TIME TRAVEL 1214 siège du château de Vouvant de Geoffroy la Grand Dent par John Lackland

Un fait bien remarquable de l'histoire du XIIIe siècle est la résignation avec laquelle la Normandie , une fois conquise par Philippe-Auguste après la résistance la plus opiniâtre , accepta sa réunion à la couronne de France , pendant que , plus loin de l'Angleterre, le Poitou, qui avait, presque sans coup férir, ouvert au roi vainqueur les portes de ses villes et de ses châteaux, resta pendant trente-huit années le théâtre de soulèvements continuels en faveur du fils et du petit-fils d'Eléonore d'Aquitaine.

Augustin Thierry a cherché avec bonheur à expliquer ce contraste dans l'attitude des Normands et des Poitevins.

Cependant une des principales causes de l'immobilité de la Normandie et des agitations du Poitou me paraît lui avoir échappé. Accoutumée à recevoir l'impulsion d'un gouvernement fortement constitué, la Normandie, quoiqu'elle ait, dit Guillaume le Breton, longtemps porté avec indignation le joug léger du roi de France, ne trouva ni chefs, ni points d'appui pour une rébellion.

En Poitou, au contraire, les puissantes familles de Mauléon, de Thouars et de Lusignan fournirent à la fois, dans leurs formidables châteaux forts, des centres d'insurrection, et, dans leurs turbulents seigneurs, des hommes tout prêts à commander les insurgés.

Puis à la cour et dans les conseils des rois Plantagenets, notre province, ou du moins le pays compris entre la Loire et la Dordogne, et qui portait alors en Angleterre le nom générique de Poitou, fut représenté par un homme d'un talent supérieur, Pierre des Roches, évêque de Winchester, successivement chancelier et grand justicier d'Angleterre, et gouverneur du jeune roi Henri III.

Pour certains historiens, la nomination de Pierre des Roches au poste de justiciar fut le catalyseur de la crise car il était considéré comme un « étranger rugueux » par beaucoup de barons.

Pendant que l'empereur Othon attaquerait le royaume de France par le nord, le roi Jean sans Terre devait l'envahir par l'ouest. Plein d'espérance dans le succès, il débarqua à la Rochelle, à la tête d'une armée, et entra en Poitou où l'attendaient ses anciens partisans.

(Le samedi 15 février, Jean Sans Terre (fils de Henri II d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine) débarqua à la Rochelle.)

Il y avait eu sans doute des difficultés entre le souverain et l'ancien prévôt de Benon, le sénéchal du Poitou Pierre Bertin puisque, de Niort, le 26 février 1214, Jean sans Terre l'informait qu'il l'avait admis dans sa paix, une paix conclue selon les règles (Revue de la Saintonge et de l'Aunis : bulletin de la Société des archives historiques)

De Niort, il vint trouver son fidèle Hugues dans sa ville de Parthenay, le 14 mai (4). Après un court séjour dans cette place, le roi Jean se mit sérieusement en campagne. Son but était de soumettre avant tout les Lusignan qui lui étaient opposés. Geoffroy de Lusignan, l'un d'eux, possédait deux châteaux-forts, Vouvent et Mervent, situés sur les confins de la Gâtine.

Le roi d'Angleterre, ne voulant pas laisser d'ennemis sur ses derrières, dirigea son armée sur le château de Mervent. Contre son attente, une seule attaque, qui dura depuis le matin jusqu'à une heure, l'en rendit maître, le 17 mai, veille de la Pentecôte.

Le lendemain il investit le château de Vouvent défendu par Geoffroy en personne, accompagné de ses deux fils. Pendant trois jours, la place fut battue en brèche par les pierriers et sa prise était imminente, lorsque le comte de la Marche, accourant auprès de Jean sans Terre, intercéda en faveur de Geoffroy et ménagea entre eux un traité par lequel Vouvent fut néanmoins contraint de se rendre à discrétion.

Il était encore à Vouvent le 23 mai, lorsqu'on vint annoncer que Louis, fils du roi de France, avait mis le siége devant Moncontour, place qui appartenait aussi à Geoffroy de Lusignan.

A cette nouvelle, Jean quitta Vouvent, bien décidé à marcher à la rencontre de son ennemi. Il traversa donc de nouveau la Gâtine et arriva à Parthenay le 25 mai, jour de la Trinité. Il manda immédiatement près de lui Aimeri, vicomte de Thouars (2).

Le lendemain 26 mai, il fit sa paix avec Chalon de Rochefort auquel il restitua ses terres confisquées, par ordre adressé de Parthenay à un de ses baillis Geoffroi de Lucy.

Pendant qu'il prenait, dans la capitale de la Gâtine, un repos de quelques jours, il ne perdait pas son temps car il se gagnait beaucoup de partisans. C'est ainsi qu'il termina les négociations entamées avec Hugues de Lusignan, comte de la Marche, Raoul, comte d'Eu, son frère et Geoffroy de Lusignan, le vaincu de Vouvent.

Un traité important intervint entre eux par lequel le roi d'Angleterre promit sa fille Jeanne en mariage à Hugues, fils du comte de la Marche, auquel il donna, à titre de dot provisoire, le bailliage de Saintes et de l'île d'Oléron. Il restitua au comte d'Eu ses biens d'Angleterre et lui constitua une pension que les templiers furent chargés de servir, pension égale aux revenus de ses terres de Normandie confisquées par le roi de France.

 Le comté de la Marche demeurera à Hugues de Lusignan, mais Jean se réserve le comté d'Angoulême.

Toutes les terres de Geoffroy de Lusignan en Poitou lui sont restituées. Les chevaliers du roi d'une part, et ceux des comtes d'autre part, rentreront en possession des terres que la guerre leur avait fait perdre.

Le 27 mai, Jean sans Terre, en exécution de ce traité, envoyait de Parthenay, à Lupillon, maître de ses balistes, et à Pierre Odard, l'ordre de remettre à Geoffroy, les châteaux de Mervent et de Soubise. Puis les Lusignan lui rendirent hommage.

Cet important traité, qui ramenait au roi d'Angleterre les plus puissants barons de l'ouest, enlevait à Philippe-Auguste un appui très-sérieux dans ces contrées.

Avant de quitter Parthenay, Jean écrivit en Angleterre pour informer ses officiers de ses premiers succès. Il leur exprime avec enthousiasme toute la joie qu'il éprouve et leur fait part des belles espérances qu'il conçoit pour l'avenir. Voyant alors qu'il pouvait compter sur le concours des barons poitevins, il se prépara à reconquérir les provinces perdues en combinant ses opérations avec celles de la grande armée des alliés.

Le 29 mai, il sortit de Parthenay à la tête de son armée, dans les rangs de laquelle marchaient ces brillants seigneurs, fine fleur de la chevalerie de l'ouest, qui avaient apposé leurs noms au bas du traité signé deux jours auparavant : Aimeri, vicomte de Thouars, Hugues de Thouars, Savari de Mauléon, Aimeri et Chalon de Rochefort, Hugues de Gournay, Geoffroi de Taunay, Renaud de Pons, Aimeri de la Roche-Esnard, Guillaume de Puichenin, Pierre de Maintrolle, Hugues de Naide, etc .

 

 

La Gâtine historique et monumentale / par M. Bélisaire Ledain,...

 

 

 

 

 

 

1214 Jean Sans Terre part d’Angleterre en direction du Poitou, débarque à La Rochelle et marche sur Mauzé <==.... ....==> En 1214, de Parthenay, les troupes de Jean sans Terre partent à la Conquête de Nantes

 

 

 

 

 


 

Panoramas Historique sur le Château de Mervent (360°)

A Mervent, on remarque sur un rocher abrupt dominant la Mère, les ruines du château qu'assiégèrent Jean Sans Terre et saint Louis. Les plus anciennes mentions du château de Mervent remontent au premier quart du XIe siècle.....