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27 septembre 2025

Jean II d'Alençon compagnon d'armes de Jeanne d'Arc et le Château des Ducs d'Alençon

Jean II d'Alençon (2 septembre 1409 – 8 septembre 1476), surnommé "le Jeune" ou "le Beau Duc", fut duc d’Alençon, comte du Perche, seigneur de Fougères, vicomte de Beaumont, baron de Saosnois et seigneur de la Flèche, une figure marquante de la fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453) et des troubles qui suivirent.

 Né au château d'Argentan, troisième des fils de Jean I, les deux aînés étant morts jeunes,  il succéda à son père en 1415, après la bataille d'Azincourt où ce dernier trouva la mort.

Surnommé le « gentil duc » par Jeanne d'Arc, il l'accompagna lors de campagnes clés, comme le siège d'Orléans en 1429, et fut nommé lieutenant-général du roi Charles VII.

 Son duché, situé en Normandie, fut un enjeu majeur lors de la guerre de Cent Ans.

Malgré des victoires militaires, sa vie fut marquée par des accusations de trahison, des emprisonnements (notamment au Louvre) et la confiscation de ses biens par Louis XI en 1473. Il mourut en prison en 1476. Voici un résumé basé sur les sources historiques.

 

Biographie et origines

Naissance et famille : Fils de Jean Ier d’Alençon (mort à Azincourt en 1415) et de Marie de Bretagne, il naît à Château-Thierry. Orphelin jeune, il est élevé par sa mère et devient duc à 6 ans sous régence, son oncle Charles d’Anjou (comte du Maine) assumant la tutelle jusqu’en 1425.

 

23 août 1423 Loches - Fidèle du roi, il reçoit Niort comme récompense et gage de loyauté. (Lettres de vente et cession de Niort par Charles VII à Jean duc d’Alençon).

 

Mariages : En 1424, il épouse Jeanne d’Orléans (fille de Louis Ier d’Orléans), renforçant ses liens avec la maison royale, mais elle meurt en 1432 sans enfants.

En 1437, il épouse Marie d’Armagnac, fille de Jean IV d’Armagnac, avec qui il a plusieurs enfants, dont René d’Alençon (futur duc).

Mort : Exécuté le 8 septembre 1476 à Paris sur ordre de Louis XI, après sa condamnation pour trahison. Il est inhumé à l’église des Célestins.

 

Rôle militaire et lien avec Jeanne d’Arc

Début de carrière : Capturé par les Anglais à Verneuil.

La bataille de Verneuil (17 août 1424) : À seulement 15 ans, Jean II d'Alençon combat aux côtés des forces françaises contre les Anglais, menés par le duc de Bedford.

Cette "Hourraille des Anglais" (surnom dû à la déroute française) est une victoire anglaise décisive dans la guerre de Cent Ans. Alençon est capturé, tout comme plusieurs autres nobles français.

Conséquences immédiates : Le duc de Bedford, frère d'Henri V et régent en France, profite de cette victoire pour consolider le contrôle anglais sur la Normandie.

Il confisque le duché d'Alençon, déjà affaibli depuis la mort du père de Jean II à Azincourt (1415). Le jeune duc est détenu comme prisonnier de guerre, d'abord en Angleterre, puis au château de Le Crotoy (Somme, France).

 

Il est libéré contre rançon, rejoignant Charles VII.

Le 24 février 1427, le jeune duc d’Alençon obtint sa liberté, en s’obligeant à payer au comte de Bedford (Jean de Lancastre, 1389-1435), régent du royaume de France au nom d'Henri VI d'Angleterre, 160.000 saluts d’or, la somme de 18.000 livres, et en sus, toute la dépense qu’il avait faite (ce qui composait plus de 300.000 écus d’or). (Odolant-Desnos).

Pour les payer, il fallut vendre les meubles et les diamants appartenant à la maison d'Alençon, le roi donna 24.000 écus.

Le duc de Bretagne profita de la circonstance pour acheter à vil prix Fougères, Bazoche, Antrain, qu’il acheta au nom des États de Bretagne (31 décembre 1428), pour 80.000 saluts qui furent payés au régent d’Angleterre et 38.000 écus d’or à Jean d’Alençon.

Pour le reste de la rançon, le duc de Bretagne s’en faisant caution, il l’obtint de ses amis. Il ne tira que de faibles sommes de ses vassaux, obligés par les coutumes féodales de contribuer à la délivrance de leur seigneur prisonnier, les Anglais étant maîtres de presque toutes les terres.

 

 Âgé de 19 ans, il devient un chef militaire prometteur.

Campagnes avec Jeanne (1429) : Il rencontre Jeanne d’Arc à Selles-en-Berry (mars 1429) et l’accompagne à Orléans, où il commande des troupes lors de la levée du siège (8 mai). Perceval de Cagny, son secrétaire, décrit leur collaboration étroite.

Il participe aux victoires de Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency et Patay (18 juin), où il joue un rôle clé contre les Anglais.

Lors du sacre de Charles VII à Reims (17 juillet 1429), il escorte le roi avec Jeanne, renforçant sa réputation.

Il soutient l’assaut sur Paris (septembre 1429), mais l’échec le décourage, marquant un tournant.

 

Lien avec Montfaucon (hiver 1429-1430)

Comme son oncle Jean Ier d’Alençon , Jean II est probablement présent à Montfaucon-en-Berry cet hiver, assistant Jeanne dans les préparatifs pour Paris.

Cependant, les sources (ex. : Cagny) ne le citent pas explicitement, son rôle étant encore secondaire par rapport à son oncle, alors maréchal actif.

 

Après Jeanne : Après la capture de Jeanne (mai 1430), il s’éloigne des campagnes, se concentrant sur ses domaines normands face aux Anglais (ex. : siège de Louviers, 1431).

 

Trahison et chute

Ambiguïtés politiques : En 1437, il négocie secrètement avec les Anglais pour récupérer ses terres normandes, un acte ambigu vu comme une trahison par Charles VII.

En 1440, il rejoint la Praguerie, une révolte nobiliaire contre le roi, aux côtés de Charles Ier d’Anjou et du dauphin Louis (futur Louis XI). La rébellion échoue, et il est pardonné.

 

Complot avec les Anglais (1470-1474) : Lors de la guerre de Succession du Maine, il pactise avec Édouard IV d’Angleterre, offrant des bases normandes en échange d’aide. Capturé en 1474 à Alençon, il est jugé pour haute trahison.

 

Procès et exécution : Malgré ses services, Alençon est emprisonné par Louis XI en 1458-1461, puis en 1474 jusqu'à sa mort en 1476.

 

Condamné par le Parlement de Paris, il est décapité le 8 septembre 1476 à l’âge de 67 ans. Sa mort scandalise, car elle vise à éliminer un rival potentiel de Louis XI.

 

Le blason des seigneurs d'Alençon, princes de sang royal, est le suivant :

"De France, à la bordure de gueules, chargée de huit besants d'argent"

(c'est-à-dire trois fleurs de lis sur fond azur, bordé de rouge, orné de huit besants).

 

Héritage

Réputation : Initialement héros avec Jeanne, il est vu comme un traître par les chroniqueurs royaux (ex. : Thomas Basin). Sa fin illustre les luttes entre nobles et monarchie centralisée sous Louis XI.

Descendance : Son fils René (1454-1492) hérite du duché, mais la maison d’Alençon décline, intégrée à la couronne sous François Ier.

 

Le Château des Ducs d'Alençon

Le château des ducs d'Alençon, situé au centre-ville d'Alençon (département de l'Orne, Normandie), était le cœur du comté puis du duché d'Alençon.

 Construit initialement au IXe siècle sous Richard Ier de Normandie et confié à la famille de Bellême, il fut renforcé au XIIe siècle avec un donjon carré par Henri Ier Beauclerc , fils de Guillaume le Conquérant.

 

Rôle de Jean Ier d'Alençon (père de Jean II) : Vers 1400-1410, Jean Ier fit édifier un second château autour du donjon, incluant la tour couronnée et le châtelet d'entrée (pavillon encore visible aujourd'hui). Ces travaux visaient à fortifier la frontière sud de la Normandie contre les attaques angevines.

Rôle de Jean II d'Alençon : Après 34 ans d'occupation anglaise suite à Azincourt (1415), la forteresse est tombée aux mains des Anglais en 1417.

Jean II d’Alençon avait porté la guerre en Bretagne.

 

 

 

 

Les Anglais prirent Fougères dans la nuit du 23 au 24 mars 1448. Par contre les Français les délogèrent de presque toute la Normandie.

Ils perdirent Verneuil le 27 septembre 1449, puis Nogent-le-Rotrou, et peu après, Longny, Essay, Boitron, enfin Alençon (1) et Fresnay, tandis qu’ils reprirent Bernay, Livarot, Rugles, la Ferté-Fresnel et Exmes, qui était encore à cette époque la plus forte des places de la contrée.

Dunois (Les Compagnons d'Armes de Jeanne d'Arc : Jean, Bâtard d'Orléans) la reprit en 1448 et ce fut le dernier siège qu’Exmes eut à soutenir, avant la démolition de ses fortifications par Henri IV.

En 1449, Dunois, accompagné par le comte de Clermont et le comte de Nevers se rendit maître de la ville et du château d’Argentan. La même année une armée commandée par Charles VII en personne se porta sur Rouen et s’empara de deux des tours.

 

Histoire ultérieure du château

XVIe siècle : Henri IV ordonna sa destruction partielle en 1592 pour affaiblir les forteresses seigneuriales après les guerres de religion. Seuls subsistèrent le donjon (détruit en 1782) et le pavillon d'entrée.

Révolution et après : Converti en prison et palais de justice dès la Révolution française, il le resta jusqu'en 2010. Classé Monument Historique, il est aujourd'hui en restauration pour une ouverture au public.

 

Aujourd'hui, les vestiges (principalement le pavillon d'entrée place Foch) témoignent de son passé fortifié. Pour plus de détails, une visite sur place ou des sources comme l'article de Jean Mesqui sur l'architecture royale dans le duché d'Alençon (1370-1415) sont recommandées.

 

 

Sources historiques

Chronique de Perceval de Cagny : Détails sur ses campagnes avec Jeanne.

Histoire de Charles VII de Thomas Basin : Analyse de ses trahisons.

Journal d’un bourgeois de Paris : Mentionne ses faits d’armes et sa chute.

Archives judiciaires de 1476 (éd. Paulin Paris, 1837).

 

 

(1) Jean II reprit le château aux Anglais en 1449, Alençon fut rendue au roi par quatre échevins : Muret, Dumesnil, Lebouleur et Brosset qui en ouvrant, la nuit, une des portes de la ville, permirent à ses troupes d’y pénétrer.

Cette reconquête marqua un tournant dans la reconquête française de la Normandie.

Bien que le château ait servi de résidence ducale jusqu'à la fin du XVIe siècle, Jean II, souvent en campagnes ou en exil, n'y résida pas de manière prolongée.

Il se remaria en 1437 au château de L'Isle-Jourdain avec Marie d'Armagnac, mais aucune source ne lie directement ce mariage au château d'Alençon.

 

 

 

 

 

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