Les Halles de Niort au travers le temps

Le marché couvert, nouvellement élevé par Alphonse de Poitiers sur l’emplacement du Merdusson desséché, au cœur même de la ville.

Les travaux se sont opérés pendant les années 1259 et 1260 (1). Ils sont achevés en 1261 (2) et Niort possède à la fin du XIIIe siècle cette superbe halle qu’un témoin oculaire appellera bientôt « la plus grande et la plus belle cohue du royaume de France».

Vraisemblablement l’édifice est en bois, couvert en tuiles. La pierre trouve son emploi dans les étaux ou bancs des marchands. Comme le terrain n’est pas entièrement desséché, on a dû creuser des fossés autour de la halle et ménager des conduits souterrains pour l’écoulement des eaux que le Merdusson entraîne à la Sèvre

Avant cette construction, Niort possédait déjà un marché achalandé avec des bâtiments propres à abriter les marchandises. Le nom de Vieux Marché en indique aisément la place, près de l’église Saint-André, mais la prospérité croissante de la ville, le développement incessant du commerce et de l’industrie, ont démontré son insuffisance et fait souhaiter un emplacement plus central. Alphonse de Poitiers, par la création de la Halle, a donné satisfaction aux intérêts niortais et du même coup a augmenté son domaine d’un excellent revenu.

 

Les bourgeois de Niort, en effet, jouissaient depuis un temps immémorial du Vieux Marché, qu’ils prétendaient leur avoir été concédés en toute immunité et franchise par les rois d’Angleterre Henri et Richard, sans doute avec les privilèges qui ont précédé l’octroi de la commune en 1199. (==>Aliénor d’Aquitaine la concession des priviléges de franche-commune)

Le roi ou le comte n’y percevaient que des droits de vente et de péage. La location des places dans les bâtiments du marché appartenait à l’échevinage, et lui rapportait un revenu de trois cents livres.

En élevant la nouvelle halle, Alphonse de Poitiers s’est affranchi de tout partage. L’édifice fait entièrement partie de son domaine. Il perçoit non seulement les droits de vente, de péage, de talonnage, mais encore la location des  étaux aux marchands. Les réclamations de l’échevinage restent sans résultat. Seuls les établissements religieux obtiennent en partie satisfaction.

C’est sous la Cohue que se tiennent les foires de la Saint-André, qui durent huit jours. Leur fondation, si l’on en croit les Niortais, remonte à Henri II Plantagenet. Jean Sans Terre, en 1215, en a donné le revenu à Savary de Mauléon.

Elles attirent des marchands de tout le royaume qui groupent sous la Halle les produits les plus divers, et se livrent à des transactions considérables.

Malheureusement l’œuvre d’Alphonse est vouée à un sort précaire. En moins d’un siècle, la négligence des agents du roi mettra la Cohue hors d’état de résister aux ravages d’un violent ouragan. Le dommage deviendra si considérable que Jean de Berry préférera construire une halle plutôt que de réparer l’ancienne.

 

 

La ville de Niort fut sans halles jusqu'en 1802, date de la construction des Halles Brisson (voir photo : dessin de Albert Couras (1)).

Ces Halles se situaient au même emplacement des halles connus aujourd'hui.

Les Halles actuelles, classées Monument historique, datent de 1865.

 

Les halles ont été construites par l'architecte Simon Durant de 1867 à 1871 calquées sur les pavillons de type Baltard qui garnissaient "le ventre de Paris". L'architecture Baltard en Fonte, acier et verre étaient à l'époque des matériaux modernes.

L’architecte fut choisi sur concours parmi 26 dossiers déposés à la ville. Les halles ont été agrandies en 1927 avec la création des deux toits latéraux en extérieur.

Aujourd’hui, elles sont toujours dans leurs fonctions d’origine, sauf la halle aux grains qui est maintenant un office de tourisme.

Les halles sont en fait un concept 3 en 1.

-          Le marché à l’étage tout en verre et métal pour laisser passer la lumière, sans mur porteur pour un espace ouvert

-          Les magasins faits de pierre au rez de chaussée

-          En soubassement, la halle aux grains, en brique, coté sèvre pour accueillir les chargements des bateaux.

 

Le bâtiment actuel composé de verrières, fonte et acier, que l'on contemple sur la place du donjon a été construit en 1869, c'est le troisième marché couvert de la ville. les frontons des 3 portes d'entrée sont ornés de moulures en fonte représentant le Dieu Mercure, la déesse de la moisson Cérès, des produits de l'agriculture; l' horloge est surmontée par les armoiries de Niort et depuis 1986, les halles sont très régulièrement rénovées et entretenues.                                           

 

 

En 2019: Les halles de Niort, plus beau marché du Poitou-Charentes

plus_beau_marche de France Halle de Niort

C'est désormais officiel. Les halles de Niort ont été sacrées plus beau marché du Poitou-Charentes.

Ce concours lancé par TF1 en partenariat avec La Nouvelle République a mobilisé les internautes qui ont voté en masse pour le marché niortais devant ceux de Royan (17), Angoulême (16) et Chauvigny (86). ==> https://www.lanouvellerepublique.fr/niort/les-halles-de-niort-plus-beau-marche-du-poitou-charentes


 

 

Hermès à Gauche le Dieu du commerce, Ceres la déesse de l'agriculture

1259. « Pro prima medietate precii carpentario qui facit cohuam de Niorto. » 1259, 1 er novembre. «  Pro expensa carppentariorum qui venerunt pro cohuis de Niorto et de Picatvi. »….comptes d’Alphonse, Arc. Hist. Du Poitou, VIII, pp. 17 et 29..1260, 1er Novembre. « Opera castrorum : missio pro cohua de Niorto…. Pro meranno empto… pro capusioet minutis operariis juvantibus carpentarios…Charragium meranni calcio et sabuli…pro emptionne calcis sabuli et lapide, pro maconneria et fossis ad stallos situandos faciendis… minutis operariis qui adequaverunt plateas…. Pro fosseatis circa cohuam et meatibus aque subterraneis faciendis… pro centum et viginti tribus milibus clavorum et grosso clavo et falberea… pro centum et viginti tribus milibus clavorum et grosso clavo et falberea.. pro IIIe XLIII et IXe tegularum cum Vi duidenis festallorum…tegentibus cohuan Comptes d’Alphonse, Arc. Nat., J, 192A, 32.

(1)    En 1260, la halle figure dans les revenus du comte de Poitou pour la location des étaux et le droit de jalonnage. Hommages d’Alphonse, p.105.

(2)    Lettre de grâce accordée à Philippe Gillier, receveur du Poitou, nov. 1354. Arch. Hist. Du Poitou, XVII, p.177.

 

==> http://www.wiki-niort.fr/Halles_de_Niort