Fontenay le Comte – Terrasse du parc Baron - Panoramique du Temps - Alphonse de Poitiers maître du Poitou

 

Alphonse, frère de Louis IX, avait reçu en apanage le comté de Poitou.

L'investiture eut lieu à Saumur, le 24 juin 1241.

Puis les princes vinrent à Poitiers. Le comte Alphonse confirma la commune, prit possession de son nouveau domaine et reçut l'hommage des vassaux.

Un seul, mais le plus puissant, Hugues de Lusignan, marchanda sa soumission. Pendant quinze jours, le roi dut négocier avec lui. Une convention fut enfin signée à Poitiers (juillet 1241).

Après le départ du roi, le sire de Lusignan, comte de la Marche, qui n'était point sincère, ourdit avec l'Angleterre un vaste soulèvement.

Il se rendit à Noël 1241 à Poitiers, où le comte Alphonse avait convoqué les seigneurs. Mais lorsqu'il parut au palais, il refusa publiquement et insolemment l'hommage à son suzerain.

 

La célèbre campagne de 1242 amena l'abaissement complet de la maison de Lusignan en particulier et de la féodalité en général.

Hugues de Lusignan, comte de la Marche, rétracte son serment à l'instigation de sa femme, la fière Isabelle d’Angoulême, veuve du roi Jean-sans-Terre et mère de Henri III, roi d'Angleterre.

Cette comtesse, ancienne épouse d'un roi, mère d'un roi et femme du puissant comte de Lusignan, ne pouvait se résigner à voir son mari devenir le vassal d'un comte de Poitou.

Hugues de Lusignan ajoute l'outrage à sa rétractation, et pour donner un caractère de mépris à sa félonie, en quittant Poitiers il incendie l'hôtel qu'il possédait dans cette ville.

Louis IX, qui avait le sentiment de sa puissance, ne laissa pas longtemps impunies la forfaiture du comte de la Marche et l'insulte faite à son frère.

Il réunit une armée et part de Chinon le 28 avril 1242,

arrive le 2 mai devant Moncontour,

(Les Seigneurs de Moncontour – Time Travel 2 mai 1242 – Geoffroy de Lusignan à la Grand Dent, Louis IX saint Louis)

 

 le 9 devant Montreuil-Bonnin, quelques jours après devant la tour de Béruges,

 (Histoire du Château de Montreuil-Bonnin dans le comté du Poitou.)

le 26 devant Fontenay-le Comte,

 le 30 devant Vouvent, et il se rend rapidement maître de toutes ces places fortes.

Il confisque sur Geoffroy de Lusignan, cousin de Hugues et défenseur de Fontenay, le château de Mervent et la terre des Oulières qu'il donne à Maurice Galleron, dont deux fiefs voisins de Fontenay portent encore le nom.

 (Panoramas Historique sur le Château de Mervent (360°)

Louis IX se présente ensuite devant Frontenay. Cette petite ville, très bien fortifiée, lui oppose une résistance opiniâtre. Le comte Alphonse, dans un assaut, reçoit une grave blessure à la jambe. La place finit par être enlevée, mais au bout de quinze jours seulement. Les vainqueurs, irrités, voulaient passer la garnison au fil de l'épée ; Louis IX empêche ce massacre et disperse les prisonniers dans des châteaux du bord de la Loire.

 Les fortifications de la place sont rasées, et depuis cette époque elle porte le nom de Frontenay-l'Abattu. (Frontenay-Rohan-Rohan)

Le roi de France avait frappé un grand coup à Frontenay, afin d'intimider les partisans du comte de la Marche.

Il les poursuit et fait démanteler le château de Villiers, possédé par Guy, seigneur de Rochefort.

 (Le Château de Villiers en Plaine dans le temps)

 De là, il se rend au château de Preis (Prahecq), à 8 kilomètres de Niort, dont le seigneur lui inspirait peu de confiance, et y met une garnison dévouée à son frère.

Enfin, à Taillebourg, il défait complètement le comte de la Marche, qui est obligé de se soumettre et d'implorer la clémence du vainqueur.

 

 

Alphonse reste maître du Poitou, que son frère venait de pacifier.

Le comte Alphonse, devenu maître incontesté, put se livrer en paix à l'administration de ses domaines; Il établit solidement en Poitou l'organisation royale qu'il sut faire fonctionner avec justice et fermeté.

Les sénéchaux résidant à Poitiers furent ses agents les plus actifs et les plus puissants. La commune qu'il avait su se concilier, lui donna son concours toutes les fois qu'elle en fut requise.

En 1246, un seigneur de Chitré, ayant sans doute commis quelque acte de rébellion, la milice bourgeoise de Poitiers, conduite par le maire Guillaume Grossin, alla prendre et renversa son château (2).

En 1249, la commune obtint du comte Alphonse, l'expulsion des juifs, objet de la haine populaire, et s'engagea à lui payer pour ce bienfait un subside de quatre sous par feu (3).

Pendant la croisade à laquelle il prit part en Egypte, en 1249-1250, le comte confia l'administration de son apanage à Philippe, trésorier de Saint-Hilaire, qui était en même temps son chapelain (4).

Alphonse venait parfois à Poitiers, mais n'y résidait pas habituellement.

On l'y voit en 1246, 1248, 12S9, 1261, 1270. Les sénéchaux et les prévôts, dont la gestion était sévèrement surveillée, administraient en son absence. Ils veillaient avec soin à l'entretien du palais et du château de Poitiers.

Diverses réparations furent exécutées au palais, à la tour de Maubergeon et à la chapelle dans le cours des années 1243, 1244.1245, 1246,1247.

Le château fut réparé en 1244, 1245, 1248, mais surtout en 1257. On y reconstruisit deux ponts et une chapelle; on y recouvrit trois tours et les bâtiments on y plaça plusieurs balistes en 1245. Une petite garnison commandée par un châtelain le gardait et coûtait 22 sols, 8 deniers tournois par jour (5).

C'est durant cette période pacifique du moyen-âge que le commerce et l'industrie prirent quelque développement à Poitiers.

Les corporations ouvrières s'organisèrent successivement et jurèrent les statuts rédigés pour chacune d'elles par les maires et échevins. C'était, en effet, le corps de ville qui avait seul la police des corporations et le droit de modifier leurs statuts. Les règlements des bouchers et des boulangers sont de 1245; ceux des poissonniers de 1258 et 1297, des bourreliers de 1265, des cordonniers de 1272 et 1273, des éperonniers de 1275, des gantiers de 1277, des tisserands de 1277, des selliers de 1282 et 1293, des cordiers de 1303, des drapiers de 1330, des potiers d'étain de 1333.

 Puis on trouve plus tard ceux des menuisiers en 1450, des orfèvres en 1466, des corroyeurs en 1457, des chaussetiers en 1472, des tailleurs en 1438, des pâtissiers en 1505, etc. (6).

Le comte Alphonse passa à Poitiers au mois de mars 1270, en s'acheminant vers Aigues-Mortes, d'où il partit pour la croisade de Tunis.

La commune lui avait accordé un subside pour les frais de cette expédition. Il mourut au retour, en Italie, le 21 août 1271.

 Il n'avait point oublié dans son testament les établissements charitables et religieux de sa ville de Poitiers.

La Léproserie reçut cent sous, la maison Dieu ou aumônerie de Saint-Pierre, celle de Sainte-Radégonde, celle de Notre-Dame, chacune la même somme de cent sous. L'aumônerie de Saint-Hilaire et celle de Pierre de la Charité, soixante sous chacune. L'église de Sainte-Radégonde reçut cent sous pour des verrières. Aux frères prêcheurs ou Jacobins, il donna vingt livres et aux frères mineurs ou Cordeliers, la même somme.

Il donna, en outre, aux Cordeliers, dix livres pour leur église qui était alors en construction (7).

Les Cordeliers s'étaient établis, parait-il, à Poitiers, sous ses auspices, d'autres disent sous ceux des Lusignan, sur l'emplacement d'un couvent de frères de la Pénitence tombés dans le désordre et la décadence (8).

Gauthier de Bruges, évêque de Poitiers, en 1280, qui sortait de l'ordre des Cordeliers, aimait beaucoup ce monastère, où il fut enseveli en 1305.

Dans le but d'en agrandir la clôture, il lui concéda en 1295, le cimetière de la paroisse de Notre-Dame-la-Petite, dit cimetière neuf, qui était contigu, et assigna pour cimetière de la dite paroisse, un terrain situé un peu plus loin (9). L'ensemble de ces terrains dont il n'est pas facile de se représenter la configuration ancienne, s'étendait entre les rues actuelles des Jacobins, des Cordeliers, des Grandes Écoles et du Chaudron- d'Or.

L'origine de la rue des Cordeliers, établie sur l'emplacement des fossés du palais, doit dater de cette époque.

En effet, à la fin du XIIIe siècle, le palais qui n'est plus la demeure des souverains, puisque le Poitou n'en possède plus de particuliers, se transforme et devient le siège des assises du sénéchal. Ses abords se modifient sensiblement, les fossés se comblent et les sénéchaux, agissant au nom du domaine, les vendent en détail aux habitants pour bâtir des maisons. On connaît deux contrats de ce genre de 1298 et de 1305 qui font allusion-à beaucoup d'autres (10).

La mort d'Alphonse amena la réunion du Poitou à la couronne, mais ne modifia en rien l'organisation administrative calquée par le comte sur celle créée par la royauté dans le reste de la France (1271).

 

Histoire sommaire de la ville de Poitiers / par Bélisaire Ledain

Histoire de la ville de Niort depuis son origine jusqu'en 1789 . par L. Favre

 

Juillet- Aout 1224 - Prise de Niort, Saint Jean-d’Angely et La Rochelle (Louis VIII – Savary de Mauléon) <==....

 

 


 Alphonse de Poitiers, né le 11 novembre 1220 à Poissy et mort le 21 août 1271, prince de sang royal, est le frère du roi Saint Louis. Il est comte de Poitiers, de Saintonge et d'Auvergne de 1241 à 1271, ainsi que comte de Toulouse de 1249 à 1271. Fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille, il tient son prénom, inhabituel pour la dynastie capétienne, de son grand-père maternel Alphonse VIII de Castille. Il reçoit en 1225, par testament de son père, le comté de Poitiers, la Saintonge et une partie du comté d'Auvergne en apanage.

Ses armoiries sont une combinaison des blasons de ses deux parents : parti d'azur semé de fleurs de lys d'or qui est de France, et de gueules semés de château d'or, qui est de Castille.

 (La France du Moyen Âge, le blason fleurs de lys des Rois de France (origine)

(1) Hist. d'Alphonse, comte de Poitou, par B. Ledain.

(2) Enquête de l'an 1250 (arch. nat. J. 748).

(3) Arch. nat. J. 190. 181.

(4) Antiquaires de l'Ouest, 1841.

(5) Comptes d'Alphonse, ap. arch. historiques du Poitou, IV. Layettes du trésor des chartes, III, 383.

(6) Arch. munic. de Poitiers. Les arts et métiers à Poitiers aux XIIIe, XIVe siècles, par de la Fontenelle.

(7) Archiv. Nat J. 319, 4 bis.

(8) Thibaudeau, 400. Dufour, De l'ancien Poitou et de sa capitale, 394.

(9) Arch, munic. de Poitiers, D, 65, cart. II.

(10) Arch. nat. JJ, 44, n 149, 165.