L'abbaye Notre-Dame-de-Ré, dite des Châteliers, Savary de Mauléon, Amable du Bois - Notice sur les Chartes Seigneuriales de l’Ile de Ré

Dans le Golfe des Santons, pendant tout le moyen âge, les habitants de l'île de Ré jouirent de privilèges spéciaux, concédés par leurs seigneurs, dans le but de les engager à ne pas abandonner l'île, bien qu'elle fût, à mainte reprise, dévastée soit par les inondations de l'Océan, soit par la piraterie des Normands et Anglais.

Au début, ces privilèges existèrent à l'état d'usages dans la coutume locale; plus tard, afin d'éviter les contestations entre les seigneurs et leurs sujets, ils furent consignés par écrit dans des chartes établies sur parchemin, par chacun des seigneurs de l'île.

Sous les premiers seigneurs, qui furent les sires de Châtelaillon et plus tard les sires de Mauléon, il est probable que les chartes écrites l'étaient en langue latine; la première charte seigneuriale, que nous possédions en français émane des sires Savary et Raoul de Mauléon, son fils, avant leur départ aux Croisades, et encore il est probable qu'elle a été traduite du latin en français par Guy de Thouars, auteur de la seconde charte de l'île de Ré.

Ce n'est en effet que depuis l'année 1250, c'est-à-dire le milieu du XIIIe siècle, que les sires de Thouars et les sires de Mauléon (seconde branche de la même maison) écrivirent leurs chartes en langue française.

Ces privilèges furent confirmés, augmentés ou modifiés par leurs successeurs les vicomtes de Thouars, seigneurs de l'île de Ré, qui furent les sires de Thouars, les sires d'Amboise, les sires de la Trimouille et, après eux, les comtes de Sancerre, sires de Bueil.

Les originaux de ces chartes seigneuriales ont disparu des archives de l'île de Ré depuis des siècles et ont dû très probablement être enlevées par les Anglais, lors de leur invasion dans l'Ile de Ré en 1627 et mis avec leurs archives dans la tour de Londres, archives dont une grande partie a été détruite par l'incendie (1).

Une copie des chartes seigneuriales de l'île de Ré existait jadis à Paris, à la Cour des comptes; toutes ces archives et le palais lui-même furent détruits par l'incendie pendant la Commune.

Deux copies, sur parchemin, de ces chartes seigneuriales existaient autrefois dans les archives de la mairie de Saint-Martin-de-Ré.

La plus ancienne, datant de la fin du XVIe siècle et presque indéchiffrable, portait en marge la note suivante :

Ces privilèges appartiennent à moi Jehan Pierre Maussion parce qu'on les a fait donner à ses dépens.

Fait par moi Jean Maussion, 39 août 1586.

MOSSION.

 

Il est probable que cette copie avait été faite sur les chartes originales, qui n'auraient disparu que quarante ans environ après, lors de la descente des Anglais en l'île de Ré et du siège du fort Saint-Martin (1627) (2).

A la fin de cette copie se trouvait une autre note ainsi conçue :

En l'année 1712 j'ai pris les dits privilèges de M. Porrel, conseiller du Roy, et donné de présent la valeur de 120 livres en l'espérance de servir à ladite Isle en cas de besoin, donc ils appartiennent à moy,

David NÉRAUD.

 

Les originaux n'existaient donc plus à cette époque puisque David Néraud, alors syndic général de l'île, achète cette copie à ses dépens pour servir aux habitants en cas de besoin.

David Néraud fit imprimer, en 1728, les chartes des rois de France depuis Charles VI, confirmant les anciennes chartes seigneuriales de l'île de Ré; s'il eût possédé ces chartes seigneuriales, il les eût sans nul doute fait imprimer aussi.

 Pourquoi ne fit-il pas imprimer la copie susdite de ces chartes seigneuriales ? C'est, nous le répétons, que cette copie était devenue avec le temps indéchiffrable.

Ce qui tend à le faire supposer, c'est que, douze ans après, Noblet, voulant avoir une copie des chartes seigneuriales de l'île de Ré, au lieu de recopier l'exemplaire acheté par J.-P. Maussion d'abord et David Néraud ensuite, préféra recopier l'exemplaire qui se trouvait à la Cour des comptes.

Cette copie, nous l'avons vue également dans les archives de Saint-Martin-de-Ré; elle était aussi sur de grands rôles de parchemin, plus lisible que la première, mais identiquement semblable.

Elle portait en marge la note suivante :

….. Le 31 décembre 1740, transcrit ces privilèges dans les registres de la Chambre des comptes du 26 avril 1738 au 21 décembre 1739.

NOBLET.

 

Malheureusement les archives de la mairie de Saint-Martin-de-Ré eurent le sort de celles de la tour de Londres et de celles de la Cour des comptes, elles furent complètement détruites dans un incendie de cause inconnue, dans la nuit du 19 janvier 1891, dont les détails se trouvent consignés dans la Lettre historique rétaise de M. Th. Philippot, éditée à la librairie Berton à Saint-Martin-de-Ré.

Comme les originaux, ces copies semblaient donc vouées à la destruction; il n'en fut rien, et, comme le phénix, elles renaquirent de leurs cendres.

En effet, en 1881, alors que M. Victor Bouthilier était maire de Saint-Martin-de-Ré et M. Emile Souchet adjoint, j'obtins, pendant une saison de bains de mer passée à Saint-Martin, l'autorisation de rechercher les curiosités des archives historiques de l'île.

Ce qui m'intéressa le plus, ce fut sans contredit cette copie des vieilles chartes seigneuriales, dont les originaux avaient malheureusement disparu. J'obtins l'autorisation d'en prendre copie, et ce ne fut pas sans difficulté que je déchiffrai mot à mot ces vieux rôles de parchemin plus ou moins bien conservés.

Ces copies restèrent dans ma bibliothèque pendant plus de dix ans et ce fut l'incendie des archives de Saint-Martin-de-Ré qui me décida à les exhumer de l'oubli où elles étaient plongées.

Avant de dire un mot sur chacune de ces chartes, il est utile de donner l'opinion de certains auteurs sur l'étymologie de l'île de Ré.

 

 L'étymologie latine de Rea ou Reorum lui a été attribuée à tort par quelques écrivains, sous le prétexte qu'au moyen âge on y bannissait les coupables du royaume; ces écrivains ignoraient sans doute qu'avant d'être le refuge des coupables, cette île portait déjà le nom de Ré.

Le mot Ré en Poitou signifiait roi; en gascon Rey avait la même signification, comme rex en latin.

Elle porte le nom de Ré dans les actes de Rymmer et dans la chronique de Maillezais.

Isnard, dans sa relation latine du siège de l'île de Ré, dit qu'après la victoire de l'armée royale en cette île, en 1625, elle eût été autorisée à porter le nom d'île Royale à bien plus juste titre qu'autrefois.

Me Bruneau(3), de l'île de Ré, fils d'Armand Bruneau, sieur de Rivedoux, fit jadis à ce sujet l'interprétation suivante :

«L'étymologie Insula Regia ou Regis, île royale, île du roi, île souveraine, île régale, nous paraît plus plausible que toutes les autres, »

Ausonius Maginus, en sa géographie, la nomme Insula Regis, île de Roi.

René Choppin, dans son énorme in-folio de commentaires sur la coutume d'Anjou de 1635 (4), dit page 256 : «L'île de Ré, que quelques-uns nomment en latin Insula Reorum pour ce que les bannis de France s'y retiraient, autres la nommaient Insulam Regiam, île royale ou réale. »

A ce sujet, il raconte que « Louis de Bueil, comte de Sancerre, soustint en l'audience de la cour que l'île de Ré, qui était échue par succession à sa femme, avait été possédée par ses prédécesseurs avec tous droits et franchises et que ses ancêtres en avaient joui avec presque pareil droit de souveraineté que les rois ont en France, et que Pierre d'Amboise fut le premier qui fit foi et hommage lige de l'île de Ré au roi Charles VI, après que Pierre l'eut ôtée aux Anglais et remise sous la couronne de France; mais sa reconnaissance fut à condition de la réserve à lui faite de toutes les prérogatives et marques d'honneur souverain».

Les seigneurs de l'île de Ré avaient, en effet, dans leur île, sauf le droit de frapper monnaie, tous les droits d'un souverain ou droits régaliens.

Ils avaient les droits : 1° de franc fief; 2° de nouveaux acquets; 3° de taille; 4° d'élection; 5° de pardon pour les crimes commis en l'île; 6° de légitimation des enfants illégitimes; 7° de gages de bataille; 8° de naufrage; 9° d'épaves; 10° d'amirauté; 11° de petites et grandes pêches en la côte et la mer (dans les pertuis Breton et d'Antioche, de chef de Baie au large), de baleines et de poissons royaux, etc.

L'île de Ré fut tenue en franc aleu par tous ses seigneurs jusqu'à Pierre d'Amboise qui en fit redevance à Charles VI à raison d'une maille de Florence d'or à mutation de vassal pour tout devoir.  

Quand l'île de Ré appartenait au duc de Guyenne et roi d'Angleterre, ses possesseurs portaient le nom de seigneurs souverains, ne relevant d'aucun supérieur, mais, depuis qu'ils en ont fait foi et hommage lige au roi de France sous Charles VI, ils ne se qualifient que du nom de baron.

 

Les premiers seigneurs de l'île de Ré furent les ducs d'Aquitaine.

 Au commencement du VIIIe siècle, Eudes, duc d'Aquitaine, fonda à Sainte-Marie, en l'île de Ré, un monastère fortifié (5) où il se retira et fut inhumé.

Il avait fait cette fondation afin d'expier son double crime d'avoir attiré les Arabes d'Espagne en France, pour les opposer au roi des Francs, son ennemi, et d'avoir marié sa fille chrétienne à Munuza, général de l'armée des musulmans.

L'île de Ré appartint ensuite aux seigneurs de Chatel-Aillon qui ne nous ont laissé aucune charte locale (6).

Après eux, elle appartint aux sires de Mauléon, dont le premier, Eble de Mauléon, fonda en 1178 le monastère dont nous voyons encore les ruines près de la Flotte.

 Savary hérite l’Ile de Ré, en 1213.

En 1214 et dirigera neuf seigneuries en même temps.

Un première chapelle dédiée à saint Nicolas est attestée à La Tranche en avril 1227, par une charte faisant figurer le mariage (sans doute antidaté) dans cette chapelle de Savary de Mauléon, personnage considérable, engagé dans l’action politique et militaire du Bas-Poitou de l'époque, seigneur de Châtelaillon, de l’île de Ré, d'Angoulins, de Benon, de Mauléon, de Fontenay, de Marans et de Tallemond (Talmont), avec Amable ou Amielle DU BOIS, Dame de Ré. dame douairière de Saint-Michel-en-l'Herm

 

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Amable de Mauléon Dame de l'Ile de Ré 1228-1242, seconde femme de Savary

Quelques années avant sa mort, Savary, veuf de sa première femme Belle-Assez de Pareds, dame de Chantemerle, dont il avait eu deux filles : Belle-Assez et Alix qui épousera Guy Ier de Thouars, vicomte de Thouars.

Savary contracta, en 1226, une union illégitime avec une personne de l'Ile de Ré, du nom de Amable du Bois (Amabilis de Bosco, selon les chartes latines de l'époque (7), connue plus tard dans certains documents sous le nom d'Amielle de Ré), dont il eut un fils, Raoul IV.

Il lui promit (8) que les enfants nés de cette union auraient, après sa mort, Châtelaillon, Saint-Michel-en-l'Herm, etc., avec réserve d'usufruit pour Amable, sa vie durant, et, après la mort de celle-ci, l'Ile de Ré et Benon.

 

En 1227, sur un bref du Pape, le roi d'Angleterre Henri III et l'archevêque anglais d'Aquitaine autorisèrent le mariage ainsi que la légitimation de l'enfant né de cette union.

Le mariage fut célébré dans l'église Saint-Nicolas de la Tranche par l'abbé de St-Jean-d'Orbestier; un charte (9) donnée alors au château d'Olonne, signée de Savary, proclame ce mariage et les droits des enfants qu'il aurait d'Amable, son propre héritage, après sa mort, et en particulier les droits de son fils Raoul qu'il avait eu d'Amable.

A la suite de cet événement, il fit des donations à diverses abbayes, pour le salut de son âme ; une charte fut signée de sa main, cette même année, ratifiant et augmentant les donations de ses ancêtres à l'abbaye Notre-Dame-de-Ré, dite des Châteliers,

Savary se retira alors dans l'Ile de Ré où il passa la fin de sa vie auprès d'Amable et de son abbaye de Ré, allant parfois visiter son abbaye de Saint-Michel-en l'Hem et partageant ses dons et générosités entre ces deux monastères.

 

En 1229, soucieux d’assurer la succession de son fils né hors mariage, Savari de Mauléon demande par exemple à l’abbé de Mauléon de remettre à l’abbé d’Orbestier et à son châtelain de la tour de Talmond l’écrin scellé qui contient l’ensemble de ses chartes.

Ce faux document évoque un mariage entre Savary de Mauléon et Amabilis (ou Amable) du Bois. Cette charte a été réalisée de toutes pièces pour sauvegarder les droits du fils de Savary de Mauléon, Raoul IV de Mauléon, né hors mariage

Il resta sur ses vieux jours, fidèle au trône d'Angleterre et ennemi de la Rochelle qui s'était rendue à la France.

Il mourut laissant ses trois enfants et sa seigneurie de Ré à sa femme, Amable, qui en jouit sa vie durant, elle eut aussi l'usufruit de ses autres seigneuries et de Saint-Michel-en- l'Herm etc., etc.

Avec lui disparut un des plus acharnés adversaires de la puissance de la France sur le Poitou.

Il fut enseveli avec pompe dans le choeur de la grande église de Saint-Michel-en-l'Herm (10).

Sa mort eut lieu le 29 juillet 1233, selon Bélisaire Ledain, son historiographe et selon Dreux du Radier.

Selon Arcôre, il existait encore en 1231, mais ces dates ne peuvent être exactes, car nous avons constaté par une charte latine d'Amable, de 1230, qu'à cette époque il n'existait déjà plus.

Dans cette charte, Amable se dit « jadis épouse de Savary de Mauléon », ce qui prouve qu'il était mort depuis un certain temps déjà; d'autre part, son fils Raoul n'ayant que huit ans à la mort de son père et n'ayant atteint sa majorité et recouvré ses terres qu'en 1245, tout porte à croire que la date exacte de la mort de Savary fut 1228.

La charte latine de l'abbé de la Trinité de Mauléon, datée de 1229, fait la remise du chartrier de Savary à l'abbé de Saint-Jean d'Orbestier, sans doute après la mort de Savary.

Après la mort de Savary, Amable hérita de la seigneurie de Ré et continua à s'intituler : Domina de Ré, dame de Ré; elle marcha dans la voie tracée par son mari au point de vue des générosités et donations faites à ses dépens à l'abbaye de Ré.

Son premier acte d'autorité fut de décider qu'un fossé serait creusé sur le fief des Marattes pour recevoir les eaux provenant des pluies et l'abriter des inondations (11).

En 1234, menacée d'excommunication par l'évêque de Saintes, si elle ne faisait pas démolir la forteresse que Savary avait fait reconstruire, près de l'abbaye de Ré, sur le bord de la mer, elle s'empressa de se soustraire aux menaces en s'exécutant, pour le salut de l'âme de son mari ; elle fit abattre la forteresse par les soins de son prévôt, ainsi que la terrasse, le pressoir et l'herbergement voisins, le tout de fond en comble, elle lit même combler les fossés qui séparaient le tout de l'abbaye.

Elle vendit ensuite tous les matériaux à l'abbaye et s'en reconnut bien payée par une charte de 1237 (12).

Sa belle-soeur Eustachie, soeur de Savary, fut aussi animée des meilleurs sentiments envers l'abbaye de Ré; dans une charte de 1239, elle donne, en perpétuelle aumône, au monastère, cent sols de rente annuelle sur son patrimoine, le meilleur vin de ses vendanges chaque année, et les fonds nécessaires pour l'entretien de deux moines dont l'un dira tous les jours pour elle et ses ancêtres la messe des morts et dont l'autre dira toute sa vie l'office de la Vierge pour qu'elle obtienne indulgence plénière à sa mort.

Amable, à la mort de son mari, conserva la jouissance de sa seigneurie et son titre de dame de Ré ; cette seigneurie devait revenir à son fils Raoul, lors de sa majorité; la loi salique, spéciale aux Francs, n'était pas en vigueur dans la vicomte de Thouars ni dans le domaine des Mauléon, partisans de l'Angleterre.

La femme héritait de son mari en l'absence d'héritier mâle majeur et repassait l'héritage à celui-ci lors de sa majorité; c'est ce qu'il advint ici, mais ce ne fut pas, dans le cas particulier de Raoul IV, son fils, sans de grandes difficultés.

Savary et Raoul de Mauléon, son fils, nous ont laissé la première charte de notre recueil instituant les premiers privilèges accordés aux habitants de l'île de Ré au XIIe siècle.

 

 

Au nombre des dix-neuf privilèges (Coutumes du Poitou) accordés dans cette charte, nous relèverons les deux suivants :

VII. Droit d'épave. — Et si ainsi était que parroy de nef venist à la terre ou de merrain en quoy doloyre eust couru, cel qui la trouvera en doit avoir la moictié et nous l'autre si dedans quinze jours n'avait suite; et s'il n'avait suite cel qui la trouvera en doit avoir son travail et si c'était gros merrain en quoy n'eust coureu doloyre, ne coignée, il est tout à celui qui le trouvera si il n'avait suite dedans quinze jours.

VIII. Droit de pêche. — Et si ainsi était que l'on trouvast à l'arène esturgeon ou marsoupe cel qui la trouvera y a la moictié, sauf l'eschine que nous en pouvons faire lever de long, de deux doigts de large.

La seconde charte est de Gui II, vicomte de Thouars, seigneur de l'île de Ré, Châtelaillon, Mauléon et Benon, en 1289. Elle sanctionne les privilèges accordés par leurs prédécesseurs et institue de nouveaux privilèges.

 

Nous y relevons le privilège suivant :

XXII. Et voulons o tout que les droits du quint et de l'unzième et du tresieme ou d'autre debvoir dû sur les vignes soit abatu au jour d'icelui d'au quart et de la dixme et des terres aussi, comme en tant nous en appartient.

Il est question aussi dans cette charte des droits que se réservent les seigneurs de l'île sur le fief Brossard, le fief de Bouhé et leur Fourest de Ré qui n'étaient pas exemptés des redevances de la cense.

La troisième charte est de Jehan Ier de Thouars ; elle a pour but d'abolir la censé sur les arènes et gastines de l'île de Ré; elle fut donnée au château d'Olonne, le dimanche après la Saint-Martin d'hiver, en l'an de grâce 1318.

La quatrième charte est de Louis Ier de Thouars. Elle confirme les privilèges précédents et relève certains abus sur le droit d'épaves, les jugements, les gastines et les assemblées; elle fut faite et donnée le 23e jour de janvier, l'an de grâce 1357.

La cinquième est de Tristan de Thouars; elle modifie trois des privilèges accordés jadis par les sires de Mauléon, relatifs aux meublages, jugements et naufrages.

Relativement à ces derniers, nous relevons le privilège suivant :

Item, en tant que touche l'article septième donné desdits privilèges par lesdits seigneurs de Mauléon et dessus en la page douzième faisant mention des naufrages pour pourvoir à l'indemnité des perdants et naufrageants le tems qui n'était à quarante jours jouxt la coutume susdite, qui est la plus générale en cette matière.

Cette charte fut faite et donnée en l'isle de Ré, par le vicomte Tristan de Thouars (Tristan Rouault de Boisménard est seigneur de l'Ile de Ré, de Marans et de Garnaches) et la vicomtesse Péronnelle de Thouars, le 18e jour de septembre, l'an de grâce 1389.

Il est à remarquer, d'après ces chartes, combien les naufrages devaient être alors fréquents sur les rochers de l'île de Ré, qui, à cette époque ne possédait pas comme aujourd'hui des phares sur les différents points de sa côte.

Remarquons également en passant que le terme privilège n'est pas synonyme exclusivement défaveur; il dérive des mots privata lex et signifie loi privée, c'est-à-dire restreinte à un pays du royaume et n'ayant pas cours dans le royaume de France tout entier.

Un code unique n'existait pas autrefois comme aujourd'hui : chaque pays ou province avait ses privilèges spéciaux ou coutumes locales; le droit coutumier avait force de loi en tel ou tel endroit.

La sixième charte est de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars et de Thalmont, seigneur de Marans et l'isle de Ré; elle confirme les anciens privilèges et ratifie l'exemption des droits de nouvelle chevalerie; elle fut faite et donnée en l'isle de Ré le 20e jour du mois de septembre l'an 1444.

La septième charte est aussi de Louis d'Amboise. C'est un contrat passé par les habitants du Bois en Ré concernant le payement de 4,000 écus d'or, dus aux Anglais pour solde de la rançon des habitants de l'île de Ré, en 1457.

La huitième charte émane également de Louis d'Amboise et a pour but d'exempter des droits de francs fiefs et de nouveaux acquêts.

Elle fut donnée en son chastel de Talamond le 7e jour d'août l'an de grâce 1467.

Nous y relevons le passage suivant :

Si mandons et commandons à nos capitaine, lieutenant, sénéchal, prévôts, procureurs, receveurs, sergents ou autres nos officiers et sujets de ladite île de Ré que avons, en ce faisant, et exerçons le fait de notre commission, obéissent et entendent diligemment, car tel est notre plaisir.

Cette dernière expression : « car tel est notre plaisir », démontre bien le droit souverain exercé en sa seigneurie par le seigneur de l'île de Ré.

La neuvième est du tant célèbre Louis II, sire de la Trémoïlle, vicomte de Thouars, prince de Talmond, comte de Guynes et de Benon, baron de Sully, Craon, Montaigu, l'isle Bouchard et Mauléon, seigneur des Isles de Ré et de Marans, qui mérita le nom de «  chevalier sans reproche ».

Il fut lieutenant général du roi, se distingua à la bataille d'Agnadel, à celle de Saint-Aubin-du-Cormier, et enfin à la bataille de Pavie, à 65 ans, où il accompagnait François Ier et où il mourut de quatre blessures.

Cette charte est la confirmation pure et simple des privilèges de l'île de Ré; elle fut renouvelée dans la suite par ses successeurs François et Louis III de la Trémoïlle.

Elle fut donnée à Beaugency le 18 juin 1482 et scellée à double queue pendant en cire rouge. Celle de François fut donnée en son chastel de Thouars le 27 mai 1525.

Celle de Louis III, idem le 23 juin 1544.

Nous possédons de François également une partie de la correspondance de sa seigneurie de Ré.

La dixième charte est de Louis III de la Trémoïlle. C'est une transaction entre le seigneur et les habitants de l'île de Ré sur les anciens privilèges. Elle est aussi de 1544.

La onzième et dernière est de Louis, sire de Bueil, comte de Sancerre et de dame Jacqueline de la Trémoïlle, son épouse. C'est une confirmation pure et simple des anciens privilèges; elle fut faite, signée et scellée en leur chastel de le Marchère, le 22e jour de septembre l'an 1561.

Les biens des seigneurs de l'île de Ré furent, dans la suite, cédés en grande partie aux monastères.

La seigneurie d'Ars et Loix fut donnée tout entière en 1250 par le marquis de la Trémoïlle au monastère de Saint-Michel-en-l'Herm, en bas Poitou, où il se réfugia après son meurtre du premier curé de Loix, pour échapper à un juste châtiment.

Cette seigneurie était affermée par l'abbé de Saint-Michel-enl'Herm aux habitants de l'île de Ré, à raison de 20,000 livres par an, sans y comprendre toutefois le prieuré de Saint-Etienne d'Ars et plusieurs chapellenies.

Ce monastère conserva cette seigneurie jusqu'à la Révolution.

Quant à la seigneurie de Saint-Martin (13), elle avait donné à l'abbaye des Châteliers, située entre la Flotte et la Prée, la terre de Sablanceau, lorqu'en 1199 son seigneur, Eble de Mauléon, partit aux Croisades.

Cette abbaye affermait cette terre de Sablanceau aux habitants de l'île de Ré 8,000 à 9,000 livres par an.

Il ne restait plus au seigneur de Saint-Martin, resté seul seigneur de l'île de Ré, que les terres situées entre et y compris le bourg de la Flotte jusqu'au hameau de la Passe, dont il n'exigeait que 10 sols de cense par chaque quartier, c'est-à-dire 2,000 livres par an.

Les terres de l'île étaient donc partagées alors entre une seigneurie et deux abbayes, dont une en l'île, l'autre hors de l'île.  

Comme nous l'avons dit plus haut, le monastère de Saint-Michel-en-l'Herm fut détruit lors de la Révolution ; quant à celui des Châteliers, près la Flotte, après avoir subi bien des fois les ravages des pirates normands et anglais, il fut définitivement détruit par les guerres civiles et religieuses en 1674.

Bien des documents sur l'histoire locale nous seraient conservés si nous possédions encore, dans les archives de l'île, les chartes des cartulaires de ces abbayes, comme nous possédons celles du chartrier de la seigneurie de Ré (14).

A partir du règne de Charles VI, le seigneur de l'île de Ré, qui se trouvait être alors Pierre d'Amboise, vicomte de Thouars, comte de Benon, seigneur et baron de Talemont et de l'île de Ré, voyant l'île définitivement soustraite à l'autorité des rois d'Angleterre, fit, ainsi que ses successeurs, " foi et hommage de sa seigneurie de Ré au roi de France, sous la simple redevance d'une maille de Florence, seulement à mutation de vassal, pour tout relief», comme il est dit ci-dessus.

Grâce au syndic de l'île de Ré en 1728, David Néraud, les chartes des rois de France confirmant les chartes des seigneurs de l'île de Ré nous sont conservées dans un recueil qu'il fit imprimer à la Rochelle et qu'il intitula :

 

Inventaire des titres et privilèges de l'isle de Ré.

Les originaux de ces chartes royales étaient conservés aux archives de la mairie de Saint-Martin-de-Ré, comme nous avons pu nous en rendre compte par nous-même; mais les sceaux pendant aux lacs de soie en avaient été distraits.

 Ces chartes originales ont été détruites dans l'incendie de la mairie, en 1891.

Malgré les différents incendies dont nous avons fait mention et qui étaient bien faits pour détruire à tout jamais le trésor des chartes de cette île, nous devons à l'édition de David Néraud la conservation du texte des chartes royales et à notre manuscrit inédit le, texte complet et intact des chartes seigneuriales (15).

 

 

 

Communication de M. le docteur Atgier, de l'Académie des sciences et belles-lettres d'Angers.

Cartulaire de l'abbaye d'Orbestier : Vendée : [1107-1454] Louis de La Boutetière

Comité des travaux historiques et scientifiques (France).

 

 

 

SAVARY DE MAULÉON ou LA RÉUNION DU POITOU A L'UNITÉ FRANÇAISE (Time Travel)<==

L'île de Ré, avant-garde de l'Aunis et du Poitou contre les Vikings - L'érection en commune par les SIRES DE MAULÉON <==

 


 

Arrestation lors d'une partie de Chasse de Louis d'Amboise, Vicomte de Thouars, prince de Talmont pour lèse-majesté

PIERRE II, fils d'Ingelger et d'Isabeau , 1373. Il hérita de la vicomte de Thouars en 1397. Il fonda les Cordeliers d'Amboise en 1412; il y fut enterré en 1422. N'ayant pas laissé de postérité, ses biens passèrent à Louis d'Amboise, son neveu, fils d'Ingelger II.


 

(1) De nos jours encore, les Anglais continuent à faire chez nos bouquinistes de Paris et de province des râfles de livres, cartes, estampes, etc., relatifs à l'histoire des provinces de France que posséda jadis l'Angleterre, telles que la Normandie , l'Anjou, le Poitou, l'Aquitaine, etc.

(2) Cette copie n'aura survécu que parce qu'au lieu d'être dans les archivés locales, comme les originaux, elle sera restée dans les archives de J.-P. Mossion.

(3) Auteur d'un manuscrit où nous avons puisé plus d'un enseignement utile pour l'annotation des Privilèges seigneuriaux.

(4) Que nous avons consulté à la bibliothèque d'Angers.

(5) Situé sur le même emplacement que l'église actuelle.

(6) Leur ville de Châtelaillon, jadis la Capitale de l'Aunis, n'a plus que quelques fermes entourant les ruines du prieuré de Saint-Romuald; leur énorme château, flanqué de sept grosses loure battues par la mer, a disparu dans les flots ainsi que la ville de Montmeillan qui le réunissait à l'île d'Aix à marée basse.

(7) Cartulaire de l'abbaye de Ré.

(8) Cartulaire d'Orbertier {Vendée), n° 36.

(9) Charte de 1229 du Cartulaire de Mauléon.

(10) Brochet, Histoire de t''abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm, 1891.

(11) Cartulaire de l'abbaye de Ré.

(12) Carlulaire de l'abbaye de Ré, n° 20.

(13) : seigneurie de Pile de Ré.

(14) Liste des chartes seigneuriales conservées :

1° Charte de Savary de Mauléon en l'année 1240;

2° — Gui II de Thouars — 1289;

3° — Jehan Ier — 1318;

4° — Louis Ier — 1357;

5° — Tristan — 1389;

6° — Louis d'Amboise — 1444;

7° — Id. — 1457;

8° — Id. — 1467;

9° — Louis II de la Trémoïlle — 1482;

10° — LouisIII — 1544;

11° — Louis de Bueil — 1561.

 

(15) Les chartes royales confirmant, depuis Charles IV, les chartes seigneuriales de l’ile de Ré sont :

1° Charte de Charles VI datant de l'année 1408;

2° — Charles VII — 1437;

3° — Louis XII — 1498;

4° — Henry III — 1578;

5° — Henry IV — 1591;

6° — Id. — 1593;

7° — Louis XIII — 1623 ;

8° — Id. — 1631;

9° — Louis XIV — 1652;

10° — ld. — 1653;

11° — Louis XV — 1717.

A la suite se trouvent plusieurs extraits soit de la cour des Aydes, soit du Conseil d'État, etc.

 

 

1225

 Don par Savary de Mauléon de ses droits sur Achard et Etienne Bérenger. (Carte n° 64.)

Universis Christi fidelibus ad quos presens scriptum pervenerit Savaricus de Malo Leone, vir nobilis, salutem.

Dignum est et consonum racioni ut ea que geruntur stili officio ad posterorum noticiam extendantur, ut licterarum testimonio commendata oblivionis dispendium non incurrant. Inde est quod, presentis scripti attestacione, tam ad posterorum quam ad modernorum volo noticiam pervenire quod ego Savaricus de Malo Leone, dominus Tallemundi, dedi et concessi abbacie Stie Johannis de Orbisterio, pro salute anime mee et patris mei et avunculi mei et amicorum meorum, Acardum et Stephanum Barenger, cum heredibus eorum et omne dominium quod in predictis hominibus habebam vel habere poteram, in puram et perpetuam elemosinam, libere et pacifice possidendos, nullo michi vel alicui successorum meorum retento servicio. Ne vero aliqua molestia dicte abbacie possit ab aliquibus super donacione ista in posterum suboriri, sigilli mei munimine presentem cartulam roboravi.

 Actum est hoc apud Castrum Olone anno gracie millesimo ducentesimo XX° quinto.

 

A tous les fidèles du Christ à qui ce présent écrit doit parvenir, Savary de Mauléon, un homme de noble naissance, et ainsi de suite.

Il est juste que les choses se passent sous les responsabilités de la plume dans le domaine des générations futures et, conformément aux compréhensions, la connaissance des choses qui doivent être étendues, comme le recommande le témoignage de l’acte, ne doit pas entraîner la perte de toutes choses sont oubliées.

C'est pourquoi, ce présent écrit, par témoignage de, aussi bien pour arriver à la connaissance de ce que je veux, je viendrai plus tard, que pour aller du Savary de Mauléon moderne, seigneur de Talmond, J'ai donné et accordé à l'abbaye de Saint de Jean d'Orbestier, pour le salut de mon âme et de mon père et de mon oncle, et la présence de mes amis, Achard, et Etienne Bérenger, ses héritiers, et eux; et quelle que soit la propriété de ce obtenu dans les hommes que j'avais, ou j'aurais pu avoir, en pure et perpétuelle aumône, librement, et possédé paisiblement, sans moi ni aucun de mes successeurs retenu les services.

 Afin qu'il puisse être fait par certains écrivains sur la donation des choses trouvées dans la sortie d'un désagrément de ladite abbaye, qui peut survenir dans le futur, la protection de mon sceau à la présente charte l’ont confirmé.

 Cela a été fait à Château d’Olonne cinquième année de grâce.

 

 

 

1226.

 Don par Savary de Mauléon aux enfants qu'il pourrait avoir d'Amable du Bois. (Carte n° 165.)

 

Universis Christi fidelibus ad quos presentes lictere pervenerint Savaricus de Malo Leone salutem in Domino.

Dignum est et racioni consonum ut ea que geruntur stilli officio ad posterorum noticiam extendentur, ne scriptorum benefficio commendata oblivionis dispendium noverint. Inde est quod, presentis scripti attestacione, tam ad modernorum quam ad posterorum volo noticiam pervenire quod ego Savaricus de Malo Leone dedi et concessi heredibus quos domina Amabilis de Bosco ex me susceperit in elemosina castrum Julii cum omnibus pertinenciis suis; et post decessum prefate domine dedi et concessi eisdem heredibus terram de Re cum omnibus pertinenciis suis, Benaum cum omnibus pertinenciis suis, villam Sti Michaelis de Heremo cum omnibus pertinenciis suis, minagium et vigeriam de Niorto, et omne dominium quod in supradictis terris et in predictis redditibus ego et predecessores mei habuimus vel habere potuimus, quiete et pacifice in perpetuaum possidendum. Ut autem donacio ista perpetuam obtineat firmitatem, presentem cartulam sigilli mei munimine roboravi.

 Actum et datum anno gracie millesimo ducentesimo vicesimo sexto

 

 

A tous les fidèles du Christ à qui le présent licère le salut dans le Seigneur, vient Savari de Mauléon.

Il est juste que les choses continuent encore des responsabilités dans le domaine des générations futures, et de raisonner, la connaissance des choses qui sont en harmonie avec élargi, de sorte que, ayant loué le bénéfice des écrivains de l'oubli, la perte n'aurait pas dû le savoir. 

C'est pourquoi, par témoignage de cette écriture actuelle, pour arriver à la connaissance de tant de choses que je veux, je viendrai plus tard, que d'aller au de la moderne de Mauléon, j'ai donné et accordé aux héritiers du Savary, Aimable du Bois, que la dame de juillet dans le château, avec tous les apports en aumônes hors de leur propre, me reçoit, reçoit

et après la mort du dit, Seigneur, j'ai donné et accordé au même les héritiers du pays de Ré, avec toutes les dépendances avec lui, et il marche, avec toutes ses dépendances, le village de Saint-Michel en l’Herm, avec toutes ses dépendances, droit de grain et viguerie pour Niort, et pour tout ce qui est dans les pays ci-dessus et pour la domination J'avais mes prédécesseurs, des loyers, ou aurais pu tranquillement et paisiblement perpétuer leur héritage.

Mais pour que vous sachiez que la certitude du don est cette perpétuelle et que vous possédez le gouvernement, qui voit cette présente charte sous la protection de mon sceau.

Et c'était la vingt-sixième année de grâce

 

 

Avril 1227

Mariage de Savary de Mauléon avec Amable du Bois. (Cart n° 313.)

Universis presentes licteras inspecturis Savaricus de Mallo Leone salutem in Domino.

 Universitati vestre notifico quod ego cum domina Amabite de Bosco celebrayi matrimonium apud Stum.  Nicholaum de Trancha coram H. divina permissione venérabile abbate Sti Johannis de Orbisterio et pluribus aliis ; unde volo et precipio omnibus hominibus nostris, tam militibus quam servientibus atque burgensibus et aliis subditis nostris, ut si contigerit me diem claudere extremam, vel aliquod aliud infortunium michi evenerit, quod absit, quod heredes quos habere contigerit michi de predicta domina Amabile de Bosco dominium terre mee habeant et pro hereditate possideant, et precipue istud volo de Raolino filio meo et suo ut dominium terre mee habeat et possideat, si predicto modo contigerit. Et ad majorem hujus rei certitudinem presentes licteras predicte domine

  1. de Bosco dedi sigilli nostri munimine roboratas, in testimoniucn veritatis.

Actum apud castrum Olone anno gracie M°CC°XXX°VII° (1)

  1. Sic pour 1227, comme le prouve la ch° 36 ci-dessus et la mort de Savary le 29 juillet 1233.

 

 

7 mai 1229

Remise par l'abbé de la Trinité de Mauléon du dépôt qui lui avait été confié du chartrier de Savary de Mauléon. (Cart. n°148.)

Omnibus in Christo fidetibus presentes licteras inspecturis G. permissione divina humilis abbas Ste Trinitatis Malleonensis, et conventus ejusdem loci salutem in Domino. Noverit universitas vestra qnod dominus Savaricus de Malleone nobis per patentes licteras significavit ut cartulas suas quas nobis tradiderat in ohservacionem, que cartule incluse erant in quodam escrino sigillato sigillo nobis ignoto, domino….. (1) abbati Bti Johannis de Orbisterio et domino Bernardo le Boteter militi, castellario turris de Thallemundo tunc temporis, tradderemus. Illi vero sigillum de quo predictus escrinus sigillatus erat infra eumdem escrinum posuerunt, ideo quia unde fuerat nesciebant.

Ego vero Guillelmus, abbas de Malleone, ad peticionem predictorum abbatis Sti Johannis de Orbisterio et Bernardi lo Boteler militis rursum predictum escrinum sigillo meo sigillavi, ipsi vero eumdem sigillaverunt mecum cum sigillis suis. Tradicionem vero carttilartim prenominatarum quam fecimus sepedictis abbai de Orbisterio et B. lo Boteler militi vidit et audivit H. Jocelins miles et G. de Roca miles et G. de Roeteys miles et R. Barhers et plures atn.

Actum vero fuit hoc VIIII° idus Maii, anno Domini M° CC° XX° IX°.

  1. Nom en blanc.

 

 

 

Raoul de Mauléon donne sa venaison (droit de chasse sur les animaux sauvages de l’ile de Ré) en 1199 à l'abbaye des Châteliers <==