29 mars 1209 — Paris, Lettre de Philippe-Auguste à Jean de Lacy, baron de Pontefract et seigneur de Clitheroe au sujet de sa promesse de porter la guerre en Angleterre et en Irlande contre le roi Jean sans Terre
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Philippe Auguste promet de reconnaître les services de Jean de Lacy, si celui-ci réalise sa promesse d'attaquer Jean sans Terre en Angleterre et en Irlande.
Philippe, par la grâce de Dieu roi des Francs, à son cher Jean de Lacy, salut et affection.
Nous vous mandons que, si vous exécutez les conventions que vous nous avez promises par l'intermédiaire de Roger des Essarts, notre cher et fidèle sujet — à savoir mener la guerre contre Jean, roi d'Angleterre, en Angleterre grâce aux amis et aux appuis que vous dites y avoir, et de même en Irlande par vos amis et par la défense des châteaux —, et que nous puissions en avoir la certitude la plus sûre possible (autant qu'il peut être établi), alors nous prendrons à votre égard un tel parti concernant les terres que vos prédécesseurs possédaient en Angleterre que personne ne pourra nous reprocher quoi que ce soit.
Fait à Paris, en l'an du Seigneur 1209.
Cette lettre s'inscrit dans la stratégie opportuniste de Philippe Auguste contre Jean sans Terre (roi d'Angleterre depuis 1199), après la confiscation de la Normandie et d'autres fiefs continentaux en 1204.
Philippe cherche à déstabiliser Jean en soutenant ses ennemis internes et externes.
Jean de Lacy (John de Lacy, vers 1192-1240), seigneur de Pontefract, connétable de Chester et futur comte de Lincoln (à partir de 1215/1216), est un baron anglo-normand du nord de l'Angleterre.
Il possède des intérêts en Irlande via des alliances familiales (sa famille est liée aux Lacy d'Ulster, comme Hugues de Lacy, lord d'Ulster, en conflit avec Jean sans Terre).
En 1209, Jean de Lacy est en disgrâce ou en tension avec Jean sans Terre, qui confisque des terres à des barons rebelles ou suspects.
La lettre fait référence à des conventions (promesses) transmises par Roger des Essarts (Rogerus de Essartis), un fidèle de Philippe Auguste (probablement un clerc ou un messager de confiance).
Jean de Lacy promet d'attaquer Jean sans Terre :
En Angleterre : via des "amis et imprisios" (alliés et appuis/soutiens locaux, peut-être des barons du nord ou des rebelles).
En Irlande : via des alliés et la défense/préservation de châteaux (les Lacy contrôlent des domaines en Irlande, comme Meath et Ulster via des branches familiales ; Hugues de Lacy, parent proche, est expulsé d'Irlande par Jean en 1210).
En échange, Philippe promet de restituer ou de reconnaître des terres ancestrales en Angleterre aux Lacy (probablement des fiefs normands ou anglais perdus ou contestés après 1204).
Cette intrigue fait partie des tentatives de Philippe pour ouvrir un second front contre Jean (après l'excommunication de Jean par Innocent III en 1209 et l'interdit sur l'Angleterre).
Cependant, l'attaque promise ne se matérialise pas pleinement :
1209-1210 Après avoir soumis l'Ecosse, Jean tourna ses armes contre l'Irlande, pour forcer à l'obéissance les chefs anglais, ses vassaux, qui, au mépris de ses ordres, guerroyaient sans cesse entre eux au détriment de la prospérité du pays.
Il entra d'abord sans résistance à Dublin, où trente petits princes irlandais vinrent lui rendre hommage ; il réduisit ensuite les châteaux des barons anglais qui, ayant à leur tête la famille puissante des Lacy (1), s'étaient confédérés.
Jean sans Terre réprime les Lacy en Irlande (expulsion d'Hugues II de Lacy, comte d’Ulster en 1210), et Jean de Lacy finit par se réconcilier avec Jean sans Terre vers 1213.
Il est en septembre 1214, Traité de Chinon et Parthenay entre Philippe Auguste, roi de France et Jean sans Terre, roi d’Angleterre.
1215, participant même à la Magna Carta comme l'un des 25 barons garants.
La lettre est conservée dans les actes de Philippe Auguste (éditions modernes comme le Recueil des actes de Philippe Auguste, ou la base CARO/Huma-Num).
Elle illustre la diplomatie féodale : promesses conditionnelles, alliances opportunistes et utilisation des dissensions baronales pour affaiblir un rival.
Moyen-Age Classique 1137 / 1204 période Aliénor d'Aquitaine<==
(1). Les Lacy descendaient de Hugues de Lacy, un des aventuriers anglais qui s'étaient établis dans l'île.
D’azur, à trois gerbes d’or.
Parmi les seigneurs qui suivirent le duc Guillaume à la conquête de l'Angleterre, en 1066, figure Gautier de Lacy qui s'y distingua : il fut un de ceux qui méritèrent la confiance du duc, et en 1071, il commanda, conjointement avec le comte de Breteuil, la troupe que défirent Cadacan et Maradock, rois de Galle; en 1073, il empêcha la jonction du comte d'Herefort et de Raoul Guade qui s'étaient révoltés.
Robert de Lacy (1070 – 1129), Seigneur des Honneurs de Pontefract et Clitheroe.
Robert de Lacy succéda à son père et devint le 2e seigneur de Pontefract.
Le roi Guillaume II, dit Guillaume le Roux (William Rufus), lui accorda d’autres domaines et manoirs dans le Nord-Ouest de l’Angleterre.
Robert de Lacy entreprit la restauration du château de Clitheroe, qu’il fit de son centre administratif pour l’Honour de Clitheroe, intégré à l’ensemble des domaines de la famille de Lacy.
Robert de Lacy fut le premier membre de sa famille à fonder un monastère. En 1090, sous le règne de Guillaume le Roux, il établit le prieuré clunisien de Saint-Jean-l’Évangéliste à Pontefract.
Il prit part à la première croisade en 1099 en qualité de Banneret.
Cette famille de Lacy reçut des possessions considérables en Angleterre.
Henri Il ayant fait conférer, par une bulle du pape, la souveraineté de l'Irlande à son fils Jean-sans-Terre, Hugues de Lacy gouverna le pays au nom du jeune prince, qui n'avait alors que douze ans.
Henri de Lacy fonda, en 1147, l'abbaye de Birkestable.
Hugues de Lacy figure comme témoin dans une charte de confirmation donnée par Henri II, roi d'Angleterre, à l'abbaye de Jumièges.
Robert (II) de Lacy 5e baron de Pontefract et seigneur de Clitheroe
1113 – 1193 L’une des premières tâches importantes de Robert de Lacy fut la rénovation et la reconstruction extensive du château de Clitheroe, qu’il transforma en centre administratif principal de l’Honour de Bowland, intégré à ses domaines.
Chaque visite nécessitait un important convoi : de nombreux chariots tirés par des bœufs, une grande suite de serviteurs et de soldats.
Le voyage de Pontefract à Clitheroe durait quatre jours. Le château de Pontefract resta néanmoins le siège principal et la résidence favorite de la famille de Lacy.
Robert ne résidait à Clitheroe que quelques mois par an. C’est pourquoi il fit construire l’un des donjons les plus petits parmi les châteaux normands contemporains, auquel il ajouta une courtine (mur d’enceinte) pour sécuriser l’ensemble.
Robert de Lacy épousa Isabelle, seconde fille du comte de Warenne (Warenne). Leur union resta sans enfants.
Robert consacra la majeure partie de sa vie à développer la prospérité de l’ensemble des domaines de Lacy.
Dans les dernières années de sa vie, toujours sans héritier direct, il reçut la visite de sa cousine Albreda de Lisours (Aubrey/Aubreda de Lisours), fille du premier Robert de Lacy (le fondateur de la lignée anglaise).
Albreda avait grandi au château de Pontefract et était une ardente partisane de la lignée de Lacy. Elle avait des petits-fils portant le sang des Lacy.
Plutôt que de voir les titres et les domaines revenir à la Couronne (escheat), Robert accepta de les léguer à Albreda par testament.
Robert de Lacy mourut le 21 août 1193.
Les terres et les titres passèrent alors à sa cousine Albreda de Lisours (née de Lacy).Ainsi, Robert et Isabelle de Lacy n’ayant pas d’héritier direct, les domaines qu’ils avaient agrandis furent transmis comme convenu à Albreda de Lisours.
La ligne paternelle pure issue de Hugues de Lacy, seigneur de Lassy en Normandie (fondateur de la branche anglaise), qui avait passé par ses fils Ilbert et Walter, puis par le fils de Walter (également nommé Walter, mort en 1241), s’éteignit donc en Angleterre avec la mort de Robert (II) de Lacy en 1193.
À partir d’Albreda de Lisours, la succession se poursuivit via la branche féminine et les mariages (notamment avec les familles FitzEustace, puis plus tard les Neville et autres), mais la descendance masculine directe en ligne agnatique s’arrêta là.
1197. —Roger de Lascy, dit le Connétable de Cestre, descendait de Robert de Lascy, et comme son aïeul il se montra digne d’une charge dont la mission principale était le soin et la conservation des Haras. Il fut investi de la dignité de Connétable de Normandie et d’Angleterre.
C'était le 6 mars 1204- Roger de Lacy, connétable de Chester, qui commandait la place du château Gaillard, malgré la science et la valeur militaire de Philippe Auguste, le siège en Normandie avait duré huit mois
« Philippus Dei gratia Francorum rex dilecto suo J. de Latiaco salutem et dilectionem. Mandamus vobis quod si conventiones nobis fueritis prosecutus quas Rogerus de Essartis dilectus et fidelis noster nobis ex parte vestra dixit, videlicet de guerra fatienda in Anglia cum Johanne rege Anglie per amicos et imprisios quos ibidem vos dicit habere, et in Hibernia similiter per amicos et deffensionem castellorum, ita quod nos istud pro certo sciamus sicut melius poterit sciri, nos tale consilium habebimus de terra quam predecessores vestri habuerunt in Anglia quod de re redargui non poterimus. Actum Parisius, anno Domini M° CC° nono. »