Château du Louvre Mars 1329 - Lettres de sauvegarde octroyées par Philippe VI de Valois à l'abbaye de l'Absie-en-Gâtine
/image%2F1371496%2F20240821%2Fob_0dd0e8_le-louvre-sous-charles-v-1380.jpg)
Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Francs.
Nous faisons savoir à tous, présents et futurs, que les religieux qui nous sont chers dans le Christ, l'abbé et la congrégation du monastère d'Absie à Gâtine, de l'ordre de Saint Benoît, le sénéchal de Poitou, qu'aucun préjudice, que l'oppression, les dommages et les griefs soient infligés à eux et à leurs nations, en personnes ou en biens, par la faveur d'imposteurs désireux de continuer dans le royaume, et espérant que notre magnificence leur fournirait le meilleur et le plus profitable, et que leur indemnité serait pourvu qu'ils servent d'autant plus fidèlement et dévotement le Très-Haut, les religieux eux-mêmes et leurs successeurs et lesdits monastères, comme ils nous sont immédiatement soumis, avec leurs familles, leurs nations, leurs biens et avec toutes ses affaires, nous recevons le immortel sous notre protection royale et notre garde spéciale, et nous le recevons à travers le présent.
Donnant les mêmes mandats aux sénéchaux du Poitou et Saintonge, au bailli de Touraine et à tous et autres justiciers de notre royaume, présents et futurs, que les susdits réticiens et leurs successeurs, familles, gents et biens sous nos susdits gardes devraient maintenir et préserver leurs-dits monastères, libertés, droits, justes possessions et saisies, et les protéger de toute blessure, violence, oppression, force des armes, pouvoir des laïcs et innovations indues de toute sorte, et que le cas échéant est tenté contre ladite garde ou préjudice en eux par quelqu'un, ils devront réduire la dette envers nous et envers l'état et faire payer lesdits religieux en conséquence, comme cela appartiendra à chacun des siens ; qu'ils leur délèguent aussi, s'ils sont requis à ce sujet, afin d'exécuter plus facilement les locaux, un ou plusieurs de nos domestiques, qu'ils exigent cependant de connaître ces matières, nous ne voulons en aucun cas admettre .
Afin qu'elle puisse continuer à être équitable et stable à l'avenir, nous avons apposé notre sceau sur la présente lettre.
Fait au Louvre, près de Paris, l'an du Seigneur mil trois cent vingt-huit, au mois de mars.
Par le Seigneur Roi, à la relation de Seigneur Aymeric Guenaut. Écrivain solungy
Philippus, Dei gratia, Francorum rex.
Notum facimus universis presentibus et futuris quod nos dilectos nobis in Christo viros religiosos, abbatem et conventum monasterii de Absia in Gastina, ordinis sancti Benedicti, senescallie Pictavensis, ne sibi suisque gentibus in personis aut bonis injurie, oppressiones, dampna et gravamina imposterum inferantur, favore regio volentes prossequi et sperantes ut quanto melius et utilius nostra prospexerint magnificencia se adjutos foreque ipsorum indempnitati provisum, tanto tucius ac devocius debeant et valeant Altissimo famulari, religiosos ipsos ac eorum successores monasteriumque predictum, prout inmediate nobis subsunt, cum familia, gentibus, bonis ac rebus suis omnibus, in nostra regia protectione ac gardia speciali suscepimus imperpetuum ac suscipimus per presentes.
Dantes eisdem in mandatis Pictavensi et Xanctouensisenescauis,Turonensique ballivo ac universis et singulis aliis justiciariis regni nostri presentibus et futuris, ut retigiesos predictos ipsorumque successores, famitias, geutes et bona sub predicta nostra gardia manuteneant et conserventin suis dictique monasterii libertatibus, juribus justisque possessionibus et saisinis, et ab omnibus injuriis, violenciis, oppressionibus, vi armorum, laycorum potencia et novitatibus indebitis quibuscunque defendant, quodque si quid contra dictam gardiam seu in ipsuis prejudicium à quoquam fuerit actemptatum, ad statum reducant debitum nobisque et dictis religiosis condignas propter hoc emendas prestari faciant, prout ad ipsorum quemlibet pertinebit ; députent eciam eisdem, si super hoc fuerint requisiti, ad premissa facilius exequenda, aliquem vel plures de servientibus nostris, quos tamen de hiis quecause cognicionem requirent, nolumus intromittere quoquomodo.
Quod ut ratum et stabile permaneat in futurum, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum.
Actum apud Luperam juxta Parisius, anno Domini millesimo trecentesimo vicesimo octavo, mense marcii.
Per dominum regem, ad relacionem domini Aymerici Guenaut. Solungy scriptor.
L'étymologie du mot Louvre. Les anciennes chartes latines et les historiens qui ont écrit en cette langue, désignent le château du Louvre sous les noms de Lupara, ou Luperæ, Lupera, Luvræ, Louvrea, et Loveriæ. il est appelé Loures et Louvres par les écrivains français des premiers temps.
Ceux qui assignent à son origine la destination de pavillon de chasse, font venir de lupus (loup) la dénomination latine de Lupara, et lui donnent la signification de Louveterie.
D'autres, plaçant l'étymologie du Louvre dans roboretum (bois de chêne), se fondent sur ce que les dénominations modernes de Rouvre, Rouvray et Louvre, considérées comme issues de cette même origine, s'appliquent le plus souvent à des lieux autrefois plantés de bois.
Quelques autres enfin ont cru voir dans le mot Louvre la reproduction presque littérale du saxon Lower, qui signifie tour.
Aucune de ces étymologies, choisies cependant parmi les moins déraisonnables, ne satisfait aux exigences d'un pareil sujet.
A cette époque, les abords d'une grande cité avaient plutôt besoin d'ouvrages de défense que d'une louveterie; c'est pourquoi l'origine improprement appelée saxonne nous paraîtrait préférable à celle empruntée au radical lupus, si l'on pouvait la rattacher aux invasions transrhénanes qui suivirent la période romaine, et admettre que certaines constructions élevées par les envahisseurs laissèrent leur dénomination aux emplacements qu'elles occupaient. Mais rien n'est moins prouvé.
Quant à l'étymologie tirée de l'élément topographique, on ne peut lui refuser le mérite d'une application locale dans le voisinage même du Louvre.
On sait en effet que le bois de Boulogne, souvenir vivant des anciennes forêts qui bordaient autrefois la Seine, portait originairement le nom est Roveritum nemus (bois de Rouvray).
Le Louvre : monument et musée depuis leurs origines jusqu'à nos jours par A. Lemaître,...