3 Octobre 1569, Troisième guerre de Religion, bataille de Moncontour dans le Poitou

Montcontour, en latin Mons-Contorius, Moncontorium. Ce bourg était au XIVe siècle, défendu par une forteresse qui fut prise par les Anglais après un siège de six jours, et reprise par Du Guesclin en 1371. Moncontour est célèbre par la victoire que le duc d’Anjou, depuis Henri III, y remporta sur l’amiral Coligny en 1569.

La bataille gagnée par le duc d’Anjou (depuis Henri III), commandant l’armée catholique, sur l’amiral Coligny, chef de l’armée protestant, le 3 octobre 1569. Après la journée de Jarnac, Coligny, qu’aucun revers ne pouvait abattre, avait promptement rallié les débris du parti huguenot. Il comptait cependant à peine 18,000 hommes, épuisés par de longs travaux, lorsqu’il fut rejoint dans les plaines de Moncontour par le duc d’Anjou, dont l’armée était forte de 25,000 hommes de troupes fraiches. Coligny aurait voulu éviter le choc, mais il eut la main forcée par ses gentilshommes, dégoutés de tant de fatigues et de souffrances, et par les réclamations de ses mercenaires allemands qui criaient : argent ou bataille ! il prit les meilleures dispositions possibles, dissimulant de son mieux son infériorité numérique, et entremêlant habilement la cavalerie française, la cavalerie allemande et les arquebusiers, pour que ces troupes se prêtassent un mutuel appui alors il attendit le choc il fut terrible : les deux avant-gardes se heurtèrent avec fureur ; mais la cavalerie protestante, armée seulement d’épées et de pistolets, ne pouvait lutter avantageusement contre les fortes lances des compagnies d’ordonnance. Toutefois, le feu meurtrier des reîtres et des arquebusiers huguenots rétablissait l’équilibre.

3 Octobre 1569, Troisième guerre de Religion, bataille de Moncontour dans le Poitou

A la vue des catholiques prêts à plier, le jeune Henri de Navarre, âgé de seize ans, qui étais établi sur une hauteur avec un corps de 4,000 cavaliers protestants, voulait fondre sur l’ennemi.

« Donnons, mes amis, donnons ; voilà le point de la victoire, ils s’ébranlent ; il envoya même prier Henri de Navarre et Henri de Condé de quitter le champ de bataille, afin de se réserver pour l’avenir. Le chef de l’armée protestante ne se faisait pas illusion sur l’issue probable de la journée, ce qui ne l’empêchait pas de combattre avec la plus héroïque intrépidité. Ramenant son avant-garde à la charge, il recevait à la joue la balle de son ennemi. Aveuglé par le sang qui coulait de sa blessure et enveloppé par les cavaliers ennemis, il allait être pris lorsque Wolfrad de Mansteld accourut à la tête des reîtres protestants et le dégagea. 

Pendant ce temps, le duc d’Anjou s’était élancé avec la masse de sa cavalerie sur le corps de bataille des huguenots. La lutte fut sanglante ; les protestants opposèrent la plus opiniâtre résistance et le duc d’Anjou courut les plus grands dangers, car son cheval s’était abattu au milieu de la mêlée. Le maréchal de Cossé et Biron volèrent à son secours avec une réserve de cavalerie et parvinrent à le dégager. Jusqu’alors, la lutte paraissait égale ; mais l’infanterie catholique n’avait pas encore donné, et surtout le redoutable bataillon des Suisses. Lorsque ces deux troupes furent entrées en ligne, le combat changea de face. Assaillis avec fureur par les Suisses, leurs mortels ennemis, les reîtres protestants se renversèrent sur les lansquenets et jetèrent ainsi le désordre dans l’armée de Coligny. Celui-ci jugea d’un coup d’œil que la bataille était perdue. Ne voulant pas exposer sa cavalerie à un désastre inévitable, il donna aussitôt l’ordre de retraite.

Malheureusement, cet ordre ne put être suivi par l’infanterie, qui resta à la merci d’un ennemi exaspéré par l’ardeur de la lutte et les excitations d’une furieuse jalousie de métier. Les Suisses se baignèrent dans le sang des lansquenets ; 4,000 tombèrent sous leurs coups, et 2 ,000 fantassins français éprouvèrent le même sort. Le duc d’Anjou, arrêta enfin le carnage : les actes d’humanité sons assez rares dans sa vie pour que l’histoire signale celui-ci. Il sauva la vie au brave et vertueux La Noue, le Bayard protestant, dit M. Henri Martin, que l’atroce Montpensier voulait faire égorger de sang-froid. Le comte de Sant-Fiora épargna de même Crussol d’Acier, le fameux chef des huguenots du Midi, et ne craignit pas de désobéir ainsi aux ordres impitoyables du pape. Les catholiques n’avaient perdu que 500 cavaliers environ et très-peu de fantassins.

La victoire de Moncontour fit beaucoup d’honneur au duc d’Anjou ; elle était cependant due, bien moins à ses talents militaires qu’aux savantes dispositions du maréchal de Tavannes, aidé de Biron, grand maître de l’artillerie. Mais il en est toujours ainsi : le général en chef a tout fait, lorsque bien souvent ce sont ses lieutenants qui suppléent à son incapacité.

Crillon se signala particulièrement à cette bataille par un beau trait de générosité. Il revenait de la poursuite des fuyards, lorsqu’un soldat huguenot le blessa d’un coup d’arquebuse. Crillon court sur lui l’épée à la main. Le soldat tombe à ses pieds et, lui demande la vie : « je te la donne, répond le brave Crillon, et si l’on pouvait ajouter foi à un homme rebelle, à son roi, je te demanderais parole de ne jamais porter les armes que pour ton souverain » Touché de cette magnanimité, le sodat quitta à l’instant le parti protestant.

 

 (le donjon de Moncontour)

La race royale de Béarn avait habitué ses fils à ces fatigues des braves châtelains. Henri, héritier du royaume de Navarre, était né à Pau en 1553, au sein d'une famille tout entière dévouée à la réforme, quoique la timidité d'Antoine de Bourbon ne lui permît pas toujours d'en faire une profession publique.

L'enfance laborieuse du Béarnais est trop connue pour que je répète les vieilles traditions de la gousse d'ail, du vin de Jurançon, et de la chanson que Mme d'Albret chanta au milieu des douleurs, afin de ne pas en faire un pleureur ou un enfant rechigné. Son éducation avait été sévère, comme les calvinistes en donnaient alors à leur fils, en sorte « qu'il était duit au labeur et mangeait souvent du pain commun, et a été vu, à la mode du pays, parmi les autres enfants du village, quelquefois pieds déchaux et nu-tête, tant en hiver qu'en été. »

Henri avait quinze ans lorsqu'il vint à l'armée huguenote; il y avait été conduit par sa mère, femme de courage et de fanatisme. Elle présenta Henri comme un gage à la gentilhommerie, et le jeune prince, d'un air de résolution et de fierté, prononça ces paroles, engagement de foi et d'opinion : « Je jure de défendre la religion et de persévérer dans la cause commune, jusqu'à ce que la mort ou la victoire nous ait rendu à tous la liberté que nous désirons. »

Le parti de Genève n'était pas assez fort pour agir seul, et l'amiral Coligny, vieilli sous les armes, se plaça de lui-même sous les ordres du noble et valeureux enfant . ...

Si les bourgeois fortement catholiques, si les huguenots puritains, dans leur sombre et sévère réformation, étaient alors irréconciliables ennemis, il n'en était pas de même des deux, partis de la gentilhommerie. Placés dans des camps opposés, ils se mêlaient fortement et fièrement aux batailles ; mais de vives sympathies, des traits de chevalerie, de famille, ou de blason, les unissaient entre eux. Ils en venaient aux mains à regret; ils s'entrechoquaient comme dans un grand tournois et aux lices ou dans un duel ; il y avait bien également entre eux de petites jalousies de cour ou de faveur; toutefois il semblait que la châtellenie avait le besoin d'en finir avec tout ce sang versé ; on s'échangeait d'un camp à un autre des avis, des conseils.

La veille de la triste défaite de Moncontour, les gentilshommes calvinistes furent prévenus par la noblesse catholique du danger qu'ils allaient avoir à courir dans cette bataille : « Messieurs, leur dirent-ils , nous portons marques d'ennemis, mais nous ne vous haïssons nullement, ni votre parti. Avertissez M. l'amiral qu'il se donne bien garde de combattre; car notre armée est merveilleusement puissante, pour les renforts qui y sont survenus, et est avec cela bien délibérée ; mais qu'il temporise un mois seulement, car toute la noblesse a juré et dit qu'elle ne demeurera pas davantage, et qu'il les emploie dans ce temps-là, et qu'ils feront leur devoir . »

Coligny venait d'être condamné à mort par le parlement de Paris. Voici le titre de l'arrêt : « Arrêt de la cour de parlement contre Gaspard de Coligny, qui fut admirai de France, mis en huit langues ; à savoir ; français, latin, italien , espagnol, allemand, flamand, anglais et écossais. » 27 septembre 1569. Bibl. de M. de Fontanieu , rec. de pièces in-8° parch., coté P, 368, pièce 60 bis. — « Arrêt du parlement contenant interprétation du premier, donné contre Gaspard de Coligny. »

  Après sa victoire, Le Duc d’Anjou, frère du roi, s’installe à Saint-Généroux. C’est là qu’il assemble son conseil. Décision est prise de ne pas poursuivre les protestants qui fuient déjà vers St Jean d’Angely. Le Duc est logé chez le sieur Buor à Thiors. Cette victoire retentissante va encore accroître la notoriété du duc d’Anjou, futur Henri III, et l’admiration de sa mère Catherine de Médicis, au grand dam de son frère Charles. La rivalité grandissante entre les deux frères aura de graves conséquences. Il faudra attendre l’Edit de Nantes promulgué par Henri IV en 1598 pour que les tensions entre catholiques et protestants s’estompent quelque peu.
Quant à la plaine de Moncontour, elle gardera longtemps les stigmates de cette bataille funeste.

 

Histoire de la Réforme, de la Ligue et du règne de Henri IV. Tome II / par Capefigue

Société d'Histoire , d'Archéologie & des Arts du Pays Thouarsais - Shaapt

 

 

ETUDE FÉODALE : Le château de Montcontour du XI au XVIII siècle (Foulques Nerra)<==..... ....==>

==>Le 3 octobre 1569, après la bataille de Moncontour qui vit la victoire du duc d’Anjou (le futur Henri III), Gaspard de Coligny qui commandait les calvinistes battus ordonna de mettre le feu au château d'Airvault

 RECHERCHES SUR LES SITES DE CHATEAUX ET DE LIEUX FORTIFIÉS EN HAUT-POITOU AU MOYEN AGE <==....

....==> Les Guerres de Religions en dates ==> Ephémérides de la troisième guerre civile en Poitou, Aunis et Saintonge (du 3 octobre 1569 jusqu’au 26 aout 1570)

.... Les Guerres de Religion en Saintonge, la citadelle catholique de Brouage - Charles IX -Henri III- Agrippa d'Aubigné- Henri IV

 


 Il y a 450 ans avait lieu la Bataille de Moncontour

Elle a eu lieu en 1569. L’année est une chose acquise mais le jour exact dépend du calendrier que vous utilisez. À savoir que « 1569 est avant le calendrier grégorien, donc les 450 ans qui nous séparent n’étaient complets qu’au 3 octobre, l’année de changement de calendrier étant 1582 », affirme Pierre Archambault, un autre féru de cette histoire, alors qu’un tableau de Jan Snellinck, peintre flamand, la situe « le 30 october 1569 ».....