Guerre de Cent ans, Time Travel le 8 juin 1432 prise du château de Mervent, Mort et obsèques du Bâtard Jean d'Orléans

Valence, fille unique de Geoffroy Ier, ayant épousé Hugues de Parthenay-l'Archevêque, les terres de Vouvent et de Mervent passèrent dans cette famille, après la mort de Geoffroy la Grand' Dent (1248).

Hugues de Parthenay en rendit hommage au comte Alphonse de Poitiers, au mois de septembre 1248. Elles y restèrent jusqu'au XVe siècle.

En 1349, les châtellenies de Parthenay, Vouvant et Mervent sont réunies en un seul fief à la demande de Jean Ier de Parthenay-l'Archevêque

En 1405, les possessions de Jean de Parthenay- l’Archeveque sont vendues au duc de Berry, comte de Poitou.

Arthur III de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne, apprécié du dauphin Louis de Guyenne (fils de Charles VI, roi de France, et d'Isabeau de Bavière), reçoit les terres de Jean II de Parthenay-l'Archevêque, coupable aux yeux du roi d'avoir épousé la cause des Bourguignons au siège d'Arras.

==> Un compagnon de Jeanne d'Arc à Parthenay ; Arthur III, comte de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne

Afin de rentrer en possession des biens de ce seigneur jugé rebelle, Richemont doit entrer en campagne. Il s'empara de vive force, en août 1415, de Vouvent et Mervent, où il plaça des troupes bretonnes qui guerroyèrent contre le sire de Parthenay jusqu'en 1417.

Jean II de Parthenay-l'Archevêque, vend définitivement ses terres en 1419 au dauphin régent Charles VII roi de France faisant rentrer Vouvant et Mervent dans le domaine royal.

Charles VII en fit don, sous la loi de reversion, au vaillant bâtard d'Orléans, Jean, comte de Dunois, souche de la Maison de Longueville, qui, du chef de sa deuxième femme, Marie de Harcourt, qui était fille de Jacques d'Harcourt et de Marguerite de Melun et petite-fille de Jeanne de Parthenay, la soeur de Jean II l'Archevêque, seigneur de Parthenay, décédé sans enfant en 1427.

 

La Seigneurie de Mervent Vouvant sous Jean Dunois

Dunois, qui avait séjourné si longtemps en Poitou avec Charles VII, s'attacha aux possessions qu'il avait obtenues dans la province.

Il dédaigna Parthenay et Vouvant, patrie de Melusine, ne lui convint pas non plus, et, à cause de la beauté du site, il se fixa à Mervent et en fit sa résidence habituelle pour le temps qu'il donnait à ses terres de l'ouest du royaume.

Jehan d'Orléans succédait ainsi à Arthur de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne, qui venait de s'éteindre et qui, avec l'accord de Jean II de Parthenay, avait reçu ces châteaux du Roi Charles VII.

Le château de cette localité fut dès-lors réparé et embelli pour recevoir son possesseur. Jean de Dunois avait fait de Mervent sa résidence ordinaire lors de ses séjours dans la région. Il avait fortifié et embelli le château en y renforçant les défenses de la Grosse Tour et en y élevant une chapelle, construite sur le modèle de la Sainte-Chapelle de son château de Châteaudun (Eure-et-Loir).  Ce qui attacha d'autant plus Dunois à Mervent, c'est qu'il y perdit Jeanne sa fille chérie, sans doute de maladie, et fût inhumée dans l'église Saint-Médard.

 

 

 

L'heure de la mort allait sonner pour le comte de Dunois; il l'attendait courageusement, préparé par toute une vie aussi honorable que glorieuse, accompagne des pieuses fondations, des bonnes œuvres des dernières années, et de ses dispositions testamentaires, libérates pour tous ceux qui tenaient à sa maison, remplies d'une ingénieuse charité pour les jeunes filles, les nourrices, les pauvres, pour les déshérités de ses domaines, soutenu et consolé enfin par les secours d'une religion qu'il avait toujours respectée.

Les historiens varient sur le lieu de la mort du grand chambellan de France les uns le font mourir en son château de Lay, prés Montlhéry; d'autres à L'Hay près Paris. Ils ne s'entendent pas non plus sur la date du décès.

Nous nous sommes assuré qu'il n'y avait pas de château de Lay prés de Montlhéry et qu'aucun domaine du Bâtard ne se trouvait dans la contrée. Au surplus, nous donnons, d'après le compte des obsèques, des renseignements absolument certains.

Jean, Bâtard d'Orléans, comte de Dunois et de Longueville, mourut le jeudi 24 novembre 1468, à L'Hay près de Bourg-la-Reine, à une courte distance de Paris. Il n'était pas chez lui, mais chez le trésorier des guerres, comme le prouve, l'article par lequel on donne six livres « a Jacquete, chambrière du trésorier des guerres, ou monditseigneur trespassa, pour la peine qu'elle avait eue ».

 Le trésorier des guerres, il n'y en avait qu'un en France, s'appelait en 1468 Antoine Raguier, La charge était héréditaire dans la famille, et aussi la seigneurie de L'Hay. Celle-ci appartenait, en 1436, à messire Charles Raguier, chanoine d'Orléans (1).

Dunois souffrait de la goutte. L'un de ses biographes, Barfois, nous apprend qu'il en avait failli mourir, le 15 juin 1453, au château de Saint-Jean-d'Angély, où il reçut le Saint-Viatique à genoux.

 

En 1468, la maladie fut longue; il était déjà alité lorsqu'il fit rédiger son codicille, le jeudi 8 novembre, dix-sept jours avant sa mort.

Dans cet acte, il augmente les legs de Julien Chapellain et Michelet Robeton, ses valets de chambre, et de Jean Picheron, son secrétaire, « pour la paine qu'ils ont eue en ceste présente maladie ». Il avait encore auprès de lui son fidèle bailli de Dunois, Florent Bourgoing, qui le soignait dans cette « chambre de demi-satin noir couctepointée, à ciel, dossier, couverture et deux courtines de bougran noir, laquelle monseigneur porte toujours dehors avec lui ». Il avait aussi emporté de Châteaudun une relique de la vraie croix qui ne le quittait jamais.

Jean de la Garde, apothicaire à Paris, prépara les médicaments, et l'on paya 13 l. 15 s. t. à Charles de Mauregard, « médecin, pour sa peine d'avoir visité feu monditseigneur en sa maladie audit Lay » Ce fut messire Guillaume de Châteaufort, docteur en théologie, qui vint a de Paris audit Lay durant la maladie de feu monditseigneur pour le confesser et estre à son trépas où il a esté par plusieurs journées ». . Dunois avait fait venir de Châteaudun un autre docteur en théologie, Guillaume Jaquelin.

Après le décès, le corps fut lavé, embaumé, enseveli dans une toile et mis dans un cercueil de plomb les entrailles, «  enfoncées »t par un tonnelier, devaient être portées à Beaugency et le cœur à Châteaudun.

 Yvon Fourbault, peintre parisien, fournit 374 écussons aux armes du défunt, pour L'Hay, fit la peinture autour de l'église et noircit une chapelle de bois mise sur le corps pendant le service. Des chandeliers de plâtre, fixés aux murailles, portaient le luminaire, et 90 chapelains célébrèrent des messes en présence des quatre ordres mendiants venus de Paris. Puis la dépouille précieuse, recouverte d'un poelle en drap et velours noir, fut déposée sur un chariot peint en noir, conduit par deux pages montés sur les chevaux.

Suivait un cortège réglé par le défunt et composé de gentilshommes, officiers et serviteurs vêtus de deuil, portant bannière, guidon, étendard et pennon aux armes du Bâtard, dix chapelains à cheval, cinquante pauvres, en robe et chaperon de drap noir, munis de torches aux armes du défunt.

On descendit la côte de L'Hay jusqu'à Bourg-la-Reine, où l'on rejoignit la route de Paris à Orléans et le voyage funèbre commença.

Il dura seize jours, avec stations à Montlhéry, Étampes, Le Puiset, Saint-Pérary-la-Colombe, Beaugency et Cléry; puis le coeur, renfermé dans une caisse de plomb recouverte de toile noire, revint de Cléry, toujours sur le chariot, par Beaugency et la Ferté-Villeneuil, à Châteaudun. Le clergé avec la croix venait au-devant du cortège, et le chariot entrait dans les églises, où il passait la nuit après le service.

Germain et Richart Fé bâtirent des chapelles de bois à Cléry, Beaugency et Châteaudun; Pierre, peintre d'Orléans, décora les écussons pour Cléry, et l'architecte de la chapelle Saint-Jean, Simon du Val, y construisit le caveau du comte, tout auprès de celui, de la comtesse sa « bonne sœur et compaigne », suivant leur volonté suprême.

Dans la chapelle, on suspendit la bannière, le guidon, l'étendard et le pennon du défunt. Cent trente -quatre prêtres célébrèrent la messe le jour de l'enterrement.

Après avoir beaucoup abrégé, terminons par un détail sur le monument funèbre.

En 1463, les nobles époux déclaraient vouloir qu'on mît sur leur sépulture deux tombes de cuivre ou d'albâtre. Comme nous l'avions supposé, c'est le cuivre qui fut choisi et l'exécution fut confiée au fondeur parisien Jean Morant, qui avait déjà fourni l'aigle de la Sainte-Chapelle.

Un premier acompte fut donné en signant le marché, et une somme de 412 l. 10 s. plus tard enfin nous avons la mention de l'achèvement de l'œuvre dans l'article suivant ; «  à Jehan Morant, de Paris, pour le reste à lui deu de la sépulture de feu monditseigneur et pour les voicturiers qui ont admené de Paris à Cléri les représentations de feu monditseigneur et dame, de cuyvre, et pour les journées dudit Morant et de ses varletz, à asseoir ladite sépulture iiijxx xviij 1. xiij s. ix d. »

Il semble que cette œuvre d'art, pieusement déposée sur le tombeau du grand Bâtard pour en garder les traits et la mémoire, devait être l'objet d'un éternel respect, sinon d'un culte patriotique.

Nous savons pourtant qu'elle fut enlevée par des mains sacrilèges, en 1562, pendant les guerres de religion, et qu'elle fut fondue, comme tant d'autres, à t'arsenal protestant d'Orléans.

De telle sorte que l'effigie du héros qui rendit la paix à son pays fortement reconstitué devint, un siècle plus tard, l'arme d'une lutte fratricide, dont le prolongement menaçait notre pauvre France d'un nouveau démembrement.

 

 

Testaments, inventaire et compte des obsèques de Jean, bâtard d'Orléans / par L. Jarry,...

-          Item veullent et ordonnent lesdits conte et contesse estre achatée la somme de quarante 'ivres tournois de rente au pais de Poictou, pour fondation d'une basse messe laquelle ont fondée et ordonnée estre dite et célébrée chacun jour en l'esgiize de Mervent pour le salut de l'âme de leur fille Jehanne, enterrée en icelle esglize.

-          De Antoine Hélye, fermier des terres de Parthenay, Vouvant et Mervent, mil l. t. pour ce …….

-          Du receleur de Vouvant, Chastelaillon et Parthenay, par lesd mains de Nicolas Viole et maistre Jeahan Garnier, partie deniers contans et autre partie en acquictz de debtes, et qu’ilz avoient paiées pour feu monditseigneur, la somme de ijm l. t. pour ce  ……

-          A Vouvent, pour aller dudit lieu de Beaugenci à Chasteuadun, porter lettres de par Monsieur de Couselles, l’un desdits exécuteurs, pour ilec faire ledit service……. Vxvij s. vj d.

 

 

Après Dunois, mort le 28 novembre 1468, les baronnies jumelées de Vouvant et de Mervent furent longues années encore en la possession de sa descendance mâle. A l'extinction de cette noble lignée, arrivée le 4 février 1694 par la mort de l'abbé de Longueville, elles revinrent à la couronne ainsi que tous les autres biens de la maison de Parthenay.

 Peu après, Vouvant était érigé en siège royal; ornais, — est-il » dit dans dom Fonteneau, — comme la ville de Vouvent est très petite, mal peuplée et presque inaccessible » par les roches qui l'environnent et des chemins impraticables, le siège a été transféré à la Châtaigneraie » presque aussitôt sa création » (2).

 

En même temps, les ressorts et juridictions de Vouvant et Mervent, qui relevaient auparavant en appel du siège de Saint-Maixent et qui, depuis l'ordonnance de Louis XI, du 8 juillet 1482, appartenaient au siège de Poitiers, furent maintenus au Présidial de Poitiers.

La juridiction baronniale de Vouvant s'étendait sur un assez grand nombre de paroisses, en Poitou et en Aunis. C'est ainsi que le fief de Baignes-en-Aunis, la moyenne justice de Siecq, près Niort, et le fief des Prés-du-Bois, dans la prairie de Fontenay, relevaient de Vouvant.

Parmi les paroisses faisant partie de ce même ressort, citons Saint-Médard-des-Prés, Pissotte, Saint-Michel-le-Cloucq, le Langon, Mouzeuil, Saint-Pompain, Saint-Hilaire-sur-l'Autise, Xanton, Bourneau, Cezais, Saint-Hilaire-du-Bois, Mouilleron- en-Pareds, Bazoges, Thouarsais, Antigny, la Chapelle- Thireuil (3), Saint-Pierre-du-Chemin, Saint-Maurice:- des-Noues, etc....

 

Plusieurs événements, dignes d'être signalés, se sont passés à Vouvant sous les derniers titulaires de la baronnie.

En 1415 notamment, Jean-l'Archevêque, dans la guerre qui éclata entre les Français du parti d'Armagnac d'un côté, les Bourguignons et les Anglais de l'autre, ayant cru devoir se ranger avec ces derniers, son château de Vouvant fut assiégé et pris d'assaut par le connétable Arthur de Richemont.

En 1841, des habitants de Vouvant, curant le puits de l'ancien château, trouvèrent au fond, enfoui sous plusieurs mètres de décombres, un vieux canon qui date très vraisemblablement de l'époque de ce siège.

 

 

Mémoires de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres

Château de Bressuire le 11 janvier 1442 - La Praguerie en Poitou (Guerre de Cent Ans) <==.... ....==> Panoramas Historique sur le Château de Mervent (360°)

Mervent, Vouvant Jean de Dunois (Les Compagnons d'Armes de Jeanne d'Arc ) et château des Lusignan<==.... ....==>  Notice sur un Canon extraordinaire trouvé à Vouvant (Time Travel - Guerre de cent Ans)

 

 

 

 


 

(1)  Acte du 16 avril 1436, devant D. Delassale.- Etude Gillet, à Orléans

(2) Etat du domaine du roi en Poitou, en 1730. (D. F. p. 34. Id.)

(3) Acte du 16 avril 1436, devant D. Delassale. Etude Gillet, à Orléans.