4 août 1265 Bataille d'Evesham- Henri III Plantagenêt liberé et mort de Simon de Montfort
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Henri III Plantagenêt (Henry III of England, 1207-1272), roi d'Angleterre de 1216 à 1272, passe l'année 1265 dans une situation dramatique : il est prisonnier des barons rebelles menés par Simon de Montfort, comte de Leicester, suite à sa défaite à la bataille de Lewes (14 mai 1264).
Chronologie de sa localisation en 1265
Début 1265 (janvier à mai) : Henri III est toujours en captivité depuis Lewes.
Il est traité comme un roi fantoche (puppet king) et suit l'entourage itinérant de Simon de Montfort.
Il est déplacé dans les Midlands (centre de l'Angleterre), notamment autour de Hereford (où Montfort installe sa cour au printemps 1265 pour intimider les barons des Marches galloises) et probablement à Kenilworth Castle (château fort de Montfort, qui sert de base principale).
Il est forcé de signer des actes officiels au nom de Montfort, qui gouverne en son nom.
Son fils aîné, le futur Édouard Ier, est également captif (mais s'évade en mai 1265).
Mai-juillet 1265 : Après l'évasion d'Édouard (vers mai), les royalistes se regroupent. Henri III reste prisonnier et est emmené par Montfort dans ses déplacements militaires.
Il est présent dans l'armée de Montfort qui marche vers l'ouest pour rejoindre des renforts.
4 août 1265 : À la bataille d'Evesham (Worcestershire), l'armée de Montfort est écrasée par les forces royalistes dirigées par le prince Édouard.
La Bataille d'Evesham est l'un des épisodes les plus sanglants et décisifs de la Seconde Guerre des Barons en Angleterre, marquant la fin effective de la rébellion menée par Simon de Montfort, comte de Leicester, contre le roi Henri III.
Forces en présence et composition
Armée royale (loyaliste) : environ 8 000 à 10 000 hommes (estimations variant selon les chroniques, souvent autour de 10 000).
Elle est commandée par le prince Édouard (futur Édouard Ier), aidé par Gilbert de Clare (comte de Gloucester), Roger Mortimer et d'autres seigneurs des Marches galloises.
Oui, une partie notable de la noblesse est d'origine française ou continentale (comme Guillaume de Valence de Lusignan, demi-frère du roi, ou des chevaliers liés à la couronne), car Henri III favorisait les « Poitevins » et autres alliés continentaux, ce qui avait justement alimenté le ressentiment des barons anglais.
Forces rebelles (barons de Montfort) : environ 5 000 à 6 000 hommes (dont 1 000 Anglais et jusqu'à 5 000 fantassins gallois fournis par Llywelyn ap Gruffudd, prince de Galles).
Simon de Montfort concentre son infanterie et sa cavalerie pour percer le centre ennemi.
Positions et début de la bataille
Les royalistes occupent une position dominante sur la crête de Green Hill (au nord d'Evesham), surplombant la ville et le méandre de la rivière Avon
.
Édouard a appris de la défaite de Lewes (1264) : il prend le haut du terrain.
Dès le matin du 4 août (vers 8 h), sous un violent orage, Montfort sort d'Evesham avec ses troupes.
Il est piégé : Édouard contrôle les approches et a bloqué le seul pont sur l'Avon, empêchant tout renfort du fils de Simon (Simon le Jeune, resté à Kenilworth).
Symboles distinctifs
Les rebelles portent la croix blanche (symbole de faveur divine, déjà utilisé à Lewes pour galvaniser les troupes).
Les royalistes adoptent la croix rouge (sur fond blanc ou tissu) pour s'en distinguer et éviter les confusions.
Montfort aurait même commenté ironiquement : « Ils ne l'ont pas appris d'eux-mêmes, mais de moi » (allusion à Lewes).
Déroulement et massacre
Montfort lance une charge audacieuse contre le centre royal pour tenter de percer et rejoindre des renforts. L'attaque initiale est vigoureuse, mais les ailes royalistes (commandées par Édouard et Gloucester) referment l'étau, encerclant totalement les rebelles sur un terrain défavorable.
Les Gallois de Llywelyn, peu motivés (et peut-être réticents à combattre loin de chez eux ou déçus par les concessions limitées de Montfort), désertent très tôt ou fuient, privant les rebelles d'une partie cruciale de leur infanterie.
La bataille dégénère en massacre (décrit par Robert de Gloucester comme « le meurtre d'Evesham, car ce ne fut pas une bataille »).
Les royalistes, rancuniers depuis Lewes, refusent les redditions et les rançons : ils tuent systématiquement.
Mort de Simon de Montfort et mutilations
Son fils aîné Henri de Montfort est tué en premier.
Simon lui-même perd son cheval, combat à pied et est tué à l'épée (certaines sources attribuent le coup fatal à Roger Mortimer ou à un groupe de chevaliers des Marches).
Son corps est horriblement mutilé : tête, mains, pieds et testicules sont tranchés. La tête (parfois avec les testicules dans la bouche selon certaines chroniques) est envoyée à la femme de Roger Mortimer comme « trophée ».
Mains et pieds sont distribués à divers ennemis comme marques d'infamie.
Le tronc seul est remis aux moines d'Evesham pour inhumation près du grand autel de l'abbaye (où un culte populaire se développe rapidement autour de sa tombe, avec des miracles rapportés).
Henri III, que Montfort avait emmené sur le champ de bataille (comme otage/trophée), est libéré pendant ou juste après le combat.
Il manque de peu d'être tué dans la mêlée (il crie « Sauvez-moi, je suis Henri de Winchester ! » pour être reconnu).
Après Evesham, il est immédiatement mis en sécurité par les royalistes et retrouve progressivement son autorité (bien que son fils Édouard prenne de plus en plus le contrôle effectif du royaume).
Conséquences
Cette victoire restaure l'autorité royale, mais la guerre traîne jusqu'en 1267 (Dictum de Kenilworth).
Simon de Montfort, malgré sa défaite et sa mort brutale, reste une figure emblématique : considéré comme un « père du parlementarisme » pour avoir inclus des représentants des villes dans ses parlements de 1265, et même objet d'un culte quasi-saint chez certains.
La bataille d'Evesham reste l'un des affrontements les plus violents du XIIIe siècle anglais, avec un taux de pertes exceptionnel chez les rebelles (près de 80 %).
Henri III, affaibli physiquement et politiquement, ne reprend jamais pleinement les rênes ; il se consacre davantage à la piété, à l'art (reconstruction de Westminster Abbey) et laisse Édouard gérer les affaires.