Le 15 Janvier 1794, de Saumur, le général Turreau organise la promenade des colonnes infernales pour détruire la Vendée 2

ARMÉE DE L’OUEST : Quartier général : Nantes.

Louis Marie Turreau Général en Chef de l'Armée de l'Ouest (26 décembre 1793-18 mai 1794).

Le général Turreau, nommé, par décret du 27 novembre, général en chef de l’armée de l’Ouest, arriva le 17 décembre à Angers.

Marceau l’avisa le 22, que l’armée allait donner le coup de grâce aux Vendéens à Savenay, en le priant de venir se faire reconnaître devant l’ennemi. Mais Turreau ne rejoignit Nantes que le 29 ;

 le 30, Kléber lui présentait un mémoire sur les moyens à employer pour terminer la guerre (1).

 

Plan d’extermination du général Turreau.

 Pour atteindre ce but si désirable deux politiques s’offraient, deux systèmes plutôt, toujours ardemment défendus et discutés au sein des états-majors aussi bien qu’à celui du Comité de Salut public : l’apaisement et la clémence préconisés dans le Conseil par Carnot, à l’armée par Kléber ;

L’impitoyable violence soutenue par Robespierre à Paris, et qui allait l’être à l’armée par le nouveau général.

Celui-ci, en qualité de brigadier, avait fait partie de cette division de Saumur qui avait toujours proclamé la nécessité de faire « disparaître de la carte le territoire maudit de la Vendée. »

D’un caractère cruel et absolu, très confiant en ses moyens, il ne trouva chez son chef d’état-major, Robert, ancien artiste dramatique, de la suite de Ronsin, rien moins qu’un modérateur.

Le plan proposé par Kléber recommandait :

-          1° La main-mise sur les points stratégiques et leur transformation en points d’appui solides ;

-          2° Le partage en deux portions du pays soulevé, par l’établissement de garnisons sur la transversale Montaigu-Saint-Fulgent- La Roche-sur-Yon-La Mothe-Achard ;

-          - 3° La constitution d’un système mobile, s’appuyant sur l’organisation fixe, chargé d’opérer le désarmement et de ramener la confiance et le calme par le spectacle d’une discipline exacte.

 

 Ce programme, établi avec le sang-froid caractéristique de son auteur, et tout imprégné d’un sentiment très juste des forces matérielles et des mobiles moraux de l’adversaire, devait être repris plus tard par un autre général de génie et couronné d’un complet succès.

 

Ces trois mots le résumaient : Guerre, Garde, Pacification.

 

 Il déplut aux montagnards, en pleine ivresse de triomphe, et qui envoyaient à cette heure au supplice les Danton, les Camille Desmoulins, les Westermann, les Beysser. Kléber se vit relégué dans d’obscures fonctions en Bretagne ; Marceau, très antipathique à Turreau (2), passa au second plan, puis reçut un congé de convalescence.

 

 Les préparatifs se continuaient cependant du côté du Marais.

 

La division Carpentier chassant de Machecoul Charette qui venait d’en déloger un bataillon républicain (31 décembre), la liaison des Maraichins avec La Cathelinière et Noirmoutier est supprimée et l’île elle-même occupée, dans la nuit du 2 janvier par Haxo, dont l’adjudant général Jordy avait brillamment conduit l’avant- garde.

 

Armée de l’Ouest.

Général en chef : Turreau

Chef d’Etal-Major : Robert

l re division. — Général Cordellier.

2 e d° d° Haxo.

3 e d° d° Grignon.

 4 e d° d° Huché

Infanterie 94.573 hommes

Cavalerie 4.129 —

Artillerie 4.007 —

Effectif général 102.709 hommes

SITUATION

L’armée compte 19 bataillons de troupes régulières dont 1 bataillon des 29e, 84e, 60e, 110e, 74e, 73e, 37e, 106e, et 94e et 2 bataillons des 72e, 77e, 78e, 57e, 39e.

La cavalerie est composée de gendarmes ou de cavaliers appartenant aux 2e, 3e, 7e, 15ee et 16 de Chasseurs, 7e et 11e de Hussards, 16e de Dragons.

Les situations sont tantôt imprimées, tantôt établies sur feuille volante, sans beaucoup de soin.

 

 Celle du 21 mars 1793 de la place de Rochefort est ainsi conçue :

Égalité Liberté Indivisibilité  Fraternité ou la mort

L'adjudant de la place de Rochefort au républicain Bouchotte, ministre de la guerre.

Je t’envoye, Républicain, l’état de situation des troupes de la garnison, avec la force qui monte chaque jour. Salut et fraternité. Signé ……

La dissémination est, là aussi, de pratique constante. L’état des postes de la place en indique 24 absorbant 389 hommes. (Arch. Guerre)

 

 

 

13 Janvier 1794 Le comité de salut public écrivit au général Louis-Marie Turreau:

« Nous avons reçu ta dépêche du 11, datée d’Angers, par laquelle tu nous proposes tes observations sur le retour que nous avions ordonné de plusieurs bataillons de la Charente.

Le comité ne s’est déterminé à cette mesure, que par des considérations de la plus haute importance, et ru n’aurais pas dû te permettre de suspendre, au mépris de la loi, l’exécution de cet arrêté, car ce sont les infractions de ce genre qui ont occasionné la plupart des revers qui ont affligé la république.

Ton armée est considérable, tu n’as plus qu’un petit noyau à combattre, et tu parais vouloir cantonner une partie de tes troupes. Il semblerait, d’après cela, que les bataillons de la Charente, qui, au rapport des députés de ce département, sont dans le dénûment le plus absolu ; sans armes, presques désorganisés, et qui font partie de la réquisition prescrite par la loi du 12 aout, ne te sont pas absolument nécessaires, et qu’il serait indispensable, pour en tirer parti, de les laisser aller chez eux quelques temps se vêtir et s’organiser. Cependant, sur tes observations, nous nous décidons à suspendre l’exécution de nos arrêtés.  Hâte- toi, du moins, d’exterminer le dernier des brigands. »

 

Le 15 janvier 1794, il écrit aux représentants en mission :

 

« Mon intention est de tout incendier et de ne préserver que les points nécessaires à établir nos cantonnements propres à l'anéantissement des rebelles, mais cette grande mesure doit être prescrite par vous. Je ne suis que l'agent du Corps législatif, que vous devez représenter en cette partie. Vous devez également décider sur le sort des femmes et des enfants que je rencontrerai en ce pays révolté. S'il faut les passer tous au fil de l'épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité ».

 

Le ministre écrivit au comité de salut public, le 15 :

« je vous envoie copie d’une lettre du général Rossignol, et d’une autre du général Turreau, relativement au général Westermann. Il est honteux qu’un tel homme, malgré les suspensions prononcées contre lui, il y a quatre mois et plus, fasse encore parti du militaire. »

En effet il fut décrété d’accusation et conduit à l’échafaud.

 

Le 15 Janvier 1794, de Saumur, le général Turreau organise la promenade des colonnes infernales pour détruire la Vendée

Turreau se rendit à Saumur d’où il écrivit le 15 au ministre :

« Depuis ma dernière lettre, j’apprends l’entière destruction des brigands connus sous le nom de chouans.

Ce succès me met dans le cas de disposer d’une partie des troupes que je commande en faveur de rossignol, et je lui fais passer les secours qu’il me demande.

En attendant que je puisse te faire passer un état général des troupes et des places de l’armée de l’Ouest, j’ai cru devoir porter une attention particulière sur celle de la Rochelle.

Cette place a encore besoin de grosse artillerie. Je crois que, les brigands étant détruits, je pourrais y faire porter quelques pièces répandues dans différentes places de l’intérieur que les circonstances avaient fait fortifier à la hâte. J’attendrai tes ordres à cet égard.

Ma promenade dans la Vendée a été retardée, parce que l’on a fait faire des mouvement inutiles aux troupes sans ma participation.

Au surplus, citoyen ministre, sois sans inquiétude sur la Vendée. Bientôt tu pourras disposer d’une partie de l’armée pour un autre point de la république. »

Les représentans, qui se trouvaient à Angers et à Saumur, ne savaient trop comment expliquer les mouvements de troupes de Nantes sur ces deux points ; le général ne leur avait pas encore fait connaitre toute l’étendue de son plan de promenade dans la Vendée.

 

Aucun d’eux ne voulut l’accompagner ; il s’en plaignit par la lettre suivante, du 15 :

« lorsque j’ai désiré de vous voir réunis près de moi, je n’ai point prétendu avoir recours à votre autorité pour aucun des détails militaires ; mais j’ai voulu que vous déterminassiez d’une manière précise la conduite que je devais tenir dans la Vendée, à l’égard des personnes et des propriétés.

 

Mon intention est bien de tout incendier, de ne réserver que les points nécessaires à établir les cantonnemens propres à l’anéantissement des rebelles ; mais cette grande mesure doit être prescrite par vous. Je ne suis que l’agent passif des volontés du corps législatif que vous pouvez représenter dans cette partie.

Vous devez également prononcer d’avance sur le sort des femmes et enfans que je rencontrerai dans ce pays révolté. S’il faut les passer tous au fil de l’épée, je ne puis exécuter une pareille mesure, sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité. Je suis loin de présumer que vous voulussiez exposer à se compromettre celui qui jusqu’ici n’a cessé de bien servir la cause de la liberté.

Quant à la réorganisation des autorités constituées, n’importe par qui elle sois effectuée, il est urgent qu’elle s’opère, pour ainsi dire, derrière mes colonnes.

Leur marche sera courte, et en huit jours la Vendée doit être battue, tous les rebelles passés entre moi, Haxo et Dutruy, et si j’avais adopté une autre marche, j’aurais manqué mon but.

Je suis fâché que les mouvemens de troupes, que le cotoyen Carrier a ordonnés, aient retardé ma promenade militaire (3).

Daignez, citoyens représentans, me répondre d’une manière précise, sans quoi je serais forcé d’attendre, pour agir, les ordres du comité de salut public.

J’ai eu soin de démentir les mensonges impudens de ceux qui ont prétendu et osé dire à la barre de la Convention nationale (Westermann), que la Vendée était entièrement détruite. »

 

Cette lettre resta sans réponse......

 

Les représentants, effrayés de cet horrible projet et de la responsabilité que son exécution devait entrainer, refusèrent de se réunir au général qui l’avait conçu.

Bourbotte et Turreau écrivirent de Saumur au comité de salut public pour demander leur rappel.

 

Le ministre répondit le 16 au général Turreau :

« Tes dépêches me confirment de plus en plus le bon état des choses dans tout l’arrondissement de l’Ouest. Dans la Mayenne, les chouans viennent d’être débusqués de leur repaire dans la forêt du Pertre. Il ne s’agit plus maintenant que de prévenir tout rassemblement armé, et nos ennemis ne pourront plus renouveler les troubles de l’intérieur.

 J’espère que ton arrivée à Saumur et Chollet aura mis également fin aux rassemblemens de l’intérieur, mais il ne faut rien négliger pour nous envoyer ici Charrette et ce Larochejaquelein, que l’on a déjà fait périr deux ou trois fois de la main de Westermann. J’ai envoyé au comité de salut public copie de ta lettre concernant cet officier, je compte qu’il sera bientôt pris un parti à son égard.

D’après les observations qui m’ont été faites par des représentans du peuple, sur l’état de la santé de Marceau, je l’ai autorisé à se rendre à Chartres pour se faire traiter.

Les trois milles homme de Bayonne ont dû arriver à Niort ; tu y auras sans doute envoyé, à l’avance, des ordres pour diriger sur le point que tu leur auras destiné.

Tu as dû recevoir un décret concernant le désarmement des communes ; il faut faire sortir les armes de dessous terre, et tu pourrais proposer aux représentans d’accorder des gratifications à ceux qui découvriraient des armes.

Tu sais qu’il y a douze mille hommes de débarquement dans les iles anglaises, avec soixantaine de transports et de frégates. Il faut soigner tous les points des côtes. Y a-t-on fait des fourneaux à boulet rouges ?

J’attends de te nouvelle sur la fin de tes expéditions par le retour du courrier. « 

Cette correspondance n’annonçait en aucune manière que l’intention du gouvernement fût de détruire la Vendée par le fer et le fut, et jusque -là TURREAU ne parlait que d’une promenade de quinze jours pour qu’il ne fût plus question de la Vendée.

Westermann ne pouvait pas échapper longtemps aux dénonciations renouvelées contre lui.

 

 

Le 17 Janvier 1794, la Convention ordonne la destruction définitive de la Vendée

"afin que pendant un an, nul homme, nul animal ne trouve sa subsistance sur ce sol" rapporte le député Fayau.


Le général Rossignol s’écrit « il faut faire de ce pays un désert, et le peupler de bons Républicains ».

 

Turreau donna l’ordre général suivant :

 

ORDRE DU GENERALE EN CHEF :

Désignation des colonnes.

«  N° 1er. Le général D.. prendra toutes les troupes qui se trouvent à NIORT ? Saint-Maixent et Parthenay, en formera deux colonnes, la droite un peu plus forte que la gauche.

1er collonne

Marche

2e. colonne.

De Saint Maixent à

 

De Parthenay à

Mazières,

 

Saint-Germain,

Secondigny,

 

La Chapelle Saint –Laurent,

Saint-Etienne

 

Moncoutant,

La Chataigneraie,

 

Montournois,

Vouvant,

 

Tallud

La caillère.

 

 

 

 

N°2 Le général Grignon réunira les forces d’Argenton le Peuple et de Bressuire, en formera deux colonnes, et marchera dans l’ordre ci-après :

1er colonne

Marche

2e colonne

De Bressuire à

 

De Bressuire à

Montigny,

 

Cizière,

Saint Melaine,

 

La Pommeraie,

Le vieux Pouzauge

 

La Flocelière.

 

N° 3 Le Général B…. dont la brigade doit être réunie à Chollet, la divisera en deux colonnes, et fera le mouvement ci-après :

1er colonne

Marche

2 e colonne

De Chollet, à

 

De Chollet, à

Châtillon,

 

Maulévrier,

Aux Epesses

 

Saint Laurent

 

N° 4 Le général B…, commandant la division du Nord, marchera avec le général en chef, sur la direction de Doué à Chollet : arrivé à Concourson, il détachera des troupes à droite et à gauche de la route, pour exécuter l’ordre général.

N° 5 Le Général C…. devisera les troupes qui se trouvent à Brissac, en deux colonnes, et les fera partir toute les deux à la même heure.

1er colonne

Marche

2e colonne

De Brissac à,

 

De Brissac à ,

Thouarcé,

 

Beaulieu,

Gonord,

 

La Jumelière,

Chemillé,

 

Nevi,

Le May.

 

Jallais.

 

N° 6 Le général M… partira de Chalonnes, se réunira aux troupes venant de Saint Florent.

1er colonne

Marche

2e colonne

De Chalonnes à

 

De Saint Florent à

Sainte Chritine

 

Sainte Christine

 

On emploîra tous les moyen de découvrir les rebelles ; tous serons passé au fil de la baïonnette, les villages, métairies, bois, landes, genets, et généralement tout ce qui peut être brulé, seront livrés aux flammes.

Aucun village ou métairie ne pourra être brulé qu’on n’en ait auparavant enlevé tous les grains battus ou en gerbes, et généralement tous les objets de subsistance ; et, supposant que l’enlèvement de ces objets éprouvât quelque retard, et empêchât qu’on brûlât sur-le-champ les villages et métairies qu’on doit incendier, les colonnes les épargneront pour ne pas différer leur marche ; mais, quelque chose qui arrive, les chefs de chaque colonne ne pourront se dispenser d’être rendu le 27 janvier au dernier lieu qui leur es indiqué.

 

Seront exceptés de l’incendie général les communes et les bourgs ci-après indiqués :

Clisson, Machecoul, Bressuire, Saint Florent, Chalonnes, Argenton le Peuple, Montaigu, Chantonnay, Fontenay le Peuple, La Chataigneraie, Saint Vincent, Sainte Hermine, Chollet.

Il fut enjoint aux généraux de rendre chaque jour compte détaillé de la marche et des opérations de chaque colonne.

Ainsi douze colonne placées sur une ligne de plus de vingt lieues de longueur, depuis Saint Maixent jusqu’aux Pont de Cé, en passant par Bressuire, Concourson et Brissac, furent destinée à parcourir la Vendée de l’est à l’ouest.

 

Cet ordre barbare surpassait en atrocité tout ce que le décret du 1er aout 1793 présentait d’odieux.

Ce décret du moins protégeait les vieillards, les femmes et les enfants ; il ne condamnait pas toute la population en masse ; le gouvernement lui-même avait fait connaitre ses intentions ; les administrations, les généraux avaient pris des mesures pour diminuer ou écarter les fléaux dont la Vendée était menacée ; les circonstances d’ailleurs étaient bien différentes.

 A la fin de juillet, la Vendée faisait trembler le gouvernement, il eut recours aux mesures révolutionnaires. Ici, au contraire, la Vendée semblait soumise, demandant la paix et le repos, tout annonçait la fin de cette épouvantable guerre, et c’est le moment qu’un général, sans ordres, sans mission connue, avouée, choisit, sous le prétexte d’une promenade, pour renouveler cette guerre, détruire le pays par fer et le feu, et faire périr sous les baïonnettes tout ce qui respirait dans cette vaste contrée ! ….

 

 

L'humanité et la vertu, disparues du reste de la France républicaine, s'étaient réfugiées au sein de l'armée.

La Convention ne pouvait espérer d'exterminer la Vendée avec les troupes régulières qui, fidèles à leur glorieuse devise : Honneur et Patrie ! avaient maintes fois, par l'organe de leurs officiers, refusé d'obéir aux ordres barbares du gouvernement.

La Convention, qui lisait un arrêt de mort dans ces désobéissances vraiment patriotiques, sans cesse renaissantes, voulut en finir d'un seul coup.

Elle organisa une armée spéciale recrutée dans les bouges de la capitale, et composée de brigands et de coupe-jarrets, de pillards et d'égorgeurs qui avaient fait leurs preuves sur les places publiques, à Versailles, aux Tuileries, aux journées de septembre, et qui ne devaient pas marchander en fait de crimes.

L'élite de ces scélérats forma l'état-major de cette milice sans exemple dans les annales des peuples.

 

 

Les colonnes incendiaires s’ébranlent.

 C’est alors que, le 17 janvier 1794, Turreau lance son ordre de mouvement. 

Les colonnes infernales commenceront leur œuvre le 21 janvier 1794, jour du premier anniversaire de la décapitation de Louis XVI.

Les divisions Duval, Grignon, Boucret, Bonnaire, Cordellier, Moulin, doivent déboucher de Saint-Maixent-Parthenay, de Bressuire, Cholet, Doué-la-Fontaine, Brissac, Chalonnes, Saint-Florent.

Se subdivisant en douze colonnes incendiaires qui ont reçu dans l’histoire le nom d’infernales elles devront :

-          1° Détruire les approvisionnements, le bétail, le grain que l’on ne pourrait évacuer sur les derrières ;

-          2° Brûler les maisons, les villages, les villes, sauf douze que Ton réserve pour servir de magasins et de garnisons ;

-          3° Désarmer tous les habitants, même les patriotes ;

-          4° Evacuer tous ceux qui, n’ayant pas pris les armes, pourraient cependant être soupçonnés d’avoir aidé les révoltés ;

-          5° Fusiller tout homme sur lequel pèserait le moindre soupçon de rébellion. Carpentier, Haxo et Dutruy que les insurgés du bas Poitou immobilisaient pour le moment à Nantes et aux Sables, devaient plus tard prendre des dispositions analogues, et déboucher au- devant des colonnes de l’Anjou.

 

Et les colonnes infernales se mirent en marche aux affreux refrains du Ça ira et de la Carmagnole, au mot d'ordre :

Incendie et massacres !

Les soldats de la Convention se servaient, en guise de rabatteurs, de gros chiens dressés à chasser l’homme. On tenait la meute derrière la colonne, à l’arrière-garde, et quand le pillage, l’incendie et les massacres étaient terminés, on lâchait les molosses. En un clin d’œil ruines et fossés, landes et champs étaient explorés; la moindre cachette était fouillée; aucun refuge ne passait inaperçu. Malheur à l’être vivant qui tombait sous leurs crocs!

La Convention se vengeait ainsi cruellement des défaites successives infligées à Mieskousky et à Grignon par le général Charette.

 

 

 

Heureusement les premiers tourbillons de flammes avertirent les habitants de pourvoir à leur sûreté, mais la guerre recommença, plus terrible peut-être que dans son origine.

 

 

 

 

Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République française, ou Annales des départemens de l'Ouest pendant ces guerres.... T. 3 / par un officier supérieur des armées de la République habitant dans la Vendée avant les troubles

Auteur : Savary, Jean Julien Michel (1753-1839)

 

 

 

 

Préparatif des colonnes infernales de Turreau<==....

 

.... ==> Les opérations de la colonne des généraux Ferrand et Huché (Guerre de Vendée 1794)

....==> Le 21 janvier 1794, la colonne infernale de Boucret part de Cholet, passe par le Temple et Châtillon pour aller sur les Epesses.

==> La garnison de Mortagne du boucher de la Vendée (François-Pierre-Joseph Amey) arrive aux Herbiers le 21 Janvier 1794

==>Le 22 janvier 1794, deux colonnes infernales commandées par Étienne Cordellier et Joseph Crouzat partent de Brissac.

==> Le 24 janvier 1794, la colonne infernale dirigée par Grignon et l'adjudant-général Lachenay se retrouve à Bressuire.

 


 

1er août 1793 Décret relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de Vendée; Détruisez la Vendée

Le décret relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de Vendée, dit aussi parfois loi du 1er août 1793 ou loi d'anéantissement de la Vendée est un acte législatif voté le 1er août 1793 par la Convention nationale, pendant la période appelée " la Terreur " durant la Révolution française.

 

18 Octobre 1793, le général Charles Melchior Artus de Bonchamps meurt près de Varades.

"Grâce aux prisonniers ! Bonchamps le veut, Bonchamps l'ordonne !" Au lendemain de la défaite à Cholet (17 octobre 1793) à l'agonie, voici le dernier ordre donné. Il a obtenu la grâce de 5 000 prisonniers républicains enfermés dans l'enceinte de l'abbaye de Saint Florent le Vieil.

 

(1)    Le général connaissait si peu la situation de la Vende à cette époque, qu’il ignorait ou faignait d’ignorer que partout les autorités constituées avaient repris leurs fonctions depuis le passage de la Loire.

(2) Marceau était très antipathique à la faction Rossignol. Dans une lettre de Bcmchotte à Rossignol, en date du 30 novembre 1793, le premier demanda au second : « Marceau est-il parent de Pétion, Lui donner en ce cas un commandement, serait enfermer le loup dans la gendarmerie ». (Sic, probablement pour bergerie).

(3)    Sans cet mouvements qui furent conseillés à Carrier par les généraux Kleber et Marceau, il est présumer que l’expédition de Noirmoutier n’aurait pas réussi.