Canta Merula, la châtellenie de Chantemerle (commune des Moustiers sous Chantemerle)

Chantemerle  châtellenie importante qui s’étendait sur les paroisses de l’Absie, des Moutiers sous Chantemerle…..

Forêt particulière, à la limite de la Vendée, sur le versant NE des hauteurs de la Gâtine, au SO des Moustiers sous Chantemerle et de Moncoutant ; le chainon de la Gâtine porte au SE la forêt de l’Absie, qui forme un autre petit massif de bois particuliers, à 1200 ou 1500 m de distance.

 

Chantemerle commune des Moustiers sous Chantemerle

Canta Merula, v. 1150 (cart. Bas-Poitou)

Mota de cantamerula, v 1169 (Cart. De l’Absie)

Cantamerla, 1196 (Cart. Châtell.)

Cantumerula, 1202 (rot. Litt. Pat I)

Chantemerle, 1318, (id. XI)

Chantemelle, 1340 (id. XVII)

Champtemerle, 1435 (arch. St Loup)

Une note insérée dans le Bulletin de la Société d’Emulation (1858) dit que le premier seigneur de Chantemerle fut Rambaud de Tiffauges, époux de Marquise, vivant avant 1050.

 Il eut un fils, décédé sans postérité, et une fille mariée à Pierre de Pareds. (Cartulaire du Bas-Poitou, p.200). Nous n’avons rien trouvé concernant Chantemerle avant le XIIe siècle.

A cette époque, un membre de la famille des seigneurs de Pareds (Jaudonnière) prit le nom de Chantemerle, ainsi que son fils ainé ; mais ce dernier mourut sans postérité vers 1210.

Chantemerle fut possédé, vers 1220-30, par Hugues du Bois et passa vers 1240 aux Chabot, qui le conservèrent plusieurs siècles.

Blason. Inconnu. On trouve quelquefois : « d’azur à la bande d’argent chargée de 5, alias 3 anneaux ou coquilles de gueules » ; mais ce blason parait avoir appartenu à une famille du pays chartrain étrangère au Poitou, car ce nom de Chantemerle se retrouve dans divers provinces.

 

armoiries Paredes chantemerle

 

Les Seigneurs

 

Aimery de Chantemerle, chevalier, était fils de Pierre de Pareds, dit Meschin, et de Galienne.

On le trouve mentionné dans plusieurs chartes de l’Absie, vers 1140-1180. Il parait avoir été l’ainé de plusieurs frères, qui ne portèrent pas le nom de Chantemerle.

Dans les Archives Hist. Du Poitou (IX, 315), on trouve une donation du moulin Chabiraud, faite à l’Absie vers vers 1160, par Aimery de Chantemerle et ses frères Pierre, Guy et Henri, fils de Pierre Meschin, et une charte relatant le don de Pélouaille (Forêt sur Sèvre), fait vers 1175 par Aimery de Chantemerle, en présence de ses fils Guillaume et Aimery et de Pierre d’Aspremont, son gendre.

 Ce don fut confirmé par sa veuve et ses enfants, par acte passé au château de Chantemerle, en présence de Garnier, abbé de l’Absie, et de Guillaume l’Archevêque, seigneur Parthenay.

 

 

 

 

1186 charte d’Aimery seigneur de Chantemerle (ou Chantemesle) ses frères Pierre et Guy

Concordia facta inter monachos et Aimericum de canta Merula de Prandio quod exigebat apud segurniacum (Segorniacum – Sigournay - le prieuré bénédictin Saint Saturnin du château de  Sigournais Segorniacum – Sigournay 1056-1756)

Literali nota presentibus et futuris manifestamus quod Aimericus de Canta Murela apud moncacos Segurniaci prandia, per debiti exigenciam, querebat.

Quod quia monachi, et vere et juste, contradicebant, nemus quod in elemosina habehant eis auferre voluit ; et eorum boves, pontificis judicium subterfugiens, multociens assumpsit et reddidit.

Ad ultimem vero, recognonscens quod monacos injuste vexaverat, et nemora eis, prout ante habebant, concessit, et prandii exigenciam omnino finivit et se deinceps nil amplius consuetudinem in domo quesiturum sancivit ; pro quo Aimericus, prior Segurniaci, C. solidos ei dedit. Hoc viderunt et audierunt : Gauterius sacerdos Puzaugiarum et Willelmus sacerdos Segurniacu et magister Gaufridus Garneri et Willelmus Sancti Pauli et Simon Lunnelus et Willelmus Boet et alii plures.

 

Aimery de Chantemerle est mort à Dax en Gascogne, lors de la guerre des Albigeois, en présence de ses fils Guillaume et Aimery, et de Pierre d'Apremont son gendre.

 
 

On voit par ces chartes qu’Aimery, époux de Tiphaine, eut pour enfants :

-          1e Guillaume, qui suit

-          2e Aimery, présent à la mort de son père, qu’on ne retrouve plus ailleurs

-          3e Pierre, qui est toujours appelé de Pareds, qui fit plusieurs dons à l’abbaye de la Grenetière, vers 1195, avec ses frères Guillaume, Maurice et Geoffroy. Il vivait encore en 1204 et fut témoin à Pouzauges du testament de sa belle-sœur (Talmond, 468)

 Il eut pour fille BELLE ASSEZ, héritière de Pareds et de Pouzauges, qui, après la mort de son oncle Guillaume épouse, vers 1200, Savary de Mauléon, seigneur de Talmond (il fit don en 1221 aux templiers de Mauléon pour les âmes Bni P. de Alperusio et Dni Willelmi de Cantumerula.)

-          4 Maurice

-          5 Geoffroy, nommés dans la charte de la Grenetière, vers 1195

-          6 N…, mariée, vers 1170, à Pierre d’Aspremont, chevalier, seigneur des Essarts, qui assista à la mort de son beau-père à Dax.

 

 

1145 Guillaume de Chantemerle , seigneur de Pouzauges et Pareds

Guillaume de Chantemerle, chevalier, seigneur de Chantemerle, Pouzauges, Pareds, Poiroux, Riez, présent à la mort de son père, confirma comme fils ainé le don de Pélouaille à l’Absie, vers 1175.

Il fut avec sa femme l’un des principaux bienfaiteurs de Boisgrolland et fit à cette abbaye plusieurs donation en 1189 et années suivantes.

On voit par une charte qu’il alla en Terre Sainte : «  Volens ire Jerusalem pettit a monachis esse in beneficiis suis. » (Boisgrolland, n43. Cart. Bas-Poitou, 244.)

Plus tard il obtint l’introduction des Cisterciens dans cette abbaye en 1203, il fit plusieurs dons à la Grenetière, vers 1195 ; et en 1205 il confirma les donations faites à Notre Dame de Pouzauges par ses oncles Pierre et Henri. (D. Housseau, 591, 594).

En 1203, il assista à la fondation de Notre Dame la Blanche, et mourut vers 1210 sans postérité. Il avait  épousé, vers 1180, Maxence de BOUIL, fille de Pierre, seigneur du Poiroux, et d’Aline. (Boisgrolland, n11).

Cette dame mourut à Pouzauges en 1204, faisant divers don à Talmond, à Boisgrolland et autres abbayes. (Talmond, 468 ; Boisgrolland, 71, 106) on voit par ces chartes qu’elle n’avait pas d’enfants et que ses fiefs du Poiroux et de Riez passèrent à sa cousine Ermengarde de Bouil, épouse de Guillaume d’Apremont, tandis que Pouzauges, Pareds et les domaines de son mari passèrent à Belle Assez, épouse de Savary de Mauléon, qui par conséquent était la nièce de Guillaume de Chantemerle.

 

 

La châtellenie de Chantemerle passe à la Famille Chabot du Bas Poitou

Vers 1185, « Thibaud Chabot, sentant sa fin approcher, légua, pour assurer le service divin dans la chapelle de Saint-Thomas qui allait être construite à l'Absie, le quart des biens que les seigneurs de Chantemerle lui avaient donnés dans le Candais.

 Thibaud son fils et sa femme Marguerite Loubet, fille d'Alon seigneur de la Roche-Loubet (Bourg Loubet) consentirent à cette donation. » C'est ainsi que s'exprime l'Inventaire des donations de l'abbaye de l'Absie.

Il nous semble pouvoir en conclure que cette Marguerite, femme de Thibaud II, était de l'ancienne maison de Chantemerle, et que ces seigneurs de Chantemerle, Pierre, Guy et Aimery, qui avaient doté leur soeur étaient les trois frères de celle-ci.

 En outre, le titre de seigneur de Chantemerle commence dans la personne de Thibaud III, fils de Thibaud II, à être réuni aux autres titres des Chabot.

 

 

1225 Hugues du Bois, seigneur de Chantemerle, et Agnès, sa femme, donnent aux Templiers Jean Rezis et certaines choses au Teil.
(D. F., volume LII, d'après l'originale jadis scellé de deux sceaux, dont l'un en cire verte sur cordon de soie rouge et verte, aux Archives du Temple de Mauléon)

 

 

Le nouveau château de Chantemerle a été construit dans la première moitié du XIXe siècle.

 Il est l'œuvre du duc de Beauvillier dont la fille épousa le duc de Talleyrand-Périgord, prince de Chalais.

Puis le domaine passa, par voie de succession, à la famille Choiseul d'Harcourt qui le transmit à la comtesse d'Avaray.

 La demeure, construite sur un plan de type rectangulaire, offre une grande simplicité. Le château de Chantemerle possède néanmoins quelques éléments très intéressants, et en particulier une curieuse tour carrée, à l'arrière de la bâtisse, rappelant un donjon féodal.

 

 

Canta Merula, la châtellenie de Chantemerle Chapelle élevée par le comte de Choiseul

 

La Chapelle élevée par le comte de Choiseul

 

Canta Merula, la châtellenie de Chantemerle Armoiries La Maison Talleyrand Maison de Choiseul

Armoiries : La Maison Talleyrand : De gueules à trois lionceaux d'or, armés, couronné et lampassés d'azur.

La Maison de Choiseul : D' azur à la croix d'or, cantonnée de dix-huit billettes du même, cinq dans chaque canton du chef, ordonnées 2, 1 et 2, et quatre dans chaque canton de la pointe, ordonnées 2 et 2.

 

La grande et belle forêt de Chantemerle cache en son sein un trésor inestimable, qui fait l'admiration des touristes. Située à l'orée de la forêt de 500 hectares, elle a été érigée par le duc de Choiseul et dédiée à sa femme, née Talleyrand-Périgord, de qui il avait eu les forêts de Chantemerle et de L'Absie.

Ce vestige de propriété, qui "biens nationaux en 1793" fut restitué à ses propriétaires en 1815, dépendait avant la révolution d'un considérable domaine appartenant au duc de Cossé-Brissac, alors colonel des cent suisses, inspecteur des armées de sa majesté.

Le château qui fut détruit en ces temps troublés, se trouvait situé sur le bord de la Sèvre, au - dit "La Rambaudière".


Le duc de Cossé-Brissac, eut pour gendre le duc de Beauvilliers, dont la fille épousa M. de Talleyrand, duc de Périgord, vers 1830. De cette union naquit celle qui devait plus tard épouser M. de Choiseul. Union éphémère, qui ne dura que deux ans.


C'est pour en commémorer le souvenir que son époux, M. de Choiseul, eut l'idée de construire la chapelle que nous admirons aujourd'hui.

 

 

 
Cette petite chapelle, véritable merveille artistique, dont la construction avait été confiée à M. Chenagar, architecte parisien très en renom à l'époque, fut commencée en 1861 et terminée en 1868.

Elle mesura 20 mètres de long sur 6 mètres de large, et entourée d'une haute grille en fer forgé.


Extérieurement et à deux mètres du sol, une ceinture du plus pur granit noir, entoure l'édifice en signe de deuil. De chaque côté de la lourde porte d'entrée, une rampe de bronze ciselé est surmontée de six colonnettes sculptées de façon différente.

 Au- dessus, on remarque également taillés dans la pierre, la crèche et le calvaire. L'intérieur frappe le visiteur qui y pénètre pour la première fois et retient le regard, même le plus profane. Aucune inhumation n'est faite dans la chapelle mais l'autel représente le tombeau de Mme de Choiseul à Paris.

 Trois magnifiques vitraux éclairent l'abside. Celui du centre, représentant l'ascension, est signé Didron, Paris, 1865. M. de Choiseul, lorsqu'il parla du projet, dit : "Je ne connais que celui-ci de capable".
Son choix fut heureux en effet, car contrairement à la plupart des vitraux qui ne présentent un relief que vu de loin, celui-ci reste net du plus près qu'on l'approche. Notons encore le chemin de croix en lave de Vésuve, d'une valeur inestimable, ainsi que le tabernacle et la clef de voûte, ornés de pierres précieuses ayant appartenu, dit-on, à la duchesse.
Rien n'a été épargné dans cette merveilleuse construction, depuis les peintures jusu'aux boiseries en chêne clair, toutes ouvragées et sculptées. Les boiseries latérales comportent même des prises d'air pour qu'elles demeurent intactes au cours des siècles.


M. de Choiseul est mort en 1888, et c'est sa soeur, Marie-Victorine, comtesse d'Hinisdal, qui devint propriétaire des forêts de Chantemerle et de L'Absie, qu'elle partagea à ses deux enfants en 1895.

Mlle d'Hinnisdal, mariée en 1884 au comte Elie d'Avaray, se vit échouer Chantemerle, qu'elle conserva jusqu'à sa mort en 1913.

Depuis cette date, son fils unique, le comte Bernard d'Avaray, en fut le propriétaire et ensuite le comte des Moutiers. Puis ce fut Mme De Laage de Meux et Mme Lelièvre.

Éléments protégés MH : la chapelle funéraire ainsi que le logement du sacristain : inscription par arrêté du 16 janvier 2013.

 

 

 

A la Rambaudière, se trouvent les ruines du château, qui appartenait à la maison de Châtillon.

Armoirie : écartelé, aux 1 et 4 d’or à deux faces de gueules, accompagnées de neuf merlettes de gueules, rangées en orle ; aux 2 et 3 d’azur, au sautoir d’argent

 

 

 


 

 


C'est â la fin du Xe siècle que la famille féodale des Mauléon fait sa première apparition dans les documents historiques. La petite ville de Mauléon, appelée si mal à propos Châtillon-sur-Sèvre en 1736, d'où elle tirait son origine et son nom, possède encore quelques ruines du château de ses vieux seigneurs, situé sur un mamelon escarpé en forme de promontoire, dont le pied plonge dans la rivière de L'Oing (1).



1147 Partant pour la croisade, donation à l'Absie de Sébrand Ier Chabot, seigneur du petit château de Vouvant et de Mervent

Donation à l'Absie de Sebrand I Chabot, partant pour la croisade. (Vers 1147) (p. 25.) Bibl. nation. -F. franc. 17048, f. 33. Sebrandus Chabot, volens ire in Jherusalem, coram Deo et reliquiis Sanctorum, accepto baculo et pera, in ecclesia beati Nicolai, reconcessit Rainerio (l) abbati et monachis Absie, terragia de Macinee, sicut vice prima dederat et concesserat, et terram Hugonis Rufi (2), et omnes terras à feodatis suis illis datas.

 

L'histoire de Pouzauges et de ses seigneurs

La féodalité, par contre, a laissé à Pouzauges d'ineffaçables preuves de son passage, témoins les ruines du château et les deux églises de Pouzauges-la-Ville et du Vieux-Pouzauges. La terre de Pouzauges, qui de simple châtellenie devint successivement baronnie et marquisat, rapportait à l'entier, à la duché-pairie de Thouars, sous un seul hommage lige et à rachat à toute mutation de vassal, suivant la coutume du Poitou.

 

 

La commanderie de Saint-Sauveur du Temple de Mauléon
Plusieurs chapiteaux romans, trouvés parmi les ruines de la commanderie du Temple de Mauléon, indiquent l'existence de cette maison dès le XIIe siècle. En 1175, le nom du domaine est Saint-Sauveur-des-Cordes. En 1204, sous le règne de Philippe Auguste II, le nom change pour devenir Saint-Sauveur-des-Bois.