L'ABBAYE DE SAINTE-CROIX DE TALMOND SA DESCRIPTION

La vie chrétienne monastique est d’origine orientale, et ne fut introduite en Occident, qu'au commencement du Ve siècle. Dans nos contrées, ceux qui se réunirent dans une même habitation, pour s'astreindre à la vie conventuelle, obéirent à un supérieur qu ils se donnèrent et dont la nomination devait être confirmée par l'évêque de la province et ratifiée par le pape. Le travail assidu de ces moines, l'habile administration de leurs revenus, et leur adresse à attirer les donations, augmentèrent tellement les richesses, des abbayes, que celles-ci furent en but, de bonne heure, à la convoitise des grands, et que les rois voulurent bien vite s'arroger le droit de nommer les abbés, afin de disposer de leurs gros bénéfices, en faveur des favoris qui leur avaient rendu des services. De la résistance des moines surgirent des luttes qui éclatèrent dans bien des parties de la France, mais auxquelles les abbayes de notre contrée restèrent à peu près étrangères (1), car les abbés obtinrent leur titre à l'élection, jusqu'au Concordat de 1516, passé entre le pape Léon X et François Ier, conférant au roi le droit de nommer aux abbayes à l'exception des abbayes chefs d'ordre. Mais alors les nouveaux abbés pourvus sous ce régime, quittèrent le nom d'abbés réguliers, pour prendre celui de commendataires.

Le premier abbé commendataire de Sainte-Croix de Talmond nous semble avoir été François Joussenate, écuyer, maréchal des logis de Monseigneur le duc d'Anjou, frère du roi, qui fut investi de ce bénéfice, vers 1567, par des lettres-patentes de Charles IX (2).

Depuis lors, toutes les nominations d'abbé restèrent dans la main du roi.

D'après certains archéologues, qui se sont occupés de cette question, l'abbaye de Sainte-Croix, fondée vers 1049, aurait eu ses premiers bâtiments dans l’enceinte même du château des sires de Talmond: l'église de Saint- Pierre, dont le clocher fut transformé en donjon féodal, s'y trouvait déjà, et on aurait construit à proximité, au milieu de la demeure seigneuriale, des cellules pour y loger les nouveaux habitants.

On rencontre encore, il est vrai, dans l'angle N.-O du vieux château, des restes de constructions qui datent absolument de cette époque, et qui sembleraient s'adapter assez bien au style architectural des bâtiments monastiques.

A quoi du reste auraient pu servir, dit-on, ces salles voûtées des premier, deuxième et troisième étages du donjon, si ce n'est aux assemblées des moines?

 Des mémoires rédigés aux XVIIe et XVIIIe siècles, rapportant la tradition, disent que l’abbaye fut d’abord construite dans l'intérieur du château et transférée plus tard au nord de la ville, quand les seigneurs se trouvèrent trop à l'étroit.

L'abbé Suger de Saint-Denis, lorsqu'il parla de la prise du château de Talmond en 1138 par Louis VII, raconte que « le roi livra aux flammes tout le château, même les abbayes et les églises, jusqu'à l'enceinte de la Tour où se réfugièrent ceux des traîtres qui avaient échappé à la mort. » Langage plein d'enthousiasme et bien propre, du reste, comme les faits qu'il dépeint, à rehausser la valeur du jeune roi (3).

 

Toutes ces raisons cependant ne nous ont pas entièrement converti, et si nous n'avons trouvé aucun renseignement irréfutable, qui prouve indubitablement que le monastère était à l'intérieur des murs du château, nous en avons, au contraire, rencontré plusieurs qui semblent complètement prouver le contraire.

D'abord Guillaume le Chauve, dans la charte de fondation, déclare qu'il bâtit l'église de Sainte-Croix « prope castellum meum » près de son château, et non pas au dedans, comme il le dit du reste fort bien pour l'église Saint-Pierre « intra castellum sitam » ; ailleurs, « intra cancellos oppidi » veut plutôt dire, à l'intérieur de la ville, que à l'intérieur du château.

De plus, dans la charte m du cartulaire, il est dit que Achard de Niort donne en 1056 aux moines : « hortum subtus monasterium super Chadoret » un jardin situé au- dessous du monastère et au- dessus du marais de Cadoret : or, si l'abbaye est encore dans le château, et nous n'en sommes encore qu'aux premières années de son existence, cette phrase ne peut s'expliquer d'après l'état des lieux : tandis que si nous supposons la nouvelle fondation faite au nord de la ville, à la place occupée dans la suite, jusqu'à nos jours, ce texte est absolument exact et approprié aux alentours de l'abbaye.

Encore cette phrase du même document : Guillaume le Jeune faisant une libéralité s'exprime ainsi : « Ego vero dedi S. Cruci burgum in cimeterio esjudem ecclesie situm, a capite monasterii usque ad portam siliginensem, » (4) Je donne à Sainte-Croix le faubourg situé dans le cimetière de cette église, depuis la tête du monastère (le commencement) jusqu'à la porte siliginensem.

Or, si à ce moment l'abbaye avait été dans l'intérieur du château-fort, le cimetière n'en aurait pas contenu un foubourg ou quartier, et il aurait été assurément question de l'enceinte de la forteresse et non d'une des portes de la ville.

 Du reste, on apprend encore par la même pièce, que le marché public du samedi fut installé dans le cimetière de Sainte-Croix : cette église n'était donc pas dans le château (5).

 

On ne peut, à côté de ces textes formels, citer, à notre connaissance, aucun membre de phrase qui autorise l'affirmation catégorique répétée dans la suite, par tradition, dans des mémoires remplis d'inexactitudes, et nous croyons qu'il n'est pas juste d'attribuer trop d'importance aux constructions primitives du vieux château, qui ont pu fort bien abriter les seigneurs de Talmond tout aussi incommodément que les moines de- Sainte-Croix.

Il est très regrettable, d'un autre côté, que l'aménagement d'un jardin fortement remblayé au-dessus de l'ancien sol de l'abbaye connue de tous, ne nous ait pas permis de bouleverser un peu les terres rapportées, et de découvrir les substructures de bâtiments, qui auraient pu fournir un appui sérieux à l'affirmation de la vérité. Espérons que d'autres plus heureux sauront réaliser ce qui fut notre désir.

D'après un croquis enfantin de la fin du XVIIe siècle, ou du commencement du XVIIIe siècle, reproduit ci-contre, il nous est à peu près possible de décrire ce qu'était l'abbaye de Sainte-Croix, lors de sa splendeur, c 'est-à-dire aux XIIIe, et XIe siècles.

L'enceinte, qui lui était réservée, comprenait tout l'espace qui s’étend entre la route de la Saunerie ou Sainte- Foy au Sud, celle de Grosbreuil ou de l'Espinay à l'Est; et les anciens fossés de la ville au Nord et à l'Ouest.

Ces derniers suivaient une ligne courbe, partant de la porte l'Abbé, sur la route de Sainte-Foy, à l'embranchement du chemin des Prêches, et allaient, en suivant une direction demi-circulaire, rejoindre, près du Cabinet, les terrasses de la Ménarderie. La superficie de ce terrain peut être évaluée à deux hectares environ.

Si nous pénétrons dans la première cour de l'abbaye, par l’une des deux portes de la route de la Saunerie, ouvertes au midi, et qui formaient l'entrée principale, nous trouvons, à gauche sur le bord de cette route, l’Hôtellerie pour les étrangers, et la maison de l’Infirmier, tandis que, un peu plus loin, dans la même direction, ont été construites la maison de l'Aiguier et les dépendances de l 'abbaye, la Grange. Cette cour est fermée, au Nord, par le bâtiment principal contenant le Cloître, autour duquel devaient se trouver groupés la Salle capitulaire, le Réfectoire, la Bibliothèque, le Parloir, le Logement de l’abbé, et enfin, à l’étage supérieur, les Cellules des moines.

 L 'Eglise primitive de Sainte-Croix occupe la partie Est de l'enceinte, et sépare en deux parties à peu près égales, le cimetière, dont la portion Sud est réservée aux étrangers, tandis que toute celle du Nord est occupée par les tombes des moines et des bienfaiteurs les plus généreux.

De l'autre côté du cloître (au Nord de l'allée du Rendes, qui, dans les premiers siècles, n'existait pas) nous apercevons les maisons réservées au chantre et à l'aumônier. De vastes jardins potagers entourent cet ensemble de constructions.

Nous avons pu découvrir, dans des fouilles opérées sur la route de Grosbreuil, les fondations de l'abside de l'ancienne église de Sainte-Croix : tant qu'à la petite chapelle dont les ruines apparaissent encore dans le verger de M. Moricet, propriétaire actuel des terrains de cette abbaye, elle date de la deuxième moitié du XVIIe siècle, et nous avons pu nous procurer le marché passé en 1662, entre les maçons et l'abbé Louis-Maurice de la Trémoille, pour l'agrandissement de ce petit édifice :

La maison du Parquet, qui occupe encore l'angle des deux routes, date à peu près de la même époque : elle servit, sous le prince abbé, d'auditoire pour la cour de la principauté, aussi bien que pour celle de l'abbaye ; mais ses successeurs, qui ne possédaient pas les deux titres de prince et d'abbé, en revendiquèrent la propriété exclusive pour l'abbaye, et il fallut transporter dans le château neuf les archives de la principauté.

Pendant sa longue existence, qui comprend huit siècles, Sainte-Croix de Talmond fut brûlée plusieurs fois, et détruite presque complètement par les protestants dans la deuxième moitié du XVIe siècle.

A partir de cette date, elle ne se releva jamais de ses ruines, et sa puissance, après quelques velléités de renouveau, périclita de jour en jour, jusqu'en 1737, année pendant laquelle elle fut convertie, sans grand succès du reste, en maison de retraite pour les prêtres infirmes. Elle abrita nombre de moines, fort habiles gens, qui réussissaient à tromper la mort en la forçant à se présenter à eux sous des traits agréables, sans pour cela rendre leur vie beaucoup plus dure qu'elle n'était pour la généralité de leurs contemporains.

 

— LES OFFICES CLAUSTRAUX

Nous avons déjà dit que les premiers abbés portaient le nom de réguliers; ils étaient nommés à l'élection par tous les religieux profès de l'abbaye, assemblés dans la salle capitulaire, sous' la présidence du prieur claustral ; les moines du dehors devaient assister à cette réunion ou envoyer leur vote. On considérait au couvent, comme des jours de deuil et de veuvage, le temps pendant lequel la place d'abbé restait vacante, et le jeûne était obligatoire les trois jours qui précédaient l'élection ; aussi, dès que le résultat du vote était ratifié, s'empressait-on de chanter un Te Deum, pour l'investiture du nouvel élu, et de demander la bénédiction de l'évêque ou de l'archidiacre, qui était donnée par la remise du bâton pastoral.

L'abbé de Talmond portait la crosse et la mitre dorée, mais non ornée de pierres précieuses réservée exclusivement aux évêques. Il officiait en grande pompe les jours de la Nativité, Pâques, Penthecôte, Assomption, la Toussaint, le jour de la Sainte-Croix et le Jeudi-Saint, et représentait le monastère aux synodes tenus d'abord à Poitiers et ensuite à Luçon (6).

Quoique buvant, mangeant et dormant avec ses moines, il avait droit, de leur part, aux plus grands hommages, et c'était un honneur très recherché par les habitants du couvent, que de recevoir sa bénédiction, quand il était sur son lit de mort, revêtu de son étole et muni de son bâton pastoral. Une fois décédé, son corps était transporté à l'église, au pied de l'autel, où il était exposé ; tous les prieurés de la contrée et les monastères de tout ordre étaient prévenus du décès, par des porteurs d'un billet de mort (breve) et pouvaient ainsi envoyer des 'délégués à la cérémonie des funérailles, qui avait lieu en grande solennité.

L'abbé recevait en personne les foi et hommage de tous ses vassaux, le vœu d'obéissance de ses moines ; il avait le titre de seigneur (domnus abbas) et se trouvait, par suite de sa nomination, posséder tous les droits de juridiction spirituelle et temporelle sur les religieux du couvent et les membres dépendants.

Quand l'abbaye eut à sa tête un abbé commendataire, il en fut tout autrement. Comme celui-ci ne résida presque jamais sur les lieux, et que, souvent même, il n'était pas prêtre, il confia le gouvernement spirituel à un prieur claustral, et se contenta de vaquer aux soins du temporel, ce dont, en général, il sut fort bien s'acquitter pour en retirer des profits relativement considérables.

A la personne des abbés de Sainte-Croix, furent souvent attachés, pendant les premiers siècles, un chapelain, un crossier ou porte-crosse et un scribe secrétaire.

A côté de son abbé, l'abbaye de Talmond possédait : un prieur claustral, dans l'origine (Prepositus) prévôt du chapitre, chargé de suppléer l'abbé dans diverses fonctions, et de le remplacer en cas d'absence; il s'occupait de l'administration temporelle et spirituelle de l'abbaye, sous le contrôle de l'abbé, et à sa mort, présidait les assemblées capitulaires pour la nomination de son successeur. Cette charge prit une grande extension dans la suite, quand l'abbaye appartint à des abbés commendataires, car c'étaient eux qui remplirent toutes les fonctions spirituelles des premiers abbés, et eurent quelquefois assez d'influence sur le titulaire, pour faire donner à leurs protégés les prieurés ou les offices lucratifs. Quand le personnel de l'abbaye devint moins nombreux, ils ajoutèrent très souvent à leur charge les bénéfices de prieurés dépendants, dans lesquels ils ne tinrent nullement résidence, ou ceux de sacriste dont ils ne remplirent jamais les obligations.

Pour ne citer qu'un exemple de chacune de ces combinaisons, nous dirons que le R. P. dom François Cisternes était prieur claustral et prieur de Palluau, installé le 18 novembre 1683, et que Mathurin Dubois cumulait les fonctions de prieur claustral et de sacriste en 1559. La nomination du prieur claustral était faite, comme du reste celle des autres officiers du cloître, par l'abbé, qui en demandait à l'évoque la ratification.

Nous verrons, dans le cours de ce récit que, lors des abbés commendataires, certains religieux se firent pourvoir de leur office directement par les évêques et le Pape, ce qui ne manqua pas de créer de nombreux conflits avec les titulaires de l'abbaye mis ainsi dans l’obligation de leur fournir pension.

Il est peu fait mention de l'office de sous-prieur : cependant il a existé, et nous en trouvons deux exemples en 1120 et 1210, ce qui fait présumer que ce titre ne fut porté qu'à l'époque de l'apogée de la puissance de l'abbaye.

L'aumônier avait pour mission de visiter les pauvres du voisinage, de leur faire des aumônes et de secourir les voyageurs dépourvus de ressources. Pour remplir ces fonctions certains bénéfices lui étaient alloués, lesquels ne pouvaient être distraits de leur destination. « Parmi les différentes sortes d'assistance que ce bon religieux pouvait prodiguer aux pauvres, il en est une qui, par sa singularité même mérite de ne pas être passée sous silence. Deux fois par semaine, il leur faisait tremper la soupe dans un timbre en pierre, lequel était placé au milieu de la rue que l'on appelle aujourd'hui l'allée du Renclos (7).

Ce timbre était en grison, de forme ronde. « comme par tradition, sous le nom d'écuelle des pauvres :  il pouvait contenir environ 800 pintes, mesure de Paris, et il a été enlevé en 1778 par M. le marquis de la Boissière » lorsque l'abbaye n'était plus qu'une maison de retraite pour les prêtres infirmes du diocèse (8).

Il fut d'usage, aux beaux temps de la vie conventuelle, de distribuer aux pauvres des environs un dixième du revenu total, et tout ce qui n'était pas indispensable à la prospérité du monastère; mais nous verrons que dans la suite, il se passa des siècles entiers sans qu'il fut fait la moindre aumône.

L'infirmier devait avoir soin des malades à domicile et des infirmes, et remplissait quelquefois les fonctions de médecin. Il avait aussi son budget spécial, touchait cens et rentes et avait qualité, avec l'approbation du couvent, comme du reste les autres dignitaires de l'abbaye, d'aliéner ou échanger les biens qui lui étaient confiés. Son installation se faisait suivant les règles accoutumées, et procès-verbal en était dressé. L'infirmier et l'aumônier avaient à Talmond des habitations spéciales et distinctes de celles des autres bénédictins.

Le sacriste se trouvait avoir pour fonction de pourvoir à tous les besoins de l'église : il fournissait les luminaires, les ornements, le vin, l'encens, tous les ustensiles et devait faire entretenir tous les bâtiments du monastère : il logeait également en dehors du cloître de Sainte-Croix.

 

Le chantre ou précenteur, un des principaux dignitaires de l'abbaye, dirigeait le chant à la chapelle, en commençant les psaumes et les antiennes ; il était chargé de régler tout le cérémonial du culte, et, en l'absence de l'abbé, recevait le premier l'encens de la part du thuriféraire. Il portait dans les processions, aux fêtes solennelles, la chape et le bâton orné recouvert d'argent et remplissait en même temps à Talmond les fonctions de bibliothécaire- archiviste.

Enfin, l’aiguerie était une dignité très recherchée à l’abbaye de Sainte-Croix de Talmond. L'aiguier ne fut pourvu de tous ses profits et devoirs que le 3 mai 1366, par les soins de l'abbé Pierre,- qui désirait alléger les charges de la responsabilité de l'abbé ; mais il existait déjà auparavant avec des pouvoirs plus modestes. Nous ne saurions mieux faire, pour démontrer les nombreux bénéfices et charges qui étaient attachés à cet office, que de reproduire plus loin l'acte, dont une copie en fort bon état, est conservée dans les archives de la Vendée ; nous y avons ajouté toutefois la traduction française, car il est rédigé en latin, comme toutes les délibérations des monastères de cette époque. Remarquons qu'il est divisé en deux parties bien distinctes, les profits, les charges : tout d'abord, l'énumération des biens et bénéfices considérables attachés à la fonction, ensuite les devoirs imposés à celui en jouira.

 

 

 

 

L’abbaye Sainte Croix de Talmond - Les Monastères, les Cures et Paroisses du Talmondais. <==.... .....==>

 


 

(1) On trouve pourtant l'ingérence du roi Louis XI dans une élection d'abbé à Sainte-Croix de Talmond : il recommande bien au choix des moines un de ses protégés, mais son candidat éprouva un échec, comme on le verra dans la suite.

(2) Ce nom de François Joussenate est complètement inconnu des auteurs de la Gallia christiana et du Pouillé du diocèse de Luçon. Il nous a été révélé par un mémoire du XVIIIE siècle.

(3) Le cartulaire ne fait aucune mention de cet incendie, et cependant bien des pièces conservées datent de cette époque.

(4) La position de cette porte nous est inconnue : nous pensons toutefois que c'était l'ancien nom de la porte, ouverte sur la route de Grosbreuil.

(5) Il faut remarquer qu'à cette époque les cimetières entouraient presque toujours les églises.

(6) L'abbé était tenu, sous peine d’une certaine redevance à payer à l'évêque, d’assister aux synodes annuels qui réunissaient tous les prêtres du diocèse. Dans ces assemblées, le prélat leur distribuait l’enseignement des saintes lettres et les canons, faisait connaître les prescriptions relatives aux prières publiques, à l'administration des sacrements, à la discipline ecclésiastique, et enfin traitait avec eux les affaires générales du diocèse. Ce n'était pas seulement au chapitre de la cathédrale que se tenaient les synodes. L'évêque, qui avait le devoir de parcourir souvent son diocèse, convoquait à son passage les principaux ecclésiastiques d'un decannat ou doyenné, et même d'un archidiaconé, et tenait au milieu d'eux un synode partiel. Là surtout, il s'occupait de la correction des mœurs du clergé et des fidèles, et, pour cela, interrogeait les personnes les plus saines du pays. Il existe plusieurs traces de ces synodes dans les divers cartulaires du Bas-Poitou.

(7) Comme dans les premiers siècles, cette allée n'existait pas, le timbre devait être placé, soit dans le cimetière, soit sur la route de l'Epinay.

(8) Extrait d'une note rédigée en 1824 par M. Aimé Durroussy, ancien fermier général des biens de l'abbaye avant 1791. Le timbre était encore à cette date à la Benastonière.