Château d'Airvault - Gaspard de Coligny Time Travel 03 oct 1569

AIRVAULT, à 65 kil. de Niort; Son territoire, arrosé à l'ouest par le Thouet.

Synthèse : Airvault, en latin Aurea Vallis, c'est-à-dire Vallée d'or, selon certains historiens, est désigné par divers auteurs sous les noms d'Ervault, Oirvault ou Arvaux.

Située à 200 mètres du Thouet, partie dans une vallée, partie sur une hauteur, la ville d'Airvault est au milieu du bocage.

Le château d'Airvault a été construit sur un ancien castrum.

Au moyen-âge, le château fut assiégé et conquis en 1207 par Philippe Auguste.

Le 22 septembre 1565, Jean Ysoré, baron d’Airvault eut l’honneur d’accueillir Charles IX et le petit prince de Navarre (futur roi Henri IV).

Le 3 octobre 1569, après la bataille de Moncontour qui vit la victoire du duc d’Anjou (le futur Henri III), Gaspard de Coligny qui commandait les calvinistes battus ordonna de mettre le feu au château pour se venger de René Ysoré (fils de Jean Ysoré) qui avait contribué à sa défaite. Incendié, le château fut abandonné par ses seigneurs.

Au début du XXe siècle le propriétaire construisit un logement dans la basse-cour.

Les vestiges de l'ancien château ont été inscrits monument historique le 3 octobre 1929 puis classés le 24 septembre 2007 pour ce qui est de l'enceinte et de ses tours, des vestiges de la barbacane et des sols.

Cette ville eut beaucoup à souffrir pendant les guerres de la Vendée. Avant 1789, Airvault possédait plusieurs ateliers d'horlogerie qui jouissaient d'une grande réputation. Les habitants se livraient autrefois à la chasse aux vipères, qui étaient alors employées dans les préparations pharmaceutiques.

L'église d'Airvault est du XIIe siècle ; la façade possède une jolie ornementation ; on y voit encore les restes d'un cheval colossal monté par un cavalier. Un beau vestibule précède l'intérieur de l'église qui est remarquable par les belles proportions de son architecture. Le clocher a été élevé au XIIIe siècle.

Auprès de l'église se trouvait une abbaye d'Augustins ; les cloîtres ont été détruits par l'amiral de Coligny, après sa défaite à la bataille de Moncontour. La première église d'Airvault fut fondée en 971, par Aldearde, vicomtesse de Thouars.

Près de cette ville existent des ponts, que la tradition attribue, à tort, aux Romains.

Les environs d'Airvault sont très pittoresques ; d'un côté s'étendent les plaines, de l'autre s'élèvent des coteaux couverts de vignes.

 

 

Historique

Depuis la fondation de l'abbaye jusqu'au milieu du XIIIe siècle, le nom d'aucun seigneur d'Airvau n'est Venu jusqu'à nous; tout nous porte donc à croire que ce fief, durant cette longue période, fit toujours partie du domaine vicomtal.

Cependant un Simon d'Airvau existait an XIe siècle.

 En effet, lorsque, le 7 décembre 1099, Herbert II, vicomte de Thouars, fit faire par Pierre II, évêque de Poitiers, la, dédicace du prieuré de Saint-Nicolas, que Aimery son père avait fondé à la Chaize-le-Vicomte et donné à l'abbaye de Saint-Florent, il réunit tous ses vassaux pour ajouter à l'éclat de cette brillante cérémonie, et demanda à chacun d'eux de contribuer de ses dons à enrichir la maison de Dieu.

Nous voyons donc comparaître à cet acte solennel tous les possesseurs des grands fiefs qui relevaient immédiatement du vicomté, et, mêlé aux noms des puissants seigneurs de Montaigu, de Parthenay, de Doué, d'Argenton, de Bressuire, de Mauléon, d'Aspremont, de la Garnache, etc., etc., nous trouvons celui de Simon d'Airvau placé entre les barons de Parthenay et de Doué, et dont l'aumône s'élève à dix sols d’or de cens annuel.

Quel était donc ce Simon d'Airvau? N'était-il qu'un simple châtelain préposé à la garde du fief ? Mais le rang qu'il occupe parmi tous ces hauts barons et la richesse de son offrande ne permettent pas de s'arrêter à cette pensée.

La terre d'Airvau était-elle donc déjà sortie de la maison de Thouars? Mais, un siècle plus tard, nous voyons le vicomte Aimery V faire un acte de souveraineté directe, qui témoigne qu'elle faisait toujours partie de son domaine.

Nous ne pouvons donc nous arrêter qu'à cette seule idée, que Simon d'Airvau était lui-même membre de la famille des vicomtes de Thouars, et que lui ou ses auteurs avaient pris le nom de leur partage, qui plus tard revint dans la main du vicomte par jouissance de fief, le seigneur étant mort sans postérité.

De nombreux exemples justifient cette conjecture, et cette coutume, en vigueur à ces époques reculées où les noms patronymiques n'étaient point encore en usage, a enveloppé d'une obscurité impénétrable l'origine de bien des familles. (2)

 Nous ne pouvons concilier autrement l'existence de Simon d'Airvau en 1099 avec le passage de cette terre, deux siècles environ plus tard, dans la famille de Chausseroye, par une alliance avec la maison de Thouars.

Un acte de 1188, par lequel le vicomte Aimery V concède un droit de justice à l'abbaye, confirme encore notre manière de voir. En effet, si dès cette époque cette terre fût sortie du domaine privé des vicomtes, le nom du seigneur immédiat, du propriétaire réel, se fût trouvé sans aucun doute mêlé à ceux des signataires de l'acte. Il eût été présent, il eût consenti, ou il eût protesté contre cette extension de pouvoir accordée à cette puissance rivale. Cependant, parmi les noms laïques qui figurent au bas de cette charte, nous n'en trouvons aucun revêtu de ce titre; la terre d'Airvau appartenait donc bien toujours à ses anciens maîtres.

Son rôle, jusqu'ici fort paisible, va s'agrandir quelque peu, et son nom figurer dans les récits de ces guerres acharnées qui signalèrent la fin du XIIe et le commencement du XIIIe siècle, guerres qu'allumèrent entre l'Angleterre et la France les haines nationales, dont les feux, qui brûlaient encore il y a à peine quelques années, semblent maintenant éteints.

Philippe-Auguste, le prince conquérant et civilisateur de son époque, rencontra en Poitou, partout et toujours, levée contre lui la bannière des vicomtes de Thouars, comme l'a dit l'un de nos collègues.

Ces grands vassaux voyaient approcher avec crainte le moment où, soumis à la couronne de France, ils auraient près d'eux un maître, tandis que sous la domination anglaise ils vivaient pour ainsi dire indépendants.

Les monarques anglais, dans leurs courtes apparitions sur le continent, redoutaient leur pouvoir, et les ménageant comme des alliés nécessaires, comme un soutien assuré, se conduisaient envers eux plutôt en égaux qu'en suzerains.

Les victoires du roi de France abattaient bien de temps à autre l'audace de ces adversaires parfois vaincus, jamais domptés. Mais, à peine renversés, ils puisaient de nouvelles forces dans cet esprit de nationalité qui faisait considérer aux Poitevins les Francs comme des conquérants avides, et envisager la lutte pour les princes anglais comme la défense des droits légitimes des héritiers de leurs anciens comtes.

Les chants des deux Bertrand de Born étaient encore vibrants, et, à la voix du vicomte de Thouars, le Poitou se levait et secouait le joug des hommes du Nord.

Fatigué de ces guerres incessantes, de ces batailles sans trêve, de ces combats sans merci, Philippe-Auguste voulut abattre (1207) une bonne fois cette hydre sans cesse renaissante, et, frappant un grand coup, écraser la puissance anglaise dans la personne de son plus acharné défenseur.

Le vicomte de Thouars ne céda pas sans combattre à cette redoutable épée contre laquelle vint se briser, sept ans plus tard, la moitié de l'Europe dans les champs de Bouvines.

Mais, lâchement abandonné par le frivole Jean Sans-Terre, qu'il avait tant de fois secouru, voyant ses villes (Airvau entre autres) prises, ses forteresses ouvrant leurs portes à ce torrent dévastateur qu'il n'était plus en son pouvoir, d'arrêter, et qui menaçait de l'engloutir lui-même, il demanda grâce, et, quelle que fût sa répugnance, il se soumit Philippe-Auguste n'abusa pas de sa victoire; il n'exigea du vicomte (Aimery VI) qu'un serment de fidélité qui fut bientôt oublié, lui rendit ses possessions, et vola à de nouveaux combats.

 Le récit des événements qui agitèrent les années suivantes nous entraînerait hors de notre sujet.

En 1229, Hugues 1er, vicomte de Thouars, confirma à l'abbaye de la Blanche (3) le don de 27 setiers de froment sur le fromentage (4) d'Airvau, qu'il lui avait fait avant son élévation sur le trône vicomtal.

Cette donation, mentionnée dans des bulles du pape Grégoire II du 8 août 1235, fut confirmée par le vicomte Aimery, neveu du donateur (1246), et c'est le dernier acte dans lequel nous voyons intervenir les vicomtes de Thouars comme seigneurs immédiats d'Airvau.

 III.

Comment donc cette seigneurie sortit-elle de la maison de Thouars?

Nous n'avons rien de précis à offrir, et nous en sommes réduit à nous appuyer sur la foi d'un mémoire à consulter produit dans un de ces nombreux procès dont nous parlions il n'y a qu'un instant. Nous y lisons :

« La terre d'Oyrvault est un partage de la maison de Thouars qui fut donné à une fille en mariage, sous la condition de la tenir de la terre de Thouars à hommage lige et devoir de rachapt à mutation de vassal. »

HISTORIQUE DU VIEUX CHATEAU D'AIRVAULT DANS LE HAUT - POITOU

Armoiries d’Airveau

Plus loin, au sujet d'une litre funèbre qui régnait autour de l'église, et dont les écussons étaient « burelés d'argent et d'azur avec trois tourteaux rouges, que l'on nomme de gueules, ordonnés 2 et 1, posés sur les 2e et 4e burelles d'azur et brochants.
» Variante: Burelé d'argent et d'azur à trois hirondelles (merlettes ) de gueules.

Le blason descend de la famille de la Chausseraye ou Chausseroye.

 

les abbé et religieux et le procureur fiscal de l'abbaye, ayant été appelés, ont répondu que « ce sont les armes de la maison qui se nommait de Chausseroye, de laquelle famille les seigneurs d'à présent descendent. »

Cela est assez explicite; les deux parties avaient sans doute sous les yeux, pour être d'accord sur ce point important, des documents précis et positifs, que le malheur des temps a fait disparaître. L'une d'elles, l'abbaye, avait cependant tout intérêt à contester la véracité de cette assertion, car admettre que les Chausseroye étaient les héritiers du sang et les représentants directs et naturels des vicomtes de Thouars, c'était acquiescer, comme nous le verrons plus tard, à la ruine complète de ses prétentions. Il fallait donc que ce fait fût tellement connu, si bien appuyé de preuves, que le révoquer en doute eût été folie, le contester impossible.

Nous ne devons pas, nous qui ne sommes guidé que par l'amour de la vérité, le seul et vrai flambeau de l'histoire, nous ne devons pas, disons-nous, nous montrer plus rigoureux que les révérends abbé et religieux, en matière de preuve; nous admettrons donc dans toute leur étendue les faits reconnus pour vrais par les parties les plus intéressées à en contester et révoquer en doute l'existence ou la véracité.

La généalogie des vicomtes de Thouars et les divers auteurs qui ont écrit sur cette maison sont muets sur Marie de Thouars. Aucun d'eux ne mentionne son alliance; cependant nous croyons qu'elle eut lieu de 1246 à 1294.

A cette dernière époque, Airvau avait positivement changé de maître ; son seigneur était Geoffroy de Chausseroye.

La famille de Chausseroye, qui s'allia à la plus noble et la plus puissante maison de notre Poitou, devait elle-même sortir sans doute d'une source des plus pures, et avoir vu consacrer son écu par d'éclatants services.

Cependant nos investigations pour arriver à la découverte de son origine ont été vaines, et nous aimons mieux croire que le récit des hauts faits des aïeux de Geoffroy s'est perdu dans la nuit des siècles, que d'admettre que Marie de Thouars n'eût épousé qu'un anobli.

Les deux seuls personnages vivant avant 1240 que nos recherches nous aient fait découvrir sont un Aimery de Chausseroye, chanoine de Mirebeau, qui était en 1213 présent à une donation que l'on faisait à son chapitre, et un Pierre de Chausseroye, membre du corps de ville de Poitiers, lorsque saint Louis vint installer son frère Alphonse, comte de Poitou.

Ces deux existences ne sont rien moins que princières, et rien ne dénote le subit essor que cette maison allait prendre en s'alliant aux puissants vicomtes de Thouars, qui n'avaient pas craint de soutenir à eux seuls la guerre contre le roi de France, et avaient pu , suivis de leurs seuls vassaux, faire reculer en bataille rangée l'héritier du trône.

Le nom de l'époux de Marie de Thouars ne nous est pas connu d'une manière positive; c'est peut-être le même que le Geoffroy de 1294, qui ne devait être qu'un seul et même individu avec un Geoffroy de Chausseroye, lequel, réuni en 1267 aux principaux barons du Poitou appelés par le comte Alphonse pour réglementer la mutation des fiefs pendant la croisade, signait avec eux la charte des rachats.

Ce même Geoffroy était, avec Sebrand Chabot, constitué pour pleige de Savary, vicomte de Thouars (1269).

Pour que le descendant (ou le parent tout au moins) du bourgeois de Poitiers en 1245 pût prendre place parmi les plus fiers seigneurs de la province, et être admis pour caution d'un homme tel que le vicomte de Thouars, il fallait qu'il eût bien grandi lui-même.

Cela nous porterait donc à croire que ce fut lui qui, par son mariage avec Marie de Thouars, devint seigneur d'Airvau, terre considérable qui pouvait, par l'importance qu'elle donnait à son possesseur, lui permettre de marcher de pair, sauf de rares exceptions, avec les premiers nobles du Poitou. ,

Nous n'avons plus qu'une courte période à franchir pour pouvoir préciser d'une manière certaine l'époque à laquelle un Chausseroye possédait cette terre, de quelque manière qu'elle lui fût advenue, soit comme époux, soit comme fils de Marie de Thouars.

Le mémoire à consulter, qui nous a fourni déjà de précieuses indications, nous donne encore celle-ci en mentionnant une « transaction en latin passée entre Geoffroy de Chausseroye, chevalier, seigneur d'Oyreveau, et l'abbé et couvent dudit lieu, sur le droit de justice dudit lieu, le mardi d'après le dimanche de Lœtare 1294. »

C'est le seul fait de la vie de Geoffroy, relatif au sujet qui nous occupe, que nous ayons pu recueillir. Cependant, si l'on veut bien admettre avec nous la vérité de nos suppositions relatives à l'élévation de cette famille, nous dirons que Geoffroy, par son mariage, fut le premier de son nôm qui devint seigneur d'Airvau.

Guyard de Chausseroye fut le successeur de Geoffroy et devait être son fils, car, selon la loi des fiefs, Airvau n'étant venu aux Chausseroye que par mariage, aurait fait retour à la vicomté, s'il n'y avait eu des enfants issus de cette union.

- Guyard ne nous est connu que par un acte qui nous apprend qu'il était mort dès avant 1329, car à cette époque son fils, nommé Guyard comme lui, était mineur et sous la-tutelle de Geoffroy Normandet, chevalier, qui passait un bail, au nom de son pupille, avec Aimery Isembert et Pierre Mignot, clerc, le dimanche de la Quasimodo de cette année 1329.

Dans ce titre, Guyard II, est dit héritier d'un Simon de Chausseroye, sans que nous ayons pu retrouver le degré de parenté qui les unissait l'un à l'autre. Tout ce que nous savons sur ce Guyard , c'est qu'il vivait encore en 1345, et que, le jeudi avant la Madeleine de cette année, il recevait un aveu à foi et hommage lige de Guillaume Gourbeillier, pour raison de la borderie herbergée du Plessis-Neuf.

Cet aveu est scellé du scel des Chausseroye. Le premier titre que nous ayons sur Payen de Chausseroye (le fils peut-être, mais au moins le successeur de Guyard II) est daté du 10 octobre 1358, et le dernier de 1380. Nous - retrouvons encore ici notre mémoire à consulter et ses utiles indications : « Le 8 avril 1362, dit-il, il y eut une transaction entre les abbés et religieux et messire l'ayen de Chausseroye, seigneur dOyreveau, par laquelle il fut reconnu que l'abbaye n'avait aucuns droits à une juridiction ni à une chastellenie à Airvau. »

Payen de Chausseroye, en fidèle vassal, avait dû suivre les mêmes bannières que le vicomte de Thouars son suzerain (5), et l'on sait quelle résistance acharnée ce dernier opposa aux progrès des Français, bien qu'ils fussent guidés par du Guesclin.

La vicomté de Thouars avait changé de maître.

Deux faibles femmes, dernières représentantes de cette longue suite de hauts barons, avaient porté dans les maisons de Craon et d'Amboise cet immense héritage, ces nombreuses terres, ces vastes possessions qui avaient rendu ces fiers vicomtes les plus puissants seigneurs de nos contrées.

Mais la même politique animait Amaury de Craon, l'époux de Péronnelle de Thouars. Préférant un maître résidant par- delà les mers à un roi dont le bras n'avait qu'à s'étendre pour l'atteindre, il soutint jusqu'au dernier moment le parti de l'Angleterre, et Thouars était du petit nombre des villes du Poitou sur lesquelles flottait encore l'étendard des fils d'Albion.

Mais l'aigle du connétable du Guesclin devait poursuivre jusque dans leurs derniers repaires les léopards d'Edouard III.

La maladie du Prince-Noir avait privé le vieux monarque du seul homme qui pût lutter avec avantage contre ce redoutable Breton.

Les temps étaient venus où, terre française pour jamais, le Poitou devait rejeter de son sein ces insulaires auxquels il avait donné des rois; les temps étaient venus, et, le 29 septembre 1372, Amaury de Craon, suivi de ses nombreux vassaux, parmi lesquels nous voyons le seigneur d'Airvau et les nobles poitevins, qui étaient jusqu'à la fin restés fidèles au drapeau anglais, ouvrit les portes de sa ville vicomtale à du Guesclin.

Au milieu de ces scènes de guerre, il est à croire que la ville d'Airvau, située si près de Thouars, eut à souffrir de ce dangereux voisinage, à moins que, prévoyant le triomphe des Français, elle ne leur eût ouvert précédemment ses portes. Cependant la présence de son seigneur dans les rangs ennemis dut l'exposer à de tristes représailles, et il est à croire, pour qui connaît les usages barbares de cette époque, qu'elles ne lui furent pas épargnées.

Le dernier acte que nous ayons retrouvé sur Payen de Chausseroye est un aveu que lui rend, le 30 août 1380, Adam de Poiz, varlet, pour le fief d'Availles.

De son mariage avec Marguerite de la Porte (6), il n'eut que trois filles; l'une d'elles, Marie, eut en partage la châtellenie d'Airvau (7), et elle recevait, comme dame de cette terre, un aveu de la seigneurie de Vernay, le 18 novembre 1383. Elle était dès lors épouse d'Amaury de Liniers, chevalier, seigneur de Liniers, la Meilleraye, Saint-Pompain et Airvau du chef de sa femme.

Il recevait un aveu de Gilles de Couange, valet, pour quelques objets situés à Amaillou, le 5 mars 1391, dans lequel il est qualifié de haut et puissant seigneur monseigneur Amaury de Liniers, seigneur d'Oyreveau, et, le 2 septembre suivant, il rendait aveu à Jean, vicomte de Thouars, étant en son château d'Oyron.

Le dernier acte qui le concerne est du 9 décembre 1398. Après sa mort, Marie épousa Louis Chenin, chevalier, seigneur de l'Ile-Bapaume, et dut décéder de 1438 à 1440.

Bien qu'elle eût eu des enfants de l'un et l'autre lit, ce furent les de Liniers-qui devinrent possesseurs d'Airvau.

IV.

Jean, dit Maubruny de Liniers, le fils ainé de Marie de Chausseroye, lui succédai Pendant les premières années de sa vie, il fut l'un des plus dévoués défenseurs de la domination anglaise.

Ainsi nous le voyons accompagner en 1369 messire Charles d'Andelée dans son expédition contre le baron de Chauvigny, qui venait de répudier le parti de l'étranger pour embrasser celui de la France.

La même année, il était au nombre des guerriers qui combattaient au pont de Lussac, où le brave Jean Chandos reçut la mort d'une lance poitevine (8).

- Témoin de la bataille navale que le comte de Pembrock, chef de l'armée que l'Angleterre envoyait renforcer ses troupes repoussées par l'épée de du Guesclin, soutenait contre Yvain de Galles et les Castillans, il ne put voir le danger des Anglais sans voler à leur secours. Ils furent-vaincus, et il partagea leur captivité.

 En 1386, il accompagnait le duc de Lancastre marchant à la conquête de la couronne de Castille, sur laquelle il prétendait avoir des droits; il fut l'un des trois chevaliers que ce duc, voyant son armée décimée par les maladies, envoya vers le roi de Castille, pour réclamer de son humanité des soins pour ses malades; et si l'on en croit Froissart, il serait mort à Noyé (1387), laissant la réputation d’un moult et appert chevalier.

Grâce à Dieu, il n'en fut point ainsi, et c'est encore de notre Maubruny qu'il parle, lorsque, retraçant les faits d'armes des Français qui accompagnèrent le duc de Bourbon dans son expédition avec les Génois contre les pirates de Tunis en 1390, il nous dit le sire de Liniers à bannière. Plus heureux que quelques-uns de ses compatriotes, Maubruny revint encore sain et sauf de cette campagne, dans laquelle un grand nombre de chevaliers perdirent la vie par l'inclémence du climat ou les armes des Arabes.

Le sire de Liniers à bannière : arrêtons-nous un instant sur ces quelques mots, pour bien faire connaître en quelle estime devait être Maubruny de Liniers, et quelle haute position lui conférait la possession d'Airvau.

Le droit de porter bannière était un droit envié; les plus braves chevaliers et les plus puissants seigneurs pouvaient seuls déployer devant l'ennemi un étendard carré sur lequel étaient brodées leurs armoiries (9).

Les pennons des autres chefs de guerre étaient ou taillés en queue d'hirondelle, ou même ne consistaient qu'en de simples flammes armoriées fixées à la hampe de la lance.

Mais, outre le courage et la valeur, il fallait que le chevalier banneret eût de vastes possessions, et que sous sa bannière un corps nombreux d'hommes d'armes et d'archers fût prêt à combattre pour lui conquérir los et renommée, ou à mourir pour le défendre. En un mot, pour porter bannière, il fallait être tout à la fois 'preux chevalier et puissant baron.

Quelle fut la conduite de Maubruny dans les guerres désastreuses des Bourguignons et des Armagnacs, qui couvrirent notre malheureux pays de tant de sang et de tant de ruines? Nous l'ignorons; mais l'esprit militaire qui animait Maubruny nous porte à croire qu'il ne resta pas inactif dans ces critiques circonstances, et, d'après l'opinion dominante parmi la noblesse poitevine, et le parti qu'elle suivit en général, nous aimons à croire que, fidèle à son devoir, il se rendit à l'appel de l'honneur, et fut l'un de ceux qui acclamèrent Charles VII dans l'enceinte du palais de Poitiers.

En outre des motifs tirés de l'entraînement général qui jeta nos provinces entières à la suite de la blanche bannière de la Pucelle, deux faits spéciaux à Maubruny nous portent à croire qu'il ne resta pas en arrière au milieu de cet élan général.

Outre qu'en 1438 nous le trouvons qualifié de conseiller et chambellan du roi, dignité qui, nous aimons à le supposer du moins, ne fut que la juste récompense de services éminents, nous voyons , le 28 mars 1435, Geoffroy Taveau, chevalier, seigneur de Mortemer, frère de Sibylle Taveau, épouse de Maubruny, constituer en sa faveur une rente de 60 royaux d'or au capital de six cents royaux d'or de 64 au marc, hypothéquée sur la terre de la Vergne, dans la châtellenie de Chastel-Achard, pour l'indemniser des sommes considérables qu'il avait payées pour sa rançon et celle de ses otages, rançons pour lesquelles Maubruny avait été obligé de vendre ses terres de Bedon, des Bois, du Peu , de la Fuchelière, et la dîme du Bouchet.

Le 30 mai 1429, Maubruny avait fait un traité avec religieuse et honorable personne frère Guimard, humble prieur de la Maisondieu de Parthenai. Par cet échange, ce dernier lui cédait, pour l'indemniser de cens à lui dus sur plusieurs maisons de Parthenai qu'il abandonnait à cet hôpital, les droits , profits et émoluments d'une foire qu'il avait droit de lever et exercer chacun an en la ville d Oyrveault environ le jour de saint Pierre et saint Paul.

Quelques années après, le seigneur d'Airvau se trouva engagé dans deux contestations qui intéressaient directement sa terre. L'une d'elles se termina heureusement; quant à l'autre, elle faillit avoir pour lui et sa ville seigneuriale de funestes résultats.

Messire Geoffroy d'Albin , seigneur d'Amaillou, terre qui relevait d'Airvau , avait fait fortifier son hôtel sans le congié et licence de son suzerain. Nous ignorons si ce dernier employa d'autres moyens que la persuasion pour faire rentrer son vassal dans le devoir; toujours est-il que, par un acte du 1er janvier 1437, Georges d'Albin reconnut qu'il n'avait aucuns droits de chastel et de forteresse (10).

Passons au second fait, qui touchait tout à la fois aux intérêts et à la vie publique du château, de l'abbaye et de la ville même.

Nous voulons parler des violences auxquelles se porta, à rencontre des habitants d'Airvau; la duchesse de Thouars, la très-énergique Marie de Rieux, épouse du très-faible Louis d'Amboise.

Les habitants de la ville d'Airvau , qui (ce sont les habitants qui parlent) est une belle ville champêtre, grande, spacieuse et bien peuplée, et aussi de grosse rivière et sur grands chemins publics, et où « affluent de toutes parts plusieurs marchands, pour ce que le marché y est tenu une fois par chacune sepmaine, » les habitants d'Airvau, disons-nous, de concert avec leur seigneur Maubruny de Liniers, qui, « à cause de sa dicte seigneurie d'Oyreveau , a tout droit de chastel et chastellenie, justice et juridiction, haute, moyenne et basse, avec tous les droits qui en dépendent et peuvent dépendre, sénéchal, prévost et autres officiers pour administrer justice à ses subgiez, y a aussi sceaux à contracts, fourches patibulaires, grande et petite assise, droit d'espave, guet et garde, mesures à bled et vin et tous autres droits qui peuvent et doivent appartenir à seigneur chastelain, et que, à cause de ce, ledit chevalier pouvoit et lui compétoit de son autorité faire fortifier et clore la dicte ville de murs, fossés et autres fortifications nécessaires, et qu'en ceste occasion et pour obvier aux pilleries et roberies de plusieurs routiers et gens de guerre qui souventes fois se sont logiez en la dicte ville, pillé, volé et fait maux innumérables…… s'estoient ja piéça tirez par devers le roy nostre sire et de luy a voient obtenu lettres de congié de fortifier, clore et emparer la dicte ville, et par lesdictes lettres avoit été mandé et commis au sénéchal de Poictou ou à son lieutenant que se informast sur le contenu en icelles lettres, lequel, après informations deument faictes, et qu'il lui fut apparu du contenu desdites lettres, donna licence ausdits demandeurs de faire lesdictes fortifications, laquelle ils commencèrent et tellement besoignèrent que les deux pars ou environ de la closture de murs estoit ja faicte et en ce voyant frayé et despendu bien grande chevance et plus de quatre mille livres tournois. »

 En effet, le 9 décembre 1438, Jehan de la Roche, seigneur de Barbezieux, sénéchal du Poitou, rendit une ordonnance après information de commodo el incommodo, donnée à Poitiers sous le scel de la sénéchaussée, par laquelle, en exécution des lettres royaux datées de Blois du 4 avril précédent, obtenues par Maubruny de Liniers, que le roi qualifie de son féal chevalier et chambellan, les habitants d'Airvau étaient autorisés à faire fortifier leur ville de murs, tours, fossés, portes, pont-levis et autres choses nécessaires, sans qu'ils soient pour cela dispensés « du guet et garde qu'ils avoient accoustumé faire. »

Les malheureux ne pensaient guère que ces fortifications qu'ils désiraient si ardemment, auxquelles ils travaillaient avec tant d'activité, attireraient précisément sur leurs tètes les dangers qu'elles étaient destinées à éloigner, et sur leurs foyers tous les excès d'une ville prise à main armée; car, disaient-ils, « oultre que combien que en ce fesant, ils n'eussent fait aucun déplaisir ou dommage au vicomte de Thouars, toutes voyes de fait sont défendues en ce royaume. »

Mais il paraît que la vicomtesse de Thouars n'en jugea pas ainsi, et bien que ces fortifications eussent été faites avec l'agrément de Charles VII, guidée par la haine, outrée de voir que le seigneur d'Airvau était sous la protection immédiate du roi, et que sa place de chambellan, lui conférant le droit de committimus, enlevait à sa justice vicomtale les appels des jugements rendus par les officiers d'Àirvau (11),

 elle rassemble ses vassaux, et, accompagnée de mille et cinq cents hommes armés, sous la conduite d'un routier nommé Adam de la Rivière, et parmi lesquels nous voyons Jean Savary, maître d'hôtel de la duchesse; Huguet de Friory, lieutenant de Thouars; René Jousseaume, chevalier; Jean de Beaumont, seigneur de Glenay; Jean de Barrou, Perceval d'Appelvoisin, Jean Videt, prévôt de Thouars, et autres seigneurs et chevaliers, elle marche sur Airvau, l'attaque, le prend de vive force, abat, renverse, détruit toutes les fortifications, et se livre à des excès de toute nature.

Puis, tous les efforts dirigés contre le château par la fougueuse suzeraine ayant été inutiles, elle fit jeter tant de flèches, de pierres et d'autres projectiles dans l'intérieur, que Sibylle Taveau, l'épouse de Maubruny, dut abandonner son appartement pour éviter de graves blessures, la mort peut-être.

Cette attaque ne coïncida-t-elle point avec la praguerie qui éclata précisément à cette époque? Bien que l'on ne trouve point le nom du vicomte de Thouars au nombre des seigneurs qui avaient pris les armes contre le roi en faveur du Dauphin, l'on peut croire que Marie de Rieux voulut profiter de la crise dans laquelle se trouvait Charles VII, pour tirer une éclatante vengeance de ce qu'elle considérait comme une audacieuse usurpation de pouvoir de la part de son vassal.

Pareille occurrence, quelque soixante ans auparavant, eût été le signal d'une prise d'armes; le vassal, soutenu par ses parents et ses amis, eût usé de représailles, et des flots de sang eussent coulé; mais il n'en fut point ainsi, soit que les esprits eussent commencé à se sentir las de batailles et que les plus avides de gloire militaire fussent rassasiés de combats; soit, et c'est ce qui est le plus probable, que le seigneur d'Airvau craignît de s'adresser à trop forte partie en répondant au fer par le fer, tandis que la protection du roi, dont l'honneur était intéressé à soutenir son chambellan et à maintenir l'exécution de ses ordres, lui était acquise.

Il en appela d'abord de Marie de Rieux à Marie de Rieux elle-même, ou plutôt à ses officiers de justice. Mais la crainte ou tout autre motif les ayant empêchés de faire droit à sa requête, il s'adressa au roi. Nous ne pouvons autrement nous expliquer les lettres royaux données à Niort le 29 janvier 1441, qui autorisent le seigneur d'Ovreveau à appeler de la sentence du châtelain de Thouars, et de l'ajourner aux jours de la sénéchaussée de Poitiers, au prochain parlement.

Toujours est-il qu'il déposa sa plainte au pied du trône, et que, par lettres royaux du 29 mars 1441, et scellées du scel ordinaire à défaut du grand, Marie de Rieux, vicomtesse de Thouars, et ses adhérents, furent ajournés au parlement et déclarés, faute par eux de comparaître, bannis et censés convaincus du délit. La vicomtesse seule fut exceptée de la sévérité de cette mesure.

Le parlement, fidèle au rôle d'impartialité qui lut son plus beau titre, envoya, pour informer les conseillers, Jehan de Sauzay, Jehan Bleis, Guillaume Barthélemy et Mathurin de Nanterre.

En voyant faire cet appel à la justice pacifique du pays, au lieu d'avoir recours à la force brutale, l'observateur impartial peut s'écrier : la féodalité se meurt! qu'il attende quelques années encore, et il pourra dire : la féodalité est morte.

Louis XI allait monter sur le trône.

La vicomtesse de Thouars ne voulut ou n'osa décliner la compétence du parlement; elle s'efforça au contraire de légitimer les motifs qui l'avaient fait agir, de justifier la brutalité de son attaque, et fit valoir pour sa défense : «  que le vicomte de Thouars est seigneur de plusieurs grandes et belles terres et seigneuries en la vicomté de Thouars, et en icelles avoit plusieurs hommes de foi, et que le lieu principal et chief de la dicte vicomté est la ville de Thouars, et que, entre les autres terres situées et assises en ladicte vicomté, y estoit le bourg et village dudict lieu d'Oyreveau, duquel il avoit tout droit de justice et juridiction, haute, moyenne et basse, avec tous droits de chastellenie, et que tous les hommes et habitans audit lieu et village sont sujets et justiciables dudit vicomte, et de tout temps ont iceux habitans accoustumé de obéyr aux assises dudit lieu de Thouars, et aussi ledit messire Maubruny, religieux et autres demandeurs y obéissent de jour en jour, et que par ce, ledit messire Maubruny ne se pouvoit dire seigneur chastelain » Elle alléguait en outre « que, veu leur fait et plusieurs autres faiz et raisons par eux proposéz et alléguez, lesdits demandeurs ne faisoient à recevoir, ne pou voient, ne devoient fortifier ladicte Ville, et aussi que aucune provision ne leur de voit estre faicte, ne adjugée; mais devoit estre faicte auxdits défendeurs, et qu'ils estoienten voye des absolutions, au regard de la demande desdils demandeurs, et à ces fins concluoient et demandaient despens, etc…. »

Les juges-commissaires n'adoptèrent point de pareils motifs, longue paraphrase de la maxime bien connue des plaideurs malheureux : « Les battus payent l'amende; » et jugeant d'après l'usage en vigueur et que la rédaction de la coutume (11)  sanctionna plus tard, s'inspirant des principes qui devaient être la base de la loi qui régit notre province pendant près de trois siècles, ils dirent : « que les demandeurs pourront et leur sera loisible de clore et fermer la dicte ville d'Oyreveau de murs, portes, portaux et tourelles à ce nécessaires, pour la seureté

 

d'eux et de leurs biens, selon la forme et teneur de l'octroi à eux faict par le roi, par manière de provisions durant le procès, jusqu'à ce que par la dicte cour ou par nous en sera autrement ordonné , en baillant par lesdits demandeurs caution et obligation de tous et chacuns leurs héritages, de démolir lesdites clostures, portes et tourelles on cas que à fin de cause sera trouvé que ainsi doit estre faict; sans faire par lesdits demandeurs par le présent aucun foussé à ladicte clousture par dehors, pourveu toutes fois que cependant, si lesdits murs, portes et tourelles estoient ou les convenoit estre faicts on faictes en aucuns héritages dont les cens ou autres rentes en appartenist ausdits sieur et dame de Thouars, que lesdits défandeurs seront tenus payer chacun an iceux cens et rentes ausdits seigneur et dame de Thouars; tous despens réservés en définitive. En témoin de ce, nous avons scellé ces présentes le 6e jour d'aoustz l'an 1445. ….Et il soit ainsi que pour ledit appoinctement donné par lesdicts commissaires. Et pour ce aujourd'hui personnellement établis en droit. c'est à sçavoir ledict noble messire Maubruny de Liniers, chevalier, seigneur dudict lieu d'Oyreveau; révérend père en Dieu, messire Pierre Léal, docteur en droit canon , abbé de ladicte abbaye ; frère Pierre Saulguet, prieur de cloistres de ladicte abbaye; Jean Pouss., prieur de St-Hiérosme; Guillaume Riou, sacristain; Aimery Bernard, infirmier de ladicte abbaye; Nicolas Savary, chapelain de Saint-Jacques , et Jehan Reversé, bachelier en droit, ceux disants la plus grande et saine partie dudit couvent; Jacques et Moillet de Fontbernier, Mathieu Blaud, écuyer; maistre Nicolas Acton, licencieux (sic) ès-loix, Jehan Duyno, Jehan Belair l'ainé, Jehan Morca, Colas le Bascle, Jehan Goulart, Massé de Lassay, Simon Chivant, Pierre Coursier, Guillaume Prévost, Mathé Jacquet,, Simon Prévost, Jehan Bernard, Jehan Depois, Pierre Gaudun, Jehan Bonnet, André Piffre, François Girard, Jehan Bondault, Thomas Audigier, Jehan Ogier, Jehan Estot, Jehan Petitgars, Jehan Guillart l'aîné et Pierre, Archemont, ceux disens la plus grande et saine partie quant à ce des manans et habitans en ladicte ville d'Oyreveau, lesquels et chascun d'eux de leur bon gré. …

promettent par ces présentes…..et même ledit Révérend et couvent…. sous l'obligation de tous et chascuns leurs héritages, de démolir lesdictes clostures, portes et tourelles emprès ce qu'elles seront faitz, on cas que afin de cause sera trouvé que ainsi doye estre fait. En témoin desquelles choses. Fait et donné le 23 septembre 1445. »

L'affaire n'en resta pas là. La vicomtesse s'étant vantée de mettre empêchement à l'exécution de l'appointement obtenu par les suppliants, le roi expédia de nouvelles lettres patentes au sénéchal de Poitou, par lesquelles il lui enjoint de tenir la main à ce que les habitants ne soient plus troublés dans leurs travaux, jusqu'à ce que le procès soit jugé au fond. Comment tout cela finit-il?

Nous ne pouvons en préciser l'issue, mais nous la pouvons facilement prévoir. Le seigneur d'Airvau eut gain de cause; la couronne avait trop à craindre de la puissance du vicomte de Thouars, pour ne pas saisir avec empressement l'occasion qui se présentait d'amoindrir son influence et d'habituer ses vassaux à trouver dans le roi un protecteur contre les abus, un défenseur contre d'injustes prétentions. Ce fut pendant longues années le plan de conduite de la royauté, sa politique constante.

Au surplus, le moment était favorable. Le vicomte Louis d'Amboise, enlacé dans les liens de honteuses amours, usait dans les débauches les dernières années d’une vie dont les commencements présageaient de plus heureux jours, une plus noble fin.

Les documents précis nous manquent donc; mais les fossés à demi comblés, les pans de murailles qui s'élèvent encore çà et là, témoignent bien que la ville d'Airvau a voulu, malgré sa situation désavantageuse dans le fond de la vallée, se parer d'une ceinture de fortifications.

Mais ces travaux de défense, plus propres à imposer à l'ennemi qu'à le repousser efficacement, à quelle époque ont-ils été élevés? Ce qui pourrait nous porter à croire qu'ils datent de cette période, c'est que dans des lettres patentes du mois de mars 1548, le roi Henri III, en accordant un marché tous les lundis à la ville d'Airvau, reconnaît et constate qu'elle est « close de fort anciennes murailles. » Ce doivent bien être celles que les habitants furent autorisés à relever provisoirement, et le parlement ratifia sans doute l'arrêt de ses commissaires.

Maubruny ne survécut que peu d'années au gain de ce procès, si même il en vit l'heureuse issue. Les dernières pièces qui le concernent sont du mois de mai 1452. Il devait être alors âgé de près de cent ans, car nous l'avons vu portant les armes dès 1369, et peut-être n'en était-il pas même à sa première campagne.

 Durant sa longue carrière, il avait vécu sous des règnes bien différents; jeune encore sous Charles le Sage, son âge mûr s'écoula pendant le règne de Charles l'Insensé, et sa vieillesse sous celui de Charles le Victorieux. Il vit tour à tour l'étranger battu, triomphant, repoussé; le royaume heureux, misérable et marchant vers un avenir meilleur, arrivant au règne de Louis XI, qui mit les rois hors de page, secoua le joug des grands vassaux, qui avaient si souvent asservi ses prédécesseurs, fit que la royauté toute-puissante pût dominer ses amis comme ses ennemis, et prépara cette unité de commandement, cette centralisation de pouvoir qui permit, à Louis XIV de dire : L'Etat c'est moi.

Maubruny avait eu de Sibylle Taveau, son épouse, fille de Jean, chevalier, seigneur de Mortemer, et de Jeanne Pouthe, plusieurs enfants. Michel, son fils puîné (12) lui succéda.

Michel de Liniers prenait, dès 1449,1e titre de seigneur d’Oyreveau, et recevait des aveux en cette qualité.

Le 17 mars 1452, Sibylle Taveau, sa mère, agissant pour lui et en son nom, effet tuait, moyennant 87 écus d'or (poids de Florence), le rachat d'une rente de 15 livres hypothéquée sur les revenus de la prévôté d'Airvau, que les seigneurs de cette ville payaient à Guillaume Gourdeau , écuyer, seigneur du Rortais.

Le 3 avril 1456, il transigeait avec les religieux, abbé et couvent de la ville d'Oyreveau, au sujet des limites de la juridiction. Il fut constaté que le seigneur avait tous les droits inhérents et dus à la qualité de seigneur châtelain tels que la connaissance du crime de rapt, viol et meurtre, et l'exécution des peines corporelles, à l'exclusion de l'abbé, qui reconnaissait n'avoir droit de haute justice que dans une partie de la ville.

De son côté, Michel de Liniers concéda aux vassaux de l'abbaye la faculté de se racheter des guets et garde dus par chacun d'eux, moyennant 5 sols de rente annuelle, somme qui n'était que la moitié de celle que les lettres royaux lui donnaient le droit d'exiger (13).

Nous ne savons si l'abbé se montra reconnaissant de cette concession; mais plus tard ses successeurs s'en prévalurent, comme d'un aveu de leurs dits prétendus, et réclamèrent comme leur appartenant ce que leurs devanciers avaient reconnu dépendre du domaine seigneurial. Michel se réunit au ban convoqué par le roi Louis XI, et servit en qualité d'homme d'armes du seigneur de Bressuire.

En cette année, ou la suivante, il dut être nommé écuyer d'écurie du roi, du moins nous le trouvons qualifié de ce titre dans des lettres royaux que lui accorda Louis XI, qui attribuaient au sénéchal de Poitou la connaissance d'un procès pendant au bailliage de Parthenay, entre lui et les habitants d'Amaillou.

Ces derniers refusaient de continuer à faire au château d'Airvau les guets et garde auxquels ils étaient tenus pour la sûreté de celui d'Amaillou, avant que les fortifications n'en fussent ruinées par les ennemis du roi, en haine de ce que les ancêtres de Michel de Liniers n'avaient voulu embrasser leur cause (14)

- Bien que ce transfert de devoirs eût été autorisé par les prince, le seigneur d'Airvau rencontra une vive résistance de la part de ses vassaux, qui considéraient, avec raison, cette exigence comme une aggravation de servitude à laquelle ils n'étaient point obligés par la tenure de leurs fiefs.

Le seigneur, ne voulant pas user de violence et préférant la voie de la douceur, se retira de nouveau vers le monarque qui, comme nous l'avons déjà dit, l'autorisa (pour diminuer les frais) à ajourner les récalcitrants devant Georges de la Trémoille, chevalier, seigneur de Craon, bailli de Touraine et sénéchal de Poitou.

Le 10 juin 1474, Michel termina un long et coûteux procès qu'il soutenait, tant en son nom qu'en celui des habitants de sa ville seigneuriale, contre noble et puissant Loys Chabot, seigneur de la Grève, Marnes, etc., au sujet d'un droit appelé commendice, que ce dernier exigeait comme seigneur de Montcontour. Ce droit consistait en 6 livres de rente payables annuellement devant l'église d'Airvau , sur la fontaine, en une bourse neuue ou autrement. Le créancier n'avait que la possession (comme l'on dit au palais) pour valider le payement de cette rente; aucun acte ne venait le justifier.

Bien plus, par son testament, Geoffroy de Lusignan, seigneur de Montcontour, avait aboli tous les droits de commendice qu'on lui payait en Poitou. Et pourtant tels étaient les moyens que l'on avait alors de se faire rendre justice, qu'une demande basée sur de si légers fondements fut pour les défendeurs la source de grandes dépenses. Ce droit, du reste, les habitants ne le faisaient point remonter jusqu'au XIIIe siècle, et, d'après eux, ce n'était dans l'origine qu'une contribution de guerre, un de ces tristes legs que les occupations étrangères font aux pays assez malheureux pour être contraints de les subir.

Au temps où les Anglais étaient maîtres du Poitou, disaient-ils, et où, renfermés dans Montcontour, ils désolaient de leurs incursions Airvau et les pays circonvoisins, pillant les meubles, rançonnant et faisant prisonniers les habitants, leurs ancêtres, par forme d'apatissement, et pour éviter de plus grands malheurs, avaient consenti à payer cette rente, qui, d'après eux, et ils n'avaient pas tort, devait avoir été éteinte par l'expulsion des étrangers du sol français. Il paraît qu'ils ne purent faire prévaloir cette opinion, et, pour éviter de plus grands frais, ils préférèrent transiger, et payèrent 110 liv. à Lovs Chabot, qui leur donna décharge.

Michel de Liniers, de son mariage contracté avant 1436 avec Marie, fille de feu Jehan Rousseau, écuyer, seigneur de la Mothe-Rousseau, et de Yzeultde la Jaïlle, laissa cinq enfants. Jacques, l’aîné, lui succéda dans la châtellenie d'Airvau, et il prenait le titre de seigneur de ce lieu dès le 15 juin 1486. Nous pensons que rien ne le troubla dans la possession de l'héritage paternel, et que sa vie seigneuriale fut exempte des tribulations qui avaient assombri celle de son aïeul.

Le 10 juillet 1488, Jacques de Beaumont, conseiller et chambellan du roi, chevalier, seigneur de Bressuire, etc., lieutenant général en pays de Poictou, l'un des familiers du roi Louis XI, et dont le nom fut tristement mêlé à l'acte honteux par lequel ce prince escamota (que l'on , nous pardonne ce mot nous parait rendre mieux que tout autre la nature de cette spoliation) à Loys d'Amboise la vicomte de Thouars, Jacques de Beaumont, disons-nous, rendit, le 10 juillet 1488, un aveu à la châtellenie d'Airvau , pour raison d'objets sis à Saint-Généroux qu'il tenait de la générosité du roi, qui les avait confisqués sur messire Martin des Bretresches, pour cause de forfaiture. Ce fut sans doute le prix de la complaisance coupable du sujet aux ordres arbitraires de son souverain.

Le 6 janvier 1491, Jacques de Liniers amortit, moyennant 80 écus d'or, poids de Florence , valant 27 sous 6 deniers tournois, une rente de 8 setiers de blé ( trois de froment, trois de seigle et deux de baillarge, mesure d'Ovreveau), constituée par son père, pour faire l'acquisition du fief Fraigneau et autres objets sis à Airvau.

Le 26 novembre suivant, il se rendit en qualité d'homme d'armes au ban convoqué par les ordres de Louis XI, et  servit sous les ordres de Jacques de Beaumont. Enfin, le 4 novembre 1493, il rendit hommage à Louis de la Trémoille, vicomte de Thouars, de sa châtellenie, terre et seigneurie d'Airvau.

Par un acte en latin, du 3 juillet 1498, Jacques de Liniers, sa mère, ses frères et sœurs reçurent de l'official de l'évêché de Maillezais la permission de se faire absoudre une seule fois à l'article de la mort, par tout prêtre séculier ou régulier, de toute excommunication, censure, meurtre, adultère, imposition de mains sur les ecclésiastiques, de manger du beurre et du fromage le carème, etc., signée de mandalo dumini officialis et vicarii Malleacensis…. Louis.

Ces privilèges, que nos mœurs sceptiques et railleuses nous font accueillir avec un sourire moqueur, quand nous en trouvons trace dans l'histoire, témoignent de l'ardente piété de nos pères et de la simplicité de leur foi. Ils étaient ambitionnés avec ardeur et reçus avec reconnaissance. En général, ces avantages, accordés en vue de l'intérêt futur des âmes par les puissances spirituelles, n'étaient concédés qu'en échange de services temporels rendus à l'Eglise par les barons séculiers.

Nous retrouvons Jacques de Liniers en 1515 (26 mai), transigeant, pour éviter des dissensions prêles à s'allumer, avec Simon Pidoux, abbé et aumônier de l'abbaye d'Airveau, qui percevait, en qualité d'abbé, le droit de trois foires tenues dans cette ville, et celui d'une quatrième, comme aumônier. Jacques lui acheta ces droits moyennant la somme de 120 livres tournois, et fut déchargé en outre d'une rente de 3 setiers de froment et de 25 sols tournois, et, de son côté, l'abbé lui donna la somme de .200 livres tournois pour amortir la rente annuelle et perpétuelle de deux pipes de vin qu'il payait à noble homme Léon de Sainte-Maure et Anne d'Appelvoisin, son épouse, seigneur et dame de Pugny, neveu et nièce du seigneur d'Airvau (15)

Le 23 mars 1519, Jacques de Liniers était mort, et Renée de Karaleu, sa veuve, fit avec Antoine de Vuen, infirmier de l’abbaye, pendant le rachat de la châtellenie d'Airvau, obvenu an vicomte de Thouars par le décès de son épouse, un, échange par lequel elle acquérait le levage du vin vendu et enlevé dans la ville d'Airvau, consistant en quatre deniers par chaque vaisseau de Vin,

tant gros que menu, que les prédécesseurs de l'infirmier avaient l'habitude de lever à cause de leur charge, et en contre-échange elle lui remit 15 sous sur la rente de 30 sous de cens ou de rente assise sur un pré situé entre Louin et Champeaux, qu'il payait par le môme motif au seigneur d'Airvau, à chaque fête de Noël.

Des cinq enfants de Jacques de Liniers et de Renée de Karaleu, ses deux aînés, Plotarl et Maubruny, moururent probablement jeunes; Gilles, le troisième, ne survécut que peu d'années à son père , et nous parlerons des deux filles, Louise et Marguerite, après le peu de lignes que nous avons à consacrer à leur frère.

Gilles de Liniers, et c'est le premier acte que nous connaissions de lui, rendit, le 15 septembre 1520, hommage de sa terre et seigneurie d'Airvau au château de Thouars.

Parmi les seigneurs qui se portèrent garants du traité de paix conclu le 18 août 1527 entre les rois François Ier et Henri VIII, nous voyons un dominus de Liniers, que cette famille revendique comme l'un de ses membres. Si vraiment ce seigneur est de cette maison, ce doit être celui dont nous nous occupons, car la branche d'Airvau est sans contredit celle qui jusqu'alors avait eu le plus d'illustration.

Un autre motif nous fait adopter volontiers cette opinion. La terre d'Airvau, qui jusqu'alors, malgré son importance, n'avait rang que de simple châtellenie, fut, vers cette époque, érigée en baronnie; l'époque de cette érection ne nous est pas connue d'une manière précise, mais elle dut avoir lieu vers ce temps-là, car la première fois que nous ayons trouvé le titre de baron substitué à celui de seigneur châtelain est dans un aveu rendu, le 22 septembre 1529, par Jacques de Clérembault, vicomte de Grandmont-Roueau.

Nous pensons donc que cette coïncidence pourrait faire croire que c'est notre seigneur d'Airvau qui eut l'honneur d'intervenir dans cette solennelle circonstance, et que ce, titre de baron ne fut accordé à sa terre que pour relever encore la haute position qu'il occupait déjà; ces considérations, nous le confessons, ne reposent sur aucunes bases certaines, mais l'on conviendra que le vraisemblable peut se trouver vrai, si quelquefois le vrai n'est même pas vraisemblable.

Le dernier acte dans lequel intervint Gilles de Liniers est une requête que lui présenta dame Bernardine Arembert, veuve de Louis Robin, seigneur de Rochevineuse, pour qu il lui concédât un banc dans l'église de Neuvy, dont il était fondateur. Nous ne savons par quels motifs cette affaire resta indécise jusqu'en 1548 (10 mars), que de Liniers y donna suite en acquiesçant à la demande. Laissa-t-il sciemment l'affaire pendante? Est-ce la mort qui l'empêcha de la terminer? Toujours est-il que, le 31 mars 1543, ses deux sœurs, Louise et Marguerite, furent envoyées par sentence du bailli de Touraine en possession de la succession de leur frère.

La baronnie d'Airvau fut, pendant quelques années, indivise entre les deux sœurs. Ainsi, nous retrouvons Marguerite qualifiée baronne le 18 mai 1545. Elle était alors épouse d'Eustache de Moussy, et veuve de René de la Rochefoucault, chevalier, seigneur de Bayers, etc. ,

Mais Airvau resta définitivement à Louise sa sœur, qui se maria, le 11 avril 1545, à Jean Ysoré, chevalier, seigneur de Bossay, Plumartin, etc., auquel elle porta le châtel, châtellenie, terre, seigneurie et baronnie d'Airvau, dont elle rendit aveu au vicomte de Thouars le 20 octobre 1551, et elle était morte avant le 11 septembre 1562, date d'une sentence de la sénéchaussée de Thouars relative au rachat obtenu par son décès.

En elle finit la branche des de Liniers, seigneur d'Airvau, après avoir possédé cette terre pendant 170 ans environ.

Et malgré cette longue possession de près de deux siècles, combien de ceux qui foulent aujourd'hui le sol qui leur appartenait naguère savent qu'ils ont existé? Hélas! un bien petit nombre connaît leurs noms et sait qu'ils ont vécu.

v.

Jean Ysoré, l'époux de Louise de Liniers, était issu de l'une de ces anciennes maisons dont l'origine, se perdant dans l'obscurité des siècles, remonte peut-être à l'origine de la monarchie, à l'époque de la conquête.

Illustrée par de nombreux services militaires, de grandes alliances, elle marchait une des premières à la tête de la noblesse de Poitou et de celle de Touraine, provinces sur les confins desquelles elle habite encore le noble château qu'occupaient ses aïeux.

Peu d'années après son mariage, le roi Henri II (16), cédant à l'humble supplication de Loyse de Liniers, dame d'Oyreveau, contenant que ladite ville d'Oyreveau est assise sur la rivière de Thouet et close de fort anciennes murailles, boulevards, pont-levis et fossés; en laquelle ville il y a un château fort, une belle et grosse abbaye.; « située en un pays fertile en bled et autres fruits et est sur les marches d'Anjou et de Poitou distant de Thouars, Bressuire et Parthenay de cinq à six lieues et aussi pour le soulagement des habitants de ladite ville et autres bourgs plusieurs marchands de nos pays de Normandie, Orléans , Touraine et autres lieux passants par la dite ville allants aux foires du Poitou. …» créa et établit dans cette ville, «  au jour de lundi, un marché par chacune sepmaine, » et ordonna « que audit jour de lundi il n'y eut d'autres marchés à 4 lieues à la ronde. »

Quelques années plus tard, et c'est le dernier fait de la vie seigneuriale de René Ysoré que nous connaissions, la ville d'Airvau fut honorée d'une illustre visite, et nous pensons qu'il fut présent, pour recevoir les augustes voyageurs.

Le 22 septembre 1565, Charles IX, revenant de ce long voyage durant lequel il dota la France des ordonnances de Roussillon (17) et prépara celle de Moulins, vint dîner à Airvau, « qui est une belle petite ville, » dit Abel Jouan dans son Itinraire, et de là fut coucher à Ayron.

Le roi était accompagné du petit prince de Navarre, alors l'espoir du parti protestant, en attendant qu'il devînt, à plus juste titré que le premier Valois, la fortune de la France (18) 

Jean Ysoré mourut vers 1567, et son fils René lui succéda, du moins les premiers actes qui le concernent sont de cette année.

Nous voici rendus à une époque où , après un siècle environ de paix et de tranquillité, la ville d'Airvau va voir de nouveau la guerre à ses portes; ses rues et ses places envahies; la vie et la fortune de ses habitants menacées; heureuse encore de ne pas avoir été exposée à se trouver le centre d'une bataille, le point de mire d'une attaque acharnée, l'objet d'une défense désespérée; cela ne tint qu'à un retard de quelques heures et à l'indiscipline de quelques troupes, autrement la bataille de Montcontour se fût appelée la bataille d'Airvau.

Poitiers était assiégé par l'armée protestante sous les ordres de Coligny (août 1569), dont les détachements battaient la campagne et se répandaient au loin; les pays d'Airvau, de Montcontour, Saint-Jouin et Saint-Loup étaient pleins de huguenots, le plus souvent de reîtres qui emmenaient blé et vin et jusqu'aux meubles et ustensiles.

Une de ces bandes de pillards s'établit à Airvau, momentanément du moins, et le capitaine qui la commandait voulut sans doute utiliser ses loisirs d'une manière profitable aux intérêts de ses coreligionnaires.

Entre autres expéditions, il alla s'emparer à Barrou du blé provenant des dimes que les habitants de ce bourg devaient à l'abbaye de Saint-Jouin, ce qui donna lieu, le 24 mai 1570, à une enquête que dom Fonteneau nous a conservée, mais qui ne contient aucuns documents nouveaux sur le sujet qui nous occupe.

Quelques semaines après (3 octobre 1569), Coligny, qui s'était vu forcé de lever le siège de Poitiers, dont son habileté militaire prévoyait la fâcheuse issue, se retirait en toute hâte sur Airvau, devant l'armée du duc d'Anjou, lorsque, par suite d'une mésintelligence survenue parmi les chefs et de l'insubordination des retires, qui refusèrent de marcher si leurs monstres ne leur étaient pavées, les protestants furent atteints dans les plaines de Montcontour.

Les résultats de cette bataille (19), où l’amiral, blessé à la bouche, faillit périr, eussent été la ruine du parti protestant, si le duc d’Anjou eût déployé à en poursuivre les conséquences la même énergie et la même activité que Coligny en mit à en prévenir les suites funestes.

 L’amiral, avant la bataille, voulant se ménager une retraite en cas de revers, et s'assurer d'un passage sur le Thouet, fil occuper la ville d'Airvau par le capitaine Laubouynière-Chaillé, y fil conduire ses bagages, et plus tard, lorsque blessé, épuisé par la fatigue et par le sang qu'il perdait, il dut quitter le champ de bataille, ce fut sur cette ville qu'il se retira, suivi d'une partie de l'armée, dans sa fuite vers Parthenay.

La retraite des protestants à travers la ville d'Airvau fut marquée en traits de feu; pour se venger de leurs ennemis et retarder leur marche, ils incendièrent le château, et ce fut sans doute à cette triste époque de nos annales que l'on doit reporter les mutilations qu'a subies l'église (20).

Un motif de haine personnelle pouvait bien avoir encore armé la main des huguenots dans la circonstance.

René Ysoré, le seigneur d'Airvau, occupait une haute position à la cour de Charles IX. Il était aimé et estimé du duc d'Anjou, qu'ils détestaient ; il combattait dans les rangs catholiques, et le jour même il avait contribué d'une manière efficace à leur défaite. Il fut même probablement heureux pour Coligny qu'une blessure grave (il en perdit la jambe) eût contraint René de se retirer du champ de bataille, car il est à croire que le désir de sauver son château et sa ville seigneuriale des dangers qui les menaçaient l'eût attaché à la poursuite des protestants, et que leur retraite n'eût point été si paisible.

Dans ce pêle-mêle de succès et de revers, de villes prises, abandonnées, reconquises, qui est l'histoire des guerres de religion dans notre province, nous nous félicitons de ne trouver qu'à longs intervalles le nom d'Airvau; le silence gardé à son égard par les écrivains et chroniqueurs du temps, qui enregistraient avec tant de soin les escarmouches les moins importantes, la prise des plus petites bourgades, nous fait espérer qu'à l'abri de nouvelles atteintes, ses habitants vécurent en sûreté du moins, sinon paisibles, quand le pays environnant était livré à toutes les horreurs de la guerre civile.

Les années les plus heureuses de la vie des peuples ne sont-elles pas toujours celles dont on s'occupe le moins?

Du reste, la période militaire de notre histoire est à peu près passée encore deux ou trois faits de cette nature, et ceux qui nous resteront à narrer ne seront plus que des discussions de préséance entre le seigneur d'Airvau et l'abbé de Saint-Pierre. Les descendants des fiers barons ne vident plus leurs querelle l'épée mais la plume à la main. Le cri des hérauts proclamant l'heure des combats est remplacé par la voix d'obscurs légistes à l'éloquence verbeuse; les points en litige eux-mêmes se sont amoindris. Ce ne sont plus des villes à conquérir, des attaques à repousser, du sang à répandre; nous voyons un coup d'encensoir, un morceau de pain bénit, refusés, exigés, disputés avec le même acharnement que s'il se fût agi de la possession d'une province, et ces causes, si puériles en apparence, engendrer des procès interminables, absorber des sommes immenses, faire noircir des montagnes de papier, enrouer les avocats et probablement endormir les juger! Félicitons-nous, malgré cela; car, si nous n'avons rien de dramatique à raconter, la nature des différends, la manière dont ils se vident, indiquent une amélioration dans l'ordre social; la violence a perdu son empire, celui des lois a commencé.

Le duc de Montpensier, envoyé par le roi Charles IX pour combattre les huguenots, qui sous les ordres de La Noue, avaient vengé par de nombreuses victoires leurs coreligionnaires massacrés dans la nuit funeste de la Saint-Barthélemy, arriva à Airvau avec son armée le 1er août 1573, et y coucha dans sa marche sur Saint-Maixent.

Peu d'années après (1581). René Ysoré mourut, et Honorat son fils lui succéda; il était dès lors chevalier de l'ordre du roi. capitaine de 50 hommes d'armes, gouverneur de Blaye, vice-amiral de Guyenne, Poitou et Aunis.

Le 1er juin 1584, messire Jacques de Marays, écuyer, seigneur du Petit-Maulay, capitaine du château d'Airvau, rendit hommage au vicomte de Thouars de cette châtellenie, comme procureur spécialement fondé d'Honorat Ysoré.

A la fin du mois d'avril ou les premiers jours de mai 1586, les protestants, qui venaient de voir avorter une entreprise qu’ils avaient dirigée contre la ville de Parthenay, et que la vigilance des habitants avait déjouée, voulurent venger l'honneur de leurs armes; ils se portèrent sur Airvau d'abord et sur Saint-Loup ensuite, au nombre d'environ 1,200 hommes, mais ils y furent également repoussés.

Quelques jours après, Honorat Ysoré se rendit à Parthenay, et avant réuni sa compagnie aux troupes qui s'y trouvaient sous les ordres du comte du Lude, gouverneur de la province, des sieurs de Montsoreau et de la Châtaigneraie, il parvint à rassembler de 300 à 400 cuirassiers et Albanais, et à leur têle se mit à la poursuite des huguenots qui battaient la campagne.

Ayant rencontré; le 5 mai, à la Maison-Blanche, près Vouzailles, les compagnies des sieurs de la Fenestre et de Fouestat, il les mit en déroute et fit les deux capitaines prisonniers (21).

Ce furent probablement les derniers faits d'armes de ce jeune seigneur, qui mourut la même année, âgé seulement de 25 ans, peut-être des suites de blessures reçues dans cet engagement. Il fut universellement regretté pour l'estime qu'il s'était acquise, nous dit un écrivain.

À Honorat Ysoré succéda René, son fils, alors mineur, qui, sous la tutelle de Madeleine Babou de la Bourdaizière, son épouse, le 28 septembre 1626, rendit un aveu, au château de Thouars, de sa terre et seigneurie d'Airvau.

L'année suivante, ayant fait remontrer au roi Louis XIII « qu'il aurait plu au feu roi Henri III accorder et octroyer à feu Honorât Ysoré, aussi baron d'Airvau, son père, des lettres en forme de chartes données à Paris, au mois de septembre 1583, portant création du marché pour être tenu le jour de jeudi de chacune semaine en la ville d'Airvau à lui appartenant. ….qu'il aurait crainte que l'on le voulût troubler en la jouissance d'icelle, pour n'avoir obtenu les lettres de confirmation du feu roi Henri le Grand, que Dieu absolve, n'y celles du roy à présent régnant; Sa Majesté très humblement suppliée les lui a octroyé et continué et confirmé en autant que besoin est, et de nouveau octroye ledit establissement de marché, le jeudi de chaque semaine, en ladite ville d'Airvau. Donné à Paris le 15 jour de juin 1627 ; signé Louis, et, sur le reply, par le roi, de Lomenye. »

Vers la fin de sa vie, et ce fut le fait le plus remarquable de son existence comme seigneur d'Airvau.

René obtint du duc de Thouars que cette baronnie fût élevée au rang de marquisat. Nous le voyons en effet rendre à ce seigneur un aveu pour « son château, terre, seigneurie, ville, chastellenie, baronnie et marquisat d'Oirvau. lesdits chasteaux et ville renfermés de hautes murailles, tours, fossés et remparts, pont-levis et toute autre forteresse, les dilestour et murailles à marchepied et défenses;  ladite terre d'Oirvau érigée en marquisat, conformément à vos lettres patentes (Henry de la Trémoille, duc de Thouars) du 24 avril 1651. »

René dut mourir peu après, et laissa à Georges Ysoré, son fils et successeur, le soin de faire valider par le roi le litre dont Henri de la Trémoille avait bien voulu favoriser sa terre. Georges ne faillit point à la recommandation paternelle, et il obtint de Louis XIV les lettres patentes qui suivent: « Louis, par la grâce de Dieu salut. Comme nous avons tout subjet de satisfaction des grands et continuels services que notre amé et féal conseiller en nos conseils et notre lieutenant général au gouvernement de Touraine, Georges Ysoré, marquis de Pleumartin, et baron d'Hervault, nous a rendus tant près notre personne qu'en nos armées, par une affection et fidélité inviolable.

Considérant d'ailleurs l'antiquité de sa noblesse et le rang que ses prédécesseurs ont tenu dans ladite province, et les dépendances de ladite baronnie, de laquelle sont tenus à mouvance 242 fiefs et arrière-fiefs relevant de la duché de Thouars, dont ladite baronnie est échue en partage à ses prédécesseurs. A ces causes nous, de notre propre mouvement et autorités royale avons créé et érigé, par ces présentes signées de notre main, ladite baronnie, seigneurie et haute justice d'Hervault, en nom, titre et dignité de marquisat, pour jouir d'icelui par ledit sieur Yoré et ses enfants mâles nés et à naître, avec tous les honneurs, prérogatives, prééminences, tant en paix qu'en guerre.

 Voulons et nous plait que tous les vassaux, tenants noblement ou en roture de la mouvance dudit marquisat, fassent et baillent dorénavant leurs hommages, reprises de fiefs, adveux et dénombrements et déclarations audit sieur marquis et à ses dits successeurs à toujours, au nom et titre de marquis d'Hervault que ces présentes, nos lettres de création et d'errection il fasse enregistrer, et de leur contenu jouir et user ledit sieur marquis d'Hervault ses dits enfants et successeurs seigneurs dudit marquisat plainement, paisiblement et perpétuellement. Nous avons fait mettre notre scel à ses dites pièces.

Donné à Saint-Jean-de-Luz, au mois de may, l'an de grâce mil six cents soixante, et de notre règne le 17e.

 » Signé Louis, et sur le reply, » Par le roy, DE LOMENIE. »

Le mois précédent, Georges avait triomphé du mauvais vouloir de Michel Poncet, abbé d'Airvau, qui, méconnaissant ses droits, avait fait ôter violemment du banc seigneurial, placé dans le chœur de son église, les armoiries dont il était décoré.

La terre d'Airvau ne resta pas longtemps entre les mains de Jean Ysoré, son fils. Ayant été saisie réellement (nous ignorons à quel sujet) elle fut acquise par dame Thérèse Charron, veuve de René-Elisée Darrot, écuyer, seigneur de la Poupelinière, qui obtint par lettres patentes du mois de juin 1678, données à Saint-Germain-en-Laye, confirmation de celles de 1660, qui érigèrent la baronnie d'Airvau en marquisat, en faveur de la famille Ysoré. «

VI.

Jacques-Claude Darrot, qui était mineur quand sa mère acquit le marquisat d'Airvau, ne le posséda que peu d'années, étant mort jeune, vers 1683 ou 1684 Louise-Françoise Laugeois d'Imbercourt, son épouse, rendit, le 4 avril 1686, comme tutrice de leurs enfants mineurs, un aveu au duc de la Trémoille, duc de Thouars, par l'organe de Pierre Pallu, l'un des notaires et procureurs du marquisat.

Dans cet aveu, et c'est pourquoi nous le citons plus spécialement, il est fait mention expresse des droits du seigneur châtelain d'Airvau comme fondateur de l'église paroissiale et de l'abbaye de Saint-Pierre et de toutes les autres paroisses qui sont dans l'étendue de son marquisat :

« L'abbaye d'Airvau ayant, y est-il dit, été autrefois fondée par Hildeardix, vicomtesse de Thouars, dame dudit Oirveau, des biens de ladite terre d'Oirveau obtenue en partage à Mme Marie de Thouars, de laquelle les prédécesseurs de ladite dame (avouant) sont descendus. »

Les ducs de Thouars voulurent bien contester à la marquise d'Airvau le droit de se dire fondateur de l'abbaye, mais cette prétention fut victorieusement repoussée.

Le droit de patronage et tous les privilèges y afférents avaient été aliénés par les précédents seigneurs d'Airvau.

Ils le pouvaient, car ce droit était réel et non personnel; nulle réserve n'avait été faite par la famille Ysoré. Il était donc attaché à la terre, pouvait se vendre et s'acquérir avec elle, comme tons les autres droits utiles du fief et de la seigneurie; le propriétaire du château pouvait en jouir comme de sa chose.

Ces motifs furent du reste ceux qui firent toujours triompher les marquis d'Airvau dans les attaques et les procès que leur suscitèrent les abbés, dans la suite.

Louise Françoise Laugeois d’Imbercourt avait épousé en secondes noces, au mois de janvier 1690, Anne Hilarion de Cotentin, comte de Tourvîle, vice-amiral et maréchal de France, l'émule des Jean Bart, des du Quesne et des du Guay-Trouin, le glorieux vaincu de la Hogue.

Nous aimons à croire que l'illustre marin a habité le vieux château dont nous écrivons l'histoire, a prié sur les dalles de l'église dont nous allons raconter les vicissitudes.

Toujours est-il que nous avons retrouvé plusieurs aveux qui lui sont rendus comme seigneur d'Airvau; mais il ne l'était que du chef de sa femme, qui elle-même ne possédait cette terre qu'en qualité de mère tutrice des enfants mineurs de son premier mariage.

Jean-Baptiste Darrol, son fils aîné, étant émancipé, agissait comme seigneur marquis d'Airvau, le 14 septembre 1697.

A cette époque, la terre d’Àirvau valait 3,000l ivres de rente, d'après un mémoire de M. de Maupeou, intendant du Poitou. Jean-Baptiste étant mort sans postérité avant 1736, le marquisat d'Airvau entra dans la famille Poussart du Vigean, Auguste Poussart, comte du Vigean, ayant épousé Marie-Louise Darrot, sœur du dernier marquis et sa seule et dernière héritière; mais ses enfants ne lui succédèrent que par représentation, car elle-même était décédée dès le 26 juillet 1722.

Marie Jean-Baptiste Poussart, comte du Vigean, baron de Moings et marquis d'Airvau du chef de sa mère, n'eut qu'un fils, Bertrand-Anne, qui, le 5 janvier 1739, donnait procuration pour rendre hommage au duc de Thouars de sa terre d'Airvau, comme héritier seul et unique de Marie-Jean-Baptiste, son père, qui venait de mourir, et en cette qualité habile à se dire seigneur de ladite terre, seigneurie et marquisat, et fondateur de l'église et abbaye dudit lieu.

 Il ne lui survécut pas longtemps, étant décédé lui-même au mois de mai 1741, et la terre d'Airvau changea encore de maître. Comme il était mort sans enfants, sa succession fut partagée entre ses tantes, sœurs de son père, et Airvau tomba dans le lot de Louise-Françoise-Jeanne-Marie Poussart, femme de Fabrice-Joseph Duchilleau, lieutenant au régiment des gardes françaises.

Le 7 juillet 1744, M. Duchilleau accorda par un acte du même jour à messire Aymard Robert de Prie, abbé d'Airvau, les droits de moyenne et basse justice sur l'espace compris entre les rues de l’Aumônerie, de la Grange et celle qui va de l'Aumônerie au Marché-Vieil; mais cette concession, toute gratuite de sa part et motivée par des vues de conciliation, n'empêcha pas son fils Marie-Charles Duchilleau de se voir refuser tous les droits honorifiques qui lui étalent dus, de se voir contester le titre de fondateur de l'église et de l'abbaye.

Le 21 janvier 1763, M. Duchilleau, qui se trouvait à son château d'Airvau, voulut jouir de toutes les prérogatives que comportait sa dignité de seigneur marquis dudit lieu et de fondateur de l'église et abbaye, etc. Il fit donc signifier à l'abbé, représenté en son absence par M, Grenon, prêtre, chanoine et procureur-syndic du chapitre, par Louis Prestreau, sergent du marquisat, son intention de se trouver le dimanche suivant, 23 janvier, dans son banc aux armes de ses prédécesseurs, placé dans le chœur de l'église, leur rappelle ses droits aux prières nominales, eau bénite, pain bénit, etc., et leur ordonne de lui rendre les honneurs accoutumés.

Nous voyons en effet, par un procès-verbal en date du dimanche 23 janvier, rédigé en présence de messire Jean Boria, écuyer; du sieur Antoine Chauveau , clerc tonsuré; de Pierre Milloir, horloger ; de maîtres Siméon Stylite Jonat, huissier; Armand Jarry, bourgeois; du sieur Pierre Bernard, marchand , et de Paul Jollain, qui ont signé avec Savin, sénéchal, et Jouyneau, commis greffier, et contre le lendemain 24 janvier, que les honneurs et droits honorifiques avaient été faits, rendus et accordés par messieurs du chapitre à M. Duchilleau.

Les droits honorifiques ont disparu avec les autres privilèges ils ne sont plus aujourd'hui en usage et sont inconnus au plus grand nombre, qui ignorent en quoi ils consistaient, à qui ils étaient dus, quelle en était l'origine. Quelques mots d'explications ne seront donc pas inutiles pour bien faire comprendre la nature des prétentions des seigneurs et du procès qui en fut la conséquence.

« On confond souvent, dit Guyo (22) en commentant ce texte de Loiseau (23) : « Les honneurs de l'Eglise consistent en autres choses qu'en préséance, » —on confond souvent sous le nom de droits honorifiques toutes les déférences personnelles ou réelles, c'est-à-dire attachées ou au patronage, ou à la seigneurie, ou à la dignité!. Ces honneurs sont des préséances que l'usage a consacrées, ce sont des droits relativement à ceux qui peuvent y prétendre. » , Les meilleurs auteurs qui ont écrit sur cette matière partageaient ces droits en deux classes : les grands, qui étaient : de présenter à la nomination par le collateur d'un sujet pour remplir le bénéfice; d'être nourri, étant dans le besoin, des biens de l'église; d'avoir une titre funèbre (24) ; de se faire recevoir processionnellement dans l'église ; d'être nominalement recommandé aux prières du prône; d'avoir son banc et sa sépulture dans le chœur.

Les moindres comprenaient : l'eau bénite donnée avec distinction et avant les autres fidèles; le pain bénit offert après le clergé et les officiers du chœur, et la faculté de choisir le jour d'en faire l'offrande; le droit, comme le clergé et après lui, de baiser la paix, et enfin, outre le banc du chœur, une place choisie dans le lieu le plus honorable de la nef de l'église.

Les patrons et fondateurs de l'église étaient les premiers auxquels appartenaient, en vertu de ce titre de patron et ipso facto, les droits honorifiques.

Deux motifs avaient engagé l'Eglise à leur déférer ces honneurs : l'un était pour marquer sa reconnaissance à ses bienfaiteurs, l'autre pour exciter les fidèles à suivre leur exemple. Après les patrons et fondateurs, on accordait ces honneurs aux seigneurs hauts justiciers du lieu sur lequel l'église était bâtie, ce qui se pratiquait à leur égard en considération de la puissance publique qu'ils exerçaient, et pour les engager à prendre l'église sous leur protection.

Il avait fallu aussi, pour éviter la confusion et le désordre, régler les rangs entre les autres personnes qui prétendaient à quelque préséance et distinction dans l'église, tels que les seigneurs de fiefs, les gentilshommes, les commensaux de la maison du roi, les officiers de justice, soit royaux, soit seigneuriaux, les corps de communautés laïques et ecclésiastiques, séculières ou régulières, et généralement pour toutes sortes de personnes qui méritaient quelque considération.

Mais les patrons et fondateurs et les hauts justiciers du lieu où l'église était bâtie étaient les seuls qui pouvaient légitimement prétendre aux droits honorifiques proprement dits; toutes autres personnes, quelque qualifiées qu'elles pouvaient être, n'avaient entre elles et relativement à leurs inférieurs que de simples préséances ou prééminences pour le pas à l'offrande ou à la procession, pour la distribution du pain bénit et autres cérémonies semblables.

Ces honneurs, comme on le voit, étaient devenus des droits de famille ou de seigneurie.

Si l'on doit obliger par le seul motif de faire le bien, non par, ostentation, pour mériter de la reconnaissance, et surtout pour se croire en droit de l'exiger, il n'en est pas moins vrai que les règles établies par l'Eglise imposant à ses prêtres l'obligation de témoigner ainsi ses sentiments de gratitude, ceux à qui ils étaient légitimement dus pouvaient et devaient les revendiquer comme des droits acquis, et que les ecclésiastiques, en refusant trop souvent de les accorder, méconnaissaient leurs devoirs et l'origine de ces distinctions.

Tous ces détails, qui avaient une si grande importance autrefois, nous semblent bien futiles aujourd'hui; mais si l'on veut bien remarquer que la plupart de ces hommes, plus sensibles à l'honneur qu'à l'intérêt, étaient les descendants de ceux qui avaient construit la maison de Dieu et doté ses serviteurs, on pardonnera, nous n'en doutons pas, aux fils des donateurs, la vanité de réclamer la première place dans l'édifice, souvent magnifique, élevé par la piété de leurs pères, et quelque distinction de la part de ceux que la générosité de leurs ancêtres nourrissait encore; quels sont donc, du reste, les motifs qui font sacrifier encore de nos jours fortune, repos , vie même, si ce n'est d'obtenir quelques-unes de ces distinctions? Les hommes, sous ce rapport, seront toujours de grands enfants.

L'abbé d'Airvau, M. de Sloupy, ne voulut pas reconnaître à M. Duchilleau la qualité de fondateur de son église, et voir rendre à un laïque les honneurs qu'il prétendait lui être dus exclusivement, oublieux de la reconnaissance qui lui faisait un devoir d'honorer en la personne du marquis le bienfaiteur de son abbaye, méconnaissant les droits que ce dernier avait à se dire patron, prétextant une ignorance peu croyable, et usant d'une mauvaise foi quelque peu chicanière, qui nous le ferait quelque peu croire visiteur assidu de ce :

« Pilier fameux des plaideurs respecté » Et toujours de Normands à midi fréquenté (25). »

L’abbé, dis-je, fit signifier, le 24 août 1766, à M. Duchilteau, un inventaire de pièces où,, après un long préambule et avoir rappelé l'acte du 21 janvier 1763 que nous avons rapporté précédemment, il dit et déclare « qu'il ignore si en conséquence dudit acte les honneurs de l’Eglise lui ont été rendus, mais qu'il est certain qu'il n'était pas fondé à les exiger.; qu'ainsi ledit sieur abbé, pour la conservation des droits de son abbaye, protestait contre la qualité de fondateur de ladite église et abbaye prise par ledit M. Duchilleau. » , Ce dernier ne laissa pas sans réponse le mémoire de son adversaire; le procès s'engagea, et les parties s'attaquèrent et se défendirent avec un acharnement digne du , Chicaneau de Racine.

L'abbé fut condamné; mais, plus prudent que le plaideur opiniâtre que le poëte met en scène, il se tint pour battu. Sans fatiguer nos lecteurs des termes barbares de la chicane, et franchissant d'un bond les années qui s'écoulèrent entre le commencement et la fin de ce procès, nous nous contenterons de citer les principaux passages du dispositif de l'arrêt rendu par le parlement, sur les conclusions conformes du procureur général : cet arrêt, » faisant droit sur l'instance, sans s'arrêter aux requêtes du sieur Stoupy, dont il est débouté met l'appellation au néant, ordonne que ce dont il a été appelé sortira son plein et entier effet, et que l'arrêt provisoire du 16 février 1769 demeurera définitif. …..déclare le présent arrêt commun avec les prieur, curé, chanoines et chapitre de Saint Pierre d'Airvau; condamne ledit Stoupy en l'amende ordinaire de 12 livres et en tous dépens. …en compte d'appel, intervention. sommations, dénonciations.

Le 31 août 1770. »

M. Duchilleau, nommé, quelques années après (7 septembre 1777), commandant particulier de l'ile de Saint-Domingue, à la prise de laquelle il avait glorieusement contribué, ne revint probablement plus à Airvau, dont il vendit le marquisat, le 1er janvier 1785, à René de Richeteau, capitaine de cavalerie, chev, seigneur de Moiré, et à dame Gabrielle-Henriette Chasteigner de Rouvre, son épouse.

Ici doit s'arrêter la première partie de notre travail, car à peine s'éteignaient les dernières acclamations qui avaient accueilli les nouveaux seigneurs, que des clameurs menaçantes, des cris de mort se firent entendre.

La révolution de 1789 s'annonçait, et, quelques mois après, le décret du 19 juin 1790, supprimant la noblesse et ses titres, vient briser notre plume.

 En effet, le seigneur d'Airvau avait disparu. Il ne restait plus que le simple citoyen, l'égal du dernier de ses vassaux; l'égal? non, car il fut déclaré suspect (et l'on sait à quels dangers étaient exposés, à cette funeste époque, ceux qui étaient flétris de cette odieuse qualification) par ceux-là même qui la veille encore.

N'est-ce pas là l'histoire de toutes les puissances déchues, de tous les pouvoirs tombés ?

 

 

 

 

 

 

Recherches sur Airvau, son château et son abbaye / par M. H. Beauchet-Filleau,

Géographie communale, histoire, biographie, statistique & usages locaux du département des Deux-Sèvres... / par L. Buffières,...

 

 

 ==> L’église Saint-Pierre d’Airvault, une architecture Plantagenêt

 

 

 


 



Montcontour, en latin Mons-Contorius, Moncontorium. Ce bourg était au XIVe siècle, défendu par une forteresse qui fut prise par les Anglais après un siège de six jours, et reprise par Du Guesclin en 1371. Moncontour est célèbre par la victoire que le duc d'Anjou, depuis Henri III, y remporta sur l'amiral Coligny en 1569....

 

Les anciens Ponts du THOUET - Airvault et le pont de Vernay.

A un kilomètre en amont d'Airvault, sur la route de Saint-Loup, qui d'ailleurs conduit à la gare d'embranchement, on remarquera un pont jeté sur le Thouet et qui porte le nom de pont de Vernay.....

 

(1) L'offrande d'Ebbon, le puissant seigneur de Parthenay, était également de10 sols d'or.

(2)   Quelques familles existantes témoignent encore aujourd'hui de l'usage où l'on était fréquemment alors d'adopter exclusivement le nom de son fief en délaissant le nom de ses aïeux ; et pour ne parler que de noms du Poitou, ou qui se rattachent à cette province, nous citerons les La Rochefoucauld, les Couhé de Lusignan et les comtes de Bessay, tous sortis de la grande famille des Lusignan.

Nous devons avouer cependant qu'en rédigeant la filiation des vicomtes de Thouars pour notre Dictionnaire des familles de l'ancien Poitou, nous n'avons remarqué aucun l'ait duquel on puisse inférer qu'un membre de cette maison ait suivi cet usage.

(3)    Fondée ou plutôt transférée, en 1205, de l'îlot du Pilier, que la mer envahissait, dans l'île de Noirmoutiers, où elle subsista jusqu'à la révolution de 1793.

 

(4)   Ce droit de fromentage consistait en un certain nombre de boisseaux de blé (mesure de Thouars), que prélevaient les vicomtes sur toutes les charrues, tous les attelages et cultivateurs à bras de leurs immenses domaines : ainsi chaque charrue à bœufs devait 21 boisseaux de froment, si l'exploitant était roturier; 11 seulement, s'il était noble; chaque attelage à ânes lui en devait 9, et tout cultivateur à bras, 6.

 

(5) Nous nous servons plutôt de la désignation de seigneur suzerain, comme étant plus connue, que de celle de seigneur dominant, bien que cette dernière soit, dans l'espèce, la seule qui devrait être en usage.

En pur langage féodal, le seigneur suzerain était le dominant du dominant; ainsi, le suzerain du seigneur d'Airvau, qui portait son hommage à Thouars, était le roi, qui recevait l'hommage du vicomte, et ce dernier n'était que le dominant du seigneur d'Airvau.-Guyot , Traité des fiefs, t. III, p. 403.

 

 

(6) Peut-être des la Porle Vézins, dont les biens, situés sur les marches du Poitou, de l'Anjou et de la Bretagne, avoisinaient les propriétés des Chausseroye.

(7) Le partage des biens de Payen de Chausseroye et de Marguerite de la Porte n'eut lieu que le 7 avril 1420. Les copartageants étaient : Jean de Villeneuve, chevalier, à cause de feu OEnor de Chausseroye , son épouse; Yves de Saint-Mars, écuyer, à cause de Madeleine-Catherine de Chausseroye, sa femme, et enfin Louis Chenin, chevalier, seigneur de l’ile-Bapaume, à cause de Marie de Chausseroye, sa femme, veuve en premières noces d'Amaury de Liniers.

(8)   Ce fut Jacques de Saint-Martin (des Saint-Martin de Bagnac, famille encore existante) qui blessa à mort ce grand homme. Lui-même, ayant eu les deux cuisses percées d'un coup d'épée, mourut à Poitiers, deux jours après, des suites de ses blessures.

(9)   Lacurne Sainte-Palaye, Mémoires sur l'ancienne chevalerie. « Et peut le seigneur comte, vicomte ou baron, porter bannière, qui est à dire que le comte, vicomte ou baron peut, en guerre ou armoirie (tournois), porter ses armes en quarré; ce que ne peut faire le seigneur chastelain, lequel seulement les peut porter en forme d’écusson. — Coutume du Poitou, art. 1

Quelques familles ont conservé, comme un pieux souvenir de la grandeur de leurs ancêtres, l'usage de porter leur écu en bannière. La famille de Nuchèze est la seule dans notre province qui l'ait conservé.

10 « Suivant notre coutume (art. 3), il faut être au moins seigneur chastelain pour avpir maispn forte, et les seigneurs inférieurs, même les hauts justiciers, ne peuvent fortifier leurs maisons sans le consentement des seigneurs chaslelains, quelques lettres qu'ils en eussent obtenu du roy. Il —Harcher, Traité des fiefs, chap. vin, §26.

(10)                      Lettres royaux du 29 janvier 1441.

 

 

(11) « Le seigneur chastelain est fondé d'avoir chastel et chastellenie , haute justice, moyenne et basse, et peut avoir et tenir justice ou fourches patibulaires à trois piliers en tiers pied et avoir scels à contrai. (Cout., art 5.) Ressortissant nuement par devant le juge royal, peut user de doubles degrés de juridiction qui sont la grande et petite assise, ou d'ancienneté, ils en auroient usé (art. 4). Peut créer six notaires pour passer lettres et contrats volontaires sous leurs seels, peut aussi créer et commettre six sergens. — Cout. de Poitou, art. 5, 575, 585, etc., etc. »

Nous ferons remarquer encore qu'il y avait quelque peu de mauvais foi dans les reproches du vicomte de Thouars, car il avait, en partie du moins, reconnu l'état de la seigneurie d'Airvau , comme le prouve un vidimus du 31 octobre 1442, fait à la requête, de Maubrnny de Liniers, les religieux et couvent et les habitans d'Oyreveau , par Maurice Claveurier, lieutenant général du sénéchal de Poitou. Ce vidimus est la copie d'une transaction (la date est omise) passée entre très-noble, très-puissant et très-doubté seigneur monseigneur Loys d’Amboise, vicomte de Thouars, et noble dame Marie de Chausseroye, dame d'Oyreveau, par laquelle elle est maintenue dans le droit que lui contestait le vicomte d'avoir fourches patibulaires à trois piliers.

(12) Leur fils ainé, nommé Manbruny, comme son père, était mort précédemment. Nous profitons de cette occasion pour rectifier le passage de la généalogie des de Liniers qui le concerne, dans notre Dictionnaire des familles de l'ancien Poitou. Induits en erreur par Froissart, nous avons attribué à Maubruny Il presque tous les faits qui concernent son père.

(13) Voir celte pièce que nous donnons in extenso, § 8.

(14) Nous ignorons à quelle guerre ces lettres du roi font allusion; nous ne pouvons comprendre que Louis XI parle ainsi de la praguerie. dont, n'étant que Dauphin, il fut lui-même un des chefs, et la guerre du bien public était trop récente pour que les ancêtres de Michel de Liniers aient pu y résister. Cette démolition des murailles d'Amaillou ne peut non plus remonter à une époque bien reculée, car cette terre n'était que depuis peu d'années dans la famille de Liniers, et l'on se rappelle qu'en 1457, Maubruuy contestait à Geoffroy d'Abin , qui la possédait alors, le droit d'y avoir une forteresse.

(15) Anne d'Appelvoisin était fille de Guillaume, seigneur de Pugny, et de Yseult eu Olive de Limiers, sœur de Jacques ils s'étaient mariés le 29 janvier 1478

                                                                                          

(16) Lettres patentes données à Saint-Germain-en-Laye, au mois de mars 1541.

(17)  Par son ordonnance du 4 aout 1565, donnée an château de Roussillon sur le Rhône, Charles IX fixa au 1er janvier le commencement de l'année pour toute la France, et publia un édit par lequel il modifiait les avantages qu'il avait accordés aux huguenots par l'édit de pacification, et dont la célèbre ordonnance dite de Moulins ne fut que la confirmation.

(18) Cette réponse que l'on prête à Philippe de Valois après la funeste bataille de Crécy n'est point celle que la tradition attribue à ce prince.

Elle ne doit son origine qu'à une faute d'impression, Ouvrez, c'est l'infortuné roi de France, écrivit l'historien, et un prote négligent et un compositeur maladroit imprimèrent : c'est la fortune de la France.

(19) Nous ne nous appesantirons pas davantage sur cette bataille, bien qu'en partie du moins elle se soit donnée sur le territoire de la seigneurie d'Airvau ; trop d'écrivains en sont occupés, et, pour ne parler que des modernes, nous indiquerons à qui voudrait en connaître les détails, les travaux de MM. Allonneau et Saint-Hypolite, dans les- Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest (1843 et 1844).

 

Que l'on nous permette cependant d'ajouter quelques mots.

En1840, étant allé avec M. Calixte de Tusseau visiter ce champ de bataille, nous remarquâmes, en suivant le chemin de Saint-Juin-lesMarnes, sur les hauteurs de Douron et près du village, un rocher qui faisait saillie au-dessus du sol de la route près laquelle il s'élevait, et que l'un nous indiqua comme étant la pierre du ministre, en souvenir sans doute des prédications qui précédèrent l'engagement.

L'endroit, du reste, est parfaitement choisi, et l'observateur, voulant embrasser d'un coup d'œil le terrain environnant et l'étendue du champ de bataille, ne peut se placer d'une manière plus avantageuse , car de ce point on aperçoit jusqu'au vieux donjon féodal du château de Marconnay, situé-à-environ, quatre lieues de là.

 

Disons encore qu'à quelques pas de la pierre du ministre se trouvait autrefois, dans un champ voisin, un tumulus aujourd'hui détruit, dans les débris duquel on a trouvé, entre autres objets, un couteau un silex qui fait aujourd'hui partie du cabinet de M. Calixte de Tusseau.

(20) L'on pourrait croire aussi que les nombreuses mutilations qu'a subies la magnifique église d'Airvau ont eu lieu pendant l'occupation de cette ville par les huguenots, durant le siège de Poitiers; mais l'enquête de 1570, que nous avons citée précédemment, n'en fait nulle mention, bien que plusieurs témoins parlent des poteries des huguenots. Un fait aussi important n'eût point été omis par les habitants.

(21) Si l'on en croit Briquet (Histoire de Niort, le roi de Navarre, revenant de Montsoreau, où il attendait le comte de Soissons et le sieur de Colombières, aurait, peu de mois après, traversé Airvau en se rendant à la Rochelle; mais l'itinéraire donné par M. Berger de Xivrey indique qu'il en passa seulement à peu de distance, ayant séjourné à Moutcontour le 29 septembre, puis à Saint-Loup le 30, etc.

(22) Observations sur le droit des patrons aux honneurs de l'Église, in-411, p. 148. — Presque tout ce que nous dirons ici des droits honorifiques est extrait presque textuellement de cet ouvrage, reconnu le meilleur traité qui ait été écrit sur la matière.

(23) Chap il des seigneuries, nombre 31.

(24) La litre ou ceinture funèbre était une bande peinte en noir sur la muraille intérieure et même extérieure de église, sur laquelle étaient représentées en couleur les armoiries du patron. Quelques-unes de ces litres existent encore; nous nous rappelons avoir remarqué, il y a quelques années, les traces parfaitement visibles de celle qui courait sur la surface intérieure et extérieure des murs de la curieuse église de Saint-Généroux.

(25) Lutrin, chant IV.