Mars 1317 – Philippe V le Long, monté sur le trône de France après la mort du roi Louis Hutin érigea le comté de la Marche en pairie et le donna à son frère Charles IV le Bel, en accroissent l'apanage, des châteaux, villes et châtellenies de Niort, Montmorillon, Frontenay, Benon et autres.

Philippes, par la grace de Dieu, roys de France et de Navarre, savoir faisons à touz presens et avenir que nous, considerans l'estat de nostre très chier et feal frere Charle, conte de la Marche et de Bigorre, et que pour garder nous et nostre honneur, et à l'onneur et deffension du royaume, devant touz autres est tenus et plus obligiez à faire grans cous et grans missions, considerans ausi la grant affection et l'amour que nous avons plus à li que a nul autre par pluseurs causes, considerans enquores que si, comme Diex l'a ordené, les reaumes de France et de Navarre nous sont de nouvel avenu, pour quoi il est assez convenable que de l'onneur et du prouffit qui ainsinc nous est venuz, il li en doie miex estre et son estat acroistre, li donnons et otroions, de nostre liberalité, pour li et pour ses hers, contes de la Marche, que il soit pers de France et que il tiengne la conté de la Marche de nous en parrie, si comme la conté d'Artois et semblables parries en sont tenues ; et de ceste parrie l'avons nous receu en nostre foy et en nostre homage.

Et li avons donné et otroié, donnons, otroions et quittons, pour li et pour son hoir masle de son cors, les chasteaus, chasteleries, viles, mesons et edifices qui ci après sont nommez,  avec leur appartenances toutes, toute justice, haute et basse, soit en fiés, homages, jurisdicions ou patronages, en cens, en rentes, en bois, aives, en garennes, en pescheries et en toutes autres choses et honeurs, quelles que elles soient, retenu devers nous la souveraineté seulement et le fié et l'omage et le ressort en toutes choses, pour nous et pour noz hers, roys de France, c'est assavoir Bonneville sus Touque, Nyort, Montmorillon et les bois Leron et Maulion, Frontenay, Beneon et les bois de la terre de Courçon, en retenant pour nous et pour noz hers, roys de France, que se il avenoit qu'il n'eust hoir masle de son cors, toutes les terres devant dites après son decès revendront à nous et à noz hers, roys de France.

 Et ces choses dessus nommées especialment li donnons nous pour ce, quar il les repute bien soians pour soi, et il le nous semble ausi, combien que nous eussiens desjà ordené en nostre propos de la donner à noz filles en leur mariage. Mes nous resgardons que elles pevent bien atendre que nous les assenerons, se Dieu plait, en autres choses. Mes toutevoies nous retenons que, se il avenoit que après nostre decès, li reaumes escheist et venist ànostre dit frere, pour quelque voie ou cause que ce fust, que toutes les terres, villes, chasteaus et chasteleries avec toutes leurs appartenances et droiz dessus diz retornassent à noz filles, si tost comme il seroit venu à tenir le royaume, et ainsinc le nous acorda il et promist.

Ne ne l'entendons mie à lier pour nulles convenances que les heritages que nostre dit frere tenoit devant la confection de ces lettres, soit par provision de nostre très chier seigneur et pere ou par succession de nostre très chière dame et mere, ne doient venir à ses hers, soient masles ou fumelles, ausi bien comme se ceste convenance ne fust.

Et est assavoir que de toutes les choses ci-dessus nommées, que nous li avons données par la teneur de ces lettres, excepté la parie, il ne nous est tenuz à faire que un homage, le quel nous avons jà receu de li.

Et est assavoir que toutes les choses ci-dessus expressées et les appartenances nous li baillons et delaissons en pris de dix mille livrées de terre à tournois de value de terre, et ne seront mie prisiées en assiete, mesons ne edifices.

Et volons que tantost et senz delay elles soient prisiées ; se plus y a, nous le retenons à nous, et se mains y avoit, nous le promettons à parfaire le plus convenablement qu'il porra estre fait.

En tesmoing des quelles choses et pour ce que elles soient fermes et estables à touz jours, nous avons fait mettre nostre seel en ces presentes lettres.

Donné à Paris, l'an de grace mil ccc. et seze, ou mois de marz (1).

Per dominum regem, in presencia dominorum Ebroycensis et Soliaci (2) et vestra, P. Tesson.

 

 Charles, devenu roi de France, par la mort de Philippe, au mois de janvier 1322, garda le comté de la Marche jusqu'en 1327.

Vers la fin de son règne, Charles le Bel échangea le comté de la Marche pour le comté de Clermont-en-Beauvaisis avec Louis I seigneur de Bourbon cet échange devait avoir son effet partir du 25 décembre 1327, bien que Louis de Bourbon ne semble avoir été mis en possession réelle que quelques mois plus tard. Crée duc et pair de Bourbonnais, Louis obtint de Philippe VI la faveur de conserver à la fois le comté de Clermont-en-Beauvaisis et le comté de la Marche.

Il mourut le 22 janvier 1342, laissant entre autres enfants deux fils, Pierre et Jaques.

Pierre, l'aîné, tué à la bataille de Poitiers (septembre 1356) fut jusqu'à sa mort comte de la Marche, comme son père, Jaques, le puîné, devint seigneur de Leuze et autres lieux du chef de sa femme, Jehanne de Chastillon, et il fut comte de Pontieu par la libéralité royale, de 1351 à 1360.

 Il conclut avec son frère, à Chartres, le 27 octobre 1346, un accord par lequel il renonçait à la succession de ses père et mère moyennant un apanage de 4.000 livres de rentes en terres, dont 1.000 devaient être assises dans le comté de la Marche

Au moment de la mort de son père. Jaques détenait effectivement à titre de provision, les châteaux de Charroux et du Dorat, estimés à 1000 livres.

 

 

CHRONOLOGIE HISTORIQUE JACQUES Ier. DE BOURBON.

1342. JACQUES, troisième fils de Louis Ier., duc de Bourbon ; et de Marie de Rainaut, eut, par le partage fait avec le duc Pierre, son frère, le comté de la Marche et la seigneurie de Montaigu, en Combrailles.

L'alliance qu'il avait, contractée, l'an 1335, avec JEANNE, fille et héritière de Hugues de Châtillon-Saint-Pol, avait déjà fait, entrer dans sa maison les seigneuries de Leuse, de Condé , de Carenci , de Buquoi et d'Aubigni.

Ce prince fit ses premières armes dans la guerre de Bretagne, sous les ordres de Jean, duc de Normandie.

L'an 1346, il combattit, le 26 août, à la fameuse bataille de Créci, où, quoique blessé dangereusement, il eut assez de force et d'intrépidité pour voler au secours du roi Philippe de Valois, et pour l'arracher du champ de bataille. Le monarque signala sa reconnaissance en lui donnant le Ponthieu qu'il avait confisqué sur le roi d'Angleterre.

Il fut créé, le 15 juin 1245, souverain et général capitaine dans toutes les parties du Languedoc.

Le roi Jean lui donna, l’an 1354, l'épée de connétable après la mort de Charles d'Espagne.

La trêve accordée par Edouard roi d'Angleterre, étant expirée en 1356, le comte de la Marche fut chargé d'aller s'opposer au prince de Galles, qui menaçait les provinces voisines de la Guienne.

Cette expédition n'eut aucun succès par la discorde qui se mit entre le comte de la Marche et ses deux collègues, le comte de Foix et le comte d'Armagnac. Honteux de ce revers, Jacques de Bourbon remit au roi l'épée de connétable, qui fut donnée à Gautier de Brienne, duc d'Athènes. Mais il ne crut pas que cette démission le dispensât de rendre à la patrie les services que sa naissance exigeait de lui. Il combattit, le 19 septembre de la même année, à la funeste journée, de Poitiers, où il demeura prisonnier, après avoir fait de son corps un rempart à son souverain.

Délivré, l'an 1360, par le traité de Bretigny, il fut nommé par le roi Jean pour en exécuter les conditions, en remettant aux Anglais les provinces qui leur étaient cédées. Il commença par ses propres domaines, et se démit généreusement du comté de Ponthieu, que ses services lui avaient mérité.

Il marcha peu de temps après contre les brigands nommés les Tard-venus, qui désolaient, le Lyonnais et les environs. Les ayant attaqués avec Pierre, son fils aîné, le 2 avril 1361, près de Briguais, à trois lieues de Lyon, ils reçurent l'un et l'autre des blessures dont le père mourut le 6 du même mois, et le fils quelques jours après.

Le corps de Jacques de Bourbon fut enterré aux Dominicains de Lyon, sous une tombe où l'on a marqué par erreur l'année 1365 pour celle de sa mort. C'est de lui que descendent tous les princes de la maison royale, qui existent aujourd'hui. De son mariage, il eut, outre le fils qu'on vient de nommer, Jean, qui suit ; Jacques, seigneur de Préaux; et Isabelle, mariée, 1°. à Louis, vicomte de Beauniont au Maine; 2°. à Bouchard VII, comte de Vendôme.

 

JEAN DE BOURBON.

1361. JEAN DE BOURBON, successeur de Jacques, son père, ou, si l'on veut, de Pierre, son frère, dans le comté de la Marche, joignit à cet héritage les comtés de Vendôme et de Castres avec les seigneuries de Lezignem, en Narbonnais, d'Epernon, de Bréhencourt, du Thail, de Quillebeuf, etc., par son mariage contracté, le 28 septembre 1364, avec CATHERINE DE VENDÔME, qui devint héritière, l'an 1074, au plus tard , de Bouchard VII, son frère, comte de Vendôme.

Le désir de venger la mort d'une princesse du sang, l'engagea, l'an 1366, à se joindre à Bertrand du Guesclin, dans la guerre qu'il porta en Castille contre le roi Pierre le Cruel, assassin de Blanche de Bourbon, sa femme.

L'expédition fut heureuse, et le comte Jean contribua à mettre sur le trône Henri de Transtamare, frère naturel de Pierre et son rival. De retour en France, il fut nommé lieutenant-général pour le roi dans le Limosin ; et accompagna le duc de Berri dans la guerre qu'il alla faire aux Anglais en Guienne, Il se distingua, l'an 1382, à la bataille de Rosebeque, gagnée, le 27 novembre, par les Français.

 Il donna de nouvelles preuves de sa valeur, en 1384, au siège de Taillebourg.

L'an 1388, il suivit le roi Charles VI au voyage de Gueldre, et l'accompagna de même, en 1391, dans celui de Languedoc. Sa mort arriva le 11 juin 1393. Sa femme, qui lui survécut jusqu'au Ier. avril 1412, le fit. père de Jacques, qui suit ; de Louis, comte de Vendôme; de Jean, seigneur de Carenci ; d'Anne, mariée, 1°. à Jean de Berri, comte de Montpensier ; 2°. à Louis le Barbu , duc de Bavière-Ingolstadt ; de Marie , dont il sera parlé ci-après; et. de Charlotte, l'une des plus belles princesses de son temps, mariée, le 2 août 1490 , à Jean II, roi de Chypre, où elle n'arriva que l'an 1411.

Le comte Jean eut de plus un fils naturel, nommé comme lui, et surnommé le Bâtard de la Marche. (Voyez les comtes de Vendôme. )

 

JACQUES II DE BOURBON.

1393. JACQUES II eut, dans la succession de Jean de Bourbon, son père, les comtés de la Marche et de Castres, avec les seigneuries de Montaigu et de Bellac. Marie, sa soeur, s'étant fait enlever par le chevalier Jean de Beyne, seigneur des Croix, il la poursuivit, et, l'ayant arrêtée, il l'enferma dans le château de Comète, en Albigeois, où elle languit pendant plus de trente ans. ( Délivrée par ordre du roi Charles VII, elle se porta pour héritière de Jean, son frère, seigneur de Carenci, à l'exclusion de ses enfants, qu'elle qualifiait de bâtards; mais dans la litispendance, elle vendit ses prétentions pour la somme de vingt mille écus d'or à Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. )

Le comte de la Marche accompagna, l'an 1396, Jean de Bourgogne, dit le comte de Nevers, dans son expédition de Hongrie, et demeura prisonnier des Turcs la même année, à la bataille de Nicopoli, donnée le 28 septembre. S'étant racheté moyennant une grosse rançon, il fut, à son retour en France, créé grand-chambellan le 26 juillet 1397.

Zélé pour le service de la France, il courut avec quelques vaisseaux dans la Manche, et remporta plusieurs avantages sur les Anglais. Owen - Glendour réclamait alors la principauté de Galles, comme le patrimoine de ses ancêtres que le roi d'Angleterre avait usurpé Le comte de la Marche fit avec lui un traité par lequel il s'engageait à mener aux Gallois huit cents hommes d'armes et trois cents albalétriers. Ravi de trouver cette occasion d'occuper l'Anglais dans ses propres états, le ministère de France donna au comte une somme de 100 mille écus d'or pour les frais de l'expédition qu'il projetait. Mais, au lieu d'employer cette somme à l'objet de sa destination, il la dissipa au jeu et en fêtes. Il fil néanmoins semblant de vouloir tenir l'engagement qu'il avait pris, et s'embarqua effectivement, comme pour aller au secours de son allié. Mais repoussé par la tempête, il s'en revint promptement, et essuya, en passant par Orléans, les railleries des écoliers, qui lui criaient: Mare vidit et fugit

Attaché depuis longtemps à la maison de Bourgogne, il prit son parti, l'an 1407, contre celle d'Orléans, après l'assassinat du chef de cette dernière. Il s'en trouva bien d'abord ; car ayant été nommé, l'an 1409, par la faction bourguignone avec le comte de Vendôme, son frère, et le comte de Saint-Pol, pour réformer les abus de l'administration , il commença par retirer l'obligation qu'il avait faite pour les 100 mille écus d'or qu'on lui avait donnés pour son expédition d'Angleterre, et peut-être s'appropria-t-il encore une partie des dépouilles des financiers, qui furent presque tous ruinés par les recherches et les vexations, de ces prétendus réformateurs, sans que le peuple en reçût aucun soulagement. Mais étant à la tête, d'un parti de bourguignons, il fut vaincu devant Tours, et fait prisonnier, l'an 1411. par les Orléanais, qui le firent conduire à la tour de Bourges, d'où il ne sortit qu'à la paix conclue, l'année suivante, à Auxerre. ( Villaret, in-4°. tom. VII, pag. 96.) Remis en liberté, il a surprendre Louis, son frère, dans sa ville de Vendôme, le fait prisonnier, et ne lui rend la liberté qu'aubout de huit mois, après avoir méprisé les prières et bravé les menaces que des personnes puissantes lui avaient, faites, pour obtenir sa délivrance. Ce furent les remords de sa conscience qui l'obligèrent à faire ce que les motifs humains les plus pressants n'avaient pu opérer. Honteux de retenir dans les fers un frère qui n'avait à ses yeux d'autres crimes que d'être plus opulent que lui, il alla lui-même les briser, et dit en l'embrassant : « Vous réunissez, » par l'estime que vous inspirez, les intérêts les plus contraires; " il est juste que je me rende aux sentiments qui vous sont dus. » Je me suis fait jusqu'ici violence en y résistant, pour céder " au plus vil sentiment qui m'arme contre vous ; reconnaisses " un frère qui vous délivre, où bien celui qui vous enchaîna ». C'est le discours que lui prête un ingénieux moderne. Jacques étant devenu veuf, l'an 1414 an plus tard, de BÉATRIX, fille de Charles III, roi de Navarre ( qu'il avait épousée le 14 septembre 1406 , et non pas en 1397 ) , il contracta une nouvelle alliance, l'an 1415, avec JEANNE II, reine de Naples et de Sicile. Mais les grands démêlés qu'il eut avec cette princesse le déterminèrent, au bout de quelques années, à se séparer d'elle et à se retirer en France. ( Voyez les rois de Naples et de Sicile. ) Il y rentra sur la fin de 1422, après avoir erré quelque temps en Italie.

Son retour ne fut pas inutile au roi Charles VII, nouvellement élevé sur le trône. Ce monarque l'ayant nommé, l'an 1424, gouverneur de Languedoc, il arrêta les courses des Anglais, des Bourguignons et des routiers, qui désolaient le pays.

Mais, à la demande du roi, il se démit, l'année suivante, pour lui obéir et lui complaire, de ce gouvernement, en faveur du comte de Foix, qu'on ne pouvait détacher qu'à ce prix du parti des ennemis de la France. Une pension de 12 mille livres sur les revenus du Languedoc, fut le dédommagement que Charles VII lui accorda, le 13 avril, pour ce généreux sacrifice. ( Vaissète, tom. IV, pag. 464, 466. )

Jacques de Bourbon conservait toujours le titre, les honneurs et le cortège de la royauté ; mais il n'en soutint point le caractère, surtout dans les dernières années de sa vie. On vit dans sa conduite un mélange ridicule de faste et de faiblesse qui le fit tomber dans le mépris. Il s'aperçut lui-même de sa décadence dans l'opinion publique ; et la vénérable Colète, réformatrice de l'ordre de Sainte-Claire, acheva de le déprendre du faux éclat des grandeurs humaines dans les entretiens qu'il eut avec elle. Les exhortations pathétiques de cette pieuse fille le touchèrent au point qu'il prit le parti de se faire cordelier.

 Il choisit le couvent de Besançon pour le lieu de sa retraite, et s'y rendit, l'an 1435 dans l'équipage le plus bizarre et le plus propre à faire soupçonner le dérangement de son cerveau. « J'ai » lu , dit Brantòme ( tome I) , dans l'histoire de ce grand Olivier de la Marche, qui estoit, lors à Besançon , et le vit quand » ce roy s'y vint rendre cordelier ; dit qu'il se faisoit porter » par quatre hommes en une civière, telle sans aultre différence que les civières que l'on porte les fiens, fumiers et ordures, et estoit demy couché.... demy appuyé et levé à l'encontre d'un meschant et desrompu oreiller de plumes, vestu,  pour toute parure, d'une longue robe grise de petit prix ; et estoit ceint d'une corde nouée en la façon d'un cordelier, et en teste avoit un gros bonnet blanc de laine, noué et bridé par-dessous le menton.... Dit pourtant ledict messire Olivier que ledict roi de sa personne paroissoit un grand chevalier,  fort beau , fort bien fourré de bons membres, ayant le visage bon, agréable, et portant une chere joyeuse en sa veuil lette vers chascun.... Il avoit à sa suite quatre cordeliers de l'observance, que l'on disoit grands clercs et de sainte vie ; et après iceulx sur le coin où il pouvoit avoir 200 chevaux,  dont il y avoit litière, chariot couvert, haquenées. mules,  mulets dorés , harnachés honorablement. ; et avoit sommiers couverts de ses armes, et nobles et serviteurs bien vestus et en bon point.... et en cette pompe humble et. dévote ordonnance fit son entrée de Besançon , comme il avoit fait dans toutes les autres villes ; et puis entra au couvent, où depuis on le vit rendu cordelier. »

Il mourut, le 24 septembre 1438, à l'âge de soixante-huit ans, et fut enterré au couvent, des religieuses de Sainte-Claire, dans la chapelle qu'il y avait fait bâtir. BEATRIX, sa première femme, lui donna Eleonore, mariée , l'an 1429, à Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac, qui, dès l’an 1435, prenait le litre de comte de la Marche.

 

BERNARD D'ARMAGNAC.

1435. BERNARD, comte de Pardiac, second fils de Bernard VII, comte d'Armagnac, fut pourvu, l'an 1435, du comté de la Marche, par le roi Charles VII, après la retraite de Jacques de Bourbon. En mourant (l'an 1462 an plus tard), il transmit ce comté à son fils aîné, qui suit. (Voyez les comtes de Pardiac. )

 

JACQUES D'ARMAGNAC.

1462 au, plus tard, JACQUES, fils aîné de Bernard d'Armagnac, lui succéda au comté de la Marche comme à celui de Pardiac, et obtint du roi Louis XI le duché de Nemours , en considération de son mariage contracté, le 12 juin 1462 , avec LOUISE, fille de Charles d'Anjou, comte du Maine.

Le comté de la Marche ayant été disputé, l'an 1465, à Jacques d'Armagnac, par Louis-Jean de Bourbon, comte de Vendôme, le premier fut maintenu dans sa possession par arrêt du conseil, rendu le 21 janvier 1466 (n.st.).

 Ce jugement, auquel présida Louis XI, ne le rendit pas plus attaché à ce monarque. Artificieux, inquiet, audacieux, ingrat et perfide, il ne se forma point de complot, de faction et de révolte où il n'entrât. Louis XI, après lui avoir pardonné plusieurs fois, voyant qu'il bravait, en quelque sorte, l'autorité souveraine dans son château de Carlat, où il vivait dans l'indépendance, chargea, l'an 1475, le sire de Beaujeu d'aller le forcer dans cet asile. Jacques, se voyant investi par des forces supérieures, consentit à se rendre, à condition qu'on lui conserverait la vie. Le sire de Beaujeu le promit, de l'avis des généraux qu'on lui avait donnés pour éclairer sa conduite. Mais Louis XI n'eut pas honte de désavouer son gendre, et l'obligea même de présider au jugement du procès qu'on fit au prisonnier. Il est vrai que, voyant le duc de Bourbon, son frère, impliqué dans les dépositions du duc de Nemours, il crut devoir s'abstenir de donner sa voix ; mais il recueillit celles des autres juges, et l'arrêt de mort qu'ils rendirent fut prononcé, en son nom, le 10 juillet 1477- On a rendu compte plus haut, à l'article des comtes de Pardiac, autant que les bornes d'un abrégé peuvent le permettre, de l'appareil effrayant avec lequel ce jugement fut exécuté le 4 août suivant, et du sort qu'éprouvèrent les enfants de Jacques d'Armagnac.

 

PIERRE DE BOURBON, SIRE DE BEAUJEU.

1477. PIERRE , quatrième fils de Charles I, duc de Bourbon, et d'Agnès de Bourgogne, marié, l'an 1474; avec ANNE, fille du roi Louis XI , eut, dans la dépouille de Jacques d'Armagnac par lettres du mois de septembre 1477, le comté de la Marche et la seigneurie de Montaigu , en Combrailie. Il devint duc de Bourbon, en 1488, par la mort du duc Jean, son frère aîné, et finit ses jours à Moulins, le 8 octobre 1503, ne laissant de son mariage qu'une fille, nommée Susanne, mariée à Charles de Bourbon, comte de Montpensier. (Voyez les sires de Beaujeu et les ducs de Bourbon. )

 

 

 L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur., par le moyen d'une table chronologique... Par un religieux de la congrégation de Saint-Maur

 

 

 

 Chronologie Historique des Comtes de la MARCHE - Liste des comtes de la Marche <==

 


 

(1) Ces lettres ont été publiées, mais avec beaucoup d'incorrections, par le P. Anselme, Hist. généal., t. III, p. 66, d'après un vidimus de Charles VI de l'an 1406.

 

(2) Geoffroy du Plessis, évêque d'Evreux (1311-1327), et Henri de Sully, grand bouteiller de France, depuis gouverneur de Navarre (1329-1334).