ETUDE FÉODALE Le château de Montcontour du XI au XVIII siècle (Foulques Nerra)

L'origine de Montcontour est entourée d'obscurités. Ce nom, écrit, suivant les époques, de façons très diverses, et dont l'étymologie ne satisfait personne, ne peut, par lui-même, jeter aucune lumière sur les commencements de l'histoire du château, ni de la ville.

Les uns, attribuant au comte d'Anjou, Foulque Nerra, la construction du donjon, nomment le terrain sur lequel il fut bâti Mons Consularis, le Mont du Comte (1). D'autres, croyant ce lieu la propriété de Samuel de Mortemer surnommé « Le Chanteur », chantre de l'Église de Poitiers, estiment qu'on doit le nommer Mons Cantoris, le Mont du Chantre (2). Certains copistes ou rédacteurs de chartes fort anciennes, moins savants ou moins prétentieux peut-être, se sont bornés à l'écrire :Montcoptor (3), Mons Contorius (4). (La famille de Mortemer, déjà implanté en Poitou avant l'an 1000, se scinda en de nombreuses branches.
D'après Dom Fonteneau et Dom Chamard, cette famille était issue de celle de la maison des vicomtes de Châtellerault.)

Enfin, deux chartes de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, rédigées en latin, vers la seconde moitié du XIe siècle, portent tout simplement Montcomtur Montcomtor (5).

Quel que puisse être le sens primitivement caché sous le nom de la petite colline dominée depuis plus de huit cents ans par un imposant château fort, on peut être, assuré que ce nom n'a jamais dû varier, ni dans sa signification, ni dans sa prononciation première. En effet, peut-on raisonnablement admettre que, vers 1 090, c'est-à-dire cinquante années à peine après la mort de Foulque Nerra, et pendant la vie du fils de Samuel le Chantre, le nom donné par l'un ou l'autre de ces grands personnages à un territoire et à son château fût si peu connu, que le moine rédacteur des deux chartes de Saint-Cyprien ait pu l'écrire Montcomtur, forme si différente de Mons Consularis ou Mons Cantoris et si sensiblement analogue, au contraire, à ce que dut produire la prononciation vulgaire de tous les temps? Assurément non.

N'est-il pas plutôt évident qu'à cette époque (1087-1100), tout le monde dans le pays prononçait déjà, comme aujourd'hui, Montcontour, et que toutes les prétendues traductions latines, postérieures à ces chartes, n'ont réussi qu'à égarer les recherches, en trompant les érudits sur la véritable signification d'un nom encore inexpliqué !

Disons rapidement, pour terminer cette discussion philologique, que, au mépris de toute tradition, et comme par un accord tacite avec l'Administration bénévolement complice, nos contemporains, tout en conservant à ce nom son antique consonance, ont cru devoir modifier sa physionomie rationnelle et paraissent vouloir consacrer définitivement dans leurs écrits une orthographe qu'aucun document ancien ne justifie et que le bon sens grammatical condamne (6).

Si l'on en croit le Fragment d'histoire angevine, attribué probablement à tort, à Foulque le Réchin, le château de Montcontour aurait été bâti par Foulque Nerra « In Picta» vino (pago), Mirebellum, MONTEM CONSULAREM, Fayam, etc., » œdificavit (7). »

Notons immédiatement l'opinion, relativement moderne, qui attribuerait à ce château une tout autre origine. Une charte de l'an 1081 mentionnant la restitution faite à l'abbé Bertrand et à ses religieux par un seigneur nommé Guillaume, sa mère Milexende et ses sœurs Helisabeth et Richilde, de la terre de Consdaco, injustement enlevée par Samuel le Chantre, son père, à l'abbaye de Nouaillé, portait en marge :

 « Willelmus de Mortemer, filius Samuelis Cantoris, qui œdificavit castrum de Monte Cantoris, vulgo Montcontour. » Et plus loin « Samuel Cantor olim nobilis hœres Cantoris inter Pictones, ut conjicio, qui quidèm Cantor oppido  quod construxerat in monte nomen suum dedit : Mons Cantoris, vulgo Montcontour (8). »

Bâtie à environ 70 mètres au-dessus du niveau de la mer et à l'extrémité occidentale du pays mirebalais, sur une colline défendue par plusieurs ruisseaux formant des marais impraticables, cette petite forteresse paraît, tout d'abord, avoir eu pour mission principale de sauvegarder ce territoire contre une invasion (normandes) venant de la Gâtine.

Bien qu'il ne relevât pas de Mirebeau et qu'il possédât une autonomie particulière, le donjon de Montcontour semble avoir été construit dans ce lieu pour servir d'avant-poste à cette place de guerre, relativement considérable, et avoir dû se relier à elle par une série de constructions féodales de moindre importance, destinées, dans l'esprit du comte d'Anjou, à compléter un système général de défense de toute la contrée (9).

Tout en adoptant cette idée, très conforme, du reste, au génie particulier de Foulque Nerra en matière de constructions stratégiques il y a lieu d'examiner néanmoins l'origine des conjectures inspirées sans doute à dom Estiennot par la lecture du Cartulaire de Nouaillé où il avait rencontré un fait assez anormal et bien de nature à frapper son attention.

Suivant ce Cartulaire, le seigneur de Montcontour devait à l'abbaye de Nouaillé l'hommage plein pour le château de ce nom et pour ceux qu'il possédait au même lieu en retour, l'abbé donnait à son vassal le meilleur de ses chevaux, son propre palefroi excepté (10). Ailleurs, il est spécifié encore que le seigneur de Montcontour payait la redevance annuelle d'une maille d'or à l'abbé de Nouaillé, dans la chambre duquel on portait les clefs du château lorsqu'il jugeait à propos d'y faire séjour.

D'où pouvait provenir ce droit? De qui l'abbé tenait-il cette puissance féodale sur un château aussi éloigné de son abbaye? Ne pourrait-on trouver dans cette énumération de droits et de devoirs, encore en pleine vigueur au commencement du XIIIe siècle, une sorte de preuve que les abbés de Nouaillé avaient dû concéder autrefois au fondateur de Montcontour le droit de bâtir un château sur des terres appartenant à l'abbaye, ou tout au moins relevant d'elle? Ne serait-ce pas ici le cas d'admettre que la construction de ce château peut être attribuée à un des membres de certaine famille puissante, habitant dans le voisinage de Nouaillé et entretenant avec l'abbaye de nombreuses et bienfaisantes relations?

Telles avaient été, en effet, les familles de Mortemart et de Rancon, dont les droits sur Montconcour sont indiscutables, chez cette dernière surtout, pendant les XIe et XIIe siècles, et l'on conçoit sans peine qu'en présence de semblables communications, dom Estiennot ait pu se laisser aller à exprimer une opinion si opposée au texte formel du Fragment d'histoire angevine précité.

A cette première difficulté vient, dans un autre ordre d'idées, s'en joindre une seconde tout aussi impossible à résoudre selon moi. Tandis que toutes les paroisses du pays mirebalais étaient comprises dans les archiprêtres de Mirebeau, de Parthenay et de Thouars, les seules églises de Montcontour dépendaient de celui de la Sie, autrement dit de Poitiers.

On ne peut s'expliquer la raison de cet enchevêtrement particulier, dont l'origine doit se perdre dans la nuit des temps.

Quoi qu'il en soit, je pense, après avoir mentionné l'opinion contraire, devoir donner la préférence à celle de l'auteur du Fragment, qui écrivait dans le courant du XIIe siècle, et dont les assertions relatives aux nombreux châteaux bâtis par Foulque Nerra n'ont pas été démenties jusqu'à ce jour.

Écrivant pour la Société des antiquaires de l'Ouest, qui a su jadis apprécier le travail consciencieux de M. Arnault-Poirier sur le château de Montcontour, je crois devoir me dispenser d'entreprendre une description nouvelle de cette vieille forteresse, et, à cet égard, rééditer simplement, dans ce qu'elle a de plus saillant, la partie du mémoire relative au donjon :

 ETUDE FÉODALE Le château de Montcontour du XI au XVIII siècle (Foulques Nerra) (2)

« La ville de Montcontour, située dans un fort joli bocage, qui est arrosé par la rivière de Dive, s'annonce au loin d'une manière imposante par son donjon, qui s'élance dans les airs et qui semble vouloir encore imposer la terreur à toute la contrée.

Ce fort se compose d'une enceinte polygonale irrégulière qui s'étend de 40 mètres du midi au nord et de 50 mètres de l'est à l'ouest, puis d'une tour carrée qui est accolée à la muraille du côté du nord et qui se dessine à l'intérieur.

 Les murailles de cette enceinte sont détruites en grande partie, et il n'est guère possible de fixer leur hauteur primitive; elles ont de 1 mètre 6 centimètres à 1 mètre 9 centimètres d'épaisseur.

La porte, ouverte à l'est, était en plein cintre.

Dans l'angle nord-ouest, on avait construit une espèce de tour carrée, qui probablement était l'habitation du gouverneur; elle avait des cheminées et des fenêtres.  A 5 mètres à peu près de cette petite tour et vers le midi, la muraille paraît avoir été percée d'une poterne, d'où partait un mur qui allait joindre l'angle sud-ouest de la grande tour….. »

 La tour, qui fait la partie la plus importante de cette forteresse, repose sur un carré dont le côté, mesuré à l'intérieur, est de 6 mètres 3 centimètres, et elle s'élève je crois, de 24 à 25 mètres au-dessus du sol, qui lui -même est très élevé au-dessus de la ville et de la plaine.

 Ses murs ont 2 mètres 8 centimètres d'épaisseur. On y entre par une porte en ogive ouverte à l'est, laquelle a,  1 mètre 4 centimètres de largeur, et elle est élevée de 3 mètres à peu près au-dessus du sol (11)

Cette tour était divisée en cinq étages sans y comprendre l'amortissement ou l'échauguette. On accédait à ces étages à la faveur d'un escalier en forme de vis et tournant sur son axe dans l'angle nord-ouest. Une partie de cet escalier se fait encore remarquer au-dessus du monument, sous la forme d'une petite tour ronde. Trois piliers d'une faible saillie sont comme appliqués sur chacune des faces de cette tour et dans presque toute sa hauteur. Des mâchicoulis surmontaient cette même tour, qui a beaucoup de ressemblance avec celle de Loudun, à la différence que cette dernière était crénelée. Les consoles subsistent, mais la galerie ou le parapet est presque entièrement détruit. ….

Toute la maçonnerie du fort de Montcontour est en gros moellons et en pierre de taille de grès ou de calcaire (12).

 M'arrêtant à ce dernier paragraphe, je ferai remarquer que la maçonnerie indique, à n'en pouvoir douter, deux époques distinctes; l'une, beaucoup plus ancienne que l'autre, signalée par un appareil irrégulier de grossiers moellons pouvant, d'après son caractère archaïque, fort bien dénoter un ouvrage du Xe siècle qui, effondré en partie, soit par le fait du temps, soit par suite des assauts qui ne lui ont pas été épargnés, aurait été rebâti en pierres de taille régulières depuis la base jusqu'au sommet, puis notablement surélevé dans toute la largeur primitive, et enfin couronné de mâchicoulis à l'époque où ces accessoires de la défense commencèrent à être mis en usage.

L'escalier à l'angle nord-ouest et la porte ogivale à l'est appartiennent certainement à l'époque de cette restauration quant à la restauration elle-même, je la crois postérieure au règne de saint Louis et l'œuvre d'un des membres de la famille de Parthenay qui avait épousé l'héritière de Montcontour. Toutes les observations qui précèdent sont d'ailleurs résumées en peu de mots caractéristiques dans le Répertoire de la Vienne (13) :

« Polygone plus ou moins régulier. Hautes tours carrées, étayées de contreforts qui courent de la base au sommet, autrefois couronné de mâchicoulis et de créneaux. Le donjon occupe un point de l'enceinte intérieure; en un mot, c'est une forteresse féodale d'aspect sombre et sévère; » aucun ornement sur les murailles nues. Ouvertures étroites, à peine assez larges pour le jour, meurtrières » véritables pour le passage des javelines. » 

 

ETUDE FÉODALE Le château de Montcontour du XI au XVIII siècle (Foulques Nerra)

 

LES FIEFS.

Un mémoire existant au XVIIIe siècle dans le chartrier du château de Thouars, et qui paraît avoir été rédigé vers la fin du siècle précédent, donnait de Montcontour une description assez succincte, mais non dépourvue d'intérêt. En voici les passages les plus marquants :

« La baronnie de Montcontour, la plus belle et la plus seigneuriale de tous les pays d'Anjou, est située à deux lieues d'Ayron. La ville est bâtie sur les bords de la Dive, et  le château sur une éminence prochaine. On n'y voit plus que quelques vestiges d'anciennes fortifications, avec une tour carrée fort haute, que l'on découvre de 7 ou 8 lieues à l'entour. Il y a une très belle juridiction, dont le ressort s'étend, outre la ville et plusieurs paroisses et bourgs voisins, savoir : Marnes, dont dépend le village de Léon ; Saint Chartres, avec les hameaux de Geay et d'Ayron ; Nostre Dame d'aoust (d'or); Fontenay, avec le village de Villiers ; Messay, avec le hameau de Mont Saint Martin ; Ouzilly-Vignolles, avec le village de Sousleau.

Les assises et plaids se tiennent tous les mardis, et il se fait beaucoup d'affaires. Il y a une sénéchaussée avec son lieutenant, un avocat et procureur fiscal, plusieurs procureurs notaires et sergents nommés et créés par le seigneur.

L'aumônerie et chapelle Saint Thomas est à la présentation du seigneur; et comme non seulement Montcontour, mais la seigneurie de Torsay et baronnie de Cursay sont situées sur les bords et coteaux de la Dive, cela donne une pêche de plus de 4 ou 5 lieues, à suivre toutes les sinuosités de cette rivière.

Toutes les seigneuries qui composent le domaine et ressort de la baronnie de Montcontour en sont relevantes et sont portées au roi dans les aveux. Il y a plusieurs fours et moulins banaux distribués pour chaque paroisse ou hameau, auxquels tous les sujets sont obligés d'aller. Il  y a aussi 4 à 5 foires par an, avec le droit de péage et de marché tous les mardis, qui ne se tiennent presque plus, n'étant pas commodes au public. Les vassaux doivent aussi des corvées pour faner les foins et autres besoins du seigneur, détaillés dans les aveux (14). »

Les débris des anciens aveux d'Anjou conservés aux Archives nationales, vont me permettre de donner, à mon tour, un état plus détaillé des fiefs relevant de la baronnie. Malheureusement, la mine est pauvre, puisqu'un seul aveu, des premières années du XVe siècle, a survécu.

Néanmoins, eu égard, d'abord, à l'époque assez reculée à laquelle fut rédigé cet acte qui fait complètement connaître la composition du domaine de Montcontour, sa mouvance féodale, les droits du baron et les devoirs des vassaux si, d'autre part, on veut bien se souvenir qu'en général, bien que différant parfois quant à la forme, les aveux, copiés l'un sur l'autre, se ressemblaient tous quant au fond, on peut être assuré de rencontrer ici une description très exacte de la baronnie, pendant la plus grande partie du moyen âge (15).

Malgré la sécheresse inhérente aux documents de cette nature, je demande au lecteur la permission de mettre in extenso sous ses yeux cet aveu unique, qui fut rendu, le 14 juillet 1409, au duc d'Anjou, par Guillaume de Craon, chevalier :

« De vous très excellent et puissant prince et mon redoubté seigneur le roi de Jherusalem et de Sicille, duc d'Anjou et conte du Maine, je, Guillaume de Craon, çhevalier, seigneur de Montcontour et de Marnes, congnoys estre homme de foy lige au regart de vostre chastel et ressort de Saumur, par raison et à cause de mes chastellenies, terres et appartenances de Montcontour et de Marnes, avec leurs appartenances, appendances et deppendances dont la déclaration s'ensuit et premièrement, mon chastel assis en la mote de Montcontour, douves, fortiffications et clouaisons d'icelui (16). Item de mon grant hostel de Marnes, ainsi comme il se poursuit et comporte avecques la clousture et deux fuyes dehors le dict hostel (17). Item de » mon petit hostel de Marnes avec les vergiers et la treille (18). » Item de mon hostel de Cersé et des fuyes du dict lieu, avecques la treille et la garenne à lièvres et à connins, perdriz et faisans (19). Item une pièce de vignes contenant journées à huict hommes que plusieurs personnes tiennent de moy au tiers des fruiz, qui puet bien valoir communs ans demye pippe de vin (20). Item mon doux de vigne appelé Marguerite que plusieurs personnes tiennent de  moy au quart, contenant icelui cloux journées à six vings hommes qui puet bien valoir communs ans de dix à douze  pippes de vin (21). Item, une autre pièce de vigne contenant journée à douze hommes que Jehan Moraut tient de moy au quart des fruiz, qui puet bien valoir communs ans demye pippe de vin (22). Item, mon moulin de Gratart, sis en la rivière de la Dive, qui puet bien valoir communs ans quatre vings septiers de blez, c'est assavoir froment et mousturaiges (23). Item, mon moulin de Sarphereau sis en la dicte rivière, qui puet bien valoir communs ans vingt huit septiers de blez, c'est assavoir froment et mousturaiges, avec tous les manens et demourans au village de Leon et aussi ceulx de Marnes qui sont taillables et contraingnables à aller moudre au dict moulin de Sarphereau (24). Item, mon moulin de Verneul avec le droit de la charée aux villaiges de St Cler et de Frontenay à une charrette et à deux bestes, qui puet bien valoir communs ans dix sept septiers de blez (25). Item, mes moulins de Loray avec les bannières des villaiges de Nostre Dame d'Oz et de Sainct Chardre et droict de charée aux villaiges de Frontenay et de Villiers, qui puet bien valoir communs ans trente septiers de blez (26). Item, les habitants des villaiges de Mons et de Messay sont tenus de mouldre à ban au moulin de Paluau, et a le moulnier droit de charée à deux bestes en la ville de Montcontour lequel moulin je baille de nouvel à huit septiers de froment de rente rendable chacun an au jour Stt Michel (27).

 Item, ma garenne de Montcontour ainsi comme elle se comporte à toutes bestes rouges, noyres, lièvres, connins, perdrix et autres volleteurs, commençant icelle garenne à la planche de la Grimaudière en venant à la Martinière et d'illecques à la Fosse Portou en descendant à Léon, deux traiz d'arc au-dessus en allant de Frontenay et en montant tout droit à Messay, la rivière entre deux, et du dict lieude Messay en allan tà Mons jusques à l'Ommeau du carrefourt appellé le carrefourt de la maison Pouzet, en descendant aux maisons Jehan Bonnet et montant à la maison Bizet, et d'illecques en montant au lieu appellé le carrefourt des Essarts en alant à la Botière et de la Botière en alant aux Poutereaux et d'illecques jusques au carrefourt qui est devant l'église d'Ouzille, et du dict carrefourt en alant à Sadille en montant à la collée de Vaux tout au long de la rivière en venant jusqu'au Montgeant, tout le puy d'icelui Montgean en venant en St Meroux en s'en venant tout au long de la ville de Montcontour par dehors à la belle croix en montant au lieu appellé le Gourdeau venant à l'Ommeau Neboulin, et d'illecques en montant au pas aux boeufs et du dict pas en montant jusques à la division et de la division jusques à Paluau et de Paluau jusques à  Retourné, la rivière entre deux et en alant tout au long de la rivière, jusques au pont de Marnes et du dict pont jusques au moulin en s'en venant au moulin de Loray et du dict moulin jusques au pont de St Chardre et du dict pont jusques à lapraye d'Oairon et du dict lieu en montant au moulin de Chiolay jusqu'au pont de Cerse et en montant jusques au pont de la Grimaudière (28). Item, ma garenne et dessays à tout le poisson blanc et a escrevices en la rivière de la Dive commençant à la planche de St Thomas de Montcontour en montant tout au long de l'eau jusques à Paluau et en descendant à la division, et du dict lieu de Paluau jusques à la fontaine aux bouées en venant au Pas aux Bœufs et d'illecques aux Hommeaux Neboulin et d'illecques en alant à Pont Yssac (29). Item, une pièce de pré sise en la rivière de la Dive appelé le pré le Roy contenant journées à soixante faucheurs (30). Item, la moitié de la disme de blez et de vins que je en la paroisse de Nostre Dame d'Oz, en laquelle disme le sire de Risson prend un quart et le prieur de St Nicollas de Montcontour prend l'autre quart qui y peult bien valoir en ma part communs ans quarante septiers de blez, c'est assavoir froment, baillerge et avoine et douze pippes de vin que je en Marnes, ainsi comme elle se poursuit qui puet  bien valoir communs ans troys pippes de vin (31). Item,  plusieurs boys, saulx, hommeaux et autres arbres sis environ le pré Bareau, contenant ung arpent de terre ou environ (32). Item mes commendises que j'ai acoustumé de prandre et lever par moy et mes commendeurs et autres mes officiers en plusieurs villes et villages tant en Poictou que en la chastellenie de Mirebeau et à plusieurs  festes de l'an c'est assavoir sur ceulx qui ont ayreau de bœufs, pour chacun ayreau quatre deniers, et sur ceulx qui ont ayreau de mulles et d'asnes pour chacun ayreau deux deniers, et sur les personnes de ceulx qui labourent à bras qui n'ont nulz aireaux et qui sont estaygiers, chacun ung denier; premièrement au jour de la Marcesche, la ville d'Oiron pour deux serpes abournées chacune six a deniers, vallant douze deniers; Item au jour de Pasques, la ville de la Tasche et la maison de Brésillon en Poictou, en la paroisse d'Assay et autres villaiges, illecques près quatre livres Item au jour de l'Ascencion la ville de Noize pour une brehaigne abournée huict soulz et la ville de Belletousche pour une brehaigne abournée sept soulz Item au jour St Jehan Baptiste Morin de Rafoux deux deniers, l'abbé d'Orvau et la Gilleberde sur le fié de Rafoux trois deniers, les Hervaulx des Rasons, six deniers, Robert Eschallart sur le fié des Rasons pour messire Guillaume de Bernezay treize deniers; Item la ville de Belluche pour chacun estaigier ung denier et pour chacun ayreau de bœufs huict deniers, et pour chacun ayreau de  mulles ou d'asnes deux deniers; Item la ville de Barou pour chacun estaigier ung denier et pour chacun ayreau de bœufs quatre deniers, et pour chacun ayreau de mulles ou d'asnes deux deniers Item la ville de la Maurière doict comme la ville de Barrou; Item les habitants de la ville de Bernères doict comme la dicte ville de Barrou; Item les hoirs feu Perot Briant de Maisoncelles, douze deniers Thomas Augears de Noizé troys deniers; Simon Savary, Guillaume Sauvestot pour l'abbé de St Jouin de Marnes sur le fié de Montguimier, quatre deniers. Item la ville de Louyn doit comme la dicte ville de Barrou. Item l'abbé d'Orvau sur son fié de Razons seize deniers. Item le dit abbé pour sa terre d'Essonnay, troys deniers. Item Jehan Gardeniau de St Loup, pour Jehan Basouyn sur le fié des Meuniers, cinq deniers. Item la ville de Jumeaux doict comme la dicte ville de Barrou. Item les Bonnetaux de Brie et messire Regnault de Maillé, sept deniers. Item les habitans de la ville d'Oyron, doze deniers. Item les hoirs feu Guillaume Guinault sur leur terre de Guemain un denier obole. Item Olivier Poupart seigneur de la Poupardière, sur son moulin de toute voye quatre deniers. Item les Floceaux Piray quatorze deniers. Item Catherine Ernaulde, Jehan Girart de la Girardière, Pérot Brault de St Loup et Pérot Brault de Maisoncelle, douze deniers. Item Marion Barie ung denier. Item l'abbesse de Thouars douze deniers. Item les hoirs feu Collin Benoist d'Eyron  sept deniers. Item les Coestriniaux six deniers. Item au  jour de la me-aoust la ville de Montpallays dix soulz. Item les habitans de la ville de la Tasche dix soulz. Item le prieur de Cossay sur son moulin du Bec deux sols. Item au jour de la St Michel des villes et villaiges dessus dicts neuf livres quatorze sols neuf deniers. Item au jour de Noel des villes et villaiges dessus dicts soixante treize soulz ung deniers. Item entre Noel et Karesme prenant ès villes et villaiges dessus dicts soixante douze soulz deux deniers, quarante aloues et ung lièvre, sur lesquels devoirs a dessus dicts et commandises ceux qui les tiennent et amassent en les moy rendant et payant ou à mes officiers iceulx commans ont droit d'avoir sur les deniers à chacune feste quatre deniers (33). Item autres devoirs appelés M les Gardes des Gentilshommes deubz chacun an au jour ….

 

 

 

La domination au Moyen-Age des comtes d’Anjou en Saintonge. (Geoffroy Grisegonelle, Foulques Nerra, Geoffroy Martel)<==.... ....==>Les Seigneurs de Moncontour – Time Travel 2 mai 1242 – Geoffroy de Lusignan à la Grand Dent, Louis IX saint Louis

 ==>3 Octobre 1569, Troisième guerre de Religion, bataille de Moncontour dans le Poitou. (Panorama 360°)

Mirebeau : Lutte de territoire entre les comtes d'Anjou et du Poitou - motte féodale du XIe siècle du castrum de Foulques Nerra <==

RECHERCHES SUR LES SITES DE CHATEAUX ET DE LIEUX FORTIFIÉS EN HAUT-POITOU AU MOYEN AGE  <==


 

An Mil - Carte des Châteaux de l'Anjou sous Foulques Nerra

Le temps des Carolingiens s'achève. Le grand empire de Charlemagne n'existe plus. En Francie occidentale, le dernier souverain carolingien meurt et Hugues Capet devient roi des Francs. C'est le début d'une nouvelle ère, celle des Capétiens.....

 

Je transcris ce qui suit dans le dictionnaire topographique de la Vienne, par M. Rédet :

«Moncontour — Robertus de Monte Contorio, 1050, (charte de Geoffroi-Martel citée par Valois) — Bertranus de Montconstur, 10871100 (abbaye de St-Cyprien) — de Monte Contori, 1092 (abbaye de St-Jouin) — Mons Comitoris, 1095, Mons Consularis fin du XI» siècle (abbaye de St-Jouin, Bouquet) — Muntcontur, Moncontor 1087-1100, (abbaye St-Cyprien) — Moncontor 1100 (collection P ) Moncolario, 1104, (prieuré deTriou) — Petrus deMoncantorio, 11001108 (abbaye de Fontevrault) — Castellum Montes Cunetoris 1119 (Fonteneau) — Monte Cantorium 1160 (Fonteneau) — Papinus de Monte Cantorio, 1162 (Fonteneau) — Castrum de Muncunteur (Mathieu Paris, Bouquet)-—Castellania Montis Montorié, 1287 (Fonteneau) Moncontour, 1411 (chapitre de Mirebeau) — Mons Contoris, 1478 (registre synodal) — Montconlour, 1779 (almanach provincial) — Moncontour de Poitou, 1859 (dictionnaire des postes). » — Telles sont les indications données par M. Rédot, dans son dictionnaire.

Faits et anecdotes relatifs à l'histoire de Mirebeau, département de la Vienne / par Eugène Chevallier,...

 

 

 

 


 

(1) D. Bouquet, Historiens de France, t. X, p. Î04.

(2) D. Fonteneau, t. XXI, p. 273.

(3) Arch. hist. du Poitou, t. III, p. 44.

(4) D. Housseau, t. I, n* 426.

(5) Arch. hist. du Poitou, t. III, p. 96, 97, 93, 100.– Signalons encore, pour ne rien omettre, le Mous cum turre, inventé en ma présence par un haut fonctionnaire de la Vienne, mais qu'aucun document écrit n'est venu justifier.

(6) MONCONTOUR. Voir Dictionn. des postes, carte de l'état-major, sceau de la municipalité, etc. Une autre ville du même nom, située en Bretagne sur une colline élevée, a également reçu cette orthographe vicieuse. Dès 1092, on voit un conanus de Moncontor. Plus tard, ce nom est latinisé sous la forme Moncontorium, mais à l'état d'exception. Le mot qui se voit le plus souvent est Moncontour ou Moncontor, et rarement la lettre t suit la première syllabe.

Le Moncontour des Côtes-du-Nord était, au moyen âge, une place de guerre très importante, défendue de trois côtés par les vallées et deux cours d'eau, et entourée de puissantes fortifications. Devrait-on donc, en Bretagne comme en Anjou, voir dans ce nom un souvenir tronqué de Mons Contornatus, signifiant « montagne enceinte ou entourée, synonyme de mont fort »? Il est certain que contornare a, dans Du Cange, le sens de fortifier circulairement; mais aucun document du moyen âge ne présente ce nom sous cette forme latine, qui, si elle a jamais existé, doit faire supposer aux premières fortifications des villes de Moncontour une très haute antiquité, tout à fait voisine de l'époque gallo-romaine.

(7) D. Bouquet, Hist. de France, t. X, p. 201. – II est à remarquer que, dans une note où l'on prend la peine de traduire en français le nom des nombreux châteaux attribués à Foulque Nerra, la traduction de Montera Consularem est omise. L'auteur de cette note n'avait sans doute pu découvrir sous ce nom la forme réelle Montcontour, et je n'en suis pas surpris.

(8) D. Fonteneau, t. XXI, p. 273.-Ces deux notes marginales sont de D. Estiennot, et D. Fonteneau, qui les relève, ajoute « Je ne sais si ces conjectures sont bien fondées. »

(9) Ex. les tours de Marconnay, des Mées, de Saint-Chartres, de Villemont, etc.

(10) « Dominus Gaufredus de Lesiniaco miles facit abbatiae Nobiliacensi homagium plenum de castro de Montcomtor et ahis quae habet ibidem ab ecclesia Nobiliacense; et abbas dat ei mehorem equorum suorum, excepto proprio paletredo suo. » (Thibaudeau, Hist. du Poitou, t. I, p. 170.)

Les sires de Lusignan s'intitulaient avoués ou défenseurs de l'abbaye de Nouaillé. (Mgr Cousseau, Mèm. de la Soc. des antiq. de l'Ouest, année 1844.)

(11) Voir pi. II.

(12) Mém. de la Société des antiq. de l'Ouest, 1846, t. XIII, p. 248. Voir pl. 111.

(13) Bull, de la Société des antiq. de l'Ouest, 9e série, p. 446, De Longuemar.

 

(14) D. Fonteneau, t. XXVI (chartrier du château de Thouars).

(15) A cette minutieuse nomenclature, j'eusse désiré pouvoir joindre un calque des cartes topographiques levées au XVIIIe siècle pour le duc d'Antin, dont la réunion forme un magnifique album, appartenant à la famille d'Oilliamson, habitant la Normandie.

Malgré le conseil que voulut bien, en 1869, me donner notre confrère M. le baron de Wismes, résidant à Nantes, d'aller, en m'autorisant de sa recommandation, demander à son propriétaire actuel la permission de consulter ces cartes, m'étant trouvé dans l'impossibilité de faire ce voyage, je ne puis aujourd'hui que me borner à exprimer, au nom des érudits poitevins, le regret sincère que ce splendide manuscrit, actuellement si éloigné de son lieu d'origine, ne soit pas, d'une façon ou d'autre, entré à la Bibliothèque nationale, où une place d'honneur lui eût été à coup sûr réservée, parmi les précieux cartons déjà consacrés à la topographie de la Vienne.- Voir une vue de la ville de Montcontour en 1699, d'après Gaigmères, pl. I.

 

(16) Château de Montcontour.

(17) Grand hôtel de Marnes.

(18) Petit hôtel de Marnes.

(19) Hôtel de Cerzay, et garenne à petit gibier, poil et plume.

(20) Pièce de vigne, à demie pipe de vin.

(21) Clos de vigne Marguerite, de 10 à 12 pipes.

(22) Pièce de vigne à demie pipe de vin.

(23) Moulin de Gratart, sur la Dive, à 80 setiers de blé.

(24) Moulin de Sarphereau, sur la Dive, à 28 setiers de blé.

(25) Moulin de Verneuil, à 17 setiers de blé.

(26) Moulins de Loray, à 30 setiers de blé.

(27) Moulin de Paluau, à 8 setiers de blé.

(28) Garenne à toutes bêtes.

(29) Garenne de pèche à poisson et écrevisses en la Dive.

(30) Pré le Roy, sur la Dive.

 

 (31) Moitié de la dime de Notre Dame d'Or.

(32) Bois, saules, ormeaux, etc.

(33) Commandises en argent, en divers lieux.