Le 12 décembre 1491, s'est tenue une « montre » de la noblesse de la vicomté de Thouars par Messire Jean de Beaumont, chevalier et seigneur de Glenay.
/image%2F1371496%2F20260926%2Fob_3ac6e1_le-12-decembre-1491-s-est-tenue-une.jpg)
À cette époque, la montre était un rassemblement obligatoire où les nobles devaient se présenter en armes et à cheval devant un représentant du roi pour prouver qu'ils étaient prêts à faire la guerre et à remplir leur devoir féodal.
- L'examinateur : Cette revue a été passée par Messire Jean de Beaumont, chevalier et seigneur de Glenay. Il avait été spécialement commissionné (« commis député et ordonné ») pour accomplir cette tâche.
- L'autorité supérieure : Jean de Beaumont agissait au nom du Seigneur de Bressuire (Jacques de Beaumont), qui était alors un haut personnage : conseiller et chambellan du roi Charles VIII, et surtout sénéchal du Poitou (le représentant administratif, judiciaire et militaire du roi dans la province).
« Le douzième de Décembre an susdit a esté reçeu la montre des Nobles du Reffort de la Vicomté de Thouars, par Messire Jean de Beaumont Chevalier, Seigneur de Glenay, Commis député et ordonné pour ce faire, par haut et puissant Seigneur, Messire de Bresuire, Conseiller et Chambellan du Roy nostre Sire, Son Sénéschal en Poictou l’an 1491. »
Rôles des bans et arrière-bans de la province de Poitou, Saintonge et Angoumois, tenus et convoqués sous les règnes des rois Louis XI, en l'an 1467... celui de l'an 1491, sous le règne du roi Charles VIII.
La montre a eu lieu à Thouars ou à proximité immédiate (comme les plaines environnantes indispensables pour faire défiler des centaines de cavaliers en armes).
Dans l'organisation du ban et de l'arrière-ban, les nobles d'un « ressort » (un territoire judiciaire et militaire) étaient légalement convoqués au chef-lieu de la juridiction, qui était ici la capitale de la Vicomté de Thouars.
Le rôle de Jacques de Beaumont (le seigneur de Bressuire et sénéchal du Poitou) était de centraliser ces revues.
Pour Jean de Beaumont (Jean IV de sa branche), cette mission de commissaire s'inscrit dans l'âge d'or et la fin de sa lignée à Glénay :
- Un rôle de confiance maintenu : Passer la montre prouve que Jean de Beaumont était l'un des bras droits militaires les plus fiables du sénéchal en Haut-Poitou. Il a continué à gérer les affaires militaires de la région dans les années qui ont suivi, alors que le roi Charles VIII préparait ses campagnes pour les guerres d'Italie.
- L'alliance prestigieuse et l'extinction du nom : Jean de Beaumont a épousé Catherine Ratault de Curzay. De cette union n'est pas né d'héritier mâle, mais des filles, dont Madeleine de Beaumont.
- La transmission de son fief : À la mort de Jean, sa fille Madeleine est devenue la dame héritière de la terre de Glénay.
En se mariant en 1495 avec Merlin de Saint-Gelais (le premier maître d'hôtel du roi), elle a fait passer le Château de Glénay et la seigneurie entre les mains de la prestigieuse famille de Saint-Gelais de Lusignan, marquant l'extinction de la branche des Beaumont-Glénay.
À l'époque de la montre (la fin du XVe siècle), le Château de Glénay connaît précisément sa plus importante période de mutation architecturale et d'âge d'or. C'est le moment charnière où la vieille forteresse médiévale austère se transforme en une élégante résidence pré-Renaissance.
Voici à quoi ressemblait la vie et l'histoire du château entre 1470 et 1499 :
- Le grand chantier de Jean de Beaumont
Si les ancêtres de Jean de Beaumont s'étaient contentés de réparer les remparts abîmés par la guerre de Cent Ans (en 1386), Jean de Beaumont (parfois appelé Jean V dans les généalogies de bâtisseurs) décide de reconstruire entièrement le site pour refléter sa position sociale prestigieuse
C'est sous sa direction immédiate que sortent de terre :
- Le grand logis seigneurial : Conçu sur un éperon rocheux qui domine la vallée du Thouaret, il intègre le confort moderne de l'époque avec de grandes fenêtres à meneaux pour laisser entrer la lumière, tout en conservant des éléments de défense (douves sèches, chemin de ronde).
- Le châtelet d'entrée : Une porte fortifiée monumentale destinée à impressionner les visiteurs.
- La chapelle Sainte-Marguerite : Bâtie juste à côté du logis, elle servait de lieu de prière privé pour la famille.
Un art de vivre à la pointe de l'époque
Jean de Beaumont ne se limite pas aux pierres du château ; il conçoit tout un écosystème de prestige autour de sa demeure.
C'est à cette exacte période qu'il fait aménager :
- Un potager et un verger pour approvisionner les cuisines.
- Un vivier (bassin à poissons) au pied du château pour garantir du poisson frais, signe extérieur de richesse au Moyen Âge.
L'ambiance du château de Glénay en 1491
Lorsque Jean de Beaumont rentre chez lui après avoir passé la revue des nobles à Thouars en décembre 1491, son château est en pleine effervescence.
C'est une demeure fortifiée mais confortable, animée par les serviteurs, les artisans qui terminent les travaux, et rythmée par l'éducation de ses filles (dont sa jeune héritière, Madeleine).
Les grandes cheminées monumentales du logis — dont les structures superposées impressionnent encore les visiteurs aujourd'hui — tournent à plein régime pour chauffer les salles de réception.
Ce renouveau architectural architectural servira de cadre idéal quelques années plus tard, en 1495, pour accueillir sa nouvelle et puissante belle-famille : les Saint-Gelais