L’église Saint Gaudens de Fouras (1)

Ce monument a été construit de mai 1883 à mai 1884, sur l’emplacement de l’ancienne église de Saint-Gaudens, prieuré de l’ordre de Saint-Benoit, relevant de l’abbaye de Saint-Maixent.

D'après les titres de restauration du XIe siècle, saint Gaudens, patron de Fouras, était martyr et évêque : SANCTI MARTYRIS ET EPISCOPI GAUDENCII, mais dans d’autres documents il est question de saint Gaudens de Girons, pâtre, martyr du diocèse de Toulouse : SANCTI GAUDENCH DE GIRONS, IN CASTELLANIA OU TERRA DE FORRASIO. (Confirmation d’une transaction entre Hugues de la Celle, commissaire du roi, et le sénéchal de Saintonge, d’une part, et les exécuteurs testamentaires de Guillaume de Matha, chevalier, au sujet d’un legs en faveur de Girard de Montlaur, chevalier. Avril 1314. — Archives histor. de Saintonge et d’Aunis, 1884, t. XII, pp. 128, 129, 130).

L’église Saint Gaudens de Fouras (2)

Les auteurs spéciaux citent encore douze ou treize saints de ce nom, dont sept évêques :

Saint Gaudens de Novarre, confesseur évêque, mort vers 418, fêté le 22 janvier. Boll., VI

 Saint Gaudence de Vérone, inhumé à Saint-Etienne, 12 février.

Saint Gaudence d’Arba, en Dalmatie, 1 er juin. Boll., i, 134.

Saint Gaudence, confesseur, disciple de saint Romuald, 8 juin.

Saint Gaudence, évêque et martyr à Arezzo, en Italie, mort en 363, 19 juin. Boll., III 847.

Saint Gaudence de Coire, en Suisse, 3 août. Boll., VI, 553.

Saint Gaudence ou Gaudens, archevêque de Gnesen. Octobre. Boll., v, 38.

Saint Gaudence, évêque de Rimini, mort en 360. 14 octobre. Actes Boll., VI, 467.

Saint Gaudence, évêque de Brescia, vivant en 410. 25 octobre. Actes Boll., XI, 587.

Saint Gaudence ou Gaudiose, évêque de Salerne, mort en 650. 26 octobre. Boll., XI, 901.

Saint Gaudens, martyr à Tarbes. 12 octobre. Le même probablement que saint Gauziens, à Castres.

Saint Gaudens, Gaudeins, vulgo saint Goins, Gauziens ou Gaudentius, enfant tué en Comminges, 475. 30 septembre.

Sainte Gaudence, vierge et martyre, à Rome, 30 août. Boll., VI, 553.

Alors quel est le véritable patron de Fouras?

Le calendrier de l’abbaye de Saint-Maixent indique GAUDENTIUS comme un des principaux saints du Poitou, avec Eutrope, Léger, Macou et Léonard.

Avant 1681, Fouras célébrait sa fête le 3 ou le 30 du mois d’août; le curé René Faucquéreaud crut devoir établir le culte de l’évêque de Rimini, 14 octobre.

En somme, l’ancienne coutume du mois d’août devait fixer la tradition sur SAINT OU SAINTE GAUDENCE.

 L’index de l’Acta sanctorum, supplément de 1875, indique un autre Gaudens pour le mois d’août : SANCTUS GAUDENTIUS CURIENSIS, EPISCOPUS APUD THETOS SEU GRISONES. Châtelain, l’auteur de la Vie des Saints, traduit CURIENSIS  par de COIRE, CURIA RHETORUM, en allemand CHUR, ville importante des Helvètes, siège d’un évêché sur le Rhin, au pied des Alpes de Glaris.

Cependant le nom de gaudens ne figure pas sur la liste des évêques de Coire, dressée par Dom Gains. (Sériés episcopo rum ecclesiae Catholicae) et comme on ne connaît ni le culte ni la vie de ce martyr, cette épithète, CURIENSIS, qu’on peut traduire par le chapelain, le seigneurial ou le Syrien, doit-elle donc s’appliquera un saint spécial à Fouras, localité désignée au XIe siècle sous le nom bizarre de CURRASIUM?

Soubise et Chatelaillon ont bien donné des évêques à la Saintonge et au Poitou !

En attendant des preuves, il est intéressant de conter la légende du jeune pâtre basque décapité (COLLUM-RASUM, COURAS), en 475. Je suppose que ses reliques ont été apportées sur ce promontoire d’Aunis par des marins basques, habitués de la rade, entre l’ile d’Aix, Fouras et Châtelaillon. Ce bras de mer s’appelle encore rade des basques.

 

Au XIIe siècle, l’Aunis avec La Rochelle et l’ile de Ré appartenait à la famille de Mauléon (Arcère, t. i, pp. 62, 63, 178; ni, p. 647).

Comme Lugdunum Convenarum « colline du dieu Lug des Convènes » , Fouras possédait un temple romain sur sa colline de la Coue, aujourd’hui forteresse et sémaphore maritime. Il y a donc bien des raisons pour supposer notre église chrétienne fondée en l’honneur d’un martyr gascon ou d’Aquitaine !

 

* * * Légende du martyr de saint-gaudens.

— Vers 475, le roi visigoth Evarie régnait à Toulouse. Au moment de la persécution des catholiques, Gaudens, fils de la veuve Quitterie, jeune pâtre de 13 ans, né au hameau des Néroub, dans le Nébousan, lui fut signalé comme chrétien dangereux; alors le lieutenant Malet envoya des soldats pour arrêter cet enfant au pied du mont Pujament.

Conduit devant le tribunal de Lugdunum ,  Convenarum, Galiciens confessa hardiment la divinité de J.-C., et Malet le condamna à mourir la tête tranchée...

Cette exécution eut lieu en dehors de la ville. L’enfant reçut la mort en souriant, et dès que la tête eut roulé â terre, le martyr la prit entre ses mains, comme saint Denys, et se dirigea rapidement vers le Mas-Saint-Pierre. Quant il eut franchi la moitié de la distance qui le séparait de la cité, il s’arrêta au bord du chemin et se reposa en plaçant sa tête sur une pierre. Cependant, comme des soldats à cheval le poursuivaient, il reprit sa course et se réfugia dans l’église dont les portes s’ouvrirent et se refermèrent aussitôt, tandis que l’un des chevaux des persécuteurs, en se dressant contre les portes, y laissait ses fers.

Après le départ des Ariens, les fidèles entrèrent dans l’église et recueillirent avec un grand respect le corps du martyr; dès lors l’église primitive, bâtie en l’honneur de saint Pierre, par saint Saturnin, l’apôtre de Toulouse, fit place à un oratoire en l’honneur de saint Gaudens, nouveau patron de la contrée.

La ville elle- même fut renouvelée et prit le nom du martyr...

L’église Saint Gaudens de Fouras (3)

En 1569, les protestants livrèrent aux flammes les reliques de saint Gaudens; il n’en reste qu’une très faible partie. La fête du saint, qui se célébrait au mois de mai, époque de son exécution, est fixée au 30 août. La chapelle de la Caoue (à Fouras, il y a la Coue), bâtie sur le lieu même du supplice, fut démolie en 1794; de nos jours, elle a été rebâtie et bénite solennellement le 9 avril 1855. — (Résumé de la notice du R. P. Caries, de Toulouse, publiée dans les Petits Bollandistes, Vies des Saints, t. x, pp. 346-367.)

 L’antique chapelle de Saint-Gaudens de Fouras, démolie en 1883, mesurait 25 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur.

Vers 1846, ce monument était complètement isolé du bourg; il se composait de deux parties construites à des époques différentes : le sanctuaire, en pierres de taille, avec piliers à colonnettes, à chapiteaux très simples, indiquait le XI e siècle et le XIII e siècle.

Son style ogival obtus ressemblait à certaines parties de l’église de Saint-Laurent de la Prée; d’autres détails rappelaient le chevet de la vieille paroisse de Rochefort, dont l’histoire est liée â celle de Fouras :

 

En février 1074, Geoffroy (de Rochefort), fils d’Hugues de Saint-Maixent et de Papie, seigneur de Fouras, avait donné l’église de Saint-Gaudens de COLRASUM en Aunis, à saint Junien de Nuaillé et à ses moines, avec des rentes sur les terres de labour, des vignes, des moulins à moitié, des pêcheries sur la cote, des bois, des vergers et des maisons, (Pièce i, publiée par M. Paye dans Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1849. — Dom Fonteneau, t. xxi, p. 437. — Archives de la Vienne.)

Six ans après, 4 février 1080 et 24 février 1088, Geoffroy, sans doute dégoûté des obsessions des moines de Nuaillé, donnait la même église à Dieu et à Saint-Maixent, avec la moitié des droits sur les îles d’Alantia (aujourd’hui la Lance) et de Liron, les salines au-dessous de Fouras jusqu’à l’Aiguille, etc., à la condition d’élever un monastère dirigé par sept moines et un prieur ; le plan devait être celui du monastère de Saint-Agnant, et la construction ne pas durer plus de cinq ans, à compter de la fête de Saint-Michel. Les moines de l’abbaye de Vendôme avaient déjà commencé le dessèchement du marais de Liron.

Cette donation fut confirmée par Hugo ou Hugues, fils de Geoffroy de Rochefort et d’Osirie. (Chartes publiées par M. Faye, 1849, par M. Richard, 1887. — Dom Fonteneau, t. xv, p. 369. — Archives des Deux-Sèvres, H. 81.)

En 1096, l’église de Fouras était au pouvoir du moine Mascelin, prieur de Saint-Gildas, de Tonnay-Charente. L’abbé Garnier, de Saint-Maixent, la réclama d’après le don d’Arnulfe, évêque de Saintes, et la concession d’Hugon, seigneur de Rochefort; il plaida sa cause devant un conseil composé de l’évêque de Saintes, Ramnulfe, Geoffroy, abbé de Maillezais, Pierre, archidiacre, etc. Mascelin fut condamné à rendre ce bénéfice à Garnier, avec indemnité de 110 sols pour travaux de constructions.

Cette revendication, signée par la comtesse Aldéardis, fut confirmée la même année par l’évêque de Saintes et le pape Urbain II. (Dom Fonteneau, t. xv, p. 459. — M. Faye, pièce III. — Galiia christiana, t. n, col. 1065.)

La bulle du pape Paschal II, 27 avril 1110, qui met l’abbaye de Saint-Maixent sous la protection du Saint-Siège, énumère l’église de Saint-Gaudence de Fouras, avec les salines de Voutron, d’Angoulins : ecclesia Sancti Gaudentii de Forras, saline de Vultru, saline de Engulins, etc. (Dom Fonteneau, t. xv, p. 531. — Archives du Poitou, t. xvi, p. 258.)

Geoffroy Rebochet, frère de Geoffroy de Rochefort, oncle d’Hugo, d’Eble, de Geoffroy, moines, de Guillaume de Mauzé, de Maurice, de Gislebert, enfants d’Ausirie, donne encore, en 1113, à l’abbé Garnier, de Saint-Maixent, le droit des dîmes sur le bétail, le quart et le dixième sur les vignes voisines de la mer et situées sur la droite du chemin qui va de l’église au château.

A la mort de son autre neveu Gislebert, le droit de complant sur les vignes voisines de la forêt reviendra encore à l’abbaye de Saint-Maixent. (Dom Fonteneau, t. xv, p. 569. — Faye, p. v.)

En 1363, le prieuré de Fouras figurait dans les aveux des biens temporels de l’abbé Guillaume de Saint-Maixent au prince d’Aquitaine et de Galles. (D. Fonteneau , t. xvi, p. 257. — Faye.)

Jadis le prieuré d’Agère, la chapelle de Saint-Liguaire ou Léger (?) près Yves et Champon , Notre-Dame ou Saint-Simon d’Enet, dont les ruines existaient encore au temps de l’ingénieur Masse (1716), dépendaient de l’église et de la châtellenie de Fouras.

Vers 1682, époque à laquelle M. Louis Chesnel d’Ecoyeux, seigneur de Fouras, donna une cloche au curé Fauquereau, on fit des réparations importantes à l’église, tandis que le prêtre convertissait une douzaine de calvinistes (2). Avant ce prêtre, les archives paroissiales étaient dans un état pitoyable.

Un peu plus tard, le père Grignon de Montfort vint en mission â Fouras (novembre et décembre 1714). Plusieurs habitants firent pénitence, mais â Saint-Laurent de la Prée, il fut déchiré, calomnié.

 Le modeste-campanile qui subsiste à côté de la flèche ogivale de 1884-1889, doit dater de cette époque.

Une chapelle latérale fut construite et bénie le 18 novembre 1732, aux frais de Jean Aussour, entrepreneur des fortifications.

Cette chapelle, située du côté de l’épître et dédiée à la Vierge des marins, était primitivement sous l’invocation de saint Jean- Baptiste. Au nord, la sacristie formait l’autre branche de la croix.

Le 23 février 1739, fut bénite la cloche madeleine, conservée dans le nouveau clocher; elle est en do dièse et pèse 170 kilogrammes.

En voici l’inscription :

AD HONOREM DEI JEAN F. DIÈRES, CVRÉ DE FOURA.

FECIT LEGROS A ROCHEFORT. 1738.

Le parrain fut Isaac de la Clocheterie, fils du sieur Isaac III Chadeau de la Clocheterie, enseigne de vaisseau, célèbre officier de marine et père de héros (+ 1747) et de Catherine Daniaud, dame du Treuil-Bussac (22 février 1708 -j- 15 septembre 1797). La marraine, Mlle Madeleine Dières, était fille de Pierre Bières, écrivain principal de la marine à Rochefort. La famille Dières- Monplaisir, de Pont-Lévêque, est fixée en Saintonge depuis la fin du XVIIe siècle.

La majeure partie des terres du prieuré de Saint-Gaudens de Fouras, confisquée par le gouvernement de la République en 1793, fut vendue comme biens nationaux en septembre 1794 (Fructidor, an II, et Vendémiaire, an III.)

En 1850, le cimetière entourait encore l’église. Les bâtiments du presbytère et des écoles (33,271 fr. 53) ne furent construits que de 1864 â 1865.

 

 * * * Quelques fouilles, devant le clocher, 1883, indiquèrent des ruines importantes : le cloître occupait le boulevard Eugène Allard, primitivement appelé chemin du Cloître. En creusant les fondations de l’église actuelle, les ouvriers trouvèrent, près du chevet, des ossements avec urnes funéraires, quelques monnaies de Charlemagne, CAROLUS TURONUS, de Louis le Débonnaire, empereur (814-817), H. LUDOVICUS IMP + RISTIANA RELIGIO, etc., et de Richard, roi d’Angleterre (1189-99.) —

L’église Saint Gaudens de Fouras (1)

A quelques mètres du sanctuaire, des briques romaines étaient mêlées à des poteries noirâtres; il y avait aussi des morceaux d’antéfixes artistiques, des fragments de pierres tombales avec inscriptions, des ornements de cuivre fondus, des bois calcinés qui font songer à l’invasion des Normands (833-835-843-850-854-863-865, etc.).

Détail curieux, trois tisons étaient renfermés dans un reliquaire en pierre, scellé sous le pilier gauche de l’abside. Provenaient-ils du martyre d’un saint Laurent?

Dans son dessin du château de Fouras, Claude de Châtillon donne à la vieille église des proportions telles, avec ses nombreux contreforts, qu’on peut supposer qu’elle fut encore ruinée pendant les luttes religieuses, de 1585 à 1622.

Plus récemment, 14 octobre 1893, les ouvriers de la canalisation du gaz trouvaient en face de Saint-Gaudens une médaille de cuivre assez curieuse, avec ces mots: AVE MARIA GRATIAPLENA.

Au centre un roi apparaît assis sur un coffre ogival, entre deux branches de chêne et trois glands. Même légende sur le revers à la croix fleurdelysée.

L’église Saint Gaudens de Fouras (2)

* *

L’église actuelle mesure intérieurement 37 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur de nef. Il y a 17 mètres au transept et 12 mètres de hauteur, sous clefs de voûtes. Le sanctuaire, de 6 m. 30 de profondeur, en voûte de 6 nervures, renferme l’autel de l’ancienne église, autel en bois posé le 13 mars 1842, avec une pierre sacrée (marbre gris , 0 m. 325 de longueur, sur 0 m. .325 de largeur et 0 m. 020 de hauteur) portant le cachet de Clément Villecourt, évêque de La Rochelle et Saintes, 1836-1855 (samedi 11 juin 1853).

Cinq fenêtres ogivales, à rosaces quintefeuilles, sont ornées de vitraux signés Dagrand, verrier à Bordeaux, 1884. Au centre, le Père Eternel, avec la barbe de l’empereur Charlemagne, soutient le monde dans sa main gauche; Jésus-Christ, avec la croix de bois sur son épaule, occupe l’autre compartiment. Viennent ensuite les quatre évangélistes: s TVS LVC ou LUCAS, s TVS MATHEVS, s TVS IOANNES OU JEAN (don de la famille Putier), s T7S MARCUS ; et les quatre Pères de l’Eglise latine : s TVS GREGORIUS , s TVS AUGUSTINUS, S TVS IERONIMUS OU JEROME , S TVS AMBROSIUS.

 A la clef de voûte, une colombe porte dans son bec une branche d’olivier. La devise : IN QUO MIHI BENE COMPLACUI , « J’ai mis en lui toutes mes complaisances », rappelle l’apparition de J.-C. sur le mont Thabor.

La chapelle latérale de droite est dédiée à N.-D. du Saint- Rosaire. Les verrières montrent Marie, S. S. COR MARIAE, entre S TVS DOMINICUS, S TVS SIMON DE STOCK, puis S TA CATHARINA DE SIENNE.

La clef de voûte porte une barque et une étoile avec ces mots : AVE MARIS STELLA , Salut! étoile de la mer !

La chapelle de gauche est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus: S. S. COR JESU, entre STA MARGARITA, STA MAGDALEINA, STA THEREZA. A la clef de voûte, un cœur enflammé percé d’une croix, entouré d’une couronne d’épines : SIC DEUS DILEXIT MUNDUM , Ainsi Dieu aima le monde jusqu’à lui sacrifier son cœur !

La combinaison des styles roman et ogival est d’aspect élégant, la perspective intérieure d’un joli effet. Sur leurs clefs de voûtes, les travées du transept conservent les noms de PIERRE-IXILE FORGERIT, CURE, avec une ancre et une croix surmontées d’un cœur; à droite, les armes de l’évêque de La Rochelle, A. M. E. ARDIN (1885-1892), avec la devise: INSTAURARE OMNIA IN CHRISTO; à gauche, les armes de l’archevêque de Rouen, L.-B.-C. Thomas, ancien évêque de La Rochelle, 1867- 1874 (1826 + 9 mars 1894, cardinal), NIL DULCIUS, NIL FORTIUS.

En avant, le blason de Léon XIII, pape : LUMEN IN COELO. 1884. Viennent ensuite les armes de Fouras, motif un peu compliqué mais résumant la légende et la réalité: la lune, la tour et une barque avec ces mots : AUX DONATEURS. FOURAS. Puis E. RULLIER , architecte (à Saintes), et enfin le niveau maçonnique avec le nom de A.(NDRE) SEYRAT, entrepreneur, au-dessus de la seconde voûte de l’entrée principale.

Le devis de ce monument s’élevait à 67,000 francs. Il faut compter, pour l’église seulement, 64,719 fr., dont 30,000 fr. payés par la commune, 22,000 fr. par la fabrique, 6,000 fr. par l’Etat, 800 fr. par le département, 4,178 fr. par les donateurs.

Pour le clocher il faut ajouter 18,000 francs; pour les vitraux Dagrand 5,662 fr. 80 c., et pour les vitraux Megnien, Clamens et Bordereau , d’Angers, 1,200 fr. (Vierge Mère et saint Joseph.)

L’église Saint Gaudens de Fouras (4)

La cérémonie de la première pierre eut lieu le 29 juillet 1883.

 Sous un des piliers de l’intertransept est scellé le procès-verbal de cette solennité, signé I(sidore) BIRONNEAU, maire; PAUL GAUVAIN , adjoint; CHANDEAU, HURTEAU , PUTIER, BEQUET, PERRET, MIMAUD, BEGAUD et ROUSSEAU, conseillers municipaux.

Le pilier d’en face renferme une bouteille avec ce document latin et français :

ANNO DOMINI MDCCCLXXXIII

DIE XIX J VL II

LEONE DECIMO TERTIO PONT. MAX. FELICITER REGNANTE

LEONE CAROLO THOMAS EPISCOPO

DIOCESIM RUPELLENSEM REGENTE

HUNC PRIMUM LAPIDEM POSUERUNT

FULBERT PETIT , VIC.-GEN.

R. F. IOANNES DOMINICUS SEYDEL

S-O. PRÆDICATORUM.

ISKILAX FORGERIT PAROCHUS LOCI

VULGO DICTI FOURAS.

 

20 JUILLET 1884

BÉNÉDICTION DE L’ÉGLISE

PAR M. FULBERT PETIT, VICAIRE GÉNÉRAL

CÉLÉBRATION DE LA PREMIÈRE MESSE

PAR M r IXILE FORGERIT

CURÉ.

 

 Le clocher, seulement achevé le 5 mai 1889, forme porche devant l’église; sa hauteur atteint 27 à 30 mètres avec sa flèche de pierre en pyramide hexagonale. Les sculptures des voûtes et des piliers ne sont pas terminées; un escalier à vis de cinquante- deux marches mène à. la tribune et aux cloches; celles-ci furent bénites par l’évêque de La Rochelle, le 19 septembre 1889, et le 14 mai 1890 elles furent installées pour sonner la prière du soir.

 

La plus grosse, en fa dièse, se nomme Louise-Gabrielle- Charlotte, et pèse 548 kilogrammes. On lit d’un côté :

J’AI POUR PARRAIN CHARLES CURNILLON, PRÉSIDENT DE FABRIQUE.

j’AI POUR MARRAINE M me GEORGES BUGEAU, NÉE LOUISE PUTIER.

G. BOLLÉE

FONDEUR

A ORLÉANS. 1889.

De l’autre face :

CURÉ IXILE FORGERIT

ANNO DOMINI MDCCCLXXXIX R

UPELLÆ STEPHANUS PAPA REGNANTE LEONE

CURIS IXILII ME BENEDIXIT. AMEN.

Des ornements de feuilles de vignes et de raisins rappellent une des sources de la fortune de l’agriculteur Jacques Putier, père de la marraine. Les profils de la Vierge et de J.-C. sont délicatement modelés. La cloche en la dièse est plus petite; elle ne pèse que 270 kilogrammes.

J’AI ETE BAPTISE L’AN DU SEUGNEUR 1889

J’AI POUR PARRAIN M r FRANÇOIS BERTHOMET.

J’AI POUR MARRAINE M lle VALENTINE FORGERIT.

ET JE ME NOMME VALENTINE-FRANÇOISE.

Au-dessous, l’image du Christ sur la croix :

LAUS DEO !

JE SUIS LA VOIX DE DIEU. J’INVITE A LA PRIÈRE.

BIENHEUREUX LE CHRÉTIEN QUI VIENT A MON APPEL.

HOMME, QUE T’AI-JE APPRIS PENDANT TA VIE ENTIÈRE,

EN SONNANT TON BAPTÊME ET TON HEURE DERNIÈRE?

QUE TU DOIS SERVIR DIEU POUR L’ALLER VOIR AU CIEL !

MR. IXILE FORGERIT,

CURÉ DE St GAUDENCE

 DE FOURAS. 1889.

 

G. BOLLÉE

FONDEUR

A. ORLÉANS.

1889.

De chaque côté, les armes du pape Léon XIII et celles de l’évêque de La Rochelle, Etienne Ardin. Pour les vers, il est juste d’ajouter que l’abbé Forgerit est poète à ses heures de loisir.

La troisième cloche, celle de 1738, est en do dièse, et ne pèse que 170 kilogrammes. Si les morts peuvent revenir, invisibles sur la terre, le curé Pierre Guyonnet doit être heureux de voir le rêve de toute sa vie aussi magnifiquement réalisé par son successeur !

  1. Duplais dés Touches.

 

CURES DE FOURAS.

1615 — La Roque, Pierre.

1626— De Montaigne, Raymond, chevalier, conseiller au parlement de Bordeaux, évêque de Bayonne.

1626 — De Montaigne, Nicolas, fils de Raymond.

1633 — De Salafranque, Pierre. — Soles, Jacques, prieur.

1650 — 1668. Pléziag, depuis 1640.

1669 — 1677. Fermer. Nicolas.

1680 -+- 1695. Faucquéreaud, René.

1695 — 1705 Delmas, François, prieur et curé. Armoiries: de sinople, à 2 massues d'arqent posées en pal. (D Hozier, 13 août 1700.)

1705 -+- 1707. De Vernhiolles, Jean, P. et C.

1707 -+- 1725. Caillet, Barthélemy, P. et C.

1725 — Journolleau.

1725 -+ 1737. Bourguillaud, Pierre.

1738 — Champeville.

1738 — 1752. Dières, Jean.

1752 +- 1755. Coudret, Nicolas.

1755 — 1756

1756 -+- 1765. Gilbert, Pierre-Marie.

1766 -+- 1791. Thalamy, Etienne.

1791 -+- 1792. Chemineau, Antoine.

1795. Coudret, Jean-Jacques, ex-curé de Saint-Laurent de la Prée. Prêtre constitutionnel, 30 brumaire an IV.

1803 — 1805. Lemercier.

1805 — 1809. Ysambert.

1817 — 1818. Lannes, B.

1819 — 1820. Cabrero.

1820 — 1821. Murphy.

1821 — 1823

1823 — 1825. Decamp, F.

1826 — 1827. De Medrano, M.

1827 —1828

1828 — 1836. Mauvilain.

1836 — 1839

1839 — 1840. Tresallet.

1840 — 1844. Chabot, Victor.

1844 + 1851. Fleury, Henri.

1851 -+- 1854. Bognetteau, Pierre-Martin-Nicolas-Sosthènes.

1854 — 1879. Guyonnet, Pierre.

1879 — Forgerit, Pierre-Ixile.

 

 

 

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 ==> Fouras

 

 

 

 


 

(1); Chapitre x du livre de M. A. Duplais des Touches, intitulé Fouras et ses environs. (Manuscrit.) TOME XII, n° 139

(2) Voir le chapitre XIX de Fouras et ses environs : Protestants et Catholiques Fourasins.