NIORT AU MOYEN AGE maquette Musée du Donjon

La ville de Niort était autrefois circonscrite par une enceinte qu'on appelait remparts ou murs de ville. Il s'y trouvait plusieurs portes et des ouvrages de fortification.

Ces remparts commençaient à la porte de Saint-Gelais et s'étendaient depuis le quartier de cavalerie jusqu'à la rivière où se trouvait une poterne ; ils suivaient le quai de la Regratterie, le quai de la Grenouille et le quai de la Préfecture (autrefois de Pelet); à l'extrémité du quai de la Préfecture se trouvait la célèbre tour de l'Espingole, au bas de la rue qui porte son nom ; ils se prolongeaient dans la direction de cette rue et de celle de la Motte-du-Pin jusqu'à la porte de Saint-Jean, à l'embouchure de la rue de ce nom ; de là ils se continuaient dans la direction de la rue du Trianon, jusqu'à la porte Mellaise; puis ils longeaient la rue des Piques, l'avenue actuelle de la Brèche, la rue des Douves et se retournaient, au haut de cette rue, pour arriver au point de départ; c'est-à-dire à la porte de Saint-Gelais.

En dehors de cette enceinte, tous les agrandissements de la ville avaient pris le nom de Faubourgs : il y avait les faubourgs Saint-Jean, Saint-Gelais et du Port. Aujourd'hui ces dénominations n'existent plus officiellement.

Le mur d’enceinte de Niort décrit à l’est de la Sèvre un demi-polygone d’environ deux mille six cents mètres, de la forme d’un D majuscule. Il suit la rive gauche du fleuve jusqu’au bois de la Folie ; tourne à l’est presque à angle droit pour gravir le coteau de la Bigoterie, longe le vieux marché, et aboutit au chemin de Saint-Gelais. Presque aussitôt il fait un nouvel angle, descend du nord et au sud-ouest vers le couvent des Cordeliers, remonte vers le chemin Mellays, où il fait un nouvel angle à l’ouest pour gagner le chemin de Saint-Jean-d’Angély. Il revient enfin à la Sèvre, ou le circuit de murailles se ferme.

Cette enceinte est formée d’un mur en assez gros appareil, flanqué d’un certain nombre de grosses tours, portant toiture, et d’un plus grand nombre de tourelle ou demi-tours. On en compte plus de quatre-vingts. Sans doute, dès le XIIIe siècle, quelques-unes portent les noms qui serviront à les désigner dans les documents postérieurs : la tour de l’Espingole, ainsi désignée à cause de la machine de guerre qui servait à la défendre (1), à l’angle sud-ouest le long de la Sèvre ; la tour des Chaveuches (des chouettes, en poitevin) ; la tour Bourdon, qui portait peut-être une cloche ; la tour du Maire, siège probable de la prison communale ; la tour de la Grenouille, à l’issue du Merdusson ; la tour de la Folie, toutes situées sur la rivière ; la tour du Prieur, à mi-côte du coteau de la Bigoterie ; sur le versant opposé, la tour de Souché, à l’entrée du chemin de ce bourg ; la tour Valleton ; la tour de Login, qu’il faut peut-être écrire de l’Engin ; la tour des Cordeliers, près du couvent des Frères Mineurs ; au sud, la tour Saint-Jean et la tour du Prieuré ou du Bidon, derrière Notre-Dame, qui tirait son nom de la logette ou se distribuait l’aumône du Bidon (2)

On pénètre  dans la ville par trois grandes portes défendues par des tours et des ouvrages avancés. La traversée des douves, à chacune de ces portes, dites de Saint-Jean (3) de Saint-Gelais (4) et du Pont, se fait par un pont levis.

Des portes de moindre importance s’ouvrent sur d’autres points de l’enceinte : porte de Souché, menant au bourg de ce nom ; porte Mellaise, que l’on prend pour aller à Melle (5) ; porte Riberaise, à l’entrée du chemin de Ribray (6), et sans doute aussi porte de Pelet, sur la Sèvre, au bas du quartier des tanneurs.

De quand date la construction de l’enceinte ? Vraisemblablement des Plantagenêts, car Niort est déjà entouré de murs en 1204 lorsque Aimery de Thouars vient faire le siège au nom de Philippe-Auguste.

En 1224, l’armée de Louis VIII, dirigée par le connétable de Montmorency, se trouve en face de remparts qu’il faut battre pendant sept jours avec des pierres et les machines de guerre pour obliger Savary de Mauléon à capituler.

Dix ans plus tard, en 1234, pendant la courte trêve qui interrompt la première campagne du Poitou , Saint Louis fait remettre l’enceinte en état de défense (7)

Un ancien historien (8) dans un livre qu'il a composé parle de plusieurs villes du royaume, voici ce qu'il dit de Niort aux pages 409 et 410 de son histoire.

« La ville de Niort quy est assé renommée parmy les marchands pour ses foires a donné autant de matière à la plume de nos historiens pour decrire ses avantures suivant les passions des princes que d'exercice aux Anglois et aux François pour s'en rendre les maîtres chacun a son tour suivant les divers changements de la fortune.

Elle a toujours néanmoins mieux aimé cultiver les lys de France que les roses d'Angleterre, celle cy ne luy ont produit que des épines, et ceux la, comme ils ont esté les simboles de l'innocence de ses citoyens par leur blancheur, aussy leur ont ils servy de couronne pour recompense de leur fidelité par leur noblesse, en ce que nos Roys voulant témoigner combien leur étoient agréables les services de cette ville, luy ont donné le privilege de semer les lys dans le champ de ses armes, et ensuite de rendre nobles ses échevins avec toutte leur postérité. »

Le privilège des lys dans le champ des armes de cette ville existe toujours, on les y voit dans les armes très anciennement peintes dans les vitres de la grande salle de son hôtel et dans plusieurs autres endroits.

La ville de Niort renferme dans une de ses extrémités sur le bord de la rivière un vaste château quy a environ 120 toises en sa plus grande longueur, et 70 toises en sa plus grande largeur, et de circuit 360 toises, enceint d'assés bonnes murailles non terrassées, flanqué de 16 tours à l'antique quy sont vuides, le costé de la ville est enceint d'un fossé de 7 ou 8 toises revestu, dans l'intérieur de ce château il y à la maison du gouvernement quy est logeable quoy que non elevéé, il y a aussy quel qu'autres logements quy ne sont pas considerables, excepté un gros donjon quy a plus de 22 toises de long sur 6 a 7 de largeur terminé par deux grosses tours quy sont très élevéés, flanqué de nombre de petites tourettes, il est situé sur un rocher avec un profond fossé du costé de la ville, et point du costé de la rivière, au bas de ce donjon il y a un magazin a poudre, une sale d'armes, et un magazin pour y serrer les effets appartenant à l'artillerie.

Depuis 20 ans le Roy a fait faire plusieurs réparations tant au chateau qu'au donjon et maison du gouvernement.

M. le comte de Castellane après la mort de M. le marquis de Vilaine a été fait gouverneur de ce chateau et de la ville, et M. de la Marre y commande pour le Roy quy entretient dans ce chateau une compagnie de l'hotel royal des Invalides dans ce même chateau il y a presque toujours des prisonniers d'Etat.

L'etat major est composé du gouverneur, du commendant pour le Roy en son absence, et la majorité a été réunie au gouvernement avec 800 1. d'apointements. Le gouverneur, le commendant pour le Roy, le capitaine de garnison du chateau, et le garde magazin y ont leurs logements séparés aussy bien que les soldats de laditte compagnie à l'égard des cinq lieutenants ils sont logés en ville sur les billets du maire. Le lieutenant provincial de lartillerie, et le commissaire des guerres y font leurs residance.

Plan fortification de Niort - Donjon

Les Tours

Les principales tours étaient:

1- Tour de l’Espingole cette tour d’un diamètre de plus de 8m, était la tour principale de défense.

2- Tour Bourdon, elle possédait une cloche.

3- Tour du Jeu de Paume.

4- Tour du Moulin.

5- Tour du maire qui fut une prison communale au XVème siècle puis un arsenal.

6- Tour de la Grenouille ou du Merdusson.

7- Tour carrée.

8- Tour du pont.

9- Tour Folle ou Tour de la Folie du nom du bois qu’elle côtoyait.

10- Tour du Prieur.

11- Tour de Souché

12- Tour Valleron.

13- Tour Longin.

14- Tour des Cordeliers.

15- Tour carrée.

16- Tour Saint-Jean.

17- Tour Prieuré ou du Bidon, d’où l’on distribuait l’aumône.

18- Tour Notre-Dame.

19- Tour Pelet.

20- Tour Cheveuche, chouette en Poitevin. (Près de la Tour Pelet).

 (Brigandage en Poitou de Guillaume l'Archevêque, seigneur de Parthenay et Hugues de la Marche, comte de Lusignan.)

 

 

Les Portes

Il y avait à l’origine trois portes principales:

D- La porte Saint-Jean protégée par une barbacane. (voir photo vestige)

E- La porte du Pont protégée par un pont-levis.

F- La porte Saint-Gelais protégée par une barbacane.

Il y avait aussi quelques portes secondaires et d'une poterne :

G- La porte de Souché.

H- La porte de la Brèche :

Le 10 janvier 1750, la porte de la Brèche fut ouverte de manière à permettre à la foire de se tenir extra-muros, sur la place de la Brèche qui fut alors aménagée.

I- La porte Mellaise.

J- La porte Dorée.

K- la porte Riberaise.

L- la porte Pelet.

M- La porte de la Grenouille.

N- La Poterne de la Pêcherie.

- La porte de Fer...

O- Le Fort Foucault placé sur une île de la Sèvre était relié au Château du Coin-Sotet par un pont de Bois.

 

DÉLIMITATION DES DEUX CANTONS.

La ligne de démarcation des deux cantons, dans la ville est une ligne passant au milieu des voies publiques ci-après indiquées.

La route de Fontenay, route Impériale N° 148 de Limoges à Nantes, qui emprunte la rue du Port, l'ancien ' pont, le quai de la Grenouille, la rue Brisson, la place de la Mairie, la rue des Halles et celle du Minage; là cette ligne se poursuit en traversant la place de la Brèche jusqu'à la hauteur de la route impériale N° 11 de Paris à Rochefort ; puis elle se retourne à angle droit vers cette dernière route qu'elle suit, au milieu , jusqu'à la limite de la commune.

Dès lors, toute la partie du territoire communal à gaucke de ladite ligne, en venant de Fontenay est de la Justice de Paix du premier canton, et l'autre partie à droite appartient à la Justice de Paix du deuxième canton.

 

DÉLIMITATION DES PAROISSES.

La commune de Niort est divisée en 4 paroisses qui sont :

Notre-Dame, Saint-André, Saint-Hilaire et Saint-Étienne du Port.

NOTRE-DAME.

Le périmètre de cette paroisse est déterminé comme il suit :

Rive gauche du bras principal de la Sèvre ; le côté droit, en partant du pont, des rues du Pont, de la ClochePerce, du Soleil, du Faisan, de Saint-François et des Cordeliers; le côté droit de la place du Temple, en sortant de la rue des Cordeliers ; le côté droit de la rue Dupin et le côté gauche à partir de l'établissement des Dames du Sacré-Cœur, qui est attribué à Notre-Dame, par distraction spéciale du périmètre de Saint-Hilaire ; le côté droit de la rue des Trois-Coigneaux, venant de la rue des Piques, jusqu'à la rue Limousine en se dirigeant vprs le chemin de Cervolet; puis et enfin la limite de la commune de Niort avec celles de Saint-Florent et de Saint-Liguaire jusqu'au canal navigable de la Sèvre.

Observation faite que toute la partie du territoire communal comprise entre le chemin de Cervelet et celui de Goise appartient au spirituel de Saint-Florent.

 

SAINT-ANDRÉ.

(La colline Saint-André, l'îlot Saint-Vaize de Niort)

 

Les limites de cette paroisse sont :

La rive gauche du bras principal de la Sevré ; le côté gauche, en partant du pont, des rues du Pont, de la Cloche-Perce, du Soleil, du Faisan, de Saint-François ; le côté gauche de la rue du Rempart en partant de la rue du Minage jusqu'à l'escalier qui descend à la place de la Brèche; une ligne coupant la place Saint-Antoine jusqu'à la rue de la Boule-d'Or ; à partir de là, le côté gauche de la rue de la Boule-d'Or jusqu'à la rue de Tartifume ; le côté gauche de cette rue jusqu'à l'avenue de Paris dans laquelle elle débouche ; de ce point, le côté gauche de l'avenue de Paris, en montant, jusqu'à la hauteur du passage de Bellune longeant latéralement la propriété Proust ; au débouché de ce passage dans le chemin de Bellune, le côté gauche dudit chemin jusqu'à celui de Souché ; le côté gauche du chemin de Souché jusqu'à la limite de la commune ; puis, enfin, pour le surplus, au nord, les limites de la commune de Niort avec celle de Sainte-Pezenne et de Souché.

 

SAINT-HILAIRE.

Cette paroisse a pour limites : le côté opposé à celui de toutes les rues indiquées comme formant le périmètre des paroisses de Notre-Dame et de Saint-André et les conlmunes de Saint-Florent, Souché et Saint-Maurice-de-Mairé.

 

SAINT-ETIENNE-DU-PORT.

Cette paroisse s'étend sur tout le territoire de la com• mune compris entre le bras principal de la Sèvre et les limites de la commune de Niort avec celles des communes de Saint-Liguaire et de Sainte-Pezenne.

 

 


Archéologie et Quelques notes sur les principaux changements apportés à la topographie de la ville de Niort, par les ventes nationales, puis communales de 1791 à 1817

 

 

Plan Historique de Niort

Plan Historique de Niort 2 Ponts-Main

Plan historique de Niort 3

 

Sommaire. Le mur d'enceinte tournoyé et fossoyé, ses portes. Moulin dit Château ou Moulin du Roi indépendant du Château à la Révolution. Le fort Foucault, son ancien pont barrant la Sèvre et le pont en bois.

 Le vieux port du Grenier dans l'ancien lit du Merdusson, abandonné au XIVe siècle, envasé et transformé en jardin ainsi que tout le fossé extérieur et la partie Sud de l'esplanade. La culture de l'angélique.

Autorisation royale en 1758 pour l'élargissement des rues du Jeu de paume et de Pelet aux dépends du fossé.

 

Le_château_de_Niort___[

Le Donjon, l'escalier en bois et le pont levis jetés sur sa douve. Ecroulement de la tour Nord en 1749, réédification de sa partie supérieure sur un plan nouveau.

 

Eglise paroissiale de Saint-Gaudent servant de chapelle au château, démolie vers 1600.  La paroisse réunie à celle de Notre-Dame. Chapelle sur l'esplanade.

Acquisition non soldée du château par la ville en 1791.

L'année suivante, elle fixe le siège de son administration dans l'ancien logement du gouverneur où elle demeure pendant 74 ans et le département établit sa maison d'arrêt dans le Donjon.

Pendant les guerres de la Vendée, des dépôts d'artillerie et de poudre envahissent la forteresse.

En 1798, le Directoire de la République permet au département de créer un jardin botanique pour son Ecole Centrale, au Sud de l'esplanade mais refuse l'année suivante, à la ville, toujours débitrice, l'autorisation de bâtir une bourse et un théâtre sur le fossé de l'Est, en bordure de la rue Civique.

Le décret impérial du 7 août 1808 rendu à Niort, donne le château à la ville sous la condition de laisser le Donjon au département pour servir de prison.

Depuis la fermeture de l'Ecole Centrale (1802), le jardin botanique n'est plus qu'une promenade publique; après avoir pensé au tribunal, on y bâtit la nouvelle préfecture inaugurée en 1832.

Les ventes du 17 mai 1817 sont comme le glas du château.

Un quartier neuf, s'élève sur l'esplanade et l'emplacement des murs et des fossés.

En 1853, le Donjon est évacué par les détenus qui vont occuper la prison cellulaire bâtie dans les jardins du tribunal.

En 1866, l'administration municipale quitte Ie logement du gouverneur pour se mettre en location rue Royale (Thiers) en attendant la construction d'un nouvel hôtel de ville.

Après l'établissement des nouvelles halles sur l'emplacement du monument Brisson (1868-1872), la place du Donjon est prolongée jusqu'au marché couvert et toute trace de la rnairie occupée de 1792 à 1866, disparaît.

Les Archives départementales déposées au Donjon en 1884, sont transportées en 1895 dans la nouvelle annexe de la Préfecture, au Nord, et la ville reste seule propriétaire du Donjon sous lu condition d'acquérir et de démolir les maisons qui en masquent l'aspect.

 

De l'antique château, il ne subsiste plus que les tours jumelles bâties par Mélusine d'après la légende et pendant la domination Anglaise, si on s'en rapporte à l'architecture.

Une douve profonde creusée dans le roc, isolait ce dernier asile de la défense au milieu de la forteresse.

Le 28 juin 1600, Jean Goyault, maire de Niort, fait la visite des murailles de la ville assisté de Pierre Fournier et Jéhan Midré, maîtres maçons de cette ville. (Archives de Niort).

Vers 1620, le Gouverneur de Niort, M de Parabène, obtient de Louis XIII la démolition de la tour du Maire et la réparations des Fortifications.

A la Révolution, on pénétrait dans le Donjon par un escalier en bois jeté sur cette douve, il s'élevait jusqu'à une étroite esplanade dont le mur de soutènement n'était pas ancien.

Sa construction dut amener de notables changements à la disposition primitive, de là date sans doute la porte percée au niveau du sol. Bien qu'elle eut permis de remplacer l'escalier par un pont-levis au niveau des terres, elle n'en avait point amené la suppression, on continua à monter jusqu'au premier étage pour entrer au Donjon de Niort. comme en tous les Donjons, dans un but de défense bien entendu.

En 1779 il y avait un pont-levis tout en haut de l'escalier

L'enceinte formait un parallélogramme irrégulier protégé par un rempart et des tours.

La Sèvre en baignait le pied au couchant, il dominait au nord le vieux port du Grenier (1) établi dans l'ancien lit du Merdusson (2), jadis fermé par un arceau du côté de la rivière.

A l'est et au sud, un fossé sans eau en défendait les approches, livré depuis longtemps à la culture maraîchère et loué par le, gouverneur, il produisait des plants d'angélique pour les confiseurs.

Par une raison restée inconnue, le fossé ne se prolongeait pas jusqu'au Grenier. Il cessait à flanc de coteau, avant d'avoir atteint l'étroite porte précédée de degrés, située à l'angle voisin du port abandonné qui, jusqu'au XVIe siècle mit seule le château en communication avec la ville (3).

 

La porte de fer ou de secours, s'ouvrait sur la rivière en face du Donjon, là aboutissait le pont de bois du fort Foucault.

Le pont de bois reliant le Château au Fort Foucault fut détruit le 21 février 1771 par une importante inondation de la Sèvre.

 

Enfin, en 1587, à l'occasion des conférences de Catherine de Médicis avec les envoyés de son gendre, le futur roi Henri IV, dans l'église de Saint-Gaudent, une troisième porte avait été percée dans la tour la plus voisine de l'auberge de la Médaille où il est à supposer que la reine était descendue.

 Cette porte qui ne devait être que provisoire, subsista pour la commodité du service de la place et de l'église Saint-Gaudent.

La construction du château remontant à une époque fort antérieure à l'invention des armes à feu, l'absence de toute porte charretière permettant d'y introduire le canon sans une manœuvre pénible, s'explique aisément, toutefois, il est assez extraordinaire que l'on n'ait jamais songé par la suite à remédier à ce grave inconvénient.

(Niort l’ancien hôtel de ville, place du PILORI. )

Les canons restaient en dépôt, soit dans une salle basse de l'hôtel de ville qui porta longtemps le nom de chambre de l'artillerie, soit sous les halles plus voisines de la forteresse.

On les trouve même au XVIe siècle, dans une maison près des Cordeliers (H. Proust).

La rue appelée successivement des fossés, du jeu de paume, civique, royale nationale et enfin rue Thiers, commençant au nord à la place des halles (4) aboutissant au sud à la grande porte de l'Oratoire, a toujours existé à l'est du château,.

Quoique peu rectiligne, elle n'avait pu s'accommoder à la convexité très accentuée de l'enceinte et laissait du côté du fossé, avant d'atteindre l’Oratoire, un espace libre qui semble avoir été occupé jadis par le cimetière de Saint-Gaudent.

Au- delà de ce terrain, le fossé était bordé par des maisons particulières jusqu'à la rue dite aujourd'hui de l'Abreuvoir qui, comme plusieurs autres du quartier de Pelet n'avait d'autre désignation que ce nom de Pelet. Enfin la dite rue de Pelet. côtoyait le fossé jusqu'à la Sèvre.

Le procès-verbal d'estimation du château de Niort, en prévision de la vente, fut dressé par Pierre Pinoteau, architecte expert nommé par les officiers municipaux et Pierre Boto aussi architecte expert nommé par le Directoire des Deux-Sèvres, du 10 au 14 février 1791 (5), est un des rares documents de cette nature qui nous ait été conservé, pour ce qui est de l'acte de vente, il est perdu comme celui des Cordeliers et beaucoup d'autres.

Les experts constatent, que le mur d'enceinte en mauvais état, n'a pas une hauteur uniforme, que le fossé au midi et au nord (6) est en culture et même partiellement au levant, le reste était presque encombré (7) et enfin que le sol de l'esplanade est fort inégal aussi bien dans sa portion cultivée que là où on ne voit que des terrains vagues.

Les bâtiments sont occupés, 1° par le commandant, 2° par le sieur Picard et le corps de garde, 3° par l’ingénieur au logement duquel un petit magasin est contigu, 4° par Fourestier, jardinier qui jouit de la chapelle du Château attenante à sa maison.

5° Par la compagnie d'invalides casernée dans le Donjon entouré d'une douve assez profonde dont les murs de la contre escarpe sont entièrement ruinés.

6° Par un magasin où l'on met la poudre situé entre le Donjon et l'enceinte du côté de la rivière.

Le Fort Foucault de l'autre côté de la rivière est dans un état de ruine complète.

Locations. Fourestier, jardinier paie 280 lt. pour le jardin et le logement qu'il occupe. Picard, pour le bâtiment dont il jouit y compris les écuries attenant au logement de Fourestier et son petit jardin 365 lt.

Les fossés en culture que tient le sieur Gerbier, y compris une petite partie des fossés de la ville près de Ribray ensemble 400 lt.

Le fort Foucault, langue de terre, et l'ilot en dépendant, le tout loué à Vallet, meunier du moulin du château 60 It. (8).

« De plus la tour de l’Espingole en Pelet 12 lt. (9).

Langue de terre le long de la rivière affermée à Brochain 18 1t.

«r Pour un petit fossé 6 It..

« Rente de 101t. sur une maison à l'entrée du pont de Niort où était ci-devant le. corps de garde de la porte. Donnant en tout un revenu annuel de 1.151 lt. (10).

 Superficie totale des terrains compris dans l'intérieur et l'extérieur du dit château ainsi que celle du fort Foucault en dépendant. 10.500 toises carrées, 4 pieds 5 pouces, non compris l'épaisseur des murs de l'enceinte du château ainsi que remplacement des tours qui y sont attenantes, se répartissant ainsi :

1° Jardin du gouverneur 574 toises pieds 10 pouces.

2° Jardin occupé par Picard 178 toises 1 pied.

3° Jardin de Fourestier 3.147 toises.

4° Jardin de l'ingénieur 126 toises.

5° Terrain vague inculte, douve du Donjon et espace occupé par les bâtiments 3.857 toises 3 pieds 7 pouces.

6° Fossé au midi et partie de celui du levant en culture 976.

7° Fossé vague au levant 673.

8° Fossé au nord 420 (11).

Fort Foucault et dépendances 558 toises.

Estimations :

1° Allée qui conduit au logement du gouverneur, bâtiment et jardin et dépendances ensemble, évalué d'un revenu annuel de 650 lt.

2° Bâtiment occupé par Picard, non compris les écuries dont il jouit, logement de l'ingénieur et jardin revenu annuel évalué à 400 It. (12).

3° Le grand jardin dont jouit Fourestier, les bâtiments qu'il occupe, écuries y attenant et la chapelle, revenu évalué à 500 lt.

4° Les placistes et terrains vagues, tour qu'occupe un invalide, donjon et magasin entre le donjon et l'enceinte du côté de la rivière 1.200 lt.

5° Fossé au Nord (sic) 225 It.

6° Fossé vague au levant 250 Il..

7° Partie de celui du levant en culture et fossé du midi 125 lt.

Fort Foucault etc. 40 IL

9° Petits objets hors du château ci-dessus détaillés 46 t.

Total de l'estimation des revenus du château et de ses dépendances 3.436 lt. sur laquelle il convient de déduire pour les impositions du 10c et sol pour livre 3431t. 12 sols.

Reste de revenu annuel la somme de 3.092 It. 8 s. pour des domaines que nous avons considérés être tous de première classe ce qui produit en fond pour l'estimation totale (en capital) du château et de ses dépendances 68.032 It. 16 sols (13).

Dans le n° 16 des Affiches patriotiques (14) (10 mai 1791) l'adjudication du château au district est annoncée pour le 14 mai suivant, l’Affiche qui suit (17 mai) nous apprend « qu'elle a été consommée avec toutes les formes prescrites au profit de la commune et est définitive. Elle stipule que la compagnie des Vétérans établie au Donjon, y restera jusqu'à ce qu'une autre garnison lui soit assignée (15) ».

Une lettre sans date adressée au Directeur dit que la vente se fit hier et comme elle a été publiée dans l'Affiche du 17 mai, on en a conclu fort à tort, que l'adjudication est du 16 alors que le correspondant, fort explicite dans ses détails, n'eut pas manqué de notifier ce retard et d'en donner les causes. On remarquera que pour admettre ce quantième du 16 mai, il faudrait que la lettre eut été écrite le jour même que le journal a été imprimé, ce qui est insoutenable.

La vente s'effectuant à l'époque annoncée (11 mai) tout, s'explique aisément. La lettre écrite le lendemain est du 15, adressée sans retard au directeur il la livre au compositeur le 16 et elle paraît dans les Affiches du 17. Il nous parait même impossible qu'il en soit arrivé autrement.

 

La vente du château, se fit donc bien le 14 mai 1791.

L'estimation portée à l'Affiche du 10 mai s'élève à 68.033 lt. et l'adjudication se fit pour le même prix, conforme à celui fixé par les experts.

La commune abandonnait l'année suivante le Donjon au département pour y établir les prisons moyennant une part à déterminer dans le prix de vente (16) mais, faute de paiement, les droits de la ville et du département restèrent fort précaires jusqu'à ce que le décret impérial du 7 août 1808 les eut définitivement mis en possession sans bourse délier.

Par une sorte de consentement tacite de l'Etat, la commune transportait cependant, à la fin de 1792, le siège de son administration dans l'ancien logement du gouverneur qui dominait l'ancien port abandonné (Grenier) et dès le mois de juillet de la dite année, le département faisait exécuter diverses réparations au Donjon servant provisoirement de maison d'arrêt.

 L'un et l'autre agissait comme si leur situation eut été définitive. Le 21 frimaire an III, la commune autorise le département à faire disposer les appartements qui sont à l'entrée du château pour y détenir les prêtres insermentés déjà entassés au Donjon en l'an II où ils n'échappèrent au massacre que grâce à la courageuse intervention des chefs de la municipalité (15 mars 1793) (17).

 

La guerre de Vendée amène un troisième occupant.

Le 15 août 1793, il y a un magasin de poudre et un parc d'artillerie au château. On les y retrouve en pluviôse an IV.

La ville ayant voulu, en temps de disette, faire construire un four, le ministre de la guerre fait arrêter les travaux crainte d'explosion des poudres.

L'évacuation militaire n'a lieu qu'en germinal an V. A quelque chose malheur est bon, la commune oppose avec succès, le 3 frimaire an III, aux prétentions de la Régie soucieuse des droits de la République, qui réclame un droit de location, une occupation militaire ininterrompue.

Les allées plantées à l'est de la maison du gouverneur subsistaient toujours, c'est par là qu’on accédait à la mairie en venant de la ville.

La situation précaire de la ville et du département devient manifeste en plusieurs occasions. Bien que le jardin botanique fut spécialement destiné aux élèves de l'Ecole Centrale (18), le département eut à solliciter l'autorisation du Directoire de la République.

On l'obtint en septembre 1798 sur un rapport très motivé de Morand, membre du Corps Législatif (19).

Demetz en traça le plan sur les indications de Jacques Jozeau, professeur d'histoire naturelle et de chimie à l'Ecole (Centrale- Bernard d'Agesci décora d'attributs la porte monumentale élevée sur le mur d'enceinte en un point situé à peu de distance au nord de la rue de la Préfecture actuelle.

Une large avenue se délimitait au sud par une ligne tirée de l'ancien portail de l'Oratoire, devenu le siégé de l'Ecole Centrale, à l'entrée du jardin botanique, alias jardin des plantes, à l'instar de Paris tandis que le côté nord se prolongeait perpendiculairement à la rue Civique.

Le plan du jardin botanique de Thénadey père qui figure à l'almanach des Muses de l'Ecole Centrale de l'an IX (20) montre cette disposition en éventail à peine dissimulée par des plantations, le fossé est comblé devant la porte du jardin, des allées d'arbres entre la rue civique et le mur du château prouvent que ce nivellement se prolongeait au nord, il semble bien rationnel qu'il soit étendu jusqu'à la limite du terrain vague où nous croyons reconnaître l'emplacement de l'ancien cimetière de St-Gaudent, mais le plan de Thénadey père ne va pas jusque- là et nous n'avons rien pour y suppléer (21).

Toujours est-il que les arbres en bordure de la rue Civique alors royale étaient en assez grand nombre pour être réservés en vue d'une transplantation, lors de la vente des terrains du château en 1817 (22).

Le plan de Thénadey père nous montre les dépendances de la mairie contournant le Donjon à l'ouest pour aller confiner au jardin botanique. Ainsi la commune et le département occupaient en l'an IX, le nord, l'ouest et le midi de la vieille forteresse.

L'assemblée municipale, dans sa séance du 17 messidor an VII, émettait le projet de bâtir un théâtre et une bourse sur le fossé de la rue Civique et se voyait encore obligée de requérir l'autorisation du pouvoir central mais moins heureuse que le département ne l'avait été l'année précédente pour le jardin botanique, elle essuyait un refus.

 On remarquera que la construction des deux édifices eut forcément amené le remblaiement du fossé jugé inutile comme le prouve le comblement, au moins partiel, opéré lors de la création du jardin botanique.

Le décret du 7 août 1808, signé au palais impérial à Niort (Préfecture) donna à cette ville le château et ses dépendances à l'exception de la tour qui servait de maison d'arrêt et d'un emplacement pour le préau des prisonniers (23).

Des rues sont prévues sur l'esplanade conformément à un plan qui devra être soumis à l'approbation de l'Empereur avant le 1er janvier 1809, les terrains disponibles seront mis en vente et le produit des adjudication employé à la construction d'une gendarmerie et de halles couvertes, toutefois rien ne se fit avant 1817.

L'ordonnance royale du 15 janvier 1817 porte approbation de rues à ouvrir et de constructions à faire sur une partie des terrains du château et donne de nouveau l'autorisation de vendre par lots les dits terrains (24).

La commune n'avait pas attendu jusque- là pour percer la rue d'Angoulême devenue aujourd'hui la rue Duguesclin.

Cette nouvelle voie traversant l'esplanade, débouchait au Sud de la rue de Pelet (aujourd'hui de l'Abreuvoir) tandis qu'elle se coudait au nord pour former la rue Dauphine (aujourd'hui, du Château) tendant au quai déjà praticable du côté de la rue Brisson.

Les dépendances de la mairie s'étendaient encore jusqu'au préau réservé par le décret de 1808, elles se scindèrent pour livrer passage à la rue Dauphine. II est à noter que la ville resta propriétaire du terrain situé au midi de la rue du Château où l'on bâtit en 1833 la petite boucherie et longtemps avant 1870, le dépôt de pompes à incendie.

La rue d'Angoulême éventrait le jardin botanique réduit à ne plus être qu'une promenade publique, un vaste triangle retranché au levant disparut dans les allotissements livrés aux enchères en 1817.

Enfin de l'autre côté du ,jardin, sur la rivière, le quai des tribunaux (25) dont le nom rappelle le projet de bâtir le palais de Justice sur la portion du jardin botanique non aliénée où devait s'élever quelques années plus tard la préfecture, fit disparaître avant 1826 le rempart et les tours eu bordure de la Sèvre, c'est aujourd'hui le quai de la Préfecture.

Lors des ventes du 27 mai 1817, à côté des rues Dauphine, d'Angoulême et de la rue du jardin botanique prenant la disposition .de la rue de la Préfecture actuelle, celles du Donjon et de Saint-Gaudent, la place de la Restauration (aujourd'hui du Donjon) et celle de la Mairie (confondue actuellement avec la place des Halles) plus étroite qui la met en communication avec la rue Royale (ancienne rue Civique) sont déjà dénommées et tracées et limitent sur l'esplanade les lots mis en adjudication.

A l'extérieur, le terrain vague en bordure de l'enceinte, alors planté d'arbres, est absorbé, l'allotissement s'étend à l'est jusqu’à la rue Royale dans toute sa longueur.

Après la rue. du Jardin des plantes, il est limité jusqu'en Pelet par les maisons en bordure de l'ancien fossé.

 Nulle part, il n'est question dans les procès-verbaux des anciennes clôtures du château. La destruction du rempart et le comblement du fossé ne sauraient être mis en doute, les acquéreurs, ayant eu à subir un déblaiement fort onéreux pour asseoir les fondations de leurs maisons. (26) Leur construction prit plusieurs années.

La majeure partie de la douve propre du Donjon disparut enfin par suite de la vente du terrain situé au levant. elle subsista au midi jusqu'à la construction de la Préfecture dans l'ancien jardin botanique par l'ingénieur P. T. Segretain (27) (3 septembre 1828, 23 mars 1832) on refit même à cette époque le mur longeant la rue de Pelet et toute trace de tours extérieures disparut.

La construction récente de deux annexes, à la Préfecture, l'une pour le Conseil général et l'autre pour les Archives, mit au jour deux glacières (28), la plus ancienne paraît avoir été celle du château, l'autre figure au plan de Thénadey père. On y retrouve le petit bois du jardin botanique en bordure de la rue de Pelet, encore à peu près intact à l'heure actuelle, nulle autre trace de ce jardin ne subsiste plus à la Préfecture.

Le Donjon menacé de destruction lors de l'écroulement de la tour nord (29) eut l'heureuse chance de se transformer en maison d'arrêt après le départ de Dumouriez, dernier gouverneur de la forteresse (4 avril 1792) et cette destination assez triste ne parait pas avoir été étrangère à son salut.

En 1853, les détenus furent évacués sur la prison nouvelle construite dans le jardin du palais de justice, le Donjon abandonné à la commune par le département ne conserva plus que le violon municipal aujourd'hui transféré dans le nouvel Hôtel de Ville. On vit pendant quelques années, les Archives départementales installées du consentement de la ville dans le grand appartement du bâtiment central où l'on crée en ce moment un musée ethnographèque. Elles ont été transportées dans l'annexe nouvelle au nord de la Préfecture, le musée reste seul au milieu de cette ruine.

On pourrait mettre en état, sans grands frais, les trois salles du rez-de-chaussée, malgré les détériorations résultant des fouilles inexplicables de l'architecte Murisson (vers 1854). Elles offriraient pour le musée lapidaire, beaucoup trop à l'étroit à l'ancien hôtel de ville et dont les curieux débris encombrent les escaliers de la bibliothèque publique et des musées de l'Oratoire, un local depuis longtemps désiré, alors que toute autre utilisation est difficile à prévoir.

Le département eut un instant l'idée assez singulière de reprendre le Donjon pour y installer le Conseil général, la ville en est devenue finalement seule propriétaire sous la condition de démolir les maisons particulières bâties après la vente de 1817, espérons que cet intéressant monument sera bientôt dégagé.

Remerciements à tous ceux dont j'ai mis à contribution l'érudition et la complaisance, notamment à MM. Eugène Chotard, bibliothécaire de la ville de Niort, Alphonse Farault, sous-bibliothécaire, Séverin Canal, archiviste des Deux-Sèvres et Alfred Richard, de la Vienne.

 

 

Quelques notes sur les principaux changements apportés à la topographie de la ville de Niort, par les ventes nationales, puis communales de 1791 à 1817 / Léo Desaivre

 

 

 

 

 

LE CANAL DU MERDUSSON

 

Par un arrêté du 12 juillet 1867, le maire de Niort donna le nom de rue des Accacias (sic) à la petite rue qui commence à la rue Saint Jean et se termine en potence par un passage étroit sur la rue du Rabot.

 Cette ruelle s'appelait antérieurement rue du Merdusson. On la nommait ainsi dans le langage naïf de nos pères, dit M. de Sainte-Hermine (Arrêté du 24 décembre 1825), parce qu'à son extrémité se trouve un égout qui communique au grand canal de la ville et sert de réceptacle à toute espèce d'immondices.

On substituait au nom du Merdusson celui des Acacias à cause de deux arbres plantés dans la rue pour éviter que les passants ne tombassent dans le canal ouvert en cet endroit. Ainsi disparaissait le nom, dernier vestige, d'un canal qui, après avoir rendu de grands services à nos ancêtres, avait été pour eux la cause de nombreux maux.

Avant que Niort devint une ville par la réunion des deux collines de Saint-André et de Notre-Dame, les terrains situés entre ces deux hauteurs étalent une espèce de marais traversé par les eaux descendant des coteaux voisins.

 En hiver, après des pluies abondantes, les eaux formaient un véritable ruisseau émergeant au bas du rocher sur lequel l'avenue de Paris est aujourd'hui établie. L'embouchure de ce cours d'eau se trouvait sur le quai actuel de la préfecture, à l'endroit à peu près où l'on voit un lavoir abandonné depuis quelques années. Une source sort du lavoir.

Nous croyons pouvoir affirmer, sans crainte d'erreur, qu'elle est résultat des infiltrations des eaux qui autrefois trouvaient là un débouché complet et suffisant. Toutefois l'ancien cours de la rivière demande quelques explications.

Le quartier de la rue du Pont est un terrain remanié; le coteau Saint-André, (ainsi que très judicieusement M. Apollin. Briquet l'observe, S. de St. Mém.t VIII, 1er série), était autrefois plus abrupt.

Le cours du moulin du château n'était pas encore creusé, l'îlot de la fonderie se rattachait à l'est à la terre ferme. La rivière, déjà divisée par la bande de terre où sont aujourd'hui les bains Clert, tournait à droite avec grand élargissement de son lit, cernait les îlots de l'usine Boulard et Simon, plus loin du fort Foucault et ramenait son bras principal vers la gauche, au quai actuel de la préfecture.

L'état ancien se rétablirait à l'instant par la suppression du pavé entre le pont et la fonderie, du barrage sous l'arche du pont, près de l'entrée de l'usine Boulard et de celui qui sépare les bains Juin de la maison de Vidiani mouleur et élargissement de la rivière explique le Novioretum puis Noiordum ou nouveau gué, lequel d'après M. Fillon a donné son nom à la ville.

 C'est le seul endroit où l'eau ne soit pas trop profonde pour établir ce gué, surtout en abaissant le niveau de la nappe, vu la non existence des barrages de la Roussille et Comporté.

Le premier chemin fait sur le coteau Saint-André a été l'accession à ce passage le bon sens fait comprendre qu'on l'a établi sur le fort, hors de la portée du ruisseau et de ses alluvions marécageuses.

On a eu d'ailleurs une preuve directe que le cours d'eau tournait à gauche alors qu'on a creusé les fondations des halles et qu'on a descendu 2 mètres pour trouver le terrain solide.

C'est aussi dans la partie de la Sèvre, en aval du moulin actuel du château, qu'était le premier port ou pour mieux s'exprimer le point d'attache des bateaux de nos ancêtres.

Nous ne croyons point beaucoup à la tradition populaire qui veut que les vaisseaux aient, dans un temps, gagné par les fossés la place de la Brèche.

Le fameux navire des contes de fées qui marchait sur mer et sur terre n'était pas encore passé dans la pratique, il paraît aussi difficile de faire monter une barque des Ponts-Main à la place Saint-Jean que de lui faire escalader les rochers du jardin public.

Mais si cette légende a le moindre fond de vérité, elle s'applique à ce moment de notre histoire.

Rien n'empêchait à la rigueur les bateaux plats de remonter l'hiver le cours de Bouillonnouse, même de s'y mettre à l'abri, lors des crues de la Sèvre plus fréquentes et plus torrentielles, puisqu'il n'y avait alors ni moulins ni chaussées de retenue pour modérer son cours.

Toutes ces choses ne présentent pas grandes difficultés en remontant jusqu'au VIe siècle de notre ère. Mais antérieurement on se trouve en présence du texte de la chronique de Maillezais qui dit que jusqu'à cette époque tous nos pays ont été recouverts par la mer.

 

Le bas de la ville de Niort a-t-il été réellement sous la mer?

M. Fillon croyait que non; II acceptait les dires du moine de Saint-Maixent, mais il les restreignait à l'estuaire formé plus bas par l'ile de Maillezais, séparant l'eau salée et l'eau douce entre l'île susdite et le marais d'Arsay par une barre limoneuse analogue à celles du golfe de Lyon si bien décrites par M. Lenthéric.

M. Briquet au contraire, dans le Mémoire cité plus haut, mettait la rue des halles en eau profonde, limitant le rivage à la hauteur de la rue du Faisan et du Soleil. Les personnes qui se rangeraient encore du coté de cette opinion plus ancienne, ne feront pas mal de surveiller de près les constructions romaines de la rue des Ponts-Main.

Comme elles sont datées par les monnaies, au 1er siècle de notre ère, elles seraient bien plus remarquables que les villes si renommées créées par les Romains dans la baie de Baïa.

 En effet sans communications avec la terre ferme, elles auraient été bâties au-dessous de six à sept mètres d'eau et seraient restées cinq cents ans recouvertes par l'eau de mer.

 C'est peut-être ce qui explique que nous trouvions tant d'huîtres au travers du ciment.

Plus tard Niort se forma.

Notre ville reçut une enceinte continue de murailles et de fossés que Bouillonnouse servit alimenter en partie. Un château fut élevé tout près du port pour en garantir la sécurité (30).

 Etablir les fondations d'un château était une tâche pénible dans ces terrains rendus partiellement marécageux par le cours d'eau dont nous avons parlé. On obvia à cet inconvénient en remblayant et en détournant le ruisseau. Ses eaux furent captées dans un canal qui fut le Merdusson et rejoignit évidemment les fossés du donjon reconstruit.

Ce canal recevait donc le trop-plein de la source de Bouillonnouse, ainsi nommée probablement à cause du bruit qu'elle fait en sortant de terre ou plutôt en revilant l'hiver, selon l'expression poitevine.

L'ancienneté du Merdusson est incontestable.

Nous le trouvons cité au XIIIe siècle ainsi que l'Herberie dans le curieux document publié par M. Bardonnet sur l'état du domaine royal en Poitou (31), 1260.

 

Vers la fin du XIVe siècle, Jean de Berry remania, refit peut-être le canal du Merdusson, lorsqu'il construisit les halles. Sous son gouvernement le bas de la ville de Niort se transforma complètement.

 Le frère de Charles V a été pour notre commune un bienfaiteur dont le nom doit toujours rester gravé dans nos souvenirs. Un hôtel de ville, un port, des halles et probablement la flèche .de Notre-Dame sont autant de titres à notre éternelle reconnaissance!  

Le Merdusson jusqu'à ce jour creusé à ciel découvert fut dévié vers la porte du Pont et devint souterrain dans presque tout son parcours. On laissa toutefois des ouvertures dans plusieurs endroits pour en faciliter le nettoyage. Cette précaution était bien utile, car sûrement les cochons de Saint-Antoine-de-la-Lande autorisés au parcours dans la ville n'étaient pas de fameux ouvriers, et nos concitoyens durent procéder fréquemment au curage de ce canal devenu un cloaque. La salubrité publique en souffrit.

M. Briquet donne le nom d'un charretier qui fut chargé, en 1490, de nettoyer le canal. Les travaux de curage durèrent cinquante jours.

Fait pour éviter l'inondation dans la ville basse, le Merdusson devint bientôt une cause d'insalubrité, surtout au moment où la peste ravagea notre contrée.

Niort a vu plusieurs fois le terrible fléau décimer ses habitants.

Dès le XIVe siècle nous trouvons la trace de son passage. Le XVe et le XVIIe la voient aussi dans nos murs.

 Enfin au commencement du XVIIe siècle la peste fait les plus grands ravages parmi nos concitoyens. Assurément le canal du Merdusson n'est pas étranger, la propagation de cette cruelle maladie.

A cette époque le Merdusson commençait au bout des halles, du côté du minage, devant l'hôtel des trois pigeons que possédait Joseph Boreil. Dans cet endroit un pont en recouvrait l'ouverture.

Après avoir côtoyé les halles le canal entrait dans la rue de l'Herberie, passait devant l'hôtel du cheval blanc tenu par Jehan Leroy et devant lequel se trouvait encore un pont; puis traversant la rue Saint-Jean, il pénétrait dans la rue qui porta son nom.

Au bout de la rue du Merdusson le canal passait sous la venelle qui faisait communiquer la rue avec les halles, à côté de la maison de Perrette Senné, veuve de Rolland Thibaut, échevin. Contournant l'extrémité des halles, du côté du château, et entrant, devant le placiste du château, sous la maison de Jehan Esserteau, il traversait la rue du puits Nallier puis longeant la maison de Daniel Couras, à laquelle pendait l'enseigne de la pine d'or, et passant dans les fondations de l'ancienne prison criminelle qui est une construction du XVe siècle, le Merdusson coulait parallèlement à la rue du pont et se jetait dans la Sèvre près de la porte du pont, à côté de la tour qui lui empruntait son nom.

Tel était le parcours de ce canal dont la portion voisine des halles se trouvait presque toujours obstruée par les détritus que jetaient les marchands établis-dans cet édifice

. Peu à peu l'eau de Bouillonnouse n'y arrivant plus qu'un ou deux mois d'hiver, le Merdusson fut négligé et se combla. Les Niortais furent de nouveau incommodés par de fréquentes inondations, d'autant plus que les fossés eux-mêmes devenant moins utiles s'atterrissaient aussi.

Augier de la Terraudière, en 1675, raconte dans la préface du Thrésor de Nyort que l'emplacement des halles est « tellement marécageux qu'aux grandes pluyes il y sourd de l'eau en quantité, toutes les caves des maisons en estant remplies, mesme l'église des Cordeliers et pour y remédier, il n'y a pas longtemps qu'op fut contraint de faire un canal dans ces halles pour y attirer l'eau et de hausser beaucoup l'église des Cordeliers. »

Le Merdusson, plus ancien que les halles, passait en dehors. Ce second canal était dans l'édifice même. Etait-il trop étroit ou mal entretenu ? nous ne pouvons le dire. Mais il est certain qu'il fut insuffisant puisqu'on 1748, après de nouvelles pluies abondantes, les eaux s'accumulèrent devant les murailles de la ville et en menacèrent la solidité. On fit une large brèche pour laisser passer les eaux qui recouvraient les terrains devenus plus tard la place de la Brèche.

Aujourd'hui l'écoulement des eaux pluviales est une question d'actualité pour certains habitants de notre ville. Nous donnons ces renseignements historiques avec l'espoir qu'ils ne paraîtront pas superflus à ceux qui cherchent à réprimer les envahissements de Bouillonnouse

Emile BREUILLAC. Bulletins de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres.

 

 

 

 

 

 

 

Découverte de vestiges romains à Bessac, Près Niort.

Il y a quelques jours, d'après des renseignements qui nous avaient été donnés par un jardinier du faubourg du Port, rue de Bessac, nous fûmes visiter les lieux où il nous disait, que bien souvent des fouilles avaient mis à découvert des restes de constructions.

Le sol étant actuellement recouvert des plus riches récoltes, nous avons dû nous en tenir à des renseignements verbaux, desquels il résulte que des vestiges importants ont été plusieurs fois constatés sur une assez grande étendue.

Ces fondations de murailles sont très-larges et solidement cimentées, l'une d'elles forme une enceinte circulaire. Le sol contient des fragments de tuiles et de briques. Aussi il est arrivé bien souvent que des médailles ont été trouvées; le jardinier auquel nous nous adressions en a possédé parfois un très-grand nombre; mais comme elles sont entrées dans le commerce des brocanteurs, nous n'avons pu nous en procurer qu'une seule.

Elle porte l'effigie de Tibère.

L'importance de cette découverte a été constatée, il y a peu de jours, par notre savant collègue M. Segretain, aux appréciations duquel nous avions fait appel. Nous avons pu lui montrer une pierre arrondie au ciseau, extraite du sol, et qui semble avoir fait partie de la dernière assise du fût d'une colonne de Om 60° de diamètre environ, vestige évident d'un monument considérable. Le propriétaire nous a fait la promesse de déposer cette pierre au Musée.

Y a-t-il lieu pour les antiquaires de se réjouir beaucoup? Nous l'ignorons, et nous devons nous en tenir aujourd'hui à l'espérance de voir faire, quand la mauvaise saison sera venue, quelques fouilles dans les jardins si fertiles de Bessac, qui pourront alors nous révéler les mystères qu'ils recouvrent.

En terminant, nous constatons la similitude de nom qui existe entre ce lieu et le Bessac de Périgné, où la Société a pu naguères reconnaître aussi les traces d'une villa romaine, dont les charmantes mosaïques sont déposées au Musée de Niort.

Alfred Monnet.

Niort, 12 juillet 1864.

 

 

 

Lettre à M. Gouget, archiviste de la Préfecture des Deux-Sèvres, sur un Tiers de sou d’or Mérovingien frappé à Niort

 

Mon cher ami,

La question des origines de Niort ayant pour vous un intérêt tout particulier, je crois devoir vous signaler une découverte qui me semble de nature à jeter quelque jour sur l'un des côtés les plus obscurs de cette question.

 Il ne s'agit de rien moins que de retrouver la forme primitive du nom de Niort et de déterminer la signification de ce nom.

Un tiers de sou d'or inédit, nouvellement entré dans la collection de M. Ponton d'Amécourt, qui a bien voulu m'en signaler l'existence, va m'en fournir les moyens.

 

 

Voici la description de cette monnaie :

+ NOIORDO VICO. Buste barbu tourné à droite, ayant un double diadème. + LEODASTE (32). Croix cantonnée de quatre étoiles et ayant à sa base une ligne de points.

Le style de la pièce indique qu'elle date du second tiers du VII siècle, et la classe, en outre, parmi les produits contemporains des ateliers monétaires établis dans la circonscription territoriale comprise entre la Sèvre-Nantaise et l'Argenton, au nord; la Dive, les collines de la Gâtine, la partie supérieure de la Sèvre-Niortaise et la Belle, à l'est; le Mignon et les marais de la Sèvre-Niortaise, au sud; le Lay et les collines du bocage Bas-Poitevin, à l'ouest.

On y trouve nettement accusés les caractères distinctifs du type adopté dans cette contrée, qui sont les suivants :

 1° La couronne radiée ou le double diadème; 3° la touffe de poils de barbe au menton; 3° le vêtement du buste exprimé par une sorte de moitié de roue, dont les rayons sont circonscrits par deux demi-cercles concentriques; 4° l'agencement particulier de la croix du revers, cantonnée de quatre étoiles, et, parfois, de quatre points.

L'ouvrier qui a fabriqué le coin de ce triens y a donc empreint ce cachet local, qui permet au numismatiste de reconnaître la région d'où vient la première pièce mérovingienne venue, lors même que les légendes sont absentes, par suite d'un défaut de fabrication ou d'une circulation trop prolongée.

 Ardin paraît avoir été le centre artistique d'où est sorti, vers le commencement du second tiers du VIIe siècle, le type temporaire qui s'est maintenu, pendant une trentaine d'années, dans les officines des pagi de Thouars, d'Ardin, de Mervent et de Niort, ainsi que dans quelques autres ateliers de leur voisinage.

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 Il a surtout prévalu à Martigné (Martiniacum), à Thouars (Toare castrum), à Curcay (Curciacum) à Marnes (Madronas) à Brie (Braia) à Ardin (Aredunum), à Antigny (Antoniacum), à Thiré (Theodericiacum- Tidiriciacum), à Thivercay, faubourg de Fontenay (Theodeberciacum), à Tourteron (Turturonnum), à Lesson (Lasso) (33), à Niort (Niordum), à Saint-Getais (Sanctus-Gilasius) (34), à Mairé (Mariacum), et dans quelques autres localités dont je n'ai pu encore déterminer la place, telles que Salaum et Bas + Por, dont les noms nous sont fournis par deux monnaies de la même époque.

Parmi les noms de lieux que je viens d'énumérer, il en est auxquels les monétaires mérovingiens ont conservé leur pureté primitive; tandis que d'autres nous arrivent fort altérés déjà au VIIe siècle.

Celui de Niort est au nombre de ces derniers; car la forme Noiordum est bien évidemment une altération de Novioritum, et elle a passé, avant d'en arriver là, par celles intermédiaires de Novioredum et de Noioredum.

 Quant à la signification de cette désignation géographique, elle ne laisse aucun doute elle a été tirée, comme tant d'autres, des conditions dans lesquelles se trouvait le lieu qu'il s'agissait de dénommer.

Noiordum signifie nouveau gué, nouveau passage, étant composé de nov et de rhyd ou red.

M. J. Cardin vous donnera du reste, à cet égard, tous les renseignements désirables, dans le beau travail qu'il achève en ce moment sur l'onomastique topique du Poitou.

Or, cette appellation implique l'idée d'un autre gué, situé également sur le cours de la Sèvre, qui aurait servi antérieurement de passage habituel. Il était vraisemblablement au point où le Chemin vert traversait cette rivière, avant de subir une inflexion vers Niort.

Quoi qu'il en soit, l'origine du chef-lieu actuel du département des Deux-Sèvres, pour dater de l'antiquité moyenne (la seconde période des temps celtiques, ainsi que l'indique son nom), n'en remonte pas moins à une époque reculée.

Tout, du reste, le faisait pressentir, avant la découverte du triens de M. d'Amecourt : sa position sur un lieu élevé; sa Folie, regardant l'ouest; sa Bône, située sur le versant opposé, et que nous sommes allés reconnaître ensemble, il y a quelques années; sa source du Vivier, qui a dû autrefois être hantée par les fades les vestiges d'habitations de l'époque romano-gauloise qui l'environnent de tous côtés.

Qui sait même si une bourgade n'existait pas là bien avant que le nom de Novioritum lui eut été imposé? -Des recherches, conduites avec une patiente intelligence, l'apprendront tôt ou tard.

 Le sol que vous foulez est un merveilleux dépôt d'archives autrement anciennes que celles confiées à vos soins. Il attend l'œil des clairvoyants, comme dirait mon pauvre vieux maître Lelewel.

 

(Les colliberts, collibertus, culvert, huttiers et nioleurs des marais de la Sèvre du Bas Poitou)

Sans être un de ceux-là, je me rends parfaitement compte de ce que devait être le vieux Niort celtique, avec ses huttes rondes perchées sur son coteau abrupte du côté du couchant.

Plus tard, lorsque l'administration romaine se fut imposée à la Gaule, et lui eut fait accepter des idées plus pacifiques, la population descendit de son promontoire pour chercher, aux alentours, des terrains fertiles et se livrer à l'agriculture.

C'est alors que fut fondé Becciacum, ce Bessac, dont je vous ai signalé, depuis un certain temps, l'importance, justifiée par les récentes découvertes de M. Alfred Monnet.

Puis vinrent de nouveau les mauvais jours, et les Noiordais regagnèrent les hauteurs et se construisirent de concert, sans doute, avec quelque petite garnison permanente implantée chez eux, sur la rive droite de la Sèvre et dans un îlot factice, un chatelier, remplacé plus tard par une sale, appartenant au fisc royal mérovingien, et dans la seconde moitié du IXe siècle, par une forteresse, bâtie par les comtes de Poitou, qui se constituèrent les héritiers directs du domaine des rois Francs de la race carlovingienne (35).

 

Voilà, mon cher Gouget quel a été, selon moi, le passé de Niort.

 

 M. Apollin Briquet, qui s'est beaucoup occupé de l'histoire de sa ville natale, et qui a tracé le croquis de ses développements successifs, a entrevu quelque chose de ces lignes principales; mais il a laissé à un autre le soin d'en faire le cadre d'un tableau aux contours nettement arrêtés. Pourquoi ne vous imposeriez-vous pas cette tâche? Certes, je ne vous demande pas une étude de détails. Cinquante pages, bien remplies de faits, en disent souvent plus qu'une longue série de gros volumes indigestes. Le sujet a de quoi tenter un travailleur intelligent, et les Niortais vous en sauraient gré. Si vous vous mettez à l'oeuvre, je vous promets quelques jours d'exploration, exécutée en commun sur le sol même, et tout porte à croire que nous ferons plus d'une découverte intéressante.

bessac

Bessac nous révélera peut-être aussi le point où se trouve le cimetière mérovingien, dont on a extrait déjà bon nombre de bijoux, de vases et d'ustensiles de divers métaux et d'une valeur archéologique réelle, entr'autres cette fibule de ta collection de M. F. Parenteau, de Nantes, sur laquelle se lit : SI. ME. AMAS. VENI, légende que les uns croient profane et les autres chrétienne, et peut-être aussi le tiers de sou de Dagobert, portant te nom de St Etoi, conservé au Musée archéologique des Deux-Sèvres, reproduit ici en regard d'un autre presque semblable du cabinet de Saint-Pétersbourg.

De Bessac provient encore ce triens d'un prix inestimable, que j'ai fait entrer au Cabinet national, sur lequel sont réunis le nom de l'empereur Justin et celui du roi Clotaire.

ase2

Sur ce, mon cher Gouget, je vous serre la main, Benjamin FILLON.

Fontenay-Vendée,16 juillet 1864.

 

 Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres.

 

 

MONNAIES GAULOISES ET ROMAINES trouvées à Niort.

Les fouilles célèbres faites par le Père C. de la Croix à Sanxay ont puissamment fictive le zèle des archéologues. On pourrait presque dire de l'archéologie qu'elle est à la mode. Chacun rêve de trouver dans sa ville des traces gauloises pu romaines. Si dans certaines contrées les recherches sont facilement couronnées de succès d'autres, au contraire fournissent aux chercheurs des débris peu importants, attestant ainsi que les Romains n'y ont fondé que des établissements de courte durée.

Notre ville, il faut bien l'avouer, se trouve dans cette seconde catégorie. Jusqu'à présent des traces gallo-romaines y sont rares et peu importantes. Les substructions découvertes n'ont jamais fait pressentir de grands édifices. Notons encore l'absence de grands appareils ainsi que de ciment proprement dit.

 Malgré cela, chaque fois que des vestiges gallo-romains ont été signalés à Niort, les membres de la Société de statistique ne les ont jamais laissé disparaître sans les mettre en lumière. MM.

A. Monnet et Segretain ont souvent examiné les jardins de Bessac.

Les terrains de Recouvrance ont été minutieusement étudiés par l'abbé Taurv. Dernièrement notre regretté secrétaire, M. Abel Bardonnet, a rendu compte des fouilles pratiquées dans la nouvelle rue du Port.

L'entrepreneur des terrassements de cette rue ayant bien voulu nous communiquer les monnaies trouvées par ses ouvriers, l'idée nous, est venue d'analyser en même temps les monnaies recueillies dans le lit de la Sèvre, lors de la construction des Ponts-Main.

En réunissant à cette liste les pièces trouvées à Niort qui sont passées autrefois entre les mains du vieil antiquaire Painson, ainsi que celles restées chez plusieurs habitants de notre ville, nous avons formé une série de monnaies gauloises et romaines qui, pour n'être pas très importante, paraîtra pourtant intéressante aux archéologues niortais.

En indiquant les provenances de ces pièces ne dirons-nous pas les points gallo-romains de notre ville ?

Les monnaies trouvées dans la nouvelle rue du Port sont au nombre de vingt-trois Deux gauloises et vingt-et-une romaines. Les deux pièces gauloises sont des petites monnaies de bronze frappées par les Santons. Elles ont au droit la tête d'un chef avec la légende CONTOUTOS; R..

Un animal indéfini se tient en arrêt couché au pied d'un arbre prêt à s'élancer sur un ennemi invisible, sous ses pattes de devant se trouve une tête de bœuf à grandes cornes (36).

Les vingt-et-une monnaies romaines ne sont pas bien conservées cinq sont même complètement frustes. Dans les seize que nous avons pu.classer une seule est remarquable, c'est un grand bronze à l'effigie de Néron.

 

Ces pièces se divisent ainsi :

Un moyen bronze d'Auguste (63 ayant J. C. 14 de J. C.) CAESAR PONT. MAX. Tête d'Auguste laurée à droite. R. ROM. ET AUG. Autel orné de figures entre deux colonnes surmontées chacune d'une victoire.

Deux autres moyens bronzes d'Auguste très communs.

Quatre moyens bronzes de la colonie de Nîmes portant au droit les deux têtes d'Auguste et d'Agrippa avec IMP. en tête et DIVI. F. au bas. R. Les armes actuelles de Nîmes, c'est-à-dire un crocodile enchaîné à un palmier avec la légende COLNEM.

 Une monnaie d'argent de Tibère, TI. CAESAR DIVI. AUG. F. AUGUSTUS. Sa tête laurée à droite (42 avant J. C. 27 de J. C.). R. PONTL MAXIM. Livie assise à droite tenant un sceptre et une fleur.

Deux petits bronzes de Tibère, TI. CAESAR AUGUST. F. IMPERAT. VII. Sa tête laurée à droite. R. Un autel entre deux colonnes surmontées chacune d'une victoire.

Un moyen bronze du même empereur presque fruste.

Deux bronzes de Néron l'un moyen et ordinaire, l'autre grand et remarquable ayant au droit la tête de Néron laurée à droite (37-68). NERO, CLAUD. CAESAR. AUG. GER. P. M. TR. P. IMP. P. P. R. Un arc de triomphe de profil sur la plate face Néron sur un quadrige entre les statues debout de la paix et de la victoire à chaque angle du fronton, deux soldats nus portant des trophées entre les colonnes à gauche la statue de Mars debout, tenant une haste et un bouclier de chaque côté de l'arche à laquelle est suspendue une guirlande quatre bas-reliefs superposés représentant une figure assise en haut et quatre figures debout en dessous ; au pied des colonnes cinq basses ornées, chacune d'un bas-relief représentant deux lutteurs.

Enfin trois moyens bronzes de Vespasien sans aucun intérêt. (9-79).

M. Alfred Monnet, maire de Niort à cette époque, avait eu le soin de faire réunir dans une petite vitrine tous les objets trouvés dans la Sèvre par les ouvriers qui établirent les piles des Ponts-Main.

 

Nous y avons analysé vingt-sept pièces, quinze gauloises et douze romaines.

Les gauloises se divisent ainsi :

Une monnaie Cambolectrienne pareille à celles décrites en 1846 par le docteur Teilleux. Les monnaies des Cambolectri se rencontrent ordinairement en Poitou. Tête chevelue à droite, Apollon. Un cheval au galop ayant une tête mal définie, au-dessus un trident, au-dessous CAMBOCTRE.

Trois pièces coulées analogues à celles trouvées au camp d'Amboise et mises en lumière par M. Barthélemy. Tête casquée à gauche. R. Un animal indéterminé ayant une grande queue relevée.

Onze petites pièces à la légende CONTOUTOS. Ces monnaies santones sont exactement semblables à celles qui ont été trouvées dans la nouvelle rue du Port.

 

Les douze romaines sont :

Trois moyens bronzes de Tibère, TI. CAESAR. DIVI. AUG. F. AUGUST. (42 avant J.-C. 37 de J.-C.) Tête laurée de Tibère à droite. Un autel entre deux colonnes surmontées chacune d'une victoire, au-dessous ROMA ET AUG.

Cinq petits bronzes de Tibère ayant le même avers et le même revers que les monnaies précédentes.

Un moyen bronze de Claude Ier, TI. CLAUDIVS CAESAR AUG. P. M. TR. P. IMP. Tête de Claude à droite. (10 avant J.-C. –54 de J.-C.) R. Pallas casquée debout à droite lançant un javelot et tenant un bouclier.

Un moyen bronze de Vespasien IMP. CAES. VESPASIAN. AUG. COS III tête de Vespasien (9-79). R. FORTUNAE AUG. S. C. La fortune debout tenant une corne d'abondance et un gouvernail posé sur un globe.

Un moyen bronze de Trajan, IMP. CAES. NERVAE. TRAIANO. AUG. GER. DAC. P. M. TR. P. COS. V. P. P. Tête laurée de Trajan à droite (63-117). R. OPTIMO PRINCIPI. La victoire tenant un bouclier.

Un grand bronze d'Antonin, ANTONINUS AUG. PLIUS P. P. TR. P. XXM. Tête d'Antonin à droite (86-161). A PIETAT) AUG. COS. III. S. C. La piété debout à gauche entre deux enfants. Elle tient un globe à la main droite et un enfant sur le gauche.

Les deux découvertes que nous venons d'analyser se ressemblent sur plusieurs points. La proximité des deux endroits fouillés explique facilement cette ressemblance. Toutefois certaines monnaies gauloises, dans la découverte de la Sèvre, sont plus anciennes.

Les rivières ne sont-elles pas les meilleurs et les plus riches gardiens des objets humains ?

Les deux trouvailles nous fournissent des CONTOUTOS, ces pièces santones dont le type rappelle le monnayage romain du temps d'Auguste. Ajoutons que celles conservées par les eaux de la Sevré sont d'une conservation supérieure. Quelques-unes peuvent être lues aussi facilement que des pièces modernes. Quant à l'animal couché au pied d'un palmier frappé sur le revers, ni le baron Chaudruc de Crazannes; ni le docteur Teilleux n'a pu le déterminer..M. Hucher y reconnaît un loup (37).

 Ce que nous devons surtout remarquer, c'est l'analogie de ce revers avec celui des monnaies de la colonie de Nîmes.

Un antiquaire qui fut un aide intelligent pour les numismates niortais, M. Painson, avait eu la bonne idée de prendre note des monnaies gauloises trouvées à Niort qui lui furent apportées. Nous en reproduisons la nomenclature avec les lieux de provenance.

 

Rue du Four.

Une monnaie argent des Cambolectri, tête d'Apollon. R. Cheval galopant, CAMBOCTRE.

bronze ATECTORI (Pictons).

bronze CONTOUTOS (Santons).

argent, tête laurée à droite. R. Cheval monté par une victoire.

cuivre, tête à droite. -R. Un cheval.

Recouvrance.

argent, tête d'Apollon à droite (Pictons). Cheval monté par la victoire, sous le cheval deux signes, au milieu des points.

Belle-Isle.

or, tête à droite couverte de perles. R. Un cheval androcéphale, à droite galopant, ayant trois boules entre les jambes et trois sur la tête.

Barrière du Quai

bronze, tête informe à gauche. R. Cheval galopant à droite avec trois points au-dessus.

argent, tête informe à droite. R. Un animal informe à droite avec un annelet au-dessus.

Une monnaie bronze, pièce coûtée analogue à celles du camp d'Amboise.

Rue-Limousine.

ATECTORI. (Pictons). Il. Un sanglier.

Nous regrettons vivement que M. Painson n'ait pas pris note des monnaies romaines comme il l'a fait pour les gauloises.

Une seule pièce de Marc-Aurèle est mentionnée dans ses papiers. Elle est en argent et anépigraphe (121-180). R. M. ANTONINO, une gerbe, de blé.

A ces trois séries de monnaies gauloises et romaines nous ajouterons quelques autres pièces aussi trouvées sur le territoire niortais

Bessac.

Deux gauloises santones CONTOUTOS. (Appartenant à M.Roy.).

Trois gauloises signalées en 1865 par M. Bardonnet l'une étaitenelectrum.

Une romaine, Tibère.

Moulin du château.

Bronze d'Auguste et d'Agrippa, colonie de Nîmes. (Ma collection.)

Fondations des Halles.

Bronze de Néron (37-68).

Rue des Douves.

Petit bronze de Constantin, CONSTANTINUS P. F. AUG. Tête laurée à droite (274-337). R. SOLI.INVICTO COMIT!, soleil radié a demi-nu debout à gauche levant la main droite et tenant un globe. (Appartenant à M. Roy.)

Rue de Genève

Petit bronze de Constantin exactement semblable au précédent. (274-337). (Appartenant à M. Roy.)

 

Recouvrance

Monnaies signalées en 1865 par M. Monnet.

Galuchet.

Argent, Tibère. TL CAESAR DIVI AUG. F. AUGUST, tête laurée (42 avant J.-C. 37 de J.-C.) R. PONTIF. MAXIM. femme assise. (Ma collection.)

 

Nous n'avons pas la prétention de donner la liste de toutes les monnaies gauloises et romaines trouvées à Niort.

Cette nomenclature suffira pourtant à prouver que c'est sur la rive droite de la Sèvre qu'il faut chercher les traces gallo-romaines.

Le parcours de la rivière depuis-Bessac jusqu'à Belle-Isle est nettement indiqué par les différentes monnaies que l'on encontre sur ses bords mais principalement sur la rive droite.

Bessiacum existait à l'époque gallo-romaine. Plus tard la vicaria Bassiacinsis fut le berceau de notre ville.

 Noiordum se forma à l'époque mérovingienne, empruntant son nom au nouveau passage qui unit les deux rives de la Sèvre. Le toponyme Niort est attesté sous la forme Noiordo sur une monnaie mérovingienne Noiordo, signé par Leodaste, en 940, Nyorto en 1204.

Tirons une dernière conclusion de l'examen de ces monnaies. La plupart des pièces gauloises de l'époque gallo-romaine sont santones nous croyons donc ne pas être téméraire en disant que la tribu gauloise qui habitait, aux premiers siècles de notre ère, les bords de notre rivière, était une tribu santone.

Bessiacum, station gallo-romaine probablement peu importante se trouvait assez éloignée des grandes voies romaines il n'y communiquait que par ces petits chemins appelés itinera minora

Une grande voie naturelle la Sèvre portait au contraire les habitants de notre contrée vers la mer. C'était un moyen de communication bien facile qui dut tout d'abord relier notre pays aux peuplades de la côte aussi durant longtemps encore Bessac demeura l'une des vigueries du pays d'Aunis.

juillet 1883.

Emile BREUILLAC.

 

 

 

En 2018 des fouilles réalisées à Port Boinot ont permis la découverte exceptionnelle de trois statues de divinités gauloises.

Bien avant dêtre un site industriel de chamoiserie et de ganterie, Port Boinot a abrité un sanctuaire antique. Celui du Pain Perdu dans la boucle de Bessac était jusqu'à présent le seul connu à Niort.

Des fouilles archéologiques réalisées sous le sol des anciennes usines mettent au jour les restes de trois statues représentant des divinités gauloises datant de la fin du Ier siècle. Plusieurs semaines auront été nécessaires pour procéder à l’identification des vestiges. Les résultats ne laissent désormais plus de place au doute. « Il y a tout d’abord une double statue représentant deux déesses mères. Quant à l’autre divinité, il s’agit d’Epona, la déesse du cheval » explique Annie Bolle « Ces statues ont été cassées intentionnellement au IIe siècle. La décapitation et la destruction de leurs attributs correspondent à un rituel. On a voulu les priver de leur caractère divin » précise l’archéologue.

https://www.lanouvellerepublique.fr/niort/la-decouverte-la-plus-ancienne-jamais-faite-sur-la-ville

 

 

 

Aliénor d’Aquitaine la concession des priviléges de franche-commune <==.... ....==> Niort l’ancien hôtel de ville, place du PILORI.

==> Niort l’ancien castellum incendié en 1104 et reconstruction du Donjon Poitevin Plantagenêt.

==> Siège de Niort le 24 juin 1569- Le Fort Foucauld - Auguste Tolbecque 1875

==> Les Halles de Niort au travers le temps

==> Résumé historique des origines et de la formation du Marais Poitevin - L'histoire de la mer à Niort, dans l'antiquité romaine

 


 

(1)    Espingole est une corruption toute moderne du mot Espingale ou Espringale (Ducange, verbo Springarda). Les comptes communaux de 1487-90 commentés par A. Briquet, Mem. Soc. Stat. 1er série, IX, p. 26 les historiens du siège de 1589 (Agrippa d’Aubigné et La Popelinière), Augier de la Terraudière lui-même, en 1675, écrivent Espingale.

(2)    Voyez Etablissement charitables, p.446

(3)    La porte S.Johan, art. 18,29 « Porta sancti Johannis, » 1260. Hommages d’Alphonse.

(4)    La porte Saint-Gelays, art. 259, 277. Nous croyons qu’il faut attribuer à un des ouvrages avancés destinés à protéger la porte Saint-Gelais, une salle basse circulaire, avec des voûtes à nervure du XIIIe siècle, en partie comblée, qui sert encore de cave à l’angle de la place de Strasbourg et la rue Chabot. (Guillemeau). Dissertation sur un terrain découvert à Niort. Niort, 1818, br in-12.

(5)    « Propre portam Mellese » 1260. Hommage d’Alphonse, p.49.

(6)    La porte Ribereze, art.43.

(7)    « pro muro Niorti refaceiendo » 1234. Hist. De Fr., XXII, fol 578.

(8)    La première feuille du livre de cet historien se trouve enlevée en sorte qu'on ne peut savoir son nom ni l'année de l'impression de ce livre.

 

 

Archéologie et Quelques notes sur les principaux changements apportés à la topographie de la ville de Niort, par les ventes nationales, puis communales de 1791 à 1817

 

 

(1) On sait qu'en l'an XI le monument plus prétentieux qu'élégant élevé par le maire Brisson pour remplacer les halles détruites par le général Macors en 1793, fit disparaître ce bassin abandonné après le creusement d'un nouveau port par Jean de Berry, envahi par la vase et livré à la culture maralchère avant la Révolution.

(2) Dévié au nord à une époque Inconnue, Le triangle compris entre l'ancien cours et le nouveau forma l'île du Palais autrefois de la paroisse Saint-Gaudent réunie plus tard à Notre-Dame.

(3) C'est par cette seule porte éloignée et mal commode, que put se faire jusqu'en 1587, le service de l'église de Saint-Gaudent.

(4) Autrefois place du château, civique et de la mairie. Dans l'Etat des chemins et châteaux du Poitou dressé par Androuet du Cerceau en 1611. (Arch. hist. du Poitou XXXI) il est dit que cette place est fort bourbeuse et qu'il serait urgent de la paver.

(5) Ce curieux document a été découvert par M. Canal, archiviste du département, en faisant pour moi la recherche de l'adjudication du château. Nous ne saurions trop le remercier de sa peine, malheureusement infructueuse, et de la communication du procès-verbal d'estimation.

(6) Ainsi l'ancien port du Grenier (Moulin du milieu)  était alors comblé et son emplacement livré à la culture maraichère.

(7) 12 oct. 1756. M. d'Argenson, prévient M. Carrel, lieutenant du roi au château de Niort, qu'il a été permis au maire et échevins de faire combler sur trois toises de largeur le fossé du château et de faire passer près de ce fossé l'aqueduc qui doit être construit pour l'écoulement des eaux de la ville.

Ap. Briquet. Inventaire des archives de la ville de Niort. Titre VIII ler section. Tome IV, p. 63. Il s'agit du grand égout de la Brèche.

(8) On remarquera l'absence de toute mention de fermage de ce moulin qui ne fut point estimé par les experts.

(9) Les murailles de Niort ne furent abandonnées à la commune qu'en l'an XIII.

(10) Dont jouissait le gouverneur.

(11) C'est la superficie probable de l'ancien port du Grenier.

(12) Depuis longtemps les ingénieurs employés aux fortifications de la forteresse avaient abandonné le château pour aller en ville. II leur était alloué de ce chef des indemnités de logement fort variables. Elles étaient en 1740 de 150 lt., elles s'élevèrent en 1764 à 300 lt., plus 100 lt. pour indemnité du droit de tarif, en 1777 à 180 lt. Ap. Briquet. Inventaire des archives de la ville de Niort. Titre VIII 1er  2324. T. VI p. 69,

(13). Voici la cote de ce document Important. Arch. des D.-S. Biens nationaux. District de Niort. Municipalité de Niort n° 99 carton 4, dossier 14.

On trouve Gilbert de Bitry, Ingénieur en chef de Nyort 1712. Rocher, ingénieur du roi en chef à Nyort 1739-40. Artus, directeur des fortifications du Poitou 1750. Gilbert de Bitry (de nouveau) en 1704. De Champeaux, capitaine en second, de seconde classe du génie 1777-78. Dajot, directeur général des fortifications de Niort 1779. Paillhou (sic) lieutenant au corps royal du génie 1781-82. De Lherce, capitaine du génie 28 oct. 1782. Labarde de Coutance, ingénieur du roi 1784-5-6-7. La Brunerie, 16 mai 1786, citons encore Pomel, sous-lngénieur des ponts-et-chaussées à Poitiers 1762, qui fit tout au moins une réduction du plus ancien plan de Niort destiné à Dom Fonteneau, aujourd'hui perdu, mais ne semble avoir eu charge du château.

(14) Journal publié par Pierre-Fridolin Piet-Berton Chambelle, en 1791. 

(15) Elle évacua le Donjon. en messidor au 2.

(16) Ce qui n'a jamais été fait.

(17) En 1793, on trouve même des prisonniers sous des tentes dans le jardin du château, (de Lastic s Jal. p. 163).

(18) Les Ecoles Centrales furent créées par décrets des 7 nivôse an III et 3 brumaire an IV, celle de Niort fut ouverte le 31 octobre 1796 (an IV). Le décret consulaire du 1er mai 1802 supprima les Ecoles Centrales et les remplaça par les lycées et écoles secondaire. Dès le 7 juin 1802, la ville de Niort prend à sa charge son école secondaire qui est reconnue par décision ministérielle du 20 novembre 1803.

Le décret du 17 mars 1808 transforme l'école secondaire en collège communal. (Alexandre Bouteiller. L'Oratoire et le collège de Niort. 1865, p. 28).

(19) Briquet, Hist. de Niort T. 2, 155 et biogr. de R. P. F. Morand 180.

 (20) Niort, Déplerris. Un plan de la ville et de ses abords antérieur à 1789, conservé à la bibliothèque publique, nous montre toute la portion de l'esplanade où devait être créé le jardin botanique, déjà occupé par la culture maraîchère.

On ne saurait autrement s'expliquer sa singulière distribution en petits carrés. Ch. Arnauld, Mon. religieux, militaire et civils des 2-S. Château de Niort, dit que le gouverneur disposait à son profil des jardins de l'esplanade comme de ceux des fosses. Voy. plus haut l'expertise du château en 1793.

(21) Cependant les experts trouvent en février 1791 le fossé déjà encombré.

(22) On lit dans Niort, ses rues, ses places, d'Alfred Monnet, Niort. Clouzot 1869 que les rangées d'arbres avaient reçu du public le nom d'Allées Moriceau, notaire dont l'étude était de l'autre côté de la rue.

 (23) Ce préau est représenté par le terrain situé entre le Donjon et le quai. Une des conséquences du décret fut d'enlever le jardin au département pour le donner la ville.

Il est fort douteux que Jozeau ait continué à professer la botanique à l'école secondaire après la fermeture de l'Ecole Centrale en 1802.

On le trouve faisant un cours gratuit de botanique et de physiologie végétale appliquées à l'agriculture en 1822,. Il fut secrétaire perpétuel de la Société d'agriculture des Deux-Sèvres.

Le créateur du jardin botanique avait été ordonné prêtre par Mestadier, évêque des Deux-Sèvres.

Jacques Jozeau était né à Civray (Vienne), il mourut à Niort dans sa 72e année en sa demeure rue du Trianon, le 18 février 1842. Un neveu Pierre-Jacques-Ferdinand Jozeau, sans profession, domicilié à Niort, signe à l'état-civil. On trouve un article nécrologique, d'ailleurs fort insignifiant, (de Lary) dans la Revue de l'Ouest de Robin du 1er mars 1842 reproduite textuellement dans le Journal d'agriculture des Deux-Sèvres de la même année p. 49.

Jacques Jozeau méritait mieux. Il fut le principal collaborateur du préfet Dupin dans la rédaction de sa célèbre statistique.

(24) Quoi qu'il ne soit plus question d'employer le prix des aliénations à la construction d'une gendarmerie et d'une halle couverte, la commune déclare que la place de la Restauration est créée en vue de cette halle représentée par deux corps de bâtiments séparés sur le plan de Thenadey fils (1820).

(25) Il aurait porté tout d'abord le nom de quai de Pelet. Le projet de construire le palais de Justice sur l'emplacement du jardin botanique date au moins de 1824. On voulait alors construire la Préfecture .Via Charité.

(26) Nous avons dit que le fossé était déjà partiellement encombré lors de l'expertise de février 1791.

(27) M. Segretain était à Niort depuis 1820, avait été employé par Mesnager, ingénieur en chef, il fut promu architecte du département en 1824.

(28) Annexe du Conseil général-

(29) 14 septembre 1749. Le 17 septembre 1749 le lieutenant du roi commandant au château dans une lettre adressée au prince de Conti gouverneur du Poitou, lui apprend qu'on a refait une grande partie de l'une des tours du Donjon par en haut et par en bas, croyant que le centre était bon, l'ouvrage entier était près d'être achevé lorsque la tour entière s'est écroulée le 14 septembre 1749 sur les 5 heures et demie du matin ce qui a ébranlé le reste de l'édifice, il est à présumer que les réparations seront considérables comme il y a des propositions pour démolir le Donjon, il en donne avis au prince de Conti.

26 janvier 1750- Lettre de l'intendant. L'Ingénieur Artus a reçu l'état des travaux ordonnés pour 1750, l'adjudication des réparations aura lieu pour trois ans. Artus se rendra à Niort aussitôt que le devis aura été dressé, il désire ne pas être logé dans un cabaret, 9 mars 1750. Lettre de l'Intendant. Le maire devra fournir un logement en ville à Artus.

Inventaire Briquet. Titre VIII. 1er son. Bardonnet Ephèmérides. Mém. soc. stat. 3e si. T. 1, 293, n° 40.

(30)Un château plus ancien fut brûlé eu 1104 et a été remplacé au XIIe siècle par le donjon actuel.

(31) Hommages d’Alphonse, comte de Poitiers, frère de saint Louis, par A. Bardonnet. Niort, Clouzot, 1873.

(32) Leodastes est le même nom que celui de Leudastes porté par ce comte de Tours que détestait si fort l’évêque historien Grégoire. On a fait de même au VIIe siècle Teudericus de Theodericus; Teudebertus de Theodebertus.

(33) + LASSONE VI (co). Buste tourné à droite.

R). FIRMO MO (netario). Croix cantonnée de quatre points, au-dessus d'une ligne ponctuée.

Empreinte recueillie par M. F. Poey-d'Avant.

(34) + SCI GILASI. Personnage de face portant une croix et un grand bâton.

R). BERV+LFO MO (netario). Croix cantonnée de quatre étoiles. Empreinte recueillie par M. F. Poey-d'Avant.

(35) Il est même possible que ce point ait été employé comme lieu de refuge, dès les temps celtiques, d'où il aura reçu la dénomination de donjon, qu'il porte encore aujourd'hui.

(36) De semblables monnaies se rencontrent fréquemment sur le territoire de Saintes. En 1846 le docteur Teilleux en avait déjà signalé la présence à Niort.

(37) L'art gaulois, Hucher.