sceau contre-sceau Isabelle d'Angoulême Taillefer

Ce que l'on sait, c'est qu'Angoulême a donné naissance à Isabelle Taillefer, qui devint reine d'Angleterre par son mariage avec Jean-sans-Terre.

Ce que l'on sait peut-être moins bien, ce sont les circonstances dans lesquelles cette même Isabelle a associé sa fortune à celle des Plantagenets.

Mais, avant d'en arriver à cet événement, remontons de quelques années dans l'histoire.

 

SES ORIGINES

Aymar Taillefer, qui fut le quatorzième comte d'Angoulême, était, en même temps, le dernier héritier mâle des Taillefer.

Il avait épousé Alix ou Alaycle de Courtenay, fille de Pierre 1er de Courtenay, septième fils de Louis-le-Gros, et veuve de Guillaume Ier, comte de Joigny. Et, de cette union, était née, en 1186, Isabelle, que la nature avait particulièrement favorisée quant à la beauté et aux grâces de l'esprit.

A quatorze ans, bien que de taille plutôt petite, « recouverte d'un léger chapeau de feutre en poil de chameau le plus fin, vêtue de l'aiot d'Aquitaine, ample tunique à manches tombantes qui serpentait en longs plis derrière elle », elle avait une grâce tout enfantine, et son charmant visage était éclairé par deux grands yeux noirs et le plus ravissant des sourires.

Bref, elle justifiait bien la réputation d'être l'une des plus belles filles de l'Aquitaine, et, à ce titre, elle était recherchée des plus grands seigneurs du pays.

 

LÉS CHRONIQUES

Il est assez difficile, pour ne pas dire impossible, de démêler la vérité pure dans le réseau compliqué des chroniques, tissues parfois de contradictions, car, fréquemment, à l'histoire se mêle l'affabulation du roman.

D'autre part, suivant qu'il s'agit de sources anglaises ou de références françaises, les faits sont, présentés sous un angle différent, et, le plus souvent, avec une tendance que seules peuvent expliquer la haine, la passion, la partialité, à une époque où les intrigues, les ambitions et les rivalités mettaient si facilement aux prises, les armes françaises et les armes anglaises.

Quoi qu'il en sait, nous rapportons ici, fidèlement et sans commentaires, les diverses versions qu'ont accréditées les analystes et les chroniqueurs.

 

LE MARIAGE

Isabelle fut confiée, dès son enfance, à Hugues IX de Lusignan, comte de la Marche, qui eut pour mission de l'élever jusqu'à l'âge nubile.

A cette époque, Richard, Coeur-de-Lion, frère de Jean-sans-Terre, roi en 1189, s'étant emparé du château de Taillebourg, avait tourné ses armes contre Aymar, l'avait battu, avait pris possession d'Angoulême « en six heures de temps », et avait planté ses couleurs sur les remparts de la ville.

Il avait, par la suite, obtenu d'Aymar la promesse de marier Isabelle avec Hugues le Brun de Lusignan, fils de Hugues IX, comte de la Marche, et de Mathilde d'Angoulême.

Il paraît même, d'après Roger de Hoveden, que l'union avait été, depuis plusieurs années, contractée secrètement, et qu'on attendait qu'Isabelle eût ses 14 ans révolus pour faire consacrer publiquement le mariage par l'Eglise.

D'autres ont prétendu qu'il ne s'était agi que de fiançailles. En tout cas, ce mariage devait avoir pour résultat de mettre fin aux différends qui avaient existé entre les deux maisons. :

Le fiancé, Hugues le Brun (a), de teint basané, à la barbe épaisse et noire, n'était point des plus séduisants; mais Isabelle cédait aux volontés de ses parents qui voyaient surtout dans cette union la fusion de deux familles puissantes.

Le mariage fut donc fixé au 26 août 1200.

Aymar, voulant, à cette occasion, des fêtes somptueuses,, invita les vassaux de haut lignage et arrière-vassaux du Limousin, du Poitou, du Périgord et de la Saintonge.

Et, pendant quelques jours, on put voir, du haut des remparts de la ville, ce spectacle peu banal des plus grands possesseurs de fiefs de la région, comtes, barons, châtelains, accompagnés de leurs châtelaines, chevauchant, sous leurs armures d'acier et dans un ruissellement de bannières de toutes couleurs, vers l'altière cité des Taillefer.

Le château d'Aymar, qui avait été construit de 980 à 1028 par Guillaume Taillefer II, occupait un grand espace, en face de l'actuelle église Saint-André, et était assez vaste pour contenir, la foule des invités.

On sait qu'il n'en reste aujourd'hui que quelques vestiges qui servaient de dépôt aux minutes des anciens notaires d'Angoulême.

Richard Coeur-de-Lion étant mort, en 1199, sous les murs du château de Chalus en Limousin, son frère Jean-sans-Terre, lui avait succédé sur le trône d'Angleterre.

Dès lors, ce dernier devenait le suzerain d'Aymar qui, pour rehausser l'éclat des fêtes, non seulement l'invita, mais le pria de conduire Isabelle à l'autel.

Jean, qui se trouvait, à ce moment-là, à Bordeaux, vint, dit Corlieu, «-à grand'puissance d'hommes armés, comme s'il allait à une expédition de guerre », et fut reçu avec tous les honneurs et les égards qu'un vassal doit à son suzerain.

Le mariage devait être célébré en grande pompe dans la chapelle de la somptueuse abbaye de Saint-Eparche, ou Saint-Cybard, où avaient été inhumés Théodebert, fils de Chilpéric, tué dans un combat près de Saint-Amant-de-Boixe, puis Emenon, comte d'Angoulême.

C'est sur l'emplacement de cette abbaye que s'élèvent, de nos jours, les constructions des Brasseries Alsaciennes où l'on conserve jalousement quelques ouvertures ogivales de l'époque.

Le sentier qui conduisait des remparts au moustier était très étroit et de grande déclivité.

C'est pendant la descente du cortège, alors que la foule, massée sur les flancs escarpés du coteau, manifestait, bruyamment son allégresse, que l'on vit Jean-sans-Terre se pencher vers Isabelle, et lui parler à voix basse.

Que pouvait-il bien lui dire ?

Sans doute qu'une couronne de roi vaut mieux que celle d'un comte, et que le titre de reine est autrement brillant que celui de comtesse. Tout laisse supposer que ces paroles impressionnèrent agréablement Isabelle qui, déjà peut-être subissait le vertige de la grandeur, et flattèrent son orgueil et sa vanité qu'on savait démesurés.

 

A ce sujet, laissons parler l'auteur de l'Histoire manuscrite de l'abbaye de La Couronne qui dit :

« Estant au palais du comte, Jean-sans-Terre fut prié de mener, par honneur, la mariée à l'église, les uns disent à Saint-Cybard, d'autres à Saint-Pierre, et que, durant le chemin, le roy, ravi de la beauté de ceste dame, luy ayant dit quelques mots, il commanda au capitaine de ses gardes de se tenir près de luy en armes avec ses compagnons, et estant devant l'évesque qui les devoit espouser (je crois que c'estoit celui d'Angoulême, Jean de Saint-Val (b) qui vivoit lors) le roy luy dit :

« Espouse-moi ceste dame ! » L'évesque voyant qu'aucun ne s'opposoit à la volonté du roy, et ne luy osant résister, il les espousa, et le roy l'emmena aussitôt à Chàteauneuf pour y dîner. »

Corlieu dit, dans son « Recueil en forme d'histoire », que ce fut « un spectacle tragique et scandale le plus grand que jamais adveint en Angoumois ».

Des murmures s'étaient élevés dans l'église; mais les hommes d'armes du roi avaient cerné le choeur, et l'évêque, interdit, déjà vieux et égrotant, contracta l'union en présence du fiancé et de plusieurs grands seigneurs lignagers qui « ne dansèrent point à la feste ».

On suppose que le mariage fut définitivement consacré, le 30 août suivant, à Bordeaux, par l'archevêque Elie.

Jean fit ensuite couronner sa femme à Westminster « le dimanche d'avant la Saint-Dénis de l'année 1200 ». , il convient d'ajouter, pour être complet, que Jean-sans-Terre, qui avait épousé, en premières noces; Avice ou Hawise, fille du comte William de Gloucester, avait obtenu facilement de l'Eglise l'annulation de son mariage, l'archevêque de Bordeaux et les évêques de Saintes et de Poitiers, approuvés par le pape, s'étant prononcés en sa faveur.

Telle est la relation qu'a donnée la Chronique des Flandres et qui paraît la plus vraisemblable.

 

AUTRES VERSIONS

- Les Chroniques de France, dont le récit a été établi ou inspiré par les partisans de Philippe-Auguste, ont fait de Jean-sans-Terre un audacieux ravisseur sans vergogne, en présentant le fait de la manière suivante : Isabelle, qui avait été confiée à Hugues, grandissait au château de Lusignan, mais était fort mal gardée.

Un jour d'août, un chevalier casqué, lance en avant, franchit, avec quelques hommes, la porte voûtée du manoir, et, ne rencontrant aucune résistance, s'empara d'Isabelle qu'il entraîna, malgré ses cris, pour en faire sa femme.

Quant aux chroniqueurs anglais, ils passent sous silence la préméditation et le rapt. Le docteur John Lingard allègue que Jean, ayant sa cour à Bordeaux, fit un voyage à Angoulême et vit Isabelle qui était riche et fort belle et dont il s'éprit.

Les Taillefer, flattés de son dévolu, avaient consenti au mariage avec Jean, ce qui ne paraît guère vraisemblable, à raison des différends qui existaient entre les rois de France et d'Angleterre.

Il y a donc lieu de n'accorder sérieux crédit qu'aux chroniques locales et de Flandre qui, selon toute probabilité, reflètent la physionomie à peu près exacte de ce qui s'est passé.

 

 

Chinon, 30 aout 1200 Charte de douaire donné par Jean sans Terre à la reine Isabelle

 

Charte de la jeune reine par le don de Jean par la grâce de Dieu, accordé à Ysabelle, notre femme, en douaire, la ville de Saintes, Niort, Saumur, Fissam, Beaufort, Beaugy, Château-du -Loir et Trov, avec toutes leurs dépendances et libertés ; et afin que cela soit stable et stable, nous l'avons confirmé par le présent témoignage de notre charte et de notre sceau.

Témoins : E. archevêque de Bordeaux, Henri évêque de Saintes, Jean Ier de Saint-Val  évêque d’ Angoulême, R. évêque de Petrago, etc.

Donné, etc., à Chinon, le 30 août, l'an second de notre règne. - Rouleau de papiers, p. 74

 

Carta juvenis regine de dote Joannes Dei gratia, etc Sciatis nos dedisse et concessisse Ysabelle, uxori nostre, in dotem, civitatem Xanctonensem , Niortium , Salmurium , Fissam , Beaufort , Beaugy, Castel Ligdi, et Trov, cum omnibus pertinentiis et libertatibus suis; et ut hoc stabile sit et firmum, presenti carta et sigilli nostri testimonio id confirmavimus.

Testibus E. Burdegalensi archiepiscopo, H. Xanctonensi, Jean Ier de Saint-Val  évêque d’Angoulême, R. Petragoricensi episcopis, etc.

Datum , etc., apud Chinonem , xxx die augusti, anno regni nostri secundo. – Rotuli chartarum, p. 74.

 

 

CASTRUM LEDÆ. CASTRUM LEDI; CASTRUM LID; CASTRUM LIDI ; CASTRUM LIGDI; CASTRUM LIGERIS. CHATEAU-DU-LOIR. — Voir CASTRUM LIT. (douaire de Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion)

LA REINE D'ANGLETERRE

Jean et Isabelle ayant gagné l'Angleterre, Aymar et le comte de la Marche, qui n'avaient pu venger cet affront, réussirent à soulever tous les seigneurs de l'Angoumois, de la Marche et du Poitou contre Jean-sans-Terre qui fut ainsi entraîné dans une succession de luttes sans trêve.

Mais il paraît que Isabelle fit si bien qu'elle réconcilia son mari et son père.

Jean accomplit, dès lors, plusieurs fois le voyage d'Angoulême et visita même, accompagné de son beau-frère, d'une suite de prélats, de comtes et vicomtes, et en présence d'une foule immense, l'abbaye de La Couronne, dont la magnifique église gothique, commencée le 12 mai 1171, était à peine terminée.

Les religieux y étaient entrés le 3 avril, et elle fut dédicacée le 30 septembre 1201.

Il fut reçu à la porte de l'église abbatiale par l'abbé Robert, entra au chapitre, festoya au réfectoire et revint le soir à Angoulême (c).

. Ce voyage avait eu pour résultat de raccommoder Jean avec Aymar Taillefer, qui ne fit ensuite aucune difficulté pour accepter le gouvernement de Saintonge.

Mais Isabelle ne fut point heureuse avec son mari, qui était violent, parjure, homicide, débauché, poursuivant de ses assiduités souvent brutales les filles de ses vassaux.

Elle aurait eu, dit-on, quelques velléités de l'imiter dans sa conduite : mal lui en-prit, car il fit pendre ses amants aux colonnes de son lit.

Il mourut, détesté de ses sujets, le 19 octobre 1216, laissant, de sa seconde femme, trois garçons et trois filles.

 

RETOUR A ANGOULÊME

Isabelle, veuve, ne voulut, à aucun prix, rester en Angleterrne heureuse d'abandonner une cour où elle n'avait trouvé que des ennemis, pour revenir dans son comté d'Angoulême avec Jeanne, sa fille, fiancée, quelque temps auparavant à Hugues X, sire de Lusignan, devenu comte de la Marche par la mort de Hugues IX, son père (Hugues IX mourut en Egypte en 1219)

Elle fit une entrée solennelle en 1217 ; le maire, Elie d'Aurifont, le premier dont on ait conservé le souvenir dans les annales municipales, lui présenta les clefs de la ville.

Soit qu'elle se défiât des dispositions de son fils Henri III, soit qu'elle cédât encore aux entraînements de son ambition, en rêvant pour elle-même une royauté dans l'Ouest de la France, la royale veuve s'occupa plus de ses intérêts que de ceux de sa fille à qui avait été promise la seigneurie de Cognac : elle se mit aussitôt en possession du château et de la ville.

Hugues X de Lusignan, avec lequel elle s'était concertée dès son arrivée, assiégea de son côté le château de Merpins et s'en empara malgré les représentations du pape Honorius III.

Sa rentrée dans sa cité natale fut suivie, peu après (en 1218), de la mort de son père Aymar qu'elle fit inhumer, à ses frais, dans la chapelle Saint-Nicolas, à l'abbaye de La Couronne.

Elle devenait donc, à l'âge de trente-deux ans, l'unique héritière de l'Angoumois.

De nouveau recherchée par de nombreux soupirants, elle jeta son dévolu sur son premier fiancé, Hugues le Brun de Lusignan, mais exigea qu'il lui conservât, comme appellation, son titre de reine.

Peu de temps après, elle épousa ce même comte de la Marche, quoiqu'il fût fiancé à sa fille, et chercha à justifier ce mariage près de son fils Henri III, en lui écrivant que Jeanne d'Angleterre était trop jeune pour se marier, et qu'il serait contraire aux intérêts de sa couronne que le comte s'unît à une française qui l'entraînerait dans le parti du roi de France.

 

(An, 1217.) LETTRE D'ISABELLE, REINE D'ANGLETERRE, VEUVE DE JEAN-SANS-TERRE, A HENRI III, ROI D'ANGLETERRE, SON FILS,

Sur son mariage avec Hugues de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême.

(Des liasses de la Tour de Londres, n° 7. — Bréq. t. LXIII.)

 

Karissimo filio suo H. Dei gratia regi Anglie, domino Hibernie, duci Normannie, Aquitanie, comiti Andegavie, Y. eadem gratia regina Anglie, domina Hibernie, ducissa Normannie, Aquitanie, comitissa Andegavie et Engolisme, salutem et maternam benedictionem.

A son très cher fils Henri par la grâce de Dieu roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande, duc de Normandie, d'Aquitaine, comte d'Anjou, Ysabelle par la même grâce reine d'Angleterre, dame d'Irlande, duchesse de Normandie, Aquitaine , comtesse d'Anjou et d'Angoulême, salut et bénédiction maternelle.

 

Significamus autem vobis quod cum comites Marchie et Angolisme in fata decesserunt, dominus Hugo de Leziniaco quasi solus et sine herede in partibus Pictaviae remansit, et non permiserunt amici ejus quod filia nostra lege maritali ei copularetur, que tam tenere etatis est; sed consilium ei dederunt quod talem duceret in uxorem de qua iste heres exiret, et prolocutum fuit quod uxorem caperet in Francia.

Nous vous disons qu'à la mort des comtes de Marche et d'Angoulême, le seigneur Hugues de Lusignan resta comme seul et sans héritier dans les parties du Poitou ; mais ils lui donnèrent le conseil d'épouser un tel homme comme femme dont il pourrait partir comme héritier, et on lui proposa de prendre une femme en France.

 

Quod si hoc fuisset, tota terra vestra in Pictavia et Gasconia et nostra amitteretur. Nos autem videntes magnum periculum quod potuit emergere si istud maritagium foret (et consiliarii vestri nullum consilium in nobis apponere voluerunt) dictum H. comitem Marchie, duximus in Dominum; et scit Deus quod nos magis hoc fecimus pro utilitate vestra quam pro nostra.

Mais s'il en était ainsi, toutes vos terres de Poitou et de Gascogne et les nôtres seraient perdues. Nous, d'autre part, voyant un grand danger qui pourrait surgir si ce mariage était (et vos conseillers n'ont voulu nous ajouter aucun conseil) le dit H. Comte de Marche, nous avons pensé au Seigneur; et Dieu sait que nous avons fait cela pour votre bien plutôt que pour le nôtre.

 

Unde vos rogamus ut carum filium, quod hoc vobis placeat, dum hoc cedat maxime utilitati vestre et vestrorum, et precamur vos diligenter quod ei reddatis jus suum , scilicet Niortum, Castrum Exonense et de Rokingham, et tria millia et D. marchas quas pater vester, maritus quondam noster, nobis legavit; et ita, si placet, vos habeatis erga eum qui tam potens est, quod in vobis non remaneat quin nobis bene serviat.

D'où nous vous supplions, que votre cher fils puisse vous faire cela, tandis que cela peut être particulièrement bénéfique pour vous et les vôtres ; notre ancien mari nous a légué et ainsi, s'il vous plaît, vous avez du respect pour celui qui est si puissant, qu'il ne peut pas demeurer en vous mais nous servir bien.

 

 Nam bonum ani mum habet vobis fideliter servire pro toto posse suo, et certe sumimus et in manu capimus quod bene vobis serviet, si vos ei jura sua reddideritis : et ideo consulimus quod super predictis consilium oportunum habeatis.

Car il a une bonne appréciation de sa capacité à vous servir fidèlement toute sa vie, et nous prenons et conservons certainement ce qu'il vous servira bien si vous lui donnez ses droits.

 

 Et quando vobis placuerit, pro filia nostra, sorore vestra, mittatis, quantum earn penes non habemus; et per certum nuncium et litteras patentes et earn nobis mittetis.

Et quand il te plaira, tu feras venir notre fille, ta sœur, autant que nous n'en avons pas la possession ; et vous nous l'enverrez par message fixe et lettre patente.

 

Copié sur l'original en parchemin. B.

 

Ce mariage se fit après le 10 mars et avant le 22 mai 1220

Les noces furent célébrées, à Angoulême, dans un grand concours de seigneurs de la Marche, du Poitou, de l'Angoumois et de la Guienne, et l'antique héritage des Taillefer passa ainsi aux mains des Lusignan.

Hugues et sa femme s'employèrent alors à l'édification de monastères et d'abbayes et firent creuser l'étang de Saint-Michel d'Entraygues où ils élevèrent des cygnes. Cet étang fut desséché aux dix-huitième siècle (d)

 

 

25 juin 1222 Bulle du pape Honorius III à Hugues de Lusignan, comte des Marches, et Isabelle sa femme

 

Honorius III menace à nouveau Hugues et Isabelle, précédemment excommuniés en raison de leurs attaques sur les terres de son fils Henry puis absous, d'excommunication, à moins qu'ils ne restituent la dot de la sœur d'Henry, Jeanne, à qui Hugues avait été fiancé avant d'épouser sa mère, et les châteaux qu'ils ont pris à Henry.

 25 juin 1225 Bulle du pape Honorius III à Hugues de Lusignan, comte des Marches, et Isabelle sa femme, dans laquelle il conseille (sous peine d'excommunication), audit comte de restituer la dot de la sœur d'Henri III, roi d'Angleterre, Jeanne qu'il avait refusé d'épouser, en entier, et de lui donner le château de Champagniac et le château de Merpin, avec leurs dépendances, il restituera.

 

 

Honorius évêque, au noble Hugues de Lusignan, comte de La Marche et Isabelle sa femme, etc.

Nous avons entendu de notre vénérable frère Pandulph, évêque de Norwich, qu'à l'époque de la trêve entre notre très cher fils en Christ Henri, illustre roi des Anglais, d'un côté et vous de l'autre, avec ledit évêque alors élu médiateur , vous avez juré pour vous et vos complices d'observer nos mandats selon l'intention dudit évêque sur les choses pour lesquelles des peines d'excommunication et d'interdit sur vos personnes et celles de vos partisans et complices et sur vos terres et les leurs avaient été promulguées par notre vénérables frères les évêques d'Orange et de Limoges et notre fils bien-aimé le diacre de Bordeaux, par autorité apostolique, notamment parce que vous, comte, mon fils, avez refusé de rendre la dot de sa sœur lorsque vous l'avez rejetée ; et puisque vous avez indûment gardé et occupé le château de Cognac dont vous, fille, avant de vous marier, avez spolié le roi et ses fidèles, et après vous avoir défendu de nuire au roi, vous, comte, avez violemment assiégé et occupé son château de Merpin .

Vraiment, puisque nous ne voulons ni ne devons permettre que nos commandements soient évités par habileté ou méprisés dans l'obstination, et qu'il ne convient pas que vous abusiez de la grâce montrée dans le relâchement des phrases susmentionnées contre vous, mais il est préférable que vous vous adaptiez à notre volonté et à celle de ce roi ; nous avertissons assidûment votre noblesse par des écrits apostoliques sous la charge du serment qui a été prêté, ordonnant et mandatant que par la fête de St. André ensuite, vous rendez audit roi, ou à qui qu'il enverra, la dot et le susdit camp avec les fruits qui en ont été pris, et le château de Merpin, ayant écarté l'objection de toute espèce de difficulté et d'appel, le satisfaisant pour les torts et blessures qui lui ont été infligés ainsi qu'à ses fidèles.

 Sinon, nous donnons des lettres à nos évêques et diacres précités ordonnant fermement qu'ils rétablissent les anciennes condamnations contre vous et vos complices, et vos terres et les leurs, et vous prononcent excommuniés et parjures et fassent solennellement publier ces sentences, avec des cloches sonnées et des bougies allumées, tous les dimanches et jours de fête, jusqu'à ce que la satisfaction appropriée soit inviolablement observée.

Et qu'ils contraignent les prélats et les clercs, si quelqu'un qui vous favorise en cela n'observe pas les peines, à se présenter devant nous avec des lettres de témoignage (avec objection ou appel) suspendues (1).

Nous procéderons contre vous spirituellement et temporellement avec la plus grande sévérité,

En date du Latran, le 7 calende de juillet, dans la sixième année de notre pontificat.

 

Honorius episcopus, nobili viri Hugoni de Leziniaco, Comiti Marchiae, et Isabellae uxori ejus etc. Intelleximus ex relatione venerabilis fratris nostri Pandulphi episcopi Norwicensis, quod tempore treugae initae inter carissimum in Christo filium nostrum Henricum, Regem Anglorum illustrem, ex parte una, et vos ex altera, mediante praedicto episcopo tunc electo, vos, juxta intentionem episcopi memorati, pro vobis et complicibus vestris, mandatis nostris stare jurastis super hiis pro quibus in personas vestras et fautorum vestrorum ac complicum excommunicationis, et in terras vestras et ipsorum interdicti, fuerant per venerabiles fratres nostros Xantonensem et Lemovicensem episcopos, et dilectum filium decanum Burdegalensem sententiae, auctoritate apostolica, promulgatae, pro eo, videlicet quod dotem sororis ejusdem, tu, fili Comes, ea rejecta, reddere contemnebas; et quia castrum de Campniaco, quo tu, filia, priusquam invicem copularemini, spoliares Regem et fideles ipsius, detinebatis indebite occupatum, et post inhibitionem nostram ne Regem infestares eumdem, castrum suum Merpisii tu, Comes, obsederas et occupaveras violenter.
Verum, quia pati nec volumus nec debemus, ut mandata nostra vel per alienam eludantur astutiam, vel per proterviam contemnantur, nec vos decet abuti gratia in relaxatione praedictarum sententiarum vobis exhibita, cum potius expediat, ut vos nostris et Regis ejusdem beneplacitis coaptetis; nobilitatem vestram monemus attente per apostolica vobis scripta, sub debito praestiti juramenti, praecipiendo mandantes, quatenus infra festum S. Andreae futurum proximo dotem et castra praedicta cum fructibus inde perceptis et aliis, necnon et castrum Merpisii praefato Regi, vel cui mandaverit ipse, sublato cujuslibet difficultatis et appellationis objectu reddatis de dominis et injuriis irrogatis sibi et ejus fidelibus nihilominus satisfacientes eidem. Alioquin praedictis episcopis et decano nostris damus literis firmiter in praeceptis, et vos et complices vestros, et vestras et eorum terras, in pristinas sententias reducentes, extunc vos excommunicatos denuncient et perjuros, et sententias ipsas, pulsatis campanis et accensis candelis, singulis diebus Dominicis et festivis publicari solemniter faciant, et usque ad satisfactionem condignam inviolabiliter observari. Praelatos quoque ac clericos, si qui, vobis in hac parte faventes, sententias non servaverint memoratas, ad praesentiam nostram cum suis testimonialibus literis suspenso venire compellant. Nos quoque contra vos severius spiritualiter et temporaliter procedemus.
Datum Laterani, VII kal. julii, pontificatus nostri anno sexto.

 

 

 (1) Le texte ne donne que "suspenso" mais l'éditeur laisse entendre que des mots peuvent manquer, comme le droit d'appel ou d'opposition.

 

HGF 19.726-27; Rymer, Foedera 1.1.88; Regesta Honorii Papae III, 2.82,

 

 

==> Mars 1230 Isabelle d’Angoulême fonde pour elle et pour ses parents un anniversaire dans l'église de Notre-Dame de Lusignan.

==> 1230, juin. Donation faite par Louis IX, roi de France, à Isabelle, reine d'Angleterre et comtesse de la Marche et d'Angoulême, du château de Saint-Jean-d'Angély et d'autres domaines, sous la réserve du retour à la couronne en cas de mariage d'Isabelle, soeur du roi de France, avec l'un des fils du comte et de la comtesse de la Marche, et encore sous la réserve de diverses clauses pénales dans le cas où le mariage en question manquerait par le fait de l'une ou de l'autre des parties contractantes.

 

21 juillet 1239, Saintes. ==> Donation par Itier, seigneur de Barbezieux, à Hugues de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, et à Isabelle, reine d'Angleterre, comtesse de la Marche et d'Angoulême, de ses droits dans la châtellenie de Merpins, en échange de biens divers et traité réglant les conditions des hommages que devront rendre les seigneurs de Barbezieux aux comtes d'Angoulême.

 

 

Angoulême. 1242-43. Mars.
.

 

  Charta Hugonis de Lesigniaco et Isabellis uxoris ejus de partitione bonorum, post ipsorum decessum, inter liberos suos facienda

 Charte d'Hugues de Lusignan et d'Isabelle sa femme concernant le partage des biens, après leur décès, à faire entre leurs enfants


Hugo de Lezigniaco, comes Marchie et Engolisme, et Hysabellis, Dei [gratia] regina Anglie, dictorum comitissa locorum, ejus uxor, universis presentes litteras inspecturis, salutem et pacem. –

 Hugues de Lusignan, comte des Marches et d'Angoulême, et Isabel, [par la grâce de Dieu] reine d'Angleterre, la comtesse desdits lieux, sa femme, à toutes présentes lettres d'inspection, de salut et de paix. –

 Noveritis quod inter nostros liberos de terra nostra divisionem et disposicionem fecimus in hac forma, volentes et precipientes quod ista nostra divisio et disposicio, post mortem nostram, ab eisdem inviolabiliter observetur, salva tamen dote nostri Y. (Ysabellis), si supervixerimus domino comiti viro nostro.

 Vous saurez qu'entre nos enfants nous avons fait un partage et une disposition de notre terre sous cette forme, voulant et ordonnant que ce partage et cette disposition qui sont les nôtres, après notre mort, soient inviolablement observés par eux, sauf cependant notre dot d’Isabelle

  - Statuimus siquidem et volumus quod Guido de Lezigniaco post mortem nostram habeat Cognac, Merpinum, Archiacum et Leborleriam, cum pertinenciis eorumdem ; Gaufridus, Jarniacum, Castrum novum, Castrum Achardi, Boscum Poverelli, cum
suis pertinenciis, et omne dominium et omnia homagia a Riveto versus Boscum Poverelli, exceptis homagiis Willelmi de Cursaio militis que pertinent domino Lezigniaci ;

 

Nous décrétons et voulons en effet que Guy de Lusignan après notre mort aura Cognac, Merpin, Archiac et Leborleria, avec leurs dépendances ;

Geoffroy Ier de Lusignan, Jarnac, Château Neuf, Château Larcher, Bois-Pouvreau, avec ses dépendances, et tout le domaine et tous les tributs de Riveto vers Bois-Pouvreau, à l'exception des tributs des soldats de Guillaume de Cursai qui appartiennent au seigneur de Luzignan ;

  item et Sancaium, si illud recuperare poterimus nos vel nostri, alioquin Hugo Bruni assignabit eidem Gaufrido quingentos solidos redditus pro Sancaio supradicto in porcione sua que eum continget.

 et aussi Sancaius, si nous ou les nôtres pouvons le récupérer, autrement Hugues le Brun assignera au même Geoffroy cinq cents solides en fermage pour ledit Sancaius dans sa portion qui lui appartient.

 

— Si forte contigerit quod idem Gaufridus vel sui heredes amittant Jarniacum per judicium vel per guerram, seu quocumque alio modo, pro P. Baudrandi vel suis heredibus, dictus Hugo tenetur assignare dicto Gaufrido vel suis heredibus quinque milia solidorum redditus in porcione sua, videlicet, apud Agedunum et Pontarionum.

 Si par hasard il arrivait que le même Geoffroy ou ses héritiers perdent Jarnac par jugement ou par guerre, ou de toute autre manière, au nom de P. Baudrandi ou de ses héritiers, ledit Hugues est tenu d'assigner audit Geoffrey ou ses héritiers cinq mille solides en fermage dans sa portion, c'est-à-dire à Ahun et Pontarion.

 Que loca, si dictum redditum non valerent, alibi perficeret quod deesset.

  Et dictus Guydo similiter tenetur ei assignare centum libras redditus in portu saunerii de Cognac pro recompensatione dicti Jarniaci.

 Si ces lieux, si ledit loyer ne valait pas la peine, il comblerait ce qui manque ailleurs.

Et ledit Guy est également obligé de lui assigner cent livres de rente dans le port de Cognac pour l'indemnité dudit Jarnac.

 — Preterea, si contingeret quod P. Baudrandi vel sui placitarent dictum Gaufridum vel suos, aut propter hoc guerrearent, Hugo predictus et Guido ponerent duas partes ad missiones propter hoc faciendas.

 De plus, s'il arrivait que ledit Geoffrey ou ses hommes plaident auprès de P. Baudrand ou des siens, ou qu'ils entrent en guerre à ce titre, lesdits Hugues et Guy nommeront deux partis pour effectuer des missions à ce compte. .

 — Item volumus quod Willelmus de Valencia habeat Montingnac, Belac, Ranconem et Champaignat cum pertinenciis ; et Ademarus, Chœc cum suis pertinenciis.

 Aussi voulons-nous que Guillaume de Valence (Comte de Pembroke et Seigneur de Wexford) ait Montignac, Bellac, Rancon et Champagniac avec leurs dépendances ;

et Aymar de Lusignan, Couhé avec ses dépendances.

 — Ordinamus insuper et volumus quod Hugo Bruni habeat comitatum Marchie, comitatum Engolismi, et monetas utriusque comitatus, et Lezigniacum et residuum terre nostre, exceptis porcionibus fratribus suis superius assignatis, et hoc adjecto quod dictus Hugo assignabit Ysabelli sorori sue ducentas libras Turonensium redditus in porcione sua, Margarite ducentas libras Turonensium redditus, Aleaidi centum libras Turonensium redditus.

 Nous ordonnons et voulons en outre que Hugues le Brun ait le comté de Marche, le comté d'Angoulême, et les deniers des deux comtés, et Lusignan et le reste de notre terre, excepté les portions ci-dessus assignées à ses frères, et avec cette addition que ledit Hugues assignera à sa soeur Isabelle de la Marche deux cents livres de rente de Tournois dans sa portion, deux cents livres rendues à Marguerite de Lusignan, cent livres rendues à Aleaid.

 — Insuper volumus et jubemus quod, si Guidonem, Gaufridum, Willelmum de Valencia et Ademarum, filios nostros, et filias nostras superius nominatas, nec non et Agatam uxorem Willelmi de Chalvigniaco, filiam nostram, sine herede mori contingeret, vel heredes eorum sine heredibus descendentibus ab eisdem, porciones eorum dicto Hugoni filio nostro primogenito et suis heredibus devolvantur.

 De plus, nous voulons et ordonnons que si Guy, Geoffroy, Guillaume de Valence et Aymar, nos fils et filles nommés ci-dessus, et aussi Agathe, l'épouse de Guillaume de Chauvigny, notre fille, venaient à mourir sans héritier, ou leur héritiers sans descendance, leurs parts seront dévolues audit Hugues notre fils aîné et à ses héritiers.

 — Hancvero divisionem et constitucionem a nobis factam, ut predictum est, inviolabiliter observandam, predicti filii nostri Hugo Bruni, Guido, Gaufridus et Willelmus de Valencia, coram nobis ad sacrosancta Dei Evangelia juraverunt, et quod istud factum per se vel per alios ullo tempore non impedient nec rescindent.

 Par conséquent, la division et la constitution faites par nous, comme susmentionné, pour être inviolablement observées, nos fils susmentionnés Hugues le Brun, Guy, Geoffroy et Guillaume de Valence, ont juré devant nous les saints Évangiles de Dieu, et que ce fait n'était pas fait par eux-mêmes ou par d'autres à tout moment, ils entraveront et n'annuleront pas.

 Icône de validation par la communauté

— In cujus rei testimonium, ad petitionem ipsorum conscribi fecimus presentes litteras et sigillorum nostrorum munimine roborari. — Actum apud Engolismam, in domo fratrum Minorum, anno gracie millesimo ducentesimo quadragesimo secundo, mense marcio.

 En foi de quoi, à leur demande, nous avons fait rédiger les présentes lettres et les renforcer de la protection de nos sceaux.

 — Fait à Angoulême, dans la maison des Frères Mineurs, l'an de grâce mil deux cent quarante-deux, au mois de mars.

 

 

 

Sceaux de Hugues X de Lusignan, comte de la Marche, et de la comtesse Isabelle sa femme, reine douairière d'Angleterre ; cire verte sur cordelettes de chanvre ; décrits dans l' sous les n 834 et 10010. — Isabelle, comtesse de la Marche, avait conservé le sceau dont elle s'était servie comme reine d'Angleterre.

 Liborleria, leborlerias, localité inconnue. Si le mot avait été mal lu et qu'il fallût Li Borderias, il pourrait bien désigner cette partie du canton de Cognac, appelée aujourd'hui les Borderies, nom qui semble indiquer qu'autrefois cette contrée se divisait en manses, dont la culture productive de vin excellent, relevait de la seigneurie de Cognac, mais pouvait être possédée par des tenants de fiefs qui devaient aux seigneurs de Cognac et plus tard aux rois d'Angleterre, leurs suzerains, la moitié des produits du sol.

A partir du XIVe siècle, on trouve un grand nombre de petits fiefs dans cette partie du canton, les fiefs de Richemont, de l'Epine, des Cartiers, etc. (Études historiques sur la ville de Cognac et l'arrondissement. Tome 1 / par F. Marvaud,...)

 

 

LES DERNIÈRES ANNÉES

Isabelle devint, plus que jamais, hautaine, altière, orgueilleuse, intrigante, violente, ne reculant devant aucune audace, pas même, a-t-on dit, devant le crime.

Et, se souvenant qu'elle savait été reine puissante, elle ne voulut pas consentir à s'abaisser devant Blanche de Castille, mère de Saint-Louis.

Elle fomenta, sans beaucoup de succès d'ailleurs, des tentatives réitérées de rébellion, exerçant un réel ascendant sur son mari qu'elle ne cessait d'exciter contre le roi de France.

Ce dernier triompha, mais fut clément.

Isabelle humiliée, ébranlée par tant de secousses, vit sa santé s'altérer de jour en jour.

Elle mourut en 1245, ayant eu dix-sept enfants, dont six de Jean-sans-terre et onze de Hugues.

 

 

 

 

SÉPULTURE DE LA REINE

Les auteurs ne sont pas d'accord sur le lieu de sépulture d'Isabelle. Les uns disent qu'elle fut inhumée à La Couronne, dans la chapelle Saint-Nicolas, à côté de son père et d'un de ses fils, et que, plus tard, ses restes furent transportés à l'abbaye de Fontevrault, en Maine-et-Loire.

D'autres, dont Mathieu de Paris, prétendent qu'elle, s'était retirée à l'abbaye de Fontevrault et qu'elle y mourut.

Eusèbe Castaigne affirme que la chapelle Saint-Nicolas ayant été dévastée par les protestants, la tombe et le corps d'Isabelle furent transportés, par l'abbé Jean Callueau, dans la grande église, le 22 décembre, de huit heures à neuf heures du matin.

Corlieu déclare, dans son « Recueil en forme d'histoire », qu'en 1576 on voyait encore sa sépulture. Entend-il, par- là, que le monument restait mais que les cendres d'Isabelle en avaient été extraites ?

M. de la Fontenelle de Vaudoré, directeur de la Revue franco-anglaise, donne la version qu'Isabelle, après sa mort, fut exhumée de l'abbaye de La Couronne et portée, par les soins de son fils, Henri III, roi d'Angleterre, à l'abbaye de Fontevrault, le « cimetière des rois».

Il paraît, enfin, qu'une autre Isabelle de la Marche, fille de Hugues II, fut religieuse à Fontevrault et qu'elle y mourut. Cette similitude de noms ne serait-elle pas une cause de confusion possible et ne jetterait-elle pas un peu de lumière sur ces multiples et mystérieuses hypothèses?

 

(Hugues X de Lusignan, d’Isabelle d'Angoulême promenade tour Mélusine de Lusignan)

 

Après la mort de la comtesse-reine, Hugues X, entraîné par le roi de France, prit la croix avec son fils Hugues le Brun.

Avant de quitter le Poitou, il renouvela par son testament du 8 août 1248, daté de Lusignan, le partage de ses biens fait en 1243 et fonda deux anniversaires dans l'église de Notre-Dame de Lusignan.

Une aumône devait se distribuer ces jours-là par les mains du prévôt du prieur, du chapelain de Pranzay et de l'aumônier de la Font-de-Cé.

 Puis il partit pour l'Orient avec le roi. Son fils Hugues ne partit qu'au mois d'août 1249, avec comte Alphonse de Poitou. Celui-ci avait eu le soin de lui faire prendre l'engagement de le servir pendant une année à la tête de douze chevaliers, moyennant une forte rétribution et des gages pour chaque chevalier.

Lorsqu'ils débarquèrent en Egypte, Hugues X venait de mourir au combat de Damiette (5 juin 1249).

HUGUES XI, son fils, ne fut pas plus heureux. Il trouva la mort dans l'expédition sur Mansourah, en 1250. Ses douze chevaliers, à la tête desquels vint se mettre, en Syrie, son frère Guy de Lusignan, sire de Cognac, continuèrent fidèlement leur service jusqu'au mois de juin 1250, époque à laquelle le comte Alphonse les en dégagea par sa quittance donnée à Acre.

 Hugues X de Lusignan est enterré à l'Abbaye de Valence, sur la Dive près de Couhé, qu'il avait fondée en 1230 avec son épouse Isabelle Taillefer.

 

 

 

SCEAUX ET MONNAIES

Le sceau d'Ysabel, représente, d'un côté, n° 3, cette princesse debout la tête ceinte d'une couronne. Sa taille est fine et élancée; une longue robe à plis tombe sur ses pieds et dessine toutes les formes du corps; un long manteau part des épaules et est rejeté en arrière.

De la main droite, comme reine, elle tient un sceptre orné d'enroulements et de feuillage; sur le poing gauche elle porte le faucon, symbole de la puissance féodale.

 La légende du sceau est :

YSABEL D GRA REGINA ANGLIE DNA YBERNIE (Ysabel Dei gratia regina Anglie, domina Ybernie).

Le contre-sceau, n° 4, représente Ysabel sans couronne sur la tête, les cheveux bouclés et tombant sur l'épaule ; son costume est le même que sur le sceau.

De la main droite elle tient le sceptre feuillagé, et de la gauche une croix sur laquelle est posé le faucon. Légende du contre-sceau :

YSABEL DVCISSA NORMANOR AQVIT DOMN ANDEGAVOR 1 ( Ysabel ducissa Normanorum, Aquitanorum , domina Andegavorum).

 

Sceau contre-sceau Hugues X de Lusignan - Comte d'Angoulême

Le sceau, n° 5, représente Hugues X mari d'Ysabel.

Il est tête nue et sans barbe, vêtu d'une tunique ample au milieu du corps et retenue par une ceinture. Le comte est sur un cheval lancé au galop.

De la main gauche il tient la bride à la hauteur de l'épaule ; il appuie la droite sur un chien de chasse placé en croupe.

L'olifant ou cor de chasse est attaché à son cou, et se dessine dans le champ du sceau. La figure du personnage est très-bien conservée.

Légende : + SIGILL : HVGONIS : DE : LEZINIACO: COMITIS : ENGOLISME.

Sceau contre-sceau Hugues X de Lusignan - Comte de la Marche

Le contre-sceau, n° 6, a, dans le champ, l'écu de Lesignan, burelé de neuf pièces.

Des rinceaux gracieux, semblables à ceux que nous trouvons aux archivoltes de nos églises romanes, entourent l'écu.

Légende : + SIGILL : HVGONIS : DE : LEZINIACO : COMITIS : MARCHIE (1).

Le n° 3, Grand denier d'argent

Le Grand denier d'argent. Avers : + EGOLISSIME [Angoulême], et, dans le champ, quatre annelets autour d'une croisette. — Avers : + LODOICVS [Louis], et, dans le champ, la croix pattée. — Poids : 1,20 à 1,30 grammes.

Le n° 4, Petit denier

Le Petit denier. Avers : + HVGVO BRVNNI, et, dans le champ, la croix pattée, cantonnée, à senestre, d'une étoile à six pointes. — Revers : + c. ENGOLISMEN, et, dans le champ, sis, entre un fleuron à cinq feuilles et un croissant.

Le n° 5, Grand denier

Le  Grand denier. Avers : + VGO COMES, et, dans le champ, la croix pattée-. — Revers : + MARCHIE, suivi d'une étoile à six pointes et, dans le champ, trois croissants et un annelet autour d'un Y.

 

Sceau HUGONIS De LEZIGNE COMITIS MARCHIE ET ENGOLISME

Le sceau, n° 7, est celui de Hugues XI, dit le Brun.

 Le travail du burin est très-grossier.

Légende : + s : HUGONIS : De : LEZIGNE : COMITIS : MARCHIE : ET ENGOLISME.

 

sceau de Hugues XI de Lusigna de 1257

Le contre-sceau, n° 8; a l'écu burelé de sept pièces, avec cette légende :

+ SECRETVM MEVM. Ce sceau de Hugues XI est de 1257.

C'est par erreur que le Trésor de Numismatique (Grands Feudataires, pl. VII, n° 2), a donné ce sceau pour celui de Hugues X.

Il existe deux sceaux de Hugues XI, l'un de l'année 1246, l'autre de 1249. Ils ont pour contresceau un écu burelé avec six lions brochants, posés 3, 2, 1.

 Le sceau de 1246 a pour légende :…. VM MVGON…..; il est burelé de neuf pièces.

 

Hugues-le-Brun était alors comte d'Angoulême et son père comte de la Marche.

Le commencement de la charte où il se trouve prouve que Hugues X, en cédant à son fils le comté d'Angoulême, s'était réservé celui de la Marche : « Omnibus presentes litteras inspecturis.

Nos Hugo Bruni, cornes Eugolismmsis, Guido de Lezigniaco, et Gaufridus de Lezigniaco, filii Hugonis de Leizeigniaco, comitis Marchie, salutem. » (Arch. du roy., carton J 192, n° 15.

 Ratification par les trois frères et au nom des deux autres non majeurs, de la cession faite à saint Louis par Hugues et Ysabel des terres que le roi avait conquises sur eux.)

Le sceau de 1249 est plus grand; il est burelé de onze pièces ; il a pour légende :. VGONIS BRVN. (Arch. du roy., carton J 938. Traité de Hugues-le-Brun avec Alphonse, comte de Poitiers, au moment de partir avec lui pour la Terre-Sainte.)

Maintenant, comment s'expliquer que Hugues-le-Brun eût, en 1246, un écusson avec six lions, et, en 1257, un écusson avec les simples burelles?

C'est que Hugues portait, en 1246 et 1249, les six lions comme une brisure, parce que son père vivait encore.

En 1257, époque bien postérieure à la mort de Hugues X, il dut reprendre les armes pleines de Lusignan.

 

Toutes les autres branches des Lusignans brisaient ainsi l'écusson de l'aîné.

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 Le sceau de Guy de Lesignan, sire de Cohiec (Couhé), porte six lions brochants (2).

sceau de Guy de Lesignan, sire de Cohiec

Notule sur Guy de Lusignan A propos d'une reproduction d'un sceau de ce seigneur (*) par ALAIN LANGE

Le sceau de Guy de Lusignan que nous présentons est la reproduction fidèle entièrement faite à la main d'un exemplaire datant de 1287. Il est en argent.

Apposé au bas d'un parchemin, en un temps où rares étaient ceux qui savaient signer, le sceau remplit le rôle de la signature. Garantie d'authenticité, caution de la parole donnée, il constitue en quelque sorte l'irrévocable engagement de celui qui, quelles que soient les circonstances, fait honneur à sa signature.

Fier symbole d'honneur ou d'indépendance, de sujétion quelquefois, le sceau (du latin sigillum, signature) affirme aussi bien la personnalité du seigneur que celle du bourgeois, du pays ou de la cité devenue libre.

D'or, de plomb ou de cire, fréquemment d'argent, le sceau porte un relief qui est la marque de son propriétaire, qu'il s'agisse d'un simple emblème, d'armes, de symboles ou de représentation de personnage (d'après Jean-Marie Dodeur, notice accompagnant le sceau de Guy de Lusignan).

Guy de Lusignan (c'est de Guy 1 qu'il s'agit ici, à ne pas confondre avec son neveu portant le même nom et les mêmes titres) était le deuxième des neuf enfants nés de l'union de Hugues X de Lusignan (1) et de Isabelle Taillefer (2).

 Il appartenait à une puissante famille féodale dont plusieurs membres furent tour à tour rois à Chypre, empereurs à Jérusalem, comtes à Angoulême, en Marche et à Pembroke.

C'est probablement lui qui eut l'initiative de faire de la fée Mélusine le symbole de la puissante Maison féodale.

Ses descendants en firent par la suite leur aïeule légendaire.

Il faut d'ailleurs noter qu'apparaît sur les sceaux des frères et neveux de Guy de Lusignan « un arbre aux feuilles acérées et aux racines embrouillées ressemblant à des queues de serpent » (3).

Il faut signaler aussi que, contrairement aux autres féodaux du Centre-Ouest qui figurent sur leurs sceaux en guerriers, c'est en chasseur que Guy de Lusignan se fit toujours représenter, sans armure et tête nue, avec un simple surcot, un petit chien en croupe et un cor derrière lui, sans doute pour perpétuer la mémoire de son ancêtre Hugues le Veneur.

Ses descendants feront de même, à l'exception d'un seul, Aimar de Lusignan, comte de Pembroke en 1308, qui préféra pour son sceau l'appareil militaire avec le heaume, l'épée et le cheval caparaçonné.

La légende du sceau de Guy de Lusignan est la suivante : S. Guidonis : de Marchia : militis. Son contre-sceau porte l'écu burelé à fleurons gironnés, brochant sur le tout, avec la légende: secretum guidonis.

Né en 1223 ou 1224, Guy 1 de Lusignan a possédé les seigneuries de Cognac, d'Archiac et de Merpins en vertu du testament qui fut signé par ses parents en mars 1243.

D'abord connu sous le nom de Guy de la Marche, il participa avec les siens, en 1242, à la révolte menée par les féodaux contre le roi Saint Louis.

C'est à ce titre qu'il eut une part active dans les batailles de Taillebourg et de Saintes.

En 1248, il accompagna Saint Louis à la Croisade.

« C'est Aigues-Mortes qui vit partir la flotte immense le 28 août 1248, les vents étant favorables », écrit M. le duc de Lévis Mirepoix (4).

De retour de la Croisade, en 1251, Guy de Lusignan séjourna à Londres chez son demi-frère, Henri III Plantagenêt, chez lequel il était d'ailleurs déjà allé auparavant en 1247. Il y retournera, pour la dernière fois semble-t-il, en 1267-1268.

Entre-temps, en 1257, il avait prêté hommage à Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, pour ses trois seigneuries charentaises.

Il soutint en 1264 son demi-frère à la bataille de Lewes.

Guy de Lusignan reçut ensuite, de son neveu Edouard 1er, la jouissance de l'île d'Oléron, moyennant la promesse de lui léguer en retour la terre et le château de Cognac, ce qu'il ne fit point.

En 1262, Guy de Lusignan renouvela les privilèges de Cognac, ville dont la charte avait été octroyée par Jean sans Terre le 4 juillet 1215.

Par la suite, en 1269, Guy de Lusignan envahit les terres de Ponce de Mirambeau, sire de Pons ; son bellicisme à l'égard de ce seigneur lui valut de payer une énorme amende de deux cent cinquante livres tournois à Alphonse de Poitiers, son suzerain.

Guy de Lusignan nous a laissé deux testaments : l'un rédigé en français, l'autre en latin, datant respectivement de 1281 et de 1288.

Guy de Lusignan paraît avoir été pour Cognac — dont il fut le seigneur de 1249 à 1288 — un bon administrateur ; il l'entoura de remparts et lui octroya des franchises (charte de 1262). Il fut aussi un seigneur bon justicier, prudent et modéré.

En 1271, après la mort de Saint Louis, Philippe III le Hardi, son suzerain, s'arrêtant à Cognac au cours d'un voyage, il est fort probable que Guy de Lusignan l'accueillit dans sa ville.

Il décéda en 1288 et fut inhumé, en habit de moine, devant le grand autel, conformément à la volonté qu'il avait exprimée dans son dernier testament, dans la chapelle du couvent des Cordeliers de Cognac qu'il avait fait bâtir. Son tombeau ne fut détruit qu'en 1651, lors du siège de Cognac.

Pour conclure, il faut dire que le nom de son épouse nous est inconnu, et que seul le nom de sa fille, Alix de Lusignan, nous est parvenu.

 

  BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

(*) Cet article contient la substance d'une communication faite en notre nom par M. Jean Piesset à l' « Institut d'Histoire et d'Archéologie de Cognac et du Cognaçais », lors de la séance du 25 février 1971.

(1) Hugues X de Lusignan, dit le Brun, était notamment comte de la Marche et d'Angoulême, sire de Lusignan et baron de Couhé.

(2) Veuve en premières noces de Jean Sans Terre, roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine et seigneur de Cognac.

(3) Dans l'article de M. Pierre-Julien Laferrière, « Femme-dragon née d'un chêne-vert, Mélusine » dans « Sud-Ouest dimanche » du 12 avril 1970.

(4) « Portrait de Saint Louis », par le duc de Lévis Mirepoix, de l'Académie française, dans « Saint Louis, roi de France », coll. Le Mémorial des siècles, A. Michel, 1970, p. 97.

 

EYGUN (François). — Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515, Poitiers, 1938.

Les sceaux des Lusignan y figurent du numéro 415 au numéro 453, planches XII à XVI.

MARTIN-CIVAT (Pierre). - Sires et Princes de Cognac, Angoulême, 1960, p.p. 16-17.

MARTIN-CIVAT (Pierre). - Le très simple secret de Mélusine, thèse Lettres Sorbonne, Oudin, 1969. Voir les chapitres VIII et IX.

MARTIN-CIVAT (Pierre). — Cognac au temps de Saint Louis, dans « Cognac 1971 », bulletin municipal, p.p. 102-105.

MARVAUD (François). — Etudes historiques sur la ville de Cognac et l'arrondissement, Niort, 1870, 2 volumes. Voir 2e vol. passim.

PORTE (Docteur A. de la). — Les Gens de qualité en Basse-Marche. Etudes et documents généalogiques, Le Dorât, 1888.

 

 

 

Le magnifique sceau d'Adémar de Valence, comte de Pembrock, descendant d'Ysabel par Guillaume de Valence, porte l'écu de sept burelles, brisé de neuf merlettes posées 4, 2, 2,1.

sceau d'Adémar de Valence, comte de Pembrock, descendant d'Ysabel par Guillaume de Valence

Légende : ADOMARVS De VALENCIA COMES PEMBROCHIE DNS WEYS ET De MONTINIACO,

et au revers : + s. ADOMARI DE VALENTIA. COMITIS PEMBROCHIE DNI WEYS ET DE MONTINiACO (3).

 

Sceau Guy de Lesignan, deuxième fils de Hugues X et d'Isabelle d’Angoulême

Le sceau, n° 9, est celui de Guy de Lesignan, deuxième fils de Hugues X et d'Ysabel.

Il est à cheval, vêtu d'une tunique serrée et à plis. Il appuie sa main droite sur un chien de chasse placé en croupe :

Légende : + S'. GVIDONIS : DE MARCHA. : MILITIS.

 

SESRETVM GVIDONIS

Le contre-sceau, n° 9 bis, porte l'écu burelé à fleurons gironnés brochant sur le tout (4).

 Légende : SESRETVM GVIDONIS.

 

 Sceau Geoffroy de Lesignan, sire de Jarnac et de Châteauneuf

Le sceau, n° 9 ter, est celui de Geoffroy de Lesignan, sire de Jarnac et de Châteauneuf, troisième fils de Hugues et d'Ysabel.

Sceau équestre; tunique serrée et à plis.

 Légende : + SIGILLYM : GAUFRIDI : LEZINIACESSIS.

 

QVI

 Le contre-sceau, n° 9 quater, porte l'écu burelé à un lion brochant, avec la légende :

+ QVI. PLVS. MORTIS. CONPTEMTOR. QVAM. LEON…..

« Qui craint moins la mort que les lions. » Fière devise, mais que Geoffroy ne démentit pas dans les guerres du roi anglais contre la France.

Sceau de Geoffroy Ier de Lusignan, seigneur de Jarnac

 Antérieurement à ce sceau, Geoffroy en avait eu un dont l'écu burelé avait pour brisures un lambel à quatre pendants et un lion brochant.

 

Ce sceau se trouve à la charte après la Bataille de Taillebourg de ratification du traité de Hugues X avec saint Louis.

Plus tard, quand Guillaume son frère, devenu majeur, brisa son écu d'un lambel, Geoffroy ne conserva que le lion brochant. Le travail du burin est très-délicat (5).

 

Armoiries de Geoffroy Ier de Lusignan

 

Armoiries de Geoffroy Ier de Lusignan, seigneur de Jarnac et de Château-Larcher, fils de Hugues XI de Lusignan..

Armoiries de Geoffroy Ier de Lusignan, puis de son fils Geoffroy II de Lusignan, seigneurs de Vouvant. (homonyme)

 

sceau Guillaume de Valence, quatrième fils de Hugues et d'Ysabel

Le sceau, n° 10, représente Guillaume de Valence, quatrième fils de Hugues et d'Ysabel.

Sceau équestre; légende : SIGIL…. COM….

 

Guillaume de Valence, quatrième fils de Hugues et d'Ysabel

 Le contre-sceau, n° 10 bis, a l'écu burelé, et pour brisure un lambel à cinq pendants, chargés chacun de trois lions. Légende :. ….DOMIN….. (6).

Ce Guillaume de Valence fut père d'Adémar de Valence, comte de Pembrock, sire de Montignac, etc

sceau d'Yolande de Bretagne, femme de Hugues XI

Le n° 12, est le sceau d'Yolande de Bretagne, femme de Hugues XI.

La comtesse a la robe traînante et le long manteau. Elle tient le faucon de la main gauche, et a la droite levée à la hauteur de la poitrine.

Légende du sceau :….. YOLENDIS : VXORIS : DNI : HVGONIS : BRVNI.

 

SECRETVM DNE YOLENDIS

Le contre-sceau, n° 12 bis, porte un écu burelé de huit pièces et six lions brochants, avec la légende + SECRETVM : DNE : YOLENDIS:

sceau de Hugues XII, dit de Fougères, troisième comte d'Angoulême, de la maison de Lesignan

Le n° 11  est le sceau de Hugues XII, dit de Fougères, troisième comte d'Angoulême, de la maison de Lesignan.

Hugues est à cheval, il tient la bride de la main gauche et appuie la droite sur un chien de chasse qu'il porte en croupe.

L'olifant flotte dans le haut du champ, et dans le bas, au-dessous du cheval, est une rosace à dix lobes. Légende : + s' hugonis De Lez. …..chie.

Sigillum Hugonis de Lezigniaco comitis Marchie et Engolisme domini Fulgeriarum

Le contre-sceau, n° 11 bis, a l'écu burelé de douze pièces, avec la suite de la légende du sceau : eT en….. VLGERIARVM.

Les deux légendes formaient celle-ci: Sigillum Hugonis de Lezigniaco comitis Marchie et Engolisme domini Fulgeriarum (7).

 

Hugues XIII, dit le Brun

Le n° 16, représente Hugues XIII, dit le Brun, sur un cheval lancé au galop.

Il tient la bride de la main droite. La gauche a le gantelet et porte un faucon. Le chien de chasse est accroupi sur le dos du cheval et l'olifant flotte dans le champ du sceau.

Légende : s : HUGONIS : BRVNI : COMITIS : MARCHIE :

c16

Le contre-sceau, n 16 ter, a l'écu burelé de dix pièces, entouré de rinceaux et séparé de la légende par un encadrement en forme de rosace à six lobes. La légende est la suite de celle du sceau : + ET : ENGOLISME : DOMINI : LEZINIACI : (8).

Le petit sceau de Hugues-le-Brun

Le petit sceau de Hugues-le-Brun, n° 16 bis, s'est trouvé à une ordonnance de Philippe-le-Bel scellée du sceau de plusieurs évêques et barons, du lundi après la fête de saint Remi, 1303.

Le travail en est extrêmement délicat. Il est rond ; un encadrement en losange renferme l'écu burelé de sept pièces. Autour de cet encadrement sont plusieurs compartiments gothiques, les uns quadrilobés, les autres garnis de petites roses à rayons, semblables à celles des églises du XIIIe siècle.

La légende se lit sur l'encadrement losangé : s h LEBRVN COTE DE LA MARCHE (sceau de Hugues-le Brun, comte de la Marche (9).

sceau de Guy de Lesignan, seigneur de Cognac

Le n° 14, est le sceau de Guy de Cognac, qui fit donation de ses biens à Hugues-le- Brun son neveu.

Guy est sur un cheval au pas. De la main gauche il tient la bride, et de la droite un chien de chasse placé sur la croupe du cheval. L'olifant est dans le champ du sceau.

Légende : SIGILL: GVIDONIS : De : LEZINIACO : DOMINI : DE : COMPNIACO (10)

 (sceau de Guy de Lesignan, seigneur de Cognac).

l'écu de Lesignan, burelé de sept pièces, brisé d'un lambel de cinq pendants

 Le contre-sceau, n° 14 bis, est l'écu de Lesignan, burelé de sept pièces, brisé d'un lambel de cinq pendants.

La légende : + s' SECRETI GVIDONIS De LEZIGNIACO.

 

GVIDONIS De LEZINIACO COMITIS MARCHIE

Les nos 17 et 19, représentent Guy ou Guyart, le dernier Lesignan.

Ces deux sceaux brisés se complètent l'un l'autre; mais ils ne sont pas du même burin. Les mots sont séparés par des astérisques dans les n° 17 et 18, et par trois points dans les n° 19 et 20.

Dans ces deux sceaux, Guy vêtu d'une tunique très-ample, est assis sur un cheval lancé au galop.

Il tient de la main droite la bride du cheval, et de la gauche le faucon. Il a l'olifant. Son visage est jeune et sans barbe; dans le champ du sceau, sous le cheval, sont des branches de chêne. Le chien de chasse se tient sur la croupe du cheval.

Légende: + s': GVIDONIS De : LEZINIACO COMITIS MARCHIE (11).

Le contre-sceau présente l'écu burelé, entouré de fougères, dans un encadrement en rosace à six lobes, avec la légende qui termine celle du sceau : + ET ENGOLISME eT DOMINI: LEZINIACI.

sceaux et contre-sceaux d'Yolent de la Marche, sœur aînée de Guyart

Les n° 28,29,30 et 30 bis, pl. VI, sont les sceaux et contre-sceaux d'Yolent de la Marche, sœur aînée de Guyart, avec laquelle Philippe-le-Bel traita pour la succession des comtés de la Marche et d'Angoulême.

Ces sceaux attestent l'insistance d'Yolent à faire valoir le titre de comtesse d'Angoulême, qu'elle s'était hâtée de prendre à la mort de son frère.

28

Dans le sceau, n° 28, elle est représentée tenant le faucon sur le poing.

A droite et à gauche, dans le champ, elle a deux écus, celui de Lusignan et celui de Fougères.

Son contresceau a l'écu avec une fasce, qui est de Pons; et le contre-sceau, n° 29, porte l'écu losangé des Taillefers, qu'elle représentait en effet comme arrière-petite-fille d'Ysabel. Instinct singulier qui porte l'homme à prodiguer les insignes de la puissance qui lui échappe, comme si le passé pouvait se reconquérir par des images !

Légende du n° 28 : + s' YOLENT De LEZIGNIEN CTESSE De LA MARCHE DENGOVLESME ET DAME De FOVGIERES (12)

29

Légende du contre-sceau n° 29 : + CONTRESCEL YOLENT De LEZIGNIEN.

La légende du n° 30 est fruste ; on lit seulement : YOLENT De. ….

Légende du contre-sceau, n° 30 bis : + SIGILLVM SECRETI.

Le Trésor de Numismatique, qui publie le sceau d'Yolent (Grands Feud., pl. VII, n° 4), dit «qu'il n'est pas fait mention de cette Yolent dans la généalogie des Lesignans, que peut-être elle était femme de Guy de Lesignan, sire de Couché, qui prit le titre de comte de la Marche et d'Angoulême, bien que par le testament de son frère Hugues XIII, ces comtés eussent été cédés au roi de France. » Il y a ici plusieurs erreurs.

1° Corlieu fait une mention toute spéciale d'Yolent.

2° Yolent n'était pas l'épouse de Guy de Lesignan, mais du sire de Pons.

3° Ce Guy de Lesignan, sire de Couhé (et non pas Couché), de Frontenay et du Peyrac, n'était pas frère de Hugues XIII, mais un de ses oncles. Il ne prit jamais le nom de comte d'Angoulême.

Nous avons de lui une charte par laquelle il cède son château de Frontenay à Philippe-le-Bel (13).

sceau et le contre-sceau Famille Lusignan

 

Nous donnons son sceau,  nos 15 et 15 bis.

 

sceau et le contre-sceau de Jeanne de la Marche, dame de Joinville, sœur de Guyart

Les nos 13 et 13 bis, donnent le sceau et le contre-sceau de Jeanne de la Marche, dame de Joinville, sœur de Guyart.

Dans le n° 13, Jeanne est debout, tenant le faucon de la main droite. Dans le champ du sceau, se voit, à sa droite, l'écu de Lesignan, et à sa gauche celui de Joinville qui est d'azur à trois broyes d'or, au chef d'argent chargé d'un lion naissant de gueules.

Légende : …..GILLUM IOHANNE De GEYNVILE.

Le contre-sceau a l'écu parti de Joinville et de Lesignan, avec la légende : + cs IOHANNE De GEYNVILE (14).

 

 

 Statistique monumentale de la Charente / par J.-H. Michon... ; dessins et plans par MM. Zadig Rivaud,... Jules Geynet, de Lafargue Tauzia

 bulletin de la Société charentaise des études locales

 

 Une charte méconnue d’Adémar Taillefer comte d’Angoulême <==

 


 

Situation du Poitou à l'avènement d'Alphonse. (Les grandes maisons seigneuriales du Poitou)

Un orage terrible s'amoncelait contre Alphonse de Poitier s: mais, avant de raconter la manière dont il éclata et la guerre qui en fut la suite, il est indispensable d'exposer la situation du Poitou au début du nouveau règne. Arrachée par Philippe-Auguste à la domination anglaise en 1204-1208, cette province était loin d'être définitivement acquise à la royauté capétienne.

 

1241 Blanche de Castille, reine de France, Saint Louis et son frère Alphonse séjournent à Lusignan

Souvent on s'est plaint de la sécheresse de nos anciennes chroniques; souvent on a déploré la rareté ou même l'absence de ces correspondances intimes qui jettent de si vives lumières sur les événements d'un règne, en nous initiant aux secrets de la politique et en nous dévoilant les pensées et les intentions des personnages qui ont joué un rôle important sur la scène du monde.

 

le Cimetière des Rois d'Angleterre à l'abbaye de Fontevraud

C'est parce qu'il était arrière-petit-fils de Guillaume le Conquérant, le normand qui avait conquis l'Angleterre, que Henri II Plantagenêt, Comte d'Anjou, devint roi d'Angleterre.

 

Généalogie - Maison des Hugues de Lusignan et Geoffroy la Grand' Dent. 

( Château médiéval de Vouvant, tour Mélusine - cie Capalle) Les principales, familles sorties de la souche 1er des Lusignans sont celles des comtes de Pembrocke et d'Eu, des seigneurs de Vouvant, de Saint-Gelais, de Lezay, de Couhé, de Lestang, des Marais, de Beauregard, et les Lusignans, rois de Chypre.

 

Guillaume de Valence, comte de Pembroke, seigneur de Bellac, Rancon et Champagnac.

Guillaume est né dans l'abbaye cistercienne de Valence, Couhé-Vérac, Vienne, Poitou-Charentes, près de Lusignan, vers la fin des années 1220 (sa sœur aînée Alice est née en 1224).

 

MELUSINE ET LUSIGNAN 

Le nom même de Mélusine est indissociable de celui de Lusignan mais l'histoire de la fée et de son séjour parmi les mortels, son mariage avec Raimondin et le dénouement de cette union, relèvent du folklore universel.



Guy de Lusignan Seigneur de Couhé, Acte d'échange des châtellenies de la Fere en Tardenois et de Frontenay, diocèse de Saintes 

Acte d'échange des châtellenies de la Fere en Tardenois, diocèse de Soissons, et de Frontenay, diocèse de Saintes, entre Gui de la Marche, chevalier, seigneur de Couhé, et Gaucher, seigneur de Châtillon en Champagne. Universis presentes litteras inspecturis, Guido de Marchia, miles, dominus de Cohet, Pictavensis dyocesis, et Gaucherius dominus Castellionis, in comitatu de Campania, miles, salutem....

 

Rencontre entre le roi de France, Louis IX, et le roi d'Angleterre, Henri III à Chartres en 1254. 

Au moment où Saint Louis rentra de la croisade dans son royaume, il pensa d'abord corriger quelques abus qui s'étaient glissez pendant son absence. Il fit une Ordonnances contre la vénalité des charges, et des règlements pour les juges, leur défendant d'exiger et même de recevoir des présents des parties.

 

(a) Babinel., de Rencogne prétend' qu'une erreur a été commise et qu'Isabelle avait été fiancée non à Hugues X, mais à son père Hugues IX.

(b) Moine de La Couronne depuis 1172, abbé en 1178, évêque d'Angoulême de 1182 à 1203.

(c). On n'ignore pas que l'abbaye de La Couronne fut vendue comme bien national le 29 septembre 1807, sous l'administration du préfet. Rudler, pour la somme de 6.000 francs.

Les acquéreurs, l'ont démolie et, aujourd'hui, il n'en reste plus que des ruines imposantes qui ont appartenu, pendant longtemps, à M. V. Liédol, payeur du département de la Charente.

(d) CHARTE DE HUGUES DE LUSIGNAN , COMTE D'ANGOULÊME, Et d'ISABELLE TAILLEFER, sa femme, Concernant la dîme sur la levée de l'étang de Saint-Michel-d'Entraigues.

Hugues de Lusignan était Xe comme comte de la Marche et comme comte d'Angoulême.

 « Auprès d'Angoulême, à peu de distance de Loisellerie, ils (Hugues « et Isabelle) firent faire l'étang nommé de Saint-Michel, où ils faisaient élever des cygnes ; il est depuis plus d'un siècle comblé, et forme une prairie appelée de l'Etang. »  (P. 341 du tome 1er de l’Histoire d’Angoumois, par Louis Desbrandes, 2 vol. in-4, t8i6, Manuscrit de la Bibliothèque  publique d'Angoulême.)

 

1226.

Hugo de Leziniaco, comes Marchiae, et Hysabella uxor sua, Dei gratia regina Angliae, comitissa Marchiae et Engolismse, universis Christi fidelibus ad quos praesentes litterae pervenerint, salutem, et veritati testimonium perhibere universitati vestrae sub hujus scripti testimonio innotescat, quod cum Ecclesia de Corona, in terra quae est subtus stagnum, quod constructum est prope Sanctum Michaelem de Inter Aquas, ex una parte levatae ejusdem stagni, totam decimam illius terrae et ex altera parte medietatem haberet, et nos in parrochia Sancti Johannis de Paludibus jus haberemus, tam nobis quam Vitali tunc abbati et conventui de Corona placuit permutationem facere de praedictis.

Ita quod praedicti abbas et fratres de Corona quicquid juris habebant in terra quae est subtus stagnum praemissum, sicut extenditur ipsum stagnum, vel futuris temporibus per inundationem aquarum extendetur, nobis et haeredibus nostris quitaverunt et habendum perhenniter concesserunt.

Nos vero quicquid juris in parrochia Sancti Johannis de Paludibus, tam in terris cultis quam incultis, tam in planis quam nemoribus, tam in expletis quam censibus, tam in consuetudinibus quam servitiis, sive in quibuslibet aliis in praedicta parrochia consistentibus quocumque nomine censseantur, cum omni jure quod habebamus in manso qui mansus de Sellac vulgariter appellatur et est in parrochia de Torciaco, inter Torciacum et Vaolium, cum omni integritate, dedimus et concessimus Deo et Ecclesiae Beatae Mariae de Corona et fratribus ibidem Deo pro tempore servituris, habendum perhenniter et pacifice possidendum, promittentes et firmiter concedentes nos facturos Ecclesiae Sanctae Mariae de Corona in praedictis omnibus, contra impetitorem quemlibet, secundum jus garimentum.

Actum publice in cimiterio Sancti Johannis de Corona, anno gratia; M". CC". XX°. VI°

sub his testibus Helia priore de Corona et Iterio capellano Sancti Johannis, presbyteris; Ancherio de Viron tunc seneschallo nostro Engolismensi, et Gaufrido de Botavilla, militibus; Guillelmo Fucaldi tunc praeposito Engolismensi et pluribus aliis. Ut autem haec permutatio plenum robur obtineat perpétuae firmitatis, eam conscribi et sigillorum nostrorum fecimus munimine roborari, et etiam, ad ipsam firmitatem solidius obtinendam, sigillum Ecciesise Beatae Mariae de Corona fecimus apponi.

 
 

 H. 426. Insérée, avec deux autres, dans une grande charte originale sur parchemin de Hugues de Lusignan, comte de la Marche (XII) et d'Angoulême (III) et seigneur de Fougères, ainsi datée :  Actum et datum apud Engolismam, die Lunae post festum Annunciacionis Beatae Mariae, anno Domini millessimo ducentesimo sexagesimo …..o, mense Marcii. Hauteur 73 c. largeur 3 S c. Le sceau manque.

Cette grande charte de confirmation contient :

1 La charte de Hugues et d'Isabelle, de 1226, que nous venons de transcrire ;

2 Une seconde charte des mêmes personnages, datée : Datum et actum apud Compniacum, die Jovis post festum Beatae Mariae Magdalenae, anno Domini M°. CC°. quadragesimo, et confirmant plusieurs donations faites à l'abbaye de La Couronne par un habitant d'Angoulême, nommé Ademarus de Sancto Andrea, miles, de tout ce qu'il possède ab ecclesia Sti Michaelis Inter Aquas versus abbatiam de Corona, ainsi que son mas de Laribière: massum meum de Lariberia, cum omnibus pertinentiis suis, quod est prope Engolismam, inter ulmum de La Crocilha et fluvium Carantonis, prout extenditur ad rivum de Anguena (voir une charte originale s. d. du même Ademarus  Sto Andrea, H.463);

3° Une charte de Securus de Castro Novo senior, miles, datée in festo Beati Hylarii, anno Domini Mo. CC°. Lmo septimo et par laquelle il donne à l'abbaye ce qu'il possède in mansso de Sellac et ejus pertinentiis, sito in parrochia de Torciaco, etc. La charte originale de Securus se trouve dans la série H. 449, et il en existe une autre plus ancienne portant cette suscription Ego egurus, filius Fulconis Barbosta de Castro  Novo, s. d mais du temps de l'abbé Robert (H.432).

 

(1) Charte de 1224, Arch. du Roy., carton J 374, n° 6.

(2) Il a pour légende : s. GVID. DOMINI DE PETRIACO. (Sceau de Guy, seigneur du Peyrac.) Dans le sceau Guy est représenté sur un cheval lancé au galop. Une étoile à nombreux rayons est sous le cheval, dans le champ du sceau.

(3) Son petit sceau, n° 21, même pl., a pour légende: SIGILL ADEMARI DE VALENCE. Ce petit sceau se trouve au traité de paix de. Tournay de 1297, et à la trêve d'Amiens de 1302. (Arch. du roy. carton J. 633, n° 7.)

(4) Charte de 1246. Carton J. 192, n° 15.

(5) Testament de Hugues X de 1248. Arch. du roy. carton J. 407, n° 3.

(6) Même Charte.

(7) Testament de Hugues de Lesignan, seigneur de Fougères, de 1269. Arch. du Roy. carton J. 407, n° 4.

(8) Charte de 1281, Arch. du roy., carton J 270, n° 19.

(9) Arch. du Roy. carton J. 384, n°1.

(10) Charte de 1281. Arch. du Roy. carton J. 270, n° 19.

(11) Charte de 1 308. Arch. du Roy. carton J. 414.

(12) Charte de 1305, Arch. du roy., carton J 374, n° 3.

(13) Charte de 1508, Arch. du roy., carton J 374, n° 7.

(14) Transaction entre Philippe et Jeanne de la Marche, alors veuve du sire de Joinville, sur la succession de Guyart, 1309. Arch. du roy. carton J. 409, n° 15.