Le poète Pierre de Ronsard (1524-1585), gentilhomme vendômois descendait des Beaumont de Glénay.
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Les origines médiévales de la lignée (XIVe siècle - milieu du XVe siècle)
- Les Beaumont de Glénay étaient seigneurs de cette terre depuis plusieurs générations. Leur trisaïeul (ou un ancêtre proche) est effectivement mentionné comme seigneur de Bressuire au début du XIVe siècle (vers 1313).
- Un mariage important relie cette lignée aux Appelvoisin (et par eux aux Chasteigner) : une alliance entre un Beaumont de Glénay et une Appelvoisin-Chasteigner est attestée, ce qui introduit ces deux familles poitevines dans l’ascendance de Ronsard.
2. Le temps des grands-parents et les bans militaires (Seconde moitié du XVe siècle)
- Jean III de Beaumont (l'homme d'armes du ban de 1467) et son époque : Les ancêtres maternels de Ronsard comptent son épouse Louise Rouault. Ils ont une fille : Joachine de Beaumont-Glénay.
- Jean Chaudrier, écuyer, seigneur de Cirières, Chantlivaut, Noireterre, servit aux bans du Poitou en 1467 et 1488 et fut remplacé à celui de 1489. C’est, croyons-nous, le Jean, seigneur de Grandchamp, en Châtellenie de Bressuire, qui servit aux bans de 1490 et 1492, accompagné de 2 archers.
- Il épousa Joachine de Beaumont-Glénay, fille de Jean, chevalier, seigneur de Glénay, et de Louise Rouault.
3. La génération de la mère : Enlèvement, mariages et construction (1498 – 1515)
- De leur union naît notamment : Jeanne Chaudrier (la mère du poète). Dame de Cirières, Noireterre, la Balme, elle fut enlevée par Jacques de Fontbrener, comme on le voit par 2 lettres du roi Louis XII, du 17 mars 1498 et du 26 juillet 1499, ordonnant de poursuivre les auteurs de ce rapt.
- Elle épousa vers 1500 Guyot des Roches, écuyer, seigneur de la Balme, puis en 2ème noces Louis de Ronsart, maître d’hôtel du Dauphin, qui fit aveu au seigneur de la Forêt-sur-Sèvres le 17 mai 1515, pour l’hôtel de Noireterre.
- Lorsque Jeanne Chaudrier et Louis de Ronsard décorent le mur nord de leur demeure de la Possonnière vers 1515, Jeanne décide de rendre hommage à ses prestigieux ancêtres. N'ayant pas de blason propre en tant que femme, elle utilise un blason écartelé qui réunit les armoiries de ses quatre grands-parents.
Au château de la Possonnière, sur le mur nord, à gauche de la baie ouest, apparaissent les armes de Jeanne Chaudrier, épouse de Louis de Ronsard. Son blason de type écartelé est composé des quatre armes de ses grands-parents :
- Au premier, les armes de Jean Chaudrier : d'azur à 2 fasces d'argent, au chef d'argent chargé de 3 chaudières avec leurs anses de sable, 2 et 1, au bâton, brochant sur le tout, coupé, au 1 mi-parti d'or et de gueules recoupé d'argent, au 2 de gueules. (À noter que les armes de Jean Chaudrier sont elles-mêmes composées des armes des Chaudrier et de celles des Parthenay-l'Archevêque, une lointaine alliance).
- Au second, les armes de Joachine de Beaumont-Glénay : d'or à l'aigle de sable couronnée de pourpre, becquée et membrée de gueules.
(Joachine de Beaumont-Glénay est la grand-mère maternelle de Jeanne Chaudrier, la femme qui a fait ériger ce décor).
- Au troisième, les armes de Louise Rouault : de sable à 2 léopards d'or l'un sur l'autre.
- Au quatrième, les armes de Françoise Bonnenfant : de gueules à la fasce d'argent accompagnée de 6 besants du même 3 en chef et 3 en pointe.
C'est ainsi que le souvenir de Joachine et de sa forteresse de Glénay (Deux-Sèvres) s'est retrouvé gravé pour les siècles à venir sur les murs du manoir de la Possonnière (Loir-et-Cher).
4. La naissance et la postérité du poète Pierre de Ronsard (1524 / 1529 – Fin du XVIe siècle)
- De ce mariage avec Louis de Ronsart est né le fameux poète Ronsart (en septembre 1524, bien que certaines sources anciennes mentionnent 1529). Le poète Pierre de Ronsard, gentilhomme vendômois, descendait ainsi des Beaumont de Glénay.
- Ronsard lui-même demeura pourtant remarquablement discret sur cette ascendance maternelle.
Cette ascendance le rattachait pourtant à l'une des anciennes maisons nobles du Poitou et, par les alliances successives de cette famille avec les Appelvoisin, les Rouault et les autres lignages poitevins, à un vaste réseau aristocratique dont plusieurs membres furent liés à la vie culturelle de la Renaissance.
Le châtelain du château de Glénay : Jean IV de Beaumont
À l'époque de la naissance de Pierre de Ronsard en 1524, le Château de Glénay est habité par la branche aînée de la famille de Beaumont-Glénay, à savoir les cousins germains de sa mère, Jeanne Chaudrier
Il est le fils de Jean III de Beaumont (l'homme d'armes du ban de 1467) et de Louise Rouault. C'est le frère de Joachine de Beaumont (la grand-mère de Ronsard) et donc l'oncle de Jeanne Chaudrier.
En 1524, c'est lui qui dirige la seigneurie. Il a hérité d'un château moderne pour l'époque : son père venait d'y achever (vers 1499) la construction du grand logis résidentiel, du châtelet d'entrée et de la chapelle privée
Son épouse : Roberte de La Marthonie
Jean IV a épousé Roberte de La Marthonie (issue d'une grande famille de magistrats et de nobles originaires du Périgord). Elle vit au château à ses côtés.
Les enfants (la jeune génération)
Dans la décennie 1520, le couple élève ses enfants au château. Parmi eux, deux figures vont marquer l'histoire de la forteresse :
- François de Beaumont : Le fils aîné, qui héritera de Glénay.
- Madeleine de Beaumont : Sa sœur, qui transmettra un peu plus tard le château à la célèbre famille de Saint-Gelais par son mariage
5. Bilan historique : Le Poitou, « Source de Poésie »
En résumé : Oui, par sa grand-mère Beaumont de Glénay et les alliances Appelvoisin-Chasteigner, Ronsard appartient à un réseau de familles poitevines qui a produit ou croisé plusieurs poètes importants du XVIe siècle.
La famille Chasteigner (ou Chasteignier), particulièrement influente en Poitou (La Roche-Posay, etc.), a effectivement fourni plusieurs alliances avec des maisons qui ont touché le monde littéraire du XVIe siècle. La « source de poésie » souligne la densité littéraire de ces alliances poitevines :
- Pierre de Ronsard (1524-1585) lui-même.
- Jean-Antoine de Baïf (1532-1589), autre membre de la Pléiade, qui a des liens avec la noblesse poitevine et tourangelle.
- Mellin de Saint-Gelais (vers 1491-1558), poète de cour, qui s’est allié (ou dont la famille s’est alliée) à des branches de ces mêmes lignages.
On peut donc, de façon un peu poétique, y voir une « source » de talent littéraire, même si les liens exacts entre Baïf, Saint-Gelais et la branche précise de Ronsard restent collatéraux plutôt que directs.