chevalier, Gautier d’Allemagne, d’aller dénoncer au roi l’injustice du sénéchal protecteur des intérêts de son gendre (13).

La puissance et les instincts du vieux pirate se révèlent tout entiers dans cette bravade pleine de colère et aussi d’une certaine vérité.

C’est qu’en effet, lorsqu’il était monté sur ses navires, nulle autorité ne pouvait l’atteindre. Il ne faut pas s’étonner, qu’animé de pareils sentiments, Savary se soit rallié avec empressement au roi d’Angleterre lors de la nouvelle tentative qu’il fit, en 1230, pour ressaisir le Poitou.

 

 

Thibaud de Blason V° du nom, Seigneur de Blaison, Mirebeau et Mauzé - Sénéchal du Poitou

Il était un des principaux Chevalier des armées de Philippe-Auguste, qui, pour récompenser ses services, le réintégra dans la terre de Mirebeau, dont son bisaïeul avait été dépossédé en 1130 par Geoffroy le Bel comte d'Anjou

Il en avait pris possession dès avant 1204, comme il est justifié par une donation faite par le Chapitre de N--D. de Mirebeau au prieur de Vouzailles.

Il fut, en 1207, l'un des signataires d'une charte constatant la cessation des hostilités entre Philippe-Auguste et Jean sans Terre.

En 1212, il s'engagea dans la guerre menée contre les Maures par Alphonse VIII de Castille et prit part à la reprise de Calatrava.

La même année Nicolas, doyen de l’église du Mans, sanctionna un accord entre le moine de Chaloché et Thibault de Blaison.

Il fonda en 1215 un anniversaire pour le repos de l'âme de son oncle Maurice, évêque de Poitiers à l’église collégiale de Notre Dame de Mirebeau, pour l’âme du défunt, une rente annuelle de dix livres tournois, qui devait être perçue en quatre termes sur le minage de Mirebeau, sur ces dix livres, une somme de 100 sous devait être affectée à un chapelain désigné par le chevecier et le chapitre, lequel serait tenu de célébrer chaque jour, une messe pour l’âme du prélat défunt.

Il a participé en 1218 à la Croisade des Albigeois.

Il figure parmi les bienfaiteurs de l’abbaye de Bonlieu, fondée en 1219, au diocèse du Mans, par Guillaume des Roches, sénéchal d’Anjou.

En 1222, il assista aux obsèques de Guillaume des Roches, ainsi que le témoigne le procès-verbal rédigé par les évêques du Mans et d’Angers.

En décembre 1225, il s’assoie aux plaintes adressées de Thouars au roi Louis VIII par les seigneurs de la contrée au sujet de la juridiction ecclésiastique. (Teulet, Layettes du Trésor des chartes, T.II. P.62.)

En 1228, St Louis lui avait concédé l'établissement de plusieurs foires annuelles dans sa ville de Mirebeau. En juin, il fut un des deux arbritres désignés par le roi Louis IX pour juger les infractions aux trêves conclues par ce prince avec Henri III, roi d’Angleterre.

En 1229, il était chevalier banneret et sénéchal de Poitou, et mourut la même année.

 

 

En 1229, VALENCE de Mauzé (Dame de Mirebeau),  qui était sa femme dès 1218, se qualifiait sa veuve, et s'engageait envers le roi de France à ne pas se remarier à l'un de ses ennemis, et à livrer ses châteaux à celui qui lui présenterait un ordre de ce prince.

Elle vivait encore en 1231, époque à laquelle, du consentement de Thibaud et de Guillaume de Blason, dits de Mirebeau, ses enfants ou neveux, elle donne en franche aumône, à l'abbaye de Toussaints d'Angers, toutes les alluvions, etc., pouvant se former autour de l'île des Saints, sise sur la Loire.

 

Février 1229

Carta Théobaldi de Blazon super quibusdam nundinis.

Ludovicus, Dei gratia Francorum rex. Noverint universi presentes pariter et futuri quod nos dilecto et fideli nostro Theobaldo de Blazonno, in augmento feodorum suorum que a nobis tenet, dedimus et concessimus quasdam nundinas apud Mirebellum, ad usus et consuetudines nundinarum Andegavensium annis singulis per octo dies duraturas ; et ipse nundine incipient octo diebus ante festum Omnium Sanctorum, et durabunt usque ad festum Omnium Sanctorum. Dictas autem nundinas dicto TH. Et heredibus suis concessimus in proprium habendas et quiete et pacifice possidendas, salvo jure alieno. Quod ut ratum et firmum permaneat, presentem paginam sigilli nostri auctoritate fecimus roborari. Actum Parisiis anno domini M cc xx octavo, mense februarii.

(cartulaire de Philippe Auguste conservé aux Archives de l’Empire, JJ 26, folio 128 recto)

 

21 Mars 1229

Universis tam presentibus quam futuris presentes litteras inspecturis, Guido, divina miseratione humilis abbas Beatri Petri de Huzerh, salutem in domino, Noverit universitas vestra quod nos feimus fidelitatem Ludovico, Dei gratia regi Franorum illustri, et matri sue et suis fratibus et ipsorum heredibus, in manu nobilis viri T(heobladi) de Blazon, tunc temporis senescalli Pictavensis, eidem domino regi, matri sue, et suis fratribus, necnon eorum heredibus in perpetuum et inviolabiliter observandam. Et per juramentum nostrum tenemur astricti quod nos villam nostram de Huserche, seu irati seu paccati, non possumus domino regi sue suis gentibus prohibere, quotienscumque ab ipso domino rege vel mandato suo fuerimus super hoc requisiti. Et etiam ipsum dominum regem Francorum et suos tenemur contra omnes homines qui possint vivere sive mori, pro posse nostro et notris gentibus, adjuvare. In eujus rei testimanium presentes litteras sigillo fecimus roborari.

Actum apud Brivat, anno domini M cc XX octavo, die mercurii proxima ante Letare Jherusalem, mense martii (Archives de l’empire, J 627, n8.r)

 

 

Confirmation des lettres du roi saint Louis, du mois de juillet 1230, reconnaissant aux religieux de Saint-Maixent le droit d'instituer un prévôt dans le bourg de Saint-Maixent (JJ. 53, n"277, fol. 117). Juillet 1317.

Philippus, Dei gracia Francorum et Navarre rex. Notum facimus universis, tam presentibus quam futuris, quod nos litteras inclite recordacionis regis Philippi, avi nostri, vidimus in hec verba

Philippus, Dei gracia Francorum rex. Notum facimus universis, tam presentibus quam futuris, quod nos littera inclite recordacionis precarissimi domini et genitoris nostri Ludovici, regis Francorum, vidimus in hec verba :

Ludovicus, Dei gracia Francorum rex, universis ad quos presentes littere pervenerint, salutem.

Notum facimus quod nos litteras Theobaldi de Blazonio (1), quondam senescalli nostri Pictavensis, recepimus in hec verba Reverentissimo domino suo, Ludovico, Dei gracia illustri regi Francorum, et reverentissime domine sue Blanche (de Castille), eadem gracia illuistri regine, Theobaldus de Blazonio, Pictavensis senescallus humilis salutem et débite subjectionis famulatum.

Noverit celsitudo vestra quod, cum vicum Sancti Maxencii preposito regio liberum et immunem invenissem, ego moleste sustinens quod in eodem vico non habebatis prepositum, quemadmodum in castro Niorti erat vester prepositus constitutus, tandem, causa jurisdicionis vestre ampliande, prepositum nomine vestro ibidem constitui, quamvis abbas et conventus ejusdem loci et fama publica perseveranti constancia in contrarium reclamarent, firmiter asserentes quod in vico dictôrum religiosorum non fuerat prepositus, nisi prepositus monachus, et quod à temporibus domini Philippi et domini Ludovici bone memorie predecessorum vestrorum, et eciam ante talem inconcussè obtinuerant libertatem, cum vero, hac reclamacione non obstante, in ponendo ibidem preposito nichilominus institissem, dicti religiosi ad vos querimoniam deportarunt.

 Unde cum affluencia equitatis vestre michi precepisset ut, super hoc diligenti inquisicione facta, jus et honorem regium in omnibus observarem, demum michi plenissimè constitit dictum vicum à preposito regio, sicuti ipsi religiosi asserebant, immunem et liberum extitisse.

 Quapropter sublimitati vestre stipplico ut vobis placeat dictum vicum libertatem pristinam obtinere, ne factum meum eidem, quod absit loco aliquod generet detrimentum.

Nos vero, hiis litteris predicti Theobaldi diligenter intellectis, predictorum abbatis et conventus precibus annuentes, volumus et concedimus ut ex illa institucione prepositi, quem in dicta villa prefatus Theobaldus instituerat, juri aut libertati ecclesie Sancti Maxencii nullum. in futurum prejudicium generetur. In cujus rei testimonium, sigillum nostrum preséntibus litteris daximus apponendum.

Actum apud Sanctum Maxencium, anno Domini millesimo ducentesimo tricesimo, mense julio.

 

 

In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum apud Niortum, anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo primo, mense februario.

Nos autem pia predecessorum nostrorum vestigia libenti animo insequentes, omnia et singula in predictis litteris contenta, rata et grata habentes, laudamus, approbamus et ex certa sciencia, auctoritate regia, tenore presentium confirmamus, volentes ea omnia et singula habere perpetuo roboris firmitatem. In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum.

Actum Parisius, anno Domini M. ccc. decimo septimo, mense julio. Per cameram compotorum, Aprilis.

 

 

M. Raunouard, dans son livre intitulé : Choix de Poésies originales des Troubadours, nous a révélé une œuvre de Thibaud de Blaison. Le petit groupe d'une douzaine de poésies ou chansons parvenues jusqu'à nous célébrant la nature et l'amour courtois, a été écrit en dialecte francien, avec des traces de dialecte poitevin et de dialectes voisins.

Voici la Pastorelle composée par Thibaud et traduite par Raynouard. Cette poésie est un rare exemple de pastorelle de ce temps où figurent des bergers.

L’autr’er lonc un bosc fulhos L'autre jour, le long d'un bois feuillu
Trobiey en ma via Je trouvai en ma voie
un pastre mout angoyssos, Un pâtre moult angoisseux,
Chantan, e dizia Chantant, et disait
Sa chanson: Amors, Sa chanson : Amour,
Ie m clam dels lauzenjadors; Je me plains des médisants,
Car la dolors Car la douleur
Qu'a per els m'amia Qu'a pour eux mon amie
Mi fay piegz que i mia, Me fait pire que la mienne,
   
Pastre, lauzengier gilos Pâtre, les médisants jaloux
M'onron chascun dia M'honorent chaque jour,
E dizon qu'ieu sui joyos Et disent que je suis joyeux
De tal drudaria De telle amour
E non ai autre socors;  Dont me croit honneur, 
Pero' I paors Je n'ai autre secours;
Don mi creis honors, Mais la peur
Que ilh n'an seria Qu'ils en ont serait
Vertatz, s'ieu podia, Vérité, si je pouvais,
   
Senher, pus lors fals ressos Seigneur, puisque leur faux redit
De lor gelosia De leur jalousie
Vos platz, pauc etz amoros; Vous plait, peu vous êtes amoureux;
   
Quar lor fellonia Car leur félonie
Part mans amadors, Sépare maints amants,
Qu'ieu pert midons pels trachors;  Vu que je perds ma dame par les traitres,
Et es errors Et est erreur
E dobla folhia, Et double folie
Qui enlor se fia, Qui en eux se fie,
   
Pastre, ieu ne sui ges vos, pâtre, je ne suis point vous,
Qu'el maritz volria Vu que le mari je voudrais
Bates mi dons a sazos, Batit ma dame quelquefois,
Qu'adoncx la m daria; Vu qu'alors il me la donnerait;
Quar per aitals flors Car par telle fleur
Las an li gilos peiors;  Les ont les jalous pires;
Qu'ab las melhors Vu qu'avec les meilleures
Ten dan vilania Tient dommage vilenie,
E y val cortezia

Et y vaut courtoisie, 

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D'après Ménage (Hist. de Sablé), le sénéchal n'aurait pas eu d'enfants, et d'après Duchesne (1. cité) et Nicolas de Ste-Marthe, une seule fille, qui, sur la foi de la Chronique de Limoges, aurait épousé en 1243 Guy IV Vte de Limoges. (V. suprà 5e degré.)

Que Guillaume et Thibaud fussent fils du sénéchal de Poitou et de Valence, ou seulement leurs neveux, toujours est-il qu'ils avaient une sœur, MARGUERITE, qui devint dame de Mirebeau par suite du décès, sans postérité, de ses deux frères, et porta cette terre dans la maison de Bornez à laquelle appartenait Thibaud, son premier mari, et par la suite à celle de Renoul II de Culant, qu'elle épousa en secondes noces. Guillaume susdit n'est connu que par l'acte de 1231 précité.

 

Quant à : 9. — Thibaud de Blason, son frère, qui lui succéda dans la Baronnie de Mirebeau ? on le trouve relaté le dernier des nombreux comparants à une charte, en tête desquels est St Louis, relative aux baux, gardes et rachats en Anjou et au Maine, etc.; son scel y est encore pendant. (A. N. J. 178, n° 20.)

Il prit part en 1218 et 1251 à divers actes et fit partie des nobles du Poitou rassemblés à Issoudun en 1253.

 

En lui s'éteignit la famille de Blason seigneurs barons de Mirebeau.

Nous n'avons pu classer dans la filiation qui précède les deux personnes suivantes : Blason (Chalo et Philippe de), qui font en 1119 une donation du lieu dit Sti Carolefi (St-Carlais?) au monastère de Fontevrault.

 

 

 

Revue poitevine et saintongeaise : histoire, archéologie, beaux-arts et littérature... / rédacteur en chef Jos. Berthelé

 

 

 

1020 Foulques Nerra - Thibaud de Blason Ier, fondation de l’église Saint Aubin de Blaison  <==.... ....==> Gilles de Rais vendit en 1429 le château de Blaison et de chemillier à son conseiller militaire, Guillaume de la Jumellière

 

==>Le vitrail de la Crucifixion de la cathédrale de Poitiers – Aliénor d’Aquitaine, Thibaud V de Blason et Valence de Mauzé

 

 


 

 

SAVARY DE MAULÉON ou LA RÉUNION DU POITOU A L'UNITÉ FRANÇAISE

Plus de six siècles et demi se sont écoulés depuis la réunion de notre province à la monarchie capétienne, c'est-à-dire à l'unité nationale. Les bienfaits de cet heureux événement dont nous jouissons depuis tant de générations ont fait oublier les misères endurées par les Poitevins durant la période de conquête et d'assimilation.

 

 

Mirebeau et ses seigneurs - Castellum quod vocatur Mirebellum in comitatu Pictav

Castellum quod vocatur Mirebellum in comitatu Pictav (vers 1000 dipl, du roi Robert pour l'abbaye de Cormery) Castrum quod dicitur Mirabel, vers 1050 (cartulaire de Saint Nicolas) Castrum Mirabelli vers 1051 (Fonteneau, t. XVIII, p 115) Miribellum, 1092 (Bouquet, t. XIV, p85) Petrus de Mirabel, vers 1100 (cart.

 

1214 Jean Sans Terre part d'Angleterre en direction du Poitou, débarque à La Rochelle et marche sur Mauzé
Après le meurtre d' Arthur de Bretagne, les domaines situés en France de Jean Sans Terre lui sont confisqués. Le samedi 15 février, Jean Sans Terre (fils de Henri II d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine) débarqua à la Rochelle, accompagné de sa femme et de son fils Richard de Cornouailles, il avait avec lui 15000 soldats et " un inestimable trésor d'or, d'argent et de pierres précieuses ".

 

(1)   Royal letters of Henry III, t. I, 302, 303. — Rymer, i, 183.

 

(2) Richard de Cornouailles, né au château de Winchester, il était le deuxième fils du roi Jean sans Terre (1166–1216) et de son seconde épouse Isabelle d'Angoulême (1188/92–1246), fille du comte Aymar Taillefer. Il a été baptisé du nom de son oncle Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre jusqu'en 1199. L'enfant grandit à la cour de sa mère au château de Marlborough.

(3) Chronique de Touraine. —Vie de Saint-Louis, par Tilleinont, I, 451- 462. — Grandes chroniques de France, IV.

(4) Layettes du trésor des chartes, u, 120-122. — Chronique de Touraine,

(5) Layettes, etc., n, 122. — Chronique de Touraine.

 (6) Cartulaire d'Orbetier, p. 40.

(7) Cette église, minée par les érosions des eaux delà mer en 1725, fut reconstruite plus loin en 1729. (Pouillé de l’évêché de Luçon, par Aillery, p. 130, note.)

 (8) Histoire de Fontenay, par B. Fillon, p. 23. — Cart. d’Orbetier, p. 41. — Savary de Mauléon, par de la Fontenelle.

(9) Cartulaires du bas Poitou,'par Marchegay, p. 123.

(10) Poitou et Vendée, par B. Fillon.

(11) Cartulaire d’Orbetier, p. 45.

 (12) Idem, p. 46.

(13) Archives historiques du Poitou t. vu, 175-185, enquêtes du comte Alphonse.

 

 Le nom de Thibaud de Blazon figure dans plusieurs actes qui vont nous permettre de fournir quelques indications sur sa personne.

Angevin par sa famille, il possédait les seigneuries de Mirebeau et de Mauzé sur le Mignon, en Poitou, ou Mozé, en Anjou, de Mausiaco (M.Beauchet-Filleau, op. cit., art. Blason, dit Massiac), et fut sénéchal de Poitou pendant les années 1228 et 1229, et peut-être même en 1226 et 1227.

Mais il n'exerçait pas encore cette charge en juillet 1225; c'était alors Geoffroy de Bully (Teulet, inv. des layettes du Trésor des Chartes, t. II, p. 57).

Dans l'acte de prestation de serment des consuls de Limoges, de février 1227 (1228 n. s.), il est parlé de notre personnage en ces termes: venerabili domino Tiebaldo, senescallo Pictavie.

Le traité conclu entre saint Louis et Henri III d'Angleterre, en juin 1228, le nomme, avec son titre de sénéchal de Poitou, comme l'un des commissaires du roi de France, et il est également mentionné en cette qualité dans un autre document du 21 mars 1229 (Teulet, id. ibid., p. 138, 141 et 655).

Dom Martène a publié aussi deux chartes relatives à Thibaud de Blazon (Vet. script. Ampl. coll. t. I, p. 1226, 1246).

Par la première Louis IX institue en sa faveur, in augmento  feodorum que à nobis tenet, une foire de huit jours chaque année à Mirebeau. Elle est datée de février 1229 (n. s.).

La seconde est une composition entre les habitants de la Rochelle et leurs voisins, où figurent, comme arbitres, Hugues de la Marche et Thibaud de Blazon, sénéchal de Poitou, avec la date de février 1231 (n. s.), qui doit être fausse, puisque les lettres publiées ici, sous la date de juillet 1230, présentent Thibaud comme défunt, quondam, ou du moins comme n'exerçant plus la charge de sénéchal.

D'ailleurs un autre acte, dont l'original existe encore dans les layettes du Trésor des Chartes, nous autorise à fixer la mort de ce personnage vers le milieu de 1229.

C'est le serment de fidélité et la promesse de ne point se remarier à un ennemi du roi, faits à saint Louis par Valence, veuve de Thibaud, au mois de décembre de cette même année (Teulet, op. cit., t. II p. 165; Martène, id. p. 1235).

Ménage, qui publie également cette pièce, identifie Thibaud de Blazon, sénéchal de Poitou, avec le troubadour de ce nom, et donne sur sa famille quelques détails intéressants (Hist. De Sablé, p. 367-369). M. E. de Fouchier, dans un travail nourri de faits qu'il a publié sur la baronnie de Mirebeau, consacre aussi une notice à notre personnage et complète nos renseignements sur son compte (Mèm. des Antiq. de l'Ouest, 1877, p. 70-73).

 

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