Opération Jupiter 30 avril 1945, 6 h 00 le débarquement pour la libération de l’ile d’Oléron du Mur de l'Atlantique est lancée

L'origine du mur de l'Atlantique, gigantesque ligne de fortification, remonte à la directive signée par KEITEL, le 14/12/1941. Après Pearl Harbour, l'Angleterre n'était plus seule à combattre et l'armée allemande passait de l'offensive à la défensive à l'ouest après avoir renoncé à envahir l'Angleterre. Les généraux allemands pensaient dorénavant à protéger la côte française contre un futur débarquement. Le point de départ de l'édification du mur est véritablement engagé par la directive n°40 Kustenverteidigung (défenses côtières). Il est alors prévu d'occuper 4000 km de rivage entre la Hollande et la frontière franco-espagnole.

Le Mur comporte alors 12 000 bunkers et a utilisé 13 millions de m3 de béton et plus d'un million de tonnes d'acier...

La construction de la base sous-marine de La Pallice débute en avril 1941, intégrée aujourd'hui au port maritime de La Rochelle. La base de La Pallice sert de point de départ aux sous-marins  U-Boots engagés contre les Alliés dans la bataille de l'Atlantique.

Pour la Charente-Maritime et la Vendée, c'est la division régionale : Oberbauleitung « Paula» qui est chargée du travail - (OBL « Paula»). L'OBL « Paula » comptait environ 600 cadres allemands qui donnaient leurs instructions à près de 10 000 hommes (requis de STO ou prisonniers) venant des quatre coins du monde : France, Belgique, Tchécoslovaquie, Afrique du Nord, Indochine, Espagne... De plus, près de 800 hommes appartenant au 13ème groupe du Génie de forteresse (13 Festungs Pioner Stab) ont également participé à l'édification du mur de l'Atlantique en Charente Maritime.

La Résistance française n’est pas inactive et fournit des renseignements qui seront capitaux aux troupes de l’Opération Jupiter d’avril 1945.

Le 4 juin, elle perçoit enfin le message de Londres tant attendu : «  Les sanglots longs des violons » puis deux jours plus tard : « bercent mon cœur » et enfin les paroles du général de Gaulle : « c’est la bataille de la France ».  Les Alliés débarquent le matin du 6 juin. C’est alors que le maquis de Luc, déjà baptisé « Bir Hakeim », entre en action avec, à son actif, des actes de sabotage très appréciés par Londres.

Luc est ensuite chargée de la mise en place, à  Cherves, d’un  atelier de confection d’habillements pour les troupes. Chabanne, nommé lieutenant-colonel, dirige la subdivision de Charente-Maritime et demande à son ancienne collaboratrice de le rejoindre à Saintes où, à deux reprises, elle échappe à des tirs de mitrailleuse.

 

Jupiter amorçait la libération des Oléronais.

L'île d'Oléron, bastion avancé du mur de l'Atlantique dans le secteur de La Rochelle permettant aux Allemands de contrôler l'estuaire de la Gironde, est fortifiée dès 1942 dans le cadre de planification de l'organisation Todt, qui dote l'île de batteries côtières, en faisant ainsi un point d'appui de choix aux blockhaus de La Rochelle et de Royan.

 

Contexte historique

Le 6 juin 1944 les alliés débarquent en Normandie (opération Overlord). Alors que Paris et la presque totalité de la France sont libres dès les mois d'août et septembre 1944, la Charente-Maritime connaît encore la présence de l'ennemi, sur une partie de son sol, jusqu'aux derniers jours de la guerre.

Au début de septembre 1944, une nouvelle phase des combats de libération va s'ouvrir. Les Allemands viennent de vivre trois mois d'attaques incessantes. Leurs transports de troupes sont devenus presque impossibles et leur ravitaillement est difficile. Ils sont désormais instruits sur les possibilités d'actions des combattants des forces françaises de l'intérieur, les FFI, qu'ils continuent de qualifier de "terroristes". Sous la pression de ces derniers, ils abandonnent fin août 1944, les premières villes du sud du département, puis Jonzac, Saintes, Saint-Jean-d'Angély et, après plusieurs jours de tergiversations et de menaces, Rochefort.

Opération Jupiter 30 avril 1945, 6 h 00 le débarquement pour la libération de l’ile d’Oléron du Mur de l'Atlantique est lancée


Ils se replient alors sur La Rochelle et Royan mais ne s'enferment pas dans ces villes. Apparaissent ainsi deux vastes "poches" de résistance : l'une autour de La Rochelle, incluant l'Ile de Ré, l'autre autour de Royan, incluant l'Ile d'Oléron.

Le 9 septembre 1944, deux groupes F.F.I. en provenance du Périgord s’installent sur la côte et mettent en commun leurs armes et leurs véhicules en priorité pour faire s’évader les personnes recherchées sur l’ile par les Allemand : le groupe « Castelréal », qui se place au Chapus avec à sa tête le capitaine Lucien Lecler, et le bataillon Roland, du commandant Roland Clée, qui se répartit dans les sous-quartiers Sud de Marennes, centre de Brouage, et Nord Port-des-Barques. Ce sont des F.F.I., sortis des campagnes du Gers ou de Dordogne, assignés par l’armée régulière à tenir front à ces poches de résistance Allemande : La Rochelle, , Oléron, Royan.

 

Le général de Larminat fut chargé de préparer l'opération Jupiter pour la libération de l'île.

Le 18 avril au matin, la poche de Royan tombe. Le général de Larminat, commandant de l'armée de l'Atlantique, et son état-major, placés dans les cantonnements de Marennes, décident alors de prendre pied sur l’île. Or pour tenir Oléron, le capitaine de corvette Schaeffer dispose de deux mille hommes et de 180 pièces d’artillerie dont toutes les pièces mobiles ont été ramenées de la côte ouest vers la côte est face au continent. Les secteurs de débarquement possibles sont truffés de quelque 30 000 mines.

Opération Jupiter 30 avril 1945, 6 h 00 le débarquement pour la libération de l’ile d’Oléron du Mur de l'Atlantique est lancée

Le 19 avril 1945, des bombardements préparatoires ont lieu. La réduction de la poche de Royan, après un raid massif de bombardiers britanniques, eut lieu du 15 au 20 avril et fut coûteuse en vies humaines. C’est finalement le secteur de la pointe de Gatseau qui sera choisi en raison de l’accès facile de ses plages et de sa proximité avec le continent (4 km). L’endroit choisi, le matériel et les hommes sont à pied d’œuvre dans la semaine du 22 au 29 avril.

 

 

Le lundi 30 avril à 5 h 00 du matin, l'opération "Jupiter" est lancée. 24 LCVP commandés par le lieutenant de vaisseau TANAN, 22 DUKW (camions amphibies), arrivés à Marennes la veille, et 42 bateaux de pêche, provenant de Marennes, du Galon d'Or, de Port-Lambert, d'Arcachon et de Saint-Jean-de-Luz, constituant quatre éléments de vague, espacés de 5 minutes, s'élancent du port de la Cayenne à Marennes, guidés par des pêcheurs oléronais. La préparation d'artillerie s'effectue dés 4 h 56 par le tir des 168 pièces de 90 mm à 220 mm de la 13ème brigade d'artillerie U.S, renforcée de 6 batteries du 1er Régiment de Canonniers Marins et d'une batterie du 16ème Groupe de FTA (Forces Terrestres Antiaériennes), dispatchées entre La Tremblade et Marennes

 

 La vague d'assaut française à bord de LCVP américains débarqua sur la plage de Gatseau, truffée de mines. Les sapeurs du génie déminèrent des couloirs sous le feu ennemi puis les fusiliers marins du Bataillon de Fusiliers Marins de Rochefort (BFMR) donnèrent l'assaut aux défenses de la plage; Dans la matinée, ils s'emparèrent du blockhaus RO 506 Hase de la pointe de Gatseau puis de la Maison de Sauvetage.

Dans l'après-midi, ce fut la Maison Forestière qui tomba après une violente résistance. A la fin de la journée, les troupes françaises disposaient d'une importante tête de pont pour poursuivre l'opération. Ce débarquement sur Oléron constitua le dernier débarquement allié sous le feu ennemi de la 2ème Guerre mondiale en Europe.

PARIS - 1ER Mai- l’état major général de la défense national annonce que les troupes du général de Larminat ont donné l’assaut à la « poche » allemande de la Rochelle.

Des commandos débarquent dans l’île d’Oléron

Front de l’Atlantique, 1er mai – communiqué officiel du 30 avril à 21 heures :

Nos troupes, appuyées par la marine et l’aviation ont débarqué dans l’île d’Oléron et nettoyé tout la partie sud de l’île, faisant de nombreux prisonniers.

Sans le secteur de la Rochelle, l’attaque visant à rectifier notre front a été pleinement réussi.

 

Front de l’Atlantique 1er mai communiqué officiel en date du 1er mai au matin :

Un commando a réussi à débarquer au cours de la nuit sur les arrières ennemis. Les villes de Saint-Trojan et du château d’Oléron ont été libérées.

Dans le secteur de la Rochelle, la rectification du front commencée hier se poursuit avec un plein succès.

QG du Général de Larminat. 1 mai - on annonce officiellement que les commandos débarqués dans l’île d’Oléron, à la pointe d’Arceau, ont réalisé leur jonction progressant à partir du sud, à Dolus. Les opérations se poursuivent favorablement.

QG de l’Armée de l’Atlantique, 1er mai- l’assaut des forces combinées de la marine, de l’aviation et de l’infanterie contre les positions allemandes de l’île d’Oléron a été lancé hier matin à l’aube. Un violent tir de barrage, qui dura deux heures, précéda l’attaque à partir de 5heures. 180 canons déversèrent plus de 15.000 tonne d’obus. Les commandos de choc atteignirent à 6h30 la pointe sud de l’ïle. L’ennemi fortement retranché offre une résistance acharné, mitraillant et canonnant à bout portant les navires utilisés pour le débarquement. Vers 9 heures, une centaine de bombardiers pilonnèrent les positions allemandes, apportant leur appui à l’avance de nos  troupes.

 

L’ile d’Oléron est entièrement libérée

Saint-Pierre d’Oléron 1er mai- l’ile d’Oléron est maintenant entièrement libérée. Toute résistance organisée y a cessé. Les derniers nids de résistance sont actuellement en cours de nettoyage. La presque totalité des Allemands occupant l’ile, soit 1.500 hommes environ a été capturée et un important matériel de guerre a été saisi. Les unités françaises engagées ont subi très peu de pertes.

La population civile de l’ile n’a pas trop souffert de la guerre. Seuls les récents combats ont causé quelques dégâts matériels aux villages.

 

Témoignage de la libération de l'île d'Oléron en 1945.

« Avant le débarquement, les artilleurs ont pilonné les fortifications allemandes des îles, grâce aux renseignements que mes camarades et moi donnions. D’ailleurs, nous avions vu juste parce, entre les canons et les ouvrages ennemis, il y avait plusieurs kilomètres, et nous avons mis dans le mille ! J’étais d’ailleurs meilleur pour cela que pour le combat : dans la barge qui nous emmenait sur Oléron, il y avait tellement de vagues que mon fusil est passé par-dessus bord ! ».

Après une période de déminage aux abords de Fouras et quelques opérations de harcèlement sur le front de La Rochelle, le débarquement à lieu le 30 avril. L'opération Jupiter impliqua près de 9 000 hommes.

 Le bataillon de fusiliers marins de Rochefort et le groupe Bir Hakeim -aviation, sous les ordres d’Hélène Nebout alias « Chef Luc », débarquent depuis des véhicules amphibies et des bateaux de pêche. Après de durs combats, les Allemands se rendent le 1er mai 1945.

 

Brouage Opération Jupiter 30 avril 1945, 6 h 00 le débarquement pour la libération de l’ile d’Oléron du Mur de l'Atlantique est lancée

L’attaque de l’île d’Oléron fut la dernière bataille en France. Le 30 avril 1945, jour même du suicide de Hitler.

La Rochelle, dernière préfecture de métropole à être libérée reçoit le général de Gaulle le 23 juillet 1945. Héléne Nebout se souvient du général De Gaulle rencontré tout de suite après la libération d'Angoulême : "Il m'a félicitée". Pour son implication, Chef Luc a reçu la médaille de la Résistance, et faite officier de la Légion d'honneur.

 

 

 

 

 

https://www.guillenphoto.com/cms/l-epave-du-sauerland-charente-maritime-dans-l-atlantique.html

http://scy85.fr/2-non-categorise/327-epave-sauerland

Amicalement 12 - amicale 12 et artilleurs

https://www.affaa.fr/Pages/Page_Royan.htm

http://www.poitou-charentes.culture.gouv.fr/pages/section6/patxx/page/murdelatlan.html

http://museedelaresistanceenligne.org/media4104-La-libA#

http://www.souvenirfrancais-issy.com/article-11507556.html

http://www.legiondhonneur17.fr/page_RLE_2014_NBT

http://resistancefrancaise.blogspot.com/2014/11/helene-nebout-chef-luc-bir-hacheim.html

http://www.jdpoleron.info/article/il-y-a-60-ans--la-liberation-de-l-ile,60.php

http://www.le-ptit-train.com/gatseau_plage.htm