NIORT AU MOYEN AGE maquette Musée du Donjon

La ville de Niort était autrefois circonscrite par une enceinte qu'on appelait remparts ou murs de ville. Il s'y trouvait plusieurs portes et des ouvrages de fortification.

Ces remparts commençaient à la porte de Saint-Gelais et s'étendaient depuis le quartier de cavalerie jusqu'à la rivière où se trouvait une poterne ; ils suivaient le quai de la Regratterie, le quai de la Grenouille et le quai de la Préfecture (autrefois de Pelet); à l'extrémité du quai de la Préfecture se trouvait la célèbre tour de l'Espingole, au bas de la rue qui porte son nom ; ils se prolongeaient dans la direction de cette rue et de celle de la Motte-du-Pin jusqu'à la porte de Saint-Jean, à l'embouchure de la rue de ce nom ; de là ils se continuaient dans la direction de la rue du Trianon, jusqu'à la porte Mellaise; puis ils longeaient la rue des Piques, l'avenue actuelle de la Brèche, la rue des Douves et se retournaient, au haut de cette rue, pour arriver au point de départ; c'est-à-dire à la porte de Saint-Gelais.

En dehors de cette enceinte, tous les agrandissements de la ville avaient pris le nom de Faubourgs : il y avait les faubourgs Saint-Jean, Saint-Gelais et du Port. Aujourd'hui ces dénominations n'existent plus officiellement.

Le mur d’enceinte de Niort décrit à l’est de la Sèvre un demi-polygone d’environ deux mille six cents mètres, de la forme d’un D majuscule. Il suit la rive gauche du fleuve jusqu’au bois de la Folie ; tourne à l’est presque à angle droit pour gravir le coteau de la Bigoterie, longe le vieux marché, et aboutit au chemin de Saint-Gelais. Presque aussitôt il fait un nouvel angle, descend du nord et au sud-ouest vers le couvent des Cordeliers, remonte vers le chemin Mellays, où il fait un nouvel angle à l’ouest pour gagner le chemin de Saint-Jean-d’Angély. Il revient enfin à la Sèvre, ou le circuit de murailles se ferme.

Cette enceinte est formée d’un mur en assez gros appareil, flanqué d’un certain nombre de grosses tours, portant toiture, et d’un plus grand nombre de tourelle ou demi-tours. On en compte plus de quatre-vingts. Sans doute, dès le XIIIe siècle, quelques-unes portent les noms qui serviront à les désigner dans les documents postérieurs : la tour de l’Espingole, ainsi désignée à cause de la machine de guerre qui servait à la défendre (1), à l’angle sud-ouest le long de la Sèvre ; la tour des Chaveuches (des chouettes, en poitevin) ; la tour Bourdon, qui portait peut-être une cloche ; la tour du Maire, siège probable de la prison communale ; la tour de la Grenouille, à l’issue du Merdusson ; la tour de la Folie, toutes situées sur la rivière ; la tour du Prieur, à mi-côte du coteau de la Bigoterie ; sur le versant opposé, la tour de Souché, à l’entrée du chemin de ce bourg ; la tour Valleton ; la tour de Login, qu’il faut peut-être écrire de l’Engin ; la tour des Cordeliers, près du couvent des Frères Mineurs ; au sud, la tour Saint-Jean et la tour du Prieuré ou du Bidon, derrière Notre-Dame, qui tirait son nom de la logette ou se distribuait l’aumône du Bidon (2)

On pénètre  dans la ville par trois grandes portes défendues par des tours et des ouvrages avancés. La traversée des douves, à chacune de ces portes, dites de Saint-Jean (3) de Saint-Gelais (4) et du Pont, se fait par un pont levis.

Des portes de moindre importance s’ouvrent sur d’autres points de l’enceinte : porte de Souché, menant au bourg de ce nom ; porte Mellaise, que l’on prend pour aller à Melle (5) ; porte Riberaise, à l’entrée du chemin de Ribray (6), et sans doute aussi porte de Pelet, sur la Sèvre, au bas du quartier des tanneurs.

De quand date la construction de l’enceinte ? Vraisemblablement des Plantagenêts, car Niort est déjà entouré de murs en 1204 lorsque Aimery de Thouars vient faire le siège au nom de Philippe-Auguste. En 1224, l’armée de Louis VIII, dirigée par le connétable de Montmorency, se trouve en face de remparts qu’il faut battre pendant sept jours avec des pierres et les machines de guerre pour obliger Savary de Mauléon à capituler. Dix ans plus tard, en 1234, pendant la courte trêve qui interrompt la première campagne du Poitou , Saint Louis fait remettre l’enceinte en état de défense (7)

Un ancien historien (8) dans un livre qu'il a composé parle de plusieurs villes du royaume, voici ce qu'il dit de Niort aux pages 409 et 410 de son histoire.

« La ville de Niort quy est assé renommée parmy les marchands pour ses foires a donné autant de matière à la plume de nos historiens pour decrire ses avantures suivant les passions des princes que d'exercice aux Anglois et aux François pour s'en rendre les maîtres chacun a son tour suivant les divers changements de la fortune.

Elle a toujours néanmoins mieux aimé cultiver les lys de France que les roses d'Angleterre, celle cy ne luy ont produit que des épines, et ceux la, comme ils ont esté les simboles de l'innocence de ses citoyens par leur blancheur, aussy leur ont ils servy de couronne pour recompense de leur fidelité par leur noblesse, en ce que nos Roys voulant témoigner combien leur étoient agréables les services de cette ville, luy ont donné le privilege de semer les lys dans le champ de ses armes, et ensuite de rendre nobles ses échevins avec toutte leur postérité. »

Le privilège des lys dans le champ des armes de cette ville existe toujours, on les y voit dans les armes très anciennement peintes dans les vitres de la grande salle de son hôtel et dans plusieurs autres endroits.

La ville de Niort renferme dans une de ses extrémités sur le bord de la rivière un vaste château quy a environ 120 toises en sa plus grande longueur, et 70 toises en sa plus grande largeur, et de circuit 360 toises, enceint d'assés bonnes murailles non terrassées, flanqué de 16 tours à l'antique quy sont vuides, le costé de la ville est enceint d'un fossé de 7 ou 8 toises revestu, dans l'intérieur de ce château il y à la maison du gouvernement quy est logeable quoy que non elevéé, il y a aussy quel qu'autres logements quy ne sont pas considerables, excepté un gros donjon quy a plus de 22 toises de long sur 6 a 7 de largeur terminé par deux grosses tours quy sont très élevéés, flanqué de nombre de petites tourettes, il est situé sur un rocher avec un profond fossé du costé de la ville, et point du costé de la rivière, au bas de ce donjon il y a un magazin a poudre, une sale d'armes, et un magazin pour y serrer les effets appartenant à l'artillerie.

Depuis 20 ans le Roy a fait faire plusieurs réparations tant au chateau qu'au donjon et maison du gouvernement.

M. le comte de Castellane après la mort de M. le marquis de Vilaine a été fait gouverneur de ce chateau et de la ville, et M. de la Marre y commande pour le Roy quy entretient dans ce chateau une compagnie de l'hotel royal des Invalides dans ce même chateau il y a presque toujours des prisonniers d'Etat.

L'etat major est composé du gouverneur, du commendant pour le Roy en son absence, et la majorité a été réunie au gouvernement avec 800 1. d'apointements. Le gouverneur, le commendant pour le Roy, le capitaine de garnison du chateau, et le garde magazin y ont leurs logements séparés aussy bien que les soldats de laditte compagnie à l'égard des cinq lieutenants ils sont logés en ville sur les billets du maire. Le lieutenant provincial de lartillerie, et le commissaire des guerres y font leurs residance.

Plan fortification de Niort - Donjon

Les Tours

Les principales tours étaient:

1- Tour de l’Espingole cette tour d’un diamètre de plus de 8m, était la tour principale de défense.

2- Tour Bourdon, elle possédait une cloche.

3- Tour du Jeu de Paume.

4- Tour du Moulin.

5- Tour du maire qui fut une prison communale au XVème siècle puis un arsenal.

6- Tour de la Grenouille ou du Merdusson.

7- Tour carrée.

8- Tour du pont.

9- Tour Folle ou Tour de la Folie du nom du bois qu’elle côtoyait.

10- Tour du Prieur.

11- Tour de Souché

12- Tour Valleron.

13- Tour Longin.

14- Tour des Cordeliers.

15- Tour carrée.

16- Tour Saint-Jean.

17- Tour Prieuré ou du Bidon, d’où l’on distribuait l’aumône.

18- Tour Notre-Dame.

19- Tour Pelet.

20- Tour Cheveuche, chouette en Poitevin. (Près de la Tour Pelet).

 (Brigandage en Poitou de Guillaume l'Archevêque, seigneur de Parthenay et Hugues de la Marche, comte de Lusignan.)

 

 

Les Portes

Il y avait à l’origine trois portes principales:

D- La porte Saint-Jean protégée par une barbacane. (voir photo vestige)

E- La porte du Pont protégée par un pont-levis.

F- La porte Saint-Gelais protégée par une barbacane.

Il y avait aussi quelques portes secondaires et d'une poterne :

G- La porte de Souché.

H- La porte de la Brèche :

Le 10 janvier 1750, la porte de la Brèche fut ouverte de manière à permettre à la foire de se tenir extra-muros, sur la place de la Brèche qui fut alors aménagée.

I- La porte Mellaise.

J- La porte Dorée.

K- la porte Riberaise.

L- la porte Pelet.

M- La porte de la Grenouille.

N- La Poterne de la Pêcherie.

- La porte de Fer...

Le Fort Foucault placé sur une île de la Sèvre était relié au Château du Coin-Sotet par un pont de Bois.

 

Destruction des Fortifications

Le 28 juin 1600, Jean Goyault, maire de Niort, fait la visite des murailles de la ville assisté de Pierre Fournier et Jéhan Midré, maîtres maçons de cette ville. (Archives de Niort).

Vers 1620, le Gouverneur de Niort, M de Parabène, obtient de Louis XIII la démolition de la tour du Maire et la réparations des Fortifications.

Le pont de bois reliant le Château au Fort Foucault fut détruit le 21 février 1771 par une importante inondation de la Sèvre.

Les portes de Saint-Gelais et Saint-Jean furent démolies en 1769 sur les ordres du Maire de Niort : Rouget de Gourcez.

La porte du Pont fut démantelée en 1773.

Charles X, qui reçut en apanage le Poitou, chargea ses agents de dresser un état de son domaine :

- Le 10 août 1779, les commissaires examinèrent les " murs " de la ville et constatèrent leur mauvais état.

La destruction des murailles a commencé en 1793. (http://www.wiki-niort.fr/Bienvenue_sur_Wiki-Niort)

 

DÉLIMITATION DES DEUX CANTONS.

La ligne de démarcation des deux cantons, dans la ville est une ligne passant au milieu des voies publiques ci-après indiquées.

La route de Fontenay, route Impériale N° 148 de Limoges à Nantes, qui emprunte la rue du Port, l'ancien ' pont, le quai de la Grenouille, la rue Brisson, la place de la Mairie, la rue des Halles et celle du Minage; là cette ligne se poursuit en traversant la place de la Brèche jusqu'à la hauteur de la route impériale N° 11 de Paris à Rochefort ; puis elle se retourne à angle droit vers cette dernière route qu'elle suit, au milieu , jusqu'à la limite de la commune.

Dès lors, toute la partie du territoire communal à gaucke de ladite ligne, en venant de Fontenay est de la Justice de Paix du premier canton, et l'autre partie à droite appartient à la Justice de Paix du deuxième canton.

 

DÉLIMITATION DES PAROISSES.

La commune de Niort est divisée en 4 paroisses qui sont :

Notre-Dame, Saint-André, Saint-Hilaire et Saint-Étienne du Port.

NOTRE-DAME.

Le périmètre de cette paroisse est déterminé comme il suit :

Rive gauche du bras principal de la Sèvre ; le côté droit, en partant du pont, des rues du Pont, de la ClochePerce, du Soleil, du Faisan, de Saint-François et des Cordeliers; le côté droit de la place du Temple, en sortant de la rue des Cordeliers ; le côté droit de la rue Dupin et le côté gauche à partir de l'établissement des Dames du Sacré-Cœur, qui est attribué à Notre-Dame, par distraction spéciale du périmètre de Saint-Hilaire ; le côté droit de la rue des Trois-Coigneaux, venant de la rue des Piques, jusqu'à la rue Limousine en se dirigeant vprs le chemin de Cervolet; puis et enfin la limite de la commune de Niort avec celles de Saint-Florent et de Saint-Liguaire jusqu'au canal navigable de la Sèvre.

Observation faite que toute la partie du territoire communal comprise entre le chemin de Cervelet et celui de Goise appartient au spirituel de Saint-Florent.

SAINT-ANDRÉ.

Les limites de cette paroisse sont :

La rive gauche du bras principal de la Sevré ; le côté gauche, en partant du pont, des rues du Pont, de la Cloche-Perce, du Soleil, du Faisan, de Saint-François ; le côté gauche de la rue du Rempart en partant de la rue du Minage jusqu'à l'escalier qui descend à la place de la Brèche; une ligne coupant la place Saint-Antoine jusqu'à la rue de la Boule-d'Or ; à partir de là, le côté gauche de la rue de la Boule-d'Or jusqu'à la rue de Tartifume ; le côté gauche de cette rue jusqu'à l'avenue de Paris dans laquelle elle débouche ; de ce point, le côté gauche de l'avenue de Paris, en montant, jusqu'à la hauteur du passage de Bellune longeant latéralement la propriété Proust ; au débouché de ce passage dans le chemin de Bellune, le côté gauche dudit chemin jusqu'à celui de Souché ; le côté gauche du chemin de Souché jusqu'à la limite de la commune ; puis, enfin, pour le surplus, au nord, les limites de la commune de Niort avec celle de Sainte-Pezenne et de Souché.

SAINT-HILAIRE.

Cette paroisse a pour limites : le côté opposé à celui de toutes les rues indiquées comme formant le périmètre des paroisses de Notre-Dame et de Saint-André et les conlmunes de Saint-Florent, Souché et Saint-Maurice-de-Mairé.

SAINT-ETIENNE-DU-PORT.

Cette paroisse s'étend sur tout le territoire de la com• mune compris entre le bras principal de la Sèvre et les limites de la commune de Niort avec celles des communes de Saint-Liguaire et de Sainte-Pezenne.

 

 

Aliénor d’Aquitaine la concession des priviléges de franche-commune <==.... ....==> Niort l’ancien hôtel de ville, place du PILORI.

==> Niort l’ancien castellum incendié en 1104 et reconstruction du Donjon Poitevin Plantagenêt.

 


 

(1)    Espingole est une corruption toute moderne du mot Espingale ou Espringale (Ducange, verbo Springarda). Les comptes communaux de 1487-90 commentés par A. Briquet, Mem. Soc. Stat. 1er série, IX, p. 26 les historiens du siège de 1589 (Agrippa d’Aubigné et La Popelinière), Augier de la Terraudière lui-même, en 1675, écrivent Espingale.

(2)    Voyez Etablissement charitables, p.446

(3)    La porte S.Johan, art. 18,29 « Porta sancti Johannis, » 1260. Hommages d’Alphonse.

(4)    La porte Saint-Gelays, art. 259, 277. Nous croyons qu’il faut attribuer à un des ouvrages avancés destinés à protéger la porte Saint-Gelais, une salle basse circulaire, avec des voûtes à nervure du XIIIe siècle, en partie comblée, qui sert encore de cave à l’angle de la place de Strasbourg et la rue Chabot. (Guillemeau). Dissertation sur un terrain découvert à Niort. Niort, 1818, br in-12.

(5)    « Propre portam Mellese » 1260. Hommage d’Alphonse, p.49.

(6)    La porte Ribereze, art.43.

(7)    « pro muro Niorti refaceiendo » 1234. Hist. De Fr., XXII, fol 578.

(8)    La première feuille du livre de cet historien se trouve enlevée en sorte qu'on ne peut savoir son nom ni l'année de l'impression de ce livre.