Le château de Langoiran
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Le château de Langoiran est un ancien château fort, situé dans l'Entre-deux-Mers, qui se dresse sur la commune française de Langoiran dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine.
Le château de Langoiran est une des forteresses les plus considérables de la Guienne.
Il est bâti sur les coteaux qui bordent les rives de la Garonne, et est situé à une distance de, 28 kilomètres de Bordeaux.
Sa position n'est pas cependant de celles qu'on choisissait, dans les temps primitifs, pour établir une grande 1'orleresse, un poste dominant un pays ou un passage.
La Garonne est éloignée de ses remparts de 1 kilomètre environ et le vallon qui passe au pied de ses ni tirs est fort étroit et très court.
Ce n'était donc pas un poste militaire dans toute l'acception du mot.
Cependant, la position était très convenable pour établir une forteresse secondaire, un de ces châteaux sur molle comme on en trouve partout.
Il a dû rester dans cet état, c'est-à-dire une molle avec basse-cour séparée du plateau par un large fossé, jusqu'au commencement du XIVe siècle.
Il est probable que les seigneurs qui possédaient à cette époque le domaine de Langoiran, ayant besoin d'une forteresse importante sur leurs terres, et séduits par la beauté du site, ont profilé de la coupure déjà faite et des dispositions principales de la forteresse précédente, qui devait être en bois, puisqu'il n'en reste absolument rien.
Les terrasses naturelles existant à la pointe du coteau rendaient la place imprenable de ce côté.
Actuellement, du lierre, des plantes grimpantes et des arbustes recouvrent presqu'en entier ses vieilles murailles.
Du côté de la vallée se trouve le donjon que l'on avait jugé inattaquable du côté de la coupure, qu'il protège tout en étant lui-même protégé.
Il est, on effet, à demi engagé dans les courtines, et fait une forte saillie dans la coupure. Circulaire à l'extérieur, celle tour renferme entre ses murs, épais de près de 4 mètres, trois étages de salles octogones voûtées et d'une régularité parfaite.
Un escalier, percé dans l'épaisseur des murs, met toutes ces salles en communication.
Nous avons pu voir dans l'intérieur de ce donjon quelques vieilles peintures que les temps n'avaient pas fini d'effacer.
L'histoire du château de Langoiran ne commence à sortir de l'obscurité qu'au milieu du XIIIe siècle.
Il lui pendant longtemps sous la domination des Anglais.
En 1262, Bernard d'Escoussau était seigneur de Langoiran.
Vingt-cinq ans plus tard, en 1287, il prenait le titre de miles (chevalier).
Quelques années après, celle seigneurie, ou du moins sa justice, était divisée entre plusieurs personnes, en effet, le 3 Juin 1291, Edouard 1er, roi d'Angleterre, est obligé de protéger Seguin du Puits, citoyen de Bordeaux, et sa femme, qui avaient une partie du droit de justice dans le château de Langoiran, droit que le seigneur voulait probablement leur enlever.
Bernard de Blanquefort, seigneur d'Audenia, contracta alliance, le 3 novembre 1314, avec Mabille, fille de Bernard d'Escossan, seigneur de Langoiran, né d'autre Bernard d'Escossan et de dame de Trenquelèon.
Il est constaté à la fin du contrat de mariage que cet acte fut dressé pendant que Philippe le Bel était roi de France, Edouard, duc de Guienne, Arnaud, archevêque de Bordeaux, et AYSSIN DE GALARD, maire de cette ville.
In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, amen ; conegude cause sie que en Bernard d'Escossan, daudets, seinher de Logoyran, filhs de Bernard d'Escossan, daudets, qui fo et de la dona na Trencaleon, sa moilher, a dat et autreyat na Mabila, sa seror, filhe deu dit en Bernard, son payre, et de la deita dona na Trencaleon, sa mayre, per molher esposa au Bernard de Blanquaffort, daudets, senher d'Audenia, et la dita na Mabila, per sa bone voluntat ab volontat et autrey deudert en Bernard d'Escossan, son frayre, esse dada et autreyada au deit en Bernard de Blanquefort per moilher et per esposa, per palauras de présent; et l'avant deits en Bernard de Blanquefort esse dats et autreyats à l'avant dita na Mabila per marit et pour espous per palauras de present; et l'avan deit en Bernard d'Escossan ali dat, en aquest maridatge, oeyt milia sods delamoneda corssable de Bordeou en deners per deners dats de maridatge et cent libres de ladite moneta, etc…..
Actum fuit tertia die introitus novembris, anno Domini millesimo trecentesimo decimo quarto, régnant Philippe, rey de France, Edouard régnant en Angleterre, duc de Guyaine, Arnaud archibesque, ASSIN DE GALARD cavoir, major de Bordeaux.
Collection Dout, vol. XXXVIII, loi. 245. Bibl. imp. Mss.
Un Bernard d'Escoussan, peut-être le même, en était encore seigneur en 1315, car on le trouve, sous le titre de dominus de Logoyrano, dans la liste des seigneurs auxquels Edouard II écrivit le 18 juillet, d'ajouter lui aux paroles du Jean du Bensted, chevalier, et de Thomas de Cantorbéry, clerc, qu’il envoie en Gascogne pourdes allaires importantes.
En 1324, Raymond d'Escoussan était seigneur de Langoiran et en 1330 on retrouve un Bernard d’Escoussan, fils probablement de Raymond qui épousa en 1335 Miramonde de Calhau, qui était daine de Podensac.
Les faveurs dont il était comblé par le roi d'Angleterre, entretinrent son zèle, et il fut un de ceux qui se rendirent en 1343 auprès d'Edouard III pour le prévenir que le duché de Guienne était mal gardé, que les Français couraient la campagne, et qu'il était urgent de pourvoir à sa défense.
Raymond d'Escoussan eut une fille, Mabile d'Escoussan, qui épousa Amanieu d'Albret, et lui porta en dot la terre et le château de Langoiran.
Amanieu d'Albret fut un des seigneurs les plus puissants et les plus illustres de la Gascogne.
Du 22e juin 1366. — Arch. du chât. de Nérac. — Fol. 163.
Acte par lequel Geralde d'Albret, fille d'Amanieu d'Albret, seigneur de Logoyran et de Mabilie de Escassaco, renonce en faveur de Berald d'Albret, son frère, à tout ce qu'elle pouvoit prétendre sur les biens de ses dits père et mère, se réservant seulement la dot qui lui avoit esté léguée par son dit père. —
Bérard d'Albret, fils de Bérard II d'Albret et de Brunissinde de Gailly, fille du vicomte de Bénauges et de Castillon et d'Assalide de Bordeaux était seigneur de Langoiran en 1374.
Il resta fidèle aux Français pendant toute la campagne menée par le duc d'Anjou et Bertrand Du Guesclin.
Le duc d'Anjou connaissant la force, et l'importance du château de Langoiran ordonna de se rendre à Langoiran pour y tenir frontière contre les Bordelais.
Alors, le roi d'Angleterre priva le sire de Langoiran de toutes ses possessions pour les donner à Bertrand de Montferrand lequel épousa plus tard Rose d'Albret, fille d'Amanieu et sœur de Bérard.
En 1408, Bertrand de Montferrand est encore seigneur de Langoiran.
Les seigneurs d'Albret désirant rentrer en possession de leurs biens jurèrent fidélité au roi d'Angleterre qui leur restitua toutes leurs terres, en faisant toutefois des réserves pour celles de Langoiran.
Des contestations à propos de ce dernier château durèrent encore fort longtemps, puisqu'en 1426 Bertrand de Montferrand, fils du sus-nommé, s'était pourvu auprès du roi d'Angleterre pour être mis en possession des biens et des droits qui avaient appartenu à Bérard d'Albret.
Le procès n'était pas terminé en 1435, Bertrand finit par gagner et passa un traité en 1451 par lequel, comme seigneur de Montferrand de Langoiran, il s'engageait, à remettre, une fois la ville de Bordeaux prise par les Français, ses forteresses les plus importantes.
Après la mort de Pétronille, veuve de Bertrand de Langoiran, Louis XI donna le domaine de Langoiran, le 30aout 1461, à Jean, bâtard d'Armagnac, seigneur de Lescun et comte de Cominges, amiral et maréchal de France, gouverneur et lieutenant général de la Guienne.
Mais en 1474, voulant s'attirer l'amitié des Gascons, il restitua à plusieurs seigneurs les biens que l'on avait confisqués à leurs ancêtres; c'est ainsi que Gaston de Montferrand, fils de Bertrand, devint propriétaire du château et de la terre de Langoiran.
La famille de Montferrand conserva ce château jusqu'à la lin du XVIme siècle.
En effet Gaston de Montferrand en était encore seigneur en 1498, Guy de Montferrand en 1550.
En 1610, la baronnie de Langoiran passa par les mains du président Daffis.
Neuf ans plus tard, le duc d'Epernon étant en guerre avec le Parlement de Bordeaux, s'empara du château de Langoiran, il a été démoli et incendié vers cette époque.