François-Pierre-Joseph Amey "le boucher de la Vendée" arrive aux Herbiers le 21 janvier 1794 et investit la ville avec environ 3 000 hommes.

 Il cantonne avec deux bataillons, installe son quartier général dans une maison près de la place du Petit marché. La municipalité des Herbiers le prévient d’un rassemblement à la Gaubretière.

« Je te préviens, général (Turreau), que les subsistance dans ces cantons-ci touchent à leur fin. La municipalité se donne toutes les peines possibles pour en procurer à la troupe.

Plusieurs rapports viennent de m’être faits sur la position des brigands ; tous s’accordent à dire qu’ils occupent dans ce moment Bazoges, la Gaubretière, les landes de Beaurepaire et les bois des Angenaudières, et que leur rassemblement est considérable, particulièrement à la Gaubretière.

La moitié de ma brigade est nu-pieds ; un bataillon bivouaque toutes les nuits. Je te prie de venir au secours du soldat. »

 

 



 

D’après témoignage de Lequinio

Mariteau, maire de Fontenay-le-Comte écrit dans son procès-verbal:

Procès- Verbal de la mission des Officiers municipaux de la Commune des Herbiers, pendant leur séjour dans ladite Commune, depuis le 26 Nivose (15 Janvier 1794), jour de leur entrée en leurs fonctions, jusqu’au 14 Pluviose. (2 février)

Nous, maire et officiers municipaux de la commune des Herbiers, district de Montaigu, département de la Vendée, rapportons que le 26 Nivose, nous sommes rentrés aux Herbiers ; que nous y avons trouvé rendu le sixième bataillon de la Côte-d’Or, commandé par le citoyen Lafosse, arrivé le 25.

Nous avons à l’instant mis tous les moulins de cette commune et celles circonvoisines en réquisition, ainsi que les farines et grains qui y étoient ; les foins, les pailles et bois nécessaires ont été également mis en réquisition, les boulangers pour la cuisson du pain ; les métayers, pour apporter les vivres, ont été mis par nous en état d’activité.

Ce préalable d’une nécessité urgent rempli par nous, nous nous sommes occupé d’approfondir l’état de nos registres et papiers, et  nous avons vu que les brigands les ont pillés et brûlés, ainsi que le rôle des contributions foncières.

Le même jour, 26, est arrivé un détachement de l’armée de Chantonay ; par nos soins le logement et les fourrages ont été fournis.

Le 27, nous avons continué nos soins pour les subsistances ; nous avons fait les réquisitions nécessaires des vivres en grains, bœufs et autres fournitures que nous avons fait estimer.

Le 28, nous avons fait visite des maisons de différens émigré. Elle étoient remplies d’ordures ; nous les avons fait nettoyer, afin de caserner les troupes qui nous étoient  annoncées, et nous nous sommes occupés le reste du jour des moyens de pourvoir aux subsistances.

Les 29 et 30, nous avons su de la part des habitans de cette commune le dépôt de matelas et coëttes (qu’ils ont sauvés à la République), provenans des maisons des rebelles. Ces effets sont les restes qu’ont laissés les rebelles, après leur invasion ; et les habitans, crainte d’un retour de ces brigands, les avoient cachés pour les leur soustraire.

Le premier Pluviôse, la multiplicité de nos affaires nous a obligés de nous adjoindre pour commissaires les citoyens Beauvoir et Tallot de notre commune, et leur activité nous a prouvé que nous avions fait un bon choix.

Le 2 Pluviôse (21 Janvier), nous nous sommes encore occupés de l’approvisionnement de tous les besoins des troupes ; nous avons fait plus, nous avons envoyé des ordonnances en différens endroits, pour découvrir l’ennemi qu’on nous a appris nous menacer. Les instructions que nous avons reçues, nous ont donné pour certain que le rassemblement peu nombreux se formait à la Gaubritière, distance de deux lieues ; nous en avons donné aussitôt connoissance au général Amey, commandant à Mortagne, et au général en chef Turreau, résidant alors à Chollet.

Le 3, nous avons vu arriver le bataillon du Calvados, et de suite nous avons pourvu à son logement et à sa subsistance ; mais nous avons appris (après ces soins donnés) ; nous avons appris que la commune des Herbiers devoit être brûlée : nous n’avons pu y croire.

Cependant nous avons écrit au général Turreau ; nous lui avons témoigné nos craintes, en lui présentant les actes de patriotisme de cette commune ; nous avons pris à témoins le général Bard et le représentant Laignelot, qui pouvoient attester le civisme avec lequel cette commune les a reçus, et le patriotisme qu’elle leur a montré.

Nous ne reçumes point de réponses par écrit. Sur l’avis du rassemblement de l’ennemi à la Gaubritière, le général dit verbalement à l’ordonnance que, si nous lui donnions un avis certain du nombre exact des brigands et de leur vraie position, il les feroit attaquer ; il ajouta qu’il ne pouvoit pas répondre que les Herbiers ne seroient pas brûlés, mais qu’il feroit avertir huit jours d’avance.

Le 4 Pluviôse, nous avons continué à pourvoir au besoin de la garnison.

Le 5, au matin, nous avons dépêché la même ordonnance au général Turreau, et nous lui avons appris que les brigands étoient au nombre de quinze cents à deux mill, qu’ils occupoient encore la Gaubritière ; nous ajoutâmes que le commandant de la place ne se trouvoit pas assez fort pour marcher contre eux.

Le même jour 5 au soir, notre ordonnance revins sans réponse.

En même tems le général de brigade Amey, arriva avec les bataillons du 1er de la Réunion, du 14ème régiment, du la me. De la formation provisoire d’Angers et quelqu’autres détachement, et, de suite il fut par nous pourvu à leur logement et à leurs subsistances.

Le 6 nous avons requis la Commune du petit bourg des Herbiers de nous fournir 1500 liv. de pain pour le 7 au matin, et à 8 heures elle nous en apporta 2000 liv.

Depuis le 7 jusqu’au 12, les moyens de trouver les subsistances de l’armée ont occupé tout notre tems, et nous avons vu avec plaisir que tous les habitans de nos campagnes nous ont aidés avec le plus grand zèle ;  vivres et charrois, rien ne nous a manqué, mais nous avons continué de jetter nos regards sur les marches de l’ennemi et chercher à pénétrer ses desseins.

Chaque jour nous avons donné des renseignemens au général Amey, et nous n’avons pu décider à aller reconnoitre les brigands, même une seul fois, soit à Bajose, soit à Beaurepaire, soit à la Gaubritière ou ils s’étendoient de jour en jour. Il nous a fallu souffrir la douleur de le voir occuper son armée à dépouiller les maisons même des patriotes dans les campagnes des Herbiers, du petit bourg des Herbiers et Ardelais.

 

 

 

Vieux château de MORTAGNE pendant la Guerre de Vendée - Louis Sapinaud de La Verrie <==.... ....==>

 Le 15 Janvier 1794, de Saumur, le général Turreau organise la promenade des colonnes infernales pour détruire la Vendée <==


 

Nommé adjudant-général et chef de bataillon, le 23 juin 1793, puis adjudant-général chef de brigade, le 4 brumaire an II (25 octobre 1793), il devint général de brigade le 8 frimaire (28 novembre 1793) suivant. Il reste en Vendée jusqu'au mois de septembre 1794 où il commande la garnison de Mortagne et combat auprès des colonnes infernales.