Panoramas Historique sur le Château de Mervent (360°)

A Mervent, on remarque sur un rocher abrupt dominant la Mère, les ruines du château qu’assiégèrent Jean Sans Terre et saint Louis. Les plus anciennes mentions du château de Mervent remontent au premier quart du XIe siècle.

Deux chartes, datées de 1018 et 1022, évoquant des dons faits à l'abbaye de Maillezais, mentionnent la présence d'un château à Mervent, de sa chapelle et de ses moulins. A une date aussi reculée, il ne peut s'agir de la forteresse que nous connaissons par les lithographies du XIXe siècle. La présence d'une motte castrale à Mervent est à privilégier pour cette période. Sa traditionnelle attribution à Eustache Chabot s'avère donc tout à fait plausible, mais seulement si l'on considère que son mari, Geoffroy Ier de Lusignan participe à ce projet.

Les découvertes archéologiques faites dans la forêt indiquent la haute antiquité de Mervent. Cette forêt, la plus belle du Poitou, dépendait autrefois des baronnies de Vouvent et de Mervent, annexes de la grande baronnie de Parthenay et de la Gâtine du Poitou.

Elle passa successivement entre les mains des Chabots, des Lusignan, des Parthenay- l’Archevèque, des Richemond, des d’Orléans-Longueville (Dunois).

 

Mervent 1200, chartes de Geoffroi I de Lusignan, seigneur de Moncontour et Eustache Chabot

Déclaration de Geoffroi de Lusignan, seigneur de Moncontour, attestant, à la suite d'une enquête, que les terres de Démouline, d'Ecoussais, du Fouilloux, appartenant à l'abbaye de l'Absie, ne doivent au­cunes coutumes au seigneur de Moncontour. Mai 1200. (Baluze, t. 51, p. 86 et s.)

Goffridus de Lezignem dominus Montiscantorii omnibus fidelibus et baillivis suis, salutem in perpetuum,

Goffridus de Lezignem, seigneur de Montcontour, à tous ses fidèles et baillis, salut à jamais,

Vobis et omnibus quicumque presentem chartam legerint vel audierint notum facio quod inter servientes nostros de Montecantorio et abbatem Absiae, Goscelinum , orta est conventio in tempore meo, qui dicebant eumdem abbatem et fratres Absiae habere et possidere terras consuetudinarias quarum consuetudines ad dominum Montiscan­torii pertinerent, quae omnia abbas et fratres Absiae abne­gabant.

À vous et à tous ceux qui ont lu ou entendu le présent document, je fais savoir que parmi nos serviteurs de Montcontour et l'abbé de l’Absie, Goscelin, un couvent s'est élevé de mon temps, qui a dit que le même abbé et les frères d'Absie avaient et possédait les terres coutumières dont les coutumes appartenaient au seigneur de Montcontouri, ce que niaient l'abbé et les frères d'Absie.

Quapropter ego et dictus abbas Absiae insimul concordavimus quod homines mei milites et servientes Montiscantorii terras et pertinencias ejusdem abbatiœ inspicerent, et sub jurejurando et sub periculo animarum suarum veritatem mihi denunciarent.

C'est pourquoi moi et ledit abbé d'Absie avons convenu ensemble que mes hommes, soldats et serviteurs de Montcontour devraient inspecter les terres et les dépendances de la même abbaye, et, sous serment et sous le risque de leurs âmes, devraient m'informer de la vérité.

Ad haec inspicienda elegi Andream Bodini, Fulconem Petit, Ugonem filium meum, milites meos, et alios servientes et juratos meos Fulconem Tascher, senescallum meum, Goffridum Subaut, W. Popire, W. Saiffea, Stephanum de Borz, Stephanum Dairam, Petrum de Viennai, Assali Chapea, W. Guillot.

Pour examiner ces choses, j'ai choisi Andream Bodini, Fulconem Petit, Ugonem filium meum, milites meos, et alios servientes et juratos meos Fulconem Tascher, senescallum meum, Goffridum Subaut, W. Popire, W. Saiffea, Stephanum de Borz, Stephanum Dairam, Petrum de Viennai, Assali Chapea, W. Guillot.

Omnes isti inspexerunt terras Duemolinae, de Escocai et dau Foillos, quae sunt tres grangie ejusdem abbatiae, de quibus ibat contentio.

Tous ceux-ci ont inspecté les terres de Duemolina, d'Escocai et de dau Foillos, qui sont les trois granges de la même abbaye, sur lesquelles portait la dispute.

Et post inspectionem, apud Volven­tum coram me convenerunt, et, ex fidelitate quam mihi juraverant adjurati, mihi testificati sunt nunquam se vi­disse nec audisse quod fratres Absiae de ulla terra supradictis domibus pertinente consuetudinem aliquam baillivis Montiscantorii reddidissent, et ita omnes terras eoelesiœ Absiae pertinentes liberas esse testificati sunt, praeter quamdam terram in tribus locis positam circa la Chaaeo, pars una fuit Johannis Baalart, alia vocatur terra Normandi Aracer et alia terra Aimerici Bicoil, et in his tribus partibus sunt circiter quatuor sextariatae, quam abbas exposuit quod non amplius excoleret illam propter quod servicio subdita erat.

Et après l'inspection, ils s'assemblèrent devant moi à Vouvant, et, par la fidélité qu'ils m'avaient jurée sous serment, ils m'attestèrent qu'ils n'avaient jamais vu ni entendu que les frères d'Absie avaient rendu quelque coutume aux baillis de les maisons d'Absie précitées de tout terrain appartenant aux maisons de Montcontour, et donc de toutes les terres Les membres de l'église d'Absie ont témoigné qu'ils étaient libres, outre un certain terrain situé en trois endroits près de La Chaaeus, une partie appartenait à Jean Baalart, une autre s'appelle la terre de Normand Aracer, et une autre de la terre d'Aimerick Bicoil; et dans ces trois parties il y a environ quatre pintes, dont l'abbé expliqua qu'il ne l'imiterait plus à cause de laquelle il avait été soumis au service.

Sed ego de voluntale mea, pro salute mea et generis mei, hanc terram liberam feci, donans et concedens ecclesiae Beatae Mariae Absiae omnem consuetudinem quam in istis tribus partibus terrae habere debebam.

Mais j'ai rendu cette terre libre de mon plein gré, pour la sécurité de mon peuple et de ma famille, en donnant et en accordant toutes les coutumes de l'église de la bienheureuse Marie Absie que je devrais avoir dans ces trois parties de la terre .

Sed et at­testationes hominum meorum supra nominatorum au­diens de libertate aliarum terrarum ecclesiae Absiae per­tinentium, illorum testimonium sigilli mei confirmavi auctoritate, ne inter dominos Montiscantorii et ecclesiam de Absia super his in posterum contentio oriatur,

Mais entendant aussi les attestations de mes hommes ci-dessus nommés concernant la liberté des autres terres appartenant à l'église d'Absie, j'en ai confirmé le témoignage avec l'autorité de mon sceau, de peur qu'une dispute ne s'élève entre les seigneurs de Montcontour et l'église d'e l’Absie les concernant à l'avenir,

 Haec ita coneessit domina Eustachia uxor mea et Goffridus filius meus adhuc infantulus, et· signa fecerunt in bac ·carta, anno Incarnationis Domini nostri Jesu Christi MCC.

Datum apud Mareventum, feria v, IIII die mensis maii, teste W. Bauduz clerico meo.

Signum Eustachiœ uxoris mee. Signum G. filii mei.

Ces choses furent ainsi accordées à Maîtresse Eustache, ma femme, et à mon fils Goeffroy (la grand’Dent), encore très jeune, et ils firent des signes dans cette charte, en l'an 1200 de l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.

Donné à Mervent le vendredi 4 mai, en tant que témoin de mon greffier Guillaume. Bauduz.

Signe de ma femme Eustache. Le signe de mon fils.

 

 

Eustache Chabot, fille unique de Thibault II Chabot, seigneur du petit Vouvent, qui épousa Geoffroy de Lusignan, et mourut en 1229.

Il résulte de la charte conservée à la Bibliothèque Nationale dans les  manuscrits de Baluze, T.51, p.87, que Geoffroy II (la grand Dent) dut naitre en 1198 ou 1199. En effet, dans cette charte, Geoffroy Ier, son père, reconnait qu’il n’a pas de droit coutumiers sur certaines terres appartenant à l’abbaye de l’Absie, et il termine ainsi : » haec ita concessit domina Eustachia uxor mea et Goffridus filius mens adhuc infantulus ».. Infans est l’enfant qui ne parle pas encore (2 à 3 ans au plus) ; infantulus est encore au-dessous : 18 mois à 2 ans. Or cette charte, datée de Mervent, est du 4 Mai 1200, Geoffroy II est donc né en 1198 ou 1199.

 

 

 

Mervent pendant la Guerre de Cent Ans

Le comte de Richemont qui, dès la fin du mai, avait envoyé en avant à Poitiers, Guillaume de la Forest son maréchal, et le sire de Barbazan, entra en campagne au mois d’aout 1415. Il s’empara successivement, tan par siège que par composition, de châtelaillon, Coudray-Salbart, Secondigny, Vouvent et Mervent.

Vers le milieu de l’année 1432, le connétable, qui résidait toujours à Parthenay, apprit tout à coup qu’un capitaine, Pierre Regnault, frère de la Hire, s’était emparé par surprise de Mervent le jour de la Pentecôte. Cette agression inattendue, que rien ne justifiait et à laquelle la Trémouille n’était peut-être pas étranger, irrita profondément Richemont. Sur le champ, il rassemble ses arbalétriers, convoque tous ses vassaux de Gâtine, met en réquisition les gens de sa maison et les dirige sur Vouvent sous la conduite de son lieutenant Prégent de Coètivy et de deux capitaines, le bâtard Chapelle et Pennemare. Huit jours après, Mervent assiégé capitulait et rentrait sous la domination du sire de Parthenay (1)

Dunois qui avait séjourné si longtemps en Poitou avec Charles VII s'attacha d'autant plus aux possessions qu'il avait obtenues dans la province. Il dédaigna Parthenay, capitale de la Gâtine lieu où Richemont avait passé ses plus belles années (2); Vouvent, la patrie de la Merlusine ne lui convint pas non plus, et à cause de la beauté du site, il se fixa sur Mervent et en fit sa résidence habituelle pour le temps qu'il donnait à ses terres de l'ouest du royaume.

 Le château de cette localité fut dès-lors réparé et embelli pour recevoir son chevaleresque possesseur une partie même de ses constructions, comme les ruines l'attestent datent de cette époque. Ce qui attacha d'autant plus Dunois à Mervent fut qu'il y perdit Jeanne, sa fille chérie, qui fut inhumée dans la modeste église de cette localité. Pour perpétuer sa douleur il fit une fondation pour que le service divin fût fait là tous les jours pour le repos éternel de l'être qui lui devait le jour et sur lequel se reportaient ses pensées même après la mort.

 Mais à la perte d'une fille chérie vinrent se joindre d'autres chagrins pour le vaillant bâtard d'Orléans et sa vertueuse épouse. Une autre de leurs filles, Marie contre leur gré était entrée en religion, et s'était faite religieuse de l'ordre de Sainte-Claire. Ne voilà-t-il pas que cette vocation qui paraissait si positive, s'évanouit bientôt entièrement. Lorsqu'on voulait marier Marie elle ne respirait que pour vivre dans un monastère; entrée sous les verrous, ayant voué à Dieu sa virginité et sa vie son cœur lui battit de désir de revenir à la vie commune et d'avoir un époux terrestre au lieu de l'époux qu'elle avait aux cieux.

Or, précisément un beau jour de grande fête à l'Assomption de la Vierge pendant les chaleurs du mois d'août, Marie sortit de son couvent, sous prétexte de se confesser à un prêtre du dehors en qui elle disait avoir toute sa confiance. Au lieu d'aller conter à cet ecclésiastique tous ses méfaits elle se fit marier secrètement par lui à Loys, bâtard de Bourbon et nos deux époux bien vite gagnèrent les champs et on ne les vit plus de longtemps. Cette conduite courrouça tellement Dunois tout illégitime qu'il était, et de même la comtesse son épouse qui ni l'un ni l'autre ne savaient rien de l'intrigue, qu'ils exhérédèrent, dans leur testament commun, cette fille de conduite si légère. Les propres paroles du bâtard d'Orléans qui voulait donner une leçon à sa fille et même à celles qui seraient tentées de l'imiter, ne laisseront pas que d'avoir de l'intérêt ici :

« Item veulent. …(Jehan , comte Dunois et de Longueville seigneur de Parthenay,et Marie de Harnourt, sa femme ) Être achetée la somme de 40fr. de rente au pays du Poitou, pour fondation d’une basse messe, laquelle ont fondée et ordonné estre dicte et célébrée chacun jour en l’église de Mervent, pour le salut de l’âme de leur fille Jehanne, enterrée en icelle église. » Testament du 4 octobre 1463, passé devant un notaire d’Arles en Provence et des témoins.

 « Item, pour ce que leur fille nommée Marie, n'a voulu tenir les vœux: et promesses par elle faits à notre Créateur d'estre religieuse toute sa vie en l'ordre de religion de Sainte- Claire, et que depuis, par mauvaise et dampnable volonté, elle estant en leur compagnie doucement et honnêtement traitée, sous couleur et ombre de confession, le jour de  l'Assomption Notre-Dame, occulteraient et clandestinement s'est liée et promise par mariage à Loys,  soy-disant bastard de Borbon sans le voloir sceu, ne consentement d'eux ne autres leurs parens; en quoi grandement a méprises et » offenses premièrement envers Dieu notre rédempteur » en tant qu'elle n'a observés ne gardés les vœux et promesses » par elle faits esté contre l'ordonnance de Dieu et la coustume ordonnée par l'église en l'ordre de mariage de céant, et fraude iceux sous couleur de dévotion, et n'a gardé  l'amour et l'obéissance que enfans sont tenus de garder envers leurs père et mère et contre le commandement de Notre-Seigneur pour laquelle cause et afin de donner exemple à toutes filles et mesmement à filles de haultes et nobles maisons, que vœux faits à Nostre-Seigneur es propos délibérés doibvent observer et tenir sans soy en départir ne prendre autres voyes layes, premièrement en avoir licence et congié, pour ce faire, de nostre Saint-Père le Pape ou autre ayant de ce faire et puissance, en rendant l'obéissance à nostre mère la Sainte-Eglise comme faire se doibt en après que l'honneur et l'obéissance telle que par les enfans doibt estre faicte à père et mère soit gardée et observée, les dessus Comte et comtesse de Dunois, ladite Marie, leur fille ont privée et déshéritée privent et déshéritent, elle et les siens, que elle pourrait venir et essir, à toujours de toutes successions qu'elle et les siens pourraient prétendre avoir d'eux, tant des terres qu'ils ont et possèdent du présent que de celles qui à venir pourraient à eux et à leurs enfans, tant par lignée collatérale comme autre, avecques ceux et de tous leurs acquêts faits et à faire ensemble de tous leurs meubles présents et à venir. »

Lithographie du château de Mervent issue de la revue Anglo-française, vol

(Lithographie du château de Mervent issue de la revue Anglo-française, vol. 1, F.-A. Saurin, 1833)

Que de réflexions à faire sur ces leçons de morale, tracées si rudement à une fille, par un père qui s'honorait de signer le bâtard d'Orléans ! N 'était-ce pas établir tout naturellement un contraste marqué entre la faute de la belle de Cany ou enfin de celle à qui le  héros de naissance illégitime devait le jour, et la sévérité du jugement porté par l'enfant dû à ce si tendre attachement ! Mais pourtant qu'on ne prenne pas ici le change ce qui exaspérait tant Dunois et sa compagne était que leur fille eût formé des vœux terrestres, après avoir pris des engagemens vers le ciel. Entrée en religion, elle s'était mariée sans avoir eu permission du pape. C'était là évidemment le point culminant de la colère paternelle.

Les affections de Dunois et de sa compagne ne se portaient donc presque plus que sur leur fils François, destiné à perpétuer un sang dont le valeureux bâtard avait effacé la tâche en se couvrant d'une gloire immortelle.

Mais une autre fille leur demeurait c'était, Catherine ou Kathelline comme ou prononce encore ce nom dans le Bas-Poitou. Ils lui donnèrent quarante mille écus d'or ( valeur dans laquelle entrait la baronnie de Geay, près Genève, en Savoie. En cas de mort de François sans enfans Kathelline était même appelée à hériter de toute la fortune de la maison et ses enfans au cas prévus étaient institués pour la suppléer.

François se maria avec Agnès de Savoie, dont il eut trois garçons et la postérité de Dunois fut continuée. Catherine épousa un vaillant capitaine du nord de la France, Jean de Sarrebruck et il n'y eut pas jusqu'à Marie qui, devenue veuve sans doute du bâtard de Bourbon, et relevée de ses vœux de religion par le pape, s'unit en légitime mariage avec Louis de la Haye seigneur de la Haye et de Passavant.

Dans cette nouvelle position toute honorable Marie d'Orléans vit cesser l'exhérédation prononcée contre elle par les auteurs de ses jours, et rentra dans leurs bonnes grâces. Le vaillant bâtard d'Orléans mourut le 28 novembre 1468 sous le règne de Louis XI, et au moment où une nouvelle contestation éclatait entre ce monarque et Charles-le-Téméraire duc de Bourgogne.

Dans le principe, Mervent et les autres terres de la maison de Parthenay allaient plaider par appel à la tour de Maubergeon de Poitiers, chef-lieu judiciaire du comté de Poitou; mais Jean duc de Berry et comte de Poitou, pour favoriser la ville de St-Maixent, dont il était seigneur, faisait juger là les appels de la Gâtine.

Lorsque le comte du Maine eut momentanément Parthenay, Mervent et les terres y annexées il en fit porter les appels à Niort. Mais St-Maixent étant retourné au roi à la mort du comte du Maine, le chef-lieu des appels du pays de Gâtine retourna dans cette ville.

Le comte de Dunois ayant demandé le rétablissement du plus ancien ordre de choses, Louis XI ordonna, en 1482, que les trois baronnies de Parthenay, Vouvent et Mervent, pays de Gâtine et dépendances, ressortiraient du siège ordinaire de Poitiers et plus tard cet état de choses fut maintenu (3).

La descendance mâle de Dunois jouit longues années de Mervent, baronnie jumelée, comme par le passé, avec celle de Vouvent (4).

chemin des douves Mervent : [estampe] ([1er état]) / Ove de Rochebrune fec 20. oct. 1872

(chemin des douves Mervent : [estampe] ([1er état]) / Ove de Rochebrune fec 20. oct. 1872)

 

 

A l'extinction de cette noble lignée, arrivée le 4 février 1694 par la mort de l'abbé d'Orléans-Longueville, Mervent et les autres terres provenant originairement de la maison de Parthenay devinrent domaines de la couronne par droit de réversion et à raison des donations successivement faites à Dunois et aux siens, par divers rois de France. En vain dit-on pour la ligne féminine du bâtard d'Orléans, que celui-ci avait un droit aux terres du Poitou, venant de la maison de Parthenay à cause de la descendance de sa femme de cette même famille le parlement n'en tint aucun compte pas plus que de la cession de droits que le duc de Longueville avait obtenue de Louis XIII en 1641.  On considéra que Charles VII avait acquis et avait donné et que dès-lors il y avait lieu au retour du don primitif fait à Dunois, stipulé formellement dans l'enregistrement au parlement.

Alors plus rien d'important sous le rapport historique ne se rattacha à cette localité de Mervent, sauf que deux siéges royaux allant par appel à la sénéchaussée et au présidial de Poitiers, furent établis, en 1698 l'un pour Parthenay, et l'autre pour Vouvent et Mervent; on plaça aussi deux grueries ou juridictions des eaux et forêts dans les mêmes localités. PIus tard le siège royal de Vouvent fut transféré à la Châtaigneraie.

Ruines Château_de_Mervent

 

Classement du site et démantèlement des ruines du château de  Mervent

« Dans sa séance du 20 avril 1911, la Commission départementale des sites et monuments naturels de caractère artistique de la Vendée a émis un avis tendant au classement, en vertu de la loi du 21 avril 1906, parmi les sites et monuments dont la conservation présente au point de vue artistique et pittoresque un intérêt général, du site et du château de Mervent.

« Cette proposition était motivée par un projet de destruction des ruines du château dont avaient été saisis M. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts et l'Office national du Tourisme.

« Conformément à l'article 3 de la loi du 21 avril 1906, M. le Préfet a sollicité du propriétaire, M. Emile Guillet, directeur de l'Enregistrement, des Domaines et du Timbre du département des Deux-Sèvres, l'engagement de ne détruire ni modifier l'état des lieux ou leur aspect sauf autorisation spéciale de la Commission des sites et monuments et approbation-du Ministre des Beaux-Arts.

« Par une lettre du 24 mai dernier, annexée au dossier, M. Guillet, tout en se défendant de vouloir porter atteinte, sur sa propriété, au site de Mervent, se refuse à prendre l'engagement sollicité : les travaux qu'il projette, n'auraient, selon lui, d’autre bût que de faire disparaître une masse informe de pierres constituée par les ruines d'une tour, qui offre, par surcroit, en raison des éboulements susceptibles de se produire, un danger réel pour les habitants et les promeneurs.

« Il est facile de répondre à M. Guillet que s'il est vrai que la ruine - qu'il veut faire disparaître n'offre réellement aucun intérêt artistique, si en outre elle présente des dangers pour la sécurité publique, la Commission des sites et le Ministère ne manqueront pas de donner l'autorisation d'effectuer ce travail. Il n'y a donc là rien qui puisse empêcher le propriétaire de prendre l'engagement qu'on lui demande.

« M. Guillet ajoute, d'autre part, que sa propriété est close et destinée à l'habitation, qu'elle a un caractère inviolable et que la loi du 21 avril '1906 ne lui semble pas applicable. Nous, croyons pouvoir répondre que l'engagement sollicité vise, non pas les habitations édifiées sur l'emplacement de l'ancien château, mais les remparts démantelés et inhabitables de ce vieux manoir.

« Votre Commission estime qu'il serait regrettable, tant au point de vue pittoresque qu'au point de vue historique, d'abandonner à la pioche des démolisseurs ce qui reste de la forteresse féodale qui abrita naguère Saint-Louis, Dunois et Arthur de Richemond.

Il est de notre devoir de sauver les ruines qui couronnent si majestueusement l'imposant panorama du confluent de la Mère et de la Vendée, cher à tous les vendéens épris des beautés de leur pays natal.

« En conséquence, ne pouvant obtenir du propriétaire l'engagement prévu par l'article 3 de la loi du 21 avril 1906, nous vous proposons, Messieurs, en application de l'article 4 de cette même loi, de charger M. le Préfet de poursuivre, au nom du Département, l'expropriation des ruines du château de Mervent.

... « Le Rapporteur,  PARENTEAU. »

 

 

 

M. PACAUD : On pourrait confier la mission dont parle M. le Rapporteur au-président de la Commission des économies. (Rires).

M. CONSTANTIN : Messieurs, j'appuie formellement, les conclusions de la Commission. La plupart d'entre vous connaissent ce joli coin de Vendée qu'est la forêt de Mervent, dans laquelle se trouve le château décrit par M. Parenteau en termes si pittoresques; il y aurait un intérêt artistique de premier ordre à ne pas laisser continuer la démolition de ces ruines qui attirent clans la contrée un grand nombre de touristes.

M, Guillet, le propriétaire, dit bien qu'il ne les jettera pas à bas; cependant, à juger de l'avenir par le passé, nos craintes sont justifiées car il a déjà commencé à démolir. Il y a donc lieu de nous mettre le plus rapidement possible en mesure de sauver ce qui en subsiste encore. Un seul moyen nous reste à défaut d'entente avec, le propriétaire, c'est l'expropriation. Je demande donc que le Conseil général, adoptant les conclusions de la Commission, charge M. le Préfet d'engager la procédure et je ne doute pas qu'en raison de l'intérêt artistique qui s'attache à cette construction, le département n'obtienne de la direction des Beaux-Arts et aussi du Touring-Club les subventions nécessaires pour l'aider à faire face à la dépense.

 L'ancienne famille de Lusignan : recherches historiques sur le moyen âge en Poitou (2e éd.) / par Charles Farcinet,...

Rapports et délibérations / Vendée, Conseil général

  Revue anglo-française : destinée à recueillir toutes les données historiques et autres, se rattachant aux points de contact entre la France, l'Aquitaine et la Normandie, la Grande-Bretagne et l'Irlande / rédigée par une société de savans et de littérateurs, et publiée... sous la direction de M. de La Fontenelle de Vaudoré,...

 http://www.mervent.fr/decouvrir-mervent/historique/

 

Les anciens sires de Lusignan, Geoffroy la Grand'Dent et les comtes de La Marche : recherches historiques sur le moyen âge en Poitou / par Charles Farcinet,...

 

 

 

==> Guerre de Cent ans, Time Travel le 8 juin 1432 : prise du château de Mervent, Mort et obsèques du Bâtard Jean d'Orléans.


 

La forêt de Mélusine, Le massif forestier de Mervent-Vouvant
La forêt de Mervent- Vouvant est la plus grande de Vendée. Elle est composée de hêtres, de châtaigniers et est traversée par deux rivières : la Mère et la Vendée Pour certains, Mervent serait l'abréviation des cours d'eau qui l'entourent : la Mère et le Vent.....

 

Mervent, Vouvant Jean de Dunois (Les Compagnons d'Armes de Jeanne d'Arc ) et château des Lusignan -

Jean de Dunois () avait fait de Mervent sa résidence ordinaire lors de ses séjours dans la région. Il avait fortifié et embelli le château en y renforçant les défenses de la Grosse Tour et en y élevant une chapelle, construite sur le modèle de la Sainte-Chapelle de son château de Châteaudun (Eure-et-Loir).....

 

TIME TRAVEL 1214 la prise du Château de Mervent et Vouvant de Geoffroy la Grand Dent par John Lackland (JEAN-SANS-TERRE)
Un fait bien remarquable de l'histoire du XIIIe siècle est la résignation avec laquelle la Normandie , une fois conquise par Philippe-Auguste après la résistance la plus opiniâtre , accepta sa réunion à la couronne de France , pendant que , plus loin de l'Angleterre, le Poitou, qui avait, presque sans coup férir, ouvert au roi vainqueur les portes de ses villes et de ses châteaux, resta pendant trente-huit années le théâtre de soulèvements continuels en faveur du fils et du petit-fils d'Eléonore d'Aquitaine.....

 

Les Compagnons d'Armes de Jeanne d'Arc : Jean, Bâtard d'Orléans
Jean de Dunois Bâtard d'Orléans, comte de Dunois et de Longueville, était le fils de Louis d'Orléans (frère de Charles VI) et de sa maitresse Mariette d'Enghien. Compagnon de Jeanne d'Arc, il contribue à la victoire de Patay en 1429, réduit Chartres en 1432 et prend Paris en 1436.......




(1)   Mémoire de Gruel.

(2)   Dans les mémoires de Gruel, un trouve la mention de plus vingt voyages ou séjours qu’Artus de Richemont fit à Parthenay.

(3)   Sous François Ier.

(4)   Les héritiers de la maison de Parthenay avaient, à diverses reprises, renouvelé leurs prétentions primitives, et ce fut pour les faire cesser que le roi Henri II acquit les droits de Louise de Clermont, comtesse de Tancarville, et eu fit cession à la maison de Longueville, toujours à la charge de réversion, à défaut d’hoirs mâles.