Niort le 21 septembre 1418, le dauphin Charles institut par une lettre la translation du Parlement royal à Poitiers devenue capital de la France

La guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons qui sévissait alors, ne justifiait que trop bien ces précautions. Comme le duc de Berry était un des principaux chefs du parti Armagnac, le roi Charles VI ordonna la confiscation de son comté de Poitou.

Le sire de Heilly, envoyé à cet effet, se présenta devant Poitiers, au mois de janvier 1412. Casin de Séramvilliers, qui y commandait au nom du duc de Berry, se rendit, et lui livra la ville sans résistance (2). Les bourgeois s'empressèrent d'obtenir du roi, par le sire de Heilly, l'exemption de la moitié des aides pendant cinq ans (18 avril 1412).

 

 Le duc de Berry rentra bientôt en possession du Poitou, par la paix d'Auxerre (22 août). Le 6 septembre 1412, ses commissaires, le sire de Barbazan et le sénéchal de Poitou, vinrent à Poitiers, qui leur fut remis par Jean Harpedenne, sire de BelleviIle, lieutenant du roi (3).

Lui-même ne tarda pas à s'y rendre, et le 12 février 1413, nomma pierre d'Argentré, capitaine du château (4).

Trois ans après, il mourait à Paris, le 15 juin 1416.

 

 Le corps de ville de Poitiers fit célébrer à la cathédrale un service pour le repos de son âme.

Le roi donna le Poitou en apanage à son fils Jean, duc de Touraine. Celui-ci étant mort le 5 avril 1417, le roi donna le Poitou, le 17 mai, à son dernier fils, Charles, devenu ainsi Dauphin et héritier de la couronne.

Le dauphin prend part à la régence du royaume avec ses conseillers Armagnacs.

Il est fait duc de Touraine, duc de Berry et comte de Poitiers (sous le nom de Charles II de Poitiers).

En mai 1417, il est nommé lieutenant-général du royaume, chargé de suppléer son père en cas d'empêchement. Il bénéficie de la garde rapprochée de quelques officiers de la couronne affiliés au parti d'Armagnac.

Le 8 octobre 1417, le corps de ville de Poitiers réuni en assemblée générale, présidée par le maire Jean Larcher, jura sur les saints évangiles d'être tous unis et vrais, loyaux et obéissants au roi et M. le Dauphin, notre naturel seigneur, contre tous leurs ennemis et adversaires (5)

Après le conseil privé du prince, ou conseil exécutif, le Parlement composait, au quinzième siècle, le principal organe du gouvernement ou de la monarchie.

 

Le 29 mai 1418, Paris tombe aux mains des Bourguignons de Jean sans Peur, duc de Bourgogne.

La cour, séante à Paris, venait d'être reconstituée par le duc de Bourgogne.

Le Dauphin, chassé de Paris en mai 1418, par la faction Bourguignonne, se réfugia dans les provinces de son apanage et y organisa le gouvernement en qualité de lieutenant général du royaume.

 

Nous touchons à une époque qui fut, pour Poitiers, la plus brillante de toutes celles qu’offrent les annales de cette ville.

 

Le 18 août Chrales recevait l'hommage et les présents de la ville.

Le palais du Clain et Boivre, bâti par son oncle Jean, duc du Berry, se trouva disposé, comme tout exprès, pour recevoir sa nouvelle cour.

Là vint bientôt Yolande d’Aragon, reine titulaire de Sicile, et duchesse d’Anjou, qui amenait au dauphin sa jeune épouse, Marie d’Anjou.

Puis on vit arriver à Poitiers des princes puinés de la maison royale, Arthur de Richemont, le valeureux bâtard d’Orléans, le sire Gilles de Rais, la Hire, Xaintrailles, Barbasan, Jean d’Harcourt, Jean de Brosse de Sainte- Sévère, Raoul de Goucourt, Loré, le président Louvet, Juvénal des Ursins, la Trémouille, et tant d’autres encore.

Le dauphin ne s’intitula d’abord que lieutenant général du roi, en son royaume, à qui appartenait, en l’absence et empêchement du roi, de pourvoir un gouvernement de ses sujets, comme son seul fils et héritier de la couronne et représentant sa personne.

Ce ne fut que l’année suivante qu’il prit le titre de régent.

Toujours-est-il que les officiers de la ville de Poitiers prêtèrent, entre les mains du prince, le serment d’être loyaux et obéissants au roi et au dauphin, leur naturel seigneur, et non à d’autres, contre tous adversaires.

Les fortifications furent réparées à la hâte ; on réunit des armes et des provisions, et le monastère de saint Cyprien, si mal placé près des remparts d’en-bas, fut de nouveau démoli.

 

 

 

 

Le 21 septembre 1418, le dauphin Charles étant à Niort, y exposa, dans des lettres patentes

, que, depuis le 29 mai précédent, le duc de Bourgogne s’était emparé de Paris et de l’autorité ; en conséquence, il décréta la création d’un parlement à Poitiers, portant pouvoir à certains magistrats de tenir cour souveraine à Poitiers (Archives nationales X/1a/8604, fol. 28 v°), lequel devait commencer à siéger le 1er décembre de la même année, et continuer de fonctionner à l’avenir, en commençant par la Touraine, l’Anjou, le Poitou et le Maine, en suivant par le Limousin, la Saintonge, le grand fief d’Aunis, l’Angoumois et le Périgord, et ainsi de suite.

 

 

(Donjon de Niort, le dauphin Charles accompagné de la Hire et Gilles de Rais)

En même temps, par d’autres lettres datées du même jour et du même lieu, ce prince chargea l’un des présidents du parlement, trois maitres des requêtes de l’hôtel, et des conseillers, de tenir le sceau à Poitiers, en l’absence du chancelier, et d’expédier toutes les lettres de chancellerie, pour les pays soumis à son obéissance.

Ce nouveau parlement eut pour noyau un certain nombre de magistrats, déjà institués, qui étaient demeurés fidèles à la cause du dauphin.

 La chancellerie de France, ou du lieutenant-général, reçut en même temps et dans la même ville une organisation nouvelle.

 Cette haute cour de justice, ou parlement de Poitiers, s'installa au palais et commença de fonctionner le 1 er décembre (6).

 

Le parlement s’installa au palais de la Cité, et le sénéchal du Poitou et ses officiers tinrent leurs séances dans le couvent des Jacobins.

Le parlement de Poitiers, peu nombreux d’abord, fut composé de Jean de Vailly, premier président, qui avait été auparavant chancelier d’Aquitaine, puis chargé de missions diplomatiques ; de Juvénal des Ursins, doyen des conseillers ; des maitre des requêtes Guillaume Thoreau, Arnaud de Marle et Bureau Boucher maîtres des requêtes; des conseillers Jean Tudert doyen de Paris ; Guillaume de Masle, chanoine de Senlis ; Guillaume Delaunay, archidiacre de Meaux ; Guillaume Guérin, archidiacre de Poitiers ; Nicolas Potin, Jean Gencien, Jean Girard, Adam de Cambray, Hugues de Combarel, Thibault de Vitry, Guillaume de Querdeville et Nicolas Eschallart, conseillers.

 

Il s'augmenta dans la suite de beaucoup d'autres membres, Jean Rabateau, avocat général, Guillaume Gouge de Charpeignes, Jean Bernard, Gérard le Boursier, Jean Rupiault, etc. .

Vers la même époque, furent organisés à Poitiers, puis à Bourges, la cour des comptes (7) et les autres rouages de l'administration souveraine. Pour compléter cette œuvre de revendication de l'autorité suprême, le prince Charles prit désormais le titre de régent.

 

Plus tard, et à la mort de Jean de Vailly, Adam de Cambray le remplaça comme premier président, et Hugues de Combarel devint évêque de Poitiers.

Puis arrivant d’quatre magistrats, tels que Jean Baillif et Junien Lefebvre, présidents au parlement, et enfin un certain nombre de conseillers, parmi lesquels nous mentionnerons Guillaume de Charpaigne, qui, plus tard, fut aussi évêque de Poitiers.

L’installation de la cour et du parlement dans la capital du Poitou fit hausser le prix des denrées. Alors, conformément aux usages de l’époque, une ordonnance de police établit une taxe ou sorte de maximum, pour les objets à vendre.

Qu’on nous pardonne de reproduire ici quelques articles de ce tarif ; ils sont curieux :

« une charretée de bois à deux bœufs, garnie aux coustés suffisamment, neuf blancs ; sommes de bois à chevla et jument, douze deniers ; somme de bois qu’elle doit estre, deux sols six deniers, chapon, cinq blancs ; lièvre, huit blancs ; grosse perdrix, quatre blancs ; petite perdrix, trois blancs ; assée (bécasse), dix deniers ; chair de conil (lapin), étant en poil, cinq blancs, et sans poil, quatre blancs. »

 

Le 29 septembre 1418, Charles signa une lettre ou nouveau manifeste, daté de Maillezais, dont le texte nous a été conservé.

Cette pièce est une protestation longuement motivée contre le traité de Saint-Maur et un désaveu complet de cette transaction (8).

Peu de jours après, le duc de Bretagne, accompagné de la dauphine, arrivait à Saumur. Il se proposait de renouveler auprès de Charles, ses instances personnelles, pour l'exhorter à se rendre à Paris et pour repousser les Anglais, de concert avec le duc de Bourgogne.

 Mais les conseillers du dauphin formaient autour de lui un rempart infranchissable. Le duc, tenu à distance, tenta vainement pendant plusieurs jours, d'obtenir l'accès de son cousin et beau-frère.

De guerre lasse, Jean VI se disposait à se retirer ainsi que ses barons, et à regagner Nantes, sa capitale.

Heureusement la reine de Sicile, favorable au traité de Saint-Maur, intervint, et le duc fut enfin admis à l'audience du prince (9).

Jean VI, dans un discours, où les gouverneurs du lieutenant-général ne furent point épargnés, s'éleva contre cet état de captivité. Il reprocha au dauphin la confiance excessive que ce prince accordait à ses favoris.

Cette démarche ne laissa point le dauphin complétement insensible et réussit à l'ébranler. Quelques ordres furent donnés aux troupes pour modérer leurs dévastations. Mais, le duc parti, les familiers de Charles reprirent toute leur influence. Rien ne fut changé dans la politique du conseil. Jean VI s'éloigna, le cœur ulcéré d'un tel résultat.

 Depuis ce moment, le dépit et l'hostilité remplacèrent, chez ce grand baron, le dévouement affectueux qu'il avait jusque-là témoigné envers l'héritier de la couronne (10).

On traversait alors une terrible période d'anarchie.

 

En tout, entre 1418 et 1436, ce furent cinquante-deux Conseillers qui furent membres du Parlement de Poitiers.

 

 

 États du Poitou convoqués à Saumur par le dauphin, au mois de juin 1417  <==.... ....==>

 ==> JUSTICE DE POITOU. L'ancienne sénéchaussée de Poitou

 ==> Jean Rabateau de Fontenay le Comte, président au Parlement de Poitiers et Paris

 


 

 

Tour du Fort Foucault Niort

Tour du fort Foucault - Fortifications de Niort 

==> FORTIFICATION ANCIENNES ENCEINTES DE LA VILLE DE NIORT (plan)

Situé sur un îlot au milieu de la Sèvre niortaise, en contrebas du donjon.

Tour crénelée, vestige d'une forteresse construite au XIIème siècle qui comprenait quatre tours et qui était reliée au château par une passerelle face au pont-levis.

 

 

Notice Historique sur le Château Triangulaire de Poitiers - Jean de France, duc de Berry et comte de Poitou
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, la ville est sous domination de la couronne d'Angleterre après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt en 1152. De cette époque date la construction d'une vaste enceinte, qui remplace l'ancien rempart gallo-romain.

 

 (1) Archives municipales.

(2) Chronique du religieux de Saint-Denis. IV, 611.

(3) Archives municipales.

(4)Bibl:deI'arsenal.mtn.fr.3912.

(5) Archives municipales, r6g. 1, f. 106.

(6) Ordonnances, t. X, p. 477 et 481. Premier registre du parlement de Poitiers: X. X. 10, 095, fo 1.

(7) Par lettres du 6 mars 1422, la cour des comptes, qui fonctionnait antérieurement à Tours, fut transportée de cette ville à Bourges. (P. P. 2298. Mémorial H. Bourges, f» 5.)

(8) Maillezais le 29 septembre 1418, Charles dauphin de France, informe ses sujets de son désaveu du traité de

 (9) Religieux, t. VI, p. 291. D. Morice, p. 46G. K. 59, no 20.

(10) Religieux; Cousinot, chap. 168.