Guillaume de Valence, comte de Pembroke, seigneur de Bellac, Rancon et Champagnac

Guillaume est né dans l'abbaye cistercienne de Valence, Couhé-Vérac, Vienne, Poitou-Charentes, près de Lusignan, vers la fin des années 1220 (sa sœur aînée Alice est née en 1224).

Il fut quatre fils d'Hugues Brun XI du nom, comte de la Marche et d'Angoulême, et d'Isabelle Taillefer, fille héritière d'Omer ou Aimar Taillefer, comte d'Angoulême, veuve de Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre, par le testament de sesdits père et mère de l'an 1242 ; il eut pour son partage les châtellenies de Bellac, Rancon et Champagnac en la basse Marche, Montignac et Valence en Poitou, dont il fut nommé de son apanage Guillaume de Valence, comme il se voit es arrêts du parlement de Paris de la Chandeleur 1254 et 1258, dans Bouchet en sa Bibliothèque, ce qui prit trait dans sa maison, avec cette clause qu'à deffaut d'enfans cet appanage reviendroit à l'ainé.


Cette forme et façon dura longtemps, tellement que les familles étaient connues par l'écu et armoirie par laquelle, si elle était lors entreprise, il y avait contredit par armes ou procès.


Ainsi ceux de Valence issus de la maison de Lezignen portent en leurs armes de Lusignan, qui est burelé de dix pièces d'argent, et chargèrent les burelles d'azur de dix merlettes de gueules au récit de Duchesne en l'Hist. de Chatillon.


En l'an 1258, selon Polidore Vergile, ou 1247 selon Mathieu Paris, Guillaume de Valence, avec ses frères Guy de Lezignen, seigneur de Coignac, Merpin et Archiac, Geoffroi de Lezignen, sieur de Jarnac, de Châteauneuf, de Chatelacher et de Boispoivreau, et Aymar de Lezignen, sieur de Couhé en Poitou , et leur sœur Louise furent en Angleterre voir leur frère utérin, le roi Henri III, qui les reçut avec grand accueil et faveur auprès de lui, ainsi que récite Polidore Vergile au liv. XVI de l'Histoire d'Angleterre;


tôt après il fit Aymar, qui était initié es ordres sacrés, évêque de Winchester en Angleterre; mais, selon Mathieu Paris, Aymar fut pourvu premièrement de l'évêché du Nelme, bien que les religieux du lieu fissent difficulté de l'accepter pour leur pasteur à cause de son jeune âge, dont ils firent quelques remontrances au roi, qui leur répondit qu'il fallait que cela fust, et lui donna une infinité de biens et de richesses.


 Il se trouva en diverses guerres et batailles en Angleterre avec ses frères pour le service du roi Henri III, son frère utérin, ainsi qu'on lit dans Mathieu Paris, Polidore Vergile, et dans Duchesne, en l’Histoire d'Angleterre.
Le même Mathieu Paris, en son Histoire d'Angleterre, dit qu'en l'an 1247 Henri III, ayant attiré à soi Guillaume de Valence , lui donna solennellement l'ordre de chevalerie, le fit seigneur de Weshford , et du depuis le maria avec Jeanne de Montchensey, fille héritière de Guérin de Montchensey, baron d'Angleterre, et d'une fille de Guillaume Maréchal, comte de Pembroke, à cause de quoi il fut aussi par après comte de Pembroke.
Alix ou Alouyse épousa Jean, comte de Varenne, jeune adolescent.


 Les princes anglais , envieux de la prospérité des frères du roi, ne demeurèrent guère sans se plaindre de douleur de ce que ces étrangers étaient élevés aux charges plus relevées du royaume, qui fut cause, selon Polidore Vergile, que nos princes marchais, avec tous les gentilshommes de Poitou et de la Marche qui les avoient suivis, furent contraints de s'en retourner en France.


Mais Duchesne, en l'Histoire d'Angleterre, liv. XIII, dit que ce différend arriva de ce que Aymar, élu évêque de Winchester, et Guillaume de Valence, frères utérins du roi, et Pierre de Savoie, oncle de la reine, traitaient incivilement tant les ecclésiastiques que séculiers; qu'à ce sujet Simon de Montfort, comte de Leicester, Richard de Clarence, comte de Gloucester, et plusieurs gentilshommes leurs adhérents, s'assemblèrent incontinent après dedans Oxford, suffisamment équipés d'armes et de chevaux, en intention de mourir pour la paix de leur patrie, ou de chasser les perturbateurs de son repos hors d'icelle; qu'Aymar, élu évêque de Winchester, Guillaume de Valence et les autres étrangers s'y trouvèrent aussi, suivis de quelques gens de guerre; mais , comme ils aperçurent que les seigneurs susdits voulaient non-seulement les faire venir en jugement pour répondre aux accusations et reproches dont ils étaient déférés, mais aussi les contraindre à jurer avec eux d'observer dorénavant les ordonnances qu'ils avoient faites quelque temps auparavant pour l'utilité du royaume, se voyant inégaux pour résister à leur puissance, et craignant d'ailleurs les impitoyables effets de la justice, ils s'enfuirent de nuit au château de Wlnesey jusque ou leurs adversaires les poursuivirent et pressèrent de si près par le dehors que force leur fut de rendre la place, et d'accepter la condition de sortir hors d'Angleterre.


Ce qui fâcha tant le roi d'Angleterre, qui ne voulait adhérer à leurs conseils, et craignait d'éprouver quelques traits de leur résolution, s'enferma dans la tour de Londres avec la reine, en faisant fortifier les murs de la ville, prit le serment de tous ceux du dedans depuis l'âge de douze ans de lui garder une ferme et inviolable fidélité; quelque temps après néanmoins il en sortit hardiment, et s'achemina vers la citadelle de Douvres, où il fut reçu avec joie de tous les citoyens.


Lors Roger de Mortemer, affectionné au service du roi, s'éleva contre Simon, comte de Montfort, et fit de grands dégâts par toutes ses terres et possessions, dont le comte averti fit alliance et ligue avec Leolin ou Levulin, prince de Galles, lequel, avec leur puissante armée, pilla, saccagea et brûla pareillement les terres de Roger.


Le roi Henri, partant de Londres, fut prendre le château de Kingston, appartenant au comte de Gloucester, de là s'achemina vers la ville de Rochestre, où il mit en déroute tous ceux qui étaient demeurés pour continuer le siège; il entra par après au château de Cambridge, et trouva dedans la comtesse de Gloucester, à laquelle il permit de se retirer; puis, passant à Winchelesay, il se rendit finalement à Leuves, où il fut reçu dedans, et à la prière de son fils, au château.


Pendant qu'il demeura là, les barons envoyèrent vers lui les évêques Henri de Londres, de Gaulter, de Vorchester, afin de traiter une nouvelle paix, et firent offres à Sa Majesté de la somme de trente mille livres pour réparation des dommages et dégâts qu'ils avoient faits par le royaume , sauves en toutes choses les ordonnances et statuts d'Oxford. Mais Richard, roi d'Allemagne, qui ne voulait ouïr parler d'accord, indigné principalement de ce qu'ils s'étaient élevés contre lui, et avoient pillé et saccagé ses biens, empêcha le roi son frère d'entendre à leurs propositions, et résolurent tous ensemble de les avoir par la force des armes.


 Ainsi les évêques s'en retournèrent sans effet, et les barons anglais, conduits par le comte de Montfort, se mirent aux champs, dont le roi averti commença à marcher contre eux les enseignes déployées. Son armée était départie en trois bataillons, l'un desquels avait pour chefs et conducteurs Edouart fils aîné, notre Guillaume de Valence, comte de Pembroc, Jean de Warenne, comte de Suthry et de Suthsex, son beau-frère, mari de Louise de la Marche et Lezignan, sœur de Guillaume de Valence ; le deuxième, le roi d'Allemagne avec son fils Henri, et le troisième, le roi même en personne.

Du premier abord Eduuart, fils d'Henri, assaillit les citoyens de Londres avec tant d'impétuosité qu'il en occis soixante, et contraignit le reste de tourner le dos, les poursuivant à plus de quatre milles du champ ; mais cependant le roi dénué de peuple fut attaqué furieusement.
Le combat fut âpre.


Guillaume de Valence, Guy de Lezignen et Jean, comte de Varenne, leur beau-frère, et Hugues Bigot, y furent en grand danger ; les autres, considérant l'ardeur et cruauté des barons anglais, se sauvèrent à la fuite jusqu'à trois cents cuirasses.
Richard, roi d'Allemagne, avec autres, demeura prisonnier. Le roi Henri, voyant son cheval tué dessous lui, se rendit au comte Simon de Montfort ou Leicester avec plusieurs autres seigneurs anglais.


Le comte Simon, ayant mis Richard, roi d'Allemagne, en prison dedans la tour de Londres, et Eduuart et Henri, fils des deux rois, en la cité de Douvres, il retint seulement le roi d'Angleterre avec soi, lequel néanmoins fut toujours honorablement et royalement reçu partout où il passa, le comte même lui rendant toute sorte de respect et de révérence.


 Mais il y eut au même temps plusieurs nobles et vaillants chevaliers; à sçavoir : Roger de Mortemer, Jacques Dandely et autres, qui, indignés de voir le roi et son fils ainsi traités, s'élevèrent unanimement contre le comte Simon, ce qui ne leur succéda pas trop heureusement ; car le comte , joignant lors ses forces et celles de Leolin, prince de Galles, afin de leur tenir mieux et plus hardiment tête, s'empara premièrement du château d'Hereford, où il fit transporter Eduuart de Douvres, et prit autres places, entra hostilement dans celles de Roger de Mortemer.

Cependant le pape Urbain, ayant compassion des troubles d'Angleterre, y envoya l'évêque Sabin, cardinal, légat du siège apostolique, lequel, ne pouvant entrer dedans à cause des vaisseaux des cinq ports qui commandaient toute la côte, appela quelques évêques anglais vers soie premièrement dedans Amiens, puis à Boulogne, auxquels il commit la sentence d'excommunication et d'interdit fulminée par l'autorité du pape contre la ville de Londres, les cinq ports et généralement tous ceux qui troublaient la paix et le repos du roi d'Angleterre, afin de les exécuter et publier, ce que toutefois ils dissimulèrent, et le comte de Leicester, non content de tenir le roi captif, ne laissa de poursuivre son entreprise jusqu'à ce qu'il eut enfin soumis toutes les forteresses et places plus importantes du royaume à son obéissance.


Lors il commença à disposer entièrement de tout l'Etat, et se vendiquer à lui seul les revenus et biens de la couronne, les rançons des captifs et les autres profits et commodités qui se dévoient également diviser et partager entre tous ses adhérents, suivant la forme et convention de leur société ; ce qui fut cause d'une grande discorde entre lui et Gilbert, comte de Gloucester, lequel, en vengeance de ce, rappela Jean de Warenne, comte de Sussex et de Suthry, et Guillaume de Valence, comte de Pembroc, qui s'étaient retirés par mer dans les parties occidentales du pays de Galles, et fit alliance et confédération avec eux, et rentrèrent incontinent après dans leur première et bonne intelligence.


Pour lors le prince Eduuart, s'exerçant au même temps dans les prés voisins d'Hereford par leur consentement et permission , sut si bien ménager l'opportunité qu'il trouva moyen de monter sur un cheval, qu'il passa la rivière de Wey avec deux chevaliers et quatre écuyers, et se sauva dans le château de Wigmor.


Se voyant ainsi délivré de prison, il assembla promptement une puissante armée, avec laquelle il alla au-devant du comte Simon, qui s'était à son grand malheur arrêté dans Evastham, car il l'attaqua si vivement que, par un sinistre revers de fortune, Simon perdit la bataille, demeura mort sur la place, ensemble nombre de chevaliers bannerets et grand nombre de gentilshommes et autres, au moyen de quoi le parti des barons fut quasi anéanti, le roi remis en sa puissance royale.


Guillaume de Valence mourut à Bayonne le 13 juin 1296 et son corps fut inhumé dans toute sa splendeur à l'abbaye de Westminster.


Son corps gît dans l'église royale de Westminster, près de Londres, dans la seconde chapelle à côté du chœur, à main droite, où y a un tableau fort ancien d'icelui Guillaume de Valence, de la maison de Lusignan, comte de Pembroc, où s'y voit encore de présent son tombeau, qui n'est que de pierre élevée environ trois pieds et demi, couvert d'une lame d'airin par-dessus.

Earl_William_de_Valence


Sur ce tombeau est l'effigie dudit Guillaume, couché tout de son long, tenant sur lui un grand écu long d'environ deux pieds et demi, dans lequel sont gravées les armes de la maison de Lusignan.


Tout le dessus de ce tombeau que l'effigie ne cache pas, demeurant à découvert, est rempli de petites losanges d'environ deux pouces de largeur, dans lesquelles alternativement sont représentées, avec leurs blasons, les armes d'Angleterre de trois léopards d'or au champ de gueules, et celles de Lezignen, de burelles d'argent et d'azur de plusieurs pièces chargées d'un orle de merlette de gueules.


Son épitaphe est écrite en vieille lettre, fort difficile à lire, sur une feuille de cuivre. Ce qui se peut lire de présent porte, selon la curiosité que j'ai eue de l'avoir de Londres :


Anglia tota dolet, moritur quia regia proles,
Qua florere solet, quem continet infima moles.
Guilelmus nomen insigne,Valentia praebet
Celsum nomen insigne, nam tuta dari sibi debet
Qui voluit placidus vincens virtute valore
Et placuit placidus , sensus rnirumque vigore
Nupsilis ad aras.


Il laissa de Jeanne , son épouse , trois fils et trois filles, selon Guillaume Cambden, historien anglais, à savoir : Guillaume de Valence II du nom; Aymar de Valence; Jean de Valence, mort sans hoirs, inhumé dans la même église que son père, duquel fait mention le sire de Joinville, qui dit qu'il fut en Egypte contre les infidèles , dont il ramena bien quarante chevaliers de la cour de Champagne qu'il reconnut fort mal atournés; Marguerite de Valence, trépassée en bas âge; Elisabet de Valence, mariée à Jean, seigneur de Hastings, chevalier anglais, dont issirent quelques enfants, et Agnes de Valence, mariée avec Jean Davesne, fils de Baudouin Davesne , seigneur de Beaumont en Haynaud, et de Felicitas de Couci.


Après le décès de Guillaume de Valence, sa veuve vint en la basse Marche et à Bellac, où elle fit bâtir un moulin sur la rivière de Vincon, appelé le moulin de Valence.

Guillaume de Valence le Jeune, seigneur de Bellac, Rancon et Champagnac.


Ce seigneur eut, dès le vivant de Guillaume de Valence, son père, la baronnie de Montignac, qu'il reconnut en sa présence, de son consentement et de Jean son frère , tenir hommagement de Guillaume, évêque d'Angoulême, en l'an 1276, selon Corlieu, en son Histoire des comtes d'Angoulême.
 Quelque temps après il posséda aussi les seigneuries de Bellac, Rancon et Champagnac, où il acquit un dixième, qui fut nommé de son nom; il vivait es années 1280 et 1299.

Cetui Guillaume mourut sans enfants environ l'an 1299, et fut enterré en l'église de Valence près de Couhé en Poitou.
Ce fut lui qui fit construire la fontaine de Bellac, lieu qui était pour lors habité par des Juifs qui demeuraient en la rue qui s’appelle encore la rue Juive , qui est celle que l'on rencontre ainsi que l’on arrive du Dorât, et était pour lors ledit lieu de Bellac que seulement une bourgade habitée de peu de gens, fors desdits juifs , que nos comtes de la Marche avoient permis d'habiter audit lieu, desquels ils tiraient de grands tributs et subsides comme il sera dit ailleurs; et anciennement, audit lieu de Bellac, il n'y avait ni bourg ni rien que seulement un château appartenant à nos comtes de la Marche, sous le règne des rois Hugues-Capet et Robert, son fils.

Aymar de Valence, sieur de Bellac, Rancon et Champagnac.


Il fut second fils de Guillaume de Valence premier du nom, et lui succéda en la comté de Pembroc, terres de Weshford, de Valence, de Montignac en Angoumois, de Bellac, Rancon et Champagnac, et de Ste-Geme près Paris. Il fut établi par son cousin Edouard 1er du nom, roi d'Angleterre, vice-roi d'Ecosse, et employé en plusieurs grandes affaires.


En premières noces il épousa, selon Duchesne, au livre VI de l'Histoire de Châtillon et en celle de Dreux, N. de Nesle, fille de Raoul de Clermont, seigneur de Nesle, connétable de France, et d'Alix de Dreux, vicomtesse de Châteaudun, belle-sœur de Guillaume , comte de Flandres , au récit de Choppin, livre III, titre VI, du Domaine, de laquelle étant veuf il se remaria avec Marie de Chatillon, sa proche parente, fille de Guy de Chatillon, comte de St-Paul, et de Marie de Bretagne, tante de Philippe-le-Bel, roi de France, au mois de février de l'an 1320, par lettres de dispense octroyées par le pape Jean, et se voit que le roi Philippe-le-Bel octroya ses lettres à Paris, au mois de février l'an 1320, contenant le traité du mariage fait par ledit seigneur entre icelui Aymar de Valence , chevalier comte de Pembroc, et damoiselle Marie, fille de madame Marie, comtesse de St-Paul, tante dudit roi Philippe.


Furent sous plusieurs charges et assignations de rente, et autres charges apposées audit contrat, et que Edouard roi d'Angleterre, par autres lettres données à Gloucester le, 12e jour d'avril, le 14e de son règne, consentit l'assignation du douaire de deux mille livres de rente que notre Aymar de Valence, comte de Pembroc, en traitant le mariage d'entre lui et Marie, fille de Guy de Chatillon, comte de St-Paul, avait fait à ladite Marie sur ses terres d'Angleterre, ainsi qu'il est rapporté dans l'Inventaire des titres de La Serre , dans Duchesne, aux Preuves de l'histoire de la maison de Chatillon; mais, comme les mariages d'entre les proches et consanguins sont peu heureux et ne prospèrent guères, ainsi que fait voir saint Ambroise, ce que confirme Geoffroy de Vigeois en sa Chronique, Aymar de Valence n'eut d'elle aucuns enfants non plus que de la première.


Edouard, roi d'Angleterre, donna pouvoir à cet Aymar de Valence de traiter et convenir avec le roi Philippe-le-Bel du jour et lieu de leur entrevue par lettre du 14 février et du 6 de son règne, et Aymar donna sa promesse au roi Philippe que le roi Edouard serait à Amiens cinq semaines après Pâques pour cette entrevue, le 14 mars 1312, ainsi que récite du Tillet au Recueil des traités d'entre les rois de France et d'Angleterre. Du depuis il traita la paix d'entre les deux rois, et le mariage d'Isabeau de France avec Edouard, prince de Galles, dit le même auteur.


Il eut plusieurs procès au parlement contre les abbé, chanoines et chapitre du Dorat pour raison de certaines terres es droits par eux prétendus dans l'étendue des susdites trois châtellenies de Bellac, Rancon et Champagnac, qui se terminèrent enfin par arbitrage, par lequel ils furent maintenus en leurs droits dedans Bellac, comme aussi il traita avec Guillaume, évêque d'Angoulême, l'an 1299.


Par le décès de Guy de Lesignen, il prétendit les comtés de la Marche, d'Angoulême, de la seigneurie de Lezignen, comme plus proche héritier masle, au récit d'Etienne de Cypre, en son Histoire; il eut différend pour ses seigneuries contre Marie de la Marche , comtesse de Sancerre, veuve d'Etienne, comte de Sancerre, contre Yolande de la Marche, femme de Reynaud de Pons, Jeanne d'Albret, la dame de Bergerac agissant pour son fils, et messire Dreux de Mello, disant ledit Aymar qu'il était fils de Guillaume de Valence , issu de masle en masle; que le comté de la Marche était un fief, et que les femmes étaient exclues par le droit des fiefs de tel droit, principalement au pays de la Marche , où jamais les femmes ne succédaient aux fiefs tant qu'il y a voit des enfants mâles vivants; que c'était la loi de la famille de la maison du comte de la Marche.


Mais enfin il en prit récompense par contrat de transaction du 24 novembre 1308, ou, comme il est rapporté par les seigneurs de Ste-Marthe, au livre VII de leur Histoire, chap. IV, sous Philippe-le-Bel, en la seconde impression, transporta son droit audit roi qu'il avait en la comté de la Marche et autres seigneuries, comme issu de la maison de Lezignen, pour cent livres de rente et mille livres en argent, par autres lettres du 17 février 1308.


Quelque temps après, ce comte de Pembroc seigneur de Bellac, Rançon et Champagnac en la basse Marche mourut ; il fut inhumé en l'église de Westminster en Angleterre, auquel succéda Laurent de Hastings, petit-fils d'Elisabeth de Valence, sa sœur, en la comté de Pembroc, seigneurie de Weshford, et autres terres, de la plupart desquelles Marie de St-Paul, sa veuve, jouit pendant sa vie.


De ce Laurent descendit Jean de Hastings, son fils, comte de Pembroc.
Walsingham fait mention d'une jouxte et tournois fait sous Richard II, roi d'Angleterre, ou Jean d'Hastings, comte de Pembroc, fut tué par Jean de St-Jean, et dit, par une particulière remarque de cette maison, que, depuis le susdit Aymar de Valence jusqu'à lui, nul comte de Pembroc ne voit jamais son père, ni le père son fils; ce qu'il semble remarquer comme une punition et vengeance de la justice divine, d'autant que cet Aymar de Valence avait été l'un des conseillers et juges lesquels avoient conclu de décréter la mort de Thomas , comte de Lenclastre, tenu depuis pour saint en Angleterre, et canonisé cette année même par le pape ; il écrit aussi que ce Jean, duc de Lenclastre, fut incontinent après créé duc d'Aquitaine par la verge et le bonnet, lesquels il reçut de la main du roi Richard environ l'an 1380, ce qui est aussi récité par Duchesne en l'Histoire d'Angleterre.


Histoire de la ville de Bellac (Haute-Vienne) : suivie de quelques notes sur le bourg de Rancon / par l'abbé Roy-Pierrefitte

 

 

 

Sceau d’Hugues X de Lusignan, d’ Isabelle d'Angoulême et famille <==

 

 


Nota : il existe un Guillaume de Valence, demi-frère de Geoffroy la Grand'Dent (Lusignan) qui pilla avec lui l'abbaye de Maillezais en 1225

 

ARCHITECTURE MONASTIQUE. Abbaye de Valence, Commune de Couhé-Verac. - XIIIéme siècle - 

Cette abbaye est située sur les bords de la Dive, dans une vallée paisible et ombreuse où les oiseaux chantent toute l'année. Des coteaux escarpés, aux grottes mystérieuses et sauvages dissimulées par le feuillage des arbres, enveloppent l'abbaye au nord et à l'est et lui donnent pour horizon un rideau de verdure semé de roches grisâtres.

 

1er aout fête patronale Saint-Pierre-ès-Liens - la lanterne des Morts de Rancon

Le bourg de Rançon, situé sur la rive gauche de la Gartempe, à trois lieues nord-est de Bellac, dans une position pittoresque, est désigné, sous le nom d'Andecamulum, comme une ville du second ordre des Lémovices, par Ptolémée, Strabon et l'Itinéraire d'Antonin.