André II de Vitré (1173, 11 novembre 1211)

Le septième seigneur de Vitré fut André II, fils aîné de Robert III et d'Emma de Dinan (1) ; sa naissance était antérieure à 1155, date du décès de son grand'père, ce qu'il est facile d'établir par l'acte 1153, où il apparaît, apposant son sceau, signe certain de sa majorité, à côté de celui de son père.

1189, 27 juin Charte par laquelle Richard Cœur de Lion ratifie la vente de sa dot faite par Mathilde de Mayenne à André II de Vitré, avec qui son mariage était déclaré nul (note de Le Baud, Vitré, 29).

1196 21 aout Accord établi entre Arthur de Bretagne, accompagné de divers seigneurs, et André II de Vitré, par lequel celui-ci, à la suite de la capture de Constance par Richard Cœur de Lion, s’engage à se dévouer à la cause d’Arthur (note de Le Baud, Vitré, 30)

1196 décembre Accord entre André II de Vitré et Harscoët de Retz, par lequel celui-ci, ayant en main Emma de Vitré, s’oblige, conformément à la promesse du roi Richard, à ne la conserver en gage que le cas seulement ou elui-ci rendrait la liberté à la duchesse Constance (note de Le Baud, Vitré, 31)

1196 Lettres de l’évêque de Rennes, qui établissent qu’André de Vitré avait congié sa fille, Anne, en otage à Harscoët de Retz, lieutenant de Richard Cœur de Lion (note, A. N., MM. 746,224)

1197, 12 aout Charte dans laquelle Richard Cœur de Lion relate l’achat fait par lui, pour trois mille sous, de la terre de Carbay, appartenant à Marmoutier ; André II de Vitré, témoin (Marchegay, Archives d’Anjou, II, 13).

1197 Angers, Charte dans laquelle Robert de Touneham, sénéchal d’Anjou, relate la vente la vente de Carbay faite par les moines de Marmoutiers à Richard Cœur de Lion ; André II de Vitré, témoin (Marchegay, Archives d’Anjou, II, 14).

Rien ne prouve le voyage de 1184 en Terre-Sainte, que lui prête Le Baud.

On n'en saurait dire autant de ce que celui-ci raconte de son dévouement à la duchesse Constance et à l'infortuné Arthur de Bretagne bien qu'on ne rencontre nulle part les actes cités par lui, il est évident que l'historien a eu sous les yeux des pièces qui établissaient le zèle avec lequel André chercha en 1198, à obtenir la liberté de sa suzeraine, n'hésitant pas à donner en otage sa fille Emma et, malgré la trahison des Anglais qui, manquant à la foi jurée, gardaient les otages, sans rendre la duchesse à la liberté, il continua la lutte, jusqu'au moment où, enfin, la ténacité des bretons parvenait à triompher de Richard, dont le décès seul devait lui faire restituer sa fille.

 

La mort de Richard ne décida pas André Il à abandonner les intérêts de la maison de Bretagne et il ne tint pas à lui qu'Arthur ne l'emportât dans sa lutte contre Jean-sans-Terre.

Arthur, à la tête des Bretons (2), conduits par Guillaume des Roches (3), envahissait l'Anjou, puis après avoir passé dans l'abbaye de Pontron le jour du vendredi saint (4) (16 avril), y avoir entendu la messe, adoré la sainte croix et été admis par les moines aux bénéfices de leurs oraisons et de leurs aumônes, il marcha sur Angers.

Thomas de Furnes (5), neveu de Robert de Turneham, qui en avait la garde, lui livra la ville et le château (6), et, le jour de Pâques (18 avril 1199) (7), le jeune duc y fut reçu par les bourgeois (8), avec sa mère, la duchesse Constance, et plusieurs ecclésiastiques et seigneurs de sa suite, l'évêque de Nantes et l'abbé de Redon, les sires de Châteaubriant, de Vitré et d'Ancenis; parmi eux on remarquait également un seigneur du Maine, Juhel de Mayenne, si célèbre depuis.

D'autres grands personnages de l'Anjou, du Maine et de la Touraine, se réunirent à ceux-ci, et se rendant à Angers (9), prêtèrent serment à Arthur, comme à leur seigneur lige « La coutume suivie dans nos pays, » disaient-ils, veut qu'Arthur, fils de Geoffroi, frère aîné de » Jean, succède à son père dans son patrimoine, et jouisse de » l'héritage que celui-ci aurait eu s'il avait survécu à son frère » le roi Richard d'Angleterre. »

Arthur, fils de Geofroi II et de Constance, duc et duchesse de Bretagne, naquit après la mort de son père, le dimanche ou le lundi de Pâques 1187, c'est-à-dire le 29 ou le 30 mars de cette année (voir Chronicon Britannicum, Croniques Annaux, Chronicon Ruyense, dans D. Morice, Preuves, I, 6, 105, 153).

 

En conséquence de ce droit de représentation admis par eux en principe, ils reconnurent Arthur pour comte d'Anjou, du Maine et de Touraine (10).

Puis, le nouveau comte, aidé de Guillaume des Roches (11) (auquel il était redevable en partie de son entrée à Angers), et de ses fidèles Bretons dont Philippe-Auguste stimulait aussi le zèle, se rendit au Mans (12) où il fut fort bien reçu par les habitants; et ceux-ci conspirant à l'envi contre Jean Sans-Terre, s'efforcèrent, par tous les moyens possibles, d'établir solidement dans la possession du comté, Arthur, qu'ils regardaient comme leur seigneur, puisqu'il représentait Geoffroy, comte de Bretagne (13).

A ce moment, Philippe-Auguste, au mépris d'une trêve conclue avec le feu roi, et sanctionnée par son serment, pensant que tous ses caprices étaient légitimes (14), envahit la Normandie, s'empara d'Evreux avec les places d'Avrilli et d'Acquigni, qui en défendaient les approches (15), y mit des garnisons et ravagea les terres du roi d'Angleterre jusqu'au Mans (16).

Puis il vint dans cette ville où Arthur, qui s'y trouvait, lui prêta, pour les comtés du Maine, d'Anjou et de Touraine, un hommage qu'il lui garantit, avec sa mère Constance, sous la foi du serment (17).

 

Du Mans, le roi s'en vint à Tours où la vieille Aliénor d'Aquitaine lui fit hommage pour le comté du Poitou qui lui appartenait à titre héréditaire (18).

C'est vraisemblablement aussi pendant son premier séjour au Mans qu'Arthur, pour s'attacher les barons du Maine, leur distribua les châteaux du pays (19).

C'est ainsi que Juhel de Mayenne reçut pour sa part les châteaux de Gorron, d'Ambrières, de Châteauneuf sur Colmont et de la Chartre, avec toutes les châtellenies et dépendances des susdits châteaux, plus la forêt de Fosse-Louvain, dépendant de la châtellenie d'Ernée.

Philippe-Auguste, par des lettres datées de Montlandon (mai 1199), s'empressa de confirmer, en qualité de suzerain, le don qu'Arthur avait fait à ce seigneur (20).

Il y avait en outre un personnage qui n'était pas à dédaigner, dont Arthur avait à cœur de récompenser les services et d'accroître le zèle pour sa cause, c'était le neveu de Juhel, Guillaume des Roches, seigneur de Sablé (21)

 Aussi le prince se garda-t-il de l'oublier, et, à la même date, en récompense de ses bons offices (22), il lui donnait en fief héréditaire la sénéchaussée d'Anjou et du Maine (23), Mayet au Maine et la forêt de Bersay (24) avec ses dépendances (25).

 Cette dernière partie du présent était singulièrement agréable au nouveau sénéchal, car le bois de Bersay, situé près de Jupilles (26), arrondissait les biens patrimoniaux que Guillaume avait déjà sur ce territoire.

 Par la munificence d'Arthur, Guillaume des Roches devenait un des plus riches seigneurs du Maine.

Ce n'était plus le simple chevalier n'ayant que son manoir du Houx, à Jupilles, et quelques terres à Château-du-Loir, mais un puissant baron, seigneur, du chef de sa femme, de Sablé, Loupelande, la Suze au Maine, Précigné, Briolé et Brion en Anjou, et, par suite du don d'Arthur, de Mayet.

 Enfin, grâce à son titre héréditaire de sénéchal du Maine et d'Anjou, il disposait pour longtemps, lui et sa famille, d'un pouvoir immense, en réunissant en ses mains l'administration militaire, judiciaire et financière des deux provinces.

Aussi, dès cette époque, c'était, après le comte Arthur, le plus puissant et le plus influent seigneur du Maine et de l'Anjou.

Toujours prévoyant, Philippe-Auguste se hâta de confirmer au sénéchal, le même mois qu'à Juhel de Mayenne, les faveurs d'Arthur, dans l'espérance de s'attacher lui-même, si les circonstances s'y prêtaient, un homme influent dont le concours pouvait être utile à son ambition (27). Pour le moment, il paraissait tout naturel qu'il honorât de ses bonnes grâces le fidèle serviteur de son allié Arthur.

 

Lorsqu'il eut fait son entrée à Angers et au Mans, il devint nécessaire au jeune duc de prendre possession de la capitale de son comté de Touraine.

Aussi, pendant que Robert de Turneham et Girard d'Athée fortifiaient Chinon, Loches et les autres places qui tenaient en Touraine pour le roi d'Angleterre, Arthur vint à Tours où (28), suivant l'usage, il fut reçu chanoine de Saint-Martin, et, en cette qualité, installé en habits de chœur dans la stalle du doyen.

 

Ces solennités ne tardèrent pas à être troublées.

Le dimanche qui suivit la cérémonie religieuse (c'était celui d'avant l'Ascension) (29), Aimery VII de Thouars, vicomte de Thouars, Hugues le Brun, comte de la Marche, Geoffroi de Lusignan, seigneur de Vouvant et plusieurs barons du Poitou, faisant irruption dans Tours avec une infinité de gens armés, pillèrent la ville et enlevèrent des habitants, tandis qu'Arthur, avec quelques partisans, se tenait dans l'intérieur des murs de la cité (30).

 

Le roi Jean était alors retenu en Angleterre par les cérémonies de son couronnement.

 

Le lendemain de cette incursion (24 mai), Guillaume des Barres (31), envoyé par Philippe-Auguste au secours d'Arthur, vint sur le théâtre du désordre, mais vainement il poursuivit les Poitevins; ne pouvant les atteindre, il revint à Tours (32).

Que devint ensuite Arthur? nous l'ignorons. Il est probable qu'après le hardi coup de main de ses adversaires, ne se trouvant plus assez en sûreté à Tours, il quitta cette ville. Revint-il de suite au Mans? C'est incertain toujours est-il qu'il était dans cette ville en juin 1199.

 

Anno Domini MCC° et Philippi imperatoris III° et Philippi regis XXII° Richardo rege Angliae ita defuncto, Arturus comes Minoris Britanniae, nepos Richardi regis, filius Gaufridi comitis Britanniae in quantum potuit saisivit Andegayiœ comitatum, Andegavensem et Cenomanensem urbes, Guillelmo de Rupibus ei auxiliante viriliter occupavit.

 Robertus vero de Torneham et Girardus de Atheis Cainonem (1), Lochas et alias munitiones ex parte regis Angliae munierunt.

Et sic, in Paschali, Arturus puer Turonis veniens, more debito, in ecclesiam Beati Martini in canonicum est receptus, et in stallum decani, in vestibus chori, sicut canonicus, installatus.

 Et sequenti dominica ante Ascensionem Domini, Haimericus vicecomes Thoarcii, Hugo Brunus comes Marchiae, Gaufridus de Lezigniaco et plures alii barones Pictaviae, cum maxima multitudine armatorum Turonum veniunt, villam depraedantur gentes capiunt, dicto Arturo cum paucis infra civitatis mœnia existente et Johanne rege Angliae propter coronamentum suum in Anglia comme rante.

 In crastinum autem Guillelmus de Barris, ex parte regis Francorum, Turonum veniens Pictavos inscquitur, sed eos consequi non valens, Turonum est regressus. Recueil de chroniques de Touraine par André Salmon.

 

C'est alors qu'il fit plusieurs donations pieuses au clergé du Maine. Et d'abord, dans l'espérance de s'attacher les chanoines de Saint-Julien, en souvenir de la mort funeste du comte Geoffroi, son père, en même temps pour obéir aux vœux de sa mère Constance (33), il fondait dans l'église cathédrale du Mans les anniversaires du comte et de son propre aïeul, le roi Henri.

Pour affermir sa fondation, le prince fit présent au chapitre de dix livres angevines à percevoir, chaque année, sur les revenus du barrage (34) du Mans (35). Le chapitre s'empressa d'accéder à la demande d'Arthur.

On voit, par cette donation, que Guillaume des Roches, qualifié dans l'acte de Willelmus de Sabolio, était venu rejoindre le prince au Mans où résidaient alors, avec la mère d'Arthur, d'autres partisans notables du jeune duc, l'évêque de Vannes, Robert de Vitré, chantre de Paris, Yves de la Jaille et Geoffroi Mauchien, sénéchal (gouverneur particulier) du Mans.

L'abbaye des bénédictines du Pré eut aussi sa part des libéralités du prince (36), il en fut de même du monastère de Perseigne.

Par un acte de juin 1199, Arthur, qui s'y qualifie duc de Bretagne, comte d'Anjou et de Richemont, gratifia l'abbaye cistercienne de 15 livres en monnaie du Mans à prendre, chaque année, sur le boisselage (37) de cette ville, moitié à la mi-carême, moitié à la Saint-Jean, et, en outre, de 10 livres angevines, aussi à prendre annuellement sur la voirie (38) du Mans, au jour de Saint-Michel (39).

Cette libéralité fut, comme la précédente, faite en présence de Constance, mère d'Arthur, de Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, de Robert de Vitré, chantre de Paris, et autres seigneurs (40).

Par un acte antérieur, Arthur s'était déjà acquis la reconnaissance des religieux de Perseigne en leur confirmant la libre possession des maisons, vignes et pressoirs de Claire-Fontaine, près Le Mans (41), de Charbonnières et de Coulaines (42) et de différents autres biens que l'abbaye possédait dans les paroisses de Ballon et de Saint-Germain de la Coudre, dans les châtellenies de Fresnay et de Beaumont, et dans les paroisses de Neufchâtel, Ancinnes, Saones, Livet, Marolles, Pizieux, Blèves, Peray, Lignères, Chassé et Montigny, le tout avec les exemptions, priviléges, libertés et franchises qui leur avaient été octroyés par ses ancêtres ou les fondateurs de la dite abbaye (43).

Toutes ces pieuses libéralités n'avaient pu qu'attacher le clergé séculier et régulier aux intérêts d'Arthur et l'évêque Hamelin partageait vraisemblablement les sentiments de son chapitre pour le fils de Geoffroi.

C'est ce qui motiva une lettre adressée, le 14 juin 1199 (44), par Jean, alors à Orival en Normandie, au pape Innocent III.

Le prince, qui se qualifie roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou, s'y plaint vivement de la conduite de Hamelin, qu'il appelle un persécuteur public de sa personne et de son royaume (45) : « Nous envoyons, dit-il au pape, pour terminer les embarras que Hamelin s'efforce de nous susciter, notre amé clerc privé (46) P. Barell; nous l'établissons en notre lieu et place notre procureur pour répondre aux reproches que nous fait l'évêque, et nous acquiescerons au premier jugement qui interviendra dans cette affaire sur son entremise (47). »

Mais la duchesse Constance et Guillaume des Roches savaient fort bien que des hommes d'armes fidèles pouvaient plus, en ce moment, pour la cause d'Arthur, que le haut clergé.

Aussi, fût-ce de leur avis (48), qu'Arthur donna à Robert de Vitré, son cousin (49), pour ses fidèles services et les grandes peines (50) qu'il s'était données pour le duc, au fort des circonstances les plus critiques (51), le château de Langeais (52), avec toutes ses appartenances et revenus pour en jouir, sa vie durant, avec autant de sécurité que le roi Richard, son ancien possesseur, en attendant qu'on conférât à Robert, à sa convenance et selon son gré (53), un fief plus important ou du moins égal au premier.

Sur les revenus du château, Robert de Vitré devait payer, chaque année, 100 livres à Robert de Pernay (54), jusqu'à ce que le prince eût assigné ailleurs une terre de même valeur que Langeais à celui-ci (55).

Cette dernière partie de la phrase fait supposer que le duc avait ôté Langeais à Robert de Pernay pour en faire présent à Robert de Vitré.

 

Juin 1199 Don du château de Langeais à Robert de Vitré par Arthur 1er, duc de Bretagne.



 Ego Arturus, dux Britannie, comes Andegavie et Richemundie, notum facio omnibus qui presentes litteras inspexerint quod ego, de consilio domine Constancie matris mee et Willelmi de Rupibus senescalli mei et meorum fidelium, dedi Roberto de Vitreio consanguinco meo, pro fideli servitio suo et maximo labore quem pro me sustinuit in districto necessitatis articulo, castellum de Langés cum omnibus proventibus et pertinenciis suis, sicut unquam ipsum Ricardus rex Anglie melius et plenius dinoscitur habere, ab eodem Roberto, quamdiu vixerit, libere, integre et pacifice possidendum, donec ad sui volunlatem et beneplacitum aliud beneficium majus vel equivalens propter hoc a me sibi fuerit assignatum : ita tamen quod de predicti castelli reddilibus reddet annuatim Roberto de Perrunnaio centum libras, donec eidem Roberto de Perrunnaio a me in alio beneficio equivalenti alibi sit provisum.
 Quod nt firmum et stabile perseveret, donum presens presentis scripti munimine confirmavi.


Actum apud Cenomannis, anno Incarnati Verbi M°C° nonagesimo nono, mense Junio.



Moi, Arthur, duc de Bretagne, comte d'Anjou et de Richmond, fais savoir à tous ceux qui ont examiné les présentes lettres que j'ai, par l'avis de ma mère Constance, de mon sénéchal Guillaume des Roches, et de mes fidèles, donné à Robert de Vitré mon parent, pour ses fidèles services et le grand labeur qu'il a enduré pour moi dans le quartier de nécessité, le château de Langés avec tous ses revenus et dépendances, comme Richard le roi d'Angleterre lui-même est mieux et plus connu pour avoir, par le même Robert, tant qu'il vit, être possédé librement, complètement et paisiblement, jusqu'à ce que, de sa propre volonté et bon plaisir, un autre bénéfice plus grand ou équivalent lui ait été attribué par moi à ce titre : néanmoins, qu'il paiera annuellement à Robert de Perrunnaius cent livres sur les revenus dudit château, jusqu'à ce que le même Robert de Perrunnaius soit pourvu par moi en un autre bénéfice équivalent ailleurs.



Afin qu'il puisse continuer à être ferme et stable, j'ai confirmé le présent don avec la protection du présent écrit.

Fait au Mans, la quatre-vingt-dix-neuvième année du Verbe incarné, au mois de juin.



 

En 1203 Jean Sans Terre, roi d’Angleterre, assassine son neveu Arthur de Bretagne. Il ravage Fougères et Dol, prend cette ville brule la cathédrale et enlève les reliques de saint Samson.

La dernière campagne à laquelle prit part André II de Vitré fut la croisade contre les Albigeois, pour laquelle il partit le 21 novembre 1210; sa mort advint en 1211

Il laissait un testament, qui est perdu, et dont tout ce qu'on sait se trouve dans la Chronique de Le Baud.

D'abord il ne faut pas admettre avec celui-ci que cet acte appartienne à l'année même du départ d'André II pour le midi Emma de Dinan, qui y est mentionnée comme vivante, était certainement morte avant le 7 décembre 1209, le testament ne saurait donc être de novembre 1210.

Quoiqu'il en soit de sa date, qui doit être placée entre le mariage d'André II avec Luce Paynel et le décès d'Emma de Dinan, cet acte n'en est pas moins important André II y décide qu'André III, son aîné, prendrait toutes ses possessions situées en Bretagne et que Robert, son second fils, recevrait, avec Saint-Séver, tout ce ce qu'il possédait en Normandie. Il donnait à Luce Paynel diverses terres destinées à liquider ses droits de douaire.

Il décidait enfin que la garde de ses fils appartiendrait à Nicolas de Coesmes et à Guy Le Breton, et statuait en même temps que, si l'un des deux venait à manquer, le choix de son successeur appartiendrait à divers personnages parmi lesquels on remarque Emma de Dinan, sa mère, Juhel de Mayenne, son neveu par alliance, Alard de Château-Gontier, son gendre, et Jean d'Alluye, son frère (56).

On donne ici figures 35 le dessin du sceau d'André II, numéro 3923 des Archives, d'après l'original encore attaché à l'acte 190 du Cartulaire dom Lobineau et dom Morice, sous le numéro XLII, en ont publié un dessin, d'après l'empreinte que possédait l'acte 204 du Cartulaire (57).

La première épouse d'André II se nommait Mathilde; elle était fille de Geoffroy de Mayenne et de sa première femme, Constance de Bretagne, fille de Conan le Gros. Il semble bien, conformément aux dires de Le Baud, que cette alliance contractée entre cousins à un degré prohibé par l'Eglise; fut, vers 1189, déclarée nulle et que André II, désireux de ne pas restituer ce que Mathilde avait reçu en dot, obtint qu'elle le lui vendit.

L'acte, qui en fut passé, a été ratifié par Constance de Bretagne et par le roi Richard.

Devenu libre, André II, au dire de Le Baud, aurait épousé Guen de Léon fait difficile à admettre en présence du silence gardé par André II, qui, resté veuf d'elle, aurait dû, semble-t-il, la mentionner à côté d'Eustachie, dans ses fondations pieuses.

D'autre part, il est peu probable que, sans héritier mâle, André II ait attendu dix ans pour contracter l'union pouvant lui donner le fils destiné à perpétuer son nom.

Celui ci eut en effet pour mère Eustachie, laquelle appartenait probablement à la maison de Retz, et qu'André II épousa, non pas en 1180, comme d'Hozier, par une faute d'impression évidente, le fait dire à Le Baud, mais en 1199, année du décès de Richard, selon le symchronisme donné par ce même Le Baud.

 Eustachie ne vivait plus avant le 7 décembre 1209 et André II ne tardait pas à' épouser Luce Paynel, qui lui survécut et, au profit de qui, Foulques Paynel, son père, en 1211, intentait une action en constitution de douaire'.

 

 

 

 



NOTES.


 Pris sur l'original parch., aceau tombé, existant aux Archives Nationales, Trésor des chartes, cart, n°1 261, n°1.
 Cet acte n'est point inédit, il a été publié par M. Teulet dans les Layettes du Trésor des Chartes, mais comme il manque dans les Preuves de l'histoire de Bretagne et dans tous les recueils historiques bretons, il nous a semblé utile de l'imprimer ici.
 Titre écrit au dos de l'original : Littera Arturi ducis Britannie de donacione castelli de Langés, factae, Roberto de Vitreio.
 



Bibliothèque de l'École des Chartes  Lespinasse, René

Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne

 



 Itinéraire d’Aliénor d’Aquitaine après les funérailles de Richard Cœur de Lion à Fontevraud par Alfred Richard <==

==> Itinéraire de Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre, depuis son couronnement, le 27 mai 1199, jusqu'à la fin de son règne par Th. Dulfus Hardy.

==>Guillaume des Roches, Sénéchal d'Anjou, du Maine et de Touraine

 

 

 


(1). André II épousa certainement Mathilde de Mayenne, Eustachie de Hetz et Luce Paynel.

Il eut pour enfants André III, Robert de Landavran et deux filles, Emma et Aliénor.


(2). Id., t. 18, p. 87.

(3). Art de vérifier les dates, ducs de Normandie, article d'Arthur.

(4). Reconnaissant de la faveur que lui avaient accordée les religieux, Arthur leur donna, pour soulager leur indigence, à titre d'aumône annuelle et perpétuelle, 12 livres en monnaie angevine, à percevoir sur la part du comte dans le produit du péage d'Angers. Le jour même de son entrée dans cette ville, c'est-à-dire le jour de Pâques, il en investit Jean, abbé de Pontron, dans la chapelle de la Haye aux bons-hommes, près Angers, avec les gants de Guillaume de la Guerche et en baisant les mains de l'abbé. Marchegay, Arch. d'Anjou, t. TI, p. 153. Teulet, Invent. du Trésor des Chartes, t. I, p. 199.

(5). Ce Thomas de Furnes est appelé par Knygthon Thomas de Torneya (de Turneham). –Ménage, Hist. de Sablé, p. 191. Cette différence de nom provient sans doute de ce que, parmi les historiens, les uns regardent ce Thomas comme fils d'une sœur, et les autres comme fils d'un frère de Robert de Turneham.

(6). Roger de Hoveden, ap. D. Bouquet, t, 17.

(7). Archives d'Anjou, loco citato.

(8). Raoul de Coggeshale, ap. D. Bouquet, t. 18, p. 87.

(9). Roger de Hoveden ne donne pas expressément la ville d'Angers comme le lieu de cette réunion. Cependant on peut présumer que c'est là qu'elle se tint; car, la première ville dont Arthur s'empara, fut celle où il dut réunir ses partisans pour y prendre une décision quelconque, d'autant mieux qu'Angers était une capitale.

(10). Roger de Hoveden, ap. D. Bouquet, t. 17, p. 596.

(11). Chronicon Turonense, ap. D. Bouquet, t. 18, p. 294.

(12). La chronique de Touraine dit que le jeune prince occupa virilement, viriliter occupavit, les villes d'Angers et du Mans; remarque opportune puisqu'il n'avait que 12 ans.

(13). Raoul de Coggeshale, ap. D. Bouquet, t. 18, p. 87.

(14). Omnia qux libuit sibi, licere.

(15). Rigord, de Gestis Ph.-Aug., ap. D. Bouquet, t. 17. p. 50.

(16). Chronicon Nicolai Trivotti, ap. d'Achery, Spicileg, t. 3, p. 178,

(17). Rigord, déjà cité, ap. D. Bouquet, t. 17, p. 50. Chronicon Nicolai Trivolti, ap. d'Achery, Spicileg. t. 3, p. 178.

(18). Rigord, déjà cité, ap. D. Bouquet, t. 17, p. 50. La chronique de Nicolas Trivet (ap. d'Achery, t. 3, p. 178), dit que la reine prêta hommage pour le duché d'Aquitaine.
Nous préférons la version de Rigord, suivant laquelle le Poitou est le fief dont il fut rendu hommage à moins de supposer pourtant qu'Aliénor n'ait rendu hommage de l'Aquitaine par avance, au nom de son fils Jean, en attendant que ce prince, une fois couronné, pût le faire en personne. Ce ne pouvait être en effet en son propre nom que la reine mère rendait hommage pour le duché d'Aquitaine, car on ne voit pas que, par la suite, elle ait gouverné, même un instant, ce duché dont elle se contenta simplement de se faire un titre honorifique joint à ses autres qualifications.

 

Quant au Poitou, où se trouvait Fontevraud, elle y exerça une véritable souveraineté, par suite de la cession que lui en fit la même année, 1199, son fils, le roi Jean.
Mais, au moment où elle prêta hommage au roi, elle ne le possédait encore qu'à titre héréditaire, comme fille de Guillaume, comte de Poitou et duc d'Aquitaine.
C'est ce qui nous explique la justesse des termes de la chronique, jure hereditario. Pour le temps de l'hommage lui-même, c'est assurément la date que nous venons de lui donner, qui est la plus exacte, car il n'y avait lieu de le prêter qu'au commencement d'un nouveau règne, comme celui du roi Jean.
 Mais, comme nous l'avons déjà dit, la reine dut prendre les avances, dans les intérêts de son fils, et, sans attendre le couronnement, donner ainsi au roi de France une preuve de soumission dans ces circonstances où il était important de ne le point mécontenter.


Alienordis regina quondam Angliæ apud Turonis fecit similiter regi Philippo homagium pro comitatu Pictavensium [et ducatu Aquitaniæ], qui eam contingebant jure hereditario. Treugæ datæ sunt sub juramento inter regem Franciæ et regem Angliæ.

Aliénor, autrefois reine d'Angleterre, fit de même à Tours auprès du roi Philippe au nom des comtes de Poitiers et du duché d'Aquitaine, qui lui appartenait par droit d'héritage.
Une trêve fut donnée sous serment entre le roi de France et le roi d'Angleterre.(Guillaume de Nangis)  

Alienordis, quondam Anglie regina, apud Turonis Philippo regi fecit hominium pro comitatu Pictavensium, qui jure hereditario earn contingebat.
Et tunc rex adduxit Arturium secum Parisius, v kalendas augusti. Tertia vero die sequenti, videlicet III kalendas augusti, ecclesiam Beati Dionysii humiliter causa peregrinationis adiit, ubi in pignus (a) caritatis et devotionis pallium sericum Deo et beatis martyribus humiliter super altare obtulit.
Mense autem octobri treuge sub juramento firmate sunt inter duos reges usque ad sequens festum sancti Johannis (b), similiter inter comitem FlandrieBalduinum et regem Francorum Philippum.
(a). impignus P.
(b). Jusqu'à la Saint-Hilaire (13 janvier 1200), dit R. de Hoveden, IV, 97.

(19). Les historiens semblent supposer qu'Arthur ne fit qu'un seul séjour au Mans; or, il est évident qu'il en fit deux, l'un en mai, l'autre en juin 1199.
Le premier est celui qui nous occupe c'est à sa date qu'il faut ranger les donations faites par Arthur à des barons du Maine. Car, avant d'aller à Tours, Arthur dut pourvoir au plus pressé.

Il fallait d'abord, avant de passer outre, s'assurer de la fidélité des seigneurs, ses partisans, dont l'attachement avait besoin d'être stimulé par des récompenses, Les largesses faites au clergé du Maine n'ont dû se faire qu'à une autre époque, savoir le second séjour d'Arthur au Mans (juin 1199), lorsqu'Arthur, ne se trouvant plus assez en sûreté à Tours depuis l'invasion des Poitevins, revint au Mans.


La politique d'Arthur était de gratifier d'abord les hommes d'armes pour se les attacher; dans ce temps de conflits armés, le clergé avait une moindre importance.
Il est bon de remarquer aussi que, lors du premier séjour d'Arthur dans la capitale du Maine, la duchesse Constance parait n'y être restée que pour l'hommage fait par son fils au roi; après quoi elle dut quitter la ville; car on ne voit pas son nom parmi ceux des témoins des libéralités faites aux barons Manceaux, tandis qu'au contraire, lors du second séjour du duc dans la même ville, sa mère y résida plus longtemps, et qu'on voit presque toutes les donations de cette deuxième période faites en présence de Constance.

(20). Catal. de Dom Housseau, publié par M. Mabille, Mém. de la Soc. archéol. de Touraine, p. 225. Léopold Delisle, Catalog. des Actes de Ph.-Aug., p. 133. Bréquigny, Diplômes, t. IV, p. 263. Dom Housseau, t. 5, n° 2114. Martène, Veter. Script. Ampliss. Collect., t. I, col. 1023. Ménage, Hist. de Sablé, p. 186.

(21). Nous donnons, en 1199, le titre de seigneur de Sablé à Guillaume des Roches, parce que son beau-père, Robert de Sablé, grand maître du Temple depuis 1190, ne le fut que jusqu'à l'année 1195, et dut mourir vers ce temps. Toutefois, le père Anselme, duquel nous apprenons que Robert fut grand maître du Temple de 1190 à 1195 (Anselme, t. VIII, p. 575), ne nous donne pas la date de sa mort. D'autre part, Cauvin (Statist. de Varr. de La Flèche, Annuaire de la Sarthe pour 1831, p. 227) la fixe à l'année 1195, et Dom Piolin (Hist. de l'Égl. du Mans, t. 4, p. 206) à l'année 1196, au plus tard, tandis que Ménage n'indique pas de date précise. Cependant, sous le millésime de 1238 (mois de juin), il y a un vidimus de Marguerite de Sablé d'une charte de Robert. dominus de Sabolio, de l'an 1201, par lequel F. Bourrel (Bourrelli), chevalier, pour être quitte d'une rente de 100 sous que les religieuses bénédictines d'Etival avaient droit de prendre super villula de Marieta (Mariette), leur abandonne la dite terre (Bilard, Anal. des Doc. hist. des Archiv. de la Sarthe, Annuaire de 1853, p. 37). Quel est ce Robert? Faut-il y voir Robert IV de Sablé, revenu près de sa fille après s'être démis de sa charge de grand maître? Ou Robert V, seigneur de Sablé, fils de Guillaume des Roches et de Marguerite, qui mourut jeune? Mais, dans ce cas, il nous semble qu'il aurait fait précéder son titre de seigneur de Sablé, de son nom patronymique de Rupibus; et, même dans cette hypothèse, on ne peut s'empêcher de trouver étrange qu'il ait pris ce titre de seigneur de Sablé du vivant de son père, Guillaume des Roches. Ajoutons néanmoins que, comme ce Robert V, fils de Guillaume des Roches, vivait encore en 1202, il est fort possible qu'il soit le personnage désigné dans l'acte de 1201. De son côté, l'obituaire du Ronceray d'Angers fait mention, au 6 des calendes de février (27 janvier), de la mort d'un Robert de Sablé « Roberius de Sabolio, » qui doit être le père de Marguerite (Dom Housseau, t. 12, II, n° 838). Bien qu'il n'y ait pas de date fixée à la mort de ce Robert, le nom même de l'établissement religieux qui l'inscrit sur son obituaire, le Ronceray (ordre de St-Benoît), au diocèse d'Angers, dont Hersende de Sablé, sœur de Robert IV, était alors abbesse (Gall. Christ., t. XIV, col. 700), après y avoir été religieuse (Ménage, Hist. de Sablé, p. 168), nous fait supposer qu'il s'agit ici du père de Marguerite, frère de cette Hersende.

(22). Pro fideli servicio.

(23). C'était alors Aimeri, vicomte de Thouars, qui était sénéchal d'Anjou, du Maine et de Touraine pour les Anglais, de sorte qu'il y eut à ce moment, pour les trois provinces, deux sénéchaux, l'un nommé par Arthur, l'autre par Jean-sans-Terre.

(24). Boscv,m de Burcai.

(25). Bréquigny, Dipldm. t. 4, p. 262. Catal. de Dom Housseau publié par M. Mabille, p. 226. Dom Housseau, t. 5, n° 2119. Ménage, Hist. de Sablé, p. 191. F. Legeay, Mayet et ses environs, p. 91. Le Paige, Dict. topogr. du Maine, t. 2, p. 6.

(26). Bersay, Bercé, Bursé, Burseïo, alias Cleophas; forêt nommée encore de Bois-Corbon et aussi de Jupilles, à cause de sa proximité de la commune de ce nom. C'est, avec celle de Perseigne, le plus considérable massif de bois du département de la Sarthe (Pesche, Dict. stat. de la Sarthe, t. 1, p. 157).

(27). Mêmes sources que pour la note 3 ci-dessus. Dans ces lettres de confirmation, le roi qualifie Arthur de duc de Bretagne, comte d'Anjou et de Richemont (Dom Housseau, t. 5, n° 2119).

(28). La chronique de Tours, ap. D. Bouquet, t. 18, p. 294, dit qu'Arthur vint à Tours dans les fêtes de Pâques, in Paschate; c'est-à-dire dans le temps qui suivit les fêtes de Pâques.

(29). Pâques tombant, cette année 1199, le 18 avril, l'Ascension tombait le jeudi 27 mai, et le dimanche qui précéda cette fête, jour des événements ci-dessus, était par conséquent le 23 mai 1199.

(30). Ces murs intérieurs étaient ceux de Châteauneuf, ville murée, qui entourait l'église de Saint-Martin. Il est probable qu'Arthur, reçu récemment chanoine de Saint-Martin, s'y trouvait au moment de l'irruption.


 La ville de Tours se divisait en trois parties Châteauneuf dont nous venons de parler, la ville de Tours proprement dite, que protégeaient des murailles flanquées de tours et un espace intermédiaire (jardins, vignobles), sans défense, dont les habitants pouvaient être facilement surpris. C'est ce qui explique les résultats de l'incursion précitée.

(31). Et non Guillaume des Roches, comme le dit Dom Morice, Hist, de Bretagne, t. I, p. 124.

(32). Chronicon Turonense, ap. Dom Bouquet, .t. 18, p. 294.

(33). De consilio et voluntate venerabilis matris Constantie.

(34). Les tonneaux de vin, avant d'être fermés, c'est-à-dire barrés, étaient inspectés par des mesureurs attitrés qui, à ce sujet, percevaient pour le seigneur le droit de barrage. Voir Ducange.

(35). De proventu barragii cenomanensis. Cartul. capit. cenom, f" 3, r°.

(36). Dom Piolin, Hist. de l'égl. du Mans, t. 4, p. 241, d'après le ms. des Blancs-Manteaux, n° 45, et Dom Briant, Cenomania.

(37). Le droit de boisselage était de même nature que le droit de barrage, seulement il s'appliquait au mesurage des grains.

(38). Voirie, c'est-à-dire droits de voirie. Les droits de voirie consistaient apparemment en corvées et rachats de corvées; peut-être encore en amendes prononcées pour contraventions commises sur la voie publique, on peut le présumer d'après Ducange, qui manque un peu de clarté.

(39). Cette donation faite spécialement à l'abbaye de Perseigne plutôt qu'à une autre communauté, s'explique par l'affection qu'avait toujours portée à ce monastère le roi Richard, qui avait même pour confesseur l'abbé de Perseigne, Adam. Ce dernier fait résulte d'une charte de Richard, donnée en mai 1198, à Lions, en faveur de Perseigne; voir Cartul. de Perseigne, f° 32 v.

(40). Bilard, Anal. des Doc. Hist. de la Sarthe, Annuaire de 1852, p. 99. Cartul. de Perseigne, f° 37.

(41). De Clare fonte juxta Cenomanum.

(42). De Carbonariis et de Coloniis.

(43). Bilard, Anal. des Doc. Hist. de la Sarthe, Annuaire de 1852, p. 99.

(44). Il y a évidemment dans le texte une faute d'impression en ce qui concerne la date du mois de cette pièce, écrite en abrégé jan.. janvier, au lieu de jun, juin. Les Rotuli disent, en effet, que cette lettre date de 1199, première année du roi Jean; or, cette première année du règne de Jean a couru du 27 mai 1199 au 27 mai 1200 et il n'y a, par conséquent, dans cette première année, en fait de 14 janvier, que le 14 janvier 1200 et point de 14 janvier 1199.

(45). Persecutor publicus persone nostre et regni. Ces démêlés sont en contradiction avec l'attachement que l'historien de l'église du Mans et M. Chardon (Reine Bérengère) ont supposé que l'évêque Hamelin avait pour les princes anglais. Voir Dom Piolin, Hist. de l'Egl. du Mans, t. IV, p. 254 et suiv. –M. Chardon, Reine Bérengère, p. 62. Du reste, il est possible que si, comme l'affirme le docte religieux, Hamelin refusa constamment le serment à Philippe-Auguste, ce ne fut pas parce que c'était au roi de France qu'il le fallait prêter, mais sans doute parce que les princes anglais n'en imposaient aucun aux évêques du Mans.

(46). Familiaris.

(47). Rot. Chart., t. I, p. 31 (b).

(48). De consilio.

(49). Consanguineo suo.

(50). Maximo labore.

(51). In districto necessitatis articulo.

(52). Castellum de Langes, Langeais (Indre-et-Loire), arr. de Chinon.

(53). Ad sui voluntatem et bene placitum.

(54). De Perrunnaio.

(55). Teulet, Trésor des chartes, t. I, p. 204.
Frère puîné d'André II, baron de Vitré; Ce Robert de Vitré, chanoine de Saint-Julien du Mans et chantre de Notre-Dame de Paris (1197-1208),  parait avoir été un de ces ecclésiastiques belliqueux du moyen-âge, dont Philippe de Dreux, évêque de Beauvais (1176-1217), était alors le type le plus saisissant.
Robert ne garda Langeais que six ans; car, en 1206, Philippe-Auguste, par des lettres datées de Candé, apud Cande, donnait à ce personnage et à son frère André de Vitré, S. Sever, S. Severum, près du château de Vire, de Vira, avec toutes ses dépendances, à la charge pour eux et les héritiers d'André de le tenir en fief et hommage lige du roi, en échange de Langeais, pour la possession duquel, dit Philippe « notre amé » et féal Robert, frère d'André, avait une charte d'Arthur qu'il nous a remise » quam nobis resignavit. »
Enfin le roi ajoutait que s'il y avait du reliquat

(56). André II est mentionné au Cartulaire, dans les numéros 127, 203, 210, 215, 217, 229, 237, 239, 242, 246, 248, 252, 256, 257, 259. 262, 263, 265, 271, 273, 278, 279, 286, 287, 289, 295, 297, 301, 302, 305, 307, 308, 310, 314.

(57). Il existe encore deux autres empreintes de ce sceau l'une aux dossiers de Savigny, à Saint-Lô, l'autre à l'hôpital de Vitré appendue à l'acte 306 de notre Cartulaire. Aucune, malheureusement, n'est en bon état. Sur un cheval au galop, le chevalier est représenté vêtu du haubert et portant un casque à nasal, qui laisse voir la figure. Il tient de la gauche son bouclier et de la droite une lance, avec flamme à trois rubans.