1838 Septembre 20.000 Vendéens prennent part aux fêtes de Fonteclose où la noble figure de Charette est évoquée.
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Le Souvenir Vendéen a rassemblé dimanche dernier dans la propriété du Marquis de Baudry d'Asson, au château de Fonteclose, sous la Présidence d 'Honneur de S.A.H. la duchesse de Vendôme et sous la présidence effective de l'Amiral Joubert, près de 20.000 personnes venues des Mauges, de la Gâtine et du Bocage, et du Marais, pour commémorer le soulèvement des paysans du Bas-Poitou et de l'Anjou contre les crimes de la Terreur.
De nombreuses personnalités parmi lesquelles MM. les Sénateurs Robert et la Coudre, Boux de Casson, de la Ferronnay députés ; Mlle Marie de Charet-le M. Georges de Charette, descendants e l'illustre chef vendéen, M. de Kervenouel ancien député, Me Marie de Roux etc... ont pris part à cette manifestation dont les moindres détails avaient été réglés minutieusement par le Comte et la Comtesse Armand de Baudry d'Asson.
Le matin au cours de la messe célébrée à la mémoire du Général vendéen et de ses soldats paysans en l'église de a Garnache, le R. P. Girard, missionnaire diocésain prononça un émouvant sermon et, exalta l'attachement farouche les vendéens à l'idée de Religion et de Patrie.
L'après-midi, sous un gai soleil, une foule immense suivit dans le Parc de Fonteclose les diverses reconstitutions historiques du soulèvement de 1793.
Ces reconstitutions étaient dirigées par M. A. de Baudry d'Asson, Conseiller Général et de Maupéou.
Jeunes filles aux coiffes blanches portant les châles brodés à pointes, maraîchin aux chapeaux ronds et aux gilets courts, Sablaises dont les coiffes fragiles et élancées évoquent un immense papillon blanc qui aurait les ailes repliées tous représentaient la Vendée paysanne et fidèle, unanime dans le respect de sa tradition et de son passé.
Au vieux Logis de Fonteclose où demeurait Charette, dans le cadre de cette humble demeure de la fin du 18e siècle, avec ses fenêtres à petits carreaux, ses vieilles tuiles, et son perron de trois marches, on fait revivre l'arrivée des paysans vendéens meurtris dans leur chair, dans leur famille et dans leur Foi qui viennent chercher pour en faire leur Chef, l'ancien officier de marine Athanase Charette de la Contrie au moment où il allait se rendre à la chasse.
Divers tableaux auxquels plus de 300 acteurs prennent part figurent ensuite le passage du Gois par l'armée Royale, un combat, puis la prise du Général de Charette et sa mort héroïque au peloton d'exécution.
Au cours de la fête, un monument élevé à la Gloire de Charette et de ses soldats est béni et inauguré.
Plusieurs discours sont prononcés.
M. Pierre Taittinger, Député de Paris tira sur le plan National la conclusion de cette émouvante manifestation.
« On pourrait croire que l'heure est et mal choisie pour évoquer le temps où les Français profondément divisés, participaient à des luttes fratricides.
« En exaltant la figure légendaire du chevalier de Charette, en l'unissant à tous ceux qui sont tombés au service de leur idéal, nous sommes venus montrer ce que peuvent arriver à produire l'attachement au sol, à la famille, aux plus nobles traditions.
« Un pays qui dans le recul du temps et dans la sérénité de l'histoire, célèbre les géants de la Vendée montre qu'il n'est pas disposé à porter sur ses épaules, les chaînes de la servitude.
Demain, si les circonstances l'exigeaient, la France, une et indivisible, mettant la pierre de l'oubli sur les querelles d'autrefois, se dresserait formidable contre les entreprises de l'étranger ».
Ensuite, M. le Docteur Robert, Sénateur de la Vendée, avec finesse et poésie peignit l'âme vendéenne.
Le Paysan vendéen est calme, mais il aime passionnément sa famille, son toit, le clocher de son village et la tourelle du château Si l'on a voulu toucher à l'un ou à l'autre, il a manifesté son mécontentement Lorsqu'on a touché à tout ce pu 'il chérissait, il a pris les armes pour punir les sacrilèges.
R.-J. RENARD