Les tremblements de terre dans le passé en AUNIS et dans les régions voisines
II est bien ici une légende sur un prétendu volcan qui aurait existé à l'emplacement du gouffre de Chevarache au nord-est de la Redoute des Portes à l'île de Ré, et où les marins prétendent rencontrer toujours l'eau de mer plus chaude que dans les régions voisines.
Ce gouffre, au XVIIIe siècle, passait pour avoir 50 toises de diamètre avec des bords escarpés situés, les uns à fleur d'eau, les autres à un, deux ou trois pieds de la surface. Il est appelé aujourd'hui Fosse de Chevarache, mais le rocher dont il vient d'être parlé, a perdu un peu de sa partie supérieure.
Ce souvenir de volcan est d'ailleurs une pure légende, car aucun phénomène particulier ni précis n'a été constaté dans cette région.
Les bouleversements du sol produits dans notre contrée aux époques préhistoriques seraient-ils dus aux volcans de l'Auvergne ? Cela est plus vraisemblable
Notre côte a été incontestablement bouleversée et horriblement morcelée dans les temps lointains. Mais comme nous l'avons démontré dans notre ouvrage sur la Charente-Inférieure avant l’histoire, ces bouleversements prirent fin avec l'époque tertiaire qui avait vu surgir à nouveau tous nos terrains crétacés et jurassiques, et si des dépôts quaternaires se trouvent épandus dans les vallées, après avoir été entrainés des coteaux voisins où l'homme avait son habitat, la cause de ces dépôts est duc non pas à des secousses sismiques, mais à des phénomènes atmosphériques qui donnèrent naissance au diluvium.
Nous sommes heureux d'ailleurs de constater qu'en exprimant jadis cette opinion, nous nous trouvons d'accord sur ce point avec M. Glangeaud, professeur de géologie à la faculté de Clermont-Ferrand, qui, dans un récent article publié sur les volcans d'Auvergne, dans la Revue scientifique du 16 janvier 1909, s'exprime ainsi:
« C'est au début du quaternaire que les volcans à cratère se greffèrent sur le massif du Mont-Dore. » Depuis cette époque, il y eut bien des modifications dans les vallées et dans les golfes de notre contrée, d'où la mer se retira peu à peu.
Mais ces modifications paraissent avoir une cause bien étrangère aux mouvements sismiques. Selon les uns, elles sont dues à des accumulations de vases provenant de l'érosion des falaises par les vagues de la mer.
Selon d'autres, mais les géologues ne sont guère d'accord sur ce point, ces transformations du sol de nos vallées riveraines de la mer seraient ducs à une poussée verticale, abaissement ou relèvement de la croûte terrestre dont la cause semble inconnue.
Il y a lieu d'observer néanmoins, que si aux époques historiques, depuis le XIIIe siècle notamment, aucune modification sérieuse ne parait s'être produite sur nos côtes, en dehors des envasements, il est un fait qui établirait qu'à l'époque néolithique, un phénomène aurait eu lieu qui pourrait bien avoir pour cause une poussée verticale, un affaissement de la croûte terrestre dans notre contrée.
A cette époque, en effet, une secousse violente avait pu se produire. Nous en trouvons sinon une preuve, tout au moins une présomption dans l'existence d'un mégalithe autour duquel se faisaient en grand le polissage et la taille du silex, mégalithe placé sur le chenal d'Ors à l'Ile d'Oléron, et qui se trouve aujourd'hui couvert par la mer dans le pertuis de Maumusson. Et l'on peut se demander même, si, à cette époque, un mouvement sismique n'aurait pas amené la séparation de l'île d'Oléron du continent.
Ceci exposé, il nous reste maintenant à faire le relevé des tremblements de terre qui se sont produits dans notre région dans les temps historiques.
Nous reprendrons en partie, à cette occasion, une intéressante étude qui a été publiée, par M- Biteau, dans le tome VI du Bulletin de la société de géographie de Rochefort.
Mais notre relevé sera plus complet, car nous avons eu la bonne fortune de retrouver dans nos documents régionaux un certain nombre de faits inconnus relatifs à cette question.
Le plus ancien souvenir qui nous soit resté d'un tremblement de terre dans notre pays, remonte au 12 novembre 1312, d'après les Chroniques de Saint-Martial de Limoges.
A cette date, un moine se trouvait dans le diocèse de Saintes. Au milieu de la nuit, la lune étant dans son plein, une secousse se produisit dans tout ce diocèse accompagnée d'un bruit effrayant.
D'après Audiat, cent ans auparavant, en 1215, un tremblement de terre se serait également produit à Limoges (Archives de la Saintonge, Bulletin. t. V, p. 208).
Il nous faut ensuite attendre jusqu'à la fin du XVIe siècle pour être documenté sur ce sujet.
1568, 26 octobre. Violent tremblement de terre accompagné de terribles coups de tonnerre, d'une grêle affreuse et de météores effrayants ce qui fut interprété, dit La Popelinière, comme le présage de grands maux (La Popefiniére, Histoire du troubles. t. I, p. 152 Jourdan, Ephémérides, I, 402).
1591. « Le mercredi 24 avril, environ l'heure de midi, la terre a tremblé en plusieurs-lieux, notamment en l'isle de Ré, où plusieurs maisons, au bourg de Saint-Martin, ont considérablement tremblé ce qui a épouvanté beaucoup de personnes » (Mémorial d’Herpin, Bibl. de La Rochelle, mss 163, fol. 11). `
1582. « Le vendredi 9 avril, entre 9 et 10 heures du soir, la terre a beaucoup tremblé en l'isle de Ré et ailleurs » (Même source, fol. 13)
1593. « Le 8 apvril au soir, entre huit et neuf heures, fut fait un tremblement de terre qui dura peu. » « L'hiver de cette année fut fort pluvieux le 19 de novembre sur les trois heures après midi, il y eut un tremblement de terre en cette ville » (Merlin, Archic, Saint., t. V, p..70, 71).
1598. D'après Merlin (foc cit., 1. V, p. 84) :« Constitution du temps fruits chers, pluie froide. Tremblement de terre. Juin, juillet et août ont été fort inconstants le vent du nord-est n'a pas duré. » `
Pierre Sansceau, praticien, dit également que le samedi 12 décembre de cette année, la terre a tremblé « par deux diverses fois comme il a été remarqué par plusieurs personnes, et qu'à celle occasion on implora la pitié de Dieu » (Bibl. de La Rochelle, mss. 100, f» 221, V°.)
1600, 16 juin. « A trois heures après midy, il y a eu un tremblement de terre (Merlin, loc cit., p. 108; Jourdan, Ephétn., t. I, p. 202).
1605, 28 juillet. Petit tremblement de terre à 4 heures du matin (Merlin, toc. cit., p. 124 Jourdan, Ephétn. t. I, -p. 265).
1605. « Le 24 -août, au soir, ainsi que ma femme et moi, dit Merlin, estions à souper chez ma mère, ainsi que nous achevions, à sept heures du soir, il se fit un grand tremblement de terre en cette ville j'ostimois que la maison devait tomber sur nous, ayant esté par trois fois soulevés de dessus les sièges où nous étions assis » (Merlin, loc. cil., p. 124). La même constatation fut faite par Guillaudeau qui dit que « tout le monde de ceste ville et gouvernement pensoit que tout deubt tourner sens dessus dessous- » Cela se passait entre six et sept heures du soir, moment auquel chacun était à souper (Guillaudeau, Arch. Saint., t. XXXVIII, p- 28).
1606, 11 octobre. A cinq heures du soir, tremblement de terre à La Rochelle (Merlin, loc. cit., p. 130 Jourdan, Ephém., t. I, p. 37S).
1615. Dans la nuit du vendredi 2 janvier au samedi 3, il se fit un tel tremblement de terre à Poitiers avec des flammes de feu qui apparurent au ciel, que l'on, pensoit que toute la ville deust estre embrasée et renversée » (Guillaudeau, Arch. Saint., t. XXXVIII, p. 94).
1619. « Le dimanche 11 d'aoust il y a ou un léger tremblement de terre par la volonté de Dieu en ceste ville entre onze et midy » (Merlin, Bibl. La Rochelle, mss. J61, folio 543 Jourdan, Ephém., 1. 1, p. 284.)
1639, 16 février. Tremblement de terre à onze heures du matin (Journal de Samuel Robert, Archives de la Saintonge. t. XI.) Cette secousse qui se produisit entre onze heures et midi fut très violente d'après Guillaudeau (loc. cit., page 400).
1639, 3 juin. Le même chroniqueur rappelle qu'à cette date, un second tremblement de terre se produisit à La Rochelle, avec un bourdonnement qui dura assez longtemps. (Dito).
1648. « Le 30 juillet au dit an, entre les huîct et neuf heures du soyr, il s'est fait un tremblement de terre et a commencé par un grand bruyement qui a continué tout le temps qu'il fallut pour considérer telle chose. Dieu nous préserve des mauvais pronosticqjz que les hommes en tirent, semblables à ceux qui sont arrivés depuis le dernier tremblement de terre arrivé le 16 février 1639, sur les onze heures du matin. » (Journal de Samuel Robert, dito).
1700, 18 février, jour des Cendres. A trois heures après-midi tremblement de terre suivi de légères secousses (Arcère, tome II, p. 358 Jourdan, Ephém., t. I, p. 41).
1700. Tremblement de terre le 25 février, jour des Cendres, à trois heures après midi (Maudet, Jourdan, t- I, p. 49.)
1703. Le 16 décembre à dix heures et demie du matin, par un temps clair et serein, tremblement de terre avec bruit et bourdonnement (Maudet, Jourdan, t. 1, p. 488).
1704. Le 10 janvier, on ressentit un tremblement de terre à La Rochelle vers les six heures du soir. (Arcère, tome II, p. 358 Jourdan, t. I, p. 7). Ce mouvement sismique avait été aussi ressenti à Rochefort. Et même d'après une lettre écrite par Le Peletier à l'ingénieur Buisson, le 18 janvier 1704, il semblerait que, trois mois avant cette date, une autre secousse avait eu lieu dans cette ville.
Le 3 août 1704, Le Peletier écrivait également ceci « Je yoy par ce que vous me mandez que les tremblements de terre deviennent aussi fréquents au pays d'Aulnis qu'en Italie » (Notes de M. Polony, dans le Bulletin de la société de géographie de Rochefort, t. VI, p. 54.)
1706. 15 septembre. A trois heures et quart du matin, tremblement de terre (Arcère, loc. cil., et Jourdan, I, p. 341).
1711. En septembre, tremblement de terre sur les huit heures du soit (Arcère, loc. cit.)
1735. En mai, autre secousse à neuf heures et demie du soir. (Arcère, t. II, p. 359.)
1736, 16 février. Grand tremblement de terre à La Rochelle et dans les bourgs circonvoisins, vers les dix à onze heures du matin (Journal de Jousseaume, cité par Jourdan, t. I, p. 40 Arcère, loc. cit.)
1755, 1er novembre. Voici le résumé intéressant d'un récit relatif à un tremblement de terre qui s'était produit à cette date dans le Bordelais et l’Angoumois. Ce tremblement de terre avait duré quelques minutes et avait occasionné une agitation extraordinaire des eaux de la Garonne. La ville n'avait toutefois souffert aucun dommage. Ce mouvement sismique s'était produit en même temps que le tremblement de terre qui avait détruit la ville de Lisbonne.
Dans la région d'Angoulême ou observa le même jour des phénomènes curieux. A une lieue de la ville, se produisit un bruit souterrain, puis la terre s'entr'ouvrit et il en sortit un torrent chargé de sable rouge.
Plusieurs fontaines se troublèrent et les eaux baissèrent à tel point qu'on crut les fontaines prêtes à tarir.
La Charente avait baissé d'abord considérablement, puis était montée à une hauteur extraordinaire.
Le long d'un lac contigu à un ancien château des comtes d'Angoulême sur les onze heures du matin, un rocher fut brisé et s'entr'ouvrit avec un bruit effroyable qui dura plusieurs minutes. Il en sortit un torrent dont le volume d'eau, de plus de six pieds de diamètre, entraîna beaucoup de grosses pierres, des cailloux ainsi que de pièces de bois carrées et des pieux de pilotis.
Auparavant les eaux étaient troublées et blanchâtres depuis plus d'une heure, et dans le moment où le torrent se produisit, elles reprirent leur couleur naturelle. Le torrent dura deux jours.
Quelques jours avant, il y avait eu des éclairs, accompagnés de tonnerre il soufflait un vent du midi si violent que la charpente et la couverture de quelques maisons avaient été emportées.
Les sources et les fontaines de la région avaient été aussi atteintes; les eaux des unes étaient abondantes, d'autres bourbeuses, quelques-unes blanchâtres, et certaines avaient complètement tari (Journal de Verdun, 1756, pages 46, 48, cité par M. Jules Pellisson dans le Bulletin des Archives de la Saintonge et de l’Aunis, t. V, p. 227).
1756. Le 3 février à cinq heures trois quarts, tremblement de terre, précédé d'un bruit assez fort (Arcère, loc. cit Jourdan, t. I, p. 20).
1776. Le 30 avril, à cinq heures quatorze ou quinze minutes du matin, on ressentit à La Rochelle et dans les environs une secousse de tremblement de terre assez vive, dont la direction paraissait être de l'est à l'ouest. La secousse dura quelques secondes et fut accompagnée d'un bruit souterrain très fort. Quelques personnes qui avaient été réveillées par ce bruit, le prirent d'abord pour un coup de tonnerre.
Il fut ressenti par quelques vaisseaux qui se trouvaient dans la rade. La mer fut agitée et troublée. À deux heures du malin, une secousse légère avait été ressentie par quelques personnes. A l’ile de Ré la seconde secousse avait été plus forte qu'à La Rochelle, mais sans y faire aucun dégât.
Un correspondant de l’ile d'Oléron signale également le tremblement de terre le même jour à cinq heures vingt minutes du matin, et dit que, pendant un séjour de vingt ans qu'il avait fait à La Martinique, il en avait bien ressenti jusqu'à deux ou trois chaque année, mais qu'il n'en avait jamais constaté d'aussi violents.
Il faisait un vent de nord-est violent et froid « le mercure se soutenait très haut ». La terre était en ce moment fort sèche, la pluie n'étant pas tombée depuis plus de quarante jours (Annonces et affiches de la généralité de La Rochelle, 1776, 3 et 10 mai Journal de Perry, publié dans les Archives de la Saintonge, t. III, p. 309 ; Jourdan, I, p. 134)-
1780, 2 mai. Nouvelles et fortes secousses paraissant se diriger du Sud-ouest au Nord avec un bruit souterrain aussi fort que le précédent (Perry et Jourdan, I, p. 138).
1785, 20 février. Plusieurs personnes disent avoir constaté à cette date, à dix heures et demie du soir, un léger tremblement de terre. M. Lambertz, qui relate ce fait, dit n'avoir ressenti aucune secousse, mais s'être aperçu d'un bruit extraordinaire. Il ventait, mais le temps était assez beau, avec de la glace le matin.
Depuis la fin du mois dernier, il y avait eu plusieurs coups de vent violents, accompagnés de tonnerre et de grêle, qui avaient causé plusieurs naufrages, notamment celui du navire « Le Restaurateur de Saint-Domingue », chargé pour Bordeaux, appartenant à M. Nairac, grand navire très riche qui avait péri sur les côtes de l'Ile d'Oléron (Manuscrit de M. Lambertz dans mes archives).
1785, 7 septembre. Ce jour à dix heures et demie du soir, on crut avoir ressenti une légère secousse de tremblement de terre, accompagné d'un bruit semblable à celui d'une voiture dans le lointain- Le baromètre était à 28° 1, le vent ouest-nord-ouest, avec nuages et soleil. Les jours suivants il y eut assez de pluie et de vent (Manuscrit Lambertz).
1786, 18 novembre. Ce jour à dix heures et demie du matin, on a ressenti une secousse de tremblement de terre, accompagné d'un bruit comme celui d'une voiture qui roule avec vivacité, le baromètre était à 27°, 8 (Manuscrit Lambertz).
1791. Dans la nuit du 27 au 28, vers une heure moins un quart, tremblement de terre, accompagné de bruit dans la direction de l'est à l'ouest (Affiches et Jourdan, I, p. 262.)
1798. Le 2 février, à dix heures et demie du soir, le temps étant serein, le vent à peine sensible au sud-est, plusieurs personnes oui ressenti un léger tremblement de terre, précédé d'un bruit qui ressemblait à celui d'un voilure qui irait fort vite sur le pavé (Manuscrit Lambertz).
1799. Le 25 janvier, à trois heures cinquante-cinq minutes du matin, on a ressenti à La Rochelle deux fortes secousses de tremblement de terre, dans la direction du nord-ouest au sud-ouest. On en estime la durée à cinq ou six secondes- Tout le monde qui dormait a été réveillé, même da petits enfants de quatre à cinq ans par le grand bruit qui précédait fort les secousses. Cependant il n'est pas arrivé de malheurs dans la ville, sinon quelques tuiles tombées des cheminées et quelques anguilles ou crevasses dans les murs, dans la direction du nord-ouest au sud-ouest. Ce tremblement de terre avait été ressenti plus fortement à Nantes, .où plusieurs maisons avaient été renversées.
A Bordeaux, la secousse avait été plus légère, et on l'avait ressentie également sur les côtes de la Normandie et de la Bretagne, et même jusqu'à Tours (Manuscrit Lambertz).
1810. Le 31 août, à sept heures trois quarts du matin, on ressentit à La Rochelle une secousse de tremblement de terre dans la direction du sud au nord (Affiches de La Rochelle, 7 septembre 1810).
1829. Le 27 novembre à quatre heures cinq minutes du soir, on éprouva à La Rochelle une vive secousse de tremblement de terre qui s'est fait ressentir même à bord des navires.
Vers la même époque, la grêle avait causé de grands ravages dans l'arrondissement de Jonzac, à tel point qu'une souscription avait été faite à La Rochelle pour venir en aide aux victimes de ce désastre. Y aurait-il eu une corrélation entre ces deux événements ? (Feuilles d'annonces de La Rochelle, 1829).
Dans les vingt années qui suivent, que s'est-il passé en fait de mouvements sismiques ? Nous l'ignorons, n'ayant encore rencontré aucun document qui ait pu nous éclairer à ce sujet.
1850. Tremblement de terre signalé par M. Louis Delavaud dans son ouvrage Les côtes de la Charente-Inférieure et leurs modifications anciennes et nouvelles {Bulletin de la société de géographie ae liochefort, t. I, p. 204.)
1854. Tremblement de terre ressenti dans la nuit du 20 au 21 juillet (Note de M. Bonniot dans le Bulletin de la société des sciences naturelles de La Rochelle du 14 août 1854).
1866. Le 23 septembre de cette année, à onze heures du soir, il y eut une secousse de tremblement de terre tellement forte que les carreaux do la porte vitrée d'un magasin de bourrelier en ont été brisés (Mémorandum d'un habitant de Villefranche, cité par M Biteau, Bulletin de la société de géographie de Rochefort, t. VI, p. 59).
1867. « Pendant l'été de cette année, entre minuit et une heure du matin, une trépidation assez accentuée se communiquait du sol aux édifices » (Note de M. Vivier, Bulletin de la société des sciences naturelles de La Rochelle, 13 novembre 1903).
1875, 9 juin. « A neuf heures 12 minutes du matin, le niveau de la mer s'élève brusquement à La Rochelle de 0.80 centimètres. » VI. Vivier attribue ce raz de marée à une secousse sismique (dito).
1882, 22 avril. A 7 heures 30 du matin, l'élévation de la mer est de 0.95 centimètres. (M. Vivier, même observation).
1882, 26 juillet. Entre 3 heures et demie et 4 heures, un tremblement de terre est ressenti dans toute la région des Charentes et notamment à La Rochelle.
A Saintes, on constate une forte secousse, accompagnée d'un bruit sourd qui dure plusieurs secondes. Dans la Grande Rue, une glace de devanture est cassée.
A Rochefort, le même phénomène est constaté il dure plusieurs secondes, et la secousse s'étend à l'extrémité nord-ouest 'de l'Ile d'Oleron. Grondement sourd de peu de durée.
A Saint-Jean d'Angély, la ville est ébranlée à la même heure.
A Mazeray, des bouteilles de verre placées devant la gare se choquent, quelques-unes sont brisées.
A Chérac, le tremblement de terre est ressenti.
Entre Beillant et Chaniers, le mécanicien du train croyant à un affaissement de terrain, ralentit sa marche.
Entre Tonnay-Charente et Rochefort, un fil électrique du chemin de fer est rompu.
A Cognac, on ressent une commotion, on entend un bruit souid, une machine à imprimer est ébranlée, etc. (V. Soc. Se. natur. de La Rochelle, séance du 9 août 1882, note de M. Vivier, et note de M. Deschamps, dans le Bulletin météorologique de la Charente-Inférieure; Bulletin des archives historiques de la Saintonge. 1902, t. V, p. 285 Gazette des bains de mer de Royan, 30 juillet 1882 M- Biteau, dans le Bulletin de la soc. de géogr. de Rochefort, L VI, p. 59).
1884. Le 4 juin à 5 heures du matin, une légère secousse se fait sentir à Royan, Saintes, et dans quelques autres parties de la Charente-Inférieure le mouvement d'oscillation dure deux secondes (Biteau, dito.)
1885, 6 février- « A 6 heures et demie du soir, une secousse de tremblement de terre est ressentie au Mung ; les vitres sont remuées dans leurs châssis la durée est de 5 à 6 secondes. Deux autres secousses moins fortes sont ressenties entre 9 et 10 heures du soir (M- Nivet, Bullet. météorologique de la société des sciences naturelles de La Rochelle).
1889. Dans la nuit du 11 au 12 août, tremblement de terre, de la durée d'une seconde, à Courçon et à Nuaillé. (Observations de MM. Rousselot et Thayarda, dito).
1897. Dans la nuit du 28 au 29 janvier, entre minuit et demi et deux heures et demie du matin, secousses successives et assez violentes dans les environs de Saintes et de Saint-Jean d'Angély. (VI. Vivier, Bulletin de la société des sciences naturelles de La Rochelle, 1er novembre 1903).
1903. Dans la nuit du 26 au 27 octobre, vers deux heures du matin, une secousse de tremblement de terre se produit à La Rochelle elle est accompagnée d'un grondement souterrain quelques personnes ont cru même entendre comme une détonation, d'après le rapport de M. Vivier à la Société des sciences naturelles. M. Couneau constata qu'à l'hôpital Saint-Louis et à l'hospice départemental de Lafond les malades et tout le personnel administratif, comme d'autres personnes en ville, avaient été brusquement réveillés par un bruit très accentué analogue à celui que feraient des tombereaux lourdement chargés en roulant dans les rues. D'après lui, le tremblement de terre avait encore été plus violemment ressenti à l'île de Ré qu'à La Rochelle (dito, 13 novembre 1903).
1904. Le 23 mai, à Saintes, et dans l'arrondissement, à Saint-Jean d'Angély et à Cognac on ressent, à 10 heures du soir, une forte secousse de tremblement de terre, d'une durée de plusieurs secondes, accompagnée d'une détonation comparable à une explosion de poudrière (Bullet. arch. de la Saintonge, 1904, tome XXIV, p. 203).
1905. Le samedi malin 25 novembre à 10 h. 57 52" (heure de Paris) un mouvement sismique se produit à La Rochelle; il y a deux secousses, la seconde plus forte que la première, et qui ont duré exactement 14 secondes. Ce phénomène était accompagné d'un grondement sourd assez fort. On aurait cru entendre un gros camion roulant sur des pavés irréguliers. Les variations du Bruit suivaient celles de la secousse.
Une fois ou deux en plus on avait ressenti de faibles trépidations sans qu'on puisse dire si elles se reliaient-absolument aux premiers mouvement. La direction du tremblement de terre semblait être nord-nord -ouest, sud-sud-est. Le même mouvement s'était produit à Rochefort, à 11 heures du matin et à Saintes.
La journée dans laquelle on a constaté ce phénomène, avait été précédée de plusieurs semaines de pluies presque continuelles et très abondantes.
D'après le Cosmos, des tremblements de terre se produisirent le 26 novembre à 7 h. 40' à Monte-Leone en Calabre, à 7 h. 45' à Naples et à Florence et sur d'autres points de l'Italie.
Et dans la nuit du samedi au dimanche, le Vésuve qui était calme depuis le milieu d'octobre, avait eu une recrudescence d'activité. (M. l'abbé Fanion, dans le Cosmos, du 9 décembre 1905, et le Cosmos du 2 décembre 1905).
1908. Dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 janvier, vers 3 heures, pendant .une violente tempête, on entendit, dans diverses rues de La Rochelle, rues Gargoulleau, Saint-Louis, des Augustins, des Saints-Pères, un bruit insolite comme celui d'un fourgon chargé qui passerait à grande vitesse. Ce bruit se produisit d'abord du nord au sud et se reproduisit presque aussitôt du sud au nord.
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Le 8 janvier 1924, une violente tempête accompagnée d’un raz-de-marée (au sens ancien de surcote marine, et non tsunami) frappe durement le littoral atlantique français, de la Bretagne au Pays basque, avec des effets particulièrement graves sur les côtes basses et estuariennes.
Nature du phénomène
Il ne s’agit pas d’un tsunami, mais de la conjonction de plusieurs facteurs météorologiques :
- une dépression très creuse venue de l’Atlantique Nord,
- des vents d’ouest à nord-ouest extrêmement violents,
- une forte marée (marée de vives-eaux),
- une houle longue et puissante.
Cette combinaison provoque une élévation anormale du niveau de la mer (surcote), submergeant digues, marais et zones basses.
Zones les plus touchées
- Île de Noirmoutier, île de Ré, île d’Oléron très éprouvées.
- Ruptures de digues, submersion des marais salants.
- Villages partiellement envahis par la mer.
- La Rochelle, Rochefort, embouchure de la Charente.
- Dégâts portuaires importants.
- Des terres restent salinisées pendant plusieurs années.
La mer, battue par la tempête, a submergé une grande partie du front de mer et du port.
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A Royan, tous les bateaux dans le port ont rompu leurs amarres et ont été projetés contre les quais ou échoués sur la plage devant le casino municipal.
Selon les comptes rendus de l’époque :
Plusieurs bateaux ont dérivé et se sont échoués sur la grande plage.
Parmi eux, on note :
- La Magicienne (échoué devant Les Autans),
- Le Coquelicot et La Rose de France (pêches),
- Le René et Le Dupérier de Larsan (bateau-pilote) **échoués **devant la passerelle du casino municipal.
- Estuaire de la Loire, marais de Brière et du pays de Retz.
- Digues endommagées, prairies noyées.
- Littoral morbihannais et sud-finistérien touchés, mais de façon plus inégale.
Bilan humain et matériel
- Peu de victimes humaines (contrairement à la catastrophe de 1930 ou à Xynthia en 2010), car :
- événement survenu de jour,
- populations en partie averties par la tempête.
- Dégâts matériels considérables :
- maisons inondées,
- bateaux brisés ou échoués,
- digues et levées détruites,
- récoltes perdues.
Réactions et conséquences
- Mobilisation de l’État pour la réparation des digues.
- Renforcement progressif des protections littorales dans les années suivantes.
- Le raz-de-marée de 1924 devient une référence dans la mémoire locale, souvent comparée :
- au raz-de-marée de 1780,
- à la tempête de 1930,
- et, plus récemment, à Xynthia (2010).
Georges Musset.. Recueil des actes de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure
16 juillet 2020 Faille de Pouzauges un séisme de magnitude 3,4 a secoué le nord-Deux-Sèvres <==
Et la fée tint parole. D'abord l'eau bouillonnante de l'océan rongea la falaise. Puis, un jour, d'épais nuages noirs couvrirent le ciel et une tempête éclata, comme on n'en avait jamais vue en Aunis. On aurait cru à une écluse qui s'ouvre et un déluge d'eau croula, accompagné de tonnerre et d'éclairs. Les habitants de Châtelaillon se terraient dans leurs maisons, terrorisés. L'air, les arbres, l'océan tremblaient. Ce fut l'affaire de quelques secondes, un formidable raz de marée engloutit toute la capitale de l'Aunis, la belle et riante ville de Châtelaillon.....
==> La légende de Châtelaillon (Mélusine) - L’ancienne cité, appelée Chastel-Aillon
Herbadilla - de Noirmoutier au Herbiers sur les traces du fleuve Yprésis <==