Liste de ÉVÊQUES DE POITIERS BARONS DE CHAUVIGNY

Peu après le fameux An mille, au moment où se forma la Féodalité, les maîtres de Chauvigny étaient les évêques de Poitiers qui s'installèrent dans le château baronnial par la force dominante de l'Eglise, arrivée à son apogée.

 Ils sont les plus anciens seigneurs de la baronnie, tout en ayant été précédés par les ancêtres de l'ancienne famille franque des Chauvigné, qu'ils avaient spoliés.

A la fin du XVe siècle, les évêques barons possédaient par acquisition (en dehors du château de Chauvigny qu'ils occupaient depuis l'an 1000) les châteaux de Montleon en 1285, de Gouzon en 1337 et d'Harcourt en 1447.

On compte donc 59 évêques parmi lesquels un prince du sang royal et six cardinaux.

 Le plus ancien est Isambert Ier qui vivait au commencement du XIe siècle ; le dernier, De Saint-Aulaire, en fonctions au moment de la Révolution, mourut en émigration à Fribourg (Suisse) en 1798.

Les évêques gouvernèrent Chauvigny et les autres châtelains, leurs vassaux, pendant près de 800 ans, par une cruauté sans égale, tant en « bons catholiques que protestants ».

Voici cette liste des évêques qui, à « l'époque du bon vieux temps », firent peser leur lourde tyrannie sur le « bon peuple chauvinois » et qui servira de document important à l'histoire de ses enfants :

Le château des évêques de Poitiers

1021 – 1047 Isambert Ier (Isembertus)

1047 – 1086 Isambert II. (Isambartus, Isambard)

1087 – 1115 Pierre II (Petrus). Mort à Chauvigny, exilé à la suite de démêlés célèbres avec Guillaume IX, comte de Poitou.

Guillaume d’Aquitaine n’avait pas imité la soumission, tardive, mais réelle, du roi Philippe Ier ; il persistait dans sa vie licencieuse et avait enlevé Malburgione, femme du vicomte de Châtellerault.

Pierre II, animé d’un saint zèle, voulut, encore une fois, rappeler le coupable au devoir et faire cesser le scandale. Il se présenta devant le comte, et, nouveau Jean Baptiste, lui parla avec vigueur. Rien ne put toucher ce cœur endurci ; ce que voyant l’évêque s’apprêta à renouveler la sentence d’excommunication que le légat du pape, Gérard d’Angoulême, avait déjà porté.

Il en avait à peine prononcé les premiers mots « lorsque Guillaume, pris d’une fureur subite, saisit l’évêque par les cheveux, et brandissant son glaive : Tu vas mourir, dit-il, si tu ne m’absous.

Alors l’évêque, simulant la crainte, demanda répit et acheva courageusement le reste de la formule… Ayant ainsi accompli son devoir et ayant soif de la récompense du martyre, il tendit le cou : Frappe, dit-il, frappe. Mais Guillaume, encore plus endurci, recourant à plaisanterie (1), selon son habitude, répliqua : Je te haïs tant, que je ne veux pas même t’honorer de ma haine et ce ne sera jamais ma main qui te fera entrer au ciel. Cependant, peu de temps après, excités par le sifflement de vipère de sa complice, il envoya en exil celui qui lui reprochait son crime (2)

C’est dans le château baronnial de Chauvigny, propriété de sa famille, que le saint fut relégué. La ville épiscopale menaça de se soulever ; le comte, effrayé, essaya de fléchir l’auguste prisonnier, qui resta inébranlable. Peu après- trois mois d’après Pavillon, deux ans et demi environ d’après M.de Chergé,- le saint pontife succombait. Les avis sont partagés sur les causes de cette mort.

Un historien (3) le fait succomber à l’ennui, un autre (4), à ses austérités, d’autres (5) enfin au poison donné par Malburgione, ou à la privation de toute nourriture.

C’était le 5 avril, jour auquel l’église de Poitiers célèbre sa fête, et en 1115 d’après la chronique de Maillezais.

On raconte que lorsque Guillaume apprit le trépas de sa noble victime, il s’écria : qu’il se repentait de ne pas lui avoir donné la mort, afin que sa sainte âme eut une spéciale reconnaissance à celui qui lui avait procuré le bonheur du ciel (6). Cette parole étrange dénote une singulière mentalité (7)

Le corps du saint pontife fut porté à Fontevrault ; suivant le désir qu’il en avait manifesté, dit-on, et enseveli du côté de l’évangile, mais son cœur (8) fut donné à l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers.

1117 – 1123 Guillaume Ier de Ragioles, connu sous le nom de Gislebert.

1124 – 1140 Guillaume II Adelelm (Adhelelme).

1140 – 1142 Grimoard (Grimoardus).

1142 – 1154 Gislebert II de la Porée (Gislebertus Poretanus), célèbre par ses discussions théologiques avec Saint-Bernard.

1154 –  1157 Calo (Chaslo, Chalon, Calon).

1159 – 1161 Laurent (Laurentius).

1162 – 1182 Jean III, Belles mains (Joannes, Jean de Belesme, Jean de Bellesme), anglais d'origine et ancien trésorier de l'Eglise d'York et se lie d’amitié avec Thomas Becket. Promu évêque de Poitiers par la volonté d'Henri II d'Angleterre,  Archevêque de Narbonne, Puis de Lyon et légat du pape.

Le château des évêques de Poitiers

 

Jean Belles-Mains, évêque de Poitiers reçoit au château baronnial, Isaac de Stella et Hugues de Chauvigny - 

Isaac naquit en Angleterre, et y embrassa la vie religieuse dans un monastère de l'ordre de Citeaux (1) Après avoir été suffisamment éprouvé dans cette maison, il fut envoyé par ses supérieurs pour en fonder une autre dans une île (2). De là il passa en France, l'an 1147, et devint abbé de l'Etoile, au diocèse de Poitiers.

 

1184 – 1197 Guillaume III de Tempier (Guillelmus Temperii).

1197 – 1198 Aymar de Peyrat (Aymarus, Annarus, Ademar du Peirat), sacré à Rome par le pape Innocent III, mort avant d'avoir pris possession.

1198 – 1216 Maurice de Blason (Mauricus, Maurice de Blazon).

 

Mirebeau et ses seigneurs - Castellum quod vocatur Mirebellum in comitatu Pictav

Castellum quod vocatur Mirebellum in comitatu Pictav (vers 1000 dipl, du roi Robert pour l'abbaye de Cormery) Castrum quod dicitur Mirabel, vers 1050 (cartulaire de Saint Nicolas) Castrum Mirabelli vers 1051 (Fonteneau, t. XVIII, p 115) Miribellum, 1092 (Bouquet, t. XIV, p85) Petrus de Mirabel, vers 1100 (cart.

 

1217 – 1226 Guillaume IV le Prévost (Guillelmus IV).

1226- 1234 Philippe (Philippus).

1235 – 1257 Jean IV de Melun (Joannes de Meloduno).  

1259 – 1271 Hugues Ier de Châteauroux (Hugo).

1279 – 1305 Gauthier de Bruges (Gualterus), ancien moine franciscain (Frater Galterus) né en Flandre.

1307 – 1319 Arnauld d'Aux (Arnaldus), depuis légat du pape, camerier et évêque d'Abano.

1320 – 1357 Fort d'Aux (Fortius), neveu du précédent.

1357 – 1362 Jean V de Lioux.

1363 – 1370 Aymeric de Monts (Aymericus de Montibus), mort à Chauvigny.

1370 – 1375 Guy de Malsec (Guido de Malesieto), précédemment chapelain du pape Urbain V et évêque de Lodéve.

1375 – 1385 Bertrand de Maumont (Bertrandus de Mallomonte).

1385 –  1391 Simon de Cramaud, précédemment religieux de l'abbaye de Saint-Julien de Beauvais, chancelier du Comte de Poitou, évêque d'Agen, depuis patriache d'Alexandrie, administrateur de l'évêché de Carcassonne, archevêque de Reims.

1391 – 1394 Louis Ier d'Orléans (Ludovicus Aurelianensis), précédemment maître des Requêtes, depuis évêque de Beauvais, mort en Terre sainte, le 27 mars 1396.

1394 Louis II de Bar, évêque de Langres, de Châlons, de Verdun, ambassadeur du roi Charles VI au concile de Pise, évêque de Porto.

1394 – 1405 Ithier de Martreuil ou Mareuil, précédemment chancelier du duc de Berry. Cet évêque avait la passion de vivre amoureusement entouré d'une cour féminine, dans la forêt de Chauvigny. La « Cour de Mareuil » a donné son nom à la forêt.

Le château des évêques de Poitiers

1405 – 1409 Gérard de Montaigu, précédemment chancelier du duc de Berry.

1409 – 1413 Pierre III Trousseau.

1413 – 1422 Simon de Cramaud, précité, administrateur du diocèse.

1424 Hugues II de Combarel.

Hugues de Combarel, évêque de Poitiers désigné par Charles VII pour questionner Jeanne d'Arc sur sa mission en 1429

La famille de Combarel paraît devoir son élévation à Hugues de Combarel qui occupa une situation brillante dans la première moitié du XVe siècle.

 

1441 – 1448 Guillaume V Gouge de Charpagnes, précédemment chancelier du duc de Berry, Jacques Juvenal des Ursins, administrateur du diocèse avec le titre de patriarche d'Antioche, 1449-1456.

L'évêque de Poitiers Guillaume V échange le château d'Harcourt de Chauvigny à Charles d'Anjou, vicomte de Châtellerault.

Chauvigny constituait le plus important fief épiscopal, et sa possession seule aurait suffi à mettre les évêques de Poitiers au range des grands seigneurs de la province. Mais sur le promontoire commandant le passage pas moins de quatre châteaux s'étaient accrochés dès le haut moyen âge : Le château épiscopal, château d'Harcourt, château de Mauléon, château de Gouzon.

 

1457 – 1461 Léon Guérinet dit Pain, précédemment conseiller au Parlement de Paris, depuis évêque de Fréjus.

1461 – 1479 Jean VI du Bellay.

1479 – 1480 Guillaume VI de Clugny.

1481 – 1505 Pierre V d'Amboise.

1505 – 1507 Jean VII de la Trémouille, archevêque d'Auch, administrateur du diocèse de Poitiers,

1510 – 1521 Claude Ier de Husson de Tonnerre, évêque de Seez ; jusqu'en 1510 en compétition avec Florent d'Allemagne, abbé commandataire de Saint-Savin, prévôt et chanoine de l'Eglise de Poitiers qui avait été élu en même temps que lui.

1521 – 1532 Louis III de Husson, comte de Tonnerre, fut nommé à l'âge de 18 ans et se démit avant d'avoir été sacré, supplée pendant la durée de son épiscopat par Jean Latomus, évêque d'Hebron.

1532 – 1534 Gabriel de Grammont, archevêque de Bordeaux et de Toulouse.

1541 – 1551 Claude II de Longuy, Cardinal de Givry.

1555 – 1559 Jean VIII d'Amoncourt.

1564 – 1568 Charles de Pérusse d'Escars, frère du cardinal Anne d'Escars.

1568 – 1578 Jean IX de Faye.

1578 Charles de Pérusse d'Escars, précité.

1578 – 1611 Geoffroy de Saint-Belin.

1611 – 1652 Henri Louis Chasteigner de la Roche Posay.

1652 – 1657 Antoine Barberini, précédemment légat du Saint-Siège à Avignon.

1657 – 1680 Gilbert III de Clérembault de Palluau.

1680 – 1685 Hardouin Fortin de la Hoguette, docteur de Sorbonne.

1685 – 1686 Armand de Quinçay.

1686 – 1698 François Ignace de Baglion de Saillant.

Mathurin Leni de Koetlez, non installé.

1698 – 1702 Antoine Girard, docteur de Sorbonne.

1702 – 1732 Jean Claude de la Poype de Vertrieu, précédemment chanoine comte de Lyon.

1732 – 1748 Jérôme Louis de Foudras de Courcenay.

1748 – 1759 Jean Louis de la Marthonie de Caussade.

1759 – 1798 Martial Louis de Beaupoil de Saint-Aulaire, précédemment grand archidiacre et vicaire général à Rouen, abbé commandataire de St-Taurin au diocèse d'Evreux nommé évêque de Poitiers en 1759, en fonctions au moment de la Révolution, député aux Etats généraux, mort émigré à Fribourg (Suisse) au mois de novembre 1798.

 

Le château des évêques de Poitiers

 

Celle-Lévescault (Camera episcopalis) - Sur les pas d’Austrapius, duc de Tours et de Poitiers, tué au VIe siècle par les Teifales <==

 

==> Notice Historique sur le château Baronnial des évêques de Poitiers à Chauvigny et les fouilles archéologiques.

==> LE MONACHISME EN POITOU AU Xe SIÈCLE

==> Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )

 

 

 

 


 

(1)   Guillaume avait des plaisanteries cyniques. Aux exhortations de Gérard d’Angoulême, qui était chauve, il avait répondu : Saint évêque, je me convertirai quand tu pourras passer le peigne dans ta chevelure.

(2)   Guillaume Malmesbourg. Des Gestes des rois de France, livre V, cité dans les Evesques de Poitiers, par Nesly, p.71.

(3)   Pavillon

(4)   M. de Chergé, Saints du Poitou.

(5)   L’Histoire de Fontevraud donne leur opinion sans les nommer.

(6)   Besly, p.71.

(7)   Grâce à l’intercession de saint évêque et aussi à l’intervention de saint Bernard, Guillaume se convertit enfin, et, telle fut sa pénitence, que l’Eglise de Poitiers l’honore comme saint, le neuvième jour d’avril. Il mourut en 1138, à Saint-Jacques de Compostelle. Par testament, il laissait à fille ainée, la fameuse Aliénor, l’Aquitaine et le Poitou.

(8)   Pavillon, p.223 ; Histoire de Fontevrault, p.194. cette opinion parait la plus naturelle et la mieux fondée, puisqu’il est constant que le coprs fut « partagé » entre les deux abbayes.