Château de Glénay - D’Aubigné raconte un épisode des guerres de Religion dans le Poitou.
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Les forces protestantes (ou un détachement lié à elles) arrivent à Glénay (écrit « Glenai » dans le texte).
Le moment le plus pénible (« le pis ») de cette arrivée concerne le vieux seigneur du lieu, qui se trouvait alors dans la tourette du coin (une petite tour d’angle du château).
Le texte original est laconique et s’arrête souvent là dans les citations modernes ; d’Aubigné laisse entendre que la situation du vieillard fut particulièrement dramatique ou humiliante lors de l’occupation ou du passage des troupes.
Durant les guerres de Religion (1562-1598), le Château de Glénay (Deux-Sèvres) et les terres environnantes étaient sous la coupe de la puissante famille noble poitevine des Saint-Gelais de Lusignan.
Cette période de conflits intenses entre catholiques et protestants a profondément marqué l'histoire de la seigneurie et son architecture.
La seigneurie de Glénay, initialement détenue par la famille médiévale des Beaumont, passe aux mains de la famille de Saint-Gelais lorsque Madeleine de Beaumont, unique héritière des lieux, épouse Merlin de Saint-Gelais (Premier maître d'Hôtel du roi).
Leur fils, Louis de Saint-Gelais de Lusignan, devient une figure majeure de la Renaissance dans la région.
Dès les années 1548-1549, juste avant le déclenchement des hostilités religieuses, il fait construire de vastes dépendances et l'imposant pigeonnier (fuie) aux armes de sa famille
Des fortifications indispensables : Face aux raids incessants des troupes des deux camps qui ravagent les églises et châteaux de la région, la structure défensive médiévale de Glénay sert de protection vitale
Le ministre protestant de Glénay (nommé La Fleur) se fait duper par un cordelier (moine catholique) qui lui vole ses habits pendant la nuit.
Le pasteur est donc obligé de rentrer chez lui vêtu du froc monastique (« le mystère d’iniquité »).
À son arrivée au château de Glénay, le vieux seigneur du lieu, posté dans la tourette du coin (petite tour d’angle servant à observer les arrivants), le prend pour un catholique converti et manque de le lapider.
C’est une anecdote comique et satirique typique du Baron de Faeneste, où d’Aubigné se moque des confusions vestimentaires et confessionnelles de l’époque.
« Du ministre de Glenai ».
Ce fut assez dit, car le Ministre embrasse le Cordelier, et avec toutes sortes de congratulations lui promet de faciliter son dessein, et l'hostesse qui n'avoit qu'un lict ne fut plus en peine de les coucher ensemble. Voici ce qui advint : c'est qu'estant jour sur le lict, et le bonhomme, trouvant son camarade le premier debout, se voulut lever aussi : mais ne voiant rien à ses pieds que le froc et l’habit gris, pensaresver au commencement, et puis se mit aux exclamations, remémorant que le cauteleux avoit appelle son froc de déception, et avoit dit qu'il vouloit changer son habit pour celui d'un homme de bien.
Aprés plusieurs regrets, le besoin, maistre des résolutions dont nous parlions, fit vestir à la Fleur le mystère d'iniquité.
Le pis fut à l'arrivee de Glenai, où le vieillard, Seigneur du lieu, estant dans la tourette du coin, aprés avoir crié : Bonté de Dieu, quelle facture d'homme est ceci, faillit à lapider son Pasteur, qu'il estimoit avoir changé de profession comme d'habit, mais comme un morceau tire l'autre, il me vient à la bouche une autre résolution que vous estimerez fort.
TOURETTE, s. f. Tourelle, petite tour.
Avanture du Baron de Faenestre Oeuvres complètes de Théodore Agrippa d'Aubigné. Tome 2
La reconstruction d'après-guerre
Après la fin des guerres de Religion, le château de Glénay subit de profonds remaniements et des restaurations d'envergure pour effacer les stigmates des troubles.
C’est à ce moment que l'ancienne forteresse médiévale évolue véritablement en une résidence de plaisance
- Construction d'un logis central de style Renaissance orné de grandes fenêtres à meneaux afin d'apporter du confort.
- Aménagement de la chapelle Sainte-Marguerite imbriquée dans une ancienne grosse tour fortifiée, qui témoigne de la volonté de réaffirmer la foi après les troubles.
La mort de Madeleine de Beaumont marque la fin de l'ère des Saint-Gelais à Glénay.
En 1604, le château de Glénay, quoique déjà démantelé par les guerres de religion, avait encore conservé toute sa solidité, et dressait fièrement dans les airs sa masse imposante.
Il était composé d'une enceinte fortifiée, défendue, du côté de la colline, par d'épaisses murailles flanquées de tourelles aux toits aigus, et, du côté de la plaine, par des fossés profonds dont une tour, donjonnée et crénelée, commandait l'entrée, avec sa poterne et ses pontslevis.
Poitou Aquitania: Période Temps Modernes - Guerre de Religion 1547 / 1610 <==