États du Poitou convoqués à Saumur par le dauphin, au mois de juin 1417 - Charles - Georges de la Tremouille - Jeanne d’Auver

Par lettres royales du 13 avril 1417, Charles, duc de Touraine, fut investi du titre de dauphin et du gouvernement du dauphiné.

Le 29 avril 1417, Louis II, duc d'Anjou et roi de Sicile, mourut en son château d'Angers. Ce prince était âgé seulement de quarante ans et succombait à une pénible maladie

Le 17 mai 1417, le prince Charles, déjà duc de Touraine et dauphin, reçut par lettres royales le duché de Berry, ainsi que le comté de Poitou, pour les tenir, l'un et l'autre, en pairie. Il est nommé lieutenant-général du royaume, chargé de suppléer son père en cas d'empêchement. Il bénéficie de la garde rapprochée de quelques officiers de la couronne affiliés au parti d'Armagnac.

 

 

Les États du Poitou convoqués à Saumur, au mois de juin 1417, représentèrent au comte-dauphin les maux infinis que la lutte, engagée entre le seigneur de Parthenay et les gens du comte de Richemont, ne cessait de causer pour la province.

Les députés que la ville de Poitiers envoya, furent chargés d'exposer au prince les maux infinis que ces « pilleries et roberies » causaient aux populations, et de le supplier d'y porter un remède prompt et efficace (1).

Le dauphin s'empressa de faire droit aux réclamations si légitimes des Poitevins.

Il commença par transiger avec le comte de Richemont qui, se trouvant encore prisonnier des Anglais, avait chargé le duc de Bretagne, son frère, de traiter en son nom cette affaire.

Durant le cours du même mois de juin, les états de Poitou, réunis à Saumur, représentèrent au comte-dauphin les maux infinis que cette lutte, engagée entre le seigneur de Parthenay et les gens d’Arthur de Bretagne, comte de Richemont, alors prisonnier en Angleterre, ne cessait de causer pour la province.

Charles désigna, pour négocier cette affaire, Jean de Vivonne, commandeur de Chatillon ; Guillaume Toreau, Guillaume Orry et Guillaume Cardot, maire de Niort ; une assignation de 3000 l. t. leur fut faite, et par lettres du 21 juin, le Dauphin ordonna d'allouer aux comptes une somme de 70 l. t. sur cette assignation.

Le jeune prince fut supplié de porter à cet état de choses un remède prompt et efficace.

 

Une convention fut conclue entre Jean V, duc de Bretagne, et le dauphin Charles.

Le 2 juillet 1417, afin de parvenir à rendre la paix au Poitou, un traité fut signé à Angers entre le duc de Bretagne, au nom de son frère Arthur (2), et le prince Charles.

Suivant les termes de ce traité, la châtellenie de Châtelaillon fut cédée au comte breton. Le dauphin conserva pour lui les autres seigneuries de Jean Larchevêque, qui demeurèrent, ainsi que la terre de Parthenay, confisquées au roi de France (3)

Elle avait surtout en vue de mettre immédiatement un terme aux malheurs sans nombre que faisait éprouver au pays de Gâtine la lutte qui durait depuis deux ans entre le comte de Richemont et le sire de Parthenay.

Le duc de Bretagne, agissant au nom de son frère, s'engagea à remettre entre les mains du sire de Pouzauges, chargé de l'exécution du traité, les places de Vouvent, Secondigny et autres forteresses circonvoisines occupées par les partisans de Richemort, excepté Mervent et Coudray-Salbart, à l'égard desquelles le statu qui fut maintenu.

 Miles II de Thouars, sire de Pouzauges devait remettre ensuite les susdites forteresses au roi ou au dauphin.

De son côté, le dauphin céda en toute propriété la seigneurie de Châtelaillon au comte de Richemont.

Moyennant cet avantage, celui-ci dut renoncer aux droits qu'il pouvait avoir sur les terres de Parthenay.

Une amnistie pleine et entière fut accordée tant aux partisans de Richemont et de Richard, son frère, qu'à ceux qui leur avaient été hostiles en Poitou, notamment le sire de Bressuire.

 

Quant au sire de Parthenay, il ne fut point compris dans l'amnistie. Le dauphin se réserva formellement le droit de châtier sa rébellion.

 

Enfin, pour mieux assurer la paix, le sire de Pouzauges reçut ordre de faire démanteler toutes les petites forteresses qui auraient pu nuire à la tranquillité du pays.

Le lendemain, 3 juillet 1417, par contrat passé à Angers, Louis d'Anjou, fils ainé de Louis II et d'Yolande, fut avec le consentement de Charles, dauphin, marié à la princesse Isabelle, fille du duc de Bretagne (4).

Ces divers actes accomplis pendant ce voyage du dauphin Charles sont empreints d'un caractère de sagesse qui décèle à nos yeux la main de la reine Yolande. Dans le même temps, une ordonnance royale, rendue au nom de Charles VI, à Paris, fut inspirée par le connétable d'Armagnac.

Cet édit, daté du 14 juin 1417, ordonnait qu'en l'absence du roi, le dauphin Charles, son fils, présiderait le conseil (5).

 

Pour apprécier toute la portée de cette mesure, il convient de se référer à des circonstances politiques, précédemment exposées. Suivant les desseins du ministre, cet acte, spécialement dirigé contre Isabeau de Bavière, achevait de la détruire et de l'effacer.

Malgré les troubles et les agitations auxquels le pays était en proie, une œuvre éminemment utile pour le Poitou fut accomplie à cette époque dans la ville de Parthenay, grâce sans doute à l'initiative intelligente de Jean Larchevêque.

 

Nous voulons parler de la rédaction des coutumes du Poitou (1417).

Les légistes, au travail desquels on doit cet important monument juridique, étaient tous originaires de Gâtine, officiers du sire de Parthenay ou attachés à son service.

C'étaient M. Jean de l'Aubertière, bailli de Gâtine, Jean de la Chaussée, plus tard bailli, Loys Moysen, Pierre Roygne, Robert Tutan, Jacques Boutin, « tous jurés et advocats. »

Ce recueil des coutumes de notre province, dont il existe un exemplaire manuscrit à la bibliothèque impériale, est le plus ancien que l'on connaisse (6).

Le traité d'Angers semblait devoir mettre un terme aux complications malheureuses qu'avait fait naître le comte de Richemont par ses prétentions à la possession des terres de Parthenay.

Mais tout n'était pas terminé, et cette question devait soulever bien d'autres difficultés. Le traité d'Angers blessa profondément le sire de Parthenay.

Il dut éprouver un vif mécontentement en voyant le dauphin et le mandataire de Richemont disposer souverainement de ses domaines sans tenir aucun compte de ses droits , et agir en véritables maîtres comme s'il n'existait déjà plus.

 

 

Aussi Jean Larchevêque s'en montra fort irrité et persista plus que jamais dans son attachement au parti bourguignon.

 Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461. 1. 1403-1428 / par M. Vallet de Viriville,...

 

 

 

1415 Siège de Parthenay d’Arthur de Richemont - Terres confisquées de Jean II l'Archevêque et données au dauphin Louis de France <==.... ....==> Niort le 21 septembre 1418, le dauphin Charles institut par une lettre la translation du Parlement royal à Poitiers

 

 


 

(1) Archives de l'hôtel de ville de Poitiers, liasse 29, J. 554.

(2) Prisonnier en Angleterre depuis la bataille d'Azincourt.

(3) Redet, Catalogue des Chartes de Dom Fontenau, 1839, 8», p. 323. Ledain, Histoire de Parthenay, p. 312.

(4) Dom Morice, Histoire de Bretagne., t. I, p. 463. Actes de Bretagne, t. Il, colonne 947.

(5) Dom Fonteneau, t. 26, p. 339.

(6) Bull. de la Soc. d'Agr., Belles-Lett. Sciences et Arts de Poitiers, 1840. — D'un exemplaire de la très ancienne coutume de Poitou, par M. Nicias Gaillard, p. 27, 28 ; Paris, 1858.