Octobre 1206, Trêve de Thouars entre le roi de France Philippe-Auguste et Jean sans Terre assistés des seigneurs du Poitou

La perte d'Aliénor le 1 avril 1204 ne fut pas seulement une tragédie personnelle pour Jean sans Terre car elle menaçait également de ruiner le fragile réseau d'alliances établi dans le Sud de la France

Philippe-Auguste prend d'abord Poitiers en août 1204, puis Loches et Chinon en 1205.

Le roi Jean, sortant enfin de son indolence habituelle, embarqua à Portsmouth, et vint prendre terre à la Rochelle, le 9 juillet 1206 avec une puissante armée et entra en Poitou pour s'opposer, s'il était possible, aux progrès de son redoutable ennemi le roi de France (1206) (1).

Son arrivée eut pour premier résultat de ranimer le zèle de ses partisans. Encouragés par sa présence dans le pays, beaucoup de barons poitevins revinrent à lui.

Hugues Larchevêque, l'un des premiers, lui prêta serment de fidélité et lui donna des explications satisfaisantes sur sa conduite passée. Il est même fort probable que le seigneur de Parthenay reçut à cette occasion le roi d'Angleterre dans son château.

La guerre semblait donc devoir recommencer avec plus de vivacité qu'auparavant ; mais avant qu'aucun avantage décisif n'eût été remporté par l'un des partis belligérants.

Le 3 octobre 1206, Jean sans Terre se réfugie avec ses hommes chez son vassal Aimery dans la forteresse de Thouars, pendant que Philippe-Auguste  en brulait les abords sans rencontrer de résistance (Hist, des ducs de Normandie, 109) ; ce qui, d'après l'itinéraire du roi Jean de M. Duffus Hardy, place ces événements dans les premiers jours d'octobre 1206. (2)

Le pape Innocent III, qui travaillait en vain depuis longtemps à réconcilier les deux rivaux, réussit enfin à leur faire poser les armes.

Philippe-Auguste venait d'enlever à Jean-Sans-Terre, roi d'Angleterre, toute la partie située au nord de la Loire des provinces occupées par le monarque anglais.

Celui-ci, pour préserver la partie située au sud de la Loire, demanda une trêve de deux ans, par laquelle Jean renonçait à tout ce qu’il avait possédé au nord de la Loire et à plusieurs de ses domaines au midi de ce fleuve.

 

Elle fut signée à Thouars, le 13 octobre 1206 (3).

 

L'élite de la noblesse des deux royaumes assista à cet acte solennel et garantit les engagements pris par son souverain respectif.

Hugues Larchevêque, seigneur de Parthenay se rendit caution pour Jean sans Terre, roi d’Angleterre de l'exécution du traité, de concert avec Aimery V, vicomte de Thouars, Savary de Mauléon, de Thibaud Chabot (4) et d'autres barons poitevins.

Du côté du roi de France, Hugues le Brun, comte de la Marche, et le comte de Bretagne, remplissaient le même rôle (5).

C'est un témoignage remarquable de la haute situation occupée par les Chabot dans la noblesse du Poitou.

Après une convention si honteuse le roi Jean regagna la Rochelle, et débarqua, le 12 décembre, à Ports mouth.

 

La même année 1206, Thibaud III Chabot donna à l'abbaye de l'Absie tout ce qu'il possédait par acquets et succession à Benest.

Malgré la trêve, Philippe, à la tête de son armée, continuait de visiter les pays qu’il avait conquis ; et Jean concertait avec son neveu Othon IV, Empereur détrôné, les moyens de se rétablir l’un et l’autre dans tour, leurs droits.

 

Dès l'année suivante, la trêve était rompue par Philippe-Auguste.

Ce prince avait conclu à regret une paix qui l'arrêtait dans sa marche victorieuse, et qui laissait inachevée la conquête du Poitou.

Il avait surtout à cœur de châtier le seigneur de Parthenay et les autres barons qui étaient rentrés au service du roi d'Angleterre. Ce fut dans ce dessein bien arrêté qu'il entreprit une expédition en Poitou.

Malgré la grandeur et l'imminence du danger, malgré l'absence de Jean Sans-Terre, son protecteur, Hugues Larchevêque resta fidèle à ses serments.

Il brava la colère du roi de France et l'attendit de pied ferme dans sa citadelle de Parthenay.

 Hugues s'abusait sur ses propres forces ; il comptait trop peut-être sur le concours des autres barons. Peut-être aussi mettait-il trop sa confiance dans les secours que lui avait sans doute laissé Jean Sans-Terre, suivant la promesse de ce prince consignée dans sa lettre du 17 mai 1202.

Quoi qu'il en soit, Philippe-Auguste ne tarda pas à paraître en 1207 à la tête de son armée.

 

 1203 De Falaise à Rouen, Le duc Arthur Ier de Bretagne assassiné par Jean sans Terre.<==..... ....==>Le Roi de France revient en 1207 pour faire le siège de Thouars, la ville est obligée de se rendre (Chanson sur le siège)

 

 La vie d’Aliénor d’Aquitaine <==

 

 

 

 


 

Thibault III Chabot, commandant des troupes de Richard, comte de Poitou, contre les seigneurs d'Aquitaine confédérés.
Thibault III Chabot (Theobaldus), seigneur de la Roche Servière, de La Grève , de Mervent, du Petit château de , d' Oulmes, de la Chabocière, etc,... naquit vers 1130. En 1173, il assista avec plusieurs seigneurs de la cour du roi d'Angleterre aux fiançailles de Jean , fils puiné de Henri II, avec Alix de Mortain.

 

(1).Hist: du Poitou, par Thibaudeau, t. Ier, p. 299 et 300.

2. Rex autem Philippus congregavit exercitum, et intravit Aquitaniam [(Johannes enim rex audito ejus adventu, jam in partes illas diverterat) ] et vastavit totam terram vicecomitis, Johanne ibidem cum exercitu suo existente (5), [sed ei congredi non audente.

Missa legatione, Johannes rex supplicabat pro pace simulatoria; et die statuta super pace, tamquam colloquium cum rege Francie initurus, dum Philippus rex Francie super his deliberat et cum nunciis loquitur, Johannes rex clam recessit ; et cum rex Francie ipsum in crastino, loco nunciis assignato, ad colloquium exspectaret, ipse jam Rupellam et portum tenebat, unde in Angliam repedavit.]

 

L'armée du roi Philippe entra en Aquitaine [(car Jean roi a entendu son arrivée, déjà dans la région diverterat)] et capturant tout le terrain, le shérif John place avec son existant (5), [mais ne s'aventurant pas, Il a envoyé une ambassade, roi Jean des quatrièmes prières d'un simulacre pour la paix; Sur la paix du jour, et les statuts, avec le roi de France, comme pour sceller le dialogue, tant qu'il agit délibérément, et avec les messagers du roi de France, sur ces choses, il parle à Jean roi de la fuite invisible; et la chose même du lendemain, quand le roi de France, à la place de ses messagers, il attendait pour s'entretenir avec lui, le Christ a déjà été retenu et le port, La Rochelle, le centre de l'Angleterre, est revenu.]

3. Rymer, I, p. 141.

4. La généalogie des Chabot publiée par M. Bauchet-Filleau, fournit ici une preuve du peu de soin que l'auteur a apporté à la lecture des textes. Il dit à l'occasion de cette trêve, que « lépreux chevalier (Thibaud) resta toujours fidèle au roi de France ; car on le voit figurer parmi les grands seigneurs de la suite de Philippe-Auguste, jurant avec eux, au nom de ce prince, la trêve conclue avec Jean-Sans-Terre. »

(5) Rigord, de gestis Philippi-Augusti, apud rerum Gallicarum script., t. 17, p. 61.