1224 trêve de Montreuil Bellay d’ Aimery VII vicomte de Thouars, accordée à Louis VIII le Lion, roi des Français

Aimery VII vicomte de Thouars, né vers 1152. Il est le fils aîné de Geoffroy IV et de Denise de Lusignan, fille d'Hugues VII le Brun et de Sarrazine de Lezay. . Il fut sénéchal de l'Anjou, puis sénéchal du Poitou.

Il est fait mention de ce vicomte dans l’origine des Poitevins (chap32), et dans le cartulaire de Saint Laon de Thouars.

Il est le 18e vicomte de Thouars, de 1173 à 1226.

Si nous feuilletons l’histoire de nos pays, nous voyons qu’en 1182, le vicomte de Thouars Aimery VII, prit parti pour Richard Cœur de Lion, alors que l’aristocratie poitevine défendait Henri au court-mantel ( Imbert, Histoire de Thouars p.79)

 

En 1200, Aimery VII, vicomte de Thouars, fit hommage lige de sa vicomté au roi Jean d’Angleterre, Raoul III de Mauléon et son frère Guillaume signèrent, comme témoins, la charte.

Le Poitou et l’Aquitaine, domaine d’Aliénor, la Normandie, le Maine et l’Anjou, domaine d’Henri II Plantagenêt, appartenaient alors à la couronne d’Angleterre

 En 1206, Aimeri, aidé du régent de Bretagne, soutint une guerre contre Philippe Auguste.

 Ce dernier ravagea les terres du vicomte, mais n’osa attaquer Thouars.

Octobre 1206, on conclut à Thouars, une trêve de deux ans. (voyez Guillaume le Breton, hist. De Philippe Auguste, page 86 et 87)

Après Thouars, les villes de Parthenay et d'Airvault tombèrent au pouvoir de Philippe-Auguste.

Fatigué de brûler les bourgs et les châteaux et de saccager les récoltes, le vainqueur rentra â Paris, en laissant le Poitou sous la garde, de Guillaume des Roches.

 

En 1207

Dès l'année suivante, le vicomte de Thouars on compagnie de Savary de Mauléon, reprit l'offensive, pillant et dévastant presque sous les yeux des lieutenants du roi

Adam II vicomte de Melun (1) fut envoyé, dans le Poitou par Philippe Auguste contre Aimery et contre Savary de Mauléon, alliés de Jean sans Terre.

Un jour que les deux alliés rentraient à Thouars chargés de butin, ils furent rencontrés par Guillaume des Roches et Clément de Metz. Le maréchal Henri-Clément de Metz gagna la bataille sur Aimeri, prit Hugues de Thouars, Henri de Lusignan, son neveu, et plusieurs autres seigneurs qui furent envoyés sous bonne garde à Paris.

Le roi de France les fit remettre en liberté.

(Retrouvez le roi de France Philippe-Auguste du haut des remparts de la forteresse de Parthenay en 1207)

En 1214, Jean sans Terre débarque à nouveau à La Rochelle, Aimery VII et son frère Hugues le rejoignent avec Savary de Mauléon.

 Le Prince Louis (fils de Philippe Auguste) les met en déroute lors de la bataille de La Roche aux Moines et la région de Thouars est dévastée par l'armée royale Française.

 

 

Aimery n'obtient un accord avec le Roi Philippe Auguste que par l'entremise de son frère Guy de Thouars, l'ancien régent de Bretagne.

Pourtant, en 1216, il se range aux côtés du Roi Henri III d'Angleterre (le fils de Jean sans Terre).

En avril 1220, Aimery, vicomte de Thouars, signa une trêve avec Philippe-Auguste en personne.

Après la mort de celui-ci à Mantes le 14 juillet 1223 (à l'âge de 58 ans), Louis IX, trop jeune, c’est Blanche (2) sa mère qui devient régente du royaume.

Le prestige et la puissance du vicomte de Thouars grandirent encore.

En septembre 1223, la trêve de 1220, se prolongea jusqu'aux octaves de Pâques de l'année suivante, arrêtant encore les conditions de ce traité avec le roi de France en personne.

 

Lorsqu'après l'expiration des trêves avec l'Angleterre, la guerre reprend et le roi Louis VIII (3) marcha contre le Poitou pour en opérer définitivement la conquête en 1224.

Louis VIII le Lion assemble son armée à Tours le 24 juin 1224, se dirige vers Saumur, afin d'envahir la Vicomté de Thouars.

Aimeri, averti de son dessein, appelle autour de lui tous ses vassaux, et vole au-devant du roi de France, qui se trouvait alors à Montreuil Bellay. (4)

Il parait que Louis n’avait qu’un camp volant, puisque l’armée du vicomte de Thouars se trouva plus nombreuse que la sienne.

Le roi aima mieux négocier que de combattre ; il fit une trêve d’un an avec le vicomte.

 

Aimery parlant de ses vassaux en véritable souverain, stipule que le roi de France sera obligé de leur payer chaque année des sommes assez importantes, jusqu'à ce qu'on leur ait rendu les terres perdues par eux au moment où le vicomte quittait le service de Philippe-Auguste.

A ce titre Geffroy d'Argenton-Château devait toucher 140 livres et Geoffroy Bouchart 100 livres.

Le vicomte s'engage à observer cette trêve, « à moins que pendant ce temps-là le roi d'Angleterre ne le puisse libérer de quelque manière envers le roi des Français et ne le, délivre de cet engagement.

 

 

Acte d’Aimeri, vicomte de Thouars, au sujet de la trêve par lui accordée à Louis, roi des Français, en 1224.

« Vous saurez que j'ai accordé au seigneur Louis, roi de France, et à son successeur, en cas qu'il vînt à mourir, et à ses domaines et fiefs, une trêve ferme et stable, de même espèce que celle que j'ai conclue autrefois avec Philippe, d'heureuse mémoire, roi de France, depuis la fête de la naissance de saint Jean-Baptiste, l'an du Seigneur 1224, jusqu'à l'accomplissement de la présente année ; elle est établie en cette forme :

« 1. Quinze jours après le terme fixé, je serai son homme lige contre tout homme et toute femme que ce puisse être. Je tiendrai entièrement de lui mes terres et mes fiefs, comme je les tenais, du roi d'Angleterre en deçà de la mer, et mes vassaux tiendront aussi de lui les fiefs et les revenus qu'ils tenaient du roi d'Angleterre.

« 2. Ledit seigneur roi paiera chaque année à Geoffroy d'Argençon cent quarante livres de Tours, cent livres de Tours à Geoffroy Bouchard, et cent soixante livres de Tours à mes autres vassaux, jusqu'à ce qu'il leur ait rendu leurs terres, qu'ils ont perdues quand j'ai quitté le service du seigneur Philippe, roi des Francs. Mes vassaux feront hommage au seigneur Louis, roi des Français, comme ils l'ont fait au roi d'Angleterre.

« 3. J'observerai, et mes vassaux aussi, ces conventions envers le seigneur roi, et le seigneur roi les observera aussi envers moi et mes vassaux, à moins que pendant ce temps le roi d'Angleterre ne me puisse libérer de quelque manière envers le roi des Français, et ne me fasse rendre l'acte de mon engagement, alors je serais tenu de rendre au seigneur roi l'acte qu'il m'a passé en cette occasion.

« 4. Pour caution de l'exécution fidèle de ces conventions, j'ai donné de mon côté, Hugues de Thouars, mon frère, Gui et Aimeri, mes fils, Geoffroy d'Argençon, mon neveu ; le seigneur Guillaume l’archevêque de Parthenay ; Thibaut de Beaumont, seigneur de Berthier ; Briant de Montaigu, Geoffroy Bouchard, Guillaume, fils d'Auffroy ; le seigneur Pierre, évêque de Sainte-Hermine, Renaud de Maulevrier, Rogon de Montrevel, P. Brûle, Jean de Cambrai, Simon de Chausse-Rouge, mon neveu, Geoffroy, prévôt de Thouars, Aimeri de Lusignan, Thibaut Léger, Renaud de Beurie et Thibaut de Montfaucon ; en sorte que si je m'écartais des dites conventions, ils se rendraient eux-mêmes dans la prison du seigneur roi de France à Saumur ou à Chinon, jusqu'à ce que l'infraction fût amendée, comme il est contenu dans la présente lettre.

« 5. Pendant ladite trêve, les marchands et tous les autres habitants de la terre du seigneur roi des Français pourront aller et venir en sûreté et sans danger dans mon territoire et mes fiefs, et y acheter des vivres et autres choses nécessaires ; et pendant ladite trêve mes vassaux ne marcheront pas contre ledit roi des Français.

« 6. Moi et mes vassaux, dont les noms sont rapportés dans la présente lettre, nous jurons notre foi d'observer fidèlement ces conventions, et pour les confirmer validement, je les munis de mon seing, et mes vassaux ont de même donné audit roi des Français, en confirmation, leurs lettres patentes revêtues de leur sceau.

« 7. Quant à l'hommage que je dois, et aux autres conventions à observer, moi et mes cautions y sommes engagés envers le successeur dudit roi, au cas que le seigneur roi vienne à mourir.

Fait à Thouars l’an du Seigneur 1224, dans le mois de juin. »

 

Pendant la trêve, les marchands et tous les autres habitants de la terre du seigneur roi des Français peuvent aller et venir en sûreté dans le territoire et les fiefs du vicomte.

Le seigneur de Bressuire, en exécution des conventions de paix arrêtées au mois de juin, à Montreuil-Bellay, entre le monarque français et Aimeri, vicomte de Thouars, se soumit au nouveau souverain avec tous les autres barons de la contrée.

Thibaud se rendit même garant de la fidélité du vicomte, en compagnie de Geoffroy d'Argenton, Simon de Chausseraye, Renaud de Maulevrier, Briand de Montaigu, etc., lesquels s'engageaient tous à aller se constituer prisonniers à Saumur ou Chinon, si le vicomte violait le traité.

 

Au mois de Juillet, Aimery fonde un anniversaire dans l’église de saint Hilaire le Grand de Poitiers, dont le chapitre « liberaliter concessit participationem omnium bonorum et orationum quae fiunt in ecclesia sua »

D’après le P.Anselme, Aimery rendit hommage, à Paris, au roi Louis VIII, le 21 juillet 1225, en présence de Romain cardinal de St-Ange, légat, et des ambassadeurs du roi d’Angleterre.

Mort en 1226 enterré dans l'Abbaye de Chambon à Mauzé-Thouarsais

 

Il épousa en premières noces avant 1179 Agnès de Laval (fille du Baron Guy IV de Laval et d'Agathe) avec qui il eut trois filles :

    Adèle (épouse de Renaud du Puy du Fou),

    Alix (épouse de Thibault III de Beaumont, Seigneur de Bressuire),

    Aumur (épouse de Bernard Vicomte de Brosse).

 

En secondes noces il épousa Marie dont il eut quatre fils :

    Geoffroy (v. 1183-1245) époux de Marguerite du Tonnay, puis trésorier de Saint-Hilaire de Poitiers,

    Guy Ier (v. 1183-1242), vicomte de Thouars,

    Aimery VIII (1187-1246), vicomte de Thouars,

    Guillaume de Thouars (?-1245), seigneur du Lion d'Angers et de Candé il épousa en 1237 Isabeau de Châteaubriant dite de La Guerche, fille de Guillaume de Châteaubriant de La Guerche et d'Hersende de Sillé)

 

 

 

5 septembre 1104 : Le château de Thouars est incendié par les comtes d’Anjou <==.... ....==> ESSAIS HISTORIQUES SUR LE TALMONDAIS, Les vicomtes de Thouars

 ==> Juillet- Aout 1224 - Prise de Niort, Saint Jean-d’Angely et La Rochelle (Louis VIII – Savary de Mauléon)

 

 

 


 

SAVARY DE MAULÉON, LE POITOU A SON ÉPOQUE et Maintenant

C'est â la fin du Xe siècle que la famille féodale des Mauléon fait sa première apparition dans les documents historiques. La petite ville de Mauléon, appelée si mal à propos Châtillon-sur-Sèvre en 1736, d'où elle tirait son origine et son nom, possède encore quelques ruines du château de ses vieux seigneurs, situé sur un mamelon escarpé en forme de promontoire, dont le pied plonge dans la rivière de L'Oing (1).

 

(1)   En 1163, le pape Alexandre III avait été reçu par Louis VII à Melun où naquit son fils le 21 août 1165, Philippe-Auguste.

 Louis VII avait laissé Melun en douaire à sa mère, Alix de Champagne, qui fonda, en 1194, l'abbaye du Jard. Il y avait au Jard un château royal qu'elle habitait alternativement avec celui de Melun.

On sait qu'elle fut régente pendant la minorité de Philippe-Auguste qui créa les milices communales pour les adjoindre à sa noble cavalerie de chevaliers bannerets. C'est ce roi qui fit achever, par les religieux de Saint-Père, l'enceinte de Saint-Aspais commencée sous Louis-le-Gros.

Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ramenés d'Orient, à la suite de la première croisade par Philippe I er et installés dans la maison de Guillaume Lefèbvre, reçurent de Philippe-Auguste les terrains sur lesquels ils élevèrent leur commanderie, rue de la Pêcherie. Par contre, le roi avait expulsé les Juifs de Melun.

Le vicomte de Melun d'alors était Adam II, un homme de guerre qui, en 1207, dans la guerre de Normandie. Il se distingua à Bouvines aux côtés du roi (1214) et alla guerroyer contre les Albigeois avec le dauphin Louis qu'il suivit l'année suivante en Angleterre. A Calais, il rédigea son testament où il stipulait divers dons aux églises ou chapelles de Melun, de Saint-Sauveur, de Champeaux, de Blandy, de Châtillon, de Seine-Port et du Jard. Ce testament, daté de 1216, est: à la mairie de Blandy.

Adam II mort la même année à Londres, s'est fait inhumer clans la chapelle du Jard où son fils Guillaume II se fera aussi inhumer en 1223.

Le successeur, Adam III, prit part à la croisade de 1248 avec Saint-Louis dont la mère Blanche de Castille, comtesse douairière de Melun, fonda l'abbaye du Lys à Dammarie-les-Lys, près de Melun.

Louis IX, qui contribua à doter ce monastère par une charte portant la date de 1248, aimait à séjourner à Melun. C'est à Melun qu'il reçut la soumission de Jean Ier le Roux duc de Bretagne qui avait épousé Blanche de Navarre fille de Thibaut IV, comte de Champagne.

 

(2)   Blanche de Castille (née le 4 mars 1188 à Palencia, en Castille ; morte le 27 novembre 1252 à Melun) est reine de France par son mariage avec Louis VIII.

 

Fille du roi Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre (elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et du roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt), elle épouse le 23 mai 1200 le prince Louis de France, fils et héritier du roi Philippe Auguste.

Elle est la mère de Saint Louis, à qui elle donne une éducation très pieuse, et exerce la régence entre la mort de son mari, Louis VIII, et la majorité de son fils.

 

 (3)    Louis VIII dit « le Lion », né le 5 septembre 1187 à Paris et mort le 8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), est roi de France de 1223 à 1226

14 juillet : Son grand-père, le roi Philippe Auguste, 58 ans et 43 ans de règne, meurt à Mantes d'une longue maladie.

Louis, devient roi sous le nom de Louis VIII le Lion.

 

(4)  En 1208, la famille Berlay était très proche de la couronne de France.

Le roi Philippe Auguste décida de tenir sa cour au château de Montreuil-Bellay,  puis le roi Louis VIII fit de même en 1224.