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J'étais, un beau jour de l'année 1885, il y a de cela déjà dix ans, à visiter paisiblement et sans aucun but très déterminé, les ruines du château de Talmond : J'admirais, en architecte, la construction de son massif donjon, de ses puissantes tours, de ses hauts murs de ronde, bâtis en galets à angles arrondis qui feraient le désespoir de nos pauvres maçons modernes; enfin, je m'efforçais de trouver la distribution des parties essentielles de l'édifice et de saisir le fil de ce vrai labyrinthe, quand, poussé par le désir de connaître une entrée que je ne découvrais pas, et tant soit peu excité par la difficulté qui s'offrait de prime abord à mes yeux, feus la pensée de faire exécuter quelques fouilles et de reconstituer, hélas, sur le papier seulement, la vieille forteresse des sires de Talmond.

Je cherchai longtemps, et pour m'aider, j'eus le malheur ou l'audace d'ouvrir quelques vieux dossiers de parchemins déposés soigneusement dans les archives de la Préfecture de la Vendée, et conservés avec tous les égards possibles par notre complaisant archiviste.

Ce travail me procura une satisfaction dont je n'avais pas encore conçu la moindre idée, et que, il faut bien le dire, je n'avais jamais eu l'occasion de ressentir et d'apprécier.

Non seulement j'appris qu'il y avait eu à Talmond des seigneurs puissants, mais encore je fis connaissance avec les habitants d'un monastère installé presque à la même époque que la demeure féodale, à quelques centaines de mètres de ses murs.

Par les publications déjà faites, et dont je ne soupçonnais pas l'existence, je connus leurs premiers pas et leurs premiers actes dans la contrée si intéressante qui forme la partie sud-ouest du département de la Vendée.

 Je découvrais d'autres documents qui n'avaient pas vu le jour encore, et me fiant peut-être un peu trop à mes propres forces, j'eus la témérité de mettre quelque suite dans toutes les notes que j'avais prises, et de les offrir au lecteur dont je demande toute la bienveillance.

Je suis loin de traiter les actes que je raconte en historien consommé, jugeant les faits et les appréciant, je n'en ai ni la prétention ni l'envergure : mes premières études n'ont pas été dirigées vers ce but, et celte science ne s'improvise pas : on ne devient pas du jour au lendemain historien, parce qu'on écrit sur la couverture d'un livre imprimé :

Histoire de telle époque ou de telle guerre; on n'est pas archéologue quand on a découvert le fer d'un cheval des compagnons de Charlemagne. Laissons à d'autres ce petit travers inoffensif; nous avons les nôtres.

Je viens donc tout simplement vous raconter comment agirent et s'agitèrent, pendant huit siècles, les moines du monastère de Sainte Croix de Talmond, et en même temps donner quelques notions sur les usages et les coutumes de ses religieux et des habitants au milieu desquels ils vivaient.

Certains détails paraitront peut-être intéressants à des travailleurs plus érudits, qui pourront, en les comparants avec les faits déjà connus, écrire alors une histoire complète et raisonnée du Bas-Poitou.

Mon ambition sera amplement satisfaite, si, avec cette publication et celle que j'ai l'intention de faire sur les Seigneurs de Talmond, j'arrive à fournir un moëllon, admettons une pierre de taille, à l'édifice important et instructif que devrait entreprendre un savant et véritable historien.

Jusqu'à ce jour il n'a été raconté que des anecdotes et des faits isolés et sans liaison entr'eux; et cependant il y eut des Benjamin Fillon, des Marchegay, des La Bouletière, qui auraient pu s'atteler à un pareil travail; ils ne l'ont pas fait, ayant d'autres études; ils ont au moins, chacun, écrit quelques pages magistrales qui n'arrivent qu'à nous faire regretter plus amèrement un ouvrage complet de leur plume autorisée.

Je manquerais à tous les devoirs de la plus élémentaire reconnaissance, si je ne remerciais pas ici, avec toute la sincérité du cœur, et la plus profonde reconnaissance, d'abord, mon excellent camarade Gabriel Barbaud, l'archi­viste de la Vendée, qui a guidé mes premiers pas et pris en mains les cordons de la brassière qui les soutenait, et ensuite M. Louis, l'érudit bibliothécaire de la ville de la Roche-sur-Yon, qui a su me faire consulter, parmi le grand nombre de volumes dont il a la conservation, ceux-là seuls qui pouvaient m'aider dans des recherches entreprises d'abord un peu à tâtons.

La Roche-sur- Yon, janvier 1895.

 

 

Les Seigneurs de Talmont, Famille de Mauléon

 

LES SEIGNEURS DE MAULÉON

 

EBLE DE MAULÉON

(1140- 1179)

La charte XXXVI du cartulaire de Boisgrolland apprend que le seigneur Eble de Mauléon, un des bienfaiteurs de cette abbaye, avait pour femme Eustachie ; or, cette Eustachie était précisément fille de Guillaume de Lezay, sire de Talmond, qui eut au moins une autre fille, épouse de Hugues d'Apremont.

C'est donc par suite du mariage d Eble, et de la mort de son beau-frère, que la principauté de Talmond passa dans la famille des Mauléon (2).

Eble, dont on va s'occuper ici, possédait déjà les domaines de Fontenay et de Mauléon, quand, par suite de la mort de ses deux frères aînés, Savari et Raoul II, il se trouva héritier du fief de Châtelaillon (3) ;

Il acquit même la Rochelle un peu plus tard, à la suite d'une guerre terrible qui désola l'Aunis, et dans laquelle Louis VII fut obligé d'intervenir pour séparer les combattants.

  ==> Entre 1145 et 1183. Cession par Eble de Mauléon aux moines de l'abbaye de Vendôme de propriétés situées à Saint Georges d'Oléron.

Ce seigneur ne nous est pas connu dans le Talmondais avant 1145 (4), et ses premiers actes sont- jugés sévèrement par les hommes de son époque, puisque le sénéchal du Poitou, Guillaume de Mauzé, au moment de partir pour la croisade en 1147, suppliait le ministre Suger d'envoyer dans la contrée un prévôt sage, sous peine de perdre le pays et notamment la Tour de Talmond, dont Eble accaparait tous les revenus (5).

Louis VII, à son retour d'Orient, parcourut, pendant l'hiver 1151-1152, le Poitou et l'Aquitaine en compagnie de sa femme Aléonor, avec laquelle il n'entretenait pas déjà, dit la chronique, les plus cordiales relations.

Le cartulaire de l'Absie raconte que Eble de Mauléon suivit le roi dans ce voyage, tout au moins en Bas-Poitou, car, étant à Saint-Hilaire-des-Loges, « ad caput pontis sancti Hiliarii super Altiziam », il lit don à cette abbaye de ce qu'il possédait dans le fief de Geoffroy à la Loge-Fougereuse et dans celui de Jean de Saint-Paul (6). On sait que c'est pendant cette visite en province que s'accentua et s'envenima le différend qui eut de si néfastes conséquences pour la France ;

Louis VII rappela ses sénéchaux et ses hommes d'armes français des villes d'Aquitaine et se rendit au concile de Beaugency qui accorda le divorce aux époux royaux. ==> 18 mars 1152 Le concile de Beaugency prononce l'annulation du mariage entre le roi de France Louis VII et Aliénor d'Aquitaine

Aléonor, héritière des comtes de Poitou, devenue libre, accepta la main de Henri II Plantagenet, comte d'Anjou et futur roi d'Angleterre.

==> La vie d’Aliénor d’Aquitaine – Mariage avec le futur roi Henri II d'Angleterre le 18 mai 1152 à Poitiers

 7 juin 1152 A la demande de l'abbé de Montierneuf de Poitiers, Aliénor d’Aquitaine confirme les donations et subventions faites par des générations de ses ancêtres.

Les témoins de cette donation et concession sont : Eble de Mauléon et son frère Raoul, et Hugues vicomte de Chatellerault et son frère Raoul, et Segebrand Chabot et Saldebrol connétable et bien d'autres.

 

A l'avènement au trône d'Henri II Plantagenet en 1154, le Poitou et l'Aquitaine furent au pouvoir de l'étranger, et par suite le Talmondais releva directement du roi anglais.

Les documents recueillis sont presque muets sur le passage de ce premier Mauléon à la tête de la Principauté : on sait seulement, par les cartulaires, que, le 4 janvier 1170, sa femme Eustachie mourut en lui laissant au moins deux enfants, Raoul et Guillaume ; que, vers la même époque, ce seigneur passa des conventions avec les prieurés de Saint-Martin-de-Brem (7) et de Fontaine, et enfin qu'il fonda en 1178, dans l'île de Ré, l'abbaye de Notre- Dame-des-Châteliers : il épousa, en secondes noces, Isodis (1174).

==> Charte de Savary de Mauléon, seigneur de Talmont, tant sur la rémission des mauvaises coutumes que sur le don de certaines libertés du Prieuré Saint-Jean-l'Evangéliste de Fontaine et de deux personnes

 

Lui-même mourut au moment où Philippe-Auguste devenait roi de France, Richard Cœur de Lion, second fils du roi d'Angleterre, étant comte de Poitou et duc d'Aquitaine, depuis déjà dix ans.

 

RAOUL III DE MAULÉON

ET

RICHARD COEUR DE LION

(1180-1200)

 

Raoul III, fils aîné d'Eble, qui semble avoir succédé à son père vers 1180, eut des difficultés énormes pour faire valoir ses droits sur les biens qui lui étaient propres ; les Plantagenets, jaloux de leurs prérogatives, étaient là, prêts à imposer silence à leurs vassaux quand ils avaient l'air de vouloir ébaucher le plus petit acte d'indépendance, et le père du nouveau seigneur en avait dû faire souvent l'expérience pendant sa vie.

Richard vint souvent dans le Talmondais : nous l'avons montré ailleurs chassant dans la forêt d'Orbestier, en 1182 (8) avec ses principaux vassaux.

 Quelques années plus tard, il fit en présence de Raoul des dons assez importants au prieuré de Fontaine et surtout aux moines d'Angles qui n'occupaient probablement encore qu'un prieuré, transformé plus tard en abbaye.

 

Ce serait même à propos de ces dernières libéralités qu'aurait été entreprise la construction de la nef de l'église d'Angles, qui subsiste encore aujourd'hui. ==> Église Notre-Dame-des-Anges d'Angles - Légende de la Malbête - René Antoine Ferchault seigneur de Réaumur

Les moines firent sculpter, à la naissance des arêtes des voûtes, au-dessus des chapiteaux des piliers de la première travée, des statues en pierre dans lesquelles on dit reconnaître les images de Richard, de son père Henri, et d'Aléonor, sa mère : ils ne conservèrent de l'ancienne église que le transept, les absides et la crypte.

 Ces derniers ouvrages ont, du reste, été restaurés, il y a environ cinquante ans, et nous-même avons dû élever dernièrement une couverture en ardoises au-dessus des voûtes de cette nef, pour les protéger contre les intempéries.

Depuis de longues années déjà, on s'était borné à placer directement sur leur extrados des tuiles creuses du pays baignant dans le mortier, de sorte que au-dessus des murs latéraux s'élevaient les dômes de trois coupoles irrégulières offrant l'aspect le plus bizarre.

Ce qui était plus grave, c'est que l'état intérieur du bâtiment en souffrait énormément et que la mousse verdâtre qui couvrait les parois intérieures, entretenue par l'humidité, aurait eu promptement raison des matériaux calcaires avec lesquels est bâti cet intéressant monument, digne d'être classé parmi les monuments historiques.

A cette époque, on battait monnaie en Talmondais, comme le prouvent des coins retrouvés à Port-Juré en 1783 et envoyé alors à Paris par l'essayeur de la juridiction de la Rochelle (9).

On utilisait ainsi sur place le métal de la mine de l'Essart, située non loin de là, dans la forêt d'Orbestier, pour frapper les deniers en argent de Richard. ==> Talmont, mine des Sarts de galène argentifère proche de la maison de chasse Salle Roy de Richard Cœur de Lion

 

Cet atelier fut transporté, un peu plus tard, en lieu sûr, probablement dans le château même de Talmond, et nous verrons que les rois anglais donnèrent plein pouvoir aux seigneurs de ce lieu pour mettre en circulation dans la suite les pièces provenant de leur fabrication.

Quand Richard et Philippe-Auguste partirent pour la croisade, ils furent suivis en Palestine par Raoul de Mauléon (10), qui se distingua dans plusieurs combats (1190 et 1192) ; il ne survécut à celui de Joppé que grâce au courage du roi d'Angleterre, qui l'arracha des mains des Sarrazins (11).

Richard, assis, depuis le 6 juillet 1189, sur le trône de son père Henri II (12), avait particulièrement pour très agréable de séjourner en Bas-Poitou, et des actes importants de sa vie publique sont datés de divers domaines qu'il aimait à fréquenter.

 

 Le 5 mai 1190, il était à Luçon où il signait une charte en faveur des Prémontrés pour la fondation d'une abbaye dans la forêt de la Roche- sur-Yon, sur la Terre de la Comtesse, paroisse de la Genétouze (13) ;

le 4 novembre 1196, la neuvième année de son règne, il octroyait de Talmond, aux mêmes chanoines, un autre bien, dit également la Terre de la Comtesse, dont un tiers était près de la forêt de Jard, un autre à Curzon, et enfin un troisième à la Championnière.

 

Les vieux murs du château, que nous avons décrits plus haut, portent encore les traces indéniables de ses divers passages en la ville de Talmond et de la sollicitude que montra ce grand bâtisseur de forteresses, pour rendre la Tour apte à résister aux progrès apportés par son rival Philippe- Auguste dans l'attaque des places fortes.

Richard mourut, comme on le sait, en 1199, au siège de Chalus en Limousin.

==> Châlus - Récit de la mort de Richard Cœur de Lion d’après Roger de Hoveden.

 Il fut pleuré et avait été populaire en Poitou, car c'était un ardent chevalier, et, comme fils d'Aléonor, il représentait bien pour les habitants la noble race des comtes qui les avait si longtemps dirigés.

Mais nous ne pouvons affirmer que le seigneur de Talmond fut de ceux qui se consolèrent difficilement de sa mort et qui trouvèrent qu' «avec lui furent ensevelis la gloire et l'honneur de la chevallerie ».

 

 

Le 30 septembre 1199 Loudun Aliénor d’Aquitaine confirme l’attribution total du château de Talmont à Raoul de Mauléon, son fils Savary et son frère Guillaume. Le roi Jean sans terre est présent

Toujours est-il qu'aussitôt le roi d'Angleterre descendu dans la tombe, Raoul de Mauléon jugea qu'il était opportun de revendiquer ses droits entiers sur Talmond et la Rochelle, et de se passer de la protection intéressée, par trop tutélaire et suffisamment lourde, des Plantagenets ; car, soit par précaution contre les projets du roi de France, soit par défiance contre ses propres vassaux, Richard avait conservé par devers lui plusieurs châteaux et fiefs importants du Poitou et de l'Aunis.

 

Talmond était au nombre des prises et se trouvait encore entre ses mains à l'époque de sa mort.

Le seigneur dépossédé sollicita aussitôt de la reine mère la restitution de ses places, mais celle-ci ne fut pas tout à fait gracieuse et gratuite.

Raoul, dans l'obligation d'aller trouver Aléonor à Loudun où elle séjournait pour le moment, obtint, après bien des démarches et de la diplomatie, un acte par lequel celle-ci lui restituait, en pleine propriété, le château de Talmond, et lui concédait celui de Benon, avec une rente de cinquante sous en échange de tous les droits qu'il prétendait avoir sur la Rochelle (14). ==> 1199 Jean sans Terre, roi d’Angleterre (Aliénor d'Aquitaine)- Fortifications de LOUDUN - Porte du Martray

 

La reine prévoyait déjà les luttes qu'elle allait avoir à soutenir contre le roi de France, et eut l'habileté de ménager quelque peu un vassal qui pouvait lui être d'un grand secours et lui apporter, en temps et lieu, un concours nullement à dédaigner.

Elle fit ratifier, peu de temps après (30 septembre 1199), cet accord par Jean sans Terre, frère et successeur de Richard, qui assura à Raoul et à ses enfants la possession du Talmondais, des Moutiers-les-Mauxfaits, de Benon, de Curzon, il y ajouta même une rente de dix mille sous poitevins, sur la prévôté de la Rochelle (15).

C'était reconnaître hautement l'importance qu'il attachait lui-même à l'amitié de ce seigneur, en faveur duquel sa mère avait stipulé dans un traité antérieur :

« Nos quia volumus habere servitium suum quod nobis necessarium et filio nostro Johanni. »

Le nouveau roi d'Angleterre, qui venait de payer si largement le concours de son vassal, crut pouvoir lui confier les fonctions importantes de sénéchal en Poitou, dès les derniers jours de cette même année.

 

 On connaît deux lettres qu'il lui adressa, en cette qualité, les 29 et 30 janvier 1200.

Dans l'une, il traitait une affaire concernant les Rochelais ; dans l'autre, il lui ordonnait de partir pour la Gascogne afin d'y rétablir l'ordre troublé (16).

Mais, deux mois après, Raoul mourait, et était enterré au monastère des Moutiers-les-Mauxfaits, où son frère et son fils fondèrent, en 1201, un service religieux pour le repos de son âme.

L'acte de fondation, daté de ce monastère stipulait, pour les religieuses de Fontevrault, auxquelles il appartenait, l'obligation d'entretenir une lampe sur son tombeau, et l'assurance de diverses rentes dont l'une de dix-sept livres, était garantie par les droits de viage, perçus sur les passeports des navires fréquentant les côtes de la Rochelle (17).

Raoul de Mauléon avait épousé Alix de Ré qui lui donna un fils, Savari, et deux filles, l'une Eustachie qui devint la femme de Hugues III, vicomte de Châtellerault et plus tard de Raoul de Machecoul, seigneur de Luçon ; l'autre, Jeanne, mariée, dans la suite, à Aimeri de Rochechouart.

 

 

GUILLAUME DE MAULÉON

(1200-1214)

Raoul eut pour successeur immédiat Guillaume, son frère, et non Savari son fils, en vertu du droit de viage ou de retour, dont nous avons déjà vu plusieurs fois l'application.

Outre les libéralités allouées au monastère des Moutiers- les-Mauxfaits déjà relatées, Guillaume de Mauléon laissa de nombreuses traces de ses bienfaits à tous les établissements de la contrée.

Voici rénumération de ses principales largesses :

En 1201, il créa un anniversaire pour le repos de l'âme de son frère, à l'abbaye d'Orbestier ;

En 1205, il jeta, de concert avec son neveu, les fondations du prieuré de Saint-Lambert, près de Mauléon, qu'il mit sous la dépendance de Saint-Jean-d'Orbestier ; puis, vers 1208, il donna à l'église du bienheureux saint Lienne, à la Roche-sur-Yon, un homme avec toutes ses redevances, afin d'entretenir une lampe, et, en outre, une rente de cent sous de Poitou, pour faire brûler quatre cierges à toutes les messes paroissiales ;

==> LA LÉGENDE DE SAINT LIENNE, disciple de saint Hilaire (Rocca Super Oyonem)

 

Deux ans plus tard, étant à Talmond, autant du moins qu'on peut en juger par les noms des témoins présents à la rédaction du traité, il confirma et augmenta, en faveur des moines de Saint-Nicolas de la Chaise, et en compensation des pertes qu'il leur avait fait subir en faisant la guerre au vicomte de Thouars, partisan des Anglais, tous les droits qu'ils possédaient déjà dans les environs de l'abbaye du Lieu- Dieu en Jard (18) ;

 

Janvier 1210 Charte de Guillaume et Savary de Mauléon, sur la restauration des personnes et des choses dans les paroisses Saint Vincent sur Jard dans la cour et Saint Hilaire de la Forêt.

Parce que ce que nous disons coule à flot, ce que nous écrivons reste dans les Écritures pour éveiller la mémoire des univers présents et futurs.

Moi, Guillaume de Mauléon, je tiens à être félicité que lorsque J. Prieur et les moines de Saint-Nicolas de Chaize eurent un procès contre moi, le vivomte, en raison des dommages qui, selon eux, lui avaient été infligés, ainsi qu'à ses hommes, par moi et les miens à l'époque où il y avait une guerre entre moi et Ameri, le vicomte de Thouars, et contre ceux-ci ils les avaient plusieurs fois traduits en justice, guidés par de bons conseils, pourvoyant à mon âme dans l'avenir, en réparation des dommages que ils disaient qu'ils avaient fait à eux-mêmes et au peuple et aux terres qu'ils possédaient depuis les temps anciens autour de la terre de l'abbé de Lieu Dieu en Jard, que les hommes et les terres sont dans la paroisse de Saint-Vincent et Saint-Hilaire de la Forêt, je leur ai accordé la possession tranquillement et paisiblement, et je leur ai donné si j'en avais quelque droit : de sorte que toutes les coutumes que moi et mes prédécesseurs avions dans ce pays, j'ai renoncé audit prieur et aux moines, et rien à moi et mes successeurs les conservons, transférés en leur possession.

Ceci étant ajouté, s'ils voulaient que leurs terres soient habitées par des hommes, des hommes qui ne seraient pas de ma coutume d'aucun endroit, devraient y être amenés et, paisiblement et tranquillement, libres de toute contrainte de ma part et des miens, devraient les posséder. pour toujours.

Maintenant, afin que cette donation et cette concession que j'ai faites puissent obtenir une force solide pour la postérité, j'ai renforcé la présente charte de la protection de mon sceau ; et j'ai fait accorder à Savary de Mauléon, mon neveu, la donation susdite et d'apposer son sceau sur cette charte.

Et de peur qu'aucune personne perverse ne veuille enfreindre ou altérer ce qui avait été fait M. (2), je priai l'évêque de Poitiers de confirmer la présente charte de son sceau, et d'être à jamais le défenseur de l'acte de donation.

Et l'abbé et le couvent de Saint-Florent et ledit J. prieur et les moines de Saint-Nicolas de Chaize le Vicomte, en raison de ce bénéfice que leur avaient conféré moi et mes amis, m'accordèrent, ainsi qu'à mon neveu Savary, un bénéfice plénier dans leur abbaye, et que le jour de ma mort dans l'église de Saint-Nicholai de Chaize le Vicomte devrait enregistrer et célébrer chaque année mon anniversaire de la même manière que Savary, mon neveu.

Les témoins de cette affaire sont : Maître Guillaume le Préfet, A. Bordon vicaire de Talmont, le chevalier Guillaume Girart, sénéchal de Savary de Mauléon à Talmont, A. de la Peirate prieur de Olenne, J. Robert, moine de Sainte Croix, J. de Saint Florent presbyter, T. prior de Cultura, G. Jobert, préfet de Talmont, et bien d'autres.

Et cela se fit cette année-là depuis l'incarnation du Seigneur 129, au mois de janvier, le pape Innocent résidant au siège de Rome et Philippe régnant en France.

 

Il fonda, avant 1210, la chapelle de Sainte-Marie de Breuil, paroisse du Bernard, dépendance de l'abbaye de Sainte-Croix, qu'il dota ensuite de nouveaux revenus, « que fundata est ad honorem beate Marie genitricis ejusdem, in qua ego Willelmus primum lapidem posui. » (19). ==> Chapelle de Notre Dame du Breuil (commune du Bernard)

On le voit encore traiter avec les moines de Boisgrolland pour une maison, située près de la Tour de Talmond, qu'il avait dû faire démolir, probablement en vue de l'agrandissement de son château (20).

II n'oublia pas davantage les moines de Talmond, qu'il sut combler de ses aumônes, directement ou par l'intermédiaire de leurs prieurés d'Olonne, du Bernard et de diverses chapellenies.

 

Enfin, il fonda, dans la forêt de la Roche-sur-Yon, une abbaye, sur laquelle nous donnerons quelques détails.

Guillaume se maria trois fois. Il eut, pour première femme, Agnès, de la maison de Mauzé ; en 1201, Catherine, fille de Maurice de Montaigu ; puis, vers 1208, Béatrix, dame de Machecoul, Luçon et la Roche-sur-Yon.

Cette dernière était fille de Bernard de Machecoul, et sœur de Raoul de Machecoul, deuxième mari de Eustachie de Mauléon, sœur aînée de Savari. ==> Les Sires de Retz et le château de Machecoul

De concert avec Béatrix, Guillaume créa, en 1210, l'abbaye de Sainte-Marie des Fontenelles, près de la Roche-sur-Yon, qu'il confia aux moines de Saint-Benoît, comme le prouvent des lettres de la fondatrice, en date de 1225 (21).

Peu de temps après, il est vrai, le monastère passa aux chanoines réguliers de Chancelade (22), qui firent beaucoup parler d'eux dans la suite, par une vie tellement irrégulière et scandaleuse, qu'elle motiva l'intervention des pouvoirs ecclésiastiques et une réforme complète au temps de Richelieu.

A propos de cette fondation, car la scène se serait passée à Talmond, racontons la légende, répétée encore, il y a quelques années, par les habitants des environs, aux parents qui amenaient en pèlerinage leurs enfants à cette église, pour les guérir de beaucoup de maladies présentes et à venir et particulièrement de la peur.

« Ores, oyez petits et grands, la sanglante légende (23) :

« Béatrix de Mauléon, princesse de Talmont, était une châtelaine d'humeur sombre et farouche.

Le sieur de Mauléon étant parti pour la Terre Sainte la dame vivait dans la solitude la plus complète en son manoir de Talmont.

Un jour, jour funeste, l'ennuyée châtelaine, accoudée à une fenêtre du manoir, promenait ses regards distraits sur la campagne, lorsqu'elle aperçut un tout petit enfant rose et blanc qui se livrait à de gracieux ébats dans la prairie voisine.

Elle fit appeler son cuisinier. Lorsqu'il fut devant elle, étendant la main vers la prairie, Béatrix lui montra le bel enfant que sa mère, occupée à peu de distance, avait déposé là.

Tu vois cet enfant, dit-elle, va le chercher et apprête moi son cœur pour le diner.

Le pauvre homme frémit à l'idée de la sanguinaire fantaisie de la châtelaine et du crime horrible qu'il fallait commettre pour la satisfaire.

 Il crut avoir mal entendu.

 Madame, balbutia-t-il... Obéis, manant!... La dame était terrible dans sa colère, elle commandait, il fallait obéir.

 L’horrible mets parut si délicieux à Béatrix, qu'elle exigea que, chaque jour, il figurât sur le menu seigneurial.

La terreur se répandit bientôt autour du manoir. Les pauvres mères auxquelles on enlevait leurs enfants s’enfuirent au loin pour dérober leurs chers trésors à l'ogresse de Talmont.

Un jour, le cuisinier se présenta, embarrassé et tremblant, devant la princesse, et lui dit qu'il n'y avait plus un seul enfant aux environs.

Béatrix le regarde froidement. Vraiment, lui dit-elle, tu es embarrassé pour peu de chose : il n'y a plus d'enfant aux alentours, me dis-tu ? N'as-tu pas ton fils ?

Qu'on juge du désespoir du malheureux père : seulement alors, il comprit toute l’étendue des crimes qu'une lâche complaisance lui avait fait commettre ; ses entrailles paternelles s'émurent, et le remords entra dans son cœur, comme un premier châtiment.

Cependant il n’osait plus désobéir à sa maîtresse. Au milieu de ses angoisses, un petit chien qu'il aimait beaucoup s'approcha de lui en le caressant et lui lécha les mains. La vue de l'innocent animal suggéra au pauvre cuisinier l'idée de le sacrifier à la place de son fils unique.

En effet, le cœur du petit chien fut accommodé avec le plus grand soin et servi à Béatrix. Mais à peine en eut-elle goûté qu'elle cracha avec dégoût et demanda quel terrible ragout on lui servait là.

 Le malheureux cuisinier, se croyant perdu, se jeta à ses pieds, et lui avoua ce qu'il avait fait pour sauver son fils.

Le Seigneur attendait-il ce moment ? Quoi qu'il en soit, la châtelaine fut touchée de ce désespoir paternel, et sentit le remords lui étreindre le cœur.

Revenue à des sentiments humains, elle sonda l'abîme dans lequel le démon l'avait précipitée et comprit qu'il fallait une pénitence proportionnée à ses forfaits, pour laver son âme.

 En conséquence, elle ordonna que la route, qui conduisait du château de Talmond à l'abbaye des Fontenelles fut jonchée, dans toute son étendue, d'épines, de ronces et d'ajoncs (25), et, les pieds nus, le corps couvert d'un cilice, elle parcourut ce chemin de douleur  et d'expiation en priant, pleurant et demandant à Dieu et aux hommes le pardon de ses crimes.

 En arrivant aux Fontenelles, elle expira ; les religieux recueillirent sa dépouille mortelle et l'ensevelirent dans la chapelle.

« Aujourd'hui, singulier retour des choses d'ici-bas, c'est la santé de leurs enfants que les mères vont implorer au tombeau de dame Béatrix. »

Malheureusement pour la légende, Béatrix survécut longtemps à son mari, et ne mourut qu'en 1235, après avoir épousé, vers 1214, Aimeri, qui devint plus tard vicomte de Thouars, sous le nom d'Aimeri VIII ; son tombeau n'a jamais été dans la chapelle (26), et le pèlerinage des Fontenelles n'a plus lieu, car les propriétaires des ruines de l'abbaye ont tenu à faire cesser ces réunions faites à une saison où les récoltes sont encore sur pied.

Les suites de cette espèce de préveil dégénéraient, en effet, complètement en désordre, et servaient de prétexte à des rapines dans les vergers et les champs des environs.

 

Revenons, après cette petite digression, à Guillaume de Mauléon et parlons un peu de sa vie politique.

Pour cela, il nous sera nécessaire de nommer souvent son turbulent neveu, car nous retrouverons presque continuellement ces deux proches parents opposés l'un à l'autre et suivant une conduite diamétralement opposée.

 Guillaume, toujours serviteur dévoué du roi de France Philippe-Auguste, rencontra presque partout devant lui Savari, qui épousa les préférences de son père Raoul, et resta, en général, fidèle aux rois d'Angleterre, Jean sans Terre et Henri III : s'il les abandonna quelquefois, ce fut par intérêt et pour de courtes durées.

Il y a donc lieu de prendre la vie de ce dernier seigneur, dès la mort de son père Raoul et à l'époque du passage de la seigneurie entre les mains de Guillaume.

Savari naquit, assurément, en Poitou ou en Aunis, non en Angleterre, et ses premières années se passèrent dans ces deux contrées.

 Quand son père descendit dans la tombe, en 1200, Châtelaillon, Benon, Angoulins et l'ile de Ré constituèrent son héritage propre.

Par son mariage avec Belle-Assez, fille de Guillaume de Chantemerle, seigneur de Bazoges et de Pareds, il eut la perspective d'accroître considérablement ses domaines, et à la mort de son oncle Guillaume, il deviendra un des plus puissants seigneurs de la contrée (27). ==>Canta Merula, la châtellenie de Chantemerle (commune des Moustiers sous Chantemerle)

 

Le Poitou était toujours aux mains de Jean sans Terre et de sa vieille mère la reine Aliénor, quand l'oncle et le neveu commencèrent à jouer un certain rôle sur la scène du monde; par conséquent, les seigneurs de Talmond devaient foi et hommage au roi d'Angleterre.

Guillaume remplit peut-être de plein gré les formalités et paya les droits qui lui étaient imposés par les usages de la féodalité, au moment de l'ouverture de la succession, mais ses préférences étaient déjà très marquées pour le roi de France, et, pendant toute sa vie, il conforma sa conduite à ses sympathies ; dans la fermeté de ses convictions, il sut même entraîner avec lui tout d'abord son jeune neveu Savari.

Philippe-Auguste n'avait, à cette époque, qu'un but et qu'un objectif fixe : chasser du territoire français le monarque anglais et sa mère ; mais l'entreprise était difficile et délicate, s'il restait livré à ses seules ressources et s'il n'avait pour lui la grande majorité de la puissante noblesse poitevine.

Celle-ci, en effet, concentrait entre ses mains toutes les forces du pays, possédait territoires et forteresses qu’il n'était pas aisé de surprendre : elle n'avait pas, en outre, de grandes sympathies pour le roi de Paris et redoutait de l'avoir trop près d'elle ; elle craignait une suzeraineté gênante, susceptible de mettre un frein trop énergique à ses élans d'insubordination et à ses idées batailleuses ; en somme, elle lui préférait incontestablement et sans réserves Jean sans Terre, petit-fils d 'un de ses vieux comtes, qui demeurait loin d'elle et lui promettait plus de liberté.

 Aussi ce fut-il autant par les intrigues auprès des grands, que par les chocs de leurs partisans, que les deux rois se disputèrent pendant si longtemps la possession du Poitou et de l'Aquitaine.

Les premières faveurs de Savari, avons-nous dit, furent pour Philippe-Auguste 'il se rendit, en effet, en 1202 en compagnie de son oncle Guillaume, à Tours, au-devant d 'Arthur de Bretagne, neveu et ennemi de Jean, que le roi de France envoyait en Poitou, avec le titre de comte, pour reprendre cette province aux Anglais.

 

Les débuts furent malheureux : Savari, fait prisonnier avec un grand nombre de nobles devant Mirebeau, au moment où on comptait s'emparer de la reine Aliénor, fut envoyé en captivité à Corff, en Angleterre (31 juillet 1202). ==> Time Travel 1202 – Aliénor d’Aquitaine et le Siège de Mirebeau - Arthur Ier Duc de Bretagne - Hugues le Brun de Lusignan

L'année qu'il y passa comme prisonnier, surveillé par quatre gardiens vigilants, fut consacrée par lui à trouver le moyen de sortir des murs qui le retenaient si à l'étroit.

Il réussit un jour à enivrer ses geôliers, et, s'armant d’une hache, leur fendit le crâne, puis courant avec ses compagnons de captivité, poitevins comme lui, il la tour principale du château, il en chassa les Anglais et organisa une résistance inégale mais désespérée contre ceux qui vinrent l'assiégé.

 Grâce à la médiation de l'archevêque de Cantorbéry, Herbert, Savari fut épargné par le roi d'Angleterre, bien décidé pourtant à se venger. Mais Jean sans Terre dut probablement, au premier entretien qu'il eut avec son prisonnier, voir à quel homme il avait affaire, et quel parti il pourrait en tirer, pour sa propre cause, en France : aussi, au lieu de l'envoyer au bourreau, le fit-il conduire à Verneuil, en Normandie, afin de l'avoir sous la main, en temps opportun.

Dès le mois de janvier 1204, on retrouve en Poitou le jeune aventurier défendant alors énergiquement le parti anglais, et recouvrant, le 10 août, tous ses biens qui avaient été confisqués.

Ses principaux adversaires étaient son oncle Guillaume, ainsi qu'une grande partie des nobles de la province gagnés par des promesses et quelques largesses.

Jean sans Terre ne craignit point de confier à son vassal les difficiles fonctions de sénéchal de Poitou et lui leva une petite armée.

C'est avec celle-ci qu'il surprit, le Ier mai 1205, la ville de Niort, dont il se fit ouvrir les portes au moyen d'un assez piquant stratagème (28).

Les Français, parmi lesquels se trouvait Guillaume, voulurent bien reprendre la place, mais l'entreprise n'eut pas de succès et la ville resta aux mains des Anglais.

Pendant ces escarmouches, le roi Jean avait préparé une expédition plus sérieuse en Poitou : débarqué à la Rochelle à la tête d'une assez forte armée, il parcourut avec Savari la partie demeurée anglaise, courut prendre et saccager Angers, mais fut obligé de se replier devant Philippe-Auguste qui accourait pour lui couper la retraite.

Après divers petits combats autour de Thouars, une trêve d'une année fut conclue entre les deux rois : Guillaume s'obligeait à la faire observer, au nom du roi de France, tandis que son neveu prenait le même engagement, au nom du roi d'Angleterre.

Savari resta seul en Poitou après l'embarquement de Jean sans Terre, pour défendre les intérêts anglais, et résister aux armes de Philippe qui reprit bientôt la campagne et s'empara de Parthenay ;

L'année suivante (1208), les lieutenants Clément de Metz et Guillaume des Roches le surprirent en personne sur les bords de la Dive, et lui prirent 52 chevaliers, notamment Hugues, frère du vicomte de Thouars, et Aimeri, son fils.

Après quelques années de calme relatif (1211), Savari reçut l'ordre de partir pour le Languedoc, afin de secourir Raymond VI, comte de Toulouse et neveu de Jean, qui se trouvait menacé par la croisade contre les Albigeois ; mais par sa cupidité il s'attira le mécontentement de son souverain, qui lui enleva la sénéchaussée de Poitou, pour la donner à Yvon de la Jaille. ==> 1211 Croisade des Albigeois, Savari de Mauléon à la rescousse du comte de Toulouse Raimond VI

Cette disgrâce, à laquelle il fut très sensible, le décida à se retirer dans ses domaines, ou il ne tarda pas à prêter l'oreille aux ouvertures du roi de France, qui crut le moment favorable pour le gagner à sa cause.

Ce monarque reçut, en effet, son serment solennel dans l'assemblée de Soissons, au mois d'avril 1213, «Le roi de France désirait utiliser les talents nautiques de Savari dans la grande expédition qu'il préparait contre l'Angleterre, sur les côtes du Boulonnais.

La possession, soit par lui-même, soit par son oncle Guillaume, de l'île de Ré, de tout le rivage de l'Océan, depuis Châtelaillon jusqu'au- delà d'Olonne, de ports et de forteresses à l'Aiguillon (29), à Saint-Michel-en-l'Herm, au Port la Claye dans la rivière du Lay, à Talmond, aux Sables-d'Olonne, devait faire tout naturellement de Savari un marin et même un pirate.

C'est par cette dernière qualification, pirata rapax Savaricus, que le désigne l'annaliste Guillaume le Breton.

Le port Savari (30), près de la Rochelle, et le Port la Claye sont même signalés comme étant les refuges où il recélait le produit de ses brigandages.

Placé par Philippe-Auguste à la tête de sa flotte réunie sur les rivages du Boulonnais, Savari de Mauléon pouvait rendre les plus grands services. Le contingent de vaisseaux et marins poitevins qu'il avait amenés était surtout loin d'être à dédaigner. »

 

Il partit donc avec la flotte française pour la Flandre et pénétra dans le port de Dam, en mai 1213.

Là, les Poitevins, sous ses ordres, ne songeant qu'au pillage et à la rapine, se conduisirent d'une façon déplorable : ils prêtèrent un concours presque nul à la défense et allèrent jusqu'à négliger de secourir le reste de la flotte française qui fut prise entièrement par les Anglais ; cette conduite de véritable pirate fut loin de lui attirer les sympathies du roi de France, qui le pria peut-être peu poliment de retourner dans ses terres du Poitou.

D’après le cartulaire de Sainte-Croix (31), Savari se trouvait, en effet, le 24 décembre 1213, au Château- d’Olonne, près de son oncle Guillaume, qui, sentant venir sa fin prochaine, fit un testament au profit de son cher abbé de Sainte-Croix de Talmond, Raoul de la Peyrate, et demanda à être enseveli dans cette abbaye qu'il avait tant aimée; il lui laissa les ressources nécessaires pour entretenir un cierge allumé, nuit et jour, et pour nourrir et vêtir un moine, dont les principales fonctions consisteraient à prier pour le repos de son âme et de celles de ses parents.

 

 

SAVARI DE MAULÉON

(1214-1233)

« Le riche héritage de Guillaume doublait au moins la « puissance territoriale de Savari.

Déjà maître de l'ile de Ré, de Châtelaillon, Angoulins, Benon, par droit paternel, de Pouzauges, Chantemerle et Pareds, par sa femme, il entrait en possession de Mauléon, Fontenav, Saint-Michel-en-l'Herm, les Moutiers-les-Mauxfaits, Curzon, le Talmondais et l 'Olonnais, dont son oncle

 

 N’avait eu que l'usufruit... Devenu, de la sorte, l'un des plus puissants seigneurs de l 'Ouest, en même temps qu'il en était le plus guerrier, le plus entreprenant, on conçoit aisément que son alliance ait été si recherchée par les deux puissances qui se disputaient ces belles provinces. »

Savari n’était pas de nature à rester inactif au milieu de ses domaines.

 Dès le débarquement de Jean à la Rochelle, en 1214, il court à sa rencontre et se déclare son partisan : quelques jours plus tard il négocie pour lui sous Lusignan. ==> 1214 Jean Sans Terre part d’Angleterre en direction du Poitou, débarque à La Rochelle et marche sur Mauzé

Mais après quelques succès à Mervent et à Vouvent, la prise d 'Angers et de Beaufort, le roi d'Angleterre battu par le prince Louis, à la Roche-au-Moine, est obligé de signer avec le roi de France une trêve de cinq ans ; Savari en jure l'observation, tant en son nom personnel, qu'en celui du monarque étranger (1214).

 ==>1214 Bataille de la Roche-aux-Moines entre le Capétien Louis IX et Jean sans Terre Plantagenêt (Time Travel)

 

 Le Bas-Poitou, et par conséquent le Talmondais et l'Olonnais, restaient malgré tout aux Anglais.

Voyant qu'il n'y avait plus, pour le moment, de nobles coups d’épée à donner ou à recevoir en France, Savari partit bien vite pour l'Angleterre afin de défendre son suzerain contre ses propres révoltés : il remplit là toutes les missions qu'on voulut bien lui confier.

 Mais la mort inopinée de Jean sans Terre changea complètement l'attitude des vassaux anglais qui déposèrent les armes, et le seigneur de Talmond dut retourner faute d'emploi, malgré lui et l'oreille un peu basse, en Poitou, où sa présence, dès 1216, est signalée par un acte passé en faveur de l'abbaye de Sainte-Croix (32).

Longtemps, avant de posséder la terre de Talmond, Savari avait obtenu, par des lettres patentes du roi d'Angleterre (1208), le droit de battre monnaie en Poitou.

Mais nous ne devons peut-être voir dans cet acte que la confirmation officielle du droit, qui n'était encore qu'une simple tolérance, dont jouissaient déjà les seigneurs du lieu.

Il serait peut-être téméraire à ce propos de rechercher, si toutes les monnaies frappées dans les officines de ce seigneur remplissaient bien les conditions de poids et de titre exigées par les règlements, car le protecteur du chevalier troubadour dut insister plusieurs fois et très énergiquement, dans le courant de la guerre, pour donner cours forcé à ces pièces.

Quoi qu'il en soit, c'est seulement en 1215, pendant son séjour en Angleterre, que Savari obtint l’autorisation du roi anglais de battre monnaie dans le système tournois, sur ses propres domaines.

« Sachez, écrivait Jean sans Terre, à ses vassaux de France, que nous avons accordé à nostre ami et féal, Savari de Mauléon, que sa monnoie ait cours dans toutes nos terres de Poitou, Angoumois et Gascogne, tant que ce sera notre plaisir, pourvu toutefois qu'elle vaille en poids la monnaie poitevine.

A ces fins, nous vous mandons que vous laissiez librement circuler cette monnoie. »

 

Le 31 août suivant, une autre lettre patente du même prince changea en droit perpétuel cette permission temporaire.

Le sire de Talmond jouissait, vers 1216, d'une considération très méritée mais peu enviable.

Abhorré par les Anglais qu'il avait maltraités pendant son séjour dans leur pays, il était devenu particulièrement odieux aux Français, trahis déjà deux fois et pressurés par lui en diverses occasions.

 

Pour se faire pardonner ses nombreux méfaits, et surtout pour donner libre cours à sa vie aventureuse, il se tourna alors du côté des choses saintes et du pape Honorius III qui prêchait le départ d'une nouvelle croisade ; le loup, devenu soumis, se fit ermite et prit la croix pour aller pieusement en Palestine, en 1217.

Mais hélas ! malgré ses rapines et ses gros revenus, ses coffres étaient vides, et il fallait le sac pour entreprendre une pareille expédition : ses intérêts patrimoniaux, négligés par des absences continuelles, avaient besoin d'être mis en ordre ; les monastères de la contrée lui réclamaient des aumônes promises et indispensables pour faire oublier ses violences et ses exactions.

Il fallut donc, avant de mettre son projet à exécution, consacrer une année entière à remettre tout au point, et réunir la forte somme.

 

En 1218, Savary de Mauléon fonde la ville des Sables-d'Olonne (côté Chaume), chargé par les Plantagenet de fortifier le littoral, mais également pour parer à l'envasement progressif de Talmond.

==>1218 de L’ile de Ré Partant en croisade, Savary de Mauléon fait des dons à B. Nicolas de Chaume en Olonne.

==> 1218 Abbaye Saint Michel en l’Herm Charte, Savary de Mauleon, prince et seigneur de Talmont, avant de partir en croisade fait des dons pour l'abbaye de Sainte-Croix de Talemont

==> Juin 1218 Castrum Novum (Chateauneuf - Largeasse en Gâtine), Savary de Mauléon, donne certaines terres à Lysée l'Ermite

 

Avant de partir à la cinquième Croisade en Égypte, il divisa sa seigneurie de Ré en deux seigneuries, celle de Ré qu'il conserva et celle d'Ars-et-Loix qu'il échangea avec l'abbé de Saint-Michel-en-l'Herm contre la terre de l'Aiguillon ;

Il fit donation de terres à diverses abbayes et engagea ses seigneuries de Benon et Châtelaillon, etc., pour la somme de 30,027 livres tournois.

 

Suivons-le dans ses démarches et voyons comment il en arriva à ses fins.

A tout seigneur, tout honneur; comme prince de Talmond, il songea tout d'abord à l'abbaye de Sainte- Croix et aux divers prieurés situés à l'intérieur de sa principauté. ==> L'ABBAYE DE SAINTE-CROIX DE TALMOND SAINT HILAIRE - DESCRIPTION

Parmi ses nombreuses libéralités et fondations, nous citerons d'abord la réinstallation de la chapelle de Saint-Nicolas de Jard (33), qu'il rétablit sur le bord de la mer, entre le port de Jard et la côte, sous l'invocation du patron des mariniers, et qu'il dota largement avant de la remettre entre les mains de l'abbé Raoul de la Peyrate (34) ;

Puis l'autorisation, pour le prieur du Breuil, paroisse du Bernard, dépendance de l'abbaye, de construire un nouveau bourg-franc propre à attirer, par la création de trois foires, les habitants étrangers « non de terra mea sed aliunde venientes.» (35) ;

enfin la cession au prieuré de Saint-Nicolas de la Chaume, d'abord de son fief de Vieille- Vigne touchant la ville, ensuite du droit de douze deniers sur chaque bateau de pêche venant au port d'Olonne ; puis d'un emplacement, situé entre le pont et le fief de vigne de la Tour, destiné à la création d'un nouveau village, dont les habitants, sauf un seul qui était réservé à l'usage des moines, seraient francs de taille, mais non du droit de pêche dû par tous les pécheurs indistinctement. ==> 1747 Naufrage du navire marchand à deux ponts « La Placellière »- Les canons du fort Saint Nicolas aux Sables d'Olonne

L'Aumônerie d'Olonne reçut également un four banal et la perception du minage dans ce bourg, et au Château-d'Olonne, ainsi qu'un droit d'usage dans la forêt d'Orbestier.

 

On trouve encore dans le cartulaire de Fontaines trois documents, en date de juillet 1218 (36), dans lesquels il est dit, qu'avant de partir pour la Terre Sainte, le prince prit la louable mais tardive résolution, pour le salut de son âme et pour ôter à ses successeurs toute tentation perverse, de faire disparaître les mauvaises coutumes, notamment le droit qu'il s'était attribué injustement, de se faire héberger au prieuré, lui, les siens, ses oiseaux et ses chevaux, et de lever sur les domaines des moines le blé et le vin nécessaires à l'approvisionnement de la Tour de Talmond, ce dont il avoua avoir souvent abusé.

Pour récompenser les religieux des spoliations faites au sujet des guerres antérieures, il leur abandonna tous ses droits sur le prieuré, les maisons d'Angles et la grange de Marechaucée ; il leur accorda également la faculté d'installer, dans le bourg de Fontaines et la ville d'Angles, un administrateur ou prévôt, un préposé à la boulangerie, un juge inférieur, « proposition, fumerium, preconem ».

Comme les moines lui avaient avancé, en outre, à titre de subsides de voyage, quinze mille sous, il déclara que, si lui et ses héritiers refusaient de rendre cette somme prêtée, ils fusssent, jusqu'à exécution complète de l'engagement, frappés d'excommunication et d'interdiction.

L'appel de Savari à la bourse de ses amis et alliés ne fut pas limité à celui qu’on vient d'indiquer.

 

 Il emprunta à Geoffroi de Neuville, chambellan de Henri III, trois mille vingt-sept livres tournois, que celui-ci tenait du maire et des bourgeois de la Rochelle. (Cette somme était encore réclamée, en 1222, par les habitants qui portèrent plainte près du roi anglais ; puis, avec la permission du pape, il hypothéqua à des marchands de Rome, pour le joli denier de deux cents marcs d'argent, le vingtième des revenus ecclésiastiques du diocèse de Poitiers).

 

Savari partit rejoindre enfin les autres croisés à Gênes, d'où il s'embarqua, le 23 juillet 1219, à la tête de trois fortes galères armées à ses frais.

==> En 1219, Savary de Mauléon s’embarque dans la cinquième croisade depuis la côte poitevine pour l’Égypte, soumise au Sultanat ayyoubide ; il est présent lors de la prise de Damiette. Hugues IX le Brun comte de la Marche du Poitou est mort le 11 août 1219 à Damiette

 

 L'expédition toucha terre, après un voyage heureux, au port de Damiette qui fut emporté d'assaut huit jours après.

Toutefois, le seigneur de Talmond ne s'attarda pas en Terre Sainte, où il lui était très difficile de se livrer à l'une de ses occupations favorites de galanterie : dès septembre 1220, on le retrouve dans sa principauté de Talmont, renouant ses vieilles et bonnes relations avec le roi d'Angleterre, qui le nomma sénéchal de Guyenne et Poitou (octobre 1222), avec mission de mettre un terme aux brigandages des seigneurs poitevins.

Nous ne le suivrons pas dans les voyages qu'il entreprit, les exactions qu'il commit, les intrigues qu'il sut si bien nouer et dénouer, selon ses caprices et ses intérêts pendant la période qui suivit.

 Nous nous bornerons à citer parmi ses actes ceux qui intéressent notre contrée, et ont rapport à son domaine du Talmondais.

Ainsi, en 1223, étant au château de Talmond, avec Guillaume, archevêque de Bordeaux, il confirma les donations du prieuré de Fontaines (37), fit de nouvelles libéralités à Saint-Jean d'Orbestier (38).

De son château d'Olonne, il restitua aux religieux de Grandmont de la Meilleraie leurs droits d'usage dans la forêt, et confirma par une autre charte, au profit de l'abbaye de Sainte- Croix, une rente de soixante sous, assise sur les droits acquittés au prince par les navires entrant dans le port de Talmond (39).

Il était, en 1224, à défendre Niort, qu'il ne put empêcher de tomber entre les mains du roi de France, Louis VIII : de là, il se réfugia à la Rochelle et résista dix-huit jours à l'armée française, devant laquelle il dut se retirer et essayer de gagner l'Angleterre : « Mais les Anglais et les Bayonnais l’accusaient hautement de trahison... Innocent ou coupable, il comprit le danger d'une semblable accusation.

II avait à peine pris la mer, qu'il s'aperçut des projets hostiles des Anglais. On méditait de s'emparer de sa personne et de lui faire payer cher sa prétendue trahison.

Le souvenir des cachots de Corff dut alors hanter son esprit : les vaisseaux passaient en vue des côtes poitevines dont il était seigneur. Au lieu de continuer sa route vers l’Angleterre, et au risque de passer pour traître, il vira de bord et prit terre au port d'Olonne.

 

 C'est ce qu'expliqua sa présence en ce lieu, signalée par une donation du mois de septembre 1224 en faveur de Notre-Dame de Bourgenet, non loin de son château de Talmond. » ==> Détails historiques sur l’Olonnais et le Talmondais au XIIIe siècle - Notre Dame de Bourgenay.

Il accordait à ses moines l'autorisation de ramasser tous les essaims d’abeilles qu'ils trouveraient dans la forêt d'Orbestier ; cette libéralité ne dut pas assurément le priver d'un gros revenu.

 

A la suite de ces événements, Savari crut devoir se soumettre au roi de France, qui lui confia alors la défense des îles et des côtes de l'Aunis, et l'emmena combattre, en 1226, les Albigeois, autrefois secourus par lui.

La mort inattendue de Louis VIII remit bientôt tout en question, et le prince de Talmond, se croyant de nouveau délié de son serment de fidélité, passa le plus facilement du monde du côté des Anglais avec plusieurs puissants seigneurs de la contrée.

 

Cette rébellion n'eut pas de succès, et Savari humilié se retira, pour quelque temps, dans ses domaines du Poitou.

Il venait de se remarier, en l'église de Saint- Nicolas de la Tranche, par l'entremise de l'abbé d'Orbestier (40), à Amable du Bois, qui, jusqu'à cette époque, n'avait été que sa concubine ; par un acte de 1226, il concédait aux enfants qui devaient naître d'elle sa seigneurie de Châtelaillon plus l'île de Ré, Benon, Saint-Michel-en-l'Herm, le minage de Niort, avec usufruit pour leur mère (41).

 

 Amable lui donna effectivement un fils du nom de Raoul, que l'on retrouvera plus loin, et dont la naissance fut légitimée seulement le 10 mai 1232, par le roi d'Angleterre et par l'archevêque de Bordeaux, sur l'ordre du pape.

En 1228, notre prince dut encore, sur les plaintes des moines de Fontaines, payer à ceux-ci une indemnité de trois mille sous et quinze livres tournois, pour tous les actes de brigandage commis par lui et ses hommes.

Savari combattit, en 1230, pour Henri III contre Louis IX ; à la tête des bateaux qu'il avait armés dans ses ports de l'estuaire du Lay, il recommença sa guerre de prédilection en multipliant ses pirateries sur les côtes de l'Océan, et ses ravages en terre ferme.

L'insuccès de Henri III, qui regagna l'Angleterre après avoir signé une trêve de trois années, et la défection de plusieurs seigneurs, ses alliés, le forcèrent enfin à déposer définitivement les armes et à se retirer dans ses terres, où il put jouir d’une tranquillité, nous ne dirons pas méritée, mais obligatoire, jusqu'au jour de sa mort survenue à Saint- Michel-en-l'Herm, le 29 juillet 1233.

 Son corps fut enseveli dans le chœur de la grande église de l'abbaye, près de la mer qu'il avait tant aimée.

 

Ce seigneur poitevin, aux mœurs faciles, sachant offrir ses hommages aux dames, d’une inconstance égale envers les princes dont il embrassait la cause et envers les belles qu'il célébrait dans ses chansons, était doué d'un esprit souple et fin, et possédait des goûts littéraires assez prononcés pour son époque.

Il fut rangé parmi les troubadours de son siècle qui, courant de château en château, de cour d'amour en cour d'amour, racontaient, en vers élogieux et souvent d'une rare banalité, les aventures galantes des chevaliers.

C’était un amoureux des dames, des tournois et des vers, qui compromit son patrimoine par des dépenses extraordinaires et les aventures les plus extravagantes.

 

 

1218 - Traduction des chartes relatives au don fait par Savari de Mauléon à Saint-Nicolas de la Chaume.

« I. - Tous les faits confiés aux lettres et à la voix des témoins, trouvent dans leur mémoire des garanties de durée; sachent done tous que moi, Savari de Mauléon, prince et seigneur de Talmond, pour le salut de mon âme et de celles de mes parents, ainsi que de mon oncle, Guillaume, j'ai donné et concédé, à titre de pure et perpétuelle aumône, en l'honneur de Dieu, de Sainte Marie, de Saint-Nicolas et de tous les saints, au monastère de Sainte Croix de Talmond et aux religieux de celle abbaye, servant Dieu en l'église de Saint-Nicolas de la Chaume (42), mon fief appelé le fief des Vieilles- Vignes et Plantes, situé près de la Chaume.

Tous ce que j'avais en droits et domaine dans ledit fief, je l'ai donné et concédé aux moines sans y retenir, pour moi, mes héritiers el mes sergents, aucun droit de propriété ni aucune redevance.

Quand cette donation fut faite, le droit de baillage de tout le fief était entre mes mains, parce qu'il n'y avait plus de sergent; mais la moitié du fief ayant été donnée en douaire, par mon défunt oncle, à sa femme Béatrix, l'abbaye n'aura la jouissance de cette moitié qu'à la mort de sa veuve.

«  J'ai aussi donné et concédé aux mêmes moines, pour leur nourriture, six setiers de froment par an sur les terrages qui se lèvent dans ma terre d'Olonne.

 Si ces terrages produisent moins de six setiers, on y suppléera avec le blé qui sera le meilleur après le froment.

« En outre, j'ai donné et concédé aux religieux de la Chaume : 1° un des hommes de mon fief dudit lieu, nommé Bernard, et son héritier, affranchi à perpétuité de toutes les coutumes et exactions qu'il me devait, ainsi que tout ce qu'il possède; 20 la charge, chaque jour, d'une bête de somme, en branches et en bois mort, pour leur chauffage dans ma forêt d'Orbestier, et le droit d'y prendre, sur la désignation de mon sergent, les arbres nécessaires pour la reconstruction de leurs édifices; 3° avec le consentement des pêcheurs, 12 deniers en monnaie courante, à lever, le jour de la Saint-Nicolas d'hiver, sur chaque bateau de pêche existant au port d'Olonne.

« Fait publiquement dans l'église de Saint-Nicolas de la Chaume, entre les mains de dom Raoul de la Peyrate, alors abbé de Talmond, l'an de l'Incarnation du Seigneur, 1218; en présence de Guillaume d'Apremont, seigneur de Poiroux, Guillaume, soigneur de la Mothe (Achard) H. Gui en in, P. Veillet, sénéchal du Talmondais, A., prieur d'Olonne, J., aumônier du dit lieu, et plusieurs autres.

«  Pour que cette donation ail autant de force que de durée, j'ai voulu et fait confirmer celle charte par l'apposition de mon sceau (43).

 

 

1218 Donum B. Nicholai de Calma.

Universa negotia mandata litteris et voci testium ex eorum trahunt memoria firmamentum. Innotescat igitur presenti bus et futuris quod ego Savaricus de Malleone, Talemundi princeps et dominus, ob remedium anime mee et parentum meorum et avunculi mei domini Willelmi de Malleone, dedi et concessi, in puram et perpetuam elemosinam, ad honorem Dei et beate Marie et beati Nicholai et omnium sanctorum, abbatie S. Crucis de Thalemundo et monachis ejusdem monasterii in ecclesia B. Nicholai de Calma Deo servientibus feodum meum, quod appellatur Feodum veterum vinearum et plantarum, quod est prope villam de Calma ; et quicquid juris et dominii in eodem feodo habebam dedi et concessi prefatis monachis S. Crucis de Thalemundo, nullo michi vel heredibus meis vel servientibus meis retento dominio vel servitio.

Cum in tempore istius donationis bailliva istius feodi esset in manu mea propter defectum servientis ita quod medietas istius feodi quam habet in presenti domina Beatrix, ratione oscli sui, uxor quondam avunculi mei, post mortem ad monachos predictos pleno jure et dominio revertetur.

 Item dedi et concessi prefatis monachis singulis annis ad victum eorum sex sextaria frumenti deterragiismeis in terra Olone collectis si vero non fuerint ibi, tantum de frumento, de meliori blado perficietur quod remanserit.

Preterea dedi et concessi predictis monachis unum hominem liberum et immunem et heredem suum ab omni consuetudine et exactione, Bernardum scilicet cum omni tenemento suo libero et immune et chauffagium in foresta Orbisterii cum una bestia, videlicet ad brancas et ad nemus mortuum et ad reficiendas mansiones monachorum de silva Orbisterii cum necesse fuerit, et hoc cum ostensione servientis mei.

Preterea dedi et concessi prefatis monachis de quolibet vaisello piscatorio in portu Olone, cum assensu et voluntate hominum quorum sunt vaisella XII denarios cursorie monete singulis annis reddendos in festo beati Nicholai, quod est in Adventu Domini.

 Actum publice in ecclesia B. Nicholai de Calma in manu domni R. de Perata, tune temporis abbatis Talemondensis, anno ab incarnatione Domini M°CC°XVIIIe; videntibus et audientibus istis Will. de Aspero Monte domino de Perusio domino Will. de Mota, R. Guienin P. Veillet tune temporis senescallo Talemondense, A. priore de Olona, J. elemosinario et pluribus aliis.

Ut ista donatio firmitatem inconcussam et robur obtineat, presentem cartulam volui et feci sigilli mei munimine roborari.

 

               

II

« . - Sachent tous, soit présents soit avenir, qui verront la présente charte, que moi, Savari de Mauléon, prince et seigneur de Talmond , ayant pris le signe de la croix vivifiante et prêt à me mettre en route afin de secourir la Terre-Sainte, je donne et concède, pour· le salut de mon âme et de celles de mes parents, à Sainte-Marie, à la chapelle de Saint-Nicolas de la Chaume et aux moines de Sainte Croix de Talmond qui la desservent, en pure et perpétuelle aumône, deux foires qui seront tenues annuel­lement, l'une, le jour de la Saint-Nicolas d'hiver, et l'autre, au mois de mai, le jour de la translation dudit saint.

« J'ai en outre donné aux religieux de la même chapelle un emplacement pour construire une maison dans les sables qui sont au-dessus du port; plus entre le port et le fief de vigne de la Tour, l'emplacement d'un nouveau village, dans lequel ils pourront recevoir des hommes venant, non pas de ma terre, mais d'ailleurs.

 Ils seront à perpétuité quittes et francs de toute taille, corvée el exaction, excepté de la coutume de la pêche qui m'est due par tous les pêcheurs, sauf par celui d'entre eux que j'abandonne pour le service des moines de Talrnond ; le tout sans rien réserver à moi, mes héritiers ni mes sergents.

« Fait publiquement en Ré, l'an de l'Incarnation 1218; étant témoins : Raoul de la Pérate, abbé de Talmond, Arnaud, prieur de la chapelle de la Chaume, Guillaume d'Apremont, seigneur de Poiroux, Guillaume de Nuaillé et P. Giraud, mon sénéchal du Talmondais.

« Et pour que cette donation ait autant de force que de durée (44), etc., etc. »

 

Item donum B. Nicholai de Calma. 1218.

Notum sit omnibus, tam presentibus quam futuris, presentem cartulam inspecturis quod ego Savaricus de Malleone Thalemundi princeps et dominus, assumpto vivifice crucis signo iter arripiens ad subsidium Terre Sancte ob rcmedium anime mee parentumque meorum, do et concedo béate Marie et capelle B. Nicholai de Calma et monachis S. Crucis de Talemundo in eadem capella Deo desservientibus, in puram et perpetuam elemosinam, duas nundinas, unam scilicet in festo sancti Nicholai in Adventu Domini, aliam in maio in translatione ejusdem annis singulis perpetuo celebrandas.

Dedi eliam predictis monachis plateam unam ad quoddam herbergamentum faciendum in Sabulis supra Portum. Preterea dedi et concessi predicte capelle et jamdictis monachis ibidem Deo servientibus plateam illam que est inter mare et feodum vinearum de Turre, ut possint ibi villam novam construere et homines ibi recipere, non de terra mea sed aliunde venientes, ab omni consuetudine laleia, bianno et exactione et servitio liberos et immunes quiete pacifice habendos et perpetuo possidendos nisi tantonmodo cosduma piscationis quam habeo in aliis piscatoribus, excepto uno quem delinquo ad usum monachorum S. Crucis de Thalemondo ibidem Deo servientium, nullo michi vel heredibus vel servientibus meis retento dominio sive servitio in predictis.

Actum publice apud Re, anno dominiceincarnationis M°CC°XVIIl°; testibus hiis: R.de Perata tunc abbate Thalemondense, Ar. priore tune temporis ejusdem capelle Guill. de Asperomonte domino de Perusio Guill. de Nuallere, P. Giraudi tunc meo senescallo Thalemondense et pluribus aliis. Ut autem ista donatio firmitatem perpetuam et robur inconcussum obtineat, presentem cartulam feci et volui sigilli mei munimine roborari.

 

 

 

1248 juin Lettres d'Alphonse, comte de Poitou, par lesquelles il permet à Raoul de Mauleon d'engager ses terres de Talmond, de Brandois et d'Aunis envers le vicomte de Thouars, pour la sornme de 4,000 liv. tournois.

Alphonse, fils du roi de France, comte de Poitiers, à tous les présents inspectant les lettres et les salutations.

Que tout le monde sache que nous avons accordé et donné licence à notre bien-aimé et fidèle Raoul de Mauélon, afin qu'il puisse lier ses terres de Talmont, Brandois, Aunis et d'autres endroits dans lesquels il possède des terres, sous réserve de notre droit de nos services et paiements, bien-aimés et à notre fidèle vicomte de Thouars pour quatre mille livres de Tournois du même vicomte sur les émissions, revenus et rentes de ladite terre, à recevoir par les mains des huissiers dudit Raoul, jusqu'à ce qu'il a été satisfait de la somme d'argent susvisée, de telle manière que le même Raoul l'attribua à celui qui répondra de lui, et et que les châtelains du château susdit jurent devant nous ou devant notre bailli à notre place, que tout les châteaus dudit Raoul nous remettront ou à notre commandement nos lettres ouvertes aux grandes et petites forces, chaque fois que nous ou notre commandement sûr en aurons besoin. Acté, l'an du Seigneur 1248, au mois de juin.

 

Alfonsus filius regis Francie, comes Pictavensis omnibus presentes litteras inspecturis, salutem.

Notum sit omnibus quod nos dilecto et fideli nostro Radulpho de Malo Leone concessimus et licentiam dedimus, quod terram suamde Thalemundeio, de Brandesio, de Alnisio et de aliis locis in quibus terram habet, possit obligare, salvo jure nostro serviciis et redevenciis nostris , dilecto et fideli nostro vicecomiti Thoarcii pro quatuor mille libris Turonensibus ab eodem vicecomite super exitibus, proventibus et redditibus terre supradicte, per manus ballivorum dicti Radulphi percipiendis, quousque de predicta summa pecunie sibi fuerit satisfactum, ita tamen quod idem Radulphus allocatum dimittat qui pro ipso respondeat, et redevencias et servicia faciat loco sui, et quod castellani castrorum predicte terre jurabunt nobis vel ballivo nostro loco nostri, quod omnia castra dicti Radulphi nobis vel nostro mandato nostras patentes litteras deferenti tradent ad forciam magnam et parvam, quociens a nobis vel nostro certo mandato super hoc fuerint requisiti. Actum, anno Domini 1248 mense Junio.

Dom Fonteneau, t. XXVI, p. 245.

 

G. LOQUET, Architecte du Gouvernement et du département de la Vendée.

 

 

Château de Talmont – Guillaume de Lezay - Guillaume IX- Hugues VII de Lusignan - Louis VII et Aliénor d’Aquitaine (Time Travel) <==.... ....==> RAOUL IV DE MAULEON (1245-1253), seigneur de Talmont, Châtelaillon, Benon

 

 ==> 1190 don de Savay de Mauléon Détails historiques sur l’Olonnais et le Talmondais au XIIIe siècle - Notre Dame de Bourgenay.

 


 

(1) Le premier chapitre de cet ouvrage a été publié dans la Revue du Bas-Poitou, et les deuxième et troisième dans l'Annuaire de la Société d'Émulation, années 1895 et 1896.

(2) Ancienne baronnie du département des Deux-Sèvres, arrondissement de Bressuire, que Louis XV gratifia du nom de Châtillon- sur-Sèvre en mars 1736, probablement parce que cette rivière coule à sept kilomètres de la localité.

On parle, dès la fin du XIe siècle, d'un Geoffroy de Mauléon, neveu de Cadélon, seigneur de Talmond

(3) Châtelaillon, alors capitale de l'Aunis, était le vrai port de cette contrée, car la Rochelle n'avait encore qu'une importance secondaire au XIIe siècle.

(4) Cartulaire de Talmond, ch. CCCLXV, CCCLXVI. CCCLXXVI.

(5) Eble, étant à Fontenay en 1155, donnait, pour le salut de son âme et celui de ses frères morts, aux moines de l'abbaye de l'Absie, ce qui lui revenait sur le Martray (marais de Fontenay). Son père avait été enterré dans cette abbaye. (Cartulaire de l'Absie, p. 122.)

(6) Cartulaire de l'Absie, Archives historiques du Poitou, tome XXV, p. 87.

(7) Cartulaires du Bas-Poitou, Prieuré de Brem, ch. XII. Eble reçut 10 sous et Guillaume de la Motte 20 sous, à la suite d'une contestation fondée sur l'acceptation par le prieur de ce lieu, d'une donation de salines faite par Geoffroy Baudrit, leur vassal, sans leur autorisation.

(8) Histoire de l'abbaye d'Orbestier.

(9) Voir l'ouvrage de Benjamin Fillon, Poitou et Vendée.

(10) Dom Fonteneau a conservé la copie d'une charte, dans laquelle il est dit qu'avant de partir pour les lieux saints, Raoul abandonna, avec l'assentiment de son frère Guillaume, aux moines de Maillezais le repas luxueux qu'ils devaient lui offrir au jour de la Saint-Jean.

 En reconnaissance de cette largesse, l'abbé Clément, entouré de son chapitre, promit de prier pour le pieux pèlerin, pendant tout le temps de son expédition et de rendre à ce bienfaiteur, après sa mort, les honneurs dus aux abbés et aux moines. Il s'engagea également à nourrir quarante pauvres pour honorer sa mémoire, et à admettre, pendant une année entière, l'un de ces malheureux à la table des religieux. La générosité de Raoul en valait la peine, car avec le seigneur en belle humeur et animé des meilleures dispositions, il fallait héberger une nombreuse suite non moins joyeuse, nourrir force chevaux et valets. A en juger par les portions que l'on servait journellement aux moines pour leurs repas. on peut se figurer ce que consommaient ces chasseurs de bêtes fauves après une journée de chevauchée et de courses dans les forêts des environs.

Les moines de l'Hermenault suivirent l'exemple de Maillezais à l'égard de Raoul et de Guillaume de Mauléon, son frère.

(11) Dom Fonteneau, t. xxv, p. 189.

(12) Pour payer la rançon de Richard, retenu prisonnier en Allemagne après cette croisade, on fit plusieurs collectes en Poitou afin de ramasser les cent mille livres exigées par les infidèles. Les habitants du Talmondais y contribuèrent pour une forte part.

(13) Trésor des Chartes, tome r, p. 407, 11-66, n° i 139, fol. 489.

Trésor des Chartes, p. 4°9, 11-66, n" 1138, v°. Cette abbaye prit le nom de Lieu-Dieu en jard,

(14) Histoire de la Rochelle, par Arcère, t. II, p. 647. Archives de l'abbaye de Fontevrault.

(15) Bibliothèque de l'école des Chartes, 4e série, t. iv, p. 3io.

(16) Rotuli Chartrarum, t. 1, p. 58.

(17). Belisaire Ledain. Histoire des Mauléon,

(18) Cartulaire du Bas-Poitou. La Chaize-le-Vicomte, ch. XXVII.

Janvier 1210 Carta Willelmi et Savarici de Malo Leone, de restirutione hominum et rerum in parrochiis sancti Vincentii in jardo et sancti Hylarii de Foresta Sitorum

Quoniam que loquimur fluunt, que scribimus manent scripture testimonia ad excitandam memoriam universorum presentium et futurorum.

Ego Willelmus de Malo Leone volo commendari quod cum J. prior et monachi sancti Nicholai de Casa Vicecomitis causam contra me haberent, super dampnis que dicebant sibi et hominibus suis a me et a meis illata tempore quo guerra fuit inter me et Aimericum vicecomitem Thoarcensem, et super his pluries in jus traxissent , ductus bonorum consilio, providens anime mee in futuro, in recompensationem dampnorum que dicebant sibi et hominibus sui facta, homines et terras que ab antiquo possidebant circa terram abbatis Loci Dei in Jardo, qui homines, et terre sunt in parrochia Sancti Vincentii et Sancti Hylarii de Foresta, eis quiete et pacifice possidenda concessi et dedi si quid juris habebam : ita quod omnes consuetudines quas ego et antecessores mei in terra illa habueramus, dictis priori, et monachis quitavi et, nichil mihi et successoribus meis prorsus in illis retinens, in dominium illorum transtulli.

Hoc apposito quod si terras suas vellent ab hominibus inhabitari, homines qui non essent consuetudinarii mei de quocumque loco, adducentes ibi ponerent et, pacifice et quiete ab omni exactione mei et meorum, immunes in perpetuum possiderent.

Ut autem hec donatio et concessio mea facta firmum robur in posterum obtineret, presentem cartam sigilli mei munimine roboravi ; et feci ut Savaricus de Malo Leone, nepos meus, prenominatam donationem concederet et huic carte sigillum apponeret suum.

Et ne aliquis perversus quod factum fuerat vellet infringere vel mutare M. (2), episcopo Pictavensi supplicavi ut presentem cartam sigillo suo confirmaret et donationis facte defensor in perpetuum esset.

Abbas autem et conventus Sancti Florentii et dicti J. prior et monachi sancti Nicholai de Casa Vicecomitis, propter hoc beneficium a me et a meis sibi collatum, concesserunt mihi et Savarico nepoti meo plenarium in abbatia sua beneficium, et quod diem obitus mei in ecclesia sancti Nicholai de Casa Vicecomitis adnotarent et anniversarium meum annuatim celebrarent similiter et Savari nepotis mei.

Hujus rei testes sunt : magister Willelmus Prepositi, A. Bordon vicarius Talemendensis, Willelmus Girart miles senescallus Talemondensis, A. de la Peirate prior de Olena, J. Rabert, monachi Sancte Crucis, J. de Sancto Florentio presbyter, T. prio de Cultura, W. Jobert prepositus Talemondensis et plures alli.

Factum est autem hoc anno ab incarnatione domini MCCIX, mense januarii, Innocentio papa residente in sede Romana et Philippo regnante in Francia

 

(19) Cartulaire de Talmond, ch. CCCXXXIV.

(20) Cartulaire de Boisgrolland, ch. CXV-LXXXVI-LXXXVII.

(21) Gallia christiana.

(22) Abbaye, près de Périgueux, soumise à la règle de saint Augustin.

(23) D'après Mlle Ayma, fille d'un des anciens proviseurs du Lycée de la Roche-sur-Yon.

(24) Ou plutôt à la croisade contre les Albigeois.

(25) Ce travail ne fut probablement pas difficile à effectuer.

(26) Le curieux tombeau, qui occupe une niche dans le mur de l'abside de l'église des Fontenelles, n'est pas celui de Béatrix, mais bien celui de Jeanne de Thouars, dame de la Roche-sur-Yon, qui épousa Hardouin de Maillé, sénéchal de Poitou, puis Maurice de Belleville.

(27) Nous nous empressons ici de déclarer, que, pour rédiger ce qui va suivre, nous avons dû beaucoup emprunter à la très savante étude faite par Bélisaire Ledain sur « Savari et le Poitou à son époque ».

(28) Tous les soldats, porteurs d'une branche d'aubépine, se mêlèrent aux bourgeois et purent franchir les portes sans être inquiétés.

(29-30)  Le port Savari portait ce nom en 1137, port du Plomb, relevant de la seigneurie de Laleu par conséquent on ne peut en attribuer la fondation au seigneur de Mauléon; il était situé entre Esnandes et la Rochelle==> Golfe de la Sèvre des Pictons, Les seigneurs d’Esnandes - son église Saint-Martin fortifiée

==> Nieul-sur-Mer Le Port du Plomb ou Port Savari de Mauléon, relevant de la seigneurie de Laleu

 D'après Nicolas Herpin, seigneur de Courceaux, notaire de l'île de Ré, Savari aurait échangé aux moines de Saint-Michel-en- l'Herm l'île de l'Aiguillon pour les deux fiefs d'Ars et de Loix situés dans l'île de Ré. Il y fit établir un fort pour commander l'entrée de la rivière, de Saint-Benoît. Les moines de Saint-Michel y avaient fondé un prieuré, vers le Xe siècle.

(31) Cartulaire de Talmond, ch. CCCXXXVI.

(32) Cartulaire de Talmond, ch. CCCXL.

(33). Cette fondation ne fut qu'une reconstruction, car une charte du cartulaire de Montierneuf de Poitiers, écrite en 1119, nous apprend que la chapelle de Saint-Nicolas fut fondée par les comtes de Poitou et donnée à ce monastère, avant la création de l'abbave de Lieu-Dieu, à Jard, avec la forêt de Jard et plusieurs redevances.

Comment ces moines en furent-ils dessaisis, et comment put-elle passer entre les mains de l'abbaye de Talmond ? Nous ne pouvons le dire. Nous avons, du reste, traduit cette pièce dans notre volume traitant de l'abbaye de Sainte-Croix.

(34). Cartulaire de Talmond, ch. CCCCXLIII.

(35) Cartulaire de Talmond, ch. CCCCXL\ I.

(36) Cartulaire du Bas-Poitou, Fontaines, ch. XXVIII, XXIX et XXX.

(37) Cartulaire du Bas-Poitou, ch. XXXVI, XXXVIII, XXXIX.

(38) Cartulaire d'Orbestier, ch. XXXII. XXXIII.

(39) Cartulaire de Talmond, ch. CCCCLIII.

(40) Cartulaire d'Orbestier, ch. XXXVIII.

(41) Cartulaire d'Orbestier, ch. XXXVI.

(42) Saint-Nicolas, patron des marins

(43) Société d'Emulation de la Vendée, année 1818, Cartulaire de Talrnond, ch. CCCCXLL - Traduction de M. P. Marchegay.

(44) CartuLaire de Talmond, ch. CCCCXLII. - Traduction de M. P. Marchegay

(45) Cartulaire de Talmond, ch. DXXII.

(46) Cartulaire de Talmond, ch. CCCLXXXV.

(47) Charte d'Aimeri, vicomte de Thouars, en faveur d'Alphonse, comte de Poitou (1253).

(48) J. 190. N° 71, Bibliothèque nationale.

(49) Cartulaire de Talmond, ch. DXXXV

(50) Alix de Mauléon est citée, par un titre de 1239, comme femme de Gui, vicomte de Thouars : elle fut la mère d'Aimeri, vicomte de Thouars, qui hérita de Talmond.

(51) Dom Fonteneau, vol. XXVI, p. 245.

(52) Hugues du Bois, fils de Hugues, seigneur de Chantemerle.